QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES





Edition n°3613
Jeudi 20 mai 2010
BILLET

Quel préjudice
pour Muzito !

Qui a dit que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis ? D'aucuns pensaient qu'à la suite des élections de 2006, le Congo-Zaïre allait divorcer d'avec la fameuse exception congolaise.Que non.Le spectacle-au propre comme au figuré-dont nous gratifient les élus de l'Ituri est une espèce de preuve par l'absurde que le pays demeure l'espace de tous les anachronismes et autres anomalies. Voilà des parlementaires -et donc-des garants de la loi-menacer d'ériger leur district en province avec ou sans l'aval de Kinshasa! Lire la suite


Dérive à la Chambre!

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Les vérités de Mashako
(05/04/2010)

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Mémoire courte
(03/05/2010)

Les initiés aux arcanes politiques congolais l'ont déjà senti. Un coup fourré contre le Palu est en gestation. Les commanditaires de cette cabale se recrutent au sein même de la Majorité. Les prémices de ce complot contre le parti d'Antoine Gizenga se traduisent par une campagne de presse où tour à tour les détracteurs du Palu prêtent à ce dernier le dessein de créer une plate-forme concurrente en prévision des échéances électorales...Le double but de la manœuvre : affaiblir le principal parti lumumbiste et casser l'axe Palu-Joseph Kabila .Cette alliance qui empêche tous les opportunistes du camp présidentiel d'accéder à la Primature.
Certes, la politique est tout sauf un dîner de gala. C'est le domaine par excellence de coups bas. Ce ne sont ni le vétéran Gizenga ni son fidèle lieutenant Muzito qui l'ignorent. Eux qui ont été formé à la dure. Seulement, quand «l'anti paluisme» primaire se décline au détriment des intérêts et de la Majorité et surtout de son chef, c'est que dans le camp présidentiel on se bat déjà au couteau.
Tout le problème est de savoir à qui profiterait le découplage Palu-Kabila. En tout cas pas au Raïs. Encore moins au aux forces nationalistes. Zoom sur 2006.Lorsque Joseph Kabila et Antoine Gizenga signent leur deal pour le second tour, ce n'est pas seulement pour des raisons électoralistes. C'est aussi pour conjurer la fracture Est-Ouest qui était manifeste au terme du premier tour de l'élection présidentiel. Il était apparu que le Président Kabila avait été boudé par ses compatriotes de l'Ouest. D'où le dévolu jeté sur le Palu-avec ses réserves de voix dans le Bandundu et à Kinshasa. Question: combien les adversaires du Palu originaires de l'Ouest - qui étaient déjà avec le Président-avaient apporté en termes de voix? Pourquoi ils n'avaient pas pu faire élire le Président au premier tour ?
Qu'on aime ou pas le Palu, force est de constater que ce parti dispose des assises sociologiques qui manquent cruellement à nombre de formations bon chic bon genre de la Majorité. Et l'étrange accalmie sur le front de la rue kinoise s'explique en partie par le fait qu'un des partis pourvoyeurs des contestaires -ces fameux braillards kinois- est au pouvoir. Et on ne peut pas en même temps tirer profit de la base du Palu et reprocher à ce parti d'être sectaire. Qui ignore que le parti d'Antoine Gizenga compte le gros de ses adhérents et sympathisants dans le Bandundu et les bas quartiers de la capitale ? Y aurait-il un mal à ce que ceux qui ont le plus contribué à la victoire du Palu soient les premiers à être récompensés ? Simple logique arithmétique en démocratie. Simple bon sens et réalisme politique. Là aussi, qu'on exagère rien. Le Palu a confié des ministères aussi importants que les Mines ou encore le Budget à des ressortissants d'autres provinces que le Bandundu.
Offrir en holocauste la tête de Muzito et faire une opa sur la majorité serait ouvrir une brèche dans la quelle s'engouffreraient tous ceux qui parient sur l'affaiblissement du pouvoir actuel à l'Ouest et surtout à Kinshasa. Au profit de qui ? FDA


Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)

Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique.
José NAWEJ


Le «parti» de
Kamerhe ...
(28/04/2010)

Si Vital Kamerhe se fait rare dans les salons politiques kinois, son ombre n’en continue pas moins de planer sur la ville haute. Tout le week-end dernier, le microcosme politique congolais était traversé par des rumeurs sur la «sortie officielle» du parti kamerhiste. Ce parti politique annoncé de longue date mais dont l’archi élu de Bukavu n’a jamais ni confirmé ni infirmé non plus la gestation.
Alors, d’où vient que le cas Kamerhe demeure dans les esprits alors que l’intéressé n’est plus sous le coup des caméras et micros? Depuis son départ, mieux son éviction du perchoir, Vital Kamerhe est entré en hibernation. Quand il ne prend pas des cours du côté de Johannesburg, ce licencié en économie de l’Unikin prend ses quartiers dans ses fermes à la lisière de Kinshasa ou sur ses collines du Kivu. Possible qu’entre ces différents hobbies, Vital Kamerhe tisse sa toile d’araignée. Histoire de donner une suite à sa carrière. Une direction aussi? Laquelle? C’est tout l’intérêt des conjectures sur l’avenir politique de l’ancien speaker de la Chambre. Plus concrètement, Vital Kamerhe va-t-il rentrer dans les rangs kabilistes ou se frayer son chemin? C’est l’une des grandes questions de cette fin de quinquennat. Car, l’ancien feu follet du camp présidentiel n’est pas un politique ordinaire. Il y a en cet homme ce ressort qui fait qu’en politique certains acteurs sont plus égaux que d’autres.
Le problème n’est pas d’être pour ou contre Kamerhe. La question n’est pas d’aimer ou de détester l’ancien secrétaire général du PPRD. Il y a sans doute des raisons pour l’approuver comme pour le désapprouver. Seulement, quand on aura épuisé ces différentes postures s’imposera un fait, voire une évidence: Loin des lambris du pouvoir, l’étoile Kamerhe n’a pas été éclipsée. Sur la bourse politique, la valeur Kamerhe ne s’est pas dépréciée. De retour de Bukavu, un scientifique peu porté sur les joutes politiciennes zaïro-congolaises confie que dans la capitale historique du Kivu holding, Vital Kamerhe est loin d’être un has been. Bien au contraire. C’est tout dire.
José NAWEJ


«Plénière de chez nous»
(23/04/2010)

Initiée pour saluer le vingtième anniversaire de l’acte fondateur de la démocratisation, la manifestation de l’opposition a été dispersée. Autorisée? Non autorisée? Cela importe peu. A l’heure de l’évaluation, c’est un mauvais signal que Kinshasa envoie à l’extérieur. Surtout en ce moment où les ONG des droits de l’homme déversent quantité de rapports les uns plus négatifs que les autres. Les derniers brûlots de l’incontournable Human Rights Watch et de l’International crisis group sont encore frais dans nos mémoires. Quand on connaît la connexion de ces ong avec les pays qui comptent, il y a de quoi s’inquiéter.
De ce point de vue, il apparaît clairement que la Rdc n’a rien à gagner en prêtant le flanc aux critiques d’organisations des droits de l’homme. En particulier, la dispersion des sympathisants de l’opposition contraste avec la sortie en fanfare, il y a trois semaines, du PPRD à l’occasion de son dixième anniversaire. Pourquoi refuser à l’opposition républicaine ce qu’on a accordé au principal parti de la majorité? On aurait voulu donner la preuve que la démocratie était à géométrie variable qu’on ne s’y prendrait pas autrement. On aurait voulu installer l’opposition dans le rôle enviable de martyr qu’on ne se procéderait pas autrement. On aurait voulu booster une opposition pas toujours à la hauteur des enjeux du pays qu’on ne s’y prendrait pas non plus autrement. Sous Mobutu, la répression systématique de l’UDPS avait eu notamment pour effet de faire la publicité gratuite du parti cher à Etienne Tshisekedi.
D’où la question: à qui profite le zèle de certains de nos agents de l’ordre et surtout celui de leurs supérieurs hiérarchiques? En tout cas, pas au Chef de l’Etat. Ce n’est assurément pas aider Joseph Kabila que de donner au reste du monde l’image d’un régime qui réprime l’opposition. Après avoir rendu le pays fréquentable, le Raïs n’a vraiment pas besoin de tous ces boutefeux qui ternissent l’image de la RDC.
Tout se passe comme si, dans le camp présidentiel, une constellation de matamores s’était liguée à l’effet de pousser le régime à la faute. Principal artisan du relifting de la Rdc, Joseph Kabila n’a aucun intérêt à voir son pays revenir sur la liste des Etats jugés peu recommandables.

José NAWEJ







































































































































































































A LA UNE
Motion avortée contre le Gouvernement
L’Opposition rattrapée par sa tricherie
* Certains élus se sont rendus coupables de faux en écriture pouvant les conduire en justice, en apposant leurs signatures deux fois ou en signant indûment pour des collègues absents qui n’ont émis aucune procuration
* Dans le compte rendu de la conférence des présidents, le Rapporteur de la Chambre basse donne les vraies raisons du retrait de la motion par l’Opposition

La plénière de ce mercredi 19 mai 2010 à l'Assemblée nationale aura été la plus courte de la législature, du moins à ce stade : pas plus de 15 minutes. Elle sera aussi la plus pauvre en matière traitée : 0 point inscrit à l'ordre du jour. Consacrée, comme tous les mercredis, au contrôle parlementaire, cette plénière devait statuer sur la très sensible motion de censure de l'opposition contre le Gouvernement. Annoncée par Jean-Lucien Bussa Tongba le 28 avril 2010 dans sa conclusion à sa question orale avec débat adressée au Premier ministre sur la mise en œuvre du programme du Gouvernement, cette motion n'a été déposée au bureau du Rapporteur de la Chambre basse que le vendredi 14 mai 2010 à 10 heures 50' et immédiatement transmise au Premier ministre.
Hier donc, alors que le Président du Bureau entreprenait de la soumettre à la plénière pour inscription à l'ordre du jour en vue de son traitement, l'opposition elle-même va arrêter la machine en la retirant. Par une motion incidentielle, le MLC François Muamba Tshishimbi est, en effet, monté sur le podium pour annoncer ce retrait. Le secrétaire général du parti cher à JP Bemba a justifié ce retrait par le fait qu'en rapport avec l'importance de la matière sous examen, et par souci de clarté et de vérité qui doivent caractériser le débat attendu, les conditions pour ce faire n'étaient pas réunies.
Rappelé par le Président de la séance pour clarifier ce justificatif, il a fait état de l'ambiance de la salle et de pressions qu'auraient subies certains signataires de la motion, cela avant de promettre qu'une autre motion sera déposée prochainement. Hier mercredi, en effet, une vive tension régnait dans la salle des Congrès, non seulement avec les menaces de la foule sur les députés, mais aussi dans les rangs des élus eux-mêmes, surtout du côté de l'opposition qui se réunissait en pleine salle et même quand Boshab avait déjà ouvert la séance.

LA VERITE SUR LE MOTIF DU RETRAIT
La plénière ouverte ne contenant plus de point à traiter, puisque celui proposé n'a même pas été passé au vote, Evariste Boshab a levé la séance plongeant la salle dans la confusion. C'est au bout de quelques minutes que l'on va réaliser ce qui vient de se passer. Concrètement, le retrait de la motion de censure sonne son glas, puisqu'il ne sera plus examiné au cours de l'actuelle session qui se clôture le 15 juin prochain.
Après vérification, on apprendra que le retrait de la motion a été décidé, à la demande de l’opposition, lors de la conférence des présidents qui s’est réunie une heure avant la plènière. A cette occasion les députés François Muamba, Kiakwama et Roger Lumbala ont, dans une motion d’information, fait état de certaines irrégularités sur la forme, notamment au sujet de certaines signatures.
Il s'est avéré que le nombre de 126 signatures collectées était entaché d'incorrections caractérisées, notamment, par de doubles signatures ou des signatures par ordre sans mandat. Certains députés, comme Valentin Tshibuyi (6 et 52 sur la liste) ou Marcel Bope (95 et 103 sur la liste), auraient signés deux fois. D'autres, qui avaient pourtant signé eux-mêmes, ont vu leurs noms repris plus loin sur la même liste, mais sous des signatures par ordre. On avance, dans cette situation, le cas de Roger Lumbala pour qui Emery Okundji aurait signé par ordre alors que lui-même (Lumbala) signe plus loin. Des noms d'autres députés qui séjournent depuis plusieurs mois en dehors du pays pour des raisons diverses se seraient également retrouvés sur la liste sous des signatures par ordre sans procuration ou encore sans aucune indication d'ordre, comme s'ils étaient présents au pays pour signer eux-mêmes.
Les observateurs n’ont pas manqué de s’interroger sur la probité de l’opposition qui a eu tout le temps de vérifier ses listes avant de les déposer au bureau. La gravité des anomalies décelées amène à soupçonner cette opposition de tricherie, alors qu’elle a fini par s’enfermer dans son propre piège. Accusation de tricherie qui se conforte avec cet atermoiement de ses délégués qui ont eu le temps de se rétracter au niveau de la conférence des présidents, sans pour autant exposer clairement leurs motivations à la plénière souveraine.

LA RESPONSABILITE DU BUREAU
Tous ces cas relevés ont ainsi ramené le nombre des signatures sous la barre décisive de 125. Suffisant donc pour que la motion de censure soit déclarée irrecevable. Mais la raison essentielle ayant convaincu l'opposition de retirer sa motion se trouve dans la nature de ces irrégularités qui se traduisent par des faux en écriture dont les auteurs auraient pu être passibles de poursuites judiciaires. L'opposition a donc pris les devant pour éviter l'ouverture du débat qui allait constater formellement ces forfaits. Plus loin, l'opposition a voulu préserver son image du discrédit que ces forfaits auraient causé dans l'opinion.
Par ailleurs, toujours hier dans la salle des Congrès, le public s’est interrogé sur la responsabilité du Bureau de l’Assemblée qui, en tant qu’organe de contrôle, avait l’obligation d’effectuer toutes les vérifications avant de saisir une autre institution qu’est le Gouvernement. Interrogation d’autant plus pertinente que dans le même processus ayant débouché sur la motion de censure contre le Gouvernement, c’est le même bureau qui avait renvoyé à Jean-Lucien Bussa la copie de sa question orale avec débat pour qu’il la recadre avec son object.
En définitive, on retiendra que plusieurs incidents auront émaillé le processus d’interpellation du Gouvernement, incidents qui auront fait monter la tension au sein de la population, alors qu’un peu plus d’attention et de vigilance aurait permis d’épargner le pays de la perte de temps.
Jonas Eugène KOTA & Dorian KISIMBA

L’Opposition parlementaire rattrapée par ses turpitudes
Ce mercredi 19 mai 2010, dans la salle de congrès du Palais du peuple, la montagne a accouché d'une souris.
En effet, la très médiatique motion de censure contre le Premier Ministre Adolphe Muzito a été purement et simplement retirée par ses signataires. Annonce faite du haut de la tribune de la plénière de l'Assemblée Nationale par François Muamba Tshishimbi, Secrétaire Général du MLC et chef de file de substitution de l'opposition parlementaire qui n'en pouvait pas.
II nous revient, de par nos sources les plus introduites en milieu parlementaire, que le président du groupe MLC à la Chambre n’a pas dit toute la vérité à la Nation. D'abord, il a annoncé urbi et orbi que la motion de l'opposition contre le Premier Ministre avait réuni 126 signatures des députés nationaux (le règlement intérieur exigeant 125 signataires pour que la motion soit recevable), alors qu'ils n'avaient réuni qu'à peine 122 signatures.
L'opposition parlementaire s'est donc rendue coupable de faux et usage de faux, infraction prévue par le code pénal congolais. Etonnant n'est-ce pas que les " gardiens de l'orthodoxie de la mission de l'Etat " se compromettent de manière si dégradante !
En effet, les députés Marcel Tshibuyi et Bope Valentin avaient signé deux fois chacun, tandis que Dominique Kabengele, absent du pays pour raisons de santé, avait eu sa signature purement et simplement imitée par les promoteurs de la motion. Il en est de même de l'Honorable Jean-Pierre Tshimanga.
La deuxième forfaiture du leader du MLC, c'est que ne pouvant réduire au silence les malades au nom desquels son groupe a signé la motion sans leur consentement, il n'a pas eu l'honnêteté et le courage de reconnaître son tort et s'est carrément versé dans un second mensonge à la Nation, arguant crûment en direct à la radio et à la télévision que les signataires de la motion de censure contre le Premier Ministre Muzito la retiraient "à cause du climat de travail à l'Assemblée Nationale ".
Cela étant donné la présence au balcon d'un public bruyant, composé en majorité de militants du Palu intéressés au débat parlementaire, présence par ailleurs ni exceptionnelle, ni interdite. Bien au contraire. Puisqu'il en a toujours été ainsi lors de ce genre de plénière de l'Assemblée Nationale.
Au fait, logiquement, l'argument évoquant les conditions de travail aurait dû aboutir à la demande de report de la plénière jusqu'à ce que de meilleures conditions soient assurées, pas au retrait de la motion. Et même alors, pourquoi retirer la motion pour promettre d'en formuler une autre avec le même objectif afin de la soumettre au bureau pour qu'elle soit débattue dans les mêmes conditions (présence du public), puisque la présence du public dans la salle où se tient la plénière de l'Assemblée Nationale est constitutionnelle et organisée par le Règlement Intérieur de cette chambre parlementaire?

AMALGAMES TROMPEURS
Certes, le Président de l'Assemblée Nationale a dit avoir été empêché de travailler par des personnes non identifiées. Ce qu'il faut dans ce cas, c'est mener les procédures d'usage pour établir les responsabilités et non sauter sur cette occasion, somme toute ordinaire, pour mentir effrontément au peuple, abusant ainsi de la foi publique. Il n'y a qu'en RDC que pareilles forfaitures peuvent être perpétrées impunément.
Or, il s'agit là d'un cas type d'une infraction pénale. Après la triste réputation que se sont donnée les Députés Nationaux en couvrant leurs collègues, par solidarité négative, dans l'affaire de corruption pour minimiser la part de la DGI des recettes attendues pour le Budget de l'Etat, l'Assemblée va-t-elle encore couvrir cette double forfaiture ? Son Président, le Professeur Boshab qui a eu le mérite de dénoncer la forfaiture est interpellé. Le Procureur Général de la République aussi. Il est souhaitable que celui-ci se saisisse d'office de cette affaire éminemment pénale pour l'honneur de la justice congolaise. La lutte contre l'impunité ne doit pas être la seule affaire des " petits d'en bas ". Alfred LUKOJI Analyste politique

Le jour où le Palais du peuple a failli s'écrouler…
Mercredi 19 mai 2010, les Congolais avaient rendez-vous avec leur destin. Ce jour, en effet, devait régler le sort du Gouvernement sur qui était suspendue une motion de censure ayant récolté, officiellement, le nombre de signatures requis. L'enjeu était de taille et, dans le microcosme politique congolais, il revêtait des connotations bien particulières. D'une part, l'opposition, qui avait le vent en poupe, semblait s'assurer de pouvoir, enfin, déposer l'Exécutif. D'autre part, la Majorité dont est issu l'Exécutif manifestait des atermoiements qui semblaient conforter l'opposition dans sa croisade. Déjà, l'atteinte de 126 signatures pour la motion de censure donnait un signal rouge qui s'empourprait avec les notes de discordance qui, durant le long week-end dernier, se dégageaient de la coalition au pouvoir. Ici aussi, les observateurs ont scruté le comportement des uns et des autres pour ne constater aucune concertation comme c'est de coutume en ce genre de situation. Tout indiquait donc que les sociétaires, ici, allaient la jouer à la chacun pour soi… avec tous les risques que cela comporte, surtout lorsqu'on sait que l'exercice du jour pouvait déboucher sur un vote à bulletin secret…
Au lever du soleil, une ambiance particulière règne dans certains points chauds de la ville. Les lève-tôt observent un dispositif policier bien particulier à certains endroits, surtout à l'ouest de la ville : Place Victoire, Rond-point Huileries, Boulevard Lumumba, etc. Les parents, eux, donnent des consignes précises aux enfants qui vont à l'école : éviter des attroupements et de traîner à des points de forte concentration de la population; guetter tout mouvement à l'école pour savoir se mettre à l'abri le cas échéant.
A mesure que le temps passe, une effervescence s'installe dans la ville, surtout dans les axes menant vers le Palais du peuple. Jusqu'à 9 heures, la bâtisse chinoise n'a pas encore reçu grand monde. L'ambiance paraît bon enfant. A l'entrée principale, une centaine de partisans du Palu, hommes et femmes coiffés d'un foulard bleu, s'échauffent au rythme de quelques chansons entonnées au mégaphone. Le propos est sans équivoque quant aux intentions des manifestants : ils s'en prennent aussi bien à l'opposition qu'aux partenaires de la Majorité. La rumeur du week end a fait son travail...
Dans la salle aux deux tiers encore vide, quelques députés de la Majorité et de l'opposition se livrent à une brève prise de bec. " Vous allez voir ce que vous allez voir aujourd'hui ", disent ceux-ci. " Ya rien, c'est l'homme qui a peur ", rétorquent ceux-là.
Peu à peu, le parking s'emplit, mais la salle ne suit pas. De petits groupes se forment dans la cour ou dans les couloirs. Des conciliabules se multiplient, tandis que les membres du Gouvernement arrivent et sont installés dans la salle de cinéma. A 9 h 30', Adolphe Muzito arrive et rejoint ses ministres.

Le palu pousse, la police tire
Entre-temps, l'attente commence à se faire longue. Hors de la concession chinoise, la marée bleue (adeptes du Palu) a presque décuplé. Des bus lancés dans la ville affluent vers le Palais du peuple, vomissant des manifestants déjà émoustillés par l'ambiance à bord. Le soleil reprenant ses droits après le tiède début de matinée, tous les ingrédients sont réunis pour que la journée soit chaude. Et elle le devient progressivement.
10 heures. 10 heures 30'. 11 heures. La salle atteint son comble, mais il ne s'observe aucun signe de début de la plénière convoquée pourtant pour 10 heures. Dehors, les adeptes du Palu deviennent de plus en plus impatients. La police les tient à distance. Comme si un ordre a été donné pour les empêcher d'entrer.
Peu à peu, ils traversent la rue et se massent contre la grille de clôture crachant des injures de tous genres à l'endroit aussi bien des policiers que des députés qui passent à bord de leurs Jeeps. La pression devient intenable. La police fait une déviation pour les invités autorisés à entrer.
Autour de 12 heures, la marée bleue parvient à forcer la grille d'entrée. Une centaine de militants se retrouvent dans la cour du Palais, vite repris par les policiers qui, cependant, sont vite débordés par la marée humaine. Des coups de feu retentissent alors, mais en vain. Au contraire, ils accentuent la débandade vers l'intérieur de la concession chinoise. Dieu merci, c'était des gaz lacrymogènes.
En moins de cinq minutes, plus de 2.000 personnes investissement le balcon de l'hémicycle et s'amassent sur la bordure qui donne sur la salle. D'ici jaillissent des menacent sans fards et des revendications sans équivoques : " Libérez Muzito ! ", " des voleurs incapables de voter des lois passent leur temps dans des motions ! ". On ne s'entend plus dans la salle. Tout le monde est debout. Un mouvement de sortie de salle est observé, mais vite stoppé.
La tension a déjà dépassé le paroxysme. L'attente qui se prolonge encore donne lieu - le contraire aurait étonné - à la montée de la rumeur. Info et intox s'invitent dans les échanges. On apprend que c'est une réunion de la conférence des présidents qui retarde l'ouverture de la plénière. Mais une réunion pour quoi et pourquoi maintenant ? L'interrogation en rajoute à l'angoisse.
Dans un coin, les députés de l'opposition s'agglutinent autour de François Muamba. Au loin le propos semble vif. Caméras et micro accourent : c'est une concertation en interne. Sans ménagement, Eugène Kabongo évacue la presse : "Dégagez d'ici, c'est une réunion et pas une conférence de presse ". Le couteau entre les dents, il a le visage injecté de sang. C'est que l'heure est grave. Mais grave pourquoi ?
12 heures 40', le Bureau de l'Assemblée arrive, enfin, et s'installe. Les choses peuvent commencer. Mais pas comme on en a l'habitude. Evariste Boshab a la mine inhabituellement serrée. Ordonnant au protocole de faire entrer les membres du Gouvernement, il annonce qu'il y a des choses graves qu'il va dénoncer en présence du Premier ministre et sa suite gouvernementale.

Colère de boshab, puis retrait de la motion
Boshab tient effectivement promesse : après avoir rappelé, dans une salle encore en ébullition, les dispositions du règlement intérieur sur le comportement du public lors des plénières, il décoche : " les membres du gouvernement peuvent être fiers d'avoir réussi à instrumentaliser la population, incommodant ainsi le bon déroulement de la plénière. "
Le speaker de la chambre basse est furibard. Il se plaint d'avoir lui-même été bousculé par le public à son entrée. " Ce sont des pratiques intolérables en démocratie ", tonne encore Boshab qui ajoute : " Moi aussi je suis secrétaire général d'un parti. Si j'avais appelé mes militants, nous serions en train de vivre l'apocalypse ici. On ne peut pas s'emmener dans ce genre d'hémicycle avec une cohue menaçante pour troubler la quiétude des travaux ". En fin de compte, Boshab - qui rend l'Exécutif responsable de cette situation - décide qu'il n'y aura plus de plénière jusqu'à ce que le Gouvernement répare les dégâts qui auraient été commis.
Cette annonce est mal comprise dans la salle où les députés croient que Boshab a décidé de lever la séance. La tension monte encore de plusieurs crans, mais le président de séance parvient à redresser la barre : la présente plénière n'est pas concernée par la mesure. "Aaah", entend-on dans la salle où chacun regagne, enfin, sa place. Même si des étincelles planent encore dans l'air.
Un semblant de sérénité étant ainsi retrouvé, on en vient aux choses sérieuses. Boshab fait l'entrée en matière. Lorsqu'il entreprend de proposer la question de la motion de censure à l'inscription dans l'ordre du jour, le banc de l'opposition monte au créneau. François Muamba Tshishimbi obtient une motion incidentielle pour annoncer l'inattendu : l'opposition retire sa motion de censure.
Le temps suspend son vol. Personne ne comprend plus rien. Cette même opposition qui a bataillé pendant plus de deux semaines pour réunir les conditions de recevabilité de sa requête, notamment les 125 signatures requises, se rebiffe au moment d'en débattre ! Cette opposition qui, profitant du doute qui planait dans les rangs de la majorité, nourrissait des espoirs sans précédent, cette opposition, donc, se rétracte au moment de l'estocade ! Traduction : il n'y aura pas match… les athlètes peuvent remballer leurs équipements et l'arbitre son sifflet, tandis que les spectateurs peuvent libérer les gradins…
Inattendu, impensable, Evariste Boshab le croit aussi, c'est pourquoi il rappelle Muamba au micro pour qu'il explicite le motif du retrait de la motion de censure. Volontier, le député MLC revient pour expliquer que sa famille politique a estimé qu'au regard de la manière dont le pays est géré, en rapport avec l'importance du sujet sous examen, par souci de clarté et de vérité qui doivent caractériser le débat attendu, mais les conditions pour ce faire n'étant pas réunies, notamment au regard de l'ambiance de la salle, l'opposition a décidé de retirer sa copie, quitte à la représenter à d'autres occasions. Et toc !
Aux quatre coins de l'hémisphère, la conclusion résonne dans une clarté retentissante : jusqu'à la fin de la session en cours, il n'y aura plus de motion de censure contre le Gouvernement, cela conformément au règlement intérieur. La conclusion soulève les militants du Palu dans le balcon.
La bâtisse chinoise n'aura jamais vibré comme hier. N'eut-été la flexibilité de ses structures, des morceaux de bêton seraient certainement tombés dans la salle.
Le déferlement de joie sème la panique dans la salle où les députés décident d'attendre avant de sortir. Entre-temps, sur le podium, les échanges entre le Bureau et les membres du Gouvernement semblent, vu de loin, très houleux. Après un bref échange avec Muzito, ponctué de gestes vigoureux, Boshab quitte enfin la salle par une porte latérale du podium.
Au balcon extérieur, la bousculade pour la sortie fait vibrer les lustres géants. Le perron du Palais est pris d'assaut par les militants survoltés qui chantent, dansent et invectivent indistinctement tout ce qui ressemble à un costume-cravate. Pour eux, tout le monde est député et tout le monde est coupable d'avoir voulu décapiter Adolphe Muzito. Rien de grave ne s'est produit, heureusement. Même pas les dégats que Boshab craignait. L'important dispositif sécuritaire, observé déjà dans la salle, et le protocole auront bien joué pour savoir canaliser la foule vers l'extérieur.
A 14 heures 30', il ne restait plus qu'une dizaine de militants Palu attendant des bus pour les ramener à la cité, le cœur apaisé pour n'avoir pas assisté à la mise à mort du Premier ministre.

REGRETS ET EXCUSES A LA PRIMATURE
Entre-temps, les débordements observés hier au Palais du peuple n'ont pas laissé les gens indifférents. Des sources proches de la Primature ont fait savoir hier que le Premier ministre a sincèrement regretté ces dérapages et présenté ses excuses ainsi que ceux du Gouvernement au Président de l'Assemblée nationale, aux membres du bureau ainsi qu'à tous les députés. Des dispositions, dit-on à la Primature, seront prises pour que pareils incidents ne se puissent plus se produire à l'avenir. Jonas Eugène KOTA

Les vraies raisons du retrait de la motion de censure contre le Gouvernement
Après vérification des listes en annexe de la motion de censure contre le Gouvernement Central, il a été constaté le doublement des signatures pour les députés ci-après :
1. Honorable Marcel TSHIBUYI MIKAMBE. (Réf. annexe !N°4et annexe 3 N°S).
2. Honorable Valentin BOPE BOPE SHAMBA. (Réf. annexe 5 N° 3 et N° 11).
D'autres irrégularités ont été également relevées dans ces annexes. Il s'agit notamment de:
1. L'imitation de la signature de l'honorable Patrick MAZEMBELE qui a saisi le Bureau de l'Assemblée Nationale par motion incidentielle.
2. La non-conformité des signatures apposées pour le compte de l'Honorable Valentin BOPE.
Par conséquent, ces irrégularités ont motivé les députés signataires à retirer in extremis leur motion de censure pour camoufler leur légèreté dans la présentation de ce document sous peine d'être exposés pour faux en écriture, infraction de droit pénal.
En outre, d'autres irrégularités ont été constatées sur le plan juridique.

Déclaration du PPRD en rapport avec les événements survenus le 19 mai 2010 au Palais du Peuple
Vu la constitution, particulièrement en ses articles 68, 91 alinéa 4, 138 et 146 alinéa 2 et 4 ;
Considérant la question orale avec débat initiée par l'Honorable Jean Lucien BUSA;
Considérant que non satisfait des réponses y réservées par le Premier Ministre, la question orale a été transformée en motion de censure contre le Premier Ministre et son gouvernement;
Attendu que l'Assemblée Nationale a fixé la séance plénière dans les 48 heures conformément aux dispositions de son Règlement d'Ordre Intérieur;
Vu l'instrumentalisation des membres d'un certain Parti Politique débouchant sur un désordre généralisé allant jusqu'à bousculer le Président de l'Assemblée nationale et les membres de son Bureau, voire les menaces à l'endroit de certains Députés;
Etant donné que le Président de l'Assemblée Nationale, Camarade Evariste BOSHAB est en même temps Secrétaire Général du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie,
Le PPRD déclare :
1. En tant que Parti démocratique, épris de paix et respectueux des textes régissant les Institutions de la République Démocratique du Congo, le PPRD condamne sans ambages les intimidations et toute forme de violences comme mode de règlement des affaires de l'Etat ;
2. Le PPRD demande, toutes affaires cessantes, à l'Assemblée Nationale de tirer toutes les conséquences que la situation requiert et ce, conformément aux dispositions de son Règlement d'Ordre Intérieur ;
3. Le PPRD insiste sur la nécessité de formation et d'encadrement des
militants pour tous les Partis Politiques de la coalition ; _
4. Le PPRD apprécie la nécessité de la cohésion au sein de la coalition qui ne doit pas être mise en mal à cause des extravagances qui risqueraient de jeter l'opprobre et la honte sur la jeune démocratie.
5. Le PPRD soutient et encourage son Secrétaire Général, le Camarade Evariste BOSHAB dans l'exercice de ses fonctions de Président de l'Assemblée Nationale ;
6. Le PPRD appelle enfin tous ses militants où qu'ils se trouvent au calme et à ne pas céder à toute forme de provocation ou de violence.
Fait à Kinshasa, le 19/05/2010
Pour le Comité Exécutif National
La secrétaire Générale Adjointe
Marie Madeleine MIENZE

FORUM ECO
Saisie deS comptes de la Regie par les Ets Fretin
RVM : la délégation syndicale monte au créneau

La délégation syndicale nationale de la Régie des voies maritimes (RVM) est montée au créneau hier pour dénoncer la saisie des comptes de cette régie par les Etablissements Fretin.
Dans une déclaration faite par le président de cette délégation syndicales, Ndedi Mwanda, elle demande la levée immédiate et sans condition de cette saisie et aussi la création d'une commission d'enquête appelée à clarifier la situation afin de mettre un terme à ce contentieux qui dure depuis 1994. Faute de quoi, la délégation syndicale nationale et les travailleurs de la RVM prendront leurs responsabilités. La DSN/RVM, par la bouche de son président, condamne avec la dernière énergie, ces différentes saisies qui menacent dangereusement les emplois des affiliés et asphyxient l'économie nationale ainsi que certaines entreprises. La délégation syndicale de la RVM envisage d'aller en grève illimitée jusqu'à ce que le gouvernement trouvera une solution durable à cette situation qui a trop duré.
La situation est grave, lâche le président Ndedi Mwanda avant de noter que cette situation a des conséquences énormes. Car, poursuit-il, tout va s'arrêter aux ports de Boma et de Matadi. La seule drague qui fonctionne sur le bief maritime se trouve au quai de Boma par manque de carburant. Or, ajoute-t-il, le dragage se fait quotidiennement afin de permettre aux navires d'accéder au fleuve. Si cette situation perdure, il y aura même rupture de denrées alimentaires de première nécessité et aussi les cinq chantiers et les festivités du cinquantenaire connaîtront un obstacle, car la plupart des matériels de travail vient de l'extérieur du pays, confie Ndedi Mwanda.
La délégation syndicale s'engage à prendre les choses en mains pour mettre définitivement fin à ce dossier qui a trop duré. La RVM est une entreprise stratégique, elle est la porte d'entrée et de sortie de toutes les marchandises, relève le président de la délégation syndicale nationale.
C'est depuis 1994 que la société Fretin a commencé à mettre la RVM à genou. La dette globale de la RVM due aux Etablissements Fretin était de 1.932.000 euros. A ce jour, l'entreprise commerciale que dirige Robert Mbwinga a déjà payé 1.600.000 euros.
Quand on fait la soustraction, il reste 320.000 euros. Mais, les Etablissements Fretin qui ont livré les pièces de rechange et autres biens à la RVM réclament 57.000 euros pour intérêts et pénalités, indique la délégation syndicale de la RVM. Selon cette dernière, les Etablissements Fretin manipulent la justice en utilisant le trafic d'influence. C'est ce qui explique la colère de la délégation syndicale qui est montée au créneau afin que le gouvernement de la République trouve une solution durable et rapide. Sinon, on risque de connaître une catastrophe dans ce coin du pays. Mathy MUSAU

Eclairage public sur le boulevard du 30 juin
La Snel signe un contrat de service avec la Sonades
La Société nationale d'électricité (Snel) a signé hier un contrat de service avec la Sonades pour les travaux d'éclairage public de la ville de Kinshasa. Cette signature a eu lieu en présence du ministre de l'Energie, Gilbert Tshiongo qui soutient ce contrat du programme de cinq chantiers de la République. A en croire le n° 1 de l'Energie, le vrai développement de la République démocratique du Congo sera déclenché lorsque le pays de Joseph Kabila développera une grande production dans le domaine d'électricité.
Pour sa part, l'ADG de la Snel a indiqué que ce contrat consiste, en la réalisation des travaux d'éclairage publique sur le boulevard du 30 juin. Le coût de ces travaux est de 4.700.000 dollars américains financé entièrement par la Snel sur demande du gouvernement de la République.
De son côté, la Sonades était représentée par le DG Ibrahim qui a fait savoir que le contrat de partenariat entre les deux pays va du rond-point Socimat jusqu'à la gare centrale. 295 poteaux seront installés sur le boulevard du 30 juin pour l'éclairage public. Selon ses dires, ces travaux seront effectués à court terme pour s’achever avant le 30 juin 2010. Cependant, le DG de la Sonades s'est dit disposé à aller plus loin jusqu'à l'intérieur du pays avec le soutien du gouvernement congolais. Mathy MUSAU

INFOS INFOS
Ministère de la Défense
Mwando Nsimba a représenté la RDC à une conférence militaire en Jordanie
Une délégation congolaise a prit part, dernièrement, à Aman en Jordanie, à la Conférence d'exhibition des Forces spéciales des opérations militaires.
D'après la Cellule de Presse du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants, la délégation était conduite par le n°1 de ce ministère. Outre le ministre Charles Mwando Nsimba, la représentation de la RDC était composée des officiers de haut rang, en l'occurrence le Chef d'Etat-major général des Fardc, le lieutenant général Didier Etumba. Ceux-ci ont assisté à des conférences animées par des commandants des grandes unités opérationnelles militaires des divers pays. Il s'agit des Etats-Unis, d'Italie, du Liban, d'Australie, de la France, de la Jordanie.
Les participants ont suivi des démonstrations d'exercices militaires dont des attaques terrestres, aériennes et navales qui se sont déroulées en présence de Sa Majesté le Roi Abdallah II de Jordanie à la base militaire d'Aman.
Par ailleurs, les participants ont découvert au cours d'une exposition différentes réalités des forces armées jordaniennes ainsi que les hauts faits d'armes des militaires, officiers et hommes de troupes jordaniennes
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Dina BUHAKE

Affaires sociales : Ferdinand Kambere apporte 15 tonnes de vivres aux déplacés de Fizi
Réconforter et assister la population de Fizi déplacée à cause des affrontements armés et chercher à rapatrier les déplacés qui veulent regagner volontairement leurs milieux d'origine sont les deux volets de la mission que le ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Ferdinand Kambere, a effectuée la semaine dernière dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Une mission difficile au regard des moyens et voies utilisés pour atteindre ces compatriotes en quête d'assistance depuis bien de temps.
Mais en dépit de tout cela, le délégué du gouvernement central a franchi le Rubicon au point qu'il a remis à ces compatriotes15 tonnes de produits et une importante enveloppe. Ce lot de produits était composé de vivres tels le riz, le maïs, l'huile culinaire, le savon, le sel, le sucre ainsi que des ustensiles de cuisine comme les casseroles, les bassins et les gobelets en plastique.
Outre l'assistance matérielle, le ministre des Affaires sociales a aussi transmis un message d'espoir et de réconfort à toutes ces nombreuses familles vivant loin de leurs habitations à cause des affrontements armés entre les Fardc et les FDLR.
A Fizi, Ferdinand Kambere a personnellement supervisé l'opération de rapatriement volontaire de 53 familles, soit 380 personnes, de Baraka à Fizi. Ces rapatriés, explique-t-on dans les couloirs du ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et de Solidarité nationale, ont reçu un kit complet en vue de faciliter leur réinsertion sociale.
Dans son message, le ministre Ferdinand Kambere a aussi prêché la paix, l'amour du travail et de la reconstruction du pays. Aux déplacés qui ont voulu simplement regagner leurs milieux d'origine, il a exhorté de s'adonner aux activités champêtres et commerciales afin de contribuer au développement de FIZI. Sur place, le ministre qu'accompagnaient quelques députés élus de Fizi, a visité l'hôpital général de référence où il a encore posé un geste d'assistance sociale au nom du gouvernement. Il a remis une enveloppe pour l'achat des 250 matelas, des matériels de laboratoire et pour le paiement des frais d'hospitalisation de tous les malades s'y trouvant. Ce geste du ministre des Affaires résulte du plaidoyer formulé par le médecin directeur de cette formation médicale lors des entretiens qu'il a eus avec l'envoyé spécial du chef de l'Etat dans cette partie de la République.

Un message de compassion aux populations de Kibumba au Nord-Kivu
Au nom de l'Exécutif national, le ministre des Affaires sociales a présenté aux populations de Kibumba, victimes des éboulements de terre survenus dans la nuit du 15 au 16 mai dernier dans la province du Nord-Kivu, un message de compassion. Cet incident, explique-t-on, est survenu suite au volcan éteint de Mikeno qui a fait éruption causant ainsi 13 morts, 33 disparus et 232 maisons englouties, laissant plusieurs familles sans abris.
Face à cette catastrophe naturelle, le gouvernement central, par le truchement du ministre des Affaires sociales, a décidé de travailler en synergie avec le gouvernement provincial du Nord-Kivu pour ainsi assister en urgence les populations sinistrées. Dorian KISIMBA

Distribution complémentaires gratuite de MIILD à Kinshasa
Environ 12.054 moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée (MIILD) sont en train d'être distribuées depuis mardi, dans la zone de santé Masina I à raison de 4.174 au Bureau central de la zone de santé, 4.194 au centre médical Esperodi et 3.683 à la Polyclinique " aux bons soins " constituant l'un des trois sites de cette zone de santé concernés par la campagne.
Cette distribution vise les ménages qui n'ont pas été servis lors de la campagne de distribution gratuite d'octobre à décembre 2008.
Une bénéficiaire de moustiquaires imprégnées d'insecticide, Anna Lusamba, qui a reçu des moustiquaires selon la taille de son ménage, a reconnu l'avantage de s'abriter afin de lutter contre le Paludisme et d'épargner les enfants de cette maladie.
" Il fera bon vivre au quartier Petro Congo, infesté des moustiques si l'on a l'habitude d'utiliser tous les jours ce matériels afin d'être à l'abri de la maladie ", se dit-elle, très contente d'en bénéficier.
Elle estime que le MIILD n'est pas un pagne à garder dans sa garde-robe, mais on le distribue pour le bien-être des familles.
Un autre ménagère, Impoyi Bibiche, quant à elle, rassure " je réalise maintenant que je n'ai pas été victime d'une injustice lors de la première distribution effectuée en 2008 ". Selon elle, la moustiquaire imprégnée d'insecticide utilisée correctement protège réellement les ménages contre le Paludisme.
La distribution des MIILD s'est déroulée en présence de M. Kakongo Ferdinand et Willy Kenda, respectivement Administrateur gestionnaire de la zone de santé de Masina I et Membre de la commission provinciale de la mobilisation sociale.
De son côté, l'infirmier en chef de la polyclinique Esperodi à Masina sans fil a appelé les mères à faire bon usage des moustiquaires imprégnée d'insecticide pour protéger les enfants et elles-mêmes au lieu de gober les propos mensongères conçus en leur défaveur.
" Le MIILD ne tue pas, c'est plutôt les moustiques qui tuent bel et bien en vous inoculant la Malaria ", a-t-il prévenu.
Auparavant, les médias de la ville de Kinshasa ont été invités par l'Inspection générale de la ville de Kinshasa à l'accompagner lors de la distribution gratuite complémentaire de 51.026 MIILD en vue de contribuer à la réduction de la morbi-mortalité due au Paludisme.
Le Paludisme, indique-t-on, est une cause majeure de morbidité et de mortalité en RDC en général et dans la ville de Kinshasa en particulier entraînant un impact négatif sur le nouveau de vie de la population.
C'est en juillet 2008, rappelle-t-on, que l'inspection provinciale de la santé a signé l'Accord de partenariat avec l'unité de coordination des projets (UCOP) pour le soutien à la mise en œuvre d'une campagne de distribution gratuite de 2.000.000 (deux millions) de MIILD dans les ménages de la capacité pour réduire les conséquences dues au Paludisme.
Pour réaliser la couverture totale en MIILD par rapport à la population dénombrée, l'UCOP a commandé 50.000 MIILD complémentaires qui fait l'objet de cette opération qui s'étend du 18 au 21 mai dans les 22 zones de santé sur les 36 que compte la ville de Kinshasa.
Tekitila Correspondance particulière

INFOS INFOS
Liberté de presse : l’UNPC et l’OMEC lancent le prix «Lucien Tshimpumpu»
Conformément à l'annonce faite le 03 mai 2010, l'Observatoire des Médias Congolais (OMEC) et l'Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) confirment à l'intention des professionnels des médias que le " Prix de la Liberté de presse Lucien Tshimpumpu" sera décerné pour la première fois le 22 juillet prochain, à l'occasion de la Journée Nationale de la Presse.
Eclaté en cinq catégories, le prix vise à récompenser le goût du risque, la rigueur, l'objectivité, l'indépendance d'esprit, la responsabilité, bref, le professionnalisme sous toutes ses formes dans la collecte, le traitement et la diffusion de l'information.
Les prix retenus :
1) Prix du meilleur débat public (Radio/Télévision) ;
2) Prix de la meilleure caricature (Presse écrite) ;
3) Prix de la meilleure enquête (Tous médias) ;
4) Prix pour les autres formats (Meilleur éditorial, meilleur reportage, meilleur commentaire ou meilleure interview) ;
5) Prix du meilleur jeune journaliste (tous médias).
Conditions de participation :
- Etre journaliste congolais ;
- Etre détenteur de la carte professionnelle de presse ;
- Ne pas se trouver sous le coup d'une mesure disciplinaire prise par les organisations professionnelles pour non respect des règles d'éthique et de déontologie ;
- Fournir la preuve de la diffusion effective de ses productions (CD, DVD, coupures de presse), et les déposer dans les délais requis ;
- Présenter deux articles ne dépassant pas 5.000 signes (Presse Ecrite), deux caricatures (Presse Ecrite) ou deux éléments ne dépassant pas 5 minutes (Radio et TV).
- Les productions écrites ou audiovisuelles visées doivent avoir été diffusées entre le 20 mai 2009 et le 20 mai 2010.
- Les productions doivent être déposées soit au siège de l'OMEC (n°33 rue du Comité Urbain, Commune de la Gombe, non loin du Complexe Scolaire Manyanga), soit au siège de l'UNPC (avenue de la Presse, Commune de la Gombe, en face de Botour).
- Les documents proposés au concours deviennent la propriété de l'OMEC et de l'UNPC.
- La date limite du dépôt des productions est fixée au 02 juillet 2010 à 12hOO'.
Du jury
Un jury neutre s'occupe de l'examen des dossiers.
Les œuvres sont transmises au Jury par l'OMEC et l'UNPC sous le sceau de l'anonymat. C'est à la fin des délibérations du jury que les identités correspondant aux documents examinés seront révélées.
- II est interdit aux membres du Jury de prendre part au concours,
- Les délibérations du Jury sont tenues secrètes jusqu'à la cérémonie de remise des prix ;
- Le Jury travaille sur base d'une grille de cotation en vue d'une appréciation correcte des œuvres aux plans du fond, de la forme, de la pertinence, de la nature des sources, etc...
- Les décisions du Jury sont sans appel.
Fait à Kinshasa, le 19 Mai 2010
Pour l’OMEC
Polydor MUBOYAYI
Président
Pour l’UNPC
Chantal KANYIMBO
Présidente

'ADPDM réitère son soutien aux catégories défavorisées
La présidente de l’ONG «Action pour la défense et la protection des droits de minorités» (ADPDM) est une organisation de défense des Droits Humains, a, au cours d’une conférence tenue à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), dressé le bien-fondé de son action.

A en croire M. Jules Théodore Tshabela, président cette organisation non gouvernementale des Droits Humains, particulièrement les Droits de minorité, deux types de minorité sont visés. D'une part la minorité sociologique, regroupant entre autres : les groupes et peuplades minoritaires du type pygmées (premiers habitants du Congo, aujourd'hui menacés par la déforestation de leurs lieux d'habitations, les Tutsi dans les grands lacs, les albinos, les handicapés physiques et autres marginaux sociaux. A coté de cette catégorie qualifiée des marginaux, il relève une autre dénommée : " minorité juridique ". Elle regroupe les mineurs, les femmes mariées, les prodigues, etc.
M. Tshabela a également brossé un tableau sombre sur le sort de minorités frappées de l'extermination en illustrant le cas des Hereros en Namibie. " Les spécialistes en la matière soutiennent que cette ethnie était exterminée par les Ovambos (ethnie majoritaire), pendant la colonisation allemande. Sur près de 80.000 personnes recensées entre 1915 et 1930, quelque 15.000 seulement ont été dénombrées ", a-t-il déclaré. Le second cas, souligne-t-il, est celui du Génocide rwandais. Il visait l'extermination de l'ethnie Tutsi par les Hutus. Le cas du Kossovo en Bosnie n'est à laisser sous silence.
Concernant les minorités juridiques, poursuit-il, le tableau sombre des enfants congolais constitue un cas type et mérite une attention particulière. Parmi les droits de l'enfant violé, il note : l'absence d'enregistrement des naissances à l'état civil, la privation de la parole, le manque de logement, le manque de vie familiale, la non scolarisation, le mauvais traitement infligé aux enfants dits sorciers, la privation des soins de santé, les travaux lourds, l'incitation à la débauche et l'exploitation sexuelle…
Par ailleurs, le président de l'ADPDM fait savoir que les activités de son ONGDH sont menées en partenariat avec plusieurs autres organisations. Les campagnes de sensibilisation sont exécutées en synergie avec les organisations sœurs (Lizadel, l'Adepac, Ocdh, Vsv,…). Pour réaliser les objectifs de l'Association, cette organisation produit des dépliants et autres supports avec des moyens propres issus des cotisations de membres. Avec un personnel composé essentiellement des universitaires, l'ADPDM encadre des vulgarisateurs locaux dans plusieurs villes en République démocratique du Congo. Rocco NKANGA

NATION
Des passagers s’opposent à la transformation de leurs bus en églises ambulantes
A Kinshasa, le vent de l'évangélisation souffle dans les quatre coins de la ville. Dans les églises, au marché, tout comme dans les bus qui assurent le transport en commun, les prédicateurs rivalisent d'ardeur. Zélés, ils transforment quotidiennement ces véhicules en églises ambulantes.

A Bandalungwa comme dans plusieurs communes de la capitale, les prédicateurs ambulants sont enthousiastes quand ils voient surgir des bus qui effectuent un long trajet. Aux aguets aux heures de pointe, ils ciblent particulièrement les bus bondés. Les taxis et taxi-bus les intéressent moins. Lorsque les bus se pointent à l'arrêt, ils le prennent d'assaut et tâchent déjà d'être debout pendant que les autres passagers s'installent sur les sièges.
Dans la plupart des cas, les prédicateurs sont des hommes. Rares sont les femmes qui prennent leur courage en main pour prêcher devant les passagers. Par ailleurs, si les hommes dépassent rarement la quarantaine, les dames sont bien souvent plus âgées.

Les longs trajets appâtent les prédicateurs
Les longs trajets appâtent ces prédicateurs issus, pour la plupart, des milliers d'églises de réveil qui foisonnent dans la capitale. Portant généralement des noms de l'ancien Testament, ils préfèrent qu'on les appelle "évangélistes", "apôtres" ou "prophètes", plutôt que pasteurs. Polyglottes, ils maîtrisent quasiment tous le lingala et la langue de Molière. Visiblement fervents, ils assurent avoir reçu "un appel de Dieu" pour évangéliser…"avant la fin des temps".
Ce matin, sur le tronçon Bandal Tshibangu - Mama Yemo Commerce, un prédicateur élève la voix. Appelés à garder silence pour écouter la prédication, les passagers font d'abord la sourde oreille et continuent à dialoguer de vives voix. Petit à petit, ils baissent de ton et se mettent à chuchoter, au fur et à mesure que le prêcheur gagne en audience. Aussitôt, après une dizaine de minutes de parcours, l'assistance est conquise au point qu'on enttend ici et là, des voix de fidèles de circonstance scander "Amen" à l'appel du prédicateur.

Prêcher pour sauver les âmes
Bible en main, Frère Jonas, 36 ans, focalise l'attention de tous les occupants du bus pendant tout le parcours. Sa chemise bleue et son pantalon noir laissent facilement transparaître qu'il ne provient pas d'une classe aisée. "Tout est communication, commente aussitôt un passager du bus. Je présume que ce prédicateur s'habille mal pour qu'on ait pitié pour lui donner un peu de sous. Je n'ai jamais été convaincu par leur évangélisation. Ce sont des vrais escrocs".
"A chaque fois que je constate qu'un prédicateur veut prêcher dans le bus dans lequel je me retrouve, je suis convaincu qu'il veut de l'argent, réagit, pour sa part, Aïcha, également passagère. Il me suffit juste de l'écouter durant les trois premières minutes pour que j'infirme mon hypothèse".
Malgré les murmures de certains passagers, le prédicateur du jour se montre serein, imperturbable. "J'ai reçu mission de sauver les âmes et j'en suis fier", clame de vive voix Frère Jonas. Contrairement à l'accoutumée, alors que les passagers s'attendaient à le voir demander des offrandes comme des centaines de prédicateurs ambulants actifs dans la capitale, il s'est juste limité à sa prêche avant de se taire.
Déclencher la quête après la prédication
Généralement, les prédicateurs kinois ont coutume d'entonner des chansons et de prêcher dans les bus avant de déclencher la quête auprès des poches généreuses. "Leurs fidèles providentiels contribuent aux offrandes soit par pitié, soit quand ils se sentent touchés ou convaincus par la prédication", note un observateur.
Si certains prêcheurs supplient l'assistance pour avoir de l'argent, d'autres se montrent plus exigeants et multiplient des prières afin que se manifestent des bénédictions pour une main généreuse. "L'évangile est certes gratuit, mais l'évangélisation est payante", argumentent-ils pour justifier leurs actes.
Dans certains bus, il est arrivé que la quête soit consacrée à financer le mariage du prédicateur ou de soutenir l'organisation de sa campagne de prière. Les plus prudents sollicitent des fonds pour financer leur passage à la télévision ou encore une collecte en faveur des malades ou des prisonniers.
Avec cette culture, certaines personnes, après l'écoute de l'évangélisation, donnent aux prédicateurs de l'argent. Ils estiment toutefois qu'il ne s'agit pas d'évangélisation, mais plutôt de "la mendicité avec la parole de Dieu comme couverture".
Dans certaines communes, comme à Lemba Salongo, les passagers des bus City Train, offusqués par ce type de pratiques, ont exigé que les prédicateurs ambulants ne viennent plus perturber leur quiétude. Cette mesure a aussitôt été adoptée par les autorités de la société qui ont placé des policiers devant chaque entrée du bus pour veiller à l'application de cette disposition. Yves KALIKAT & Gracia OLEKO Stagiaire /IFASIC

Retombées du voyage du ministre du devellopement rural
Kasaï Occidental : le territoire de Kazumba doté de 10 sources d'eau aménagées
Le ministre du Développement rural, Philippe Undji a regagné le 18 mai dernier, Kinshasa après une longue mission de service qui l’a conduit à l'intérieur du pays, plus précisément dans les provinces du Katanga et du Kasaï Occidental. Dans son long voyage le n°1 de développement rural a inspecté et supervisé les travaux du Projet de réhabilitation du secteur agricole et rural (Presar). Dans ce projet, il est question d'exécuter des forages à proximité des villages et d'aménager 10 sources d'eau dans le territoire de Kazumba, situé à 35 Km de la ville de Kananga. Le ministre entendait pallier la problématique d'eau potable dans cette contrée. Ceci, pour permettre aux paysans de ce territoire de s'approvisionner aisément en eau potable.
Par ailleurs, le ministre du Développement rural a procédé, au cours de sa mission, à l'ouverture d'une session de formation sur la gestion des pharmacies vétérinaires, la conservation et commercialisation des produits vétérinaires. Cela, en vue d'assurer et améliorer la santé des bêtes de traite financées conjointement par le gouvernement et de la Banque africaine de devellopement (BAD).
Dans le cadre du Presar, cette session de formation va permettre aux populations du Katanga, par l'entremise des médecins vétérinaires, d'améliorer la santé des bêtes. A cet effet, le ministre a remis aux participants un lot d’intrants et de matériels vétérinaires, notamment des solutions et suspensions injectables. Par la même occasion, il a invité le personnel du projet à redoubler d'ardeur pour arriver à développer le monde rural et visibiliser les actions du projet.
A sa descente d'avion à l'aéroport de Ndjili, le patron du Développement rural a déclaré que, pour pérenniser les actions de son ministère, il a voulu vivre lui-même les difficultés de la population pour leur venir en aide. Raison pour laquelle, il a été accueilli chaleureusement et a été couronné par la population paysanne.

Simard Simon TSOUMBOU

*Les responsables des ONG à l'école du développement rural

Le secrétaire général du ministère du Développement rural, Abel Leon Kalambayi, organise du 18 au 22 mai prochain une séminaire de formation à l'intention des responsables des ONG de développement. Cette rencontre vise à renforcer les capacités de ces différentes structures en les rapprochant de l'Etat afin de consolider un partenariat et baliser l'avenir du monde rural. Au cours de cette formation, plusieurs thèmes seront développés, à savoir, l'organisation et le fonctionnement des ONG ; l'entreprenariat des organisations du monde rural; la gestion des ONG et les micro-finances.
Malgré la contribution des ONG aux efforts de développement dans le pays, il a été constaté un certain dysfonctionnement des organes statutaires caractérisé par la non tenue des assemblées générales et l'insuffisance de formation de certains responsables des ONG. D'où, il y a un défi à relever pendant et après la formation qui se tient au Centre de formation agricole et de préparation professionnelle intégrée (Cefappi).
Actuellement le champ des Ong couvre des domaines aussi variés tels que la lutte contre la faim, les maladies sexuellement transmissibles et le Vih/Sida, et les initiatives locales de développement économique et social. Selon Richard Ekofo, à ce jour, 2.000 Ong et 40 coopératives sont enregistrés au Sncoop, ayant comme objet principal la production végétale, animale et halieutique, …
L’Etat de lieu des Ong organisés à Kinshasa et à travers certaines provinces du pays ont permis d'avoir une idée précise sur le rôle qu'elles jouent. Mais la plupart des Ong accusent des insuffisances statutaires notoires. Pour pallier à cette situation, le gouvernement a prévu d'organiser et d'appuyer les populations en mettant en place une structure d'encadrement susceptible de renforcer les capacités tant humaines que techniques. C'est ainsi qu’il a été créé le Sncoop doté de l'autonomie administrative et financière.
Le Sncoop est donc un service spécialisé du ministère du Développement rural qui a pour mission d'encadrer les paysans pour une participation plus active aux activités coopératives par une mise en place des structures de conception, de concertation, de coordination et d'orientation. Cet atelier de formation va aider à mieux organiser les associations par des principes modernes de management. Il va aussi permettre de mobiliser les ressources par des techniques appropriées de micro-finance. Simard Simon TSOUMBOU

Province Orientale : Alexis Mutanda invite la population à adhérer à l'UDPS
Le secrétaire général de l'UDPS, Alexis Mutanda, poursuit sa campagne de sensibilisation de la population sur les prochaines élections. Après les étapes de Bandundu, Katanga et Bas-Congo, la délégation de l'UDPS a mis le cap sur la Province Orientale. A cette étape, il a invité dernièrement la population de cette partie de la RDC à adhérer massivement à l'UDPS, souligne un document de cette formation politique.
" Fonctionnaires, cadres d'entreprises, commerçants, médecins, infirmiers, enseignants de tous les niveaux, chefs coutumiers, …. C'est le moment d'adhérer à l'UDPS ", a lancé Alexis Mutanda.
Aux femmes, ce dernier donne un message particulier : " Je lance un appel à l'adhésion massive des femmes, car c'est maintenant qu'il faut poser le problème du genre, ne venez pas vous plaindre après ".
Concernant les élections de 2011, le secrétaire général de l'UDPS a rappelé à la population de la Province Orientale que son parti, par la voix de son président national, a levé l'option de participer à toutes les élections. " L'UDPS se prépare pour se mettre en ordre de bataille et gagner ces élections ".
En vue de se préparer activement à ces élections, Alexis Mutanda a demandé aux combattants de poursuivre l'implantation du parti et de le doter des comités dans les fédérations, les sections, les sous-sections, les cellules et les sous-cellules de poursuivre la formation et la conscientisation des populations à travers les réunions, les meetings ainsi que les conférences. Il a également invité les membres à se faire enrôler massivement, d'aller voter massivement et de savoir protéger ce qu'il qualifie de victoire de l'UDPS.
Alexis Mutanda a, en outre, demandé aux combattants d'éviter de désigner " des candidats peu recommandables, c'est-à-dire immoraux et douteux qui traînent des conflits avec la population ".
Dina BUHAKE.

VIVEMENT LE SPORT
Comité olympique congolais

Amos Mbayo et son équipe investis par le premier vice-président de l'ACNOA
Amos Mbayo Kitenge, nouveau président du Comité olympique congolais (COC) et son équipe dirigeantes ont été investi mardi dernier par le premier vice-président de l'Association des comités nationaux olympiques d'Afrique (ACNOA), Mustapha Berraf, devant le ministre de la Jeunesse et des Sports, Claude Nyamugabo, au salon Rouge du stade des Martyrs. Désormais la destinée du COC est entre les mains d'Amos Mbayo et ses hommes depuis le samedi 15 mai 2010.
Il n'y a pas eu match, samedi dernier dans la salle des conférences de la Fécofa lors de l'assemblée générale extraordinaire et élective du COC. Le nouveau président, candidat unique à la succession de Jean Beya, Mbayo a été élu à ce poste par 63 voix sur les 64 votants. Désormais, c'est le berger d'une église de réveil de la commune de Matete, président de la Fédération de Handball du Congo (Féhand), commissaire aux comptes de la Confédération africaine de handball (CAHB), conseiller financier du ministre de la Jeunesse et des Sports, co-fondateur dans DCMP, tuteur des clubs Héritage dames et messieurs, … qui est aux commandes de la " fédération des fédérations " de la RDC.
L'élection de ce cadre sportif à la tête du COC ne surprend guère. C'est le couronnement d'une ascension normale d'un sportif. Joueur de handball, au championnat de Kinshasa, il est devenu président de ce club avant d'accéder à la présidence de cette entité sportive. Plus tard, il deviendra président de la fédération de handball du Congo et a déjà fait deux mandats à la tête de la Féhand, soit huit ans. Il est aujourd'hui à son troisième mandat à la tête de cette fédération avec un pied à la Confédération africaine. Aujourd'hui, Mbayo Kitenge se retrouve d'abord pour deux ans à la tête du bureau exécutif du COC.
En effet, le mandat d'un comité national olympique dure quatre ans, le temps qui sépare l'organisation des jeux olympiques. Cependant, en ce qui concerne la RDC, le mandat actuel confié au nouveau comité n'est que le prolongement de celui amorcé par Jean Beya.
Les élections qui se sont déroulées samedi dernier et dont le comité élu a été investi mardi, ont reconduit presque tous les membres. Exceptés Jean Beya non partant, Aimé Luvumbu, Joseph Boucar Kasonga et Cathy Kalanga, elle aussi non candidate. En dehors d'eux, tous les autres membres élus à l'époque avec Jean Beya ont tous été reconduits à leur poste.
Les raisons de la non élection d'Aimé Luvumbu et Joseph Boucar sont liées à leur propre attitude. Il a été reproché à Aimé Luvumbu, autrefois quatrième vice-président, selon les sources concordantes, le fait d'avoir dénoncé un autre membre du comité sortant de mégestion auprès de la commission électorale indépendante du COC, dirigée par Wembo Ossako.
Quant à Joseph Boucar, il lui a été proposé d'accéder à un poste de vice-présidence et de renoncer à la trésorerie générale. Ce dernier a refusé en s'accrochant à la trésorerie générale.
Voici par ailleurs, la composition du nouveau comité du COC pour les deux prochaines années ; président : Amos Mbayo ; 1er vice-président : Jacob Ndombe ; 2ème vice-président : Mado Ekene ; 3ème vice-président : Corneille Moluba ; 4ème vice-président : Pitshou Bolenge ; secrétaire général : Alain Badiashile ; secrétaire général adjoint : Honoré Mazombo ; trésorier général : Roger Bondembe, trésorier général adjoint : Franck Mukendi ; Membres : Cathy Biata, Réné Ngiebe, Firmin Ngbongbo, José Bonenge, Désiré Bonina, Ferdinand Alombi, Tshimanga Mazamba et Mike Tshifutshi.
Le nouveau comité exécutif du COC comprend en son sein trois femmes, une première dans les annales du sport congolais. Il s'agit de Mado Ekene reconduite à son poste, Cathy Biata et Mike Tshifutshi, toutes deux élues membres. Si Mado Ekene et Mike Tshifutshi étaient dans le comité sortant, Cathy Biata vient d'intégrer le comité exécutif du COC.
Pascal LIKANA

Ancien sélectionneur principal des Léopards
Patrice Neveu bloqué à Kinshasa faute d'un billet d'avion

Le tout dernier sélectionneur principal de l'équipe nationale de football de la RDC, Patrice Neveu, reste bloqué à Kinshasa en attendant que le gouvernement lui trouve son billet de retour. Fin mandat depuis mars dernier, le sélectionneur français des Léopards n'a pas été reconduit. D'où, l'obligation du gouvernement qui a signé un contrat de deux ans avec lui de lui remettre, conformément aux prescrits du contrat, son billet de retour en France.
Depuis, Patrice Neveu fait le pied de grue au ministère de la Jeunesse et des Sports en vue d'obtenir son titre de voyage, sans succès. Les caisses du ministère sonneraient vide pour lui. Le dossier lié à son titre de voyage se trouverait dans les méandres des ministères du Budget et des Finances. Dans l'entretemps, l'ardoise financière liée à son logement et sa restauration dans un palace huppée de la Gombe ne fait que se corser.
Il est plus que temps que le gouvernement libère ce sélectionneur français dont les services ne sont plus disponibles pour la RDC.
Pascal LIKANA.

Vodacom super league
V. Club bat TC Elima (2-1) en match retour et prend la tête du groupe B

B Battue par trois buts à un au match aller, au stade des Martyrs à Kinshasa, l'AS V. Club a vengé hier après-midi, sa défaite en battant TC Elima sur un score de deux buts à un, en match retour.
Les trois buts de la rencontre ont été marqués en seconde période. A la 59ème minute, Rino Inassawa, remplaçant Mondoni, a ouvert la marque. Huit minutes plus tard, c'est la réponse des Matadiens par le joueur Nsingana. Cinq minute avant le temps additionnels, soit à la 85ème minute, sur balle arrêtée pour faute de main concédée à la surface de réparation par le défenseur du TC Elima, le capitaine Lofo de l'AS V. Club tue le match en inscrivant le second but de son équipe. Score final, deux buts à un.
Par cette victoire, V. Club totalise 9 points et prend la tête de son groupe. Il est talonné par le TC Elima de Matadi, qui compte, quant à lui, 7 points à son actif. Rocco Nkanga

CULTURE & DETENTE
Arrangeur et guitariste congolais de renom
Maïka Munan dresse le bilan de 50 ans de la musique congolaise
Artiste musicien congolais, guitariste et arrangeur professionne, Maika Munan a un passé glorieux dans sa carrière musicale. Cet ancien guitariste de l'orchestre Afrisa International de Tabu Ley parle du cinquantenaire de l'indépendance de la RDC. Dans cet entretien, l'arrangeur de l'album " Droit chemin " de Fally Ipupa, fait le bilan des 50 ans de la musique congolaise et propose des perspectives d'avenir pour cette musique dans les 50 ans.

Quel sens donnez-vous à l'indépendance de la RDC dont nous célébrons les 50 ans cette année ?
Je crois que l'indépendance du pays, mieux, ce cinquantenaire a un sens pour moi parce que j'étais déjà né. Je me rappelle que ce jour-là, mon grand-père avait organisé un grand festin… C'était donc le 29 juin 1960. Il nous disait que c'est aujourd'hui qu'on va remettre notre pays à nos ancêtres. Voilà que ce vieil homme là interprétait l'indépendance de cette façon là. Et je crois qu'il ne se trompait pas. C'est-à-dire que ce jour-là que le Congo après des siècles de pyramides parce qu'on n'est pas passé seulement par la colonisation, on est passé par beaucoup de choses. Ce jour-là que l'on nous remettait notre souveraineté….

Il y a un autre sens, une autre signification, c'est que c'est aussi le moment de faire le bilan. Un homme qui a 50 ans n'est plus un gamin. Faire le bilan de ce que nous sommes devenus. Qu'est-ce que nous avons fait de ces 50 ans ?
Bien sûr, il y a eu beaucoup plus de difficultés que de stabilité. Mais, beaucoup de joie aussi. Je crois que, nous avons la chance d'avoir un pays comme celui-ci qui nous a donné beaucoup dont nous sommes fiers. Donc, malgré toutes ses difficultés, il y a de quoi se réjouir. Et pour moi, c'est le moment de se tourner vers l'avenir.
Donc, il faut penser à un nouveau Congo. Il ne faut donc pas toujours penser à aller construire un hôpital comme Mama Yemo. Il faut en construire un autre qu'il soit actuel. Il ne faut pas penser à réhabiliter la route qui va à l'aéroport, on peut en construire d'autres. C'est l'occasion pour nous de tourner notre regard vers l'avenir, de moderniser ce pays, qui a beaucoup souffert.

Selon vous, comment a évolué la musique congolaise depuis 1960 ?
La musique congolaise est tributaire de la situation politique et économique du pays. Elle a fait des prouesses. Elle a subi aussi des contrecoups liés à l'état du pays. Donc, on ne peut pas dire que tout va bien. Elle connaît beaucoup de difficultés, étant donné que nous n'avons même pas d'industries musicales, nous n'avons pas d'économie de la musique. Tout est tourné vers l'extérieur du pays. Nos meilleurs produits sont enregistrés, produits à l'extérieur. Cette musique nous revient ici comme un produit d'importation. Donc, il n'y a pas de quoi se ruer par terre de joie. Nous importons notre musique, chose qui n'est pas normale. Et quand bien même qu'il faut la faire ici, il n'y a pas de vraies salles de spectacle pour générer des droits d'auteur. Donc, il y a beaucoup de difficultés. Comment voulez-vous avoir une économie de la musique? Vous n'en aurez jamais. Vous aurez toujours des artistes qui meurent pauvres et pour qui les autres cadres, prétendent que chaque fois qu'ils meurent, on va demander le cercueil au Président de la République. C'est une situation de crise. Mais, c'est aussi parce que ça ne fonctionne pas bien. Au vu et au su de tout le monde, on voit de centaines des milliers de copies piratées qui se vendent ici. Donc, les artistes meurent pauvres et on se moque d'eux. Et eux aussi, ont une réaction assez bizarre. Ils se tournent vers ce qu'ils appellent le " matolo " (mendicité) ; le " mabanga " (dédicaces) pour pallier cela.
S'il faut se tourner vers l'avenir, il faut qu'un jour, l'artiste musicien dise qu'il ne peut pas vivre que de " mabanga ". Il faut qu'il respecte son art. L'artiste qui crée un morceau de huit minutes, juste pour avoir de la place pour placer les " mabanga ". Voilà, cet artiste est là, est vers la situation des gens qui, dans ce pays, ce continent ont collaboré avec les négriers parce qu'ils leur donnaient du whisky, de morceau de tissu, de la pacotille. Ils ont vendu leurs frères et un jour, ils se sont réveillés, ils avaient toute la pacotille, le bon whisky, mais seulement, ils ont vendu toutes les mains valides. Et il n'y avait plus personne pour cultiver. Ces gens-là sont morts de faim avec tout ce qu'on leur avait donné. C'est une métaphore pour dire, c'est bien de bouffer l'argent de " mabanga ", argent facile. Mais il faut savoir qu'entre-temps, vous êtes aussi en train de trahir la musique et que ces œuvres-là, vous aurez honte de les écouter d'ici 15 à 20 ans. Parce qu'il n'y aura plus aucune justification d'écouter ces notes…
Il faut que ce métier (la musique) génère son argent normalement pour que si l'artiste veut glorifier un homme politique, que ce soit un choix, que ce ne soit pas une obligation.

La musique a-t-elle bénéficié de cette lutte pour la souveraineté du pays ?
Bien sûr, il faut qu'on mette à l'actif le bilan positif des artistes musiciens congolais. Ils ont constitué le ciment de cette Nation. Ils ont toujours été là. Ils étaient là même à la table ronde avec " Indépendance cha cha ". Les Congolais quand ils se disputaient dans les partis, quand ils mettent la bonne rumba, elle met tous les Congolais ensemble…
Ils se reconnaissent dans cela. Donc, elle est plus que le cobalt parce que le métal ne reste qu'au Katanga. Cette musique circule dans tous les pays.
La musique congolaise a contribué au développement du pays. Nous qui voyageons, nous nous en rendons compte. Notre pays rayonne grâce à sa musique.

Quels sont les perspectives d'avenir de la musique congolaise pour les 50 autres années ?
Il faut moderniser ce pays. Il ne faut pas que les gens payent des billets d'avion que les gens aillent payer des hôtels en France ou ailleurs, qu'ils payent les ingénieurs, les studios européens pour que l'économie de notre musique reste en Europe et que nous, ici, nous n'ayons rien. Nous n'avons que des produits piratés qui ne nourrissent personne. Il faut pallier cela. Il faut penser déjà à moderniser la société qui va remplacer la fameuse Soneca. Là, il ne faut plus qu'on ait une société archaïque comme la Soneca qui est incapable de gérer les droits d'auteur avec les outils modernes. Maintenant, il y a le téléchargement, il y a de tas de trucs, il faut une société qui soit à même de gérer l'évolution de la technologie pour que cette société génère des droits d'auteur.
Au moment où l'on parle, notre société des droits d'auteur est morte. Donc, il faut pallier à ces genres de choses-là avant de penser à construire de grands studios. Il faut revoir tout le système de fonds en comble.
Propos recueillis par Dieumerci MAYAMBI

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