Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3538 DU JEUDI 04 FEVRIER 2010
L’UA sans le patron de la SADC !

Il n’y a pas un seul congolais équilibré qui n’ait salué le retour de la RDC sur la scène internationale. Pas un seul qui n’ait apprécié que Kinshasa ait épongé ou, à tout le moins, payé une bonne part de ses arriérés dans nombre d’organisations sous-régionales ou continentales. C’est le cas de l’Union africaine où la RDC vient de régulariser sa situation financière. Ce géant d’Afrique centrale peut à nouveau se faire entendre au sein de l’organisation panafricaine.
On pouvait donc s’attendre à une représentation au niveau le plus élevé de l’Etat à l’occasion du 14ème sommet de l’UA qui vient de se tenir à Addis-Abeba. La présence du Président Kabila allait parachever, à l’échelle continentale, la renaissance diplomatique de la RDC. De plus, en sa qualité de président en exercice de la SADC, Joseph Kabila est porteur d’un discours qui dépasse le strict cadre rd congolais. Au moment où l’espace SADC charrie des dossiers brûlants comme celui de Madagascar et du Zimbabwe, il était particulièrement indiqué que le responsable attitré de la sous-région édifiât l’organisation continentale à ce sujet.
Certes, Kinshasa a été représenté par son ministre des Affaires étrangères. Lequel, du reste, fait un mandat remarquable à la tête de la diplomatie congolaise. Mais, dans un sommet de chefs d’Etat, un ministre des Affaires étrangères est bien enclin à faire profil bas, préséance et contraintes du protocole obligent. Et en Afrique sans doute plus qu’ailleurs, la diplomatie est avant tout l’affaire du Président. Le poids, et donc le retentissement d’un discours diffère selon qu’il est présenté par un chef d’Etat ou qu’il est lu par un ministre des Affaires étrangères.
C’est donc une participation moyenne que la RDC vient d’accomplir à Addis-Abeba. Le Raïs congolais aura été parmi les grands absents.Ca commence à faire un peu beaucoup. Puisque le Président n’a pas non plus fait le déplacement de New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Dans la maison de verre, plus d’un observateur n’avait pas hésité à parier sur l’arrivée du numéro1 congolais auréolé de son rang de président en exercice de la SADC. Joseph Kabila venait aussi de faire la paix de braves avec ses deux voisins de l’Est:le Rwanda et l’Ouganda. A l’arrivée, le Raïs s’est fait représenter par le ministre Thambwe.
Il y a sans doute l’agenda intérieur qui ne permet pas toujours au Président de se rendre aux sommets internationaux. Il y a aussi les contraintes budgétaires. Le déplacement d’un chef d’Etat nécessitant des moyens autrement plus importants. Par ce temps d’austérité, un service minimum est préférable à une méga représentation par définition fort coûteuse. Joseph Kabila lui-même avait évoqué ces limites financières.
Il n’en demeure pas moins que l’enjeu de la dernière assemblée générale de l’Onu et celui du tout récent sommet de l’UA requérait la présence sinon du chef de l’Etat congolais, mais en tout cas du Président en exercice de la SADC. José NAWEJJosé NAWEJ



















































































































































































































































































































































































































































A LA UNE
Kinshasa : où vont les recettes de la vente des vignettes ?
C’est depuis un bon bout de temps que, face à l’avalanche des taxes et au vu des conditions difficiles dans lesquelles ils vivent, que les Kinois se posent éternellement la question: où sont passées les recettes de la vente des vignettes 2007-2008? Quelques fois, le Gouverneur André Kimbuta, profitant de certaines manifestations, a tenté d’y répondre sans vraiment convaincre. Voilà maintenant qu’un député provincial de Kinshasa vole au secours des habitants de la capitale congolaise en s’appropriant cette démarche à travers une question orale.
Toujours sous la houlette du député Martin Fayulu, presque le seul à actionner le mécanisme de contrôle parlementaire sur l’exécutif provincial, la question de la gestion des vignettes 2007-2008 et des impôts tant foncier que sur le revenu locatif est au centre des débats. Cela, à travers une question orale initiée par Martin Fayulu et adressée à qui de droit, à savoir le ministre provincial en charge des Finances, M. Guy Matondo.
C’est donc l’occasion pour les Kinois de connaître la direction prise par ces importantes recettes recouvrées à coup de toutes sortes de menaces et même des mesures draconiennes sans prendre en compte les difficiles conditions de vie des habitants de la capitale. Un dispositif appelé «sabot» avait même été mis à contribution pour bloquer les pneus des véhicules qui n’arboraient aucune vignette. L’Hôtel de ville de Kinshasa y était allé de la manière la plus forte pour contraindre les automobilistes de la capitale à s’acquitter de ce devoir civique ou patriotique.
Par logique du contraire, le contrôle de la gestion des recettes des vignettes est tout aussi un devoir «civique» ou «patriotique». Car, après s’être tant dépensés pour payer cette vignette, les Kinois ont le droit de savoir où sont passées les recettes de la vente des vignettes 2007-2008, si l’autorité provinciale ne rend pas tout à fait compte à ses administrés avec des détails précis. D’ailleurs, à chaque fois qu’il a été amené à s’expliquer sur cette question, le gouverneur Kimbuta n’a jamais affiché une bonne mine. On se souvient encore lorsque, dernièrement, il clamait presqu’en colère «bo zali ko tuna mbongo ya vignettes ekeyi wapi?»
C’est donc pour éclairer la lanterne du public que le ministre provincial Guy Matondo est aujourd’hui à la barre. Il lui revient d’expliquer comment toutes ces recettes ont été dépensées et si elles ont effectivement contribué à ne fût-ce qu’un chantier à Kinshasa. Il est donc question de savoir si c’est avec cet argent que l’on a pu éclairer l’avenue des Huileries dont le coût des travaux, à en croire le gouverneur Kimbuta, se situe bien au-delà du montant de la vente des vignettes. Il sera également question de savoir ce que l’exécutif provincial fait des recettes de l’impôt sur le revenu locatif et sur l’impôt foncier.
Maintenant qu’il est encore question pour les Kinois de payer d’autres vignettes et impôts, il est donc de leur droit de savoir d’abord à quoi ont servi les premières recettes réalisées. En démocratie, les contribuables ont le droit de savoir ce qu’on fait de leurs souscriptions. Cela entre aussi dans le cadre de la bonne gouvernance. Ne dit-on pas que le fait de destiner des fonds à une autre tâche que celle à laquelle ils étaient destinés constitue un détournement de fonds? Si les Kinois demandent toujours à quoi ont servi les recettes des vignettes 2007-2008, c’est qu’ils ne sont pas encore convaincus de ce qu’on leur a dit jusqu’à ce jour.
Tout l’honneur revient au ministre Guy Matondo pour éclairer les Kinois une bonne fois pour toutes afin que, grâce au contrôle parlementaire, un vent d’orthodoxie souffle désormais sur la gestion de la ville de Kinshasa. Le ministre des Fiances, Guy Matondo, a sollicité un délai de 48 heures pour se défendre, délai qui expire ce vendredi 05 février 2010 où il est attendu à l’Assemblée provinciale de Kinshasa. C’est donc une affaire à suivre.M. M
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Affaire Bemba à la CPI : Félix Patassé parle !
* Allié du MLC, l’ancien président centrafricain nie sa responsabilité dans les crimes reprochés à JPB en faveur de qui il souhaite une liberté provisoire
Cité abondamment dans le dossier judiciaire de Jean-Pierre Bemba à la Cour Pénale Internationale (CPI), Ange Félix Patassé, ancien président centrafricain qui fut soutenu par les troupes du MLC contre François Bozizé, n’a jamais pipé mot. Hier, cependant, il a donné de la voix dans un entretien avec la chaîne de télévision panafricaine Africa24. D’entrée de jeu, Patassé à émis son vœu de voir Bemba bénéficier effectivement d’une mise en liberté provisoire. « Notre vœu, c’est que Jean Pierre Bemba puisse recouvrer cette liberté provisoire », a déclaré l’ex-président de la République centrafricaine qui s’est dit confiant au procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno O’campo. Celui-ci, a ajouté Ange Félix Patassé, rendra la justice en tout équilibre.
Reste, tout de même, que de nombreuses interrogations demeurent sans réponse claire sur le sort de Patassé , celui-là même qui avait invité, sur le sol centrafricain, les troupes de Jean-Pierre Bemba qui y auraient commis les crimes de guerre et contre l’humanité. Même lors des audiences de confirmation de charge qui se sont déroulées en janvier 2009, les Avocats de JP Bemba avaient mis en cause Félix Patassé, dégageant ainsi la responsabilité de leur client. Les avocats du chairman du MLC avançaient, en effet, que tout le matériel de combat, les véhicules, le carburant et les uniformes avaient été fournis sur son instruction personnelle.
Interrogé sur la question, Ange Félix Patassé a rejoint ses avocats pour réfuter cette position en déclarant qu’il n’a aucune responsabilité pénale devant la CPI. Pour preuve, il n’est visé par aucune poursuite dans cette affaire. C’est pour cela qu’Ange-Félix Patassé se dit assuré et n’a aucunement peur d’être rattrapé par la justice sur ce dossier. «Je n’ai pas de cauchemars. Ceux qui ont des cauchemars, ce sont des gens qui sont déréglés. Moi, je suis un homme équilibré», a commenté l’ancien président centrafricain.
Le procès de l’ancien vice-président de la RDC doit débuter fin avril 2010 après le rejet de la demande de mise en liberté provisoire qui lui avait été, au départ, accordée par l’une des Chambres de la CPI. Jean Pierre Bemba Gombo avait été arrêté en mai 2008 à Bruxelles sur base d’un mandat d’arrêt de la CPI qui le poursuit pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par ses hommes en 2002 et 2003 en République centrafricaine, dans le cadre du soutien qu’il avait apporté au régime de Patassé menacé alors par une tentative de coup d’Etat. JEK

ACCUSE D'ETRE L'INSTIGATEUR DES INCIDENTS DE L'ASSEMBLEE PROVINCIALE DU KATANGA
L’Unafec décline toute responsabilité
Voué aux génomies par certains cénacles politico-médiatiques kinois, à la suite des incidents de Lubumbashi, l’Unafec monte au créneau. Les déclarations tenues par les députés provinciaux Monga Tutu et Kasongo Mande mettant en cause la Junafec « sont non seulement fantaisistes, mensongères, diffamatoires, mais aussi et surtout dénuées de tout fondement ». C’est ce qu’on peut lire dans le communiqué du comité politique national du 2 février. A l’Unafec, l’heure est donc à la contre-attaque. Signe que la base katangaise du parti cher au légendaire Kyungu tient à faire entendre sa voix, c’est le bras droit du leader de l’Unafec en personne qui a été dépêché à Kinshasa. Dieudonné Bamoïna, puisque c’est de lui qu’il s’agit, « déplore la récupération politicienne dont les incidents de Lubumbashi sont l’objet à Kinshasa ». « Il s’agit d’un problème local à coloration locale », indique le secrétaire général adjoint chargé des relations avec le Président national et les fédérations de l’Unafec/RDC. « Au Katanga même, le calme est déjà revenu ». Et Bamoïna de s’interroger à haute voix : « Pourquoi cherche-t-on à dramatiser outre-mesure les incidents de Lubumbashi ? Dans le cadre de l’apprentissage de la démocratie, il y a eu ce genre de situations dans d’autres assemblées provinciales comme celles du Kasaï Occidental, du Sud-Kivu … ». Et si responsabilité il y a, c’est au Parquet seul de fixer l’opinion. Au passage, Dieudonné Bamoïna félicite le ministre de l’Intérieur Célestin Mbuyu pour avoir abattu un travail de titan par une gestion responsable de ces incidents ». Le missi dominici de Kyungu wa Kumwanza jette des fleurs aussi au ministre Lambert Mende pour « sa sagesse et lucidité dans le rétablissement de la vérité et pour n’avoir pas cédé au chantage ». Proche parmi les proches du leader de l’Unafec, Dieudonné Bamoïna revient sur l’envergure de l’actuel président de l’Assemblée provincial du Katanga. « Pour nous, Gabriel Kyungu c’est le symbole, le monument même de l’histoire politique récente du pays. Il a été parmi les 13 parlementaires précurseurs de la démocratie, il a été de tous les forums nationaux pour la normalisation de la situation politique, y compris Sun City ». Voici l’intégralité de la déclaration politique de l’Unafec.

INFOS INFOS
FANAF : Carole Agito évoque les enjeux de l’Assemblée générale à Kinshasa
Grande première dans son histoire, la République démocratique du Congo abrite, du dimanche 07 au jeudi 11 février 2010, la 34éme assemblée générale de la Fédération des sociétés d’assurance et de droit national africains (FANAF). Quelques jours avant le lancement officiel de cet événement dont l’organisation est prévue au Grand hôtel Kinshasa, l’ADG ad intérim de la Société nationale d’assurances (SONAS), Carole Agito Amela, éclaire l’opinion sur les raisons qui ont prévalu au choix de la RDC et les retombées de ces assises par rapport à la société d’assurance congolaise.
Quelles sont les motivations qui ont prévalu au choix de Kinshasa d’abriter la 34eme Assemblée Générale annuelle de la FANAF et les enjeux de ces assises?
Il faut d’abord avouer que le travail abattu par notre Comité de Gestion en 2008 et le résultat tangible auquel nous avons abouti a renvoyé un écho très favorable tant sur le plan national qu’international, ce qui nous a rendu crédible aux yeux de l’opinion nationale et internationale au point de justifier le choix fait par les organes décisionnels de la FANAF de jeter son dévolu sur notre société et notre pays.
Quant aux principaux enjeux de ces assises, ils sont à la fois politiques et économiques.
Politique parce que c’est depuis 33 ans que la FANAF organise ses assises partout ailleurs en Afrique, mais c’est la première fois que notre pays aura l’opportunité de le faire. Bien plus, ailleurs, ces assises sont ouvertes par une autorité étatique.
Quant aux enjeux économiques, ces assises constituent une occasion pour les partenaires économiques de se connaître et d’échanger les expériences et, pourquoi pas, de réaliser quelques affaires car, ne l’oubliez pas, les participants qui arrivent à Kinshasa vont loger et se nourrir dans les hôtels et restaurants de Kinshasa, ce qui va rapporter quelque chose aux opérateurs économiques.

Peut-on considérer que l’organisation de la FANAF en RDC où les expériences vont se côtoyer va conduire la SONAS à s’ouvrir à la concurrence ?

Je dois, a priori, indiquer que la décision de libéraliser le secteur du marché des assurances au Congo émane des autorités du pays et figure parmi les actions à réaliser avant le 30 juin 2010. Ce faisant, nous ne pouvons pas, nous, nous opposer à cette décision. Cependant, nous pensons que l‘ouverture du marché doit être encadré et ordonné pour éviter la fuite des capitaux et l’évasion fiscale.
La SONAS a fait une étude sur cette question qu’elle a transmis aux organes spécialisés qui, nous l’espérons, en tiendront compte le moment venu. Nous avons même délégué nos experts au comité de
suivi de l’ouverture du secteur des assurances qui travaille sous l’égide du Ministère des Finances et nous assistons nous même aux travaux du COPIREP.

Qui prendront part à ce forum ?

Sont invités à ces assises, tous les responsables des associations et sociétés d’assurances africaines et du monde, les opérateurs économiques ainsi que les journalistes, analystes et autres experts. En effet, nous attendons une délégation de plus ou moins 400 personnes dont certaines sont déjà arrivées à Kinshasa depuis lundi 2 février dernier. Rachidi MABANDU

Adolphe Muzito s’implique dans la lutte contre le paludisme
Le Premier Ministre Adolphe Muzito se dit déterminé à lutter contre le paludisme. Il l’a signifié à M.Raymond Chambers, envoyé Spécial du Secrétaire général de l’Onu chargé de la lutte contre le paludisme, qu’il a reçu en audience hier à la Primature. Cet engagement est d’autant plus important que cette maladie est devenue endémique en RD Congo avec un taux de mortalité élevé. Selon des chiffres avancés par l’Organisation Mondiale de la Santé, 100 millions de personnes meurent de paludisme chaque année en Afrique.
Une situation inquiétante qui exige des réponses efficaces, notamment des moyens financiers. Son hôte a, pour sa part, fait savoir au Chef de l’Exécutif congolais les intentions du numéro un de l’ONU de voir comblé le déficit budgétaire de l’ordre de 88 millions de dollars en vue de mener la lutte contre le paludisme en RDC.
Ces crédits peuvent être obtenus à travers la Banque Mondiale. « Nous sollicitons votre appui, M. le Premier Ministre, en vue d’obtenir des crédits de la Banque Mondiale ; ce qui permettrait de mettre à la disposition de la RDC près de 200 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide et de concourir à des opérations de pulvérisation à domicile », a déclaré Chambers qui a ajouté qu’  « avec les efforts communs, nous pourrons, d’ici 2015, espérer vivre dans un monde sans paludisme.»
Pour l’heure, le SG de l’Onu a décidé d’aider 7 millions de personnes par la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide. Pour le Premier Ministre, la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide doit être encouragée tout en recherchant des voies pour attaquer la malaria à ses racines. JEK.

Déplacés de Dongo : Pas de nuage entre Kinshasa et Brazzaville
Un malentendu a failli s’installer dans les relations entre la RDC et le Congo-Brazzaville au sujet de la situation des déplacés Congo-Kinois vivant au pays de Sassou Nguesso. Cela à la suite des propos tenus par le Président Congo-Brazzavillois dans un entretien avec RFI en marge du 14e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba. Denis Sassou Nguesso déplorait, dans cet entretien, la situation des 110.000 ressortissants congolais réfugiés dans le nord du Congo Brazzaville avant d’exprimer son souhait de les voir rapatriés dans leur pays.

« Il y a une situation difficile dans la province de l’Equateur en RDC, et on a vu des populations traverser l’Oubangui pour trouver asile dans la préfecture de la Likouala», a affirmé Sassou Nguesso qui considérait que cette situation nécessite beaucoup de vigilance et de sérieux dans sa prise en charge. Le Président congo-brazzavillois craignait, par ailleurs, que les relations entre ces réfugiés et les populations locales se détériorent autour des questions de santé,de l’alimentation et de la sécurité. C’est là qu’il a souligné que cette situation ne devrait pas s’éterniser et qu’il faut à tout prix rapatrier les réfugiés dans leur pays, dans les conditions les plus humaines possibles.
Suite à ces propos, le Gouvernement de la RDC, par voie de son porte-parole, Lambert Mende Omalanga, a tenu à rassurer le Chef de l’Etat congo-brazzavillois en disant comprendre son souci. Sassou Nguesso, a dit Mende, a « évoqué le nombre massif de nos concitoyens qui sont là bas et qui représentent un nombre plus élevé que les autochtones » Et d’ajouter : « Nous avons déjà sécurisé les zones d’où sont partis ces concitoyens, et nous avons besoin simplement qu’ils rentrent chez eux pour pouvoir mieux les aider à se reconstruire dans leur milieux d’origine. » Dans ce cadre, a ajouté Mende, « une aide qu’on reçoit et qui ne vous permet pas de vous reconstruire, pour nous, c’est quelque part moins intéressant qu’une aide à la reconstruction. Comme pays, nous préférons que Dongo, que tout cet espace là soit reconstruit par ses habitants.»
En attendant, le Ministre de la Communication et des médias a assuré que 30% des habitants de Dongo qui avaient fui les troubles sont rentrés. Des efforts doivent être fournis pour poursuivre les rapatriements, car ce chiffre est encore insignifiant, a reconnu Mende.
La France avait annoncé, le 9 janvier dernier, l’octroi d’une aide financière de 200.000 euros au Programme alimentaire mondial (PAM) en vue d’apporter une aide alimentaire d’urgence aux déplacés de Dongo. 200.000 autres euros ont été accordés à l’association Acted (Agence de coopération technique et de développement) chargé de distribuer, entre autres, des moustiquaires. Pour leur part, les Etats-Unis ont consenti une aide de 4,6 millions USD pour faire face aux différentes insuffisances d’ordre humanitaire.
De son côté, le Bureau des Nations unies chargé de la coordination de l’aide humanitaire (Ocha) s’active pour améliorer les conditions humanitaires des retournés de l’Equateur. C’est, du moins, ce qu’a rapporté son porte-parole hier lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monuc. A propos du retour de ces populations, Maurizio Giulani a décliné la responsabilité de OCHA dont le rôle ne consiste pas à sensibiliser les gens à rentrer dans leurs milieux, mais à rendre acceptables leurs conditions humanitaires à leur retour effectif. JEK

Ignace Gata remercie la Turquie pour la modernisation des ascenseurs du ministère des Affaires Etrangères
Le Vice-ministre des Affaires étrangères, Ignace Gata Mavita, se dit satisfait de la concrétisation de l’appui de la Turquie pour doter le Ministère des Affaires Etrangères de la République Démocratique du Congo des quatre nouveaux ascenseurs dans le cadre de la modernisation dudit ministère pour redorer l’image de la diplomatie congolaise,à l’occasion de l’audience qu’il a accordée lundi à l’Ambassadeur de Turquie en RDC, Mehmet Ozyildz. Selon le diplomate turc, l’acquisition de ces nouveaux ascenseurs par le ministère des Affaires étrangères renforce davantage « la coopération bilatérale entre Ankara et Kinshasa dans le cadre des relations positives « qui se développent entre les deux pays.
L’ambassadeur Mehmet Ozyildz a souligné qu’il a saisi l’occasion de sa rencontre avec le Vice-ministre des Affaires Etrangères, Ignace Gata pour lui confirmer l’arrivée de quatre nouveaux ascenseurs, don du gouvernement de Turquie à la République Démocratique du Congo en vue d’améliorer les services du ministère des Affaires étrangères en termes de modernisation de ses infrastructures. Il a, par ailleurs, évoqué avec le Vice –ministre des Affaires étrangères de la RDC la volonté tant exprimée du Président de la République de Turquie d’effectuer une visite officielle en République Démocratique du Congo.
Les dates de cette visite seront fixées de commun accord par voie diplomatique. Il sied de rappeler que depuis la construction du bâtiment du Ministère des Affaires étrangères avec huit niveaux dans les années 75,les quatre ascenseurs n’ont jamais été remplacés. Ce qui fait que ces ascenseurs qui sont dans un état de vétusté avancée, nécessitaient d’être remplacés pour améliorer les prestations des services lors de l’accueil de nombreux ambassadeurs et des hôtes de marque qui sont reçus à ce ministère qui est le symbole de la diplomatie congolaise. ACP/FDA

Maj Kisimba tend la main aux FARDC pour sécuriser les camps militaires
Le ministre des Affaires foncières, Me Maj Kisimba, tend sa main aux Forces armées de la RDC (FARDC) pour sécuriser leurs domaines actuellement menacés de spoliation à travers le pays.
Au cours d’une réunion tenue mercredi dans son cabinet avec les responsables militaires du site qui abrite le centre d’entraînement Kibomango dans la commune de Nsele, le ministre Maj Kisimba a fait un appel à un état de lieu de tous les camps militaires pour leur sécurisation. Il a, à cet effet, exprimé sa détermination de mettre fin à l’anarchie qui prend des proportions inquiétantes avec des constructions qui s’accompagnent des ventes aux tierces personnes. Des notes circulaires ont été adressées, à ce sujet, à tous les Conservateurs des titres immobiliers (CTI) et Chefs de bureau du cadastre (CDC) afin de prendre des précautions sur la délivrance des documents des parcelles créées dans les domaines militaires. Le ministre a profité de l’occasion pour mettre en garde les prétendus acheteurs qui se précipitent dans des constructions parfois en étage pour soi-disant mettre l’Etat devant un fait accompli avant de prendre une décision de démolition. Ces prédateurs construisent souvent la nuit.
Le ministre des Affaires foncières a également exprimé son inquiétude devant les petites maisonnettes qui poussent au camp ex-gendarmerie de Lemba entre l’espace comprise avec l’avenue Kiyimbi. A la longue, s’est inquiété le ministre, cet espace peut se transformer en terrain loti et les « Bicoq » vendus à des particuliers. Il a, à cet effet, sollicité qu’il lui soit établi un rapport en urgence.
Le ministre des Affaires foncières a lancé un démenti sur la soi-disant délocalisation de certains camps militaires. Ces fausses informations, a-t-on indiqué au cours de cette rencontre, proviendraient d’un groupe d’acquéreurs potentiel dont la plupart sont des étrangers qui veulent s’installer au centre-ville. Et pour réussir dans leur coup, ils se mettent à propager des rumeurs sur la prétendue délocalisation du camp Kokolo, par exemple.
Quant à la situation du camp Kibomango, le ministre attend un rapport détaillé sur la position des acquéreurs subdivisés en 3 catégories. Il a aussi émis le vœu de voir l’Hôtel de ville s’associer à la dernière opération.
Le responsable n°1 des Affaires foncières a saisi cette opportunité pour parler de l’utilisation anarchique des hommes en uniformes souvent commis dans des sites à problème pour couvrir les irrégularités. FDA

Forte chaleur à Kinshasa : la Mételsat accuse les immeubles en construction
C’est depuis plus d’une semaine que les Kinois se plaignent de la forte chaleur qui rend la ville invivable, de jour comme de nuit. Tous les stratagèmes tentés pour se rafraichir s’avèrent sans rendement : multiplication des bains, ventilateur, plafonnier, consommation de boissons, etc., les Kinois ont fait tout cela sans résultat. D’autres passent carrément les nuits à la belle étoile pour fuir l’étouffement de leur maison. Selon les données de l’Agence de météorologie et de télédétection par satellite (Mételsat), la température oscille entre 37 et 40°. L’Agence, qui commente cette oscillation, fait savoir que les températures n’ont pas varié au-delà de la normale.
Quant à la chaleur qui accable les Kinois, la Mételsat l’attribue aux nombreuses constructions des maisons en étage et aux murs de clôture qui se multiplient à travers la ville. Ces immeubles et ces murs de clôture font obstacle à la circulation normale de la brise qui est un petit vent du matin et du soir venant de la mer, des montagnes ou des vallées. M. Ebengo, chef de la cellule d’analyse et prévision à la Metelsat qui a donné ces indications à la presse, explique : « Nous avons un vent particulier qu’on appelle brise, brise de montagne, brise de mer, brise de vallée. Avec les constructions dans la ville de Kinshasa, ce vent là qui affecte souvent les gens le matin et le soir, est masqué. [...] Il est masqué par des constructions des maisons en étage, des murs. C’est pourquoi on ne le sent pas, d’où la forte chaleur que nous ressentons dans la ville.»
Faut-il alors que les Kinois s’attendent à ce que la situation perdure et s’aggrave ? Ebengo ne répond pas directement à la question et affirme que seul un grand vent saisonnier - un alizé, par exemple - peut être ressenti et atténuer les fortes températures enregistrées actuellement dans la ville. JEK

CONGO PROFOND
Kindu : Dix sept élèves foudroyés et une femme tuée par un arbre
Dix sept élèves de l’institut Nyoka, ont été foudroyés mardi matin à Nyoka, un village situé à 19 kilomètres de Kindu, sur l’axe Kalima. Au nombre de ces victimes, s’ajoute une femme tuée par un arbre, qui était tombé sur elle dans son champ de riz dans le même village. Parmi ces foudroyés, cinq en état critique ont été transférés à l’Hôpital général de référence (HGR) de Kindu sur décision du gouverneur du Maniema.
La pluie torrentielle qui s’est abattue mardi dans la matinée a semé la désolation dans plus d’une famille et a mis tout le village de Nyoka en branle. Pendant qu’il pleuvait, une foudre a secoué l’Institut Nyoka qui comptait en son sein, élèves, enseignants et directeurs. Tous ont paniqué et presque toutes les classes ont été touchées. Pendant que tout le monde cherchait à se frayer un chemin pour avoir la vie sauve, les cris de quelques élèves, bloqués dans les salles des cours, ont interpellé les enseignants. Dix sept élèves au total ont été touchés et ne savaient plus marcher.
Les victimes ont été immédiatement acheminées au centre de santé de référence de la place. Selon l’association YMCA, il n’y a pas eu de mort. La mauvaise nouvelle n’a pas tardé à atteindre le gouverneur de la province, Didi Manara Linga. Et pour s’en convaincre, il s’y est rendu personnellement et a décidé du transfert de cinq élèves, en état critique, à l’hôpital général de référence de Kindu. Les soins, tout comme les frais de séjour de ces élèves à l’hôpital sont pris en charge par le gouvernement provincial, affirment les sources officielles.
La même pluie, témoignent les mêmes sources, a coûté la vie à une femme qui vaquait à ses travaux champêtres. Un arbre s’est écroulé sur elle, sous l’effet de vents violents, alors qu’elle récoltait le riz dans son champ non loin du village. Là aussi, Didi Manara a remis une enveloppe à la famille de la défunte pour les funérailles. RO/FDA.

Bas-Congo: Mbatshi écoeuré par l'acquittement des Ukrainiens accusés d'avoir jeté des jeunes Congolais dans le fleuve Congo
Statuant dans l'affaire opposant huit Ukrainiens à quatre jeunes Congolais, le tribunal de grande instance de la Gombe, à Kinshasa, a acquitté les huit marins étrangers. Ce qui a suscité la réaction du gouverneur de la province du Bas-Congo, Simon Mbatshi Batshia, qui n'a pas caché sa déception. L'autorité provinciale se dit écœurée après l’aquitèment des huit Ukrainiens accusés d'avoir jeté dans le fleuve Congo, à partir de leur navire, 5 jeunes clandestins congolais. A la place, Simon Mbatshi aurait simplement souhaité une condamnation au vu du fait de mort d'hommes, à en croire radiookapi.net

"On était certain que ces gens seraient condamnés parce qu'il y a eu mort d'homme", déclarait le chef de l'exécutif provincial du Bas Congo. Sans vouloir interférer dans la justice, il espère toutefois, à la faveur de l'appel interjeté par les plaignants, que justice sera faite. " C'est un scandale, non seulement pour les parents des victimes, mais également pour moi-même en tant que gouverneur de province et parent ", a-t-il indiqué.

Fabrice Puela, député national, abonde dans le même sens
Elu de Matadi, le député national Fabrice Puela a également réagi au verdict rendu par le tribunal de grande instance de la Gombe, en faveur des huit Ukrainiens du bateau "Island of Luck", accusés d'avoir jeté des clandestins congolais au mois de novembre 2009 dans le fleuve, à Matadi. "Lorsque des Congolais sont jetés dans l'eau sur leur propre territoire, certains sont tués, et des preuves sont là…et que les juges estiment qu'il y a doute sur l'intention de donner la mort, c'est vraiment dommage par ce que d'après ces juges, les Ukrainiens ont donné des gourdes aux Congolais pour les empêcher de se noyer. Mais, ces juges oublient que le capitaine a mis le moteur en marche pour brouiller l'eau et enfoncer les Congolais dans l'eau…C'est une situation regrettable pour notre justice, par ce que ce n'est pas à l'équipage de se faire justice en tuant des clandestins", indique l'élu de Matadi.
Fabrice Puela se dit pessimiste quant à l'appel interjeté par les plaignants, parce que, " à l'heure qu'il est, ces Ukrainiens ne sont plus sur le territoire congolais ". FDA/RO

*Bas-Congo : De nombreux brûlés au pétrole lampant frelaté
Le pétrole lampant frelaté ou mal entreposé vendu par de petits trafiquants cause régulièrement des brûlures mortelles aux très nombreux usagers des lampes tempêtes au Bas-Congo. Dans cette province qui a, à Inga, le plus important potentiel énergétique de toute l’Afrique, seuls 5% des gens ont accès à l’électricité...

Une dizaine de morts ont été enregistrés à Matadi en 2009, selon le maire adjoint de la ville, Modero Nsimba. Parmi les victimes, deux petites jumelles qui regardaient leur mère rajouter du pétrole dans une lampe allumée. Une flamme a soudainement jailli, brûlant gravement les enfants et leur maman décédée deux jours après. Depuis le début de cette année, de nombreuses autres personnes ont déjà été victimes de brûlures causées par le pétrole lampant dans la province du Bas-Congo (sud-ouest de Kinshasa). Selon des analyses de l’Office congolais de contrôle (Occ) effectuées sur un échantillon du produit incriminé présenté par le commissariat de police de Nzanza, un quartier populeux de Matadi, ce pétrole est frelaté (dénaturé car mélangé à de l’essence). «C’est très dangereux, avertit François Bulusi, expert en pétrole au ministère provincial des Hydrocarbures. Car à cause de petites gouttes d’essence, au simple contact avec une forte compression, il y a explosion ou le pétrole s’enflamme.»
Commentant ces drames qui se répètent et se multiplient, le directeur provincial de la Société nationale d’électricité (Snel), Léon Mabika, trouve simplement «normal que le pétrole lampant remplace l’énergie électrique dans de nombreux ménages» de la province... Actuellement seulement 5 % des 3 millions d’habitants du Bas-Congo ont accès à l’électricité. Pourtant, ils vivent à côté d’Inga, plus grand barrage hydroélectrique du continent qui produit aujourd’hui 1 750 Mégawatts. Ce site dispose d’un potentiel hydroélectrique de 40 000 à 45 000 MW. Une partie de l’électricité qui y est produite est exportée dans d’autres pays de la région (Congo Brazzaville, Zambie, Zimbabwe, Afrique du Sud).

Loi foulée aux pieds
Selon le ministre provincial des Hydrocarbures, François Kinkela, le pétrole lampant qui cause tant de malheurs au Bas-Congo proviendrait du Nigeria. Il passerait par la frontière de Soyo, localité angolaise séparée de la cité congolaise de Muanda par le fleuve Congo. Au petit port Yacht de Muanda, le chef de poste de l’Occ Claude Omewonga soutient que son entreprise effectue bel et bien les analyses de contrôle des produits pétroliers qui transitent par là. Mais l’Occ n’étant pas partout, «le pétrole frelaté peut entrer partout dans la province qui a une large frontière (plus de 800 km, ndlr) avec l’Angola», explique-t-il.
Au centre de ce trafic se trouvent ceux qu’on appelle ici Bana Zanzibar (enfants de Zanzibar) ou Mboloko (antilopes ou personnes qui transvasent le pétrole). Ils stockent généralement le pétrole lampant dans des récipients ayant contenu de l’essence, sans les nettoyer ni se soucier des précautions de sécurité qu’exige la manipulation de ce type de produits.
La manipulation des produits pétroliers, classés dangereux, est réglementée en Rd Congo par une loi qui détermine clairement les conditions de leur importation, transport, stockage et commercialisation. C’est l’entreprise Sep Congo (public) qui assure leur transport, stockage et distribution. «Mais la loi est foulée aux pieds. Des personnes qui ne devraient pas traverser la frontière vont au-delà chercher du pétrole qu’elles transportent sans respecter les normes de sécurité», regrette un fonctionnaire de la division urbaine des hydrocarbures à Matadi.

Les autorités laissent faire
Depuis des dizaines d’années dans de nombreuses villes du pays, on peut observer le long de certaines artères des revendeurs de carburant mieux connus sous le nom de Kadhafi. Leur circuit de vente étend ses tentacules jusqu’aux petits vendeurs à la criée qui font du porte à porte, au point de contraindre les stations d’essence à ne plus vendre le pétrole lampant. «Nous avons cessé parce que nous n’arrivions plus à vendre du fait de la présence des Kadhafi», avoue un agent Elf.
Les autorités qui peinent à faire respecter la loi, laissent faire. Elles évitent d’attaquer frontalement le problème. «Il faut former tous ceux qui manipulent ces produits extrêmement dangereux», recommande le ministre provincial des Hydrocarbures, qui espère qu’une meilleure organisation des Kadhafi «permettra à l’Etat de récupérer tous les frais qui lui échappent.» Alphonse Nekwa Makwala (Syfia Grands Lacs)

*Kasaï occidental : rigueur et primes au personnel améliorent la qualité des soins
Discipline et prime à l’efficacité sont les deux leviers qui ont permis aux hôpitaux publics du Kasaï occidental d’améliorer la qualité des soins dans 13 des 17 zones de santé de la province. A l’origine de ce changement rapide, l’appui d’organisations locales et internationales.

À Kananga comme à l’intérieur du Kasaï occidental, depuis deux ans, les habitants accèdent plus facilement à des soins de qualité. Sur les 17 districts sanitaires que compte la province, 13 bénéficient d’un soutien d’organisations locales et internationales : Health Net, CORDAID, Caritas développement Kananga, 9e FED (Fonds européen de développement) de l’Union européenne, etc. Sur le terrain, cet appui consiste à installer des lits et à fournir du matériel médical et des médicaments essentiels. L’accent est également mis sur l’accueil des patients. «Quand je suis arrivé, je n’ai pas attendu plus de 5 minutes à la réception. Très vite et sans payer, j’ai été reçu en consultation par le médecin. C’était inimaginable dans cet hôpital il y a 2 ans !», s’enthousiasme Nkongolo Bakajika, un habitant de Mikalayi.
Pour le pasteur Dibelayi aussi, les changements sont visibles à l’hôpital de référence de Kananga. «Avant, les infirmiers vendaient les médicaments aux malades. Aujourd’hui, tout le monde est obligé d’aller les acheter à la pharmacie avec l’ordonnance du médecin. La discipline est de rigueur et l’ordre rétabli», témoigne-t-il. De son côté, l’abbé Bruno Kayeke a subi une opération à Mikalayi où il a surtout apprécié la propreté, la distribution de moustiquaires et le dévouement des infirmiers qui veillent sur les malades opérés.

Soins moins chers
En plus des aspects matériels, les patients profitent également d’une baisse des tarifs qui favorise le retour des plus pauvres vers les centres de santé. Le Dr Brigitte Bakambamba de l’hôpital de Mikalayi rappelle que par le passé, ces derniers utilisaient des plantes médicinales pour se soigner, avec souvent des conséquences graves, pouvant aller jusqu‘à la mort. Car, selon elle, si la médecine traditionnelle peut s’avérer efficace pour soigner une toux, il faut par contre un traitement médical adapté pour venir à bout de la malaria. Pour rendre les soins accessibles à tous, un Fonds d’achat de service de santé (FASS) a été mis en place. Celui-ci prend en charge jusqu’à 70 % des dépenses de santé des malades démunis. Il paye en outre 80 % des salaires du personnel soignant dont il assure également la formation permanente.
A l’hôpital de Bunkonde du territoire de Dibaya à 80 km de Kananga, Sr Véronique Tshibola, infirmière directrice du nursing est en première ligne pour apprécier l’impact du FASS. «Avant, des femmes et des enfants en bas âge mourraient de malnutrition, faute de soins et de nourriture riche en vitamine. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de les soigner», se félicite-t-elle. Autre exemple de prise en charge par le FASS, les interventions chirurgicales : pour 28 000 Fc (30 $), un patient peut se faire opérer d’une hernie et une femme accoucher par césarienne. Il y a quatre ans, il fallait débourser 100 $.

Hôpitaux davantage fréquentés
Dans un rapport d’octobre 2009, le Dr Willy, directeur du BDOM/Caritas développement à Kananga, affirme que les indicateurs de fréquentation des services de soins curatifs et préventifs ont sensiblement augmenté entre 2007 et 2009. «La moyenne annuelle de fréquentation est passée de 20 à 70 % de la population. Les femmes suivent les consultations prénatales jusqu’à l’accouchement, alors qu’avant, elles ne venaient pas, de peur de payer trop cher», précise-t-il.
Pour atteindre les objectifs fixés par les bailleurs de fonds, à savoir l’augmentation en quantité et en qualité des soins administrés, ainsi que la bonne gestion des soins, des médicaments, du personnel et du matériel, des primes de performance sont octroyées au personnel médical. Un médecin, dont le salaire est de 70 $ par mois, peut recevoir jusqu’à 300 $ de prime. Celle-ci est accordée à la suite du contrôle et de l’approbation des rapports des prestataires, explique le Dr Calixte Katshi, assistant technique du projet. Ainsi, en guise de récompense pour les résultats atteints, l’hôpital a reçu du 9e FED un véhicule de fonction. «Nous cherchons à valoriser la capacité des gens à amener le changement positif dans leur vie», avoue le Dr Franck De Paepe, chef d’antenne de CORDAID Kananga.
Julienne Elameji (Syfia Grancs Lacs)

*L’Unicef en programme d’amélioration des conditions de vie à Walungu
L’eau est une denrée rare à Ciherano, localité du territoire de Walungu située à 42km de la ville de Bukavu dans la province du Sud Kivu. C’est ainsi que, pour épargner la population locale des maladies d’origine hydrique, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), à travers son partenaire Institute rescue commette(IRC), a financé la réhabilitation d’une source d’eau appelée Kagezi II .

A entendre le responsable du programme eau et assainissement de l’Unicef, ce projet a été conçu avec le concours de la communauté locale qui l’a aidé à identifier cette source. Ce projet rentre dans le cadre de multiples projets d’appui et d’assistance aux rétournés.
Ildefonse Kamate  note que la réhabilitation de cette source d’eau permet à la population de Ciherano d’avoir accès à l’eau potable avant de noter qu’elle sera entretenue pour qu’elle ne soit pas une source de maladie. Mme Valentine, une bénéficiaire que nous avons rencontrée sur place, s’est dit très contente de consommer désormais de  l’eau potable. Avant, poursuit elle, on puisait l’eau sale. Elle souhaite que les partenaires aillent plus loin en construisant un endroit où elles peuvent faire la lessive.   

L’Unicef a réhabilite l’EP NDATABAYE
Toujours à Ciherano, l’Unicef, dans son projet d’appui et assistance aux retournés (PEAR), a réhabilité l’école primaire Ndabataye. Selon le Directeur de cette école, cet établissement reçoit six cent quarante huit élèves qui sont tous des retournés. Elle emploie quatorze enseignants. Simon Bulonza fait savoir que parmi les quatorze enseignants, neuf sont payés par l’Etat et six autres par les frais que les parents versent tous les mois à l’école, à raison de 1.000 FC. Il estime que le gouvernement doit prendre ses responsabilités en payant régulièrement les enseignants. Il souhaite également que les autorités puissent intégrer les neuf enseignants sur sa liste de paie parce que, indique-t-il, les parents n’ont pas de moyens pour payer les frais scolaires de leurs enfants.
Mathy Musau, envoyée spéciale à Bukavu)


FORUM ECO
S'ADRESSANT AUX CEHFS D'ETAT AU SOMMET DE L'UNION AFRICAINE
Le Président de la Banque mondiale promet de protéger les Africains les plus vulnérables
Dans son discours prononcé mardi, dernier, au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président du groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick a Souligné que les effets de la crise alimentaire, énergétique et économique mondiale n’ont pas fini de se faire sentir sur les populations d’Afrique. Pour ce faire, il importe de maintenir les actions entreprises pour protéger les plus vulnérables tout en posant les fondements de la productivité et de la croissance de demain.

Pour Robert Zoellick, il est crucial de faire du continent une destination plus prisée des investisseurs, de convaincre les bailleurs de fonds d’assurer aux États un appui suffisant, en particulier à ceux qui sortent d’un conflit, et de travailler avec les Africains afin de garantir que chaque dollar dépensé contribue effectivement à vaincre la pauvreté.
Au cours de sa tournée africaine qui l’a conduit respectivement en Sierra Léone, en Côte d’Ivoire et en Ethiopie, le Président de la BM a reconnu que des risques considérables continuent de peser sur l’année 2010. « Nous devons œuvrer à réparer les dégâts que la crise économique mondiale a infligés à d’innombrables vies humaines », a-t-i-insisté avant d’ajouter « dans le même temps, il nous faut veiller à ce que les formidables taux de croissance affichés par l’Afrique ces vingt dernières années ne restent pas sans lendemain, et nous assurer que les fondements de la productivité et de la croissance futures soient posés pour permettre l’élimination de la pauvreté sur le continent. »
Dans une optique à long terme, il a appelé à un renforcement des investissements dans toute la région afin d’élargir la part de l’Afrique dans les échanges mondiaux et intracontinentaux, tout en favorisant l’intégration régionale et en construisant les infrastructures indispensables dans les domaines de l’énergie, des transports et de l’irrigation pour promouvoir l’agriculture et l’industrie de transformation.
M. Zoellick a terminé son périple africain sur une bonne note « Je quitte l’Afrique impressionné par les actions engagées par bon nombre de pays pour faire face à la crise économique mondiale, mais conscient également que les États et leurs partenaires, dont le Groupe de la Banque mondiale, doivent faire plus encore pour créer des opportunités et améliorer les perspectives de croissance économique. Les progrès que j’ai vus dans toute la région, y compris dans des pays fragiles et sortant d’un conflit, me confortent dans l’idée que l’Afrique a le potentiel pour devenir une nouvelle source de croissance pour l’économie mondiale ».
La Banque mondiale a signé un protocole d’accord avec Microsoft à Addis-Abeba pour aider l’Afrique à suivre l’évolution rapide des technologies, faciliter l’accès des petites entreprises africaines aux TIC, et rendre les remises de fonds vers l’Afrique moins coûteuses.
À l’occasion du sommet semestriel de l’UA à Addis-Abeba, le Groupe de la Banque mondiale a réaffirmé aux dirigeants africains sa volonté d’appuyer les mesures prises par les gouvernements pour stimuler les économies nationales et saisir la balle au bond lorsque la croissance et le commerce mondiaux repartiront. La Banque mondiale apportera également son assistance aux projets qui permettront d’assurer aux ménages et aux entreprises une alimentation en électricité fiable, propre et abordable, mais aussi à ceux qui exploiteront le potentiel des énergies renouvelables telles que l’hydroélectricité, le solaire et l’éolien, qui amélioreront l’efficacité des centrales thermiques et qui aideront les pays à faire face au changement climatique important.
Robert Zoellick, qui était accompagné du vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Obiageli Ezekwesili, a indiqué être venu en Afrique pour écouter et s’informer auprès des dirigeants africains ainsi que de représentants de parlementaires, d’autorités locales, du secteur privé, de la société civile, et d’associations de femmes et de jeunes d’Afrique. Durant cette visite, des responsables gouvernementaux, des représentants du secteur privé, des bailleurs de fonds et de la société civile ont souligné la nécessité de créer des emplois, plus spécialement pour les jeunes et les femmes, de développer les capacités entrepreneuriales, de favoriser la réconciliation et de promouvoir des institutions stables et capables. Ces objectifs sont particulièrement importants dans les pays sortant d’un conflit qui ont besoin de mesures politiques, sociales et économiques plus solidaires pour donner aux pauvres une chance d’échapper à la misère.
Depuis le déclenchement de la crise économique mondiale à la mi-2008, le Groupe de la Banque mondiale a engagé un montant exceptionnel de ressources, soit 88 milliards de dollars, sous forme de prêts, de dons, de participations et de garanties. L’IDA, qui fournit des aides financières et des prêts à faible intérêt aux 79 pays les plus pauvres de la planète dont la moitié se trouve en Afrique, a engagé 7,8 milliards de dollars au profit des pays d’Afrique subsaharienne pendant l’exercice 2009, un chiffre en hausse de 36 % par rapport à 2008. L’IFC, la filiale qui fournit des investissements et des services de conseil visant à renforcer le secteur privé dans le pays en voie de développement, a vu ses engagements en Afrique passer de 445 millions de dollars en 2005 à 1,82 milliard de dollars en 2009. Dina BUHAKE

REUNION AGRICOLE DES PAYS MEMBRES DE LA SADC
Vers une harmonisation des systèmes semenciers dans la sous-région
Les ministres agricoles des pays membres de la SADC vont se réunir vendredi 05 février 2010 à l’Hôtel venus dans la commune de la Gombe. Au cours de cette rencontre, trois questions seront débattues, à savoir la Charte de la SADC, la viabilité du centre de recherche agricole et de développement de l’Afrique australe (Cardesa) et la signature d’un protocole d’accord portant harmonisation des systèmes semenciers dans la sous-région.
Après une réflexion approfondie, ces différentes questions seront soumises au sommet des chefs d’Etat. En fait, sur recommandations du sommet de la SADC qui a eu lieu en septembre de l’année dernière en RDC, il a été demandé aux ministres des Etats membres qui ont en charge l’agriculture dans leurs attributions de présenter au prochain sommet le projet de charte et d’harmonisation du système semencier dans la sous-région. Ils leur a été demandé également de vérifier la viabilité du Centre de recherche agricole et de développement de l’Afrique australe (Cardesa). Ce centre a pour mission de coordonner toutes les recherches agricoles dans la sous-région.
Concernant la signature d’un protocole d’accord sur l’harmonisation du système semencier entre les Etats membres de la SADC, il est important de retenir que désormais, les semences doivent transiter d’un pays membre à un autre. Pour y parvenir, il est question d’harmoniser les systèmes semenciers des Etats qui ont des productions différentes.
Les travaux techniques qui vont permettre à la mise en place de ces différentes opérations, sont déjà à pied d’œuvre. Car chaque pays a son système de production et son semencier. D’où, il est question d’harmoniser ces différents systèmes qui varient d’un pays à un autre.
Simard Simon TSOUMBOU.
VIVEMENT LE SPORT
L'AVANT DERNIERE JOURNEE DE LA PHASE QUALIFICATIVE INTERVIENT CET APRES-MIDI A LA LINAFOOT
V. Club – Molunge, DCMP – Babeti ya sika, Lupopo – Likasi, New Soger – Sanga Balende … au rendez-vous
Les équipes engagées à la phase qualificative de la 15ème édition du championnat de la Linafoot se retrouvent, une fois encore, sur les différents terrains cet après-midi. Elles jouent l’avant-dernière journée des matches en groupe. Il y a, pour rappel, six stades qui abritent les joutes en cours.
A Kinshasa, il y aura deux matches au stade des Martyrs. Le TP Molunge de Mbandaka, avant dernier du groupe, ira à l’assaut du leader V. Club. Cette rencontre interviendra juste après le premier match qui mettra face-à-face Matiti mabe de la province de Bandundu à Veti Club du Bas-Congo. Si V. Club reste leader du groupe avec le maximum des points gagnés en quatre sorties, il est suivi respectivement de Veti Club, Molunge et Matiti mabe.
A Matadi, le TC Elima du Bas-Congo, qui commande le groupe devant DCMP de Kinshasa, reçoit Vutuka de Bandundu en lever des rideaux du match entre les Vert-blanc de Kinshasa (DCMP) et Babeti ya sika de l’Equateur. Dans ce groupe, un match serré se joue à distance entre Elima et DCMP. Tous deux aspirent à la qualification. En attendant le choc de dimanche entre les deux prétendants, c’est Elima qui siège au fauteuil de leader.
A Mbuji-Mayi, l’OCK retrouve Tshinkunku de Kananga avant le duel entre New-Soger du Katanga et Sanga Balende de Mbuji-Mayi. A la manche aller, OCK avait eu raison de son adversaire du jour par un but à zéro. Le même score avait été réalisé par Sanga Balende devant New Soger. Dans ce groupe de Mbuji-Mayi, le club qui sera qualifié ne pourra être connu qu’à la suite des matches de dimanche.
A Lubumbashi, un duel entre clubs du Katanga reste l’unique rendez-vous du jour. St Eloi Lupopo retrouve la Jeunesse Sportive de Likasi. Lors du premier derby à la manche aller, les « Lumpas » avaient étrillé la JS de Likasi par deux buts à zéro. Sans surprise cet après-midi au stade Kibasa Maliba, le qualifié de la prochaine phase du championnat sera connu.
A Goma, une seule rencontre à l’affiche, le match qui opposera le Tout Solide Malekesa de Kisangani au DC Virunga de Goma. A l’aller, la victoire avait choisi le DC Virunga au détriment de Malekesa par un but à zéro. Les « Boyomais » de Malekesa doivent se donner à fond dans cette bataille qui constitue sa dernière chance de qualification. Car, c’est la dernière rencontre de Malekesa dans ce groupe à trois clubs.
Et enfin, à Kisangani, deux rencontres sont au programme entre d’une part, l’AS Kabasha de Goma au FC Ajax de Bukavu et d’autre part AS Nika de Kisangani au FC Ndjadi de Kindu. La course à la qualification reste très dure au stade Lumumba de Kisangani.
Pascal LIKANA

Shabani Nonda pourrait rebondir en Grèce
Chris Shabani Nonda pourrait rebondir en Grèce. Moins d'une semaine après avoir résilié son contrat à l'amiable avec son ancien club, Galatasaray (Turquie), l'avenir de l'attaquant congolais pourrait se jouer dans un club de Grèce dont le nom n'est pas encore connu, rapporte L'information a été livrée, mercredi, sur le site Chronofoot.fr " Pour Shabani, il y a une offre en provenance d'une équipe grecque de bas de tableau. C'était un peu chaud, mais là les bonus de transfert ont augmenté donc il y a des chances que cela se fasse ", a annoncé la même source. " Ils ont proposé 300 000€ sur quatre mois au joueur ainsi qu'une augmentation de 100 000€ si l'équipe reste en première division ", a déclaré l'agent de Shabani Nonda à cette source. Il faut signaler que trois clubs occupent actuellement les profondeurs du classement. Il s'agit de Larissa, Levadiakos et Panthrakikos Komotini. Est-ce parmi ces clubs que le congolais va jouer pour le rester de la saison ? Les jours à venir en diront plus.


ETRANGER
Soudan: la CPI réexamine le mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir
Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) vont devoir examiner à nouveau la demande d'un mandat d'arrêt pour génocide au Darfour contre le président soudanais Omar el-Béchir, soupçonné de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. La chambre d'appel a ordonné mercredi aux juges de première instance de "prendre une nouvelle décision en se basant sur une bonne administration de la norme de la preuve". Une "erreur de droit" a été commise. Les juges de première instance ont, selon la chambre d'appel, été trop exigeants dans leur évaluation des preuves nécessaires à la délivrance d'un mandat d'arrêt pour génocide.
Ils avaient émis le 4 mars 2009 un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour mais n'avaient pas retenu le chef d'accusation de génocide demandé par le procureur. Ce dernier, Luis Moreno-Ocampo, avait interjeté appel le 6 juillet 2009. Le procureur de la CPI enquête depuis 2005 sur le Darfour, région déchirée depuis 2003 par une guerre civile, en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.
L'arrêt rendu mercredi est "important pour les victimes", a déclaré à l'AFP M. Moreno-Ocampo, selon lequel Omar el-Béchir "sait que son destin est d'affronter les charges" qui pèsent contre lui. "La meilleure solution serait de l'arrêter au Soudan", a estimé le procureur: "il gagnera peut-être les élections mais il sera arrêté".
Le gouvernement soudanais a de son côté accusé la CPI de vouloir compromettre les élections d'avril et le dialogue avec la rébellion du Darfour. "La CPI veut compromettre le processus politique au Soudan et les négociations en cours à Doha", a déclaré à l'AFP Kamal Obeid, ministre d'Etat à l'Information et porte-parole du gouvernement.
La rebellion a salué la décision de la CPI. "C'était la bonne décision à prendre", a déclaré à l'AFP Ahmed Hussein Adam, porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) en parlant de "grande victoire pour le Darfour". La Coalition d'ONG Sauvez le Darfour s'est également félicitée de l'arrêt. "La justice et la responsabilité sont des composantes essentielles de la solution globale nécessaire pour mettre un terme à la crise au Darfour", selon son président Jerry Fowler.
Omar el-Béchir est soupçonné d'être pénalement responsable, en tant qu'auteur indirect ou coauteur indirect, de cinq chefs d'accusation de crimes contre l'humanité, à savoir meurtre, extermination, transfert forcé, torture et viol. Il est également soupçonné de deux chefs d'accusation de crimes de guerre: le fait de diriger des attaques intentionnelles contre des civils et le pillage. Les juges de première instance avaient conclu que les éléments avancés par l'accusation ne présentaient pas de "motifs raisonnables de croire qu'Omar el-Béchir avait une intention spécifique de détruire en tout ou partie les groupes four, massalit et zaghawa", les trois principales ethnies du Darfour.
Pour l'accusation, M. Béchir est responsable du meurtre d'au moins 35.000 civils des trois ethnies entre 2003 et 2005, et de l'expulsion et du viol de centaines de milliers d'entre eux, ce qui prouve selon elle ses "intentions génocidaires". Le mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir est le premier mandat d'arrêt délivré contre un chef d'Etat en exercice par la CPI, premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. AFP/FDA.

Angola : Dos Santos remanie son Gouvernement
Le président angolais José Eduardo dos Santos a nommé un nouveau gouvernement, pour se conformer à la Constitution votée en janvier, et gardé la plupart des ministres, a annoncé mercredi la radio nationale. Le ministre du Pétrole José Botelho de Vasconcelos reste en place, celui des Finances, Severim de Morais, est remplacé par Carlos Alberto Lopes alors qu’une enquête est en cours pour malversation à la Banque centrale.
Fernando da Piedade Dias dos Santos, ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, a été nommé vice-président. Le Premier ministre Paulo Kassoma, dont le poste est supprimé suivant la nouvelle Constitution, devient président du Parlement.
Les députés devaient approuver mercredi deux changements effectués par la Cour constitutionnelle dans le texte de la Constitution, selon la radio. La version, votée le 21 janvier par le Parlement, autorisait M. Dos Santos à nommer son vice-président. Les juges ont décidé que le numéro deux sur la liste du parti vainqueur des législatives serait automatiquement désigné à ce poste.
Le nom du candidat à la présidentielle sera dorénavant inscrit sur les bulletins de vote, a précisé la radio. La Constitution, devant être mise en place vendredi, permet au président Dos Santos, au pouvoir depuis plus de 30 ans sans jamais avoir été élu, d’éviter toute perspective d’élection présidentielle au suffrage universel direct. Le chef de l’Etat sera la tête de liste du parti vainqueur des législatives qui n’auront pas lieu avant 2012, les dernières datant de 2008 dans ce riche pays pétrolier. AFP/FDA

France-Mali : nouvel échec des discussions pour un accord sur l'immigration
L
es discussions engagées par la France et le Mali pour négocier un "accord de gestion concerté des flux migratoires" ont de nouveau achoppé sur la question de la régularisation des sans-papiers maliens en France, a-t-on appris mercredi de source officielle à Bamako. "Nous ne sommes pas arrivés à finaliser les discussions en vue de la signature dun accord sur la gestion des flux migratoires entre nos deux pays", a déclaré à lAFP un responsable du ministère chargé des Maliens de lextérieur, après le séjour au Mali dune délégation de responsables français.
Selon le compte rendu de la rencontre, dont lAFP a pu se procurer une copie, "cest essentiellement sur le chapitre de +la régularisation des sans-papiers maliens vivant en France+ quil ny a pas daccord". Selon le même document, le Mali demande que chaque année, 5.000 de ses ressortissants en situation irrégulière en France obtiennent des papiers, tandis que Paris nest disposé à en régulariser que 1.500.
"Les deux parties ont décidé de laisser ce dossier à l'appréciation des ministres français et malien en charge des questions liées à l'immigration", selon le document. Un membre du comité franco-malien chargé du dossier a déclaré à l'AFP: "Mon impression, c'est que la France est décidée à aller vite, quitte à utiliser le bâton et la carotte". Il s'agissait de la sixième rencontre entre les deux parties pour tenter d'obtenir un "accord de gestion concertée des flux migratoires", que Paris a déjà signé avec plusieurs autres pays africains.
Fin mars, le président malien Amadou Toumani Touré s'était entretenu à Bamako avec le ministre français de l'Immigration, Eric Besson. Le chef de l'Etat malien avait alors déploré des "divergences": "Pendant que nous parlons de régularisation de nos compatriotes (immigrés sur le territoire français), la préoccupation de la France reste le retour au pays", avait-il dit.
La communauté malienne en France (ancienne puissance coloniale) est estimée à 120.000 personnes, dont 45.000 en situation régulière, généralement dans des emplois peu qualifiés et éprouvants.
AFP/FDA


APPRENDRE & COMPRENDRE
La canicule et ses conséquences
La canicule est une période de très forte chaleur durant l’été (pour les pays qui connaissent quatre saisons). Même s’il n’existe pas de définition officielle, on considère qu’il y a canicule quand, dans un secteur donné, la température reste élevée et l’amplitude thermique faible. Cela correspond grosso modo à une température qui ne descend pas en dessous de 18 °C, pour le nord de la France par exemple, et 20 °C pour le sud la nuit, et atteint ou dépasse 30 °C pour le nord et 35 °C pour le sud le jour, ceci d’autant plus que le phénomène dure plusieurs jours, et a fortiori plusieurs semaines, la chaleur s’accumulant plus vite qu’elle ne s’évacue par convection ou rayonnement.
Cette définition serait applicable en France ou en Europe de l’Ouest. En effet, la notion de canicule semble relative et la canicule en Afrique ou en Scandinavie pourrait se baser sur d’autres valeurs. C’est probablement cette difficulté qui a empêché la création d’une définition universelle.
En Occident, la canicule était censée survenir au moment où Sirius, l’étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien, se lève et se couche en même temps que le Soleil, c’est-à-dire grosso modo, au Moyen Âge et de nos jours, pendant le mois d’août.

Étymologie
Canicule vient du latin Canicula, qui signifie « petite chienne », l’autre nom de l’étoile Sirius. Elle ne concerne donc à l’origine que la période annuelle du 24 juillet au 24 août, où cette étoile se couche et se lève en même temps que le Soleil, ce qui avait laissé penser aux anciens qu’il y avait un lien entre l’apparition de cette étoile et les grandes chaleurs. Ainsi Pline l’Ancien écrivait : « Quant à la Canicule, qui ignore que, se levant, elle allume l’ardeur du soleil ? Les effets de cet astre sont les plus puissants sur la terre : les mers bouillonnent (XVIII, 68) à son lever, les vins fermentent dans les celliers, les eaux stagnantes s’agitent. Les Égyptiens donnent le nom d’oryx à un animal qui, disent-ils, se tient en face de cette étoile à son lever, fixe ses regards sur elle, et l’adore, pour ainsi dire, en éternuant. Les chiens aussi sont plus exposés à la rage (VIII, 61) durant tout cet intervalle de temps ;

Histoire
Il y a trois millénaires, Sirius se levait avec le Soleil au début de juillet. On lui attribuait alors de mauvaises influences (maladies causées par la chaleur et hurlements des chiens). Dans la Rome antique, on tentait de conjurer l’influence néfaste de Sirius sur les moissons en immolant des chiennes rousses (couleur de l’astre à l’époque).
Longtemps, les étés caniculaires ont eu lieu plusieurs années de suite. Ils allaient souvent par groupe de trois comme en 1383-1385, par groupe de quatre comme en 1331-1334 et 1778-1781, par groupe de sept comme en 1757-1763 et même par groupe de vingt comme en 1718-1737. Il y a quelques années, la Libye a connu la plus grosse canicule de l’histoire. En effet les températures dans la journée atteignirent les 57°C, un record jusqu’ici.

Les conséquences sanitaires
Les fortes chaleurs, associées aux hautes pressions atmosphériques, peuvent durer de longues semaines et parfois des mois. Dans les pays en voie de développement, elle provoque une pénurie d’eau potable et la baisse de la qualité de cette eau, ce qui implique indirectement de nombreux décès. La consommation d’eau non potable fut par le passé une cause majeure de mortalité. Ainsi, en France, il y eut 500 000 morts en 1636, 700 000 en 1718 comme en 1719. Il en fut de même lors de la canicule de 1666 en Angleterre.
L’été caniculaire de 2003 a entraîné une surmortalité de 15.000 personnes en France et 20.000 en Italie au cours des 20 premiers jours d’août. Soit un accroissement de la mortalité de plus de 40%. L’impréparation du pays et la désorganisation du mois d’août ont transformé cet évènement climatique exceptionnel en catastrophe sanitaire majeure.
Pendant la même période, l’Italie voyait sa mortalité croître officiellement de 8 000 décès. Lorsqu’en 2005 la vérité a éclaté, le bilan de la canicule a été réévalué à 20 000 morts. Le bilan de la canicule en Europe s’élève à 70 000 morts.

Les conséquences économiques et environnementales
Les canicules peuvent provoquer des sécheresses catastrophiques. Le grand incendie de Londres en 1666, qui ravagea la ville en quelques heures, a été favorisé par le manque d’eau disponible pour arrêter les flammes. La surconsommation électrique due à l’usage intensif des climatiseurs et à la faible production hydro-électrique entraîne de plus un déséquilibre brutal de l’offre et de la demande.
En France, l’État dédommage ensuite régulièrement les acteurs économiques qui subissent des préjudices en raison des températures trop élevées en décrétant la situation de «catastrophe naturelle». Les périodes de canicule correspondent généralement à des millésimes exceptionnels pour la production viticole, la vigne supporte bien en effet les très fortes chaleurs grâce à son enracinement très profond. Encore faut-il que le viticulteur sache travailler son vin.

Le phénomène météorologique
Les canicules en Europe sont provoquées par l’installation sur le continent d’une régime de dorsale.

Se protéger des effets de la canicule
Protection de l’individu

L’état de canicule étant défini comme un événement exceptionnel, les populations n’ont souvent pas l’habitude de gérer ces événements (contrairement aux chaleurs « habituelles »). On dénombre principalement deux risques :
- le coup de chaleur : si, sous l’effet de l’environnement, la température corporelle s’élève au-delà de 40,5 °C, le fonctionnement des cellules est altéré ;
- la déshydratation.
Cinq catégories de personnes sont particulièrement exposées :
- les jeunes enfants : ils sont dépendants, et s’ils réclament spontanément à boire, en pleurant, ils ne sont pas capable de boire sans aide ni de se protéger de la chaleur ;
- les personnes faisant des efforts physiques, en raison de la thermogenèse du travail musculaire : travailleurs exposés aux chaleurs extrêmes (par exemple ouvriers du bâtiment), sportifs, randonneurs ;
- les personnes ayant des maladies cardiaques : la transpiration ou l’hydratation excessive vont modifier la pression sanguine et sa composition ;
- les personnes âgées : celles-ci perdent la notion de soif et doivent donc boire même si elles n’en ont pas envie ;
- les sans-abris, qui ne peuvent pas se protéger de la chaleur et sont en général exclus des lieux frais (hall de supermarché et de cinéma climatisés).
Les précautions à prendre sont :
- de se protéger du soleil ; en particulier, ne jamais laisser un enfant seul dans une voiture ou une caravane, même pour une courte durée ;
- de se rafraîchir en se mouillant la peau (brumisation, bains, douches) et en utilisant un ventilateur, voire en allant dans des lieux climatisés,
- de boire suffisamment (et avant d’avoir la sensation de soif intense), selon l’activité physique et la chaleur.
Le cas des personnes âgées est délicat car celles-ci ont fréquemment une hypertension artérielle (HTA) ou une insuffisance cardiaque, dont le traitement fait intervenir des diurétiques et/ou un régime sans sel. L’absorption d’eau sans sel peut conduire à une hyponatrémie (baisse de la teneur de sodium dans le sang). Certains médecins considèrent que le risque de déshydratation et d’hyponatrémie prime sur le risque d’œdème : gonflement des membres et œdème pulmonaire ; en effet, l’œdème pulmonaire est facile à détecter et à traiter (y compris par un médecin généraliste à domicile), alors que la déshydratation et l’hyponatrémie sont difficiles à détecter et plus mortels. Certains recommandent donc la suspension de régimes sans sel et de diurétiques ; mais ceci ne fait pas consensus, et dans tous les cas, la décision se prendra en accord avec le médecin traitant, seul compétent en la matière.

Le changement climatique et les perturbations de température
Un changement climatique correspond à une modification durable (de la décennie au million d’années) des paramètres statistiques (paramètres moyens, variabilité) du climat global de la Terre ou de ses divers climats régionaux. Ces changements peuvent être dus à des processus intrinsèques à la Terre, à des influences extérieures ou, plus récemment, aux activités humaines. Le changement climatique anthropique est l’évolution du climat venant s’ajouter à ses variations naturelles, qui est attribuée aux émissions de gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines, et altérant la composition de l’atmosphère de la planète.
Principaux facteurs reconnus de changement climatiqueDans le contexte récent de la politique écologique, le terme « changement climatique » ne correspond qu’aux changements du climat actuel, apparus au long du XXe siècle et attendus pour le XXIe siècle. Dans les travaux du GIEC, le terme « changement climatique » fait référence à tout changement dans le temps, qu’il soit dû à la variabilité naturelle ou aux activités humaines.
Au contraire, dans la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, le terme désigne uniquement les changements dus aux activités humaines. La Convention-cadre utilise le terme « variabilité climatique » pour désigner les changements climatiques d’origine naturelle.

Le récent réchauffement climatique global
Il a d’abord été évoqué par plusieurs auteurs, puis modélisé par Svante Arrhenius en 1896[7]. Depuis, le GIEC affirme que ce réchauffement tend à s’emballer et que les cycles et processus de régulation climatique classiques sont dépassés de puis 1950, avec notamment :
- Le dégel du pergélisol contenant du méthane (CH4), dont l’action sur l’effet de serre est de 23 fois supérieure au dioxyde de carbone (CO2).
- La fonte des glaces polaires et des glaciers augmente l’absorption par les sols et les océans des rayonnements solaires.
Durant les canicules plus fréquentes, la végétation ralentit sa croissance et donc sa capacité à extraire le carbone de l’atmosphère. Il s’agirait d’un basculement vers un déséquilibre climatique de forte ampleur, sans que l’on puisse déjà savoir si un point de non-retour est atteint.
Le GIEC ne mène pas de recherche en son propre nom mais a pour mission d’évaluer les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation[8]. Au moins 8 des dix années les plus chaudes depuis 1850 sont postérieures à 1997.

Sécheresse et désertification...
Zones vulnérables à la désertification : Les phénomènes de sécheresse, salinisation et désertification peuvent être aggravés par les modifications anthropiques du climat, notamment dans le Sahel et le désert de Gobi qui s’étendent. La désertification peut elle-même contribuer à des modifications locales et globales du climat, exemple en favorisant les incendies de savanes ou steppes, en étant une source importante de poussières (aérosols qui peuvent influer sur la pluviométrie) et par leur albédo (plus importante qu’un milieu végétalisé).

Facteurs de changements climatiques
Aujourd’hui, nous ne comprenons pas totalement le phénomène des changements climatiques dits naturels (ou « variations climatiques »), mais il existe plusieurs hypothèses qui peuvent tenter de les expliquer.

Causes astronomiques
Variations de la position de la Terre

Les variations des paramètres et celles de la température. Cette théorie proposée par Milutin Milankoviæ entre 1911 et 1941, confirmée par l’O18, largement approuvée par la communauté scientifique explique les cycles climatiques glaciaires / interglaciaires par les variations d’excentricité, d’obliquité et de précession terrestre. Selon cette théorie, sans forçage anthropique la planète devrait entrer dans une nouvelle ère de refroidissement, ou entrer dans une phase interglaciaire exceptionnellement longue et stable (encore 50.000 ans).

Les variations de l’activité solaire

Une autre théorie, compatible avec les autres, est celle des cycles solaires, développée par l’Allemand Heinrich Schwabe vers 1840, puis par l’Américain George Hale en 1906. Elle explique les faibles variations climatologiques qui ont lieu tous les 11 ans, cycle correspondant à celui des taches solaires qui ont une périodicité de 11 ans ; lorsque le nombre de taches solaires est important, le Soleil émet plus d’énergie (la Terre en reçoit donc plus) et donc un changement de température a lieu. Ce rayonnement influe de manière complexe sur la nébulosité (Cf. principe physique de la chambre à brouillard) et donc à la fois sur l’albédo planétaire et l’effet de serre dû aux nuages et à la vapeur d’eau. Ces taches sont plus froides (4 500 K) que la surface du Soleil (5 800 K environ), mais elles correspondent à une augmentation du rayonnement en rayons-X qui peut augmenter de 1 000 fois pour 1 % dans la lumière visible dans les périodes d’intense activité. La petite période glaciaire observée entre les années 1645 à 1715, est une illustration de la théorie de l’influence des variations de températures dues au cycle des taches solaires. On y a observé un nombre inhabituellement faible de taches solaires.

Nuages interstellaires de poussière
Cette théorie est la plus controversée. Pour certains scientifiques, lorsque le système solaire passe dans un nuage interstellaire de poussière, une partie de l’énergie lumineuse est absorbée ; cela influe sur la quantité de chaleur qui arrive sur Terre et donc sur les climats.

Déplacements des continents vers les pôles
Pour comprendre l’influence des déplacements des continents, il faut d’abord savoir que les courants océaniques ont une influence très importante sur les changements climatiques, les continents n’ont en réalité pas d’influence directe sur le climat mais ils permettent en se déplaçant la formation ou l’arrêt des courants marins.
Prenons l’exemple de l’Antarctique : avant la dislocation du super-continent Gondwana, le climat antarctique était chaud et humide ; dès que l’Australie, l’Afrique et l’Amérique du Sud ont migré vers le nord, les divers détroits se sont ouverts et un courant océanique circulaire (appelé courant circumpolaire) commença. En quelque temps, le climat se modifia pour atteindre celui actuel avec une énorme calotte glaciaire qui se mit en place sur le continent antarctique, malgré son aridité (c’est la zone la plus aride du monde), mais toute la neige s’accumule au sol, car à -45 °C de moyenne, la pression de sublimation est négligeable ; la cause d’ablation est d’origine éolienne et sur les côtes, le vélage des glaciers.
D’autre part, le «tapis roulant» océanique tourne en environ 2000 ans. Si la circulation thermo-haline venait à être interrompue, le climat serait très nettement perturbé. Les deux modèles informatiques de climats (américain et européen) donnent des résultats assez semblables, mais sont très largement dépendants des facteurs anthropiques.

Crises volcaniques
Les émissions gazeuses des volcans ont 2 effets inverses :
- les aérosols (émissions de SO2) et poussières) obscurcissent l’atmosphère, augmentent la pluviométrie et refroidissent le climat ;
- dans un second temps, les grandes quantités de gaz à effet de serre émis provoquent un effet de serre additionnel. L’effet de serre a pour conséquence à l’instar du climat dans une serre, d’amplifier les différences de températures : s’il y a du soleil, la chaleur est conservée et réfléchie, s’il n’y a pas de soleil, la chaleur rentre plus difficilement et par conséquent il fait plus froid.
La majorité des extinctions des espèces du passé semble dues à une variation climatique brutale.
La chute de la météorite du Chicxulub est souvent évoquée comme cause initiale de l’effondrement de la biodiversité à la fin du jurassique, mais il semble (Courtillot, 2004) que des éruptions volcaniques (induites ou indépendantes de chocs météoritiques) qui ont laissé des trapps (dans le Deccan, Inde) gigantesques, ont le plus drastiquement perturbé le climat durant des centaines d’années à une vitesse dépassant la cadence des adaptations évolutives possibles des espèces. En particulier, la crise des traps de Sibérie est associée à l’hécatombe du permien.
Des perturbations significatives et mesurables ont suivi l’éruption du Pinatubo (1991) et en 1783-1784, celle du Laki (éruption islandaise dont le nuage a laissé une trace dans les registres de mortalité d’Europe (Courtillot, 2005)). En 1815 l’éruption du Tambora a également eu des conséquences climatiques mondiales, avec de fortes perturbations en 1816.

Les amplifications des modifications climatiques
Variation de l’albédo

Cet effet n’est pas à proprement parler un facteur des changements climatiques mais un amplificateur. L’albédo est la proportion en % de rayonnement solaire arrivant au sol réfléchie vers l’espace. Les surfaces enneigées et glacées ont une forte albédo. Les surfaces sombres (terre) ont une faible albédo. Plus l’albédo est élevé, plus le rayonnement est réfléchi et moins il est utilisé pour réchauffer le sol puis l’atmosphère subjacente. En effet, lorsque que la Terre rentre dans une ère glaciaire, la surface occupée par les glaces augmente et donc l’albédo augmente, ce qui diminue le réchauffement du sol et de l’atmosphère subjacente et renforce ainsi l’ère glaciaire. Et inversement lorsque la Terre est en période interglaciaire.

Changements climatiques dus à l’Homme
Ces changements sont dus à l’industrialisation de la planète et à l’utilisation massive d’énergies fossiles. Alors que les changements climatiques naturels se font sur de très longues périodes, ce qui implique une certaine adaptation des espèces animales et végétales, les changements anthropiques sont très rapides et par conséquent menacent énormément les écosystèmes souvent fragiles. La déclaration commune des Académies des Sciences des pays du G8 de Juin 2008 demande que toutes les nations collaborent pour apporter une réponse globale au changement climatique (académies signataires : Etats Unis, France, Chine, Brésil, Canada, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Russie, Grande Bretagne).

Hiver nucléaire
Un hiver nucléaire est un phénomène climatique hypothétique, de baisse globale des températures de surface, prédit comme pouvant être le résultat d’une guerre nucléaire massive. Il serait analogue à l’hiver volcanique ou à l’hiver d’impact.

Conclusion
Tous ces paramètres n’ont pas les mêmes impacts en ampleur, et dans le temps . Par exemple, les paramètres de Milankoviæ sont à ignorer si l’on considère les changements climatiques sur 1 000 ans mais ont une influence dans les temps géologiques (sur quelques dizaines de milliers d’années). Pour les taches solaires, c’est l’inverse. Des variations climatiques rapides et de faible ampleur existent à toutes les époques : bien connues aux périodes historiques, on en a mesuré avec précision sur un siècle, à la fin du Néolithique, dans un village immergé dans le lac de Paladru en Dauphiné (France)