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Kinshasa : les transporteurs revoient les prix de courses à la hausse
Depuis hier soir, les prix de course ont pris l’envol à Kinshasa. Face à la rareté du carburant dans les stations-services, nombre de transporteurs ont opté pour la surenchère. Ce, d’autant qu’ils ont dû débourser plus de fonds pour s’approvisionner sur le marché parallèle auprès de »kadhafis », ces fournisseurs officieux du carburant qui pullulent à travers la capitale.
Dans les stations-services de la ville, le carburant se fait de plus en plus rare. Depuis quelques semaines en effet, les transporteurs parcourent plusieurs kilomètres avant de trouver des pompes disponibles pour les approvisionner aux prix officiels. Mais, encore faut-il être patient pour faire la file et attendre d’être servi.
La situation s’est empirée hier dimanche 3 avril. Plusieurs stations, en effet, ont fermé avant l’heure, préférant rationner le peu de carburant destiné à leur clientèle. Sans doute une stratégie pour faire pression sur le Gouvernement afin de le contraindre à hausser les prix du litre à la pompe.
Des files d’attente
Pas donc étonnant de retrouver, après plusieurs slaloms à travers les artères de la ville, des dizaines de motos et véhicules, alignés à la queue leu leu, dans la toute nouvelle station implantée à l’Echangeur. « Si je ne m’approvisionne pas ici, je risquerais de débourser plus d’argent auprès de »kadhafis » aux heures tardives », nous souffle Patrick Mandiangu, un conducteur de motos desservant la ligne Rond-point Ngaba – Limete.
« Toute la soirée, j’ai parcouru en vain la ville en quête de carburant, nous explique-t-il. Plusieurs stations ont, à peine, ouvert le matin et fermé en début d’après-midi. Nous étions obligés de recourir aux »kadhafis » qui nous vendent le litre d’essence à 2500 Fc voire 3000 Fc au lieu de 2.000 Fc. D’autres nous livrent le litre de gasoil à 3.000 Fc voire 3.500 Fc au lieu de 2.200 Fc comme à l’accoutumée. Face donc à la surenchère, plusieurs d’entre nous ont doublé le prix de la course ce soir. On exige, par exemple, 1.000 Fc au client pour le petit trajet qui se négocie généralement à 500 Fc. En moto comme en taxi ».
« Hier tard dans la soirée, j’ai vu des motocyclistes desservant la ligne Pont-Gabi – Limete exiger à leurs passagers 1.500 Fc la course, alors que les frais dépassent rarement 1.000 Fc de jour comme de nuit« , renchérit André Babeta, employé dans une entreprise privée au quartier Limete industriel. Un bémol toutefois : certains taximen ont préféré garder le prix habituel, en attendant d’être fixés par l’autorité urbaine.
Le »syndrome ukrainien »
Pour nombre d’observateurs, le vent de la surenchère qui souffle aujourd’hui dans l’univers des pétroliers est loin d’être anodin au regard du »syndrome ukrainien ». Autant la fourniture du gaz russe et d’autres combustibles dont Moscou est le principal fournisseur aux pays européens est susceptible de devenir problématique, autant l’Afrique se sent de plus en plus court-circuitée par cette crise entre l’Otan et la Russie, par l’Ukraine interposée. La psychose de la pénurie du carburant serait à la base de la spéculation qui bat déjà son plein dans plusieurs secteurs de la vie économique.
A titre illustratif, outre le carburant, les consommateurs congolais font également face à la crise de blé, céréales dont la Russie et l’Ukraine sont de principaux producteurs sur le continent européen. Si, déjà en Europe, des industries de panification et des pâtisseries ne sont plus approvisionnées comme à l’accoutumée, il en est de même pour certaines boulangeries locales qui recourent aux principaux importateurs locaux de la farine de blé.
Quand le volume du pain diminue
Par conséquent, l’on note déjà une diminution sensible du volume du pain et la révision à la hausse des pains. Dans plusieurs alimentations ou supermarchés des Indopakistanais, la baguette est vite passée de 500 Fc voire 600 Fc à 700 Fc. Conséquence, sans doute, indirecte de la crise ukrainienne.
« Nous sentons de plus en plus la nécessité de développer des aliments et d’autres produits de substitution pour espérer échapper à la pénurie« , rapporte une ménagère. « L’heure est venue où les Congolais doivent investir davantage dans l’agriculture, dans la pêche et l’élevage pour arriver à l’autosuffisance alimentaire« , prône chaque dimanche l’évangéliste congolais, Colin Nzolantima, sur les ondes des radios locales.
Pour le moment, les regards restent tournés vers les autorités congolaises appelées à prendre des mesures idoines pour juguler la crise. Au moment où le ministre de l’Economie quitte son fauteuil, démis par les députés, il est plus que nécessaire que le Gouvernement agisse avec diligence, mieux vaut prévenir que guérir, dit-on, de peur de ployer sous le coup de la grogne sociale. Yves KALIKAT