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DU HAUT DE SES 34 ANS D’EXISTENCE : L’Université Kongo se dote de son école doctorale
*Le Pr Fweley Diangitukwa est chargé de la direction de cette école.
*25 candidats sont inscrits au master.
Le rêve des pères fondateurs de l’Université Kongo (UK) vient de se concrétiser, 34 ans après sa création avec l’ouverture solennelle de l’école doctorale le vendredi 22 novembre sur le site de Luvaka à Mbanza-Ngungu. Le recteur de cette Alma mater, Germain Kuba Mana aux anges, a déclaré ambitionner «de mettre en place l’une des meilleures écoles doctorales de notre pays, d’Afrique et du monde». La direction de cette école a été confiée au Pr Fweley Diangitukwa, avec 25 candidats pour quatre facultés : le droit, l’économie, les sciences sociales et les sciences de l’information et de la communication (SIC).
Dans son mot de bienvenue, le recteur de l’UK, le professeur Germain Kuba Mana s’est réjoui en ces termes en plaçant la barre haut : «Avec le sérieux qui caractérise les formateurs de l’Université Kongo, nous allons produire les meilleurs professeurs, les meilleurs chercheurs.
Notre ambition est de former des professeurs qui vont, à leur tour, former d’autres professeurs. .C’est un processus discontinu qui doit aller de génération en génération. Ce processus doit durer aussi longtemps que l’université Kongo existera. Rien ne doit arrêter ce processus de formation des formateurs», a-t-il déclaré tout heureux de voir l’université produire désormais localement ses docteurs à thèse. Il a demandé aux candidats de mettre le sérieux parce que l’université doit respecter le délai de deux ans pour le master et trois ans pour les recherches doctorales.
« UNE AVENTURE LONGUE ET COÜTEUSE »
Le désormais directeur de l’école doctorale de l’Université Kongo a souligné l’importance d’une école doctorale dans une université pour la formation des futures élites du pays. « Ce sont les futurs savants dans le sens de ceux qui savent, sur lesquels la Nation devrait compter».
«Faire des études doctorales, a-t-il prévenu, est une aventure longue et coûteuse», car «il faut de la motivation, de l’énergie, de l’application et du talent pour décider de préparer une thèse 7 à 8 ans d’études après l’obtention du diplôme d’Etat».
Il a demandé aux étudiants de son école de «devenir des ambassadeurs de haut rang de votre université, d’avoir la vocation à jouer le rôle important : influenceur de notre université».
Aux chercheurs que l’Université Kongo attend former, le directeur de l’école doctorale a rappelé que les «solutions de demain aux problèmes d’aujourd’hui seront les thèmes qu’ils traiteront dans leurs recherches afin d’embrasser dans le futur une carrière académique ou internationale de haut niveau». Une école qui ambitionne, selon son directeur, de mettre un accent particulier sur la création et sur l’utilité sociale de ce que les doctorants apprendront, tout en les appelant «à monter des industries créatives qui font défaut à nos sociétés africaines».
«CESSEZ D’ETRE DES IMITATEURS ET DE SIMPLES CONSOMMATEURS »
«Devenez des pionniers dans vos domaines en évitant d’être de simples répétiteurs de tout ce que vous avez appris dans vos formations antérieures», tout en ayant au centre de leurs préoccupations le mot innovation comme clé de leurs recherches. «Cessez d’être des imitateurs et de simples consommateurs d’un savoir venus d’ailleurs», a encouragé Fweley Diangitukwa ses futurs étudiants.
Le professeur émérite Isidore Ndaywel a préféré partager son expérience d’enseignant d’université, à la place d’un discours académique, en parlant du rôle de l’université dans la société avec un accent particulier sur l’école doctorale.
Pour ce scientifique de haut rang devenu professeur associé à 29 ans, le premier rôle de l’université est de participer à la production des savoirs et des connaissances, le second étant d’enseigner, d’assurer la diffusion de ces savoirs, de le mettre à la portée des autres.
Qu’est-ce que la recherche ? s’est-il demandé. «Etre chercheur ne signifie pas chercher et ne pas trouver. Un chercheur est celui qui cherche et qui cherche quoi ? Qui cherche des solutions, des réponses. Des solutions à des interrogations de la vie, des problèmes qui existent. Ainsi la recherche est une démarche essentiellement existentielle».
«LA SCIENCE AVANCE PAR UN NOUVEAU REGARD PORTE SUR DES CHOSES CONNUES»
En scientifique chevronné, le Pr Isidore Ndaywel a conseillé les doctorants à être curieux car la recherche est liée à la curiosité, à développer la capacité de s’étonner qui a comme corollaire la capacité de se sentir interpellé. «Même si cette capacité de s’étonner est innée, elle doit être développée par l’érudition par la lecture, par des activités intellectuelles».
«Pour être chercheur, il faut être informé de l’état des connaissances dans votre domaine», a-t-il ajouté en leur demandant «d’avoir aussi la maîtrise des techniques du métier», notamment l’article, le compte rendu, la bibliothèque, l’enquête, la synchronie, la diachronie.
Un chercheur, a-t-il dit, doit avoir l’esprit critique. «Un bon critique est celui qui est capable de repérer ce qu’il y a de faux dans une trop grande apparence de vrai et ce qu’il y a de vrai dans une trop grande apparence de faux», ajoutant que «la première réaction est de ne pas accepter d’emblée».
Pour le Pr Isidore Ndaywel «la science n’avance pas seulement par la découverte de quelque chose d’inédit. La science avance plus souvent par un nouveau regard porté sur des choses déjà connues».
En guise de conclusion, il a adressé un message d’espoir : » Je suis heureux d’avoir été parmi vous en espérant que la prochaine fois je serai devant un groupe de chercheurs qui connaissent maintenant la bonne maitrise du métier et qui arrivent à l’innovation, à l’invention et à des découvertes pour l’avancement de notre pays et de notre province du Kongo Central».
La cérémonie d’ouverture de l’école doctorale s’est clôturée par un séminaire animé par le Pr Yves Robert de l’Université libre de Bruxelles (ULB).
Kléber KUNGU