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En marge de la journée du 08 mars : la FAO, le Fida et le PAM plaident pour renforcer l’autonomie économique des femmes en milieu rural
A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les organismes des Nations Unies chargés de l’agriculture et de l’alimentation, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), le FIDA (Fonds international de développement agricole) et le PAM (Programme alimentaire mondial), se sont réunis, hier 07 mars pour célébrer conjointement et mettre en avant l’importance d’investir dans les femmes rurales afin d’accélérer les progrès vers les objectifs de développement durable.
Ces organisations soulignent que cet investissement est non seulement essentiel pour favoriser la croissance économique, mais aussi pour améliorer la sécurité alimentaire, les revenus et les conditions de vie dans les zones rurales où vivent la plupart des populations les plus pauvres du monde, selon une dépêche parvenue hier jeudi 07 mars au quotidien Forum des As.
L’investissement dans les femmes rurales est rentable pour le développement durable. Il renforce les institutions, les économies et les communautés dans leur ensemble, estime la vice-présidente du Fonds international de développement agricole (Fida), Gerardine Mukeshimana.
«Investir dans les femmes, c’est investir dans le développement durable. L’investissement n’est pas seulement rentable dans la mesure où il permet de lutter contre la pauvreté et les inégalités, mais aussi dans la mesure où il renforce les institutions, les économies et des communautés entières», a assuré Gerardine Mukeshimana.
Investir dans les femmes, pari le plus gagnant
Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO, a déclaré qu’il est essentiel de combler «le fossé entre les sexes en matière de financement pour un développement rural plus inclusif et plus équitable». Car, explique-t-elle, d’après elle cela permet non seulement d’autonomiser les femmes, mais aussi d’apporter des avantages significatifs à leurs ménages et à leurs communautés.
Le Sous-directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Valerie Guarnieri est convaincue que investir dans les femmes et les filles, est synonyme de soutenir toute la communauté. Elle a également souligné que l’autonomisation des femmes est la solution pour remporter la bataille contre la faim et la malnutrition.
«Nous pouvons gagner la bataille contre la faim et la malnutrition en donnant aux femmes les moyens d’agir et en les aidant à prendre l’initiative», a-t-elle déclaré.
En investissant dans l’éducation, les droits fonciers et l’accès aux ressources des femmes, ces actions sont essentielles pour parvenir à l’égalité en 2030. Car, comme le soulignent les agences onusiennes, investir dans les femmes est le pari le plus gagnant pour un développement juste et durable.
DÉNONCIATION DES INÉGALITÉS HOMMES-FEMMES EN MILIEU RURAL
Selon le rapport 2023 de la FAO sur la situation des femmes dans les systèmes agroalimentaires cité dans cette dépêche, mettre fin aux inégalités entre les femmes et les hommes en matière de productivité agricole et de salaires pourrait augmenter le produit intérieur mondial de 1%, soit près de 1 000 milliards de dollars, et réduire les niveaux d’insécurité alimentaire dans le monde, ce qui permettrait à 45 millions de personnes supplémentaires d’accéder à la sécurité alimentaire.
Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seulement 4% de l’aide bilatérale totale est allouée à des programmes axés sur l’égalité femmes-hommes. De plus, il existe un déficit de financement d’environ 360 milliards de dollars par an dans 48 pays en développement pour atteindre l’égalité des sexes et les objectifs de développement durable d’ici 2030, selon la FAO.
Par ailleurs, ces structures onusiennes soutiennent que les femmes jouent un rôle important dans les économies rurales et les systèmes agroalimentaires. En Afrique subsaharienne, par exemple, 66% des emplois occupés par des femmes sont liés à l’agriculture.
388 millions de femmes et de filles dans l’extrême pauvreté
Cependant, les normes sociales discriminatoires dans la société et les systèmes agroalimentaires rendent les femmes vulnérables à la faim et à la pauvreté. En 2022, 388 millions de femmes et de filles vivaient dans l’extrême pauvreté, et près de 28% des femmes étaient en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave.
Dans les zones rurales, les femmes font face à des difficultés d’accès aux actifs et aux intrants agricoles, ce qui entraîne des écarts de productivité par rapport aux exploitations gérées par des hommes. De plus, les femmes gagnent en moyenne 18,4% de moins que les hommes dans l’emploi salarié agricole. Les changements climatiques, telles que les vagues de chaleur et les inondations, affectent également de manière disproportionnée les femmes dans les zones rurales, creusant ainsi l’écart de revenus.
Les organismes basés à Rome appellent à un engagement politique fort et à des investissements accrus en faveur de l’égalité femmes-hommes et de l’autonomisation des femmes. Ils soulignent la nécessité d’investir dans les capacités des femmes et des filles, y compris l’accès à l’éducation, à la formation professionnelle et aux services financiers. Il est également important de promouvoir l’égalité des droits fonciers et d’accès aux ressources naturelles, ainsi que de garantir la protection sociale et la sécurité alimentaire des femmes rurales.
LES AGENCES ONUSIENNES UNISSENT LEURS FORCES POUR PROMOUVOIR L’ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES EN MILIEU RURAL
La FAO, le FIDA et le PAM préparent une nouvelle initiative mondiale majeure lors de la prochaine session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies en mars 2024. Cette initiative vise à accélérer les progrès en matière d’égalité des genres et d’autonomisation des femmes dans l’agriculture et l’alimentation.
Les trois agences onusiennes ayant leur siège à Rome travaillent en étroite collaboration sur ce projet. Il s’appuiera sur l’élan créé par les nouvelles Directives volontaires du Comité de sécurité alimentaire mondiale sur l’égalité des genres, approuvées l’an dernier. Ces directives établissent un cadre pour une transformation structurelle des systèmes agricoles et alimentaires dans une perspective d’égalité.
La FAO contribuera à ce projet avec les conclusions de son rapport sur la situation des femmes dans ces systèmes, publié en 2023. Le rapport a mis en évidence les inégalités et obstacles persistants auxquels sont confrontées les femmes rurales.
La FAO, le Fida et le PAM unissent également leurs efforts via le Programme conjoint sur les approches transformatives sensibles au genre pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Ce programme promeut des changements systémiques dans les projets de développement agricole afin de déconstruire les normes de genre restrictives.
En partenariat avec ONU Femmes, le Fida et le PAM coordonnent par ailleurs le Programme d’accélération de l’autonomisation économique des femmes rurales. Cette initiative mondiale vise à garantir les moyens d’existence, les droits et la résilience des femmes dans les zones rurales. Christian-Timothée MAMPUYA