QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
BILLET

Amp, ce panier
à crabes!

(24/05/2010)

Près de vingt après, la sentence-fort peu flatteuse- du sénégalais Abdoulaye Wade sur la classe politique zaïroise semble n'avoir pas pris la moindre ride. Le scandale de la liste de signataires de la fameuse motion anti-Muzito n'a pas encore fini de discréditer l'opposition qu'une affaire aux allures d'une arnaque met sens dessus dessous la Majorité. Il s'agit de ce mot d'ordre imaginaire attribué au Raïs selon lequel il aurait avalisé la chute d'Adolphe Muzito via la motion de censure en gestation.
Juste une manœuvre pour certains bonzes de l'Amp d'accomplir enfin leur dessein : éjecter le locataire de l'avenue Roi Baudouin-siège de la Primature-et couper Joseph Kabila de son allié naturel qu'est le Palu. La mayonnaise n'a pas pris. Depuis samedi soir, ceux de députés de la majorité ayant mordu à l'hameçon, sont en train de se raviser. L'énième coup fourré de ceux qui ont du mal à ronger leurs freins sur le front d'ambitions personnelles a fait un flop.
Voilà qui remet sur le tapis la sempiternelle réputation passablement médiocre de la classe politique zaïro-congolaise. Comment comprendre que des élus de la Majorité fassent chorus avec ceux de l'Opposition pour censurer le gouvernement? En somme, leur cabinet. Au fond, cela reviendrait à dire que l'Amp-du moins les partisans de cette option-souscrirait au verdict archinégatif de l'Opposition parlementaire à l'encontre du Gouvernement et donc du Président Kabila! Cela s'appelle tirer dans son propre camp. Peut-on rêver un seul instant d'une motion de censure initiée par les Socialistes français être votée par les conservateurs et les libéraux (regroupés au sein de l'Ump) au pouvoir à Paris! Ce serait une première en parfaite contradiction avec et l'esprit et la logique même des fondamentaux du régime qui fonde la cinquième République. Puisqu'on n'a pas inventé la roue en la matière, notre Constitution est une version à peine tropicalisée de la Loi fondamentale française. Par conséquent, on ne voit pas au nom de quelle rationalité la majorité s'offrirait en holocauste sur le bûcher préparé par l'Opposition. C'est à cette auto-flagellation politique unique en son genre qu'un groupe de plénipotentiaires de l'Amp a voulu soumettre la Majorité.
Avec les élections de 2006, on avait toutes les raisons de croire que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis. Force est de constater que non. Difficilement solubles dans la normalité, nombre d'acteurs politiques reproduisent avec un rare talent toutes les tares qui nous ont valu les " compliments" de tous les médiateurs qui ont fait l'immersion dans notre agora politique.
Encore en gestation, la motion annoncée contre le cabinet Muzito provoque déjà dans la Majorité un numéro de cirque dont on pouvait rire en d'autres circonstances. Or, l'état du pays requiert tout, sauf des postures comiques. En plus, la Rdc négocie des échéances qui ne l'autorisent pas à s'installer complaisamment dans le "Théâtre bien de chez nous". José NAWEJ


Quel préjudice
pour Muzito !
(21/05/2010)

Qui a dit que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis ? D'aucuns pensaient qu'à la suite des élections de 2006, le Congo-Zaïre allait divorcer d'avec la fameuse exception congolaise.Que non.Le spectacle-au propre comme au figuré-dont nous gratifient les élus de l'Ituri est une espèce de preuve par l'absurde que le pays demeure l'espace de tous les anachronismes et autres anomalies. Voilà des parlementaires -et donc-des garants de la loi-menacer d'ériger leur district en province avec ou sans l'aval de Kinshasa!
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Dérive à la Chambre!

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Les vérités de Mashako
(05/04/2010)

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Mémoire courte
(03/05/2010)

Les initiés aux arcanes politiques congolais l'ont déjà senti. Un coup fourré contre le Palu est en gestation. Les commanditaires de cette cabale se recrutent au sein même de la Majorité. Les prémices de ce complot contre le parti d'Antoine Gizenga se traduisent par une campagne de presse où tour à tour les détracteurs du Palu prêtent à ce dernier le dessein de créer une plate-forme concurrente en prévision des échéances électorales...Le double but de la manœuvre : affaiblir le principal parti lumumbiste et casser l'axe Palu-Joseph Kabila .Cette alliance qui empêche tous les opportunistes du camp présidentiel d'accéder à la Primature.
Certes, la politique est tout sauf un dîner de gala. C'est le domaine par excellence de coups bas. Ce ne sont ni le vétéran Gizenga ni son fidèle lieutenant Muzito qui l'ignorent. Eux qui ont été formé à la dure. Seulement, quand «l'anti paluisme» primaire se décline au détriment des intérêts et de la Majorité et surtout de son chef, c'est que dans le camp présidentiel on se bat déjà au couteau.
Tout le problème est de savoir à qui profiterait le découplage Palu-Kabila. En tout cas pas au Raïs. Encore moins au aux forces nationalistes. Zoom sur 2006.Lorsque Joseph Kabila et Antoine Gizenga signent leur deal pour le second tour, ce n'est pas seulement pour des raisons électoralistes. C'est aussi pour conjurer la fracture Est-Ouest qui était manifeste au terme du premier tour de l'élection présidentiel. Il était apparu que le Président Kabila avait été boudé par ses compatriotes de l'Ouest. D'où le dévolu jeté sur le Palu-avec ses réserves de voix dans le Bandundu et à Kinshasa. Question: combien les adversaires du Palu originaires de l'Ouest - qui étaient déjà avec le Président-avaient apporté en termes de voix? Pourquoi ils n'avaient pas pu faire élire le Président au premier tour ?
Qu'on aime ou pas le Palu, force est de constater que ce parti dispose des assises sociologiques qui manquent cruellement à nombre de formations bon chic bon genre de la Majorité. Et l'étrange accalmie sur le front de la rue kinoise s'explique en partie par le fait qu'un des partis pourvoyeurs des contestaires -ces fameux braillards kinois- est au pouvoir. Et on ne peut pas en même temps tirer profit de la base du Palu et reprocher à ce parti d'être sectaire. Qui ignore que le parti d'Antoine Gizenga compte le gros de ses adhérents et sympathisants dans le Bandundu et les bas quartiers de la capitale ? Y aurait-il un mal à ce que ceux qui ont le plus contribué à la victoire du Palu soient les premiers à être récompensés ? Simple logique arithmétique en démocratie. Simple bon sens et réalisme politique. Là aussi, qu'on exagère rien. Le Palu a confié des ministères aussi importants que les Mines ou encore le Budget à des ressortissants d'autres provinces que le Bandundu.
Offrir en holocauste la tête de Muzito et faire une opa sur la majorité serait ouvrir une brèche dans la quelle s'engouffreraient tous ceux qui parient sur l'affaiblissement du pouvoir actuel à l'Ouest et surtout à Kinshasa. Au profit de qui ? FDA


Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)

Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique.
José NAWEJ


Le «parti» de
Kamerhe ...
(28/04/2010)

Si Vital Kamerhe se fait rare dans les salons politiques kinois, son ombre n’en continue pas moins de planer sur la ville haute. Tout le week-end dernier, le microcosme politique congolais était traversé par des rumeurs sur la «sortie officielle» du parti kamerhiste. Ce parti politique annoncé de longue date mais dont l’archi élu de Bukavu n’a jamais ni confirmé ni infirmé non plus la gestation.
Alors, d’où vient que le cas Kamerhe demeure dans les esprits alors que l’intéressé n’est plus sous le coup des caméras et micros? Depuis son départ, mieux son éviction du perchoir, Vital Kamerhe est entré en hibernation. Quand il ne prend pas des cours du côté de Johannesburg, ce licencié en économie de l’Unikin prend ses quartiers dans ses fermes à la lisière de Kinshasa ou sur ses collines du Kivu. Possible qu’entre ces différents hobbies, Vital Kamerhe tisse sa toile d’araignée. Histoire de donner une suite à sa carrière. Une direction aussi? Laquelle? C’est tout l’intérêt des conjectures sur l’avenir politique de l’ancien speaker de la Chambre. Plus concrètement, Vital Kamerhe va-t-il rentrer dans les rangs kabilistes ou se frayer son chemin? C’est l’une des grandes questions de cette fin de quinquennat. Car, l’ancien feu follet du camp présidentiel n’est pas un politique ordinaire. Il y a en cet homme ce ressort qui fait qu’en politique certains acteurs sont plus égaux que d’autres.
Le problème n’est pas d’être pour ou contre Kamerhe. La question n’est pas d’aimer ou de détester l’ancien secrétaire général du PPRD. Il y a sans doute des raisons pour l’approuver comme pour le désapprouver. Seulement, quand on aura épuisé ces différentes postures s’imposera un fait, voire une évidence: Loin des lambris du pouvoir, l’étoile Kamerhe n’a pas été éclipsée. Sur la bourse politique, la valeur Kamerhe ne s’est pas dépréciée. De retour de Bukavu, un scientifique peu porté sur les joutes politiciennes zaïro-congolaises confie que dans la capitale historique du Kivu holding, Vital Kamerhe est loin d’être un has been. Bien au contraire. C’est tout dire.
José NAWEJ


«Plénière de chez nous»
(23/04/2010)

Initiée pour saluer le vingtième anniversaire de l’acte fondateur de la démocratisation, la manifestation de l’opposition a été dispersée. Autorisée? Non autorisée? Cela importe peu. A l’heure de l’évaluation, c’est un mauvais signal que Kinshasa envoie à l’extérieur. Surtout en ce moment où les ONG des droits de l’homme déversent quantité de rapports les uns plus négatifs que les autres. Les derniers brûlots de l’incontournable Human Rights Watch et de l’International crisis group sont encore frais dans nos mémoires. Quand on connaît la connexion de ces ong avec les pays qui comptent, il y a de quoi s’inquiéter.
De ce point de vue, il apparaît clairement que la Rdc n’a rien à gagner en prêtant le flanc aux critiques d’organisations des droits de l’homme. En particulier, la dispersion des sympathisants de l’opposition contraste avec la sortie en fanfare, il y a trois semaines, du PPRD à l’occasion de son dixième anniversaire. Pourquoi refuser à l’opposition républicaine ce qu’on a accordé au principal parti de la majorité? On aurait voulu donner la preuve que la démocratie était à géométrie variable qu’on ne s’y prendrait pas autrement. On aurait voulu installer l’opposition dans le rôle enviable de martyr qu’on ne se procéderait pas autrement. On aurait voulu booster une opposition pas toujours à la hauteur des enjeux du pays qu’on ne s’y prendrait pas non plus autrement. Sous Mobutu, la répression systématique de l’UDPS avait eu notamment pour effet de faire la publicité gratuite du parti cher à Etienne Tshisekedi.
D’où la question: à qui profite le zèle de certains de nos agents de l’ordre et surtout celui de leurs supérieurs hiérarchiques? En tout cas, pas au Chef de l’Etat. Ce n’est assurément pas aider Joseph Kabila que de donner au reste du monde l’image d’un régime qui réprime l’opposition. Après avoir rendu le pays fréquentable, le Raïs n’a vraiment pas besoin de tous ces boutefeux qui ternissent l’image de la RDC.
Tout se passe comme si, dans le camp présidentiel, une constellation de matamores s’était liguée à l’effet de pousser le régime à la faute. Principal artisan du relifting de la Rdc, Joseph Kabila. José NAWEJ































































































































Edition n°3615 Lundi 24 mai 2010
A LA UNE

Trahison à l'’AMP en rapport avec la motion de censure en gestation
Joseph Kabila compte les siens
*Présumés auteurs de cette supercherie, Modeste Bahati, Olivier Kamitatu, José Endundo et Antipas Mbusa au banc des accusés.
*Pour leur part, les députés nationaux membres de l’UNAFEC disent non à toute tentative de déstabilisation des Instituts

A un peu plus d’un an des grandes échéances électorales de 2011, il semble bien que l’heure soit venue de solder les comptes dans son propre camp pour le vainqueur des élections de 2006. Joseph Kabila ne peut espérer rempiler pour un nouveau mandat assorti d’une majorité conséquente qu’à la stricte condition de tenir bien en mains sa remuante famille politique. Présumés auteurs d’une très téméraire opération de chantage aux voix de «leurs» députés nationaux sur le chef de l’Etat en vue de lui arracher postes juteux et prébendes, le député Bahati Lukwebo et les ministres Kamitatu, Endundo et Mbusa sont sur la sellette.
C Au regard du recoupement des événements ayant entouré la motion de censure contre le Premier ministre Muzito et son Gouvernement, les observateurs sont formels: l’AMP est passée à côté d’une grande arnaque. Au centre de cette arnaque, des sources contactées hier soir par «Forum des As» font état d’un coup fourré consistant en une entente entre le GPI (Groupe parlementaire des indépendants) mené par Modeste Bahati Lukwebo, des forces politiques appartenant à José Endundo (PDC), Olivier Kamitatu (ARC) et Antipas Mbusa (RDC-K/ML) et l’Opposition pour imposer au président Kabila leurs desiderata, c’est-à-dire casser l’alliance avec le Palu de Gizenga. On comprend mieux pourquoi l’Opposition a pris le risque d’annoncer qu’elle re-déposerait sa motion. C’est parce qu’elle comptait sur cet appui.

UNE ESCROQUERIE BASEE SUR LE CHANTAGE ET LE MENSONGE

En fait d’escroquerie politique, renseignent des sources dignes de foi, on aurait fait croire aux députés de la majorité que le président Kabila aurait donné son accord pour faire tomber le Premier ministre Adolphe Muzito. Vérification faite, le Raïs n’aurait jamais demandé à qui que ce soit de faire partir le chef du Gouvernement. Cette escroquerie politique aurait même irrité le Président de la République.
«Kabila est très fâché», confient nos sources, suite à l’instrumentalisation de la majorité par l’opposition. Joseph Kabila, en sa qualité de chef de la majorité, entend bien rester maître du jeu politique. C’est lui, rappelle-t-on, comme chef de la majorité, qui avait signé l’accord avec le Palu et il entend le respecter jusqu’au bout, sans céder au chantage de qui que ce soit. «On ne peut pas forcer la main du chef de l’Etat», indique-t-on à ce sujet.
Allant plus loin, nos sources font même une observation: si Joseph Kabila ne veut plus de Muzito, il sait comment le faire partir et non à l’instigation de l’opposition ou de certains membres de l’AMP qui trouveraient normal de composer avec l’opposition pour casser l’alliance avec le Palu.
Joseph Kabila serait donc mécontent de cette arnaque. Car, idéologiquement, il n’aurait rien de commun avec ceux qui voudraient le pousser dans des alliances contre nature. «Au nom de quoi devrait-il sacrifier l’alliance avec le Palu alors qu’il partage avec ce parti la une même vision idéologique depuis 1960 au profit d’une poignée de gens qui ne cherchent que leurs propres intérêts en termes de postes», s’interrogent des sources très au fait des stratégies au sein de l’AMP où la question de l’escroquerie politique tentée par certains membres de l’AMP serait au centre des tractations ces derniers jours.

L’ARNAQUE DECOUVERTE, LA MOTION DE CENSURE SE DEGONFLE
Depuis la découverte de l’arnaque, indiquent des sources contactées hier soir, la liste des signataires de la motion de censure contre le Premier ministre et son Gouvernement serait en train de se dégonfler. Du côté des forces politiques de José Endundo, sept députés sur les neuf signataires auraient déjà retiré leurs signatures. Même situation à peu près dans les rangs du RCD-K/ML de Mbusa Nyamuisi. Au bout du compte, il n’y aurait plus qu’environ 80 signatures en faveur de la motion depuis que Joseph Kabila a recadré les choses.
Dans ces conditions, il y a fort à parier que l’opposition ne prendrait plus de risque d’oser re-déposer sa motion. Il revient donc à Kabila de remettre de l’ordre dans sa famille politique pour éviter des fissures, surtout à l’approche des échéances électorales fixées en 2011. M. M.

Trois " traîtres " démasqués au Gouvernement
* Pour sa part, le sénateur Moïse Nyarugabo recommande au chef de l'Etat de révoquer les trois ministres
Le vent de la motion de censure contre le Premier ministre Adolphe Muzito et son Gouvernement passé, des langues commencent à se délier. C'est du moins ce qu'on peut retenir de certaines révélations qui tendent à expliquer le comportement observé lors de cette dure épreuve. Car, selon la Radio Télévision par satellite (RTVS1) captée à Kinshasa vendredi dernier à 13h00', 19h00' et 23h00', il y aurait trois traîtres au sein de l'équipe Muzito.
Il s'agirait de trois ministres qui auraient souhaité la chute du Chef du Gouvernement lors de la motion de censure de l'opposition portant les signatures des trois chefs de groupes parlementaires, à savoir François Muamba (MLC), Gilbert Kiakwama (GPCD) et Emery Okundji (au nom du président de l'ODR Roger Lumbala).
Apparemment, les trois ministres n'auraient pas partagé et ne partageraient pas la solidarité qui lie les membres d'un même Gouvernement ainsi obligés de parler le même langage pour des raisons de cohésion d'une équipe appelée à faire face à plusieurs défis à la fois.

Trois ministres veulent la tête de Muzito
A en croire la première radio satellitaire en RDC (RTVS) captée vendredi dernier à Kinshasa, les ministres Olivier Kamitatu Etsou (Plan), Antipas Mbusa Nyamuisi (Décentralisation) et José Endundo Bononge (Environnement) ne convoleraient plus en justes noces avec le Premier ministre Adolphe Muzito dont ils ne souhaiteraient que la chute.
Citant des députés de l'Assemblée nationale contactés pour réaliser le plan concocté contre Muzito, RTVS indique que ces trois ex-rebelles et chefs des partis politiques actuellement auraient poussé certains députés de l’AMP à signer la motion initiée par l'opposition en vue de réunir 250 signatures.
Si ce coup avait réussi, la motion en question n'aurait pas été rejetée et Dieu seul sait la suite que la plénière de la chambre basse aurait réservée à l'ensemble du Gouvernement lors du vote à bulletin secret. Même les irrégularités constatées dans la motion n'auraient pas du tout fait mouche, indique-t-on.
Les trois " traîtres ", tablant sur la réussite de leur complot, auraient déjà posé leurs conditions, à en croire toujours RTVS. Olivier Kamitatu, indique-t-on, aurait souhaité occuper, au cas où leur plan marcherait, le ministère des Finances, Mbusa Nyamuisi le Budget et José Endundo les Mines.
A en croire toujours RTVS, le plan en question se poursuivrait encore. En fait, les trois ministres comptaient imposer leurs conditions à l'informateur que le président de la République aurait nommé, si jamais le Premier ministre Adolphe Muzito était tombé à l'Assemblée nationale lors du vote sur la motion de censure précitée.
Il importe de rappeler que deux des trois ministres, à savoir Olivier Kamitatu et Mbusa Nyamuisi, avaient, dans un passé récent, vivement critiqué le Gouvernement auquel ils appartiennent en jetant un véritable pavé dans la marre. Des observateurs s'étonnaient, à l'époque, de voir ces membres de l'Exécutif national, qui devaient logiquement démissionner ou être révoqués, garder leurs fauteuils comme si rien ne s'était passé du tout.

Quand Moïse Nyarugabo invite Joseph Kabila à révoquer les trois ministres
Hier dimanche 23 mai 2010, la RTVS a reçu, dans la journée, au cours d'une de ses émissions, un sénateur (Moïse Nyarugabo), deux députés (Roger Lumbala et Jacques Checha) et une personnalité de l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP) (André Atundu Liongo).
Se prononçant sur la question relative à cette " traîtrise ", le sénateur Moïse Nyarugabo, au cours de l'émission captée hier toujours à Kinshasa sur RTVS, n'a pas mis sa langue dans la poche en déclarant que lorsqu'on n'est pas d'accord avec le Gouvernement auquel on appartient, on démissionne. Mais, on ne peut pas continuer à siéger au sein de ce Gouvernement parce que c'est de la traîtrise.
Aussi, a-t-il invité le chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila, à révoquer les trois ministres. C'est dire que les prochains jours seront révélateurs au sujet du climat au sein du Gouvernement dont la solidarité est mise à mal. FDA

FORUM ECO
Jean-Claude Masangu : " Je crois que le point d'achèvement 2010 est à deux doigts "
Le Comité de politique monétaire (CPM) vient de revoir à la baisse le taux directeur de la Banque centrale du Congo (BCC). Ce taux passe de 52 à 42%. Ceci ressort de la cinquième réunion de cette structure tenue le vendredi dernier au siège de l'Institut d'émission sous la présence de son président Jean-Claude Masangu. Il a également révélé à la presse son optimisme quant à l'atteinte du Point d'achèvement de l'Initiative PPTE cette année. " Je crois qu'il est à deux doigt ", a-t-il déclaré.

Compte tenu de la poursuite du mouvement baissier de l'inflation, le CPM a décidé de faire passer le taux directeur de la BCC de 52 à 42%. En vue de prévenir tout dérapage du cadre macroéconomique, le coefficient de la réserve obligatoire est maintenu à 7%. Jean-Claude Masangu fait savoir à ce sujet qu' " il n'y a pas à craindre ". le taux d'inflation est en train de baisser graduellement. Il se situe actuellement aux alentours de 12,7% annualisé. Pour le gouverneur de la BCC il est tout à fait normal que la BCC, dans sa politique de fixation de taux directeur, qui est flexible au vu d'indicateurs de conjoncture, que le taux puisse bouger à la baisse. Il n'y a une marge de positivité d’une part importante. Elle va permettre à la BCC de maintenir le nouveau taux au niveau où il est actuellement et d'autre part, la BCC recommande toujours de continuer à gérer les dépenses publiques sur base caisse. " Le trésor a actuellement une marge qui est extrêmement importante. En cumul, il est de l'ordre de 120 milliards FC. Ce qui va nous permettre de pouvoir anticiper ou minimiser les risques inflationistes. Donc, il n'y a pas à craindre ".
Sur le marché de change, les membres du CPM ont noté que le taux de change s'est globalement apprécié de 0,8% face au dollar américain au 19 mai 2009. Cette tendance observée sur les autres segments du marché de change.
Les instruments de politique monétaire, note le CPM, ont permis de neutraliser 35,4 milliards de CDF dont 10,6 milliards de CDF par les billets de trésorerie (BRT), 16,8 milliards via la réserve obligatoire et 8,1 milliards par le biais de remboursement du refinancement.
A une question de la presse de savoir si la RDC peut espérer à l'atteinte du Point d'achèvement cette année, le gouverneur de la BCC s'est dit rassurant. " Je crois qu'il n'y a pas eu aussi un si bon moment que l'année 2010. Pour Jean-Claude Masangu, le Point d'achèvement " est vraiment à deux doigts ". Aujourd'hui l'échéance importante est de remettre aux services du FMI et de la Banque mondiale tous les documents des éléments de réponse, qui restent afin de préparer la réunion du conseil d'administration de ces deux instances qui devrait se tenir au mois de juin, a précisé le numéro un de la BCC. " Tous les espoirs sont permis ", ajoute le locataire de la banque centrale avant d'indiquer que sur sept déclencheurs du Point d'achèvement, cinq sont déjà observés, deux le sont partiellement. La RDC attend les commentaires des institutions de Bretton Woods pour savoir si les deux déclencheurs restent seront éventuellement observés. Il conclu en disant : " nous avons quand même une marge de manœuvres devant nous permettre à soumettre techniquement toute la documentation, passer le test qu'il faut et ensuite attendre une décision que nous espérons tous favorables à la RDC ".
Au regard de la poursuite de la désinflation de l'économie, élément essentiel à la consolidation de la stabilité du cadre macroéconomique et au soutien de la croissance économique, le CPM recommande à l'Etat et à la BCC de poursuivre le respect strict du plan de trésorerie, afin de pouvoir réaliser les différents critères quantitatifs et repères prévus enfin juin de l'année en cours. D. BUHAKE

INFOS INFOS
Retombées du forum anti-corruption

La RDC vers la ratification des conventions de l'ONU et de l'UA

Il s'est tenu dernièrement une table ronde des experts du forum national sur la lutte contre la corruption (FONALC). Conscients que la RDC est classée parmi les pays les plus corrompus du monde, les experts ont convenu de faire observer aux dirigeants de ce pays à traduire en actes la déclaration de leur patrimoine, la justification de l'origine des biens acquis et la lutte contre l'impunité dont jouissent les corrompus
Etant donné la nécessité de combattre la corruption sous toutes ses formes, les experts de cette table ronde se sont convenus de mener un plaidoyer pour que le Gouvernement congolais ratifie les conventions des Nations unies contre la corruption et de l'Union africaine pour la prévention et la lutte contre la corruption. Ceci tout en militant pour la revalorisation de la sanction positive au sein des institutions de l'Etat afin d'encourager les actes de probité morale, de vulgariser le code de conduite de l'agent public, de veiller sur le respect des critères de l'intégrité, de la méritocratie, du niveau d'études, de la compétence et de l'expérience dans la nomination des officiels…
D'après le ministre de la justice, Luzolo Bambi, au terme de ces assises, le moment de dresser le bilan est arrivé. Selon lui, il s'agit ici, de chercher à savoir si la table ronde ont été atteints. Il a été aussi question à cette clôture des travaux, de voir si les recommandations et les résolutions auxquelles ces assises ont donné lieu sont à même de répondre aux attentes légitimes de l'ensemble du peuple congolais victime des actes de corruption.
A en croire le numéro un de la Justice et droits humains, le phénomène de la corruption mine la société congolaise dans ses racines. Raison pour laquelle, a-t-il indiqué, les résultats des travaux sont attendus. Car, l'ensemble du peuple congolais attendait de ces travaux de grands remèdes.
Pendant deux jours, les experts de la table ronde ont réfléchi sur des thèmes importants tels que les stratégies de lutte contre la corruption, le cadre légal, institutionnel et éducatif de la lutte contre ce fléau, les actes de corruption érigés en infraction… L'examen de ces questions a suscité un débat franc et fructueux basé sur les expériences personnelles en la matière.
Ce forum a été initié par le comité de pilotage de mise en œuvre du protocole d'accord de coopération en matière de lutte contre la corruption signée entre la RDC, la RSA et l'UNODC. Ces assises s'inscrivent totalement dans la suite des travaux sur la lutte anti-corruption qui se sont déroulés du 16 au 18 décembre 2009 au Palais du peuple à Kinshasa.
Pour endiguer ce fléau qu'est la corruption, il faut se mobiliser pour une participation citoyenne dans la gestion de la chose publique et la bonne gouvernance. Raison pour laquelle le ministre de la Fonction publique, Dieudonné Upira Sunguma, a déclaré: " Sans exigence et abnégation au centre de la lutte contre la corruption rien ne peut aboutir ". Il a saisi également cette opportunité à rassurer les uns et les autres sur l'engagement de son ministère pour accomplir la part qui lui revient dans cette gigantesque œuvre de lutte contre la corruption. S.S. TSOUMBOU

ENJEUX DE L'HEURE
Réagissant aux incidents survenus mercredi dernier à l'assemblée nationale
Le GSB invite les partis politiques alliées et de l'AMP à sauvegarder sa coalition
Les incidents survenus lors de la plénière du 19 mai dernier à l'Assemblée nationale à la suite de la motion de censure contre le Premier ministre continuent de susciter des réactions au niveau des états-majors des partis politiques. C'est le cas du Groupe de soutien au professeur Evariste Boshab (GSB), une structure affiliée au Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) dont les membres du comité exécutif national réunis en session extraordinaire ont fait une déclaration politique.
Dans cette déclaration politique, les membres du comité exécutif national du GSB condamne avec la dernière énergie toutes les intimidations et toutes formes de violences comme mode de règlement des affaires de l'Etat. Etant donné que l'Assemblée nationale est un espace de débat démocratique et de libre discussion, explique la déclaration politique, le GSB s'insurge contre les manifestations et les comportements qui sont de nature à compromettre la pratique de la démocratie, le respect de cette institution et de ses animateurs.
Selon Marcel Shakombe, coordonnateur national du GSB, l'urgence s'impose sur la nécessité de procéder à la formation et à l'encadrement des militants pour tous les partis politiques de la coalition. Le GSB apprécie la nécessité de la cohésion au sein de la coalition qui ne doit pas être mise à mal à cause des extravagances qui risqueraient de jeter l'opprobre et la honte sur la jeune démocratie. Dans la même déclaration politique, les membres du comité exécutif national du GSB déplorent l'instrumentalisation des membres de certains partis politiques alliés à l'AMP débouchant sur un désordre généralisé observé mercredi dernier au Palais du peuple, allant jusqu'à bousculer le président de l'Assemblée nationale et les membres de son bureau, menacer et proférer des injures à l'endroit de certains députés.
A travers cette déclaration, le GSB invite également tous les partis politiques à adopter un comportement patriotique pour sauvegarder l'intérêt général et privilégier le dialogue, gage de tout développement d'un pays. Réconfirmant son soutien à Evariste Boshab et au Président de la République, le GSB appelle tous ses militants au calme et à ne pas céder à toute forme de provocation et de violence.
Dorian KISIMBA

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Les députés de l'UNAFEC disent non à toute tentative de déstabilisation des institutions
Les députés nationaux membres de l'Union nationale des fédéralistes du Congo (UNAFEC) ont exprimé, dans une déclaration rendue publique le vendredi 21 mai dernier, leur opposition à toute tentative visant à déstabiliser délibérément les institutions de la République, notamment le Gouvernement issu de la Majorité dont leur parti est membre. Par la même occasion, ils ont désavoué " toute entreprise visant à perturber la vision du Chef de l'Etat et la mise en œuvre du programme du Gouvernement. Les députés UNAFEC, qui en ont référé au directoire national de leur parti que dirige Gabriel Kyungu wa Kumwanza, tiraient là les conséquences de la situation créée par la motion de censure contre le Gouvernement. Et ce, au regard de la démarche qui se poursuit mais encore pour représenter cette motion. Ci-dessous leur déclaration.

DECLARATION POLITIQUE DES DEPUTES NATIONAUX MEMBRES DE L'UNAFEC
Nous, Députés nationaux de l'Union Nationale des Fédéralistes du Congo, "UNAFEC " en sigle, Parti politique membre cofondateur de l'Alliance de la Majorité Présidentielle, en abrégé "A.M.P. " ;
Ayant suivi avec attention l'évolution de la situation politique prévalant dans notre pays à la suite de la motion de censure initiée par l'opposition contre le Gouvernement de la République ;
En accord avec la Direction nationale de notre Parti, rendons publique la déclaration politique suivante:
1. Refusons de nous associer à toute initiative tendant à déstabiliser délibérément les institutions politiques de la République, notamment le Gouvernement issu de la Majorité parlementaire à laquelle nous appartenons ;
2. Désavouons toute entreprise visant à perturber la vision du Chef de l'Etat et la mise en œuvre du Programme du Gouvernement de la République tel qu'approuvé par l'Assemblée Nationale ;
3. Réaffirmons notre soutien total et notre loyauté à Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE, Président de la République, Chef de l'Etat.

Fait à Kinshasa,
le 21 mai 2010
Les Députés Nationaux,

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Kinshasa: interdiction de la vente d' «eau pure» en sachet
Le gouverneur de la ville province de Kinshasa, André Kimbuta vient d'interdire la fabrication et la vente d'eau en sachet à travers la ville de Kinshasa, communément appelée " eau pure ". Au cours d'une réunion, tenue la semaine dernière avec les fabricants d'eau pure et de sachets, le n°1 de la ville de Kinshasa leur a demandé d'utiliser des bouteilles en lieu et place de sachets. Car, selon lui, ces derniers ne rendent pas la tâche facile en ce qui concerne l'assainissement de l'espace publique, déjà pollué par d'autres immondices.
Le porte-parole du gouvernement provincial, Thérèse Olenga, prenant part à cette réunion, précise : " à partir du 1er juin, plus d'eau en sachet en circulation. Cette mesure n'a pas été prise hier ou avant-hier, mais plutôt depuis avril 2009. Nous encourageons qu'ils aillent même à des demi mesures en forme de bouteilles ou en forme de pots."
De leur coté, les fabricants d'eau pure en sachet se disent disposés à respecter cette décision, en estimant que le temps qui leur est accordé pour écouler leur stock est très court et qu'il faut, si possible, accordé un moratoire d'un mois.
Ces opérateurs économiques évoquent aussi le coût élevé que nécessitera l'utilisation de bouteilles à la place de sachets. Ça demande des matériaux beaucoup plus performants, précisent-ils.
Les fabricants qui ne se conformeraient pas à cette mesure sont passibles de paiement d'une amende allant de 100 à 1000 Usd et/ou de la fermeture de leurs usines. Ghetti FELO

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L'hygiène hospitalière au menu du 3ème symposium de Cepphy
Temple du savoir, l'amphithéâtre de CEFA Monkole a abrité, le 20 mai dernier, la troisième édition du Symposium de la Cellule pour la promotion des pratiques d'hygiène (CEPPHY). Au rendez-vous, près de 80 élèves, étudiants et enseignants des écoles infirmières de Kinshasa ont pris d'assaut cette salle de conférence pour partager leurs connaissances.
Selon les organisateurs, 12 écoles infirmières ont été associées à la rencontre. Il s'agit, notamment, de l'ITM Mont-Amba, de l'ITM Kintambo, de l'ITM Kinoise, de l'ITM N'Djili, de l'ITM Presbytérien, de l'ITM Kikesa, de l'ITM Nenga Nadia, de l'ISTM Kinshasa, de l'ISTM Kimbanguiste, de l'IFAS, de l'ISEM Omeco et de l'ISS Croix rouge. Quatre institutions invitées n'ont toutefois pas répondu au rendez-vous.
Conçu sur le modèle des éditions précédentes, le 3eme symposium a poursuivi les mêmes objectifs. Il visait à sensibiliser, conscientiser et responsabiliser les futurs infirmiers aux risques de maladies encourues à cause du déficit d'hygiène dans les milieux hospitaliers. Le but essentiel est d'arriver à réduire, à long terme, le taux de mortalité due aux maladies des mains sales et au manque d'hygiène.

Les sujets développés
Comme les années précédentes, élèves et étudiants ont exposé sur des sujets divers : les problèmes d'infections et la place de l'hygiène dans les milieux hospitaliers, la communication pour le changement des mentalités, la vulgarisation du lavage des mains… Ces exposés ont été suivis d'un jeu de questions et réponses, et d'une saynète sur les pratiques d'hygiène, présentée par les élèves de l' l'ITM Presbytérien.
Au terme de cette présentation, huit candidats des écoles ciblées ont pris part à un concours de connaissance sur des notions médicales. Un jury constitué des enseignants et membres de la CEPPHY ont délibéré et accordé des prix aux lauréats, non seulement du concours, mais aussi des prestations sur le podium (exposés et saynète).

Les prix décernés aux lauréats
Le concours a été remporté par l'étudiant Pierrot Mfuta de l'ISTM Kinshasa. Au niveau des prestations, l'ISEM Omeco a remporté la palme des instituts supérieurs, talonné par l'IFAS. Quant aux élèves, l'ITM Kinoise a gagné le premier prix, suivi de l'ITM Presbytérien et l'ITM Mont Amba.
Des prix, constitués de dictionnaires médicaux, de solution hydro-alcoolique, de tee-shirts de la CEPPHY, de rames de papiers, des objets classiques et autres ont été remis aux différents gagnants. Yves KALIKAT

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Le climat des affaires en voie de s'améliorer en RDC

Le Comité de pilotage pour l'amélioration du climat des affaires (CPCAI), en collaboration avec les ministères national et provincial du Plan, a organisé, vendredi 21 mai 2010. au Cercle français un atelier sur l'amélioration du climat des affaires et des investissements en RDC. Cette structure, qui a été créée le 08 août 2009, a pour missions d'identifier les obstacles et les entraves rencontrés par les investisseurs vis-à-vis de l'Etat et des tiers, de définir la politique sur l'amélioration du climat des affaires et des investissements en RDC. Le CPCAI vise également à accélérer la mise en œuvre des réformes permettant la sécurité physique et juridique des investisseurs, de proposer au Gouvernement des mesures spécifiques sur l'amélioration du climat des affaires et d'assurer l'évaluation de l'exécution des mesures prises.
Les réformes menées par la RDC pour l'amélioration du climat des affaires et des investissements concernent la réduction du nombre de formalités, des délais et des coûts, la transparence et la simplification dans les opérations. Le CPCAI a pour tâche de recenser les difficultés rencontrées par les investisseurs, de dépouiller les propositions des mesures à prendre dans l'immédiat. Parmi ces mesures, il y a l'élimination de certaines pratiques sans fondement légal, la publication des actes de société par le Journal officiel sur support papier et en version électronique, la décentralisation de la fonction de notaire, la réduction à 48 heures de l'identification nationale à partir du dépôt du dossier , la réduction des taux de la mutation des propriétés, la réglementation de la déclaration d'embauche, la simplification de la fiscalité, l'implantation des guichets des tribunaux de travail, l’élaboration de la loi sur la concurrence…
A en croire la cheffe du CPCAI, Mme Matipa Mumba, la réduction des barrières à la création d'entreprise peut réduire le secteur informel. Cette suppression des barrières peut aussi offrir des opportunités d'insertion des jeunes dans les entreprises. Pour y parvenir, il faut mettre en place une plate-forme de concertation permanente entre les secteurs privé et public. Cette plate-forme aura pour mission de concevoir, valider et mettre en œuvre les réformes. Il est aussi important de mettre en place un comité de suivi des réformes qui va valider et évaluer l'exécution et l'impact de ces réformes, a estimé le CPCAI.
Simard Simon TSOUMBOU

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Train urbain Masina-Gombe : une demi-heure dans une chaudière ambulante
A Kinshasa, le transport en commun pose problème, surtout aux heures de pointe. Si sur la voie routière, trouver un taxi ou un bus n'est pas facile, il n'est pas non plus aisé de voyager à bord de trains urbains.
"Pourquoi n'arrive-t-il pas jusque-là ? Je vais rater mes clients en ville", se plaint une vendeuse d'avocats, fatiguée de trop longtemps attendre le train urbain avec son bassin sur la tête. Comme elle, une foule dense a pris d'assaut l'arrêt "Siforco", dans la commune de Masina, depuis l'aube. A 6 heures du matin, l'impatience se lit sur tous les visages.
"Je suis arrivée depuis 5 heures, tempête la vendeuse ambulante, visiblement déçue. D'habitude à cette heure, nous serions déjà partis. Je ne comprends donc pas ce retard inhabituel".
"Le prix du carburant a augmenté, rétorque un policier de l'Office national des transports (Onatra). De nombreux bus sont immobilisés. L'Onatra retarde d'une heure l'arrivée de la locomotive. Ainsi, ses nombreux agents et d'autres clients pourront avoir la chance d'embarquer".

Bousculades dans le train
Comme pour confirmer les dires de l'homme en uniforme, un klaxon strident retentit dans le lointain. Après dix minutes élastiques, la locomotive se pointe à la gare. Dans les parages, le nombre de passagers a doublé. Aussitôt les portières ouvertes, les clients se bousculent à l'entrée, poussant des cris, des vociférations, voire des injures. Tout le monde veut embarquer.
Comme mes voisins, je me trouve difficilement une place dans un wagon fourre-tout. Passagers et marchandises sont entremêlés. A chaque arrêt, des gens massés tout le long du rail embarquent par dizaine. Tout le monde est mouillé de sueur. La chaleur devient suffocante, et la respiration difficile. Le train se traine plus qu'il n'avance.

A la merci des fumeurs de chanvre
A l'arrêt de Kingabwa, les potentiels clients ne trouvent plus de place à l'intérieur du train. "Laissez-nous monter, les bus ne viennent plus ces derniers temps. C'est notre unique occasion", entend-t-on crier à terre.
Sur la chaussée des Poids lourds, il n'y a effectivement aucun bus. Les voyous, les fumeurs de chanvre et voleurs de touts bords sont à l'œuvre. C'est pour eux un terrain de prédilection. L'odeur du chanvre et la fumée nous envahit. Parfois, l'argent, les téléphones portables ou les portemonnaies changent de propriétaires.
Nous atteignons enfin la Gare centrale. Tout le monde débarque, pressé de partir, chacun content d'être arrivé sain et sauf, pousse un ouf de soulagement. Du moins aujourd'hui. Sérieux SINDANI/ Correspondance particulière

DOSSIER
Cinquante ans de décolonisation africaine sous scanner
*Nous voici donc en 2010, cinquante ans après la décolonisation. Y-a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ou faut-il au contraire tout reprendre?
Restauration autoritaire par-ci, multipartisme administratif par-là, ailleurs maigres avancées au demeurant réversibles et, à peu près partout, niveaux très élevés de violence sociale, voire situations d'enkystement, de conflit larvé ou de guerre ouverte, sur fonds d'une économie d'extraction qui, dans le droit fil de la logique mercantiliste coloniale, continue de faire la part belle à la prédation -voilà, à quelques exceptions près, le paysage d'ensemble.
Dans la plupart des cas, les Africains ne sont toujours pas à même de choisir librement leurs dirigeants. Trop de pays sont toujours à la merci de satrapes dont l'objectif unique est de rester au pouvoir à vie. Du coup, la plupart des élections sont truquées. On sacrifie aux aspects procéduraux les plus élémentaires de la concurrence, mais l'on garde le contrôle sur les principaux leviers de la bureaucratie, de l'économie, et surtout de l'armée, de la police et des milices. La possibilité de renverser le gouvernement par la voie des urnes n'existant pratiquement pas, seul l'assassinat, la rébellion ou le soulèvement armé peuvent contredire le principe de la continuation indéfinie au pouvoir. Globalement, les choses sont donc plutôt bloquées, surtout en Afrique francophone où, les manipulations électorales et les successions de père en fils aidant, l'on peut dire que l'on vit, de facto, sous des chefferies masquées.

Où allons-nous?
Cinq tendances lourdes me frappent aussi. La première est l'absence d'une pensée de la démocratie qui constituerait une véritable alternative au modèle prédateur en vigueur à peu près partout.
La deuxième est le recul de toute perspective de révolution sociale radicale sur le continent.
La troisième est la sénilité croissante des pouvoirs nègres -phénomène qui rappelle, toutes proportions gardées, des processus similaires au cours du XIXe siècle lorsque, incapables de négocier à leur avantage les pressions internes et externes et l'arrimage à un capitalisme destructeur, de nombreux royaumes perdirent leur souveraineté et finirent dans le désordre et les guerres fratricides.
La quatrième est l'enkystement de pans entiers de la société et l'irrépressible désir, chez des centaines de millions, de vivre partout ailleurs sauf chez eux -le désir généralisé de défection et de désertion.
À ces dynamiques structurelles vient s'ajouter une autre: l'émergence d'une culture du racket, de l'émeute sanglante et sans lendemain et qui, à l'occasion, tourne facilement à la guerre de pillage. Cette sorte de lumpen-radicalisme, à la vérité violence sans projet politique alternatif, n'est pas seulement porté par les "cadets sociaux" dont "l'enfant-soldat" et le "sans-travail" des bidonvilles constituent les tragiques symboles. Cette sorte de populisme sanglant est aussi mobilisée, lorsqu'il le faut, par les forces sociales qui, ayant colonisé l'appareil d'État, en ont fait l'instrument de son enrichissement personnel ou, simplement, une ressource privée ou encore une source d'accaparements en tous genres, dans le contexte de la lutte quotidienne soit pour l'accumulation, soit pour la survie pure et simple. Quitte à détruire l'État, l'économie et les institutions, cette classe est prête à tout pour conserver le pouvoir, la politique n'étant d'ailleurs à ses yeux qu'une manière de conduire la guerre civile ou la guerre ethnique par d'autres moyens.
Ces brusques observations ne signifient toutefois pas qu'il n'existe aucune saine aspiration à la liberté et au bien-être en Afrique. Ce désir peine cependant à trouver un langage, des pratiques effectives, et surtout une traduction dans des institutions nouvelles et une culture politique neuve où la lutte politique n'est plus un jeu à somme nulle.

La violence des "sans-parts"
Pour que la démocratie puisse s'enraciner en Afrique, il faudrait qu'elle soit portée par des forces sociales et culturelles organisées; des institutions et des réseaux sortis tout droit du génie, de la mémoire culturelle, de la créativité et surtout des luttes des gens eux-mêmes et de leurs traditions propres de solidarité. Mais cela ne suffit pas.
Il faut aussi une Idée dont elle serait la métaphore vivante. Ainsi, en réarticulant par exemple le politique et le pouvoir autour de l'impératif de nourrir les "réserves de vie", on pourrait ouvrir la voie à une nouvelle pensée de la démocratie dans un continent où le pouvoir de tuer reste plus ou moins illimité, et où la pauvreté et la maladie rendent l'existence si incertaine et si précaire.
Au fond, pour être radicale, une telle pensée devrait être à la fois utopique et pragmatique. Elle devrait être, de nécessité, une pensée des limites du politique et de la politique des limites. En même temps, elle doit être une pensée-de-ce-qui-vient, de l'émergence et du soulèvement. Mais ce soulèvement devrait aller bien au-delà de l'héritage anti-colonialiste et anti-impérialiste dont les limites, dans le contexte de la mondialisation et au regard de ce qui s'est passé depuis les indépendances, sont désormais flagrantes.
En attendant, deux facteurs décisifs constituent des freins à une démocratisation du Continent. D'abord une certaine économie politique. Ensuite un certain imaginaire du pouvoir, de la culture et de la vie.
D'une part, la brutalité des contraintes économiques dont les pays africains ont fait l'expérience au cours du dernier quart du XXe siècle -et qui se poursuit sous la férule du néo-libéralisme- a contribué à la fabrication d'une multitude de "gens sans-parts" dont l'apparition sur la scène publique s'effectue de plus en plus sur le mode de la tuerie lors de bouffées xénophobes ou à l'occasion de luttes ethniques, surtout au lendemain d'élections truquées, dans le contexte des protestations contre la vie chère, ou encore dans le cadre des luttes pour les ressources de base.
Ce sont des gens qui n'ont strictement rien à perdre, qui de surcroit sont totalement livrés à l'abandon -condition de laquelle ils ne peuvent souvent échapper que par la migration, la criminalité et toutes sortes d'illégalismes. C'est une classe de "superflus" dont l'État (là où il existe), voire le marché lui-même, ne savent que faire. Ce sont des gens que l'on ne peut guère vendre en esclavage comme aux débuts du capitalisme moderne, ni réduire aux travaux forcés comme à l'époque coloniale et sous l'apartheid. Du point de vue du capitalisme tel qu'il fonctionne dans ces régions du monde, ils sont complètement inutiles -une masse de viande humaine livrée à la violence, à la maladie, à l'évangélisme nord-américain, aux croisés de l'Islam et à toutes sortes de phénomènes de sorcellerie et d'illumination.
D'autre part, la brutalité des contraintes économiques a aussi vidé de tout contenu le projet démocratique en réduisant celui-ci à une simple formalité -un rituel sans contenu ni symbolique, et plus grave encore sans conséquence réelle sur la vie quotidienne des gens ordinaires. Puis, comme on le suggérait à l'instant, l'incapacité à sortir du cycle de l'extraction et de la prédation dont l'histoire, d'ailleurs, prédate la colonisation. Ces facteurs, pris ensemble, pèsent énormément sur les formes que prend la lutte sociale en Afrique.
À ces données fondamentales s'ajoute l'événement qu'aura été la grande diffraction sociale commencée au milieu des années 1980. Cette diffraction de la société a conduit à peu près partout à une informalisation des rapports sociaux et économiques, à une fragmentation sans précédent du champ des règles et des normes, et à un processus de dés-institutionalisation qui n'a pas épargné l'État lui-même.
Cette diffraction a également provoqué un grand mouvement de défection de la part de nombreux acteurs sociaux, ouvrant dès lors la voie à de nouvelles formes de la lutte sociale -une lutte sans pitié pour la survie centrée autour de l'accès aux ressources. Aujourd'hui, le bidonville est devenu le lieu névralgique de ces nouvelles formes de la lutte sociale. Il s'agit d'affrontements de type moléculaire et cellulaire qui combinent des éléments de la lutte des classes, de la luttes des races, de la lutte ethnique, des millénarismes religieux et des luttes en sorcellerie.
Pour le reste, la faiblesse des oppositions est connue. Pouvoir et opposition opèrent en fonction d'un temps court marqué par l'improvisation, les arrangements ponctuels et informels, les compromis et compromissions diverses, les impératifs de conquête immédiate du pouvoir ou la nécessité de le conserver à tout prix. Les alliances se nouent et se dénouent constamment. Mais surtout, l'imaginaire du pouvoir ne s'est guère transformée. L'imaginaire structurant de la politique en Afrique reste celui de la guerre civile permanente. Et tant que l'on ne découplera pas la politique et la guerre, le potentiel de violence négative restera énorme.

Décolonisation et internationalisation
Ce cinquantenaire de la décolonisation n'est pas seulement une affaire africaine. La France, qui justement donne l'impression de n'accepter que du bout des lèvres la démocratisation du Continent, veut faire de 2010 "l'Année de l'Afrique". Dans son pré-carré, elle s'y est opposée farouchement depuis 1960, n'hésitant pas, le cas échéant, à recourir à l'assassinat, à la corruption et à la force.
Aujourd'hui encore, elle est connue, à tort ou à raison, pour son soutien le plus tenace, le plus retors et le plus indéfectible aux satrapies les plus corrompues du continent et aux régimes qui ont tourné le dos à la cause africaine.
Il y a une raison simple à tout cela -les conditions historiques dans lesquelles s'est effectuée la décolonisation et le régime des capitations qu'ont cimenté les accords inégaux "de coopération et de défense" signés dans les années 1960.
On ne le sait peut-être pas assez, l'objet de ces accords secrets, ce fut non pas de liquider le rapport colonial, mais justement de le contractualiser et de le sous-traiter. C'est au nom de cette contractualisation et sous-traitance des vieux rapports coloniaux que la France continue, de facto, d'exercer une influence souvent négative dans les affaires africaines.
Les États-Unis ne s'opposent peut-être pas activement à la démocratisation de l'Afrique. Cynisme et hypocrisie suffisent largement -encore que de nombreuses institutions privées américaines apportent un appui multiforme à l'émergence et à la consolidation des sociétés civiles africaines. C'est par exemple le cas de nombreuses fondations. Mais le moralisme et l'évangélisme de leurs interventions laissent à désirer.
Un fait majeur des cinquante prochaines années sera la présence de la Chine en Afrique. Cette présence est sinon un contrepoids, du moins un expédient à l'échange inégal si caractéristique des relations que le Continent entretient avec les puissances occidentales et les institutions financières internationales. Il est vrai que pour le moment, la relation avec la Chine ne sort guère du modèle de l'économie d'extraction -modèle qui, ajouté à la prédation, constitue la base matérielle des tyrannies nègres. Il ne faut donc pas s'attendre à ce que la Chine soit d'un grand secours dans les luttes à venir pour la démocratie.

L'influence de l'autre puissance montante, l'Inde, est pour l'instant dérisoire.
Quant à l'Afrique du Sud, elle ne peut pas, à elle toute seule, promouvoir la démocratie en Afrique. Elle n'en a ni les moyens, ni la volonté, ni les ressources intellectuelles, encore moins celles de l'imagination. Du reste, elle doit d'abord approfondir la démocratie chez elle avant de penser à la promouvoir chez d'autres.
La démocratisation de l'Afrique est d'abord une question africaine, certes. Mais elle a aussi des dimensions internationales.
La voie d'une transformation radicale par le biais de la révolution sociale est bloquée -du moins pour l'instant. Ce à quoi il faudrait arriver, c'est à une sorte de "New Deal" continental collectivement négocié par les différents États africains et par les puissances internationales -un "New Deal" en faveur de la démocratie et du progrès économique qui viendrait compléter et clore une fois pour toutes le chapitre de la décolonisation.
Survenant plus d'un siècle après la fameuse Conférence de Berlin qui inaugura la partition de l'Afrique, ce "New Deal" serait assorti d'une prime économique pour la reconstruction du continent. Mais il comporterait également un volet juridique et pénal, des mécanismes de sanction, voire de mise au ban, dont la mise en œuvre serait nécessairement multilatérale, et dont l'inspiration pourrait être trouvée dans les transformations récentes du droit international.
Ceci impliquerait qu'à l'occasion, des régimes coupables de crimes contre leurs peuples pourraient légitimement être déposés par la force et les auteurs de ces crimes poursuivis devant la justice pénale internationale. La notion de "crime contre l'humanité" devrait elle-même faire l'objet d'une interprétation étendue qui inclue non seulement les massacres et les violations aggravées des droits humains, mais aussi des faits graves de corruption et de pillage des ressources naturelles d'un pays. Il va de soi que des acteurs privés locaux ou internationaux pourraient également être visés par de telles dispositions.
C'est à ce niveau de profondeur historique et stratégique qu'il importe désormais d'envisager la question de la démocratisation et du progrès économique en Afrique.

Ré-ouvrir le futur
Pour le demi-siècle qui vient, une partie du rôle des intellectuels, des gens de culture et de la société civile africaine sera justement d'aider d'une part à articuler une pensée de la démocratie à partir des luttes en cours, et d'autre part à "internationaliser" la question de la démocratisation de l'Afrique, dans le droit fil des efforts des dernières années visant à mutualiser le droit international et qui ont vu l'apparition d'instances juridictionnelles supra-étatiques.
Encore faut-il aller au-delà de la conception traditionnelle de la société civile, celle qui est étroitement dérivée de l'histoire des démocraties capitalistes. D'une part, il faut tenir compte du facteur objectif qu'est la multiplicité sociale -multiplicité des identités, des allégeances, des autorités et des normes- et, à partir d'elle, imaginer de nouvelles formes de mobilisation et de leadership.
D'autre part, la nécessité de création d'une plus-value intellectuelle n'a jamais été aussi pressant. Cette plus-value doit être réinvestie dans un projet de transformation radicale du continent. La création de cette plus-value ne sera pas uniquement l'œuvre de l'État. Elle est, à mes yeux, la nouvelle tache des sociétés civiles africaines. Pour y parvenir, il faudra à tout prix sortir de la logique de l'urgence (interventions humanitaires) et de la logique des besoins immédiats qui a, jusqu'à présent, colonisé le débat sur l'avenir de l'Afrique.
Tant que la logique de l'extraction et de la prédation qui caractérise l'économie politique des matières premières en Afrique n'est pas brisée, et avec elle les modes existants d'exploitation des richesses du sous-sol africain, les chances d'inventer un futur alternatif seront amoindries. La sorte de capitalisme que favorise cette logique allie fort bien mercantilisme, désordres politiques et militarisme. Cette sorte de capitalisme, on en voit déjà les prémisses à l'époque coloniale, avec le régime des sociétés concessionnaires. Tout ce dont il a besoin pour fonctionner, ce sont des enclaves fortifiées, des complicités souvent criminelles au cœur des sociétés locales, le minimum possible d'État et l'indifférence internationale.
Si les Africains veulent la démocratie, c'est à eux d'en payer le prix. Personne ne le paiera à leur place. Ils ne l'obtiendront pas non plus à crédit. Ils auront néanmoins besoin de s'appuyer sur de nouveaux réseaux de solidarité internationale, une grande coalition morale en dehors des États -la coalition de tous ceux qui croient que sans sa part africaine, non seulement la sécurité de notre notre monde ne sera pas garantie, mais encore notre monde, décidément, sera plus pauvre encore en esprit et en humanité.

Achille Mbembe
Professeur d'histoire et de science politique à l'université du Witwatersrand à Johannesburg, Afrique du Sud.

CULTURE & DETENTE
JB Mpiana à Kinshasa avec les clips de son nouvel album "Soyons sérieux"
Le lancement de l'album "Soyons sérieux" de JB Mpiana et son orchestre, Wenge BCG, n'est n’est qu'une question de quelques jours. D'après les informations en notre possession, Papa Chéri ramène de l'Europe quelques clips de sa nouveauté.
Dans le milieu de Wenge BCBG, le nouvel opus de Papa Chéri est surnommé " L'album du cinquantenaire " pour la simple raison que la sortie de cette œuvre musicale sur le marché coïncide avec le cinquantenaire de l'indépendance de la RDC. Dans cet opus, JB Mpiana a placé une chanson patriotique pour son pays afin de prouver son attachement à la nation congolaise.
Concernant les chansons que cette nouveauté contient, il y a lieu d'épingler la chance que Bin Adam a accordée à ses jeunes musiciens de placer une œuvre dans cet album. Djino apporte la chanson "Chérie enlevez ", tandis que Nono Fudji amène "Mombamba", Abraham Mignon injecte, pour sa part, son œuvre " Code moral ".
Outre les chansons de ces jeunes musiciens, l'on retrouve également " Bolingo ya Charlot ", une œuvre signée Roger Ngandu, directeur de marketing de l'orchestre Wenge BCBG, et "Mbwa" du chanteur Chaï Ngenge. Les titres " Biloko " et " Etoile du berger " sont signés par JB Mpiana.
" Soyons sérieux " viendra donc succéder au tube " Kipe ya yo " sur le marché du disque. Ce dernier a connu un grand succès. L'on se souviendra des chansons comme " Libérez " et " Zadio Kongolo " qui ont marqué les mélomanes. DM.

CULTURE & DETENTE
Le "miracle" des musiciens de la rue de Kinshasa au Festival de Cannes

Ils vivaient dans la rue sur des fauteuils roulants de fortune, répétaient au zoo de Kinshasa et sont devenus la coqueluche des festivals de musique: l'histoire des musiciens congolais du Benda Bilili, filmée par deux Français, a ouvert jeudi la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.
Un tonnerre d'applaudissements a accueilli trois d'entre eux et l'équipe du film à leur arrivée dans la salle où la projection venait d'avoir lieu, certains spectateurs laissant couler des larmes de "joie" devant "l'exploit de ces vertueux du ghetto" de Kinshasa, qui préparent une tournée aux Etats-Unis et en Asie.
Tout démarre à Kinshasa en 2003 où les réalisateurs filment en immersion dans la population, s'intéressant notamment aux musiciens de la rue, très nombreux. Ils tombent sur "Papa Ricky", 58 ans, l'imperturbable boss à la jambe gauche inanimée et trop courte, casquette de cuir noir vissée sur la tête et leader du groupe qui vit dans la rue où il joue avec ses compagnons de fortune des mélodies, rythmées par le blues urbain de Kinshasa.
"Quand il nous disait qu'ils deviendraient le groupe de musiciens handicapés le plus célèbre du monde ce n'était pas gagné...Nous avons été portés par cet espoir et aujourd'hui le miracle des Benda Bilili continue", a commenté Renaud Barret, réalisateur avec Florent de La Tullaye du film qui montre comment ces huit musiciens de la rue, dont cinq handicapés atteints par la poliomyélite, ont réussi l'exploit de sortir un album en France et en Angleterre en mars 2009, tout en continuant à vivre dans les rues miséreuses de Kinshasa.
Les réalisateurs croisent Roger, un petit mendiant qui joue avec l'instrument qu'il s'est fabriqué, un luth comprenant une seule corde reliée à une boîte de conserve, et qui va rejoindre les anciens, séduits par le son cristallin qu'il produit. Ils répètent au zoo de Kinshasa, seul endroit calme de la ville, et arrivent à produire un premier enregistrement artisanal, aidés par les réalisateurs qui rentrent le faire écouter en France. Le Label Crammed produit leur premier album en 2009. Le succès est tel que les Eurockéennes de Belfort les programment. Suivront une série de concerts partout en Europe.
600 heures de rush pour une heure et demi de film. La violence, la jungle de la vie, de la nuit, la dignité dans la pauvreté, la solidarité, l'amour, la persévérance, le courage : "pour la première fois des gens venaient filmer autre chose que la misère. On a été porté par leur énergie, par cet optimisme frisant le donquichotisme. Chaque fois on repoussait la fin du film, on avait peur de ne pas les revoir quand on rentrait en France" avant de revenir, a raconté Renaud Barret, n'en "revenant toujours pas d'être là avec eux".
"Depuis, on a une maison, on a fait des bistrots, une épicerie. Kinshasa c'est bien, mais ici on voit que ça va, quoi...", a commenté Ricky, avec humour, interrogé sur sa vision de l'Europe.
"Et Benda Bilili au fait, ça veut dire quoi ?", demande quelqu'un. "Tirer les images, voir loin, réfléchir...", répondent les réalisateurs. "Voir au-delà des apparences", ajoute Ricky.
La Quinzaine des Réalisateurs, manifestation parallèle du festival de Cannes qui n'est pas intégrée à la compétition, se déroule du 13 au 23 mai et présente cette année 22 longs métrages.
"Benda Bilili!" concourt pour la Caméra d'Or qui distingue un premier film présenté dans les sélections officielles ou parallèles. AFP

CULTURE & DETENTE
Retombées d’un débat au Centre wallonie-Bruxelles
Des experts recommandent de tenir compte au peuple pour lutter contre la pauvreté
LDans le cadre du cinquantenaire de la RDC, le Commissariat général au cinquantenaire (C.G.C.) a initié un vaste programme culturel, qui s'articule autour d'un certain nombre de thèmes. Le thème de ce mois de mai est l'économie. C'est ainsi que le C.G.C., en partenariat avec la délégation Wallonie-Bruxelles, a organisé, le vendredi 21 mai dernier, dans l'après-midi, un grand débat autour du thème " quelle politique économique pour lutter contre la pauvreté en R.D.C. ". D'après les conférenciers, cette politique doit tenir compte des résultats des enquêtes menées auprès des prestataires de services publics, en vue d'apporter des solutions concrètes à leur problème.
Prenant la parole en première intervention, Mme Francesca Bomboko, spécialiste en relations internationales et coordonnatrice des questions de développement au ministère du plan, estime que pour sortir la R.D.C. de la pauvreté, la politique économique applicable doit tenir compte de l'évaluation citoyenne. Cette évaluation vise à donner aux populations (prestataires de services sociaux prioritaires) la possibilité de coter leurs gouvernants.
Elle a, en outre, déclaré que la politique économique devant lutter contre la pauvreté en R.D.C. ne peut se passer des données recueillies sur terrain. Car, elle est appelée à offrir une meilleure performance des services publics, pour un meilleur épanouissement des populations. " Sur base de ces données chiffrées, le politique sait ce que veut la population et peut maintenant améliorer sa condition ", dit-elle. " Toutes ces données, renchérit-elle, feront l'objet d'un DSCRP (document de stratégie et de croissance pour la réduction de la pauvreté) de seconde génération, lequel sera rédigé après des enquêtes à l'échelon national ".

Des évaluations citoyennes
Des évaluations citoyennes ont été menées dans les provinces de Bandundu, du Katanga et du Sud-Kivu. Elles visaient à encourager et créer un débat constructif sur des réformes dans les secteurs sociaux de base, ainsi qu'à prendre certaines mesures pour promouvoir une bonne performance des services publics et une bonne gouvernance.
En clair, avance la conférencière, ces évaluations visaient à dresser un bilan actuel de l'état de la prestation des services publics dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'agriculture, de l'eau et de l'électricité, quant à leur qualité, accès, performance et intégrité.
Elles visaient aussi à stimuler un dialogue entre divers acteurs de la société (citoyens, ONG, communautés locales, fournisseurs des services) et les gouvernements (provinciaux/national). Mais aussi stimuler la redevabilité et développer des mécanismes soutenus d'imputabilité et de responsabilité, fournir une base des données empiriques détaillant les forces et les faiblesses institutionnelles. "Les résultats attendus devraient permettre de renforcer la qualité de la gouvernance, des services publics et de la gestion financière ", a-t-elle ajouté.

Indice de satisfaction
Avant d'aborder l'indice de satisfaction, Mme Francesca insiste sur le fait que le gouvernement congolais, vu la modicité des ressources budgétaires, s'est engagé à améliorer la qualité des services publics auprès de ceux qui en disposent, et non d'étendre l'accessibilité. " La démarche, ici, est d'aller auprès des populations pour leur demander si elles sont satisfaites ou non de la qualité des services publics dont elles bénéficient ", a-t-elle fait savoir.
Parlant de la santé, 52% de la population sont satisfaits dans la province de Bandundu, 72% au Sud-Kivu, 58% au Katanga. Pour l'ensemble des trois provinces, 60% des populations sont satisfaits. "L'un des facteurs explicatifs du taux élevé au Sud-Kivu, selon Francesca est le conflit armé. Il a entraîné un flux d'O.N.G. Internationales se focalisant ainsi à apporter des soins de santé primaire à ces populations ".
Par ailleurs, l'indice de satisfaction de l'éducation est beaucoup plus bas que celui de la santé. Dans les ménages, le taux de satisfaction n'est que de 50% (1 ménage sur 2 n'est pas satisfait de la qualité de l'enseignement). Cet indice tient aussi compte des frais scolaires, de la disponibilité des enseignants, de l'état général des bâtiments, des classes, de la toiture…
En rapport avec les routes de desserte agricole, service d'encadrement agricole, disponibilité des intrants, du prix des produits agricoles, 80% d'enquêtés ne sont pas du tout satisfait au niveau national. L'eau et l'électricité ont le taux le plus bas de tous les services du niveau de satisfaction (34%).

Autres interventions
Cette conférence-débat a, par ailleurs, connu l'expertise de deux autres spécialistes. Il s'agit de M. Thierry Ngoy, spécialiste en micro finance et du Pr. Puate, docteur en relations internationales.
Le premier a analysé le micro crédit comme politique de financement.
Selon lui, le microcrédit peut contribuer à la réduction de la pauvreté. Il regrette, néanmoins, la pratique malveillante du microcrédit commercial applicable dans plusieurs banques à Kinshasa, avec des taux de remboursement "appauvrissant " (4-5% par mois). Ceci ne permet pas à toutes les populations, même rurales, d'y accéder. Il propose plutôt des crédits ruraux, avec un taux bonifié, tenant compte du social et de l'économie.
Le second, le professeur Puate, traitant la question de la coopération "Win-Win ", signale que la RDC vit dans une économie-monde, une économie capitaliste. " Elle doit maîtriser les différents concepts liés à ce système en vue de tirer beaucoup plus de profit dans des coopérations internationales. Car, depuis 1960 à nos jours, la RDC n'est sortie que perdante dans des coopérations conclues ", a-t-il martelé. Rocco NKANGA


CULTURE & DETENTE
Rencontre des conteurs et griots
"L'art de la parole " réunit les artistes africains et d'ailleurs

La 10ème édition du festival international " Rencontre des conteurs et griots (RCG) " se tient cette année sous le thème : " Le rôle et l'impact de la parole pour le développement d'un pays ". Les artistes africains et d'ailleurs prennent part à cet événement. Lancé depuis le 15 mai dernier à Matadi - Mayo dans la commune de Mont-Ngafula, le festival donne l'occasion aux conteurs de s'exprimer sur scène et de parler de leur profession.
Ces artistes viennent de la RDC, de la République du Congo, du Burundi, du Cameroun, du Gabon, du Bénin, du Togo, du Niger, du Madagascar, de la Belgique et de la France. Durant la manifestation, qui se clôture le 31 mai 2010, il se déroule des rencontres professionnelles, des spectacles, des ateliers et des colloques et aussi la rencontre des femmes artistes.

Spectacles
Le festival " Rencontre des conteurs et griots " organise des spectacles pour tout public. Les spectacles pour tout public et pour jeunes se passent dans les espaces culturels comme la Halle de la Gombe, Le Tarmac des auteurs (Kintambo), Les Bejarts (Bandalungwa), … Par contre, les spectacles pour jeunes se déroulent dans les écoles.
Parmi les artistes et groupes qui participent à ce festival, il y a lieu de citer Doudou Nzio, le groupe Le Tantis, le groupe Sicomore, Grand père Bojole de Matadi, Eric Kashala et les autres.

" Kimpwanza na beto " bien accueilli à la petite halle
Le vendredi 21 mai 2010, le public était convié à suivre le spectacle " Kimpwanza na beto ", entendez notre indépendance, du conteur congolais Doudou Nzio. Bon parleur et excellent discoureur, il a captivé les spectateurs à travers son conte qui parlait de l'indépendance de la RDC.
Le public a suivi avec beaucoup d'attention le spectacle et était informé de l'histoire de la RDC, surtout en ce qui concerne son indépendance ainsi que les personnes qui ont concouru à obtenir cette liberté. Doudou Nzio n'était pas le seul sur le spectacle. Il était accompagné d'un artiste musicien du Congo-Brazzaville venu de la ville du Pointe-Noire, Kaly Djatou.

La suite du programme RCG
Pour ceux qui veulent suivre des spectacles des contes, pour cette matinée, il est prévu deux spectacles de Tam-tam théâtre (RDC) et Kaly Djatou (Congo-Brazza). Pour ce soir à l'Espace Masolo, Sycomore Théâtre (RDC), Talike Gelle (Belgique - Madagascar), France Ngo Mbock (Cameroun) seront à l'honneur.
La 10ème édition coïncide avec les 20 ans d'existence de Tam-tam Théâtre, organisateur du festival et le cinquantenaire de l'indépendance de la RDC. D.M

VIVEMENT LE SPORT
TP Mazembe - APR FC : ce qui s'est passé à Kigali
La délégation du TP Mazembe a regagné Kinshasa hier après avoir été expulsée de Kigali suite aux incidents qui ont émaillé le match qui opposait ce club lushois à l'APR FC du Rwanda dans le cadre de la CECAFA Cup Kigali 2010. Une certaine tension régnait dans la ville, non seulement en raison des événements du Nigeria où la délégation de V.Club a récemment vécu un cauchemar, mais aussi à cause de la multiplicité des versions sur ce qui s'est passé samedi dernier au stade Amahoro de Kigali. Que s'est-il donc passé ?
Des sources proches du club cher à Moïse Katumbi relatent les faits comme suit. Le match, qui avait débuté à 17 heures locales (15 heures à Kinshasa) a connu une animation particulière dans les 15 dernières minutes de la première mi-temps. A la 33ème minute, en effet, l'APR FC ouvre le score. 5 minutes plus tard, soit à la 38ème minute, Kaluyituka Dioko égalise, mais l'arbitre annule le but en signalant une position de hors-jeu sur le buteur.
Trésor Mputu, en sa qualité de capitaine, approche l'arbitre pour lui exprimer sa protestation, contestant ainsi son équité. Le match est arrêté quelques instants avant de reprendre. Quelques minutes après, un joueur de Mazembe est sévèrement taclé, mais l'arbitre ne siffle pas la faute. Mputu Trésor revient à la charge, mais cette fois-ci l'arbitre lui colle un carton rouge. C'est ici que surviennent des incidents que les sources de Mazembe ne précisent pas.
Un reporter du quotidien kenyan Daily Nation écrit dans son journal que, fâché suite à son expulsion, Mputu aurait agressé l'arbitre avant que ses coéquipiers n'en fassent de même. C'est ce qui a alors poussé la police du stade à envahir le terrain pour arrêter tous les joueurs. A 18 heures 10, la partie est définitivement arrêtée, tandis que toute la délégation du TP Mazembe est retenue dans les locaux policiers du stade Amahoro. Pendant ce temps, le joueur Guy Lusadisu est porté disparu.
C'est à 22 heures que les membres de la délégation du club lushois sont libérés et que Lusadisu retrouve ses coéquipiers. Les autorités rwandaises signifient alors à la délégation qu'elle est expulsée du Rwanda et qu'elle doit quitter Kigali le dimanche à 3 heures du matin.
En attendant, elle est placée en garde dans les installations qu'elle occupait.
Au regard de la relation des faits, les observateurs s'interrogent, non pas seulement sur la nature réelle qu'était l'arbitrage du match mais aussi sur le comportement des autorités rwandaises qui sont allées jusqu'à expulser une équipe de football, alors qu'elle n'avait pas commis des troubles à l'ordre public comme avancé pour justifier cette expulsion. En l'absence de toute réponse objective, une certaine opinion place cet acte sur le compte de la méfiance qui règnerait encore entre Kinshasa et Kigali, malgré le rétablissement des relations diplomatiques.
Mais sur le plan purement sportif, on rappelle que le TP Mazembe avait éliminé, le 4 avril 2010 à Kinshasa, l'APR FC dans le cadre de la Champions league. Le club lushois l'avait emporté par 2 buts à 0 après avoir perdu le match aller à Kigali par 1 but à 0. Le match retour à Kinshasa avait connu l'expulsion de deux joueurs rwandais, Patrick Tabu Mafisango et Victor Nyirenda, qui avaient écopé chacun deux cartons jaunes.
L'APR FC compte au moins 5 joueurs congolais. Son coach ne serait autre que le Congolais Andy M'Futila, et Guy Lusadisu, le " disparu de Kigali ", a joué au sein de ce club.
Nul ne sait encore quelle suite peuvent avoir les incidents de Kigali sur le TP Mazembe, étant donné que la CECAFA est affiliée à la CAF et à la FIFA.
Le CECAFA est la plus vieille confédération de football de l'Afrique. Elle fut créée en 1926 sous l'appellation de " Gossage Cup ". En 1966, elle a changé son appellation en " East and Central African Senior Challenge Cup " jusqu'en 1971, date à laquelle elle a pris da dénomination actuelle, le Council for East and Central Africa Football Association (CECAFA) qui est une confédération régionale de football dépendante de la Confédération africaine de football. Les pays membres du CECAFA sont les suivants : Burundi, Djibouti, Ethiopie, Erythrée, Kenya, Rwanda, Somalie, Soudan, Tanzanie et (la fédération sportive du) Zanzibar. Le TP Mazembe était à Kigali en tant qu'invité à la CECAFA Kagame Cup Rwanda Cup 2010, qui est une compétition similaire pour les clubs.
Jonas Eugène KOTA

Samuel Eto'o, l'homme des finales de Ligue des champions
Lors de ses deux précédentes finales de Ligue des champions, le Camerounais Samuel Eto'o a marqué un but à chaque fois et soulevé le trophée. L'Inter Milan et José Mourinho comptaient sur son sens de la compétition, samedi à Madrid contre le Bayern Munich, pour enfoncer le clou. Un jour après la victoire de l’Inter Milan (2-0) «Forum des As» républie cette dépêche de l’AFP.
Seul le grand Alfredo Di Stefano a fait mieux, marquant lors de ses... cinq finales victorieuses avec le Real Madrid, de 1956 à 1960 (7 buts en tout). S'il marquait au Santiago-Bernabeu, Eto'o serait seul derrière la +Flèche blonde+ et dépasserait les 10 joueurs ayant marqué lors de deux finales de C1, parmi lesquels Ferenc Puskas, Eusebio, Sandro Mazzola, Gerd Müller ou Raul...
Au Stade de France en 2006, alors qu'Arsenal menait, Eto'o avait égalisé à un quart d'heure de la fin d'une frappe petit côté sur un relais en pleine surface de Larsson. Puis le Barça s'était imposé.
L'an dernier au Stadio Olimpico de Rome, toujours sous le maillot blaugrana, il avait ouvert le score très vite dans une action crochet-frappe enchaînée où sa vitesse gestuelle digne d'un super-héros de +Comics+ américain avait mystifié Vidic. Et le Barça avait gagné 2-0.
Avec le Cameroun, dont il porte aujourd'hui le brassard de capitaine, Samuel Eto'o Fils a aussi marqué lors d'une de ses trois finales de Coupe d'Afrique, en 2000 contre le Nigeria (2-2, 4 t.a.b. à 3), et lors de la finale du tournoi Olympique remportée par les Lions Indomptables (2-2, 5 t.a.b. à 3) face à l'Espagne la même année.
Avec deux C1, deux CAN, la médaille d'or olympique, quatre titres de champion (trois en Espagne, un en Italie) et quatre Ballons d'Or africain, il possède le plus beau palmarès individuel du continent, loin devant Didier Drogba, avec lequel il se dispute depuis quelques années le titre de meilleur footballeur en activité du continent noir.
Et si Drogba a marqué le but vainqueur en finale de Cup la semaine dernière, il a souvent raté ses finales, lui, avec Marseille (C3 2004), Chelsea (exclu en finale de C1 2008) ou la Côte d'Ivoire (CAN-2006).
Compétiteur hors-pair, Eto'o sait parfaitement se sublimer pour les très gros matches, et c'est forcément bon signe pour l'Inter. "Il a gagné deux Ligues des champions et il jouait arrière gauche aujourd'hui", avait salué José Mourinho après la demi-finale retour à Barcelone. Eto'o, perçu comme difficilement gérable, piqué par le virus égoïste du buteur, s'était dépouillé pour défendre, à dix contre onze.
A Santiago-Bernabeu, le stade où il a débuté en Europe, il sera d'autant plus motivé pour encore marquer en finale qu'il a été rejeté par le Real, qui était allé le chercher à la Kadji Academy de Douala.
Arrivé à 16 ans au centre de formation, il n'a joué qu'avec la réserve (Castilla) avant d'être prêté à Leganes (1997-98). De retour au Real, il ne s'est pas imposé et a filé en janvier 2000 à Majorque, où il a explosé (67 buts en 166 matches) avant la consécration d'un transfert au Barça en 2004, où il remporta ses deux premières C1.
Il pourrait samedi ajouter une ligne à son plantureux palmarès, qu'il serait le seul à pouvoir écrire: réussir deux triplés d'affilée (coupe-championnat-C1), et avec deux équipes différentes! AFP

Echos du Mondial
*Mondial-2010 - Kaka, une saison presque pour rien à Madrid

Difficile de retenir quelque chose de la première saison au Real Madrid du Brésilien Kaka: souvent blessé, rarement à l'aise sur le gazon, il a été totalement éclipsé par le duo Cristiano Ronaldo-Higuain. Qu'en sera-t-il au Mondial?
"Je vais y arriver en très bonne forme", a répondu le 13 mai l'ancien joueur vedette de l'AC Milan.
"Il reste 33 jours et j'ai encore du temps pour me préparer", ajoutait le Ballon d'or 2007, symbole avec Cristiano Ronaldo du retour fracassant des "Galactiques" de Florentino Perez au Real Madrid l'été dernier.
"Il me manque peu de choses pour retrouver ma forme optimale", relevait le meneur de jeu, privé à Malaga du dernier match de la saison vierge de titres du Real à cause d'une rechute d'une blessure à l'adducteur gauche.
La première saison en "merengue" de Kaka, 28 ans, acheté 65 millions d'euros au club de Silvio Berlusconi, a ressemblé à une partie de cache-cache avec les blessures.
"Je ne suis pas content de mon rendement cette saison", admettait le Brésilien fin avril. "Mais tout dépend du physique. J'ai eu beaucoup de problèmes avec les blessures. Quand je serais bien physiquement, les performances suivront." Angola Presse

*Mondial 2010 : l'argentine s'inquiète pour Messi !
L'Argentine du football retient son souffle. Lionel Messi a, en effet, dû écourté une séance d'entraînement ce vendredi. Touché au genou, le Ballon d'Or France Football 2009 a préféré ne pas prendre de risques, faisant ainsi craindre le pire à tout le pays.
Mais que tous les fans albicelestes se rassurent, le numéro 10 ne manquera pas la Coupe du monde. Dans des propos relayés par Sky Sports, le porte-parole de la Fédération Argentine, Andres Ventura, a fait le point sur cette blessure : " Ce n'est rien, il a juste une égratignure sur sa jambe droite ". Beaucoup de bruit pour rien. Foot mercato.net

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SADISA BETO FSB/Asbl

La SONAS invite les automobilistes ayant abandonné leurs documents à régulariser leurs situations
(25/03/ 2010)
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Réalisation de l'equete devant établir le niveau de satisfaction de la clientele de la régideso
( 05/04/ 2010) Lire l'Avis de la REGIDESO


Avis : Fonds social de la RDC recrute un comptable pour la ville de Lubumbashi
( 09/04/2010)
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SNEL : Communiqué de confirmation des créances extérieures et l’Appel à manifestation d’intérêt (12/04/2010) Lire le communiqué


BCECO :Avis sur le report de la date de remise des offres Lire l'avis


Avis : L'ONATRA procède à la mise à jour des données relatuves à sa dette extérieure Lire l'avis