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Après la confirmation de quatre cas importés de l'Ituri, Kisangani considérée comme "touchée" par l'Ebola
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a effectué une mission à Kisangani pour évaluer la situation épidémiologique et renforcer la riposte contre la maladie à virus Ebola. Malgré l'origine importée des quatre cas confirmés, les autorités sanitaires considèrent désormais la ville comme une zone touchée. Elles appellent désormais à une mobilisation communautaire pour empêcher toute propagation.
La ville de Kisangani est désormais intégrée dans le dispositif renforcé de riposte contre la maladie à virus Ebola. Cette décision intervient après la confirmation de quatre cas dans la capitale de la province de la Tshopo. tous en provenance de l'Ituri, une province déjà affectée par l'épidémie.
En déplacement à Kisangani, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, accompagné du gouverneur de province ET des responsables nationaux et provinciaux du secteur sanitaire, a indiqué que la situation nécessite une réponse rapide et coordonnée afin de contenir la menace.
" Nous sommes effectivement à Kisangani avec le gouverneur, mais aussi avec toute l'équipe du secteur de la santé, en commençant par le secrétaire général de la Santé, l'inspecteur général de la Santé et le site manager. Nous sommes ici pour pouvoir répondre très rapidement aux premiers cas de la maladie à virus Ebola qui sont arrivés à Kisangani", a déclaré le ministre.
DES CAS IMPORTES
Roger Kamba a tenu à préciser que les quatre cas enregistrés à Kisangani ne résultent pas d'une transmission locale initiale. Selon lui, ces patients sont tous venus de l'Ituri. Toutefois, leur présence dans la ville et leur prise en charge dans les structures sanitaires locales placent Kisangani dans le champ d'intervention directe de la riposte.
" Je voudrais que la population retienne d'abord que les quatre cas que nous avons sont des cas importés, qui sont tous venus de l'Ituri. Mais n'empêche, étant donné qu'ils se sont retrouvés dans la ville de Kisangani, pris en charge dans la ville de Kisangani, nous considérons que la ville de Kisangani est touchée ", a expliqué le ministre.
Cette reconnaissance implique notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, particulièrement autour des personnes ayant été en contact avec les malades. Pour les autorités sanitaires, l'identification rapide des contacts constitue une étape essentielle afin de casser les éventuelles chaînes de transmission.
" Autant ce sont des cas importés, autant la surveillance de tous les contacts qui ont pu rencontrer ces cas doit être suivie ", a insisté Roger Kamba.
UNE RIPOSTE BASEE SUR PLUSIEURS PILIERS
Face à cette nouvelle situation, le gouvernement entend déployer l'ensemble des mécanismes prévus dans le cadre de la lutte contre Ebola. Le ministre de la Santé a expliqué que la mission effectuée à Kisangani vise notamment à organiser les différents piliers de la riposte, parmi lesquels la surveillance, la prise en charge médicale, la communication des risques et l'implication des communautés.
L'objectif, selon lui, est de parvenir à un contrôle rapide de la situation afin d'éviter une extension de la maladie dans la ville et dans les zones environnantes.
" C'est pour cela que nous sommes ici pour monter toute la riposte, avec tous les différents piliers de la riposte, de sorte qu'on puisse rapidement contrôler la situation ", a-t-il indiqué.
Les autorités sanitaires rappellent également que la lutte contre Ebola ne peut être efficace sans l'implication active de la population. La communauté est appelée à collaborer avec les équipes médicales, à faciliter le suivi des contacts et à signaler tout cas présentant des symptômes suspects.
APPEL A LA VIGILANCE DE LA POPULATION
Le ministre Roger Kamba a lancé un appel à la population de Kisangani et des environs afin qu'elle adopte les comportements recommandés par les services de santé. Toute personne présentant des signes évocateurs de la maladie, notamment la fièvre, la diarrhée, les vomissements ou tout autre symptôme inhabituel, est invitée à consulter rapidement une structure sanitaire.
" Les personnes qui présentent de la fièvre doivent aller dans un centre de santé. Tous les médecins, tous les centres de santé sont informés que tous les cas doivent être signalés pour investigation ", a rappelé le ministre.
Les équipes de riposte auront ensuite la responsabilité d'évaluer chaque situation et de déterminer la nécessité ou non de procéder à des prélèvements pour confirmation. Pour Roger Kamba, la mobilisation communautaire reste l'élément central de cette nouvelle phase de lutte contre Ebola. " La riposte doit être prise en charge par la communauté elle-même ", a-t-il souligné.
1. 830 CAS CONFIRMES
Selon le point de situation du 10 juillet 2026, la riposte contre Ebola se poursuit dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec un renforcement de la coordination nationale, de la surveillance épidémiologique et de la mobilisation des communautés.
À cette date, les autorités sanitaires font état de 1. 830 cas confirmés, parmi lesquels 780 patients actuellement pris en charge, 284 guérisons et 648 décès. Le taux de suivi des contacts s'élève à 78,1 %, un indicateur considéré comme déterminant pour interrompre les chaînes de transmission.
Dans le Sud-Kivu, les équipes sanitaires enregistrent également une évolution positive de la situation. La province a franchi le cap de 42 jours sans nouveau cas confirmé, une période importante qui ouvre la voie à une éventuelle déclaration officielle de fin d'épidémie dans cette partie du pays.
Christian-Timothée MAMPUYA