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Et si la RD Congo rejoignait les BRICS pour assurer son développement et sa sécurité ?
(Par Fweley Diangitukwa, professeur et Directeur du Think Tank Congo Libre et Démocratique « CLD »)
Il est admis que celui qui voudrait devenir ingénieur doit fréquenter l’École d’ingénieurs et celui qui voudrait devenir grand ou riche doit côtoyer les grands ou les riches de ce monde. Suivant cette logique, un pays qui a vocation à devenir une puissance régionale – comme c’est le cas de la RD Congo lorsque l’on prend en considération sa position géopolitique, ses ressources naturelles et humaines, le nombre de ses habitants – doit s’approcher des pays émergents. C’est dans ce but que je suggère aux décideurs politiques de notre pays de rejoindre le bloc des pays membres des BRICS en tant qu’observateur intéressé. Ci-dessous, je donne libre cours à ma pensée allant dans ce sens.
Imaginons que, en laissant une place au rêve, pour mettre définitivement fin à l’instabilité, au néocolonialisme, au libéralisme sauvage, au pillage des ressources naturelles du Congo et à la domination, la RD Congo parvienne à former une unité homogène et accepte d’entrer dans cette nouvelle configuration des pays frustrés au cours de l’Histoire universelle. Parmi ces pays se trouvent ceux les plus vastes de ce monde composés de BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud (South Africa). Ces pays pourraient créer de nouvelles institutions afin de sortir le monde des celles issues de la Seconde Guerre mondiale, se doter d’une nouvelle Banque mondiale dirigée non pas continuellement par un Américain mais cycliquement par un ressortissant de l’un de ce nouveau bloc avec mission de gérer l’argent des pays membres. Les pays membres du nouveau bloc pourraient également se doter aussi d’un Fonds monétaire international qui utiliserait les monnaies locales dans le commerce international (proposition déjà faite dans un sommet des BRICS), ériger à l’avenir une Cour pénale de justice dont tous les pays adhérents seraient d’office membres, un Conseil national de Sécurité fonctionnant dans un esprit autre que celui des Nations unies actuelles, c’est-à-dire dans lequel il n’y aurait pas un droit de veto mais une participation équilibrée de grands experts venant des pays membres avec, à leur tête, une armée commise à défendre les intérêts de ces pays qui ont été frustrés par l’Occident au cours de l’Histoire universelle. Si cela devenait un jour une réalité, que deviendrait la RD Congo qui a toujours été dominée injustement depuis l’époque coloniale ? Que les dirigeants politiques et le peuple congolais s’interrogent et cherchent à rendre ce rêve possible en adhérant dans le bloc des BRICS qui présente plus d’avantages immédiats que la Communauté des États d’Afrique de l’Est (East African Community).
L’économiste Idriss Aberkane rappelle que les BRICS marquent en ce moment un changement géopolitique mondial. Leur consolidation et leur montée sur la scène internationale créent une confrontation avec l’organisation occidentale appelée G7 (groupe des sept sur le plan économique composé de : États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada). Si les pays du G7 sont peu habités, les pays des BRICS représentent près de 3 000 000 000 (trois milliards) d’habitants (l’Inde et la Chine représentent à elles seules près 2 600 000 000 d’habitants).
Aujourd’hui, le G7 ne représente plus les pays qui possèdent les économies mondiales les plus prospères comme à l’époque où ce groupe a été créé. En plus, le G7 est dominé par les États-Unis qui ont une mainmise sur l’ensemble de ces pays et qui les utilisent comme des alliés dans les guerres qu’ils mènent à travers le monde (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, etc.). Qui peut oublier que le G7 a été mis sur scène avec le drapeau de l’OTAN même si tous les pays ne sont pas membres – cas du Japon ? Les BRICS sont une configuration toute différente du G7 dans la mesure où il n’existe pas, dans cette organisation, une puissance militaire qui domine tous les pays membres. La puissance économique de la Chine dépasse maintenant celle des États-Unis et si on prend en considération la puissance militaire de la Russie, on déduit vite que les BRICS sont plus importants que le G7. En mettant ensemble les économies des pays émergents et leur puissance du feu, on découvre vite que les BRICS sont l’avenir de la planète. Il est le pivot majeur de ce siècle en termes d’espaces territoriaux habitables, du nombre d’habitants, de ressources naturelles, de croissance mondiale. Les enjeux géoéconomiques de ce XXIème siècle seront déterminés plus par les BRICS que par le G7. De ce fait, la rencontre entre la Chine et la Russie peut être à l’origine d’un nouvel ordre international qui, en se structurant, peut donner naissance à une Organisation des Nations unies bis ou alternative à partir du noyau des pays qui ont été frustrés au cours de l’Histoire universelle par l’Occident colonialiste et belliqueux. Ils peuvent aussi créer leur équivalent de l’OTAN pour protéger et sécuriser les pays que les États-Unis et leurs alliés attaquent ou peuvent attaquer, aussi leur monnaie d’échange et/ou de réserve qui servira de devise aux pays membres dirigés par un FMI bis ou alternatif, etc. Ce rêve doit pousser la RD Congo à rejoindre les BRICS plutôt que la communauté des États d’Afrique de l’Est ou les pays du G7 qui dépendent du pillage des pays du tiers-monde pour leur développement et leur survie en tant que puissance planétaire (uranium, coltan, cobalt, gaz, pétrole, etc.). Ce choix sécuriserait plus vite l’Est de la RD Congo et contribuerait plus rapidement à son développement que l’appartenance aux blocs des pays qui la déstabilisent, la dominent et la pillent.
Il revient aux dirigeants de notre pays de savoir anticiper les événements par la prospective. C’est en faisant un bon choix stratégique, voire réaliste, que la RD Congo pourrait réaliser ces ambitions dans le cours et moyen terme. La stratégie passe par là.