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Atundu: »Emmanuel Macron devrait plutôt soutenir le plaidoyer de Félix Tshisekedi »
*Il s’agit du retrait sans conditions des troupes rwandaises d’occupation et du M23, de l’acquisition des armes appropriées pour défendre l’intégrité territoriale et des valeurs démocratiques qui structurent la vie politique.
A la suite d’une escalade dangereuse entre Kigali et Kinshasa, le Président Lourenço d’Angola, en sa qualité de Président en exercice de la CIRGL, réunit à Luanda, au mois de juillet, les Présidents Kagame et Tshisekedi en vue de trouver une solution mutuellement acceptable, susceptible de désamorcer la tension entre les deux Chefs d’Etat. Cette rencontre fut sans lendemain, faute de résultat concret, palpable et probant.
Au mois de septembre, en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le Président Macron de France, en sa qualité de Président du Conseil de Sécurité, prit l’initiative d’une réunion de haut niveau mettant autour d’une même table les Présidents Kagame et Tshisekedi pour une tentative de normalisation des relations entre les deux Chefs d’Etat.
Si l’initiative du Président angolais avait suscité un certain espoir dans l’opinion congolaise, l’entreprise du Président Macron provoqua plutôt un certain scepticisme à cause du doute des Congolais sur sa finalité réelle.
La cause principale tient au fait que cette initiative du Président français est perçue comme un acte de bonne volonté dans le processus de normalisation des relations franco-rwandaises visant à laver la France de la culpabilité de connivence avec les forces génocidaires des partisans du Régime Habyarimana.
Sa neutralité apparente étant considérée comme trop bienveillante à l’égard de Kagame, le Président français ne répondait plus au profil d’un go-between idéal pour aboutir à un apaisement de Kinshasa.
En effet, pour la majorité de la classe politique congolaise, ce faisant, le Président Macron vise plutôt à donner au Président Kagame un gage de plus de bonnes dispositions de la France en tentant de sauver son allié et ami rwandais du naufrage diplomatique inévitable à la suite des condamnations de plus en plus nombreuses et sans ambages de l’agression rwandaise contre la République démocratique du Congo, de connivence avec les terroristes du M23 comme bras séculier.
Mettre, contre toute évidence, sur un pied d’égalité l’agression caractérisée du Rwanda et un soutien putatif du régime Tshisekedi aux FDLR est, pour le moins troublant.
En effet, si par rapport aux régimes passés existaient des raisons historiques de nature à alimenter ce genre de spéculation sur le soutien de la République Démocratique du Congo aux FDLR, aucun élément crédible ne peut accréditer une telle assertion vis-à-vis du régime Tshisekedi, qui tient en détention leaders et combattants FDLR à la prison d’Angenga, dans la province de Mongala, en attendant le prononcé d’un juste jugement…
Cette vérité d’évidence est de notoriété publique ; l’ignorer pourrait donner à penser à un acte de mauvaise foi sinon de complicité agissante avec Kigali dont c’est la thèse justement.
Et puisque les Etats n’ont que des intérêts, quel est donc celui de la République Démocratique du Congo de maintenir les FDLR en détention si tant est qu’ils sont instrumentalisés par la République Démocratique du Congo contre le Rwanda. Poser la question, c’est y répondre.
Pour donner une certaine crédibilité à son action, le Président français aurait dû préalablement demander au Rwanda de mettre fin à son agression en retirant ses troupes du territoire congolais et de cesser d’être fournisseur et base arrière des terroristes de M23 ou à tout le moins jeter l’anathème sur le M23 en tant que mouvement terroriste.
D’autant que le combat que mène le Président Tshisekedi est juste et légitimement fondé dans la mesure où il mène un combat épique pour les valeurs démocratiques qui fondent nos Etats et les relations internationales, à savoir la non-agression, la renonciation à la violence armée pour mener une revendication ou accéder au pouvoir, le terrorisme et les atteintes aux droits de l’Homme.
Par ailleurs, au regard de la détermination et de la vigueur des propos du Président Macron, à la tribune des Nations Unies, dans son exhortation aux Etats du Sud à rejoindre le camp occidental dans la guerre en Ukraine, la langueur diplomatique de la France à mobiliser les Etats démocratiques dans le conflit de l’Est de la République Démocratique du Congo où le Président Tshisekedi fait face à un groupe terroriste soutenu par le Rwanda n’est pas de nature à éliminer le scepticisme des Congolais : aucune condamnation ferme de l’agression rwandaise, aucune initiative significative en vue de la levée effective de l’embargo sur les armes, et surtout aucun appel de fonds, aucune assistance pour l’acquisition des armes nécessaires.
En toute logique donc, le Président Macron devrait plutôt soutenir le plaidoyer du Président Tshisekedi pour le retrait sans conditions des troupes rwandaises d’occupation et du M23, pour l’acquisition des armes appropriées pour défendre l’intégrité territoriale et les valeurs démocratiques qui structurent la vie politique.
Telle est la juste voie poursuivie par le Président Tshisekedi face à un Etat qui ne remplit pas sa part dans l’obligation synallagmatique de sécuriser la frontière commune.
Dans cette guerre épique, force est de se rendre à l’évidence que la République démocratique du Congo ne peut compter que sur une armée de niveau MAD et un service de renseignement offensif en fonction des objectifs matériels et Homo spécifiques.
Car, un traité diplomatique qui ne repose pas son efficacité sur ces deux institutions est voué à l’échec sinon à n’être qu’une péripétie de guerre ou un cessez-le-feu précaire.
Il importe donc que la République démocratique du Congo garde le leadership dans tous les compartiments de cette guerre multidimensionnelle qui est à la fois une guerre d’hégémonie, une guerre économique, une guerre de renseignement, de communication et d’influence.
La République démocratique du Congo doit, en toutes circonstances et en tout lieu, garder intacte sa capacité dissuasive, gage de l’efficacité et de la présomption de bonne fin de toute initiative.
Et comme disent les anciens «SI VIS PACEM, PARA BELLUM» qui veut la paix prépare la guerre.
Fait à Kinshasa, le 10/10/2022
Ambassadeur André-Alain ATUNDU LIONGO