Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3547 DU MERCREDI 17 FEVRIER 2010
La rançon de l’amnésie collective

Hier, les Congolais avaient rendez-vous avec l’Histoire. Le 16 février 1992, des centaines de milliers de Zaïrois d’alors battaient le pavé pour exiger la réouverture de la Conférence nationale souveraine (Cns).
A Kinshasa, plus particulièrement, la déferlante humaine était sans précédent. Ce sursaut citoyen a été vite noyé dans un bain de sang. Combien de kinois étaient tombés ce jour-là sur le champ d’honneur? Nul ne saurait dénombrer avec exactitude les Congolais qui s’étaient offerts en holocauste pour sauver la Cns. Une seule certitude: la boucherie humaine était perceptible dans les rues de la capitale.
18 ans après ce soulèvement patriotique, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Mieux, les acquis de la Cns ont été sacrifiés sous l’autel des intérêts politiciens de protagonistes d’hier. De sorte que lorsque l’Afdl a conquis Kinshasa, l’ordre institutionnel issu de la Cns n’était plus de saison.
Ce n’est pas un Laurent Désiré Kabila à la tête d’un attelage hétéroclite qui pouvait remettre au goût du jour la logique Cns. Au pays de l’éternel recommencement, quantité de forums se sont tenus par la suite. Le paroxysme de ces palabres à la congolaise aura été ce dialogue de près de deux mois organisé par la communauté internationale en terre sud-africaine. De ces assises naîtra un ordre politique qui débouchera sur les élections quasi-générales de 2006. On en est là.
      Question logique: Et la Cns dans tout cela ? Autrement dit, que reste -il de ce forum national? La réponse est à trouver dans le déficit de conscience historique des Congolais. Au fond, la Cns n’a pas échappé au sort de toutes les grand-messes qui se tiennent au Congo-Zaïre. Elles ne survivent que l’espace d’un matin. Les enjeux politiciens liés au forum passés, plus personne ne s’y réfère. Sauf pour des raisons de repositionnement ou de récupération politicienne. D’où le retour à la case de départ, le sur place ou encore le sentiment du déjà vu ou du déjà entendu qui caractérisent l’histoire politique du pays.
Fière chandelle quand même à la poignée de prêtres kinois qui se sont souvenus du 16 février 1992.
José NAWEJ


Bayoli: un exemple à suivre

Au sein de l’hémicycle, il n’est pas une grande gueule. Dans cette Chambre des députés où les éléphants sont connus, il est même inconnu au bataillon. Dans cette Assemblée où les vedettes rivalisent des motions, d’interpellations, il serait   presqu’à  classer aux abonnés absents. Lui c’est le député Godefroid Bayoli Kambale. Cet élu de Butembo ne passera plus inaperçu. En milieu de cette semaine, il a créé l’événement en se délestant de son mandat de député. Une première dans les annales du Parlement issu des élections de 2006. Plus généralement, un fait rarissime sur l’échiquier politique zaïro-congolais.
     Pour justifier son acte, Godefroid Bayoli évoque ses charges qui ne lui permettent plus de remplir ses obligations de député. En somme, l’élu de Butembo ne se sent plus en situation de représenter ses électeurs. Il s’est trouvé des députés pour chercher des poux sur la tête apparemment «chauve» de Godefroid Bayoli. Rien n’y a fait.
     Tout s’est passé comme si certains désormais futurs ex-collègues de Bayoli avaient du mal à se faire à l’idée qu’un de leurs renonce au pouvoir. Dans un pays où la démission n’est pas la tasse de thé des opérateurs politiques, la réaction des députés est compréhensible. Dans un pays où le pouvoir est perçu davantage comme une rente de situation que comme une charge, la controverse autour de la démission du député Bayoli trouve sa place.
Reste que, quelle que soit la raison du retrait de l’élu de Butembo, son geste a valeur de leçon pour ses pairs, toutes chambres et assemblées confondues. Ils ne sont pas à compter ceux des parlementaires qui ne considèrent leurs sièges que comme un tremplin pour un poste ministériel. Ils ne constituent pas la minorité ceux des élus qui assiègent à longueur des journées les antichambres des cabinets ministériels. Ce, non pour contrôler leurs «Excellences», mais dans le but de solliciter la générosité de ceux qui tiennent le cordon de la bourse. Ils sont nombreux ceux des députés et sénateurs qui ont tourné le dos à leurs électeurs. De sorte que quand viennent les vacances parlementaires, les élus se pavanent à Kinshasa quand ils ne se rendent pas en Afrique du Sud ou en Europe où se trouve le «fief» familial. La véritable base n’a droit qu’à deux ou trois jours, voire quelques heures. L’essentiel pour l’élu du peuple est de se munir de quelques ballots de fripperie ou comprimés à remettre sous l’oeil de la caméra.
José NAWEJ


Silence au
Palais !

Calme plat. Silence de cimetière. Rien à signaler. Voilà ce que s'entend répondre tout celui qui s'avise à prendre les nouvelles du Palais de la Nation. C'est à croire que plus rien ne bouge dans le saint des saints du pouvoir rd congolais. Maître du jeu politique, Joseph Kabila n'a jamais autant entretenu sa légende d'homme insondable.
     Alors que tout le landerneau politico-médiatique kinois attend les signaux du fameux remaniement, rien ne filtre. Alors que tous les cénacles de la coalition au pouvoir attendent que la "haute hiérarchie" donne le «la» des consultations, rien de tel ne se dessine. Alors que nombre de députés pressentis ministres sont presque fatigués de ronger leurs freins, aucune éclaircie ne  se signale dans le ciel gris de la kabilie. Alors que des ministres en fonction attendent depuis longtemps d'être fixés sur leur sort, l'ordonnance-couperet n'est toujours pas sur la table du Raïs.
     Est-ce pour meubler ce long suspense que des rumeurs bien de chez nous  quittent les bas quartiers de Kinshasa pour atteindre même la ville haute. Possible. Il n'est plus rare de voir un ministre en fonction ou un député se gaver de la rumeur. Les bruits   à l'évidence invraisemblables sur la démission du Premier ministre ont été la denrée la plus consommée dans la jet set politique kinoise. Perdant son latin, un diplomate occidental en poste à Kinshasa n' a pas caché son trouble en réalisant que  certains officiels congolais aient puisé dans la rumeur pour le renseigner!
     Avec la prestation médiatique du chef du gouvernement, la rumeur sur son "départ" s'est dégonflée. A quelle sauce les Congolais seront-ils mangés demain? Attendons voir.
     A moins que, sur ces entrefaites, Joseph Kabila décide enfin de faire le ménage. Lui qui avait annoncé urbi et orbi qu'il allait opérer de profonds changements au niveau de son cabinet et du gouvernement. D'une stricte annonce présidentielle, le remaniement est, dans l'entre temps, devenu un impératif. Tant le gouvernement  se retrouve amputé de certains ministres.
                Tout le problème c'est que, fort de sa majorité, le Raïs  a encore toutes ses cartes  entre ses mains. Il a donc la maîtrise de son agenda. Mais, un coup d'œil sur l'échéancier du quinquennat renseigne que  le Président ne saurait apprivoiser le temps pour longtemps. 

José NAWEJ






















































































































































































































































ON EN PARLE DEJA DANS CERTAINES OFFICINES POLITIQUES
Un tsunami pour emporter des gouverneurs de provinces !
Apparemment, l’an 2010 larguera sur le terrain une série de tsunamis comme pour maximiser les chances de réussite de la politique de cinq chantiers. C’est de la sorte qu’à en croire certaines sources généralement au parfum de ce qui se trame dans la ville haute, après le coup de balai qui s’annonce au sein du Gouvernement central, l’épée de Damoclès sera suspendue sur la tête de quelques gouverneurs des provinces en vue de rétablir l’équilibre entre l’exécutif provincial et l’assemblée provinciale. Car, il s’observe de plus en plus que députés provinciaux sont à la merci des chefs des exécutifs provinciaux.
Un tsunami pour emporter les gouverneurs des provinces. Tel un ouragan ou une tempête qui emporte des fruits murs ou non. Voilà qui ne manquera pas, si jamais cette option se confirmait dans le microcosme politique congolais, de remettre les pendules à l’heure. Surtout lorsque cette opération est présentée, au sein de certaines officines politiques, comme un remède face aux déséquilibres qui font que, dans certaines provinces congolaises, les assemblées des élus du peuple courbent l’échine devant les exécutifs provinciaux. Simples caprices ou stratégies politiques, toujours est-il qu’un député qui se permet de s’en prendre à un gouverneur de province, se voit aussitôt désavoué si pas rejeté par ses collègues de l’assemblée provinciale au nom d’une solidarité plus fictive que réelle entre les députés.
Mais, combien de gouverneurs des provinces seront-ils concernés par ce tsunami? Difficile de répondre à cette question actuellement. Certainement que cette vague, à moins que l’on retombe sur le terrain de règlement des comptes, visera plus ceux des gouverneurs qui ne semblent pas du tout à la hauteur de leurs tâches en termes de contribution effective aux cinq chantiers de la République et ceux qui tentent, à leur souhait, de manipuler les assemblées provinciales pour éviter tout contrôle dans leur gestion. Autre question, comment procéder pour déboulonner des gouverneurs élus par des députés qui ne semblent pas, du moins jusque là, convaincus de se passer des services des chefs des exécutifs provinciaux malgré plusieurs tentatives qui se sont souvent soldées par un échec au gré des enjeux.
N’empêche que, dans les officines politiques, le tsunami est encore en étude au niveau surtout des «faiseurs des rois». Le ton pourrait même être donné, en termes de ballon d’essai ou même du coup d’envoi de l’opération, selon le cas, durant le mois de mars qui verra le Gouvernement central subir une opération chirurgicale pour le délivrer du virus l’orientant vers des études infinies ou des conseils d’experts en conseils d’experts. En fait, indique-t-on, il sied de faire de l’an 2010 une année décisive avant d’accéder à 2011 considérée par tous les acteurs politiques congolais, sauf changement de dernière minute, comme une année électorale. Dans ce cas, rater le coche en 2010 équivaudrait à réduire ses chances en 2011. Au niveau des officines, il s’agit donc de racheter le temps pour éviter toute surprise en 2011 en termes de bilan à présenter à la fin du mandat au peuple.
Mais, comment limoger aussi facilement des gouverneurs sans que leurs électeurs que sont les députés provinciaux, eux, n'en ressentent la moindre nécessité ? Car, il faut s'inscrire dans la logique de la loi en se basant sur des griefs à même de constituer des motifs sérieux conformément à la loi. Un autre moyen, c'est de faire un putch à la congolaise à travers une voie peu recommandable, mais généralement efficace. Dans tous les cas, la balle sera dans le camp des députés provinciaux seuls habilités, légalement parlant, à défenestrer les gouverneurs.
M. M

ENJEUX DE L'HEURE
Minerais du sang en RDC : nouvelle alerte de Global Witness
Sony-Ericsson, Nokia, Samsung Blackburry, Motorolla, Google, Apple, Microsoft, etc., les géants de la téléphonie mobile et de l'informatique se réunissent depuis lundi au Congrès mondial de la téléphonie mobile (Mobile world congress) à Barcelone (Espagne). Au total c'est quelque 1.300 entreprises et 47.000 professionnels qui sont attendus à cette grand-messe annuelle du secteur de la téléphonie mobile, mais aussi de l'informatique. Une occasion pour les visiteurs et utilisateurs de découvrir en avant-première les tendances et les produits pour 2010.
     Sur le Net, les analystes rivalisent d'arguments pour sonder les enjeux des nouvelles tendances par rapport à l'année dernière. Les opérateurs, eux, font des projections financières qui se chiffrent en milliards de dollars.
     Personne, cependant, ne semble faire allusion au drame que sous-tend l'escalade technologique de l’informatique et de la téléphonie mobile à travers les zones minières d'où partent les matières qui participent à la fabrication de ces petits gadgets de plus en plus sophistiqués. Comme au congrès de l'année dernière, l'Ong Global Witness est de nouveau revenue à la charge pour sonner l'alerte sur ce drame. Dans une déclaration rendue publique lundi dernier à l'ouverture du congrès de Barcelone, Global Witness rappelle que "les métaux contenus dans les téléphones mobiles servent à financer une guerre d'une grande brutalité au Congo. " Ces métaux " sont exploités illégalement en République démocratique du Congo (RDC) et financent un conflit responsable de millions de morts " peut-on encore lire dans la déclaration. Celle-ci relève aussi que " malgré toute une série de rapports de haut niveau publiés par les Nations Unies qui renseignent sur les liens entre les minerais et le conflit, les entreprises qui réalisent des bénéfices colossaux grâce à la vente de téléphones mobiles et d'autres appareils électroniques ne font pratiquement rien pour s'assurer que les composants de leurs produits ne proviennent pas de régions contrôlées par des groupes armés. Daniel Balint-Kurti, chargé de campagne de Global Witness qui faisait cette déclaration, a, par ailleurs, prévenu qu' " il est grand temps que les entreprises du secteur de l'électronique démontrent qu'elles prennent au sérieux l'élimination des minerais du conflit de leurs chaînes d'approvisionnement. " Ces entreprises devraient, selon Balint-Kurti, " exiger des fournisseurs qui s'approvisionnent en minerais de la RDC qu'ils déclarent exactement de quelle mine proviennent ces minerais, et effectuer des contrôles ponctuels et des audits afin d'appuyer ces déclarations. Si les entreprises ne peuvent s'assurer que leurs minerais ne participent pas au financement du conflit, elles ne devraient pas en acheter ".
     Global Witness rappelle, par ailleurs, que " les principales parties belligérantes de l'est du Congo - y compris la milice des FDLR, liée au Rwanda, et l'armée gouvernementale - contrôlent une large part du commerce lucratif de minerais servant à produire de l'étain, du tantale et du tungstène, ainsi que du commerce de l'or. " A leurs côtés, poursuit la déclaration, " des sociétés internationales de transformation achètent des minerais à des comptoirs congolais, lesquels se procurent ces minerais dans des zones détenues par des groupes armés et des unités militaires. "
     Pour Global Witness, " les entreprises du secteur de l'électronique pourraient contribuer à éliminer cette pratique en exigeant des sociétés de transformation qu'elles prouvent que leurs produits ne participent pas au financement du conflit, faute de quoi la vente n'aura pas lieu. " L'ONG regrette, cependant, que " peu de ces entreprises, pour ne pas dire aucune, n'a pris de telles mesures. Certaines affirment que leurs chaînes d'approvisionnement sont tout simplement trop complexes pour pouvoir être suivies de si près, mais les travaux de recherche menés par des ONG et des enquêteurs des Nations Unies indiquent que cet argument n'est pas valable. "
     On rappelle que dans une récente résolution, le Conseil de sécurité avait jeté les bases d'une action visant l'imposition du gel des avoirs et l'interdiction de déplacements à l'endroit des entreprises et entrepreneurs qui soutiennent indirectement les groupes armés à l'Est de la RDC à travers l'achat des minerais du sang. Et face aux réticences des multinationales à assumer leurs responsabilités dans ce drame, Global Witness réitère avec insistance au Conseil de sécurité son invitation à engager des sanctions ciblées à l'encontre de toutes les firmes récalcitrantes.
     Dans cet ordre d'idées, Balint-Kurti déclare que " les consommateurs ont le droit de savoir que les produits qu'ils achètent n'alimentent pas des crimes contre l'humanité ", ajoutant que " les marques de l'électronique et d'autres entreprises qui emploient des minerais du conflit se retrouvent en face d'une alternative claire: démontrer leur leadership ou se retrouver confrontées à l'indignation du public. " Et dans le rapport du Groupe d'experts des Nations Unies publié en décembre 2008, plusieurs firmes transformant les minerais qui rentrent dans la fabrication des téléphones portables et autres pièces électroniques avaient été citées. Il s'agit, notamment, de la cinquième plus grosse compagnie au monde de transformation de l'étain, Thailand Smelting and Refining Co (Thaisarco). Selon le rapport onusien, cette firme achetait ses minerais d'étain auprès d'un exportateur qui, lui, s'approvisionnait dans des mines contrôlées par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). De ramifications en ramifications, Thaisarco, qui est basée en Thaïlande, appartient au géant britannique des métaux, Amalgamated Metal Corporation (AMC) Group.
Depuis 2008 toujours, Global Witness avait formulé une série de recommandations pour la lutte contre l'exploitation des minerais de sang en RDC, recommandations qui sont reprises ci-dessous.
Jonas Eugène KOTA

Recommandations en matière de diligence raisonnable à l'intention des acheteurs et entreprises faisant le commerce de minerais en provenance de l'Est de la RDC et de leurs gouvernements

INTRODUCTION

    L'attention suscitée par la dimension économique du conflit brutal qui déchire l'est du Congo depuis dix ans est jugée insuffisante. Les acheteurs et les entreprises continuent en effet d'acheter et de faire le commerce de minerais profitant aux parties belligérantes, sans tenir aucun compte de l'impact de ce commerce sur la violence. Plusieurs cas récents, dont une déclaration du gouvernement britannique selon laquelle Afrimex, une compagnie de négoce de minerais basée au Royaume-Uni, a enfreint les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales, montrent clairement que les entreprises qui s'approvisionnent en minerais en provenance de l'est du Congo devraient faire preuve d'une diligence raisonnable plus soutenue. Elles doivent s'assurer que toutes les marchandises qu'elles achètent ne reviennent ni à financer des groupes armés ou des unités militaires, ni à impliquer ou contribuer à des violations des droits de l'homme à quelque étape que ce soit de la chaîne d'approvisionnement.
Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), sont riches en minerais, particulièrement en cassitérite (minerai d'étain), en or, en coltan et en wolframite. Depuis 1998, s'emparer du contrôle de ces mines ou le maintenir constitue une motivation centrale pour l'ensemble des principales parties belligérantes. Dix ans plus tard, des groupes rebelles, ainsi que des unités et des commandants de l'armée nationale congolaise, continuent de s'enrichir directement du commerce de minerais et ont accès aux marchés internationaux.
Certains de ces groupes extraient eux-mêmes ces minerais, tandis que d'autres forcent la population civile à travailler pour eux ; d'autres encore imposent des " taxes " qu'ils extorquent sous la forme de minerais ou en espèces, dans les mines, le long des routes ou aux postes de frontière. Les bénéfices ainsi dégagés leur permettent de poursuivre leurs combats, avec des conséquences insupportables pour la population civile.
Tant que des acheteurs sont prêts à se livrer à des activités commerciales, directement ou indirectement, avec des groupes responsables de graves atteintes aux droits de l'homme, ces groupes n'ont aucune raison de déposer leurs armes. Au contraire, le conflit devient ainsi une activité commerciale des plus lucratives. À ce jour, les acheteurs et les entreprises refusent d'assumer leurs responsabilités en mettant un terme au lien entre le commerce des minerais et la violence persistante dans l'Est du Congo. Certains prétendent que connaître l'origine exacte des minerais est irréaliste ou trop difficile. D'autres n'essaient même pas de se renseigner et ne posent aucune question sur la provenance de leurs marchandises. En ignorant l'impact de leur commerce sur la paix et la sécurité, ces entreprises contribuent à perpétuer le conflit et risquent de se rendre complices des graves atteintes aux droits de l'homme commises par les factions belligérantes.
Comme l'a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question des droits de l'homme et des sociétés transnationales et autres entreprises, la responsabilité d'entreprise à l'égard du respect des droits de l'homme constitue une " attente fondamentale… 'ne faire aucun mal' n'est pas simplement une responsabilité passive des entreprises, mais elle peut englober des démarches positives ".
Global Witness adresse le
s recommandations suivantes aux acheteurs, aux commerçants et aux autres entreprises qui achètent ou manipulent des minerais en provenance du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ainsi qu'aux gouvernements des États d'accueil de ces entreprises. En mettant en œuvre ces recommandations, les acteurs économiques et leurs gouvernements contribueraient à éliminer les bases financières des groupes armés et des unités militaires qui infligent violences et souffrances à la population de l'est du Congo et à jouer un rôle significatif dans la suppression du rapport direct entre commerce des minerais et conflit armé. Privés du financement que leur procure le commerce des minerais, nombre des groupes armés qui terrorisent la population de l'Est du Congo verront leurs capacités considérablement affaiblies.
I. Recommandations à l'intention des acheteurs et entreprises congolais et étrangers
Les démarches suivantes devraient être mises en œuvre à chaque étape de la chaîne d'approvisionnement, notamment par :
- les individus qui s'approvisionnent dans les mines au niveau local au Nord-Kivu et Sud-Kivu
- les négociants et autres intermédiaires qui s'approvisionnent auprès de ces individus
- les comptoirs et autres commerçants et exportateurs basés dans des villes comme Goma et Bukavu
- les importateurs implantés dans des pays voisins ou autres
- les entreprises qui traitent et transforment les minerais
- les entreprises étrangères et multinationales de fabrication et de vente au détail
1. Faire preuve d'une diligence raisonnable rigoureuse en matière d'approvisionnement en minerais : se renseigner sur le lieu de production exact des minerais (pas seulement sur la zone géographique au sens large, mais sur le lieu et la mine précis), sur l'identité des producteurs de ces minerais et sur les conditions dans lesquelles ils ont été produits.
2. Refuser d'acheter des minerais en l'absence des informations ci-dessus, ou si certains éléments indiquent qu'il est possible que les minerais soient passés entre les mains de groupes armés ou d'unités militaires ou leur aient bénéficié d'une autre manière.
3. Pouvoir démontrer, avec des preuves écrites fiables, l'origine exacte de leur approvisionnement en minerais, les itinéraires empruntés et l'identité des intermédiaires / tiers qui les ont manipulés.
4. Ne pas accepter les assurances verbales ou vagues des fournisseurs quant à l'origine des minerais et aux zones par lesquelles ils ont transité. Effectuer des contrôles ponctuels pour vérifier les sources et l'exactitude des affirmations des fournisseurs.
5. Les fédérations et associations de négociants et de comptoirs ou autres entités commerciales devraient adopter une politique explicite par laquelle elles s'engagent à ne pas acheter ou manipuler des minerais susceptibles de profiter aux parties belligérantes de l'est de la RDC. Elles devraient exiger de leurs membres qu'ils observent systématiquement la procédure de diligence raisonnable décrite ci-dessus, pour chaque achat et transaction, et qu'ils démontrent précisément l'origine de l'ensemble de leurs marchandises. Les fédérations et associations professionnelles devraient mettre en place des mécanismes permettant d'observer et de vérifier si leurs membres agissent en conformité à ces exigences.

II. Recommandations à l'intention des gouvernements d'accueil
     Les gouvernements devraient rendre responsables les entreprises immatriculées dans leur pays et qui se livrent en toute connaissance de cause au commerce de minerais bénéficiant aux parties belligérantes de l'est de la RDC et/ou qui n'observent pas une procédure de diligence raisonnable quant à l'origine de leurs marchandises. Ils doivent plus particulièrement :
6. Fournir des conseils clairs aux entreprises qui achètent ou se livrent au commerce de minerais en provenance de l'est de la RDC ou envisagent de mener de telles activités à l'avenir. Les ministères des Affaires étrangères et du Commerce, ainsi que leurs ambassades en RDC, devraient faire savoir publiquement à ces entreprises qu'elles se doivent d'agir avec prudence, que leur gouvernement observe les implications de leurs activités et que leur responsabilité pourrait être engagée s'il s'avère qu'elles ont aidé ou facilité la perpétration d'atteintes aux droits de l'homme.
7. Insister pour que les entreprises soumettent la totalité de leur chaîne d'approvisionnement au plus haut niveau de diligence raisonnable, comme décrit ci-dessus, étant donné l'ampleur et la gravité des atteintes aux droits de l'homme perpétrées par des groupes armés et des unités militaires qui contrôlent certaines parties du commerce de minerais dans l'est de la RDC.
8. Veiller à consacrer ces efforts aux importations en provenance non seulement de la RDC, mais également des pays voisins tels que le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda et la Tanzanie : en effet, des minerais en provenance de la RDC sont parfois importés de ces pays sans pour autant être clairement identifiés comme étant des minerais congolais.
9. Promouvoir activement les normes internationales telles que les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales.
     Contrôler de manière efficace le respect des entreprises envers ces normes.
     Réprimander les entreprises dont il s'avère qu'elles enfreignent ces normes et formuler des recommandations puissantes pour qu'elles révisent leurs pratiques commerciales.
10. Lorsque certains éléments indiquent que des entreprises sont susceptibles de mener des activités commerciales d'une manière qui exacerbe le conflit dans l'Est de la RDC ou qui profite à des groupes ou des individus responsables d'atteintes graves aux droits de l'homme, les gouvernements devraient mener sur-le-champ des enquêtes approfondies. Si des informations fiables confirment ce lien, les gouvernements devraient officiellement demander aux entreprises de cesser leur commerce et leurs achats de marchandises provenant de cette zone spécifique jusqu'à ce qu'elles puissent prouver qu'elles ne contribuent pas au conflit et qu'elles ne l'exacerbent pas. En cas de complicité démontrée, les gouvernements devraient engager des poursuites judiciaires ou imposer des sanctions aux entreprises et aux individus en question.
11. Enquêter et, le cas échéant, poursuivre en justice les entreprises ou individus pour pillage dans le contexte du conflit armé dans l'Est de la RDC.
12. Les gouvernements doivent veiller à ne pas soutenir financièrement, de quelque manière que ce soit, ou investir dans des entreprises dont on sait qu'elles exacerbent le conflit ou dont les activités commerciales profitent à des groupes ou individus responsables de graves atteintes aux droits de l'homme dans l'est de la RDC.
Étant donné la gravité du conflit qui se poursuit dans l'est de la RDC, les entreprises ne peuvent courir le risque de participer à des activités commerciales susceptibles de soutenir les parties responsables d'actes de violence. S'ils sont dans l'incapacité d'affirmer catégoriquement que les minerais de l'est de la RDC ou de pays voisins ne profitent pas à ces parties belligérantes à n'importe quel stade de la chaîne d'approvisionnement, les acheteurs et entreprises doivent refuser de les acheter. Global Witness

POUR FAIRE FACE AUX TENSION SUR LE MARCHE DE CHANGE
Le Comité de politique monétaire invite le gouvernement à réduire ses dépenses
La santé de la monnaie congolaise était au centre, hier, d’une réunion du Comité de politique monétaire. A lire certaines recommandations, le Gouvernement est invité à réduire ses dépenses. Le marché de change a connu une appréciation de 1,1% du taux de change tant sur les marchés interbancaire, libre que parallèle au 15 février 2010. Ce, après l'intervention de la BCC, le 28 janvier de l'année en cours, avec un montant de 10 millions de USD ; c'est ce qui ressort de la réunion du CPM, tenue au siège de l'Institut d'émission.
Cependant, les membres du CPM notent, tout de même, " une petite " dépréciation de la monnaie nationale. "On note, cependant, une résurgence de légères tensions sur le marchés de change, principalement sur le segment du marché parallèle à partir du 10 février". A la question de savoir ce qui explique ces légères tensions, le vice-président du CPM, Jean Louis Kayembe explique: " Il est vrai que le déficit des finances publiques conduit à des dépréciations de la monnaie nationale lorsque ce déficit implique un financement monétaire de la BCC. Ce qu'on appelle planche à billet ". Mais, il souligne qu'il y a d'autres facteurs externes : des anticipations, des asymétries d'information qui peuvent amener une effervescence sur le marché de change. Concernant le cas actuel, il reconnaît que le Trésor est en excédent, mais il y a lieu de signaler qu'il y a un autre facteur qui a joué. " Lorsque les excédents sont accumulés au cours d'une certaine période, ces excédants là sont consommés en une courte période, il y a lieu que cette accélération de la consommation peut avoir des répercussions sur le marché comme c'est le cas maintenant ".
Sur le marché des biens et services, le CPM révèle qu'après avoir atteint le pic de 68,99% à la date du 15 janvier, l'inflation est tombée à 38,68% en février, contre un objectif de 15,0%  fin décembre 2010.
Il a été observé que l'exécution du plan de trésorerie de l'Etat a dégagé des excédents de trésorerie aux 15 premiers jours du mois de février. Il a été noté l'augmentation des dépenses publiques avec risque de détériorer le solde des opérations financières de l'Etat et d'exercer des pressions sur la demande des devises au cours de la deuxième semaine du mois en cours.
C'est dans cette optique, au regard de la situation économique à la date du 15 février 2010, que le CPM a décidé de maintenir le niveau actuel du taux d'intérêt directeur à 70% et le maintien du coefficient des réserves obligatoires à 7,0%. Concernant les billets de trésorerie (BTR), le CPM a décidé de garder une fourchette crédible pour une meilleure régulation des liquidités. Les membres du CPM ont pris l'engagement de poursuivre des efforts visant le renforcement de la surveillance de l'encours de refinancement aux banques.
Au Gouvernement, le Comité de politique monétaire a recommandé la nécessité pour le Trésor de tempérer le rythme de consommation des excédents de trésorerie sur une courte période en limitant le volume des décaissements et ce, en raison  de l'exiguïté du marché de change afin d'éviter de nourrir les anticipations. D'autre part, l'Etat devrait maintenir la gestion sur base caisse en vue de prévenir toute détérioration de la position nette du Gouvernement. Dina BUHAKE

Les concessionnaires des domaines agricoles de Nsele/Maluku sommés de se conformer à la loi foncière
Les détenteurs des contrats d'occupation provisoire ou d'emphytéose portant sur les concessions à usage agricole, d'élevage ou mixte, situées dans la circonscription foncière de Nsele/Maluku, viennent d'être sommés de se mettre en règle vis-à-vis de la loi foncière en vigueur en RDC. Selon un communiqué remis mardi à la presse, le ministre Maj Kisimba des Affaires foncières leur rappelle qu'ils sont astreints au payement des redevances annuelles au terme des dispositions de l'article 110 de la loi foncière. Et il leur rappelle, par la même occasion, qu'un délai de 30 jours prenant cours le 17 février, leur est accordé pour se mettre en règle.
Il met en garde tous ceux qui ne s'acquitteraient pas de leurs obligations dans ledit délai qu'il leur sera opposé les dispositions de l'article 119 et 167 de la même loi, allant jusqu'à prononcer la déchéance des droits d'occupation ou d'emphytéose ainsi que la reprise d'office de ces concessions par l'Etat congolais.
Le ministre fait noter que ce délai ne concerne pas les concessionnaires se trouvant dans le périmètre du domaine militaire de Kibomango qui sont attendus impérativement pour des formalités du 17 au 18 février au siège de la Circonscription foncière de Nsele/Maluku sur le boulevard Lumumba à la hauteur des quartiers Mikonga et Mpasa

FDA


NATION
Le dernier monument de l’ABAKO décédé
Un des pionniers de l’indépendance congolaise, Mawangu Bikindu, une figure emblématique de l’Association des Bakongo (Abako), s’est éteint depuis quelques jours à Kinshasa. Compté parmi les leaders attitrés de ce parti, « mbuta » Mawangu Bikindu est né vers 1917 à Kivunda dans le territoire de Luozi au Bas-Congo. Il est mort à l’âge de 93 ans.
Après la mort de vieux Kayena, Mawangu Bikindu est resté le dernier baobab de l’Abako. A partir de 1954, des leaders de l’Abako présidée par « mbuta » Kasa-Vubu se lancèrent dans la phase décisive pour l’indépendance du Congo. « Mbuta » Mawangu Bikindu a pris une part active à cette lutte. En même temps, les colonialistes se lancèrent dans une vaste opération de manipulation des leaders de certaines ethnies du Congo belge, qu’ils dressèrent contre les Bakongo, afin de faire capoter l’avènement de l’indépendance. D’où l’arrestation en 1958 de  M. Mawangu Bikindu et ses compagnons de lutte.
Les colonialistes avaient beau diaboliser Simon Kimbangu, Kasa-Vubu et les autres Bakongo, dont Mawangu Bikindu, mais peine perdue. Dans leur for intérieur, ils savaient que l’indépendance du Congo était essentiellement due à une forte impulsion donnée par ces différents leaders. 49 ans après l’indépendance du Congo, chèrement acquise par M. Mawangu et ses compagnons, l’un des premiers membres de l’Abako s’est éteint de vieillesse. Il sera inhumé à Luozi dans la terre de ses ancêtres. Simon Simard TSOUMBOU.

SOUS L'IMPULSION DU PNUD
La RDC sur la voie de la gestion équitable des ressources minières

Il se tient du 16 au 17 février 2010 à l’Hôtel Memling des ateliers de concertation pour améliorer la gestion économique des ressources minières en RDC. Ces rencontres organisées par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et le Centre de commerce international (ITC) ont été initiées à la demande des autorités de la RDC. D’où, une mission d’experts du Pnud et de l’ITC a été constituée, afin d’apporter un appui au processus d’amélioration de l’encadrement et de la gestion juridique des contrats miniers et aux perspectives économiques des ressources minières à moyen terme
Dans la même optique, une équipe multidisciplinaire composée des juristes et économistes internationaux et locaux a réalisé une première mission d’écoute et de rencontre auprès de l’ensemble des acteurs des secteurs public et privé, y compris la Société civile. Les constats et informations stratégiques recueillis ont permis aux experts de formuler une série de recommandations préliminaires, qui feront l’objet d’une restitution et d’un débat afin de dégager un consensus sur les actions à mener. Au cours de ces différents ateliers de Kinshasa, Lubumbashi et Goma, l’ensemble des parties prenantes vont s’accorder sur les différentes actions qui seront réalisées.
L’objectif visé par le Pnud et l’ITC est de permettre qu’à la suite de cette mission des mesures concrètes soient entreprises au cours des trois prochaines années. Ceci, afin d’améliorer la gouvernance juridique et économique du secteur minier, de permettre une mise à jour de la connaissance relative à l’exploitation des ressources minières en RDC et d’appuyer les secteurs impliqués, notamment le secteur minier et artisanal.
L’amélioration de l’environnement des affaires dans le domaine minier constitue certainement un préalable au développement de la RDC. Aujourd’hui, la faible contribution  du secteur minier au budget de l’Etat s’explique par de nombreux éléments sur les plans juridiques et administratifs, mais également économiques et financiers. Parmi ces éléments, il y a lieu aussi de citer le manque d’encadrement des creuseurs artisanaux, la faible transformation des minerais au niveau local, la méconnaissance des textes applicables au secteur minier. En clair, l’organisation du secteur minier et son fonctionnement ne lui permettent pas de contribuer au développement humain durable à la mesure de son potentiel.
En prenant une part active à l’organisation de ces ateliers de concertation, le Pnud répond à une demande des autorités de la RDC, a déclaré M. Mounir Dabbai, Coordonnateur de la gouvernance économique du Pnud. Selon lui, ce projet s’inscrit aussi dans le cadre du soutien du Pnud aux secteurs public et privé à travers le programme gouvernance 2008-2012.
Le (Pnud) espère que ces journées de réflexion resteront inscrites dans le processus  d’amélioration de la gestion des ressources minières et du développement humain durable en RDC. Ces assises permettront aux participants de devenir les ambassadeurs d’une meilleure gestion des ressources minières en RDC.
Pour des raisons pragmatiques, certains thèmes spécifiques n’ont pas été privilégiés lors des consultations d’octobre et novembre 2009. Ainsi, il n’a été jugé ni souhaitable ni possible pour les experts de s’immiscer dans les affaires de l’Etat concernant le processus de revisitation des contrats miniers. En effet, ce processus a fait l’objet de plusieurs études pertinentes, les négociations ont été menées par les conseils respectifs des parties en cause. Il n’était donc pas indiqué d’entrer activement dans ce processus qui est, pour le groupe d’experts, une donnée à prendre en compte dans l’analyse globale et non sujet d’étude de la mission.
Toutefois, afin de donner au rapport toute sa portée, la question des contrats n’a pas été écartée. C’est donc l’élaboration des propositions normatives et structurelles portant sur la gestion de ces contrats qui est visée.
Ce rapport préliminaire est donc un document de travail à finalité pratique, permettant de déboucher sur des réalisations concrètes. Au départ, la demande d’appui concernait essentiellement le processus de revisitation des contrats miniers pour lequel un premier rapport avait été soumis en mai 2008 avec un certain nombre de propositions. Par la suite, en raison de la clôture du processus de revisitation pour ce qui concerne la majorité des contrats examinés et de l’évolution moins favorable de la conjoncture mondiale, la demande d’appui du Gouvernement a été axée sur la question plus large de gestion juridique et économique du secteur minier.
Simard Simon TSOUMBOU

RECUES PAR LE PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE
Les ONGDH  plaident pour le vote de la loi de mise en œuvre du statut de Rome

La journée d'hier mardi 16 février 2010 n'a pas été de tous repos pour le Président de l'Assemblée nationale, Evariste Boshab. Ce dernier a reçu tour à tour en audience la coalition des Organisations non gouvernementales des droits de l'homme pour la Cour pénale internationale (CPI), et la conseillère principale en bonne gouvernance de la Coopération britannique en RDC.
    La coalition des ONG des droits de l'homme s'est rendue au bureau du président Evariste Boshab pour émettre ses voeux de voir l'Assemblée nationale voter la loi de mise en œuvre du statut de Rome pour la simple raison que la RDC en est l'un des pays signataires. Le béninois Francis Dako, coordonnateur de cette coalition pour l'Afrique qui a conduit la délégation, a fait savoir que le Président de la chambre basse du Parlement congolais a été très réceptif et les a rassurés que son institution va inscrire cette loi au calendrier de la session de septembre 2010.

La bonne gouvernance en RDC préoccupe la Grande Bretagne
     Avec la conseillère principale en gouvernance de la Coopération britannique en RDC, Mme Carine Escoffier, il a été question d'une évaluation  sur la question de la bonne gouvernance. En effet, au cours de cette réunion, l'hôte d’Evariste Boshab a annoncé l'appui financier évalué à 60 millions de livre sterling que la Grande Bretagne  apporte à la RDC pour le problème de bonne gouvernance, un projet mis en oeuvre par le PNUD. Selon la conseillère britannique, les trois parties, à savoir l'Assemblée nationale, la Grande Bretagne et le PNUD, se sont mises d'accord pour améliorer la collaboration dans les deux années à venir en ce qui concerne le projet de la bonne gouvernance. Dorian KISIMBA


CONGO PROFOND
Kisangani, Equateur, Katanga : les Assemblées provinciales dans la tourmente des motions
Après 3 ans de fonctionnement, les différentes assemblées provinciales de la RDC connaissent plusieurs difficultés d'ordre politique et logistique. Pétitions, mauvaise gestion, détournement, changement de bureau…autant de sujets qui reviennent souvent dans les crises qui sécouent les institutions législatives provinciales.

Equateur : les députés retirent leur confiance au bureau

Soixante-trois députés provinciaux sur les 108 que compte l'Assemblée provinciale de l'Equateur, toutes tendances confondues, ont adressé lundi dernier une pétition aux membres du bureau permanent de l'organe délibérant provincial. Dans ce document, les signataires affirment retirer leur confiance à l'ensemble du bureau qu'ils accusent de multiples détournements des finances de l'assemblée, finances évaluées à près de six cents mille dollars américains. Selon le député Léon-Bruno Likoku, l'un des pétitionnaires, lui et ses collègues reprochent également au président de l'assemblée provinciale Edmond Mondombo et à ses collaborateurs l'incapacité dans la conduite des activités de leur institution.
Des accusations que rejette en bloc le président Mondombo d'une part. D'autre part, ce dernier estime que le retrait de la confiance au bureau permanent est une démarche contraire aux textes règlementaires qui régissent les assemblées provinciales. En réponse, Léon-Bruno Likoku, un des députés pétitionnaires, explique que les pétitionnaires ont fait recours à cette stratégie, parce que le président de l'assemblée provinciale refuse de convoquer des séances plénières, par peur d'être déposé.

A Lubumbashi, les bâtiments de l'assemblée provinciale toujours fermés …
L'assemblée provinciale du Katanga reste toujours fermée et ses bâtiments interdits d'accès depuis le 28 janvier dernier à la suite de derniers incidents, sur décision du gouvernement central. En effet, le ministère de l'Intérieur a décidé de fermer le siège de l'Assemblée provinciale du Katanga pour permettre à la justice de mener son enquête sur les troubles survenus au cours d'une plénière, des troubles qui ont débouché sur le passage à tabac de quelques députés provinciaux par un groupe de jeunes non identifiés.
En Province orientale, un groupe de députés ne jure que pour le départ du bureau
Le Groupe parlementaire de réflexion pour le développement de la Province Orientale (GPRD) au sein de l'assemblée provinciale exige la démission immédiate du bureau de cette institution. Dans un point de presse tenu le mardi 9 février à Kisangani, le président de ce groupe parlementaire de l'opposition a affirmé avoir déposé une pétition dans ce sens au bureau de l'organe délibérant. Douze griefs sont mis à charge du bureau de l'Assemblée provinciale de la Province Orientale, dont la malversation financière. Celle-ci serait, selon le groupe parlementaire, à la base de la clochardisation des députés.
Les mêmes problèmes reviennent au sein de la quasi-totalité des assemblées provinciales, particulièrement le retrait de confiance des députés au bureau, mais la province du Bas Congo est la seule, jusque-là, qui a connu un changement de président de l'assemblée provinciale.  L'assemblée provinciale de Kinshasa, elle, manque de siège propre.FDA/RO

7 tonnes des médicaments destinés à Malemba Nkulu bloqués à Lubumbashi
Depuis la semaine dernière, sept tonnes de produits pharmaceutiques destinés au territoire de Malemba Nkulu sont bloqués à l'aéroport de Luano à Lubumbashi. Ces médicaments doivent permettre la prise en charge des cas de choléra enregistrés en début du mois de février dans la zone de santé de Mukanga à Malemba Nkulu.
 Les 7 tonnes de médicaments en partance pour le territoire de Malemba Nkulu viennent de passer près d'une semaine à l'aéroport de la Luano, par manque d'avion. Le lot est constitué principalement des produits désinfectants, des sérums et autres accessoires. Deux tonnes de produits pharmaceutiques ont d'abord passé près d'une semaine à Bunkeya, village situé à 220 kilomètres de Lubumbashi. Le véhicule qui transportait ces intrants est tombé en panne à cause du mauvais état de route. Le bureau de coordination provinciale de la santé a décidé alors de retourner la cargaison à Lubumbashi.
Par la suite, le gouvernement provincial a pris une autre option, celle d'acheminer par avion cette cargaison à Malemba Nkulu. Cargaison qui a été, du reste, augmenté de cinq autres tonnes. Le ministre provincial de la Santé indique que le transporteur, sans le nommer, a d'abord demandé au gouvernement provincial d'apurer une créance de près de 28 000 USD. Ce montant, d'après lui, aurait été versé depuis lundi. Mais jusqu'à ce mardi matin, ces médicaments traînaient toujours à l'aéroport de Lubumbashi.
Entre-temps la prise en charge des cas de cholera dans la zone de santé de Mukanga se fait difficilement, selon des sources médicales locales. La première semaine du mois de février, 9 cas de cholera, dont deux décès, ont été enregistrés dans cette partie du Katanga. RO/FDA

Bas Congo : Un accident de circulation sauve un chef coutumier d'un enlèvement
Un accident de circulation a sauvé, la semaine dernière, d'un enlèvement un chef coutumier du Bas Congo, a appris l'ACP lundi de sources familiales de la victime. Mme Madeleine Tsimba Binda, chef coutumier et ayant-droit foncier du groupement Tshinkakasa, dans le secteur de Boma-Bungu, sur la côte Atlantique, dans la province du Bas Congo, a échappé de justesse à un enlèvement grâce à un accident de circulation survenu au véhicule à bord duquel ses ravisseurs la transportaient, après le kidnaping. 
Selon les sources familiales confirmées par la victime, un peloton de 7 hommes armés de fusils et vêtus de l'uniforme de la Police a fait irruption lundi dernier aux premières heures du matin au domicile de Mme Tsimba, dans la commune de Kabondo à Boma, menaçant de tirer à vue si l'on n'ouvrait pas la porte. Prise de panique, celle-ci a  ouvert la porte pour se voir aussitôt ligotée par les assaillants qui l'ont embarquée à bord d'un véhicule 4x4 immatriculé  STA 334 pour être, selon ses agresseurs, " entendue à l'état-major de la police nationale du district de Boma ".  
A la grande surprise de la victime, le véhicule a changé de direction pour se diriger vers Matadi. Mais avant de sortir de la ville de Boma,  leur véhicule qui roulait à tombeau ouvert est entré en collision, à la hauteur du bureau communal de Kalamu, avec un grand transporteur routier venant en sens opposé. Le véhicule a été complètement endommagé. Mme Tsimba et le chauffeur en sont sortis avec  des fractures au bras, tandis que les ravisseurs ont été gratifiés de sérieuses lésions corporelles. 
Mis au courant des faits, le bourgmestre de la commune de Kabondo a condamné cet acte qu'il a qualifié d'" irrégulier et d'enlèvement pur et simple ". " Même s'il fallait exécuter un mandant d'arrêt du parquet général près la cour d'appel de Matadi,  le  mieux aurait été d'informer les autorités politico administratives, judiciaires et policières locales ", a grondé l'autorité municipale.  A l'état-major de la police nationale du district de Boma, où l'on a confirmé l'appartenance de ces éléments à ce corps d'élite, on a déploré l'acte posé par leurs collègues, " même si ceux-ci étaient couvert par des documents officiels".  
Présentement, les fracturés sont internés à l'hôpital général de référence de Boma, tandis que les agresseurs sont gardés au district de la police nationale, afin de les soustraire à la vindicte populaire.  C'est la deuxième fois que cette autorité coutumière manque d'être arrêtée en l'espace d'un mois,  après une tentative ratée le 4 décembre dernier, fait observer l'opinion à Boma. ACP/FDA

*Des voleurs en augmentation au marché de Luozi

ULa société civile de la cité de Luozi, localité située à plus de 300 kilomètres à l'est de Matadi, dénonce des cas de vols chaque semaine au marché de Luozi. Un marché qui du reste se trouve dans un quartier réputé le plus sécurisé de la cité.  Le vendredi dernier par exemple, plus d'une dizaine de boutiques ont été complètement dépouillées par des malfrats et ce, malgré les stratégies mises en place par la police.
     D'après un responsable de la société civile, une rencontre est prévue ce mercredi avec les autorités politico-administratives et policières de Luozi. Objectif : réfléchir sur les mécanismes à mettre en place pour arrêter ces inciviques. RO/FDA.

Kikwit et Bulungu manquent toujours de magistrats
Les tribunaux de grande instance de Bulungu dans le district du Kwilu, et de la ville de Kikwit se trouvent dans l'impossibilité de siéger. Motif : carence de magistrats. Les deux tribunaux ne comptent qu'un seul magistrat chacun. Ceux qui y ont été affectés à l'occasion des récentes mises en place dans la magistrature n'ont pas encore gagné leurs postes.
Selon Radio Okapi, le nouveau président du TGI/Kikwit a fait une brève apparition à son poste d'attache avant de disparaître sans suite. Et sur place, la société civile commence à s'inquiéter des risques d'une mauvaise administration de la justice à cause du manque de magistrats. Laurent Bwenia, président de la société civile de Kikwit et coordonnateur provincial de l'Asadho affirme, en effet que  " notre inquiétude est grande. Depuis la mi-septembre, il n'y a plus qu'un seul juge au tribunal de grande instance ". Il craint qu' "avec toutes les conséquences qui s'imposent, toutes les affaires ne peuvent plus être traitées, et cela étant, ça occasionne l'impunité. Les dossiers s'accumulent, les gens peuvent arriver même à se faire justice entre eux, parce qu'ils voient que la justice qui devait trancher ne le fait pas, ils peuvent recourir à d'autres procédures. "
Idem au parquet local qui accuse aussi un déficit de magistrats. " Comment les juges qui étaient ici ont été mutés, ils sont partis, mais ceux qui doivent les remplacer ne veiennent pas ? ", s'est interrogé le président de la société civile de Kikwit.  JEK

GRACE A L'APPUI DES PARTENAIRES
Le nombre des cas de choléra en baisse à Bukavu

La problématique de l’eau potable à Bukavu et ses environs demeure préoccupante. Le Sud-Kivu est une province montagneuse, ce qui ne permet pas à la Régideso d’accéder à tous les coins pour distribuer de l’eau potable. Selon le Dr Richard Letshu, chef Sous bureau OMS/Bukavu, la Régideso ne couvre que 40% de la ville en d’eau potable. A l’en croire, 10 à 15.000 cas des cholera sont soignés par an. La population consomme l’eau de ruissellement et de source non aménagée. Ce qui justifie la fréquence des cas de choléra au Sud-Kivu. Pour répondre à ces besoins primordiaux, car l’eau c’est la vie dit-on, les partenaires humanitaires aménagent des sources un peu partout dans Bukavu et ses environs en apportant des produits de chloration pour obtenir une solution d’eau potable. Pour un bidon de 10 litres, il faut 1°c de chlore.
A chaque source aménagée, deux volontaires de la Croix-Rouge versent le chlore dans chaque bidon d’eau. Ces volontaires sont payés par les partenaires pour qu’il y ait un suivi dans la purification d’eau, précise le Dr Richard Letshu. L’idéal, poursuit-il est de faire ce travail à domicile. Les sources sont aménagées par rapport à la densité de la population du quartier.
Le chef sous bureau OMS/Bukavu souligne, cependant, que ces sources sont renouvelables. Actuellement, confie-t-il, l’épidémie est stabilisée, le nombre des cas diminue grâce aux méthodes de chloration. Par ailleurs, il note que pour faire reculer le choléra dans la province du Sud-Kivu, les partenaires ont mis en place un certain nombre de stratégies, telles que faire comprendre la nécessité de l’hygiène de l’eau par la sensibilisation de la population. Une autre stratégie est la poursuite de l’aménagement des sources d’eau complété par les actions de chloration. Et aussi le traitement gratuit des malades du choléra, c’est un système efficace dans toutes les zones de santé.
A ce jour, les résultats sont satisfaisants, le taux de létalité est inférieur à 1%. C’est-à-dire, la prise en charge est efficace. Un tour au centre de traitement de choléra à l’Hôpital provincial de Bukavu nous a permis de confirmer la réduction des cas de cette maladie hydrique. La salle d’hospitalisation avait à peine 12 malades. Le traitement avec la solution sucrée-salée dure 3 jours. Pour ne pas être contaminée par cette maladie, les soins du centre sont faits par le chlore. Même les visiteurs qui y arrivent, voient les talons des leurs chaussures rempés dans le chlore en entrant et en sortant. Mathy MUSAU

Nord-Kivu : encore 1 mort suite à une attaque des FDLR à Rutshuru
Une incursion des combattants hutus rwandais des FDLR contre le village de Buramba, en territoire de Rusthuru, au nord de Goma, a été enregistrée dimanche, vers 18 heures locales, selon des sources policières. Bilan : 1 mort. Les assaillants étaient venus pour piller dans ce village. D'après la police de Nyamilima, positionnée à 4 kilomètre du lieu de l'incursion, ils ont rencontré une résistance des soldats FARDC qui les ont repoussés jusqu'au parc national des Virunga, leur lieu de retranchement. Mais un civil a été tué par balle pendant les échanges des tirs qui ont duré 30 minutes, souligne la même source. Ces combattants hutus sont repartis sans rien prendre dans le village, selon toujours la police. RO/FDA

Bukavu : l’UNHCR facilite la réinsertion des réfugiés rwandais et burundais dans leurs pays d’origine
Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR/Bukavu), en partenariat avec les ONG internationales telles que l’Association pour le développement social et la sauvegarde de l’environnement (ADSSE), la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) et autres militent pour le rapatriement, dans la sécurité, la dignité, des réfugiés rwandais et  burundais au Sud-Kivu. Le centre de transit installé au quartier Ndendere à Bukavu a une capacité d’accueil de 500 personnes. La première salle à l’entrée du centre est celle du Ckeck-in où on cible les cas sensibles et vulnérables.
La prochaine étape, est l’installation dans les locaux, suivi d’un briefing sur la manière de se comporter dans la société. Le centre de transit a une salle d’infirmerie, un réfectoire pour tout le monde, un dortoir pour homme et leurs installations hygiéniques à côté, un dortoir pour femme et pour famille avec les mêmes conditions, et une cuisine qui a son dépôt à côté.
Avant d’arriver au centre de transit, l’UNHCR a installé 7 postes de rassemblement dans les coins les plus chauds pour accueillir les réfugiés qui viennent des forêts. Ils sont sensibilisés sur le retour volontaire et sont pris en charge selon le standard de l’UNHCR. Le Programme alimentaire mondial (PAM) ravitaille le centre en vivres composés de la farine de maïs, haricots, de l’huile végétale et du sel. Les réfugiés passent deux à trois jours au centre de transit avant leur rapatriement dans leurs pays respectifs. Ils bénéficient de 555 grammes par repas. Le repas est varié pour les femmes enceintes et les enfants malnutris. A notre passage au centre de Ndendere, 158 réfugiés (homme, femme et enfants)  attendaient leur rapatriement.
L’effectif peut augmenter tout comme diminuer.
Nous n’allons pas oublier la salle d’identification où on enregistre toutes les données du réfugié dans un ordinateur. La majorité des réfugiés que nous avons trouvé au centré de transit était de nationalité rwandaise. Tous ont fui la guerre de 1994 et ont le désir de rentrer chez eux pour retrouver leur famille. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) procède à l’identification de leur famille dans leur pays d’origine.
Ceux qui ne retrouvent pas leur adresse, c’est plus pour les enfants, le CICR prend en charge leur scolarité avant de retrouver leur famille. Pour sa part, l’UNCHR apporte une solution durable pour les réfugiés en leur remettant un kit de  réinsertion. Il soutien aussi leur réinstallation pour qu’ils se sentent à l’aise, prêts à recommencer leur vie. L’UNCHR note qu’en 2009, il a rapatrié 5765 réfugiés, et 231 pour le mois de janvier 2010.

L’UNCHR en bref
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés a été créé le 14 décembre 1950 par l’Assemblée générale des Nations unies, avec pour mandat de coordonner l’action internationale pour la protection des réfugiés et de chercher des solutions aux problèmes des réfugiés dans le monde. Le but premier de l’UNHCR est de sauvegarder les droits et le bien-être des réfugiés.
L’agence s’efforce ainsi d’assurer, pour tous, le respect du droit à demander l’asile et à trouver refuge dans un autre Etat. A terme, les solutions qu’elle met en œuvre sont le retour dans le pays d’origine, l’intégration dans le pays d’accueil ou la réinstallation dans un pays tiers. En plus de cinquante ans d’activités, l’agence a aidé des personnes déracinées à recommencer leur vie. Aujourd’hui, 6.500 employés continuent d’aider environ 35,4 millions de personnes dans plus de 116 pays. Mathy MUSAU Envoyée spéciale à Bukavu


CULTURE & DETENTE
Le marché parallèle pénalise les disquaires kinois
La piraterie des oeuvres musicales est encore loin d’être éradiqué en RDC. Le phénomène bat son plein sur le marché du disque kinois où il alimente le  marché parallèle. Les œuvres piratées des artistes musiciens congolais s’y vendent mieux par rapport au circuit normal de la vente des disques. D’où l’inquiétude des disquaires qui se plaignent du fait que les mélomanes préfèrent plus acheter les œuvres piratées.
L’avenue Victoire située entre les communes de Kasa-Vubu et Kalamu est une des artères le plus fréquentée par les mélomanes parce qu’elle regorge des maisons de disque. Cependant, le marché parallèle des œuvres discographiques sur Victoire commence à intéresser de plus en plus les amoureux de la bonne musique.
 «Les gens préfèrent maintenant acheter les œuvres discographiques piratées qui sont étalés dans la rue au lieu de nous fréquenter directement », se plaint un disquaire de la maison Socrate music. Ce dernier ajoute que la vente des albums des artistes musiciens connaît une baisse suite à l’arrivée en grande quantité des œuvres piratées provenant, selon lui, de la Chine. Du coût, poursuit-il, les disquaires sont paralysés.
D’après un mélomane, les gens consomment plus des œuvres piratées suite du pouvoir d’achat de la population. Le prix d’achat d’un CD, selon lui, n’est pas à la portée de tout congolais. Actuellement, un CD piraté peut se négocier à 1000 FC, alors qu’un CD coûte 20$ et une K7 revient à 5$.
Le circuit de la piraterie occasionne un manque à gagner pour les artistes musiciens congolais. La Société nationale d’éditeurs, compositeurs et auteurs (Soneca) en liquidation est en difficulté de payer les droits d’auteurs des artistes.
Le gouvernement par le biais du ministère de la Culture et Arts, doit tout faire pour mettre en place une nouvelle société des droits d’auteurs, et en même temps proposer des pistes de solution concrètes pour éradiquer la piraterie.Une des solutions pour vaincre ce fléau consisterait, selon un observateur, à installer une grande industrie du disque au pays et réduire le prix des supports discographiques pour les rendre accessibles à tous les Congolais.  Dieumerci MAYAMBI.

BREVES MUSICALES
*Bill Clinton Kalonji s'annonce pour mars 2010
" Mukusa mukongo ", c'est le nom du prochain disque de l'ancien animateur de Wenge MMM. Bill Clinton Kalonji, qui évolue en solo après son trio éphémère dans Marquis de Maison mère avec Ferre et Jus d'Eté, promet de sortir en mars 2010. L'artiste vient de livrer un concert avec son groupe à Kasumbalesa dans le Katanga.

Fally Ipupa, cap sur Bercy
Après son succès fou le samedi 2 janvier dernier au Zénith de Paris, Fally Ipupa est déterminé à rééditer l'exploit à Bercy avant la fin de cette année. Cette fois-ci, les mélomanes espèrent que son groupe produira un spectacle digne de ce nom. Au Zénith, en effet, Fally, qui avait pourtant attiré un grand monde, a brillé par une production brouillonne, indigne d'un spectacle. Ce qui trahissait clairement un manque de préparation. Entre temps, son deuxième album " Arsenal de belles mélodies " continue à afficher un bon comportement sur le marché du disque.

Karmapa " Le millionnaire " désormais " Harcèlement " ?   
Le troisième opus du prince de la Rumba tarde à sortir. Le temps qui passe s'accompagne aussi de changement du nom de l'album. Prévu pour se nommer " Le millionnaire ", il pourrait désormais s'appeler "Harcèlement ". Apparemment, Karmapa est lui-même harcelé par différents noms qui lui passent par la tête. Attendu pour fin 2009, puis annoncé pour février 2010, les mélomanes espèrent que cette fois-ci sera la bonne. Pour ce nouvel album, Le Karmapa a prévu  prévu chansons chaudes à faire bouger. Une initiative qui semble ne pas rencontrer l'aval de ses mélomanes. Innovation : à l'instar de Bozi Boziana, Tabu Ley et Koffi Olomide, le Karmapa fait chanter des voix féminines, notamment la chanteuse Tatiana Ti Cruz.

L’artiste photographe Sammy Baloji recevra le prix de la Fondation Prince Claus des Pays-Bas
L’artiste photographe congolais Sammy Baloji recevra, le jeudi 18 février 2010 au centre culturel français Halle de la Gombe, des mains de l’ambassadeur du royaume des Pays-Bas en République démocratique du Congo, le prix de la Fondation Prince Claus pour la culture et le développement.
Cette récompense de Sammy Bayoli lui sera remise lors du vernissage de son exposition des photographies et des vidéos sur la Gécamines (la Générale des carrières et des mines). A travers ses œuvres visuelles, l’artiste a constitué un ensemble des « mémoires » pour des générations présentes et futures.
  L’exposition des photographies et des vidéos de Sammy Bayoli sur la Gécamines constitue une vision saisissante du Katanga industriel. Ces œuvres seront accessibles au public dès le vendredi 19 février 2010.D.M


VIVEMENT LE SPORT
DCMP ne souhaite pas affronter V.Club ce samedi
Des sources proches de DCMP font état du souhait de ce club de ne pas rencontrer V.Club le dimanche 21 février 2010. Aux dires de ces sources, le DCMP, étant engagé au tour préliminaire de la 7ème Coupe de la Confédération, préfère en lieu et place affronter les Diables noirs de Brazzaville.
En effet, ce club du Congo-Brazzaville engagé en tour préliminaire de la 14ème Ligue des champions de la CAF a officiellement sollicité d’affûter ses armes ce week-end à Kinshasa contre V.Club et DCMP. Les vert et noir de Kinshasa ont décliné l’offre, tandis que le DCMP tient à s’accrocher  à ce sparing-partner improvisé.
D’après les mêmes sources, une mauvaise sortie du DCMP devant V.Club aurait un impact négatif sur le moral des joueurs  et de ses supporters à une semaine de son déplacement pour le match retour de Bangui contre les Anges de Fatima. La rencontre prévue le dimanche 21 février 2010 est un match remis. Seuls les joueurs en règle le jour initial du match le sont. Or, à cette date, les trois-quarts des joueurs qui ont évolué dimanche dernier n’étaient pas en règle. Cela pénalise davantage DCMP par rapport à V.Club dont la majorité des joueurs étaient déjà qualifiés lors de la 4ème journée.
Les bruits qui ont couru sur le refus de DCMP de livrer bataille contre V.Club ont fait que les organisateurs (EpfKin) se sont adressés à la Fecofa pour s’enquérir de la situation. Du côté de l’avenue de la justice, on affirme qu’il n’est  pas possible d’autoriser les matches amicaux sollicités par la Fecofoot au profit des Diables noirs.
En dernière minute, l’organisation a décidé d’avancer le match V.Club contre DCMP au samedi 20 février 2010. Cela se justifie, de l’avis de l’EpfKin, par l’organisation en date du dimanche 21 février à Lubumbashi de la Super Coupe des champions  de la CAF. Match qui va opposer le TP Mazembe, champion de la 13ème Ligue des champions, au Stade Malien de Bamako (Mali) vainqueur de la 6ème Coupe de la confédération. Ainsi, les sportifs congolais, dans l’entendement des dirigeants de l’EpfKin, seront libres pour suivre la rencontre du stade de la Kenya. Pascal LIKANA

ENTENTE PROVINCIALE DE FOOTBALL DE KINSHASA
Bel’Or Vs DCMP, Les Stars Vs V.Club cet après-midi au stade des Martyrs
Les deux « frères-ennemis » du football kinois se retrouvent cet après-midi sur la pelouse synthétique du stade des Martyrs. DCMP et V.Club ne vont pas s’affronter ce jour mais chacun joue à son heure et avec son adversaire. Ainsi, avant le duel programmé le samedi 20 février 2010 entre ces deux, ils auront chacun son « sparing-partner » cet après-midi.
D’abord à 13h45’, DCMP sera le premier à mouiller ses maillots devant Bel’Or. Certains n’hésitent pas à qualifier cette rencontre de familiale pour des raisons évidentes. Le propriétaire de Bel’Or est, en effet, un ancien dirigeant de DCMP. Cela ne signifie pas pour autant que les deux clubs, Bel’Or et DCMP vont faire de la complaisance ; car, Bel’Or, en cinq sorties, n’a glané que trois points pour une victoire et un autre point sur un match nul. Ce qui fait que Bel’Or n’a que quatre points en cinq matches avec une victoire, trois défaites, un nul, huit buts encaissés contre cinq marqués. De son côté, DCMP n’a livré que deux matches au cours de ce championnat et a engrangé deux victoires, respectivement devant Boyokani (4-0) et Foyo (4-2). Cet après-midi donc, DCMP est contraint d’améliorer son compteur des points.
Ensuite, l’aire de jeu servira au duel entre Les Stars et V.Club à partir du 15h45’. Certains sportifs n’hésitent pas non plus à qualifier cette rencontre, comme la première, de familiale. Car, le propriétaire de ce club est taxé de partisan du club vert et noir. Cependant, V.Club n’a livré que deux matches au cours de ce championnat, matches du reste remportés par V.Club devant Boyokani (5-0) et Okinawa (5-3). Par contre, Les Stars en cinq sorties ont glané deux victoires, un nul et subi deux défaites. Ainsi, face à ce tableau moins reluisant, les deux clubs vont se donner à fond. Il n’y aura donc pas de complaisance cet après-midi. Pascal LIKANA