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Kasaï-Central : le président fédéral de l'AFDC-A contesté après la marche pour la révision constitutionnelle
Une crise interne secoue l'Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) dans la province du Kasaï-Central. À l'origine des tensions, la prise de position du président fédéral, Sylvain Bakajika, opposé à la marche de soutien à la révision constitutionnelle, organisée le samedi 11 avril à Kananga.
Dans une déclaration rendue publique le même jour, des cadres et militants du parti ont annoncé le désaveu de leur responsable, l'accusant de s'être éloigné de la ligne politique de la formation dirigée par le président national Modeste Bahati Lukwebo.
Les signataires pointent une série de dysfonctionnements internes, notamment l'absence de réunions statutaires régulières et une gestion jugée peu conforme aux principes du parti. Ils dénoncent également des choix politiques controversés, évoquant des rapprochements avec certains acteurs considérés comme opposés aux intérêts de l'AFDC-A dans la province. Selon eux, ces orientations auraient affaibli la cohésion interne et ralenti l'implantation du parti à la base.
À ces critiques s'ajoutent des accusations de pratiques décriées, telles que le tribalisme et le clientélisme, ainsi qu'une gestion globale qualifiée de défaillante.
LA MARCHE, ELEMENT DECLENCHEUR DE LA FRONDE
La marche reste l'élément déclencheur de la fronde. La décision de Sylvain Bakajika d'interdire aux militants de participer à la marche de soutien à la révision constitutionnelle et la confiscation des insignes du parti, apparaissent comme le point de rupture.
Organisée par des forces politiques proches de l'Union sacrée de la Nation, cette manifestation visait à appuyer les réformes institutionnelles soutenues par le Président Félix Tshisekedi.
Pour de nombreux cadres, cette position a suscité incompréhension et frustration au sein de la base, largement favorable à cette dynamique politique.
UN COMITE POUR DEFIER BAKAJIKA
Les cadres de l'AFDC-A, au Kasaï-Central, ont décidé de mettre en place un comité de crise, chargé d'assurer la gestion provisoire de la fédération. Ce comité est dirigé par Frédéric Tshibona, assisté de deux adjoints. Sa mission consiste à restaurer la discipline interne, restructurer les organes du parti et relancer les activités politiques en conformité avec les orientations nationales.
Cette crise survient dans un climat politique national marqué par de vifs débats autour de la révision constitutionnelle. Un sujet qui continue de diviser la classe politique congolaise ainsi que l'opinion nationale.
En désavouant leur président fédéral, les cadres de l'AFDC-A affirment vouloir préserver l'image et l'unité du parti, tout en réaffirmant leur attachement aux idéaux de la formation et leur soutien aux actions du chef de l'État.
Félix MULUMBA KALEMBA