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Beni–Kasindi : la jeunesse mobilisée contre la désinformation et les violences liées à Ebola
Face à la montée de la désinformation autour de la 17ème épidémie d’Ebola dans l’Est de la RDC, des leaders de la jeunesse de Beni ont décidé de passer à l’action. Réunis en dialogue, ils se sont engagés à lutter contre les rumeurs, sensibiliser la population et prévenir les violences visant les équipes de riposte.
Au cœur des échanges figurait la problématique des attaques contre les intervenants sanitaires. Les participants, issus de partis politiques, mouvements citoyens et groupes de pression, ont réfléchi aux stratégies pour renforcer l’adhésion communautaire et éviter les actes hostiles. Pour Nick Junior Vusindi, l’implication de la jeunesse reste déterminante dans ce combat.
Les participants se sont unanimement engagés à rapprocher les leaders des groupes hostiles, à promouvoir une participation citoyenne active et à combattre les fausses informations autour de cette 17ème épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo. Une approche soutenue par Salomon Muhindo, responsable du programme Pole Kivu, qui insiste sur le rôle clé de la sensibilisation.
DES ACTES DE RÉSISTANCE À LA RIPOSTE SIGNALÉS
Selon les autorités sanitaires, la situation demeure préoccupante avec près de 900 cas suspects et environ 200 décès déjà enregistrés. Malgré un taux de létalité estimé à 50 %, les équipes de riposte misent sur l’expérience acquise lors des précédentes épidémies dans la région. Le docteur Michel Tosalisana, médecin chef de zone de santé de Beni, appelle à un engagement collectif pour endiguer la maladie.
Pendant ce temps, à Kasindi, des actes de résistance à la riposte ont été signalés. Des dispositifs sanitaires ont été volés dans certains lieux stratégiques et un jeune volontaire engagé dans la sensibilisation a été agressé le 12 juin alors qu’il menait une campagne d’information sur les risques liés à Ebola.
La société civile locale condamne fermement ces actes. Par la voix de son rapporteur Paul Zaidi, elle appelle la population à protéger les installations sanitaires et à privilégier la sensibilisation plutôt que la violence. Trois suspects ont déjà été interpellés, tandis que les organisateurs espèrent que la mobilisation de la jeunesse contribuera à freiner la propagation de l’épidémie.
Pascal NDUYIRI