BILLET
«Plénière de chez nous»
(23/04/2010)
Initiée pour saluer le vingtième anniversaire de l’acte fondateur de la démocratisation, la manifestation de l’opposition a été dispersée. Autorisée? Non autorisée? Cela importe peu. A l’heure de l’évaluation, c’est un mauvais signal que Kinshasa envoie à l’extérieur. Surtout en ce moment où les ONG des droits de l’homme déversent quantité de rapports les uns plus négatifs que les autres. Les derniers brûlots de l’incontournable Human Rights Watch et de l’International crisis group sont encore frais dans nos mémoires. Quand on connaît la connexion de ces ong avec les pays qui comptent, il y a de quoi s’inquiéter.
De ce point de vue, il apparaît clairement que la Rdc n’a rien à gagner en prêtant le flanc aux critiques d’organisations des droits de l’homme. En particulier, la dispersion des sympathisants de l’opposition contraste avec la sortie en fanfare, il y a trois semaines, du PPRD à l’occasion de son dixième anniversaire. Pourquoi refuser à l’opposition républicaine ce qu’on a accordé au principal parti de la majorité? On aurait voulu donner la preuve que la démocratie était à géométrie variable qu’on ne s’y prendrait pas autrement. On aurait voulu installer l’opposition dans le rôle enviable de martyr qu’on ne se procéderait pas autrement. On aurait voulu booster une opposition pas toujours à la hauteur des enjeux du pays qu’on ne s’y prendrait pas non plus autrement. Sous Mobutu, la répression systématique de l’UDPS avait eu notamment pour effet de faire la publicité gratuite du parti cher à Etienne Tshisekedi.
D’où la question: à qui profite le zèle de certains de nos agents de l’ordre et surtout celui de leurs supérieurs hiérarchiques? En tout cas, pas au Chef de l’Etat. Ce n’est assurément pas aider Joseph Kabila que de donner au reste du monde l’image d’un régime qui réprime l’opposition. Après avoir rendu le pays fréquentable, le Raïs n’a vraiment pas besoin de tous ces boutefeux qui ternissent l’image de la RDC.
Tout se passe comme si, dans le camp présidentiel, une constellation de matamores s’était liguée à l’effet de pousser le régime à la faute. Principal artisan du relifting de la Rdc, Joseph Kabila n’a aucun intérêt à voir son pays revenir sur la liste des Etats jugés peu recommandables.
José NAWEJ
«Plénière de chez nous»
(22/04/2010)
Rideau sur le premier acte du face-à-face Muzito-Députés.En attendant le deuxième acte mercredi prochain, l’heure est à l’entracte. Pendant que les différents acteurs peaufinent leur mise en bouche, dans l’assistance, on commente les scènes passées et on suppute sur la suite de la pièce. Toute cette métaphore théâtrale pour faire droit à ceux de Congolais pour qui les débats parlementaires s’apparenteraient à du théâtre. Ils ont, sans doute, tort ces compatriotes qui empruntent ce raccourci caricatural et donc forcément réducteur.
Mais, l’establishment politique -en ce compris les élus-aurait aussi tort- voire davantage -s’il se contentait de prendre ce jugement populaire au premier degré. En recourant au registre comique pour juger le personnel politique, les Congolais expriment leur dépit. A un an de la fin du tout premier quinquennat issu des élections pluralistes, l’ordinaire de «vrais gens» n’a pas changé. La même galère pour nouer les deux bouts du mois. Dans les bas quartiers de Kinshasa, le même chemin de croix pour se déplacer et s’approvisionner en eau potable et en électricité.
Or, vu de l’homme de la rue, l’après élections devaient se décliner en terme d’amélioration des conditions de vie. Et les candidats députés d’alors n’avaient pas lésiné sur les promesses. Pour se faire élire, nombre de prétendants ont pris des engagements sans commune mesure ni avec la vocation d’un député , ni avec les ressources propres du pays. Des ponts, des routes, des écoles, des hôpitaux, et même la gratuité des soins médicaux ont été promis à des Congolais à la pauvrété légendaire.
Conséquence de ce torrent de promesses, le pouvoir post-électoral a été pris au mot. Démagogues à l’extrême, nombre de députés ont du mal à affronter leurs bases respectives, faute de résultats palpables. Une petite planche de salut tout de même pour ceux des élus des agglomérations où certains de pans de 5 chantiers commencent à être visibles. Ceux-là ont, enfin, un semblant de bilan à brandir dans un an. Le reste, c’est-à dire la majorité de députés du pays profond, sont pris au piège de leurs promesses électorales. Ceux-là risquent d’être privés de scène à la deuxiéme mandature. C’est-à- dire dans pas longtemps. José NAWEJ
Hier desbanyamulenge, aujourd'hui des Enyele
(22/04/2010)
Au Congo-Kinshasa sans doute plus qu'ailleurs, l'histoire de rébellions est un éternel recommencement. En août 1998, l'insurrection des Tutsi congolais avait comme cahier de charges la traque de "génocidaires" hutus sur les montagnes du Kivu. A Kinshasa, on était à mille lieues d'imaginer que la croisade armée contre les forces dites négatives allait amener les insurgés jusqu'à Kitona dans le Bas-Congo. Province située à 2000km de la frontière congolo-rwandaise, le légendaire Kongo central n'hébergeait pas un seul extrémiste hutu. Le corps expéditionnaire dirigé par le général rwandais James Kabarebe -le même- effectuera un atterissage dramatiquement spectaculaire à la base militaire de Kitona. On connaît la suite.
Voilà que près de 12 ans après ce sinistre exploit de ceux qu'on appelait de façon générique "insurgés banyamulenge", apparaissent les Enyeles. Ces derniers étaient censés se battre contre une ethnie rivale pour la maîtrise de quelques étangs de poissons. Un cas récurrent en Afrique où des tribus, des clans et même des sous-clans recourent à des flèches pour régler des différends liés à l'espace vital. De fait, à en croire tous les récits, le combattant Enyele est l'archétype du guerrier traditionnel: flèche, raphia, recours aux incantations... Comme en 1998 avec les insurgés tutsi congolais, les masques Enyele n'ont pas tardé à tomber. Le dimanche de Pâques, les Enyele ont accosté à Mbandaka. Cette fois-ci, pas seulement munis de flèches. Cette fois-ci pas pour affronter leurs rivaux au sujet des étangs de poissons. Même si Mbandaka baigne dans l'eau, mais on est loin, très loin de Dongo. Depuis ce dimanche pascal, l'opinion sait que les Enyele sont tout sauf des guerriers- pêcheurs en mal d'étangs. Ainsi naissent des rébellions au Congo-Kinshasa. José NAWEJ.
|
|
A la Une
GOUVERNEMENT PARALLELE, MISE AU PAS DU PARLEMENT, CORRUPTION
ICG accuse Joseph Kabila, Lambert Mende réplique
Ong «spécialisée» dans l’étude et la prévention des conflits, «International Crisis Group» a publié un rapport politique d’une trentaine de pages particulièrement salé contre les autorités congolaises intitulé «l’enlisement du projet démocratique» sous forme d’une revue de la situation politique et institutionnelle en RDC. Ce qui a, comme il fallait s’y attendre, suscité la réaction de Lambert Mende, ministre de la Communication et des Médias doublé de casquette de porte-parole du Gouvernement congolais. «Aux pessimistes qui, à l’instar des auteurs de ce rapport, ne voient pratiquement aucun progrès dans la normalisation et la démocratisation dans ce pays, s’opposent ceux qui les accusent de mettre l’alibi humanitaire au service des agendas hégémonistes inavoués», commence Lambert Mende avant d’épingler des «données non avérées susceptibles de dénaturer la situation décrite et contrarier subséquemment les conclusions», en évoquant «des rapports terrifiants sur l’insécurité et l’absence de l’Etat de droit en RD Congo».
ACCUSATIONS CONTRE JOSEPH KABILA, GOUVERNEMENT PARALLELE, MISE AU PAS DU PARLEMENT, CORRUPTION ...
A une allégation «inspirée» d’un article paru en 2008 dans « La Libre Belgique» accusant Joseph Kabila de centraliser le pouvoir, tout en fustigeant l’ancien Premier ministre Antoine Gizenga, le porte-parole du Gouvernement Muzito rétorque par un constat: «On peut légitimement s’étonner de ce que International Crisis Group qui emploie des juristes se soit reposé sans nuance sur les approximations d’une journaliste qui, ne maîtrisant manifestement pas les arcanes du droit public, fait dire à la Constitution congolaise de février 2006 ce qu’elle ne dit pas». Ce qui permet à Mende de rappeler la procédure de nomination d’Antoine Gizenga à la primature. Tout comme, là où l’on reproche à Joseph Kabila de présider le Conseil des ministres, Lambert Mende évoque la Constitution qui le lui autorise. Mais, prend-t-il soin de préciser, «depuis plus d’un an à ce jour, le Président de la République n’a plus présidé le Conseil, déléguant systématiquement ce pouvoir au Premier ministre Muzito». Qu’en est-il alors de «la prééminence des conseillers du Président sur le Gouvernement» (sous-entendu Gouvernement parallèle) et de la présidence de la République qui aurait «mis le Parlement au pas»? Le ministre Mende réfute ces allégations en expliquant qu’un haut fonctionnaire peut engager le Gouvernement, cas de l’inspecteur général de la Police nationale congolaise dans l’affaire Laurent Nkunda et le lancement d’une opération militaire entre la RDC et le Rwanda contre les FDLR. Face à l’affirmation selon laquelle l’opposition ne disposerait pas de figure politique capable de lui faire remplir son rôle de contre-pouvoir au Parlement, le porte-parole du gouvernement ironise en arguant: «Comme si, après le vote de la loi sur le statut de l’opposition, adoptée le 04 décembre 2007, il appartenait en plus au Président de la République et à sa majorité d’offrir à leurs opposants un porte-parole».
Lambert Mende doute de la crédibilité de «ICG» lorsque cette Ong reproche à Kabila d’avoir calmé les ardeurs anti-angolaises des députés de son groupe politique dans l’affaire Kahemba, pour privilégier une solution non conflictuelle avec un pays voisin. «En quoi la paix et la bonne entente avec l’Angola seraient-elles contraires aux idéaux poursuivis par l’Ong internationale de prévention des conflits qu’est International Crisis Group? Pourquoi cette sorte de déception face à une solution pacifique de nos problèmes avec le voisin angolais?» Fait donc observer le ministre de la Communication et des Médias. Et lorsque le rapport ICG qualifie d’apparente réussite la campagne militaire conjointe RDC-Rwanda contre des groupes armés étrangers en février 2009, le porte-parole du Gouvernement se rappelle des «persiflages de l’opposition» pour en conclure: «Le fait que plus d’un an après, la situation se soit sensiblement améliorée par rapport à ce qu’elle fut lorsque les groupes armés écumaient exclusivement la région est délibérément tourné en dérision». De même quand International Crisis Group évoque l’opacité des contrats chinois, Mende y décèle des «propos rageurs des députés de l’opposition lors des débats y relatifs au Parlement». Corruption au Parlement dans le camp de la majorité à travers le cas Kamerhe ou dans le chef des magistrats? Lambert Mende balaie toutes ces accusations en se demandant même: «Quand croire ce rapport? Lorsqu’il dit que les magistrats sont corrompus ou lorsqu’il affirme que le même constat fait par le Président n’est qu’un prétexte pour révoquer des innocents?» C’est dire que le porte-parole du Gouvernement congolais s’est employé à réfuter une à une les allégations du rapport ICG.
M. M.
La réplique du porte-parole du gouvernement au rapport International Crisis Groupe
International Crisis Group (ICG), une Ong spécialisée dans l'étude et la prévention des conflits, a rendu public le 08 avril un rapport intitulé : Congo : l'enlisement du projet démocratique. Ce rapport d'une trentaine de pages (annexes comprises) se présente comme une revue de la situation politique et institutionnelle dans le pays. En plein débat sur le maintien ou non de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc) installée ici depuis 1999, le rapport de International Crisis Group est venu alimenter la polémique autour des relations entre l'Etat congolais et la mission onusienne dans laquelle se sont engagés nombre d'acteurs nationaux et internationaux.
Aux pessimistes qui, à l'instar des auteurs de ce rapport, ne voient pratiquement aucun progrès dans la normalisation et la démocratisation dans ce pays, s'opposent ceux qui les accusent de mettre l'alibi humanitaire au service d'agendas hégémonistes inavoués. Sans douter de la bonne foi des auteurs, le gouvernement de la RD Congo se doit d'attirer l'attention sur un certain nombre de données non avérées susceptibles de dénaturer la situation décrite et contrarier subséquemment les conclusions.
L'opinion publique est interpellée ces derniers jours par des rapports terrifiants sur l'insécurité et l'absence de l'Etat de droit en RD Congo. Le rapport sous examen n'échappe pas à la règle. On y apprend que depuis la fin de la guerre, aucune évolution positive significative n'a été enregistrée ici. L'orientation générale du texte met sous le boisseau les effets positifs des interventions institutionnelles sur le volume des exactions vécues par les populations vivant en zones de conflit, lequel incontestablement est allé decrescendo. Les auteurs du rapport font abstraction de ce que la Rdc sort de près de dix années d'affrontements armés. Ils ne livrent aucune évaluation de l'action de la Monuc, la plus grande force des Nations-Unies jamais déployée au monde (20.000 hommes) et des centaines d'Ong internationales se relayant sans cesse pour rendre des services dont l'efficacité est questionnée.
C'est en vain que le lecteur chercherait dans le rapport quelque progrès que ce soit enregistré au Congo depuis les élections de 2006. Pourtant le Congo en 2010, ce n'est peut-être pas le paradis sur terre, mais ce n'est plus l'enfer de 1999. International Crisis Group retrace certes les contours des défis qui attendaient les nouvelles institutions élues en 2006. Il dépeint sans complaisance l'énormité du chantier, démocratique (nécessités de la décentralisation) et institutionnel pour 5 années de pouvoir. Mais il ne va pas plus loin car l'évaluation ou ce qui se veut telle, étalée sur une douzaine de pages, se révèle une compilation des mêmes griefs ressassés pendant les années de guerre et de transition par une opposition vindicative et des Ong soucieuses de préserver des espaces de déploiement conquis pendant les années noires de la bien nommée "première guerre mondiale africaine ". Pour illustrer la décadence proclamée des institutions congolaises en 2010, International Crisis Group s'est référé à des incidents survenus en 2006, 2007, ou 2008. On lit en effet que " la consolidation démocratique semble interrompue, voire menacée d'abandon. Parce que au cours des trois dernières années, la présidentialisation du pouvoir s'est accentuée, (...) et la mise en œuvre de la constitution s'est enlisée " (p. 6). Un raisonnement qui brille par son caractère tautologique.
Le Président congolais Joseph Kabila est accusé de centraliser ou de vouloir centraliser le pouvoir. Problème : cette allégation est inspirée par un article paru en 2008 dans le quotidien Belge La Libre Belgique, sous la plume de Marie-France Gros (M.F Gros, " un an de pouvoir élu, peu de progrès ", 11 mars 2008). Il s'agit d'un passage dans lequel cette journaliste avait écrit que " en nommant Antoine Gizenga au poste de chef de gouvernement en début de mandat, Kabila s'attache un chef de gouvernement incapable de remplir ses fonctions. Octogénaire et physiquement affaibli, Gizenga ne peut ni assumer la quantité de travail correspondant à sa fonction ni imposer son autorité dans les allées du pouvoir (...) Rapidement, Kabila a commencé à présider de nombreux conseils des ministres en l'absence de son Premier ministre " (p. 6 du rapport). On peut légitimement s'étonner de ce que International Crisis Group qui emploie des juristes se soit reposé sans nuance sur les approximations d'une journaliste qui, ne maîtrisant manifestement pas les arcarnes du droit public, fait dire à la constitution congolaise de février 2006 ce qu'elle ne dit pas. La procédure de désignation d'un 1er ministre de coalition régie par l'article 78, 1° de la constitution a été occultée pour justifier la fausse assertion de Gros. De fait, la nomination de Antoine Gizenga fut le fruit du choix de son parti, le Palu, principal allié de la coalition au pouvoir. La nomination par le Président constituant un acte de compétence liée. Le Palu ayant proposé, il n'y avait plus rien d'autre à faire que d'entériner le choix de ce parti politique.
Quant à la présidence du Conseil des ministres, c'est la même constitution en vigueur dans le pays qui l'a confié au seul Président de la République. Contrairement à ce qui est dit dans le rapport, ce n'est qu'à titre exceptionnel, et sur délégation du Président éventuellement empêché, que le 1er ministre peut présider le Conseil (Article 79, 1° de la constitution). De mémoire de ministre, il n'est jamais arrivé au Président Joseph Kabila de présider le Conseil des Ministres en l'absence du Premier Ministre, qu'il s'agisse de Gizenga ou Muzito. Seul le contraire a été observé. On notera à cet égard que depuis plus d'un an à ce jour, le Président de la République n'a plus présidé le Conseil, déléguant systématiquement ce pouvoir au 1er ministre Muzito. Mais International Crisis Group a omis de le relever.
Les auteurs du rapport affirment par ailleurs " la prééminence des conseillers du Président sur le Gouvernement " et le soutiennent notamment par le fait que " la stabilisation des provinces orientales est pilotée directement par l'entourage de Kabila. Fin 2008, c'est John Numbi, l'inspecteur général de police congolaise, qui est secrètement envoyé au Rwanda pour négocier l'éviction de Laurent Nkunda de la direction du CNDP et le lancement d'une opération militaire des deux pays contre les FDLR " (page 7 du rapport). On ne peut certainement pas croire que le patron de la Police Nationale Congolaise, un service relevant du Ministère de l'Intérieur, n'agit pas pour le compte du Gouvernement...
International Crisis Group dénonce la présidence de la République pour avoir " mis le parlement au pas ". Il en veut pour " preuve " le fait que l'opposition ne dispose pas de figure politique capable de lui faire remplir son rôle de contre-pouvoir au Parlement. Comme si, après le vote de la loi sur le statut de l'opposition, adoptée le 4 décembre 2007, il appartenait en plus au Président de la République et à sa Majorité d'offrir à leurs opposants un porte-parole !
Il est permis de s'interroger sur la crédibilité de l'engagement de International Crisis Group pour la paix lorsque sur ce chapitre des rapports avec le parlement, l'Ong reproche "express/s verbis " à Joseph Kabila d'avoir calmé les ardeurs anti-angolaises de certains députés de son groupe politique dans l'affaire Kahemba, privilégiant une solution non conflictuelle avec ce pays voisin. En quoi la paix et la bonne entente avec l'Angola seraient-elles contraires aux idéaux poursuivis par l'Ong internationale de prévention des conflits qu'est International Crisis Group ? Pourquoi cette sorte de déception face à une solution pacifique de nos problèmes avec le voisin angolais ?
C'est également le cas avec la guerre entretenue depuis plus d'une décennie dans les Kivu par les forces négatives rwandaises des Fdlr. Dans un style qui n'est pas sans rappeler les persifflages de l'opposition, le rapport note que la campagne militaire conjointe RD Congo-Rwanda contre ces groupes armés étrangers en février 2009 ne fut qu'une " apparente réussite " ! (p. 9). Le fait que plus d'un an après, la situation se soit très sensiblement améliorée par rapport à ce qu'elle fut lorsque les groupes armés écumaient exclusivement la région est délibérément tourné en dérision.
On peut en dire autant des contrats chinois dont International Crisis Group dénonce " l'opacité ", reprenant mot pour mot les propos rageurs des députés de l'opposition lors des débats y relatifs qui eurent lieu au Parlement, débats dont le rapport prétend fallacieusement qu'ils n'ont pas eu lieu. On se demande quelle autre alternative auraient proposé les auteurs du rapport qui reconnaissent par ailleurs la pertinence du programme de reconstruction nationale lancé par Joseph Kabila (p. 3).
L'éviction de M. Vital Kamerhe de la présidence de l'Assemblée Nationale qui est considérée par International Crisis Group comme une preuve de la mise au pas du parlement par le gouvernement fut en réalité la solution démocratique d'un problème politique interne à la majorité. Dans le strict respect des principes légaux et réglementaires en vigueur, Kamerhe a été déchu de son mandat par ceux qui l'avaient élu au perchoir. La loi de la majorité qui est au fondement de toute démocratie a pleinement joué. International Crisis Group enfonce le clou en affirmant que " pour convaincre les députés de la majorité de se prononcer en faveur du départ de Kamerhe du perchoir de l'Assemblée Nationale, une somme de plusieurs centaines de milliers de dollars a également été distribuée " (p. 9). Une accusation très grave dont la source serait un " entretien de International Crisis Group avec des responsables politiques congolais ", sans plus. Question : si les députés de la majorité ne votent que fortement motivés par des dons en argent, ne faut-il pas croire que l'élection de Kamerhe à la tête de la chambre basse du parlement quelques mois plus tôt avait aussi été acquise par la même pratique odieuse ? Pourquoi dès lors ne décocher les flèches de l'indignation vertueuse qu'à l'égard de la deuxième prestation des députés ?
International Crisis Group dénonce par ailleurs ce qu'il considère comme des atteintes à l'indépendance de la justice. Notamment le fait que " par deux fois, sous prétexte de lutter contre la corruption, des dizaines de magistrats sont mis à la retraite ou révoqués sans suivre les procédures réglementaires " (p. 9). Prétexte ? On lit pourtant 4 pages plus tôt que pour les auteurs, " les magistrats, environ 2000 pour 60 millions d'habitants, sont mal formés, sous-payes et très souvent corrompus " ! (p. 5 du rapport). Quand faut-il croire ce rapport ? Lorsqu'il dit que les magistrats sont corrompus ou lorsqu'il affirme que le même constat fait par le Président n'est qu'un " prétexte " pour révoquer des innocents ? Le rapport omet du reste de signaler que la mise à la retraite et la révocation des magistrats par le Président se sont effectuées sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature, comme le prévoit la constitution congolaise (Article 152, 3°).
Lorsqu'il entreprend d'expliquer ensuite que la lutte contre la corruption est devenue " une arme politique ", le rapport de International Crisis Group en veut pour illustration l'éviction du Gouverneur MIc de la province de l'Equateur, José Makila, en 2009. " Le seul gouverneur issu du MIc (...) est renversé par une motion de censure de l'assemblée provinciale suscitée par la révélation d'une affaire de corruption tandis que le gouverneur du Nord Kivu fait l'objet d'une manœuvre identique qui échoue... " lit-on en page 10. Cette dénonciation théâtrale ne dit pas tout. Parce que au Sud Kivu, presque dans les mêmes temps et conditions, un autre gouverneur, le Pprd (parti du Président Joseph Kabila) Célestin Cibalonza, était, lui aussi, évincé. Difficile d'imaginer que les experts de International Crisis Group n'en aient jamais entendu parler ! Les auteurs du rapport semblent défendre une conception originale de l'Etat de droit en vertu de laquelle il eut mieux valu laisser M. Makila, dont la gestion avait été désavouée par sa propre majorité (MIc) dans la province, impuni et immunisé pour la simple raison qu'il était un membre de l'opposition !
Que dire de deux autres gouverneurs, Manara et Muderhwa, du Maniema et du Sud-Kivu qui, bien que membres du parti présidentiel, viennent aussi d'être démis pour mégestion ? Dans la seconde partie du rapport, International Crisis Group juge durement la répression des rébellions par les forces de sécurité congolaises. Pour les auteurs, face aux velléités criminelles et déstabilisatrices héritées d'un récent passé trouble, le gouvernement congolais aurait dû s'astreindre à un profil bas en négociant ad vitam aeternam avec les violeurs, les égorgeurs et les pillards qui créent chaque jour des nouveaux groupes armés pour s'exonérer des impératifs de la loi. " Depuis 2006, Kabila a utilisé la force à plusieurs reprises pour réduire les tentatives d'opposition à l'autorité de l'Etat. Il n'a accepté d'ouvrir le dialogue avec ses adversaires qu'après avoir été mis en difficulté par un revers militaire ", déplore International Crisis Group.
Le rapport f ait ainsi peu de cas du contenu des engagements pris par le vainqueur des élections de 2006 pourtant rappelées dès la 1ère page. "Kabila a obtenu un mandat de 5 ans en s'associant à cette vision (i.e. la vision de l'Etat issue des Accords de Sun City) durant la campagne électorale. Il s'est engagé à redresser un Etat défaillant et à combattre la corruption ; a proposé un programme de reconstruction du Congo suivant cinq priorités stratégiques (...) il s'engage à respecter la constitution en renforçant les capacités institutionnelles de l'Etat ... ". Le lecteur ne peut qu'être dérouté par ce funambulisme intellectuel qui stigmatise d'une part la faiblesse de l'Etat mais condamne d'autre part la répression par le même Etat de groupes armés criminels et des sectes dont l'activisme criminel a été l'une des menaces les plus graves à l'Etat de droit en 2007 !
Il est reproché au gouvernement d'avoir désarmé par la force des milices irrégulières du leader du MIc, Jean-Pierre Bemba, qui avaient attaqué Kinshasa après les élections. Comme si la présence de ces hommes lourdement armés et à la gâchette facile dans la capitale ne renfermait pas les germes d'une hécatombe aux conséquences incalculables dans une mégapole de plus de 8 millions d'habitants ! Même les opérations des forces gouvernementales au Nord Kivu contre le Cndp de Laurent Nkunda sont mal vues en dépit de leur impact très significatif sur la pacification de cette partie du pays. Sans doute parce qu'elles ont culminé avec une opération conjointe inédite de forces africaines (Rdc -Rwanda) qui n'avait pas été concertée avec - et contrôlée par - certains partenaires de la Communauté internationale.
Curieusement, même la Monuc lorsqu'elle collabore avec les Farde ne trouve pas grâce aux yeux de ceux qui marquent leur distance par rapport à toute tentative de normalisation entreprise par les dirigeants congolais. Ainsi, les auteurs du rapport estiment-ils que les résultats obtenus par les Farde au contact des défis sécuritaires "... démontrent spectaculairement les difficultés rencontrées par l'Etat congolais pour mettre fin aux conflits locaux ". Une affirmation qui méconnaît les performances alignées ces derniers mois par les Farde dans la répression des épurateurs ethniques de l'Equateur qui servent d'alibi aux partisans du statu quo en RD Congo. International Crisis Group ne peut par ailleurs ignorer que quelques années seulement après une longue guerre, l'Etat congolais ne peut pas ne pas rencontrer les problèmes structurels nés précisément du conflit dans un pays aux dimensions continentales.
Le gouvernement muselle et procède à des intimidations des médias, des organisations non gouvernementales, martèle International Crisis Group. Sont mis dans ce panier, l'interruption du signal de Rfi (prise en flagrant délit de démoralisation des Farde en opérations) et les répliques du Ministre congolais de la communication et des médias à certaines Ong internationales. International Crisis Group, ne veut donc rien moins que d'interdire de parole le Ministre congolais de la Communication accusé d'avoir "... qualifié publiquement les Ong internationales Global Witness, Human Rights Watch (HRW), et la Fédération internationale pour les droits de l'homme (FIDH) de terroristes humanitaires " (p. 13). Sans preuves car lorsqu'ils renvoient le lecteur à la " source " de cette allégation, les rédacteurs du rapport se contentent d'y mentionner " Voir la réponse de HRW, RD Congo : Lettre au 1er Ministre au sujet des attaques publiques contre les organisations des droits humains, Communiqué de presse, 31 juillet 2009 ". En réalité le Ministre n'a jamais fait une telle déclaration mais quand on veut noyer son chien ...
Dans la dernière partie de la compilation apparaît plus dramatiquement l'orientation générale du rapport d'International Crisis Group: "... peu de progrès a été enregistré dans les deux grands dossiers de décentralisation et de réforme du secteur de la sécurité ", lit-on. Alors que les institutions mises en place fonctionnent de manière satisfaisante pour la majorité de la population et sont parvenues à stabiliser la situation sur plus de 90 % du territoire, les auteurs n'ont d'yeux que pour le prétendu " danger " que constituerait l'initiative d'un groupe de députés de la Majorité, soutenue par le Président, de réviser la Constitution en réponse à l'inadéquation entre la réalité de la vie institutionnelle et les prescrits de la loi fondamentale particulièrement en ce qui concerne les séquences de la décentralisation. La dramatisation des problèmes que la RD Congo a connu au cours des années de conflit semble être devenu un véritable lieu commun pour nombre d'acteurs bien-pensants qui n'hésitent plus à prendre des libertés avec les faits.
C'est l'impression que laissent les auteurs du rapport lorsqu'ils écrivent que " à l'été 2009, le gouvernement congolais prend une décision qui surprend ses partenaires internationaux. A l'issue de l'enregistrement des électeurs mené dans la ville de Kinshasa, il décide unilatéralement de modifier la méthode de révision des listes. Plutôt que de procéder à une simple mise à jour du fichier, il souhaite désormais que tous les congolais de plus de 18 ans en 2011 s'inscrivent ou se réinscrivent " (p. 17). Une totale contre vérité : en RD Congo, depuis 2006, le processus électoral, de l'enrôlement des électeurs jusqu'à la proclamation des résultats, relève exclusivement d'une Commission Electorale Indépendante (Article 211 de la constitution). Le Gouvernement n'y participe qu'en qualité de gestionnaire du budget des dépenses publiques auquel émarge la Commission et de dispensateur de la sécurité. C'est donc abusivement que International Crisis Group attribue au Gouvernement des décisions portant sur les listes électorales. Apparemment, les auteurs du rapport ne l'ignorent guère car évoquant les justificatifs de ces mesures " gouvernementales ", ils écrivent que " les agents de la Commission Electorale Indépendante (Cei) expliquent à leurs interlocuteurs étrangers vouloir disposer d'un fichier incritiquable au jour des élections ". Pourquoi dès lors faire croire que lesdites décisions ont été prises par le Gouvernement ?
Loin d'aider les congolais à consolider les acquis tangibles de la paix et du retour progressif vers un Etat de droit, l'artillerie lourde et sans nuances de International Crisis Group contre tout ce qui bouge dans le leadership du pays ne fait que les embourber dans un fatalisme de mauvais aloi. Ne dit-on pas que tout ce qui est excessif devient dérisoire et, de ce fait, inefficient ? En tout état de cause, l'hostilité sans fards affichée par nombre de partenaires extérieurs au processus de pacification vis-à-vis de nos propres efforts de redressement du pays est perçue comme un encouragement à toutes les aventures criminelles de forces négatives nostalgiques qui essayent de déstabiliser ce pays fragile.
On peut éprouver de la sympathie à l'égard du régime transitoire du 1+4 et son pendant, le défunt Comité International d'Accompagnement de la Transition (CIAT). Ils n'en demeurent pas moins des pis-allers que la RD Congo a dépassé depuis 2006. Faire feu de tout bois pour ramener à la surface ces schémas surannés en cultivant un complexe d'infériorité dans le chef des Congolais est à coup sûr contre-productif au regard des objectifs affichés par nos partenaires.
Il est pour le moins inacceptable que cinquante ans après l'élimination de Patrice Lumumba, les gouvernants congolais qui s'écarteraient tant soit peu des recommandations de certains de leurs " amis " restent toujours promis à un lynchage en règle.
ENJEUX DE L HEURE
A TRAVERS SON SECRETAIRE D'ETAT ADJOINT AUX AFFAIRES AFRICAINES
Les Etats-Unis participent à l'amélioration de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC
En marge de la visite qu'il a effectuée à Camp Base à Kisangani, pour observer la formation dispensée aux FARDC par l'armée américaine, le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires africaines Johnnie Carson s'est entretenu avec des journalistes et des membres de la société civile locaux. Voici certaines de ses déclarations: " Je suis venu en RDC pour rencontrer les responsables des ONG, de l'ambassade des Etats-Unis et du gouvernement congolais. Je suis aussi venu à Kisangani pour voir la formation que le Département de la Défense et AFRICOM ont entreprise afin de soutenir la professionnalisation de l'armée congolaise et d'améliorer la situation sécuritaire dans l'Est du pays. Nous croyons que sans sécurité et sans stabilité il ne peut y avoir de progrès économique durable pour le peuple de l'Est du Congo et pour le pays lui-même. "
" Le gouvernement des Etats-Unis et l'administration Obama cherchent à rester un partenaire efficace de la RDC. Le travail qui a lieu dans ce camp, à travers la professionnalisation et la formation de l'armée congolaise, reflète l'une des manières dont nous aidons votre pays. C'est un petit pas, mais toutefois un pas important. Il reflète l'engagement du gouvernement américain. "
" C'est en définitive la responsabilité de la RDC d'assurer la sécurité et la stabilité de son peuple. Les efforts que le gouvernement des Etats-Unis consent pour aider à la professionnalisation et au renforcement des capacités des FARDC sont en accord avec la notion fondamentale selon laquelle le Congo doit avoir une armée relevant directement de l'autorité civile et qui soit capable de protéger les civils. Ce que les Etats-Unis font, en conjonction avec d'autres pays amis de la RDC, est compatible avec ce que l'ONU a fait dans votre pays jusqu'à présent. L'ONU est en RDC, et plus précisément dans l'Est, pour aider à la protection des civils congolais. L'ONU est ici pour compléter et appuyer les services de sécurité qui essaient de résoudre un problème qui dépasse la capacité de résolution qu'ils avaient naguère. Dans la mesure où les Etats-Unis et d'autres pays peuvent aider à former, professionnaliser et rendre l'armée congolaise capable d'assurer la sécurité, il existe donc un lien naturel avec la diminution des forces de maintien de la paix basées dans ce pays. Deux choses sont importantes.
Il faut, premièrement, améliorer d'une manière substantielle la situation sécuritaire afin de rendre caduque la présence de l'ONU. Il convient aussi d'améliorer la qualité des forces armées congolaises ainsi que leur capacité d'assurer un niveau de sécurité essentiel. "
" Tous ceux qui ont observé les événements politiques dans la région des Grands Lacs, au cours des trois dernières années, ont noté l'amélioration spectaculaire des relations entre Kigali et Kinshasa. Les entretiens directs entre les présidents et leurs ministres des Affaires étrangères, l'établissement de relations diplomatiques formelles, l'ouverture d'ambassades et l'accréditation et l'échange d'ambassadeurs sont le signe d'une avancée certaine et d'une reconnaissance du fait que la paix et la stabilité entre ces deux pays est importante non seulement pour la population habitant dans la région mais aussi pour les pays concernés. Nous avons aussi vu les armées de ces deux pays collaborer pour éliminer une menace commune. Je dirais aussi la même chose à l'égard des relations entre l'Ouganda et la RDC. Elles se sont aussi améliorées continuellement au cours des dernières années, et ce qui importe pour la région des Grands Lacs, c'est la capacité des chefs d'Etat de ces pays de dialoguer, d'échanger des points de vue et des idées et d'entretenir des relations de plus en plus étroites. Fondamentalement, quand on considère la collaboration qui s'est produite entre l'Ouganda et la RDC concernant l'effort visant à éliminer la menace posée par la LRA, l'on voit, encore ici, une collaboration et une coopération entre ces deux pays. "
Ambassade des USA en RDC
GOUVERNEMENT LETERME
La Belgique replonge dans une grave crise communautaire
Certaines images valent mieux qu'un long discours. Les visages fermés des parlementaires et ministres francophones tout au long d'une journée chaotique, riche en rebondissements, reflétaient bien l'inquiétude qui règne dans la classe politique au sud de la Belgique. Les mines conquérantes et les sourires satisfaits de leurs homologues flamands au Parlement en disaient long sur leur état d'esprit : la Flandre estime avoir marqué un point en faisant entrer la Belgique dans une nouvelle période de crise. C'est l'impasse. Et pour la troisième fois en trois ans, le Premier ministre Yves Leterme est allé présenter sa démission au roi en son château de Laeken. Pour l'instant, Albert II réserve sa réponse.
N'empêche : la crise est bien là. Alors que les réformes indispensables en ces temps de graves difficultés économiques se font attendre. Et ceci à trois mois de l'accession de la Belgique à la présidence tournante de l'Union européenne. Comme auparavant, la crise tourne autour des droits des francophones qui habitent dans la périphérie flamande de Bruxelles. Conformément à un arrêt de la cour d'arbitrage de 2003, les Flamands réclament la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ce qui reviendrait à restreindre les droits des francophones. Et ce dossier empoisonne les relations entre les deux parties du pays. On négocie, puis on arrête de négocier, le roi nomme un "démineur" pour tenter de trouver des pistes de sortie. En vain.
"La Belgique telle qu'on la connaît ne fonctionne plus"
Alors mardi, en signe de protestation, le parti libéral flamand a tenté le coup de force et s'est retiré du gouvernement. Et ce qui rend la crise plus aiguë, c'est qu'il est soutenu par la quasi-totalité des partis en Flandre. Signe que la classe politique flamande se radicalise de plus en plus sur ces questions communautaires pour séduire les quelque 40 % d'électeurs qui votent pour les partis autonomistes. "C'est une crise politique sérieuse. On est dans un pays qui n'arrive pas à surmonter les écueils institutionnels parce qu'il y a deux logiques qui s'affrontent : l'une, très nationaliste, de repli identitaire au nord du pays, l'autre de tradition plus européenne du côté francophone, qui n'accepte pas que l'on brade des droits élémentaires, où l'on va jusqu'à interdire aux non-néerlandophones d'acheter des biens immobiliers", explique Olivier Maingain, député libéral en pointe sur la défense des francophones.
"C'est une crise de régime, la fin du système actuel. On voit bien que c'est impossible de gouverner comme ça. La Belgique telle qu'on la connaît ne fonctionne plus. C'est ridicule ! Il faut l'autonomie presque totale pour les régions et faire de Bruxelles une sorte de Washington DC", plaide le nationaliste flamand Jean-Marie Dedecker, à la tête d'un parti en pleine expansion en Flandre. Et cette énième crise ne fait peut-être que commencer. Pris dans leur logique d'affrontement, les partis flamands envisagent de mettre à l'ordre du jour du Parlement, la semaine prochaine, la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ceux-ci ayant la majorité, leur vote devrait l'emporter. Ce serait la première fois qu'une communauté voterait en séance plénière contre une autre. Sans esprit de compromis. Une gifle magistrale pour les francophones... "Nous sommes dans une situation très lourde qui peut accentuer la dilution de l'Etat fédéral belge", reconnaît Olivier Maingain. Tiré de Le Point
ORGANISATION DES ELECTIONS ET MANDAT DE LA MONUC
Evariste Boshab rassure les ambassadeurs de l'UE
Les questions liées au mandat de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), à la tenue des élections et à la révision constitutionnelle, ont été au centre d'un déjeuner que le président de l'Assemblée nationale, Evariste Boshab, a organisé, hier en sa résidence, en l'honneur des ambassadeurs des pays de l'Union européenne (UE), des Etats-Unis, de la Russie et du Canada en poste à Kinshasa.
A l'issue de cette rencontre qui s'inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre le président de la chambre basse du Parlement et les diplomates des pays de l'UE, l'ambassadeur de l'Espagne accrédité en RDC, M. Felix Costeles, dont le pays assume la présidence de l’Union européenne, a résumé ces échanges. " Cette rencontre fait suite à celle que nous avions organisée il y a quelques mois et à laquelle le président de l'Assemblée était invité. Nous avons parlé de beaucoup de questions relatives à la situation politique de la RDC. Nous avons échangé sur l'organisation des élections, de la révision constitutionnelle, du mandat de la Monuc et des questions législatives au Congo ", a souligné le diplomate espagnol.
A la question sur le mandat de la Mission de l'Organisation des Nations-Unies au Congo, l'ambassadeur d'Espagne a été plus précis : " Cette question a été abordée. Mais, elle sera débattue avec le gouvernement de la République dès l'arrivée, au mois de mai à Kinshasa, de l'équipe du Conseil de sécurité ". Dans son entendement, seule la délégation du Conseil de sécurité de l’Onu, qui va bientôt arriver, sera capable de discuter avec les autorités congolaises sur le mandat de la Monuc.
Il y a lieu de souligner qu'il s'est créé une habitude entre l'Assemblée nationale et les ambassadeurs de l'Union européenne auxquels sont associés ceux des USA, du Canada et de la Russie pour échanger sur des questions de l'heure. Ceci pour couper court aux rumeurs qui, très souvent, vulgarisent des informations erronées. C'est dans ce but que le président de la chambre basse a organisé cette réception en vue d'apporter toute la lumière sur la détermination du Président de la République d'organiser les élections en 2011.
Cette occasion a permis à Evariste Boshab de rassurer les diplomates occidentaux que l'Assemblée nationale est déterminée à accompagner le gouvernement pour concrétiser les paroles du Chef de l'Etat sur la démocratisation du pays et l'organisation des élections en RDC. " Les éclairages nous apportés par le président de l'Assemblée nationale sont très rassurants et encourageants ", a conclu le diplomate espagnol. Dorian KISIMBA
FORUM ECO
REGIE DES VOIES AERIENNES
Jean Assice recadre l'opinion sur le rôle et la gestion de la taxe IDF
C'est un Jean Assice, Administrateur Délégué Général de la Régie des Voies Aériennes (RVA), plutôt ému par une campagne médiatique dégradante au sujet de la gestion des recettes de la taxe IDF qui s'est présenté hier jeudi 22 avril 2010 pour faire une mise au point sur la question afin de repréciser les choses, mais aussi exposer les réalisations et les projets liés à cette taxe ainsi que d'autres programmes relatifs à l'objet social de l'entreprise. L'exercice devenait d'autant plus important que le niveau atteint aujourd'hui par la RVA, notamment grâce à l'instauration de cette taxe, génère des retombées positives aux yeux des partenaires extérieurs qu'une telle campagne est de nature à effaroucher ceux des bailleurs de fonds qui se présentent au portillon, au risque, ainsi, de voir s'envoler à nouveau la manne nécessaire à la réalisation des différents projets.
C'est depuis un peu plus d'un an, rappelle Jean Assice, que la taxe IDF, couramment connue sous la dénomination de " Go Pass ", a été instaurée en vue de trouver les moyens pour fiancer les différents projets de réhabilitation des infrastructures aéroportuaires et bien d'autres projets dont la formation du personnel, l'équipement, etc. Les chiffres disponibles indiquent que cette taxe génère mensuellement 357.000 USD correspondant au nombre des passages qui voyagent dans les réseaux nationaux et internationaux. Le cumul annuel donne des recettes d'une valeur de 20.000.000 USD.
GESTION DES FONDS
Ces fonds sont versés, non pas sur les comptes de la RVA qui, de ce fait, n'en assure pas la gestion, mais sur des comptes de garanties suivant les partenariats établis ou à établir pour des financements extérieurs, ainsi que sur des projets divers identifiés et mis en chantier avec l'accord de ces financiers effectifs ou potentiels. Le contrôle de sa gestion est assuré par des fiduciaires de notoriété internationale. Et, enfin de chaque journée, la situation des comptes y afférents est portée à la connaissance des autorités compétentes qui, par ailleurs, ont la latitude de la vérifier sur le site Internet de la RVA grâce à une clé qui leur est confiée.
L'ADG de la RVA prévient tout de suite que les recettes de la taxe IDF sont loin, très loin de couvrir les besoins de l'entreprise par rapport au programme de réhabilitation des infrastructures. Ce qui contraint l'entreprise à prospecter d'autres sources de financement. Dans cette démarche, les fonds de cette taxe servent de déclencheur des financements, car ils permettent à la RVA de réaliser des études que de potentiels bailleurs viennent valider pour ainsi accorder les financements nécessaires.
REALISATIONS
Les recettes sont donc limitées, mais ont, quand même, un impact non négligeable sur le programme de l'entreprise. A titre illustratif, Jean Assice a fait savoir que les fonds générés par la taxe IDF ont permis de réaliser des études sur la nouvelle tour de contrôle et le bâtiment technique ainsi que l'aérogare et le salon d'honneur de l'aéroport international de N'Djili ; le terminal de Kisangani ; la production des imprimés de valeur ; la réhabilitation à 100% de la piste de l'aéroport de Moanda ; l'acompte pour les travaux de réhabilitation de la piste de l'aéroport international de N'Djili, etc.
En outre, la viabilité retrouvée de la RVA grâce à celle de la taxe IDF a permis à l'entreprise d'assurer la formation de ses cadres et agents dans les domaines sensibles de ses métiers. Il s'agit, notamment, de la formation de près de 100 pompiers et de l'équipement d'au moins 5 aéroports en camions anti-incendie, de l'engagement de 45 contrôleurs de navigation aérienne, d'informaticiens spécialisés, d'ingénieurs, d'architectes, de fiscalistes, de gestionnaires réseaux, etc.
Toutes ces réalisations, a montré l'ADG de la RVA, a eu un retentissement fort auprès des bailleurs de fonds et des institutions financières. Elles ont donné la preuve de la viabilité, non pas seulement de la taxe ainsi instaurée, mais aussi celle progressivement retrouvée de l'entreprise elle-même auprès des partenaires tant locaux qu'internationaux.
Et les retombées ne se sont pas fait attendre. La Banque africaine de développement a levé le principe d'octroi d'un financement de 145 millions USD pour renforcer le système de sécurisation du trafic aérien. La Banque mondiale a dégagé 10 millions de USD, notamment pour l'installation d'un système sophistique devant permettre, enfin, de visualiser le trafic dans le ciel congolais.
RETOMBEES ET
ENJEUX FUTURS
Jean Assice révèle aussi que la viabilité de la taxe IDF a permis d'obtenir, en septembre 2009, un accord pour un financement de l'ordre de USD 115 millions. Malheureusement, le déblocage de ces fonds est, aujourd'hui, rendu impossible, du moins pour l'heure, à la suite de l'action d'un fonds vautour, la firme Identigard, qui a mis le grappin sur les comptes de garanties constituées des fonds IDF afin d'obtenir le paiement d'une créance qu'elle détient sur l'Etat congolais.
Qu'à cela ne tienne, Jean Assice constate que, malgré la mauvaise campagne de presse, la RVA reprend progressivement son rôle et sa place dans l'économie nationale. Et loin de faire dormir sur les lauriers, ce constat constitue de nouveaux défis qui poussent l'entreprise à progresser sur cette voie. C'est pourquoi, les programmes mis en place le sont sur l'avenir avec le concours des partenaires à travers une cellule d'études et des procédures institutionnelles pour la gestion et le contrôle des fonds.
L'enjeu qui impose ces exigences n'est pas mince, en effet. Avec un programme d'investissement estimé à USD 900 millions, la taxe IDF ne génère que 20 millions par an, contre 60 millions de chiffre d'affaire dont 66% sont absorbés par la masse salariale. Le supplément doit donc être trouvé auprès des bailleurs de fonds qui ont besoin de garanties du genre de cette taxe qui, à son tour, doit être entourée de toutes les précautions dans sa gestion pour renforcer la confiance de ces partenaires.
Et, toujours dans l'élan d'efforts de garantie aux partenaires, la RVA s'est imposée d'autres défis sur la qualité. Il s'agit d'atteindre la certification de ses principaux métiers dans un délai de 3 ans, mais aussi des normes de qualité ISO indispensables à sa réappréciation sur la place internationale.
En fin de compte, Jean Assice considère que l'enjeu du relèvement de la RVA n'implique pas que les efforts de ses cadres et agents, mais aussi de l'ensemble du peuple congolais qui en est le bénéficiaire final. L'espace aérien congolais étant un domaine stratégique, la RVA, qui en a la gestion, devient un outil stratégique dans le dispositif de souveraineté de la RDC. Cette dimension devrait donc dicter un regard plus responsable sur cette entreprise qui, a ajouté son ADG, compte désormais à travers le monde.
Le péril d'un frein aux efforts de la relance de la RVA est que le ciel congolais risque de passer sous contrôle d'organes régionaux, faisant ainsi perdre au pays aussi bien des recettes que des pans entiers de sa souveraineté. Jonas Eugène KOTA
INFOS INFOS.
MODERNISATION DE LA VILLE DE KINSHASA
Maj Kisimba, César Lubamba et Clément Bafiba se concertent pour matérialiser la vision du chef de l'Etat
Le vice-gouverneur de la ville province de Kinshasa, M. Clément Bafiba, a été informé des préoccupations du Chef de l'Etat, Joseph Kabila, notamment dans sa vision de rendre plus belle Kinshasa, miroir de la République démocratique du Congo.
A l'issue de son entretien, jeudi 22 avril 2010, avec les ministres des Affaires foncières, Maj Kisimba et César Lubamba de l'Urbanisme et Habitat, le vice-gouverneur a dit avoir échangé avec les deux membres de l’Exécutif central sur l'aménagement de la ville de Kinshasa qui doit répondre aux normes des villes des Etat modernes.
Les travaux des routes effectués à travers la ville, constituent une des priorités des cinq chantiers du Chef de l'Etat, mais son souci majeur est de concevoir une nouvelle cartographie de Kinshasa en identifiant les causes des érosions, notamment les lotissements et les constructions anarchiques, a indiqué le vice-gouverneur.
Dans sa séance de travail avec les Conservateurs et les Chefs de cadastre, le ministre Maj Kisimba Ngoy des Affaires foncières avait instruit ces derniers d’identifier tous les lotissements créés et ceux qui doivent être créés et de suspendre leur création ainsi que d'annuler tous les titres délivrés sur les emprises publiques. FDA
LA FIKIN RECEVANT UN COUP DE PIOCHE POUR LE CINQUANTENAIRE
SONAS : " Jeudi sinistre " s'installe désormais à la Direction générale
" Les travaux de réfection que connaît, depuis peu, la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN) pour les festivités du Cinquantenaire du pays n'ont pas freiné les opérations de la SONAS. L'assureur national, qui occupait, jusque-là, les installations du pavillon 13, a délocalisé le lieu d'indemnisation des sinistrés pour les bureaux de la Direction générale de l'entreprise à la Gombe.
La décision émanant de la haute direction de cette entreprise du portefeuille justifie le souci du comité Agito de conduire à bon port son cahier des charges tel que reconnu par la Constitution. Une décision contraire allait, sans nul doute, causer préjudice, non seulement aux bénéficiaires, mais aussi et surtout à tous les clients de la SONAS qui n'attendent pas mieux que l'entreprise respecte son engagement vis-à-vis de ceux qui ont souscrit aux produits proposés par la SONAS.
C'est pourquoi, la délocalisation, hier jeudi 22 avril 2010, du lieu d'indemnisation n'a pas découragé non plus les responsables des dossiers traités et payés. Ils étaient au total 40 personnes à faire le déplacement de la Direction générale de la SONAS pour être indemnisées, soit pour l'assurance automobile, soit pour l'assurance vie. Détenant seul monopole le l'assurance en RDC conformément aux lois régissant la République, la SONAS, à travers l'opération " Jeudi sinistre ", montre à suffisance que l'assureur est incontournable dans la reconstruction du pays. Ainsi donc, l'assureur national poursuit le bouclage forcé automobile pour l'assurance exercice 2007-2008. Cette fstratégie arrêtée par le comité de gestion de cette entreprise devenue société commerciale vise à maximiser les recettes.
A l'instar des régies financières, la SONAS veut à tout prix rester parmi les grands contribuables au trésor public et assurer, de manière exemplaire, le train de vie de son personnel. Rachidi MABANDU
SOCIETE:
APRES LE PREMIER ROUND DE 2007
Les étudiants de l’ISTA et de l’ISC s’affrontent à Masina !
Si les jeunes de Ngaba, Makala, Ngiri-Ngiri, Kalamu et Kingabwa sont considérés comme ceux prédisposés aux actes de vandalisme qui se caractérisent par des bagarres et des jets de pierres et morceaux de bouteilles, ce qui s'est produit lundi 19 avril dans la commune de Masina laisse à désirer. Il s'agit d'un affrontement entre les étudiants de l'Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) et ceux de l'Institut supérieur de commerce (ISC). A l'origine de cette bagarre, figurait un problème de transport pour rejoindre leurs instituts respectifs. Qu'est ce qui s'est passé concrètement ?
Il était 08h00’ au croisement du boulevard Lumumba et l'avenue Mobutu dans la commune de Masina. Un groupe d'étudiants de l'ISTA posté à l'arrêt Abattoir attendait réquisitionner un moyen de transport pour les conduire à leur institut, une pratique qui devient de plus en plus normale pour les étudiants de certains établissements de Kinshasa. En même temps, des étudiants de l'ISC étaient aussi en attente d'un autre véhicule de l'autre côté du même boulevard. Curieusement, à l'approche d'un taxis-bus de marque Mercedes 207, les deux camps se sont précipités pour s’accaparer afin de réjoindre rapidement leurs instituts, soit l’ISTA, soit l’ISC. Après une envolée verbale de quelques minutes seulement, une véritable bagarre a éclaté entre les deux camps. Ensuite, il s'en est suivi des jets de bouteilles pour les uns et de pierres.
Si l'on n'a déploré aucune perte en vie humaine, il y a eu, par contre, de nombreux blessés de part et d'autre. Pour les passants et autres paisibles citoyens du quartier, c'était un véritable ‘‘Far West’’ en pleine ville. Alerté, le poste de police le plus proche a dépêché des éléments pour tenter de mâter cette rixe matinale entre étudiants. Grâce à la dextérité des hommes en uniforme, certains délinquants parmi les étudiants ont été interpellés et acheminés au poste de police situé non loin du lieu de bagarre. Mais, d'autres étudiants et personnes innocentes ont été appréhendés alors qu'ils n'étaient impliqués, ni de loin, ni de près dans cette turbulences. Simard Simon TSOUMBOU
CONTRAT DE BAIL A KINSHASA
Le député Emery Okundji plaide pour une règlementation rigoureuse
LLa présence du Premier ministre Adolphe Muzito, mercredi dernier à la Chambre des représentants, a ressemblé quelque peu à une cible sur laquelle chaque tireur à l'arc devrait expérimenter ses talents. Pour ainsi dire, l'occasion a été pour certains élus du peuple d'exprimer leurs préoccupations. Et, parmi les députés inscrits à la prise de parole a figuré Emery Okundji. L'élu de Lubefu, dans la province du Kasaï-Oriental a, entre autres, évoqué l'éternelle question des rapports qu'il qualifie de conflictuel entre bailleurs et locataires à Kinshasa. " En cette année 2010, décrétée " Année du social " ; à quand donc, la fin réelle de la recréation dans ce secteur ", s'est interrogé le député Emery Okundji qui plaide ainsi pour une règlementation rigoureuse.
Le secteur de bail à Kinshasa fait partie des domaines de la vie sociale où règne un laisser-aller sans nom. La faiblesse des autorités locales à faire le suivi dans l'application des lois en la matière, a fini par hisser les bailleurs au-dessus d'eux-mêmes. Ils fixent le taux du loyer au mépris des dispositions légales. Dans cette situation de jungle caractérisée, seul donc le bailleur fixe les règles du jeu. Malheur donc, à la personne en quête d'une maison n'ayant pas près de 1000 dollars US de garantie. Même pour une modeste maison ne remplissant pas toutes les conditions d'une habitation digne de nom.
Certes, il existe des dispositions légales qui régulent ce secteur. Mais il se pose, cependant, un problème réel de manque de suivi. Profitant de cet état de laxisme avéré, constaté au plus haut niveau des autorités urbaines et communales, les propriétaires des maisons à Kinshasa ont transformé le bail en un véritable business. Toujours poussés par le lucre, certains finissent par tomber dans le piège de l'escroquerie. La preuve ? On assiste à une situation où un bailleur cupide, perçoit parfois des garanties de différents locataires potentiels pour une même maison. L'affaire éclate lorsque les différents prétendants viennent à tour de rôle réclamer, leur droit d'occuper la pièce à la date convenue.
Dix mois de garantie locative
Il y a un peu plus d'une année, un arrêté de l'Hôtel de ville déterminait le nombre de mois de garantie locative à exiger. Le même document déterminait le loyer en fonction des communes. En d'autres termes, une maison de deux chambres à coucher et un salon à Bandalungwa, par exemple, n'a pas la même valeur marchande qu'une autre maison d'une même architecture à Kimbanseke.
Dans cette décision qui existe dans les tiroirs des services d'habitat dans les communes, il a été clairement dit que la garantie locative ne doit pas dépasser cinq mois. Malheureusement. Très peu de bailleurs respectent cette loi. Nombreux vont jusqu'à exiger 10 mois de garantie, sans compter le 11ième mois exigé en, termes de commission. Ainsi donc, pour une maison de 80 dollars US de loyer, par exemple, le "client " doit réunir 880 dollars Us. Les calculs sont ainsi faits selon la même logique. Car il existe, même dans des quartiers populaires de la capitale congolaise, des maisons pour lesquels les propriétaires exigent plus de 100 dollars de loyer. Dans cette jungle où le locataire se comporte désormais en grain de maïs de Jean de la Fontaine devant la poule, il n'a donc point d'alternative. C'est à prendre ou à laisser.
UNE REGLEMENTATION RIGOUREUSE
Emery Okundji reste très attaché au droit de propriété tel que garanti par la constitution. Ceci dit, chaque propriétaire est libre d'user de son bien comme il l'entend. Cependant, ce député national de l'Opposition estime que le droit de propriété ne doit pas aliéner l'Etat. "Surtout lorsqu'il touche à certaines matières d'intérêt communautaire. "
Dans son message du 7 décembre 2009 adressée à la nation via le Congrès, le chef de l'Etat, Joseph Kabila avait décrété 2010, " Année du social ". Cela suppose que les problèmes élémentaires qui se posent dans le vécu quotidien des citoyens congolais doivent trouver des réponses. C'est-à-dire le boire, le manger, le transport en commun ne devraient plus préoccuper les Congolais. Chacun au prorata de son milieu d'habitation. Pour les Congolais vivant dans les grandes agglomérations du pays, en plus du manger, du boire et du transport s'ajoute naturellement un logement décent qui, du reste, est un droit constitutionnel. Mais nous constatons que ce dernier secteur n'est pas règlementé et la récréation n'y fait que commencer. D'où, l'urgence de réguler rigoureusement ce secteur. A ce sujet, Emery Okundji estime que la stratégie consisterait, notamment, par l'assouplissement des conditions d'acquisition d'une maison. "On exigerait, par exemple, l'institution des agences officielles pour combattre le phénomène de Commissionnaires privés. Ainsi, l'Etat aurait un intermédiaire, une structure fiable qui, au-delà de sa première mission de mettre en contact un bailleur et un locataire, veillerait à l'application des dispositions édictées par l'Etat ", a conclu Emery Okundji qui interpelle ainsi l'Exécutif central. Laurel KANKOLE
ECHOS D'OTRE-TOMBE
Mobutu : «Quand on a le pouvoir, on doit se méfier des courtisans et des aigris»
«Comprenez mon émotion». Voilà une phrase prononcée le 24 avril 1990, sur fond de larmes versées par un dictateur surpris par le vent de la Perestroïka, et qui est rentrée aussi vite dans l’histoire de la RDC comme pour exprimer la démystification d’un homme élevé par ses courtisans au rang d’un dieu. 20 ans après l’événement qui marquait ainsi le début du processus de démocratisation du régime de l’ancien parti-Etat, le maréchal Mobutu Sese Seko, né Joseph-Désiré, tire des leçons de son long et pénible règne en prodiguant des conseils à la postérité pour que, désormais, plus rien ne soit réellement comme avant.
Ce samedi 24 avril 2010, 20 ans se seront écoulés depuis que vous aviez décrété, sous la pression populaire, la démocratisation du Zaïre. Songiez-vous déjà, à l’époque, aux résultats obtenus aujourd’hui à travers les élections?
Vous savez, ce n’était pas facile pour moi d’abord d’en finir avec le Mpr parti-Etat où je volais tellement haut tel un aigle échappant à la bave du crapeau, où j’étais au dessus de la mêlée, pour, subitement, me retrouver sur le même terrain que tous les autres. Mon émotion, à ce sujet et vous le savez bien, était grande. J’avais même versé des larmes. Une fois le processus de démocratisation du régime amorcé, certains aigris se croyaient en droit de m’injurier à longueur de journée pour me démystifier comme le prétendait Tshisekedi. Mais, au bout du compte, on s’est vite rendu compte, durant la longue transition politique, que l’opposition dite radicale tenait à goûter aux délices du pouvoir en faisant de la primature son quota politique au point que les ténors de cette opposition avaient tous presque tenu à accéder à la primature jusqu’à fragiliser leur union sacrée et ainsi me faciliter la tâche. Bien-sûr que je songeais aux résultats obtenus aujourd’hui dans le sens qu’il fallait nécessairement passer par les élections pour que le peuple tranche finalement. Rappelez-vous que j’étais déjà prêt pour les élections, avec tous les matériels possibles et que j’avais déjà trouvé mon slogan de campagne dénommé «Ya mokolo aleki bango». Mais, l’opposition, par peur des élections, s’arrangeait continuellement pour qu’il y ait des négociations politiques sur le partage du pouvoir sous prétexte que «personne n’ayant gagné les élections, il fallait un partage équitable et équilibré du pouvoir».
Donc, n’eut été la fin imposée par l’AFDL, le même système politique se serait poursuivi infiniment?
Oui et non. Le même système consistant à partager le pouvoir et donc à renvoyer la tenue des élections allait se poursuivre si cela ne dépendait que de l’opposition, mais j’étais déterminé à légitimer mon pouvoir après des prolongations obtenues sans cesse durant la transition grâce à l’opposition qui pensait gérer le pouvoir afin de se procurer quelques moyens pour les élections. Croyez-moi, mon sifflet était déjà prêt pour décréter la fin de la récréation. D’une manière ou d’une autre, nous allions tenir les élections et cela était à mon avantage parce que les ténors de l’opposition étaient tous divisés au point de commencer à se rentrer dedans et à solliciter mon arbitrage. La victoire était donc à portée de ma main. Bref, j’étais prêt pour les élections afin de légitimer mon pouvoir et c’est l’opposition qui tergiversait en exigeant toujours des négociations sur le partage du pouvoir avant d’aller aux élections. C’est donc l’opposition qui tenait à maintenir le système auquel vous faites d’ailleurs allusion.
Quelles leçons tirez-vous de votre règne et quels conseils prodigueriez-vous à la postérité?
La plus grande leçon, à mon sens, c’est que quand on a le pouvoir, on doit se méfier des courtisans et des aigris. Et ces deux catégories de personnes peuvent se retrouver dans la cour. Ceux qui tirent du profit d’un pouvoir ont toujours tendance à faire croire que tout va bien et à pousser le chef à se méfier de tous les autres et même à les réduire au silence de quelle que manière que ce soit. Il revient à celui qui détient le pouvoir de savoir gérer tous ses hommes qui, généralement, tombent dans le camp des affairistes, du trafic d’influence et qui finissent par aligner des actes qui discréditent le tenant du pouvoir. Lorsqu’on me qualifiait d’assassin, de voleur, de dictateur ... j’étais parfois surpris de voir dans le camp de mes bourreaux des gens, mieux des aigris qui avaient causé plus de tort au pays que moi et qui, dans certains cas, se retrouvaient à l’origine même des actes qu’on m’attribuait. Heureusement pour eux que la conférence nationale souveraine avait interdit le déballage qui allait les démystifier tous. Car, il ne faut pas perdre de vue que la plupart des opposants avaient fait leurs premiers pas en politique dans le mobutisme. Ils ont fini, chacun pour des raisons qui lui étaient propres, par constituer la race des aigris. Mais, ils guettaient sans cesse la moindre occasion de goûter aux délices du pouvoir pour jouir des bienfaits de la politique. C’est comme cela donc que, contrairement à l’image qu’ils pensaient renvoyer en plein jour, tous les chats étaient gris la nuit, comme on disait à l’époque. Il faut savoir mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et, en tant que chef d’orchestre, il faut imprimer une partition à partir de laquelle on peut évaluer la contribution de certains collaborateurs pour éviter de prendre la boussole politique, économique et sociale à contre-pied du peuple.
Le roi Albert II de la Belgique est attendu en RDC pour participer aux festivités du 30 juin. Quel sens accordez-vous à cette visite?
Vous savez, la Belgique est et demeurera un pays ayant des liens historiques avec la RDC. Ça, personne ne peut le changer. Le problème ne réside donc pas, entre les deux pays, au niveau des peuples, mais des dirigeants. Et, du côté belge, les milieux politiques semblent souvent souffrir d’un complexe de supériorité en croyant même mieux savoir ce que veulent les Congolais que les Congolais eux-mêmes. En fait, ils paraissent victimes d’un paternalisme rétrograde qui ne se justifie plus aujourd’hui. Et face à ce complexe, les politiciens semblent parfois tomber facilement dans le piège en se réjouissant lorsque leurs actions sont appréciées par les milieux belges et en se mordant le doigt quand les Belges passent à la critique. C’est pour sortir de ce jeu que j’avais été amené à intégrer, dans ma diplomatie, outre les Etats-Unis d’Amérique en sa qualité de première puissance mondiale, la France pour susciter la jalousie des Belges. J’allais même plus loin en Europe de l’Est, en Asie ... juste pour montrer à la Belgique que le Congo avait fait du chemin et qu’il n’était plus à la remorque de la Belgique. Ceci étant, venons-en à la visite du roi Albert II. Vous savez, lorsque vous avez des problèmes avec certains milieux belges, il faut s’assurer le soutien du roi et de l’autre camp politique. En faisant honneur au roi Albert, j’ai l’impression que Joseph Kabila vise cet objectif et cela est une bonne tactique. Mais, il faut aussi placer les Belges face à une concurrence de sorte qu’ils ne soient pas tentés de croire que les Congolais doivent obligatoirement passer par eux. Et il faut toujours profiter de la brouille avec la Belgique pour entretenir d’autres types de relations avec d’autres pays afin d’obtenir ce que les Belges ne voulaient pas octroyer aux Congolais. De cette manière, le Congo échappera aux pièges tendus par les milieux politiques belges «paternalistes».
Votre commentaire sur les cinq chantiers et l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE?
Les cinq chantiers constituent une bonne politique et s’ils sont bien exécutés, ils contribueront à asseoir l’image de Joseph Kabila. On peut m’insulter aujourd’hui, mais le pont Maréchal est très visible à Matadi, le stade des Martyrs est bien là, le Palais du peuple existe bel et bien et plusieurs autres réalisations. Il y a donc des oeuvres qui confondent ceux qui se limitent à m’insulter. Tout comme demain, on mettra à l’actif de Joseph Kabila, la réfection des boulevards du 30 Juin et Lumumba, ainsi que d’autres réalisations qui le rendront immortel comme moi. Quant à l’atteinte du point de l’initiative PPTE, l’effacement de 90% de la dette extérieure permettra sans nul doute à la RDC de souffler un peu, mais il faut à tout prix éviter de retomber dans le fameux engrenage de l’endettement. Et, croyez-moi, la communauté internationale s’arrangera toujours pour qu’il en soit le cas afin de maintenir le Congo sous le joug de la dépendance. Il est donc question de savoir manoeuvrer sans se montrer conflictuel. Car, en politique, il y a des choses qui doivent se passer de la publicité. Vous l’avez expérimenté avec les contrats chinois. Seul le résultat compte au bout du compte et les belles intentions ne suffisent pas. M. M
SOCIETE:
COUPES AFRICAINES INTERCLUBS 2010
V.Club - Enyimba à Kinshasa, FAN - DCMP à Niamey et Djoliba - Mazembe à Bamako
Dans le cadre des matches allés des huitièmes de finales de deux coupes africaines interclubs, les trois clubs congolais encore en lice jouent ce week-end. L'AS V. Club reçoit Enyimba du Nigeria ce dimanche 25 avril 2010 au stade des Martyrs à partir de 15h30, dans le cadre de la manche allée des huitièmes de finale de la 7ème Coupe de la Confédération. De son côté, DCMP, lui aussi dans la même compétition, joue à l'extérieur, à Niamey au Niger. Son adversaire sont Forces armées nigériennes, et le match est prévu demain samedi à 16h00 (heure de Kinshasa). Et enfin, le TP Mazembe, cette fois-ci pour le compte de la 14ème Ligue des Champions de la CAF, se produit à Bamako (Mali), le dimanche 25 avril 2010.
V. Club condamnéà gagner Enyimba
Le public congolais en général et kinois en particulier, sera, espère-t-on, ce dimanche derrière l'AS V. Club pour le pousser à faire la différence au stade des Martyrs. Car, les deux adversaires ont un deuxième round, deux semaines plus tard au Nigéria. V. Club doit donc tout faire pour marquer des buts et ne en encaisser.
Les quatre arbitres rwandais désignés pour le duel V. Club - Enyimba sont à Kinshasa depuis hier jeudi. Il s'agit de Munyemana Hudu, Kabanda Félicien, Ruhamiriza Erix et Kabasa Issa. Respectivement arbitre central, premier assistant, deuxième assistant et arbitre protocolaire. Le commissaire au match est le général togolais, Gnofane Zoumaro, attendu ce vendredi à Kinshasa. Quant à l'équipe nigériane, elle est annoncée à Kinshasa demain samedi.
Forces armées nigériennes
reçoivent DCMP
Les vert et blanc de DCMP ont quitté Kinshasa mercredi dernier en route pour Niamey, la capitale du Niger où ils seront reçus demain samedi par l'AS FAN. Sous la conduite de José Dayoni, vice-président à la Fécofa, DCMP est allé chercher un nul à défaut d'une victoire.
Le match sera officié par des arbitres gambiens sous la direction du commissaire au match Boukari Sidibé du Mali. Habitués à mieux jouer à l'extérieur, les Congolais de DCMP sont déterminés à faire parler la poudre. Car, comme l'exigent les règlements de la compétition, les deux clubs vont de nouveau se croiser deux semaines plus tard à Kinshasa. DCMP qui tient à sauver sa saison sportive ne va pas mettre les gants.
Djoliba du Mali face aux champions d'Afrique 2009
La ville de Bamako au Mali vibrera le dimanche au rythme du duel entre le Djoliba et le TP Mazembe, champion d'Afrique en titre de la dernière édition. Les Corbeaux congolais qui n'ont pas encore retrouvé leur vitesse de croisière restent tout de même un danger pour leurs adversaires.
Pour cette importante rencontre de la plus prestigieuse compétition africaine interclub, les organisateurs ont mis en place un système des arbitres des nationalités différentes. Cela afin de combattre la partialité et la corruption. Le dimanche à Bamako, l'arbitre central est algérien (Benouza Mohamed), le 1er assistant égyptien (Abdel Nabi Nassu), le 2ème et le protocolaire sont aussi algériens. Il s'agit respectivement de Chabane Maamar et Benaïsa Mohamed sous la supervision du commissaire au match sénégalais, Badara Sene. Pascal LIKANA
*La Fécofa gèle toutes les cartes d'accès au stade des Martyrs et fixe les prix des places
Propriétaire des spectacles sportifs, la Fécofa vient de prendre une série des mesures pour les deux matches internationaux qui seront organisés ce week-end au stade des Martyrs. A cet effet, elle a décidé le gel de toutes les cartes qui donnent accès au stade des Martyrs, entre autres les cartes des militaires et policiers non en service, de presse, des dirigeants sportifs, … Dans les mêmes circonstances, elle interdit formellement à toute chaîne de télévision d'amener les cameras et de filmer le match au stade des Martyrs, exception faite à la RTNC.
*Coupe du Congo : l’arbitre n’aurait pas joué son rôle
Les Daringmen ne se sentent pas brisés ni découragés. Les experts du DCMP analysent tous les aspects de cette mémorable rencontre des préliminaires de la Lifkin entre leur club et l'AS New Canon Buromeca. Pour eux, l'arbitre du match n'aurait pas bien joué son rôle lors du refus du gardien Matampi de se placer dans la cage de buts.
Aux dires de ces experts de DCMP, l'arbitre, face au refus de leur gardien de but, devrait obligatoirement le sanctionner pour ce geste antisportif. L'arbitre ne l'aurait pas fait et aurait préféré compter les quinze minutes avant de quitter le terrain. Ce geste est interprété par ces Daringmen comme une erreur technique.
Une mission d'audit international du cio attendue le 27 avril à Kinshasa
La confusion délibérément entretenue au sein du Comité olympique congolais (COC) ne cesse d'étonner la communauté sportive internationale, particulièrement le Comité international olympique (CIO) et son département de la Solidarité olympique. La bipolarisation voulue au sommet du Comité exécutif national du COC est mal digerée par les bailleurs des fonds du mouvement olympique international. Face à cette vaste confusion qui règne, le CIO vient de décider de l'envoi d'une mission mixte d'audit en RDC. La délégation sera composée des membres de la Solidarité olympique et l'Association des comités nationaux olympiques d'Afrique (ACNOA).
C’est le 27 avril prochain que la délégation du Comité international olympique arrive à Kinshasa. Cela est contenu dans la dernière correspondance mixte du 19 avril 2010 adressée à Jean Beya (président) et Alain Badiashile (secrétaire général) du COC. Elle est signée par Père Miro (directeur de la Solidarité olympique) et l'intendant général Lassana Palenfo (président de l'ACNOA).
La visite de cette délégation à Kinshasa, la deuxième depuis le déclenchement de la crise de légitimité au sein du COC qui date de novembre 2009, est attendue pour éclairer une fois pour toute la lanterne du mouvement olympique en RDC au sujet de la crise qui sévit au sein du COC à travers des actes qui n'honorent nullement le COC et qui donnent l'impression que les Congolais ne sont pas encore mûrs et capables de résoudre leur problèmes internes. Les uns et les autres s'accrochent sur les différents textes en vigueur, notamment la Charte olympique et les Statuts du COC.
Pourtant, la Charte olympique a la primauté sur les Statuts du COC. Et, dans son chapitre relatif au rôle et à la mission des comités nationaux olympiques, il est stipulé comme suit au point 2.2 : " Les CNO ont pour rôle d'assurer le respect de la Charte olympique dans leur pays " et toujours dans son article 28 au point 8, il est dit : " Le CIO aide les CNO à accomplir leur mission par le biais de ses divers départements et de la Solidarité olympique ". Cela justifie à juste titre l'implication du Père Miro, le directeur de la Solidarité Olympique, dans le dossier du COC, d'autant que l'argent des différents stages des fédérations sportives transite par ce département du CIO.
De même, les statuts du COC, juridiquement, aliènent sa souveraineté à la Charte olympique. Il est dit dans son préambule : - Considérant que le Mouvement olympique contribue à bâtir un monde meilleur et pacifique en éduquant notamment la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination aucune, dans l'esprit olympique qui exige la compréhension mutuelle, l'esprit d'amitié, la solidarité et le fair-play. - Nous, membres du COV, organisation appartenant au Mouvement olympique, dûment représentés par les soussignés, déclarons nous soumettre aux dispositions de la Charte olympique, des présents Statuts ainsi que du Code Antidopage du Mouvement olympique et nous conformer aux décisions du CIO.
Le séjour de la délégation mixte du CIO garant de la Charte Olympique, du 27 au 29 avril 2010 à Kinshasa est vivement attendu. La décision qui sera prise, d'autant que tous les belligérants reconnaissent se soumettre aux dispositions de la Charte olympique, mettra fin, une fois pour toute, à la crise qui déchire le COC depuis au moins cinq mois. Pascal LIKANA
CHAMPIONNAT D'AFRIQUE U-17 TOUR PRELIMINAIRE
Les Léopards cadets affrontent les Walyas de l'Ethiopie aujourd’hui au stade des Martyrs
Cet après-midi à partir de 15h30, le gazon synthétique du stade des Martyrs abrite les hostilités entre les jeunes Léopards de la RDC et les jeunes Walyas d'Ethiopie. Cette rencontre entre les cadets de deux pays (moins de 18 ans) est la seconde, après le match allé disputé le 11 avril dernier à Addis-Abeba en Ethiopie où, les deux équipes nationales s'étaient séparées sur un score d'équité d'un but partout.
Pour cette phase retour de ce vendredi du tour préliminaire du championnat d'Afrique (U-17), les Léopards sont déterminés à arracher les trois précieux points du jour. Son bon comportement de la phase allée l'approche davantage d'une qualification tant attendue par les Congolais. D'autant plus que les années antérieures, cette catégorie des footballeurs était négligée au profit des seniors par le Trésor public.
Le comité d'organisation a fait appel à un trio arbitral de la Guinée Equatoriale. Il est composé de Nguema Mibuy Acacio (arbitre central), Esono O. Mchama Martin (1er assistant) et Ela Ncobo Demetrio (2ème assistant). Les rôles d'arbitre protocolaire et de commissaire au match seront assurés, respectivement, par Mbila Leya de la RDC et Emedes Charles du Cameroun.
Afin de permettre au public de soutenir massivement les jeunes cadets congolais, futurs seniors, la Fécofa a fixé les prix des places de la manière suivante : 500 FC (pourtours), 3000 FC (tribune centrale), 5000 FC (tribunes d'honneur B) et, enfin, 10.000 FC (tribune d'honneur A). Aussi, toutes les cartes sont gelées pour la circonstance. Pascal LIKANA.
APPRENDRE & COMPRENDRE
Le terrorisme au vrai sens du mot
Le terrorisme est l'emploi délibéré de la violence (attentats, assassinats, enlèvements, ...) à des fins politiques, de telle sorte que leur retentissement psychologique - terreur et peur - dépasse largement le cercle des victimes directes pour frapper massivement l'opinion publique concernée. Si un accord existe sur le concept, la délimitation du phénomène terroriste reste complexe. Ses différentes définitions mobilisent de nombreux enjeux et notamment les intérêts, légitimes ou non, de ceux qui entreprennent des actions qualifiées de terroristes. Les auteurs d'acte qualifiés de terrorisme considèrent généralement leurs actions comme une résistance ou une rébellion légitime. Il est généralement admis que le terrorisme est une arme des faibles contre les forts (guerre asymétrique), mais les États ont aussi recours à cette méthode et l'on parle alors de terrorisme d'État.
Si l'on suit Gérard Chaliand, les actions de terrorisme se confondent parfois avec la guerre, la guérilla ou le banditisme. Les tentatives pour élaborer une typologie du recours au terrorisme butent sur l'hétérogénéité des terroristes. Des classifications (action individuelle ou organisée, type de doctrine, moralité du choix des cibles...) existent mais ne suffisent pas à rendre compte du phénomène.
Le terrorisme a parfois montré qu'il pouvait parvenir à ses fins, que ce soit dans le cadre de luttes anticoloniales (indépendance de l'Irlande) ou d'autres (médiatisation de la cause de la Palestine après des années d'attentats, libérations anticipées de prisonniers, versements des rançons demandées).
Histoire du mot
Le mot " terrorisme " est attesté pour la première fois en novembre 1794, il désigne alors la " doctrine des partisans de la Terreur ", de ceux qui, quelque temps auparavant, avaient exercé le pouvoir en menant une lutte intense et violente contre les contre-révolutionnaires. Il s'agit alors d'un mode d'exercice du pouvoir, non d'un moyen d'action contre lui. Le mot a évolué au cours du XIXe siècle pour désigner non plus une action de l'État mais d'une action contre lui. Son emploi est attesté dans un sens antigouvernemental en 1866 pour l'Irlande et en 1883 pour la Russie. Selon François-Bernard Huyghe, l'attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800, la machine infernale du boulevard du Temple en 1835, les complots de carbonari " restent encore dans la tradition du tyrannicide " ; " le terrorisme au sens moderne naît avec les médias modernes ".
Il a acquis une connotation péjorative et désigne aujourd'hui les actions violentes destinées à répandre la terreur et ainsi faire pression sur un État. Elles visent souvent les populations civiles, afin de détruire, tuer et de mutiler. Ces attaques ont pour but de promouvoir des messages à caractère idéologique, politique ou religieux par la peur et la publicité médiatique.
Tentatives de définition
Le terme de terrorisme est aujourd'hui très fréquemment employé en droit international et par les institutions internationales, mais il ne donne pas lieu à une définition unique et universelle.
Certains éléments semblent faire consensus, le philosophe Jacques Derrida écrit ainsi : " Si on se réfère aux définitions courantes ou explicitement légales du terrorisme, qu'y trouve-t-on ? La référence à un crime contre la vie humaine en violation des lois (nationales ou internationales) y impliquant à la fois la distinction entre civil et militaire (les victimes du terrorisme sont supposées être civiles) et une finalité politique (influencer ou changer la politique d'un pays en terrorisant sa population civile) ".
Dans le cadre d'une guerre conventionnelle, il existe en effet un cadre juridique précis, le droit de la guerre. Les actes violant le droit de la guerre sont alors qualifiés de crimes de guerre. Les notions de terrorisme et d'acte terroriste servent donc à qualifier des actes en dehors du cadre bien défini de guerre conventionnelle et du droit de la guerre, même si leur définition précise n'est pas bien établie d'un point de vue strictement juridique, ou plus exactement, même si un usage peut en être fait à des fins d'intérêts politiques.
Pourtant, même une fois exclus les crimes de guerre, le terrorisme reste difficile à définir avec une précision satisfaisante. Une définition proposée par le Groupe de personnalités de haut niveau et le Secrétaire général de l'ONU en 2004 est soutenue par la France, elle précise : " toute action […] qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non-combattants, lorsque le but d'un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d'intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation internationale à prendre une quelconque mesure ou à s'en abstenir ".
Pour Laurent Bonelli, il est préférable de parler de " violence politique " et non de " terrorisme " car cela " permet d'éviter les impasses auxquelles conduit immanquablement l'usage de ce terme politiquement et moralement connoté. En effet, " terrorisme " ne décrit pas une réalité objective, qui s'imposerait à tous ".
Terrorisme et résistance
On distingue le terrorisme des actes de résistances sur des critères techniques ou tactiques :
En effet, les résistants s'attaquent à des "cibles" précises, ils détruisent des moyens militaires afin d'enrayer l'effort de guerre ennemi (par exemple : sabotage des voies ferrées ou destruction de convois, qui permettaient l'acheminement de vivres, de munitions et de carburant aux soldats allemands sur le front de l'est) ; les résistants ne tuent pas au hasard, et encore moins des civils (non-combattants), s'ils sont amenés à tuer, ils ciblent des autorités militaires ou administratives ennemies, toujours dans le but de décapiter le potentiel d'effort de guerre d'un ennemi. Les résistants peuvent également organiser l'assassinat de " collaborateurs ", et cela dans le but de contrer les actions de l'ennemi.
Les différents courants durant la Seconde Guerre mondiale comme les Francs-tireurs et partisans (FTP) qui se regrouperont pour former les Forces françaises de l'intérieur (FFI) que de Gaulle organise en un front uni de résistance à l'occupant nazi et au gouvernement de Vichy, la guerre d'Algérie comme une guerre d'indépendance contre la France qui connut en son sein des actes de terrorisme par le FLN pendant la bataille d'Alger et celui de l'Organisation armée secrète [OAS], ou plus récemment en Grande-Bretagne avec la lutte de l'Irlande du Nord.
Jacques Derrida encore rappelle de manière précise que la définition du terrorisme dépend de la possibilité de distinguer différents types de guerres, d'actions armées et de combattants, conformément aux analyses de Carl Schmitt qui font référence en la matière. Il précise :
" Une lecture critique de Carl Schmitt, par exemple, serait fort utile [...] pour prendre en compte, aussi loin qu'il est possible, la différence entre la guerre classique (confrontation directe et déclarée entre deux États ennemis, dans la grande tradition du droit européen), la " guerre civile " et la " guerre des partisans " (dans ses formes modernes, encore qu'elle apparaisse, Schmitt le reconnaît, dès le début du XIXe siècle). "
Il est parfois difficile de distinguer entre des actes de résistance et des actes de terrorisme car les différents termes renvoient à une forme de légitimité supposée des objectifs politiques qui justifierait en partie les actes de violence commis. La perception de cette légitimité varie largement selon les protagonistes et observateurs ce qui complique grandement l'établissement d'une définition objective et acceptée universellement de la notion de terrorisme. Un cas d'autant plus complexe qu'il fait partie de l'actualité est celui de l'Irak, où diverses tendances de l'islam sont en guerre larvée et certains groupuscules armés recourent à des actes violents contre des civils irakiens ou étrangers. Se considérant résistants à l'occupation de leur pays par les États-Unis les auteurs de ces actes prétendent trouver dans ce statut la justification de leurs actions. Si par contre on refuse d'accorder ce statut de résistant, soit par déni de l'objectif politique (ne considérant pas que l'Irak soit occupé) soit parce qu'on considère que la violence extrême utilisée dépasse toute forme de justification, on parlera alors de ces actes de violence comme d'actes de terrorisme. Ainsi, l'appellation de terroriste sous-entend une complète illégitimité de ces actions alors que la définition de résistant sous-entend une légitimité à résister à l'envahisseur. Cette idée serait plus intelligible dans la globalité de la relation entre "terrorisme et propagande".
Les différents types
de terrorisme
Il existe quatre grands types de terrorisme :
" le terrorisme individuel, provoqué par des rebelles, des anarchistes, ou des nihilistes (admettant une liberté morale)
" le terrorisme organisé, prôné par des groupes défendant des idéologies différentes (ex : extrême gauche, extrême droite...)
" le terrorisme d'État
" cyberterrorisme
Terrorisme individuel
Le terrorisme individuel est une pratique qui s'est développée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ce terrorisme a été pratiqué par quelques anarchistes, comme Ravachol vengeant la Répression de Fourmies en 1891 et Santo Geronimo Caserio, vengeant la répression exercée sur les anarchistes en assassinant en 1894 le Président Sadi Carnot) ou autrement par des nihilistes dans divers pays (Russie, France, Espagne, Italie, etc.).
Les attentats des nihilistes ou des anarchistes visaient (souvent pour venger la mort d'un de leurs anciens camarades due à la répression) des personnalités de la sphère politique ou proche (le riche, le militaire, le prêtre, le policier, l'homme politique, etc.) ayant participé à réprimer la population ou d'un de leurs camarades. L'idée étant qu'une fois supprimés les acteurs de cette répression, celle-ci s'estomperait dû à la peur des autres acteurs de la sphère politique répressive. Ce terrorisme avait un caractère spontané, et une base sociale.
Terrorisme organisé
Lorsqu'il est pratiqué par un groupe de personnes ne représentant pas un gouvernement, on le nomme simplement terrorisme. Dans les années 1960 et 1970, le terrorisme d'extrême gauche et d'extrême droite7 était le plus important, ayant des buts politiques différents, menant à une lutte directe ou indirecte avec l'État, dans le but (pour l'extrême gauche) de radicaliser politiquement la société vers des questions sociales, ou (pour l'extrême droite) d'imposer le débat nationaliste et/ou, dans une stratégie de tension, de créer une situation amenant l'État à faire descendre la police ou l'armée dans les rues.
Le type de terrorisme d'extrême gauche est souvent appelé lutte armée par ceux qui le pratiquent. Les membres des groupes terroristes s'appellent eux-mêmes généralement des résistants - ou des combattants, des partisans -, car ils considèrent qu'ils résistent à l'oppression du pouvoir politique en place, où qu'ils mènent des actions de libération, qu'ils comparent à celles menées par les Résistants à l'occupation nazie en Europe durant la Seconde Guerre mondiale.
Les terroristes se réclamant de l'islamisme se considèrent quant à eux comme des combattants de Dieu, menant une guerre sainte (traduction littérale qui ne fait référence qu'à la lutte physique incluse dans le terme Jihad, terme possédant d'autres significations). Depuis les années 1990, le terrorisme islamiste a pris une place croissante sur la scène internationale. Ses auteurs le justifient notamment comme une réponse apportée à la situation politique en Israël-Palestine et en Irak suite à l'intervention américaine. Cependant, il a touché aussi bien des pays comme l'Algérie, l'Egypte, l'Indonésie, etc., où il n'y a pas de troupes occidentales et où il est difficile de parler de domination impérialiste. Dans ce cas là, son objectif est tout autre : c'est une démonstration de force contre des Etats où le pouvoir religieux extrémiste tente de renverser les gouvernements (établissement d'un califat demandé par le Hizbut Tahrir Indonesia en Indonésie par exemple).
L'OAS, créée chez les Français d'Algérie au début des années 1960, mène une stratégie de terreur contre les musulmans supposés favorables au FLN. Elle essaie ensuite d'exporter la violence en métropole, contre les représentations du FLN et du PCF, puis contre le pouvoir gaullien, accusé de trahison. Aux États-Unis d'Amérique le Ku Klux Klan mène un terrorisme constant contre la population noire jusque dans les années 608, ou bien dans d'autres groupements comme les auteurs des attentats des jeux d'Atlanta.
Les adversaires de ces groupes ou factions utilisent souvent le terme terrorisme pour désigner ces actions souvent meurtrières. Il faut donc être prudent car taxer ses adversaires de terroristes est une arme politique usuelle.
Terrorisme d'État
On parle de terrorisme d'État dans le cas où des actions terroristes ont été mises en œuvre, commanditées, manipulées ou complaisamment ignorées par un État (i.e. pas de mesure pour le stopper). Les méthodes employées sont strictement les méthodes du terrorisme (enlèvement, séquestration et assassinat) mais sous couvert de la raison d'État, les agents de l'État impliqués bénéficient de la part de ses autorités de l'assentiment nécessaire à outrepasser le droit et du support logistique et/ou financier nécessaire à leurs actions. Cette absence de cadre légal représente donc une entorse aux fondements de la démocratie, quels que soient les objectifs recherchés.
Un exemple de terrorisme d'État est la " guerre sale " conduite par des services de l'État Espagnol à l'encontre du groupe armé nationaliste basque ETA. Les Groupes antiterroristes de libération (GAL) furent impliqués dans l'élimination physique de 37 personnes considérées comme appartenant ou soutenant l'ETA. L'affaire impliqua le gouvernement socialiste de Felipe González dont le ministre de l'intérieur José Barrionuevo et d'autres responsables furent finalement jugés et reconnus coupables dans le cadre de l'affaire "Marey" (du nom d'un citoyen franco-espagnol séquestré par erreur par le GAL). En dépit de cette décision initiale, ces commanditaires d'actions terroristes bénéficièrent d'une relative clémence de l'appareil judiciaire, comparativement aux membres de l'ETA qui arrivent en fin de peine initiale et dont la justice espagnole cherche actuellement à prolonger les condamnations.
L'expression " terrorisme d'État " est parfois utilisée pour décrire des agressions ouvertement commises par un État contre un groupe particulier. La terreur à la source du " terrorisme d'État " (des faits) peut aussi relever du " crime contre l'humanité " (un jugement).
Le terrorisme d'État est pratiqué par des services secrets à des fins politiques. Dans les années 1930, les services secrets soviétiques et italiens ont ainsi éliminé plusieurs de leurs opposants réfugiés en France. Pendant la guerre d'Algérie, les services français ont mené plusieurs centaines d'" actions homicides " contre des responsables du FLN et de l'OAS et contre leurs fournisseurs d'armes. Constantin Melnik parle d'une centaine de tués par an pour la période de la Ve République[réf. souhaitée]. Après les indépendances, des dictatures comme celle de Saddam Hussein ont aussi pratiqué la liquidation de leurs opposants à l'étranger. Les démocraties modernes peuvent être accusées de terrorisme pour des actes comme le dynamitage du bateau de l'organisation Greenpeace en Nouvelle-Zélande par les services secrets Français en 1984, ou le financement des Contras au Nicaragua par la CIA dès 1981
|
|