Kumbu Kumbel prône des discussions sur le réaménagement du calendrier électoral

Le vice-président de l’Anader, M. Kumbu Kumbel tient à l’apaisement de la tension sociale en RDC. En séjour à Kinshasa, il soutient qu’un dialogue est opportun pour franchir la date du 30 juin 2006, retenue comme délai butoir de la Transition.

Pourquoi des négociations à la veille de cette date ? Kumbu Kumbel se veut explicite. Il estime que le calendrier électoral, tel qu’adopté par les signataires de l’Accord global et inclusif à Sun City (Afrique du Sud), a été réaménagé sans une quelconque concertation avec les acteurs politiques.
«Le calendrier électoral, commente Kumbel, est un acte du consensus qui s’est dégagé en Afrique du Sud. La logique de l’Accord global et inclusif est qu’au 30 juin 2006, nous puissions avoir des nouvelles institutions ainsi que leurs animateurs élus, afin que le 1er juillet puisse enfin débuter la grande Troisième République tant attendue.»
Ordre. Or, que constate-t-on aujourd’hui ? Le calendrier électoral aligne, juste après le référendum, des élections combinées, c’est-à-dire la présidentielle et les législatives, les autres scrutins étant envoyés à un délai ultérieur. Pourtant, argumente Kumbel, les signataires de l’Accord global et inclusif ont bien retracé l’ordre chronologique des opérations, comme cela est d’ailleurs inscrit au verso de la carte d’électeur.
«Ainsi, soutient Kumbel, si j’ai soutenu l’organisation du référendum en décembre 2005, je ne comprends pas pourquoi les élections locales, provinciales… soient renvoyées plus loin après la présidentielle et les législatives qui ne devraient pas être combinées. Raison pour laquelle nous demandons des éclaircissements de la part de la Commission électorale indépendante (CEI).»
Danger. Le danger que redoute le vice-président de l’Anader est de voir les scrutins s’arrêter juste aux lendemains des élections combinées, faute d’argent. Les bailleurs de fonds étrangers, qui pourront désormais avoir devant eux quelques dirigeants élus, risqueraient bien de croiser les bras et réclamer la constitution d’un Gouvernement à qui ils demanderaient de financer le reste des opérations. Vu la difficulté d’atteindre cet objectif, l’Exécutif constitué refuserait d’embrasser une telle initiative qu’il ne jugerait pas prioritaire, commente Kumbel. «Nous risquons, dès lors, de nous retrouver dans la Troisième République avec des institutions amputées, incomplètes, c’est-à-dire avec des animateurs élus à la Présidence de la République et dans juste une des deux chambres du Parlement, l’Assemblée nationale. Faute d’élections, le Sénat risquerait de fonctionner avec des animateurs non élus issus de la Transition et vice-versa.»
Statistiques. L’autre point sur lequel Kumbel estime nécessaire de dialoguer, c’est sur la disparité des chiffres enregistrés lors des opérations d’enregistrement des électeurs. Selon des statistiques qu’il juge «fiables», sur près de 25.619.000 Congolais en âge de voter, la CEI a enregistré curieusement 25.696 inscrits. Au Bas-Congo, sur environ 1.500.000 personnes en âge de voter, 1.200.000 pratiquement se sont fait enregistrer. Au Nord-Kivu, sur 1.980.000 Congolais âgés de plus de 18 ans, 2.460.000 se sont faits inscrire. Face à tous ces chiffres qui ont du mal à concorder, le vice-président de l’Anader réclame des explications à la Commission électorale.

Fda