Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3542 DU MERCREDI 10 FEVRIER 2010
L’autre mérite de Muzito

Au lendemain de la prestation médiatique d’Adolphe Muzito, l’heure est aux réactions. Dans le microcosme kinois, les opinions sont à l’image de l’espace politique rd congolais: plurielles. Cas de figure classique dans un environnement pluraliste. Scénario inévitable dans un paysage politique où chacun voit midi à sa porte. Pays où le droit à la différence confine à la caricature, quelques sons de cloche discordants proviennent des rangs même de la majorité.
Mais de toutes les réactions, une sort de l’ordinaire. Elle émane d’un vieux briscard de la politique zaïro-congolaise dont on ne peut suspecter le moindre penchant pour l’actuel Premier ministre. Après avoir dit son opposition à la «privatisation des entreprises publiques», après avoir souligné qu’à ses yeux des notions comme « camp des nationalistes» étaient désuètes, ce poids lourd de la scène politique tire une fière chandelle à Adolphe Muzito. «Le Premier ministre a eu le mérité de prendre de la hauteur et surtout de ne parler qu’avec chiffres à l’appui» , a indiqué ce baron de l’agora politique congolaise.
C’est, du reste, le principal mérite d’Adolphe Muzito. Nombreux sont ceux qui attendaient le Premier ministre sur le registre de la polémique ambiante qui tient lieu, chez nous, de débat politique. Beaucoup s’imaginaient un Muzito passer le plus clair de son temps à donner des réponses génériques à tous les lieux communs que certains opposants ressassent comme critiques. D’autres aussi espéraient voir le Premier ministre investir dans la «kinoiserie» et réagir aux rumeurs qui le donnent pour démissionnaire.
Voilà que le pays entier a découvert un chef du gouvernement décliner son action en prenant soin d’indiquer- avec force chiffres et tableaux comparatifs-d’où l’on vient, où on se trouve et où on va. De la pure cohérence. On se serait cru dans l’un de ces pays de vieille tradition démocratique où le discours politique est rarement désincarné. Que l’on approuve ou pas l’évaluation faite le week-end dernier par Muzito, cela rentre dans l’ordre démocratique des choses. Mais, on ne peut pas ne pas saluer la posture moderne, républicaine qui a été celle du Premier ministre lors de son face-à-face avec la presse.
Symétriquement, on est en droit d’attendre de tous nos hommes politiques un discours empreint de références. Le débat politique gagnerait en clarté et consistance. Exit donc ces phillipiques stéréotypées datant des années Mobutu du genre: «le pays va mal», «la situation est catastrophique» , «notre peuple souffre», «Kabila doit partir», « Muzito ne fait rien». Tous ces poncifs dénués de contre propositions chiffrées qui tiennent lieu de discours politique. José NAWEJ


Homme
de mission

Adolphe Muzito a, enfin, parlé. Au terme d’une heure et demi d’entretien avec une brochette de vedettes du petit écran, un constat : Muzito est resté égal à lui-même. Depuis son accession au n°5 de l’avenue Roi Baudouin à ce jour, le Premier ministre se veut un homme de mission. Pas plus.
D’entrée de jeu, Adolphe Muzito a cru devoir recadrer le débat. L’action gouvernementale s’inscrit dans la trame de la vision globale d’essence nationaliste qu’incarne Joseph Kabila, a martelé le chef du gouvernement. En d’autres termes, Adolphe Muzito n’est qu’un maillon, fût-il important, d’une longue chaîne qui prend racine dans le combat des ancêtres nationalistes.
Autre emphase dans la prestation du Premier ministre, cette référence constante à la Majorité. Signe qu’Adolphe Muzito est parfaitement soluble dans la République. Ce n’est pas sa politique qu’il met en oeuvre. C’est le programme de la Majorité découlant du projet du Président qu’il décline au quotidien. L’on comprend dès lors que tout au long de sa prestation médiatique, le Premier ministre ait fait l’économie du «je».
Plus fondamentalement, c’est un Premier ministre très cinquième République à la française qui s’est exprimé le week-end. Au demeurant, on n’invente pas la roue. Le régime semi-présidentiel rd congolais a été, pour ainsi dire, calqué sur le modèle hexagonal. En France, hormis en situation de cohabitation, le Premier ministre est en somme un homme de mission. C’est le Président qui est l’homme d’ambition. Il en a été ainsi de Pompidou sous De Gaulle, de Barre sous Giscard d’Estaing, de Mauroy sous Mitterrand, de Juppé sous Chirac, et présentement de Fillon sous l’hyper Président Sarkozy.
Plus d’un an après son avènement à la Primature, Adolphe Muzito n’a pour agenda que sa mission. Toute sa mission et rien que sa mission. S’il n’ignore pas qu’au sein même de la majorité des messes noires se tiennent pour obtenir sa tête, Muzito Shindani maintient le cap sur l’essentiel. Ceux de ses détracteurs qui l’attendaient au tournant de la polémique politicienne peuvent déchanter. Aux côtés de Joseph Kabila dans la salle des urgences, le «docteur» Muzito n’a pas une seconde à investir dans la politique politicienne. Il n’a pas non plus une seule minute à consacrer à la gestion des rumeurs, façon très kinoise, que distillent à forte dose des officines politiques.
Moralité : on aura tout reproché au Premier ministre, sauf d’être ...un homme de mission à la tête du gouvernement de mission.José NAWEJ

































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































A LA UNE
RETOMBEES DE LA CEREMONIE D’ECHANGE DES VOEUX DES KWANGOLAIS
Scandale hier à l'Assemblée nationale !
* A la plénière d’hier, les députés nationaux ont offert au public un spectacle de vives invectives autour de l’annonce de la démission d’un des leurs qui devraient beaucoup d’argent à certains de ses collègues

Les Députés nationaux ont habitué l'opinion tant nationale qu'internationale à bien de déconvenues qui ont souvent heurté les bonnes consciences. Des présomptions de corruption à des falsifications de documents, en passant par la surenchère politicienne pour des visées matérialistes, tout y est passé en moins d'un mandat parlementaire. Tout ? Pas si vite, puisque hier à l'hémicycle, certains élus du peuple ont livré à la salle et aux téléspectateurs un spectacle fort insolite, sans aucun rapport avec la mission qui les a amenés au Palais du peuple.
Alors que la commission chargée de l'aménagement du territoire a du mal à assurer une bonne visibilité de son rapport de travail sur le projet de loi relatif aux marchés publics, le Président du Bureau, Evariste Boshab, en profite pour lire une lettre d'un des députés annonçant sa démission en raison des multiples occupations qui ne lui permettent pas d'assumer correctement son mandat électoral. La démarche étant particulière, même si elle est prévue dans la Constitution, Boshab sollicite les avis de la plénière pour la suite à y réserver.
C'est en ce moment qu'un député, Jacques Bonyoma Falanga, profitant de la parole lui accordée, se saisit du crachoir pour lâcher l'inattendu. Il sollicite du Bureau et de ses collègues que la requête annoncée soit rejetée au motif que le requérant devrait beaucoup d'argent à lui et à bien d'autres députés.
Le propos suffit pour provoquer un véritable tollé dans la salle. Personne ne comprend ce qui arrive. Comment, en effet, un élu du peuple peut-il se permettre d'abuser de la tribune d'une Assemblée nationale pour étaler, en pleine plénière retransmise en direct à la télévision, des problèmes personnels ? Deux députés se succèdent pour exprimer leur indignation dans ce sens et solliciter que le débat ad hoc ne se poursuive pas.
Rien n'y fait. Au contraire, on sent la tension monter vite, très très vite, dans la salle ! C'est qu'on parle d'argent… que les Députés parlent d'argent. D'ordinaire, ce sujet est évoqué à huis clos lorsque les élus du peuple crient leur fauche auprès de leur Bureau. Ceux qui ont l'habitude d'y assister savent à quel point des Députés arrivent à jeter momentanément un halo sur leur honorabilité pour crier leur misère, le couteau littéralement entre les dents.
Pour autant, personne ne comprend comment l'adrénaline est montée aussi vite pour une question aussi délicate et devant la face du monde. Des députés se succèdent pour réprouver l'initiative de leur collègue qui a ainsi ouvert la boîte de Pandore. Bulambo Kilosho s'indigne que ce créancier aux abois ignore qu'en ayant souscrit à une coopérative, il en devenait sociétaire et que, de ce fait, il était lié par le sort de cette institution de micro-finance. Gilbert Kiakwama embraye dans le même sens pour supplier ses pairs de ne pas débattre des choses de faillite privée. Il prévient que ce qui se passe n'est pas bon pour l'image du député et que s'il n'y avait plus rien à faire, le Bureau pouvait lever la séance.
Qu'à cela ne tienne, Bonyoma déboule à nouveau sur le podium, cette fois plus furibard que jamais. Boshab a du mal à le calmer, mais y parvient quand même. L'infortuné souscripteur d'une coopérative en faillite ne démord pas moins et tente de s'en prendre à ses collègues qui l'ont désapprouvé, avant de se faire rappeler à l'ordre par un Boshab très à cheval sur les principes. Bonyoma réitère tout de même son exigence, puisqu'il est en train de voir s'envoler ses 10.000 dollars de souscription. Dans sa colère, il perd de vue qu'en cherchant à maintenir au Parlement le promoteur de la coopérative en faillite, il lui assure une couverture immunitaire jusqu'en fin de mandat, ce qui le soustrait des poursuites judiciaires, du moins sur le principe.
Dans tous les cas, le sujet sent mauvais, si mauvais qu'en fin de compte, Evariste Boshab clos le débat sans suite. L'hémicycle peut reprendre sa sérénité, mais trop tard. Dans la ville, en effet, ceux qui viennent de suivre la scène à la télévision n'en reviennent pas de voir des personnes affublées du titre d'honorabilité se livrer ainsi à une querelle de boutiquiers courante à travers nos cités. Alors que l'Assemblée nationale dispose d'un arsenal de mécanismes pour prendre en charge ce genre de questions, les élus du peuple ont préféré se produire sur la place publique à la face de ce même peuple pour annihiler ce qui pouvait rester encore de confiance en leur tréfonds. Voici donc des représentants du peuple délestés du moindre sens de stoïcisme pour entretenir le mythe de la fonction publique, du statut d'homme d'Etat ; choisissant la carapace de monsieur-tout-le-monde.
Exit l'élitisme qui est censé accompagner ce genre de statut, hier les députés ont offert un ultime scandale qui a fini d'assommer le peuple déjà lassé d'un mandat plus que chaotique pour ce qui est de la vie de nos institutions. Dommage, enfin, qu'ici-même, la rigueur du règlement intérieur ne soit encore jamais venue à l'appui des bonnes consciences pour redresser les choses… Jonas Eugène KOTA

ENJEUX DE L'HEURE
Amélioration du climat des Affaires : le Chef de l'Etat, le Gouvernement et le Parlement s'activent
Après le Canada, qui avait brièvement bloqué le dossier de la RDC au niveau du Club de Paris dans le processus de conclusion d'un nouveau programme formel avec le FMI, la France vient, à son tour, d'exprimer la nécessité de voir s'améliorer le climat des affaires en République démocratique du Congo. La Secrétaire d'Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, l'a dit aux différents officiels congolais qu'elle a rencontrés lors de son séjour kinois qui s'est achevé hier. Elle a estimé que cette amélioration "est évidement majeure, pour que les investisseurs puissent avoir encore davantage confiance en l'avenir".

Mme Idrac, qui conduisait également une délégation d'entreprises françaises (Areva, Lafarge, Bolloré, Alstom...), a reconnu que "le gouvernement a fait part d'engagements très clairs" sur cette voie qui doit, par ailleurs, conduire le pays vers son adhésion à l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada).
La France étant intéressée à investir en RDC à travers ses entreprises, Idrac s'est aussi exprimée sur l'accord signé en mars 2009 entre le Gouvernement congolais et le Groupe nucléaire français AREVA pour l'exploration uranifère sur tout le territoire congolais. Elle a indiqué que les échanges à ce sujet, évoluaient "tout à fait normalement". Quant au premier cimentier mondial qu'est le Groupe Lafarge, il a été révélé que des discussions sont en cours pour sa contribution à la réhabilitation de la Cimenterie nationale au Bas-Congo (CINAT) et d’une autre au Katanga. Sur ce dernier cas, Mme Idrac a déploré que son dossier soit "plus compliqué " et ainsi "tout à fait symbolique de l'évolution du climat des affaires" en RDC, sans plus de précisions.
Même observation pour le dossier de France Télécom dont les démarches pour l'obtention d'une licence globale de téléphonie mobile en RDC n'ont guère évolué. La Secrétaire d'Etat française au Commerce extérieur a "malheureusement constaté" que l'entreprise a été "contrariée par certaines difficultés administratives" au point qu'"aujourd'hui, les conditions ne sont pas réunies" pour que soit décidé de son installation en RDC.
Tout en reconnaissant qu'il subsiste encore des pesanteurs quant à l'assainissement du climat des affaires et des investissements en RDC, tous les observateurs sont unanimes a reconnaître que les autorités congolaises, qui en ont pris conscience, déploient - depuis janvier 2010 particulièrement - de gros efforts en vue de placer le pays sur le diapason des normes mondialement reconnues. Déjà, le 7 décembre 2009, devant le Parlement réuni en Congrès, le Président de la République l'avait clairement évoqué en insistant sur l'impérieuse nécessité d'impliquer effectivement le secteur privé dans les efforts de reconstruction nationale. A l'occasion, il avait tracé, à l'intention du Gouvernement, une feuille de route des actes à poser avec un échéancier assorti.
Sans tarder, l'Exécutif national, qui était déjà sur la brèche, a mis les bouchées doubles pour progresser sur la voie de l'assainissement de ce climat. Début janvier dernier, Olivier Kamitatu, responsable du comité de pilotage du processus d'assainissement du climat des affaires en RDC, en avait fait un bilan plutôt encourageant, mais il est clair que les efforts fournis à ce jour manquent de visibilité et ont besoin d'une bonne vulgarisation.
Le Gouvernement a adopté, le 7 janvier 2010, une nouvelle feuille de route après évaluation de la première phase du processus qui avait échu le 31 décembre 2009. Le Ministre du Plan faisait savoir alors que " sur les treize mesures prévues dans la feuille de route des réformes tendant à améliorer le climat des affaires et des investissements en RDC, sept mesures ont été prises de manière intégrale à l'échéance du 31 décembre 2009, trois sont prises de manière partielle et trois autres n'ont pas pu être mises en oeuvre ". Bref, à la fin de l'année dernière, le Gouvernement avait déjà réalisé près de 75% de sa feuille de route.
Au nombre des mesures prises entièrement, on notait la suppression de l'exigence de l'extrait du casier judiciaire, du certificat de résidence, de l'attestation de non fonctionnaire et du sceau de l'entreprise à l'immatriculation des sociétés commerciales au nouveau registre de commerce. Cette mesure est consécutive à l'arrêté ad hoc du ministre de la Justice du 05 décembre 2009. Le Gouvernement a également supprimé le visa de légalisation des statuts des sociétés commerciales dont le capital est détenu en majorité par des étrangers, autant qu'il a été réduit à 48 heures ouvrables le délai d'octroi du numéro d'identification nationale.
Par ailleurs, il a été adopté entièrement la mesure d'affichage, au ministère de l'Urbanisme et Habitat, de la procédure et des frais requis à l'octroi de l'autorisation de bâtir, la réduction du coût de l'autorisation de bâtir à 0,6 en Usd/m' et la fixation à 3% des droits promotionnels d'enregistrement de mutation immobilière.
Sur le volet des mesures partielles qu'évoquait Olivier Kamitatu le 7 janvier 2009, quatre d'entre elles ont connu leur finalisation. Il s'agit de l'adoption, en procédure d'urgence au Parlement, de la loi autorisant la ratification du traité OHADA. Cette loi a été, quelques jours plus tard, promulguée par le Chef de l'Etat. Il s'agit aussi des projets de loi relatifs à la publication et la notification des actes officiels, au registre de commerce et aux sociétés commerciales.
Ces trois derniers projets ont été votés hier à l'Assemblée nationale a à la majorité écrasante après harmonisation avec le Sénat en commission paritaire mixte. Il ne reste plus que leur promulgation. Ce faisant, par exemple, le délai maximum d'immatriculation au registre de commerce sera réduit à 5 jours.
Reste à examiner les projets de loi devant consacrer la décentralisation de la fonction du notaire, la libéralisation de la profession d'expert immobilier et la suppression de l'interdiction des prises de vues. En attendant, les privés connaissent une prise en compte plus élargie puisqu'il a été décidé qu'il soit désormais partie prenante au comité de gestion de l'Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI). Cette implication est censée renforcer les facilités pour la création des entreprises en RDC et assurer la représentation du secteur privé dans la promotion des investissements.
L'ensemble de ce train de mesures démontre à suffisance, la préoccupation du Chef de l'Etat, du Gouvernement et du Parlement qui conjuguent leurs efforts pour parvenir à un contexte beaucoup plus propice au déploiement des investissements en RDC. La paix et la stabilité institutionnelle retrouvées concourent aussi à cette fin. Et à ce jour, on peut dire que la RDC a déjà accompli au moins 85% du parcours vers l'assainissement complet du climat des Affaires.
Reste que leurs effets ne pourront se ressentir effectivement qu'avec l'engagement des investisseurs après les années de calvaire. Jonas Eugène KOTA

CENI : la dimension femme prise en compte au Sénat
La présence de la Société civile est maintenue dans la loi sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) adoptée le lundi dernier par le Sénat. Il en est de même de la dimension femme qui est prise en compte en terme de genre et non en terme de parité homme-femme. Le Bureau de la CENI est composé de 9 membres à raison de 4 de la Majorité, 3 de l’Opposition et 2 de la Société civile. La plénière aura, par contre, 26 membres à raison d’un membre par province. Les membres de la Commission sont désignés par les forces politiques et sociales en tenant compte du genre. A l’issue de l’adoption de la loi sur la CENI, Mme Faida Muangilwa et Jérôme Bonso, respectivement membre du Cadre permanent de concertation des femmes congolaises et président de la Ligue nationale pour les élections libres et transparentes (Linelit), ont réagi à ce propos.
Faïda Mwangilua (membre du Cadre permanent de concertation des femmes congolaises) :
« Le Sénat a tenu compte du genre »

Au niveau du Sénat, il y a quand même une sorte d’avancée. Il y a un élément positif parce qu’ils ont tenu compte du genre, contrairement à l’Assemblée nationale qui avait ignoré cet aspect. Cela veut dire que le Sénat a tenu compte des organisations politiques, de la Société civile, mais aussi de la représentation de la femme. Parce que quand on dit genre, c’est la présence des hommes et des femmes. Mais, tout dépendra, encore une fois, de la bonne foi des gens qui vont désigner. Lorsqu’on a adopté la Constitution de la transition, une des dispositions parlait de la représentation appropriée qui ne voulait rien dire par rapport à la quantification. On voulait, par exemple, quand on dit huit membres provenant des organisations politiques, il faudrait prendre quatre hommes et quatre femmes. Cette fois là, quand on va désigner, on va trouver que les femmes de toutes les catégories seront là (organisations politiques, Société civile, …). On ne voulait pas un quota à part, mais qu’on ait la représentation paritaire. Mais, nous remercions dans l’ensemble le Sénat pour avoir intégré la représentation du genre. Ce qui, pour nous, est quand même encourageant par rapport au texte adopté en première lecture par l’Assemblée nationale. Nous sommes en train de faire un plaidoyer parce qu’on ne va pas se limiter seulement au niveau de la Constitution du bureau. Le pays est en train de préparer les élections locales, nous sommes en train de mener un plaidoyer au sein des organisations politiques pour qu’il y ait la bonne foi, lorsqu’elles présentent une liste électorale, qu’il y ait la représentation paritaire des hommes et des femmes. Nous allons également poursuivre notre combat pour qu’on nous amène le projet de loi de mise en œuvre de la parité. Parce que son absence constitue pour nous une sorte d’échappatoire. Nous faisons encore appel aux organisations politiques pour qu’il y ait une volonté politique dans la représentation des femmes parce que nous faisons le travail pour toutes les femmes de la République.

Jérôme Bonso (président de la LINELIT) : « Le Sénat a bien réfléchi d’intégrer la Société civile au sein de la CENI »
Nous avons apprécié la façon de comprendre et d’analyser les faits surtout en matière de la mise sur pied d’un pouvoir organisateur des élections qui est tout d’abord une institution citoyenne, la CENI. Elle est également dotée de la personnalité juridique. A ce titre, on reconnait à cette institution son caractère autonome, indépendant, mieux apolitique. Dans d’autres cieux, tout pouvoir organisateur ou la CENI devrait être dirigé par la Société civile. Parce que, ce sont ceux là qui répondent aux exigences d’une institution citoyenne. Mais étant donné que les forces politiques ne se font pas confiance mutuellement, elles ont jugé bon d’être aussi partie prenante à la CENI. Nous disons que le Sénat a bien réfléchi en intégrant la Société civile, pour que nous puissions apporter notre pierre à cet édifice et assurer les uns et les autres afin de créer la confiance dans le chef de la population congolaise pour que les acteurs politiques puissent jouer le grand jeu lors des enjeux électoraux. C’est cette même société civile qui est plurielle, celle qui travaille sur plusieurs thématiques parce qu’on ne peut pas faire de la Société civile un parti politique pour qu’il y ait unanimité. Les confessions religieuses, les syndicats, les organisations qui travaillent dans le développement communautaire, qui sont dans la thématique droit de l’homme, élection comme nous, sont de la Société civile. Quand il y a un problème qui engage tout le monde nous nous réunissons. S’il y a une question qui mérite d’être résolue au niveau d’une thématique donnée, c’est la Société civile et nous nous mettons ensemble. Les gens confondent des individus, des animateurs de la Société civile d’hier et ceux d’aujourd’hui par rapport à leur comportement que pose problème. Il y a des gens qui ont choisi de faire la politique agissante, c’est de leur pouvoir. Mais, cela ne pouvait pas entamer la crédibilité de la Société civile. Nous voulons, au niveau de la CENI en tant qu’une institution permanente que les uns et les autres puissent se retrouver et qu’on puisse créer la confiance et que la crédibilité des résultats ne puisse pas être entamée. C’est pourquoi, nous disons que le Sénat a bien compris les choses. Et nous pensons qu’au niveau de l’harmonisation, la présence de la Société civile va être maintenue. Propos recueillis par Dina BUHAKE


INFOS INFOS
PAR LE BIAIS DU MINISTRE DES TRANSPORTS
Mwando Nsimba vole au secours de la RVF
Le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Charles Mwando Nsimba, a procédé dernièrement, à Kalemie, à la remise du matériel militaire de dragage à son homologue des Transports et Voies de communication, Mathieu Mpita.
Selon les sources proches du ministère de la Défense, ce matériel est composé des pompes suceuses, des tuyaux flottants, des treuils pour le positionnement d'ancres, des caissons et des groupes électrogènes. Cet équipement est destiné à la Régie des voies fluviales (RVF). Il servira à l'entretien du port de Kalemie d'une part, et d'autre part, à la remise en état des infrastructures délabrées ainsi qu'au dragage du port et de ses alentours jusqu'au site de mise à l'eau des pontons de services sur la place Maendeleo.
Notre source signale que le matériel a été totalement installé par des éléments du Corps de génie militaire des FARDC et le Programme de partenariat militaire (PPM).
Le ministre de la Défense nationale a indiqué, à cet effet, que le matériel remis entre dans le cadre du protocole d'accord conclu entre les ministères de la Défense et des Transports. Pour sa part, Mathieu Mpita a relevé l'importance du port de Kalemie pour le développement des provinces du Kasaï Occidental, du Maniema et du Katanga.
Cependant, il faut noter que l'utilisation optimale du port de Kalemie nécessitera l'évacuation de 200.000 m3 de sable, souligne-t-on. Il faut disposer d'un tirant d'eau de 760 m pour l'accostage des bateaux à grand tonnage et cette profondeur ne sera maintenue que grâce à un dragage régulier. Ces travaux seront exécutés avec l'apport des FARDC et du PPM, grâce à l'appui de la Coopération technique belge (CTB).
Présent à la cérémonie de remise de matériel, M. Jean Cartier, responsable de la (CTB) en RDC, a révélé que la réhabilitation des ports de Kalemie, Kalundu et Moba sur la côte du Lac Tanganyika nécessiteront 450.000 euros. Il a aussi salué la coopération militaire entre la RDC et le Royaume de Belgique dont les efforts sont visibles et palpables. Dina BUHAKE

NOUVEAU REPRESENTANT SPECIAL ADJOINT DU SG DE L'ONU EN RDC
Fidèle Sarassoro prend ses fonctions à Kinshasa
Nommé en décembre 2009, le nouveau Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'Onu en RDC, Fidèle Sarassoro, a pris ses fonctions lundi dernier à Kinshasa. Il remplace, à ce poste, Ross Mountain. Il assumera également les fonctions de Coordonnateur résident des Nations Unies et de coordonnateur humanitaire.
Originaire de la Côte d'Ivoire, M. Sarassoro apporte à la Monuc une grande expérience en matière de coordination de l'action humanitaire, d'une part, et d'autre part, dans la gestion des programmes pour le relèvement et à la réduction de la pauvreté en Afrique.
Tout au long de sa carrière, le nouveau Représentant spécial adjoint du Sg de l'Onu en RDC, a établi des partenariats stratégiques entre les bailleurs de fonds et des institutions telles que la Banque mondiale, l'Union européenne et tant d'autres pour financer des programmes d'appui à la gouvernance démocratique et à l'Agriculture.
De 2002 à 2006, M. Sarassoro était Coordonnateur résident des Nations Unies et Représentant résident du Pnud au Togo. Pendant cette période, il a assisté le gouvernement togolais dans la formulation des réformes clés relatives à la gouvernance. Auparavant, il avait travaillé au Bureau des Nations Unies pour les services de projet, le Fonds d'équipement des Nations Unies (Fenu) et l'Agence américaine pour le développement international (Usaid).
Depuis 2006, M. Sarassoro a occupé les fonctions de Coordonnateur humanitaire des Nations Unies ainsi que celles de Représentant résident du Pnud en Ethiopie. Il a mis en place, dans ce pays, un mécanisme de coordination de haut niveau visant à remédier aux problèmes d'accès et de livraison, et d'acheminement de l'assistance humanitaire.
Il a aussi dirigé la réforme de l'Onu et amélioré la coordination de l'une des plus grandes équipes des pays de l'Onu en Afrique. Il a, par ailleurs, amélioré l'efficacité de l'assistance en sa qualité de Co-président du Groupe pour l'aide au développement, le Consortium des donateurs et Ethiopie. Dina BUHAKE

SITUEE SUR L'AVENUE KABASELE EX-FLAMBEAU
La « Cité Gamma » de l’Onatra risque un effondrement
Il suffit de faire un tour dans l’enceinte de la « Cité Gamma » de l’Onatra, sur l’avenue Kabasele «ex-Flambeau», dans la commune de Barumbu, pour constater l’état de délabrement des immeubles qui y sont érigés.
Dans les années 1990, cette cité faisait la fierté de la commune et il y faisait beau vivre. Simplement, comme le signale un des anciens du lieu, parce que l’Office national des transports (Onatra) était sous la direction des expatriés belges. Les ascenseurs fonctionnaient encore, les réservoirs de distribution d’eau étaient opérationnels, l’eau et l’électricité prises en charge par l’Onatra. C’est ainsi que les occupants de ladite cité vivaient dans le respect des normes fixées dans le règlement intérieur de cette cité. Par exemple, on ne pouvait pas piler le pondu dans les appartements, ni y exercer une activité commerciale.
Après les pillages des années 1990, il y a eu un retour massif de ces expatriés dans leur pays d’origine. Dès lors, le désordre a commencé peu à peu à faire surface au sein de la « Cité Gamma » de l’Onatra. Le règlement intérieur est tombé quasiment en désuétude. Chacun fait sa loi.

Un risque d’écroulement
Ces immeubles ont été aménagés avec un réseau de distribution d’eau normalisé et assemblé dans des bétons. Ces voies d’adduction, composées de tuyaux de distribution, sont défectueuses et entraînent des suintements à travers les murs. Ce qui dégarnit l’esthétique interne de certains appartements, et fait pousser des mousses sur les murs en question, affectant petit à petit la résistance de ces bâtiments. Dans certains appartements, nous avons même aperçu des petits seaux destinés à recueillir des eaux souillées qui tombent du plafond.
Dans les appartements, des voies d’évacuation des eaux usées sont complètement bouchées. Pour pallier cette carence, les occupants ont organisé, juste à côté de la cuisine, un petit canal pour y déverser les eaux sales ainsi que d’autres déchets de cuisine. C’est ainsi qu’il devient insupportable de passer à l’arrière de ces immeubles, lieux de prolifération des odeurs nauséabondes. « Quand je veux prendre l’air dans l’esplanade, j’ai l’impression d’être dans les égouts. Je préfère faire un tour à l’extérieur », se plaint un jeune homme de 22 ans habitant la cité.
« La vie humaine est sacrée. L’Etat congolais, à travers l’Onatra, doit en tenir compte. La préservation de nos vies fait partie de son devoir sacré. Ils attendent que le pire arrive pour commencer à défiler ici, avec des cameras dans leur suite pour montrer à la face du monde qu’ils sont attentifs à nos malheurs. Mieux vaut prévenir que guérir ! », soupire un cadre de l’Onatra logé dans ce lieu.
Face à cette situation alarmante, les occupants s’inquiètent. Ils craignent que, seul l’effondrement d’un immeuble, comme ce fut le cas il y a quelques semaines à Liège, en Belgique, puisse pousser les autorités compétentes à trouver une solution. La « Cité Gamma » abrite des cadres de l’Onatra ainsi que leurs familles. Elle contient 118 appartements avec une population de plus de 800 personnes. Rocco Nkanga / Stagiaire


ECLAIRAGE
Comment organiser la production culturelle congolaise pour plus de rentabilité
De quoi vivent les artistes congolais en général, et les musiciens en particulier ? Si la réponse peut être trouvée pour le cas de ces artistes affiliés à des sociétés de droits d'auteurs à l'étranger, il est difficile, voire impossible, de se prononcer pour le cas de la RDC. La raison en est simple : l'industrie culturelle congolaise, pour productive qu'elle puisse être en terme d'inspiration artistique, paraît totalement inexistante au tertiaire, c'est-à-dire à la consommation officielle. Les artistes eux-mêmes s'en plaignent lorsqu'ils dénoncent le piratage dont ils sont victimes à travers leurs œuvres. L'affirmation se consolide lorsque l'on sait, par ailleurs, que le pays ne dispose plus d'une société des droits d'auteurs à proprement parler, la SONECA se trouvant en perpétuelle liquidation. Plus grave encore, l'existence d'une industrie complète de la culture se trouve gravement hypothéquée en raison de l'inexistence de producteurs et d'éditeurs dignes de ce nom.

Une vie de renard qui rapporte gros
Conséquence : les artistes s'autoproduisent et s'éditent, mais s'en remettent à des distributeurs pour assurer l'écoulement de leurs produits. Certains d'entre eux, à l'instar de Papa Wemba, en sont venus jusqu'à avouer qu'ils s'auto-piratent en produisant parallèlement des exemplaires de leurs œuvres.
En clair, le train de vie que mènent les vedettes congolaises couvre manifestement des sources de revenus essentiellement sans rapport avec leurs professions. Les musiciens, eux, ont trouvé une formule avec les dédicaces (" mabanga "). La pratique rapporte gros, et même très gros. Une chanson qui en comporterait, par exemple 30, est susceptible de rapporter à l'auteur des moyens lui permettant de s'acheter une maison, si les personnes "immortalisées " sont nanties. Et lorsqu'un album comporte 10 chansons truffées de " mabanga " et que l'auteur est une vedette en vue, on peut aisément comprendre pourquoi ils se livrent à des débats concurrentiels interminables sur leurs avoirs. Les plus malins et chanceux tombent sur de grosses légumes, nationales comme étrangères, pour qui ils composent une chanson qui changent leur vie. Certains artistes, en effet, ont su gagner, d'un coup, 50.000 à 70.000 euros pour une chanson qu'ils ont produite pour immortaliser des membres des familles présidentielles à travers le continent africain.
Sur le même registre, les artistes multiplient, à Kinshasa comme à l'étranger, des productions fort coûteuses au point que même les producteurs ont du mal à suivre le rythme. En effet, ils deviennent rares ces mécènes, plutôt que producteurs, qui peuvent payer des titres de voyage à l'étranger pour un orchestre d'une trentaine de personnes et assurer le séjour (restauration, logement, etc.), sans compter le cachet à payer.
Et puisque les productions scéniques ne rapporte pas grand-chose - étant donné qu'au nom du communautarisme africain, plusieurs mélomanes ne paient pas les droits d'entrée - le producteur d'un " concert" arrondit ses comptes avec des sponsors, tandis que les artistes, eux, s'en remettent aux mélomanes qui leur donnent de l'argent sur scène, leur offrent des vêtements, les prennent en charge pendant leur séjour en organisant une chaîne de solidarité. En fin de compte, un artiste peut revenir d'une tournée occidentale avec une voiture et une valise de vêtements. Si la voiture peut survivre (pour des besoins de la frime) à la fauche qui va s'emparer d'un tel artiste après quelques jours à Kinshasa, les vêtements, eux, finissent en vente libre dans les différentes boutiques d'habillement à travers la ville.
Ainsi, vont-ils vivoter en marge de leur groupe musical et de leur leader, puisque la plupart de ces groupes ne connaissent aucune pratique salariale, sinon un système de pourboire à géométrie variable. Afin de survivre, les artistes musiciens écument les plateaux de télévision pour annoncer des productions déjà connues, le manège visant simplement à citer le nom d'un bienfaiteur qu'on appelle aussitôt après avoir quitté le plateau.
En un mot comme en mille, on dirait sans crainte que, contrairement aux apparences, nos artistes sont de véritables " renardeurs " qui vivent aux dépens de ceux qui les écoutent. Ce sont ces fameux " babini ya zoba " à qui l'on paye juste une chikwange sans aucun condiment d'accompagnement, dixit un de leurs collègues qui n'est plus de ce monde. On comprend, dès lors, que l'art d'Orphée se vide aujourd'hui de sa substance et que, contrairement aux affirmations démagogiques, la musique congolaise ait connu une grave régression qualitative et thématique.

Organiser la production culturelle ? C'est possible
A qui la faute ? La question a toujours été évoquée, mais dans un sens où les différents partenaires se renvoient la balle : les artistes accusent l'Etat de ne pas suffisamment organiser le secteur culturel, tandis que l'Etat reproche aux artistes leur incapacité et leur refus de s'organiser en véritables corporations. Dans un cas comme dans un autre, on retiendrait que la responsabilité est collégiale, du moins si tout le monde fait converger les vues sur les principes d'organisation du monde culturel.
Pour le cas spécifique de protection des droits des artistes et des revenus qui leur revient, on ne peut pas comprendre qu'en dehors de la commission de censure, il n'existe pratiquement aucune structure chargée d'encadrer l'artiste et ses droits. C'est ce déficit qui a souvent amené le ministère ad hoc à se perdre dans ses missions en se retrouvant à la fois comme mutuelle des artistes, mécène, producteur, organisateur des droits d'auteurs, etc.
Pendant ce temps, les musiciens ne cessent d’inviter le Gouvernement à installer des studios d’enregistrement qui, selon eux, permettraient de faire des économies sur les frais qu’ils paient à l’étranger. Ce qu’ils oublient, c’est que, d’abord, il n’existe pas au monde un pays qui aménage des studios d’Etat pour assurer la production phonographique. L’initiative incombe aux opérateurs économiques et, de plus en plus, aux artistes eux-mêmes, surtout aux Etats-Unis. En effet, qu’adviendrait-il si, en travaillant dans un studio de l’Etat, un artiste vient à se plaindre d’être censuré? S’il peut, cependant, être reconnu l’inexistence d’infrastructures pour les productions scéniques, la responsabilité, ici, incombe collégialement à l’Etat et aux opérateurs économiques dont la plupart préfèrent construire des villas et des flats en lieu et place d’une salle de spectacle, par exemple. Les artistes qui côtoient ce genre de mécènes leur soumettent-ils ce genre d’idées entre deux truandages?
Personne, cependant, ne veut prendre réellement ses responsabilités pour répartir les compétences dans le processus d'organisation du monde culturel. En Occident, une société des droits d'auteur est, en fait, un syndicat des artistes qui s'organisent pour assurer la collecte, la protection et la promotion de leurs droits. C'est le cas de la SACEM en France et de la SABAM en Belgique. C'est ce qui, d'ailleurs, offre la possibilité aux artistes étrangers à ces pays de s'affilier à ces syndicats.
Au-delà, il reviendrait à l'Etat de prendre des mesures incitatives pour encourager l'investissement dans le monde artistique. Il s'agit, concrètement, de susciter des vocations d'affaires dans ce secteur. Plusieurs mécènes et bienfaiteurs actuels qui déversent une importante manne financière sur les artistes ignorent certainement qu'en s'érigeant en producteur ou éditeur, ils peuvent doublement tirer profit de l'intérêt qu'ils cherchent en se faisant chanter : ils promeuvent les œuvres des artistes et en tirent des revenus.
Dans le même ordre d'idées, on ne saurait parler de véritable industrie culturelle tant qu'il n'existera pas un groupement d'éditeurs organisés. C'est ce groupement qui donne un sens à l'existence d'un réseau de distributeurs qui assurent la vente des œuvres à travers une ère géographique donnée, suivant les choix de l'auteur de l'œuvre et/ou son producteur.
L'inexistence, en RDC, de cette chaîne industrielle de la culture justifie le doute qu'émettent les connaisseurs sur la plupart (si pas tous) de disques d'or déclarés par nos artistes. Un disque d'or est, en effet, le fruit d'une vente contrôlée et authentifiée d'une quantité donnée de pièces d'une œuvre musicale. Cette authentification passe par l'identification du producteur de l'œuvre, de l'éditeur qui la prend en charge et du réseau homologué de ses distributeurs. Cette chaîne est donc censée assurer la traçabilité des productions qui sortent d'usine en vue de leur consommation. En sorte que tout album qui suivrait un processus autre que celui-ci serait totalement anonyme, même s'il pourrait être vendu en nombre d'exemplaires largement supérieur au seuil requis pour décrocher un disque d'or (75.000 exemplaires en France aujourd'hui).

Comment lutter contre le piratage
Il est donc d'une haute importance qu'un tel réseau existe en RDC pour assurer la sortie de ghetto de la musique congolaise et de l'art en général. En attendant, on ne pourra que se plaindre du piratage des œuvres à longueur des journées. Et sur ce point, malgré les carences déplorées ci-dessus, le Gouvernement ne devrait pas se débiner de ses obligations, car c'est à l'Etat que revient la responsabilité d'organiser la police dans tous les secteurs de la vie nationale. On irait jusqu'à dire que c'est à l'Etat que revient la responsabilité d'inciter les artistes à s'organiser pour bénéficier d'un répondant social pouvant lui permettre de remplir sa part de responsabilité dans la lutte contre le piratage.
En effet, pour que toute police puisse organiser un système de lutte contre le piratage, elle doit disposer de toutes les données relatives à un album à protéger. Cette police doit recevoir de l'auteur de l'œuvre et/ou de son producteur l'identité de l'éditeur, la nature de l'œuvre, le tirage prévu pour écoulement, du réseau des distributeurs, etc. Chaque maillon de cette chaîne produit un document infalsifiable d'authentification, surtout les distributeurs-vendeurs qui sont le point le plus névralgique dans le dispositif de prévention et de lutte contre le piratage. Celui-ci doit pouvoir démontrer, au moment d'un contrôle, l'origine et la quantité (en pièces) du produit qu'il écoule, l'identité de ses acheteurs-vendeurs, etc., pourqu'éventuellement, l'œuvre observée puisse être tracée jusqu'au point de sa consommation : un bar, un club, une station de radio, une chaîne de télévision, une famille ou un individu, etc.
Ces explications et tant d'autres devraient permettre à tous les acteurs sociaux de sortir de l'ornière qui engourdit les esprits et penser réellement la promotion de l'industrie culturelle congolaise. Ceci est d'autant plus impérieux que la rentabilité de ce secteur n'est plus à démontrer. Ne pas le faire jusqu'aujourd'hui constituerait, à la limite, un indice de complicité dans le marasme qui tenaille la culture congolaise, alors que bien de ses acteurs en tirent des profits qui échappent à la collectivité. Jonas-Eugène KOTA.


CONGO PROFOND
Relance socio-économique: les provinces invitées à redoubler d'efforts
Scrutant les perspectives de renforcement de la relance multisectorielle qui s'observe déjà, le Gouvernement compte sur le concours de tous les partenaires, parmi lesquels les entités provinciales décentralisées. Le Premier ministre, Adolphe Muzito, l'a dit le week end dernier au cours de son entretien à bâtons rompus avec la presse. Il a particulièrement insisté sur ce point au regard des lourdeurs qui s'observent encore quant à ce.
A ce jour, en effet, le Chef de l'Exécutif a fait savoir que seules trois provinces (Kinshasa, Katanga et Bas-Congo) contribuent substantiellement au budget de l'Etat. Malgré cela, la contribution globale des provinces ne se situe guère à plus de 9%. Plus regrettable encore, ces provinces ne font pas montre de capacités suffisantes à mobiliser leurs recettes propres pour faire face à leurs besoins. C'est ce qui justifierait leur hargne à obtenir à tout prix les 40% de rétrocession évoqués dans la Constitution.
Si, pour ce fait, le Gouvernement consacre la plus grosse part de son budget à la rétrocession aux entités provinciales, les provinces devraient redoubler d'efforts pour relever leurs niveaux de production locale à leur profit. En 2009, sur leurs propres prévisions des recettes budgétaires de l'ordre de 400.000.000 USD, les provinces n'en ont mobilisé que 20 à 30%.
Adolphe Muzito espère que les perspectives de productions minières et pétrolières dans la plupart des provinces de l'Est et du Sud-Est, et même de l'Ouest, vont dans les prochaines années modifier la tendance en faveur des zones aujourd'hui en baisse de contribution au budget consolidé de l'Etat. Pour l'heure, les statistiques renseignent que la zone Ouest du pays a produit 73,25 % des ressources des provinces contre 0,50% pour le centre et 26,25 pour l'Est. Le relèvement du cours du diamant, couplé avec la relance de la Miba et une meilleure organisation de l'exploitation artisanale du diamant, mais aussi une diversification de l'activité économique dans les deux Kasaï devraient permettre, dans les années à venir, d'inverser leurs tendances productives. Idem pour l'Est qui devrait exploser avec la consolidation de la paix et la sécurité. Jonas Eugène KOTA

Nouveaux remous à Mbandaka, Julien Paluku hors de cause au Nord Kivu
La plenière de l’Assemblée provinciale de l'Equateur a connu, le week end dernier, de nouveaux moments chauds avant de se terminer en queue de poisson à la suite d'une motion incidentielle du député provincial Jean-Gotran Ibambe, élu de Kungu, requérant le retrait de la police des débats au Président de l'institution. L'auteur de la motion accusait ce dernier de détournement d'une dotation du gouvernement central.

Alors que la plénière devait examiner, le samedi dernier, le point de l'ordre du jour relatif à l'audition et adoption du rapport d'intercession du bureau de l'assemblée provinciale, la séance a vite tourné court avec les remous nés de la motion incidentielle évoquée ci-dessus. En fait, le point évoquant l'intercession du bureau se rapportait à la situation du Président des céans qui était alors considéré comme juge et partie face au contenu même de ladite intercession comprenant un réquisitoire du Procureur de la République près la Cour suprême de justice qui l'avait adressé en décembre dernier au Vice-président de l'Assemblée provinciale, Ghislain Ngayo, aux fins d'obtenir de lui l'autorisation de poursuivre en justice le président Edmond Mondombo Kanzo en rapport avec le fait de détournement mis à sa charge.
En réaction à la motion incidentielle, un autre député contre-attaquera, ce qui donnera lieu à un désordre sonore dans la salle, contraignant ainsi le président des céans à suspendre la séance plénière.
Ce nouveau blocage ramène l'Assemblée provinciale de Mbandaka à la situation d'août 2009 créée également par une motion analogue ayant provoqué une forte agitation parmi les députés nationaux. La tension déboucha sur une bagarre rangée ayant suscité l'intervention de la police qui tirera des coups de feu en pleine salle. Par la suite, le Ministre de l'Intérieur du Gouvernement central fera sceller momentanément le bâtiment de l'Assemblée provinciale.
Célestin Mbuyu ainsi que des émissaires de la Présidence de la République s'emploieront à rapprocher les vues, mais manifestement sans succès. En novembre 2009, en effet, le président de l'Assemblée provinciale, Edmond Mondombo, sera convoqué à Kinshasa par le Procureur général de la République pour y être entendu au sujet d'une plainte déposée par un groupe de 11 députés provinciaux l'accusant de détournement des deniers publics et de paiement anticipé des indemnités de sortie en faveur des membres du bureau de l'Assemblée provinciale.
Les observateurs en concluent que les démons de la discorde sont encore loin de libérer l'Equateur qui se trouve aujourd'hui à la queue de la relance multisectorielle parmi toutes les provinces.

Goma : la cour d'appel sauve Julien Paluku
D'autre part, au Nord Kivu il s'observe une nouvelle éclaircie pour l'avenir de la province au sujet du sort du Gouverneur Julien Paluku destitué puis traduit en justice par l'Assemblée provinciale. La Cour d'appel du Nord-Kivu a, en effet, annulé, samedi dernier, la décision de l'Assemblée provinciale sur le rapport de la commission de contrôle de l'exécution du budget 2008 et du premier trimestre 2009. Dans son arrêt, la Cour d'appel de Goma a déclaré irrecevable l'action en intervention volontaire de l'Assemblée provinciale et de son président au regard de certaines exceptions soulevées par le Conseil du Gouvernement provincial. Fort de ces exceptions donc, la Cour d'appel de Goma estime que l'Assemblée provinciale est frappée par le défaut de qualité. Elle ne jouirait, en effet, pas d'une personnalité juridique devant une institution juridictionnelle. Ce défaut de qualité concerne également le Président de l'Assemblée provinciale, tout cela sur pied de la loi de juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.
Non contente de cet arrêt, la défense de l'Assemblée provinciale compte faire appel, puisqu'elle estime que l'arrêt rendu de la Cour d'appel contient des irrégularités. Intervenant mardi matin dans les médias, le Vice-président de l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu, Baumbilia Kisolomi, qui a décidé de poursuivre cette affaire au deuxième degré, déclare qu' "il y a violation de la Constitution. Pour l'Assemblée provinciale, il y a mal jugé. Et devant un tel cas, le bureau de l'Assemblée provinciale a l'obligation légale de pouvoir utiliser les voies de recours que prévoit la loi dans ce cadre là ". Baumbilia relève, par exemple, que la Cour d'Appel a rendu son arrêt en dehors des heures de travail, puisqu'il n'est pas prévu d'audience les samedis. Il soupçonne aussi une corruption lorsqu'il constate que malgré l'observation précédente, la Cour d'appel de Goma était prise d'assaut par des sympathisants de Paluku qui, munis de toutes sortes d'instruments, fêtaient déjà un arrêt dont ils étaient censés ne pas encore connaître le contenu.
Le feuilleton Paluku date du 13 août 2009 lorsqu'une commission d'enquête pour le contrôle de l'exécution du budget 2008 et du 1er trimestre 2009 avait été commise par l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu. Le rapport de l'enquête établissait des détournements à charge de Julien Paluku qui s'en est toujours défendu. Jonas Eugène KOTA


Lubumbashi : la fermeture du bâtiment du 30 juin bloque l'octroi du passeport biométrique
Le bâtiment du 30 Juin, siège de l'assemblée provinciale du Katanga, reste toujours fermé, le centre local de capture pour l'obtention des passeports biométriques avec. Ce qui est fort préjudiciable pour les nombreux demandeurs de ce document d'identité dont la plupart attendent de sortir du pays pour diverses raisons. Ce qui a poussé ces derniers à manifester lundi à Lubumbashi, pour exprimer leur mécontentement face à la fermeture du centre de capture situé dans le bâtiment du 30 Juin où siège l'Assemblée provinciale du Katanga.
Pour rappel, à la suite des incidents qui s'étaient produits il y a deux semaines lors d'une séance plénière de l'organe délibérant de cette province (des députés avaient été tabassés par un groupe de jeunes qui assistaient aux travaux), le gouvernement central avait décidé de fermer le bâtiment du 30 Juin et d'en interdire l'accès à toute personne, jusqu'à l'aboutissement d'une enquête judiciaire. Comme conséquence collatérale, le centre de capture pour l'obtention des passeports biométriques fonctionnant dans les mêmes installations s'est retrouvé frappé par la même mesure d'interdiction d'accès. Du coup, les passeports ne peuvent pas être distribués. Une situation que déplorent les requérants des passeports.
Parmi ces requérants, certains attendent de sortir du pays pour des raisons de soins de santé, et d'autres pour des raisons d'études, a regretté l'un des manifestants. Ces derniers se sont rendus au siège de la Monuc Lubumbashi. L'objectif de cette manifestation, c'est que les autorités nationales compétentes trouvent une solution urgente pour permettre aux demandeurs du nouveau passeport de se faire servir rapidement, surtout certains d'entre eux qui attendent ce service depuis plusieurs semaines. RO/FDA .

SENSIBLE AU MALHEUR DES SIENS
Le Far/Bandundu en visite de réconfort moral à Lutu Mabangu
Une délégation des membres du Forum des associations des ressortissants du Bandundu (FAR/BDD), a rendu, samedi le 06 février, une visite de réconfort moral à un fils du terroir, Lutu Mabangu, arrêté et écroué depuis quelques mois à l'a prison centrale de Makala à Kinshasa. Composée de cinq membres, ladite délégation a été conduite par le député honoraire Jean-Marie Ntantu Mey, promoteur dudit Forum.

Dans le groupe, se sont retrouvés MM. Albert Nzama Inenga, président de l'Association des ressortissants du Kwango (ASSOREKWA), José Mongio, Secrétaire général de l'Union des ressortissants de Bandundu (UREBAND), Kuhanuka, secrétaire général de l'Union des photographes du Congo (UNAPHOCO) auxquels s'ajoutent M. Felia Mulalu et l'ambasadeur Jocelin Demofike.
Lutu Mambangu, l'un des réalisateurs de renom à la Radiotélévision nationale congolaise 2 (RTNC), a été arrêté en décembre 2009 pour une affaire de vente d'un groupe électrogène. " Mais, son dossier est vide ", a déclaré la défense de Lutu Mabangu au président du Far/Bdd, Jean-Marie Ntantu Mey.
Interrogé sur les raisons de cette visite de leur Forum, Jean-Marie Ntantu Mey a déclaré que celle-ci s'était inscrite dans la logique de la tradition du Far/Bdd qui ne reste jamais insensible au malheur d'un des siens. " Le Forum prône la solidarité, l'amour, la cohésion et l'unité. C'est en vertu de ces valeurs qui constituent le credo du Far/Bdd que nous menons nos actions. "
Cette visite n'est pas un acte isolé. On se rappelle que pendant la très agitée transition politique en RD Congo, le Far/Bdd avait organisé des manifestations de soutien à Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, alors président du Haut Conseil de la République-Marlement de transition (HCR-PT), et qui était la cible des actions de sape par certains politiques de l'époque. Il en a été de même pour Me Gérard Kamanda wa Kamanda, autrefois vice-Premier ministre sous Kengo.
La visite du Far/Bdd à Lutu Mabangu est intervenue une semaine après l'émouvante cérémonie des retrouvailles et d'échange des vœux pour l'année 2010, organisée samedi le 31 janvier au Pavillon 22 de la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN), toujours par le Far/Bdd.

ETRANGER
Guinée: Rabiatou Serah Diallo à la tête du Conseil national de transition
La dirigeante syndicale guinéenne Rabiatou Sérah Diallo a été nommée, lundi à Conakry, à la tête d'un organe consultatif chargé de gérer la transition jusqu'aux élections prévues dans six mois, le Conseil national de transition (CNT), selon un décret lu à la radio-télévision d'Etat. "Rabiatou Serah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, est nommée présidente du Conseil national de transition", annonce le décret, signé par le nouveau dirigeant du pays, le général Sékouba Konaté.

Le CNT sera composé de "101 Guinéens issus de la société civile, des partis politiques, du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte), du conseil religieux et des personnes ressources", précise l'ordonnance de création de cet organe. Il sera chargé de légiférer, l'Assemblée nationale ayant été dissoute en décembre 2008 lorsque les militaires putschistes avaient pris le pouvoir, après la mort du président Lansana Conté (1984-2008).
Rabiatou Sérah Diallo avait acquis une notoriété internationale en 2007 en devenant une figure de proue de la contestation du régime de Conté. Le mois dernier, elle avait été proposée pour devenir vice-Premier ministre du pays. Mais le chef du gouvernement de transition, Jean-Marie Doré, issu de l'opposition, avait refusé d'être "encadré" par des vice-Premiers ministres.
Des tensions étaient apparues entre M. Doré et la coalition des Forces vives (partis, syndicats, société civile) dont il était auparavant le porte-parole. La composition du nouveau gouvernement, qui fait l'objet de tractations depuis plusieurs semaines, devrait être annoncée dans les prochains jours.
Au CNT, Rabiatou Serah Diallo sera elle-même encadrée de deux vice-présidents: Mgr Albert David Guillaume Gomez, archevêque de l'église anglicane, et El Hadj Mamadou Saliou Sylla, ancien secrétaire général de la Ligue islamique nationale et ex-ambassadeur de la Guinée au Maroc. La transition doit normalement mener la Guinée à sa première élection présidentielle libre depuis son indépendance en 1958.
Ces 25 dernières années, la Guinée a connu une longue mainmise des militaires sur le pouvoir, d'abord avec le général Lansana Conté (1984-2008) puis avec le capitaine Moussa Dadis Camara, propulsé il y a plus d'un an à la tête d'une junte. Gravement blessé à la tête par son aide de camp lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre, le capitaine Dadis Camara reste actuellement "en convalescence" au Burkina Faso. AFP

Gabon: un nombre étonnant d'habitants immunisés contre le virus Ebola
Une part étonnamment élevée de la population gabonaise serait immunisée contre le virus Ebola, probablement après avoir consommé des fruits contaminés par de la salive de chauves-souris, selon des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Leur étude sur plus de 4.000 prélèvements sanguins, publiée mardi dans la revue américaine PLoS ONE, apporte un éclairage nouveau sur la circulation d'Ebola dans la nature et sur sa dangerosité pour l'homme, qui pourrait s'avérer moindre que prévu.

15,3% des habitants testés possèdent en effet des anticorps contre ce virus, sans apparemment jamais avoir eu de fièvre hémorragique ou d'autres symptômes (diarrhées sévères, vomissements..), ont constaté Eric Leroy, de l'IRD-centre international de recherches médicales de Franceville (Gabon) et ses collègues. Ce grand nombre de porteurs sains existe même dans des zones où aucune épidémie ne s'est jamais déclarée et leur fréquence, la plus haute rapportée à ce jour, varie selon les régions. Ainsi, les zones de savane et de plaines affichent des taux respectivement de 10,5 et 12,4%, tandis qu'en zones forestières, le taux atteint 19,4%, jusqu'à 33,8% dans certains villages.
Ces personnes n'ont probablement développé qu'une forme légère de la maladie ou une forme sans symptômes. Les chercheurs pensent que la source d'exposition se trouve à proximité des villages, aucun facteur de risque n'ayant pu être identifié comme la chasse ou le contact avec les animaux sauvages.
Seuls les grands singes et les chauves-souris sont naturellement infectés par Ebola. Les premiers sont rarement en contact avec les humains. En revanche les chauves-souris sont très nombreuses dans les régions forestières du Gabon, où les taux d'immunité sont justement les plus hauts. De plus, elles se perchent en grand nombre dans les arbres et consomment leurs fruits, en particulier dans les villages ou aux alentours. Les habitants ont vraisemblablement été en contact avec le virus en mangeant des fruits contaminés par la salive de ces animaux.
Depuis le premier cas recensé en 1976, la fièvre Ebola foudroie épisodiquement humains et grands singes au Gabon, en République du Congo et en République démocratique du Congo, au Soudan et en Ouganda. AFP

Nigeria: des élus en Arabie saoudite pour rencontrer le président malade
Une délégation de membres de la chambre des représentants du Nigeria se trouvait mardi en Arabie saoudite pour rencontrer le président malade Umaru Yar'Adua, selon une source diplomatique nigériane. La délégation est arrivée lundi à Jeddah, ville de l'ouest saoudien sur la mer Rouge, a précisé à l'AFP cette source sous le couvert de l'anonymat. "Ils sont arrivés hier", s'est-elle contentée de déclarer.
Les membres de la délégation ont l'intention de rencontrer le président Yar'Adua qui avait été admis le 23 novembre à l'hôpital Roi Fayçal de Jeddah. Le président nigérian, 58 ans, qui ne s'est depuis exprimé publiquement qu'une seule fois en parlant brièvement à la BBC début janvier, est soigné pour une grave affection cardiaque, et probablement des problèmes rénaux.
Depuis lors aucune photo ou vidéo de lui n'a été rendue publique. Son absence, sans déléguer ses pouvoirs, a créé un vide politique dans le pays le plus populeux d'Afrique qui a connu des heurts entre musulmans et chrétiens ayant fait plusieurs centaines de morts. Des appels ont été lancés pour que le président cède ses pouvoirs au vice-président Goodluck Jonathan.
Le président Yar'Adua est en convalescence depuis plusieurs semaines dans une résidence de luxe gérée par l'hôpital Roi Fayçal. L'ambassadeur du Nigeria en Arabie saoudite, Abdullah Aminchi, n'a cessé d'assurer que l'état de santé du président s'améliorait et qu'il allait rapidement retourner dans son pays. AFP

CULTURE & DETENTE
FAUTE DE MOYENS MAIS AUSSI L'HERITAGE CULTUREL
Les congolais s'adonnent de moins en moins à la lecture
" Les Noirs ne lisent pas. Si vous voulez leurs cacher quelque chose, mettez le dans un livre ". Ces propos d'un Caucasien avaient fait l'onde de choc dans les milieux de l'intelligentsia africaine. Certains y avaient perçu de l'insulte lancée à la race noire. Des réactions somme toute liées à l'orgueil racial. Pourtant, le Caucasien auteur de ces propos, soulevait un problème réel de culture. L'oralité étant la principale caractéristique de la tradition africaine noire, l'écrit et la lecture paraissent un luxe importé. Ainsi, très peu de Noirs, fussent-ils intellectuels ; s'adonnent à la lecture. Alors qu'il est conseillé de lire davantage pour se cultiver. Certes, la lecture exige aussi un minimum des frais pour l’achat d’un livre ou l’abonnement dans une bibliothèque. Prenant pour pretexte cepréalable financier, qui selon eux fait défaut, la plupart des Congolais ne lisent pas.
N
ul n'ignore, que le revenu moyen d'un congolais est d'un dollar américain par jour. C'est un véritable luxe, dans ces conditions, d'acquérir quotidiennement un ouvrage ou un journal dont le coût est de plus d'un dollar américain. Si, dans les milieux urbains comme Kinshasa, il est plus aisé de s'offrir une lecture par l'achat à un coût reduit d'un quotidien ou d'un magazine, il n'en est nullement le cas dans certains centres du pays éloignés de la capitale, où la quasi-totalité de la population ne s'intéresse pas à la lecture. Ce n'est certainement pas parce que la volonté fait défaut, mais, surtout par la réduction du pouvoir d'achat de la population.
La lecture aide à se remettre continuellement à niveau. Cit, elle découvre pas mal de choses. Cet aspect d'apprentissage permanent est très important pour se cultiver quotidiennement. La lecture est une source intarissable d'énergie culturelle et intellectuelle. Malgré les difficultés financières, un intellectuel s'arrange pour se procurer des livres.

Susciter le goût de la lecture
Certains parents estiment que les jeunes s'adonnent peu à la lecture, faute d'encadrement adéquat au niveau de l'école primaire. C'est à ce niveau que l'enfant est censé lire et acquérir la maîtrise de la calligraphie. Il y a un certain désintéressement à l'égard des élèves timides qui ne parviennent pas à exprimer leurs talents. Les enseignants ont la pleine obligation d'amener les élèves à se divertir et à se consacrer aux belles lettres parce qu'il n'y a rien de si agréable que la lecture. Les jeunes doivent trouver refuge dans la culture pour qu'ils, ne puissent pas être complexes.
Or, certains jeunes oublient que c'est par la lecture qu'on cherche à quitter le point zéro pour atteindre certains niveaux de connaissance. Et, c'est en lisant qu'on parvient à découvrir certaines techniques et à être imitateur. D'autres personnes affirment que la lecture permet de savoir et de consolider son bagage intellectuel. La baisse d'activités du livre s'explique en d’autres termes, par la rareté de production des livres pour la jeunesse ainsi que des bandes dessinées pour enfant.
Prenons l'exemple de l'époque ancienne où il y avait des publications comme Antilope, Matamata, Pili-Pili et jeune pour jeune. Il y a aussi l'absence d'une politique culturelle en synergie avec la jeunesse.
De ce fait, les parents et les enseignants doivent aussi s'y mettre pour aider les jeunes à aimer la culture en les initiant à la lecture. Les autorités doivent également tenir compte de la prise en charge de la jeunesse au risque de contribuer à la dépravation des mœurs. Simard Simon TSOUMBOU


49 ANS APRES L'INDEPENDANCE
Bibliothèques publiques et centres de documentation en voie de disparition en RDC
"L'information est une richesse et celui qui l’a détient est puissant ", dit-on. Tous les pays du monde sont préoccupés par la gestion de l'information et de la documentation. Par contre, la RDC est loin de s'adapter à cette réalité. A en croire de nombreuses sources dignes de foi, à l'accession de la RDC à l'indépendance, il existait plus de 300 bibliothèques, de centres de documentation et un grand dépôt d'archives qui contrôlait les dépôts-relais de l'intérieur du pays. Quarante-neuf ans après, aucune de ces structures n'est en vie.
La RDC se prépare à célébrer ses 50 ans d'indépendance politique. Mais, 49 ans après, des voix s'élèvent pour fustiger le manque de bibliothèques, de centres de documentation et d’un dépôt d'archives nationales opérationneles. En clair, le système documentaire n'existe que de nom dans ce pays. Cette négligence a pour conséquence la baisse de niveau scolaire avec tous ses corolaires. Le pays n'a plus de repère et la rumeur prend la place de l'information. Alors que l'administration, l'éducation, la sécurité et le développement vont de paire avec l'information et la documentation. Sans une bonne gestion de ces structures, la RDC est condamnée au sous-développement.
Il sied de signaler qu'actuellement, la RDC est inondée des bibliothèques culturelles des pays étrangers comme la France, la Belgique, l'Amérique… Malheureusement, ces différents centres culturels font la promotion de la culture de leurs pays d'origine respectifs.
Or, la RDC a connu, dans son histoire, un grand centre de documentation et de recherche qui se trouvait à Lwiro au Sud-Kivu. Abandonné par le président Mobutu, les restes du fonds documentaire de ce centre ont été pillés pendant la guerre de libération, menée par l'AFDL et alliés. A entendre certaines personnes qui ont visité ce centre, son fonds documentaire contenait les dossiers liés aux problèmes de l'Afrique centrale et des Grands lacs.
49 ans après, les Congolais vivent comme un peuple sans mémoire, sans histoire et sans repère. Par absence d'archives, les intellectuels congolais ont laissé aux étrangers la responsabilité d'écrire leur histoire. Comment voulez-vous que, pour connaître l'histoire d'un village du Congo profond, il faut aller chercher l'ouvrage en Belgique? Cette triste réalité qui se vérifie pour les livres, le sera bientôt pour les espèces animales et les œuvres d'art congolais si l'on ne fait pas attention.
Le cinquantenaire de l'indépendance de la RDC est proche. Mais, la meilleure méthode d'honorer les différents pères de l'indépendance serait de pérenniser leurs pensées. Dans ces conditions, comment analyser une doctrine d’une personnalité donnée, sans documents, ni d'archives ?
Il convient à cette occasion d'expliquer que l'histoire de la RDC ne sera écrite ni en Europe ou en Amérique, mais plutôt au Congo et par les Congolais eux-mêmes. Et à l'Etat incombe le devoir de conservation de ces documents.
Simard Simon TSOUMBOU

GRACE A EMERY DIMUELA
La culture tetela à l'honneur le jour de la Saint Valentin
* Papa Wemba parmi les invités de la soirée
La fête de la Saint Valentin annonce déjà ses couleurs à Kinshasa. Plusieurs banderoles sont déjà visibles afin d'aviser les amoureux sur les productions musicales. Toutefois, une particularité à cet événement, c'est que la culture tetela sera valorisée le dimanche 14 février, le jour de la St Valentin. Le cadre choisi, c'est le Cercle culturel «Atetela», situé sur l'avenue Inzia n°6, dans la commune de Kasa-Vubu, non loin de la Place Victoire. Parmi les invités, l'on cite Papa Wemba qui est un chef coutumier tetela.
Le Cercle culturel «Atetela» du PDG Edox Diheka Omombo va accueillir, pour une première, une soirée exceptionnelle à l'occasion de la fête des amoureux. Cet événement donnera l'opportunité aux artistes musiciens tetela de s'exprimer. Une façon de mettre en exergue, selon l'organisateur qui n'est rien d'autre qu'Emery Dimuela, la culture de cette tribu issue du Kasaï.
D'après l'organisateur de l'événement, il s'agira pour lui, en tant que producteur, de présenter au public (aux couples) des spectacles 100% tetela. A travers cette soirée, Emery Dimuela veut donner une nouvelle couleur à la fête de St Valentin avec les couples. «Les couples vont assister à une soirée responsable où ils auront l'opportunité de consommer des répertoires des chansons tetela», explique l'organisateur de l'événement.

Manda Chante à l'affiche
Lors de la soirée à l'honneur de la Culture tetela, les groupes traditionnels et modernes vont monter sur le podium afin de détendre les amoureux. Il s'agit des groupes traditionnels Omaco et Adoula. Ces derniers vont produire des spectacles valorisant la culture tetela.
Par ailleurs, l'artiste musicien Manda Chante, qui est aussi fils du terroir, agrémentera la soirée en compagnie de son orchestre Wenge Référence. Nkumu, grâce à son timbre vocal exceptionnel, ne manquera pas d’éblouir le public à travers ses anciens succès ainsi que son nouveau répertoire surtout qu'il prépare un nouvel album intitulé " Je suis ".

Papa Wemba parmi les invités
Le patron de Viva La Musica, qui revient fraichement de l'Europe où il a reçu la bénédiction papale, sera également de la partie. Il est cité parmi les invités. La présence de Papa Wemba à la soirée se justifie par le fait qu'il est un tetela et, en plus, un chef coutumier de cette tribu du Kasaï. Outre Kemafumbe, l'organisateur a aussi invité le groupe Bella Bella rénové dirigé par Socrate Mbaki, un disquaire célèbre de la place.

" Un nouvel espace à soutenir "
Le cadre culturel Atetela est une initiative propre du PDG Edox Diheka. Cet homme n'est plus à présenter au public, car il est un grand mécène de la musique congolaise. Grâce à ses actions, il est désigné "Ambassadeur de la paix ".
Pour Emery Dimuela, ce nouveau cadre mérite d'être soutenu. " Le Cercle culturel Atetela du PDG Edox Diheka est un nouvel espace qu'il faut à tout prix soutenir ", fait remarquer ce jeune producteur. Ce dernier est responsable de la Maison DIM Production. Il évolue plus dans la province du Bas-Congo.
En même tant, journaliste, chroniqueur de musique, il a réussi l'année passée à organiser, avec succès, le premier festival de la photographie dans le Bas-Congo. Dieumerci MAYAMBI


APPRENDRE & COMPRENDRE
Passeport : histoire et réalités
Un passeport est un document de circulation délivré par le gouvernement d'un État à ses citoyens, pouvant aussi servir de justificatif d'identité - mais ne constituant pas toujours une preuve de nationalité. Il contient généralement le nom, la photographie d'identité, la signature, la date et lieu de naissance du titulaire, et d'autres facteurs aidant à son identification. L'obligation d'intégrer dans des puces des données biométriques est en cours de mise en place. Les passeports ont une origine ancienne, mais leur fonction a changé avec l'établissement des Etats-nations modernes au XIXe siècle.
Le contrôle des passeports, qui a été allégé lors de la seconde moitié du XIXe siècle, a été strictement rétabli lors de la Première guerre mondiale. Dès la fin de celle-ci, de nouvelles lois rendent permanentes les dispositions temporaires prises lors de la Grande guerre. Ce n'est toutefois qu'après la Seconde guerre mondiale qu'un système international unifié et harmonisé des passeports émerge. En permettant à la fois d'attester de la nationalité de son porteur et de contrôler les migrations, les passeports sont devenus une pièce maîtresse de la souveraineté étatique. S'ils sont aujourd'hui davantage utilisés pour contrôler les entrées sur le territoire, ils ont pu, à certaines périodes et dans certains pays, être utilisés pour contrôler voire empêcher l'émigration.

Histoire
Leatherman (en) (" L'homme de cuir "), un vagabond du XIXe siècle qui voyageait entre le fleuve du Connecticut et celui du Hudson dans la seconde moitié du XIXe siècle. Probablement d'origine lyonnaise, il parlait couramment français et fabriquait lui-même ses vêtements. Les passeports ont souvent été des moyens de répression à l'égard du vagabondage et autres sans-papiers ou " gens sans aveu ". Une des plus anciennes références au passeport a été faite en 450 av. J.-C. Néhémie, un officiel servant le roi Artaxerxès de l'antique Perse, a demandé la permission de voyager en Judée. Le roi, qui était d'accord, lui donna une lettre adressée "aux gouverneurs de la province par-delà la rivière" leur demandant de le laisser passer à travers leurs territoires.
Le terme " passeport " est très ancien : il remonte au XVe siècle et vient de "passe " et " port ". Il s'appliquait à l'époque aux marchandises. Son utilisation pour les voyageurs n'a commencé qu'au XVIe siècle. Le mot proviendrait non pas des ports marins, mais du document médiéval requis pour passer les portes des villes fortifiées. En 1548, la Diète impériale d'Augsbourg oblige la " populace sans maître " à détenir des documents de voyage impériaux pour circuler, à moins de risquer l'expulsion. Le terme de "passeport " (Passporten) aurait été utilisé peu après (en 1570) dans la langue juridique.
Le roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, qui régna de 1713 à 1740, imposa plusieurs lois contre le vagabondage exigeant des passeports, qui devaient être visés dans chaque ville. L'émigration des paysans est alors punie de mort. La doctrine mercantiliste alors en vigueur dans toute l'Europe considère en effet la population comme une richesse, et s'emploie donc, avec plus ou moins de succès, à bloquer les flux d'émigration. En 1753, une mesure de police impose à tout " voyageur ", sauf " officiels de l'armée " ou " autres personnes de qualité ", de se prémunir d'un " passeport ".

Au XIXe siècle: le contrôle des " classes dangereuses "
Après la Révolution française, l'édit d'octobre 1807 libère du servage tous les Prussiens qui y étaient encore asservis, permettant une grande liberté de circulation. Mais, une semaine avant de déclarer la guerre à Napoléon, Frédéric-Guillaume III promulgue une nouvelle loi, le 20 mars 1813, imposant un régime strict des passeports, qui, selon l'historien John Torpey (1998), donne " aux mesures prises par la France révolutionnaire une allure désordonnée et improvisée ". Ces dispositions furent abrogées après le Congrès de Vienne par la loi du 22 juin 1817. Celle-ci obligeait toutefois toute personne voulant sortir de Prusse à exiger un passeport. Ces mesures restreignant l'émigration perdurent jusqu'au moins le milieu du XIXe siècle. En 1820, le gouvernement prussien décide de punir de prison ceux qui incitent à l'émigration. À l'intérieur du pays, les voyageurs n'ont pas besoin de passeport, mais doivent pouvoir certifier leur identité face à la police. À cette fin, le Ministère de la Police délivre sur demande des " cartes d'identité " (Legitimationskarte).
Le 18 octobre 1850, un " Traité des laissez-passer " est signé entre " tous les États allemands ", sauf les Pays-Bas, le Danemark, le Hesse-Hombourg et le Lichtenstein, qui adoucit les formalités nécessaires. Les laissez-passer sont uniformisés, tandis que le visa obligatoire est supprimé. Toutefois, ces laissez-passer ne sont accordés qu'aux personnes " dignes de confiance" et suffisamment riches pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Les domestiques, les apprentis itinérants ou autres personnes en quête d'emploi n'y ont pas le droit. Les formalités visent ainsi principalement les " classes dangereuses ". Pour les autres, progressivement les formalités sont allégées, le visa étant supprimé par la Suisse en 1862. En 1865, un traité abolissant la nécessité des passeports, mais conservant celle de pouvoir certifier son identité, est signé entre la Saxe, la Bavière, le Hanovre et le Würtemberg. La Prusse, qui refuse de signer ce traité, pourtant ouvert à " tous les Etats de la Confédération allemande", négocie sous l'égide de Bismarck une nouvelle loi, en 1867, s'appliquant à la Confédération de l'Allemagne du Nord, qui supprime les formalités de passeport et les visas pour les sujets de la Confédération ainsi que pour les étrangers, et qui interdit les "cartes de résidence" (Aufenthaltstkarten) sur le territoire de la Confédération. Les autorités conservent toutefois le droit de vérifier l'identité des voyageurs. Mais la loi de 1867, débattue en septembre au Reichstag, se distingue surtout du traité de 1865 en éliminant les restrictions visant les classes populaires.
Toutefois, la loi de 1867 permet aussi le rétablissement du contrôle des passeports pour des raisons liées à l'ordre public, ce qui est fait dès 1878, afin de mieux contrôler le mouvement socialiste naissant. En 1879, l'Empire impose des formalités de passeport aux migrants venant de Russie. 30.000 Polonais sont déportés hors de Prusse (en) à partir de 1885. Les passeports deviennent obligatoires à partir de 1894 pour les étrangers venant en Allemagne, tandis que les ouvriers étrangers se voient imposer en 1908 une carte d'identité (Legitimationswang). L'Agence des Ouvriers Agricoles Allemands (Deutsche Feldarbeiterzentrale), fondée en 1905, est chargée de les contrôler.

De la " Belle époque " à l'entre-deux-guerres
Les formalités de passeport sont progressivement allégées, sans disparaître complètement, à la fin du XIXe siècle, à la faveur du régime du laissez-faire. Les diverses lois ne sont plus guère appliquées, sauf en ce qui concerne le contrôle des ouvriers étrangers (que ce soit dans l'Empire allemand, ou en France, avec le décret du 2 octobre 1888 et la loi du 8 août 1893). L'Italie promulgue en 1901 une loi qui oblige les émigrants italiens à se prémunir de passeport. Plutôt qu'empêcher l'émigration, considérée comme soupape de sûreté, cette loi vise plutôt à s'assurer que ceux qui immigrent aux États-Unis ne soient pas rejetés par ces derniers, qui ont imposé un certain nombre de contrôles dès la fin du XIXe siècle.
Dès août 1914, tous les États rétablissent des formalités strictes qui perdurent tout au long de la Première guerre mondiale, et qui sont rendues permanentes par la suite. Celles-ci ont à la fois pour objectif de surveiller les étrangers, et d'empêcher les nationaux d'échapper à la conscription.
Le Royaume-Uni, qui avait promulgué le Aliens Restriction Act de 1836 obligeant tout étranger entrant sur le territoire national à présenter au douanier " tout passeport en sa possession ", et, le cas échéant, à faire la preuve de sa nationalité britannique (et donc à se prémunir aussi d'un titre d'identité attestant de sa qualité de sujet britannique (en), promulgue d'abord l'Aliens Act de 1905, qui rétablit les formalités de 1836, qui n'étaient guère appliquées. La loi de 1905 est combattue, sans succès, par les libéraux de Manchester. En août 1914, Londres promulgue de façon simultanée le British Nationality Act et le Status of Aliens Act. Ces contrôles et restrictions, à l'origine temporaires, sont rendues permanentes par l'Aliens Order de 1920. Celui-ci rend quasi-obligatoire le port d'un passeport à tout citoyen britannique désirant retourner au pays.
De même, la France rétabli les formalités de contrôle des passeports, tombés en désuétude (à l'exception de la période de la Commune, en 1871), dès le début de la guerre. En avril 1917, deux décrets imposent aux étrangers le port d'une carte d'identité. L'Empire allemand contrôle dès le 31 juillet 1914 ceux qui entrent sur le territoire, avant d'étendre cette mesure à ceux qui en sortent.
Par le décret du 6 août 1914, l'Italie empêche à tous ses nationaux en âge d'effectuer leur service militaire d'émigrer. Les formalités de passeport pour les candidats à l'émigration sont renforcées en mai 1915. L'année suivante, le décret du 16 mars 1916 suspend complètement l'émission de passeports pour les voyages à l'étranger, et le passeport interne, évoqué dans la loi sur la sécurité publique de 1889, et rétabli. L'Italie qui avait jusque là permis aux étrangers d'entrer sur le territoire national sans contrôle effectue un virage spectaculaire à la faveur de la guerre.
De provisoires, ces dispositions sont rendues permanentes aux lendemains de la guerre. L'Allemagne les entérine par un arrêté de juin 1919, le Royaume-Uni par l'Aliens Order de 1920. Les Italiens obligent les émigrants à posséder un passeport, par décret de mai 1919, disposition qui vise plutôt à protéger les migrants contre les mesures de contrôle adoptées par les États-Unis et autres États accueillant la main-d'œuvre italienne.
Les États-Unis, qui avaient obligé, par l'arrêté du 15 décembre 1915, les immigrants à se faire viser le passeport par des fonctionnaires américains avant leur départ, entérinent cette disposition par une loi le 22 mai 1918. Une nouvelle loi, en 1919, étend ces dispositions au temps de paix. Les quotas d'immigration (loi de 1921, loi Johnson-Reed de 1924, etc.) imposent aux migrants de justifier de leur nationalité, et donc d'obtenir un passeport ou certificat d'identité. La loi de 1924 oblige aussi à ceux-ci de se faire viser le passeport avant leur départ. Washington créé en 1924 la police fédérale des frontières.
En 1922, l'Office international Nansen pour les réfugiés, qui dépend de la Société des nations, met en place le passeport Nansen pour les réfugiés russes, devenus apatrides par le décret soviétique du 15 décembre 1922, le nouveau système international des passeports rendant sinon impossible leurs déplacements. Ce système est étendu aux Arméniens qui fuient le génocide en mai 1924, puis, en 1933, aux Assyriens et minorités fuyant l'ex-Empire ottoman.
L'Allemagne nazie et l'Italie fasciste établissent des formalités strictes, visant les étrangers, les juifs, les vagabonds (le Wanderbuch), etc.

Après 1945
Ce n'est qu'après la Seconde guerre mondiale que les formalités de passeport ont été véritablement uniformisées dans le système international. La décision du Canada, en 1946, d'édicter ses propres dispositions concernant la nationalité canadienne, bouleverse le système des passeports à l'intérieur du Commonwealth. Les sujets britanniques (en) de la Couronne doivent ainsi choisir entre la nationalité du dominion où ils vivent, ou devenir "citoyen du Royaume-Uni et des colonies (en) " (CUKC), statut créé par une loi de 1948.
En 1966, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques consacre le droit de chacun de quitter son pays, réaffirmé, en même temps que le droit pour tout national d'entrer librement dans son pays, dans le quatrième protocole de la Convention européenne des droits de l'homme (art. 12-4; non ratifié par le Royaume-Uni en raison d'un droit de la nationalité spécifique et créant une nationalité britannique de second rang, n'ayant pas la citoyenneté ni le droit de résider au Royaume-Uni, pour certains sujets des ex-colonies).

En France
Articles détaillés : Passeport français, Visa d'entrée et de séjour en France et Carte nationale d'identité en France. On peut remarquer le symbole signifiant la présence d'une puce électronique. Lorsqu'il revient sur les monopoles commerciaux créés par Colbert, Louis XIV délivre dès 1669 des autorisations de commerce à certains à ports, dont celui de Nantes, et qui ne relèvent que du bon vouloir royal, appelés " passe-ports ". C'est l'époque où sont créés dans chaque colonie des postes de gouverneur et d'intendant, la compagnie des Indes occidentales étant dissoute en 1674 par Louis XIV.
Des certificats étaient ainsi utilisés dès l'Ancien Régime, en généralisant le système inventé lors de la peste de Marseille. Un registre des soldats est notamment mis en place en 1716 par Claude Le Blanc afin de lutter contre la désertion. Les passeports sont abolis au début de la Révolution, au nom de la liberté de circulation, qui est l'un des premiers droits énoncés par la Constitution de 1791. Mais leur usage est vite rétabli, en droit sinon en fait, avec une multitude de décrets et de lois (décret du 1er février 1792, décret de la convention nationale du 7 décembre 1792 qui permet à l'administration de refuser d'émettre un passeport à quelqu'un qui le demande - décret qui a " force de loi " selon le Conseil d'État (1991), etc.). Ces textes réglementaires ne sont toutefois qu'imparfaitement appliqués.
La France a utilisé notamment le système du livret ouvrier, tout au long du XIXe siècle. La loi sur les nomades du 16 juillet 1912 (soutenu en particulier par Pierre-Étienne Flandin) oblige aussi ces derniers à se munir d'un " carnet anthropométrique ". Selon l'art. 8 du décret d'application de 1913: " Il doit, en outre, recevoir le signalement anthropométrique qui indique notamment la hauteur de la taille, celle du buste, l'envergure, la longueur et la largeur de la tête, le diamètre bizygomatique, la longueur de l'oreille droite, la longueur des doigts médius et auriculaires gauches, celle de la coudée gauche, celle du pied gauche, la couleur des yeux : des cases sont réservées pour les empreintes digitales et pour les deux photographies (profil et face) du porteur du carnet."
On impose en 1917 le port obligatoire de la carte d'identité à tous les étrangers, celle-ci ne devenant obligatoire pour tous que sous Vichy, avec la loi du 27 octobre 1940.

Restriction à l'intérieur d'un pays
Premières pages d'un ancien passeport français. Un passeport est généralement utilisé pour circuler à l'extérieur de son pays d'origine ou du moins pour passer les frontières entre états. Cependant certains pays ont pu rendre obligatoire le passeport ou un document équivalent pour limiter ou contrôler la circulation des personnes sur son territoire.
Outre la Prusse ou la France (voir ci-dessus), le plus célèbre fut sans doute l'Union soviétique, repris en partie par la Russie contemporaine [réf. nécessaire], qui avec le propiska (en) (système d'enregistrement du lieu de résidence) unifie les méthodes de contrôle étatique des déplacements sur son territoire. Le décret du 27 décembre 1932, qui institue le propiska pour les citadins, visait en grande partie à prévenir l'exode rural de paysans affamés suite à la famine consécutive au Premier plan quinquennal (1928-1933). Un citoyen soviétique devait par exemple pouvoir justifier sa présence à Moscou à l'aide d'un document officiel. La fraude était massive, en partie en raison de l'attrait de la capitale, mais surtout en raison de la complexité du système, conduisant à un fractionnement de l'entité territoriale. Le contrôle de la mobilité interne et les documents officiels à cet usage existait déjà dans la Russie tsariste (par exemple le podaroshna, dont est doté le héros de Jules Verne, Michel Strogoff), mais la loi de 1932 innova en instituant un titre d'identité unique sur tout le territoire soviétique.
En Chine subsiste le huji, tandis que le programme Détention et Rapatriement, officiellement mis en place de 1982 à 2003, servait à contrôler les migrations internes et éviter un trop important exode rural.
L'Afrique du Sud avait mis en place, à l'époque de l'apartheid, les Pass laws (en) dès 1923, obligeant les Noirs sud-africains à se munir d'un titre d'identité afin de pouvoir se mouvoir.
L'Italie fasciste, elle, supprimait les passeports des citoyens soupçonnés d'être des opposants au régime. L'exil intérieur (confinato) a ainsi été la solution de rechange à l'exil pour de nombreux opposants (voir Carlo Levi, Le Christ s'est arrêté à Eboli, 1945).

Les genres de passeports
1. Passeport électronique

Le passeport électronique, ou biométrique, est reconnaissable au petit logo qui se situe en bas sur la couverture (voir image plus haut). Au niveau international, la partie électronique du document répond aux spécification définies par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) dans la spécification DOC9303, Partie 1, Volume 2. Les données à stocker dans le document sont typiquement d'une taille comprise entre 32 et 64 kilo octets. Le mécanisme de base qui permet d'améliorer la sécurité du document via le support de l'électronique est l'Authentification Passive, permettant schématiquement de signer les données associées au porteur du passeport (données textuelles [Nom, Prénom, Sexe, Numéro de document, etc….], image faciale, empreintes digitales). D'autres mécanismes sont également disponibles de manière optionnelle, tels le Contrôle d'Accès Basique (en) qui permet en principe de prévenir l'espionnage de la liaison lecteur sans-contact ? passeport et l'accès au passeport à l'insu du porteur ou l'Authentification Active qui permet de prévenir le clonage du document.
Le règlement (CE) no 2252/2004 du Conseil européen du 13 décembre 2004 " établissant des normes pour les éléments de sécurité et les éléments biométriques intégrés dans les passeports et les documents de voyage délivrés par les États membres " prévoit la prise des empreintes digitales de toute personne demandant un passeport pour un État membre de l'Union européenne. Tous les États de l'UE n'ont toutefois pas encore intégré ce règlement, qui est lié au Système d'information Schengen II. Pour ces passeports, il est prévu qu'un nouveau mécanisme de sécurité, le " Contrôle d'Accès Etendu ", soit utilisé.
Par décret du 30 décembre 2005, la France a mis en place un passeport électronique, qui a été mis en circulation à partir de mai 2006.

2. Passeport biométrique

Le nouveau passeport biométrique est délivré depuis juin 2009. La seule différence visuelle avec le passeport électronique, c'est le mot passeport souligné sur la couverture. Comme son prédécesseur, il a une durée de validité de 10 ans pour les adultes et 5 ans pour les mineurs. Outre la photographie d'identité numérisée, l'état civil et deux empreintes digitales qui figurent sur la puce électronique, le passeport est lié à l'application DELPHINE, premier fichier national biométrique utilisé à des fins administratives.

3. Autres types de passeport

Le passeport diplomatique est délivré aux personnes susceptibles de représenter diplomatiquement un État à l'étranger : ambassadeurs, membres du Gouvernement, chefs d'État…
Le passeport de service est délivré aux personnes n'ayant pas droit au passeport diplomatique, mais accomplissent des missions ou sont affectés à l'étranger pour le compte du Gouvernement.
Le passeport animalier. Depuis le 1er octobre 2004, les animaux domestiques (chiens, chats, furets …) doivent être munis du passeport animalier pour voyager librement au sein de l'Union européenne. Ce passeport s'obtient auprès de son vétérinaire. Tiré de Wikipédia