QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES
 

Edition n°3600
Vendredi 30 Avril 2010
BILLET

Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)

Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique.
José NAWEJ


Le «parti»
de Kamerhe ...
(28/04/2010)

Si Vital Kamerhe se fait rare dans les salons politiques kinois, son ombre n’en continue pas moins de planer sur la ville haute. Tout le week-end dernier, le microcosme politique congolais était traversé par des rumeurs sur la «sortie officielle» du parti kamerhiste. Ce parti politique annoncé de longue date mais dont l’archi élu de Bukavu n’a jamais ni confirmé ni infirmé non plus la gestation.
Alors, d’où vient que le cas Kamerhe demeure dans les esprits alors que l’intéressé n’est plus sous le coup des caméras et micros? Depuis son départ, mieux son éviction du perchoir, Vital Kamerhe est entré en hibernation. Quand il ne prend pas des cours du côté de Johannesburg, ce licencié en économie de l’Unikin prend ses quartiers dans ses fermes à la lisière de Kinshasa ou sur ses collines du Kivu. Possible qu’entre ces différents hobbies, Vital Kamerhe tisse sa toile d’araignée. Histoire de donner une suite à sa carrière. Une direction aussi? Laquelle? C’est tout l’intérêt des conjectures sur l’avenir politique de l’ancien speaker de la Chambre. Plus concrètement, Vital Kamerhe va-t-il rentrer dans les rangs kabilistes ou se frayer son chemin? C’est l’une des grandes questions de cette fin de quinquennat. Car, l’ancien feu follet du camp présidentiel n’est pas un politique ordinaire. Il y a en cet homme ce ressort qui fait qu’en politique certains acteurs sont plus égaux que d’autres.
Le problème n’est pas d’être pour ou contre Kamerhe. La question n’est pas d’aimer ou de détester l’ancien secrétaire général du PPRD. Il y a sans doute des raisons pour l’approuver comme pour le désapprouver. Seulement, quand on aura épuisé ces différentes postures s’imposera un fait, voire une évidence: Loin des lambris du pouvoir, l’étoile Kamerhe n’a pas été éclipsée. Sur la bourse politique, la valeur Kamerhe ne s’est pas dépréciée. De retour de Bukavu, un scientifique peu porté sur les joutes politiciennes zaïro-congolaises confie que dans la capitale historique du Kivu holding, Vital Kamerhe est loin d’être un has been. Bien au contraire. C’est tout dire.
José NAWEJ


«Plénière de chez nous»
(23/04/2010)

Initiée pour saluer le vingtième anniversaire de l’acte fondateur de la démocratisation, la manifestation de l’opposition a été dispersée. Autorisée? Non autorisée? Cela importe peu. A l’heure de l’évaluation, c’est un mauvais signal que Kinshasa envoie à l’extérieur. Surtout en ce moment où les ONG des droits de l’homme déversent quantité de rapports les uns plus négatifs que les autres. Les derniers brûlots de l’incontournable Human Rights Watch et de l’International crisis group sont encore frais dans nos mémoires. Quand on connaît la connexion de ces ong avec les pays qui comptent, il y a de quoi s’inquiéter.
De ce point de vue, il apparaît clairement que la Rdc n’a rien à gagner en prêtant le flanc aux critiques d’organisations des droits de l’homme. En particulier, la dispersion des sympathisants de l’opposition contraste avec la sortie en fanfare, il y a trois semaines, du PPRD à l’occasion de son dixième anniversaire. Pourquoi refuser à l’opposition républicaine ce qu’on a accordé au principal parti de la majorité? On aurait voulu donner la preuve que la démocratie était à géométrie variable qu’on ne s’y prendrait pas autrement. On aurait voulu installer l’opposition dans le rôle enviable de martyr qu’on ne se procéderait pas autrement. On aurait voulu booster une opposition pas toujours à la hauteur des enjeux du pays qu’on ne s’y prendrait pas non plus autrement. Sous Mobutu, la répression systématique de l’UDPS avait eu notamment pour effet de faire la publicité gratuite du parti cher à Etienne Tshisekedi.
D’où la question: à qui profite le zèle de certains de nos agents de l’ordre et surtout celui de leurs supérieurs hiérarchiques? En tout cas, pas au Chef de l’Etat. Ce n’est assurément pas aider Joseph Kabila que de donner au reste du monde l’image d’un régime qui réprime l’opposition. Après avoir rendu le pays fréquentable, le Raïs n’a vraiment pas besoin de tous ces boutefeux qui ternissent l’image de la RDC.
Tout se passe comme si, dans le camp présidentiel, une constellation de matamores s’était liguée à l’effet de pousser le régime à la faute. Principal artisan du relifting de la Rdc, Joseph Kabila n’a aucun intérêt à voir son pays revenir sur la liste des Etats jugés peu recommandables.

José NAWEJ


«Plénière de chez nous»
(22/04/2010)

Rideau sur le premier acte du face-à-face Muzito-Députés.En attendant le deuxième acte mercredi prochain, l’heure est à l’entracte. Pendant que les différents acteurs peaufinent leur mise en bouche, dans l’assistance, on commente les scènes passées et on suppute sur la suite de la pièce. Toute cette métaphore théâtrale pour faire droit à ceux de Congolais pour qui les débats parlementaires s’apparenteraient à du théâtre. Ils ont, sans doute, tort ces compatriotes qui empruntent ce raccourci caricatural et donc forcément réducteur.
Mais, l’establishment politique -en ce compris les élus-aurait aussi tort- voire davantage -s’il se contentait de prendre ce jugement populaire au premier degré. En recourant au registre comique pour juger le personnel politique, les Congolais expriment leur dépit. A un an de la fin du tout premier quinquennat issu des élections pluralistes, l’ordinaire de «vrais gens» n’a pas changé. La même galère pour nouer les deux bouts du mois. Dans les bas quartiers de Kinshasa, le même chemin de croix pour se déplacer et s’approvisionner en eau potable et en électricité.
Or, vu de l’homme de la rue, l’après élections devaient se décliner en terme d’amélioration des conditions de vie. Et les candidats députés d’alors n’avaient pas lésiné sur les promesses. Pour se faire élire, nombre de prétendants ont pris des engagements sans commune mesure ni avec la vocation d’un député , ni avec les ressources propres du pays. Des ponts, des routes, des écoles, des hôpitaux, et même la gratuité des soins médicaux ont été promis à des Congolais à la pauvrété légendaire.
Conséquence de ce torrent de promesses, le pouvoir post-électoral a été pris au mot. Démagogues à l’extrême, nombre de députés ont du mal à affronter leurs bases respectives, faute de résultats palpables. Une petite planche de salut tout de même pour ceux des élus des agglomérations où certains de pans de 5 chantiers commencent à être visibles. Ceux-là ont, enfin, un semblant de bilan à brandir dans un an. Le reste, c’est-à dire la majorité de députés du pays profond, sont pris au piège de leurs promesses électorales. Ceux-là risquent d’être privés de scène à la deuxiéme mandature. C’est-à- dire dans pas longtemps
. José NAWEJ


Hier desbanyamulenge, aujourd'hui des Enyele
(22/04/2010)

Au Congo-Kinshasa sans doute plus qu'ailleurs, l'histoire de rébellions est un éternel recommencement. En août 1998, l'insurrection des Tutsi congolais avait comme cahier de charges la traque de "génocidaires" hutus sur les montagnes du Kivu. A Kinshasa, on était à mille lieues d'imaginer que la croisade armée contre les forces dites négatives allait amener les insurgés jusqu'à Kitona dans le Bas-Congo. Province située à 2000km de la frontière congolo-rwandaise, le légendaire Kongo central n'hébergeait pas un seul extrémiste hutu. Le corps expéditionnaire dirigé par le général rwandais James Kabarebe -le même- effectuera un atterissage dramatiquement spectaculaire à la base militaire de Kitona. On connaît la suite.
Voilà que près de 12 ans après ce sinistre exploit de ceux qu'on appelait de façon générique "insurgés banyamulenge", apparaissent les Enyeles. Ces derniers étaient censés se battre contre une ethnie rivale pour la maîtrise de quelques étangs de poissons. Un cas récurrent en Afrique où des tribus, des clans et même des sous-clans recourent à des flèches pour régler des différends liés à l'espace vital. De fait, à en croire tous les récits, le combattant Enyele est l'archétype du guerrier traditionnel: flèche, raphia, recours aux incantations... Comme en 1998 avec les insurgés tutsi congolais, les masques Enyele n'ont pas tardé à tomber. Le dimanche de Pâques, les Enyele ont accosté à Mbandaka. Cette fois-ci, pas seulement munis de flèches. Cette fois-ci pas pour affronter leurs rivaux au sujet des étangs de poissons. Même si Mbandaka baigne dans l'eau, mais on est loin, très loin de Dongo. Depuis ce dimanche pascal, l'opinion sait que les Enyele sont tout sauf des guerriers- pêcheurs en mal d'étangs. Ainsi naissent des rébellions au Congo-Kinshasa
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José NAWEJ

















































































































































































































































































































































































































































































































































































































A LA SUITE DES ALLEGATIONS DU DEPUETE BUSA
Adolphe Muzito contre-attaque

* Selon des sources dignes de foi, le Premier ministre se réserve le droit de saisir le bureau de la Chambre basse ou toute autre instance pour obtenir réparation
*Entre-temps, en prévision de la motion de censure annoncée, la Majorité fait bloc autour du chef du Gouvernement

Il fallait s'y attendre. Les affirmations sans preuves alignées par le député Jean Lucien Busa à l'occasion de la conclusion de sa question orale ne sont pas restées sans réactions. Des sources dignes de foi indiquent que le Premier ministre pourrait saisir le Bureau de l'Assemblée nationale ou toute autre instance habilité pour obtenir réparation. Les mêmes sources renseignent que la démarche du Chef du gouvernement resterait dans le strict cadre des institutions républicaines.
Point n'est besoin de répondre à la politique spectacle par un autre exhibitionnisme qui serait indigne de la République, précise nos sources. Les accusations sans preuves proférées du haut de la tribune de la Chambre par l'élu de Budjala n'ont pas empêché Adolphe Muzito de décliner normalement son emploi du temps. Hier à la Primature, le Premier ministre a poursuivi ses activités dans la plus grande sérénité, confie un ministre qui l'a rencontré.
Si le Premier ministre se réserve le droit de saisir le Bureau ou n'importe quelle autre institution compétente, c'est tout simplement parce que sa réputation a jetée en pâture. En fait, au-delà du Chef de l'Exécutif central, c'est l'ensemble de la classe dirigeante -Parlement compris- qui a donné une image fort peu reluisante du pays. Car on ne peut pas comprendre qu'une question orale avec des matières bien précises puisse déboucher sur des attaques frontales, non contre la gestion des affaires de l'Etat, mais contre la personne même du Premier ministre. Le spectacle qui a été donné à voir en direct à la télévision est de l'avis de tous les observateurs équilibrés une dérive démocratique. L'Assemblée nationale s'étant transformée en un espace de règlement des comptes où les coups en-dessous de la ceinture l'ont emporté sur le nécessaire débat démocratique. Si le Bureau n'arrête pas cette escalade, des députés en mal de positionnement, de populisme et de sensationnel vont de plus en plus utiliser la tribune de l'hémicycle pour salir gratuitement leurs adversaires politiques. On sera en plein dans la démocrature. FDA

EN PREVISION DE LA MOTION DE CENSURE CONTRE LE GOUVERNEMENT
La Majorité décide de faire bloc autour de Muzito
* Conscient des progrès réalisés par la RDC grâce à l’action gouvernementale, la famille politique au pouvoir a résolu de jouer le jeu démocratique jusqu'au bout en apportant sa solidarité à son Exécutif

Le Premier ministre, Adolphe Muzito Mfumunsi, et son Gouvernement n'iront pas seuls aux feux. La Majorité a, en effet, décidé de faire bloc autour de son exécutif dans l’éventualité la nouvelle épreuve de la motion de censure contre l'ensemble du Gouvernement, motion annoncée mercredi dernier par le Député MLC Jean Lucien Busa dans ses conclusions sur sa question orale avec débat.
Des sources proches de la Majorité ont indiqué à «Forum des As» qu'une telle option a été levée au terme des consultations préliminaires tenues au soir même de l'annonce de la motion de censure. A l'argument de cette démarche, on avance avant tout le bilan à mi-parcours de l'Exécutif qui, selon la majorité, est bien d’être aussi catastrophique que l’a dépeint Busa. " Il faut reconnaître, honnêtement, que les résultats récoltés jusqu'à ce jour montrent à suffisance que la RDC a accompli des efforts indéniables pour sortir de la grave crise qui l'accable ", explique un membre influent de l'AMP qui a requis l'anonymat. Tout en reconnaissant aussi que ces résultats ne sont pas encore perceptibles en termes d'impact sur le vécu quotidien des Congolais, notre interlocuteur explique que la démarche de l'Exécutif évolue par phases, comme l'a expliqué le Premier ministre dans sa réplique, et les effets de ces réalisations ne pourront se manifester que dans l'évolution du processus, puisque la tendance générale est à la stabilisation de la vie nationale.
" Il est facile de mobiliser l'opinion lorsque l'on table sur les sentiments des hommes, notamment en mettant en exergue leur misère tout en leur indiquant celui que l'on pense en être responsable ", explique un autre gros calibre de la famille politique du Chef de l'Etat qui ajoute : " entre la revue de la politique générale du Gouvernement et un discours politique empreint d'émotions, il y a bien un gap qui, si l'on n'y prend garde, risque de fausser les conclusions objectives. "
Sur l'enjeu même de la censure, l'on explique aussi que la majorité ne pouvait se comporter autrement qu'en s'obligeant à une solidarité autour du bilan qui est commun et qui doit se défendre comme tel. Agir autrement serait revenu à se faire hara-kiri tout en exposant dangereusement le chef de la Majorité, le Président de la République, dont émane le programme du Gouvernement à l'exécution duquel il assure le suivi. On rappelle, à ce sujet que dans ses différentes interventions, notamment ses discours sur l'état de la Nation, Joseph Kabila ne cesse de faire le constat des évolutions qu'engrange la RDC dans sa marche hors de la grave zone de crise.

L'ESTOCADE NE VIENDRA PAS DE L'OPPOSITION
Un autre interlocuteur de Forum des As fait savoir que, dans la configuration politique actuelle, si l'Exécutif et son chef devraient être sanctionnés, il serait plus indiqué, pour la Majorité, que cela soit de l'initiative de la famille politique. Que la sanction découle d'une initiative de l'opposition aurait des connotations politiques autrement plus graves sur les plans aussi bien national qu'international. "Concrètement, en arriver à une déchéance du Gouvernement avec le concours de la Majorité - puisque l'opposition ne saura jamais y parvenir seule - consacrerait un schisme entre la majorité parlementaire et celle de l'Exécutif (à double tête avec le Président et le Gouvernement). On se retrouverait alors dans un cas de figure pouvant nécessiter une cohabitation avec tous les risques que cela comporterait en termes d'instabilité des institutions. Et, à son stade actuel, la RDC ne peut pas se permettre un tel luxe politicien". Il n'empêche, cependant, qu'à l'occasion de cette épreuve, les gens se disent des vérités, conclut notre interlocuteur qui n'en dit pas plus. Il estime simplement que, comme les Congolais, la majorité devra saisir l'opportunité de la question orale avec débat adressée au Premier ministre pour faire une autocritique afin d'ajuster, pour l'avenir, les rapports internes, notamment dans le cadre de l'accompagnement de l'action gouvernementale.
C'est certainement pour cette raison que depuis hier jeudi, des consultations se tiennent à très haut niveau au sein de la Majorité. Elles doivent se poursuivre ce vendredi.
A ce stade, aucune indication n'est encore donnée sur le jour de l'examen, à l'Assemblée nationale, de la motion de censure qui, par ailleurs, n’est pas encore déposée. En milieu d'après-midi d'hier, il était rapporté que l'initiateur de la motion avait déjà collecté 102 signatures. Il ne lui restait que 23 pour totaliser les 125 signatures requises pour garantir la recevabilité de la motion de censure. Le bureau de la Chambre basse devra alors convoquer la plénière dans les 48 heures suivant la date du dépôt de la motion.
On rappelle qu'Adolphe Muzito n'en est pas à sa première motion visant sa qualité de Premier ministre. Fin 2009, en effet, le député Clément Kanku avait présenté une motion de défiance qui avait été rejetée pour faute de procédure à la suite d'une motion du député PPRD, Pius Muabilu. Jonas Eugène KOTA

ENJEUX DE l'HEURE

ALORS QU'ON LA CROIT DIRIGEE CONTRE LE PREMIER MINISTRE ADOLPHE MUZITO
La motion de défiance de J-L Bussa vise plutôt la Communauté internationale !
RRéservée à la réplique du Premier ministre Adolphe Muzito, à la suite de la question orale de l'honorable Jean-Lucien Busa, la plénière du mercredi 28 avril 2010 crée un précédent fâcheux en ce qu'elle risque de fausser, non pas que l'activité parlementaire (les ministres et mandataires interpellés redoutant désormais le déballage en direct), mais aussi et surtout le débat démocratique tout court. En effet, justifiée au départ par les événements de Mbandaka, la question orale a dérivé sur une sorte d'état de la Nation (qui ne dit pas son nom) en raison de la diversité des points soulevés. Pour rappel, la question orale a porté sur 11 points dont la formation d'une armée républicaine et nationale, la sécurité du territoire, l'ordre public et la protection des personnes et des biens, les solutions aux conflits localisés et aux crises institutionnelles dans les Provinces, la lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite, mais aussi la politique du Gouvernement pour la relance de l'économie dans les parties du territoire national affectées par les conflits armés, la politique du Gouvernement pour le développement des provinces et la politique salariale... A peine le chef du gouvernement terminait mercredi dernier sa réponse aux 400 questions " des honorables députés nationaux suscitées par la question orale que Jean-Lucien Bussa, invité par le président Evariste Boshab à donner sa position conformément à l'alinéa b de l'article 164, a fait le choix délibéré de disqualifier sa prestation. C'est à croire que, sur ces entrefaites, il venait de prendre conscience de l'effet boomerang de son attaque à la fois contre l'Exécutif et le Législatif congolais ainsi que les partenaires extérieurs traditionnels, principalement la Monuc, l'Eupol, l'Eusec, le Fmi et la Banque mondiale !
En toute logique, pour qu'elle soit conséquente avec la réplique du Premier ministre Adolphe Muzito, la conclusion du " questionneur" devrait s'appliquer aux réponses fournies par le chef du gouvernement au cours de la plénière du mercredi 28 avril.
Dans la pratique, hélas !, les choses se passent autrement. On en veut pour preuve le fait que l'honorable Jean-Lucien Busa soit (re)monté à la tribune non pas à la Lumumba (c'est-à-dire avec des observations à faire à partir des notes prises pendant l'intervention du Premier ministre), mais avec un texte pré-élaboré, entendez apprêté anticipativement. En d'autres termes, le " questionneur " n'a fait aucun cas de la moindre explication fournie par Adolphe Muzito.
D'ailleurs, pour s'en convaincre, il est facile de constater que des 11 points au départ auxquels le Premier ministre a dû répondre, le député national a réduit de lui-même sa conclusion à 6 points ; le 6ème étant le "déballage " en règle sur les acquisitions évoquées sans le moindre souci de détails alors que pour crédibiliser pareilles accusations, on produit un certificat d'enregistrement pour tel immeuble ou un permis d'exploitation pour tel engin et, avant de quitter la tribune, on met les documents y afférents à la disposition du Bureau de l'Assemblée nationale.
Comme pour signer sa diversion, Jean-Lucien Bussa en est d'ailleurs venu à réclamer directement l'application de l'article 99 de la Constitution obligeant le Président de la République et les membres du Gouvernement " de déposer, devant la Cour constitutionnelle, la déclaration écrite de leur patrimoine familial, énumérant leurs biens meubles, y compris actions, parts sociales, obligations, autres valeurs, comptes en banque, leurs biens immeubles, y compris terrains non bâtis, forêts, plantations et terres agricoles, mines et tous autres immeubles, avec indication des titres pertinents" parce que, selon le constituant, " le patrimoine familial inclut les biens du conjoint selon le régime matrimonial, des enfants mineurs et des enfants, même majeurs, à charge du couple".
Ainsi, il a agi en violant même le principe de présomption d'innocence.

Le match se joue au niveau du débat et du vote…
Premier résultat : la conclusion a ressemblé à une prolongation de la question orale ! Et puisque le règlement intérieur ne donne nullement à la personne "questionnée " le droit de réagir, le " questionneur " a l'avantage de sortir indemne de l'épreuve, surtout avec à son profit la jouissance pleine de l'article 107 de la Constitution disposant qu'"aucun parlementaire ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé en raison des opinions ou votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions ", article renchéri par l'article 89 du règlement intérieur formulé dans les mêmes termes.
Deuxième résultat : le "questionneur " conforte son avantage en actionnant la motion de défiance applicable à un membre du gouvernement ou de censure applicable à l'institution gouvernementale. La première, selon l'article 196 du règlement intérieur, " n'est recevable que si elle est signée par un dixième au moins des membres de l'Assemblée nationale ", soit 50 signatures. Avec sa centaine de 120 députés - tous groupes parlementaires confondus - l'Opposition n'a pas besoin de la Majorité pour provoquer le débat. Par contre, la seconde est recevable quand elle est "signée par un quart au moins des membres de l'Assemblée nationale ", soit 125 députés nationaux.
Qu'on le retienne d'emblée : motion de méfiance contre le Premier ministre Adolphe Muzito ou motion de censure contre son gouvernement, c'est du pareil au même dans la mesure où la chute du premier entraîne d'office celle du second, et la chute du second entraîne celle du premier !
Le match, le vrai alors, se joue au niveau du débat et du vote qui " ne peuvent avoir lieu que quarante-huit heures après le dépôt de la motion ". La suite de la procédure est la suivante : " La motion de censure ou de défiance est adoptée à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale. Si la motion de censure ou de défiance est rejetée, ses signataires ne peuvent, au cours de la même session, en proposer une nouvelle portant sur le même objet ". Ceci dans un premier temps.
Dans le second, c'est l'article 197 qui prend la relève puisqu'il dispose que "Lorsque l'Assemblée nationale adopte une motion de censure, le Gouvernement est réputé démissionnaire. Dans ce cas, le Premier ministre remet la démission du Gouvernement au Président de la République dans les vingt-quatre heures. Lorsqu'une motion de défiance contre un membre du Gouvernement est adoptée, celui-ci est réputé démissionnaire ".
Seulement voilà : la Constitution ne permet pas l'Assemblée nationale de se défaire si facilement du Gouvernement. Pour s'en rendre compte, il suffit de "coller " l'esprit des articles 147 (traitant justement de la motion de censure contre le Gouvernement) et 148 réglant une crise éventuelle entre les deux institutions. " En cas de crise persistante entre le Gouvernement et l'Assemblée nationale, le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale ", dit la Constitution qui précise, en plus, qu'"Aucune dissolution ne peut intervenir dans l'année qui suit les élections, ni pendant les périodes de l'état d'urgence ou de siège ou de guerre, ni pendant que la République est dirigée par un Président intérimaire ".
Or nous voici justement dans l'année qui suit les élections ; ce qui laisse entendre que la dissolution de l'Assemblée nationale ne peut nullement être envisagée. Et là, l'Opposition tient le bon bout.

Carte rouge
Mais, ce bon bout ne résiste pas à la pression des enjeux. Pour la bonne et simple raison que les deux points essentiels sur lesquels Jean Lucien Bussa se base, à savoir la sécurité et l'économico-social, ne relèvent pas de la seule volonté du Gouvernement.
Membre d'un parti qui fut en son temps mouvement insurrectionnel, ce député a conscience du fait que c'est la Communauté internationale qui, au travers de l'Accord de Lusaka et de l'Accord global et inclusif, avait mis en place les mécanismes d'une armée, d'une police et des services de sécurité composites, car formés avec des militaires, des policiers et des agents de renseignements aussi bien gouvernementaux que rebelles, sous prétexte du statut identique. Conséquence : les Fardc, la Pnc et, notamment l'Anr sont en pleine structuration avec l'assistance multilatérale de la Monuc, de l'Eupol et de l'Eusec, outre l'assistance bilatérale des pays comme la Belgique, les Etats-Unis, le Japon, etc.
En toute logique, faire le procès du Gouvernement en cette matière revient à faire le procès de tous les partenaires extérieurs.
Dans le même ordre d'idées, Jean Lucien Bussa ne peut pas pratiquer l'amnésie en passant sous silence les contraintes auxquelles le Gouvernement est soumis dans le processus dit " Initiative PPTE ". Connaisseur des questions financières, monétaires et économiques - ses prestations au sein de son parti ou à l'hémicycle en témoignent - il a une idée exacte des conditions imposées à la RDC par la Communauté internationale avec, en tête, le Fmi et la Banque mondiale. Le cas le plus patent est celui des "contrats chinois ". Ce qui revient également à dire que faire le procès du Gouvernement par rapport à l'assainissement de la gestion financière, monétaire et économique sur lequel veille principalement le Fmi revient à faire en réalité le procès de Brettons Woods.
A partir de cette évidence, il ne reste plus qu'à l'admettre : la motion de défiance projetée contre le Premier ministre Adolphe Muzito ou la motion de censure envisagée contre son Gouvernement a tout d'une carte rouge donnée à la Communauté internationale, visée par l'Exécutif interposé.
Omer Nsongo die Lema Correspondance particulière

TEMOIGNAGE DE L'EXCELLENCE DES RELATION ENTRE LE MAROC ET LA RDC
Une délégation marocaine de haut rang à Kinshasa ce samedi
Une visite destinée à booster la coopération entre le Maroc et la RDC. C'est celle qu'entame, ce samedi 01 mai, le secrétaire d'Etat marocain auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. M. Mohamed Ouzzine, c'est son nom, arrive demain à Kinshasa à la tête d'une mission technique composée de hauts responsables du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération.
Preuve qu'à Rabat, on attache le plus grand prix à la coopération avec Kinshasa, l'homme d'Etat marocain aura dans sa suite le patron de l'Agence chérifienne de coopération internationale (Amci). Créée en 1986, cette agence est un outil d'exécution de la politique de coopération que se fixe le gouvernement marocain. Sous l'impulsion du Roi Mohammed VI, le Maroc n'a cessé, cette dernière, décennie de promouvoir la coopération Sud-Sud. Depuis son accession au trône, celui que les Marocains appellent affectueusement le «Roi bâtisseur» sillonne l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie pour relancer les échanges entre pays du Sud. Africain convaincu, le souverain marocain est déterminé à mettre le génie, l'expertise et l'expérience avérés du Maroc au service du continent. En échange, le Maroc entend trouver en Afrique le complément nécessaire pour son rayonnement.
Plus particulièrement, la RDC a su mesurer l'importance que le Roi Mohammed VI attache au continent. Lors de sa visite officielle en 2006, le souverain marocain a fait montre d'une solidarité concrète avec le peuple congolais qui venait de sortir d'une décennie de guerre. En toute fraternité et humilité, le Roi avait, notamment, volé au secours du secteur sanitaire en faisant don d'une ambulance médicalisée et des médicaments.
Cette visite avait posé le jalon d'une coopération plus agissante entre Rabat et Kinshasa. Le séjour du Secrétaire d'Etat Ouzzine et des hauts responsables qui l'accompagnent devrait donner un contenu beaucoup plus concret à la coopération. Et en la matière, le Maroc s'avère, à coup, sûr comme un partenaire de taille dans le cadre de la réalisation des cinq chantiers. De l'agriculture à la pêche, en passant par la santé et le génie civil, le Maroc dispose d'un éventail de compétence et de technologie dans tous ces domaines.
Après avoir été aux côtés de la RDC dans les moments difficiles -depuis l'indépendance-, Rabat est donc, en cette année jubilaire, un partenaire de choix pour le redécollage du Congo.
José NAWEJ

* Aperçu sur la coopération bilatérale entre le Royaume du Maroc et la République Démocratique du Congo
Le Royaume du Maroc et la République Démocratique du Congo entretiennent des relations traditionnelles d'amitié et de coopération qui ne cessent de se développer davantage dans tous les domaines.
Le cadre juridique régissant ces relations est largement étoffé et offre la possibilité de développer davantage les liens politiques, économiques, commerciaux et culturels entre les deux pays. Ce cadre a été enrichi, lors de la dernière visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en République Démocratique du Congo (2006), avec la signature des Protocoles d'accords suivants :
* Mémorandum d'entente pour l'établissement de consultations politiques entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays ;
* Convention relative au financement du projet de renforcement des capacités d'analyse des laboratoires de l'Office congolais de contrôle (OCC), financé par l'Agence marocaine de coopération internationale ;
* Protocole d'accord dans le domaine de la pêche maritime;
* Protocole d'accord dans le domaine agricole ;
* Protocole d'accord de coopération dans le domaine de la santé ;
* Accord de coopération industrielle et commerciale ;
D'autres projets d'accords touchant, notamment, la protection des investissements et la non double imposition sont en instance de finalisation.
Sur le plan commercial, le niveau actuel des échanges commerciaux bilatéraux reste très modeste et ne répond pas aux aspirations des deux pays et ce, malgré les opportunités offertes de par et d'autre. D'où la nécessité d'actions énergiques en vue de hisser les échanges économiques et de partenariat au niveau des relations exemplaires entre les deux pays au plan politique.
Dans le cadre de sa politique africaine de coopération Sud-Sud, fondée sur les valeurs de solidarité et d'entraide, le Royaume du Maroc a mené un certain nombre d'actions d'ordre social ou humanitaire en République Démocratique du Congo. Ces actions ont porté, notamment, sur l'organisation d'une campagne de vaccination, la réhabilitation d'infrastructures sanitaires, un don de médicaments et d'équipements médicaux ainsi que le financement des équipements des laboratoires d'analyse de l'Office Congolais de Contrôle (OCC).
Sur le plan de la formation, qui représente l'un des volets essentiels de la coopération maroco-congolaise, le Royaume du Maroc contribue à la formation des cadres congolais à travers l'octroi, chaque année, de bourses d'études dans les différents établissements de formation marocains. Il offre également des bourses de 3eme cycle ainsi que des places pédagogiques pour des études de spécialisation en médecine au Maroc. Ces bourses sont accordées par l'Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI).
Pour ce qui est des stages, plusieurs cadres congolais ont pu bénéficier d'une bourse octroyée par l'AMCI pour effectuer des stages de formation au Maroc dans le domaine des douanes et des technologies de l'espace.
En matière d'expertise, les Centres Hospitaliers Universitaires de Rabat et de Casablanca organisent régulièrement des stages de formation au profit des médecins de l'Hôpital Provincial général de référence de Kinshasa pour leur permette de se familiariser avec l'expérience marocaine en matière de santé et de gestion des grandes structures hospitalières.

CE LUNDI AU PALAIS DU PEUPLE
Adolphe Lumanu face aux sénateurs
Après le Premier ministre Adolphe Muzito qui s’est présenté respectiovement les 21 et 28 avril devant les députés nationaux, un autre Adolphe est attendu au Parlement. Il s'agit de M. Adolphe Lumanu, Vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur et Sécurité.
Cet ancien directeur de cabinet du Président Joseph Kabila devra répondre, ce lundi 03 mai à la question orale avec débat sur la création des communes et des villes, initiée par le sénateur Sessanga Hipungu. Entre-temps, à la Chambre haute du Parlement règne un climat serein.
C'est donc un Adolphe Lumanu, nouvellement entré au Gouvernement, qui devra " comparaitre " devant les sénateurs. Directeur de cabinet de Joseph Kabila, jusqu'à la date de sa nomination en qualité de Vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur et sécurité, Adolphe Lumanu devra éclairer les lanternes des sénateurs sur la création des communes et des villes en RD Congo. La préoccupation, sous forme de question orale avec débat, a été soulevée par le sénateur Sessanga Hipungu de la Majorité au pouvoir.
Contrairement à l'ambiance qui s'observe souvent en pareille circonstance à la Chambre basse, le climat est bon enfant au sénat. D'autant plus que la démarche s'inscrit dans le cadre d'une pratique parlementaire classique. Normal donc que les élus des élus du peuple puissent se saisir d'une matière touchant à la gestion de la cité. Comment se créent les communes et les villes du pays ? C'est à cet exercice que le vice-Premier ministre Adolphe Lumanu devra se livrer pour répondre aux sénateurs.
La question, sans doute, est essentiellement technique. Elle renvoie inévitablement à la loi sur la décentralisation. Cependant, on se rappelle que cette matière fait partie de celles qui ont alimenté les débats au niveau du Parlement, quant à l'éventualité d'une révision de l'actuelle constitution du pays. Celle-ci stipule, dans le premier alinéa de son article 2 : " La République démocratique du Congo est composée de la ville de Kinshasa et de 25 provinces dotées de la personnalité juridique. Ces provinces sont Bas-Uele, Equateur, Haut Lomami, Haut-Katanga, Haut-Uele, Ituri, Kasaï, Kasaï Oriental, Kongo Central, Kwango, Kwilu, Lomami, Lualaba, Kasaï Central, Maï-Ndombe, Nord-Kivu, Nord-Ubangi, Sankuru, Sud-Kivu, Sud-Ubangi, Tanganyika, Tshopo, Tshuapa. "
Par ailleurs, la constitution congolaise libelle en son article 3 que " les provinces et les entités territoriales décentralisées de la République démocratique du Congo sont dotées de la personnalité juridique et sont gérées par les organes locaux. Ces entités territoriales décentralisées sont la ville, la commune, le secteur et la chefferie… "
A propos de ce nouveau découpage territorial qui fait passer le nombre actuel de 11 provinces du pays à 25, sénateurs et députés sont unanimes pour soutenir qu'il faudrait repousser les échéances. Autrement dit, les nouvelles provinces créées et ci-dessus énumérées ne peuvent être fonctionnelles dans le contexte actuel ; plusieurs préalables devant encore être réunis.
En attendant ce rendez-vous de lundi, la plénière de ce matin au sénat est consacrée à l'examen de la proposition de loi portant réforme du système national de paiement en République démocratique du Congo
Laurel KANKOLE

SOCIETE

Alliba : Egwake Omer renoue avec sa base le 16 mai prochain
Initialement prévue pour le dimanche 2 mai 2010 dans la commune de Matete, la manifestation culturelle devant consacrer le retour aux affaires de l'Alliance des Bangala (Alliba) a été reportée au 16 mai prochain.
Des raisons d'ordre organisationnel expliquent ce report étant entendu qu'au niveau des comités sectionnaires de l'association, tous les détails ne sont pas encore réunis en termes de préparatifs. D'où, la demande de la base d'ajourner la manifestation afin de s'aménager tous les gages de succès. Il nous revient également que la charge horaire du président Orner Egwake Ya Ngembe ne lui a pas permis d'être au rendez-vous à l'échéance préalablement fixée. D'où l'impératif d'harmoniser son calendrier pour le conformer au nouveau programme.
Loin d'être affectés par ce report, les membres de l'Alliba continuent de croire en la justesse de cette action censée remettre leur association en selle après plusieurs années d'inactivité et d'effacement. Les séances de travail se poursuivent d'arrache-pied au niveau des sections pour davantage mobiliser les membres.
En attendant le 16 mai, les Bangala de tous bords réapprennent, d'ores et déjà, à communier autour de l'idéal de l'unité et de la solidarité. FDA

Roulages et chauffeurs provoquent des embouteillages sur Université
Les embouteillages demeurent le pain quotidien de la quasi-totalité des artères de la ville de Kinshasa, capitale de la RDC. Si, sur certaines artères, cela demeure le fait de l'étroitesse des routes, dans d'autres, ces embouteillages sont le fait des agents de l'ordre communément appelés " roulages " et des chauffeurs des taxis-bus.
C'est le cas de l'avenue Université à la hauteur de la commune de Ngaba, où les " pourparlers " entre 'roulages " et chauffeur, au rythme d'un accord illicite des embouteillages constatés sur cette voie à travers une " ristourne " qui cache mal sa nature. Mieux les choses se passent, plus la voie se dégage, plus les discussions se poursuivent, plus la voie est bloquée, n'en déplaise aux passagers qui se plaignent de cette pratique avilissante.
C'est de la sorte que les véhicules en provenance de Super Lemba et du Rond-point Ngaba font face à des embouteillages monstres, le matin comme le soir, à la hauteur de la commune de Ngaba. Et, cela, confient certains passagers, peur prendre de longues et interminables minutes, les plus alarmistes parlent même de plusieurs heures. Ce qui empêche à la population d'arriver à l'heure à leurs lieux de travail ou de regagner leurs domiciles de bonne heure. Sur la même voie, poursuit-on, entre Yolo Kapela et le Rond-point Bongolo, d'autres embouteillages sont garantis, cette fois-ci suite au mauvais état de la route avec des nids-de-poules béants.
Une solution doit être vite trouvée pour permettre aux véhicules de rouler avec moins des contraintes sur cette route, où il faut ajouter, à la liste précitée, le mauvais stationnement des chauffeurs des taxis et taxis-bus.
Leatitia Ngwadi/Stagiaire Ifasic

REUNION DES MINISTRES DE LA JUSTICE
Le rôle et le mandat du tribunal de la Sadc en examen
Il a été ouvert hier jeudi 29 avril 2010, au Grand hôtel Kinshasa (GHK), une réunion des ministres de la Justice de la Sadc. Cette rencontre est présidée par le ministre de la Justice de la RDC, Emmanuel Luzolo Bambi Lesa, en présence du représentant du secrétaire exécutif de la Sadc, M. Teodosio Uate, et du ministre de la Coopération internationale régionale de la RDC, Raymond Tshibanda, président en exercice des ministres de la Sadc.
Ces assises visent l’examinen du rôle, la responsabilité et le mandat du tribunal de la Sadc l’étudier des modalités d'application et d'exécution des décisions du tribunal de la Sadc.
Etant donné que la justice est l'un des piliers importants des principes du bon fonctionnement de la Sadc et contribue en même temps à l'intégration régionale et au développement, elle demeure la pierre angulaire de toute communauté économique. Il sied de signaler que cette a été initiée lors du sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Sadc pour traiter de certaines questions de la justice dans la sous-région.
En d'autres termes, les ministres de la Justice dans la zone Sadc sont appelés à réfléchir sur le fonctionnement de la Justice dans la communauté afin de répondre aux attentes du sommet.
Comme il est d'usage, les points soumis à l'examen ont été discutés par des hauts-fonctionnaires juridiques des Etats membres du 26au 28 avril 2010 à Kinshasa. Au cours des travaux les participants à cette réunion ont examiné en toute responsabilité et avec la plus grande objectivité, les conclusions soumises à leurs sanctions par les hauts-fonctionnaires juridiques des Etats respectifs.
A entendre le ministre congolais de la Justice, Emmanuel Luzolo Bambi, tout était parti du 31juillet 2009 à Pretoria à l'occasion de la dernière réunion des ministres de la Justice de la Sadc où il avait fixé rendez-vous à ses pairs à Kinshasa pour la prochaine réunion.
D'après le ministre de la Coopération régionale, Raymond Tshibanda, cette réunion n'est pas routinière, mais plutôt elle a été convoquée pour examiner les questions d'intérêt de la sous-région.
Onze Etats sur quinze participent à ces assises. Le Malawi, L'Ile Maurice et les Seychelles se sont excusés. Par contre, le Madagascar a été suspendu pour cause des troubles politiques dans le pays. Parmi les pays membres présents à cette réunion des ministres de la Justice de la Sadc, il y a lieu de citer le Zimbabwe, la Zambie, la RDC, la Tanzanie, le Swaziland, l'Afrique du Sud, la Namibie, le Mozambique, le Lesotho, le Botswana et l'Angola.

Simard Simon TSOUMBOU

LIBRE OPINION

REVISION CONSTITUTIONNELLE
Quels sont les pouvoirs du PGR sur les parlementaires ?
Dans le débat en cours sur la perspective de révision de la constitution, une question taraude les analystes : comment faire en sorte que les députés, sénateurs et autres ministres cessent d'être des surhommes, c’est-à-dire des intouchables face à la justice ? L'interrogation est suscitée par la longue procédure prévue dans la Constitution pour lever les immunités des concernés afin qu'ils se mettent à la disposition de la loi, cela suivant le principe qui veut que tous les citoyens soient égaux devant la justice. A ce jour, en effet, la justice, particulièrement le Procureur général de la République, n'a pas prise directe sur cette catégorie de citoyens congolais dont l'immunité ne peut être levée que par leurs corps, à savoir l'Assemblée nationale, le Sénat et le Gouvernement. Or, lorsqu'on se met dans l'esprit que " les loups ne se mangent pas entre eux ", comment donc résoudre ce dilemme ?
Cette problématique préoccupe également M. Joseph Mushagalusa, juriste chevronné, qui s'y penche dans cette analyse en se basant sur ce qui peut être considéré, en la matière, comme une jurisprudence : l'affaire Dreyfus en France (1888) dans laquelle le Procureur général de la France parvint à déboulonner de hautes autorités de l'Etat. Analyse.

HISTOIRE DU PLUS GRAND SCANDALE POLITICO-FINANCIER DE LA TROISIEME REPUBLIQUE FRANÇAISE
ET SON IMPACT SUR LA REVISION DE LA CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.

Je veux vous raconter l'histoire d'un scandale politico-financier de la troisième République française autour du canal de PANAMA.
Percer le canal de Panama est un projet de Ferdinand de Lesseps, connu à la fin du XIXe siècle pour avoir été l'initiateur du Canal de Suez. C'est sur le modèle de cette glorieuse réalisation que le diplomate français, déjà plus que septuagénaire, désire rejoindre les océans Atlantique et pacifique au niveau de l'isthme de Panama ; un rêve qui remonte au temps de la découverte de l'Amérique centrale par des européens. Aussi, une compagnie universelle du canal interocéanique est-elle fondée le 20 octobre 1880. Son activité doit reposer sur les fonds d'actions et d'obligations que peuvent acheter les particuliers (personnes morales ou physiques). Grâce au soutien de la presse largement subventionnée, les valeurs s'écoulent. L'envers du décor est beaucoup moins éclatant, car le chantier rencontre de grandes difficultés. Le relief du terrain est difficilement maîtrisé. Des maladies et des accidents tuent de nombreux ouvriers. Les travaux ont été sous estimés. Le canal coûte de plus en plus cher aux dirigeants de la compagnie. Le retard est devenu impossible à rattraper.
Malgré l’avis pessimiste d'un ingénieur en chef des ponts et chaussées quant à la finalisation du canal, une loi est promulguée le 09 juin 1888, autorisant le lancement d'un emprunt à lots afin de renflouer les caisses et mener le projet à son terme. C'est ainsi que vont être émises de nouvelles actions et obligations pour un montant de 600 millions de francs.
Cependant, cette bouée de sauvetage ne suffit pas. Et le 4 février 1889, la compagnie est mise en liquidation. Elle a déjà dépensé 1.400 millions de francs alors que le percement n'en est qu'à la moitié. Sa dissolution cause la ruine des 85.000 souscripteurs parmi lesquels une majorité de petits épargnants. Les dirigeants, eux, ne sont pas poursuivis pour mauvaise gestion.
L'affaire s'emballe quand une instruction judiciaire, ouverte en mai 1891, met en lumière la corruption de certains parlementaires. Le gouvernement veut alors étouffer tout scandale. Pourtant, en septembre 1892, le journaliste Edouard DRUMONT, dans la " LIBRE PAROLE ", narre les dessous du canal de Panama. Il révèle la responsabilité des parlementaires qui ont été achetés pour voter en faveur de la loi sur l'emprunt à lots. Il dénonce également le refus de ces derniers de poursuivre les dirigeants de la compagnie.
Alors que des articles accusateurs se multiplient, le garde des sceaux décide d'engager des poursuites correctionnelles contre les administrateurs et le baron Jacques de REINACH. Ce dernier se suicide dans la nuit du 19 au 20 novembre. L'homme d'affaires Cornélius HERZ, également impliqué, fuit à Londres. De nouveaux noms illustrés sont révélés dans la presse d'extrême droite, attisant un antisémitisme ambiant. Le député royaliste Jules DELAHAYE avance le nombre de 150 parlementaires liés au scandale. Une commission d'enquête parlementaire destinée à identifier les "chéquards " est créée le 21 novembre.
Au mois de décembre sont arrêtés le fils Ferdinand de LESSEPS, Charles, et l'ancien député l'Ariège, Sans - Leroy. C'est désormais une liste de 104 parlementaires corrompus qui circule.
Dans un contexte de crises ministérielles successives, le procureur général lève l'immunité de certains députés, tels que Maurice ROUVIER et Antonin PROUST, de sénateurs, comme Albert GREVY et Paul DEVES.
Le 9 janvier 1893, Charles BAIHAUT, le ministre des travaux publics, ayant favorisé le projet de loi sur l'emprunt à lots, est arrêté.
Un premier procès, celui des administrateurs de la compagnie, a lieu en janvier à la Cour d'appel de Paris. Charles de LESSEPS et Gustave EIFFEL sont défendus par le bâtonnier Barboux et Waldeck ROUSSEAU. Le 19 février, Charles de LESSEPS et son père Ferdinand, absent du procès pour sénilité, sont condamnés à 5 ans de prison et 3000 francs d'amende. Gustave EIFFEL est condamné à 2 ans de prison et 20.000 francs d'amende, le baron COTTU à 2 ans de prison et 3.000 francs d'amende.
Un vice de procédure permet aux accusés de voir leur jugement cassé le 15 "juin. Charles de LESSEPS est remis en liberté et Gustave EIFFEL obtient une réhabilitation complète.
Un second procès, consacré aux parlementaires, s'ouvre le 8 mars 1893 aux assises de la Seine. On n'y compte que 5 accusés. C'est sur la dénonciation de Chartes de LESSEPS que BAIHAUT avoue avoir touché 375.000 francs pour le dépôt du projet de loi sur l'emprunt à lots. Alors que les 4 autres accusés sont acquittés, BAIHAUT est condamné à 5 ans de prison, 70.000 francs d'amende et à la dégradation civique. Il est incarcéré à Etampes. Libéré en mars 1896, il est de nouveau emprisonné de décembre au mois de juin suivant pour non-paiement de son amende. Dans un ouvrage intitulé "Impressions cellulaires ", il s'indigne de la poursuite des activités professionnelles de Charles de LESSEPS après le plus grand scandale politico-financier de la IIIè République qui l'a conduit seul en " prison ".

Que retenir de cette histoire ?
- Que le rôle de la presse a été déterminant dans la révélation des faits.
- Que le rôle du Procureur général n'était pas négligeable car c'est lui qui avait compétence de lever l'immunité des députés et sénateurs.
- Que les ministres et parlementaires ont été effectivement traduits en justice et condamnés.
Pareil procès peut-il se dérouler en RDC sous la IIIè République ? Oui, mais !
Sous le régime de la constitution du 04 avril 2003 dite constitution de la transition
Aux termes de l'article 144, les membres du gouvernement autres que le Président de la République et les Vice-présidents sont pénalement responsables des actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions (al.l).
Ils engagent leur responsabilité personnelle en cas de haute trahison, de violation intensionnelle de la constitution, de détournement de deniers publics, de concussion ou de corruption (alinéas 2). Cependant, ils ne peuvent être poursuivis pour les infractions visées à l'alinéa 2 du présent article ou pour toute infraction à la loi pénale commise en dehors de l'exercice de leurs fonctions que s'ils ont été mis en accusation devant la Cour suprême de justice par l'Assemblée Nationale se prononçant à la majorité de 2/3 des membres la composant.
En ce qui concerne les députés et sénateurs, l'article 145 décide qu'ils ne peuvent, pendant la durée des sessions, être poursuivis ou arrêtés, sauf en cas de flagrant délit, qu'avec l'autorisation de l'Assemblée Nationale ou du Sénat selon le cas (l'alinéa 2) et qu'en dehors des sessions, l'autorisation est donnée par le Bureau de l'Assemblée nationale ou du Sénat (alinéa 3).
Sauf oubli ou manque d'information de notre part, nous n'avons pas connaissance d'un ministre ou d'un parlementaire qui aurait été poursuivi sous le régime de la constitution de transition alors qu'il est difficile de soutenir que personne de cette catégorie de citoyens n'a commis d'infraction ou au moins d'acte répréhensible.

Sous le régime de la constitution du 18 février 2006

Le système est plus compliqué. Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être poursuivi ou arrêté qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale ou du Sénat selon le cas, sauf en cas de flagrant délit (art.107 al. 2). En dehors de session, l'autorisation est donnée par le bureau de l'Assemblée ou du Sénat (art 170 al. 3).
Aux termes de l'alinéa 2 de l'article 166, " la décision de poursuites ainsi que la mise en accusation des membres du gouvernement sont votées à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale suivant la procédure prévue par le règlement intérieur ".
Le Règlement intérieur verrouille d'avantage. Son article 90 décide ainsi en ce qui concerne la levée de l'immunité parlementaire:
Il est constitué, par la plénière, une commission spéciale chargée de l'examen de toute demande de levée de l'immunité parlementaire ou de suspension des poursuites déjà engagées à charge d'un député.
Le Bureau désigne les membres de ladite commission en tenant compte de la représentation paritaire des groupes parlementaires.
La commission entend le député concerné qui peut se faire assister par un Conseil ou par deux de ses collègues.
Aux débats ouverts sur les questions de l'immunité parlementaire, n'y prennent la parole que le rapporteur de la commission spéciale, le Procureur général près la Cour de cassation, le député concerné ou son représentant, deux orateurs pour et deux orateurs contre.
«Les conclusions de la commission spéciale font l'objet d'un rapport écrit soumis à l'Assemblée plénière qui en délibère à huis clos ...".
S'agissant de la mise accusation des membres du gouvernement autres que le Premier ministre, l'article 199 du Règlement intérieur de l'Assemblée Nationale décide que c'est celle-ci qui " peut mettre en accusation un Vice Premier ministre, un ministre d’Etat, un ministre, un vice-ministre ou un ministre délégué devant la Cour de cassation (alinéa 1) et que la décision de poursuites ainsi que la mise en accusation de ces personnes sont votées à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale " suivant la procédure prévue aux alinéas 2 à 4 de l'article 151 " du Règlement intérieur" (alinéa 2).
Toutes ces règles ressemblent à des verrouillages qui rendent certaines personnes " intouchable" et les éloignent du principe de l'égalité des citoyens devant la loi pourtant aussi proclamé par la constitution, (article 12).

Conclusion
Comparaison n'est pas raison, dit-on. Alors que le Procureur général de la IIIe République française avait compétence de lever l'immunité parlementaire, son collègue de la IIIe République congolaise doit s'expliquer devant les parlementaires pour obtenir la levée de l'immunité parlementaire d'un député.
Il semble que cette levée ne s'obtient jamais. Dans sa mercuriale sur les outrages envers les autorités publiques et les offenses envers le Chef de l'Etat prononcée à l'audience de rentrée judiciaire de la Cour Suprême de justice du mois de novembre 2007, Monsieur le Procureur général de la République, Tshimanga Mukeba, épinglant les causes qui contribuent au dysfonctionnement de la justice dans notre pays, a cité, entre autres :
1- La multiplication des immunités et des privilèges de juridictions accordées à plusieurs catégories de citoyens qui empêchent la justice d'exercer effectivement l'action publique sur ceux-ci, donnant ainsi l'impression d'assurer l'impunité à leur égard.
2- Le manque de collaboration entre institutions. Il a donné l'exemple de " plusieurs réquisitoires du Procureur général de la république adressé au Parlement pour solliciter la mise en accusation devant la Cour Suprême de justice de certains bénéficiaires de ces immunités n'ont jamais reçu de suite avec cette conséquence que les victimes des faits infractionnels dont ils se sont rendus coupables et qui ne peuvent être dédommagées accusent le Parquet général de la République d'apathie et d'immobilisme."
Ainsi, les immunités apparaissent comme des garanties accordées aux grands " Kuluna " et pour ne réserver le programme " tolérance zéro " qu'aux petits " Kuluna " qui s'adonnent à des agressions physiques contre les noctambules de la cité pour voler des téléphones, des boucles d'oreilles...
Maintenant qu'on réfléchit sur la révision de la constitution, il serait indiqué que soient révisées, dans le sens de les alléger, les dispositions constitutionnelles vérouilleuses de la justice. Tant que des parlementaires et ministres peuvent commettre des infractions et rester impunis, personne n'acceptera qu'il y a lutte contre l'impunité. Et à l'avenir, on se trouverait plus dans la presse, parlant des députés, des titres comme " R.D. Congo. " Enfants gâtés de la République ". Textes de la loi mal préparés, absentéisme, soupçons de corruption...

Joseph Mushagalusa
Juriste

 

SOCIETE

Fidèle Sarassoro plaide pour la fin des crises humanitaires dans l'Est de la RDC
Les conséquences des catastrophes humanitaires dans l'Est de la République Démocratique du Congo nécessitent des interventions impératives. Le nouveau Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies, en charge de la coordination des Affaires humanitaires, Fidèle Sarassoro, s'est rendu en visite officielle du 22 au 27 avril 2010 dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, pour s'assurer que les mesures voulues soient prises pour protéger les populations.
Avec les autorités de la province du Nord Kivu, des officiels de la MONUC, les casques bleus, les acteurs humanitaires ainsi que des membres de la société civile, M. Sarassoro a évalué les actions humanitaires générales menées sur le terrain, et en particulier la situation des personnes déplacées dans les camps de Sake et des retournés de Kitshanga.
Il s'est fait expliquer le contexte humanitaire difficile, le travail des casques bleus de la MONUC, les difficultés auxquelles ils font face; le succès, les failles et les défis des opérations militaires conjointes FARDC-MONUC-AMANI LEO.
Le représentant du Secrétaire général a loué les actions humanitaires menées dans cette province et les efforts fournis jusqu'ici, qui ont abouti, tant soit peu, à la paix et au retour de nombreux déplacés et refugiés dans leurs milieux d'origine.
Malgré ce retour progressif de la paix, les populations du Nord Kivu s'inquiètent, notamment de la réduction programmée des effectifs de la MONUC dans le cadre de la reconfiguration de la Mission. Des notables de Kimua et Walikale ont exprimé ces inquiétudes dans un rapport, demandant à M. Sarassoro de "supplier l'ONU de ne pas retirer ses troupes dans l'immédiat " parce que, selon eux, " leur territoire constitue, toujours, un terroir pour les forces négatives et un mouroir pour les populations."
Réagissant à ce rapport, M. Sarassoro a indiqué que tout le monde attendait les conclusions des consultations entre le gouvernement congolais et la délégation du Conseil de Sécurité qui doit arriver incessamment à Kinshasa. " Les populations sont inquiètes. Il faut les rassurer. La rumeur d'un départ précipité de la MONUC les met mal à l'aise ", a-t-il souligné.

Mêmes inquiétudes, mêmes préoccupations
Les mêmes préoccupations ont été réaffirmées par les populations de Rutsuru et de Masisi. A Kitshanga, plus de 7.000 ménages des retournés ne savent pas rentrer dans leurs milieux d'origine à cause de l'insécurité provoquée par les opérations militaires et les actes de répression des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) sur les populations civiles. " Nous souhaitons que le dernier casque bleu quitte le Nord Kivu avec le départ du dernier FDLR pour le Rwanda ", a fait remarquer un habitant, M. Ndengo, ''aviateur'', président du camp de Kahe.
Dans le chef lieu de la province du Sud Kivu, Bukavu, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies a discuté tour à tour avec ses différents interlocuteurs de la situation sécuritaire, des questions de protection des civils et des violations des droits de l'Homme ainsi que de l'évolution du programme de stabilisation (STAREC).
En ce qui concerne la situation sécuritaire, trois principaux points ont été abordés : la présence des éléments Mai Mai Yakutumba dans le territoire de Fizi, où ils persisteraient à s'opposer au processus de désarmement et aux opérations Amani Léo ; la menace de nouvelles coalitions armées dans le Territoire de Shabunda, ainsi que de nombreux écueils dans l'éradication (définitive) des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR).
M. Sarassoro et sa délégation se sont rendus dans le groupement d'Ikoma, dans Territoire de Walungu, afin de s'imprégner des résultats accomplis par les acteurs humanitaires dans le cadre de l'évolution du plan de stabilisation et de la sécurisation de l'Est de la RDC, ainsi que pour rencontrer les autorités locales impliquées dans l'avancement de ce programme.
" De tous les briefings que j'ai reçus, je comprends qu'il y a nécessité de renforcer la coordination. En qualité de Coordinateur humanitaire et Coordinateur du Système des Nations unies, mon rôle sera de m'assurer qu'il y aura une synergie efficace dans l'intervention des acteurs humanitaires et également des acteurs de développement ", a rassuré M. Sarassoro, au terme de sa première visite de travail en RDC. AFP/Monuc

La RDC est la "capitale mondiale du viol", selon l'envoyée spéciale de l'ONU
L'envoyée spéciale de l'ONU pour les violences faites aux femmes et aux enfants dans les conflits, Margot Wallström, a qualifié mardi la RDC de "capitale mondiale du viol" et appelé le Conseil de sécurité à agir pour mettre un terme à ces violences.
"Si les femmes continuent de subir des violences sexuelles, ce n'est pas parce que la loi n'est pas en mesure de les protéger, mais parce qu'elle est insuffisamment appliquée", a-t-elle dit devant les 15 membres du Conseil de sécurité.
"Les femmes n'ont pas de droits si ceux qui violent leurs droits demeurent impunis", a-t-elle ajouté, alors qu'elle rendait compte aux membres du Conseil de sécurité de sa récente visite en République démocratique du Congo (RDC).
La RDC est "la capitale mondiale du viol", a-t-elle déclaré. "Les femmes n'y sont toujours pas en sécurité, sous leur propres toits, dans leurs propres lits, lorsque la nuit vient".
Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a indiqué la semaine dernière qu'au premier trimestre, 1.244 femmes avaient rapporté à l'ONU avoir été violées, soit "près de 14 viols par jour en moyenne" et à peu près autant que pendant la même période en 2009.
Margot Wallström, envoyée spéciale de l'Onu, alors vice-présidente de la Commission européenne, le 16 octobre 2008 à Deauville
Plus d'un tiers des viols enregistrés ont eu lieu dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC, où les violences ont fait 1,4 million de déplacés dont 100.000 vivent dans des camps gérés par le HCR.
Depuis 1996, 200.000 cas de violences sexuelles ont été dénombrés officiellement, selon l'organisation.
Margot Wallström, figure du parti social-démocrate suédois qui a passé 10 ans à la Commission de Bruxelles, a expliqué lors de l'annonce de sa nomination en tant qu'envoyée spéciale de l'ONU fin janvier qu'elle voulait agir pour que ces violences faites aux femmes soient bel et bien reconnues comme des crimes de guerre. AFP

ECHOS D'OTRE-TOMBE
Enoch Bavela : «Le Gouvernement doit appliquer l’accord de Mbudi»
Enoch Bavela Vuadi, ingénieur de formation. Voilà un illustre disparu que les Congolais n’oublieront pas de sitôt. Autrefois l’un des syndicalistes les plus réputés en RDC, il avait vite fait de rallier la cause de l’opposition pour combattre le «dictateur Mobutu» jugé à la base de la misère des travailleurs congolais. Découvert lors des travaux de la CNS (Conférence nationale souveraine) grâce à son radicalisme face au pouvoir de Mobutu, il se permit, à la suite du crash d’un avion sur le marché Type K le 08 janvier 1996, de défier publiquement le maréchal Mobutu au temple du centenaire protestant. Ce qui lui valut, comme il fallait s’y attendre, un sérieux passage à tabac de la part des éléments de la DSP (Division spéciale présidentielle), un emprisonnement d’où il réussit à s’évader. Le cinquantenaire de la RDC, il le réduit, lui, à la cause des travailleurs.


Avez-vous un message à transmettre aux travailleurs à l’occasion de la journée du 1er mai?
Bien entendu, vous savez bien que j’avais consacré toute ma vie à la lutte des travailleurs congolais paupérisés et chosifiés par le dictateur Mobutu. Mais, je constate que même après Mobutu, les travailleurs congolais continuent à souffrir. Face à cette situation, n’attendez pas de moi que j’aie ma langue en poche. Raison pour laquelle je n’y vais pas par quatre chemins: le Gouvernement doit appliquer l’accord de Mbudi. Car, je ne peux pas comprendre qu’il n’y ait d’argent que pour les politiciens et non pour les travailleurs qui attendent depuis la transition «1+4» le fameux accord dit Mbudi conclu avec le Gouvernement congolais, représenté à l’époque par le vice-président Arthur Z’Ahidi Ngoma que je salue en passant pour son courage. A mon sens, seul le Gouvernement qui parviendra à exécuter cet accord tel que conclu recevra tous les honneurs. Car, jusque là, il n’y a que des promesses et parfois des tentatives en termes de paliers. Mais, les députés ont débuté le mandat avec 1.500 Usd pour se retrouver aujourd’hui à 6.000 Usd.

Mais, ne pensez-vous pas que le moment ne soit pas indiqué avec le point d’achèvement?
Il faut, dans la vie, savoir éviter de danser une musique composée par d’autres. Connaissez-vous un seul pays qui se soit développé grâce au Fonds monétaire international et qui s’en est tiré sans dette? Et puis, lorsque les Blancs tentent d’effacer votre dette, c’est qu’ils ont déjà trouvé un autre mécanisme pour vous maintenir dans le même joug de la servitude. En plus, c’est du déjà entendu sous la deuxième République avec la rigueur de Kengo wa Dondo qui nous avait appris à serrer la ceinture jusqu’à ce qu’elle se rompaît. Mais, nous n’étions pas, pour autant plus heureux qu’avant. Et c’était toujours avec le même FMI (Fonds monétaire international). Chose curieuse, à chaque fois, le FMI semble toujours s’opposer à l’augmentation des salaires des travailleurs sous des prétextes fallacieux. L’atteinte du point d’achèvement ne doit surtout pas se muer en obstacle à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Pour moi, point d’achèvement ou pas, on doit se préoccuper comme il faut du sort des travailleurs congolais, surtout en cette année décrétée année du social par le chef de l’Etat lui-même.

A l’époque du maréchal Mobutu, vous sembliez plus opposant que syndicaliste aux yeux de certains
Cela était compréhensible dans la mesure où le maréchal Mobutu était le responsable numéro un de la misère de la population en général et des travailleurs en particulier. Il était donc tout à fait normal que nous soutenions ceux qui le combattaient, c’est-à-dire les opposants comme nous l’avions fait avec l’AFDL à son arrivée. Car, l’union fait la force, dit-on. Voilà pourquoi je me permettais, plus que bon nombre d’opposants, de défier publiquement Mobutu pour lui dire ce que je pensais de lui. Cela m’avait valu un passage à tabac grandeur nature, un emprisonnement. Heureusement que grâce certaines relations, j’avais pu m’échapper. Mais, les militaires de Mobutu ne pensaient qu’à me tuer. C’est pourquoi, je formule le voeu que plus jamais les travailleurs congolais ne passent des moments aussi difficiles qu’à l’époque de Mobutu. Il appartient au pouvoir de tirer les leçons du passé pour que cela ne se reproduise plus au Congo.

Un mot sur le cinquantenaire de la RDC qui sera célébré le 30 juin 2010 et dont les festivités sont déjà en préparation
Je voudrais simplement souhaiter une très bonne fête aux Congolais, mais je souhaite que l’on n’ emprunte pas la même voie que Mobutu à travers de grandioses fêtes tout en oubliant de s’attaquer à l’essentiel, à savoir le bien-être de la population. On doit bannir l’ère des jouisseurs pour inaugurer celle du travail bien fait et bien rémunéré afin que les travailleurs congolais vivent de leurs salaires et que la corruption n’ait plus droit de cité en RDC. Vu sous cet angle, le cinquantenaire devrait permettre de marquer un temps d’arrêt en vue de méditer sur toute la période qu’a traversée le Congo et repartir du bon pied en évitant toutes les erreurs du passé. Cet événement devrait ainsi être placé sous le signe de la méditation. Cela parce que la vraie fête consisterait à accorder des primes conséquentes aux travailleurs et ces primes devraient être payées avant le 30 juin 2010 pour que chaque famille puisse, à sa manière, méditer sur le cinquantenaire. Il ne faudrait donc pas que la fête du 30 juin 2010 ne profite qu’à quelques uns, c’est-à-dire aux dignitaires du régime comme au bon vieux temps du mobutisme. Au delà de tout, le plus important pour moi, c’est l’engagement de tout un peuple à ne plus retomber dans les mêmes erreurs.

Autre chose à ajouter?
C’est seulement d’inviter le peuple congolais à ne pas perdre courage et à prendre conscience que son avenir demeure entre ses mains. Surtout que depuis 2006, pour accéder au pouvoir, il faut passer par les urnes, c’est-à-dire par la sanction du souverain primaire. Ce qui constitue un grand atout pour le peuple qui peut, désormais, sanctionner négativement les politiciens pour n’accorder sa voix ou sa confiance qu’aux plus méritants, à savoir ceux qui oeuvrent réellement pour le bien-être de la population. C’est lorsque cette sélection sera permanente que les politiciens s’emploieront effectivement à oeuvrer pour l’amélioration des conditions de vie de la population en arrêtant avec l’enrichissement illicite ou sans cause qui découle généralement d’une corruption généralisée. Tout est donc entre les mains du peuple qui doit détenir le vrai pouvoir à travers des représentants dignes de ce nom et non des politicailleurs impénitents. M. M.

SOCIETE

SPOLIATION DES ESPACES RESERVES A L'AGRICULTURE
Maj Kisimba Ngoy pour un cadre de concertation interministériel
Le ministre des Affaires foncières, Maj Kisimba Ngoy, a exprimé, devant le Comité de l'Union nationale des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs du Congo (Unagrico), dont les membres sont victimes de spoliation de leurs espaces de production, la ferme volonté de l'Etat de les accompagner dans leurs efforts déjà entrepris.

En cette année du social décidée par le Chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange, où le manger est une des priorités, leur a dit Maj Kisimba Ngoy au cours d'une rencontre jeudi, dans son cabinet de travail, l'Etat n'est pas resté indifférent à leurs droits. L'heure, leur a-t-il dit, est à la campagne de sécurisation et de la protection, notamment des faibles.
Le ministre des Affaires foncières, qui s'est dit conscient de la spoliation généralisée des sites réservés à l'exploitation agricole autour de la ville de Kinshasa, a expliqué à ses interlocuteurs le sens de cette rencontre qui constitue une simple prise de contact dans le but de créer un cadre de suivi, compte tenu de la multiplicité des cas des inciviques qui ne veulent pas rester dans le cadre de la loi. Mais l'autorité, leur a-t-il rassuré, n'est pas restée bras croisés face à ces antivaleurs qu'elle est déterminée à combattre.
C'est pourquoi il les a invités à se regrouper pour savoir défendre leurs droits. Et de lui soumettre aussi leur mémo contenant leur organisation et activité, les difficultés rencontrées et les sites qui posent problème. Ce qui lui permettra de voir comment associer les représentants d'autres ministères cités dans la déstabilisation de leurs activités afin de siéger ensemble pour trouver une solution durable à leur problème.
Auparavant, il leur a parlé de la détermination du Gouvernement congolais pour le redressement de la Nation avec les efforts de chaque secteur d'activité national. Les chefs des circonscriptions de N'Sele/Maluku et de la Tshangu, ainsi que leurs Chefs de division de cadastre ont assisté à cette rencontre.
FDA

ARRIVE HIER A KINSHASA
John Holmes en RDC pour évaluer la situation humanitaire
Le Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies a annoncé l'arrivée, hier jeudi 29 avril, du Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, en RDC pour une visite de cinq jours. Au cours de son séjour congolais, indique OCHA, John Holmes aura des entretiens avec des officiels congolais. Il effectuera également des visites de terrain. Notre source note qu'il se rendra successivement à Bukavu et Mwenga dans le Sud-Kivu, à Dungu, Niangara et Kisangani dans la Province orientale ainsi que Dongo et Mbandaka dans la Province de l'Equateur.

La sécurité des humanitaires mises en cause à Fizi
OCHA note que la situation sécuritaire nuit à l'action humanitaire dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu avant de souligner que les acteurs humanitaires, tout comme leurs activités, sont devenus la cible des hommes en arme. De même, les populations civiles sont victimes des exactions de ce gens. A en croire OCHA, cette situation a provoqué le déplacement de quelque 6.000 ménages de Fizi centre, selon la Croix-Rouge locale.
Cependant notre source, révèle que les FARDC sont accusés de nombreuses exactions sur les populations civiles et auraient en outre pillé des structures construites et appuyées par des acteurs humanitaires au lendemain des affrontements du 13 avril.
Pour sa part, le Programme alimentaire mondial (PAM), à travers son partenaire Caritas Uvira, a distribué des rations de vivres pour 30 jours à 3692 ménages retrouvés à Langala et Rubanga dans les moyens plateaux d'Uvira.

La protection des civils, une préoccupation au Nord-Kivu
Les humanitaires notent que la protection des civils reste une préoccupation dans la province du Nord-Kivu. Selon la source, des cas des travaux forcés imposés par des éléments des FARDC sont signalés dans les territoires de Lubero et Masisi. Pendant ce temps, les acteurs humanitaires dénoncent le non respect du caractère civil de la plupart des sites de déplacés dans le territoire de Masisi. La présence des éléments FARDC et de la Police nationale est souvent signalée dans ces sites. Ils signalent que d'importants mouvements de déplacement de populations sont observés dans le territoire de Walikale. Le comité de déplacés signale l'arrivée de 943 nouvelles familles déplacés. Tous ces ménages fuiraient les menaces d'exactions et des pillages sur le tronçon Nyasi - Katoroka -Musenge. Mathy MUSAU

Congo-Brazzaville : statu quo pour les 114 000 réfugiés de la RDC
Environ 110 000 personnes originaires de la région de l'Equateur, en RDC (République démocratique du Congo) sont toujours réfugiées sur les rives du fleuve Oubangui côté Congo-Brazzaville. Sans perspective de retour pour l'instant, la situation sanitaire et humanitaire n'a guère évolué depuis plusieurs mois et risque même de s'empirer.

Quelle est la situation actuelle au Congo-Brazzaville ?
Depuis le mois d'octobre pendant lequel ont eu lieu des affrontements dans la région de l'Equateur en RDC, la situation a peu évolué pour les 110 000 personnes venues se réfugier le long du fleuve Oubangui, au Congo-Brazzaville voisin sur un axe nord/sud. 55 000 personnes ont été recensées par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations-Unies (UNHCR) dans le district de Bétou, au nord, mais elles ne bénéficient toujours pas du statut de réfugiés. Aujourd'hui, elles n'ont droit qu'à une carte d'accès aux distributions alimentaires et de matériels de première nécessité. Dans le district d'Ipfomdo, au sud, l'enregistrement a été suspendu en raison de problèmes d'insécurité dans la région de Mbandaka. Environ 34 000 personnes vivraient dans cette zone. Dans l'extrême sud du département, dans la région de Liranga, vivraient à peu prés 17 000 réfugiés. Nous attendons le retour d'une de nos équipes qui s'est rendue sur place.

Quels sont les enjeux pour les mois à venir dans la région ?

Le problème majeur qui se pose dans cette région extrêmement enclavée de la Likouala est celui de l'acheminement de l'aide. La complexité logistique - les déplacements se font uniquement en pirogue ou baleinière - fait qu'aujourd'hui, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a des difficultés pour acheminer l'aide alimentaire. 200 tonnes seulement sont arrivées sur Bétou. Ce n'est pas assez. ll faut se rendre compte que 100 000 personnes sont venues grossir les villages d'autochtones parfois en doublant voire quadruplant le nombre d'habitants. Même si la solidarité s'est mise en place dans les villages, il n'en reste pas moins qu'il faut partager l'existant. Quelques femmes commencent à retraverser le fleuve pour aller cultiver leur terre ou aller sur les marchés côté RDC mais elles reviennent avant la nuit, côté Congo-Brazza. On voit bien que les personnes se sont installées, que les écoles fonctionnent, que personne n'a vraiment l'intention de rentrer. Si on ajoute aux difficultés d'acheminement une saison des pluies qui approche, des pics de paludisme qui risquent d'en découler et un accès à l'eau qui se limite au fleuve et à quelques puits ou stations de pompage pour l'eau potable alors oui, on peut craindre une dégradation de la situation sanitaire de la population dans les mois à venir, notamment sur le plan nutritionnel chez les enfants.

Quelles sont les activités de MSF aujourd'hui ?
Nous avons ouvert deux gros projets pour l'instant, le premier à Bétou et le second à Ipfomdo. Dans les deux cas, on est présent dans plusieurs services de l'hôpital et on a développé des sites de consultations fixes et mobiles dans les villages le long du fleuve. Sur Bétou, on a admis près de 1 000 patients à l'hôpital depuis janvier et réalisé plus de 38 000 consultations. L'activité à Impfomdo est moindre avec un taux d'occupation de l'hôpital de 65%. On a également lancé deux missions exploratoires autour de la ville de Mobenzelé à 90 km au nord d'Impfomdo où 17 000 personnes seraient réfugiées. En fonction des résultats de ces missions exploratoires, on pourrait revoir notre stratégie d'intervention sur l'axe sud. Dans tous les cas, les projets MSF resteront importants dans les mois à venir et nos équipes vigilantes quant à l'évolution de la situation sur place. FDA/ MSF

JOURNEE MONDIALE DU PALUDISME
L'OMS exhorte les familles à veiller sur la prévention
L'humanité tout entière célèbre, le 25 avril de chaque années la journée mondiale contre le paludisme. Pour des raisons de commodité, cette fête a été décalée de trois jours. En RDC, cette journée a été célébrée avec faste le 28 avril 2010 au collège Boboto dans la commune de la Gombe sous le thème : " Vaincre le paludisme le compte à rebours est lancé ".
En Afrique, on enregistre chaque année 85% des cas de paludisme et 95% des décès dû à cette maladie. Mais avec les stratégies de lutte mises en place par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dix pays d'Afrique ont réussi à réduire le Paludisme à 50%. Raison pour laquelle un accent particulier mérite d'être mis sur l'implication des familles à veiller à la prévention, tout en collaborant avec les agents de santé. Car, pour vaincre cette maladie qui ne cesse de faire des victimes, il serait souhaitable que tout le monde mette la main à la pâte.
A en croire le directeur du Programme de lutte contre le Paludisme, le Dr Benjamin Atua, la RDC est un pays hautement frappé par le Paludisme. D'où, le pays a mis sur pied un plan stratégique qui vise à réduire le Paludisme dont la couverture de la lutte se situe à 80%.
La première stratégie consiste à organiser des campagnes de sensibilisation contre le Paludisme. Ces campagnes concernent également la distribution des moustiquaires imprégnées d'insecticide. Selon le directeur Benjamin Atua, après différentes campagnes de sensibilisation et de distribution des moustiquaires imprégnées d'insecticide à travers le pays, il a été constaté que l'utilisation de la moustiquaire imprégnée d'insecticide a sensiblement augmenté. Pour parvenir à réduire les cas de Paludisme dans le pays, il a été recommandé à la population certaines activités de routine, notamment le diagnostic, les traitements curatif et préventif contre le Paludisme. Voilà pourquoi, le gouvernement congolais a besoin du renforcement d'un partenariat durable avec l'Unicef, l'OMS, les Ong, la Banque mondiale, la Société civile…
Le secrétaire général du ministère de la Santé, à son tour, a présenté les difficultés qu'il rencontre pour combattre cette maladie. Pour lui, la commémoration de cette journée est une occasion propice pour réexaminer les méthodes de travail pour venir à bout du Paludisme. A l'entendre, cette lutte se poursuivra jusqu'à ce que la population congolaise et la communauté internationale s'approprient le projet de distribution de la moustiquaire imprégnée d'insecticide.
Il a également saisi cette opportunité pour annoncer que la RDC a besoin d'un financement durable dans le temps pour faire face à la maladie. Cela permettra à coup sûr à ce pays de faire de la lutte contre le Paludisme son cheval de bataille.
Pour permettre à la population congolaises toutes tendances confondues d'avoir accès à un meilleur traitement combiné d'Artesunate et d'Amodiaquine indiqué pour réduire cette maladie, l'Etat est à la recherche des financements conséquents. Simard Simon TSOUMBOU

DEUXIEME ANNIVERSAIRE DU R2CONGO
Me Belinda Luntadila : Un anniversaire plein d'espoirs
Me Belinda Luntadila Nzuzi est fondatrice et secrétaire générale du réseau R2Congo. Créé le 27 avril 2008, deux ans après, la fondatrice du R2congo estime qu'il est temps pour que tout le monde adhère à ce réseau afin de mettre les idées ensemble pour un avenir meilleur. Les deux ans du réseau sont pleins d'espoirs, renchérie -t- elle. Une occasion pour elle de foncer pour étendre ses activités sur terrain. Selon elle, R2Congo est une organisation non gouvernementale qui étend ses actions sur les territoires congolais, à savoir la RDC et la République sœur du Congo.
Selon ses dires, R2Congo a comme objectifs l'intégration et la promotion du genre dans les politiques et programmes des sociétés congolaises en vue d'un développement équitable et durable. Il vise la lutte contre la pauvreté en identifiant les facteurs favorisants liés aux discriminations des groupes dits vulnérables de la société. Me Belinda fait savoir que la création du Réseau a été motivée par le fait que les deux pays. Partageant, la plupart des cas, les mêmes réalités positives et négatives, leurs efforts communs peuvent contribuer au développement des uns et des autres. Ses membres sont les Congolais, hommes et femmes de ces deux pays y résidant et ceux de la diaspora ayant gardé ou adopté des nationalités étrangères. Le R2Congo est aussi composé d’associations et organisations non gouvernementales poursuivant les mêmes objectifs.
A en croire Me Belinda , le R2Congo procède par la recherche des actions participatives sur le Genre et le développement durable, de renforcement des capacités, de partage d'expériences ,de développement des activités d'autofinancement. Son réseau a besoin de financement pour bien mener ses différentes actions. Elle indique que le R2Congo est représenté en Suisse/Lausanne, Etats-Unis d'Amérique/Atlanta, France/Paris et souhaite étendre ses bureaux de représentation dans d'autres pays du monde. Mathy MUSAU

PLAISIR D'ECRIRE A LA BIBLIOTHEQUE WALLONIE-BRUXELLES
" Fleuve nu " : un cri d'alarme pour des populations riveraines vivant dans un état de parfait dénuement
" Fleuve nu ", " fleuve nul ", jeu de mots, ambigüité créée intentionnellement par l'auteur. Premier ouvrage publié par le poète dramatique Félicien Saidiya, présenté par le professeur Makola. Préface d'Emile Bongeli. " Fleuve nu " évoque un poète sénégalais, Sedar Senghor, qui a écrit " femme nue " à une époque où on dit du mal de la femme noire et du noir en général. Senghor écrivait " femme nue " pour célébrer la beauté de la femme. Dans " fleuve nu ", il ne s'agit pas d'évoquer la beauté de la femme, mais plutôt de montrer ce fleuve majestueux, resté à l'état de la nature. Des populations entières qui en dépendent n'ont pas réellement quitté l'auberge zoologique.
Le parcours de cette œuvre, présenté dernièrement par le Pr. Makola à la bibliothèque Wallonie-Bruxelles, donne l'impression, notamment en regardant la table des matières, d'être devant une étude, un essai parce qu'il y a une préface, un préambule, une introduction, un premier et un second chapitre, une conclusion et même une bibliographie. Avec ça, l'on se demande s'il s'agit d'une étude, œuvre ou essai.
L'auteur s'en défend.
En jouant avec le titre, l'auteur nous montre la pauvreté de ce fleuve, le fleuve Congo. Les quelques richesses sont exploitées de manière artisanale. Donc, ce fleuve ne sert à rien, il est nul. Il ne sert pas dans le cadre du développement de la RDC en général et de la Province Orientale en particulier.
Cet ouvrage est un véritable récit, comme cela est mentionné sur sa page de garde. Tout de suite, le lecteur se sent emporté vers quelque chose qui a été créé ou imaginé. Une lecture captivante et pathétique, un réservoir de rêve. Chaque page invite le lecteur dans le voyage de l'auteur et favorise le dialogue avec le fleuve quelque soit le temps qu'il fait (beau ou mauvais), caractérisée par les intempéries ou non. Le lecteur, en lisant, se rend compte qu'il n'y a rien d'imaginé; mais plutôt un vécu restitué par le pinceau de l'artiste. Sa façon de navrer, donne l'impression d'être en face d'une vérité. Pas d'événement comme on pouvait s'attendre dans un roman. L'auteur observe et décrit avec une certaine précision.
La bibliothèque dans un récit de voyage
L'auteur Félicien Saidiya fait intervenir la bibliothèque dans son récit de voyage pour tout simplement dire que ce qu'il a écrit ne vient pas de lui. " Je me suis inspiré de ceux qui ont écrit avant moi ; même si je les ai critiqué ou contredit ", a-t-il dit. De ce fait, ce récit devient une étude scientifique. Le professeur Makla rétorque en disant qu'il ne s'agit pas d'une étude scientifique à proprement parler.
" La bibliographie s'explique par le fait que l'auteur, par son style, est d'un réalisme épatant. Les réalistes français avaient, poursuit-il, comme objectif d'essayer de rendre la réalité. L'auteur, ici, veut montrer que certains éléments de son récit ont été puisés dans l'histoire, telle qu'elle est attestée. Il ne tente pas de la reprendre, mais il peint ".

La préface d'Emile Bongeli

Dans ce récit, souligne le préfacier Emile Bongeli, tout fascine, tout émeut. " C'est une émouvante description de choses et d'hommes. C'est surtout, pense-t-il, un recueil de misère humaine, un cri d'alarme, sur une contrée oubliée, sur des populations vivant dans un état de parfait dément ".
Selon le préfacier, la grande réussite du " fleuve nu " est la restitution fidèle du vécu quotidien du district de la Tshopo. Tout cela constitue la trame du Bas-fleuve et de la Province orientale appelée à devenir un jour une province autonome.
Voilà pourquoi, estime le préfacier, ce récit pourrait permettre aux décideurs politiques de poser avec acuité le diagnostic des maux qui rongent cette contrée et de redéfinir avec plus de précision ces objectifs du développement. Car, dans ce récit de voyage en aller-retour, l'auteur met l'accent, d'une façon particulière, sur ce qu'est devenue cette contrée avec toutes les guerres qui l'ont entourée. Rocco Nkanga

CULTURE & DETENTE

Jeannette Kavira entend relever les défis sur la politique du livre et des droits d'auteur en RDC
La ministre de la Culture et des Arts, Jeanette Kavira, s'active à conduire une réflexion sur la politique et les actions à entreprendre améliorer les secteurs du livre et des droits d'auteur en RDC. C'est à l'occasion de la journée mondiale du livre et droit d'auteur qu’elle a exprimé ce voeu qui vise la promotion de ces deux secteurs.

En effet, pour la patronne de la Culture congolaise, plusieurs défis attendent son ministère dans le domaine du livre et des droits d'auteur. Il s'agira, pour elle, de poser les jalon d'une nouvelle politique en matière du livre et des droits d'auteur qui s'inscrit, selon Jeannette Kavira, dans la politique nationale, définie par le président de la République, Joseph Kabila, et à travers le programme mis en œuvre par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Adolphe Muzito.

Importance du livre
La ministre de la Culture et des Arts fait savoir que c’est à travers le livre que l'homme s'ouvre, acquiert des connaissances permettant sa valorisation dans la société. Elle ajoute que le livre constitue le creuset du patrimoine culturel et scientifique de l'humanité et le lieu d'échange et de brassage des cultures et civilisations.
Le livre est aussi, source de revenus, un produit social et est également présent dans tous les secteurs d'activités. " Nul n'ignore la place prépondérante qu’il occupe dans l’enseignement, la recherche, l'édition, la communication, la religion… ", renchérit Jeannette Kavira avant d'ajouter que sur le plan politique, le livre véhicule les idéologies, propage les valeurs des droits de l'homme, enracine la démocratie, constitue un article de loisir sain et un instrument efficace dans la lutte contre l'oisiveté et la délinquance.
La bibliothèque nationale du Congo, insiste, la ministre Jeannette Kavira, entreprendra donc son installation sur toute l'étendue du pays pour la promotion du livre.

Droit d'auteur
Concernant le domaine des droits d'auteur, Jeannette Kavira pense que ce secteur est un domaine particulièrement sensible dont la gestion à ce jour en RDC démontre beaucoup d'insuffisances au point qu'une réforme est envisagée au plan des textes juridiques internes et la ratification des conventions internationales pertinentes. " Les droits d'auteur sont un droit de propriété, ayant une valeur patrimoniale qui constitue une source de revenus pour son titulaire et pour l'Etat ", fait-elle savoir.
C'est ainsi que le ministère de la Culture et des Arts, conclut Jeannette Kavira, travaille d'arrache-pied pour mettre en place une structure nouvelle, responsable et capable d'encadrer, de protéger les droits des artistes et des écrivains. Dieumerci MAYAMBI


*Tshala Muana et Meje 30 au Togo

La patronne de l'orchestre Dynastie Mutuashi, Tshala Muana, et la nouvelle coqueluche de la musique congolaise, Meje 30, sont actuellement au Togo où elles sont invitées dans le cadre du cinquantenaire de l'indépendance de ce pays.
Les deux chanteuses vont livrer quelques concerts dans cette partie de l'Afrique de l'Ouest et elles profiteront de l’occasion de présentern de leur album " Sikila ". A travers cette œuvre, Meje 30s'est confirmée comme une chanteuse exceptionnelle.
En effet, l'artiste regroupe, en elle seule, les capacités artistiques remarquables ainsi qu'une voix qui ne laissent indifférents les mélomanes. D.M

*Jus d'été prépare un maxi-single

Après le tube " Moleki Nzela ", Jus d'été est en train de se préparer pour lancer sur le marché du disque un autre album. Cette fois-ci, ce sera un maxi-single de trois titres dont un générique. " Acteur principal ", c'est l'intitulé de la prochaine œuvre discographique du Roi marquis qui sortira au cours de cette année. L'auteur n'aurait rien à prouver sur le plan de la composition de chansons au moment où l'on se souvient de ses cantiques à succès comme " Examen ", " Ecole ", " Eric Gbenye "… Mais, en attendant " Acteur principal ", l'artiste va se produire ce samedi 1er mai, à l'occasion de la fête du travail au centre commercial du quartier Salongo-Sud. D.M

NOS PARTENAIRES:
Fondation
SADISA BETO FSB/Asbl

La SONAS invite les automobilistes ayant abandonné leurs documents à régulariser leurs situations
(25/03/ 2010)
Lire le communiqué


Réalisation de l'equete devant établir le niveau de satisfaction de la clientele de la régideso
( 05/04/ 2010) Lire l'Avis de la REGIDESO


Avis : Fonds social de la RDC recrute un comptable pour la ville de Lubumbashi
( 09/04/2010)
Lire l'Avis de recrutement

SNEL : Communiqué de confirmation des créances extérieures et l’Appel à manifestation d’intérêt (12/04/2010) Lire le communiqué


BCECO :Avis sur le report de la date de remise des offres Lire l'avis


Avis : L'ONATRA procède à la mise à jour des données relatuves à sa dette extérieure Lire l'avis