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Général Léon-Richard Kasonga : «La responsabilité journalistique, c’est de l’autosécurité
L’un des intervenants à l’ouverture des états généraux de la presse, le mardi 25 janvier dernier, le Général Léon-Richard Kasonga Cibanga a sensibilisé les journalistes sur leur sécurité. Le porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a, de prime abord, exhorté les professionnels de médias à exercer leur métier avec beaucoup de responsabilité pour s’assurer un minimum de sécurité.
«La responsabilité journalistique, c’est de l’autosécurité», a-t-il martelé. Diplômé de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC), le Général Léon-Richard Kasonga Cibanga a insisté davantage sur le strict respect de l’éthique et de la déontologie journalistique pour espérer réduire les menaces qui pèsent sur leur propre sécurité. Ci-dessous l’intégralité de son intervention. Yves KALIKAT
0. Introduction
La problématique de la sécurité des journalistes dans le monde en général et en République Démocratique du Congo n’est pas une préoccupation nouvelle. Et l’évocation de cette thématique dans ces états généraux de la presse n’est pas une question anodine. Des faits palpables nous poussent d’approfondir davantage les réflexions sur la sécurité des journalistes dans un Etat qui se veut démocratique et s’incruste, à l’heure actuelle, dans le principe de l’état des droits.
Sur le plan international, ces dernières années, il s’est produit une évolution inquiétante de l’ampleur et du nombre d’attaques contre la sécurité des journalistes et des professionnels des médias, ainsi que des incidents affectant leur capacité à exercer leur liberté d’expression : menaces de poursuites, arrestations, emprisonnements, refus de couverture journalistique et absence d’enquête et de poursuites pour les crimes commis contre des journalistes. Ces faits ont été à maintes reprises portés à l’attention de la communauté internationale par des organisations intergouvernementales, des associations professionnelles, des organisations non gouvernementales (ONG) et d’autres parties prenantes.
En République Démocratique du Congo, en s’appuyant sur les différentes statiques de JED 2020, il se révèle que des menaces et des violences que subissent les professionnels des médias dans leur travail, indiquent que le métier d’informer constitue l’un des métiers les plus périlleux pour ceux qui l’exercent en RD Congo. Les journalistes congolais sont de plus en plus soumis à des pressions incessantes. Selon le rapport de 2020, JED a enregistré au moins 116 cas d’attaques et atteintes diverses contre les journalistes et les médias.
Donc, il est tout à fait logique et responsable que les participants à ces états généraux de la presse réfléchissent sur la sécurité des journalistes afin de prendre des mesures idoines.
De ma part, je voudrais, pour être pragmatique, développer la problématique de la sécurité des journalistes en RDC en deux points :
– La sécurité juridique des journalistes ;
– La sécurité physique des journalistes.
I. La sécurité juridique des journalistes en RDC
La sécurité juridique des journalistes en République Démocratique du Congo est garantie par l’existence d’un arsenal juridique. S’agissant de l’arsenal juridique en matière des sécurités des journalistes, tous ici présents, nous sommes conscients de l’existence des instruments juridiques sur le plan international et national. Je me permets donc de rappeler cet arsenal juridique, avant de proposer une analyse critique dans le contexte actuel et par rapport à la thématique sécuritaire des journalistes.
1. Instruments juridiques sur le plan international
La sécurité des journalistes est garantie par les instruments juridiques internationaux dont certains ont été ratifiés par la République Démocratique du Congo. Parmi ces instruments juridiques internationaux figurent :
a) La Déclaration universelle des droits de l’homme
La déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies dans la résolution n°217 A(III) du 10 décembre 1948, en son article 19 dispose ceci : « Tout individu a le droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ces opinions et celui de rechercher, de recevoir et de répandre, sans considération des frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit« .
b) Le Pacte International relatif aux droits des Nations-Unies
Ce pacte adopté à la session du 16 décembre 1966 et entré en vigueur le 23 mars 1976 lequel en son article 19 alinéa 3 dispose ceci : « nul ne peut être inquiété pour ses opinion« .
c) La charte africaine des droits de l’homme et des peuples
Cette charte a été adoptée par les chefs d’Etats africains réunis au sein de l’Organisation de l’Unité Africaine, le 27 juin 1981 et entrée en vigueur le 21 octobre 1986. En son article 9, alinéa deux 2 consacre cette liberté en ces termes : « Toute personne a droit à l’information, d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements « .
Hormis les trois instruments juridiques susmentionnés, il convient de relever ici d’autres actes qui ont affirmé la liberté de la presse à l’instar de la résolution 2448 du 19 décembre 1968 sur la liberté de l’information adoptée par l’Assemblée Générale de l’Organisation des nations-Unies qui affirme le principe selon lequel la principale fonction des moyens d’information dans n’importe quelle région du monde est de réunir et de répandre librement et de façon responsable les informations objectives.
Il y a également l’Acte final de la conférence d’Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe, signé le 1er août 1975 et qui comprend certaines dispositions qui encouragent la liberté de la presse. Il stipule ceci: « Les Etats participants se fixent comme objectifs de faciliter une diffusion plus large de l’information de toute nature, d’encourager la coopération dans le domaine de l’information et de faciliter l’échange d’information avec d’autres pays (…) et expriment leur publication, leur intention de faciliter l’amélioration de la diffusion sur le territoire, des journaux et publications, imprimés périodiques ou non périodiques en provenance des autres Etats participants« .
Messieurs les participants aux états généraux de la presse, il y a certainement d’autres instruments juridiques sur le plan international qui garantissent la sécurité des journalistes, mais il y a lieu de jeter un regard sur les instruments juridiques en matière de sécurité des journalistes au niveau national.
2. Instrument juridique sur le plan national
Si nous interrogeons l’histoire de la RDC, nous trouverons de nombreux instruments juridiques, notamment :
– Le décret du 17 août 1959, en son article 1er qui déclare ceci : » la liberté de répandre sa pensée par tous les moyens est garantie » ;
– La loi fondamentale du 17 juin 1960, en son article 15, alinéa 1, qui stipule: « chacun a droit d’exprimer et de diffuser ses opinions, notamment par la parole, la plume et l’image » ;
– La constitution du 1er août 1964, dans son 25 ;
– La constitution du 24 juin 1967, dans son article 11 ;
– La constitution de 15 août 1974, dans son article 19 ;
– La constitution du 15 février 1974, dans son article 18 ;
– La constitution de la transition de 2003, dans son article 28 ;
– L’ordonnance-Loi n°81/011 du 2 avril 1981 relative à la liberté de la presse.
A ce jour, messieurs les participants, nous savons tous que la sécurité des journalistes en République Démocratique du Congo est garantie par :
– La constitution du 18 février 2006, dans son article 24, qui stipule : « Toute personne a droit à l’information. La liberté de presse, la liberté d’information et d’émission par la radio et la télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication sont garanties sous réserve du respect de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits d’autrui« .
– La loi n°96/002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté en République Démocratique du Congo.
A cela il faut ajouter la loi Organique n°l1/001 du 10 janvier 2011 portant composition, attributions et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). En plus de fixer les différentes règles relatives au fonctionnement du CSAC en tant qu’instance de régulation instituée depuis 2011, cette loi assigne au CSAC là triple mission de garantir et d’assurer la liberté de presse et de tous les moyens de communication de masse, de veiller au respect de la déontologie en matière d’information, et de veiller à l’accès équitable des partis politiques, des associations et de toute autre personne aux moyens officiels d’information et de communication.
Ma communication n’a pas pour objectif de rappeler l’arsenal juridique en matière de sécurité des journalistes sur le plan international et national ; plutôt, comme je l’ai exprimé dans la partie introductive, d’en faire une analyse critique pouvant contribuer à la sécurité des journalistes dans notre pays.
Ainsi, de tout ce qui précède, nous retenons :
a) La sécurité des journalistes en République Démocratique du Congo est garantie par des instruments juridiques, au niveau tant international que national ;
b) Tous les instruments juridiques reposent sur le principe suivant : « la liberté d’expression et de presse ainsi que le droit du public à l’information sont garanties. Et que ceux qui exercent le métier d’informer devraient donc être protégés et sécurisés « .
c) On ne peut pas ne pas parler de la sécurité des journalistes sans évoquer la responsabilité des journalistes, et le respect de l’éthique et déontologie du journalisme.
J’aborde cette notion de responsabilité journalistique ou médiatique en m’appuyant sur Rigobert Munkeni, professeur de journalisme de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC).
La pratique journalistique est avant tout un acte de responsabilité. Autrement dit, la responsabilité engendre la sécurité. Impossible d’envisager la sécurité sans la responsabilité.
La responsabilité journalistique est caractérisée par une série d’éléments qui tirent leur force de l’aptitude à se conformer à des principes supérieurs que doit manifester le professionnel des médias ou l’organisme médiatique qui accomplit l’acte d’information et de communication. Concrètement, il s’agit de la capacité d’agir de son propre chef, de se comporter selon sa conscience, de se conformer aux principes de sa morale ou de son propre sens de discernement du bien et du mal.
Le concept de responsabilité se répartit en deux dimensions: d’une part les valeurs supérieures sur lesquelles se fonde la bonne pratique du métier d’informer et de communiquer ; d’autre part les prédispositions que se doit de cultiver en son for intérieur un professionnel des médias et un organe médiatique.
Les valeurs supérieures qui composent la première dimension du concept responsabilité proviennent de l’éthique journalistique et de la déontologie du métier de la presse. Ses indicateurs sont la morale, l’honnêteté et l’objectivité journalistique, mais également de la prise de conscience des risques de dérapages.
La responsabilité est l’acte d’informer sans entraves. Elle a pour assises les valeurs éthiques et déontologiques. En se fondant sur ce principe, la sécurité des journalistes en République Démocratique du Congo sera renforcée et assurée.
La responsabilité journalistique c’est de l’auto-sécurité. C’est un principe et un outil efficace en matière de sécurité des journalistes.
En l’absence de responsabilité journalistique, le journaliste tombe dans les délits de presse. Et les délits de presse sont sanctionnés par le code pénal civil et/ou le code pénal militaire.
En réalité, si l’agir journalistique repose sur les dispositions statutaires et réglementaires, la problématique de la sécurité des journalistes ne poserait moins, ou jamais.
II. La sécurité physique
Je soulève le point relatif à la sécurité physique des journalistes en République Démocratique du Congo en ma qualité à la fois de journaliste formé et de l’officier militaire. En d’autres termes, j’expose ici l’apport des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) en matière de sécurité des journalistes.
Il s’agit de la sécurité des journalistes dans un contexte particulier. Comme vous le savez, la RDC vit au rythme des guerres à répétition et d’un cycle de rébellions qui sévissent principalement dans les provinces de l’Ituri, du Nord et du Sud Kivu. Dans ce contexte, la problématique de la sécurité des journalistes devienne cruciale. Et comment l’armée organise-te-elle la sécurité des journalistes dans ce contexte particulier ?
L’armée assure la sécurité des journalistes par une double démarche :
a) L’Accréditation des journalistes par le ministère des médias ;
b) L’Endossement de l’accréditation par l’Etat-Major Général/SCIFA pour bénéficier de la sécurité structurelle.
La sécurité structurelle suppose :
– L’encadrement des journalistes accrédités par le renseignement et les opérations ;
– L’encadrement technique par le service d’information de l’armée.
Voici le schéma principiel établit par l’armée pour assurer la sécurité des journalistes, dans le cadre les zones d’opération. Malheureusement, les uns disent qu’ils ignorent l’existence de ce système, d’autres estiment que cela alourdit le système et ça retarde la descente sur terrain pour la couverture médiatique du déroulement des opérations, d’autres encore pensent qu’il s’agit d’une méthode de restriction de la liberté des journalistes en matière de collecte d’information.
Or, si schéma principiel est respecté, la sécurité des journalistes ne se poserait pas comme problème dans les zones d’opération. C’est donc une sorte d’invitation et d’interpellation aux journalistes et organes de presse au respect de principe établit pour que leur sécurité soit assurée dans ce contexte particulier.
L’armée assure la sécurité des journalistes par une double démarche :
a) L’Accréditation des journalistes par le ministère des médias ;
b) L’Endossement de l’accréditation par l’Etat-Major Général/SCIFA pour bénéficier de la sécurité structurelle.
La sécurité structurelle suppose : 1
– L’encadrement des journalistes accrédités par le renseignement et les opérations ;
– L’encadrement technique par le service d’information de l’armée.
Voici le schéma principiel établit par l’armée pour assurer la sécurité des journalistes, dans le cadre les zones d’opération. Malheureusement, les uns disent qu’ils ignorent l’existence de ce système, d’autres estiment que cela alourdit le système et ça retarde la descente sur terrain pour la couverture médiatique du déroulement des opérations, d’autres encore pensent qu’il s’agit d’une méthode de restriction de la liberté des journalistes en matière de collecte d’information.
Or, si schéma principiel est respecté, la sécurité des journalistes ne se poserait pas comme problème dans les zones d’opération. C’est donc une sorte d’invitation et d’interpellation aux journalistes et organes de presse au respect de principe établit pour que leur sécurité soit assurée dans ce contexte particulier.