FACE A LA SITUATION INDELICATE QUI SEVIT AU SEIN DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION

Yerodia, Bemba et Ruberwa calment le jeu

*Décrété hier, un audit indépendant pour rétablir la vérité à l’Onatra dans 48 heures

Dans un Gouvernement, lorsque cinq membres d’une Commission décident de suspendre leur participation, c’est qu’il y a un problème sérieux, une vraie crise à même de faire voler en éclats la solidarité gouvernementale cimentant l’ensemble de l’Exécutif. Voilà qui a justifié, hier au Palais de la République, trois heures de concertation entre trois Vice-présidents de la République pour tenter d’apaiser les esprits et ainsi calmer le jeu.

L’affaire Onatra ressemble, aux yeux des observateurs avertis, à une poudrière pour faire éclater la solidarité gouvernementale à moins de deux mois des élections prévues, selon le calendrier fixé par la Commission électorale indépendante, le 30 juillet 2006.
Suspension. Au sein de la Commission gouvernementale chargée de la Reconstruction et développement, cinq ministres au total ont suspendu leur participation jusqu’à l’harmonisation des vues sur la question de l’Onatra et toutes les autres questions, notamment celles concernant le ministère des Travaux publics et Infrastructures, le ministère des Postes et Télécommunications, le ministère de l’Environnement.
Concertation. Face à cette grave crise, trois Vice-présidents de la République, A. Yerodia Ndombasi, Jean-Pierre Bemba Gombo et Azarias Ruberwa Manywa, ont eu trois heures de concertation hier au Palais de la République. Les deux ministres concernés, Evariste Muakassa des Transports et Communications et Célestin Vunabandi du Portefeuille ont été associés à cette concertation. Impliquées d’une manière ou d’une autre dans le dossier Onatra, les trois personnalités devraient donc trouver des solutions.
Audit. Statuant sur le cas de l’Onatra, où le ministre des Transports et Communications a suspendu tout le Comité de gestion pour mauvaise et que son collègue du Portefeuille s’est opposé catégoriquement à ladite décision, les trois membres de l’Espace présidentiel congolais ont, en fin de compte, accordé leurs violons sur un audit indépendant décrété hier et donc les conclusions sont attendues demain.
Pour le patron de l’Ecofin congolaise, l’objectif visé, à travers cet audit, est d’obtenir la vérité afin de sanctionner sur base des faits avérés. Il s’agit donc d’établir les responsabilités sur ce qui s’est passé réellement à l’Onatra.
Danger. Surtout lorsqu’on reproche au ministère des Transports et Communications d’avoir désigné à la place de l’Adg suspendu un directeur de l’Onatra ressortissant de la province du Bas-Congo. Il s’agit là d’un glissement dangereux. Car, aucune loi n’interdit aux ressortissants de la province du Bas-Congo de diriger l’Onatra, une entreprise dont la majorité des recettes sont justement réalisées dans cette province. Et, le fait de passer pour le président de la Communauté Ne Kongo de l’Onatra n’enlève rien aux compétences de M. Bikindu, directeur au sein de l’entreprise en question.
Appel. Les trois Vice-présidents de la république ont, en outre, lancé un appel au calme aux travailleurs de l’Office national de transports en attendant les résultats de l’audit diligenté. Hier, la tension demeurait vive dans les rangs des travailleurs divisés en deux camps. Un agent de l’Onatra, abordé hier, nous a déclaré: «Nous ne voulons plus de ce Comité de gestion, nous demandons son départ car les membres sont malhonnêtes». Un son de cloche.
Un autre agent, se prononçant sur la même question, a indiqué: «Notre présence se justifie du fait que nous voulons le maintien de ce comité. Car, son départ est quelque fois une déstabilisation de notre entreprise». Un autre son de cloche. Il reste à espérer que cette situation ne porte pas un coup fatal à une entreprise en proie à des difficultés.

Marcellin MANDUAKILA

 Concéption et réalisation : Afrisys S.p.r.l (mars 2006)