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RESPONSABLE D’UNE DE 25 ENTREPRISES BELGES RECUES RECEMMENT A KINSHASA, Michaël Fernandez-Bertier : « Nous venons aider les entreprises et pouvoirs publics congolais à renforcer leur crédibilité et leur attractivité à l’international »
Il a fait partie de la mission d’entrepreneurs belges qui a visité Kinshasa du 5 au 10 octobre dernier, à l’initiative du Bureau économique et commercial tri-régional belge en RDC et de l’Agence bruxelloise pour l’Entrepreneuriat (Hub.brussels). La trentaine révolue, avocat au barreau de New-York, après quelques années de prestation au barreau de Bruxelles, Michaël Fernandez-Bertier est venu représenter « Ethics & Compliance », la société qu’il a créée pour aider les institutions publiques et privées, financières et non financières à accroître le climat des affaires et favoriser leur attractivité commerciale par l’éthique et la conformité. Abordé par « Forum des As », il éclaire l’opinion sur ses premières impressions recueillies en République démocratique du Congo et sur l’apport que son entreprise compte apporter au pays.
Entrepreneur, vous faites partie d’une délégation de 25 entreprises belges qui ont effectué une mission de cinq jours en République démocratique du Congo, avec le concours de l’ambassade de Belgique. Comment personnellement avez-vous perçu cette première visite à Kinshasa ?
Je fais effectivement partie de la délégation de 25 entreprises belges qui vient de boucler sa mission en RDC au cours de ce mois d’octobre. Je suis particulièrement heureux de mon premier passage à Kinshasa, d’autant que j’ai grandi avec de nombreux Kinois qui sont soit à Bruxelles soit revenus au pays. Membre de la mission, ma société ‘‘Ethics & Compliance’’ (www.ethics-compliance.be) vise à accompagner les secteurs publics et privés congolais, à renforcer leur image…
Et comment ?
D’abord, au niveau de l’éthique. Ici, il s’agit d’adopter des codes de conduite et chartes d’éthique qui permettent principalement de promouvoir le respect des droits de l’homme, l’égalité, le respect des travailleurs et de l’environnement. En ce qui concerne la conformité, l’objectif est de s’assurer que les partenaires publics et privés respectent les règlementations et les standards internationaux, par exemple, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, contre la corruption, contre la fraude… et pour assurer le respect et la conformité aux sanctions financières et commerciales internationales.
Concrètement, de quelle manière comptez-vous procéder ?
L’entreprise que j’ai fondée, Ethics & Compliance, officie principalement en Belgique mais avec des clients à l’étranger tel qu’à Luxembourg et à Dubaï – où je me rends fréquemment. Aujourd’hui, notre but est de venir nous implanter en RDC pour pouvoir accompagner le pays et l’aider à y faciliter la vie des affaires. A ce stade, il y a plusieurs axes de travail sur lesquels nous nous focalisons. Au niveau public, l’idée est de redorer l’image de la RDC sur l’échiquier international. Car, à ce jour, la RDC fait l’objet de publications et notations négatives en matière de conflits armés et sécurité nationale, de lutte anti-corruption, de lutte anti-blanchiment… Ce qui fait qu’au final, il y a une peur des investisseurs occidentaux de venir en RDC, de développer des projets, d’y apporter des capitaux…
Le premier axe de notre action est de venir voir comment les choses se passent en RDC. Et, par ce biais-là, nous avons des contacts avec de nombreux ministères pour pouvoir les aider à revaloriser, à rehausser l’image de la RDC en matière d’éthique et de conformité, par des formations, des audits, des plans de remédiation et autres. C’est donc le premier plan : permettre à la RDC de rehausser, de donner l’image plus concrète de ce qu’elle est et non de ce que les Occidentaux voient ou pensent voir depuis 20 ou 30 ans…
Un deuxième axe de travail est d’aider le secteur privé à se rendre plus crédible à l’international, par l’implémentation en interne, par exemple, de codes de conduite et de politiques et procédures anti-corruption… Le but étant de pouvoir dire aux investisseurs qui arrivent et aux partenaires qui comptent déposer leur argent dans des banques nationales : « Regardez, cet argent ne sera pas utilisé à des fins de corruption, encore moins de blanchiment, mais plutôt à des fins réelles, décentes et qualitatives » – le tout sur base d’audits préalables effectués par nos soins.
Enfin, le troisième axe consiste à agir comme intermédiaire entre les institutions financières congolaises et européennes ainsi que leurs clients, afin de faciliter les flux financiers internationaux en provenance ou à destination de la RDC en certifiant leur conformité.
Par ce triptyque, nous accompagnons globalement les parties prenantes locales et étrangères dans le cadre de partenariats et investissements. Notre philosophie est de venir, en tant que consultants, aider la RDC par le renforcement des capacités et le transfert de compétence pour que la RDC puisse venir témoigner de sa crédibilité en matière d’éthique et de conformité à l’international.

Qui est-ce que vous avez rencontré ici à Kinshasa pendant ces cinq jours ?
J’ai eu le grand honneur de rencontrer des hauts représentants du ministère national des Infrastructures, du ministère de Mines, du FONAT… J’ai également été reçu personnellement par Madame la ministre provinciale de Kinshasa en charge des Finances et Économie, par Monsieur le ministre provincial des Partenariat Public-Privé, ou encore par le Conseiller Spécial du Président de la République en matière d’Anti-Corruption. Et encore par d’autres entités publiques qui veulent renforcer leurs capacités pour changer l’image du pays à l’égard de l’étranger et des collaborateurs extérieurs.
J’ai aussi rencontré des acteurs du secteur privé, du secteur industriel, mais aussi les trois premières banques de la RDC pour aussi les aider à faciliter les transactions internationales et les flux financiers, les investissements vers la RDC… Puisque l’on sait que l’un des grands problèmes, c’est la confiance des Institutions internationales, européennes et belges en particulier envers la RDC, en raison de publications et cotations internationales négatives du pays, ce qui ne facilite pas les choses.
J’ai aussi rencontré des régulateurs nationaux pour essayer d’avoir un diaporama complet des acteurs des parties prenantes en RDC qui pourraient bénéficier de notre service pour essayer de renforcer l’attractivité du pays au niveau International.
Il faut être concret : la RDC jouit des ressources quasi-inépuisables en termes humains ! On a presque 102 millions d’habitants ici ! En termes de ressources naturelles, avec tous les minerais, dont le cobalt et le nickel entre autres. En termes de ressources financières, il y en a énormément ici. Le dépôt, malheureusement, ne peut pas toujours être utilisé à des fins utiles.
Et donc, pour moi, la RDC représente l’un des parents pauvres de l’Afrique en termes d’investissements occidentaux, malgré elle. Il y a énormément de choses à faire avec le pays… Et nous, avec la maigre contribution de notre société, nous aimerions pouvoir accompagner la RDC, raffermir son image à l’étranger et surtout son attractivité au niveau des affaires.
Quelle a été la réponse de vos différents interlocuteurs que vous avez rencontrés ?
Pour être très honnête, la réponse de mes interlocuteurs a été encore plus favorable que ce qu’on espérait. Personnellement, je vis en Belgique depuis plusieurs dizaines d’années. Je suis venu ici avec mes deux représentants nationaux. Car, les choses qui doivent se faire se vivent du jour au jour. Et donc j’ai la chance d’avoir deux collaborateurs permanents en RDC, capables de gérer les choses au quotidien quand je ne suis pas là.
On a eu des rencontres extrêmement fructueuses et prolifiques. Et tous les acteurs que nous avons vus et, très particulièrement, les acteurs publics des ministères et les conseillers spéciaux, nous ont indiqué à quel point ils sont intéressés de se faire accompagner par nos services.
Nous avons eu, par exemple, une réunion dans un ministère où nous nous sommes retrouvés face à 10 personnes qui étaient présentes pour nous écouter pendant près d’une heure, en l’occurrence les directeurs de la communication, des finances, des ressources humaines… Il y a eu ainsi des jeux de questions-réponses. Les gens étaient pragmatiques, ils étaient à l’écoute… La réponse qu’on a eue était bien plus positive que ce qu’on attendait en réalité. On a eu un accueil extrêmement chaleureux.
J’ai été estomaqué par la facilité des contacts, la facilité avec laquelle on a pu avoir des rendez-vous avec des conseillers spéciaux du Président, avec des ministres en quelques jours ou mêmes quelques heures en RDC… En Europe, ce sont des choses qui peuvent nécessiter plusieurs semaines !
L’accueil chaleureux, la disponibilité, l’écoute et l’intérêt des parties prenantes m’a vraiment surpris positivement. Et pourtant, je venais déjà avec une opinion extrêmement positive de la RDC aujourd’hui car, moi, j’ai grandi avec les Kinois.
Quel a été l’apport de l’ambassade de Belgique pendant tout votre séjour à Kinshasa ?
Elle a été un pôle d’ouverture. L’ambassade tout d’abord, et la mission économique, sont un incubateur pour ouvrir les portes de la RDC pour nous qui venons présenter le projet. En plus de cela, nous avons bénéficié d’un programme très riche et très divers sur cinq jours, avec énormément des mises en contact. Parce qu’aujourd’hui, finalement, ce qui importe le plus, c’est la mise en relation, c’est la possibilité de discuter face-à-face avec des parties prenantes. C’est la seule façon d’avancer réellement !
Tout le monde peut maintenant aujourd’hui envoyer des e-mails. Malheureusement avec les e-mails, on n’avance que peu et les échanges restent souvent abstraits. Avoir ce contact humain, pouvoir discuter en vis-à-vis avec un Directeur de cabinet, un Ministre… ça vous donne une vision différente, car il peut vous expliquer sa réalité de terrain, et vous lui expliquer la vôtre et voir comment ensemble on peut construire des ponts.
Alors, je dois reconnaitre que la mission économique a été à la hauteur, d’autant qu’elle nous a permis de mettre en interrelation diverses entreprises belges. Comme la mienne, « Ethics & Compliance », et les parties prenantes du secteur public et privé congolais afin de pouvoir créer un lien réel.
C’est comme quand on construit un immeuble. On pose toujours la première pierre qui garantit les fondations et scelle le futur d’un projet. Et donc, grâce à la mission économique belge, j’ai pu poser plusieurs premières pierres. Et je me réjouis de construire des édifices d’éthique et de conformité pour aider la RDC à avancer, à réaffirmer sa position sur les marchés africain et international. Aussi, à faire comprendre aux partenaires internationaux qu’elle a la volonté aujourd’hui de continuer à s’élever pour rassurer les investisseurs et les partenaires commerciaux et financiers occidentaux.
Comment s’est fait la sélection en Belgique pour vous choisir parmi les 25 entreprises membres de la mission économique ?
On a eu, début juin, une réunion préliminaire où toutes les parties prenantes intéressées étaient présentes, également en provenance de la RDC. Nous avons présenté certains projets qui étaient en cours. Et après, nous nous sommes présentés auprès de l’organe habilité qui effectue la sélection des entreprises candidates. Ensuite, il a fallu remplir un questionnaire pour expliquer en quoi notre entreprise a un intérêt à participer à cette mission. Quelles sont les spécificités de l’entreprise ? Quelles sont justement les activités ou les services que l’entreprise peut fournir et qui seraient dans l’intérêt pour la RDC dans son ensemble. Et donc, c’est un processus de sélection assez sérieux à la suite duquel nous avons été contactés pour être informés que nous étions sélectionnés pour prendre part à cette mission.
Et ça fait combien de temps, vous prépariez ce voyage ?
Ce voyage était assez rapide. J’ai marqué mon intérêt en juin, et j’ai été contacté mi-août pour la mission. Et comme je tenais à cœur ce projet, j’ai très rapidement, en moins de trois semaines, créé toute une brochure de services dédiés exclusivement à la RDC, pour démontrer notre intérêt et notre détermination de venir participer activement à la mission au pays. Je rappelle que je suis un consultant. Je ne viens donc pas imposer mes vues, mais je viens accompagner, essayer de donner des clés d’action pour favoriser l’attractivité des acteurs locaux à l’international.
Après cette phase exploratoire, comment se présente la suite ?
Déjà, j’ai eu des réunions extrêmement positives avec toutes les parties que j’ai pu rencontrer cette semaine. Et donc, la suite est d’effectuer un premier retour, de préparer une feuille de route sur comment nous pensons pouvoir aider nos futurs partenaires à travers les activités et services prodigués par Ethics & Compliance. Il faut créer une feuille de route et un plan d’action pour chaque ministère, chaque entreprise, chaque partie prenante individuellement ou collectivement pour ensuite formaliser un partenariat international et qu’Ethics & Compliance puisse revenir, dans maximum un à deux mois, pour commencer ce travail de fond. On a posé la première pierre, et là nous voulons construire les fondations de ce partenariat, et commencer à travailler ensemble pour réellement aider à l’essor de la RDC tel un immeuble s’élevant du sol.
Quels sont les pays dans lesquels vous avez eu à travailler ?
J’ai personnellement notamment et principalement travaillé en Belgique, mais j’ai également eu des activités à New-York, aux Etats-Unis d’Amérique, ainsi que pour des clients au Luxembourg, en Argentine, en Allemagne, en France ou encore à Dubaï. Aujourd’hui, sur le point de fêter mes 38 ans, je me considère comme un citoyen du monde. Car, j’ai quatre origines, trois nationalités et j’ai vécu dans une quinzaine de pays… C’est vrai que j’adore Kin, et je suis prêt à y passer de plus en plus de temps dans le futur, au fil des opportunités et des ponts commerciaux que nous construirons ensemble.
Propos recueillis par Yves KALIKAT
et Jérémie ASOKO