Dernière minute
Société
A en croire le Rassemblement des forces vives de Luozi, la population de la cité éponyme va organiser une marche populaire ce mercredi 19 août. L'objectif est de réclamer aux autorités compétentes (gouvernement central et gouvernorat du Kongo Central) un nouveau bac, l'actuel bac étant tombé en…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
La Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (Conapac-RDC), conduite par sa présidente nationale, Mme Espérance Nzuzi, a remis, le week-end dernier au Premier Vice-président de l’…
Étranger
Par S.E.M. ZHAO Bin, Ambassadeur de la République populaire de Chine en République Démocratique du Congo.
L'année 2026 marque le 5ème anniversaire de l'Initiative pour le développement…
Nation
Le Gouvernement hausse le ton contre les irrégularités présumées dans la gestion des effectifs engagés dans la riposte contre Ebola. Lors d’un briefing presse tenu mardi 18 août à la RTNC, le…
Ebola : « 15 à 20 % sont des intervenants fictifs », Roger Kamba s’attaque aux tricheries et à l’« Ebola business »
Le Gouvernement hausse le ton contre les irrégularités présumées dans la gestion des effectifs engagés dans la riposte contre Ebola. Lors d’un briefing presse tenu mardi 18 août à la RTNC, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a révélé que jusqu’à 20 % des personnes figurant sur certaines listes de paiement seraient fictives, dénonçant au passage des pratiques qu’il qualifie d’« Ebola business ».
« Nous essayons toujours de tricher, d’ajouter », a déploré le ministre, évoquant le paiement récent de plus de 1 000 personnes. Selon lui, après vérification, 15 à 20 % des noms inscrits sur les listes correspondaient à des personnes fictives.
Pour le Gouvernement, cette situation ne relève pas d’un simple dysfonctionnement administratif. Elle met directement en cause la traçabilité des ressources mobilisées pour répondre à l’épidémie et complique le paiement des véritables intervenants.
DE 240 PERSONNES DÉCLARÉES À SEULEMENT 40 ENREGISTRÉES
Roger Kamba a livré un exemple particulièrement révélateur des écarts constatés sur le terrain. Un centre avait déclaré 240 intervenants. Une équipe dépêchée sur place pour procéder à leur identification biométrique n’en aurait finalement enregistré que 40 après 48 heures.
« Nous avons envoyé une équipe pour dire : on va enregistrer de manière biométrique tout le monde. Comme ça, on te connaît, on t’enregistre et on va te payer », a expliqué le ministre.
L'opération de vérification doit désormais permettre de distinguer les véritables acteurs de la riposte des personnes inscrites indûment sur les listes. Elle vise également à mettre fin aux contestations liées aux paiements, certaines réclamations pouvant, selon le ministre, découler de listes initiales non fiables.
LA BIOMÉTRIQUE POUR RENFORCER LE CONTRÔLE
Face à ces pratiques, les autorités entendent renforcer le contrôle physique et biométrique du personnel engagé dans la riposte. L’objectif est de disposer d’un fichier fiable, permettant d’identifier chaque intervenant avant tout paiement.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large du Gouvernement de centraliser les paiements et d’harmoniser les rémunérations du personnel mobilisé contre Ebola.
Pour Roger Kamba, le problème ne serait d’ailleurs pas principalement financier. Il assure que les ressources destinées à rémunérer les intervenants sont disponibles, mais que leur acheminement jusqu'aux bénéficiaires est perturbé par des manipulations et des irrégularités dans la gestion des listes.
« IL Y A BEAUCOUP DE GENS QUI ESSAYENT CHACUN DE FAIRE EBOLA BUSINESS »
Le ministre s’en est également pris à ceux qu’il accuse de vouloir profiter financièrement de l’épidémie.
« Ce n’est pas un problème d’argent. Il y a beaucoup de manipulations sur place, il y a beaucoup de tricheries sur place et il y a beaucoup de gens qui essayent chacun de faire Ebola business », a-t-il dénoncé.
Une formule choc qui résume la détermination affichée par le Gouvernement à assainir la gestion de la riposte. Pour les autorités, chaque FC mobilisé dans la lutte contre Ebola doit servir directement aux opérations de terrain et à la prise en charge de la réponse sanitaire.
Avec l’identification biométrique, l’harmonisation des rémunérations et la centralisation des paiements, Kinshasa veut ainsi resserrer les mailles du dispositif financier et administratif de la riposte. Un chantier présenté comme indispensable pour restaurer la confiance, garantir que les véritables intervenants soient payés et empêcher que l’épidémie ne devienne une source de revenus indus.
Jérémie ASOKO