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Culture : la RDC recense ses artistes pour structurer et professionnaliser le secteur culturel
Les autorités congolaises ont lancé dernièrement une vaste opération nationale de recensement des artistes afin d’établir, pour la première fois, une cartographie officielle du monde artistique en RDC. Cette initiative, déployée à Kinshasa avant d’être progressivement étendue aux 26 provinces du pays, rentre dans le cadre de la mise en œuvre du décret portant statut de l’artiste adopté en juin 2025.
Au-delà d’une simple opération administrative, ce processus vise à constituer une base de données nationale des artistes congolais afin de renforcer leur identification, leur reconnaissance institutionnelle et leur accès à différents mécanismes de protection sociale.
Plus de 7 000 artistes se sont déjà enregistrés à travers le pays dans le cadre de cette campagne nationale coordonnée par le Fonds d’assistance sociale aux artistes et écrivains congolais (FASAEC), une structure créée en 1972 sous l’appellation Fonds Mobutu avant de tomber progressivement dans l’oubli puis d’être relancée dans le cadre des réformes engagées dans le secteur culturel.
Cette opération est considérée comme une première en RDC où le secteur artistique évolue depuis plusieurs décennies dans un environnement largement marqué par l’informalité.
Selon les responsables du programme, l’identification des artistes devrait permettre la création d’un répertoire numérique national destiné à servir de mémoire culturelle, tout en facilitant l’accès à plusieurs dispositifs d’accompagnement social et professionnel.
Des bureaux mobiles d’enregistrement ont notamment été ouverts à Kinshasa avant une extension progressive de l’opération vers les provinces. Les autorités entendent également renforcer les mécanismes liés à la couverture sanitaire et à l’assistance sociale des artistes.
Pour plusieurs acteurs culturels, cette initiative ouvre la voie à une professionnalisation longtemps attendue du secteur.
Le sculpteur Freddy Nsimba, engagé depuis plusieurs années dans la défense des droits des artistes, estime que cette démarche représente une reconnaissance du rôle joué par les créateurs dans l’histoire du pays.
Selon lui, les artistes ont toujours participé à raconter le Congo, à défendre certaines valeurs et à accompagner la société dans les périodes importantes de son histoire.
Le musicien Zepe considère également que l’existence d’un registre national pourrait contribuer à une meilleure prise en compte des droits sociaux des artistes, notamment en matière d’assistance sanitaire.
De son côté, Christian Chada Kianga a expliqué que l’objectif poursuivi consiste à permettre aux artistes de concilier création artistique et sécurité sociale dans un cadre institutionnel adapté.
Cinq critères ont été retenus pour obtenir la qualification d’artiste, parmi lesquels figure l’intermittence, afin de distinguer une pratique occasionnelle d’une véritable activité artistique professionnelle. Les œuvres produites figurent également parmi les éléments pris en compte.
Selon les organisateurs, l’ambition ne consiste pas uniquement à identifier les artistes déjà célèbres, mais aussi à mettre en lumière l’ensemble du tissu créatif qui contribue à la richesse et à la diversité de la culture congolaise.
TMB