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Carburant : « Il n’y aura aucune perturbation »
* Selon le ministre des Finances, qui a donné cette assurance, la question du payement de manque à gagner aux pétroliers est correctement gérée.
Des Congolais peuvent pousser un ouf de soulagement. Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a réuni autour de lui, hier mardi 17 octobre, une séance de travail avec le ministre des Finances, celui des Hydrocarbures, des représentants des banques ainsi que des pétroliers.
C’est au cours de cette réunion que le Gouvernement a harmonisé les vues avec les opérateurs du secteur pétrolier et évité le risque de rupture d’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Sama Lukonde a pris à bras-le-corps la problématique du payement de manque à gagner que le Gouvernement doit aux pétroliers pour parer à toute perturbation dans l’approvisionnement.
C’est ce qu’a confirmé le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, qui a donné les assurances qu’il n’y aura pas de perturbations dans la distribution des produits pétroliers. « Cette réunion avait pour objectif d’harmoniser les points de vue pour finaliser les accords intervenus entre le Gouvernement, la profession pétrolière et les banques. Il s’agit de refinancement d’une partie de manque à gagner prévu par le Gouvernement aux pétroliers. « Et donc, nous avons fait les derniers réglages. Nous pensons que dans les derniers jours, nous allons procéder à la finalisation de cet accord. L’important était de rassurer toutes les parties et le public sur le fait que la question du payement de manque à gagner est correctement gérée. Donc, il n’y aura aucune perturbation en approvisionnement de produits pétroliers », a déclaré à la presse le ministre Nicolas Kazadi.
Le Groupement professionnel des distributeurs de produits pétroliers (GPDPP) avait adressé le 11 octobre courant, au Vice-Premier ministre, ministre de l’Economie nationale, un courrier relatif à la situation très difficile des sociétés pétrolières du fait du non-paiement par le Gouvernement de leurs créances. Ce qui, à l’évidence, devrait rendre difficile leur capacité à renouveler leurs stocks.
Sur le plan social, le Premier ministre ne se fait guère d’illusions. Il sait que des perturbations dans ce secteur présentent un risque direct sur les prix des produits alimentaires ainsi que sur les coûts des transports.
Il était donc dans l’intérêt du Gouvernement de convaincre les banques commerciales concernées par cette question de procéder au décaissement des fonds requis en vue d’effectuer les paiements au titre de pertes et manque à gagner qui en découlent.
Ainsi donc, si l’on en croit le ministre des Finances, l’Exécutif a réussi à apaiser les pétroliers, car toutes les dispositions sont prises pour que les banques s’exécutent dans un bref délai afin que la situation se normalise.
Dans leur lettre, les sociétés pétrolières menaçaient déjà d’appliquer, à dater de ce mercredi 18 octobre, un contingentement, avec une adaptation des heures d’ouverture des stations-services, de 7 h00 à 17 h 00, et cela pour prolonger, tant soit peu la couverture pour les faibles stocks disponibles.
Les pétroliers justifient cette position par le fait que la bouffée d’oxygène attendue avec le paiement par l’Etat de la créance des pétroliers par la voie des banquiers n’est toujours pas arrivée. Les sociétés commerciales incapables de payer leurs fournisseurs subissent des menaces et font face aux réclamations d’intérêts débiteurs du fait des dettes arrivées depuis longtemps à échéance. Les lignes de crédit auprès des banques sont au maximum, regrettent-ils.
En plus, ils font savoir que les sociétés de logistique qui ne sont pas payées par les sociétés commerciales n’arrivent plus à assurer la maintenance de leurs machines et de leur charroi automobile. Ce qui les empêche d’accomplir avec professionnalisme et efficacité leur mission de distribution de produits. La remontée des barges de carburant tend vers l’arrêt, alertent-ils.
En outre, ils ont indiqué que , du fait de l’amenuisement des stocks, le droit de propriété n’est plus respecté avec la consommation des produits appartenant aux fournisseurs qui s’est installée au risque de sacrifier la pratique de consignation qui repose exclusivement sur la confiance que ces fournisseurs accordent au système.
Pour l’instant, le Gouvernement a évité ce scénario catastrophe. L’idéal, pour le Gouvernement, d’apporter une solution sur le long terme. C’est dans ce cadre que l’Exécutif avait adopté le projet de lancement d’appel d’offres pour l’attribution de seize blocs pétroliers à travers le pays. L’objectif est l’amélioration des recettes de l’État et l’augmentation de la production nationale du pétrole. Didier KEBONGO