Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3548 DU JEUDI 18 FEVRIER 2010
La rançon de l’amnésie collective

Hier, les Congolais avaient rendez-vous avec l’Histoire. Le 16 février 1992, des centaines de milliers de Zaïrois d’alors battaient le pavé pour exiger la réouverture de la Conférence nationale souveraine (Cns).
A Kinshasa, plus particulièrement, la déferlante humaine était sans précédent. Ce sursaut citoyen a été vite noyé dans un bain de sang. Combien de kinois étaient tombés ce jour-là sur le champ d’honneur? Nul ne saurait dénombrer avec exactitude les Congolais qui s’étaient offerts en holocauste pour sauver la Cns. Une seule certitude: la boucherie humaine était perceptible dans les rues de la capitale.
18 ans après ce soulèvement patriotique, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Mieux, les acquis de la Cns ont été sacrifiés sous l’autel des intérêts politiciens de protagonistes d’hier. De sorte que lorsque l’Afdl a conquis Kinshasa, l’ordre institutionnel issu de la Cns n’était plus de saison.
Ce n’est pas un Laurent Désiré Kabila à la tête d’un attelage hétéroclite qui pouvait remettre au goût du jour la logique Cns. Au pays de l’éternel recommencement, quantité de forums se sont tenus par la suite. Le paroxysme de ces palabres à la congolaise aura été ce dialogue de près de deux mois organisé par la communauté internationale en terre sud-africaine. De ces assises naîtra un ordre politique qui débouchera sur les élections quasi-générales de 2006. On en est là.
      Question logique: Et la Cns dans tout cela ? Autrement dit, que reste -il de ce forum national? La réponse est à trouver dans le déficit de conscience historique des Congolais. Au fond, la Cns n’a pas échappé au sort de toutes les grand-messes qui se tiennent au Congo-Zaïre. Elles ne survivent que l’espace d’un matin. Les enjeux politiciens liés au forum passés, plus personne ne s’y réfère. Sauf pour des raisons de repositionnement ou de récupération politicienne. D’où le retour à la case de départ, le sur place ou encore le sentiment du déjà vu ou du déjà entendu qui caractérisent l’histoire politique du pays.
Fière chandelle quand même à la poignée de prêtres kinois qui se sont souvenus du 16 février 1992.
José NAWEJ


Bayoli: un exemple à suivre

Au sein de l’hémicycle, il n’est pas une grande gueule. Dans cette Chambre des députés où les éléphants sont connus, il est même inconnu au bataillon. Dans cette Assemblée où les vedettes rivalisent des motions, d’interpellations, il serait   presqu’à  classer aux abonnés absents. Lui c’est le député Godefroid Bayoli Kambale. Cet élu de Butembo ne passera plus inaperçu. En milieu de cette semaine, il a créé l’événement en se délestant de son mandat de député. Une première dans les annales du Parlement issu des élections de 2006. Plus généralement, un fait rarissime sur l’échiquier politique zaïro-congolais.
     Pour justifier son acte, Godefroid Bayoli évoque ses charges qui ne lui permettent plus de remplir ses obligations de député. En somme, l’élu de Butembo ne se sent plus en situation de représenter ses électeurs. Il s’est trouvé des députés pour chercher des poux sur la tête apparemment «chauve» de Godefroid Bayoli. Rien n’y a fait.
     Tout s’est passé comme si certains désormais futurs ex-collègues de Bayoli avaient du mal à se faire à l’idée qu’un de leurs renonce au pouvoir. Dans un pays où la démission n’est pas la tasse de thé des opérateurs politiques, la réaction des députés est compréhensible. Dans un pays où le pouvoir est perçu davantage comme une rente de situation que comme une charge, la controverse autour de la démission du député Bayoli trouve sa place.
Reste que, quelle que soit la raison du retrait de l’élu de Butembo, son geste a valeur de leçon pour ses pairs, toutes chambres et assemblées confondues. Ils ne sont pas à compter ceux des parlementaires qui ne considèrent leurs sièges que comme un tremplin pour un poste ministériel. Ils ne constituent pas la minorité ceux des élus qui assiègent à longueur des journées les antichambres des cabinets ministériels. Ce, non pour contrôler leurs «Excellences», mais dans le but de solliciter la générosité de ceux qui tiennent le cordon de la bourse. Ils sont nombreux ceux des députés et sénateurs qui ont tourné le dos à leurs électeurs. De sorte que quand viennent les vacances parlementaires, les élus se pavanent à Kinshasa quand ils ne se rendent pas en Afrique du Sud ou en Europe où se trouve le «fief» familial. La véritable base n’a droit qu’à deux ou trois jours, voire quelques heures. L’essentiel pour l’élu du peuple est de se munir de quelques ballots de fripperie ou comprimés à remettre sous l’oeil de la caméra.
José NAWEJ




























































































































































































































































































































































































































































































































ENJEUX DE L'HEURE
ANNONCE POUR HIER MERCREDI
Remaniement : tout est fin prêt, mais…
* Attendue hier, l’équipe Muzito II n’a pu être rendue publique en raison du forcing des chefs  de partis politiques déterminés à rempiler
Plus de spéculations. Le remaniement tant attendu est bien bouclé. Dans la ville haute, tous les regards étaient tournés hier vers le Palais de la Nation. Et dans la soirée, tout Kinshasa politique était devant le petit écran dans l’attente de l’ordonnance-couperet.
Dans son édition de lundi 15 février 2010, Forum des As considérait que plus rien ne bloquait le remaniement du Gouvernement tant attendu. Votre journal expliquait que ce réaménagement semblait suspendu aux travaux de la session extraordinaire du Parlement, qui retenaient plusieurs ministres devant présenter et défendre des projets de loi, dont le budget 2010.
La session extraordinaire étant alors clôturée, les observateurs s’attendaient alors à ce que la nouvelle composition du Gouvernement soit rendue publique. Dans la même édition, nous relevions que, contrairement aux dires de Louis Koyagialo, secrétaire Exécutif a.i. de l’AMP, qui affirmait que les consultations n’avaient pas encore démarré, des conciliabules étaient bel et bien ouvertes depuis longtemps.
Nous ne pensions si bien écrire. La rédaction de Forum des As était sur la dent toute la soirée d’hier. Une information de très bonne source rapportait que le remaniement tant attendu est fin prêt depuis plus de 48 heures et que c’est dans la soirée d’hier que la composition du nouvel Exécutif national devait être divulguée. Vaine attente, puisque tard dans la soirée, l’affaire a été « postposée ». Et les mêmes sources assuraient que ce soir serait le bon.
Toujours d’après les sources dignes de foi, la nouvelle composition du Gouvernement national achopperait sur l’option levée pour que les chefs de partis libèrent les postes ministériels pour se préparer aux élections qui s’annoncent en 2011. Ceux-ci, indique-t-on, s’y opposeraient farouchement pour des raisons qui ne nous ont pas été rapportées. Plusieurs tentatives pour joindre certains de ces ministres-chefs de partis se sont avérées vaines : presque tous étaient fermés, d’autres avaient confié leurs téléphones à des accompagnateurs.
Toujours dans la même attente, il est rapporté que le cabinet du Chef de l’Etat pourrait connaître un profond réaménagement. Depuis plus d’une année, en effet, un arrêté avait été pris pour réorganiser ce cabinet en ajoutant certains postes et supprimant d’autres. Il est alors question de mettre ce nouveau dispositif en exécution en remplissant des cases, surtout qu’ici aussi, plusieurs postes sont aujourd’hui vacants, soit en raison des décès, soit à cause de la nomination de certains collaborateurs du chef de l’Etat à des fonctions ministérielles ou dans des entreprises publiques.
Nul doute que ce jeudi18 février va être décisif pour ce remaniement annoncé depuis bientôt une année. JEK

ENJEUX DE L'HEURE
ANNONCE DEPUIS BIENTOT UNE ANNEE
Le remaniement paralyse le Gouvernement et crée la spéculation à Kinshasa
Le Président congolais Joseph Kabila a sa manière particulière de travailler. Une philosophie politique essentiellement axée sur la patience. Y aurait-il plus sage que celui qui reprocherait cette vertu au Raïs ? Certainement pas. Pour plusieurs raisons, la patience nous évite de tomber dans le piège des décisions hâtives. Néanmoins, il est important de tenir compte du contexte. Autrement dit, autant il existe des problèmes dont la solution requiert de la patience, autant il en existe qui nécessitent une certaine diligence. L’un et l’autre cas se rencontrent en politique.
Cependant, il paraît évident qu’en  politique, entendue notamment comme l’art de gérer la cité, la lenteur et la patience sont un couteau à double tranchant. L’une ou l’autre peut s’avérer préjudiciable selon le cas. Et, parce que nous y sommes, il s’observe une impatience manifeste dans l’opinion publique à Kinshasa. Celle-ci, assortie d’une lassitude collective, serait due au retard du remaniement du Gouvernement central.
Annoncée depuis bientôt une année, la nouvelle mouture du Gouvernement Muzito tarde à venir.  Rien ne filtre encore des investigations menées jusqu’ici. Même dans la sphère présidentielle, personne n’a vent de l’affaire. Plus qu’un secret de Dieu, seul Joseph Kabila connait les raisons légitimes du temps, trop de temps qu’il a pris et continue à prendre pour remanier l’Exécutif central. Entre-temps, les attentes se généralisent.
Le Gouvernement, en principe réputé démissionnaire et chargé d’expédier les affaires courantes, s’ankylose. Normal car, ses ministres, « comme les animaux malades de la peste » du célèbre fabuliste français Jean de la Fontaine ; sont tous ignorants de leurs sorts.

Des conséquences inévitables   
Il n’est pas facile de gérer un pays aux dimensions continentales comme la RD Congo.  Un tel exercice exige, certes, beaucoup de patience. Mais, une patience qui devrait sans doute avoir des limites. Dans un pays où tous les domaines de la vie requièrent de l’urgence, il est normal que le chef décide à temps pour éviter une certaine paralysie au niveau des institutions. En ce qui concerne la longue patience des Congolais vis-à-vis du remaniement, on ne peut pas en parler sans faire allusion aux conséquences que ce retard a entrainées. 
Il n’est pas impossible que Joseph Kabila soit encore à l’étape de rechercher ces « oiseux rares », dignes de responsabilités. Autrement dit, le Chef de l’Etat congolais semble n’avoir pas trouvé, jusqu’ici,  l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut. Une fois encore, il a raison parce qu’on devra éviter de prendre les mêmes (incapables) et recommencer. Telle approche condamnerait le Gouvernement à l’immobilisme. Et, au finish, c’est Joseph Kabila qui devra porter le chapeau de la léthargie de l’Exécutif par rapport à toutes les promesses qu’il a faites au peuple congolais au début de cette législature qui va bientôt arriver à sa fin.
     Ce n’est un secret pour personne. Comme dit précédemment, il s’observe, depuis l’annonce du remaniement, une ambiance morose dans des ministères. La « fièvre » monte les ministres ne connaissant pas leurs sanctions, n’ont plus le cœur à l’ouvrage. Bien pire, certains ministres ayant appris qu’ils feraient plus partie de l’équipe gouvernementale en gestation, assurent désormais leurs arrières. On peut deviner la suite.
Il est avéré que les Congolais ne sont pas les seuls qui attendent ce remaniement. Il y a également les partenaires du pays. Ceux-ci, ne pouvant plus compter  sur  les membres du Gouvernement actuel, attendent de nouveaux interlocuteurs. C’est-à-dire des ministres nommés après le remaniement. Voilà, qui consti!tuerait une seconde conséquence.
La troisième conséquence, et non des moindres, est que la longue attente de la population consécutive au retard à remanier le Gouvernement, a engendré des spéculations dans tous les sens.

2010 : encore dix mois
Dans son message adressé à la nation à l’occasion de la nouvelle année en cours, Joseph Kabila avait proclamé 2010, « Année du social ». Déjà, les Congolais ont commencé le compte à rebours. Tout compte fait, quelque dix mois seulement nous séparent  de la fin de l’année en cours. Une façon de dire que le temps n’arrête guère son cours. En proclamant 2010 année du social, le Chef de l’Etat congolais avait suscité de l’espoir  dans l’esprit de plus d’un  Congolais. Dans l’entendement de tous, 2010 devra être l’antithèse des années antérieures. Autrement dit, une année de changement radical des conditions de vie des Congolais en vue d’un mieux être.
En rapport avec ces espoirs suscités, certains observateurs affichent déjà leur pessimisme et pensent même que le bout du tunnel serait encore loin. « Le critère de la vérité étant la pratique sociale, l’action du chef de l’Etat ne peut s’apprécier que  par rapport aux actes concrets. Ce qui ne s’observe pas encore sur le terrain. »
En déclarant « Je n’ai pas assez d’hommes pour développer ce pays », Joseph Kabila sait de quoi il parle. Cela s’entend, le Raïs  ferait preuve de promptitude dans la sanction négative à appliquer à ses collaborateurs qui le fpouissent à ce point. Car, il est connu que dans le cercle du Raïs, il existe des collaborateurs qui ont commis des impairs, mais qui, malheureusement, n’ont jamais été punis.
Constitutionnellement, le Chef de l’Etat n’a plus qu’une année pour terminer son mandat. En d’autres termes, Joseph  Kabila devra encore rencontrer le peuple congolais en 2011. Ce rendez-vous se veut celui de tous les enjeux dans la mesure où l’actuel locataire du Palais de la Nation devra rendre compte de l’action de son quinquennat à son mandant qu’est le peuple. Au regard de ce qui l’attend en rapport  avec les promesses faites, Joseph Kabila ferait œuvre utile en remaniant l’actuel Gouvernement dont l’action ne met pas tout le monde d’accord. Car, trop de patience tue la patience. Laurel   KANKOLE

ECLAIRAGE
REFLEXION SUR LE CINQUANTENAIRE DE L’INDEPENDANCE
Pendant 50 ans, la RDC a été victime de ses élites
En cette année de célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, les Congolais sont censés faire une introspection sur ce qu’a été leur marche pendant ce temps et évaluer leur situation actuelle pour mieux baliser l’avenir. C’est un exercice d’histoire. Même si, du côté officiel, on ne sent pas de frémissement particulier malgré l’existence d’un Commissariat général chargé d’organiser les manifestations allant dans ce sens, l’année jubilaire ne devra pas, comme on le craint, se réduire en une série de manifestations strictement festives et, partant, inutilement budgétivores. Même si dans certaines sphères on n’aime pas se l’entendre dire, ce qui se passe déjà autour des préparatifs du cinquantenaire est symptomatique de cet esprit prédateur qui caractérise les Congolais portés plus sur les retombées financières que le balisage d’un avenir meilleur.
Pour preuve, au nombre des quelques activités déjà réalisées dans le cadre du programme du cinquantenaire, celles liées à des conférences-débat  n’attirent pas grand monde. Par contre, le nombre d’initiatives qui tendent à contourner le Commissariat général au centenaire (CGT) autour des projets « lourds » en termes d’argent est progressivement impressionnant. A croire que le cinquantenaire est devenu un business lucratif…

    A la limite, on pourrait affirmer que cet état de choses est un mal nécessaire lorsque l’on se place dans la logique de la recherche des maux qui ont rongé la société congolaise pendant cinquante ans. On peut tout dire, le mal congolais, dans tous les compartiments de la société, se situe dans la faillite de l’élite en général. Pendant cinquante ans, en effet, la RDC a été victime des appétits gloutons de ces élites (politiques, économiques, socioculturelles, etc.) qui n’ont jamais œuvré que pour leurs intérêts personnels, prenant, du coup, en otage l’avenir même de la Nation. Un avenir qui s’inscrit déjà dans la révolte de départ face à la déshumanisation du congolais par l’exploitant (colon) belge.

Pratiques de déshumanisation
Actuellement, les chaînes de télévision congolaises diffusent un documentaire ayant comme personnage central l’historien Elikya Mbokolo. La trame centrale tourne autour de la finalité de ce qui est encore appelé aujourd’hui la « colonisation. » Loin de constituer une occasion de rencontre des civilisations, ce moment de l’histoire du peuple congolais n’aura été qu’une longue période d’exploitation de ses richesses. Diego Cao n’aura, alors, été qu’un homme d’affaires au service de Léopold II, alors propriétaire du Congo en ce compris le peuple et les ressources. Au même titre qu’un armateur serait propriétaire de ses navires, ou d’un restaurateur qui gérerait une chaîne de restaurants, etc.
Tout était fait dans le sens de récolter le plus de richesses possibles grâce à la main d’œuvre des nègres. Il fut alors établi jusqu’à un système de terreur pour inciter les autochtones - on les appelait « indigènes » - à produire le plus possible. Un ouvrier qui ne réalisait pas, par exemple, son quota quotidien de litres d’hévéa se voyait couper la main. Aujourd’hui encore, il se vend sur la place d’Anvers en Belgique une marque de chocolat en forme d’une main humaine. Plusieurs autres formes de tortures furent élaborées pour punir les improductifs et les récalcitrants. Elles allaient de la flagellation à l’épandage, sur la peau de la victime, du plastic liquéfié, c’est-à-dire brûlant.
Nulle part dans le dispositif de la colonisation il n’était prévu le brassage des cultures pour permettre aux colonisés d’accéder, par exemple, à la science occidentale et ainsi s’inscrire dans l’ordre de la mondialisation. Même lorsque la Belgique officielle hérite le Congo de Léopold II, l’administration qui se met en place n’a d’autre objectif que de mettre ses richesses à la disposition du Gouvernement. Ce qui inscrit, alors, la Belgique parmi les pays prospères de l’Occident. La force publique qui est créée a les atours d’un service de répression pour défendre les intérêts du colon contre les colonisés. Le système d’enseignement n’a pour but que de fournir à l’administration coloniale, non pas des intellectuels et technocrates, mais plutôt un personnel d’appoint, généralement des « commis de bureau », dont l’ »importation » de la Belgique coûte cher. Les commis congolais sont alors appelés des « évolués » qui, généralement, ne vont pas au-delà de quatre années d’études primaires. Il leur suffit de savoir lire, écrire, calculer et d’avoir quelques connaissances en comptabilité élémentaire.
C’est cet ensemble d’actes de « déshumanisation » de l’homme congolais qui suscite des réactions au sein de la population. Les premières élites qui s’y engagent alors créent des mouvements dont les dénominations comportent systématiquement le concept de « conscience ». Dès lors, la lutte pour l’indépendance prend les contours du combat pour la réhabilitation du congolais en tant qu’ «homme » dans toutes ses valeurs humaines d’abord et, ensuite, dans ses valeurs socioculturelles. Parcequ’avant la colonisation, le Congo était effectivement une société dotée d’un système économique, des unités monétaires, d’une organisation administrative, d’un système d’administration de la justice, etc. Les perspectives d’un Congo indépendant sont censées s’inscrire dans cet ordre. Et plus qu’une nécessité, cela devient une responsabilité à porter face à l’histoire.
Cependant, lorsque sonne le glas de la colonisation, à quoi n’assiste-t-on pas ? La lecture qu’il faut faire de la crise politique qui s’installe  dès l’aube de l’indépendancene peut aller loin de la démonstration de la faillite des élites face à l’obligation de faire lever les fronts des congolais longtemps courbés. Très vite, en effet, le pays sombre dans des conflits de leadership qui l’éloignent des perspectives de réhabilitation de l’homme. Tout est fait pour transformer l’Etat en une vache laitière qui sert des intérêts individuels. L’absence de cette élite à la conférence économique qui avait suivi la table ronde de Bruxelles en est une preuve éloquente.
Pendant des décennies, le Congo-Zaïre-RDC  est pris en otage par une caste de ces élites qui déploient un système visant à perpétuer leur suprématie autour du « pouvoir ». Aujourd’hui encore, on peut l’observer jusqu’au-delà des sphères de ce « pouvoir ».
Au nom d’un certain leadership d’opinion, la société congolaise s’est définitivement déstructurée, tandis que la jeunesse, pépinière de la relève, a fini de perdre les repères, faute de modèle. En fin de compte, on assiste à un certain dédain du pays, puisque ses fils estiment que le bonheur se trouve à l’étranger. Les programmes audiovisuels concourent plus à l’abrutissement des masses qu’à leur éducation suivant l’un des rôles dévolus aux médias. Les « églises » censées encadrer le corps et l’esprit sont transformées en commerce lucratif dont les tenanciers ont le loisir d’engager les adeptes dans des alliances politiques dont ils sont seuls bénéficiaires.
Le système éducatif laissé par le colonisateur n’a jamais été adapté aux ambitions d’un nouveau Congo pour la simple raison que ce Congo a « oublié » de les avoir. A ce jour encore, un citoyen qui sort de l’université se tourne immédiatement vers l’Etat pour chercher de l’emploi. C’est, en réalité, le réflexe naturel de toute personne qui « fonctionnarise » son esprit en raison de l’organisation de sa société. De ce fait, il se laisse aller à la résignation en renonçant inconsciemment au sens de l’ambition. Il ne peut agir autrement dans une société qui n’offre pas une diversité d’opportunité pouvant élargir les horizons de l’avenir.
Sous d’autres cieux, par contre, un étudiant qui termine son université développe un esprit managérial qui le pousse soit à ouvrir une affaire propre, soit à s’associer avec d’autres pour ce faire. L’Etat, dans ces conditions, se pose en facilitateur pour réguler l’ensemble des ambitions qui concourent au développement collectif et individuel.
On peut ainsi multiplier des images pour se rendre à l’évidence que, pendant cinquante ans, la RDC a complètement perdu ses repères en renonçant à sa vocation d’une Nation, non pas seulement riche, mais prospère. La faute est, sans conteste, aux élites qui ont perdu le temps dans un nombrilisme suicidaire.                                  Lorsqu’aujourd’hui, Joseph Kabila affirme ne pas disposer de 15 hommes capables de l’accompagner dans l’accomplissement de sa vision pour le Congo, ce ne sont certainement pas des intellectuels qu’ils manquent. Parce que les intellectuels, la RDC peut en fournir à profusion et dans tous les domaines. Le Chef de l’Etat évoque certainement ces hommes doués d’ambitions et d’un sens élevé de la Nation pour se mettre à son service.
Le jour où les Congolais inverseront la tendance pour s’inscrire réellement dans l’ordre des ambitions à cheval sur les valeurs positives, alors la RDC pourra s’inscrire dans l’ordre du développement. Jonas Eugène KOTA

REAGISSANT A L'INTERPELLATION DU MINISTRE DES TRANSPORTS
Abako: Des voix s’élèvent en faveur de Rody Mpika Massamba
D’une simple question orale, apparemment routinière, les choses sont allées trop vite pour que le ministre Roddy Mpika Massamba, qui croyait même s’en sortir sans aucune égratignure, se retrouve du coup face à une interpellation. Déjà, au moment il se prépare encore pour affronter cette interpellation, des indiscrétions font état de son possible départ du gouvernement provincial de Kinshasa.
Face à ce qu’elle considère comme un complot, la diaspora «abakiste» (à Londres, Paris, Bruxelles ...), sous la direction d’un président qu’on appelle affectueusement «Papa Jean», se serait levée comme un seul homme. «Un parti ne peut pas obéir aux intérêts d’un seul individu», clame-t-on. Pour sa part, le député provincial Martin Kasongo, tout en regrettant que l’Abako ait déjà perdu un ministère-clé (Agriculture), s’étonne que le ministre des Transports, un membre de l’Abako qui a valorisé un ministère  donné pour petit auparavant (à l’époque de Mangwana) et qui s’est révélé, par la suite, pourvoyeur des recettes, se retrouve dans le collimateur de certains membres du parti.          Faisant le compte, Martin Kasongo déplore que l’Abako ait perdu la présidence de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, la direction générale de REPERE (Régie de perception des recettes, l’équivalant de la DGRK mais à Matadi), le ministère de l’Environnement au Bas-Congo et peut-être bientôt la direction de l’INSS. «La direction du parti doit rendre compte», tranche-t-il finalement.
«Nous avons perdu des postes à cause des simagrées du président national du parti», lâchent des membres de l’Abako. Comme quoi, plusieurs membres de l’Abako s’insurgent contre ce qu’ils qualifient d’un complot contre la personne du ministre Roddy Mpika Massamba.
Du côté même des députés provinciaux Abako et alliés, le compte indiquerait un score de trois contre un en faveur du ministre Mpika Massamba, fait-on observer. Les carottes ne sont donc pas cuites à l’avance, contrairement à certaines allégations.  D.M


ENJEUX DE L'HEURE
RETRAIT DU SOUTIEN DE LA MONUC AUX FARDC A L'EST
Mende réplique aux activistes de droits de l’homme
*«Le second démenti n’a été officiellement notifié par un officiel attitré de la MONUC qui accompagnait le secrétaire général adjoint des Nations unies en charge la communication et de l’information en mon cabinet»
Les rapports entre le gouvernement et la Monuc sont au beau fixe. Contrairement à ce qua rapporté une certaine rumeur, les FARDC et les Casques demeurent impliqués dans les opérations de pacification de l’Est. La Monuc ne s’en est donc pas retirée. Ce démenti est de Lambert Mende, ministre de la Communication et des Médias. Il l’a affirmé hier au cours d’une conférence de presse. Un démenti fait sous forme de trois remarques avant d’aborder la situation sécuritaire à l’Est de la RDC.
La première est que toutes les sources autorisées de la Mission des NU au Congo ont révélé que cette information était fausse. « Le ministre de la Défenses nationale ayant à ses côtés le Chef d’état-major général des Fardc a eu à clarifier les choses à cet égard, il y a trois jours au cours d’une séance de travail avec les hauts responsables civils et militaires de la Monuc. Un second démenti m’a été officiellement notifié hier mardi par un officiel attitré de la Mission qui avait accompagné en mon cabinet M Kiyo Akasaka, Secrétaire général adjoint des NU en charge de la Communication et de l’Information publique. Le constat a été fait dans ces  circonstances  qu’un bon esprit de collaboration se mettait en place sur terrain entre la Monuc et les forces gouvernementales congolaises », a expliqué Lambert Mende. Pour lui, il est question de s’interroger sur les intentions de ceux qui sont à la base de cette véritable intoxication en vue de chercher à semer la confusion entre le Gouvernement congolais et la Monuc.  A l’entendre, le soutien au déploiement des unités régulières d’intervention dans le cadre de  «Amani Leo » se déroule conformément aux engagements pris avec la Mission.
Pour la deuxième remarque, Lambert Menderelève que  l’argumentaire à l’appui de l’assertion faisant état de l’abandon des FARDC  par la Monuc était si grossièrement ficelé qu’il ne pouvait bénéficier de la moindre crédibilité aux yeux de n’importe quel professionnel sérieux. Parlant de la troisième remarque, le ministre de la communication et des Médias a fait savoir que le silence et les approximations manifestes qui ont émaillé la chronique sur cette fausse querelle, quant à l’identité des officiers-délinquants en question et les unités dont ils relèveraient laissent peu de doute sur l’intention flagrante d’induire l’opinion publique congolaise en erreur, voire de la dresser contre la Monuc.
Pour mettre fin à de telles légendes affabulatoires, a déclaré le ministre de la Communication et des Médias, le Gouvernement a décidé de diligenter une enquête pour identifier les personnes physiques ou morales, congolaises ou étrangères, auteurs de toutes ces élucubrations pour qu’elles en répondent. « Mais, il nous a été très désagréable d’entendre une ONG internationale prétendument vouée à la défense des droits humains emboucher les trompettes de l’autosatisfaction pour se féliciter et féliciter la Monuc, de cette fausse nouvelle de l’abandon du peuple congolais dans son épreuve », a regretté le Porte-parole du gouvernement de la République.

Certes, a-t-il poursuivi, la Monuc sur base des dispositions de la Résolution 1906 du Conseil de sécurité, avait déclaré au cours de son point de presse du mercredi 13 janvier que le soutien de sa force aux opérations militaires menées par les Fardc était subordonné au respect du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés. Selon Lambert Mende,  cette déclaration a probablement donné des idées aux nostalgiques et  aux inciviques auteurs des interprétations fantaisistes qui ont inondé la presse nationale et internationale. « Pourtant, le porte-parole de la Mission onusienne avait précisé ce jour-là qu’au cours d’une planification conjointe intensive, les commandements militaires des Fardc et de la Monuc ont convenu des mesures à mettre en place pour veiller à ce que ces conditions soient respectées », a expliqué le ministre congolais en charge de la Communication et des Médias.           

Poursuivant ses propos, il a indiqué que l’opération « Tolérance zéro» mise en place par le Chef de l’Etat n’est pas une simple figure de style et les partenaires  du Gouvernement en sont conscients. A ce jour, a-t-il signalé, partout où sont déployées les troupes des Fardc, la justice militaire qui se trouve dûment représentée s’efforce, dans des conditions parfois difficiles, de réprimer systématiquement les délits qui lui sont rapportés dans le chef des membres de l’armée en campagne, et particulièrement les violations des droits de l’homme. Face à cette justice, a souligné le porte-parole du gouvernement, aucune catégorie des militaires ne fait l’objet d’un traitement de complaisance. « Ainsi, le conseil de guerre opérationnel du Nord-kivu, siégeant en chambre foraine à Rutshuru-centre à environ 70 Km au nord-est de Goma, a condamné le vendredi 12 février 2010, trois militaires à la peine capitale pour tortures, violations des consignes, arrestations arbitraires et dissipation de munitions », a informé Lambert Mende Omalanga.
             
Abordant l’aspect sécuritaire, il a indiqué que  l’Est du pays a connu des avancées significatives depuis les opérations Kimia I et II ainsi que Rudia I et II. Toutefois, il a relevé le fait qu’il y a encore des défis à relever.  Quant aux déplacés de Dongo se trouvant au Congo-Brazzaville, il a réitéré l’appel du gouvernement pour qu’ils regagnent leurs villages qui sont désormais sécurisés. « Le succès des Fardc contre la bande à Ondjani s’est confirmé. Le Gouvernement et tous ses partenaires sont décidés à apporter leur appui à tous les déplacés de Dongo et ses environs », a déclaré Lambert Mende avant d’informer que le chef de l’Etat et le gouvernement ont mis en place un projet qui consiste à faire participer les Fardc à la reconstruction des zones perturbées de l’Est et du Nord du pays. Il a indiqué que des moyens importants sont mis à la disposition du génie militaire pour des projets de reconstruction d’infrastructures et d’équipements collectifs dans les provinces du Kivu, de l’Equateur (territoire de Kungu) et en Province Orientale dans les districts de l’Ituri et des Uélés.

L’autre nouvelle annoncée par le porte-parole du gouvernement concerne l’accord signé entre la RDC et le Rwanda sous les auspices du HCR aux termes duquel 53.000 Congolais réfugiés au Rwanda seront rapatriés en RDC et 89.000 Rwandais réfugiés au Congo devront être retournés au Rwanda. A travers cet accord, il y a lieu de comprendre que les relations de bon voisinage entre les deux pays ont mûri.  Dorian KISIMBA

POINT DE PRESSE DU MINISTRE DE LA COMMUNICATION ET DES MEDIAS
    Je voudrais introduire cet entretien avec vous par une importante mise au point. En effet, depuis un peu plus d’une semaine, les médias, aussi bien chez nous qu’en dehors de nos frontières, n’ont pas cessé d’évoquer ce qui était présenté comme une décision prise par la Monuc de suspendre voire retirer son soutien à l’opération Amani Léo, initiée par le Haut Commandement Militaire congolais pour en finir avec les FDLR au Kivu à cause du maintien dans les effectifs des FARDC de trois officiers supérieurs dont les noms n’ont du reste été rendus publics par personne.
Trois remarques doivent être faites à ce sujet :
Première remarque : toutes les sources autorisées de la Monuc ont révélé que cette information est fausse. Le Ministre de la Défense ayant à ses côtés le Chef d’état-major général des FARDC a eu à clarifier les choses à cet égard il y a trois jours au cours d’une séance de travail avec les hauts responsables civils et militaires de la Monuc.
Un second démenti m’a été officiellement notifié hier par un officiel attitré de la mission qui avait accompagné en mon cabinet M. Kiyo Akasaka, Secrétaire général adjoint des Nations-Unies en charge de la Communication et de l’Information Publique.
Le constat a été fait en ces circonstances qu’un bon esprit de collaboration se mettait en place sur terrain entre la Monuc et les forces gouvernementales congolaises.
Il y a lieu de questionner les intentions de ceux qui sont à la base de cette véritable intoxication. Peut-être cherchaient-ils à semer la confusion entre le Gouvernement congolais et la Monuc. Nous sommes heureux de noter que le soutien au déploiement de nos unités régulières d’intervention dans le cadre de Amani Léo se déroule conformément aux engagements pris avec la Mission.
Deuxième remarque : l’argumentaire à l’appui de l’assertion faisant état de l’abandon des FARDC par la MONUC était tellement grossièrement ficelé qu’il ne pouvait bénéficier de la moindre crédibilité aux yeux de n’importe quel professionnel sérieux. Croire qu’une opération dont dépendent la vie et la sécurité des centaines de milliers de personnes et la paix pour tous les pays de la Région des Grands Lacs pouvait être sacrifiée pour une raison aussi banale (la présence de trois délinquants présumés dans un corps expéditionnaire) relève simplement d’une indigence de la pensée.
Troisième remarque : le silence et les approximations manifestes qui ont émaillé la chronique sur cette fausse querelle quant à l’identité des officiers-délinquants en question et les unités dont ils relèveraient laissent peu de doute sur l’intention flagrante d’induire l’opinion publique congolaise en erreur, voire de la dresser contre-la Monuc.
L’on se souviendra des déplorables incidents survenus récemment à Dungu où une population exaspérée par les exactions et chauffée à blanc par des irresponsables s’en était prise à la MONUC qui avait essuyé de nombreux actes de vandalisme dans ses installations et son matériel. On aurait voulu voir une telle agitation se répéter à une plus grande échelle qu’on ne s’y prendrait pas autrement car les mêmes causes ne peuvent que produire les mêmes effets. Une agitation en réalité contre-nature et qui, selon les informations en notre possession, est loin d’être innocente car elle présente cette particularité de faire cibler par les Congolais une entité vouée à épauler leurs efforts de pacification.
De telles légendes affabulatoires auxquelles certains ont de plus en plus l’habitude de recourir sont dangereuses et doivent être traitées comme telles. Aussi, le Gouvernement a-t-il décidé de faire diligenter une enquête pour identifier les personnes physiques ou morales, congolaises ou étrangères auteurs de toutes ces élucubrations pour qu’elles en répondent.
Il nous a été très désagréable d’entendre une ONG internationale prétendument vouée à la défense des droits humains emboucher les trompettes de l’autosatisfaction pour se féliciter et féliciter la MONUC qui n’en pouvait mais, de cette fausse nouvelle de l’abandon du peuple congolais dans son épreuve.
Certes, la Monuc, sur base des dispositions de la Résolution 1906 du Conseil de Sécurité, avait déclaré au cours de son point de presse du mercredi 13 janvier que le soutien de sa force aux opérations militaires menées par les FARDC était subordonné au respect du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés. Cette déclaration a probablement donné des idées aux nostalgiques et aux inciviques auteurs des interprétations fantaisistes qui ont inondé la presse nationale et internationale. Pourtant, le porte-parole de la Mission onusienne avait précisé ce jour-là qu’ « au cours d’une planification conjointe intensive, les commandements militaires des FARDC et de la Monuc ont convenu des mesures à mettre en place pour veiller à ce que ces conditions soient respectées ». Et de fait, il n’est nul besoin d’affirmer qu’à cet égard, il y a emphase entre la perception des Nations-Unies (Monuc) et le Gouvernement de la République et ses Forces armées. Le Président de la République, Commandant suprême des FARDC a mis en mouvement opérationnel ces dernières à l’Est dans l’unique but d’éradiquer le terrorisme et le banditisme qui étranglent les provinces septentrionales de notre pays et d’y ramener la paix, la sécurité et l’Etat de droit.
L’opération Tolérance Zéro mise en œuvre par le Chef de l’Etat n’est pas une simple figure de style et nos partenaires en sont conscients.
En effet, à ce jour, partout où sont déployées les troupes FARDC, la Justice Militaire se trouve dûment représentée. Elle s’efforce, dans des conditions parfois difficiles, de réprimer systématiquement les délits qui lui sont rapportés dans le chef des membres de l’armée en campagne et particulièrement les violations des droits de l’homme. Aucune catégorie des militaires ne fait l’objet d’un traitement de complaisance. Face à la justice, officiers généraux, officiers supérieurs, subalternes ou recrues sont logés à la même enseigne.
Ainsi, le Conseil de guerre opérationnel du Nord-Kivu, siégeant en chambre foraine à Rutshuru-centre (à ± 70 Km au Nord-Est de Goma), a condamné le vendredi 12 février dernier trois militaires à la peine capitale pour tortures, violations des consignes, arrestations arbitraires et dissipation de munitions.
Dans une autre procédure en cours contre huit militaires dans le Nord-Kivu, le Ministère public vient de requérir la peine de mort à rencontre de six autres officiers et sous-officiers des FARDC poursuivis pour des faits similaires. Entre temps, le procès à huis clos contre un Sous-lieutenant accusé de viol d’une jeune adolescente de 16 ans, vient de débuter et se poursuit.
Après Rutshuru-Centre, une série d’autres audiences du Conseil de guerre opérationnel sont prévues en territoire de Béni.
Quant aux éléments du bataillon déployé dans le Sud-Oubangui et qui a mis en déroute les nettoyeurs ethniques de la bande à Ondjani, l’un d’entre eux s’étant rendu coupable de viol à Bozene a été immédiatement arrêté et comparaît devant la Justice Militaire à Gemena.
Tout cela indique que la Justice militaire congolaise s’exerce dans la stricte ligne du mot d’ordre de Tolérance-zéro.
II n’est pas exclu pour nous que les auteurs de cette fausse information aient intérêt à ce que les Fdlr et autres groupes armés résiduels continuent d’écumer des territoires de notre pays comme Kisembe, dans le groupement de Mulombozi (territoire de Mwenga au Sud-Kivu) où ces terroristes rwandais ont froidement abattu sept femmes le jeudi 11 février dernier, et emporté huit survivantes dans la forêt. Dans ces circonstances, tout acte consistant à distraire les FARDC et la MONUC qui leur apporte appui de la traque de ces assassins doit être considéré comme criminel.
La sécurité à l’Est de la RDC a connu des avancées significatives depuis les opérations Kimia I et II ainsi que Rudia I et II. Mais il y a encore des défis à relever. La pseudo déclaration de la Monuc montre que la presse peut, volontairement ou inconsciemment jouer un rôle négatif par rapport aux efforts nécessaires pour pacifier le pays. Mais, je voudrais surtout souligner le rôle combien positif que la presse peut également jouer quant à ce, et c’est à cela que je voudrais vous inviter.
Sur les autres points d’actualité, je tiens à réitérer encore et toujours l’appel adressé par le Gouvernement à nos compatriotes de Dongo et environs réfugiés au Congo-Brazzaville ou déplacés à l’intérieur de la province de l’Equateur pour qu’ils regagnent leurs villages, désormais sécurisés.
En effet, les succès des FARDC contre la bande à Ondjani se sont confirmés. Il faut que les gens rentrent dans leurs villages pour se reconstruire. Le Gouvernement et tous ses partenaires sont décidés à leur apporter leur appui.
C’est le lieu de porter à la connaissance de l’opinion nationale une initiative majeure prise par le Chef de l’Etat et le Gouvernement de la République dans l’organisation des Forces armées. Il s’agit du projet consistant à faire participer très activement les FARDC à la reconstruction des zones perturbées de l’Est et du Nord du pays. Des moyens conséquents ont été mis par le Gouvernement à la disposition du Génie Militaire pour des projets de reconstruction d’infrastructures et d’équipements collectifs dans les provinces du Sud-Kivu, Nord-Kivu, les districts des Uélés et de l’Ituri en Province Orientale et le Territoire de Kungu dans l’Equateur qui on en commun d’avoir été touchés par des conflits et des troubles.
Une autre bonne nouvelle est celle qui concerne l’accord entre la RD Congo et le Rwanda sous les auspices du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés aux termes duquel 53.000 Congolais réfugiés au Rwanda seront rapatriés en RD Congo et 89.000 Rwandais réfugiés en RDC seront rapatriés au Rwanda. C’est une des illustrations les plus significatives du niveau de maturation atteint par les relations de bon voisinage qui sont en train de se restaurer lentement mais sûrement entre les deux pays et, d’une manière générale, dans la région des Grands Lacs.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce dont je voulais vous entretenir aujourd’hui. Si d’autres aspects nécessitent quelques éclaircissements supplémentaires, je vous serais reconnaissant de le relever à travers vos questions auxquelles je m’efforcerai de répondre. Je vous remercie.

Lambert MENDE OMALANGA
Ministre de la Communication et des Médias Porte-parole du Gouvernement


INFOS INFOS
ANNONCE DEPUIS BIENTOT UNE ANNEE
A peine éclairées, les grandes avenues de Kinshasa sombrent dans le noir
* Les Kinois pointent du doigt, entre autres, le déficit de maintenance  dans le chef de l'Exécutif provincial
Un débat s'est installé à Kinshasa sur la destination donnée par l'Exécutif provincial aux recettes de la vente des vignettes. A plusieurs reprises, le Gouverneur André Kimbuta Yango a déclaré que ces recettes ont été utilisées pour rétablir l'éclairage public sur les artères de la capitale. Des entreprises avaient, en effet, été recrutées pour ce travail. On attendra encore de savoir sous quelle forme leur recrutement avait été fait : gré à gré ou appel d'offres. Ensuite, il devra être question d'en évaluer le coût par rapport à la valeur du produit.
En attendant, il est bien indiqué d'évaluer les travaux pour juger de son impact sur les attentes de départ : embellissement de Kinshasa-by-night  ou lutte contre la criminalité nocturne ? Pour le dernier aspect de la question, les Kinois répondraient que la vraie criminalité à combattre est celle des sombres rues et ruelles de nos quartiers complètement délestées à la fois de la fourniture de l'électricité et des patrouilles de police.
Où en est-on aujourd'hui avec cette opération d'éclairage public ? Officiellement, il avait été indiqué que cette opération devait concerner une dizaine des grandes artères de la capitale. La Sonades avait obtenu un lot de 10 avenues, Malta Forrest 6 et Parisi 1, soit la longue avenue Kasa-Vubu qui traverse 7 communes. Les travaux avaient été lancés voici deux ans.
Aujourd'hui, les Kinois font un constat amer : alors que ces travaux ne sont pas exécutés à plus de 30%, les premières réalisations observées tombent déjà en panne. Plusieurs réverbères sont éteints depuis des mois, tandis qu'ailleurs ce sont des câbles qui sont volés et des poteaux arrachés câbles volés par des inciviques. Pire encore, le Gouvernement lui-même a choisi de démanteler une série de poteaux sur l'avenue des Huileries pour besoin d'élargissement de la chaussée. On a, à l'occasion, dit aux Kinois que cela n'implique pas de coûts particuliers, puisque ces poteaux seront réinstallés. Gratuitement ?
Avant cela, les Kinois ont constaté, selon des données reprises dans un article de radiookapi.net, que sur près de 130 poteaux installées sur l'avenue des Huileries, au moins 18 se sont éteints. Sur l'avenue Sefu à Lemba (entre la Foire et le Terminus), les populations riveraines croient vivre dans une boîte de nuit : les poteaux d'éclairage s'allument et s'éteignent comme un jeu de lumières en raison des délestages et des coupures intempestives du courant électrique. L'avenue By Pass n'est pas, non plus, logée à meilleure enseigne: 20 des 90 réverbères installés se sont aussi éteints. La situation s'observe jusqu'au rond point Ngaba, un grand carrefour de rassemblement des masses.                                       
Mais la situation est pire sur l'avenue Université allant de l'avenue Sendwe au rond point Ngaba : sur 118 poteaux installés, 30 seulement sont restés en service. Plus loin, sur la longue avenue Kasa-Vubu, les poteaux s'allument par intermittence et par endroits. On peut l'observer sur les tronçons Kintambo magazin - station Macampagne et Bayaka - Bongolo.
Sur l'avenue des Poids Lourds, précisément sur son tronçon du quartier Kingabwa, aucun réverbère ne s'allume depuis des mois. La raison est simple : ici, presque tous les câbles électriques ont été volés aussitôt après leur installation.
Au chapitre des avenues oubliées, on citerait les avenues Sendwe à Kalamu et Triomphal dans la commune de Kinshasa qui ne sont pas encore éclairées. Il en est de même de la deuxième entrée de Ndjili.Après ce constat, les Kinois pointent du doigt la ville qui, d'une part, semble n'avoir pas organisé un système de maintenance et, d'autre part, aurait pêché par un déficit de planification pour couvrir l'ensemble de la ville grâce à une étude technique plus poussée. Cela aurait été fait que les moyens engagés pour les réalisations visibles auraient pu servir à un éventail plus large d'artères à éclairer. D'autre part, les Kinois constatent un déficit de coordination des programmes entre la ville et le Gouvernement central par rapport aux travaux de réhabilitation et de modernisation des avenues. L'exemple du démantèlement des poteaux d'éclairage sur l'avenue des Huileries en est une preuve, et les Kinois veulent savoir quelle autre avenue subira le même sort aussi longtemps que la ville et le Gouvernement central n'auront pas harmonisé leurs programmes des cinq chantiers. Jonas Eugène KOTA

Bandalungwa : le bourgmestre méprise les journalistes
Le bourgmestre de la commune de Bandalungwa se moque des journalistes. C’est le cas de le dire pour un chevalier de la plume dont le seul pêché serait d’avoir sollicité un entretien avec lui sur la marche de sa juridiction. Pendant plus d’une heure et demie, son chargé de protocole peut faire poiroter les chevaliers de la plume sous prétexte que le bourgmestre serait en réunion pendant qu’on voit des gens défiler à son bureau.
Mais, au terme de la fameuse réunion, le bourgmestre préférerait accorder la priorité à des agents qui lui apportaient des documents (attestation de naissance, attestation de perte des pièces, …) pour signature. L’entrée des agents au bureau du bourgmestre est fréquente et les visiteurs peuvent apercevoir chacun avec une farde en mains. Le petit bureau, de près de 5 mètres sur 3, qui fait office de protocole et de secrétariat, paraît insupportable avec la fréquence des agents. Et cela, sans compter une chaleur suffocante offerte en prime aux visiteurs. C’est au bout d’une heure et demie d’attente que le protocole annonce le départ du bourgmestre aux visiteurs qui auront, finalement, perdu toute une journée pour simplement servir de décor à l’anti chambre de l’autorité municipale de Bandalungwa.
Effectivement, comme annoncé, le bourgmestre sort de son bureau sans accorder la moindre attention aux visiteurs, chevaliers de la plume compris. Plus grave,  il peut lui arriver de croiser à la porte un type particulier de « visiteur » l’obligeant à regagner son bureau pour ensuite ressortir comme s’il n’y avait aucun visiteur sous prétexte qu’il serait appelé par la hiérarchie. Si les visiteurs ainsi humiliés étalent leur mécontentement en menaçant de partir, le protocole s’active pour les conduire au bourgmestre qui, aussitôt, exprime sa colère en sermonnant les agents préposés sans aucun respect des règles élémentaires de courtoisie qui caractérisent généralement les autorités à tous les échelons. Aucun égard pour s’excuser et peut-être proposer un autre rendez-vous comme cela se passe dans un monde civilisé. Un véritable cas de conscience. 
Revenons à la triste expérience des journalistes désireux de s’entretenir avec le bourgmestre de la commune de Bandalungwa, pour déplorer le fait qu’il se trouve encore en RDC, fort malheureusement, des responsables à certains échelons qui ne semblent pas du tout comprendre qu’ils ne peuvent nullement travailler en vase clos et qu’ils ont des comptes à rendre à la population qu’ils gèrent. C’est à ce stade qu’intervient le travail de la presse et ne comprennent cet aspect que ceux qui n’ont rien à cacher et qui ne se reprochent rien. Le bourgmestre de Bandalungwa, à première vue, semble très loin d’œuvrer en toute transparence. Comme quoi, le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, a vraiment du pain sur la planche et il serait temps que les communes élisent leurs autorités. Affaire suivre. BUHAKE

Contrôle de la nouvelle plaque d’immatriculation: encore un sursis pour les automobilistes
L’opération de contrôle sur la nouvelle plaque d’immatriculation a été interrompue depuis le mois de décembre 2009 pour laisser les propriétaires fêter dans de bonnes conditions.
Cependant, le lundi 15 février 2010, l’information a circulé par la voie, des ondes selon laquelle il y a reprise dudit contrôle. Par ailleurs, le constat sur terrain ne démontre pas la rigueur de cette décision.
Un tour sur le Boulevard du 30 juin, en passant par l’avenue de la libération, ex-24 novembre et même sur le boulevard Lumumba ainsi que dans d’autres différents axes routiers de la capitale laisse apercevoir des véhicules gravés de toute sorte de plaque : la nouvelle, en noir et blanc, l’ancienne en jaune et bleu. Et curieusement, même celle de l’ex-Zaïre décorée en vert et jaune circule encore. Jusqu’à présent, il n’existe pas de plaque identique au Congo !
Interrogé à ce sujet, Malaïka, un chauffeur de taxi rencontré au niveau du rond-point « Huileries » a fait savoir que le port de nouvelles plaques d’immatriculation ne concerne pas les chauffeurs. « Moi, je m’acquitte tous les jours de mon devoir. Celui de la remise du versement. C’est au propriétaire du véhicule de remplir sa tâche vis-à-vis de l’Etat », a-t-il dit. Le chauffeur a précisé en outre que : « Jusqu’à présent, nous ne subissons aucune rigueur de la loi. Nous ne sommes inquiétés ni par les policiers de roulage, ni par qui que ce soit ». D’autres chauffeurs interrogés à ce sujet ont répété pratiquement les mêmes propos.
Le policier de roulage Massamba, interrogé au niveau de l’avenue des Poids lourds, a dit n’avoir reçu aucun télégramme provenant de la ville pour opérer ce genre de contrôle. « Il n’y a que vous les médias qui propagez cette information. La police, jusqu’au moment où je vous parle, n’est pas officiellement informée », a-t-il ajouté.
Est-ce que cette décision a été prise à titre incitatif ou elle est véritablement assortie des sanctions ? Est-ce que ces sanctions hivernent encore pour se réveiller atrocement plus tard ? Rocco NKANGA/Stagiaire.

Enfant-soldat hier, chef de gang aujourd'hui
Il a été enfant-soldat, aujourd'hui c'est un adulte, blessé pendant la guerre, qui joue les durs. Il commande aux enfants de la rue et passe chaque année quelques mois en prison. En désespoir de cause.
"Aksanti et toi, précédez-nous, chercher des 'Babylones' (des personnes faciles à voler, ndlr) chez Maman Kindja et au marché de Nyawera. Le point au niveau de Chez Laety vers 18 heures", ordonne Fiston (22 ans) à une poignée d'enfants de la rue. Ceux-ci fument du chanvre et inhalent du kazamba (de l'essence contenue dans un petit flacon) sur une plage abandonnée au bord du lac Kivu à Bukavu, devenue un repaire de durs. "L'armée m'a appris à monter des plans opérationnels et à les faire exécuter", déclare ce petit chef de bande qui boitille du pied gauche, étincelant dans une culotte et un T-shirt blancs, en vidant le fond d'une bouteille de liqueur.

"La taule est aussi mon monde"
Deux semaines plus tard, vêtu d'un survêtement mauve sale et les cheveux ébouriffés, le gars est méconnaissable. Le voici au milieu de la dizaine de détenus qui viennent d'être entendus par le Tribunal de grande instance siégeant en chambre foraine. Tous rentrent dans la cour de la prison centrale de Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu à l'est de la RD Congo. "La taule est aussi mon monde, mais j'y crève de faim", chuchote-t-il en me demandant quelques sous.
Selon le greffier du pénitencier, Bisimwa Bahizire, Fiston est un habitué. "Ce récidiviste ne passe jamais une année à l'extérieur. Il purge régulièrement trois à six mois d'emprisonnement pour des vols simples, retourne à la rue puis revient pour les mêmes infractions", explique-t-il, le nez plongé dans un volumineux registre. L'animateur Joseph Ikosa du Programme diocésain d'encadrement des enfants de la rue (Peder) ne s'en étonne pas : "Nous l'avons récupéré au marché de Kadutu dans les années 90. Il est passé aussi par la Fondation solidarité des hommes (FSH). Cet indomptable ne cessait de commettre des larcins. Les groupes armés l'ont recruté dans la rue."

Jouer les durs
Enrôlé en 2000, à 12 ans, par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), Fiston raconte avoir suivi une formation militaire de deux mois au centre de Nyamunyunyi dans le territoire de Kabare. Puis, il a aussitôt été envoyé combattre les Maï Maï de Mundundu 40 dans le territoire de Walungu où une balle l'a atteint à la jambe gauche. Une fois guéri, Fiston habitera le camp militaire à Bukavu et se mettra à faire le tour de la ville pour mendier. "Quand j'ai abandonné les béquilles, je me suis mis à organiser les enfants de la rue du secteur Sonas non loin de la Cathédrale Notre-Dame de la Paix. Je coopère aussi la nuit avec les bandits et les prostituées en détresse pour vivre. Je fais parfois la prison et ça passe", déclare-t-il en bombant la poitrine en racontant sa vie de leader incompris.
Fiston n'a pas vraiment l'air d'un dur, mais il se targue de son passage dans l'armée et se drogue pour se donner du courage. Certains le défient comme Jamaïcain (20 ans) qui s'autoproclame "porte-parole" des enfants de la rue du secteur Sonas. "Nous ne sommes pas des mauviettes pour n'avoir pas porté les armes. Fiston est allé rejoindre en taule des petits soldats", dit-il.
Rejeté depuis son enfance, ce jeune homme est cependant désorienté. Sa mère est morte quand il avait 8 ans et n'était qu'en 2e année primaire. "Mon père s'est remarié et n'a plus payé mes études. Ma marâtre me battait. Je me suis réfugié au grand marché de Kadutu, raconte-t-il. Heureusement, les trois années passées sous les armes m'ont donné du cœur. Kajorité (blessé de guerre, Ndlr), l'armée n'avait plus besoin d'un homme invalide. Je ne peux rien faire d'autre dans la vie." Dieudonné Malekera  (Syfia Grands Lacs)


AU COURS D'UN ENTRETIEN AVEC LE MINISTRE DE LA COMMUNICATION
Secrétaire général adjoint des Nations Unies : « La communication doit jouer un rôle essentiel dans l’achèvement des objectifs »

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies à la Communication et à l’information, Kiyotaka Akasaka a quitté Kinshasa hier. Arrivé en RDC le 14 février dernier, il s’est rendre à Kisangani dans la Province  orientale le lundi 15 février où il a eu une rencontre avec le personnel de l’information publique et visité le centre de formation de la Police de Kapalata. A Kinshasa, il s’est entretenu avec le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende. Leur entretien a tourné autour des progrès réalisés en RDC dans l’établissement de la paix et de la sécurité, et aussi de la bonne coopération entre la Monuc et les autres organismes onusiens en RDC et le gouvernement.
A en croire Kiyotaka, l’Afrique est une grande priorité pour le Secrétaire général, tout en mettant en exergue l’importance des objectifs du millénaire pour le développement, surtout dans les domaines de la santé, l’éducation et la réduction de la pauvreté. Les deux personnalités  ont convenu que la communication doit jouer un rôle essentiel dans l’achèvement de ces objectifs. Pour sa part, le ministre Mende a reconnu que la Monuc a beaucoup aidé et continue à soutenir les efforts des autorités congolaises à assurer la paix et la sécurité.
Au cours du même point de presse, la Monuc a démenti les rumeurs sur le relèvement de 3 officiers FARDC de leur commandement dans le cadre de l’opération « Amani Leo ». Son porte-parole a signifié que son institution a mis en place une procédure conjointe avec les FARDC qui règle l’appui de la Monuc à l’opération « Amani Leo », en conformité avec la résolution 1906 du Conseil de sécurité. Cette procédure, a-t-il affirmé, a été l’objet des consultations préalables entre les FARDC et la Monuc.
En outre, une mission Monuc – Agences spécialisées des Nations Unies – Gouvernement provincial s’est rendue le 12 février dernier à Rubaya, localité située à plus de 50 Km au Nord-Ouest de Goma en territoire de Masisi pour visiter le site où sera érigé un centre de négoce des minerais qui y sont produits. Le but du projet de construction de ces centres est de régulariser le trafic de vente et d’achat de minerais et d’assurer leur traçabilité, afin d’éviter que les minerais soient utilisés pour alimenter la guerre dans l’Est de la RDC.
Ainsi, le projet s’inscrit dans le cadre du plan de stabilisation de l’Est et sera exécuté par l’Organisation internationale de migration (OIM) et UNOPS. Les localités de Rubaya (Masisi) et Mubi (Walikale) devront être les premiers centres à fonctionner. C’est depuis  plusieurs mois que la Monuc et le ministère des Mines travaillent étroitement sur l’idée de développer des centres de négoce des minerais produits dans certaines zones du pays. Mathy MUSAU.

Les pays de la CEPGL préparent un programme multisectoriel
Les travaux de validation des textes de base de la Communauté économique des pays de Grands (CEPGL) qui se tiennent à Kinshasa donneront une nouvelle impulsion à ce regroupement sous régional. C'est ce que pense le Congolais Ntumba Luaba, secrétaire général adjoint chargé des programmes au sein de cette institution. L'ancien ministre congolais des Droits humains affirme que les nouveaux textes sous examen aux travaux de Kinshasa permettront la mise en oeuvre des projets communs dans plusieurs secteurs.
" Nos chefs d'Etat des trois pays nous ont dit clairement : maintenant, soyez beaucoup plus proches des préoccupations des populations ", a laissé entendre Ntumba Luaba à radiookapi.net, soulignant que l'objectif de la réunion de Kinshasa c'est de permettre, notamment, la fluidité des mouvements des personnes et des biens, voire des capitaux entre les trois pays de la CEPGL. L'agriculture et la sécurité alimentaire ainsi que l'éducation et la recherche font également partie des domaines pour lesquels la RDC, le Rwanda et le Burundi vont renfocer leur coopération régionale, selon le secrétaire général adjoint de la CEPGL.
Concernant l'éducation et la recherche, Ntumba Luaba a rappelé la réunion des recteurs de 25 universités et instituts supérieurs de trois pays qui s'était tenue à Bujumbura. " Nous allons mettre en mouvement un programme qui va permettre la libre circulation des professeurs, des enseignants, des chercheurs, et des étudiants ", a-t-il souligné. Dans le même ordre, a-t-il fait savoir, les élèves du primaire et du secondaire de trois pays n'ont plus des formalités à remplir aux frontières communes pour passer d'un pays à un autre. FDA/R

CONGO PROFOND
Sud-Kivu : l'oisiveté des hommes ruine leurs familles et tue leurs femmes
Dans les montagnes du Sud Kivu, c'est souvent l'oisiveté des hommes qui mène les familles à la misère. Les femmes, contraintes de cultiver seules et de transporter d'énormes fardeaux pour les nourrir, ruinent leur santé et meurent jeunes. Quand les couples travaillent ensemble, ils vivent mieux.
Il est 5 heures du matin, ce dimanche 24 janvier. Dans le village de Cibumbiro, non loin de Bukavu à l'est de la RD Congo, Venantie prépare les régimes de bananes et les sacs de maïs, produits de son champ. Elle et ses deux filles de 13 et 17 ans vont les transporter sur leur dos jusqu'au marché de Mudaka, à 17 km de là, après la messe. Mêlées à la foule de femmes et de filles qui vont y vendre leurs marchandises, elles marchent tête baissée, le front ceint d'un bandeau qui supporte les dizaines de kilos qu'elles halent péniblement. Les hommes qui se rendent aussi au marché ne portent que leur transistor, une poule, un petit sac... Certains cheminent les mains vides.
Venantie rentre à la maison vers 19 heures. Là, elle s'occupe du ménage, apprête le repas du soir qui n'est prêt qu'à 22 heures. Elle réveille alors ses trois enfants de moins de 10 ans déjà endormis qui ne mangent que la nuit. Au lit, bien qu'épuisée par cette rude journée, Venantie doit encore accomplir son devoir conjugal. "Je ne peux pas le refuser à mon mari, sous peine d'être répudiée", déclare-t-elle.
Il y a quinze jours, elle s'était effondrée sous le poids du gros fagot de bois de chauffe qu'elle allait livrer à Bukavu. "Chaque jour, je dois nourrir ma maisonnée et assurer à mon mari 'sa bouteille de bière quotidienne'", explique cette femme de 35 ans qui a l'air d'en avoir plus de 50. Alfred, son mari, lui, passe le plus clair de son temps avec ses camarades à discuter politique, à écouter la radio ou à jouer au sombi et aux cartes.

Pas de travail des hommes, pas de développement
La plupart des femmes du Bushi, la région montagneuse du Sud-Kivu, portent ainsi seules le poids de leur famille qu'elles font vivre au prix d'un travail incessant, dans la peur permanente de mécontenter leurs maris. Ceux-ci ne font pas grand-chose et attendent tout de leurs femmes transformées en portefaix pour les nourrir et leur payer à boire… Une situation dramatique pour de nombreux ménages, car la santé de ces femmes, esquintées par le port de fardeaux parfois plus lourds qu'elles, se détériore vite. La plupart ne vivent pas plus de 45 ans. Le revenu familial, fruit des efforts d'une seule personne, est faible. Les champs sont peu rentables car les femmes n'ont pas la force d'effectuer tous les travaux agricoles. "Beaucoup de familles vivent de la mendicité et du travail de portefaix même dans des régions fertiles comme Katana, Kalehe et Nyangezi", constate Pacôme Rhugenda-Banga, un étudiant de la région. Dans ces villages, aucun développement ne peut se faire.
Le contraste est saisissant avec les rares couples qui cultivent ou font d'autres activités ensemble : ils jouissent d'un revenu plus important et le foyer se porte bien. "C'est le cas d'un couple voisin où la femme est infirmière et dont le mari s'occupe des champs", déclare Venantie.
La plupart du temps, les femmes subissent ces mauvais traitements sans rien dire. Rares sont celles qui se révoltent comme Mama 80. Un jour, elle a prévenu son mari qu'il ne mangerait plus s'il ne travaillait pas. "Et je l'ai fait ce jour-là. Le lendemain, il avait réparé le clapier", raconte-t-elle. "Désormais, nous allons ensemble au champ trois fois par semaine et je bois moins", reconnaît son mari.

La coutume et les guerres
Cette soumission des femmes est liée à la tradition. En mariant sa fille, la mère lui demande de toujours s'en référer à son mari et de faire sa volonté. "Nous sommes les sujets de nos époux, en déduisent les femmes. Notre lot, ce sont les corvées ménagères." S'appuyant sur ces coutumes, découragés par l'insécurité qui a longtemps sévi dans les campagnes et par le manque d'emploi en ville, les maris ont démissionné de leurs rôles de soutien de famille ce qui ne laisse plus d'autres choix aux femmes que de se démener "pour ne pas abandonner la progéniture et mériter de rester dans le foyer, dit amèrement une paysanne de l'association Rhudosanye à Katana, sinon, votre mari vous répudie."
Les associations et les Églises sont effarées par cette oisiveté des hommes, qu'on retrouve aussi en ville, et par ses conséquences néfastes sur l'économie des familles devenue précaire. Plusieurs essaient de faire évoluer les mentalités et d'aider les femmes. Le Ministère du réveil dans le monde paye ainsi des journées de travail pour les champs des femmes. Le Groupe apprenons à lire et à écrire (GALE) et Action pour le développement intégré au Kivu (ADI-Kivu) organisent des mutuelles de solidarité. Ils sensibilisent aussi la population de Katana et de Kalehe sur le bien-fondé de l'implication de l'homme comme de la femme dans les activités familiales. 
Thaddée Hyawe-Hinyi (Syfia Grands Lacs)


CATASTROPHE NATURELLES A LUBERIZI
Les humanitaires évaluent les dégâts

La localité de Luberizi, située dans la plaine de la Ruzizi dans le territoire d’Uvira, à 64 Km de Bukavu, connaît des catastrophes naturelles depuis la dernière pluie qui s’est abattue le 03 février dernier. Cette pluie a emporté, pour la plupart de cas, les toitures des maisons et des établissements scolaires, et rend davantage la vie difficile. La population de cette partie de la province du Sud-Kivu est abandonnée à son triste sort. La pluie du 03 février est la deuxième, celle du 18 décembre n’avait rien laissé sur son passage.
A l’EP Mukama, le directeur Ndambara Kadodo, a signifié que la pluie du 18 décembre avait emporté la toiture. Avec les parents, «nous avons trouvé une solution palliative  bâches. Mais voila, l’ouragan du 3 février a emporté tout ce qui restait. Nous avons perdu beaucoup de documents administratifs. Maintenant, nous rencontrons d’énormes difficultés, quand il pleut, on renvoie les élèves à la maison, et quand il y a le soleil, on arrête les cours à 11h00».
Les parents qui sont dans la majorité des retournés n’ont pas assez de moyennt pour financer l’école, ils ont du mal à payer les 700 FC par mois qui représente les frais scolaires. Le directeur de l’EP MUKAMA note que école a un total de 364 élèves dont 240 filles, et 6 enseignants. Elle était construite par l’ONG « Save the children ».L’Unicef et les religieuses apporte des kits scolaires.
Non loin de là, à l’EP Karambo, on assiste à la même scène. Cette école qui a 238 élèves est obligée de transférer les élèves de la première à la cinquième année dans une école voisine où ils suivent les cours l’après-midi. Ces écoles prennent en charge les orphelins déplacés, retournés, rapatriés et les pygmées. La descente sur terrain avec les humanitaires avait pour objectif de faire une évaluation de la situation.
A Luvungi, toujours dans le territoire d’Uvira, dans le groupement d’Itara, 21 maisons ont été incendiées par les FDLR le 30 août 2009. Le marché de Mirungi était aussi incendié. Dans cette partie du territoire d’Uvira, l’UNHCR en collaboration avec les ONG « Arche de l’Alliance », une ONG de droits de l’homme et ADRA (Agence adventiste) et le CICR apporte une assistance en kit ménager, en bâche, bétail et poulailler.
Un peu plus loin, l’ONG ADRA construit des maisons pour les rapatriés congolais qui provenaient du Burundi et de la Tanzanie. Cette ONG tient à construire 120 maisons. M. Mukombe Amos, bénéficiaire du projet ADRA, indique que les partenaires humanitaires aident beaucoup la population. La construction des maisons pour les rapatriés et les retournés permet à la population de se réintégrer dans la société. Ce qu’il faut reconnaître est que les partenaires humanitaires sont toujours proches de la population victime de catastrophe naturelle et de la guerre. Mathy MUSAU

L’UDS/Katanga dotée d’un comité fédéral provisoire
L’Union des démocrates socialistes (UDS) s’implante lentement mais sûrement sur le territoire national. Désormais, l’UDS/Katanga dispose d’un comité fédéral provisoire qui a été élu par consensus à l’issue de l’assemblée constitutive de la fédération qui s’est tenue dernièrement à Lubumbashi.
Cette réunion a eu lieu sous la présidence d’Emmanuel Tshosonga Sayitondo, chargé de l’implantation du parti dans la province du Katanga. A cet effet, il a axé son intervention sur rôle et l’importance d’un parti politique dans une démocratie. Il a également retracé l’historique de l’UDS et a parlé de son idéologie qu’est le social-libéralisme, ainsi que des échéances électorales de 2011.
Emmanuel Tshisonga a profité de l’occasion pour transmettre le message de félicitations et d’encouragement du président national, Crispin Kabasele Tshimanga, aux participants. Selon ce message, le n°1 de l’UDS a fixé les membres de l’UDS/Katanga sur la position de son parti en déclarant que l’UDS soutient totalement l’action politique du Chef de l’Etat, Joseph Kabila. Cela pour la simple raison que la vision du Président de la République de transformer et de moderniser le pays rencontre les attentes et les aspirations de la base de l’UDS.
C’est donc Emmanuel Tshisonga qui a été élu président fédéral. Il est secondé par trois vice-présidents, Etienne Kambala Mbundu, Félix Muntwabo Kabeya et Mme Esther Odia Kalubi, chargés respectivement de la formation politique, de la mobilisation et des femmes. Au total, 4 femmes font partie du comité fédéral provisoire.
Outre la vice-président, Mme Carine Mwadi Mutala est trésorière, Mme Nelly Tshiabola est secrétaire chargée des questions économiques et, enfin, Mme Donate Lulembi Mazembi s’occupera des affaires sociales et culturelles.
Dans son mot de circonstance, le président fédéral élu a remercié les membres de l’assemblée constitutive de l’avoir porté à la tête de la fédération de l’UDS/Katanga. Il a promis de tout mettre en œuvre pour le rayonnement de l’UDS au Katanga et d’œuvrer pour la formation politique et idéologique des membres de cette formation politique au Katanga. Dina BUHAKE

ETRANGER
RDC-JAPON
Signature de deux projets pour la réhabilitation  et l’extension de l’usine  de traitement d’eau  de Kinshasa-Ouest

Le Japon et la RDC ont procédé mardi à la signature de documents relatifs à l’exécution, à Kinshasa,  de deux projets sociaux destinés à augmenter le débit et à améliorer la qualité de l’eau fournie à la population. Le premier projet, d’un montant de 22 millions de dollars américains, concerne la réhabilitation de l’usine de traitement d’eau de Ngaliema à Kinshasa Ouest, tandis que le second, dont le montant s’élève à 900.000 dollars, permettra l’extension des installations de la même usine, afin de desservir en eau potable une plus grande population, dans une ville dont le nombre d’habitants est passé de 400.000 (quatre cent mille) à  8.000.000 (huit millions) d’habitants depuis l’indépendance du pays en 1960. La signature des documents relatifs à ces projets s’est déroulée entre l’ambassadeur du Japon en RDC, Kanji Kitazawa et le ministre congolais de la Coopération régionale, Raymond Tshibanda N’Tungamulongo. Les besoins actuels en eau potable de la capitale congolaise, qui ne cesse de s’étendre, nécessitent la réhabilitation et la modernisation des deux usines de la ville, implantées à la rivière Lukunga, dans la commune de Ngaliema,  pour la partie Ouest, et à la rivière N’Djili pour la partie Est, afin d’en augmenter la capacité de débit et d’améliorer la qualité de l’eau à fournir. Le premier pas va être franchi avec l’usine de l’Ouest de la capitale, grâce à la coopération japonaise. L’exécution des travaux sera supervisée par la Regideso. FDA/ACP.
Kenya : les femmes du troisième âge s'entraînent au karaté pour se défendre
A 60, 80, voire 100 ans, elles apprennent à frapper des poings, du pied, de la canne: les grands-mères de Korogocho répètent chaque semaine des rudiments d'arts martiaux pour survivre dans l'un des bidonvilles les plus dangereux du Kenya. Elles sont ce jour-là une vingtaine en cercle sur le tatami, pieds nus, robe large et fichu sur la tête, à entourer et encourager l'une des leurs qui frappe résolument un sac de boxe en hurlant "nooooooo !".
La puissance des coups laisse à désirer, mais à en croire leur professeur bénévole, Sheila Kariuki, 29 ans, c'est secondaire. "Ce n'est pas la peine de frapper fort pour être précis. La précision, tout est là", explique-t-elle à ses élèves. Et de désigner les parties vulnérables du jeune homme qui sert ce jour là de cobaye: le nez, le menton, le genou, les clavicules, les parties génitales.
Autant de points faibles du violeur potentiel que toutes redoutent. Le groupe d'autodéfense s'est formé en 2007, face aux bandes de jeunes voleurs de Korogocho qui jetaient leur dévolu sexuel sur des femmes qui avaient trois ou quatre fois leur âge. "A chaque fois que ces jeunes gars ont fait un mauvais coup, ils demandent aux shoshos (grands-mères en langue kikuyu, l'ethnie dominante à Korogocho) de dormir avec eux. Ils croient que les jeunes filles d'ici sont toutes infectées par le sida, et ils préfèrent les vieilles car ils savent que nous n'avons plus de partenaires", explique Mary Wangui, 73 ans, l'une des plus anciennes élèves, devenue à son tour professeur.
A une dizaine de km à peine du centre de la capitale Nairobi, Korogocho, avec ses quelque 155.000 habitants entassés sur 1,5 km2, est l'un des bidonvilles les plus surpeuplés du Kenya, et des plus dangereux. La grande majorité des jeunes survivent en récupérant ce qu'ils peuvent dans la décharge géante voisine de Dandora. L'insécurité est telle qu'une sortie en plein jour dans une rue principale, pour faire la queue à un point d'eau, est un risque qu'il faut calculer.
Mais dans cet univers de pierres ocre et de tôles, brûlé par le soleil en l'absence de toute végétation, le tatami de l'association "Rayons d'espoir et de paix" apparaît comme un havre de paix et d'optimisme. Un treillis protège du soleil, les tôles ont été repeintes dans des couleurs vives, les élèves du troisième âge s'encouragent et s'applaudissent mutuellement. "Hakuna matata" (aucun souci), ose même un slogan peint sur un mur.

Zimbabwe : le gouvernement d'union plaide pour la levée des sanctions
L'ensemble du gouvernement d'union au Zimbabwe, y compris l'ancienne opposition, souhaite la levée des sanctions occidentales, a assuré mercredi le président Robert Mugabe au lendemain de la reconduction des mesures restrictives européennes. "Nous sommes tous d'accord (au sein de la coalition): les sanctions doivent être levées", a déclaré le chef de l'Etat à la presse en marge d'une conférence sur le tourisme.
Robert Mugabe et son ancien rival, Morgan Tsvangirai, ont formé un gouvernement d'union en février 2009, pour mettre un terme à une double crise économique et politique. Mais l'Union européenne (UE) a estimé mardi que les progrès en matière de droits de l'Homme n'étaient pas suffisants pour lever les sanctions contre le président Mugabe et son entourage. Elle les a prolongées pour un an, mais six personnes et neuf entités ont été retirées de la liste.

Côte d’Ivoire: Des jeunes de l’opposition manifestent contre la dissolution du gouvernement
Des jeunes de l’opposition ivoirienne ont manifesté mercredi matin à Abidjan contre la dissolution du gouvernement et de la commission électorale par le président Laurent Gbagbo. Dans le quartier de Koumassi (sud), quelques dizaines de jeunes ont barré l’une des rues principales avec des blocs de ciment, mis le feu à des pneus et déversé des ordures sur les voies. Une vingtaine de policiers déployés sur place les ont rapidement dispersés. «Nous manifestons contre la décision anticonstitutionnelle prise par le candidat (au scrutin présidentiel) Laurent Gbagbo pour retarder les élections», a déclaré à l’AFP Souleymane Konaté, responsable local du Rassemblement des jeunes pour la démocratie et la paix (RJDP), mouvement de jeunesse de la principale coalition d’opposition.
Dans le quartier voisin de Marcory, d’autres jeunes du même bord ont protesté, endommageant un bus avant d’être eux aussi dispersés.
A Treichville, non loin du pont Charles-de-Gaulle qui enjambe la lagune pour conduire au quartier administratif du Plateau, des manifestants avaient presque au même moment brûlé un bus, selon des témoins. Le véhicule partiellement calciné était stationné sur un côté de la voie.
Depuis lundi, des jeunes d’opposition ont protesté dans plusieurs localités, notamment à Tiébissou (centre), lors de manifestations qui portaient parfois aussi sur l’augmentation du coût de la vie.  Après la double dissolution vendredi, l’opposition a appelé à «s’opposer par tout moyen» au pouvoir en place. Ces incidents surviennent alors que le Premier ministre reconduit Guillaume Soro poursuit de difficiles tractations pour former un nouveau cabinet..

CULTURE & DETENTE
SUITE AUX TRAVAUX DE MODERNISATION DU BOULEVARD DU 30 JUIN
Le marché « Bikeko » de la Gare centrale se déplace vers la place « Royal »

Le marché « Bikeko », qui était situé à la Gare centrale est désormais délocalisé. Les acheteurs des œuvres d’arts devront se diriger vers la place « Royal » où sont casés, momentanément, les vendeurs de ces objets. La raison est simple. Ce déplacement du marché « Bikeko » fait suite aux travaux liés à la modernisation du boulevard du 30 juin.
Hier mercredi 17 février 2010 dans les après-midi, lorsque nous effectuons un tour à la Gare centrale, on est vite attiré par la délocalisation du marché « Bikeko ». C’est ici que les acheteurs des œuvres d’art qui  constitués essentiellement des expatriés venaient admirer et acquérir les objets de grande valeur culturelle et esthétique produits par les artistes plasticiens congolais.
Mais la maison qui abritait le bureau du marché est devenue déserte : sans fenêtre, sans porte. Le milieu ressemble désormais à un cimentière. Les pavillons qui logeaient des objets d’arts sont démontés. Il ne reste que des bétons à contempler.
Quelques personnes trouvées sur la place du marché « Bikeko » nous renseignent que ce milieu d’affaires des objets d’arts se déplace vers « Royal ». « Les vendeurs des œuvres d’arts exercent leur activité momentanément pour trois mois à Royal », déclarent-ils.
Les travaux liés à la modernisation du boulevard du 30 juin viennent une fois de plus pénaliser les vendeurs des œuvres d’art qui sont pour l’instant dans l’incertitude de trouver un endroit fixe et définitif où ils feront paisiblement leurs affaires. Dieumerci MAYAMBI.

A TRAVERS LE TROPHEE "SANZAS DE MFOA"
Tshala Muana honorée à Brazzaville pour ses 30 ans de carrière musicale

Réaliser 30 ans de carrière musicale n’est pas une mince affaire, surtout pour une femme. Tshala Muana a réussi à franchir cette étape. La 7ème édition du trophée « Sanzas de Mfoa » qui s’est tenue à Brazzaville au début du mois de février de l’année en cours ne pouvait rester indifférente à l’endroit de cette dame qui a beaucoup contribué à la musique congolaise. C’est ainsi que les organisateurs de « Sanzas de Mfoa » ont pensé récompenser la patronne de l’orchestre Dynastie Mutuashi au titre de reconnaissance pour ses 30 ans de carrière musicale.
Tshala Muana a donc reçu son trophée au Palais du Parlement à Brazzaville devant un public qui regorgeait des personnalités politiques économiques et des musiciens. C’est une fierté pour la République démocratique du Congo de compter parmi ses dignes filles, la « reine de mutuashi ». Les mélomanes doivent continuer à consommer sa musique qui a réussi à valoriser la culture congolaise en général et kasaïenne en particulier.
Tshala Muana est parvenu à imposer la langue tshiluba à travers ses chansons ainsi que le rythme « muatuashi », issu du Kasaï. Aujourd’hui, 30 ans après, elle œuvre pour la promotion des jeunes chanteuses. Personne n’ignore le travail qu’elle a fourni et continue de fournir pour l’émergence d’une jeune étoile montante de la musique congolaise. Il s’agit de Meje 30. Cette dernière, grâce à Tshala Muana, est en train de percer sur la scène musicale congolaise. Dieumerci MAYAMBI


VIVEMENT LE SPORT
Mputu, Mazembe et Garzitto nominés pour le Glo-Caf Awards 2009
La Confédération africaine de football (Caf) a révélé mardi, la liste complète des nominés pour les Glo-Caf Awards 2009. Le TP Mazembe, équipe congolaise, est dans la course dans trois catégories, rapporte radiookapi.net. La course aux récompenses a été lancée mardi avec la publication par la Confédération africaine de football (Caf) de la liste des trois nominés dans chaque catégorie retenue. TP Mazembe, vainqueur de la Ligue des Champions 2009, se retrouve sur le devant de la scène dans trois catégories.
     Dans la catégorie "Meilleur joueur" évoluant en Afrique, son joueur, Trésor Mputu, se dispute la palme avec Uche Agba (Heartland FC du Nigeria) et Abdelmalek Ziaya (Entente Sétif d'Algérie). Dans la catégorie "Meilleur club" du continent, le TP Mazembe a pour concurrents  Heartland FC du Nigeria et le Stade Malien. Enfin, dans la catégorie "Entraîneur de l'année", l'équipe de Moïse Katumbi Chapwe se retrouve encore au travers de son entraîneur, le Franco-Italien Diego Garzitto. Ce dernier a pour concurrents Diego John Obuh du Nigeria, entraîneur de la sélection de U-17, et Sellas Tetteh (Ghana U-20).
     Par ailleurs, la palme du "Footballeur africain" de l'année 2009 se joue entre Didier Drogba (Chelsea et Côte d'Ivoire), Michael Essien (Chelsea et Ghana) et Samuel Eto'o Fils (Inter Milan et Cameroun). Le prix de meilleure sélection nationale sera attribué entre les Fennecs d'Algérie, les Eléphants de Côte d'Ivoire et les Black Stars du Ghana. Dominic Adiyiah (AC Milan et Ghana U-20), Kermit Erasmus Erasmus (Feyenoord et Afrique du Sud U-20) et Sani Emmanuel (Bodens BK et Nigeria U-17), sont en course pour la place du "Meilleur jeune".
     La remise annuelle des prix est prévue le 11 mars à Accra, au Ghana. En 2008, l'attaquant togolais Emmanuel Adebayor avait été élu meilleur joueur africain et avait reçu son trophée à Lagos. FDA/RO.

Les insolites du sport
*Arrêté au volant d’une voiture... de golf
Le 3e ligne international gallois Andy Powell a été arrêté samedi alors qu’il s’apprêtait à conduire une voiture de golf sur une autoroute, après la victoire contre l’Ecosse (31-24), lors de la 2e journée du Tournoi des six nations. Powell, qui joue aux Cardiff Blues, compte 14 sélections avec le pays de Galles. Le troisième ligne centre, âgé de 28 ans, aurait été arrêté en compagnie d’un autre homme de 28 ans à une station-service, à hauteur de l’embranchement 34 de l’autoroute M4, près de l’hôtel où l’équipe galloise avait pris ses quartiers.

*L’homophobie rebute les joueurs anglais
L’association des footballeurs professionnels anglais (PFA) n’a trouvé aucun joueur acceptant de participer à une campagne de lutte contre l’homophobie. Dans le cadre d’une campagne prévue par la Fédération anglaise (FA), la PFA souhaitait réaliser un clip avec des stars de la Premier League. «Tout le monde pense que les footballeurs sont pleins de confiance, mais des sujets comme celui-ci ne sont pas faciles. Souvenez-vous qu’il n’y a pas si longtemps, même les joueurs noirs n’aimaient pas aborder les questions raciales», a déclaré le directeur-général de la PFA Gordon Taylor.
«Un joueur qui serait volontaire, pourrait craindre de déclencher des remarques au vitriol», a expliqué à l’Independent Peter Clayton, en charge de la lutte contre l’homophobie à la FA, qui a décidé de surseoir à sa campagne.

*Carlos Queiroz frappe un journaliste
Le sélectionneur portugais Carlos Queiroz et un commentateur sportif en sont venus aux mains samedi à l’aéroport de Lisbonne, peu avant d’embarquer sur un vol pour Varsovie, où avait  lieu dimanche le tirage au sort de l’Euro-2012, ont rapporté les médias portugais. Selon le site en ligne du quotidien sportif Record, une vive dispute a opposé dans la salle d’embarquement l’entraîneur de la «selecçao» à Jorge Baptista, commentateur de la télévision privée SIC.
«Après un échange d’insultes, Queiroz s’est levé de sa chaise et a porté deux coups de poing à Baptista», affirme Record, se basant sur des témoignages. Les deux hommes ont été séparés par d’autres passagers avant d’embarquer pour Varsovie, ajoute le journal.
 Interrogé par la radio TSF à son arrivée dans la capitale polonaise, l’entraîneur a confirmé un «échange de mots aigre» avec le journaliste pour des raisons d’ordre «personnel». Niant l’avoir frappé, il a toutefois reconnu que les deux hommes s’étaient «bousculés, rien de plus».
De son côté, Jorge Baptista a déclaré à l’agence Lusa avoir été «provoqué et agressé» par le sélectionneur, sans donner plus de détails. La Fédération portugaise de football s’est refusée à tout commentaire.

Zidane entraineur pour Yamamoto
Décidément Zinedine Zidane le retraité des bleus n’en fini pas d’apparaitre dans des publicités. Après Grand Optical, Generali et l’opérateur téléphonique Orange c’est au tour d’ Adidas de s’offrir les services de la star du ballon rond. Yohji Yamamoto le créateur de la marque Y-3 pour Adidas, met en scène Zinedine Zidane dans un spot télé pour la promotion de la collection printemps été 2010 de la marque. Vu le calendrier, cette collection sera bien entendu dédiée à la coupe du monde 2010. On peut voir dans le clip le footballeur dans un rôle d’entraineur.
Il y a deux semaines, le directeur sportif du Sporting, Ricardo Sa Pinto, avait été contraint à la démission après s’être battu dans les vestiaires avec l’attaquant-vedette du club, Liedson


APPRENDRE & COMPRENDRE
Comment rester des amoureux quand on est parents
Beaucoup de couples font le constat qu'ils ont tellement concentré leur amour et leur attention sur leur tout-petit qu'ils se sont perdus l'un l'autre en cours de route. Réagissez avant qu'il soit trop tard! " Depuis l'arrivée Mathilde, qui a maintenant 2 ans, mon mari et moi faisons le difficile constat que nous ne sommes plus aussi rapprochés que nous le souhaitions comme couple. Est-ce normal qu'un enfant prenne autant de place dans un couple, au point de s'oublier? Et est-ce possible de se retrouver après avoir mis nos énergies pendant aussi longtemps sur le bien-être de notre enfant? "

Une nouvelle réalité
Un jour on est deux, avec des rêves pleins la tête dont celui de voir naître un enfant pour sceller notre amour et le lendemain, on se réveille en étant une famille. C'est tout un chamboulement dans une vie! Une nouvelle réalité qui demande à chacun une grande capacité d'adaptation, une bonne dose de tolérance, beaucoup de bonne volonté… et d'amour!
Tout d'abord, il y a la nouvelle routine à intégrer, un quotidien beaucoup plus rempli qu'on ne l'imaginait! " On réussit, un moment donné, à prendre une douche et un café avant le milieu de l'après-midi? " m'a un jour demandé une mère complètement dépassée par les " exigences " de la vie avec de son bébé de 4 mois.
Il y a aussi la fatigue des nuits entrecoupées qui fait que, lorsqu'on pose sa tête sur l'oreiller, on fantasme beaucoup plus à l'idée de 7 heures de sommeil en ligne qu'à une nuit d'amour avec notre conjoint! Les hormones se mettent bien souvent de la partie aussi, faisant baisser notre désir sans que nous ayons beaucoup de contrôle sur la situation! Et c'est sans parler de tous les changements que notre corps a subi, et qui ont un impact autant sur nous qui ne nous sentons plus aussi bien dans notre peau, que sur notre homme, qui vit difficilement cette baisse d'estime de soi de notre part…
Et il y a enfin ce petit être devant lequel on s'émerveille au moindre mouvement, au moindre sourire, à qui on cherche des ressemblances - " Il a tes yeux, je trouve et… mon petit trou au menton! " - et autour duquel, invariablement, les conversations avec notre conjoint en viennent à tourner. C'est quand même incroyable de voir tout ce qu'on peut avoir à se raconter sur ses finesses!
Les papas d'aujourd'hui, qui ont le goût de s'investir de plus en plus auprès de leurs rejetons, contribuent eux aussi à l'éloignement du couple à leur façon. Ils travaillent à l'extérieur et, les soirs et fins de semaine, beaucoup d'entre eux ont envie d'être avec les mousses et d'en profiter. Ils ont aussi le désir de s'impliquer activement dans l'éducation de leurs enfants, et comme on ne peut pas être d'accord sur tout - que de souvenirs des nuits difficiles de ma fille me reviennent en tête en écrivant ces mots, ouf! - cela peut causer des mésententes importantes au sein du couple.

Le support de l'entourage
Il est important aussi de mentionner que la réalité d'aujourd'hui n'offre pas la chance à toutes les familles d'avoir un réseau de support tout près de chez soi en cas de besoin. Que ce soit parce qu'on a quitté notre région natale ou même notre pays, parce que nos proches - et même souvent nos parents - sont encore actifs professionnellement, bien des couples se sentent isolés s'ils sont envahis par un quotidien trop intense. On a peu de gens sur qui compter si on ressent le besoin de se retrouver le temps d'un souper ou d'un week-end d'amoureux. On n'ose parfois même plus se permettre d'activités pour soi, de peur d'alourdir la tâche de l'autre ou d'en avoir plein les bras à notre retour! Ce qui fait qu'au bout de quelque temps, on se retrouve à vivre dans un univers presque essentiellement centré sur les besoins de l'enfant. On se rend compte qu'on s'aime toujours, mais on constate, malheureusement, que le couple n'est plus ce qu'il était…

Que faire?
Prenez un moment, une fois les enfants couchés - ne serait-ce que 15 ou 30 minutes - pour vous asseoir ensemble. Vous pouvez discuter de tout et de rien, ou tout simplement vous coller en lisant un bon livre ou en regardant la télévision. Cela peut paraître banal, mais ce rapprochement physique aide grandement les couples à se " connecter " l'un à l'autre.
Dédramatisez votre quotidien tourbillonnant : en apprenant à rire ensemble des surprises du quotidien familial et en acceptant que l'on n'ait pas le contrôle sur certaines choses, vous vivrez de façon beaucoup moins intense les contraintes et les exigences du métier de parent.
Sortez en couple! Si un week-end d'amoureux n'est pas réaliste pour vous, il est sûrement possible de planifier occasionnellement un souper en tête-à-tête au restaurant ou encore un café-dessert - plus simple d'organiser le gardiennage quand la routine du " repas - bain - histoire - dodo " est passée. Si vous n'avez pas un gros budget, sortez marcher tous les deux, main dans la main, faites du sport ou partagez un loisir, louez-vous un film à regarder à la maison une fois bébé couché. Avec pop-corn en prime, question de se gâter un peu!
Faites des choses pour vous faire plaisir! En apprenant à vous retrouver comme individu, en vous rebranchant sur vos passions, sur des passe-temps qui vous plaisent, vous vous sentirez mieux dans votre peau comme personne et vous vous décentrerez tout doucement de votre préoccupation constante des besoins de votre enfant. Vous prendrez peu à peu conscience des vôtres et forcément, cela aura un impact positif sur votre couple!
Essayez de parler au fur et à mesure de vos insatisfactions à votre conjoint. Invitez-le à faire de même et écoutez-le… La communication reste quand même le meilleur allié pour se rapprocher.
Si votre enfant est assez vieux pour en comprendre le sens, expliquez-lui que son papa est aussi votre amoureux. Montrez-lui des albums photo de votre vie " sans bébé ", racontez-lui comment vous vous êtes rencontrés, vos premiers moments de vie à deux. En plus de lui faire comprendre combien c'est important que vous passiez du temps ensemble afin de préserver votre amour, cela vous rappellera certainement de bons souvenirs et fera peut-être aussi rejaillir l'étincelle qu'il suffisait pour rallumer la flamme! Solène Bourque, Psychoéducatrice

Le complexe d'Œdipe démystifiés
" Quand je serai grand(e), je me marierai avec toi! ". Cette phase du développement, qui survient habituellement chez l'enfant entre 3 et 6 ans, est tout à fait normale. Pourquoi? Si on entend cette phrase de la bouche de notre tout-petit, c'est qu'il vit présentement ce que Freud, un psychanalyste de renom, a nommé le complexe d'Œdipe. Cette phase du développement, qui survient habituellement chez l'enfant entre 3 et 6 ans, est tout à fait normale bien qu'elle ne se manifeste pas de la même façon chez tous les enfants. Voyons donc comment on peut réagir comme parent afin de mieux guider notre enfant dans cette période d'identification sexuelle..
En bref, le complexe d'Œdipe pourrait se définir par le désir d'un enfant d'être en relation exclusive avec le parent de l'autre sexe, l'autre parent devenant par conséquent un rival dans cet élan amoureux. Cet intérêt pour le sexe opposé se manifestera au tout début par la capacité, autour de trois ans, de différencier les garçons des filles et de nommer le sexe auquel il ou elle appartient. Le petit sera fier de dire qu'il est un garçon ou une fille. Plusieurs stéréotypes commenceront à s'installer chez chacun d'eux, allant des intérêts dans les activités - jeux de garçons, jeux de filles - à leurs goûts vestimentaires.
Pour le garçon comme pour la fille, c'est en imitant le parent du même sexe qu'il tentera de séduire le parent du sexe opposé. Il observe ses gestes, attitudes et habitudes et les reproduit. Par ce processus d'imitation, il solidifiera tout doucement son identité sexuelle, et comprendra peu à peu qu'il est un garçon ou une fille pour la vie, soit vers cinq ou six ans. C'est donc dire que cette période est cruciale dans la construction de sa personnalité! Par contre, même si les enfants des deux sexes vivent tous cette phase œdipienne, les choses se passeront de façon un peu différente pour les garçons et les filles.

Les garçons et les filles : des enjeux différents
Pour le petit garçon, qui sort tout juste d'une période d'attachement intense avec sa maman, l'entrée dans la phase œdipienne est moins pénible que pour les filles puisqu'ils n'ont pas à changer " l'objet " de leur amour. La relation se poursuivra donc intensément avec sa maman, mais davantage sur un mode de séduction que sur le besoin affectif d'un tout-petit. Ainsi, le petit garçon essaiera de démontrer à sa mère qu'il est grand et fort, il sera particulièrement affectueux avec elle, allant même jusqu'à repousser son papa quand il se colle sur sa conjointe. On pourra même l'entendre dire que c'est lui l'amoureux de maman.
La petite fille de son côté doit en premier lieu apprendre à s'éloigner et se détacher de sa maman pour vivre son désir de fusion avec son papa. Et ce n'est pas chose facile tant pour elle que pour la mère. Car cette mère, qu'elle aime profondément malgré tout, devient en quelque sorte une rivale pour un temps, le temps que son identité en tant que fille se solidifie. Elle recherchera donc, par tous les moyens, l'attention et l'amour de son papa. Pour certaines, les comportements seront spectaculaires - coquetterie, désir constant de proximité physique avec papa, agressivité envers la mère -, alors que pour d'autres ça se fera plus en douceur.

Comment avoir une attitude aidante et gagnante
On valorise ses efforts d'identification sexuelle quand il ou elle veut faire comme papa ou maman. Plus notre enfant se sentira solide dans son identité de fille ou de garçon, plus la résolution de cette période de vie se fera de façon harmonieuse.
On met des limites face aux comportements de séduction exagérés. Ainsi, si la petite fille utilise une attitude provocante ou suggestive avec son papa ou si le garçon repousse son père et veut constamment se coller seul sur sa maman, on leur fait savoir de façon calme, mais ferme, que ce n'est pas acceptable.
On évite surtout de répondre de façon émotive aux réactions de rivalité de notre enfant. On lui explique qu'ils ne pourront pas marier papa ou maman parce que ça ne se fait pas entre un parent et son enfant.
On prend notre exemple personnel, que nous-mêmes n'avons pas marié leur grand-papa ou grand-maman. Qu'on a trouvé un amoureux une fois devenu grand et qu'il en sera de même pour lui.
On s'assure que notre enfant préserve un lien avec ses deux parents en alternant sa présence auprès de lui. Par exemple, on peut s'organiser pour que maman n'amène pas toujours fiston faire les courses avec elle ou que ce ne soit pas toujours papa qui lise les histoires à sa petite fille.

Si on est monoparental
On évite que l'enfant prenne une place qui ne lui appartient pas, et qui devrait éventuellement être comblée par un amoureux. Pour que son Œdipe se passe bien, on doit résister au piège de prendre l'enfant pour satisfaire des besoins affectifs auxquels un conjoint répondrait.   Si l'enfant a peu ou pas de contact avec un de ses parents, on essaie de combler cette absence par un autre proche afin qu'il puisse avoir des modèles à la fois féminins et masculins dans sa vie. Par exemple, le mettre en contact avec un grand-papa, un bon ami, un oncle ou un voisin en l'absence du père dans la famille.
On évite de dénigrer l'autre parent. L'enfant a besoin d'avoir une image positive de ses deux parents dans sa vie, et c'est encore plus important lorsqu'il est en phase d'identification sexuelle.  Bref dans tous les cas, on doit se rappeler que pour aider notre enfant à bien grandir dans le développement de son identité sexuelle, tout est une question d'amour et d'équilibre! Solène Bourque, Psychoéducatrice