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Raissa Malu et Thérèse Kirongonzi mettent en place le respirateur made in RDC
Il y a des femmes congolaises qui excellent de plus en plus dans les secteurs jadis réservés aux hommes, tels que l’ingénierie, la mathématique, la physique et la mécanique. C’est le cas de la professeure-physicienne Raissa Malu, directrice de l’Asbl Investing in people, qui organise tous les ans la semaine de la science et de technologie. Fille du brillant professeur Malu wa Kalenga d’heureuse mémoire, Raïssa Malu s’est associée avec l’ingénieure Thérèse Izay Kirongozi, directrice de Woman technology pour mettre en place le respirateur made in RDC, avec l’appui technique du Directeur général de l’ISTA.
Dans un échange virtuel avec Forum des As, la professeure Raïssa Malu explique les motivations qui les ont poussées à mettre en place ce respirateur. C’est en 2020 que tout est parti. C’était lors de la 7ème édition de la Semaine de la science et de la technologie. «Nous avions tout prévu pour avoir une édition comme les années précédentes, raconte Raïssa Malu. Évidemment, comme vous le savez, la pandémie à Covid-19 a été déclarée. Et cette 7ème édition a du être annulée. Elle ne pouvait plus se faire en physique comme d’habitude. Et il a fallu nous réinventer ».
Pour répondre à la problématique médicale, «moi et mon ami, le mathématicien Jonathan Mboyo, nous avons imprimé des visières pour les médecins. Nous avons voulu répondre à l’appel mondial de production de respirateur d’urgence pour soutenir les hôpitaux. Dès que la maladie a été annoncée, les formes graves de la maladie nécessitaient que les patients soient sous respirateur. Mais, il y a évidemment une pénurie de respirateur par rapport aux malades. Et cela dans le monde entier et encore plus chez nous en RDC et en Afrique ».
« Nous avons voulu répondre à cet élan mondial. Les ingénieurs se sont mobilisés à travers le monde pour pouvoir développer le respirateur d’urgence. La RDC n’a pas fait exception. Plusieurs équipes se sont lancées pour développer des respirateurs d’urgence», relate Raïssa Malu.
Cependant, explique cette physicienne, le fait de développer ce respirateur a permis aux ingénieurs de deux équipes (University people in the World, et woman technology de Thérèse Izay Kirongozi, de pouvoir renforcer leur compétence en réparant les respirateurs existants.
D’après Raïssa Malu, «Le souci est que notre pays reçoit des dons en respirateurs notamment qui fonctionnant pendant un temps. Quand ils s’abîment, les hôpitaux n’ont pas des personnels techniques pour les réparer. Donc le fait d’avoir les équipes qui se sont lancées dans la production des respirateurs et qui ont développé des compétences dans le processus, cela permet aussi de réparer en urgence de réparer les respirateurs existants et à répondre immédiatement à la réponse des hôpitaux», poursuit Raissa Malu.
«Notre intérêt de développer le respirateur localement est que cet outil sera moins cher, et aura une main-d’œuvre qualifiée et un service après-vente», soutient-elle. «En mettant en place des respirateurs locaux développés en RD , nous avons la possibilité de développer toute une filière médicale technique qui permet de fournir les matériels adaptés aux conditions du pays et d’avoir un service après-vente qui permet de régler des problèmes qui pourraient avoir lieu pour la maintenance, l’entretien et la réparation du matériel», ajoute-t-elle.
La mise en place de ce prototype a pris deux ans. «Nous avons commencé en 2020». Ce temps est dû essentiellement à la dépendance face à l’extérieur pour les composants. «Ça irait beaucoup plus vite, si on avait les composants à notre disposition surtout maintenant que nous maîtrisons l’aspect technologique», fait remarquer cette femme des sciences.
D’après Raïssa Malu, le respirateur répond aux normes de l’OMS. «Nous nous sommes alignées aux normes qui ont été publiées pendant la pandémie de Covid-19. C’était un élément important. Et nous nous sommes alignées à la demande des médecins ici localement pour avoir le maximum de sécurité et pour pouvoir fournir un produit qui réponde au besoin local», renchérît Raissa Malu.
Réagissant à une question sur la production en quantité industrielle de ce respirateur, Raissa Malu fait savoir qu’elles n’ont pas encore des moyens pour commencer une production industrielle. «Nous en sommes, dit-elle, en face des prototypes. Il doit passer en phase clinique. Nous avons quelques ajustements qui ont été demandés par les médecins ».
« Nous sommes heureux d’avoir reçu ce feedback des médecins parce que notre objectif, c’est de fournir un respirateur qui réponde au besoin de nos médecins localement. Nous allons intégrer les demandes qui ont été faites par les médecins réanimateurs de cliniques universitaires de Kinshasa. Et on va pouvoir passer à une phase de test pour s’assurer que le respirateur répond correctement lorsqu’il est mis en contact avec un mannequin qui stimule le patient, pour que nous soyons certains qu’il réponde le plus correctement possible et toutes les sécurisés soient assurées et pour que les médecins puissent l’utiliser dans les hôpitaux. Entre temps, nous développons des contacts avec certains partenaires pour arriver à cette production industrielle», précise-t-elle.
D’après Raïssa Malu, c’est un travail de longue haleine, qui va quand-même dépendre de beaucoup des voisins. « Comme vous savez la RDC n’a pas de tissu industriel. Il y a encore toute une démarche, un processus que nous devons encore mettre en place avant d’arriver à une production massive», souligne Raissa Malu.
Elle exprime, dès lors, le besoin d’être aidée pour pouvoir créer un environnement qui facilite le développement de l’industrie de ces produits médicaux, donc en termes d’homologation d’avoir des processus clairs d’homologation, qui répondent tout à fait aux normes. Il y a aussi la nécessité de mettre à disposition des fonds pour pouvoir développer cette industrie, martèle-t-elle. Et certaines facilités pour pouvoir apporter un certain nombre des composants nécessaires, fait-elle remarquer.
Raïssa Malu lance un appel au gouvernement. «Si le Gouvernement peut nous aider à développer ou à créer ce tissu industriel en RDC pour permettre aux investisseurs de s’impliquer dans ce processus, c’est un travail de dialogue que nous allons avoir avec le Ministère de tutelle. Nous espérons que le message sera entendu et que nous pouvons créer un écosystème favorable au développement de l’industrie, des produits médicaux parce qu’il y’a une véritable demande au niveau de nos hôpitaux», martèle-t-elle.
Selon Raïssa Malu, il est important que la RDC développe sa propre Industrie plutôt que de dépendre essentiellement des produits venus d’ailleurs. Mathy MUSAU