BILLET
Les vérités de Mashako
(05/04/2010)
Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter. José NAWEJ
Mémoire courte
(03/05/2010)
Les initiés aux arcanes politiques congolais l'ont déjà senti. Un coup fourré contre le Palu est en gestation. Les commanditaires de cette cabale se recrutent au sein même de la Majorité. Les prémices de ce complot contre le parti d'Antoine Gizenga se traduisent par une campagne de presse où tour à tour les détracteurs du Palu prêtent à ce dernier le dessein de créer une plate-forme concurrente en prévision des échéances électorales...Le double but de la manœuvre : affaiblir le principal parti lumumbiste et casser l'axe Palu-Joseph Kabila .Cette alliance qui empêche tous les opportunistes du camp présidentiel d'accéder à la Primature.
Certes, la politique est tout sauf un dîner de gala. C'est le domaine par excellence de coups bas. Ce ne sont ni le vétéran Gizenga ni son fidèle lieutenant Muzito qui l'ignorent. Eux qui ont été formé à la dure. Seulement, quand «l'anti paluisme» primaire se décline au détriment des intérêts et de la Majorité et surtout de son chef, c'est que dans le camp présidentiel on se bat déjà au couteau.
Tout le problème est de savoir à qui profiterait le découplage Palu-Kabila. En tout cas pas au Raïs. Encore moins au aux forces nationalistes. Zoom sur 2006.Lorsque Joseph Kabila et Antoine Gizenga signent leur deal pour le second tour, ce n'est pas seulement pour des raisons électoralistes. C'est aussi pour conjurer la fracture Est-Ouest qui était manifeste au terme du premier tour de l'élection présidentiel. Il était apparu que le Président Kabila avait été boudé par ses compatriotes de l'Ouest. D'où le dévolu jeté sur le Palu-avec ses réserves de voix dans le Bandundu et à Kinshasa. Question: combien les adversaires du Palu originaires de l'Ouest - qui étaient déjà avec le Président-avaient apporté en termes de voix? Pourquoi ils n'avaient pas pu faire élire le Président au premier tour ?
Qu'on aime ou pas le Palu, force est de constater que ce parti dispose des assises sociologiques qui manquent cruellement à nombre de formations bon chic bon genre de la Majorité. Et l'étrange accalmie sur le front de la rue kinoise s'explique en partie par le fait qu'un des partis pourvoyeurs des contestaires -ces fameux braillards kinois- est au pouvoir. Et on ne peut pas en même temps tirer profit de la base du Palu et reprocher à ce parti d'être sectaire. Qui ignore que le parti d'Antoine Gizenga compte le gros de ses adhérents et sympathisants dans le Bandundu et les bas quartiers de la capitale ? Y aurait-il un mal à ce que ceux qui ont le plus contribué à la victoire du Palu soient les premiers à être récompensés ? Simple logique arithmétique en démocratie. Simple bon sens et réalisme politique. Là aussi, qu'on exagère rien. Le Palu a confié des ministères aussi importants que les Mines ou encore le Budget à des ressortissants d'autres provinces que le Bandundu.
Offrir en holocauste la tête de Muzito et faire une opa sur la majorité serait ouvrir une brèche dans la quelle s'engouffreraient tous ceux qui parient sur l'affaiblissement du pouvoir actuel à l'Ouest et surtout à Kinshasa. Au profit de qui ? FDA
Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)
Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique. José NAWEJ
Le «parti» de
Kamerhe ...
(28/04/2010)
Si Vital Kamerhe se fait rare dans les salons politiques kinois, son ombre n’en continue pas moins de planer sur la ville haute. Tout le week-end dernier, le microcosme politique congolais était traversé par des rumeurs sur la «sortie officielle» du parti kamerhiste. Ce parti politique annoncé de longue date mais dont l’archi élu de Bukavu n’a jamais ni confirmé ni infirmé non plus la gestation.
Alors, d’où vient que le cas Kamerhe demeure dans les esprits alors que l’intéressé n’est plus sous le coup des caméras et micros? Depuis son départ, mieux son éviction du perchoir, Vital Kamerhe est entré en hibernation. Quand il ne prend pas des cours du côté de Johannesburg, ce licencié en économie de l’Unikin prend ses quartiers dans ses fermes à la lisière de Kinshasa ou sur ses collines du Kivu. Possible qu’entre ces différents hobbies, Vital Kamerhe tisse sa toile d’araignée. Histoire de donner une suite à sa carrière. Une direction aussi? Laquelle? C’est tout l’intérêt des conjectures sur l’avenir politique de l’ancien speaker de la Chambre. Plus concrètement, Vital Kamerhe va-t-il rentrer dans les rangs kabilistes ou se frayer son chemin? C’est l’une des grandes questions de cette fin de quinquennat. Car, l’ancien feu follet du camp présidentiel n’est pas un politique ordinaire. Il y a en cet homme ce ressort qui fait qu’en politique certains acteurs sont plus égaux que d’autres.
Le problème n’est pas d’être pour ou contre Kamerhe. La question n’est pas d’aimer ou de détester l’ancien secrétaire général du PPRD. Il y a sans doute des raisons pour l’approuver comme pour le désapprouver. Seulement, quand on aura épuisé ces différentes postures s’imposera un fait, voire une évidence: Loin des lambris du pouvoir, l’étoile Kamerhe n’a pas été éclipsée. Sur la bourse politique, la valeur Kamerhe ne s’est pas dépréciée. De retour de Bukavu, un scientifique peu porté sur les joutes politiciennes zaïro-congolaises confie que dans la capitale historique du Kivu holding, Vital Kamerhe est loin d’être un has been. Bien au contraire. C’est tout dire.
José NAWEJ
«Plénière de chez nous»
(23/04/2010)
Initiée pour saluer le vingtième anniversaire de l’acte fondateur de la démocratisation, la manifestation de l’opposition a été dispersée. Autorisée? Non autorisée? Cela importe peu. A l’heure de l’évaluation, c’est un mauvais signal que Kinshasa envoie à l’extérieur. Surtout en ce moment où les ONG des droits de l’homme déversent quantité de rapports les uns plus négatifs que les autres. Les derniers brûlots de l’incontournable Human Rights Watch et de l’International crisis group sont encore frais dans nos mémoires. Quand on connaît la connexion de ces ong avec les pays qui comptent, il y a de quoi s’inquiéter.
De ce point de vue, il apparaît clairement que la Rdc n’a rien à gagner en prêtant le flanc aux critiques d’organisations des droits de l’homme. En particulier, la dispersion des sympathisants de l’opposition contraste avec la sortie en fanfare, il y a trois semaines, du PPRD à l’occasion de son dixième anniversaire. Pourquoi refuser à l’opposition républicaine ce qu’on a accordé au principal parti de la majorité? On aurait voulu donner la preuve que la démocratie était à géométrie variable qu’on ne s’y prendrait pas autrement. On aurait voulu installer l’opposition dans le rôle enviable de martyr qu’on ne se procéderait pas autrement. On aurait voulu booster une opposition pas toujours à la hauteur des enjeux du pays qu’on ne s’y prendrait pas non plus autrement. Sous Mobutu, la répression systématique de l’UDPS avait eu notamment pour effet de faire la publicité gratuite du parti cher à Etienne Tshisekedi.
D’où la question: à qui profite le zèle de certains de nos agents de l’ordre et surtout celui de leurs supérieurs hiérarchiques? En tout cas, pas au Chef de l’Etat. Ce n’est assurément pas aider Joseph Kabila que de donner au reste du monde l’image d’un régime qui réprime l’opposition. Après avoir rendu le pays fréquentable, le Raïs n’a vraiment pas besoin de tous ces boutefeux qui ternissent l’image de la RDC.
Tout se passe comme si, dans le camp présidentiel, une constellation de matamores s’était liguée à l’effet de pousser le régime à la faute. Principal artisan du relifting de la Rdc, Joseph Kabila n’a aucun intérêt à voir son pays revenir sur la liste des Etats jugés peu recommandables.
José NAWEJ
Hier desbanyamulenge, aujourd'hui des Enyele
(22/04/2010)
Au Congo-Kinshasa sans doute plus qu'ailleurs, l'histoire de rébellions est un éternel recommencement. En août 1998, l'insurrection des Tutsi congolais avait comme cahier de charges la traque de "génocidaires" hutus sur les montagnes du Kivu. A Kinshasa, on était à mille lieues d'imaginer que la croisade armée contre les forces dites négatives allait amener les insurgés jusqu'à Kitona dans le Bas-Congo. Province située à 2000km de la frontière congolo-rwandaise, le légendaire Kongo central n'hébergeait pas un seul extrémiste hutu. Le corps expéditionnaire dirigé par le général rwandais James Kabarebe -le même- effectuera un atterissage dramatiquement spectaculaire à la base militaire de Kitona. On connaît la suite.
Voilà que près de 12 ans après ce sinistre exploit de ceux qu'on appelait de façon générique "insurgés banyamulenge", apparaissent les Enyeles. Ces derniers étaient censés se battre contre une ethnie rivale pour la maîtrise de quelques étangs de poissons. Un cas récurrent en Afrique où des tribus, des clans et même des sous-clans recourent à des flèches pour régler des différends liés à l'espace vital. De fait, à en croire tous les récits, le combattant Enyele est l'archétype du guerrier traditionnel: flèche, raphia, recours aux incantations... Comme en 1998 avec les insurgés tutsi congolais, les masques Enyele n'ont pas tardé à tomber. Le dimanche de Pâques, les Enyele ont accosté à Mbandaka. Cette fois-ci, pas seulement munis de flèches. Cette fois-ci pas pour affronter leurs rivaux au sujet des étangs de poissons. Même si Mbandaka baigne dans l'eau, mais on est loin, très loin de Dongo. Depuis ce dimanche pascal, l'opinion sait que les Enyele sont tout sauf des guerriers- pêcheurs en mal d'étangs. Ainsi naissent des rébellions au Congo-Kinshasa. José NAWEJ
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A LA UNE
Contrairement aux allégations du Députés Bussa
Le Cercle Elaeis n’appartient pas à Adolphe Muzito
*Un communiqué dûment signé par le gérant atteste que ce complexe sportif et familial n’est pas une propriété du Premier ministre
*Par ailleurs, la dérive observée à l’Assemblée nationale s’est amplifiée hier avec les attaques du Député Babala contre la Ministre du Portefeuille
On commence à en savoir un peu plus sur la nature des allégations alignées, le 28 avril dernier, à la Chambre, contre le Premier ministre. Des mises au point à l'effet de recadrer l'auteur de la question orale pleuvent. Le staff dirigeant de ce cercle sportif familial a publié un communiqué dans lequel il est écrit noir sur blanc qu' «Elaeis» n'a jamais été et n'est pas une propriété du Premier ministre.
A Elaeis, on ne cache pas la stupéfaction à la suite des propos du député Jean Lucien Bussa attribuant ce centre à Adolphe Muzito. Dans la conclusion de sa question orale avec débat, l'élu de Budjala avait, en effet, affirmé sans la moindre preuve que le Premier ministre avait acheté le cercle Elaeis.
Le démenti renforce de plus en plus la thèse d'une vaste campagne de dénigrement et de déstabilisation contre le Premier ministre et, in fine, contre le Palu. Un autre indice de cette fatwa décrétée contre le Premier ministre est ces textos envoyés à la chaine sur des téléphones portables dont l'un fait état d'une demarche du Premier ministre en vue d'obtenir une lettre attestant qu'il aurait bénéficié d'un crédit BIAC pour l'achat du Cercle Elaeis. A l'analyse du démenti sus évoqué, ce stratagème ne tient plus la route. Rien que du vent.
La diabolisation du chef du Gouvernement pose un problème de conscience. Comment peut-on prendre des libertés avec l'élégance politique, voire le règlement intérieur de l'Assemblée nationale juste pour salir un adversaire politique qui est, un des principaux personnages de l'Etat? Ce, tout en sachant que la conclusion d'une question orale avec débat n'appelle pas de réplique.
Au-delà de la personne du Premier ministre, la dérive observée lors de la plénière du mercredi 28 avril éclabousse l'ensemble de la classe dirigeante. Car, on ne peut pas comprendre qu'un député formule des attaques personnelles d'une telle gravité sans le moindre début de preuve.
En plus, si la tribune de l'hémicycle doit servir d'espace de règlement des comptes, alors on est parti pour ouvrir la boîte de Pandore. Et ce ne serait à l'honneur d'aucune institution républicaine. FDA
ENJEUX DE l'HEURE
Questions orales avec débat à l'Assemblée nationale
CIDEP : Mashako Mamba démontre les irrégularités
Réservée au contrôle parlementaire, la journée d'hier mercredi a été riche en informations au regard des éclaircissements apportés par les ministres du Portefeuille, de l'Agriculture, des Finances et celui de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) à l'occasion des questions orales avec débat leur adressées par les députés Alexis Takizala, Fidèle Babala, Denis Kambayi, etc. La richesse d'informations ne relève pas seulement du fait que les membres du gouvernement ont tenté de répondre aux questions relevant de leurs secteurs, mais surtout du fait que pour la première fois, les quatre ministres ont surpris les élus du peuple en répliquant du tic au tac aux préoccupations soulevées lors du débat général.
Maîtrisant le secteur, Mashako A recadré
les préoccupations soulevées à l'Hémicycle
Dans son intervention, le ministre de l'ESU, Léonard Mashako Mamba, s'est montré plus que convaincant aux questions lui posées sur les problèmes que connait son secteur. Il s'est agi des érosions qui menacent l'Université de Kinshasa, de la situation des professeurs, de la fermeture des établissements d'enseignement supérieur et universitaire dont le CIDEP. A toutes ses préoccupations, le patron de l'ESU a apporté des précisions et des argumentations apaisant bien la représentation nationale.
Pour ce qui est des problèmes auxquels est confrontée l'Unikin, le ministre Léonard Mashako a donné des réponses étonnamment révélatrices. " Les moyens dont dispose le ministère au budget national ne permet pas de faire face aux nombreuses difficultés que connait mon secteur dans son ensemble. Notre combat vise à impliquer tout le monde dans la lutte contre les érosions qui menacent l'Université de Kinshasa. Notre démarche vise encore à impliquer les partenaires de la république à pouvoir appuyer le Gouvernement dans cette situation qui risque d'emporter l'Unikin ". Pour la question liée au social des professeurs, il a aussi souligné que le professeur ordinaire de la République gagne moins qu'un huissier de la Fonction publique, alors qu'il devait mériter mieux.
LE CIDEP demeure un service spécialisé du ministère de l'ESU
Quant à la fermeture de certains établissements d'ESU, Léonard Mashako s'est montré très soucieux de vouloir chercher la revalorisation de l'enseignement national en RDC et plus particulièrement de l'ESU. " Les universités et instituts supérieurs fermés ne répondent pas aux conditions de viabilité reconnues par la loi et par l'Unesco. Il est recommandé que chaque établissement académique doive disposer de ses propres infrastructures, des professeurs qualifiés, des laboratoires et des matériels didactiques. Les institutions fermées ne répondent pas à tous ces principes ", a déclaré le ministre de l'ESU.
Revenant sur cette question et plus particulièrement à la situation du CIDEP, Léonard Mashako a été beaucoup plus clair et précis : " le CIDEP est l'un des services du ministère de l'Enseignement supérieur et universitaire dont la mission est entre autres d'assurer le recyclage des agents. Mais depuis un certain temps, le CIDEP a pris des allures d'université en dépit du fait qu'il manque même des infrastructures viables. Sur 40.000 étudiants enregistrés, le CIDEP ne dispose que de 7 professeurs comme pour dire qu'il a un professeur pour 7500 étudiants. Ce qui ne répond même pas aux normes recommandées par l'Unesco ", a clarifié le ministre avant de souligner qu'il maintient sa décision en vue de chercher la revalorisation de l'enseignement national.
Pour lui, l'Université de Kinshasa construite pour 5.000 étudiants en compte aujourd'hui environ 37.000. Et pour ça, elle compte plus de 250 professeurs qualifiés. Comment comprendre que le CIDEP qui n'a que 7 professeurs puisse contribuer à la bonne formation de l'élite congolaise ? s'est interrogé le ministre de l'ESU qui a souligné que le CIDEP doit revenir à sa mission initiale, étant donné qu'il reste un service spécialisé du ministère de l'ESU. Dorian KISIMBA
COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT
Le Gouvernement de la République annonce à l'opinion nationale et internationale la capture par la population de Dongo, ce mercredi 05 mai 2010 du sieur Ondjani, chef militaire du groupe terroriste " Nzobo ya lombo " ou Bandits du village qui ont semé la mort et la désolation dans le district du Sud-Oubangi avant de s'illustrer tristement par une agression sanglante de la ville de Mbandaka les 4 et 5 avril derniers. L'ayant capturé, la population l'a livré à la police.
Le Gouvernement salue cette contribution exemplaire de la population locale de Dongo aux efforts de pacification entrepris par les forces de sécurité de la République et invite tous les compatriotes à s'en inspirer et à soutenir le Gouvernement pour relever les autres défis qui se posent à la province de l'Equateur et à l'ensemble de notre pays.
Lambert MENDE OMALANGA
Ministre de la Communication et
des Médias Porte-parole du Gouvernement
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Undjani, chef des «Enyele», aux arrêts depuis hier
Après sa sanglante équipée qui l'a conduit de Dongo à Mbandaka en passant par d'autres contrées comme Bomongo et Makanza, Undjani, chef-druide d'un groupe d'hommes en armes se réclamant d'un groupe dénommé " Nzobo ya lobo ", a été arrêté à Dongo même, sur les terres d'origine de son combat. L'opération a été réalisée, selon un communiqué de presse du Ministre de la communication et des médias, par la population elle-même, qui a, par la suite, mis l'intéressé à la disposition des forces de l'ordre.
Cette arrestation est le corollaire d'une campagne menée par les forces de l'ordre et les autorités tant nationales que provinciales pour sensibiliser la population à participer à sa propre sécurisation, notamment en dénonçant ceux qui sèment l'insécurité. Elle s'ajoute aussi à d'autres efforts qui ont permis, successivement, de reprendre le contrôle de Dongo en mettant en déroute les insurgés, et de reprendre aussi le contrôle de Mbandaka après l'attaque éclaire des 4 et 5 avril 2010.
Cet ensemble d'éléments permet donc de comprendre que loin d'avoir abandonné les populations à leur triste sort, le Gouvernement est demeuré sur la brèche pour rétablir totalement la sécurité dans cette province. Hier, au cours du point de presse hebdomadaire de son institution, le porte-parole de la MONUC a, en effet, fait savoir que la situation est revenue à la normale dans les ville de Mbandaka. JEK
ENJEUX DE L'HEURE
Affaire SPK-CF Congo : Enfin, les masques tombent
L'affaire SPK-CF Congo ne cesse de défrayer la chronique en RDC. De l'avis de bon nombre d'observateurs, après le communiqué de la LICOF, des masques semblent tomber quant à l'identité des tireurs des ficelles. Dans les milieux de la Ligue contre la corruption et la fraude, on pointe du doigt un opérateur économique du Katanga proche d’un grand groupe " lushois " dont il s'occuperait du dédouanement des produits pétroliers qui coûteraient plus cher que ceux de Trafigura stockés par Stockage pétrolier du Katanga (SPK).
La crainte de l'opérateur économique en question qui détiendrait le monopole dans le secteur des produits pétroliers dans la province du Katanga est de constater l'arrivée d'un grand vendeur mondial des produits pétroliers.
Selon des sources proches de TFM, la qualité des produits pétroliers de Transfigura serait préférée à celle d'une autre société fournisseur. Ce qui aurait poussé l'avocat d'une société concurrente à interdire à TFM d'acheter le carburant de Trafigura. Pour sa part, CF Congo serait victime de quelques concurrents ayant un œil solliciteur dans le secteur des transports de minerais. Une fois de plus, on y verrait l'ombre du même opérateur économique du Katanga au nom d'une concurrence déloyale. Cet opérateur économique, soutiennent les observateurs, aurait eu des démêlés avec le gouvernement Muzito pour " fraude douanière à grande échelle" sans que ses portes ne soient scellées. C'est cette concurrence déloyale qui justifierait une campagne de dénigrement menée contre Trafigura en Côte d'Ivoire au motif que ses produits chimiques auraient provoqué des décès, fausses couches, morts né, malformations et autres maladies. Mais, à la lumière des conclusions des experts, indique-t-on, il n'en serait rien. Au contraire, un arrangement aurait été trouvé pour mettre fin à la procédure en diffamation engagée par Trafigura.
Il ressort du recoupement de différents éléments que les masques commenceraient à tomber dans les rangs des tireurs des ficelles dans l'affaire qui porte préjudice à SPK et CF Congo dont les travailleurs seraient ainsi sacrifiés, contrairement aux cinq chantiers décrétés par le chef de l'Etat, Joseph Kabila. On comprend mieux, à la lumière de derniers éléments, pourquoi les deux sociétés font l'objet d'une diabolisation systématique et pourquoi M. Rachidi Akidi, pour avoir refusé la sollicitation d'un proche de l'opérateur économique au centre de l'orchestration, serait vite devenu la cible pour avoir dénoncé, concluent les observateurs, la cabale décriée.
FDA
Muzito recherche des solutions à la crise dans le Sankuru
Le premier ministre et Chef du Gouvernement, Adolphe Muzito, a échangé hier mardi 04 mai 2010 avec les parlementaires originaires du Sankuru sur la crise sécuritaire qui prévaut dans ce district, principalement en territoire de Lodja. A cette occasion, des échanges d'informations préliminaires ont eu lieu entre le Premier Ministre et les parlementaires (députés nationaux et sénateurs) de ce coin du pays sur les événements qui y ont eu lieu. Quelques incidents mettant en cause l'intégrité physique de personnes sont déplorés, notamment des blessés graves ; ainsi l'incendie d'une vingtaine de maisons et autres dégâts matériels à la suite d'affrontements entre groupes sociaux.
Les interlocuteurs de Muzito ont, par ailleurs, sollicité du Chef du Gouvernement, un temps de concertations internes en vue de faire des propositions tendant à restaurer l'autorité de l'Etat et la cohabitation pacifique des différentes communautés du Sankuru. JEK
Menacée de mort, la Reine Fabiola exclue des festivités du 30 juin?
La Reine Fabiola, veuve Baudouin Ier, a reçu, mardi dernier, une quatrième lettre de menaces de mort et d'injures en une année. L'auteur de la menace, encore inconnu mais qui se présente comme une association, met en doute son statut de Reine des Belges pour rappeler ses origines espagnoles, avant de lui demander de s'expliquer, entre autres, sur le "gaspillage de l'argent public". Il évoque, en fait, plusieurs questions concernant la dotation royale et qui, pour lui (l'auteur) ne mérite pas d'être allouée à la veuve Baudouin Ier. L'auteur se plaint, en effet, que la Reine " fait de nombreux voyages à Lourdes en compagnie de sa soeur aux frais du contribuable."
A la fin de sa complainte, l'auteur de la menace promet à Fabiola, l' "apocalypse " le 21 juillet 2010, lors du défilé célébrant la fête nationale belge. Pour ce faire, il avance quelques détails de ce qu'il compte poser comme action : le danger viendra par air ; une pluie d'acide s'abattra sur l'escorte ; la Police disposée en tirailleur sera broyée par 2 voitures, etc.
Pour être épargnée de cette attaque, l'auteur demande à la Reine de répondre à une série de questions sur les ondes de RTL.
Dans une précédente lettre datant aussi de mai, mais de l'année 2009, la Reine était menacée de mort par tir d'arbalète le jour de la fête nationale. Pour l'heure, la police, qui prend la menace au sérieux, enquête pour retrouver l'auteur de la missive. On rappelle, en attendant, que la police judiciaire fédérale de Bruxelles avait arrêté l'auteur de l'une des précédentes lettres de menace. Le suspect, d'une soixantaine d'années, avait fait l'objet de poursuites judiciaires.
A Kinshasa, la nouvelle de cette lettre de menace de mort à l'endroit de l'ancienne Reine des belges a suscité des interrogations quant à la prochaine visite, à Kinshasa, du Roi Albert II dans le cadre du cinquantenaire de l'indépendance de la RDC. Albert II, qui doit gagner Kinshasa par bateau, doit faire une halte en Espagne pour embarquer la Reine Fabiola.
D'autres observateurs, par contre, estiment qu'il n'y a pas de quoi s'alarmer, puisque l'échéance de la menace concerne la fête nationale belge et non congolaise. JEK
INFOS INFOS
Journée internationale de la liberté de presse
Le Délégué Général à la Francophonie félicite " Forum des As " pour la gestion de la subvention de l'OIF
À l'occasion de la célébration, lundi 3 mai 2010, de la Journée internationale de la liberté de presse, le Délégué Général à la Francophonie, Didier Mwewa wa Mwewa, a effectué une visite auprès des rédactions de journaux ayant bénéficié d'une subvention de la Organisation de la Francophonie. Cette visite avait un double objectif, a précisé le Délégué Général à la Francophonie/RDC : d'abord célébrer avec les médias-partenaires la journée mondiale de la presse en se focalisant sur les stratégies de l'émergence des véritables entreprises de presse en RDC ; ensuite évaluer l'impact de l'appui de la Francophonie auprès de ces entreprises de presse afin d'en déterminer le changement qualitatif et quantitatif impulsé par les projets financés. Depuis 1999, six journaux congolais, dont Forum des As, ont reçu une subvention de l'OIF.
Au journal Forum des As, qui a constitué la dernière étape de la visite, le Délégué Général à la Francophonie a visité l'imprimerie acquise grâce à la subvention de la Francophonie. Il ressort de cette visite que l'investissement a beaucoup porté. Le Directeur du journal, José Nawej, a fait savoir que le plan stratégique de développement de l'entreprise subventionné par la Francophonie est réalisé à 80 %. L'outil acheté grâce à l'OIF a été rentabilisé.
Pour lui, la subvention de l'OIF a eu un impact positif sur le plan qualitatif et quantitatif. Au niveau de la rédaction, précise-t-il, il y a eu création de nouvelles rubriques. Par ailleurs, quatre journalistes et quatre techniciens ont été engagés.
Concernant la pagination, le journal est passé de 12 à 16 pages ; avant de reconnaître que la crise financière a beaucoup influé sur la vente du journal car, il s'observe une certaine baisse au niveau du tirage et des annonceurs. Aussi, il y a lieu de signaler que l'imprimerie du journal Forum des As participe à l'impression de plus de cinq journaux de la place.
ès les différentes explications de l’Editeur du quotidien Forum des As, le DG à la Francophonie s'est dit satisfait du fait que la dimension de la pérennité du projet a été assurée, avant d'inviter les responsables de ces organes de presse à maintenir le cap. Forum des As est parmi les organes de presse écrite qui accompagnent les actions de la Francophonie en RDC.
Le développement d'une presse plurielle et de qualité, a dit Didier Mwewa, constitue une des préoccupations majeures de l'OIF. C'est ainsi que cette dernière a créé, en 1998, un Fonds francophone d'appui à la presse écrite du Sud. Ce fonds est destiné aux entreprises de presse dont le siège se trouve dans un des pays membres de l'OIF. FDA/DGF-RDC
NATION
La Fonction publique dotée d’un lot important d’équipements informatiques
L'administration publique vient de bénéficier d'un don, de la part du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), constitué d'un lot important d'ordinateurs, d'onduleurs, de scanners et de mobilier de bureau.
Le ministre de la Fonction publique, Dieudonné Upira, qui a reçu ce don hier, a exhorté les bénéficiaires à en faire bon usage, tout en signifiant au Pnud que son institution aura toujours besoin de son concours pour achever la maîtrise des effectifs et de la masse salariale qui constitue un préalable pour la réussite du processus de la réformede l’administration publique. Il a fait aussi état de l’ouverture du ministère quant aux appuis à la modernisation de l'Administration publique.
En attendant, Dieudonné Upira a salué le geste du Pnud qui restera gravé dans les annales de la Fonction publique.
Il a, par ailleurs, rappelé la mission de la Fonction publique qui est de sauvegarder les valeurs fondamentales du service public et d’assurer la promotion d'une action administrative fondée sur la préservation des droits de l'usager.
A l'entendre, la nécessité de préserver la légitimité du service public et d'adapter la Fonction publique aux exigences du développement économique, social, humain et durable motive la réforme de l'administration publique congolaise. Celle-ci vise à mettre en place une administration fonctionnant dans des conditions optimale, d'équipé et d'efficacité suivant les principes de la bonne gouvernance.
Pour sa part, le Team leader du Pnud, Karounga Keita, a fait savoir que ces équipements sont à mettre en relation avec l'accompagnement technique et l'expertise affectés au ministère de la Fonction publique depuis des années. Selon lui, l'objectif visé. C’est de voir l'administration publique congolaise jouer le rôle moteur qui lui est dévolu dans la participation et la reconstruction de la RDC. A l'entendre, le Pnud n'a, depuis plusieurs années, ménagé aucun effort pour appuyer la RDC en vue de faire de cette administration un outil capable de rendre des services efficaces et appréciés aux citoyens congolais. Ce qui justifie, selon les dires du team leader, l'appui du Pnud qui a concerné, par ailleurs, la mise en place de l'Ecole national d'administration (Ena) aujourd'hui sur pied et prête à contribuer efficacement au sein de l'administration publique. Mathy MUSAU
Mbandaka : la Monuc note un retour à la normale
La situation sécuritaire à Mbandaka dans la province de l'Equateur retourne progressivement à la normale, a déclaré le porte-parole de la mission onusienne hier au cours du traditionnel point de presse. Il a indiqué, toutefois, qu'elle demeure très volatile dans le reste de la province, avant d'ajouter que la force de la Monuc et les FARDC mènent des patrouilles intensives au sein et autour de Mbandaka. Tandis qu'en Province Orientale, a-t-il poursuivi, la situation sécuritaire est restée très tendue dans les deux districts d'Uélé, puisque les FARDC ont rapporté qu'elles ont affronté les éléments de la LRA dans le parc national de la Garamba, à l'Ouest de la région de Faradje.
Fermeture de la frontière de Dongo
Le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a, dans son briefing hebdomadaire, annoncé la fermeture depuis près d'une semaine, de la frontière de Dongo, dans le district du Sud-Ubangi, avec la République du Congo. Cette situation, selon OCHA, empêche les populations qui se sont réfugiées en République du Congo de revenir se ravitailler dans leurs champs du côté de la RDC.
Cependant, indique OCHA, le PAM est en cours de distribution de vivres à Mbandaka à quelque 4000 personnes déplacées internes, ayant fui les affrontements dans les territoires de Bomongo et Makanza, dans le district de l'Equateur. OCHA note que la communauté humanitaire se heurte à un manque de financement des projets pour assurer la contintuité des programmes de prise en charge des besoins des populations retournées dans leurs milieux d'origine. C'est ainsi, poursuit la source, qu’il y a nécessité de mettre en œuvre des programmes partout sur la réhabilitation des infrastructures de base, la sécurité alimentaire, la nutrition et d'autres programmes d'urgence.
Un autre élément, OCHA relève que la communauté humanitaire reste préoccupée par la perspective du retrait de la Mission d'observation des Nations unies en RDC (Monuc) de certaines zones de la province. En Province Orientale, indique la source, la communauté humanitaire a été indignée par le déguerpissement forcé des déplacés se trouvant sur le site d'Aveba, dans le territoire d'Irumu, par des militaires FARDC. Il s'agit de personnes déplacées par les conflits à la fin de l'année dernière. Mathy MUSAU
LIBRE OPINION
Socle du développement véritable
L'éducation doit retrouver ses lettres de noblesse en RDC
Combien de diplômés congolais sont capables de rédiger quelques lignes en français sans qu'il n'y ait trop de fautes d'orthographes ? Combien d'entre eux connaissent le nom de l'actuel Secrétaire général des Nations Unies ? Combien encore peuvent suivre les débats de la Chambre basse du Parlement ? Avec un peu de sincérité, nous devons admettre qu'il y en a très peu. Sur les campus des différentes universités du pays, les étudiants discutent à propos de la musique, du vandeville -dit théâtre populaire, de la mode, mais pas du réchauffement climatique, encore moins de l'incidence des actions du gouvernement sur le quotidien des Congolais, ou d'autres sujets de ce genre, qu'ils jugent trop cérébraux.
La langue française, qui est pourtant la langue de l'enseignement en RDC, pose d'énormes problèmes à de nombreux élèves sur le point d'achever les études secondaires et mêmes à certains étudiants. Conséquence : quand il s'agit de parler, de comprendre, d'écrire ou d'échanger dans un débat intellectuel, il n'y a pas beaucoup de volontaires parmi ceux qui sont censés prendre la révèle de l'élite actuelle. Cette situation augure des lendemains obscurs pour le pays.
Il y a pire: cet état de choses n'est pas l'exclusivité des élèves du degré terminal de l'enseignement secondaire et des étudiants des différentes universités et instituts supérieurs du pays. La tendance est générale. Pour s'en convaincre, il suffit de bien regarder autour de soi. Dans toutes les sphères de la société congolaise, on assiste à ce que certains observateurs appellent "Le nivellement par le bas". Que l'on suive nos chaînes de télévision ou que l'on écoute les chansons de nos musiciens, le constat est le même : il y a des pesanteurs qui tirent la société congolaise vers le bas. Rien ou presque rien qui puisse créer l'émulation ou la culture de l'excellence. Même les "stars" qui, par vocation, sont des modèles pour la jeunesse, s'illustrent dans la bassesse. La classe politique elle-même, n'est pas. Les débats qui sont diffusés sans arrêt les médias prouvent à suffisance que certains de nos politiciens ne sont pas ce qu'ils doivent être.
Pourtant, la plus importante des ressources de n'importe quel pays est, sans aucun doute, l’homme. Beaucoup d'experts affirment qu'il serait illusoire de parler du développement lorsqu'on n'a pas investi dans l'homme. C'est ici qu'une série des questions s'imposer : qu'a-t-on investit dans le Congolais d'hier ? ; Qu'investit-on dans le Congolais d'aujourd'hui ? ; Que se prépare-t-on à investir dans le Congolais de demain? A longueur des journées, on entend parler du développement. D'où les cinq chantiers de la République qui doivent nous mener à un certain niveau de développement au terme du présent quinquennat. On comprend dès lors l'assiduité du gouvernement à rétablir les infrastructures du pays, notamment les routes qui étaient depuis un certains temps en délabrement. Ce qui est tout à fait normal. Un autre, des cinq chantiers a pour intitulé " Santé et éducation ". Quel est le niveau atteint dans l'exécution de ce dernier ? Chaque Congolais prendra soin de répondre à cette question. Il y a une évidence aujourd'hui. Bon nombre de Congolais ont des diplômes sans fond. Ils souffrent du manque d'instruction la plus élémentaire.
C'est ainsi que la population kinoise, qui n'est pas très consommatrice des informations télévisées, s'est trouvée très intéressée par une certaine émission d'informations télévisées seulement parce que ces programmes diffusées dans une langue et dans un style" dont elle est très friande. On peut dire la même chose des " films nigérians " qui n'ont du succès que parce qu'ils sont "traduits" dans une langue que la majorité kinoise peut suivre. Or, cette population possède le plus grand pourcentage de scolarité du pays.
Le mal est profond, il est évident qu'on ne peut l'éradiquer du jour au lendemain. Mais il faut bien commencer un jour, l'avenir du pays en dépend. Si rien n'est fait pas contrer cette décadence intellectuelle du Congolais, dans les décennies qui vont suivre, le nombre des "diplômés-ignorants" sera si grand, l'impact de toutes les bavures qu'ils commettront, si puissant que le pays risquera une paralysie. Nous en voulons pour preuve l'amateurisme qui caractérise certains décideurs ou cadres dont nous taisons les noms pour des raisons évidentes.
C'est donc maintenant qu'il faut rendre viable les écoles, arrêter la paupérisation du personnel enseignant, faciliter l'accès à l'enseignement, bref rendre à l'éducation ses lettres de noblesse. S'il est vrai qu' " un homme averti, en vaut deux ", nous pensons, en ce qui nous concerne, qu'un homme instruit en vaut bien plus.
Bushala BUAMBA
Correspondance particulière
SOCIETE
Kinshasa : l’avenue Kabambare bientôt impraticable
L'avenue Kabambare, dans sa partie traversant les communes de Kinsahsa et Barumbu, se retrouve dans un état de dégradation très avancé. Elle abrite par endroit quelques trous béants, occasionnant ainsi des embouteillages et des accidents légers. Après la pluie, les eaux remplissent des ornières et la route déjà délabrée s'affaisse de plus en plus.
A 200 mètres du croisement des avenues Kabambare, ex-Flambeau, devenue Kabasele, un nid de poule a dégénéré en un trou béant, retrécisant la route. Les véhicules sont obligés de dévier pour se frayer un chemin. Comme la bande est divisée en aller - retour, la petite portion praticable reste convoitée. Ce qui occasionne le heurt de véhicules au niveau des portières ou des coffres, ainsi que des cassures de rétroviseurs. Dernièrement, un camion d’une société brassicole a trébuché sur ce lieu, renversant ainsi de nombreux casiers sur la chaussée.
Un peu plus loin, avant de joindre l'ex-avenue Bokassa, devenue Luambo Makiadi, la route s'est intensément détériorée, avec un affaissement de près de 70 cm. Pour contourner cet obstacle, les véhicules préfèrent emprunter la voie sablonneuse pour atteindre l'autre bout de la route, en passant par Bokassa. Après la pluie, la situation devient encore pire. Des accidents légers et pertes matérielles sont aussi enregistrés à cause de cet état dégradant de la route.
Des embouteillages monstres
Cette situation d'impraticabilité de certaines routes, palpables sur de nombreuses artères de la ville de Kinshasa, provoque des embouteillages monstres dès le petit matin, rendant ainsi le transport difficile. Des passagers, au bord des véhicules de transport en commun, en ont ras le bol. Ils arrivent, pour la plupart, en retard au lieu de rendez-vous, au travail et même à l'école, pour les élèves . " Ça fait plus d'une heure que je suis immobilisé dans ce taxi. Il y a un bouchon depuis 7h00'. Sûrement, j'arriverais en retard à l'école car, dans 10 minutes, il sera 8h00. Je crains de n'être pas compris par mes autorités scolaires ", s'écrie une lycéenne.
M. Kama, employé dans une entreprise a, quant à lui, interpellé l'autorité compétente. " Cette situation a commencé par un petit trou. Une autorité lucide devrait déjà trouver des mécanismes tendant à le boucher. Les caillasses ne sont pas à chercher au Congo. Mais, comme nos dirigeants sont caractérisés par la négligence voilà pourquoi la situation a empiré. Les dirigeants se promènent aisément dans leurs jeeps, alors que les petits peuples peinent’’, a-t-il renchérit.
Pourquoi à Kinshasa, des nids-de-poules s'étendent carrément à des trous béants ? s'interroge un observateur. " L'autorité censée gérer le service public de l'Etat, notamment les routes, doit rompre avec ce genre de négligence ", a-t-il dit. Entre-temps, la difficulté de transport se renforce. C'est la prédominance de demi-terrains et la population kinoise, déjà fragilisée par un faible pouvoir d'achat, en paie les frais.
Rocco Nkanga
Incroyable, mais vrai
Une maman tue sa fille de quatre ans à Kimbanseke
Une femme répondant au nom de Chantal … a tué sa fille Gina, âgée de 4 ans, le lundi 03 mai 2010 à 18h00, au quartier Mulie dans la commune de Kimbanseke. Pour la petite histoire, Gina s'est battue avec Divine, la fille de la voisine. Mme Chantal, qui revenait du marché, était en train de se laver quand Nadine, la voisine, est venue lui faire rapport. Du coup, très fâchée contre sa fille, Chantal sort de la douche en criant : " trop de rapports, je suis fatiguée, je la tue ". Liant l'acte à la parole, elle soulève sa fille Gina et la projete brutalement au sol. L'enfant rend son dernier soupir sur le coup. La maman fut arrêtée et transférée à l'ex-prison de Makala.
Ange Nzilaba / Stagiaire IFASIC
*Un incendie brûle trois maisons au quartier, à Lemba
Le quartier Salongo, dans la commune de Lemba, est privé d'électricité depuis presque un mois. Dans la nuit du 2 au 3 mai dernier, il y a eu incendie. Parti d'un réchaud à 2 plaques qui est resté branché au moment où il n'y avait pas d'électricité, cet incendie s'est propagé jusqu'à deux maisons voisines, l'une située dans la même parcelle et l'autre dans la parcelle voisine. Le public a crié au secours en indiquant que ce n'était pas la première fois que cet incident arrivait par manque d'électricité.
Suite à cet incendie, ce quartier est retombé dans le noir pour prévenir d'autres incendies. L'électricité n'étant rétablie qu'entre 02h00 et 05h00 du matin au moment où tout le monde dort, il n'est pas à écarter que d'autres erreurs soient commises, étant donné que tout se passe la nuit, à savoir repasser les habits, charger les téléphones, bouillir l'eau, … Giselle ODIA / Stagiaire UPN
UCC : la CENCO appelée à se prononcer sur l’exclusion de 120 étudiants
Cent vingt étudiants de l'Université catholique du Congo (UCC), ex-Facultés catholiques de Kinshasa, viennent d'être définitivement exclus de leur établissement, renseigne une lettre individuelle du 08 avril 2010, signée par l'abbé Jean-Bosco Matand Bulembat, recteur de l'Ucc. Dans sa lettre, l'expéditeur a évoqué une manifestation estudiantine organisée en date du 1er mars sur le campus de l'Ucc. Depuis, le climat social s'est complètement détérioré dans cet établissement universitaire. Perturbés et désorientés par cette mesure d'exclusion intervenue à quelque deux mois de la fin de l'année académique en cours, les parents des étudiants victimes s'en remettent à la justice sociale tant prônée par l'Eglise catholique. Pour l'instant, seule la Conférence Episcopale nationale du Congo (CENCO) devra trancher et dénoncer ce qui paraît, désormais, être une tyrannie de mauvais goût.
C'est un secret de polichinelle. Sept cents étudiants de l'Ucc ont organisé, le 1er mars dernier, une manifestation pacifique pour dénoncer l'exorbitance des frais académiques à payer et réclamer la prolongation des échéances de fermeture du guichet. Les manifestants avaient, par ailleurs, signé une pétition et déposé un mémorandum à la table du recteur de l'Ucc. Des commissions d'audition avaient été créées afin d'établir les responsabilités. Cette étape a eu lieu jusqu'en date du 10 mars.
Ainsi, le rectorat des ex-Facultés catholiques de Kinshasa, s'appuyant sur l'article 132 du Règlement intérieur de l'établissement, a décidé de l'exclusion définitive de tout étudiant dont le nom s'est retrouvé sur la liste des signataires de la pétition. Après examen et délibération des dossiers au cas par cas, 120 étudiants ont été renvoyés. L'article 132 ci-dessus évoqué stipule : " les étudiants auront à cœur de veiller à la bonne réputation de l'institution. Ils ne peuvent engager son renom dans aucune action préjudiciable. Toute manifestation ou tout écrit pouvant mettre en cause l'Ucc ou ses membres doit recevoir l'autorisation préalable de l'autorité académique ".
QUAND L'EGLISE
REFUSE LE PARDON
Les étudiants frappés par cette décision de renvoi définitif de l'Ucc ont déposé une lettre de demande de pardon sur la table du recteur, avons-nous appris d'une source qualifiée. Mais jusqu'à ce jour, aucune suite n'a été donnée aux auteurs de cette requête. De ce silence mythique des autorités, certains observateurs n'ont pas attendu longtemps pour conclure que l'Eglise a refusé de recevoir le pardon de ces étudiants. Autrement dit, les mêmes observateurs estiment que les pasteurs de l'Eglise qui président aux destinées de cette institution d'enseignement universitaire sont restés insensibles à cet acte d'humilité, pourtant prôné comme étant une force qui libère.
A tous égards, le renvoi définitif des 120 étudiants de l'Ucc fait l'objet de commentaires en sens divers. Des interrogations mêlées d'inquiétudes abondent. Dans les milieux du corps enseignant, des voix s'élèvent de plus en plus pour fustiger ce qu'ils qualifient d'exclusion sélective et d'une loi appliquée à deux vitesses. Aux bas mots, certaines personnes parlent de l'injustice sociale. " Pourquoi a-t-on exclu 120 étudiants seulement, sur un total de 700 signataires, auteurs de la pétition" ; se demande-t-on.
Dans les milieux des enseignants de cette université catholique, on ne porte pas non plus de muselières. " Les protégés des prêtres ont été à l'abri de la sentence, alors que les étudiants n'ayant pas de " parapluie " ont été carrément sacrifiés ". Si cette décision de renvoi définitif des étudiants a été prise dans le sens de faire respecter la loi de l'institution, alors elle doit s'appliquer sans discrimination aucune. Soit qu'on maintienne tous les étudiants concernés, soit qu'on les renvoie tous ", a déclaré hier sur un ton d'indignation et de colère, un professeur de l'Ucc qui a requis l'anonymat.
UN PREJUDICE INSURMONTABLE
L'Université catholique du Congo est comptée parmi les établissements les mieux cotés de la RD Congo. La rigueur dans le suivi et l'encadrement des étudiants, la régularité et la qualité du corps enseignant, etc sont autant d'éléments qui confèrent à l'Ucc son prestige. Pas de grève ni d’années académiques élastiques comme c'est le cas très souvent observé dans certaines universités du pays. Conséquence, le calendrier académique ne souffre d'aucune perturbation. Ainsi, tout calcul fait, les étudiants de l'Ucc se trouvent à quelque deux mois de la fin de l'année académique 2009-2010.
Considérant ces échéances, la décision portant exclusion de 120 étudiants constitue un préjudice moral, social et financier insurmontable, non seulement pour les victimes mais aussi pour leurs parents. " Que peuvent devenir ces étudiants pré-finalistes et finalistes du premier ou du deuxième cycle d'études concernés par cette mesure d'exclusion définitive? N'a-t-il pas été possible de les sanctionner autrement, ne serait-ce que pour leur permettre de terminer l'année académique en cours " ? Voilà, entre autres, les questions qui se posent dans l'opinion publique à Kinshasa.
LA CENCO APPELEE
A SE PRONONCER
Dans une lettre du recteur de l'Ucc adressée à une étudiante régulièrement inscrite en première année de licence dans la Faculté des communications sociales avec pour objet " Votre exclusion définitive de l'Ucc ", il a été reproché à la victime, entre autres, le refus de décliner l'identité de la personne qui lui avait présenté la pétition à signer. Selon l'auteur de la correspondance, cette attitude " a constitué un manque de responsabilité pour quelqu'un qui est en L1, cycle qui vous rend prête pour le marché de l'emploi ".
Par ailleurs, il a été reproché aux manifestants le non-respect des procédures en vigueur à l'Ucc, du reste inhérentes à toute institution. Quoi qu'il en soit, parents et étudiants concernés par cette décision de renvoi définitif ne perdent pas encore espoir. Ils s'en remettent à la sagesse des évêques réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo. Pour ces responsables de familles, il appartient aux pères de l'Eglise de catholique de se prononcer sur cette situation dont les retombées matérielles, morales, financières, sociales et morales ne sont plus à démonter. Laurel KANKOLE
VIVEMENT LE SPORT
DCMP : Matampi Vumi, Basofela Lomande et Landu Makela suspendus par la CAF
Le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (Caf) vient de prendre des mesures disciplinaires à l'endroit de trois joueurs de DC Motema Pembe. Il s'agit des joueurs Landu Makela (n°13), Basofela Lomande (n°8) et du gardien Matampi Vumi (n°16). Ces joueurs seront les grands absents du match retour des huitièmes de finale de la 7ème Coupe de la Confédération lequel match est prévu le samedi 8 mai 2010 au stade des Martyrs.
Dans sa correspondance, le secrétaire général de la CAF, Mustapha Fahmy previent que le rapport de l'arbitre prime sur les faits qui se sont produits sur l'aire de jeu. A cet effet, le joueur Landu Makela est suspendu pour son prochain match à cause de deux avertissements (ndlr : carton jaune) dans deux matches différents au cours de cette compétition dont le dernier lors du match entre l'As Fan du Niger et le DC Motema Pembe.
Par contre, les joueurs Basofela Lomande et Matampi Vumi sont suspendus pour leur prochain match (ndlr : du 08 mai 2010) pour diverses raisons sans préjudice aux autres sanctions qui peuvent leur être infligées par le Jury disciplinaire de la CAF qui se réunira le 15 mai 2010. Les officiels du match As Fan (Niger) vs DCMP (RD Congo) du 24 avril 2010 ont indiqué dans leurs rapports que Basofela Lomande a jeté des bouteilles envers les supporters de l'As Fan, tandis que le gardien Matampi Vumi a insulté l'arbitre et le commissaire du match.
En outre, au cours du match aller, du 24 avril 2010, trois autres joueurs de DC Motema Pembe ont été avertis. Il s'agit de Diavita Doma pour comportement antisportif, Tusilu Bazola pour simulation et Sunda Pembele pour acte ou parole de désapprobation à l'encore des officiels de match.
Par ces actes posés intentionnellement au cours de cette rencontre aller entre l'As Fan et DC Motema pembe montrent à suffisance l'indiscipline qui caractérise les joueurs de la RD Congo. L'année passé, il y a eu quatre joueurs similaires. Les entraîneurs et autres dirigeants doivent aussi s'occuper d’encadrer leurs joueurs qui se comportent très mal à l'étranger, habitués à la complaisance de certains arbitres nationaux. Pascal LIKANA
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