Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3533 DU JEUDI 28 JANVIER 2010
Pauvre Nigeria

Ca vole bas au Nigeria. Le plus peuplé de pays africains en est réduit au service minimum. A l'origine de cette inertie ambiante, un homme. Pas n'importe lequel. Le chef de l'Etat. En somme celui qui dont le boulot consiste à faire en sorte que le pays avance. Summum de paradoxe.
Voilà deux mois qu'Umaru Yar'Adua-c'est le nom du président nigérian-est hospitalisé en Arabie Saoudite. Loin de ses terres nigérianes. Jusqu'ici, rien d'anormal. La maladie se moque de titres et statuts sociaux. Tout le monde y passe. Seulement voilà, le numéro 1 nigérian semble loin de se rétablir. En deux mois d'absence du pays, il n'a donné signe de vie qu'une seule fois via une interview laconique...par téléphone.
Pendant ce temps à Abuja et à Lagos, les rumeurs sur la gravité de l'état de santé du Président enflent. D'autant plus dangereusement que le pouvoir nigérian est comme devenu aphone.
Plus grave, le pays est comme décapité. Car, Umaru Yar'Adua n'entend pas passer la main. Ne serait-ce que déléguer le pouvoir suprême de manière à éviter le vide et donc le disfonctionnement à la tête de l'Etat! Ce, alors qu'il y a un vice-président dont justement l'un de rôles est de remplacer le Chef de l'Etat en cas d'incapacité de celui-ci-même mommentanée-à exercer le pouvoir. Résultat, le géant africain tourne au ralenti. Nombre d'engagements nationaux et internationaux doivent attendre.
La situation ubuesque du Nigeria devrait être un cas de conscience pour tous les dirigeants africains. D'abord parce que le Nigeria n'est pas n'importe quel pays africains. C'est sans doute le plus puissant Etat d'Afrique subsaharienne en dehors de l'Afrique du Sud. Et puis, ancien archétype de pouvoirs kaki sur le continent, le Nigeria semblait réussir sa reconversion au pouvoir civil avec une alternance saluée par la communauté internationale. Enfin, pour gagner en respectabilité, les leaders africains feraient œuvre utile en se soumettant à leurs constitutions respectives. En particulier sur le chapitre de la succession.
Le signal envoyé par le Président Yar'Adua ne va sans doute pas dans le sens de crédibiliser le continent. C'est plutôt l'image d'un continent indissoluble dans l'Etat de droit que charrie la chronique sur la santé d'Umaru Yar'Adua, surnommé par la rue lagosoise président "off shore".Allusion faite au très pétrolier Royaume saoudien où est soigné le toujours chef de l'Etat nigérian.
José NAWEJ


Joseph Kabila toujours en quête d’hommes!

Qui aurait parié en ce 26 janvier 2001 que le jeune Général qui prête serment en qualité de chef d’Etat allait faire longtemps au pouvoir? Qui eût imaginé que cet homo novus allait coiffer au poteau tous les vieux briscards de la politique zaïro-congolaise?
En ce jour anniversaire de l’accession de Joseph Kabila au pouvoir suprême, on peut multiplier des interrogations, tant rien ne semblait indiquer que celui qui n’était que le fils de son illustre père, allait devenir un président à part entière! Neuf ans après, Kabila junior -le même-est toujours à la manœuvre. Aux Etats-unis, il aurait déjà épuisé ses deux mandats constitutionnels, tandis qu’en France, le Raïs serait à un an de son second quinquennat! Un exploit en lui-même pour ce Président que personne n’attendait tout simplement, parce que personne ne le voyait venir.
Parachuté à la tête d’un pays-continent aux mille et un défis, Joseph Kabila peut se flatter d’avoir relevé d’abord un défi personnel: celui de sa conversion d’un Chef d’Etat de transition en un Président de la République auréolé de l’onction populaire via le suffrage universel. Reste que quand il aura soufflé sur ses neuf bougies sur fond d’une autosatisfaction justifiée, Joseph Kabila verra défiler dans sa tête d’autres défis. Ceux-ci vont du déficit de collaborateurs au social de l’immense majorité de ses compatriotes. L’année dernière, le Président avait fait une déclaration qui ressemblait fort à un aveu. Le Raïs confiait à un tabloïd américain qu’il n’avait pas assez d’hommes à ses côtés. Joseph Kabila ne faisait que corroborer ce que nombre d’analystes sérieux n’avaient de cesse de déplorer.
Seulement, si, en neuf ans d’exercice du pouvoir, le Président se plaint de ne pas disposer d’un entourage à la hauteur de sa vision, c’est qu’il y a problème. Car les personnes-ressources, les sherpas intègres et consciencieux ne manquent pas. Nombre d’observateurs équilibrés attribuent le déficit d’hommes de valeur au fait qu’en kabilie, les «recruteurs attitrés» ne proposent au Raïs que leurs hommes de main. D’ou, des castings de complaisance- quand il y en a- à l’issue desquels des «obligés» se retrouvent dans la cour avec pour seule mission de renvoyer l’ascenseur. Difficile, dans ces conditions, pour le Chef d’avoir un entourage de qualité.
Pour relever le défi d’hommes, le Président devrait piocher lui-même pour, à terme, générer sa garde rapprochée. Ses hommes à lui. Cette recette procède de la mystique même du pouvoir. Ici comme ailleurs. José NAWEJ


Une si longue attente

Bien malin le membre de la kabilie qui parierait sur le moment du remaniement. Dans la cour présidentielle, tout le monde en parle, mais personne ne connaît ni le jour, ni l'ampleur du coup de balai à venir au sein de l'équipe Muzito. Dans tous les cénacles de la Majorité, le remaniement est sur toutes les lèvres Mieux, il régule même toutes les manoeuvres politiques allant des messes noires aux coups fourrés dont raffolent les opérateurs politiques zaïro-congolais. Au sein des cabinets ministériels, c'est quasiment le service minimum. Ministres et collaborateurs sont à l'affût de la moindre indication sur ce fameux remaniement. Dans certains ministères, les cérémonies d'échange des voeux prennent les allures d'adieu.
On l'aura compris. La ville haute est comme tétanisée par la perspective du remaniement ministériel. Voulu par nombre de nos élus comme une espèce d'anti chambre menant au vrai pouvoir, l'hémicycle n'est pas épargné par cette drôle de veillée d'armes. En plus de la poignée de députés de l' "Opposition" prêts à changer de camp, de plus en plus d'élus de la Majorité n'en peuvent plus de ronger leurs freins. Le renvoi, par le Président, du projet de budget 2010 pour une seconde lecture a donné lieu à des scènes de désamour entre la Majorité et l'Exécutif. Son Exécutif. On a frôlé une espèce de rébellion de la Majorité! Laquelle a fait chorus avec l'opposition pour rejeter le projet de loi portant ouverture des crédits provisoires. C'est qu'au-delà des considérations strictement techniques brandies opportunément par les députés, la passe d'armes entre la Chambre et le Gouvernement n'était dénuée de calculs politiciens. En particulier, dans le chef des élus du Pouvoir. Lesquels font, désormais, flèche de tout bois pour précipiter l'avènement de Muzito II.
Face à cette ambiance délétère, de plus en plus de voix s'élèvent pour inviter le Chef de l'Etat à mettre un terme à l'incertitude actuelle. Tout maître du jeu qu'il est, le Raïs n'en a pas moins intérêt à concrétiser au plus vite son annonce du remaniement...vieille de sept mois! Les travaux d'Hercule doublés du challenge "année du social" qu'il vient de se fixer requièrent l'existence d'un Gouvernement débarrassé du spectre du chambardement. A l'approche de la reddition des comptes, le temps n'est plus le principal atout du Président.
Insondable plus que son prédécesseur de père, jaloux de son agenda et abhorrant, comme Mzee, la moindre pression extérieure, le Raïs devrait tout de même reconsidérer son "festina lente".Sinon, le nécessaire second souffle du quinquennat risque d'être administré trop tard.
José NAWEJ






































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































A LA UNE
SUITE A LA CONFISCATION DU POUVOIR ET AU NON PAIEMENT DU PERSONNEL
Les raisons cachées de l’acharnement de Karel De Gucht
*Entre Kinshasa et Bruxelles, les relations relèveraient plus d’une psychologie comportementale que de la politique
* Hier à Kinshasa, la CCU de Mende a, pour sa part, organisé un sit-in au siège de la délégation de l’UE dans la capitale

Entre Bruxelles et Kinshasa, la « normalisation » n’a pas fini de ne pas commencer ni de s’achever. Chaque fois que l’on croit y être parvenu s’ouvre un nouveau couac qui montre combien le chemin à parcourir est encore long. Les relations belgo-congolaises décrivent aussi bien des dents de scie que des parallélismes convergents qui ne permettent pas facilement de situer le niveau de la coopération (sinon par des chiffres), la qualité des liens diplomatiques ou encore le privilège qui caractériserait ces relations entre une ancienne colonie et son ancienne métropole. A croire qu’il s’agirait d’ un cercle vicieux. D’autres diraient que c’est la nature même des relations entre ce genre de partenaires, empruntes de certains relents œdipiens…
Ici et là, personne ne sait donner un contenu aussi objectif que possible au concept de « normalisation » que chacun évoque tant et derrière lequel tout le monde court à ce point. Un fait est sûr : de tous les temps, c’est-à-dire depuis 50 ans, les Congolais courent après une dignité que là-bas on prend régulièrement un malin plaisir à froisser comme dans une démarche récurrente de provocation pour des raisons jusque-là inavouées. A Kinshasa encore, on affirme fermement, et de manière récurrente, la volonté de sortir des méandres des conditions de pauvreté pour s’afficher comme un état réellement responsable, méritant ainsi des relations responsables, mais aussi un regard de responsabilité.
On comprend, dès lors, pourqoui la RDC n’a jamais remis formellement en cause la nature de ces relations diplomatiques et de coopération, même si, à une certaine époque, la classe dirigeante à Kinshasa se plaignait d’un certain déséquilibre dans les dividendes qui s’en dégageait : 1 Franc belge investi au Zaïre d’alors en rapportait plus de 10, se plaignait-on. Seulement, on se souvient encore que ce discours constituait une sorte de bouclier contre les assauts répétés de la Belgique dirigeante. Comme aujourd’hui, lorsque, contre toute attente, un certain De Gucht, auréolé de fonctions officielles, ne s’embarrasse point de se planter en plein milieu du salon du Premier des Congolais pour tenir les propos fort peu diplomatiques avant de reprendre tranquillement son avion vers d’autres cieux.
Normal, alors, que la RDC, cette frêle RDC, surprenne l’humanité en prenant une décision pour le moins suicidaire (aux yeux de certains observateurs avertis) de « suspendre » ses relations avec la Belgique, ou qu’elle décide de priver son visa à un De Gucht, Eurocommissaire attendu pour conclure un accord de partenariat d’une valeur de plus de plus de 200 millions d’Euros. A Kinshasa, la situation et les sentiments sont tels que tous ces montants ne sont que chiffres face à la complainte de la « dignité », du « respect mutuel » et des « relations responsables ».
Bruxelles l’a-t-il compris ? Oui et Non. Car, finalement, quand on parle des relations belgo-congolaises, il faut désormais mettre deux casquettes à la Belgique : celle officielle qui s’engage dans la relation et celle politique engluée dans les querelles internes et qui, très souvent, se servent de la casquette diplomatique pour y faire déferler ses querelles belgo-belges. Ce qui, parfois, déteint sur les relations d’Etat à Etat, même si, face à la RDC, il est toujours difficile, voire impossible, de démêler l’écheveau entre la Belgique officielle et la Belgique belge qui se présente sur l’échiquier diplomatique. Avec la RDC comme avec d’autres pays, généralement d’Afrique.
On se souvient, en effet, qu’avant sa dernière visite catastrophique à Kinshasa, Karel De Gucht s’était vu refuser d’entrée au Rwanda. Kigali n’avait pas bien pris le silence de la Belgique face aux actes répétés des inciviques qui ne cessaient de barioler les murs de son ambassade à Bruxelles de messages racistes.
Dans le fond, on est porté à croire que la Belgique éprouve de sérieuses difficultés à établir le distinguo entre les affaires d’Etat et les antagonismes ethno-politiques internes, aussi bien entre flamands et wallons qu’entre radicaux et modérés de tous bords. Sous cet angle, on comprend finalement que la RDC, comme d’autres pays d’Afrique centrale, devienne l’enjeu des antagonismes internes. La raison en est simple : manifestement, il n’y aurait que la RDC comme partenaire diplomatique international pour la Belgique, du moins parmi les «faibles». Ce qui ferait que Kinshasa constitue le point de visibilité politique et diplomatique majeur pour les Belges. En sorte que le ministère des Affaires étrangères devient, à Bruxelles, le poste le plus stratégique entre différents protagonistes.
Dans l’une de ses analyses récentes sur les dernières rodomontades de De Gucht, notre consoeur Colette Braeckman tente d’en donner, effectivement, l’explication lorsqu’elle s’interroge : « Est-il (Ndlr : De Gucht) agacé par le retour aux affaires de l’ancien CVP qui revient sur la scène internationale avec un homme qui, fort de la visibilité que confèrent les Affaires étrangères, pourrait bientôt faire de l’ombre aux anciens caciques ? »
Dans la même logique, on peut comprendre ce quasi marchandage de la venue à Kinshasa du Roi Albert, une visite qui, pour certains en Belgique, se lit comme une sorte de légitimation du pouvoir de Kinshasa. Une erreur lorsque l’on sait que ce même pouvoir a tiré sa légitimité des urnes lors des élections qui avaient été approuvées par l’ensemble de la communauté internationale. C’est aussi dans ce registre que l’on pourrait intégrer l’aversion personnelle de De Gucht sur la classe politique congolaise : elle se voudrait comme une planche de salut de tous ces caciques ayant perdu le « pouvoir » et qui se retranchent derrière leurs leaderships communaux pour se gargariser des attentions de leurs électeurs accros au discours dénigrant les Africains…
Et notre consoeur Braeckman de conclure qu’entre la Belgique et la RDC, il s’agit plus d’une psychologie comportementale que de la politique. En attendant, on ne manque pas de considérer avec elle que « le Congo qui s’est engagé sur une voie démocratique que nul n’aurait cru possible voici dix ans mérite d’être encouragé, accompagné, écouté et aussi délivré de la hantise de l’échec et de la dépendance. Quant à la visite du Roi, si elle a lieu, elle représentera moins la légitimation d’un régime déjà issu des urnes qu’un témoignage de solidarité entre deux peuples. Elle sera aussi la consécration d’un Etat créé naguère par les Belges et dont les Congolais, au cours du demi-siècle écoulé, ont réussi malgré tout à garantir l’intégrité territoriale et les chances d’avenir… »

Jonas Eugène KOTA

Pourquoi ce retour des Belges en Afrique centrale ?
Du calme, du calme…Ecouter d’abord, parler ensuite, juger plus tard, beaucoup plus tard…La délégation belge a suivi au pied de la lettre l’exemple sinon les consignes données par Steven Vanackere qui, 50 jours après son entrée en fonctions, a pris ses marques au Congo avec l’aisance d’un vieux routier.
Fluides, souriants et muets, les diplomates de choc qui accompagnaient le ministre ont renforcé une offensive qui, pour être de charme, n’en était pas pour autant dénuée de lucidité : qu’il s’agisse de l’armée, de la situation à l’Est, de la justice, voire de la corruption, toutes les questions qui auraient pu fâcher ont été posées sans détour et elles ont obtenu des réponses précises.
Pourquoi cette volonté belge de renouer, de connaître, et surtout, de comprendre ? Ce désir de mesurer l’état actuel du Congo à l’aune du chemin parcouru et de tout ce qui reste à faire ? Pour ne pas hypothéquer une visite du Roi Albert II, souhaitée certes, mais encore hypothétique ? Sans doute. Pour retrouver l’«expertise », c’est-à-dire une connaissance du terrain s’ajoutant à une capacité de dialogue avec les autorités congolaises ? Plus que probable. Les Belges, en effet, mesurent enfin que le Congo, lentement mais sûrement, regagne la place centrale qui lui revient au cœur de l’Afrique, qu’il est courtisé sinon convoité par d’anciennes et de nouvelles puissances.
Un ministre CDVV comme Vanackere ne peut que se souvenir de ses prédécesseurs, Martens ou Tindemans, qui s’enorgueillissaient d’être écoutés Outre Atlantique parce qu’ils pouvaient, aussi, parler du Congo. En outre, d’ici quelques mois la Belgique assurera la présidence de l’Union européenne : un ancrage retrouvé en Afrique centrale (Congo mais aussi Rwanda et Burundi) renforcera sa propre crédibilité diplomatique auprès de ses pairs et donnera plus d’autorité à sa voix et à ses engagements.
Cependant, à la différence de l’époque des Martens et des Tindemans, le temps des effusions est révolu, Vanackere n’est pas homme à cultiver le sentimentalisme des « brouilles » et des « retrouvailles », il préfère visiblement les relations lucides et adultes.
Cependant, si à Kinshasa comme à Bruxelles le temps des passions est révolu, l’histoire commune demeure. Au niveau des peuples congolais et belge, toutes générations confondues, il y a trop d’échanges, de jumelages, de solidarités, d’intérêt réciproque pour qu’il ne faille pas dépasser le cadre strictement politique et tenter une fois encore le pari de l’amitié… Colette Breackman

Quelle mouche a donc piqué Karel De Gucht?
Quelle mouche a donc piqué Karel De Gucht ? Malgré les succès enregistrés à l’Europe, est-il frustré par ses échecs africains au point de ne pouvoir accepter les avancées de Vanackere, encore bien modestes ? Est-il agacé par le retour aux affaires de l’ancien CVP qui revient sur la scène internationale avec un homme qui, fort de la visibilité que confèrent les Affaires étrangères, pourrait bientôt faire de l’ombre aux anciens caciques ? Est-il à ce point aveuglé par sa querelle personnelle avec le président Kabila, qu’il a lui-même provoquée, qu’il a juré sinon de torpiller le dirigeant congolais, en tous cas de l’empêcher d’accueillir le roi Albert II ? Ou, plus prosaïquement, le bourgmestre de Beerlare cultive-t-il son quarteron d’électeurs toujours séduits par le dénigrement de l’Afrique, se fait-il les muscles sur un adversaire faible encore, à défaut d’infliger son franc parler à des dirigeants plus coriaces ou mieux protégés par les Etats Unis (en Afghanistan par exemple…).
Les tentatives d’explications, dont certaines relèvent de la psychologie comportementale plus que de la politique, n’ont finalement que peu d’importance. Ce qui compte, c’est de savoir si le Congo va mieux ou moins bien, si les critiques de De Gucht font ou non avancer les choses, au bénéfice des populations. A la première question, il faut répondre que, dans ce pays qui oscillait entre le Haïti des Tonton Macoute et la Somalie, les avancées sont réelles : des routes se construisent, 300 magistrats douteux ont été limogés et remplacés, des militaires sont sanctionnés pour vols et viols, le budget 2010, après avoir été refusé par la présidence, vient de passer et tient plus compte du « social ». Certes, avant d’atteindre la « bonne gouvernance », la voie est encore longue et le président n’a pas encore nettoyé les écuries d’Augias, c’est-à-dire son entourage.
Mais ce qui est certain, c’est que le Congo qui s’est engagé sur une voie démocratique que nul n’aurait cru possible voici dix ans mérite d’être encouragé, accompagné, écouté et aussi délivré de la hantise de l’échec et de la dépendance. Quant à la visite du Roi, si elle a lieu, elle représentera moins la légitimation d’un régime déjà issu des urnes qu’un témoignage de solidarité entre deux peuples. Elle sera aussi la consécration d’un Etat créé naguère par les Belges et dont les Congolais, au cours du demi-siècle écoulé, ont réussi malgré tout à garantir l’intégrité territoriale et les chances d’avenir…
Colette Breackman (lesoir.be)

Un demi-siècle de relations en dents de scie
Le pari que Steven Vanackere entend réussir en Afrique centrale est l’un des plus difficiles qui soient pour un ministre belge : se comporter avec les dirigeants, congolais en particulier, de façon «normale». Entretenir une conversation courtoise, sacrifier aux usages de la politesse, parler certes, mais écouter d’abord, se garder de tout jugement prématuré, positif ou négatif…
L’exercice est difficile, car entre la Belgique et le Congo, la normalité a rarement été au rendez vous, régulièrement supplantée par des passions aussi mal contenues d’un côté que de l’autre…Comme si le Congo, la seule véritable colonie que la Belgique ait jamais eue, était demeuré cet « enfant unique », à jamais marqué par 80 ans de tête à tête, un «enfant» que les parents ne se résolvent jamais tout à fait à voir grandir…

aux origines des conflits
Dès le lendemain de l’indépendance, les rapports entre le Congo et la Belgique sont marqués à la fois par la passion et par les intérêts matériels, avec au centre des débats le sort de l’ancienne Union Minière, le «contentieux « économique entre les deux pays et dès 1971 le sort des Belges « zaïrianisés » (nationalisés). Dès sa prise de pouvoir en 1965, le président Mobutu joue très habilement sur le registre des émotions. Certes, des hommes comme Pierre Harmel, (PSC) puis Renaat Van Elslande (CVP) ou, au début en tout cas, Léo Tindemans (CVP), tentent ils de « normaliser » les relations entre les deux pays, alors qu’un Edmond Leburton (premier ministre PS) entend miser sur les contacts personnels. Mais en 1975 déjà, Léo Tindemans sort de sa réserve et assure que «Belges et Zaïrois sont condamnés à vivre ensemble». A son intention, Mobutu déploie alors une offensive de charme et le chanteur Mandiata l’accueille en scandant « Viva Mboma, pataten met saucissen »…
Au contraire de ce que l’on pourrait croire aujourd’hui, le clivage communautaire n’a pas toujours été déterminant : à la fin des années 70, c‘est le socialiste francophone Henri Simonet qui manifeste une certaine neutralité lors des deux guerres du Shaba et c’est Léo Tindemans (CVP) alors Premier Ministre, qui rétablira les bonnes relations et en sera récompensé par un accueil qualifié de chaleureux.
Dès le début des années 80, les socialistes flamands et derrière eux le monde des ONG, prennent la tête des critiques à l’égard du régime tandis que Léo Tindemans n’arrive pas à imposer la diversification de la politique africaine, étant à chaque fois distancé par les relations personnelles que des hommes comme Herman de Croo ou Etienne Davignon entretiennent avec Mobutu.

années de crise
La fin des années 80 sera marquée par la grande crise belgo-zaïroise : la Belgique refusant de plaider auprès du FMI en faveur d’un allègement de la dette extérieure du Zaïre, Mobutu, jouant une fois de plus sur le registre émotionnel, reçoit Tindemans à Gbadolite et s’exclame : « j’attendais des amis, j’ai trouvé des comptables »…Auparavant, Wilfrid Martens, alors Premier Ministre, était lui aussi tombé dans le piège des relations personnelles, assurant, à l’occasion d’une visite au Zaïre « qu’il aimait ce pays, sa population, ses dirigeants » Et Louis Tobback (SP) de lui rétorquer « tout le monde a les amours qu’il peut.. »
Après la « crise belgo-zaïroise »de 1989, la réconciliation conclue à Rabat ne dure pas : en 1990, à la suite du massacre des étudiants à Lubumbashi, la Belgique rompt avec un Mobutu qui, avec la fin de la guerre froide, a perdu son capital géopolitique. Pour le plus grand malheur des populations, la coopération belge y compris militaire, est retirée. S’ouvre alors une décennie d’indifférence…Willy Claes, puis Erik Derijcke (SP) boudent le Zaïre et seront traumatisés par le génocide au Rwanda, rendu possible par le retrait des Casques bleus belges. Lorsque Mobutu, en 1997, est renversé par Laurent Désiré Kabila, les Belges restent de glace face au vieux maquisard. Il faudra attendre l’arrivée de Louis Michel, en 1999, pour assister à un regain d’intérêt. A l’époque, la crise du « poulet à la dioxine » a terni l’image de la Belgique et le bourgmestre de Jodoigne estime que c’est en Afrique centrale que son pays peut reconquérir quelque crédit international. Encore faut-il être capable de démontrer cette expertise : Michel multiplie alors les voyages dans une Afrique centrale ravagée par la guerre et il multiplie les « navettes » entre les diverses capitales impliquées dans le conflit.
Très rapidement cependant, il dépasse les considérations d’opportunité politique et s’avère sincèrement touché par la détresse des populations, n’hésitant pas à s’entretenir, à Kisangani ou à Bukavu, avec des victimes du conflit, mais sans pour autant s’opposer au Rwanda. Il est vrai que le Premier Ministre Verhofstadt, après le génocide, a présenté à Kigali des excuses publiques et que le régime dissuade les critiques en dénonçant le soutien longtemps apporté par les Belges à Habyarimana…
Lorsque Joseph Kabila arrive au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père (dont Louis Michel a annoncé le décès avant tout le monde…) le Ministre belge des affaires étrangères déploie toutes ses capacités d’empathie : même s’ il parle plus qu’il n’écoute, il conquiert la confiance du jeune président taiseux et déploie tout son ingénierie politique pour rechercher une solution à l’imbroglio congolais et en 2006, Kabila est élu au terme d’une campagne financée par l’Europe et les Etats Unis. Avec De Decker à la Coopération, les Belges ont la cote à Kinshasa : l’ancienne puissance coloniale a défendu le principe de l’intégrité du pays, plaidé en faveur du Congo auprès des institutions financières internationales. Même s’il est critiqué, déjà, par la presse flamande, Louis Michel n’est pas complaisant pour autant. Mais, lorsqu’il a des critiques à émettre, il veille à les formuler en tête à tête, au grand dam de ses diplomates priés de quitter les lieux.

De Gucht apres Michel
A partir de ces longs entretiens avec Kabila et les autres chefs d’ Etat de la région, de ces exercices de franc parler menés à huis clos, Michel réussit à se construire un réseau de relations de confiance dans toute la région. A l’implication personnelle d’un Louis Michel, disponible jour et nuit lorsqu’il s’agît de la pacification du Congo, Armand De Decker ajoute la courtoisie et, s’il pratique lui aussi la franchise, c’est avec une sorte de bienveillance souriante et désarmante…
Lorsque De Gucht prend la succession de Louis Michel, le ciel soudain s’assombrit et le premier voyage est marqué par une faute diplomatique d’importance : c’est à Kigali, alors considéré comme une capitale hostile au Congo, que le libéral flamand assure qu’il n’a pas rencontré d’homme d’Etat au Congo ! Par la suite, il persiste et signe : lors de son deuxième voyage, l’entourage du ministre distribue à la presse des « biographies » des quatre présidents qui ne sont que des tissus de ragots glanés sur Internet. Ces documents mettent en cause la nationalité congolaise de Kabila, Bemba et autre Ruberwa et provoquent la fureur des intéressés.
A chacune de ses rencontres avec Kabila, De Gucht, sans prendre la peine d’écouter, énumère la liste des critiques et à la sortie, rend public l’objet de ses diatribes. Lors de son dernier voyage en 2008, après un entretien avec Kabila qui sera considéré comme à la limite de l’injure et conduira au rappel des ambassadeurs, c’est devant la communauté belge réunie à l’ambassade que le ministre s’en prend publiquement à une élite qui, selon lui, amasse une fortune scandaleuse tandis qu’à ses côtés Pieter De Crem lit son texte en néerlandais. De Gucht fonda-t-il jamais son opinion sur un contact personnel avec les plus défavorisés des Congolais ? En 2007 à Bukavu, celui qui aujourd’hui s’indigne tant du sort des femmes violées eut l’occasion de rencontrer des représentants de la société civile, qui avaient préparé exposés et témoignages. Après de brèves présentations, De Gucht s’en fuit sans poser une seule question, préférant s’entretenir avec la communauté belge et surtout flamande qui l’attendait à l’extérieur.

Remonter la pente
Au fil des mois, alors que son attitude et ses propos discourtois avaient suscité la rupture entre Bruxelles et Kinshasa, le ministre s’est enfermé dans une rancune personnelle contre le président Kabila, reprenant volontiers à son compte les doutes de l’opposition sur les origines de ce dernier. C’est la Belgique, plus que le Congo, qui fut pénalisée par cette attitude, étant progressivement écartée de tous les forums internationaux traitant de l’Afrique centrale, l’arrogance et la grossièreté du ministre ne pouvant guère y tenir lieu d’expertise.
C’est cette pente là que Vanackere a entrepris de remonter, précédé par Van Rompuy qui, en 2008, en compagnie de De Decker, avait assisté à Kananga aux cérémonies du 30 juin, approuvé par Leterme qui avait déjà entrepris des efforts de normalisation. Contrairement à ce que semble croire De Gucht, Vanackere n’est pas un tendre, un émotif : s’il partage une bière avec Kabila, c’est aussi pour lui dire en face que ce qui le séduit, au-delà de la chaleur de l’accueil, ce sont les actes concrets.
Et à Goma, lorsque des personnalités se lancent dans un lamento sur les responsabilités historiques de la Belgique, le ministre leur lance «et vous, qu’avez-vous déjà fait dont vous pouvez être fiers ? » C’est pour répondre à ses doutes, à ses questions, que les Congolais l’ont amené dans la prison de Goma où des militaires ont été emprisonnés pour viols et autres crimes, que des rendez vous ont été organisés avec la société civile et à Goma, avec de hauts responsables de la MONUC. Vanackere a brisé leur discours stéréotypé en leur lançant : « Vous n’êtes pas ici pour une certification ISO 2000…Je voudrais savoir ce que vous faites vraiment… » Et à Kigali, il est allé plus loin que tous ses prédécesseurs belges, en soulignant, devant le mémorial du génocide, «qu’il faut éviter un discours tournant en boucle, parler de la responsabilité des Rwandais eux-mêmes …» Et au Burundi, il s’est inquiété des prochaines échéances électorales. Bref, Vanackere a posé des questions évidentes, adopté une attitude on ne peut plus « normale ».
Cette normalité a d’autant plus surpris que dans la région, entre l’empathie et la remontrance, on n’y était guère habitué…Colette Braeckman (lesoir.be)


EN PROTESTATION CONTRE LES DERNIERES DECLARATIONS DE KAREL DE GUCHT
Le CCU de Lambert Mende fait un sit-in à l’Union européenne
La Convention des Congolais Unis (CCU), parti politique de l’autorité morale Lambert Mende, a organisé in sit-in hier sur le Boulevard du 30 juin au pied de l’immeuble de la BCDC, siège de la délégation de l’Union Européenne en RDC. Motif : exprimer sa vive protestation contre les derniers propos du Commissaire européen de nationalité belge, Karel De Gucht, qui critiquait récemment le ministre Belge des Affaires étrangères à qui il reprochait d’avoir partagé « un verre de bière » avec Joseph Kabila. Dans ses envolées oratoires, De Gucht accusait indirectement le Chef de l’Etat congolais d’être le premier responsable de l’insécurité à l’Est, des viols et de la corruption en RDC. Pendant plus d’une heure donc, une centaine de militants de la CCU ont manifesté avec drapeaux calicots et banderoles hostiles à l’Euro-commissaire belge.
Pendant ce temps, une délégation du parti est allée déposer une déclaration de protestation auprès de la délégation de l’Union européenne. La CCU élève, dans cette déclaration, « une vigoureuse protestation contre les propos méprisants et désobligeants, néocolonialistes et racistes prononcés à plusieurs reprises par le Commissaire européen Karel De Gucht à l’endroit du peuple congolais et de ses dirigeants. » Le parti estime que « déclarer (…) que le Président Joseph Kabila Kabange serait coupable des violences, notamment sexuelles, commises dans la partie Est de notre pays depuis 1994, c’est mentir effrontément et vouloir exonérer des criminels récidivistes venus du Rwanda et de leurs forfaits. » Pour elle, « cette grave accusation est d’autant plus injustifiée que le Président Kabila est précisément celui qui coordonne les actions d’éradication de cette violence importée chez-nous par une décision malencontreuse de la Communauté internationale (y compris l’Union européenne) obligeant le Congo à accueillir en 1994 ces groupes armés rwandais. »
Tout en dénonçant et rejetant « l’attitude du Commissaire européen De Gucht qui a fait du dénigrement du Congo un fonds de commerce électoral dont il a usé et abusé dans son pays », la CCU déplore « la complaisance de la Commission européenne à l’égard d’un de ses membres qui tente, depuis des années, d’enfermer notre peuple dans le ghetto de la dépendance et de la hantise. » Et d’inviter alors Jose Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, à « dissocier clairement son institution d’une campagne de la haine viscérale orchestrée par De Gucht contre le Président Joseph Kabila, laquelle n’a rien à voir avec les nobles principes de l’Union Européenne. »
Le parti de Lambert Mende, dirigé aujourd’hui par Muswanza ni Munzundu, estime, en effet, qu’ »après la récidive du 24 janvier, il n’est plus normalement acceptable que la Commission essaye à nouveau de dédouaner Karel De Gucht au motif fallacieux qu’un de ses membres ne peut pas être accusé de racisme. » JEK & DK

DECLARATION DE LA CCU A L’OCCASION DU SIT IN AU SIEGE DE L’UNION EUROPEENNE
Nous, Membres de la Convention des Congolais Unis, parti lumumbiste, venons élever ce jour une vigoureuse protestation contre les propos méprisants et désobligeants, néocolonialistes et’ racistes prononcés à plusieurs reprises par le Commissaire Européen Karel De Gucht, à l’endroit du peuple congolais et de ses dirigeants.
Déclarer comme il l’a fait ce dimanche 24 janvier 2010 que le Président Joseph Kabila Kabange serait coupable des violences notamment sexuelles commises dans la partie Est de notre .pays depuis 1994 c’est mentir effrontément et vouloir exonérer des criminels récidivistes venus du Rwanda et de leurs forfaits.
Karel De Gucht a craché avec un mépris de type raciste sur les dizaines de millions d’électeurs congolais qui ont démocratiquement élu en 2006 leurs dirigeants en affirmant le 16 décembre dernier qu’il n’y avait pas d’interlocuteurs appropriés dans notre pays.
Critiquant le dimanche 24 janvier 2010 le Ministre belge Vanackere pour avoir été courtois envers le Chef de l’Etat congolais, Karel De Gucht a menti insolemment lorsqu’il a rendu le Président Joseph Kabila coupable des violences sexuelles commises depuis 1994 au Kivu essentiellement par des groupes armés et criminels en provenance, du Rwanda.
Cette grave accusation est d’autant plus injustifiée que le Président Kabila est précisément celui qui coordonne les actions d’éradication de cette violence importée chez nous par une décision malencontreuse de la Communauté Internationale (y compris d’Union Européenne) obligeant le Congo à accueillir en 1994 ces groupes armés rwandais.
Le peuple congolais dénonce et rejette l’attitude du Commissaire Européen De Gucht qui a fait du dénigrement; du Congo un fonds de commerce électoral dont il a usé et abusé dans son pays, la Belgique.
Nous déplorons la complaisance de la Commission Européenne à l’égard d’un de ses membres qui tente depuis des années d’enfermer notre peuple dans le ghetto de la dépendance et de la hantise.
Nous demandons avec insistance à Monsieur le Président José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne de dissocier clairement son institution d’une campagne de la haine viscérale orchestrée par M. De Gucht contre le Président Joseph Kabila, laquelle n’a rien à voir avec les nobles principes de l’Union Européenne.
Après la récidive du 24 janvier, il n’est plus moralement acceptable que la Commission essaye à nouveau de dédouaner Karel De Gucht au motif fallacieux qu’un de ses membres ne peut pas être accusé de racisme.
Après tout, les commissaires Européens ne sont pas couverts par une sorte de dogme de l’infaillibilité.
Les congolais ne sont plus dupes.
Les larmes de crocodiles et les fausses commisérations sur leur sort cachent parfois des desseins inavouables de ceux qui rêvent de nous replacer sous tutelle pour faire main basse sur nos potentialités.

Fait à Kinshasa, le 27 janvier 2010


FORUM ECO
D'APRES J.C MASANGU
L'élargissement du CPM ne remet pas en cause l'indépendance de la BCC
Le bureau du Comité de politique monétaire (CPM) a été élargi aux acteurs externes. Outre les cadres de la Banque centrale du Congo, on y trouve actuellement, dans sa version rénovée, les experts de la Présidence de la République, de la Primature et des ministères des Finances et du Budget. Le Président du CPM, Jean-Claude Masangu, donne les raisons de cette option qui a été levée pour intégrer des membres externes et révèle, par ailleurs, que cela n'influence en rien l'indépendance de l'Institut d'émission.
D'après le président du Comité de politique monétaire, tout est parti d'une analyse pour arriver à intégrer les membres extérieurs à la BCC. De par le passé, affirme-t-il, il a été constaté que lorsqu'il n'y avait pas suffisamment de cohérence, de coordination entre les différentes politiques (monétaire, budgétaire, fiscale et de change), on pouvait se rejeter la responsabilité. "Etant donné que la politique monétaire rentre dans le cadre de la politique macroéconomique globale, son efficacité et son efficience dépendent également du degré de cohérence et de coordination avec la politique budgétaire ", souligne Jean-Claude Masangu.
Selon lui, l'expérience des vingt dernières années a prouvé que les échecs accusés par la RDC en matière de stabilisation macroéconomique sont essentiellement attribuables à une absence de cohérence et de coordination des politiques monétaires et budgétaires.
La stabilisation macroéconomique est devenue pour la RDC un pari. C'est dans ce cadre qu'il est nécessaire d'améliorer les cadres de conception, d'exécution, de suivi et d'évaluation de toutes les politiques macroéconomiques, notamment à travers le renforcement de la coordination des politiques budgétaires, fiscales, monétaires et de change afin de relever le défi. Voilà pourquoi dans le cadre de cet objectif, la réforme du CPM a été initiée avec l'intégration des membres extérieurs. C'est également de la sorte que Jean-Claude Masangu définit le CPM comme étant " un cadre démocratique, fonctionnant en la manière d'un forum de discussion ou brain trust dans lequel sont débattues, sans tabou, toutes les matières, questions et problèmes intéressant la situation et la politique monétaire en particulier et la politique macroéconomique du pays en général ".
Pour le président de cette structure, l'élargissement du CPM ne remet pas en cause l'indépendance de la BCC. "En ce qui concerne l'indépendance de la BCC, il n'y a pas débat à ce sujet. Cette indépendance est dans la conception de la mise en œuvre de la politique monétaire ". Le président du CPM fait allusion à l'article 3 de la loi 005/2002 qui dit que la BCC soutient la politique économique du Gouvernement. Elle a ses propres instruments et sur le choix de ces instruments. Donc, elle est tout à fait indépendante. " Du fait qu'on ait des acteurs externes ne change en rien la gestion de la BCC ", fait-il savoir, avant d'ajouter également que " le CPM est un conclave où on prend des décisions d'une manière consensuelle. Ce n'est que lorsqu'on ne se met pas d'accord qu'on procède au vote. Quand il s'agit de vote, ce sont les membres du CPM qui sont des agents de la BCC qui ont droit ".

Objectif : maîtriser l'inflation
Le Gouverneur de la BCC reconnaît que la politique monétaire en 2009 a été menée dans un contexte difficile marqué par des chocs externes et internes ayant affecté profondément le cadre macroéconomique. " Nous connaissons les vraies causes de l'instabilité du franc congolais ", indique le Gouverneur de la BCC qui ajoute : " maintenant, nous avons un objectif de stabiliser le cadre macroéconomique, d'avoir un taux d'inflation de 15% pour l'année 2010 alors que nous avons terminé l'année avec 53% ". L'objectif principal de la Banque centrale, c'est d'atteindre 15% parce qu'il y a une forte corrélation entre le niveau du taux d'inflation et le taux de change. " Si nous parvenons à maîtriser cette inflation, indique le n°1 de l'Institut d'émission, nous allons aussi maîtriser le taux de change, avoir beaucoup plus une grande stabilité en 2010 ".
D'après le gouverneur Masangu, que l'année 2009 a été exceptionnelle où le Fc a connu une dépréciation de 30% sur l'année. Mais, il note tout de même que lorsque l'on compare cette année (2009) à 2001, 2002 jusqu'en 2008, la dépréciation moyenne sur cette période n'est que de 10% l'an. Et de conclure : " donc, l'année 2009 est une année exceptionnelle. Nous voulons revenir aux années antérieures. C'est l'un des objectifs même d'intégrer les autres membres externes. On aurait pu prendre d'autres encore, par exemple du monde académique, qui peuvent nous donner des conseils dans la conception et la mise en œuvre de la politique monétaire ". Dina BUHAKE


AU TERME DE LEUR VISITE DE PROSPECTION
Les hommes d'affaires tunisiens satisfaits d'avoir eu des contacts fructueux avec les Congolais
Au terme de leur séjour de prospection à Kinshasa, les hommes d'affaires tunisiens se sont dits satisfaits d'avoir eu des contacts fructueux avec les Congolais. Le chef de la délégation, Mme Chéfia Chelbia, a salué les différentes rencontres qu'elle a eu es avec les ministres de la Santé publique et de l'Industrie, la vice-primature chargée de la reconstruction et aussi avec le directeur de cabinet du Chef de l'Etat, Joseph Kabila. Elle retient de cette mission de quatre jours à Kinshasa, que les Congolais ont exprimé leur disponibilité à collaborer et à coopérer dans les différents secteurs de l'activité économique. " Nous rentrons avec beaucoup d'espoir ", a renchéri Mme Chéfia Chelbia. A l'entendre, d'ici six mois, une fleur va éclorée sur le champ de la coopération congolo-tunisienne, avant d'ajouter que sa délégation a eu des contacts sérieux avec la Foire internationale de Kinshasa (Fikin) et la Société nationale d'électricité (Snel).
Le bois, la formation, le commerce international et la reconstruction sont les secteurs les plus sollicités, a-t-elle précisé.

2010, année de redécollage de coopération entre les deux pays
Pour sa part, le représentant du Président Zine El Abidine Ben Ali à Kinshasa s'est réjoui du séjour des hommes d'affaires de son pays à Kinshasa, qu'il a qualifié de fructueux. Mohamed Messaoud est convaincu que ces contacts ouvrent une nouvelle période de coopération entre la RDC et la Tunisie. C'est un nouveau départ des relations existantes, a-t-il évoqué, avant de lâcher : " la balle est dans le camp des hommes d'affaires ".

La coopération Sud/sud est à encourager
Le mardi 20 janvier 2010, les hommes d'affaires tunisiens avaient exposé leurs différents produits au Salon Virunga de l'Hôtel Memling. Parmi les visiteurs, nous avons noté la présence de la vice-minstre des congolais de l'étranger, Colette Tshomba, qui était accompagnée de quelques femmes d'affaires congolaises. Au sortir de la salle d'exposition, elle a fait remarquer que la coopération Sud/Sud est à encourager dans ce cas précis. Car, a-t-elle poursuivi, la Tunisie demeure un pays africain. A l'en croire, ce pays est un modèle de développement en Afrique
Pour ce faire, la vice-ministre des Congolais de l'étranger a recommandé aux congolais vivant en Tunisie de bien assimiler tout ce qu'ils apprennent afin de les exploiter dans la reconstruction du pays cher à Joseph Kabila. Nous avons aussi noté la présence du directeur de cabinet adjoint du chef de l'Etat, Henri Yav, et du Conseiller économique à la présidence de la République, Pius Bamala, à la salle d'exposition. Ce dernier a classé la Tunisie parmi les pays les plus émergents en Afrique qui propose, à qualité égale, des produits et des services à des prix compétitifs.
Mathy MUSAU


INFOS INFOS
Boshab donne le coup d’envoi de construction du nouveau Palais de justice
Le président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab, représentant le Chef de l’Etat empêché, a procédé mercredi 27 janvier 2010 à la pose de la première pierre des tranvaux de réhabilitation et de construction du nouveau Palais de justice, devant abriter la Cour constitutionnelle, la cour de cassation, le Conseil d’Etat, la Haute Cour militaire, l’Auditorat général et le Conseil supérieur de la Magistrature.
En effet, dans le cadre du IXème FED (Fonds Européen de développement), le gouvernement de la RDC a obtenu de l’Union européenne (UE) le financement des travaux de réhabilitation du Palais de justice et de construction du bâtiment devant abriter les nouvelles juridictions instituées par la Constitution congolaise.
Les travaux de réhabilitation concernent l’ensemble des bureaux du ministère de la Justice ainsi que les locaux de la Cour d’appel de la Gombe et du Tribunal de Grande Instance avec leurs parquets respectifs, sans oublier d’autres juridictions de la capitale. Les réaménagements prévus résultent des recommandations du récent audit organisationnel exécuté par l’USAID et le Programme d’appui à la gouvernance judiciaire de l’Union européenne. Ces travaux sont estimés à environ 3.640.000 Euros
Quant à la nouvelle construction, elle sera érigée en extension derrière l’actuel Palais de justice. Cet édifice aura 3.128m2. Le futur bâtiment offrira des bureaux à 123 personnes et comprendra un hall d’accueil de 120 m2, de deux salles d’audience d’une capacité d’accueil de 175 personnes, de 100 m2 d’archives centrales, pour un coût global estimé à 1.950.000 Euros.
Il est, par ailleurs, prévu un réaménagement général où sera logé le bâtiment de l’institut national de formation des magistrats et autres personnels judiciaires. L’ensemble du site sera hautement sécurisé, notamment par l’achèvement de l’enceinte de clôture et par la construction de guérites de sécurité ainsi que des systèmes intégrés de protection.
L’exécutif des travaux de cette nouvelle construction durera 12 mois. L’inauguration officielle est fixée au 14 mars 2011.
A en croire le ministre de la Justice, Emmanuel Luzolo Bambi Lesa, replacée dans la stratégie pragmatique des cinq chantiers du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, la justice apparaît comme un chantier transversal, indispensable à la cohésion de l’ensemble de l’architecture. Elle veille en permanence à la cohérence des comportements des différents acteurs de ces chantiers dans le strict respect des valeurs établies par la constitution, ainsi que les lois et règlements de la République. Telle est la vision de justice, qu’impulse le Chef de l’Etat. Ceci, en vue de la réforme de la justice de la reconstruction et de la requalification de la gouvernance judiciaire.
Il s’agit de mettre en conformité avec la constitution de 2006 le cadre normatif de l’intervention judiciaire.
Mettre progressivement à niveau les ressources humaines de la justice et améliorer l’implication et l’interaction des acteurs institutionnels et ceux de la société civile. Il est aussi impératif, a indiqué le n°1 de la justice, de réduire le déficit d’implantation territoriale des instances judiciaires dans le pays par la construction des infrastructures. Selon lui, ce travail est en cours. Car, il est déterminé par un plan d’actions pour la réforme de la justice élaboré en 2007 et des feuilles de route et plans de travail annuels que le ministère de la justice s’emploie à piloter. Cette mise en œuvre se fait avec le précieux appui des partenaires de la RDC au développement réunis au sein du Comité mixte de justice. Simard Simon TSOUMBOU

L'UE appelée en renfort pour sauver les éléphants d'Afrique
L'Union européenne a été appelée lundi à Bruxelles par les représentants de 17 pays d'Afrique à s'opposer à de nouvelles ventes d'ivoire et à sauver ainsi les populations d'éléphants décimées par le braconnage. "Nous demandons à l'Union européenne de déclarer ouvertement son appui au moratoire de neuf ans adopté en 2007 au sein de Convention sur les espèces menacées d'extinction (CITES)", a annoncé au cours d'une conférence de presse au Parlement européen le ministre kenyan de la forêt et de la faune, Noah Wekesa, dont le pays co-préside avec le Mali la Coalition pour l'Elephant d'Afrique.
La Tanzanie et la Zambie ont mis le feu aux poudres en demandant à être autorisées à vendre respectivement près de 90 et 22 tonnes d'ivoire lors de la prochaine conférence de la CITES prévue du 13 au 25 mars à Doha. "L'Union européenne a une grande importance au sein de la CITES. Si elle s'abstient lors de ce vote, elle va contribuer à accentuer une situation déjà critique", a averti M. Wekesa.
"Les derniers éléphants de Sierra Leone viennent d'être abattus par des braconniers le mois dernier", a-t-il annoncé.
Or l'Union européenne n'a pas encore arrêté sa position. "Le Royaume-Uni, la France, l'Espagne et les Pays-Bas ne savent pas encore ce qu'ils feront, mais seraient enclins à soutenir la demande de la Tanzanie", a souligné l'eurodéputé libéral néerlandais Gerben-Jan Gerbrandy. "Or, si les 27 membres de l'UE sont en désaccord, ils s'abstiennent, ce qui équivaut à un feu vert pour les braconniers", a-t-il averti.
"L'Union européenne travaille à trouver un consensus au sein de la CITES pour assurer la défense des éléphants d'Afrique", a assuré lundi à l'AFP un négociateur européen. "Si la négociation s'engage, il n'est pas bon de prendre position en faveur d'une coalition contre une autre", a-t-il expliqué. "Le Parlement européen compte néanmoins prendre position. La Commission environnement va se prononcer cette semaine en faveur du respect du moratoire adopté en 2007 par la CITES et "cette position sera soumise à la plénière en février", a assuré M. Gerbrandy. "Nous sommes à Bruxelles pour quatre jours", a souligné M. Wekesa qui entend multiplier les rencontres avec les représentants des 27 pour "convaincre l'UE de s'en tenir à l'esprit du moratoire trouvé au sein de la CITES" .
Le moratoire avait eu pour contrepartie un feu vert au Zimbabwe, à l'Afrique du Sud, à la Namibie et au Botswana pour écouler exceptionnellement 108 tonnes au profit d'acheteurs chinois et japonais. Les défenseurs de l'éléphant estiment que cette vente légale a accru la demande d'ivoire et dopé le marché noir.
L'Afrique ne compte plus plus aujourd'hui que 400.000 à 600.000 éléphants. Plus de la moitié vivent en Afrique australe, mais ils ne sont que quelques milliers, voire quelques centaines, décimés par le braconnage dans la plupart des pays d'Afrique occidentale, centrale et orientale. "Au Kenya, nous avons perdu 232 éléphants en 2009, tués par des braconniers ou par la sécheresse, contre 145 en 2008 et 47 en 2007", a souligné M. Wekesa.
La coalition pour l'Elephant d'Afrique compte 22 membres: Bénin, Burkina Faso, République Centrafricaine, Tchad, Guinée Equatoriale, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Kenya, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Sierra Léone, Togo, République du Congo, Sud Soudan. IRIN

«Bandal» demeure l’un des coins les plus « chauds » de Kinshasa
La commune de Bandalungwa est l’un des coins les plus « chauds » de la ville de Kinshasa. Elle a renforcé son ampleur dans les années 80 avec la montée du groupe musical « Wenge Musica BCBG », qui a tenu en haleine la quatrième génération avec une nouvelle philosophie basée sur le « bon chic, bon genre ». Ceci a créé une certaine représentation pour les jeunes de cette municipalité, comme étant « les branchés, les élégants, etc. »

Il faut faire un tour dans cette partie de la ville appelée affectueusement par ses occupants « Bandal » pour voir ce qui se passe là-bas. Les bars, terrasses, boîtes de nuit et autres pullulent le long des grandes artères. Dans pratiquement tous les coins, c’est l’ambiance de fête. Le jour comme la nuit, une promenade pédestre ou en voiture, sur l’avenue Kimbondo, en passant par Inga puis sur l’avenue Kasa-Vubu, peut bien témoigner que la musique, la bonne viande de chèvre ou le poulet et la bière battent leur plein.
Le constat le plus frappant, c’est sur l’avenue Inga au niveau de la place dite « Wenge ». Le nombre impressionnant de véhicules de luxe stationnés, généralement le samedi, aux alentours de celle-ci, démontre le niveau et la qualité des gens qui la fréquentent. Mais, ici, les choses se passent plutôt dans le calme. Il n’y a pas de musique faisant office de tapage, sinon de musique de fond. C’est le règne des amusettes et de bavardage.
Le grand engouement, c’est vers l’avenue Kasa-Vubu, au niveau de l’arrêt Bakayawu, à l’ex- dancing-club Maïsaf, jusqu’à l’avenue du 8 décembre, vers l’arrêt Tshibangu, à Banda/Synkin. Ce milieu est bourré de terrasses dans presque chaque parcelle, devant laquelle l’on retrouve un débit de boisson. On se demande si chacun arrive quand même à organiser la vente journalière. Au niveau de l’avenue du 8 décembre, ça bouillonne ; la bière et la viande de chèvre se consomment bien.
« Le bloc commercial » de Bandal, qui se trouve pratiquement au milieu de ces deux extrémités précitées, au quartier Bisengo, trône toujours au premier plan. Distinctement, c’est l’ambiance non stop, 24h/24. Une ambiance en couleurs et sans arrêt, attirant ainsi de nombreuses personnes et un nombre imprésionnant de filles de joie en provenance d’un peu partout dans la ville de Kinshasa. « A Bandalungwa, l’ambiance, la vraie et la véritable, c’est au Bloc », a déclaré un barman de la place commerciale, ajoutant: « nous ne dormons pas. Du matin au soir, les gens de tous les coins viennent consommer nos produits et repartent »
Une maman, responsable d’une terrasse, a placé un écran géant devant celle-ci. Elle retrace l’ambiance en ces termes : « cet écran attire beaucoup de personnes. En ce temps de la CAN 2010 organisée en Angola, les amoureux du ballon rond préfèrent suivre le match devant un verre de bière. Et comme l’écran est d’une grande largeur, ils se sentent vraiment comme s’ils étaient sur place en Angola. Cela me permet de maximiser ma recette du jour ».
Rocco Nkanga/ Stagiaire
Ngiri-Ngiri : une commune insalubre et enclavée
La commune de Ngiri-Ngiri est l’une des communes les plus insalubres et enclavées que compte la ville de Kinshasa. Bien que située non loin du Centre-ville, cette commune se trouve totalement enclavée ; car, la porte d’entrée et de sortie demeure l’avenue Assossa.
En effet, depuis le début de cinq chantiers initiés par le Président de la République, la commune a connu un grand engouement avec le début des travaux dont la réhabilitation de l’avenue Gambela, sur son tronçon allant de l’avenue Kasa-Vubu jusqu’à Kola. Cependant, le problème de l’enclavement demeure et persiste tant que l’avenue Assossa ne sera pas mise en état.
Le constat est très malheureux, car les fonds commis pour la réhabilitation de cette avenue, qui traverse près de trois communes à savoir Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri et Bumbu, semblent avoir été détournés plusieurs fois et leurs auteurs restent ,à ce jour impunis. De l’autre côté, le début des travaux d’élargissement, mieux cette modernisation, ne désenclave pas la commune de Ngiri-Ngiri et une bonne partie de la commune de Bumbu et de Makala qui subirait des effets libérateurs de ces travaux.
Quelques habitants rencontrés, ont émis le vœu de voir affecter les fonds commis pour la réhabilitation des avenues des Huileries, Assossa pour le bonheur de cette population déjà trop pauvre qui ne doit son salut pour se déplacer qu’avec les motos. Roger PHOLO/Stagiaire APIC

UN ARBRE TOMBE SUR L'AVENUE TOMBALBAYE
Deux sujets libanais à bord d'une jeep échappent à la mort

Hier en d’après-midi, une jeep de marque Mitsubishi immatriculée 0553 AC 01 s'est vue croupir sous le poids d'un vieil arbre qui est tombé sur elle. Cet accident s'est effectué au moment où la jeep roulait paisiblement sur l'avenue Tombalbaye à Gombe. C’est en arrivant à la hauteur de l'Agence congolaise de presse (ACP), qu’un arbre - à moitié rongé par des perces bois et décimé par le feu à son tronc- cède sur ses appuis et tombe en endommageant la jeep, qui a été fracassée au niveau de son pare-brise avant.
Les deux sujets libanais qui étaient à bord de ce véhicule ont tout de même eu la vie sauve. Le chauffeur est sorti de cette jeep sans égratignure, tandis que le propriétaire du véhicule, se trouvant à ses côtés, s'est vu fracturé la jambe droite par une grosse branche du fameux arbre qui a percé le pare-brise et qui s'est précipité sur le siège droit pour ainsi toucher l’infortunité.
Un passant qui a vécu cet accident avoue que "c'est avec beaucoup d'étonnement que j'ai vu tomber un arbre qui n'avait pas pourtant subi une quelconque impulsion ", avant d'ajouter " comment un arbre aussi rongé à l'intérieur peut-il laisser les autorités de la ville indifférentes? Ces deux sujets libanais viennent d'échapper de justesse à la mort ".
Quelques instants après cet accident, une chaine de solidarité a été vite constituée pour dégager des branchages le véhicule, complètement cabossé, qui créait déjà un embouteillage sur l'avenue Tombalbaye aujourd'hui très sollicitée par des véhicules qui contournent les travaux effectués sur le Boulevard du 30 juin.
Sur ce lieu d'accident, les jeunes, garçons et filles, quelques sujets libanais et une vague intermittente de curieux affluaient au fur et à mesure pour compatir à cet incident malheureux qui frappe, encore une fois, des sujets libanais qui observent déjà un " requiem " en mémoire de leurs proches disparus lors du crash d’un aviond'Ethiopian Airways.
Au regard de cet état de chose, certains citoyens de la ville ont même demandé aux autorités provinciales de mettre fin à cette négligence notoire pour sécuriser la population.Simard Simon TSOUMBOU
.
ACHEVEE LE 24 JANVIER
La mission d'évaluation humanitaire note : " la situation sécuritaire est calme à Libenge et Zongo"

La mission d'évaluation humanitaire à Libenge et Zongo à quelques Km du Nord de Gemena, dans la province de l'Equateur, s'est achevée le 24 janvier dernier. Selon la Monuc qui livre cette information, cette mission a constaté que la situation sécuritaire était calme dans ces deux localités où l'on note la présence des Fardc et de la PNC. La même source indique que le mardi 26 janvier, un convoi de 6 camions de l'Ong Memisa/Belgique a transporté 18 tonnes de vivres et 22,5 tonnes de non-vivres au profit des déplacés qui sont environ 32.000 personnes, dans la zone de Bokondji, avant d'affirmer qu'un autre convoi, cette fois du PAM (Programme alimentaire mondial), pourra se rendre dans cette même zone cette semaine.
Il était question, au cours du traditionnel point de presse de la Monuc d'hier, de la visite du représentant spécial du Secrétaire général des NU en RDC à Nairobi en début de semaine. Accompagné des envoyés spéciaux de la Conférence des Grands lacs, de la Norvège, de la Suède, de l'Union européenne et des Etats-Unis, Alan Doss a assisté à une réunion de la Co-facilitation sur la RDC. Avec les présidents honoraires, Obansanjo et Mpaka, ils ont fait un tour d'horizon du processus de paix en RDC. La Monuc souligne que les co-facilitateurs ont fait part de leurs actions ces derniers mois et recueilli l'évaluation des participants. Ceci, note la source, en prélude aui rapport qu'ils vont faire à l'Union africaine et aux Nations Unies.
S'agissant de la stabilité de la partie Est de la RDC, la Monuc, en tant qu'observateur, a assisté le lundi 25 janvier 2010 à Goma, aux travaux du Comité national de suivi des accords du 23 mars avec les représentants des groupes armés signataires de l'Accord.
Par ailleurs, le Monuc déplore la manifestation de quelque 300 personnes près de ses installations à Dungu le 25 janvier dernier. Ces manifestants protestaient contre la récente attaque de la LRA non loin de Dungu et le retrait de certaines unités Fardc pour la province de l'Equateur. Bila, le personnel de la Mission onusienne blessé et des dégâts enregistrés sur ses installations et véhicules suite à des actes de vandalisme inacceptables de la part des manifestants.
Le porte-parole militaire de la Monuc, a fait savoir que des affrontements entre les Fardc et la LRA se sont produits le 25 janvier à 8 Km au Nord de l'aéroport de Dungu. Et de souligner 10 éléments de la LRA ont été blessés et cinq otages libérés. Cependant les autres élements de la RDC se sont enfuis tandis qu'au Nord-Kivu, a-t-il déclaré, l'attention s'est fortement focalisée sur la question de la planification et de la mise en application des opérations Amani Leo. Ila en outre, souligné que des patrouilles conjointes sont menées en préparation de l'opération en perspective, avant de signifier qu'il y a eu une bonne coordination entre la force de la Monuc et les Fardc dans sa planification du déploiement et du soutien de la Monuc aux bataillons d'intervention. Mathy MUSAU

ETRANGER
OBAMA, UN AN APRES
Les Américains réalisent que le miracle n'est pas automatique

Les sondages d'opinion effectués début janvier en marge de 1 an de pouvoir du président américain à la tête de l'Etat le plus puissant du monde, soit 50% d'opinions favorables, sont la démonstration de l'état d'esprit des citoyens américains en ce premier mois de l'année 2010.
Venu au pouvoir à la faveur du désaveu sans appel de l'Administration Bush, Barack Obama, contrairement aux espoirs des populations, devait commencer par le plus difficile, c'est-à-dire, remodeler les fondements de l'establishment américain après le règne de 10 ans des Républicains.

Ce travail d'Hercule à travers la fermeture de la prison de Guantanamo, la réforme du système de santé, la lutte contre le terrorisme, le dialogue israélo-palestinien, le dialogue avec l'Iran, le renforcement du dispositif américain en Afghanistan… ne pouvait pas se faire sur des bases anciennes caractérisées par leur intransigeance, leur tendance va-t-en guerre au coût élevé pour l'armée américaine et le trésor public en cette période de crise financière internationale.
Certes, élu pour apporter le changement rapide réclamé par les Américains, mais dans la démarche, Obama avait besoin de recul pour solidifier sa base et s'engager dans les grandes réformes qui marqueront la vraie rupture avec l'ère républicaine.
Par conséquent, le miracle promis lors de la campagne électorale ne pouvait plus être automatique, mais procéder d'une rhétorique que le président américain tente difficilement d'expliquer aux Américains.
Rêve brisé. Non. Ne dit-on pas : " Qui veut aller loin, ménage sa monture ".Barack Obama a donc compris que pour s'installer dans la durée, il ne fallait pas se précipiter dans les réformes, que ce soit sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. Plutôt, il fallait du temps pour mûrir toute chose face à la guerre de leadership que lui livrent désormais l'Union Européenne et les puissances émergentes aux dents longues en tête des quelles se trouvent la Chine, l'Inde et le Brésil.
Face à ce challenge, Obama a réussi, en un an de pouvoir, à replacer les Etats-Unis au cœur du débat international. Que ce soit lors de l'éclatement de la crise financière internationale ou du sommet sur l'environnement à Copenhague , l'intervention des Etats-Unis était attendue. Il en est de même de la lutte contre le terrorisme ou du dialogue israélo-palestinien…
Mais, cela ne suffit pas. Les Etats-Unis, dans la nouvelle configuration internationale avec la montée de l'Union Européenne et des pays émergents, sont appelés à jouer non plus un rôle de gendarme de la planète courant derrière les conflits pour les éteindre, mais plutôt à jouer un rôle de leadership exemplaire qui ferait de lui le moteur du changement que tous les peuples réclament.
Avec sa puissance économique, financière, militaire…, les Etats-Unis, dans la conception nouvelle du monde, doivent être le phare qui montre le chemin. De la sorte, ils focaliseront une fois de plus l'attention des nations du monde mais surtout seront le moteur d'un changement planétaire.
Sur cette lancée, la tentation isolationniste ressuscitée par la crise financière internationale devrait être écartée. En attendant que les Etats de l'Union Européenne parachèvent l'œuvre de leur regroupement, Obama a la lourde tâche de mener à bien ses réformes pour récolter un franc succès sous son mandat. C'est la seule manière de février les Américains qui l'ont porté au pouvoir. Victoire EYOBI

L'immigration légale a reculé en France en 2009
* Les reconduites à la frontière sont en augmentation et l'immigration familiale diminue de 12,3%

"Les flux migratoires continuent d'être mieux maîtrisés", a expliqué le ministre de l'Immigration. L'immigration familiale est en forte baisse (- 12,3%), confirmant la tendance amorcée l'an passé. Le durcissement des critères du regroupement freine depuis 2007 l'arrivée des proches, tout comme le contrôle accru des mariages célébrés à l'étranger. Mais l'immigration est fortement corrélée aux variations économiques. En temps de crise, les flux diminuent. Tous les pays européens ont vu leurs entrées baisser. Les familles préfèrent retarder le rassemblement en attendant des temps meilleurs. L'immigration professionnelle en France a également chuté de 15%. Enfin, le nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État dédiée aux clandestins est stabilisé, ce qui indiquerait, selon le ministère, un reflux de l'immigration illégale.

29.300 reconduites à la frontière
L'objectif de 27.000 reconduites fixé par Nicolas Sarkozy a été dépassé. Parmi ces sans-papiers, le nombre de retours volontaires diminue, lui, de 17,9%. Cette option concerne essentiellement les immigrés européens et notamment les Roumains. Si le retour volontaire coûte moins cher, il est souvent présenté comme temporaire, certains immigrés finissant par revenir.
En 2009, le nombre de retours contraints passe à 21.020, soit une progression de 6,5%. Pour répondre aux critiques qui entourent la rétention administrative de ceux qui doivent être expulsés, le ministre a assuré qu'ils étaient bien traités. Le délai maximal de rétention administrative est de 32 jours en France, contre 40 jours en Espagne, 2 mois en Italie, 8 mois en Belgique ou encore 18 mois en Allemagne. Le budget consacré à l'accompagnement des sans-papiers est de 11,5 millions d'euros.

Premier pays pour les naturalisations et l'asile
En 2009, 47.000 personnes ont demandé l'asile à la France, qui reste le premier pays européen et le deuxième dans le monde à accueillir ces demandeurs. Quelque 10.864 titres de séjour de réfugiés ont été accordés. Si Éric Besson a vanté "la tradition d'accueil française", il espère cependant créer un régime d'asile européen commun.
Par ailleurs, 108.274 ressortissants étrangers sont devenus français l'an passé. Ces naturalisations concernent 4,4% de la population étrangère, contre 2,2% en Espagne, 2% au Royaume-Uni, et 1,6% en Allemagne. "Cela démontre que la France reste une nation ouverte", a conclu le ministre. Le Figaro


VIVEMENT LE SPORT
Egypte– Algérie : les retrouvailles des « ennemis »
L’Egypte, vainqueur contre le Cameroun (3 à 1) après prolongation lundi dernier, va retrouver, ce jeudi, l’Algérie en demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2010, deux mois après les incidents violents qui ont marqué les matches de qualification au Mondial 2010 entre les deux équipes. Au-delà de l’aspect sportif, ce duel au goût d’une vraie finale avant la lettre, promet de se jouer sous tension si l’on tient compte de la dernière rencontre à la base même de la dégradation des relations diplomatiques entre les deux pays, sur fond d’attaques à tonalité nationaliste entre supporters et responsables de deux Gouvernements.
Victorieux des éditions 2006 et 2008, les Pharaons devront franchir l’obstacle algérien pour avoir une chance de défendre leur couronne en finale. Il s’agira, pour l’Egypte, de prendre sa revanche après sa défaite (1-0) en match d’appui pour la Coupe du Monde-2010, le 18 novembre dernier à Khartoum, rencontre soldée sur la victoire étriquée des Algériens. L’Egypte n’a pas peur de l’adversaire depuis qu’elle aligne près de 20 matches sans défaite à la CAN. Sauf que le dernier qui se dresse devant lui n’est pas un enfant de cœur. Et les Pharaons en savent quelque chose.
Le capitaine Hassan et ses coéquipiers, qui monteront ce soir sur le terrain après la laborieuse victoire contre les Lions indomptables, n’auront qu’un seul objectif : battre l’Algérie et laver l’affront subi à Khartoum. Voilà pourquoi, l’expérimenté Hassan Shehatta mettra, dès l’entame de la partie, toutes les batteries bien que l’avant centre Gedo, déjà auteur de trois buts, sera la dernière carte égyptienne à monter sur la pelouse s’il s’avérait nécessaire.
Non partants pour la prochaine Coupe du monde en Afrique, les Egyptiens, favoris sur papier, ont une arme importante : le mental. C’est grâce à cet atout qu’ils sont parvenus à battre les Super Eagles du Nigeria (3-1) lors de la première journée alors qu’ils étaient menés au score. Revenir au score et prendre par après l’avantage est un exploit dont a fait montre l’Egypte durant cette CAN angolaise. Les Camerounais, bien que dominateurs sur terrain et en dépit de l’avantage au marquoir, n’ont pas pu maîtriser la machine à jouer égyptienne conduite par l’incontournable Zidan.

Les raisons d’y croire
Humiliée d’entrée de la compétitionpar le Malawi (3-0), l’Algérie a spectaculairement redressé la situation au point de dominer la Côte d’Ivoire, un des grands favoris de la CAN-2010, en quarts de finale, et montré de vraies vertus de combattants et de footballeurs en vue du Mondial. «On a fait un très grand match contre une très grande équipe, le favori. On mérite notre victoire», commentait un joueur algérien satisfait de la bonne performance des Fennecs.
Disciplinée, rigoureuse derrière et dotée d’un gros mental, l’Algérie a aussi montré ses progrès en attaque. Auteurs d’un seul but lors des trois matches de la première phase, les Fennecs en ont inscrit trois en un seul. Des spécialistes du football accordent une chance particulière à ces Fennecs dont presque personne ne croyait à la qualification pour la Coupe du monde. Evoluant pratiquement sans maître de jeu, les Algériens savent à qui ils ont à faire et se comporteront sans doute comme tel pour sortir la tête haute au coup de sifflet final.
Alors que les projecteurs seront sans doute braqués sur ces retrouvailles, le Ghana et le Nigeria s’affronteront, quelques heures plus tôt à Luanda, pour une place en finale. Rachidi MABANDU


EN MARGE DE LA COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS-ANGOLA 2010
Le suivi des matches dans les bistrots fait des recettes
Disposer d’un poste téléviseur d’au moins 17 pouces devient un véritable fonds de commerce à l’heure actuelle pour les tenanciers des bistrots ou autres « Nganda » à travers la ville de Kinshasa. Car, bon nombre des Kinois préfèrent suivre la retransmission des matches de la CAN – Angola 2010 en direct dans des débits de boissons. Un tour au quartier Matonge dans la commune de Kalamu aux heures où se déroulent lesdites rencontres permet à tout passant de découvrir cette réalité. Le phénomène ne date pas d’aujourd’hui, mais prend de plus en plus de l’ampleur avec la CAN – Angola 2010. Virée dans quelques débits de boissons dans les environs du stade Tata Raphaël.

Staff Edgar Makola « Bana Kin »

A l’intersection des avenues Oshwe et Stade, en face de l’entrée principale du stade Tata Raphaël est érigé un célèbre « nganda » dénommé « Bana Kin » qui refuse du monde chaque fois qu’il y a retransmission d’un match. Nous avons posé la question à son actuel gérant Edgar Makola.
« D’abord notre fief est le siège de la « Mutuelle Bana Kin » dont les membres sont tous des sportifs. A tout moment, nous avons de la clientèle, surtout le soir. Je ne saurais vous tromper, actuellement nous refusons du monde, car tout le monde tient à suivre le match ici depuis le début de la CAN – Angola 2010 pour diverses raisons. Le grand téléviseur en couleur fait partie du décor de notre coin. C’est devenu un droit pour nos clients de disposer de ce poste téléviseur d’autant que presque tous, ils sont sportifs ».
Outre les « Bana membres », Bana Kin est fréquenté par des dirigeants des entités sportives, des clubs, des journalistes sportifs, des arbitres, des entraîneurs, des anciens joueurs, des joueurs actifs, … et bien sûr, des clients ordinaires.
Contrairement à certains « nganda » du coin où les les gens viennent suivre les matches en faisant semblant de boire, c’est-à-dire consommer une seule bouteille pendant tout le match. Chez « Bana Kin », les clients achètent et consomment tout en suivant les matches. Les clients s’y retrouvent, notre caisse aussi s’y retrouve car nous avons augmenté nos recettes pendant cette CAN – Angola 2010.

Chez « Néné Kashale », les clients arrivent à temps pour disposer de la bonne place
Sur l’avenue du stade A/41, Néné Kashale gère une terrasse « Les locataires ». Elle reconnaît que depuis que la CAN – Angola 2010 a commencé, il y a de nouveaux clients qui fréquentent sa terrasse. Certains arrivent bien avant le coup d’envoi et s’accaparent des chaises situées près de la télévision.
Ces clients consomment avant le match, ralentissent un peu pendant le match et s’adonnent à cœur joie après le match. Souvent, entre consommateurs il y a des pronostics avancés.,A la fin, les perdants offrent à boire aux gagnants. Seulement, tous regrettent l’absence des Léopards de la République démocratique du Congo.
Chez Pool Matonge Viva, les matches sont plus suivis par les passants
Située en plein marché « Djakarta » sur l’avenue du stade, cette terrasse qui fait office de siège des supportes du TP mazembe à Kinshasa expose un poste téléviseur suivi plus par les passants et autres « sans domicile fixe » qui y restent débout sans payer la moindre consommation. Cela n’empêche pas les consommateurs attitrés du coin de consommer comme d’habitude sans impact positif sur les recettes. Pascal LIKANA


APPRENDRE & COMPRENDRE
Tout sur les catastrophes naturelles et humaines
Une catastrophe est un mouvement brutal, d'origine naturelle ou humaine, ayant généralement la mort et la destruction à grande échelle pour conséquence.
La singularité et l'ampleur du désastre que provoquent les grandes catastrophes affectent les esprits des populations concernées. Aujourd'hui, elles apparaissent au travers des médias. Auparavant, elles entraient dans les mythes et légendes, à l'image du récit du déluge. Dans le théâtre grec, la catastrophe était la dernière des cinq parties de la tragédie, le dénouement où le héros recevait sa punition, généralement funeste (catharsis).
À la différence des accidents, les catastrophes ont pour conséquence de nouvelles réflexions sur les moyens à mettre en œuvre pour les éviter ou pour en atténuer les effets désastreux. Ces réflexions, qui ont abouti notamment à la formulation du principe de précaution et de prévention, peuvent aboutir à la création de nouvelles normes ou de nouvelles contraintes légales.
Il est possible de distinguer, schématiquement, deux familles de catastrophes, se distinguant par leurs causes.
" Les catastrophes naturelles concernent des événements climatiques, sismiques ou astronomiques majeurs,
" les catastrophes liées aux activités humaines sont parfois bien plus dévastatrices.
Cette distinction demeure néanmoins artificielle, puisque l'impact des catastrophes dites naturelles dépend largement du facteur humain (i.e. les inondations sont plus dangereuses lorsque les mangroves ont été détruites ou qu'on a construit en terrain inondable ; de même, les tremblements de terre font des dégâts différents selon le type de construction adoptée, l'usage de normes anti-sismiques, etc.).


Catastrophes naturelles Impact
La mortalité due aux catastrophes naturelles a augmenté de 60 % entre les années 1980 et les années 2000. Entre 1994 et 2004, elles ont touché 2,8 milliards de personnes et causé la mort de 796 408 personnes (dont 226 408 par le tsunami de décembre 2004 dans le Sud-est asiatique), et des pertes économiques estimées à 849 milliards de dollars. Outre les décès et les blessures physiques, les catastrophes ont un impact psychique non négligeable et qui désormais fait souvent l'objet d'une prise en charge spécifique appelée démarche psychosociale. La très grande majorité - 95 % - des victimes se trouvent dans les pays les plus pauvres, d'une part parce que ces régions sont très exposées, mais surtout en raison de l'absence de réseau d'alerte, un développement urbain anarchique et un défrichage des terres favorisant les inondations et glissements de terrain1. Ces catastrophes peuvent laisser des traces irréparables dans le paysage (exemple des météores ou encore sécheresse de la mer Morte) d'autres ont des effets plus modérés qui disparaissent au bout de quelques temps (incendies, inondations)

Catastrophes climatiques
Avec l'Ouragan Katrina, les États-Unis font face à la plus grande catastrophe civile de leur histoire, et associent l'ampleur des efforts à fournir à ceux qui durent l'être pour faire face à la Grande dépression.
L'atmosphère terrestre est une mince pellicule gazeuse composée principalement d'oxygène, d'azote et de vapeur d'eau. Elle recouvre le globe et est soumise à deux facteurs principaux : l'apport d'énergie du Soleil et la rotation de la Terre. La différence de température entre l'équateur et les pôles crée des différences de pression qui mettent l'air en mouvement. La rotation terrestre, dévie ce mouvement et crée des systèmes cycloniques de tailles diverses et des anticyclones.
Dans les premiers, la condensation de la vapeur d'eau va donner des nuages et des précipitations. Leur rotation génère également des vents qui peuvent être puissants et non seulement détruire directement mais également causer des vagues déferlantes. Dans les seconds, l'air est sec et le ciel dégagé, ce qui peut être intéressant pour quelques jours mais peut provoquer des sécheresses.
Les catastrophes climatiques sont essentiellement l'effet de ces systèmes sur l'environnement humain. Elles prennent diverses formes :
" dégâts à large échelle des cyclones tropicaux (typhons, ouragans), des tempêtes majeures des latitudes moyennes ou des ondes de tempête ;
" effets à large échelle de la sécheresse, de la désertification, des vagues de froid ou des canicules ;
" dégâts de petite ou moyenne échelle par des épisodes de tornades, par des inondations dues aux pluies torrentielles sous orages ou par les avalanches.
Ces catastrophes sont appelées à être plus fréquentes et à toucher plus de personnes à cause de l'augmentation de la population dans les zones à risque et les changements climatiques dus au réchauffement de la planète.

Liste

" 1219 : l'inondation de Grenoble causée par une retenue d'eau artificielle.
" 1421 : l'inondation de la Sainte-Élisabeth en Hollande et Zélande dévaste des dizaines de villages et cause entre 2 000 et 10 000 morts.
" 1755 : le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 au Portugal est l'un des plus destructeurs et des plus meurtriers de l'histoire : on dénombre entre 50 000 et 100 000 victimes. La secousse fut suivie par un tsunami et des incendies, qui détruisirent la ville de Lisbonne dans sa quasi-totalité.
" 1861 : l'inondation de la mine de Bessèges dans le Gard, à la suite d'un débordement de la Cèze, fait 140 morts.
" 27 août 1883 : l'éruption du Krakatoa provoque un raz-de-marée qui par endroits culmine à 40 mètres de haut. Un bateau, la Berouw, ancré dans la baie de Sumatra au large de Telukbetung fut retrouvé à trois kilomètres des côtes à une altitude de 10 mètres. Le monde entier l'a ressenti, et sur les côtes de l'Atlantique Nord, on a pu observer une vague de 12 mètres.
" En 1900 la ville de Galveston du Sud des états-unis est frappée par un cyclone. Il fait plus de 8 000 morts. C'est jusqu'en 2008, la plus grave catastrophe naturelle de l'histoire des États-Unis.
" janvier 1910 : Inondation de Paris, la crue de la Seine inonde 500 hectares de la capitale française.
" la nuit du 31 janvier au 1er février 1953 : un raz-de-marée cause 1 800 morts dans le sud-ouest des Pays-Bas.
" 17 février 1962 : de graves inondations de l'Elbe causent 300 morts à Hambourg en Allemagne.
" 25 septembre 1962 : pluies torrentielles et crue du Ripoll dans la comarque du Vallès Occidental en Catalogne, Espagne, un millier de morts
" 26 novembre 1967 : des pluies torrentielles à Lisbonne au Portugal, plus de 450 morts.
" 20 octobre 1982 : La pantanada de Tous, à Valencia, Espagne, la Júcar a une crue de 16 000 m³/s.
" août 2002 : inondations de l'Elbe et du Danube
" septembre 2004 : Haïti, 3 000 morts après le passage de l'ouragan Jeanne.
" inondation du Yangtze en Chine : 50 000 écoles affectées (neuf millions d'écoliers)
" 26 décembre 2004 : Malaisie, Thaïlande, Sri Lanka et Inde; 226 408 morts dans le raz-de-marée associé au tremblement de terre de Sumatra (magnitude supérieure à 9) (voir tremblement de terre du 26 décembre 2004)
" juillet 2005 : des inondations catastrophiques provoquées par la mousson font plus de 969 morts dans des éboulements et des glissements de terrain dans l'état du Maharashtra, à l'ouest de l'Inde. Bombay est paralysée par 944,2 mm d'eau tombés le 24 juillet 2005.
" août 2005 : Des inondations en Europe ont fait au moins 70 morts.
" 26 août 2005 : L'ouragan katrina ravage le sud des États-Unis faisant 1 322 morts.
" 10 juillet 2006 : Le typhon Ewiniar provoque des inondations catastrophiques en Corée du Nord faisant 54 700 morts.
" mai 2008 : Le cyclone Nargis provoque des inondation faisant plus de 138 000 morts en Birmanie.
" août 2008 : De fortes pluie de mousson font 1 275 morts en Inde.
" novembre 2008 : des inondations catastrophiques font 99 morts et 78 000 sans-abris dans l'état de Santa Catarina, au Brésil.
" janvier 2010 : Un séisme de magnitude 7 a violemment secoué Haiti (Port-au-Prince et les environs), faisant plus de 110 000 morts, 190 000 blessés et plus d'un demi-million de sans-abris.
Catastrophes sismiques

Éruptions volcaniques
Liste

" 1500 avant J.-C. : l'éruption du Santorin détruit la ville crétoise d'Akrotiri (Une vague géante provoquée par l'explosion du volcan a traversé la Crète du nord au sud)
" 24 août 79 : l'éruption du Vésuve détruit la ville de Pompéi. Environ 30 000 morts.
" 10 avril 1815 : l'éruption cataclysmique du mont Tambora en Indonésie, sans doute la plus importante du millénaire[réf. nécessaire], fit exploser le sommet qui perdit 1 500 mètres d'altitude. Plusieurs dizaines de milliers de personnes moururent, soit directement, soit suite au bouleversement climatique mondial qui suivit (famine suite à "l'année sans été"). Les cendres recouvrent un territoire grand comme la France.
" 27 août 1883 : l'éruption du Krakatoa recouvre la capitale de l'Indonésie, Batavia (à l'époque), de cendres et provoque un raz-de-marée.
" 8 mai 1902 : l'éruption de la montagne Pelée (Martinique) détruit la ville de Saint-Pierre. Environ 30 000 morts.
" 13 novembre 1985 : l'éruption du Nevado del Ruiz (Colombie) détruit la ville d'Armero. Environ 24 000 morts.
Chutes d'objets célestes
Articles détaillés : météorite et Hiver d'impact.
La chute de météorites d'une certaine taille peut causer des dégâts considérables sur une zone très étendue : les dégâts causés par la chute d'un tel objet en 1908 en Sibérie (voir Toungouska) ont ravagé plusieurs milliers de kilomètres carrés dans une zone inhabitée.
Pour le moment, on ne déplore pas de catastrophe majeure dans une zone habitée. Il n'est toutefois pas exclu que quelques cas isolés de personnes tuées par la chute d'objets célestes aient pu survenir.
" Le cratère de Chicxulub est, d'après plusieurs scientifiques, un cratère provoqué par la chute d'une météorite de près de 10 kilomètres de diamètre qui se serait abattue sur la Terre il y a environ 65 millions d'années (c'est-à-dire à la fin du Crétacé) et qui serait à la source d'extinctions massives d'espèces, appelée Extinction KT, dont les fameux dinosaures.

Catastrophes d'origine humaine Industrielles
La catastrophe de Buncefield en 2005 au Royaume-Uni : embrasement dans un terminal de stockage pétrolier.
Une catastrophe industrielle est liée à un accident dans une des phases de la production industrielle, dans l'exploitation minière ou durant le transport de cette production, notamment le transport de pétrole, qui a occasionné de nombreuses marées noires. (Garantie catastrophe Technologique?)

Nucléaires

Parmi les catastrophes industrielles survenues dans le domaine de la production d'énergie nucléaire, on peut citer la catastrophe de Tchernobyl, connue pour son impact environnemental et humain, et dans une moindre mesure l'accident nucléaire de Three Mile Island car ce dernier a marqué l'opinion et fait adopter de plus grandes mesures de prudence. Les bombardements de la bombe atomique, en temps de guerre, sont repris dans les catastrophes militaires.

Transports de personnes

L'utilisation de moyens de transport de passagers s'est développée et ceux-ci peuvent être d'importante capacité. Lorsqu'un accident ou un attentat survient, les conséquences humaines peuvent être dramatiques avec de nombreux morts.
Selon le moyen de transport touché, on parle de catastrophe aérienne, catastrophe ferroviaire ou catastrophe maritime. Il n'existe toutefois pas de terme particulier pour désigner une catastrophe de funiculaire ou de télécabine. Les accidents de la route ne sont généralement pas comptés comme des catastrophes, sauf en cas de circonstances particulières (par exemple, lors d'un carambolage ou d'un accident d'autocar particulièrement grave).

Militaires

La catastrophe militaire du 7 décembre 1941 a profondément changé la perception stratégique globale de l'amirauté des États-Unis. Cette défaite par surprise a provoqué une telle réaction que d'aucuns l'identifient rétrospectivement comme une victoire à la Pyrrhus, voire comme la plus grande défaite japonaise de la guerre.
Il peut être considéré que toutes les guerres sont par essence des catastrophes, par la mort et la désolation qu'elles impliquent. Les pertes humaines sont nombreuses, voire gigantesques, généralement au sein des populations civiles (avec une courte exception européenne entre la fin de la guerre de Trente Ans et la Seconde Guerre mondiale). L'objet du présent paragraphe n'est pas de recenser les innombrables guerres de l'histoire humaine, mais plutôt de s'intéresser aux catastrophes ayant eu pour origine le fait militaire, en temps de guerre comme en temps de paix, et remarquables par leur particularité ou leur impact à la fois sur les populations ou sur l'environnement.

Inondations d'origine militaire
La rupture délibérée de barrages et de digues est une tactique attestée pour arrêter l'avance de l'adversaire ou lui causer des dommages humains et matériels. On peut citer:
" 1678: inondation volontaire de la Hollande pour arrêter l'avance française pendant la guerre de Hollande.
" 1936: rupture des digues du Huang He par l'armée chinoise pendant la guerre sino-japonaise pour tenter de ralentir l'invasion japonaise.
" 1944: inondation délibérée par les Allemands des terres basses, spécialement aux Pays-Bas, le long du Mur de l'Atlantique.
" 1967-1969: bombardement des digues du Nord-Vietnam par l'aviation américaine, dans le but d'inonder le delta du fleuve Rouge et de ruiner son agriculture.
" 1993: les milices serbes de Bosnie-Herzégovine tentent de faire sauter le barrage de Peruca sur la Cretina, ce qui aurait causé la mort de plusieurs milliers de civils bosniaques et croates. Malgré l'usage de 30 à 37 tonnes d'explosifs, cette tentative est un échec3.

Catastrophes environnementales d'origine militaire
" 1967-1971: usage massif du défoliant par l'aviation américaine pour détruire les forêts du Sud-Vietnam et réduire la guérilla du Vietcong.
" 1991: pendant la guerre du Golfe, l'armée irakienne au Koweït incendie les puits de pétrole et déverse le pétrole dans la mer.

Les catastrophes et le droit international humanitaire

Selon les conventions de Genève, protocole additionnel I, 1977, la destruction d'ouvrages civils tels que barrages, digues, centrales nucléaires est interdit et constitue un crime de guerre si elle est de nature à causer des pertes sévères à la population civile, ou des dommages graves aux biens civils. Le statut de la Cour pénale internationale y ajoute les dommages graves et durables à l'environnement naturel. Le principe de proportionnalité ne tolère de telles attaques que si l'avantage militaire "concret et direct" en est nettement supérieur à leurs inconvénients pour les populations civiles et l'environnement 4.
On peut citer la contamination des semences de maïs biologique par le maïs OGM en Espagne[réf. nécessaire], le scandale de l'amiante, l'affaire du "sang contaminé", l'épidémie de la "vache folle", etc.

Prévention des catastrophes
Outre le caractère fortuit et aléatoire des catastrophes, l'analyse a montré que des vulnérabilités locales accentue l'impact de celles-ci. Ces vulnérabilités sont géographiques (configuration du relief et pluies torrentielles), démographiques (densité de population), urbanistiques et sociales, entre autres. Une démarche volontariste et communautaire est favorisée par des gouvernements et des grandes organisations humanitaires pour atténuer l'impact physique, économique et moral des catastrophes de tous types.
En France, afin de renforcer cette volonté commune de prévention, le ReNass (Réseau national de sécurité sismique) aide et prévient les gouvernements afin de prendre les mesures adéquates. Tiré de Wikipédia