BILLET
«Plénière de chez nous»
Rideau sur le premier acte du face-à-face Muzito-Députés.En attendant le deuxième acte mercredi prochain, l’heure est à l’entracte. Pendant que les différents acteurs peaufinent leur mise en bouche, dans l’assistance, on commente les scènes passées et on suppute sur la suite de la pièce. Toute cette métaphore théâtrale pour faire droit à ceux de Congolais pour qui les débats parlementaires s’apparenteraient à du théâtre. Ils ont, sans doute, tort ces compatriotes qui empruntent ce raccourci caricatural et donc forcément réducteur.
Mais, l’establishment politique -en ce compris les élus-aurait aussi tort- voire davantage -s’il se contentait de prendre ce jugement populaire au premier degré. En recourant au registre comique pour juger le personnel politique, les Congolais expriment leur dépit. A un an de la fin du tout premier quinquennat issu des élections pluralistes, l’ordinaire de «vrais gens» n’a pas changé. La même galère pour nouer les deux bouts du mois. Dans les bas quartiers de Kinshasa, le même chemin de croix pour se déplacer et s’approvisionner en eau potable et en électricité.
Or, vu de l’homme de la rue, l’après élections devaient se décliner en terme d’amélioration des conditions de vie. Et les candidats députés d’alors n’avaient pas lésiné sur les promesses. Pour se faire élire, nombre de prétendants ont pris des engagements sans commune mesure ni avec la vocation d’un député , ni avec les ressources propres du pays. Des ponts, des routes, des écoles, des hôpitaux, et même la gratuité des soins médicaux ont été promis à des Congolais à la pauvrété légendaire.
Conséquence de ce torrent de promesses, le pouvoir post-électoral a été pris au mot. Démagogues à l’extrême, nombre de députés ont du mal à affronter leurs bases respectives, faute de résultats palpables. Une petite planche de salut tout de même pour ceux des élus des agglomérations où certains de pans de 5 chantiers commencent à être visibles. Ceux-là ont, enfin, un semblant de bilan à brandir dans un an. Le reste, c’est-à dire la majorité de députés du pays profond, sont pris au piège de leurs promesses électorales. Ceux-là risquent d’être privés de scène à la deuxiéme mandature. C’est-à- dire dans pas longtemps. José NAWEJ
Hier desbanyamulenge, aujourd'hui des Enyele
(22/04/2010)
Au Congo-Kinshasa sans doute plus qu'ailleurs, l'histoire de rébellions est un éternel recommencement. En août 1998, l'insurrection des Tutsi congolais avait comme cahier de charges la traque de "génocidaires" hutus sur les montagnes du Kivu. A Kinshasa, on était à mille lieues d'imaginer que la croisade armée contre les forces dites négatives allait amener les insurgés jusqu'à Kitona dans le Bas-Congo. Province située à 2000km de la frontière congolo-rwandaise, le légendaire Kongo central n'hébergeait pas un seul extrémiste hutu. Le corps expéditionnaire dirigé par le général rwandais James Kabarebe -le même- effectuera un atterissage dramatiquement spectaculaire à la base militaire de Kitona. On connaît la suite.
Voilà que près de 12 ans après ce sinistre exploit de ceux qu'on appelait de façon générique "insurgés banyamulenge", apparaissent les Enyeles. Ces derniers étaient censés se battre contre une ethnie rivale pour la maîtrise de quelques étangs de poissons. Un cas récurrent en Afrique où des tribus, des clans et même des sous-clans recourent à des flèches pour régler des différends liés à l'espace vital. De fait, à en croire tous les récits, le combattant Enyele est l'archétype du guerrier traditionnel: flèche, raphia, recours aux incantations... Comme en 1998 avec les insurgés tutsi congolais, les masques Enyele n'ont pas tardé à tomber. Le dimanche de Pâques, les Enyele ont accosté à Mbandaka. Cette fois-ci, pas seulement munis de flèches. Cette fois-ci pas pour affronter leurs rivaux au sujet des étangs de poissons. Même si Mbandaka baigne dans l'eau, mais on est loin, très loin de Dongo. Depuis ce dimanche pascal, l'opinion sait que les Enyele sont tout sauf des guerriers- pêcheurs en mal d'étangs. Ainsi naissent des rébellions au Congo-Kinshasa. José NAWEJ.
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A la Une
Le cahier de charges des députés au Premier ministre
6 heures, plus de 60 intervenants pour plus de 280 questions, critiques, suggestions, etc. ; tel est le bilan de la plénière marathon d'hier à l'Assemblée nationale dans le cadre du contrôle parlementaire sur l'Exécutif. Au-devant de la scène, le Premier ministre, chef de l'Exécutif, est allé répondre à la question orale avec débat lui adressée par le Député MLC Jean-Lucien Busa.
Après le rendez-vous manqué de la semaine dernière suite à des anomalies constatées dans la première formulation de la question, la représentation nationale a eu l'occasion de débattre de la situation générale du pays à travers la politique gouvernementale en matière de sécurité, de l'économie et des finances, ainsi que de la situation sociale du moment. Le prétexte, on le sait, était les événements survenus à Mbandaka le 4 avril 2010 avec l'attaque de cette ville par des éléments armés d'une milice dénommée Nzobo ya Nlobo.
Pendant plus de cinq heures donc, les élus du peuple ont défilé pour exposer, chacun, des questions sur la matière circonscrite dans la question orale. Auteur de la question, Jean-Lucien Busa a ouvert le débat en s'interrogeant sur le timing que se propose le Gouvernement pour assurer la stabilité de la défense et la sécurité nationales, cela trois ans après avoir présenté son programme ad hoc. Busa s'inquiétait d'entendre le Premier ministre avancer un timing de quinze ans qui, selon son entendement (celui de Busa), ferait conclure à une projection jusqu'en 2024 si les Congolais veulent s'assurer d'un système de défense et de sécurité sans faille.
En attendant, Busa s'est interrogé, au regard de ces projections, sur l' "empressement" du Gouvernement à voir partir le plus tôt possible au moment où, toujours selon lui, les événements de Mbandaka et bien d'autres points chauds à travers le pays démontrent à quel point les structures compétentes du Gouvernement font montre d'une inefficacité à assurer la défense, la sécurité et l'alerte précoce.
Sur le volet du développement, Jean-Lucien Busa a scruté la situation générale des provinces pour constater de graves écarts d'évolution par rapport aux projections du programme gouvernemental. Et après avoir suivi le Chef du Gouvernement qui a exposé sur le partenariat extérieur ayant contribué au financement du programme de développement des provinces, il a voulu savoir à quoi sert le budget d'investissement qu'il n'a pas perçu dans les réalisations déjà observables.
Sur le volet social, le député MLC, comme bien d'autres venus à sa suite, attend des réponses précises à cette question : combien touche le fonctionnaire et quelle est la politique gouvernementale en matière salariale ? L'interrogation se base sur son constat selon lequel le revenu du Congolais est aujourd'hui en contradiction avec la croissance économique. Pour preuve, Jean-Lucien Busa a fait voir que, par rapport à 2006, le salaire du congolais moyen s'est réduit de 4 fois, tandis que les prix sur les marchés ont augmenté, en 4 ans, de 400%. Toujours sur le volet social, Busa attend des explications du Gouvernement sur sa politique pour juguler la crise humanitaire qui se caractérise par un important nombre de déplacés vivant dans des conditions infrahumaines.
Le débat ainsi balisé par l'auteur de la question orale, les élus du peuple ont alors défilé pour multiplier les interventions sur les trois volets de la matière sous examen : sécurité, économie et finance, et social.
Sur le volet de la défense et sécurité, de nombreux intervenant ont fustigé " la négligence " et l' "indifférence " du Gouvernement face aux multiples alertes faites pour tirer la sonnette d'alarme sur la dégradation de la situation sécuritaire en Equateur depuis les événements de Dongo, fin novembre 2009. Tandis qu'ils attendent du Gouvernement des faits précis sur ce qui s'est réellement passé à Mbandaka, les auteurs physiques et intellectuels de l'opération ainsi que leurs revendications, la majorité des intervenants attendant aussi d'être éclairés sur ce qui pouvait justifier le déferlement de la violence de Dongo jusqu'à Mbandaka, alors que le conflit était, au départ, localisé. D'autres attendent aussi du Gouvernement des informations claires sur les événements qui se seraient produits à Fizi, Uvira et Kalehe (Sud Kivu) et qui auraient été autrement plus graves que ceux de Mbandaka.
Des députés de l'Est du pays ont, pour leur part, déploré la poursuite des cas de viol, de vol, de pillage ou encore d'incendie des villages avec leur cortège de déplacement des populations. Certains ont tendu à expliquer cette situation sécuritaire, malgré les multiples opérations militaires menées pour la juguler, par des relents tribaux qui animeraient certaines unités des forces armées. Des députés ont cité le cas d'unités rwandophones dans le Nord Kivu ou la stigmatisation tribale dont feraient l'objet certains officiers swahiliphones en Equateur.
Par ces faits, et bien d'autres, des Députés ont considéré que, contrairement à ce que le Gouvernement a toujours avancé, la LRA n'est pas encore un monstre agonisant et que bien d'autres groupes armés sont encore actifs dans l'Ituri.
Quand est-ce que le pays retrouvera la paix promise en 2008 et après les accords politico-militaires, notamment avec des pays voisins de l'Est qui ont donné lieu à plusieurs opérations militaires sur terrain ? s'est interrogé, par exemple, François Muamba Tshishimbi. Il s'est aussi demandé si le programme de restructuration de l'armée et de la police nationale est toujours d'actualité, cela au regard de " l'impunité, l'incompétence et le manque de professionnalisme " qu'il observe dans le chef des structures de défense et de sécurité du pays.
Plusieurs intervenants sont aussi revenus sur le dossier du départ de la MONUC. Presque tous attendent que le Gouvernement s'explique sur sa position à ce sujet en ce moment où ils observent que la situation sécuritaire demeure précaire, et alors que les services compétents congolais affichent des " limites " quant à leur prise en charge. Affirmant que la population n'est pas d'accord avec l'Exécutif, un député, constatant aussi que la MONUC elle-même oppose une résistance qui impliquerait la violation de la souveraineté nationale, voudrait savoir comment le Gouvernement se déterminerait face à cet " affront ".
Quant à la situation économique et financière, plusieurs députés ont fustigé la corruption qui continue de grever les finances de l'Etat, avant de demander au Premier ministre d'exposer la politique du Gouvernement pour juguler ce fléau. Sur la même question, des députés ont insinué l'existence d'un " Gouvernement parallèle " qui détiendrait l'effectivité des pouvoirs exécutifs et qui serait autour des actes de corruption déplorés. Ce qui a poussé, par exemple, le député Kiakwama à affirmer qu'Adolphe Muzito ne justifierait pas de capacité politique lui permettant de gérer le pays conformément à ses prérogatives de Premier ministre.
Et sur ce petit volet politique, un intervenant a interpellé la majorité sur la situation de Mbandaka en lui recommandant de ne pas chercher à " tout prendre " au risque d'étouffer la démocratie. Affirmant que trop de majorité tue la majorité, cet intervenant, Ernest Kyaviro, a simplement voulu dire que ce qui s'est passé à Mbandaka serait le fait de la gloutonnerie de la majorité.
D'autres intervenants sont revenus sur certains contrats liant des entreprises congolaises à des firmes étrangères, le cas de Progosa et l'Onatra, et CTC et l'ex-Ofida, etc. Ils ont souhaité que le Gouvernement fasse un état des lieux de ces contrats, autant que sur la taxe aéroportuaire " Go Pass " instaurée pour financer la réhabilitation des infrastructures aéroportuaires. Des intervenants ont également évoqué l'excès des taxes qui ne permet pas aux assujettis de suivre le rythme fiscal.
De l'économie et finances au social, de nombreux intervenants ont axé leurs interventions sur le contexte de 2010 proclamé année du social. Ils ont réclamé du Gouvernement des informations sur le niveau actuel des salaires des fonctionnaires, des enseignants, des médecins, des militaires et des policiers. Un intervenant à exposé la situation actuelle de la SNCC où les agents accusent 42 mois d'arriérés de salaires, alors que le Gouvernement tarde à répondre à ses engagements pris pour donner un coup de pouce à l'entreprise pour la relance de ses activités.
Un autre intervenant a fustigé un " libéralisme sauvage " qui a déstructuré le social. Il a aussi déploré le manque de maîtrise de la mercuriale des prix des denrées alimentaires de première nécessité.
Tout n'a pas été qu'invective à l'endroit du Premier ministre et du Gouvernement. Des députés, essentiellement membres du PALU, ont applaudi l'action gouvernementale telle que menée à ce jour par Muzito. Ils ont cité, en exemple, la promptitude avec laquelle le Premier ministre s'est porté au chevet des Congolais du Nord Kivu et de la Province Orientale dès sa prise de fonctions en 2008, son action de terrain pour assurer le suivi de l'exécution des cinq chantiers ainsi que la promptitude avec laquelle le Gouvernement a repris le contrôle de Mbandaka après son occupation par des assaillants de Nzobo ya Nlobo.
Enfin, un député, Kalema Losona, très intéressé par le débat, a proposé que ce genre d'échanges se fasse hebdomadairement afin que les questions soient abordées de manière spécifique et non générale comme hier. La manière dont les différents sujets ont été abordés rendrait difficile la formulation des conclusions, selon lui.
Le Premier ministre retourne au Palais du peuple le mercredi 28 mars 2010 pour rencontrer les préoccupations des députés. Jonas Eugène KOTA
SECURITE, DEFENSE, MONUC, SOCIAL,
SANTE, EDUCATION, HABITAT...
Adolphe Muzito répond sans tabou
* Répondant, hier, à la question orale avec débat de Jean-Lucien Busa, le Premier ministre a brossé aux Congolais les efforts du Gouvernement pour conduire la RDC hors
de sa zone post-conflit
Adolphe Muzito a bel et bien été, hier, au rendez-vous du Palais du peuple pour répondre à la question orale avec débat lui adressée par le député Jean-Lucien Busa sur la situation sécuritaire, économique, financière et sociale du pays. Le moment était fort attendu par l'ensemble de l'opinion après près de trois semaines de tension entre l'Exécutif national et l'Assemblée nationale, tension due à deux rendez-vous manqués, d'abord avec deux membres du Gouvernement, ensuite avec le Premier ministre lui-même. Le rendez-vous, c'était aussi, et surtout, la matière attendue pour éclairer l'opinion sur la manière dont les affaires de l'Etat sont en train d'être conduites.
Sur ce chapitre, le Chef de l'Exécutif national ne s'est pas défilé, loin s'en faut. Conscient de sa responsabilité, il a, d'ailleurs, eu un geste respectueux de se présenter devant la représentation nationale, non pas flanqué de ses conseillers, mais en compagnie de l'ensemble de son équipe gouvernementale. Certains de ses ministres vont, d'ailleurs, avoir à intervenir, mercredi prochain, pour donner plus de détails sur certaines questions spécifiques. Les députés auront donc à entendre Charles Mwando de la Défense, Adolphe Lumanu de l'Intérieur, etc., dans le pur souci de transparence.
En un mot, Adolphe Muzito a décidé de ne faire tabou sur aucun sujet d'intérêt national.
Pour la séance d'hier, il a donné la mesure de sa détermination en rencontrant les dix questions lui soumises par Jean-Lucien Busa.
De la sécurité et défense d'abord. Le chef de l'Exécutif a décliné les axes d'action du Gouvernement pour réformer l'armée nationale et ainsi consolider la sécurité : la réorganisation des FARDC, sa montée en puissance et l'optimisation du dispositif de défense dans l'objectif de dissuasion et de participation aux opérations éventuelles de maintien de la paix. Ce travail, a dit Muzito, devra s'étaler sur une période de 15 ans. Pour l'heure, il a rassuré son auditoire des efforts en cours pour assurer un caractère national et apolitique de l'armée au regard, notamment, des contrecoups du programme de sa reformation au sortir de Sun City.
Sur le sujet particulier du départ de la MONUC, le Premier ministre a tenu à souligner, avant tout, que les rapports entre le Gouvernement et la mission onusienne sont excellents. C'est dans cet esprit que les deux partenaires travaillent actuellement pour la reconfiguration du mandat de la mission après les évolutions au pays, ainsi que sur l'élaboration d'un calendrier réaliste de son retrait progressif.
Quant à la situation sécuritaire du pays, Adolphe Muzito a rappelé que la RDC est sortie de son état de guerre d'hier et connaît aujourd'hui quelques zones d'insécurité qui sont prises en charge. Cet effort, a-t-il indiqué, devra être soutenu par la lutte contre les précarités économique, sociale et culturelle, mais aussi des influences des forces occultes.
Au sujet des conflits locaux sur lesquels les députés attendaient le Premier ministre, notamment les événements de Mbandaka, celui-ci a renvoyé la représentation nationale à la prochaine intervention du Ministre de l'Intérieur qui en donnera les moindres détails.
Abordant la problématique de l'instabilité institutionnelle des provinces, le Chef de l'Exécutif national a placé cette situation sur le compte de l'exercice normal des prérogatives des députés que chacun devra intérioriser progressivement. Il a, cependant, déploré les excès de pouvoir et des inégalités qui sous-tendent aussi cette impression d'instabilité avant de faire savoir que l'Exécutif national assure régulièrement l'arbitrage dans certaines situations, même si, pour cela, il se fait accuser de tutelle d'une autre époque. Adolphe Muzito a, par ailleurs, fait savoir que le Gouvernement est ouvert à toute réflexion pour un éventuel réaménagement du cadre institutionnel pour assurer plus de stabilité aux provinces.
De la question de la corruption, Adolphe Muzito a reconnu que c'est une vraie gangrène pour le pays avant d'assurer que le Gouvernement a fait de sa lutte un cheval de bataille, notamment en initiant, sous l'impulsion du chef de l'Etat, plusieurs démarches dont l'opération " tolérance zéro ". Loin d'être un slogan, a-t-il dit, il s'agit d'une vision collective qui nécessite l'implication de tous.
Sur le volet économique et financier, le Premier ministre a commencé par rappeler le programme de stabilisation et de reconstruction des provinces (STAREC) qui vise à assurer leur développement. Il a, cependant, souligné que la responsabilité première dans cette démarche doit être une initiative locale de chaque province. Malheureusement, à l'heure actuelle, ces provinces ne mobilisent que 10% des moyens nécessaires à l'exécution de leurs budgets. Le Gouvernement, pour sa part, assure des appoints par une gestion équitable de la rétrocession à travers une politique de solidarité.
D'autres sujets ont également été abordés par le Premier ministre, notamment la santé, l'éducation, l'habitat, la politique salariale ou encore la situation humanitaire. De tous ces sujets, il a développé les programmes que déploie le Gouvernement pour répondre aux défis qui se posent à la nation. Sur la situation salariale, par exemple, il a rappelé que l'Exécutif s'attèle à maîtriser les effectifs, à rajeunir la fonction publique en vue d'engager l'amélioration des salaires. Quant à la situation humanitaire, il a fait savoir que le Gouvernement travail actuellement sur un plan national de contingence humanitaire. En attendant, il fait face aux urgences, notamment avec le concours des partenaires humanitaires. Jonas Eugène KOTA
*L'absence des militants
de son parti déplorés
Adolphe Muzito face aux députés hier sans tambours et chants du Palu
Quelque chose a manqué hier au Palais du peuple. Et certains députés l'on regretté. En fait, contrairement aux vieilles habitudes consistant à accompagner un de leurs cadres du parti à chaque fois qu'il est convoqué à l'Assemblée nationale, les militants du Parti lumumbiste unifié (PALU) ont fait exception hier. Le Premier ministre, Adolphe Muzito, ne s'est présenté hier devant la représentation nationale qu'avec les membres de son gouvernement. Et la question orale avec débat n'a pas connu l'ambiance qu'animent généralement les fans et autres combattants des partis politiques. Même les inconditionnels du parti cher au patriarche Antoine Gizenga n'ont pas fait leur déplacement vers le Palais du peuple pour assister au débat dans la salle de congrès. Même les drapeaux des partis politiques n'ont pas flotté dans l'enceinte du Palis du peuple.
Habitués aussi dans cette ambiance, mieux dans cette animation, la plupart des députés qui s'attendaient à écouter les chants et cris des inscrits des premières heures du Palu étaient surpris par cette absence. Ce qui a poussé nombreux élus du peuple à se poser même la question sur l'absence des " fidèles " du parti auquel appartient le Premier ministre. " Aujourd'hui, Adolphe Muzito ne s'est pas fait accompagné de ces hommes. Qu'est ce qui s'est passé ? Au moins cette fois, nous sommes privés de cette animation légendaire des militants du Palu. Comme, la plénière sera en direct sur les antennes de la télévision nationale, nous sommes convaincus qu'ils vont la suivre à l'écran ", ont déclaré bon nombre de députés qui apparemment ont aussi regretté l'absence des animateurs du Palu à la séance plénière d'hier.
Mais pourquoi les militants du parti ne se sont pas mobilisés comme d'habitude pour accompagner le chef du gouvernement au Palais du peuple ? Y-t-il eu un mot d'ordre les interdisant de fouler leur pieds en la salle de Congrès ? Est-ce lui-même le Premier ministre qui a voulu à ce que son face à face avec les députés ne fasse pas l'objet d'une quelconque mobilisation ? A toutes ces questions, les réponses de quelques cadres du parti étaient formelles : " le Palu est un parti qui fonctionne sur base de certaines valeurs, de certains principes et d'une discipline. Nous savons nous-mêmes quand il faut mobiliser encore que la mobilisation au Palu n'est qu'une question d'heure".
A bien comprendre les propos mieux les réponses de nos interlocuteurs, les combattants et militants du parti cher à Adolphe Muzito ont observé le mot d'ordre de leur formation politique pour ne pas se présenter à l'hémicycle du Palais du peuple. Ce qu'il convient de signaler est le calme qui a régné au cours de la séance plénière d'hier contrairement aux autres occasions traitant des matières aussi sensibles que l'est la question orale avec débat adressée au Premier ministre. Dorian KISIMBA
Médard Mulangala veut savoir
la source de financement
des prochaines élections
Intervenant pour sa part, le député national Mulangala Luakabwanga a planché sur deux points, à savoir la construction du barrage hydroélectrique de Katende au Kasaï-Occidental et les élections.
Concernant le premier point, il a voulu savoir de la bouche du Premier ministre la source de financement de ces travaux (contrats chinois ou prêt d'Etat à Etat) et le calendrier de la mise en œuvre. En outre, il s'est interrogé sur la destination prise par les trois milliards de dollars payés par le Gouvernement congolais à une société africaine car sur terrain, il n'y a pas de moindre début d'exécution.
En ce qui concerne les élections, il a déploré le fait que le Gouvernement se substitue au pouvoir organisateur, ce qui est une façon d'usurper les prérogatives de la CENI. Pour preuve, il a montré comment le Gouvernement a donné le calendrier électoral en modifiant et en repoussant aux calendes grecques les élections municipales. Ce qui, pour lui, est une dérive avant de déplorer l'autre dérive dans le chef de la réunion dite interinstutionnelle qui a voulu engager toute la République sur une éventuelle révision de la Constitution. Pour lui, il faut mettre fin à cet imbroglio. M.M |
Reponses du premier-ministre à la question orale de Jean-Lucien Mbusa
Je réponds ce jour, à l'invitation de l'auguste Assemblée à la suite de la question orale de l'Honorable Jean Lucien BUSSA.
Avant toutes choses, j'aimerais, au nom du Gouvernement, réitérer les excuses que j'avais présentées pour le rendez-vous manqué de mercredi 07 avril dernier, avec les membres de mon Gouvernement qui auraient dû vous éclairer, sur les récents événements de Mbandaka.
En effet, les préparatifs du Conseil Supérieur de la Défense, convoqué en urgence pour la gestion à chaud de ces événements, ont motivé ma requête de report de la séance précitée.
En tout état de cause, les Ministres concernés restent à la disposition des représentants du peuple pour les éclairer sur les tenants et les aboutissants de ces tristes événements ainsi que sur l'ensemble de tous les aspects sectoriels de la vie nationale.
En ce qui me concerne, je me fais un agréable devoir d'informer, à travers l'Assemblée Nationale, toute la Nation sur la politique générale du Gouvernement, plus précisément dans les matières concernant la défense nationale, la sécurité, l'ordre public, la santé publique, le social, l'habitat, l'humanitaire, les domaines foncier, économique et financier.
A ce propos, la question orale de l'Honorable Jean Lucien BUSSA constitue pour moi une opportunité.
Je voudrais tout d'abord rappeler à l'attention de l'auguste Assemblée que le programme du Gouvernement s'articule autour de trois axes suivants:
1. La refondation de l'Etat, la consolidation de la paix et de l'unité nationale ;
2. La reconstruction du pays à travers la consolidation de la stabilité macroéconomique et la mise en œuvre des cinq chantiers de la République ;
3. L'amélioration des conditions sociales des populations grâce à l'accès aux services sociaux de base de qualité.
Dans son objectif de refondation de l'Etat congolais et du rétablissement de son autorité, votre Gouvernement, sous l'impulsion du Chef de l'Etat, avait fait de la réforme de l'armée et de la police une de ses priorités. Cette réforme avait déjà été décidée lors du dialogue intercongolais de Sun City en 2002 dans le cadre de la Réforme du Secteur de la Sécurité.
Mais dans un pays post conflit, pareille réforme doit être intégrée dans un processus de reconstruction de l'Etat et couplée, en amont, avec les mécanismes de désarmement, démobilisation et réinsertion ; d'où la complexité de la tâche à accomplir.
Cependant, grâce à l'action du Chef de l'Etat et du Gouvernement, conjuguée avec l'assistance de nos partenaires bi et multilatéraux, la réforme des Forces Armées de la République Démocratique du Congo est en cours. Mais, il s'agit d'un processus long et complexe dont la pleine réussite s'inscrit dans la durée.
La nécessité de la réforme découle d'un diagnostic sans complaisance de notre armée en ce qui concerne le cadre juridique, les ressources humaines et matérielles, les infrastructures et équipements, la formation et l'entrainement ainsi que l'organisationson.
Pour atteindre l'objectif final, c'est-à-dire une armée apolitique, républicaine et professionnelle, la stratégie conçue est axée sur trois phases sur une période de quinze ans, à savoir :
1. De 2009 à 2011 : réorganisation des FARDC, normalisation de la situation sécuritaire sur l'ensemble du territoire national, formation du personnel et relève de la MONUC ;
2. De 2011 à 2016 : montée en puissance des FARDC ;
3. De 2016 à 2024 : optimisation du dispositif de défense dans l'objectif de dissuasion et de participation aux opérations éventuelles de maintien de la paix.
Mais la réussite de cette réforme passe par :
- Primo, l'assainissement des effectifs actuels à travers un rajeunissement du personnel. L par la mise à la retraite des militaires ayant atteint la limite d'âge. L et la réinsertion des effectifs non utiles aux Forces Armées.
Notons que cet assainissement doit se faire aussi bien en quantité qu'en qualité ;
Secundo, la formation et l'entraînement continus des hommes. Ce volet concerne la professionnalisation de l'armée, et la nécessité d'introduire, les connaissances les plus étendues en droit humanitaire dans le cursus de formation ;
- Tertio, la réorganisation de la chaîne logistique et l'équipement conséquent des Unités des Forces Armées ;
Quarto, la réorganisation territoriale de la défense en zones inter-forces autonomes.
Les dimensions de sous-continent de notre pays exigent que notre armée soit la plus mobile possible et puisse, en cas des menaces, intervenir le plus rapidement possible avec des équipements adéquats ;
Quinto, la réorganisation des chaînes de commandement de mise en œuvre et de mise en condition.
En définitive, la réforme des FARDC, comme du reste celle de la Police et de la Justice, est largement tributaire de la définition par le Parlement du cadre juridique qui doit la sous-tendre.
Je voudrais à ce niveau m'appesantir sur la préoccupation concernant le caractère national ou non des FARDC.
Il y a lieu de relever ici que la configuration actuelle de notre armée résulte de la volonté des acteurs politiques, à l'issue des accords de Sun City. Dans ce cadre, ceux-ci, ont décidé du processus de brassage et d'intégration des éléments issus des Composantes et Entités.
Il est évident que les contraintes imposées par ce processus de nature politique n'ont pas permis d'intégrer dans l'armée certaines compétences que la réforme devra corriger conformément à la procédure administrative en la matière.
Dans le cadre de cette réforme, la composition de l'armée est appelée, à terme, à être le reflet des équilibres fondamentaux de notre nation en armes.
Elle ne doit, en effet, être ni ethnique ni provinciale à tous les niveaux de son organisation et de son commandement.
Sur ce chapitre de la sécurité, je me dois d'éclairer l'auguste Assemblée sur les rapports du Gouvernement avec la MONUC, ainsi que sur la politique de retrait des troupes de cette dernière.
Contrairement à ce que d'aucuns peuvent penser, les rapports du Gouvernement avec la MONUC sont excellents, même si quelques divergences de vues apparaissent sur certaines questions.
S'agissant du mandat de la MONUC, les deux parties s'accordent sur la nécessité de sa reconfiguration au regard de l'évolution de la situation politique et sécuritaire en République Démocratique du Congo.
C'est dans ce cadre que des discussions sont en cours pour arrêter un calendrier réaliste pour un retrait progressif.
Quel est l'état des lieux de la sécurité du territoire, de l'ordre public ainsi que de la protection des personnes et des biens ?
A ce sujet, je voudrais rappeler à l'auguste Assemblée que la situation de guerre qui prévalait lors de l'investiture de mon Gouvernement. Celle-ci rendait, aux yeux de certains observateurs, quasi impossible la mission de pacification du territoire national.
Aujourd'hui, avec la clairvoyance du Chef de l'Etat, la République Démocratique du Congo est sortie de l'état de guerre et connaît, comme tout pays post conflit et comme tout Etat moderne tout court, quelques zones d'insécurité.
Je me limiterai à épingler les éléments les plus saillants qui méritent l'attention particulière du Gouvernement et des forces de l'ordre.
Pour la ville de Kinshasa, c'est la persistance des phénomènes " KULUNA " et " Jacket " dont les acteurs sont à la base de l'insécurité urbaine et de l'extorsion des biens de la population à des heures tardives.
A ce sujet, le Gouvernement central, en synergie avec les autorités de la Ville Province de Kinshasa, a arrêté des mesures préventives consistant à des patrouilles régulières, diurnes et nocturnes, de la police, notamment dans des zones à forte criminalité. Des mesures répressives qui se sont traduites par l'éloignement de la Ville de Kinshasa des délinquants les plus notoires accompagnent ce processus.
Les détails à ce sujet seront communiqués par le Ministre de la Justice à votre Auguste Assemblée.
En ce qui concerne l'intérieur du pays, notamment les provinces du Bandundu, de l'Equateur et la Province Orientale, il y a lieu de stigmatiser la persistance du braconnage pratiqué par des éléments incontrôlés et quelques démobilisés.
La justice militaire instruite à ce propos, s'active à réprimer ce fléau qui risque d'hypothéquer notre flore et notre faune.
Outre l'insécurité créée par quelques éléments LRA encore en errance, la présence irrégulière des Mbororo dans les Districts du Bas-Uélé et du Haut-Uélé dans la Province Orientale constitue une source de préoccupation pour la paix sociale dans cette partie de la République.
A cet effet, l'Exécutif provincial, sur instruction du Gouvernement central, a initié l'opération " NDELO " consistant à identifier et à recenser les Mbororo dans les deux Districts précités, en vue de leur regroupement et rapatriement.
Le départ de ces éleveurs de notre territoire est conditionné par les contacts diplomatiques dans le cadre de l'Union Africaine. Et en attendant, le Gouvernement a instruit les administrations compétentes de ne plus délivrer aux intéressés des titres de propriété foncière et autres documents administratifs, comme ce fut le cas dans le passé avec la complicité de certains compatriotes.
L'objectif visé par cette dernière mesure est d'éviter une implantation définitive et irrégulière de ces étrangers sur le territoire national.
La situation sécuritaire est également marquée par plusieurs conflits locaux que le Gouvernement central s'emploie à résoudre. Il s'agit de :
1. Dans la Province de l'Equateur
- Affrontements entre les FARDC et les insurgés dits " Enyele " dont les derniers se sont déroulés à Mbandaka début avril 2010, consécutifs au conflit entre ces derniers et les Monzala ;
- Insécurité dans plusieurs localités des territoires de Bomongo et Makanza, créée par l'activisme de ces éléments.
2. Dans la Province du Katanga
Affrontements récurrents entre les creuseurs artisanaux et les propriétaires des carrés miniers ;
3. Dans la Province du Maniema
- Affrontements entre les Mai Mai Raphia Mutomboki et la Police nationale dans plusieurs localités ;
4. Dans les Provinces du Kasai- oriental et du Kasai- occidental
- Conflits des pouvoirs coutumiers opposant fréquemment plusieurs communautés ;
- Affrontements inter-communautaires suite aux conflits fonciers récurrents causés par des disputes sur des gisements miniers et des terres arables.
5. Dans les Provinces du Nord Kivu et du Sud-Kivu
- Opérations criminelles de désespoir menées par quelques éléments FDLR en errance, notamment dans certains territoires au Nord comme au Sud Kivu ;
- Résistance de certains groupes armés pour intégrer les FARDC, principalement les Mai-Mai Yakutumba et les FRF ;
- Persistance de l'activisme des coupeurs des routes dans les territoires de Beni, Lubero, Rutsuru et Masisi ;
- Activisme de certains groupes armés dans le territoire de Walikale, avec des incursions dans les carrières des cassitérite, coltan et or.
Les conflits que je viens de citer ci-haut s'expliquent par des facteurs divers qui s'interagissent.
La démarche la plus appropriée est de pouvoir faire la démarcation entre les facteurs déclenchants et les facteurs aggravants, même s'il peut s'avérer difficile de les distinguer.
Mais il est un fait que la plupart de ces conflits pourraient être évités si les conditions de précarité économique, sociale et culturelle étaient éradiquées et si des forces occultes ne s'évertuaient pas à instrumentaliser les antagonismes potentiels.
Refusant la propagation de ces conflits, votre Gouvernement a pris toutes les dispositions pour y faire face.
Ainsi, quand il s'est agi de mettre un terme à certains conflits, la force a été àla loi, qui a été appliquée dans toute sa rigueur pour rétablir l'autorité de l'Etat.
De même, les capacités de la Police et des Forces de sécurité ont été renforcées grâce aux réformes engagées. Et des efforts accomplis pour améliorer, les conditions sociales des policiers, des militaires et des agents des services spécialisés.
Sur ce chapitre des conflits locaux, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité donnera à l'Auguste Assemblée les plus amples détails sur les récents événements intervenus à Mbandaka.
Il s'attèlera à circonscrire les origines de ces tristes événements, à identifier les présumés auteurs matériels et intellectuels, à présenter la situation allant de Dongo à Makanza, avant de s'appesantir sur le bilan des affrontements de Mbandaka et les efforts de normalisation entrepris par le Gouvernement.
L'Honorable Jean Lucien BUSSA fustige l'instabilité institutionnelle dans certaines provinces et s'interroge sur la volonté du Gouvernement de créer la stabilité politique dans lesdites provinces.
Dans son entendement, le changement en tout ou partie des bureaux des Assemblées provinciales du fait des Députés provinciaux, et la démission des Membres des Exécutifs provinciaux à la suite des motions de censure ou de défiance, sont source d'instabilité politique.
Mais nous devons nous accorder sur le fait qu'il s'agit là de l'exercice normal des prérogatives que le Constituant de 2006 a dévolues aux Députés et auxquelles nous ne sommes peut-être pas encore suffisamment habitués du fait de l'apprentissage de la démocratie. D'ailleurs, force est de constater que toutes les provinces sont concernées par la situation sus décrite.
Certes, nous déplorerons les excès de pouvoir, et même des illégalités.
Toutefois, une fois encore, nous devons jouer le jeu démocratique en respectant notamment le principe de la séparation des pouvoirs qui exige que seul le Pouvoir judiciaire dise le droit et sanctionne les illégalités.
C'est autant dire que même en étant garant de la paix sociale et du fonctionnement régulier des pouvoirs publics, l'Exécutif national ne peut agir que dans le cadre de la Constitution et des Lois. Il ne peut , sans se substituer aux autres composantes de l'architecture institutionnelle, ni remettre en cause la libre administration des provinces.
Ainsi, en cas des crises institutionnelles persistantes dans les provinces, l'Exécutif national a, conformément à la Constitution, cherché à assurer, par l'arbitrage, le fonctionnement régulier des provinces concernées. Ce qui du reste, a été interprété à tort, par d'aucuns comme l'exercice d'une tutelle révolue.
En tout état de cause, le Gouvernement est ouvert à tout réaménagement du cadre institutionnel qui assurerait plus de stabilité aux institutions provinciales afin d'éviter des abus dus à un exercice biaisé des prérogatives constitutionnelles.
Quelle est la politique du Gouvernement en matière de lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite ?
A ce sujet, il ya lieu de préciser que l'Exécutif, avec à sa tête, le Chef de l'Etat, reconnaît que la corruption mine notre pays et est de nature à bloquer tout élan de son développement durable.
En effet, elle amplifie la pauvreté et la criminalité, en même temps qu'elle produit des effets néfastes sur la croissance économique et le climat des affaires.
Sous l'impulsion du Président de la République, votre Gouvernement a fait de la lutte contre les antivaleurs une de ses priorités.
Et pour matérialiser cette option, le Chef de l'Etat a initié la politique " Tolérance Zéro " qui, loin d'être un simple slogan, constitue une vision dont tous les acteurs de la vie nationale doivent s'approprier.
Sur le plan normatif, cette vision a été matérialisée par l'adoption des textes de loi initiés par le Gouvernement en vue de renforcer la lutte contre la corruption.
Concernant la situation économique et financière du pays, les préoccupations de l'auteur de la question orale portent sur les points ci-après:
-1) La politique du Gouvernement pour la relance de l'économie dans les parties du territoire national affectées par les conflits armés ;
-2) La politique du Gouvernement pour le développement des provinces;
-3) La politique salariale. Dans le cadre de la stratégie des 5 Chantiers, le Gouvernement, soucieux de créer des conditions propices à une paix durable dans les provinces meurtries par des conflits a initié et conçu, en sollicitant la participation des partenaires au développement, le Programme de Stabilisation et de Reconstruction des zones sortant des Conflits Armés, " STAREC " en sigle.
Ce Programme a pour objectifs majeurs :
"- L'amélioration de l'environnement sécuritaire ;
"- La restauration de l'autorité de l'Etat dans les zones autrefois contrôlées par les groupes armés ;
"- La facilitation du retour et de la réintégration des personnes déplacées et réfugiées ;
"- L'accélération de la relance des activités économiques ;
"- Le suivi et l'évaluation des projets.
A court terme, les actions prioritaires du STAREC sont les suivantes :
Primo : Dans le domaine sécuritaire :
"- Le casernement des militaires ;
"- Le déploiement de la Police dans les zones jadis occupées par les groupes armés ainsi que dans les espaces laissés par les FARDC à la suite de leur casernement ;
Secundo : Dans le domaine humanitaire :
"- Le retour des déplacés internes et des réfugiés dans leurs milieux d'origine
Tertio : Dans le domaine économique :
"- La construction, la réhabilitation et l'ouverture des routes d'intérêt national et provincial ;
"- La préparation des dossiers relatifs au financement des zones sinistrées ;
"- L'appui à la sécurité alimentaire ;
"- L'industrialisation dans les secteurs agricole et minier.
Il y a lieu de signaler que plusieurs projets dans ces provinces sinistrées sont soit achevés, soit en cours d'exécution. A titre d'exemple, je peux citer :
- Le déploiement de 300 éléments de la Police Nationale dans des camps temporaires au Nord-Kivu et de 60 autres éléments à Bogoro en Ituri ;
- La réinsertion de 1.883 ex-combattants au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Maniema ;
- La construction de 32 postes pour la Police des Frontières ;
- L'amorce de la construction des Tribunaux de Paix et des bâtiments pour les administrations locales.
En ce qui concerne la politique du développement des provinces, il sied de rappeler que le Constituant de 2006 a opté pour la décentralisation comme mode de gestion et réparti les compétences entre l'Etat et les Provinces dotées de la personnalité juridique.
Jouissant de la libre administration et de l'autonomie de gestion, consacrées à l'article 3 de la Constitution, les Provinces et les Entités Territoriales Décentralisées définissent leurs priorités en matière de développement, élaborent leurs budgets et arrêtent leurs plans de développement.
Quant au financement des besoins des provinces, il y a lieu de relever qu'outre la part des recettes à caractère national allouée par le Pouvoir central aux provinces et l'appui des partenaires techniques et financiers, les provinces sont appelées à générer leurs recettes propres.
S'agissant de la part des recettes à caractère national allouée par le Gouvernement central aux provinces, il y a lieu de rappeler que les allocations budgétaires mises à la disposition des provinces pour leurs besoins en rémunérations, en fonctionnement et en investissements représentent 40 % des recettes propres.
Cela démontre à suffisance la volonté de votre Gouvernement d'assurer le développement des provinces.
Notons cependant qu'à l'état actuel de leur développement, seules trois provinces disposent des atouts pour leur auto-prise en charge. Il s'agit des provinces de Kinshasa, du Bas-Congo et du Katanga qui ont été favorisées par la politique coloniale de la mise en valeur du Congo.
Ainsi, l'application stricte du principe de retenue à la source de la part des recettes à caractère national conduirait à un déséquilibre criant de fonctionnement et de développement entre les provinces.
Aussi, votre Gouvernement applique une politique de solidarité nationale dans la répartition desdites recettes en tenant compte du poids démographique de chaque province.
Par ailleurs, il est important de souligner la nécessité pour les provinces de mobiliser davantage des recettes propres pour leur développement.
En effet, les statistiques les plus récentes renseignent que le budget des ressources propres des provinces ne représente que 10 % de leurs budgets.
S'agissant des investissements en provinces, la première conférence des Gouverneurs, tenue à Kisangani du 24 au 25 juin 2009, a opté pour une politique de concertation. Dans ce chapitre, plusieurs projets ont été mis en œuvre en tenant compte de spécificités de chaque province. A titre d'exemple, il y a lieu de citer :
1. Pour les Provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et de Kinshasa :
Le Gouvernement, avec le concours de la République Fédérale d'Allemagne, a mis en place en 2007, le Fonds pour la Consolidation de la Paix " FCP ", pour un montant global de 50 millions d'Euros. Ce projet prend en compte l'Education, la Santé, le Développement Rural et l'Agriculture.
A ce jour, 36 projets ont été financés pour un montant total de 38 millions de dollars.
2. Pour les Provinces du Katanga, du Kasaï Oriental et du Kasaï Occidental :
Le Projet de Réhabilitation du Secteur Agricole et Rural est financé à hauteur de 59 millions de dollars américains avec le concours de la Banque Africaine de Développement " BAD ".
Ce projet a permis au Kasaï oriental de réaliser l'autosuffisance alimentaire en maïs.
3. Pour la Province de l'Equateur :
Le Programme de Relance du secteur Agricole dans cette province est en cours d'exécution avec un financement FIDA de 22,4 millions de dollars américains.
De même, le Programme de Relance et de Réhabilitation du Secteur Agricole et Rural, pour un montant de 120 millions de dollars américains sur financement de la Banque Mondiale, va démarrer d'ici le mois de juillet 2010 notamment dans les Districts de la Mongala, du Nord Ubangui et du Sud Ubangui.
4. Pour les provinces du Bandundu et du Bas-Congo :
Le Projet d'Appui à la Réhabilitation du secteur agricole, pour un montant de 41 millions de dollars américains sur financement BAD, est en cours d'exécution.
Le choix de tous les projets précités est l'œuvre de votre Gouvernement en concertation avec les partenaires au développement.
En ce qui concerne la politique salariale, en particulier dans le secteur public, je rappelle à l'Auguste Assemblée que depuis son entrée en fonction, votre Gouvernement s'attèle à résoudre les problèmes essentiels ci-après :
- la maitrise des effectifs de l'administration Publique et des autres services publics à travers le recensement ;
- l'élimination des disparités salariales géographiques et intersectorielles à travers l'uniformisation ;
- le rajeunissement de la fonction Publique, notamment par la mise à la retraite et le recrutement de nouvelles unités ;
- et l'amélioration subséquente de la rémunération du personnel de l'Etat.
Dans ce cadre, des politiques appropriées ont été mises en place.
- En effet, depuis 2007 les actions suivantes ont été menées :
- consolidation du traitement de base par l'incorporation des indemnités de transport et de logement ;
- réduction des zones salariales ;
- réajustement des primes du personnel régi par des statuts spécifiques, notamment dans les secteurs de la santé, de l'enseignement supérieur, de l'agriculture et de la recherche scientifique ;
- Uniformisation salariale à la base ;
- révision à la hausse de la prime de risque des Professionnels et Administratifs de santé ;
- majoration de la prime de risque des médecins et mécanisation de nouvelles unités ;
- paiement des 9.169 unités rejetées, récupérées et recensées ;
- mécanisation des enseignants ;
- recrutement des Magistrats.
En 2010, le Gouvernement entend continuer certaines actions déjà entamées et prévoit en outre le recrutement du personnel pour la réalisation des infrastructures routières, des Inspecteurs des Finances, des Agronomes, des Vétérinaires et autres Techniciens de l'agriculture.
Signalons que l'enveloppe des rémunérations a été arrêtée à plus de 600 milliards de FC en 2009 contre près de 200 milliards de FC en 2006, et ce dans une conjoncture de crise financière internationale qui a fortement réduit le niveau des recettes propres.
En 2010, eu égard aux contraintes liées à l'objectif d'atteinte du point d'achèvement, le Gouvernement est appelé à appliquer une politique budgétaire prudente et restrictive.
L'atteinte de cet objectif offrira à notre pays de meilleures perspectives pour 2011, qui permettront une nette amélioration du pouvoir d'achat des fonctionnaires de l'Etat.
En ce qui concerne la politique salariale dans le secteur privé, le Gouvernement a fixé en 2008 le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG).
Mais dans la pratique, un grand nombre d'entreprises lui ont exprimé leurs difficultés pour appliquer ce SMIG au regard de leur situation financière.
A cet effet, des concertations sont en cours pour envisager des solutions idoines.
Dans le domaine social, les préoccupations de l'Honorable Jean-Lucien BUSSA concernent la politique du Gouvernement dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'habitat ainsi que les solutions envisagées pour la prise en charge et la réinsertion sociale des déplacés et réfugiés.
Dans le secteur de la santé, la politique du Gouvernement, telle que précisée dans la stratégie de renforcement du système de santé, est axée sur :
- Le développement de la Zone de santé par la rationalisation du fonctionnement des Hôpitaux Généraux de référence, l'amélioration de la couverture sanitaire et de la qualité des soins ainsi que par la participation communautaire, dans le cadre de la continuité des soins ;
- Le renforcement de la gouvernance et du leadership dans le secteur de la santé ;
- Le développement des ressources humaines ;
- La réforme du secteur du médicament ;
- La réforme du financement de la santé, notamment par l'unification rationnelle de toutes les sources de financement existantes et l'augmentation de sa part dans le budget de l'Etat ;
- La collaboration intra et inter sectorielle pour mieux capitaliser les apports du secteur privé et ceux des autres secteurs qui ont un impact sur l'état de santé des populations.
Dans ce domaine, les actions ci-après ont été réalisées :
- Le développement de 259 Zones de Santé sur les 515 existantes ;
- La réhabilitation et l'équipement des infrastructures ;
- La fourniture des médicaments essentiels ;
- La distribution de près de 5 millions des Moustiquaires imprégnées d'insecticide ;
- La mise sous traitement anti rétroviral des 35.000 personnes éligibles vivant avec le VIH.
Dans le secteur de l'enseignement primaire et secondaire, les options et actions du Gouvernement sont les suivantes :
Primo : l'amélioration du taux d'accès à l'éducation de base, par la réduction progressive des frais de scolarité à charge des parents avant d'atteindre la gratuité de l'enseignement primaire :
Cette option a été concrétisée notamment par l'allocation des frais de fonctionnement à 26.141 écoles primaires publiques pour un montant de 8 millions de dollars américains par trimestre.
Secundo : l'amélioration de la qualité de l'enseignement primaire et secondaire par :
- La distribution des manuels scolaires aux élèves et des guides pédagogiques aux enseignants ;
- La formation continue pour le renforcement des capacités des enseignants ;
- L'informatisation de la correction des épreuves de l'examen d'Etat ;
- La révision des programmes scolaires du primaire et des filières de l'enseignement technique.
Tertio : la revalorisation de la fonction enseignante, notamment par la mise en place d'une mutuelle de santé pour la prise en charge des soins de santé des enseignants et des membres de leurs familles.
Quarto : l'amélioration des conditions d'apprentissage en termes de réhabilitation et de construction des infrastructures scolaires.
Quant à l'enseignement supérieur et universitaire, il y a lieu d'épingler spécialement la politique d'assainissement du secteur par l'arrêt de la prolifération des instituts supérieurs et des universités non viables, ainsi que des filières d'études irrégulières.
La politique du Gouvernement en matière d'habitat et d'amélioration du cadre de vie des Congolais est axée sur la construction et la modernisation de trente trois villes, ainsi que sur la résorption du déficit estimé à plus de 3.000.000 de logements.
Dans ce cadre, quelques projets ont été mis en œuvre, à savoir la construction de :
- 300 logements par Chef lieu de Province ;
- 4.000 logements pour la Ville Province de Kinshasa ;
- et 300 logements pour deux villes secondaires (Bunia et Béni).
En ce qui concerne la politique de prise en charge humanitaire et de réinsertion sociale des déplacés et réfugiés, comme je l'ai dit plus haut, le Programme de Stabilisation et de Reconstruction des Zones sortant des Conflits Armés intègre cette question.
Dans ce cadre, un Plan national de Contingence Humanitaire est en cours d'élaboration afin de prendre en compte la situation de toutes les autres Provinces du pays.
En attendant, des mesures d'urgence ont été prises, avec le concours des agences spécialisées du système des Nations Unies, pour assister les populations sinistrées.
La question orale de l'Honorable Jean-Lucien BUSSA m'a permis de rappeler les options et objectifs de votre Gouvernement, d'en apprécier la mise en œuvre au regard de l'évolution récente de la situation du pays et d'envisager quelques perspectives d'avenir.
Au plan politique et sécuritaire, j'ai précisé les grandes lignes de la réforme de notre armée, dressé l'état des lieux de la sécurité du territoire, relevé l'exigence du respect du jeu démocratique dans le fonctionnement des institutions provinciales et circonscrit les efforts de votre Gouvernement dans la lutte contre les antivaleurs.
Dans le domaine économique et financier, j'ai évoqué le programme de Stabilisation et de Reconstruction mis en place par le Gouvernement en faveur des zones sortant des conflits armés, épinglé la politique du Gouvernement pour le développement des provinces sur base du principe de solidarité et explicité la politique salariale du Gouvernement dans les secteurs public et privé.
Enfin, dans le secteur social et humanitaire, j'ai mis l'accent sur la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de santé, d'éducation, d'habitat et de réinsertion sociale.
Ainsi, j'espère avoir rencontré les préoccupations des représentants du peuple, et à travers eux, de toute la Nation, sur la manière dont le Gouvernement exécute les missions qui lui ont été assignées.
Je ne doute pas un seul instant, qu'ensemble et sous l'impulsion du Chef de l'Etat, Son Excellence Joseph KABILA KABANGE, nous réaliserons ce qui reste à faire pour un Congo uni, fort et prospère. Je vous remercie.
ENJEUX DE L'HEURE
REVELATION TROUBLANTES DE LA MONUC
De violents combats signalés à 50 Km de Mbandaka !
La Mission onusienne en RDC, par la voix de son porte-parole, a, au cours de son traditionnel point de presse d'hier, fait savoir que de violents combats se déroulent dans les régions de Nganda-Bumba et de Secli-Wendji, à 50 Km au Sud de Mbandaka, dans la province de l'Equateur. Cependant, poursuit Madnodje Mounoubai, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont en train de redéployer leurs troupes en conséquence. Pour sa part, ajoute-t-il, la Force de la Monuc mène également des patrouilles à longue portée, le long du fleuve Congo pour, dissuader toute infiltration rebelle.
Le porte-parole de la mission onusienne en RDC a également indiqué que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies (RSSGNU), Alan Doss, séjourne depuis hier 21 avril dans le chef-lieu de la province de l'Equateur pour soutenir le personnel de la Monuc. Lors des événements survenus dans cette ville les 4 et 5 avril derniers, la Monuc avait perdu 3 hommes et ses installations à l'aéroport ont aussi été pillées.
En date du 17 avril, a noté Madnodje Mounoubai, Alan Doss a rencontré plus de 20 représentants des organisations de la société civile venant des provinces de la RDC. Il était question, au cours de cette rencontre, du retrait de la Monuc, de la protection des populations civiles, plus spécialement contre les violences sexuelles, la lutte contre la LRA et les FDLR.
Un autre sujet abordé au cours de ce face-à-face avec la presse est l'appui de la Monuc à l'installation d'une clinique juridique à Kiwanja en territoire de Rusthuru, à plus de 70 Km au Nord de Goma. Cette clinique juridique, a souligné le porte-parole de la Monuc, aidera, entre autres et surtout, à lutter contre l'impunité des violences sexuelles dans cette cité. Mathy MUSAU
FORUM ECO:
FOI DU COPIREP
La transformation des entreprises publiques connaît un retard
Concernant la question de fixation du capital social de vingt entreprises publiques transformées en sociétés commerciales, les interrogations fusent de partout pour demander ce qui a été fait au terme de plusieurs séances de travail. Bon nombre d'observateurs s'interrogent sur la fixation du capital social des entreprises transformées dont les concertations se poursuivent encore entre les responsables desdites entreprises et le Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille de l'Etat (Copirep).
Au terme du décret n°09/11 du 24 avril 2009, signé par le Premier ministre Muzito sur la mesure transitoire relative à la transformation des entreprises publiques, c’est ce samedi 24 avril 2010 que la réforme du portefeuille de l’Etat doit être effective avec un capital social minimum pour le démarrage des activités. Mais, au bout de compte, il sied de dire qu'on est encore loin du bout du tunnel, à quelques jours du délai butoir. Après échanges avec les Administrateurs délégués généraux et les présidents des conseils d'administration des entreprises transformées, le Copirep a constaté que beaucoup de choses restent encore à faire.
Le mardi 20 avril dernier, la haute direction de la Caisse d'épargne du Congo (Cadeco) a étalé au grand jour ce qui a été déjà fait et ce qui reste à faire. En d'autres termes, cette réunion d'évaluation organisée par le Copirep a permis, une fois de plus, de fixer les idées sur la détermination du capital social selon les recommandations du Copirep. La tâche est encore ardue puisque les entreprises doivent clôturer leurs états financiers de 2009. Cette situation peut s'étendre à tant d'autres entreprises en transformation. Cet état de choses tend à pousser le gouvernement à revoir le délai butoir pour accorder un autre délai supplémentaire aux ADG et PCA pour qu'ils s'acquittent convenablement de cette obligation.
En dehors de ce fait, il a été établi que dans le processus de fixation du capital minimum, les responsables d'entreprises éprouvent beaucoup de difficultés. C'est notamment la méthodologie à appliquer pour arriver à déterminer ce que valent les entreprises. Lors de la réunion du 11 mars dernier, au cercle de Kinshasa, une panoplie des difficultés avait été soulevée. Parmi ces difficultés, il y a entre autres l'absence d'une feuille de route et des termes de référence clairs, l'absence d'indication sur les méthodes d'évaluation à retenir, la non prise en compte des coûts et du timing liés aux travaux d'assainissement des comptes, l'absence d'indications claires sur les états financiers des références et la période de clôture, le non accompagnement des entreprises publiques par des experts et autres consultants expérimentés, la non fixation du seuil ou du montant sujet à l'autorisation de la tutelle pour la prise en charge et les pertes.
Or, il s'avère qu'en dépit de l'aide que le Copirep apporte aux entreprises transformées, puisque c'est lui qui encadre le processus, beaucoup restent encore à faire. Le Secrétaire exécutif adjoint en charge des questions juridique du Copirep, Alexis Mangala, a expliqué, au terme de la réunion avec les responsables de la Cadeco, l'objectif poursuivi par son institution, en organisant une série des séances avec les entreprises transformées. Ces séances visent à faire le point par rapport à la feuille de route de chaque entreprise, voir ce qui a été réalisé et ce qui ne l'a pas été. Ensuite, il est question de relever les écueils et de voir, par rapport au délai butoir fixé par le gouvernement, s'il y a possibilité de solliciter un report.
Quant à la situation de quasi faillite dans laquelle se trouve la presque totalité des entreprises publiques et par crainte de voir certaines d'entre elles aboutir à une cessation d'activités, avec toutes les conséquences socioéconomiques qui pourraient en résulter, le Copirep a mis en place une stratégie intérimaire de restructuration de ces entreprises à travers les missions de stabilisation des activités. Les missions de stabilisation des activités de ces entreprises sont conçues comme un programme d'urgence destiné à arrêter la dégradation de la situation technique, opérationnelle et financière de ces entreprises afin de mieux les préparer à une restructuration en profondeur.
Ces missions qui visent à arrêter l'hémorragie dans ces entreprises, appellent au changement de leur gouvernance par la mise en place d'une gestion privée de l'ensemble de leurs activités.
Simard Simon TSOUMBOU
NATION:
EN LANCANT UNE PETITION POUR RENFORCER LE TRESOR PUBLIC
L'Eupol mobilise 22.000 exemplaires du Guide de police administrative pour les policiers congolais
L'opinion nationale attend impatiemment le verdict de la Cour d'Appel de la Gombe sur l'affaire qui oppose l'entreprise «Nawamaka Diamonds S.A» à son ancien associé gérant. Cette instance juridique, qui devait se prononcer depuis hier mardi 20 avril 2010 sur ce dossier, s'est saisie du recours de la société plaignante après que le Tribunal de commerce de Limete a prononcé un jugement en faveur de son adversaire, à la surprise générale. Voilà qui a poussé l'entreprise à interjeter appel au niveau de la Cour d'Appel afin de rentrer dans ses droits.
Produit à 22.000 exemplaires, ce manuel de 252 pages traite des droits fondamentaux des citoyens. Il parle notamment de la liberté de jouir pleinement de la sécurité, de la salubrité et de la tranquillité publiques.
Selon le superintendant Custodio, ce document cherche avant tout à orienter l'activité des membres de la Police nationale congolaise (PNC) sur le terrain afin de garantir ces droits, mais également à apporter une amélioration des procédures et méthodes policières en la matière.
Fruit de la collaboration entre le ministère de l'Intérieur et Sécurité, la Police nationale congolaise et l'EUPOL, le "Guide de Police administrative" est encore à sa première édition, signale le chef de la mission de police de l'Union européenne en RDC. Après sa remise à l'Inspecteur général de la Police nationale, ce document sera distribué, dans les mois à venir, aux policiers congolais sur toute l'étendue du pays.
Un guide pratique
Très pratique, le guide renseigne les agents de l'ordre sur des dispositions légales relatives aux armes à feu, à l'ivresse publique, aux boissons alcooliques, au chanvre à fumer, au tapage nocturne, aux jeux de hasard, aux loteries, aux vagabondage et mendicité, au commerce ambulant, à la chasse, à la pêche, à l'hygiène publique dans les agglomérations…
Satisfait du travail abattu, le Général John Numbi a tenu à rendre hommage aux experts de l'EUPOL qui accompagnent la RDC dans la réforme de la Police nationale. "J'apprécie cet ouvrage qui va servir de Bible pour assurer la catéchèse de nos policiers afin de les aider à se souvenir souvent des notions qu'on leur apprend pour mieux assurer la sécurité des personnes et de leurs biens", a fait remarquer l'Inspecteur général de la Police nationale. Yves KALIKAT
Affaires foncières : l’attribution de terre à Kinshasa suspendue jusqu’à nouvel ordre
Le ministre des Affaires foncières, Maj Kisimba Ngoy, a annoncé aux conservateurs de titres immobiliers (CTI) et aux chefs de division de cadastre (CDC) qu'il a réunis, mercredi dans son cabinet, la mesure portant suspension de tout acte d'attribution de terre à travers les six circonscriptions foncières de Kinshasa jusqu'à nouvel ordre.
Il a, dans le même contexte, décidé d'effectuer des descentes, avec les CTI et CDC, sur les sites à problèmes dont certaines constructions y érigées mettent à mal l'avancée des travaux engagés à travers la ville de Kinshasa, dans le cadre des cinq chantiers de la République, initiés par le Chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange.
Le but de ces descentes, a-t-il expliqué, est de déterminer la liste de tous les lotissements existants, crées et en voie d'être créées, ceux qui, eu égard à leur superficie, impliquent l'acte de la hiérarchie. Ces descentes visent aussi à Identifier ceux qui existent par le fait des personnes sans qualités et déterminer ceux des bénéficiaires qui ont des titres de par ces faits commis en marge de la loi.
Le ministre Maj Kisimba Ngoy a expliqué à ses interlocuteurs les préoccupations du Président de la République, Joseph Kabila, de donner à Kinshasa l'image d'une grande ville. Il a ordonné l'annulation pure et simple des titres octroyés sur les emprises et ceux délivrés au mépris de la loi, notamment sur des marchés, des terrains de football, etc… La délivrance des contrats de location est également frappée par la mesure de suspension jusqu'à la fin du travail d'évaluation des sites concernés qui se poursuivra à l'intérieur du pays.
Il a insisté sur la protection des sites stratégiques, notamment les camps militaires dont le Centre Kibomango, qui ne peuvent faire l'objet d'un lotissement quelconque. Le parc de la N'Sele, a-t-il précisé, mérite d'être aussi protégé contre toute sorte d'occupation.
Pour répondre aux vœux du Chef de l'Etat et du Gouvernement, le ministre Maj Kisimba Ngoy a également annoncé la mise sur pied d'une commission d'experts des ministères des Affaires foncières, de l'Urbanisme et Habitat ainsi que des Travaux publics qui vont se pencher sur la viabilité des lotissements. Il leur a demandé à ce sujet d'être strict sur la notion de " mise en valeur ".
Dans le cadre de la maximisation des recettes, le ministre Maj Kisimba a mis un accent particulier sur le loyer échu et instruit les CTI et CDC de convoquer les bénéficiaires et leurs titres afin de justifier les frais payés au trésor public, car, a-t-il martelé, l'Etat n'a pas seulement des obligations, mais aussi des droits. Il a, en outre, insisté sur la vulgarisation du code foncier pour informer davantage la population.
Le ministre a, à cette occasion, annoncé la tenue à Kinshasa, le 30 avril de cette année, d'une rencontre sur " la problématique foncière, défi du développement de la RDC " qui regroupera tous les acteurs et intervenants, et aussi interférents aux problèmes fonciers.
Cette rencontre à laquelle seront associées plusieurs ministères, permettra également au ministère des Affaires foncières de faire le lit de la réforme du code foncier en gestation. Les services de son ministère ont été instruits pour s'activer aux préparatifs pour la réussite de cette grande rencontre. Ils doivent également accélérer la mise à jour du vade mecum des géomètres et des arpenteurs. FDA
Makanza : des bandits armés attaquent trois bateaux
Alors qu'hier, les députés débattaient sur la question orale avec débat adressée au Premier ministre, notamment sur les événements de Mbandaka, un autre drame se vivait, depuis lundi dernier, en Equateur, en amont du campement Nzambe Malamu, dans le territoire de Makanza sur le fleuve Congo.
Des bandits armés ont, en effet, attaqué trois bateaux où ils ont ravi des biens de valeur et de l'argent aux passagers qu'ils ont également torturés avant de les relâcher quelques heures plus tard.
Les embarcations ciblées, MB Nyawera, Bilonda et Wozombo, venaient de Mbandaka et se dirigeaient vers Kisangani et Akula, en Province orientale.
D'après les victimes qui se sont confiés à Radio Okapi, les mêmes assaillants avaient abattu, la semaine dernière, un sous-commissaire de la police et son épouse à Bolombo, à 40 kilomètres en aval de Makanza où ils avaient aussi emporté des tôles destinées à la construction d'un centre de santé.
Face à cette vague d'insécurité, l'administrateur du territoire de Makanza propose que les bateaux soient désormais convoyés par des marins et que l'exécutif provincial dote sa juridiction de matériel de communication et de transport pour les opérations d'encadrement de la population. JEK
OCHA note une reprise lente de la vie à Dongo
Le Bureau de coordination des Affaires Humanitaires des Nations unies a, dans son briefing hebdomadaire, annoncé l'opération de retour vers Dongo des déplacés se trouvant à Gemena, le dimanche 18 avril. Cette opération, initiée par le Ministère des affaires sociales, action humanitaire et solidarité nationale, en collaboration avec l'ONG Action pour la solidarité et le développement (ASODEV), a pu ramener à Dongo seulement 30 ménages au lieu de 100 ménages initialement annoncés, poursuit la source.
En tout, 139 ménages s'étaient fait enregistrer pour le retour. Les ménages concernés ont bénéficié d'articles non alimentaires et de 20 dollars américains. Un mécontentement a été, toutefois, observé parmi les ménages qui n'ont pas pu être ramenés par manque de moyen de transport. D'où, l'importance de poursuivre l'opération.
Pour sa part , Caritas-Développement Congo a procédé à la distribution d'articles non alimentaires à Dongo, à quelque 600 ménages. Certains ménages sont restés sur place à Dongo, tandis que d'autres sont retournés du côté de la République du Congo avec leurs articles. Mais, la vie reprend lentement à Dongo, affirme OCHA.
La militarisation de Dongo, avec tous les cas de violences sexuelles signalés, fait hésiter certains ménages à retourner, particulièrement, les ménages ayant de grandes filles.
Les humanitaires ont déploré le fait que la distribution d'articles non alimentaires par MEMISA est toujours suspendue au niveau de Gemena à la suite de la divergence de listes entre la communauté humanitaire et l'autorité locale. Par ailleurs, certains déplacés ont, au moment de leur retour, laissé leurs jetons dans les familles d'accueil. Ce qui crée une confusion entre les déplacés et les autochtones.
Après l'ouverture des centres de santé de Dongo et de Saba Saba, MEMISA Belgique a étendu son action d'appui en médicaments aux centres de santé de Bokonzi, Gosuma, Itambo, Komwele et Pati. Tous ces centres étaient restés fermés depuis le mois de décembre 2009
A en croire OCHA, les combats en cours dans le sud du Territoire de Fizi, au Sud-Kivu ont provoqué des déplacements de populations. Celles-ci ont trouvé refuge dans des familles d'accueil ou se sont regroupées dans des écoles, églises ou structures de santé sur les axes Katanga - Malinde - Sebele - Buzimba. Par ailleurs , une mission d'évaluation de la situation humanitaire a constaté des besoins dans presque tous les secteurs. Médecins Sans Frontières a déployé dans la zone une clinique mobile pour fournir des soins médicaux d'urgence. Il a également organisé la chloration de l'eau sur l'axe concerné.
L'UNICEF vient d'obtenir un financement du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF) pour la prise en charge de la malnutrition aigue dans la zone de santé d'Idjwi. Ce financement permettra, au cours des six prochains mois, la prise en charge de 3040 cas..
Menace de rougeole à Kabalo
Ocha note que la rougeole menace la zone de santé de Kabalo, dans la province du Katanga , où 88 cas ont été enregistrés. Face à cette menace , l'ONG Médecins du monde (MDM) rassure que la zone de santé dispose des intrants nécessaires et que la possibilité de mise en place d'un cordon sanitaire pour d'éventuelles interventions est déjà prévue.
En outre, poursuit notre source, une mission inter organisations se trouve actuellement à Kabalo et Manono afin d'évaluer la situation humanitaire à la suite des dégâts causés par les pluies. Pour rappel, 114 maisons s'étaient écroulées et 647 champs inondés à Manono, tandis qu'à Kabalo, on a déploré la destruction de 578 habitations.
A la suite de la baisse du niveau des eaux du fleuve, les populations qui avaient fui les inondations dans le Territoire de Bukama commencent à retourner. Quelque 500 ménages sont, en effet, rentrés dans leur milieu d'origine tandis que 2.614 familles hésitent encore et se trouvent dans la cité de Bukama.
Un autre sujet évoqué est celui des 30 réfugiés congolais refoulés de la Zambie à la frontière de Kasumbalesa le 2 avril dernier. Ils séjournent toujours dans les bureaux de la Direction Générale de Migration (DGM) de Lubumbashi. Des concertations sont en cours pour envisager la possibilité de les ramener dans leurs lieux d'origine, aucun d'entre eux n'étant originaire de Lubumbashi. Le HCR les assiste en eau, nourriture, couvertures, nattes et produits d'hygiène de première nécessité.
L'afflux des PVV inquiète à Basoko
La zone de santé de Basoko, dans la Province Orientale, connait une flambée de diarrhée , rapporte OCHA. Selon notre source, un total de 294 cas a été rapporté, dont 13 décès. Des prélèvements ont été effectués pour identifier l'agent causal. L'UNICEF a fourni 600 litres de produits pour la prise en charge des cas.
Pendant ce temps, l'Hôpital général de référence (HGR) de Bunia est actuellement dépassé par l'afflux de personnes vivant avec le VIH/SIDA. Cet hôpital, qui est soutenu par les ONG CORDAID et Espoir pour la vie, est passé de 373 à 500 patients. Cette augmentation du nombre de bénéficiaires risque de provoquer une rupture de stocks d'anti-rétroviraux et d'autres médicaments pour la prise en charge des maladies opportunistes associées au VIH/SIDA.
Toujours dans cette province, environ 8.500 personnes ont un besoin urgent d'une assistance en vivres à Banda, dans le District du Bas-Uele. Les attaques incessantes de la LRA n'ont pas permis à la population de cultiver les champs depuis le mois de mars 2009. Les denrées alimentaires sont devenues très rares sur le marché.
Mathy MUSAU
INFOS INFOS:
EN LANCANT UNE PETITION POUR RENFORCER LE TRESOR PUBLIC
Jérôme Sekana exige aux parlementaires de payer l'impôt professionnel sur la rémunération
"Tout le monde doit payer son impôt". Cette déclaration, Jérôme Sekana, journaliste et responsable de l'agence "Galaxie media", en fait désormais son slogan. Il l'a clamé haut et fort le lundi 19 avril lors d'une conférence de presse qu'il a tenue dans l'enceinte de l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication (IFASIC) où il a fait ses études.
Devant un parterre des journalistes, le responsable de l'agence "Galaxie media" s'est indigné de voir qu'à la veille du cinquantenaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo, plusieurs gouvernants puisent dans le trésor public sans se donner la peine de payer leur impôt.
Animateur du magazine "Fiscalités et développement" depuis onze ans, consultant des institutions financières internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international, Banque africaine de développement), Jérôme Sekana s'estime bien placé pour savoir l'apport des contribuables congolais dans le trésor public. "Si en RDC, on estime la population à 68 millions d'habitants, il y a à peine 500.000 personnes qui paient régulièrement leur impôt", assure le conférencier.
Face à ce déficit de culture fiscale, Jérôme Sekana estime qu'il faut réagir, et vite. Dans le collimateur, il vise particulièrement les décideurs, les gouvernants, les parlementaires qui, bien que jouissant des frais de l'Etat pour combler leur soif de prestige, ne débourse aucun rond dans la caisse de l'Etat.
Le civisme fiscal
en panne en RDC
Se référant à la fiche fiscale, l'orateur constate que ni les sénateurs, ni les députés, ni encore les proches du chef de l'Etat ne paient l'Impôt professionnel sur la rémunération (IPR). Il salue à ce propos le civisme dont fait preuve le président de la République qui, selon lui, est le seul dans son entourage à être en ordre avec l'impôt. "J'ai toutes les preuves", clame-t-il.
Déçu de voir que "le civisme fiscal est en panne en RDC", Jérôme Sekana s'estime en droit de réclamer ses droits comme tous citoyens en règle avec la loi, conformément aux prescrits de la Constitution. "L'impôt est divin, rappelle le responsable de l'agence "Galaxie media". Même Jésus avait payé ses impôts. Aujourd'hui, le pays n'a pas de ressources, parce que certains hommes politiques ne veulent pas qu'il y ait des moyens. Notre lutte vise donc à donner au Gouvernement les moyens de sa politique. Si tout le monde payait ses impôts, nous ne serions plus quémandeurs. Nous n'irions plus demander de l'argent en Europe, aux Etats-Unis ou en Chine. On aurait des milliards de dollars dans la caisse".
Une pétition pour contraindre
les élus du peuple
Face à cette situation, Jérôme Sekana s'est décidé d'initier une pétition pour contraindre les élus du peuple à s'acquitter de leurs devoirs avant la fin de cette année. "Nos députés nationaux touchent 6.000 dollars Us par mois, affirme le conférencier. Quand ils ne sont pas payés au Parlement, ils remuent ciel et terre pour obtenir gain de cause. Mais, curieusement, ils ne paient pas d'impôts".
Jérôme Sekala s'attend ainsi à réunir un million de signatures à Kinshasa et en provinces pendant les trois mois en cours pour contraindre les parlementaires et bien d'autres élus du peuple à payer l'IPR. "Celui qui ne sera pas en mesure de s'acquitter de son devoir ne devra plus se présenter aux prochaines échéances électorales", menace l'animateur du magazine "Fiscalités et développement". Yves KALIKAT
L'ambassadeur du Portugal offre des rations de combat à la Police nationale congolaise
L'ambassadeur du Portugal en République démocratique du Congo (EUPOL) a remis à l'Inspecteur général de la Police nationale congolaise (PNC) des rations de combat destinés à alimenter les unités mobiles pendant leurs opérations de sécurisation du pays. La cérémonie s'est déroulée le mardi 20 avril dernier au siège de l'Inspection provinciale de Kinshasa (IPKIN), dans la commune de Lingwala.
"C'est un geste symbolique que nous avons posé, a réagi aussitôt l'ambassadeur du Portugal, M. Joao Perestrello. Il s'agit de 1.200 kits de nourriture mobilisés par la police portugaise. Ces rations de combat vont nous permettre d'appuyer la mobilité des agents de la police. C'est pour nous un appui aux autorités de la RDC, un effort collectif dans ce grand pays qui retrouve progressivement la paix".
"C'est pour nous un grand plaisir de recevoir ces rations de combat pour nos unités mobiles, a rétorqué, pour sa part, le General John Numbi, l'Inspecteur général de la PNC. Nous allons nous en servir à bon escient et les gérer utilement. Nous avons une jeune police. Nous venons de loin. Il nous faut bien l'entretenir pour assurer la paix dans notre pays". Yves KALIKAT
Des scientifiques vont explorer la biodiversité du fleuve Congo
Une équipe de scientifiques congolais et belges va participer à une expédition sur le fleuve Congo en vue d'étudier sa biodiversité, dans le cadre des 50 ans de la RD Congo et de l'année internationale de la biodiversité, a-t-on appris mercredi des organisateurs. Au moins 67 scientifiques - ornithologues, géologues et linguistes - embarqueront le 26 avril à Kisangani (province orientale, nord-est de la RDC) pour arriver 47 jours plus tard à Kinshasa, à quelque 1.750 km en aval du fleuve, en vue d'"étudier et inventorier la riche biodiversité aux abords du fleuve Congo", souligne un communiqué reçu à l'AFP.
Organisée par le Musée royal de l'Afrique centrale, l'université de Kisangani, l'Institut royal belge des sciences naturelles et le Jardin botanique national de Belgique, cette expédition est notamment financée par la Coopération belge au développement. Elle est également destinée à renforcer les capacités de recherche des scientifiques congolais et prévoit la création d'un centre de biodiversité à Kisangani, qui abritera toutes les espèces animales et végétales recueillies et étudiées pendant la mission.
Les collections resteront disponibles pour les recherches ultérieures des scientifiques congolais et internationaux. Selon les organisateurs, la RDC ne dispose actuellement pas de données récentes sur la biodiversité. Dans de nombreux domaines de recherche, ces données datent du temps colonial, souvent même du début du 20ème siècle. Les scientifiques espèrent découvrir des espèces inconnues et acquérir de nouvelles connaissances.
L'ex-Zaïre célèbrera le cinquantième anniversaire de son accession à l'indépendance le 30 juin prochain.
AFP/FDA
Après le nuage des cendres, les trois quarts du trafic aérien assurés en Europe
Avec la réouverture de l'aéroport londonien d'Heathrow, le premier au monde, et des espaces aériens dans plusieurs pays, la reprise progressive du trafic se confirmait mercredi, alors que le volcan islandais Eyjafjöll se calmait.
Les trois quarts du trafic aérien, soit environ 21.000 vols, devraient pouvoir être assurés en Europe mercredi, une nette amélioration par rapport à la veille, selon l'Organisation européenne de la navigation aérienne, Eurocontrol. Actuellement, tout l'espace aérien au-dessus de 20.000 pieds est disponible, et presque la totalité de l'espace aérien européen situé en-dessous l'est aussi.
Des restrictions sont encore en vigueur dans le sud de la Suède et à Helsinki du fait du nuage de cendres volcaniques venu d'Islande, précise Eurocontrol. Mais elles devraient être levées progressivement au cours de la journée. Mardi, seuls 13.205 vols, soit moins de la moitié de ceux qui ont lieu un mardi habituel, ont pu avoir lieu, selon une estimation d'Eurocontrol.
L'éruption d'un volcan le 14 avril dans le sud de l'Islande a provoqué un chaos sans précédent et des pertes historiques pour les compagnies aériennes et la situation en vue d'un retour à la normale variait considérablement selon les pays.
Lundi soir, Eurocontrol avait indiqué s'attendre à un retour à la normale du trafic aérien jeudi, à condition que l'éruption du volcan islandais ne gagne pas à nouveau en intensité.
Les millions de passagers laissés depuis une semaine sur le carreau en Europe et au-delà entrevoyaient, enfin, la fin de leur galère, mais autorités et compagnies aériennes ont averti qu'il faudrait plusieurs jours pour que tout revienne à la normale. AFP
Les cendres pour l'instant sans danger pour la santé, assure l'OMS
L'OMS a indiqué, mardi, que les cendres projetées dans l'atmosphère depuis le 14 avril par l'éruption du volcan en Islande sont, pour l'instant, sans danger pour la santé des populations des pays que le nuage survole, excepté pour les gens situés aux alentours du volcan où les particules sont retombées au niveau du sol.
Autour du volcan, "les grosses particules causent des irritations et les gens doivent prendre des précautions telles que porter des lunettes étanches, des masques et rester chez eux autant que possible", a déclaré un épidémiologiste environnemental de l'OMS, Carlos Dora, lors d'une conférence de presse à Genève.
"Dans le reste de l'Europe, la pollution n'est pas tombée au niveau du sol", a-t-il ajouté. "Il serait possible que le nuage se dissémine dans l'air et se disperse, sans aucune concentration de particules au niveau du sol".
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a indiqué, pour sa part, que selon les dernières informations scientifiques collectées, le volcan produirait moins de cendres, mais davantage de lave en fusion. L'OMM souligne également que le volcan peut, à tout moment, retourner à un état d'éruptions explosives.
Le nuage de cendres est en train de descendre de 6.000 à 3.000 mètres d'altitude, estime l'OMM qui rappelle que les particules volcaniques peuvent étouffer les moteurs des avions et aveugler les pilotes.AFP.
ETRANGER:
*Rwanda : arrestation de l'opposante Victoire Ingabire
L'opposante rwandaise Victoire Ingabire, rentrée d'exil en janvier et candidate déclarée à l'élection présidentielle d’août au Rwanda, a été arrêtée mercredi à Kigali et sera jugée pour "collaboration avec une organisation terroriste" et "négation du génocide". Mme Ingabire est présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), un parti encore officieux, mais qui l'a désignée comme candidate à la présidentielle d'août prochain à laquelle devrait participer Paul Kagame, l'ancien chef rebelle au pouvoir depuis 1994.
"Elle a été arrêtée aujourdhui (mercredi) à Kigali. Elle est accusée de collaboration avec une organisation terroriste, divisionnisme, négation et minimisation du génocide" des Tutsi au Rwanda en 1994, a indiqué à l’AFP un haut responsable du parquet général qui a requis lanonymat. Selon cette même source, elle doit être présentée au parquet à Kigali mercredi après-midi. Le porte-parole de la police rwandaise, Eric Kayiranga, a confirmé cette arrestation. "Elle a été arrêtée ce 21 avril vers 10 heures (08H00 GMT). (...) La police va procéder à son acheminement vers les instances du parquet", a-t-il déclaré à l'AFP.
"On la suspecte d'avoir commis des crimes graves. On a des preuves suffisantes pour qu'elle soit traduite devant les juridictions", a assuré M. Kayiranga. Elle est notamment accusée d’association avec les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), basées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), et dont certains ont participé au génocide de 1994, a précisé la source judiciaire.
Le 16 janvier, le jour même de son retour au Rwanda, l’opposante dont le parti n'a pas encore été officialisé, avait demandé, après avoir déposé des gerbes de fleurs à un mémorial du génocide à Kigali, que les auteurs de crimes commis contre les Hutu en 1994 soient également jugés. Le régime rwandais accuse depuis Mme Ingabire, une Hutu, d'avoir nié, par de tels propos la réalité du génocide de 1994, au cours duquel au moins 800.000 personnes selon l'ONU, essentiellement Tutsi, avaient été tuées. Elle a été interrogée à plusieurs reprises par la police et s'est vu interdire fin mars de quitter le territoire. Elle a annoncé à plusieurs reprises son intention de participer au scrutin présidentiel.
Dans un communiqué, les FDU ont condamné cette "violente arrestation". "C'est une tragédie pour le Rwanda qu'un appel à la justice pour tous les Rwandais, sans distinction d'ethnie ou d'affiliation politique, et au dialogue national (...) soit transformé en de telles accusations (...)", selon les FDU.
L'arrestation de Mme Ingabire est "un défi à la dignité du peuple rwandais mais également à la communauté internationale, en particulier aux gouvernements étrangers qui sponsorisent le régime", ajoute le communiqué.
Ces dernières semaines, les FDU avaient dénoncé "un nombre croissant de menaces, d'agressions et de harcèlements subis par l'opposition à l'approche de la présidentielle". Le président sortant Paul Kagame, dont le Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion) avait mis fin en 1994 au génocide, doit participer à la présidentielle d'août. Homme fort du pays, il avait été élu président en 2003 lors de la première élection présidentielle post-génocide.
Cette arrestation intervient par ailleurs après l'interpellation, la mise à l'écart ou la fuite à l'étranger de plusieurs hauts responsables de l'armée et anciens cadres du régime, Tutsis anglophones issus des rangs de l'ex-rébellion FPR. AFP
VIVEMENT LE SPORT:
ANCIEN PRESIDENT DU COMITE INTERNATIONAL OLYMPIQUE
Juan Antonio Samaranch est mort
Hospitalisé depuis mardi soir à Barcelone pour des problèmes cardiaques aigus, l'ancien président du Comité International Olympique, Juan Antonio Samaranch, 89 ans, est décédé ce mercredi 21 avril à l'âge de 89 ans. L'Espagnol laisse derrière lui une empreinte indélébile dans le monde de l'olympisme.
Homme d'influence et de réseaux, Juan Antonio Samaranch, l'un des Espagnols les plus connus dans le monde, a règné d'une main de fer de 1980 à 2001 sur le mouvement olympique.
Né le 17 juillet 1920 à Barcelone dans une riche famille catalane, Samaranch grimpe rapidement les échelons du pouvoir ibérique. Admirateur du dictateur Franco, dont il fut en 1967 le délégué national de l'Education physique et des Sports, Samaranch devient le premier ambassadeur d'Espagne à Moscou après la reprise des relations diplomatiques avec l'URSS de 1977 à 1980.
Barcelone 92, son grand triomphe personnel
L'année 1980 marque son accession à la présidence du CIO, où il sera reconduit à trois reprises. En 1991, le Catalan reçoit du roi d'Espagne Juan Carlos le titre de Marquis pour son implication dans le mouvement olympique et l'attribution des JO de 92 à Barcelone. Une attribution considérée comme un véritable triomphe personnel pour Samaranch.
Sa fin de présidence est marquée par plusieurs problèmes de santé. Il est hospitalisé à Lausanne le 17 juillet 2001, et en août de la même année, des complications aiguës d'hypertension artérielle nécessitent son hospitalisation. En décembre 2007, il est de nouveau hospitalisé. Malgré cela, le président d'honneur à vie du CIO, n'a jamais ménagé ses efforts après son départ, faisant tout pour ramener les Jeux en Espagne.
Mais son soutien n'aura pas suffi à la candidature de Madrid pour 2012 et 2016. Une candidature lors de laquelle il avait confié aux membres du CIO : " J'ai 89 ans et je sais que je suis très proche de la fin de ma vie". RFI
Spécial Olympic s'invite dans les activités sportives
Les enfants intellectuellement handicapés de la RDC, communément appelés "les mongols ", sont aussi retenus dans le programme des activités sportives commémoratives du cinquantenaire de l'indépendance de la RDC. Le projet présenté au Commissaire général du cinquantenaire par le président de Spécial Olympic, regroupant ces enfants, a été accepté, a dit Philippe Lokange Boleko. Ce dernier, outre la fonction de président de Spécial Olympic/RDC, est aussi Secrétaire général de la Fédération nationale des Jeux pour handicapés " FNHAN ".
En accord avec le directeur national de Spécial Olympic du Congo-Brazzaville, Célestin Biampandu, un tournoi des enfants mongols sera organisé à cette occasion. Les mongols de la RDC et du Congo-Brazzaville vont s'affronter dans le cadre du cinquantenaire des indépendances des deux pays. Le tournoi, d'après le président du Spécial Olympic/RDC, démarre le 1er mai et la finale intervient le 30 juin 2010. Plusieurs disciplines sportives sont retenues dans ce programme, principalement le basket-ball, l'athlétisme, le football et le nzango moderne pour les filles.
Tout en félicitant le secrétaire général du cinquantenaire qui a accepté la participation des enfants mongols dans la fête, le président de Spécial Olympic et secrétaire général de la FNHAN, Philippe Lokange, déplore le fait que les handicapés physiques soient négligés au ministère de la Jeunesse et des Sports. Il cite en exemple le tournoi international de " Poussa ndembo ", organisé dernièrement à Nairobi au Kenya.
Pascal LIKANA
Mbokani devant le Comité sportif belge pour coup volontaire à un adversaire
Dieumerci Mbokani sera entendu le 4 mai prochain pour coup volontaire à un adversaire. Lors d'un match joué le 15 avril, Dieumerci Mbokani a agressé un adversaire. Cela lui vaut de passer devant le Comité sportif belge pour y être entendu. Les images ont confirmé que l'avant-centre du Standard de Liège avait bel et bien donné un coup volontaire à son adversaire, le joueur Wanyama de Germinal, à la 25e minute de la rencontre.
Le parquet de l'Union belge de football a donc décidé de poursuivre l'international congolais devant les instances sportives compétentes. RO/FDA
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