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Revanche du sol sur le sous-sol : rien de concret sur le terrain!
Depuis la Deuxième République, les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays ont clamé haut et fort que l’agriculture était la priorité des priorités, donc au-dessus des autres secteurs de la vie nationale. C’est le cas de l’actuel exécutif. Placé à la tête du pays après les élections de 2018, Félix Antoine Tshisekedi a annoncé le concept de la revanche du sol sur le sous-sol, affirmant l’impérieuse nécessité d’assurer la sécurité alimentaire de la population, et de se libérer de la dépendance des exportations. Car, il n’est pas normal qu’un pays comme la RDC qui dispose de plusieurs millions de terres arables et des ressources halieutiques fabuleuses puisse dépendre de l’extérieur pour nourrir ses populations. Malheureusement, cinq ans et demi depuis que le président de la République a lancé ce concept, aucun résultat palpable n’est vécu sur le terrain. Le risque est grand de connaître les mêmes échecs que les années antérieures.
Pour mémoire, plusieurs projets de même nature ont été mis en place, mais ils ont accouché des petites souris. Avec M.Mobutu, il y a eu «Retroussons les manches», «l’objectif 80», le «Programme agricole minimum (PAM)», le «Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSCRP), le «Programme national de développement agricole (PNDA)», et que sais-je encore.
À la base de tous les échecs, le manque de financement massif en faveur du secteur de l’agriculture et du développement rural. Chaque année, la part du budget national allouée à ce secteur n’a jamais été décaissée, empêchant le gouvernement d’atteindre cet objectif. Tant que ce défi n’est jamais relevé, le concept de l’agriculture priorité des priorités ou, aujourd’hui, la revanche du sol sur le sous-sol ne sera que leurre, mieux un simple slogan.
La construction des infrastructures socio-économiques de base : nécessité absolue
Cette revanche ne sera possible que lorsque le gouvernement construira des infrastructures socio-économiques de base pour la promotion des producteurs locaux. Il s’agit notamment des routes de desserte agricole pour faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les grands centres de consommation. Car, il n’est pas intéressant que les paysans produisent mais soient incapables d’écouler leurs produits, faute de bonnes routes de desserte agricole. Dans ce cas, c’est le découragement qui s’ensuit.
Outre les routes, il se pose le problème d’eau potable. Pour ce, le gouvernement est appelé à ériger des forages pour l’approvisionnement des populations rurales.
D’autres défis à relever pour mobiliser les paysans vers les activités agricoles concerne l’électrification rurale, l’habitat rural décent et les conditions minimales de vie qui empêchent l’exode rural.
Pour en arriver là, il importe que le gouvernement respecte ses engagements budgétaires librement consentis de réserver au moins les 10% du budget national au secteur de l’agriculture et du développement rural conformément à l’accord de Maputo auquel il a adhéré.
Muke MUKE