QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES
 

Edition n°3599
Jeudi 29 Avril 2010

BILLET

Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)

Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique.
José NAWEJ


Le «parti»
de Kamerhe ...
(28/04/2010)

Si Vital Kamerhe se fait rare dans les salons politiques kinois, son ombre n’en continue pas moins de planer sur la ville haute. Tout le week-end dernier, le microcosme politique congolais était traversé par des rumeurs sur la «sortie officielle» du parti kamerhiste. Ce parti politique annoncé de longue date mais dont l’archi élu de Bukavu n’a jamais ni confirmé ni infirmé non plus la gestation.
Alors, d’où vient que le cas Kamerhe demeure dans les esprits alors que l’intéressé n’est plus sous le coup des caméras et micros? Depuis son départ, mieux son éviction du perchoir, Vital Kamerhe est entré en hibernation. Quand il ne prend pas des cours du côté de Johannesburg, ce licencié en économie de l’Unikin prend ses quartiers dans ses fermes à la lisière de Kinshasa ou sur ses collines du Kivu. Possible qu’entre ces différents hobbies, Vital Kamerhe tisse sa toile d’araignée. Histoire de donner une suite à sa carrière. Une direction aussi? Laquelle? C’est tout l’intérêt des conjectures sur l’avenir politique de l’ancien speaker de la Chambre. Plus concrètement, Vital Kamerhe va-t-il rentrer dans les rangs kabilistes ou se frayer son chemin? C’est l’une des grandes questions de cette fin de quinquennat. Car, l’ancien feu follet du camp présidentiel n’est pas un politique ordinaire. Il y a en cet homme ce ressort qui fait qu’en politique certains acteurs sont plus égaux que d’autres.
Le problème n’est pas d’être pour ou contre Kamerhe. La question n’est pas d’aimer ou de détester l’ancien secrétaire général du PPRD. Il y a sans doute des raisons pour l’approuver comme pour le désapprouver. Seulement, quand on aura épuisé ces différentes postures s’imposera un fait, voire une évidence: Loin des lambris du pouvoir, l’étoile Kamerhe n’a pas été éclipsée. Sur la bourse politique, la valeur Kamerhe ne s’est pas dépréciée. De retour de Bukavu, un scientifique peu porté sur les joutes politiciennes zaïro-congolaises confie que dans la capitale historique du Kivu holding, Vital Kamerhe est loin d’être un has been. Bien au contraire. C’est tout dire.
José NAWEJ


«Plénière de chez nous»
(23/04/2010)

Initiée pour saluer le vingtième anniversaire de l’acte fondateur de la démocratisation, la manifestation de l’opposition a été dispersée. Autorisée? Non autorisée? Cela importe peu. A l’heure de l’évaluation, c’est un mauvais signal que Kinshasa envoie à l’extérieur. Surtout en ce moment où les ONG des droits de l’homme déversent quantité de rapports les uns plus négatifs que les autres. Les derniers brûlots de l’incontournable Human Rights Watch et de l’International crisis group sont encore frais dans nos mémoires. Quand on connaît la connexion de ces ong avec les pays qui comptent, il y a de quoi s’inquiéter.
De ce point de vue, il apparaît clairement que la Rdc n’a rien à gagner en prêtant le flanc aux critiques d’organisations des droits de l’homme. En particulier, la dispersion des sympathisants de l’opposition contraste avec la sortie en fanfare, il y a trois semaines, du PPRD à l’occasion de son dixième anniversaire. Pourquoi refuser à l’opposition républicaine ce qu’on a accordé au principal parti de la majorité? On aurait voulu donner la preuve que la démocratie était à géométrie variable qu’on ne s’y prendrait pas autrement. On aurait voulu installer l’opposition dans le rôle enviable de martyr qu’on ne se procéderait pas autrement. On aurait voulu booster une opposition pas toujours à la hauteur des enjeux du pays qu’on ne s’y prendrait pas non plus autrement. Sous Mobutu, la répression systématique de l’UDPS avait eu notamment pour effet de faire la publicité gratuite du parti cher à Etienne Tshisekedi.
D’où la question: à qui profite le zèle de certains de nos agents de l’ordre et surtout celui de leurs supérieurs hiérarchiques? En tout cas, pas au Chef de l’Etat. Ce n’est assurément pas aider Joseph Kabila que de donner au reste du monde l’image d’un régime qui réprime l’opposition. Après avoir rendu le pays fréquentable, le Raïs n’a vraiment pas besoin de tous ces boutefeux qui ternissent l’image de la RDC.
Tout se passe comme si, dans le camp présidentiel, une constellation de matamores s’était liguée à l’effet de pousser le régime à la faute. Principal artisan du relifting de la Rdc, Joseph Kabila n’a aucun intérêt à voir son pays revenir sur la liste des Etats jugés peu recommandables.

José NAWEJ


«Plénière de chez nous»
(22/04/2010)

Rideau sur le premier acte du face-à-face Muzito-Députés.En attendant le deuxième acte mercredi prochain, l’heure est à l’entracte. Pendant que les différents acteurs peaufinent leur mise en bouche, dans l’assistance, on commente les scènes passées et on suppute sur la suite de la pièce. Toute cette métaphore théâtrale pour faire droit à ceux de Congolais pour qui les débats parlementaires s’apparenteraient à du théâtre. Ils ont, sans doute, tort ces compatriotes qui empruntent ce raccourci caricatural et donc forcément réducteur.
Mais, l’establishment politique -en ce compris les élus-aurait aussi tort- voire davantage -s’il se contentait de prendre ce jugement populaire au premier degré. En recourant au registre comique pour juger le personnel politique, les Congolais expriment leur dépit. A un an de la fin du tout premier quinquennat issu des élections pluralistes, l’ordinaire de «vrais gens» n’a pas changé. La même galère pour nouer les deux bouts du mois. Dans les bas quartiers de Kinshasa, le même chemin de croix pour se déplacer et s’approvisionner en eau potable et en électricité.
Or, vu de l’homme de la rue, l’après élections devaient se décliner en terme d’amélioration des conditions de vie. Et les candidats députés d’alors n’avaient pas lésiné sur les promesses. Pour se faire élire, nombre de prétendants ont pris des engagements sans commune mesure ni avec la vocation d’un député , ni avec les ressources propres du pays. Des ponts, des routes, des écoles, des hôpitaux, et même la gratuité des soins médicaux ont été promis à des Congolais à la pauvrété légendaire.
Conséquence de ce torrent de promesses, le pouvoir post-électoral a été pris au mot. Démagogues à l’extrême, nombre de députés ont du mal à affronter leurs bases respectives, faute de résultats palpables. Une petite planche de salut tout de même pour ceux des élus des agglomérations où certains de pans de 5 chantiers commencent à être visibles. Ceux-là ont, enfin, un semblant de bilan à brandir dans un an. Le reste, c’est-à dire la majorité de députés du pays profond, sont pris au piège de leurs promesses électorales. Ceux-là risquent d’être privés de scène à la deuxiéme mandature. C’est-à- dire dans pas longtemps
. José NAWEJ


Hier desbanyamulenge, aujourd'hui des Enyele
(22/04/2010)

Au Congo-Kinshasa sans doute plus qu'ailleurs, l'histoire de rébellions est un éternel recommencement. En août 1998, l'insurrection des Tutsi congolais avait comme cahier de charges la traque de "génocidaires" hutus sur les montagnes du Kivu. A Kinshasa, on était à mille lieues d'imaginer que la croisade armée contre les forces dites négatives allait amener les insurgés jusqu'à Kitona dans le Bas-Congo. Province située à 2000km de la frontière congolo-rwandaise, le légendaire Kongo central n'hébergeait pas un seul extrémiste hutu. Le corps expéditionnaire dirigé par le général rwandais James Kabarebe -le même- effectuera un atterissage dramatiquement spectaculaire à la base militaire de Kitona. On connaît la suite.
Voilà que près de 12 ans après ce sinistre exploit de ceux qu'on appelait de façon générique "insurgés banyamulenge", apparaissent les Enyeles. Ces derniers étaient censés se battre contre une ethnie rivale pour la maîtrise de quelques étangs de poissons. Un cas récurrent en Afrique où des tribus, des clans et même des sous-clans recourent à des flèches pour régler des différends liés à l'espace vital. De fait, à en croire tous les récits, le combattant Enyele est l'archétype du guerrier traditionnel: flèche, raphia, recours aux incantations... Comme en 1998 avec les insurgés tutsi congolais, les masques Enyele n'ont pas tardé à tomber. Le dimanche de Pâques, les Enyele ont accosté à Mbandaka. Cette fois-ci, pas seulement munis de flèches. Cette fois-ci pas pour affronter leurs rivaux au sujet des étangs de poissons. Même si Mbandaka baigne dans l'eau, mais on est loin, très loin de Dongo. Depuis ce dimanche pascal, l'opinion sait que les Enyele sont tout sauf des guerriers- pêcheurs en mal d'étangs. Ainsi naissent des rébellions au Congo-Kinshasa
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José NAWEJ.






































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































A La Une

REPLIQUE DU PREMIER MINISTRE ET CONCLUSION A LA QUESTION ORALE AVEC DEBAT
Dérapage hier à l'Assemblée nationale !
*La conclusion du député Busa a débordé sur des accusations individuelles sans preuves ayant mis en cause la personne de Adolphe Muzito et non du Premier ministre

Pas de surprise à la Chambre. La réplique du Premier ministre n’a donc pas satisfait l’auteur de la question orale. Avant même le grand oral d’Adolphe Muzito, ce cas de figure était le seul envisageable. Ainsi va le manichéisme politique zaïro-congolais. Dans ce pays où chacun voit midi à sa porte, normal qu’il n’y ait consensus sur rien. L’illustration a été donnée une fois de plus à l’occasion du débat général à la suite de la question orale articulée par le Mlc Busa. Reconnaissons tout de go que dans la longue phillipique du député Busa tout n’est pas excessif , tout ne relève pas que de la démagogie. Loin s’en faut. Lorsque l’auteur de la question orale évoque les espaces de pauvreté qu’est la Fonction publique, la police et l’Armée il ne dresse qu’un constat vieux de plusieurs décennies. Depuis le régime Mobutu.
Lorsqu’il invite le Gouvernement à améliorer les conditions de vie de fonctionnaires et plus généralement de Congolais, il ajoute son voeu à celui de tous les élus. Il est dans son rôle de parlementaire. Mais quand le député méconnaît le moindre résultat positif au gouvernement Muzito, on retrouve là une constante de la vie politique congolaise. Que le budget de l’Etat aille crescendo depuis 2007, ne change rien à l’appréciation de l’auteur de la question orale. Qu’il y ait objectivement au minimum un léger mieux à l’Est, la sentence du député Busa est immuable: aucune amélioration sur le front sécuritaire. Qu’il y ait des ressortissants de l’Equateur à des postes importants dans l’appareil d’Etat et même militaire, rien n’y fait: l’Equateur est marginalisée! Là aussi, rien de nouveau sous le soleil: Sous Mobutu, sous la longue transition et sous Kabila père et fils, le discours sur la marginalisation est brandi lorsqu’un acteur ou un groupe politique n’est pas dans les allées du pouvoir, donc du pouvoir. La conclusion du député Busa n’a pas dérogé à notre tradition de personnalisation des affaires de l’Etat. Laissant le Premier ministre, l’auteur de la question orale s’est appesanti sur l’homme Muzito. A l’extrême limite des attaques ad hominem, l’élu Mlc a étalé, sans devoir apporter des preuves, des biens qu’il croit appartenir à Adolphe Muzito. On était bien loin du nécessaire débat sur l’état de la Nation. Il est vrai que ce registre -là frappe l’émotion collective dans un pays où le Premier ministre, quel qu’il soit, a toujours été présenté comme l’homme à cause de qui le peuple souffre. Lunda Bululu avait vu même des vétérans du mobutisme passés opportunément à l’opposition l’accusaient de tous les malheurs du monde. L’homme avait commis l’outrecuidance d’accepter le poste de Premier ministre en 1990. Par la suite, Mulumba Lukoji, Mungul Diaka, le très mal aimé Nguz, Faustin Birindwa..., tous ont fait les frais de la fameuse politique de « ôtes-toi de là que je m’y mette». Hier, à la Chambre, cette constante de la classe politique zaïro-congolaise a été au rendez-vous. Et pour que le remake soit parfait, la motion de censure est en route.

Il faudra attendre un troisième round pour connaître l'épilogue du nouveau " triller " politique qui met aux prises la Majorité et l'Opposition à l'Assemblée nationale autour de la question orale avec débat adressée au Premier ministre, Adolphe Muzito, par le Député MLC Jean-Lucien Busa sur la politique générale du Gouvernement. Hier au Palais du peuple, au terme de la réplique du Chef de l'Exécutif national au débat ayant prévalu le 21 avril sur le sujet, le questionneur a, en effet, décidé de déposer une motion de défiance à l'encontre de l'ensemble du Gouvernement. Jean Lucien Busa s'est dit ni convaincu ni satisfait des réponses du Premier ministre avant de "proclamer" l' "échec de l'action gouvernementale " face aussi bien à son programme présenté en 2008 qu'à la forte demande sociale de la population.
C'est dans une salle des congrès du Palais du peuple particulièrement électrisée que s'est terminée cette seconde manche de la confrontation, en passe de devenir séculière, entre la majorité et l'opposition ; cela après, bien entendu, de précédentes joutes desquelles le Premier ministre s'est toujours tiré d'affaire, autant que la plupart de ses ministres passés par le feu des motions de défiance. Ainsi que l'indiquait Forum des As dans sa livraison du même mercredi 28 avril 2010, l'enjeu est celui du sort de la majorité au sortir de ce débat qui, ayant pris pour prétexte l'attaque sur Mbandaka, a revisité l'action gouvernementale sur la quasi-totalité des secteurs de la vie nationale : politique, défense, sécurité, sociale (humanitaire et habitat), économie, finances, affaires foncières, développement des provinces, décentralisation, départ de la MONUC, etc.
A travers la réplique du Premier ministre et les conclusions de Jean-Lucien Busa, les Congolais ont eu l'occasion de prendre la mesure de ce qui se fait de la chose publique et ce qu'est la vie courante des Congolais aujourd'hui, le tout par rapport aux engagements de départ, c'est-à-dire le programme du Gouvernement au moment de son investiture en 2008. Les Représentants du peuple n'en ont, cependant, pas fini avec la démarche, puisque c'est à eux que revient la tâche de tirer la conclusion finale de la lecture de la marche de la Nation à travers la question orale avec débat qui vient d'être traitée.
En attendant, hier à l'Hémicycle, les protagonistes politiques se sont livrés à une joute psychologique après les arguments de Muzito et Busa : des huées dans les rangs de l'opposition et des applaudissements à la Majorité. Chacun cherchant à rouler les biceps à fond, la plénière s'est terminée pratiquement dans la confusion, lorsque le protocole et les services d'ordre se sont vus obligés d'évacuer certains compartiments de la salle des Congrès et canaliser les sorties de la bâtisse chinoise.
Des débuts de manifestations spontanées se sont observées dans les parages du Palais du peuple et, durant toute la soirée, les états-majors politiques se sont répandus en commentaires, mais aussi en pronostics sur ce que pourra être la plénière de tous les enjeux. Normal : chacun devait se mettre en confiance en prévision de ce rendez-vous existentiel.
En attendant la suite, chacun pouvait, à sa guise, se perdre en conjectures sur cet automatisme qui, désormais, caractérise les "antagonismes" politiques à la Chambre basse. En effet, avant même le grand oral d'Adolphe Muzito, l'appel à sa déchéance était le seul envisageable. Ainsi va le manichéisme politique zaïro-congolais, ont affirmé, hier soir, les observateurs avertis de la vie politique congolaise. Dans ce pays où chacun voit midi à sa porte, normal qu'il n'y ait consensus sur rien.
Dans la longue philippique du député Busa, tout n'est pas excessif, tout ne relève pas que de la démagogie, reconnaissent ces mêmes observateurs. De même, lorsque l'auteur de la question orale évoque les espaces de pauvreté qu'est la Fonction publique, la police et l'Armée, il ne dresse qu'un constat vieux de plusieurs décennies. Et lorsqu'il invite le Gouvernement à améliorer les conditions de vie des fonctionnaires et plus généralement des Congolais, il ajoute son vœu à celui de tous les élus. Il est dans son rôle de parlementaire.
Dans l'ensemble, ceux qui ont suivi les arguments croisés de Muzito et Busa ont retenu un fait : c'est que quand le député méconnaît le moindre résultat positif au gouvernement Muzito, on retrouve là une constante de la vie politique congolaise. En effet, que le budget de l'Etat aille crescendo depuis 2007, ne change rien à l'appréciation de l'auteur de la question orale. Qu'il y ait objectivement au minimum un léger mieux à l'Est, la sentence du député Busa est immuable : aucune amélioration sur le front sécuritaire. Qu'il y ait des ressortissants de l'Equateur à des postes importants dans l'appareil d'Etat et même militaire, rien n'y fait : l'Equateur est marginalisée! Là aussi, rien de nouveau sous le soleil : Sous Mobutu, sous sa longue transition et sous Kabila père et fils, le discours sur la marginalisation est brandi lorsqu'un acteur ou un groupe politique n'est pas dans les allées du pouvoir.

Reglement des comptes
Les prémisses étant ainsi formulées, rien ne pouvait donc surprendre quant à la conclusion. Plus encore, celle-ci n'a pas dérogé à la tradition de la classe politique congolaise de personnaliser les affaires de l'Etat. En effet, laissant le Premier ministre venu devant la Représentation nationale pour s'expliquer sur la gestion de la chose publique, l'auteur de la question orale s'est appesanti sur la personne de Muzito. A l'extrême limite des attaques ad hominem, estiment des analystes indépendants, tandis que d'autres y ont perçu une dangereuse tendance au règlement des comptes. Busa est, en effet, à la fois originaire de l'Equateur et candidat malheureux au gouvernorat de la même province.
L'élu Mlc ne s'est pas fait prier pour étaler, sans apporter des preuves de propriété, des biens qu'il croit appartenir à Adolphe Muzito. Une partie de la salle des Congrès a, certes, exhulté, mais dans le microcosme politique et même diplomatique, des observateurs y ont vu un coup irrégulier en dessous de la ceinture. " On était bien loin du nécessaire débat sur l'état de la Nation ", a affirmé l'un d'entre ces observateurs qui a regretté : " il est vrai que ce registre -là frappe l'émotion collective dans un pays où le Premier ministre, quel qu'il soit, a toujours été présenté comme l'homme à cause de qui le peuple souffre. "
Et l'interlocuteur de Forum des As de re-prolonger dans l'histoire politique du Zaïre-Congo : " Lunda Bululu avait vu même des vétérans du mobutisme passés opportunément à l'opposition l'accuser de tous les malheurs du monde. L'homme avait commis l'outrecuidance d'accepter le poste de Premier ministre en 1990.Par la suite, Mulumba Lukoji, Mungul Diaka, le très mal aimé Nguz, Faustin Birindwa..., tous ont fait les frais de la fameuse politique de " ôtes-toi de là que je m'y mette". "
Hier donc à la Chambre, cette constante de la classe politique zaïro-congolaise a été au rendez-vous. Et pour que le remake soit parfait, la motion de censure est en route. Que va donc décider la Représentation nationale? La réponse a déjà été donnée par Muzito. FDA

«Aucun Gouvernement ne peut assurer de manière durable la paix à sa population si le pays ne dispose pas d'une armée et d'une police disciplinées, bien formées et bien équipées.»

A propos du programme du Gouvernement et de sa mise en œuvre ainsi que de la collaboration entre mon Gouvernement et l'Institution " Président de la République ", je voudrais lever l'équivoque en ce qui concerne ce que d'aucuns ont appelé " gouvernement parallèle au niveau de la Présidence de la République".
Il faut d'abord rappeler que la Constitution de la République attribue au Gouvernement la prérogative de la conduite de la politique la Nation.
C'est à ce titre que le Gouvernement assume constitutionnellement et seul, la responsabilité de la gestion du pays devant l'Assemblée Nationale.
Cependant, la même Constitution prévoit que la définition de cette politique de la Nation par le Gouvernement se fait en concertation avec le Président de la République.
Par conséquent, le suivi de la mise en œuvre de cette politique définie ensemble, doit aussi être concerté. C'est ainsi que le Constituant a dévolu au Chef de l'Etat la prérogative constitutionnelle de convoquer et de présider le Conseil des Ministres.
C'est dans ce cadre que votre Gouvernement a conçu son programme et le met en œuvre en concertation avec le Président de la République, en plus du rôle dévolu à celui-ci de garant du bon fonctionnement de chaque institution.
Subsidiairement à ce schéma constitutionnel qui sous-tend le rapport entre les deux têtes de l'Exécutif, à savoir le Président de la République et le Premier Ministre, il faut relever le fait que l'Exécutif national actuel n'opère pas dans un système de cohabitation mettant en face une majorité présidentielle différente de la majorité parlementaire.
Nous sommes plutôt dans un système où la majorité parlementaire est la même que la majorité présidentielle, cette dernière étant née à la suite des retrouvailles des Nationalistes.
Voilà qui explique et favorise la complicité et l'unicité politique des deux têtes de l'Exécutif au-delà du clivage institutionnel.
Nous sommes donc une même équipe politique qui travaille autour d'une même direction. Et nous assumerons notre bilan politique ensemble et solidairement.
Pour revenir aux autres questions du domaine politique et sécuritaire, je dirai que bon nombre d'intervenants sont revenus notamment sur la réforme de l'armée, la sécurité du territoire et l'ordre public, ainsi que sur les conflits localisés dans certaines provinces.
A ce propos, j'ai perçu dans de nombreuses interventions le sentiment d'inquiétude, voire de désespoir, face aux problèmes récurrents d'insécurité particulièrement à l'intérieur du pays.
Certes, je reconnais qu'un mort de plus est un mort de trop, mais le pessimisme aujourd'hui ne me paraît pas justifié.
En effet, vous vous souviendrez, Honorables Députés, de la situation de guerre que vivait il y a un an et demi notre pays.
Sa souveraineté et son intégrité territoriale étaient fortement menacées à l'Est par certains groupes armés très actifs ainsi que par la rébellion qui bénéficiait du soutien de certains Etats voisins.
Avec la politique incontournable et courageuse de normalisation de relations avec nos voisins, initiée par le Chef de l'Etat avec le consensus de l'ensemble de la Représentation nationale, notre pays n'est plus aujourd'hui, en situation de guerre menaçant sa souveraineté.
Néanmoins, il demeure un Etat post-conflit et fragile.
Ainsi, connaît-il quelques poches d'insécurité sur lesquelles les Honorables Députés attirent souvent et avec raison, l'attention du Gouvernement.
Aussi, dans ma réponse à la question orale, ai-je moi-même relevé toutes ces zones d'insécurité.
Grâce au sentiment de cohésion qui caractérise notre classe politique à propos de tout ce qui touche à l'intégrité du territoire, nous avons jusqu'ici sauvé l'unité de la Nation.
Nous pouvons dire que les antagonismes politiciens, sortant du cadre institutionnel, ne sont pas de nature à favoriser des solutions définitives de retour à la paix.
Seul un dialogue franc entre groupes politiques, sans agenda caché, peut permettre à notre classe politique de surpasser les intérêts partisans et les frustrations éventuelles, en vue de solutions garantissant la paix et la cohésion sociale.
C'est dans cet état d'esprit que les solutions structurelles et conjoncturelles à tous les problèmes de sécurité pourront aboutir à des résultats attendus par tous.
C'est le cas notamment de la réforme du secteur de la sécurité qui concerne la Justice, l'Armée, la Police et la Communauté de renseignements.
La réussite de cette réforme est une condition sine qua non pour un retour définitif de la paix dans notre pays.
En effet, aucun Gouvernement ne peut assurer de manière durable la paix à sa population si le pays ne dispose d'une armée et d'une police disciplinées, bien formées et bien équipées.
Au regard de nombreux problèmes qui minent l'armée et les services de sécurité depuis plusieurs années, le processus de la réforme doit s'inscrire dans la durée. C'est pour cette raison que la stratégie globale de la réforme du secteur de sécurité, notamment de l'armée, va jusqu'en 2024, car la paix durable ne peut être obtenue par un coup de baguette magique.
C'est donc inexact de dire au peuple que votre Gouvernement renvoie le retour à la paix à 2024. Au contraire, après avoir mis fin à l'état de guerre menaçant la souveraineté nationale, il a amorcé la réforme du secteur de la sécurité dont les textes de base ont été soumis à l'examen du Parlement. Il s'agit :
- du projet de loi organique sur la réforme de la Police;
- et de deux projets de loi portant respectivement sur la politique de défense et sur le statut du personnel militaire.
Le processus de cette réforme est encore dans sa première phase. Mais d'ores et déjà, les résultats suivants peuvent être salués sur le plan politique et sécuritaire :
- La normalisation des relations diplomatiques avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, avec échanges d'ambassadeurs ;
- La reprise de la coopération dans le cadre de la CEPGL ;
- La fin de la rébellion du CNDP ;
- La traque conjointe des Forces négatives LRA et FDLR ;
- La formation d'un bataillon commando au Maniema par la Coopération belge et dont le baptême de feu dans la Province de l'Equateur a été concluant ;
- La formation de 20 autres bataillons grâce à la coopération multilatérale, sous l'égide de la MONUC ;
- La réouverture des écoles de formation et académies militaires ;
- La transformation des groupes armés en partis politiques et l'intégration de leurs éléments combattants dans l'Armée ;
- Le retour progressif des réfugiés dans leurs pays respectifs ;
- La tenue prochaine d'une conférence de l'Union Africaine pour la résolution du problème " MBORORO " ;
- La délimitation et le bornage des frontières avec le Rwanda ;
- La promulgation de la Loi portant fixation du Plateau continental de la RDC ;
- L'institutionnalisation des Commissions Défense et Sécurité avec l'ensemble des pays voisins.
En outre, il y a lieu de noter que dans un proche avenir, seront opérées des permutations dans d'autres provinces, des cadres de l'armée et des services de sécurité ayant longtemps servi à l'Est du pays, ainsi que l'ont souhaité certains Députés.
Comme on peut le constater, votre Gouvernement ne ménage aucun effort pour notamment faire face aux rivalités internes à certaines provinces.
Cependant, comme je l'ai dit plus haut, dans un cadre démocratique, le Gouvernement ne peut résoudre rapidement ces conflits que s'il est soutenu par la responsabilité et le patriotisme de tous. C'est dans ce sens que je sollicite une implication des députés originaires des zones concernées, dans la résolution des conflits et l'encadrement des populations locales, en particulier la jeunesse.
S'agissant de la reconfiguration du mandat de la MONUC, c'est avec satisfaction que le Gouvernement peut aujourd'hui affirmer que les objectifs initiaux fixés par le Conseil de Sécurité ont été atteints, avec comme Le Gouvernement est satisfait du travail réalisé par la MONUC et lui exprime sa gratitude.
Les deux missions en cours de réalisation sont :
- L'accompagnement du processus de la réforme du secteur de sécurité ;
- L'appui aux opérations de neutralisation de quelques forces négatives encore en errance.
Pour ces missions, aucune divergence de vues n'existe entre le Gouvernement et le Conseil de Sécurité quant à la reconfiguration du mandat de la MONUC.
Sur le plan social, je suis conscient que beaucoup reste à faire pour l'amélioration des conditions de vie de notre population.
Pour bon nombre d'analystes, la situation sociale actuelle résulte essentiellement de la mauvaise gouvernance politique et économique qui a caractérisé notre pays depuis plusieurs décennies.
C'est autant dire que fort de ce diagnostic, et avec l'avènement de la démocratie, votre Gouvernement est conscient que seules la bonne gouvernance et la lutte contre les antivaleurs contribueront à l'amélioration durable de la situation sociale des populations.
Malgré les diverses pesanteurs et l'étroitesse des moyens, ces options restent fondamentales et doivent guider l'action de toute la classe politique.
En dépit des difficultés de tous ordres, le Chef de l'Etat et le Gouvernement ont fait de l'année 2010 " l'année du social ". Cela ne veut pas dire pour autant que d'ici décembre 2010, tout sera rose pour nos populations.
Car, il s'agit pour nous de tenter de rattraper des difficultés sociales liées à un retard économique et politique accumulés sur près de 5 décennies.
Mais en tout cas, l'Exécutif entend améliorer le pouvoir d'achat du Congolais, en consolidant la stabilité du cadre macroéconomique et en consacrant au social l'essentiel des moyens additionnels qui résulteront de l'exécution de son programme au cours de cette année.
Dans ce cadre, plusieurs actions seront menées pour rencontrer les préoccupations, parfois élémentaires, de nos populations, entre autres la création et le maintien des emplois, la stabilité des prix à la consommation, la distribution continue de l'eau et de l'électricité, la salubrité et l'éclairage publics, et j'en passe.
Mais, d'ores et déjà, il faut reconnaître que certaines actions entreprises par le Gouvernement, sous l'impulsion du Président de la République, ont un impact immédiat ou futur sur le social.
C'est le cas des travaux d'infrastructures routières, visibles à travers le territoire national, qui sont créateurs de nombreux emplois et jettent la base du développement du pays.
Il en est de même de l'uniformisation de deux zones salariales. Le Gouvernement s'emploie également à mécaniser progressivement les nouvelles unités, notamment dans le secteur de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel et celui de la Santé.
Dans ce dernier secteur, l'enveloppe du budget de l'Etat a été décuplée, en valeur absolue, passant de près de 24 millions USD en 2003 à plus de 260 millions USD en 2009. En valeur relative, elle a été portée de 1,81% à 5,29% durant la même période.
Par ailleurs, je rappelle une fois encore les réalisations du Gouvernement dans le secteur de la santé, à savoir :
- La modernisation de 259 Zones de Santé sur les 515 existantes ;
- La réhabilitation et l'équipement des infrastructures ;
- La fourniture des médicaments essentiels ;
- La distribution de près de 5 millions des moustiquaires imprégnées d'insecticide ;
- La mise sous traitement antirétroviral des 35.000 personnes éligibles vivant avec le VIH.
A ces réalisations, je voudrais ajouter également l'appui du Gouvernement à l'extension de l'Hôpital de MONKOLE dans la Commune de Mont-Ngafula et la construction de l'hôpital ultramoderne du Cinquantenaire, dans la Commune de Kasa-Vubu, à Kinshasa.
Quant à la lutte contre les violences sexuelles, la politique menée par votre Gouvernement est fondée sur les quatre piliers suivants :
- le pilier médico-sanitaire ;
- le pilier de la prise en charge sociale ;
- le pilier de la vulgarisation et de la prise en charge psychologique ;
- le pilier répressif.
Pour conclure sur ce chapitre, j'affirme que, face à l'ampleur du phénomène des violences sexuelles et à l'urgence, les actions en cours ont permis de répondre aux attentes des victimes. Et les résultats obtenus sont significatifs.
Sur le plan économique et financier, je ne m'attarderai pas sur des statistiques comparatives qui peuvent ne pas être éloquentes pour la majorité de notre peuple.
Comme je l'ai déjà relevé, tous les analystes s'accordent à dire que la gestion économique de notre pays a été caractérisée, pendant plusieurs décennies, par la mal gouvernance et des mauvais choix, sans compter les différents événements qui ont détruit son tissu économique.
Le Gouvernement issu des élections démocratiques a hérité de cette situation qui a causé, à un certain moment, la rupture de nos relations avec les Institutions de Bretton Woods.
En effet, après une période de destructions des richesses allant des années quatre-vingt aux années quatre vingt-dix, caractérisée par des taux de croissance négatifs, le pays s'est engagé, avec l'arrivée au pouvoir du Président Joseph KABILA KABANGE, à partir de l'année 2001 sur la voie de la création de richesses avec des taux de croissance positifs.
Il est un fait, comme l'atteste les doctrines économiques, qu'à cette première phase d'accumulation, les effets de la croissance ne se répandent pas encore sur une large couche de la population, mais plutôt se cristallisent dans des secteurs porteurs de croissance, de sorte que c'est à la deuxième phase de la croissance que le produit de cette dernière va se diffuser sur une plus large couche de la population.
La conclusion aujourd'hui d'un programme formel avec les partenaires traditionnels ainsi que la perspective de l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE, avec l'annulation de près de 90% de la dette extérieure, sont l'œuvre du Chef de l'Etat Son Excellence Joseph KABILA KABANGE, et de votre Gouvernement.
Ce qui démontre que, votre Gouvernement a fourni des efforts satisfaisants pour planter les décors d'un décollage économique réel.
Les dividendes de ces efforts ne doivent pas être anéantis par des calculs politiciens visant à priver le peuple congolais du droit d'en jouir et d'en reconnaître les artisans.
Malgré les effets néfastes de la crise financière et économique internationales, le Gouvernement a entrepris de nombreuses actions qui ont abouti aux résultats décrits ci-dessus. Ces actions ont visé notamment la consolidation du cadre macroéconomique, la maximisation des recettes de l'Etat, l'amélioration du climat des affaires et la promotion des investissements.
En effet, appréhendé à travers le produit intérieur brut et la croissance de la population, le revenu national est en augmentation constante depuis 2001.
Entre 2006 et 2010, le PIB est passé de 8,7 milliards à 12 milliards de dollars.
Quant à la population, elle est passée de 60 millions à 65 millions d'habitants ; ce qui correspond à un PIB par tête d'habitant de 146 dollars en 2006 contre près de 200 dollars en 2010.
Ce niveau de revenu par habitant aurait pu être plus important encore, n'eût-été le ralentissement économique que notre pays a subi en 2009, suite aux effets conjugués de la crise alimentaire mondiale et de la crise financière internationale.
Globalement, l'amélioration du revenu national est attestée par un taux de croissance économique de 5% en moyenne entre 2007 et 2010, supérieur au taux de croissance démographique de 3% en moyenne.
Par conséquent, il n'est pas exact d'affirmer que notre population s'est appauvrie pendant cette période.
S'agissant de la mobilisation des ressources pour le développement, l'auguste Assemblée peut être fière des résultats obtenus par son Gouvernement.
En effet, alors que pendant des années, le cap de 1 milliard des dollars de recettes était resté un objectif inaccessible, votre Gouvernement a dépassé ce cap jusqu'à porter les recettes propres de l'Etat à près de 2,5 milliards de dollars en 2009.
Cette performance dans la réalisation des recettes a permis à votre Gouvernement d'améliorer, tant soit peu, la rémunération du fonctionnaire et de prendre en compte certaines revendications sociales.
En effet, les archives prouvent que la rémunération du Huissier de la Fonction publique, se chiffrait à 20.500 FC fin 2006-début 2007 soit 34 dollars au taux de 600 FC pour 1 dollar américain en février 2007, et non 80 dollars comme l'a affirmé un Honorable Député.
En fait, le salaire de base de l'Huissier en 2006 n'était que de 865 FC soit 1,4 dollar ; le surplus, soit 32,6 dollars, provenait des primes et indemnités de transport qui ne sont pas prises en compte dans le calcul de la pension de retraite.
Par ailleurs, la situation en 2006 était caractérisée par l'existence de trois zones salariales, consacrant des inégalités flagrantes entre le Huissier de Kinshasa, de Lubumbashi et celui des autres provinces, qui touchaient respectivement 34 dollars pour celui de Kinshasa, 16 dollars pour celui de Lubumbashi et 12 dollars pour celui des autres provinces.
Dès l'avènement au pouvoir de l'actuelle majorité, la rémunération du Huissier de Kinshasa a été portée à 35.000 FC, soit 70 dollars américains au taux de 500 FC le dollar américain en 2007 et 2008 et le Gouvernement a, à la demande du Président de la République, levé l'option de supprimer les zones salariales.
Au delà de cette majoration, le Gouvernement a consolidé, dans le salaire de base, les primes et avantages sociaux, avec comme conséquence que la base de calcul de la pension de retraite, a été relevée de 1,40 dollars en 2006 à 70 dollars en 2007.
Force est cependant de reconnaître que la survenance de la crise financière internationale a rendu difficile, la préservation du pouvoir d'achat des Congolais, en général et des fonctionnaires en particulier.
Néanmoins, depuis 2008, le Gouvernement s'attèle à uniformiser les deux zones salariales restantes et à mécaniser progressivement les nouvelles unités.
Les actions du Gouvernement ont eu pour effet de porter la masse salariale de 220 milliards de FC en 2006, à 780 milliards en 2010. Ce qui atteste que l'augmentation des recettes a bel et bien servi à l'amélioration des conditions salariales des agents de l'Etat.
Cet effort de votre Gouvernement va se poursuivre en 2010, car tous les fonctionnaires et agents de l'Etat, de même grade, auront un salaire de base identique sur toute l'étendue du territoire national.
Plusieurs mesures ont été prises dans le cadre de l'amélioration du climat des affaires, avec comme résultat que la République Démocratique du Congo est en voie d'améliorer sensiblement sa position dans le classement " Doing business ".
Enfin, des travaux d'infrastructures ont été entamés sur toute l'étendue du territoire national, principalement au niveau des grands axes. A titre d'illustration, il y a lieu de citer:
1. La réhabilitation des infrastructures routières ci-après :
- La Route Nationale qui fait la jonction entre Bukavu au Sud Kivu et le Maniema en passant par Kasongo sur 1.024 km. A ce jour, les travaux ont atteint la localité minière de Kamituga à 177 km de Bukavu ;
- La Route Nationale reliant la ville de Kisangani dans la Province Orientale à Beni au Nord-Kivu sur 751 km ;
- Le Tronçon Kisangani-Bafwasende sur 262 km : les travaux sont terminés et la réception a eu lieu en janvier 2009 ;
- Le Tronçon Bafwasende-Niania sur 79Km : les travaux sont terminés et la réception a eu lieu en mars 2009.
2. La réhabilitation des infrastructures urbaines :
- Des travaux de réfection de plus de 15 hôpitaux et centres de santé, 26 écoles, 2 stades et 3 marchés dans 4 chefs-lieux des Provinces (Goma, Bukavu, Kindu et Kisangani) et 8 villes, précisément Bumba, Isiro, Butembo, Kalima, Kasongo, Uvira, Kalemie et Lusambo;
- La poursuite des travaux de réhabilitation du Barrage de Ruzizi depuis le 18 septembre 2009 ;
- La réhabilitation de la centrale thermique de Mbandaka, d'une capacité de 850 KVA qui permet d'approvisionner la ville en courant électrique ;
- La réhabilitation du réseau de distribution d'électricité dans la Ville de Mbandaka ;
- La construction d'un pont de 440 mètres sur la rivière Loange, reliant les provinces de l'Est à celles de l'Ouest, à la frontière entre les Provinces du Bandundu et du Kasaï Occidental, sur la Route nationale n° 1.
Cependant, les Honorables Députés reconnaîtront avec moi que 3 ans représentent un temps trop court pour mobiliser des ressources suffisantes et mettre en œuvre des projets d'infrastructures sur les réseaux internes de toutes nos entités décentralisées.
En tout réalisme, il n'est pas possible de rattraper en 3 ans un retard accumulé depuis près de 40 ans.
Certains Honorables ont relevé ce qu'ils ont appelé répartition inéquitable des projets de proximité entre nos provinces et entités décentralisées.
En effet, pour une répartition territoriale plus équitable des projets, votre Gouvernement ne trouve aucun inconvénient pour qu'une Commission ad hoc Elus-Gouvernement soit mise en place.
En tout état de cause, il y a lieu de reconnaître que la réalisation des 5 chantiers de la République est un processus dont la visibilité ne peut s'apprécier que dans la durée.
Après avoir abordé les questions de politique générale, je voudrais épingler quelques problèmes sectoriels d'actualité et d'importance indéniable.
Dans ce chapitre, je me limiterai à tracer les grandes orientations du Gouvernement en ce qui concerne certaines questions d'ordre politique, sécuritaire et économique.
Dans ce cadre, au regard de l'évolution du débat, je vais donner la position du Gouvernement en ce qui concerne les derniers événements de Mbandaka, la décentralisation territoriale et la problématique du développement des provinces, ainsi que la prise en charge des victimes des conflits armés.
S'agissant des derniers événements à Mbandaka, plusieurs intervenants ont stigmatisé le disfonctionnement de nos services et forces de sécurité ainsi que la marginalisation dont seraient victimes les ressortissants de l'Equateur.
Sur ce point, je propose à l'auguste Assemblée que des questions sensibles, liées à la défense et à la sécurité du territoire, soient abordées dans la commission ad hoc ou à huis clos.
Quant aux aspects politiques, je souscris à la démarche d'un dialogue entre acteurs politiques pour des solutions idoines.
Mais à ce niveau de débat, il faut reconnaître que le plan de défense de la Ville de Mbandaka n'a pas été appliqué et qu'une certaine négligence a été observée dans l'exploitation de l'information. C'est ainsi que le Conseil Supérieur de Défense, réuni dans la même ville, a notamment pris des sanctions négatives.
En ce qui concerne la marginalisation dont seraient victimes les ressortissants de l'Equateur, j'aimerais rassurer l'auguste Assemblée qu'avec l'obédience nationaliste du Président de la République et du Gouvernement de la majorité, aucun fils du Congo ne doit se sentir victime de discrimination.
Je tiens à rappeler que le Congo est un Etat de droit dont la Constitution protège tout citoyen de toute forme de traitement discriminatoire. Ainsi, certains de nos compatriotes, originaires de l'Equateur, devraient éviter de tomber dans le complexe de victimisation.
La poursuite d'un Congolais du fait de son implication présumée ou avérée dans des entreprises de déstabilisation du pays, ne se fera jamais en raison de ses origines ethniques ou provinciales, mais bien sur base des faits infractionnels et individuels mis à sa charge.
Il est donc normal que la Justice poursuive les enquêtes nécessaires à la manifestation de la vérité.
De ce point de vue, l'engagement du Gouvernement consiste à garantir les droits de l'homme et, en particulier, le respect de la procédure et les droits de la défense.
S'agissant de la décentralisation territoriale, il y a lieu de souligner qu'elle est consacrée par la Constitution.
Son objectif est de doter les Provinces de plus d'autonomie devant leur permettre de résoudre les problèmes de développement et dans l'optique de rapprocher davantage les gouvernants des gouvernés.
La situation actuelle que traversent les Provinces est inhérente à la nature humaine ainsi qu'à l'apprentissage de la démocratie.
Il est donc prématuré d'émettre un quelconque jugement de valeur sur l'option de la décentralisation territoriale, telle que consacrée par la Constitution adoptée par voie référendaire.
Toutefois, comme je l'ai dit dans ma réponse à la question orale, le Gouvernement est ouvert à tout réaménagement du cadre institutionnel qui assurerait plus de stabilité aux institutions provinciales et éviterait des abus dus à un exercice biaisé des prérogatives constitutionnelles.
Concernant en particulier les problèmes liés à la création, par voie de Décret, des Villes et des Communes, je rappelle que, conformément à la Loi organique sur les Entités Territoriales Décentralisées, le Gouvernement a une compétence liée en la matière.

En effet, il est tenu de suivre les avis conformes émis par les Assemblées provinciales quant aux entités à élever au statut de villes ou de communes.
Je suis disposé à discuter avec les Députés nationaux pour relancer les débats à la base, sur des cas qui poseraient problème.
Le développement des Provinces constitue bien une priorité du Gouvernement. Dans ce cadre, sa politique consiste à favoriser la solidarité nationale par une distribution équitable des ressources nationales et la mise en place effective de la Caisse Nationale de Péréquation.
S'agissant de cette caisse, le projet de loi organique portant son organisation et son fonctionnement sera soumis incessamment à l'examen du Parlement.
La Caisse de Péréquation est appelée à financer des projets et des programmes d'investissements publics, en vue d'assurer la solidarité nationale et de corriger les déséquilibres de développement entre les Provinces et entre les Entités Territoriales Décentralisées.
En ce qui concerne la gestion des ressources de rétrocession versées aux provinces par le Gouvernement central, je recommande, pour des raisons de transparence et d'efficacité, que la Cour des Comptes joue désormais son rôle de contrôle des finances publiques nationales et locales.
Quant à la gestion des déplacés internes et victimes des conflits armés, la politique du Gouvernement se fonde sur :
1. L'identification des personnes ;
2. L'hébergement dans les familles d'accueil, les édifices publics ou les églises ;
3. L'ouverture des camps ou sites d'hébergement ;
4. L'évaluation des besoins en produits alimentaires et non alimentaires, en eau, hygiène et assainissement ainsi qu'en santé, médicaments et éducation ;
5. La mobilisation des ressources ;
6. La distribution de l'assistance ;
7. L'appui aux familles d'accueil ;
8. La sensibilisation à une cohabitation pacifique entre les sinistrés et les communautés d'accueil ;
9. La sécurisation et la viabilisation des zones de retour ;
10. L'accompagnement vers les milieux d'origine ;
11. Et enfin, l'appui aux activités génératrices de revenus par la micro finance, la distribution des intrants agricoles et de pêche ainsi que du bétail pour l'élevage.
La question orale de l'Honorable Jean-Lucien BUSSA, loin d'être un désagrément pour le Gouvernement, m'a permis de m'adresser à l'auguste Assemblée et, à travers elle, à toute la Nation, afin de faire le point sur la gestion du pays.
Ainsi, après avoir suivi, avec une attention soutenue, le débat consécutif à ma réponse à cette question orale, je me suis appesanti aujourd'hui, à répondre aux questions pertinentes de politique générale posées par les Représentants du peuple.
Ces questions ont concerné tant la situation politique et sécuritaire que la situation sociale, économique et financière du pays.
A ce propos, j'ai souligné qu'au regard de l'évolution de la situation générale, le pessimisme et le défaitisme ne sont pas de mise, mais que les espoirs sont permis et sont à notre portée.
Par ailleurs, en attendant que les Ministres sectoriels éclairent de façon plus exhaustive l'auguste Assemblée dans un cadre approprié sur des questions spécifiques, j'ai épinglé quelques problèmes importants d'actualité, afin de relever les grandes orientations du Gouvernement.
Ainsi, j'espère avoir répondu aux diverses préoccupations des élus du peuple.
En tout état de cause, les membres de mon Gouvernement et moi-même restons à votre entière disposition pour vous informer utilement sur des sujets bien circonscrits, dans le sens de la pertinente suggestion de l'Honorable KALEMA.
Pour terminer, soyez rassurés, Honorables Députés, que vos suggestions constructives ne sont pas tombées dans les oreilles d'un sourd.
De même, je réitère le vœu que, sous l'impulsion du Chef de l'Etat, toute la classe politique travaille, la main dans la main et dans un dialogue franc, pour le développement de notre pays et le mieux-être du peuple congolais. Je vous remercie.

Jean-Lucien Busa pas satisfait de la réponse du Premier ministre
Je voudrais, du haut de cette tribune, féliciter tous les Honorables Députés pour la pertinence de questions posées et l'importance des préoccupations soulevées lors du débat du 21 avril dernier. Le consensus dégagé autour des questions soulevées par les députés nationaux a révélé l'étendue des difficultés auxquelles notre peuple est confronté alors qu'il attend du Gouvernement des réponses concrètes.
Le programme du Gouvernement approuvé par la majorité parlementaire en octobre 2008 devrait servir de base pour évaluer son action et juger de son efficacité.
En effet, les réponses que vient de donner le Premier Ministre aux préoccupations des Députés ne m'ont pas convaincu et satisfait. Il suffit de les comparer aux objectifs de son propre programme et d'observer la réalité sur terrain pour mesurer l'étendue des contre performances!
L'échec de l'action gouvernementale et l'aveu d'impuissance du chef Gouvernement n'ont d'égal que le manque de volonté politique, l'inefficacité et l'immobilisme qui le caractérise depuis son avènement, de sorte que la couverture de la demande publique demeure insuffisante et non satisfaite.
La logique de l'Etat minimal que vous venez de soutenir et qui consiste à se contenter juste du minimum, la banalisation des problèmes pourtant d'importance vitale et l'indifférence coupable qui caractérise votre gouvernement me suffoquent tant les conséquences d'une telle pratique du pouvoir sont néfastes.
D'aucuns parmi nous avaient cru que l'état des lieux que vous dressiez lors de la présentation de votre programme en 2008, procédait de la maîtrise par votre Gouvernement des causes profondes de la déliquescence de l'Etat et, par conséquent, les axes stratégiques et les actions prévues dans votre programme apparaissaient comme des remèdes idoines.
En réalité, du diagnostic posé par votre Gouvernement à la mise en œuvre de son programme, la réalité de terrain qui transparaît du vécu quotidien des congolais prouve à suffisance, s'il en était encore besoin, que ce qu'il y a de significatif, c'est l'échec.
Regroupées, les questions des Honorables Députés n'ont pas trouvé des réponses satisfaisantes de votre part.

1. Questions liées au domaine politique et réforme institutionnelle
Contrairement à l'optimisme du Gouvernement, les faits attestent :
- le rétrécissement de l'offre démocratique caractérisée par la non consolidation du processus, la remise en question de l'équilibre du pouvoir politique et de l'indépendance du pouvoir judiciaire, le non respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le rétrécissement de l'espace d'expression par la répression violente des manifestations politiques, le non accès de l'opposition aux médias publiques ;
- l'incapacité, sinon le refus d'organiser les élections municipales et locales ;
- l'incapacité de mettre en œuvre les dispositions constitutionnelles relatives à la décentralisation, à la gouvernance de proximité, au transfert des compétences et des ressources ;
- l'absence de l'autorité de l'Etat en ce que l'offre des services publics est insuffisante, à .savoir que les besoins de sécurité, de justice, de liberté et de paix restent inassouvis ;
-la faiblesse du Gouvernement et son incapacité à se saisir et à exercer tous ses pouvoirs constitutionnels, ce qui laisse la voie libre au redoutable Gouvernement parallèle maintes fois dénoncé de prendre le pays en otage ;

2. Les questions liées à la défens'e, à la sécurité et à l'ordre public
Alors que le Gouvernement s'était formellement engagé à restructurer de fond en comble l'armée, les services de sécurité et la police nationale, les réponses du Gouvernement renseignent que quatre ans après, le processus est toujours dans sa phase embryonnaire et virtuelle. L'armée nationale et républicaine aux forces dissuasives promise pour 2011 reste une illusion. Le Gouvernement s'est avéré incapable de mettre en œuvre des réformes conséquentes. Pire encore, le Premier Ministre renvoie la réalisation de cet objectif à l'échéance de 2024.
Par ailleurs, à travers une politique sélective de réintégration, de réinsertion, de brassage ou de mixage sur base ethnique ou provinciale, c'est-à-dire subjective, doublée des préjugés défavorables nourris contre les ex-FAZ, les ex-ALC et autres, le Gouvernement a exclu plusieurs compatriotes de l'armée, contraint d'autres à l'exil et envoyé plusieurs d'entre eux en prison ou ils y ont passé plusieurs mois sans motif valable ni procès.
Les forces armées de la RDC sont ainsi composées de plusieurs compatriotes dont l'effectif réel n'est pas connu. Mal payés, mal logés, mal soignés ; les militaires congolais vivent dans une misère indescriptible et le Gouvernement n'a rien fait depuis pour améliorer leurs conditions de vie. Il en est de même de l'équipement, de la doctrine ou de la discipline qui sont restés aléatoires.
Les services de sécurité sont caractérisés par un dysfonctionnement qui ne peut en rien garantir la souveraineté du pays. La police nationale dont les effectifs restent inconnus comme c'est le cas pour l'armée est totalement démunie et inappropriée pour assurer sa mission. Composée d'éléments disparates, elle ne couvre pas de manière efficiente le territoire national. Incapable de remplir les missions régaliennes prévues dans la Constitution, la police nationale devient de ce fait, elle-même source d'insécurité pour la population. Le pays a à faire à une police conduite par des officiers n'ayant pas toujours le professionnalisme requis et, pour lesquels soit le népotisme, soit le clientélisme ont été le critère de promotion.
Depuis quatre ans, l'insécurité a gagné plusieurs parties du territoire et des conflits localisés du reste mal gérés se sont multipliés et sont en train de fragmenter le pays avec risque de déstructuration sinon de démembrement. Du Sud-Kivu à l'Equateur en passant par le Nord-Kivu et la province Orientale; l'insécurité règne en maître, causée soit par les groupes armés nationaux et étrangers (FDLR, FRF, LRA, MBORORO et autres), soit par les FARDC.
Il est étonnant que le Premier Ministre soutienne sans gêne que la paix règne sur toute l'étendue du territoire national et qu'il ne reste plus que quelques poches résiduelles d'insécurité.
A l'heure où nous parlons, FIZI centre est vidé de sa population qui a fui les affrontements entre les militaires des FARDC de l'ethnie tutsie et les MAI-MAI qui défendent leur territoire, nous rapportent nos Collègues élus de la province du Sud-Kivu. Des nouvelles menaces pointent à l'horizon avec l'amplification des mouvements dits des braconniers dans la Province de Bandundu, Equateur et Kasaï. Il ne se passe pas un seul jour sans qu'il n'y ait mort d'homme, des femmes violées, des villages brûlés, des jeunes filles enlevées des populations déplacées à l'intérieur du pays comme à l'extérieur sans que le Gouvernement ne s'en émeuve. Il n'y a aucune approche anticipative ni des réponses opérationnelles adéquates. ;
S'agissant particulièrement du cas du conflit à l'Equateur, les Gouvernements tant central que provincial assument toute la responsabilité du développement de ce conflit pour n'avoir pas agi au moment où Députés, Sénateurs et Autorités coutumières les avaient prévenus et suggéré des voies de sortie de crise alors que le conflit concernait deux villages et, davantage pour n'avoir pas suivi les recommandations de l'Assemblée nationale. La quête des boucs émissaires parmi les Députés et l'arrestation de l'Honorable Oscar MOLAMBO détenu par l'ANR en violation des lois de la République, pour avoir envoyé des tôles pour la construction d'une école dans sa circonscription électorale, n'est qu'une manière de se donner une justification politique à un problème sécuritaire très mal géré par les autorités politico-militaires de la province d'une part et, d'autre part, une tentative du Gouvernement central de masquer ses failles répétées et son indifférence coupable face à ce conflit comme c'est le cas pour tant d'autres parties du territoire national.

3. En ce qui concerne la consolidation de la stabilité macroéconomique et de la croissance, la situation macroéconomique demeure encore fragile et les résultats obtenus dans ce domaine se situent en deçà des objectifs du programme.

A.Le taux de croissance du PIS est passé de 6,2% en 2008 à 2,7% seulement en 2009 contre les prévisions respectives de 8 et 5,4%. Ces résultats ne traduisent aucune performance quand on les compare avec les prévisions du programme.
Le caractère restreint de la vision des secteurs porteurs de croissance n'intégrant pas les secteurs tels que l'agriculture, l'industrie, le commerce extérieur, le transport et communication ne permet pas au pays d'exploiter de façon optimale son potentiel de croissance.
L'objectif d'une croissance robuste et durable nécessite l'amélioration du climat des affaires qui implique certes des lois et quelques mesures administratives indispensables. Cependant, sans le désenclavement des provinces par des réseaux de communication denses et fiables, il n'y a pas de développement des marchés intérieurs, pas de compétitivité nationale, pas d'attrait massif des investisseurs privés, pas de multiplication des revenus.
La non éclosion des zones économiques spéciales appuyées par la SFI pour cause des incohérences des actions des ministères du Gouvernement sont autant des facteurs que votre Gouvernement peine à maîtriser pour améliorer les performances économiques dans notre pays, au lieu de se contenter du moindre effort.;
L'immobilisme de votre Gouvernement est encore fort remarquable en ce qui concerne la dynamique d'intégration des marchés. La République Démocratique du Congo a fort à miser sur le développement du commerce et des projets industriels intégrateurs avec les pays de la sous- région de l'Afrique centrale, orientale et australe.
La volonté politique des Chefs d'Etat de la CEEAC et la SADC n'a pas été déclinée en
projets économiques, industriels et agricoles nécessaires pour impulser la croissance économique.

B. Le taux de change et l'évolution des prix à la consommation.
Honorables Députés, pour votre gouverne, le taux de change enregistré au 31 décembre 2006, dans un contexte politique gagné par les élections était de 521,25 FC pour un dollar américain. Il est à 567,47 FC le dollar américain en octobre 2008 lorsque le présent Gouvernement est investi par l'Assemblée nationale. Au moment où nous concluons ce débat, le taux de change sur le marché de Kinshasa est à 920 FC le dollar américain.
Le prix à la consommation fin période est passé de 10% en 2007, contre respectivement 27,6% et 48,7% en 2008 et en 2009 à cause notamment, de la mauvaise tenue des finances publiques et du manque d'orthodoxie dans la gestion.

4. Les questions liées au développement des provinces
- le Gouvernement a sournoisement refusé de parachever le processus électoral amorcé en 2006 et, de ce fait, il a sciemment étouffé toute initiative locale et tout élan d'auto prise en charge des entités de base ;
- manifestement, le Gouvernement central s'est assigné comme mission de déstabiliser en permanence les institutions de certaines provinces et d'asphyxier systématiquement le développement de ces dernières. Les exemples les plus flagrants sont ceux de la Province du Sud-Kivu où le Gouvernement central, d'après les élus du Sud-Kivu, impose des Gouverneurs de province qu'il fait tomber par la suite et de la province de l'Equateur où un bureau de fait de l'Assemblée provinciale a été imposé en toute irrégularité et le Gouvernement! Central non seulement a cautionné des voies de fait, mais bien plus, il ne s'est pas empêcné de traiter avec ceux qui ont pris le pouvoir en violation de la constitution et des lois de la République ;
- l'exécution sélective des projets de développement des provinces : la plus part de projets
inscrits au Budget de l'Etat n'ont jamais connu un début d'exécution de la part du Gouvernement dans certaines provinces, tandis que des fonds débloqués pour la réalisation des travaux dans une province ont été détournés au profit d'une autre sans raison valable (Cas des 13.340.576 USD débloqués pour la construction des logements sociaux)
- seules les actions financées par les Bailleurs de fonds et les ONG permettent aux provinces d'espérer, les rétrocessions aux provinces étant gérées sans contrôle et des cas de mauvaise gestion signalés par des Institutions et services compétents sont couverts par le Gouvernement central ;
- l'objectif d'une croissance robuste et durable nécessite l'amélioration du climat des affaires qui implique certes des lois et quelques mesures administratives indispensables. Cependant, sans le désenclavement des provinces par des réseaux de communication denses et fiables, il n'y a pas de développement des marchés intérieurs, pas de compétitivité nationale, pas d'attrait massif des investisseurs privés, pas de multiplication des revenus.

5. Dans le secteur du social et de la prise en charge des questions humanitaires

L'année 2010 a été décrétée par l'Exécutif : " Année du social ".
Cependant, au vu des indicateurs sociaux, le congolais moyen en 2010 est devenu quatre fois plus pauvre qu'il ne l'a été il y a 4 ans seulement, c'est-à-dire en 2006.
Tenez !
Les salaires des fonctionnaires, des soldats et policiers en valeur constante sont deux fois moins que ceux qu'ils touchaient en 2006. L'huissier, le policier et le soldat touchaient respectivement: 40.638FC, soit 86,38$US ; 21.500FC, soit 45$US et 16.000FC, soit 34$US. Aujourd'hui, l'huissier touche 40.638FC, soit 44,6$US ; le policier 34.000FC, soit. 37$US et le soldat 41.000FC, soit 45$US,
En effet, le salaire d'Huissier comme celui du Policier et du Soldat ne valent pas un sac de riz qui revient, sur le marché de Kinshasa à 45.750 FC. Celui de l'agent public de l'Etat ayant le grade de Directeur ou équivalent est de 59.923 FC, soit 65$Us, montant inférieur au carton de chinchard 20+ communément appelé THOMSON ou MPIODI qui coûte 60.784FC, soit 66$Us. Qui parmi les membres du Gouvernement peut vivre et subvenir aux besoins de sa famille avec un tel salaire payé irrégulièrement et sans autres avantages prévus dans le statut du personnel de carrière des services publics de l'Etat.
Ce niveau de salaire de mars 2010 équivaut, en valeur réelle, à la moitié du salaire
effectivement payé en janvier 2006. Pourtant, entre 2006 et 2010, le Budget de l'Etat en
ressources propres a été multiplié au moins par trois. Faut-il encore rappelé au Gouvernement que le personnel diplomatique est resté impayé depuis plusieurs mois et que les régies financières attendent leurs rétrocessions de 5 mois.
Au même moment, les prix des produits d'alimentation, de loyer et de transport dans la Ville de Kinshasa ont connu respectivement un accroissement de l'ordre de 333 %; de 200 % et 413 % entre janvier 2006 et mars 2010.
Ainsi que l'indique les données chiffrées, la population congolaise s'est davantage appauvrie en 2010 avec un pouvoir d'achat quatre fois amoindri et des salaires deux fois diminués en valeur réelle pour ceux qui travaillent encore.
Dans le domaine de la santé publique, les infrastructures sanitaires, l'approvisionnement en produits pharmaceutiques, l'administration de soins de qualité, les équipements tant de laboratoire que autres sont totalement déficients et le taux de mortalité ne cesse de croître.
Dans ce registre, la situation des provinces est encore pire que celle de la Capitale. Sauf
oubli de ma part, aucun hôpital de 150 lits par province sur les 31 prévus dans le programme du Gouvernement n'a été construit, tout comme aucun centre de santé par territoire sur les 145 prévus. La réhabilitation de trois écoles par territoire selon le programme du Gouvernement n'a pas connu un début d'exécution. Le nombre important des enseignants non mécanisés et, par conséquent impayés ainsi que des écoles non mécanisées, surtout dans les provinces démontrent la faiblesse.de la prise en charge par votre Gouvernement des problèmes récurrents du secteur de l'éducation. De même, les conditions de vie des étudiants dans les universités du pays, notamment la promiscuité, les conditions d'hygiène, l'absence de bibliothèques et de laboratoires, la vétusté des bâtiments et l'irrégularité, sinon l'arrêt de paiement de la bourse d'études sont autant des problèmes que le. Gouvernement n'a pas résolu.
Concernant l'habitat, il y a pas de logements sociaux construits pendant que la demande de logement s'est accrue.
Quant à l'emploi, il y a lieu de relever que quelques jeunes de Kinshasa ont accédé à des emplois saisonniers et précaires, mais sur l'ensemble du territoire national, le manque de perspectives en matière d'emploi a plongé les 94% de congolais en quête d'emploi dans une angoisse indescriptible.
En ce qui concerne l'eau et l'électricité, l'approvisionnement en eau potable et la desserte en électricité n'ont pas connu une évolution significative. Même dans-la Ville de Kinshasa, dans plusieurs communes, des millions de Kinois vivent tous les jours les cauchemars d'absence d'eau pour certains, et d'approvisionnement irrégulier- d'eau potable pour
d'autres. De même, l'absence de fourniture en électricité qui plonge chaque jour des parties entières de la Ville dans le noir et la systématisation du phénomène " délestage " illustrent l'échec du Gouvernement à améliorer la qualité de vie des congolais telle que préconisée par les objectifs du millénaire.
Dans le domaine foncier, le Gouvernement s'est montré incapable de résoudre les conflits fonciers de façon opportune. De même, la mauvaise prise en charge des populations déplacées est à la base des conflits fonciers. Ce qui explique le nombre croissant des affrontements entres communautés et villages dans la quasi-totalité de nos provinces.
En ce qui concerne la prise en charge humanitaire, le Gouvernement s'est montré totalement irresponsable, abandonnant les déplacés internes et les réfugiés à leur triste sort, lesquels ne doivent leur salut qu'aux interventions ponctuelles de la communauté internationale.

6. Questions relatives à la mauvaise gouvernance, à la corruption et à l'enrichissement illicite
Comme vous venez de vous rendre compte, Chers Collègues, un grand fossé existe entre le programme du gouvernement et la situation politique, sécuritaire, économique, social et humanitaire. Le contrat qui lie le Gouvernement à l'Assemblée nationale vient ainsi d'être rompu à la suite des mauvais résultats par lui enregistrés; Notre peuple attend de nous des signaux clairs en tant que Représentants de la Natiqn, pour l'aider à sortir de la crise
multiforme dans laquelle il se trouve plonger. Que pouvons-nous faire de mieux et garder la conscience tranquille si nous ne serons jamais capables de sanctionner un Gouvernement dont l'échec est patent et l'aveu d'impuissance avéré.
Pour ma part, le Gouvernement doit être sanctionné.
Pour ce faire, une motion de censure sera déposée dans les heures qui suivent et ce, conformément à l'article 146 de la Constitution.

Fait à Kinshasa, le 28 avril 2010
Honorable Jean-Lucien BUSSA Député National

NATION

PASSEES LA GREVE DES TRANSPORTEURS EN COMMUN A KINSHASA
Désormais, l'Etat et les propriétaires d'écoles plus qu'interpellés !
Les activités économiques ont repris mardi à Kinshasa, après une paralysie consécutive à une grève des transporteurs en commun, observée dans la journée de lundi 26 avril. Les principales artères de la capitale ont de nouveau été animées. Une file de véhicules, transporteurs en commun, ont, tôt le matin, commencé leur " concert " de klaxons. Conséquence positive de cette reprise de trafic, enseignants, étudiants, élèves et écoliers ont été à temps à leurs établissements respectifs. Il en a été de même pour nombre d'employés des entreprises aussi bien publiques que privées. Mais au-delà d'un droit légitime, la grève des transporteurs en commun à Kinshasa doit désormais interpeller l'Etat congolais qui a le devoir d'organiser ce secteur.
La plupart des élèves de Kinshasa n'ont pas fréquenté leurs écoles, lundi le 26 avril, à cause d'une grève des transporteurs en commun. Quelques-uns de leurs enseignants non plus. Pour l'instant, l'heure n'est plus au procès de ce comportement des automobilistes kinois, mais plutôt à chercher la leçon à en tirer. Certes, les avis divergent. Quoi que l'on dise, nombre d'observateurs sont unanimes que la plus grande leçon est celle que doivent tirer aussi bien l'Etat que des responsables des écoles. Et, dans une large mesure, les chefs des entreprises aussi.

PLUS QU'UNE INTERPELLATION
La santé, l'éducation, le transport en commun font partie des secteurs clefs de la vie sociale. A ce titre, l'Etat a le devoir de s'y investir. Malheureusement, la réalité renseigne qu'en République démocratique du Congo, les trois domaines énumérés ci-dessus font figure de parent pauvre. Pour peu que le ton paraisse dur, la santé, le transport en commun et l'éducation semblent être relégués à l'arrière-plan des préoccupations de tous les Gouvernements qui se sont succédé depuis près de trois décennies. Nous en voulons pour preuve, l'état actuel des hôpitaux et autres centres de santé du pays. Non équipés et parfois avec un personnel soignant non qualifié, la plupart de ces hôpitaux ne sont en réalité que des mouroirs.
Le même constat est fait dans le secteur de l'éducation. Malgré toutes les réformes scolaires initiées jusqu'ici, le système scolaire congolais bat de l'aile. Les enseignants, prétextant leurs mauvaises conditions de travail, notamment des salaires trop bas, n'ont pas résisté à la tentation. A partir de l'école maternelle jusqu'à l'université, la rançon et la corruption se sont érigées en système. Les parents ne sont pas en reste. Voilà qui justifie la pertinence de la thèse d'une corruption systémique. Malgré toutes les "campagnes de sensibilisation" timidement organisées pour enrayer ce phénomène, les résultats sont encore bien maigres. Dans un pays comme la RD Congo, réputée spécialiste en organisation des colloques, des Journées de réflexion, des séminaires et autres ateliers de renforcement des capacités; on semble passer à côté de vrais problèmes de la société. Conséquence, toutes ces rencontres se sont finalement transformées en un simple rituel dont le but est de plaire aux partenaires financiers extérieurs. Personne ne croit en la mise en application des recommandations de ces séminaires, colloques, ateliers et journées de réflexion. Bien au contraire, on a l'impression que ces mêmes conclusions sont archivées.
En ce qui concerne le transport en commun, le secteur donne lieu à une problématique simple. "Pourquoi l'Etat congolais s'est-il avéré incapable d'organiser ce secteur " ? Autrement dit, que faut-il faire pour que la RD Congo soit dotée des entreprises de transport en commun digne de ce nom ? Dans son édition d'hier, mardi le 26 avril, Forum des As a relayé un avis des observateurs du secteur qui pointent un doigt accusateur sur l'Etat congolais. Evoquant le bel exemple des années Sotraz (jusqu'à la fin des années 80), les mêmes observateurs ont estimé que c'est l'Etat lui-même qui a abandonné ce secteur important de la vie. En conséquence, les privés sautant sur l'occasion, fixent désormais les règles du jeu.
Toujours en ce qui concerne la grève de lundi, il y a lieu de relever que la situation a réellement été profitable pour les automobilistes cupides et malintentionnés. Car, ceux qui ont décidé de reprendre le trafic tard dans la soirée, ont augmenté le coût du billet. Les plus malheureux sont ceux des Kinois qui devaient se déplacer en taxi. Certains ont déboursé plus de 5000Fc (soit 6$Us) pour une course ordinaire de 350 Fc. C'est le cas d'un chauffeur qui a exigé 20.000Fc à un client qui l'a sollicité pour une course à Lemba Super, au départ du centre-ville. Pourtant, en temps normal, la même course vaut 1000Fc.

ET SI L'ETAT AVAIT SES BUS ?
Les conducteurs de Kinshasa connaissent bien l'Etat congolais. Ils savent que les Pouvoirs publics n'ont pas de bus. Du coût, les privés ont fini par arracher le monopole dans le secteur du transport en commun. A cause de cette insuffisance de bus, L'Etat congolais se trouve en situation de faiblesse devant un partenaire privé fort. D'où l'impératif pour les Pouvoirs publics de réorganiser le secteur de transport. Certains observateurs estiment que si l'Etat congolais avait ses propres bus en nombre suffisant, il deviendrait fort en sa qualité de puissance publique. Ainsi, une menace de grève des privés, transporteurs en commun à Kinshasa, par exemple, passerait comme un cheveu dans la soupe.
De même, les propriétaires des écoles feraient œuvre utile d'acheter des bus pour leurs établissements. Ces bus scolaires auraient l'avantage de mettre aussi bien les élèves que leurs enseignants, à l'abri des caprices des privés exploitant le transport en commun. Laurel KANKOLE

GRACE AU PAYEMENT ECHELONNE PROPOSE PAR LA DGRK
Le CSP se s’acquitte de la vignette exercices 2007-2008
Les agents et cadres du Conseil supérieur du portefeuille (CSP) disposant d'un véhicule ne seront plus inquiétés lors du contrôle de la vignette, exercices 2007-2008. Cette institution publique, à travers un partenariat avec la Direction des recettes de Kinshasa (DGRK) amorcé hier mercredi 28 avril 2010, s'est conformé à ce devoir fiscal d'une manière échelonnée tel que proposé par la régie des recettes de la capitale au terme des rencontres avec les responsables de l'Association des chauffeurs du Congo (ACCO).
" Le CSP a fait une demande pour qu'agents et cadres puissent bénéficier d'un payement échelonné ", a dit le chargé des missions adjoint de la DGRK. Bienvenu Chrysante Kindongo Kageri, s'estimant heureux de cette coopération, a laissé entendre à, ses interlocuteurs que " le devoir fiscal est une obligation pour tout citoyen et qu'en retour, l'Etat doit retrocéder à ses citoyens des droits. Cela implique la participation de tout citoyen ". Le CSP, en tant que branche du ministère du Portefeuille, en s'associant à cette opération, permet à la ville de Kinshasa de mener à bien ses projets et surtout au gouverneur de pouvoir réaliser son projet quinquennal.
La DGRK, qui vient de prendre des engagements avec une institution publique pour le payement à échelonnement, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Le chargé des missions adjoint de cette direction financière a promis de reproduire la même action dans d'autres institutions publiques et privées. " Après le CSP, nous avons contacté d'autres institutions publiques et privées. Ils ont, pour la plupart, répondu favorablement et nous seront prochainement soit au Parlement soit à la Présidence. Tout dépendra du calendrier arrêté ", a dit Bienvenu Chrysante Kindongo Kageri.
Abondant dans le même sens, le vice-président du CSP pense que le partenariat inauguré aujourd'hui entre son institution et la DGRK servira d'exemple à toutes les institutions congolaises. " Le système de paiement par tranche de la vignette permet, dans les circonstances difficiles, d'alléger la tache aux gagne-petit. Nos entreprises ont donc intérêt à suivre ce modèle ", a fait savoir ce cadre du CSP.
Répondant à la préoccupation de la presse, le chargé des missions adjoint de la DGRK a déclaré que la grève des transporteurs de lundi dernier n'a pas été la cause du bouclage forcé organisé par la DGRK pour la vignette. Dans ses explications, Bienvenu Chrysante Kindongo pense qu'il s'agissait bien de la colère des chauffeurs contre le renouvellement de la plaque d'immatriculation imposé par la Direction générale des impôts (DGI). "Bien avant cette grève, nous avions pris langue avec l'ACCO avec qui nous nous sommes mis d'accord sur les nouvelles modalités de la paye de la vignette. Nous comprenons bien les conducteurs et nous sommes descendus afin de rencontrer leurs préoccupations ", a-t-il ajouté en substance. Rachidi MABANDU

ENVOYEE DU GOUVERNEMENT AUX FESTIVITES DU 51ème nANNIVERSAIRE DE LA MORT DE L'EPOUSE DE SIMON KIMBANGU
Eglise kimbanguiste : Lukiana honore la mémoire de Maman Mwilu
*La ministre du Genre a invité les Congolaises à suivre l'exemple de la défunte épouse du fondateur de l’Eglise kimbanguiste pour un Congo fort
L'Eglise Kimbanguiste commémore depuis mardi 27 avril dernier le 51ème anniversaire de la mort de Maman Mwilu Kiawanga Nzitani, épouse du prophète Simon Kimbangu. La ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant, Marie Ange Lukiana, qui a représenté le gouvernement de la République à Nkamba, cité sainte de ladite Eglise, où se tient cette cérémonie, a loué la bravoure de cette femme pour la libération du peuple congolais initiée par son mari.

La présence de la ministre du Genre aux côtés du chef spirituel de l'Eglise kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani, a été un motif de fierté pour les femmes kimbanguistes venues d'Angola, du Congo Brazzaville et de toutes les provinces de la RDC. Marie Ange Lukiana, qui a fait preuve d'une humilité exemplaire, a honoré les fidèles de cette église dans la mesure où elle s'est inscrite dans la logique rituelle des femmes kimbanguistes. Cette occasion était donnée à la ministre du Genre de louer les mérites et l'engagement de maman Mwilu dans les actions sociales et dans sa vie de chrétienne.
" La célébration de cet anniversaire, a souligné la ministre Lukiana, revêt un caractère particulier pour les Congolais du fait qu'elle coïncide avec la commémoration des 50 ans de l'indépendance de notre pays. En effet, l'accès de la RDC à la souveraineté nationale et internationale a été rendue possible grâce entre autres aux contributions des figures féminines de proue de ce temps dont particulièrement maman Mwilu ". Cette célébration était une occasion pour l'envoyée du gouvernement d'encourager les femmes kimbanguistes pour leur ferveur chrétienne et pour leur sens de dignité ainsi que pour le travail qu'elles abattent pour le développement de la RDC. "Je sollicite ici le rayonnement du comportement exemplaire de la femme kimbanguiste au-delà de la vie de l'église pour faire bénéficier toute la société congolaise ", a déclaré Marie Ange Lukiana.
Dans son mot, la ministre du Genre a encore expliqué aux fidèles kimbanguistes la vraie valeur de la parité homme-femme prônée en cette année jubilaire. " La parité homme-femme, a-t-elle expliqué, c'est l'engagement commun et dynamique en faveur du triomphe du bien. C'est aussi ce que maman Mwilu a réalisé quand elle s'est engagée à protéger, continuer et consolider l'œuvre du prophète Simon Kimbangu, son mari ".
Au cours de la messe dite par le chef spirituel lui-même, plusieurs messages ont édifié les fidèles sur la vie de la vénérée de tous les kimbanguistes. Simon Kimbangu a, dans son homélie, invité ses ouailles au travail pour bien combattre la misère, les maladies et la mort. " Maman Mwilu nous a donné l'exemple pour montrer que toutes les femmes doivent s'adonner au travail. C'est seulement par cette voie que nous allons nous développer", a dit le chef spirituel à ses fidèles qu’il a exhorté de faire l'agriculture et l'élevage pour consommer local.
Avant cette exhortation, les femmes regroupées au sein de l'Association des femmes kimbanguistes (AFKI) ont demandé pardon pour toutes leurs transgressions quotidiennes. Elles ont ensuite sollicité l'appui de leur chef pour que toutes les femmes de l'Eglise Kimbanguiste soient remplies de sagesse et d'intelligence et pour que les jeunes craignent l'Eternel et que la paix règne, depuis Nkamba, en Afrique et dans le reste du monde.
Il faut encore retenir qu'en sa qualité du ministre du Genre et d'envoyée du gouvernement, Marie-Ange Lukiana n'est pas allée mains vides. Au chef spirituel, elle a remis 100 chaises plastiques, des bassins, des sceaux, des pagnes de la campagne " Je dénonce et de je dis non " ainsi qu'une importante enveloppe dont le montant n'a pas été révélé.
Morte le 27 avril 1959, maman Mwilu est née le 7 mai 1880 à Nkamba dans le territoire de Mbanza-ngungu, district des Cataractes dans la province du Bas-Congo. Pour son comportement exemplaire, ses nombreuses actions sociales et sa dignité de femme, l'Eglise kimbanguiste l'honore à travers trois jours de fête. Commencées depuis le mardi 27 avril dernier, les festivités marquant le 51ème anniversaire de la mort de l'épouse du prophète Simon Kimbangu se clôturent ce jeudi 29 avril 2010. Dorian KISIMBA

LIBRE OPINION:
Le conflit Kasa-Vubu - Kanza à Bruxelles revisité
Si, à l'issue des travaux de la Table Ronde de Bruxelles, bon nombre de partis politiques étaient sortis renforcés, il n'en fut malheureusement pas de même pour l'ABAKO et le cartel des partis nationalistes fédéralistes dont le leadership en était sorti divisé et affaibli. En effet, à l'instar de toute structure basée sur des élections, la formation du Bureau de la Table Ronde fut soumise à ce principe démocratique. C'est ainsi donc que Papa Daniel Kanza, le vice-président de l'ABAKO, fut élu au poste de vice-président du Bureau de la Table Ronde de Bruxelles. Comme on pouvait naturellement s'y attendre, cette désignation fut très mal interprétée par les Abakistes non avertis qui décélèrent dans l'attitude du vice-président de l'ABAKO le spectre de la trahison dans le chef de l'intéressé qui a délibérément violé le principe sacré du respect de la préséance et de l'unité de commandement qui était toujours de rigueur au sein de cette formation et qui aurait voulu que ce dernier décline l'offre en faveur de son président qui n'aurait pas été préalablement contacté. Ce malentendu engendra sans doute un climat de vive tension entre le président Kasa-Vubu et son vice-président. Il faut souligner que les deux dirigeants avaient chacun une forte personnalité. Ils ont reçu leur éducation respectivement chez les missionnaires catholiques belges Scheutistes et chez les missionnaires protestants suédois. Papa Kanza reçut en outre une formation dans la Force Publique d'où il était sorti sergent major et aide-comptable de l'armée coloniale après 21 ans de bons et loyaux services. Les deux leaders Bakongo avaient un tempérament à la fois chaud, impulsif et opiniâtre.

Rappelons aussi que déjà le vice-président de l'ABAKO n'appréciait pas le comportement de son président qui, ayant de nombreuses connaissances en Belgique, recevait énormément d'invitations auxquelles il répondait souvent le soir. Lors de ces sorties en effet, Kasa-Vubu apprenait de nouvelles idées qu'il ne partageait malheureusement pas avec son vice-président. Ce mutisme se justifiait aussi par le fait qu'il était presque impossible à Kasa-Vubu de partager tout ce qu'il apprenait avec un adjoint qui jouait au chien et au chat à son égard.
A titre illustratif, Kasa-Vubu quitta Léopoldville le 7 janvier 1960 pour séjourner à Paris jusqu'au 20 janvier sans son vice-président. Il mit son séjour à profit pour avoir plusieurs contacts avec les milieux français grâce au concours de Jacques Arnold Coquet. Ces contacts renforcèrent davantage les idées et les attentes de Kasa-Vubu sur la Table Ronde de Bruxelles : conférer à la Conférence consultative les prérogatives d'une Conférence constitutive, abroger la Charte coloniale, former un gouvernement de transition dont les animateurs sortiraient de la Table Ronde pour gouverner le Congo jusqu'à l'indépendance et élaborer la Constitution devant régir le pays, débat sur la place de l'armée au sein de la nouvelle société.
Après avoir testé sa vision en France, Kasa-Vubu arriva à Bruxelles renforcé sur sa détermination de ramener cette fois au Congo l'indépendance immédiate que l'ABAKO et lui-même prônent depuis 1956. C'est ce qui explique le fait que Kasa-Vubu ait fait passer une motion dans ce sens, lui qui considérait que la Table Ronde était vraiment constituante dans la mesure où les délégués représentaient valablement le peuple congolais. Mais malheureusement, comme le vice-président de l'ABAKO, les délégués au Cartel ABAKO - PSA et ceux des autres formations politiques congolaises n'y avaient pas été préalablement préparés, ils ignorèrent la motion. Mécontent, Kasa-Vubu sortit de la salle quitte Bruxelles le 26 janvier 1960 soir pour Liège sans prévenir ses collègues ni même ses conseillers et s'absenta pendant deux semaines à ces assises. En quittant la salle, il fut accompagné de M. Nzeza-Nlandu et de son secrétaire. Kasa-Vubu reprit sa place à la Conférence le mercredi 10 février 1960. Si Edmond Nzeza-Nlandu de l'ABAKO avait suivi le Président, Papa Kanza, d'autres délégués de l'ABAKO comme Simon Nzeza Landu et ceux du Cartel des partis nationalistes fédéralistes et tous les membres du bureau du Front commun étaient restés dans la salle. Daniel Kanza, vice-président de l'ABAKO et le bureau de la Table Ronde est demeuré impassible sur son siège ; il fait quelques réflexions sur l'ordre du jour, puis, d'une voix ferme, pousse un cri : '' qu'on ne perde pas de temps, qu'on discute de la date de l'indépendance''.
Une courte suspension de la séance permit à chacun d'ajuster ses positions. Aussitôt après la reprise, M. Kasongo, au nom du Front commun, annonça que les déclarations de M. Kasa-Vubu ainsi que ses déplacements n'engagent que sa personne, car ce dernier n'a consulté ni le Cartel ni le Front commun. Au nom de l'ABAKO, Daniel Kanza enchaîna : ''Nous avons reçu du Congrès de Kisantu la mission de représenter l'ABAKO à la Table Ronde et de tenter d'obtenir l'indépendance du Congo, en faisant préciser les modalités. Nous restons fidèles à cette mission''. C'est à l'issue de ces motions que les débats avaient repris. Jean Bolikango proclama alors la date de l'indépendance pour le 3O juin 1960. A l'instar de Patrice Lumumba, Joseph Kasa-Vubu n'avait pas assisté à ce débat au cours duquel fut fixé la date de l'indépendance immédiate dans l'unité.
Comme si rien ne s'était passé, la Conférence poursuivit ses travaux durant toute la période d'absence du Président de l'ABAKO. Même son propre vice-président s'était désolidarisé de lui, préférant continuer sa participation à la conférence, conscient que la politique de la chaise vide ne paye guère. Ce fut un désaveu général pour Kasa-Vubu. La présence de Papa Kanza dans la salle à la suite de la sortie de son président fit déborder le vase de tension entre les deux grandes personnalités de l'ABAKO. La décision de Kasa-Vubu de confisquer tout le fonds de l'ABAKO à sa disposition envenima davantage la situation tendue. Le 30 janvier 1960, Edmond Nzeza-Nlandu, Simon Nzeza et Daniel Kanza publièrent une lettre dans laquelle ils accusaient Kasa-Vubu d'être parti avec la caisse.
En fait, ni Kasa-Vubu ni Kanza, personne n'avait violé les consignes du Congrès de Kisantu, car, ABAKO et Kasa-Vubu avaient prôné l'indépendance immédiate depuis 1956. Les Bakongo ne juraient que sur le vocable indépendance immédiate.
Cependant, à deux reprises, Kasa-Vubu était parti de Bruxelles sans l'indépendance. Alors il voulait s'assurer que cette fois 'il rentrait au Congo avec le pouvoir. Raison pour laquelle il avait vivement insisté sur la transformation de la Table Ronde en une Conférence constituante de laquelle découlerait le gouvernement provisoire chargé de conduire le Congo durant la période transitoire. C'est aussi pour cette raison qu'il utilisait des stratégies extrémistes pour se faire entendre à la Table Ronde en Belgique et auprès des délégués à la Conférence et des ses partisans au Congo. Ceci, avec beaucoup de risque, car l'extrémisme lui a valu un désaveu unanime de la part de ses paires (délégués abakistes, Cartel ABAKO - PSA, Front commun) et des autorités belges, surtout qu'il avait violé les accords du Cartel ABAKO et PSA et ceux du Front Commun de la Table Ronde qui stipulaient que toute prise de position de chaque leader devait préalablement être soumise pour débat à tous les membres réunis pour consentement avant de la soumettre à la plénière sous forme de motion.
La sortie précipitée de Kasa-Vubu de la Table Ronde et la réaction de son vice-président mit en exergue les diverses tensions qui rongeaient le Comité Central de l'ABAKO. Le membership au comité était hétérogène. Il était composé d’anciens militaires de la Force Publique et d’anciens séminaristes. Ces deux catégories s'entraccusaient d'être à la solde de l'administration coloniale et des missionnaires. C'est dire donc que ce membership était divisé selon l'appartenance au catholicisme et au protestantisme et au kintwadisme (prophétisme). Les leaders catholiques souffraient d'un complexe de supériorité, s'estimant culturellement et intellectuellement supérieurs aux leaders protestants et kintwadistes. Les leaders protestants dépensaient beaucoup de leur énergie à contrer ce complexe de supériorité des catholiques. L'élite Bantandu considérait l'ABAKO comme étant son bien propre en même temps qu'elle se sentait menacée par l'élite Bayombe qui s'accaparait du leadership du mouvement depuis l'élection de Mbuta Muntu à la présidence. Cette situation mit l'ABAKO en ballottage au point de le menacer de désintégration si aucune mesure de sauvegarde de l'unité n'était prise à temps.
En vue de réhabiliter l'autorité du Président Kasa-Vubu, le Comité Central de l'ABAKO à Léopoldville dépêcha à Bruxelles une délégation composée de Messieurs Esaïe Kuyena, Vital Muanda et Raphaël Batsikama. Rappelons que le vice-président a failli suivre son président lorsque ce dernier avait quitte la Conférence. Le 8 février 1960, Vital Muanda ceint publiquement Kasa-Vubu d'une écharpe verte brodée d'or, symbole de l'unité des Bakongo et l'acte d'allégeance. Nzeza-Nlandu, Simon Nzeza et Papa Daniel Kanza publièrent un communiqué dans lequel ils reconnaissent que Mbuta Muntu Kasa-Vubu venait de présenter ses comptes qui ont été vérifiés et approuvé exacts. C'est pour cette raison que le Comité Central à Léopoldville décida de réhabiliter le leadership du président au détriment de son vice- président
La réconciliation entre le Président et son vice-président était imperceptible. Une campagne de dénigrement et d'intoxication fut déclenchée contre Papa Daniel Kanza. Pendant que Kasa-Vubu était isolé de ses pairs du Cartel et du Front Commun durant sa retraite, son absence des travaux de la Table Ronde le rendit plus populaire auprès des masses populaires bakongo à Léopoldville et au Bas-Congo. Certains extrémistes n'hésitèrent pas à aller casser les vitres de la maison familiale de Papa Daniel Kanza. Les masses populaires n'ont jamais pardonné le vice-président pour n'avoir pas suivi son président au moment où ce dernier avait quitté la salle de la Table ronde. Pour éviter l'éclatement de l'ABAKO les partisans de l'ABAKO à Léopoldville propagèrent toutes sortes de machinations du genre "Mbuta Kanza a vendu le Congo aux Belges ", car on le soupçonnait d'avoir été corrompu par les belges, ou "Mbuta Kanza a marié sa fille au Roi Baudouin 1er " ou encore "Thomas Kanza, fils aîné de Papa Kanza, a porté la main sur le Président de l'ABAKO ".
Monsieur Nsiama, photographe mukongo de Léopoldville qui habiterait à Ngiri-Ngiri, aurait développé un important lot des photos sur lesquelles il fit un montage truqué de Thomas Kanza en train de violenter le Président de l'ABAKO par étranglement. Ces cartes avaient circulé à travers la ville de Léopoldville et la province du Bas-Congo. Ayant intériorisé ces mensonges, le peuple Kongo avait été psychologiquement préparé pour haïr un de leurs héros qu'ils traitèrent finalement de vilain traître. Le 22 mars 1960, le Comité Central de l'ABAKO rendit exécutoires et publiques la révocation de Papa Daniel Kanza et la suspension d'Edmond Nzeza-Nlandu et de Simon Nzeza-Nlandu. C'est ainsi que l'ABAKO fut sauvée de la désintégration.
Abandonné par l'ABAKO, Mbuta Kanza commença à vivre dans l'isolement, loin des Bakongo (Kinsona). Comme l'a tenté Kasa-Vubu lorsqu'à partir de Liège, il invita les Bakongo à adhérer à l'ABAKO, aile Kasa-Vubu, de son côté, Papa Kanza chercha aussi à scinder l'ABAKO quand, le 7 mars 1960, il lança une autre aile au sein de la même ABAKO. Ce projet ayant échoué, il fonda son propre parti politique rassemblant tous les Congolais sans distinction de tribus, dénommé Alliance des Congolais (ALCO).
L'autorité coloniale avait trouvé un facteur positif dans les querelles entre Kasa-Vubu et Kanza ayant abouti à l'affaiblissement et à la fragilisation de leur formation indexée parmi celles déclarées radicales et extrémistes. Ce fut aussi une occasion propice pour écarter la famille Kanza de l'ABAKO, du fait que Papa Kanza fut soupçonné d'avoir idéologiquement des accointances avec son fils Thomas Kanza, un des premiers universitaires Congolais licencié en pédagogie. Il importe de rappeler que c'était Thomas Kanza alors haut cadre à la Communauté Economique Européenne (Marché Commun) qui avait conseillé les délégués congolais à la Table Ronde de créer un Front Commun pour être plus efficaces dans leur revendication. C'étai encore lui qui avait demandé à son ami Joseph Kabasele dit Grand Kallé et chef de l'orchestre African Jazz invité à Bruxelles pour agrémenter la conférence, de composer une chanson en guise de souvenir des assises. Thomas Kanza participa également à la composition de la chanson "Indépendance cha cha. Non seulement Papa Kanza et Professeur Thomas Kanza étaient impliqués dans la lutte pour l'indépendance, mais aussi Philippe Kanza, un autre fils de la famille, un journaliste qui donnait du fil à retordre à l'autorité coloniale par ses publications incisives dans Notre Congo et dans le Congo.
L'éviction de Papa Kanza de l'ABAKO fut perçue comme un mal nécessaire pour certains membres du Comité Central de cette formation qui craignaient l'influence grandissante de la famille Kanza et des abakistes d'obédience protestante au sein de l'ABAKO, et qui n'avaient jamais apprécié l'acte posé par Papa Daniel Kanza de se désolidariser de son président lors des assises de la Table Ronde de Bruxelles.
Les dirigeants de l'Eglise catholique tant à l'échelon local qu'international n'avaient pas découragé cette situation d'animosité entre Kasa-Vubu et Kanza. Car l'influence galopante de ce dernier aurait inquiété certains leaders tels que Monseigneur Pierre Kimbondo qui n'acceptaient pas du tout à l'époque, qu'un cadre protestant, fût-il Mukongo, passât comme premier Président de la République dans un pays majoritairement catholique, si Kanza avait pu accéder à la présidence de l'ABAKO. D'où, le départ de Kanza du Comité Central de l'ABAKO, ne pouvait qu'être applaudi de deux mains par les dirigeants du clergé catholique du Congo Belge et des leaders du Comité Central d'obédience catholique. Elevés dans la tradition de la guerre des religions importée au Congo par les missionnaires chrétiens et hautains et arrogants du fait d'avoir bénéficié d'une éducation classique supérieure, beaucoup de dirigeants anciens séminaristes considéraient à tort leurs pairs protestants d'incultes. Et d'ailleurs, des leaders de Bantandu au sein de l'ABAKO n'ont jamais pardonné Mbuta Kanza qui, lors des élections de 1954, a usé de son influence pour convaincre les Bamanianga et les protestants membres du Comité Central de porter leur son choix sur Joseph Kasa-Vubu à la présidence de l'Association des Bakongo.
Si Papa Kanza était resté dans le giron de Mbuta Muntu Joseph Kasa-Vubu, et or si Papa Kanza avait été élu Président de la République, le lieutenant-colonel Joseph Désiré Mobutu n'aurait peut-être pas réussi dans son entreprise du 24 novembre 1965. Lui-même ancien militaire, Papa Kanza n'aurait pas laissé la bande des officiers téléguidés par les américains et les belges se réunir nuitamment pour planifier le coup d'Etat qui a permis au Haut Commandement de l'Armée Nationale Congolaise de s'emparer du pouvoir. Pour autant que les préparatifs du coup d'Etat étaient bien connus et que Kasa-Vubu disposait des moyens pour faire échouer cette tentative dans l'œuf, mais ce dernier n'a rien entrepris pour contrecarrer la manœuvre en vue d'empêcher un bain de sang inutile.
La frustration que l'ABAKO fit subir à Mbuta Kanza et à sa famille resta gravée en lettres indélébiles pendant tout le reste de leur vie, au point même qu'ils ne s'étaient plus jamais réconciliés avec les Bakongo en général et les Bamanianga en particulier. Lorsque la campagne de dénigrement contre Papa Kanza avait atteint son paroxysme, et que Mbuta Muntu Kasa-Vubu et sa délégation avaient été accueillis en héros à Luozi et sur l'ensemble du territoire, la délégation de Mbuta Kanza en visite d'explication aux Bamanianga à Luozi en rapport avec la situation à l'ordre du jour, cette dernière, avait été déclarée personna non grata, et chassée nuitamment par leurs propres frères au point qu'elle était obligée de traverser le fleuve la même nuit pour se mettre à l'abri de la méchanceté des Bamanianga. "O Manianga, zoba" "Vo zolele vuna, wenda ku Manianga", soupira Papa Daniel Kanza à Léopoldville.
Abandonné par les siens, Papa Daniel Kanza avait définitivement tourné la page non sans avoir craché sur certains leaders lors de la réunion de réconciliation convoquée par les sympathisants de l'ABAKO, traitant ses adversaires de voyous (bizoba, bizengi, bizekele) avant de claquer la porte sans s'être réconcilié avec personne encore moins avec l'ABAKO.
Comme la réconciliation s'était avérée impossible, les Bakongo en général et les Bamanianga en particulier étaient contraints de choisir entre les deux camps. Fidèle à la philosophie qui rassemblait tous les Bakongo, à savoir ''mika mia mbwa, lambila va kimosi, sikamana va kimosi'', ils avaient opté pour l'unité de commandement dans l'ABAKO, sacrifiant ainsi le vice-président. En effet, sans cette unité, l'ABAKO aurait perdu son efficacité dans son combat pour la conquête du pouvoir qui aboutit à l'élection de Joseph Kasa-Vubu à la présidence de la République du Congo.
En fait, le conflit entre le président et le vice-président avait mis en exergue l'atmosphère de suspicion qui régnait entre les deux leaders. Le leadership du Comité Central du parti était cristallisé autour des leaders selon qu'ils ont étudié dans les écoles catholiques belges ou dans les écoles protestantes. Divisé selon l'appartenance au sous groupe ethnique kongo (Ntandu, Ndibu, Nianga et Yombe) et à la religion.
Notons que les leaders ayant étudié dans les écoles protestantes subissaient plus de discrimination de la part de l'autorité belge que d'autres du fait d'avoir été éduqués par les missionnaires étrangers que l'autorité coloniale qualifiait d'espions. C'est surtout parmi les leaders Abakistes protestants qu'on trouvait les défenseurs de la tendance intransigeante de l'ABAKO. Cependant, comme beaucoup de ces éléments ne maîtrisaient pas le français, langue de travail et de l'administration, il était difficile pour eux d'assurer le leadership à un niveau élevé. Car tout leur enseignement était fait en langue locale qu'ils maîtrisent mieux. Ainsi, pendant que les délégués catholiques avaient un complexe de supériorité grâce à leur maîtrise de la langue de Voltaire, les anciens formés chez les protestants souffraient du complexe d'infériorité, source de frustrations et d'amertume. Il n'est donc pas étonnant que les finalistes protestants s'engagent fanatiquement à tout mouvement prônant l'abolition du colonialisme.
Le triomphe du président de l'ABAKO sur le vice-président lors du conflit Kasa-Vubu - Kanza a relégué aux calendes grecques la tendance intransigeante du Comité Central de l'ABAKO. Désormais, la politique de la non violence, le nationalisme inclusif - fédéralisme et le dialogue avec la Belgique et les autres formations politiques / ethnies orientèrent l'ABAKO. L'orthodoxie visant la restauration du Royaume Kongo ou la création de la République Kongo autonome était abandonnée, ce qui permit à Kasa-Vubu d'avoir désormais la main mise sur tout le leadership de l'ABAKO. Prof. Kimpianga Mahaniah

4 bébés gorilles transférés dans un site protégé par des hélicoptères de l'ONU
Quatre bébés gorilles des plaines, une espèce très menacée, ont été transférés dans une nouvelle réserve de gorilles dans l'est de la République démocratique du Congo à bord de deux hélicoptères de l'ONU, a-t-on appris mercredi auprès de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Les quatre bébés, des orphelins âgés de 4 à 5 ans, ont été transférés mardi dans un sanctuaire construit par l'ICCN à Tayna, à environ 180 km au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (est), où ils étaient gardés dans un centre vétérinaire, selon l'ICCN.
"Pour des raisons sécuritaires et pratiques, ces gorilles ont été transportés par hélicoptère par la Monuc (Mission de l'ONU en RDC) pour ne pas les traumatiser", car avec le transport routier, "les véhicules peuvent ne pas arriver le même jour", a déclaré à l'AFP Cosma Wilungula, administrateur-délégué général de l'ICCN.
Ces bébés gorilles sont orphelins "parce que les braconniers abattent d'abord leurs mères pour mieux les capturer", a-t-il précisé, en évaluant à 2 à 3.000 la population des gorilles des plaines en RDC.
L'espérance de vie de ces gorilles va de 45 à 60 ans, et leur génome est à 98 pour cent identique à celui des humains.
L'ICCN a construit un autre sanctuaire à Rumangabo, à 50 km au nord de Goma, pour les gorilles des montagnes, une autre espèce très menacée et dont l'effectif mondial est estimé à 700, dont 200 en RDC, selon M. Wilungula.
Des groupes armés, miliciens et soldats de l'armée congolaise, présents dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est), où sont situés les Parcs des Virunga et de Kahuzi-Biega, y déciment des animaux (gorilles, éléphants, hippopotames...) notamment pour se nourrir, et abattent des arbres pour produire du charbon de bois. AFP

Madagascar: nouvelles discussions à Pretoria pour tenter de régler la crise
Les principaux protagonistes de la crise malgache étaient à pied d'oeuvre mercredi à Pretoria pour de nouvelles discussions sous l'égide de l'Afrique australe et de la France, ont indiqué des sources sud-africaines et malgaches.

"Nous avons convoqué une rencontre entre les chefs de file des mouvances de Madagascar pour encore une fois déployer nos efforts pour trouver une solution durable à la crise malgache, une solution qui soit inclusive, consensuelle", a déclaré à la presse M. Chissano.
L'ex-président mozambicain a débuté dès mardi soir à Pretoria des consultations avec l'homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, et le président évincé Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud. Il a également discuté avec les anciens chefs de l'Etat Albert Zafy et Didier Ratsiraka, arrivé mercredi à Pretoria.
"Il y aura dans l'après-midi une rencontre entre le président (sud-africain Jacob) Zuma, moi-même, le président Ravalomana et le président Rajoelina sur des questions spécifiques", puis des discussions avec les deux autres chefs de file pour les "questions générales", a précisé M. Chissano.
Les quatre hommes, sous la médiation de la France et de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), pourraient conclure un accord sur la constitution d'un gouvernement d'union nationale chargé de conduire le pays à des élections générales le plus rapidement possible, d'ici trois à quatre mois, selon un proche de la mouvance Ravalomanana.
"Ce sera l'esprit et la lettre de Maputo avec un gouvernement d'union et des ministères partagés", souligne-t-il. Le système de co-présidence et le Parlement de transition seraient cependant abandonnés, ont précisé des sources malgaches.
L'accord de Maputo tout comme celui d'Addis Abeba, signés l'année dernière et restés lettre morte, avaient pour but de sortir le pays de l'impasse politique après l'éviction en mars 2009 de Marc Ravalomanana.
Son remplacement par son principal opposant et ex-maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, soutenu par l'armée, avait été largement condamné et avait valu à Madagascar d'être suspendu de la SADC et de l'Union africaine (UA).
Si l'impasse politique est totale depuis décembre avec la décision de M. Rajoelina de remplacer le Premier ministre de consensus et d'appeler à des élections sans l'accord des trois autres parties, la situation actuelle n'est pas défavorable à l'obtention d'un accord.
Pour ce nouvel essai, la médiation jusqu'ici assurée par l'Afrique australe, l'Union Africaine (UA), l'Organisation internationale de la Francophonie et les Nations unies s'est restreinte à la SADC et à la France, représentée à Pretoria par le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet.
Le président de la commission de l'Union Africaine, Jean Ping, était cependant présent à Pretoria mercredi en tant que "garant du processus de paix", selon M. Chissano.
Cette recomposition de la médiation a permis certaines avancées. Andry Rajoelina a assuré mi-avril être prêt à suivre une nouvelle "feuille de route tracée par la France, l'Afrique du Sud et la SADC".
Car le président de la Haute autorité de transition (HAT) se voit aujourd'hui confronté à l'impatience de l'armée, à un marasme économique croissant avec la suppression des aides internationales et à des sanctions de l'UA contre son régime pour entrave au processus de sortie de crise. AFP

Rwanda: les rebelles nient tout lien avec l'opposante Victoire Ingabire
Les rebelles hutu rwandais basés dans l'est de la République démocratique du Congo ont nié mercredi tout lien avec l'opposante Victoire Ingabire poursuivie par la justice rwandaise notamment pour collaboration avec ce groupe considéré par Kigali comme terroriste.
Mme Ingabire, candidate déclarée à la présidentielle d'août prochain, est présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), un parti qui n'a à ce jour pas été reconnu par les autorités rwandaises.
"La réalité est qu'il n'y a aucune sorte de collaboration entre les deux organisations", déclarent les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dans un communiqué signé par le secrétaire exécutif de cette organisation, Callixte Mbarushimana, résidant en France.
"De telles affirmations sans fondement ne visent qu'à semer la peur, la terreur, le désarroi et les tensions au sein des organisations qui luttent contre ce régime afin qu'elles baissent la garde et abandonnent le combat", estime le mouvement rebelle.
Accusée également de nier la réalité du génocide des Tutsi de 1994, de propager l'idéologie du génocide et de prêcher la division ethnique, Mme Ingabire, une Hutu, a été arrêtée et remise en liberté conditionnelle la semaine dernière.
Le procureur général Martin Ngoga a annoncé que trois rebelles des FDLR présentés comme des complices d'Ingabire dans des plans présumés de déstabilisation du Rwanda, les lieutenants-colonels Tharcisse Mbiturende, Noël Habiyaremye et le lieutenant Jean Marie Karuta, avaient été récemment arrêtés au Burundi et seraient présentés cette semaine devant un juge.
"Les FDLR déclarent que les trois individus ont été +démarchés+ et corrompus par le régime du FPR" (Front patriotique rwandais, du président Paul Kagame), indique le communiqué.
Le texte affirme que les trois hommes "ont déserté les rangs des FDLR" depuis octobre 2007 pour Habiyaremye et depuis mai 2008 pour les deux autres.
Les FDLR, dont certains combattants ont participé au génocide des Tutsi au Rwanda, sont considérées comme l'une des pr
incipales sources de l'insécurité dans la région des Grands lacs africains. AFP

Sierra Leone : les femmes enceintes et jeunes enfants soignés gratuitement
Les services de santé de Sierra Leone ont inauguré mardi la gratuité des soins pour les femmes enceintes, les jeunes mères qui allaitent et les enfants de moins de cinq ans, dans les hôpitaux publics de ce pays ouest-africain classés parmi les plus pauvres du monde.
Cette toute nouvelle mesure a été annoncée par le président Ernest Koroma dans un discours marquant le 49e anniversaire de l'indépendance du pays, ex-colonie britannique.
La gratuité des soins devrait concerner 1,2 million de femmes et enfants, selon le directeur de la santé reproductive, Samuel Kargbo.
Ce programme de 90 millions de dollars (67 millions d'euros) est "une initiative basée sur notre conviction forte qu'un pays peut seulement assurer son avenir en sécurisant les vies de ses enfants", a déclaré le chef de l'Etat, dans un discours radio-télévisé.
"Parce que nous voulons des familles heureuses, parce que nous aspirons à un avenir plus sûr, nous supprimons aujourd'hui le paiement de la redevance pour les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants de moins de cinq ans", a annoncé le président Koroma.
"Pour que le programme réussisse, nous avons augmenté le nombre de travailleurs de la santé publique", a-t-il ajouté, en expliquant que "pour le moment, ce programme est limité aux hôpitaux publics".
La Sierra Leone, l'un des pays les plus pauvres au monde, se remet encore difficilement des ravages d'une guerre civile qui a duré 13 ans, jusqu'en 2003.
Dans ce pays voisin de la Guinée et du Liberia, l'espérance de vie des femmes est estimée à 45 ans, selon les statistiques de l'ONU.
Mardi, pour profiter du premier jour de gratuité, des centaines de femmes ont afflué dans les divers hôpitaux et cliniques d'Etat.
"C'est un bon début", a estimé une femme enceinte, Fatu James, jointe au téléphone par l'AFP à l'hôpital de Kenema, en jugeant que "le gouvernement avait démontré son sérieux pour améliorer une situation sanitaire terrifiante."
AFP


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