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Couloir "Mille euros" à Kintambo : les tenanciers de débits de boissons, gargotes et shops aboient, le Service national rase
Les éléments du Service national accompagnés des militaires ont effectué une descente musclée sur le terrain, dans l'après-midi du mardi 11 août, au célébrissime corridor dit " Mille euros", à Kintambo, constitué d'une ribambelle de débits de boissons, de restaurants de fortune dits " malewa" et de cabines téléphoniques. Au grand dam des propriétaires, qui n'ont fait que constater les dégâts face à ce bulldozer qui a mandat de l' État.
Quand les hommes salopettes bleu et bottes jaunes descendent sur le terrain, vendeurs, commerçants et autres tenanciers d'unités de production, broient du noir.
La panique est générale dans le chef de tous les concernés en première ligne sur fond de tristesse, colère voire impuissance affichées sur le visage.
Une armée de bâtisseurs, avec en tête un major et autres éléments des FARDC, se met à raser, tout sur son passage, tel un rouleau compresseur : étalages, buvettes, gargotes et cabines téléphoniques placés sur la voirie ou un peu loin.
Un mardi gras qui a annoncé un mercredi des cendres au réveil, pour les propriétaires de ces unités de production qui sont appelés désormais à changer leurs habitudes.
La soirée du mercredi a ressemblé à un deuil dans le couloir de "Mille euros" où il faudrait batailler dur au lendemain du passage des bâtisseurs du Service national pour avoir au moins dix euros un peu plus de 23 000 FC.
Sachant s'adapter à certaines conditions même défavorables, imagination kinoise et instinct de la survie quand tu tiens, l'on a assisté à des groupuscules ça et là sous les arbres et aux environs : un seul but, boire et manger d'un côté pour des clients et de l'autre, les commerçants vendent.
ASSAINISSEMENT OUI MAIS DANS LA NORMALITÉ DES CHOSES
Pour un tenancier de cabine téléphonique et ingénieur de surcroît, l'assainissement, la salubrité, l'ordre sont requis mais cette opération doit également se faire dans la normalité des choses et le respect de l'art dans un pays où le chômage est devenu endémique. Des jeunes se débrouillent dans l'informel.
" Nous saluons les mesures d'assainissement pour Kinshasa. Cette ville doit retrouver sa plus belle robe. Mais nos autorités exagèrent. Certains shops, bars se trouvent loin du macadam. Mais ils sont détruits. Il faudrait plutôt sensibiliser davantage à la propreté. Nous ne sommes pas sur la voie publique comme ailleurs à la Tshangu, au marché de la Liberté, au Quartier I ou encore à Magasins Kintambo. C'est différent.
Nous sommes des responsables et ces mesures interviennent à moins d'un mois de la rentrée scolaire 2026-2027. Ça va créer un sentiment de malaise général si ça continue ainsi. À Bandalungwa au niveau de Moulaert, ça a tourné à l'affrontement avec une partie de la population. En contrepartie, il faudrait également proposer une alternative pour le petit peuple. Il y a beaucoup de chômeurs et nous essayons de nous débrouiller pour survivre", se plaint, désemparé, un tenancier de cabine téléphonique et un de grands réparateurs de téléphones, Jeancy Lema, la trentaine révolue.
Comme le malheur ne vient jamais seul, pas d'électricité pendant la soirée en allant de l'avenue Kwamouth sur le macadam jusqu'au niveau de l'avenue Bangala, à un jet de pierre de la mosquée.
Kinshasa subit un coup de grattoir et de balai sous la houlette du lieutenant-général Kasongo Kabwik. Tout a commencé dans le district de la Tshangu.
À Kintambo, c'est le carrefour de Magasins qui, en premier lieu, a subi la purge sanitaire.
Gloire BATOMENE