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Brunette Lembe : une vitrière hors du commun
Fière allure dans son cache-poussière bleue ciel, maniant minutieusement le mètre ruban diamant et autres outils aux mains enfouis dans les gants, Brunette Lembe est l’une des rares vitrières femmes que compte Kinshasa. Forum des As l’a dénichée dans son lieu des négoces au marché 7 de la commune de N’djili.
Femme hors du commun Brunette Lembe s’adonne quotidiennement à couper les vitres avec dextérité suivant les dimensions voulues par ses clients. Elle les pose aux fenêtres et portes des divers chantiers quand elle est sollicitée.
Mariée et mère de famille, Brunette Lembe ne présageait pas un jour embrasser le métier de vitrier, après ses études commerciales. L’aventure commence en 2015 quand son mari ouvre une maison de vente des vitres au marché 7, à N’djili.
« Ce n’était pas facile au départ, reconnait Brunette Lembe. C’est en 2015 que mon mari a commencé à m’apprendre comment faire le calcul des mesures des vitres, selon telle ou telle dimension, et comment procéder pour les tailler ».
« Sans aucune notion, l’apprentissage n’a pas été facile, poursuit-elle. Au début, j’éprouvais beaucoup de difficultés. A chaque fois, j’avais des blessures aux mains. Je cassais les vitres par inadvertance. A un certain moment, j’étais découragée et je voulais même abandonner. Mais, comme je tenais à connaitre le métier, j’ai persévéré. Avec la détermination, je me suis engagée. C’est seulement en 2016 que j’ai eu la maîtrise« , déclare-t-elle.
A la fin de la formation, à « l’école » de son mari, les choses deviennent faciles pour elle. « En fin de compte, j’ai pris goût au travail de vitrier. Depuis, je suis en mesure de couper et poser avec précision les vitres. A l’absence de mon mari, lorsqu’un client se présente au guichet avec des différentes mesures, à l’aide de ma calculatrice, je sais évaluer et je le sers sans aucun problème« .
Tout n’est pas que rose pour Brunette Lembe. « C’est un travail très dangereux qui demande beaucoup de concentrations. A la moindre distraction, vous vous blessez, ou vous cassez les vitres. Et en cas de casses, par exemple, tout est à charge du vendeur, surtout quand le client n’est pas encore en possession de sa marchandise« , affirme Brunette Lembe
« Telle fille telle mère », dit-on
Le credo de Brunette Lembe est de voir sa fille marcher sur ses pas. « Je regrette le fait que mon fils ne manifeste aucun intérêt pour apprendre ce genre de métier. Mais, mon souhait est que ma fille devienne aussi vitrière. Des hommes et des femmes qui viennent sont toujours curieux du travail que j’exécute. Je fais l’objet d’admiration, parce qu’ils ne s’imaginent pas qu’une femme soit en mesure d’évoluer dans un tel métier« .
« En ce jour du 8 mars, journée consacrée aux droits de la femme, elle invite ses congénères à embrasser ce métier jadis considéré comme l’apanage de l’homme. « Quand une femme fait ce genre de travail, cela fait plaisir et attire la curiosité des gens. La femme est habile et travaille bien. Elle devrait ainsi épauler son mari. Car dit-on : « l’union fait la force« . « En plus du travail de vitrier, j’ai mon petit restaurant de fortune devant notre atelier. Les recettes de part et d’autres nous permettent de nouer les deux bouts du mois« , conclut Brunette Lembe. Dina BUHAKE