Joseph Kabila toujours en quête d’hommes!
Qui aurait parié en ce 26 janvier 2001 que le jeune Général qui prête serment en qualité de chef d’Etat allait faire longtemps au pouvoir? Qui eût imaginé que cet homo novus allait coiffer au poteau tous les vieux briscards de la politique zaïro-congolaise?
En ce jour anniversaire de l’accession de Joseph Kabila au pouvoir suprême, on peut multiplier des interrogations, tant rien ne semblait indiquer que celui qui n’était que le fils de son illustre père, allait devenir un président à part entière! Neuf ans après, Kabila junior -le même-est toujours à la manœuvre. Aux Etats-unis, il aurait déjà épuisé ses deux mandats constitutionnels, tandis qu’en France, le Raïs serait à un an de son second quinquennat! Un exploit en lui-même pour ce Président que personne n’attendait tout simplement, parce que personne ne le voyait venir.
Parachuté à la tête d’un pays-continent aux mille et un défis, Joseph Kabila peut se flatter d’avoir relevé d’abord un défi personnel: celui de sa conversion d’un Chef d’Etat de transition en un Président de la République auréolé de l’onction populaire via le suffrage universel. Reste que quand il aura soufflé sur ses neuf bougies sur fond d’une autosatisfaction justifiée, Joseph Kabila verra défiler dans sa tête d’autres défis. Ceux-ci vont du déficit de collaborateurs au social de l’immense majorité de ses compatriotes. L’année dernière, le Président avait fait une déclaration qui ressemblait fort à un aveu. Le Raïs confiait à un tabloïd américain qu’il n’avait pas assez d’hommes à ses côtés. Joseph Kabila ne faisait que corroborer ce que nombre d’analystes sérieux n’avaient de cesse de déplorer.
Seulement, si, en neuf ans d’exercice du pouvoir, le Président se plaint de ne pas disposer d’un entourage à la hauteur de sa vision, c’est qu’il y a problème. Car les personnes-ressources, les sherpas intègres et consciencieux ne manquent pas. Nombre d’observateurs équilibrés attribuent le déficit d’hommes de valeur au fait qu’en kabilie, les «recruteurs attitrés» ne proposent au Raïs que leurs hommes de main. D’ou, des castings de complaisance- quand il y en a- à l’issue desquels des «obligés» se retrouvent dans la cour avec pour seule mission de renvoyer l’ascenseur. Difficile, dans ces conditions, pour le Chef d’avoir un entourage de qualité.
Pour relever le défi d’hommes, le Président devrait piocher lui-même pour, à terme, générer sa garde rapprochée. Ses hommes à lui. Cette recette procède de la mystique même du pouvoir. Ici comme ailleurs.
. José NAWEJ
Une si longue attente
Bien malin le membre de la kabilie qui parierait sur le moment du remaniement. Dans la cour présidentielle, tout le monde en parle, mais personne ne connaît ni le jour, ni l'ampleur du coup de balai à venir au sein de l'équipe Muzito. Dans tous les cénacles de la Majorité, le remaniement est sur toutes les lèvres Mieux, il régule même toutes les manoeuvres politiques allant des messes noires aux coups fourrés dont raffolent les opérateurs politiques zaïro-congolais. Au sein des cabinets ministériels, c'est quasiment le service minimum. Ministres et collaborateurs sont à l'affût de la moindre indication sur ce fameux remaniement. Dans certains ministères, les cérémonies d'échange des voeux prennent les allures d'adieu.
On l'aura compris. La ville haute est comme tétanisée par la perspective du remaniement ministériel. Voulu par nombre de nos élus comme une espèce d'anti chambre menant au vrai pouvoir, l'hémicycle n'est pas épargné par cette drôle de veillée d'armes. En plus de la poignée de députés de l' "Opposition" prêts à changer de camp, de plus en plus d'élus de la Majorité n'en peuvent plus de ronger leurs freins. Le renvoi, par le Président, du projet de budget 2010 pour une seconde lecture a donné lieu à des scènes de désamour entre la Majorité et l'Exécutif. Son Exécutif. On a frôlé une espèce de rébellion de la Majorité! Laquelle a fait chorus avec l'opposition pour rejeter le projet de loi portant ouverture des crédits provisoires. C'est qu'au-delà des considérations strictement techniques brandies opportunément par les députés, la passe d'armes entre la Chambre et le Gouvernement n'était dénuée de calculs politiciens. En particulier, dans le chef des élus du Pouvoir. Lesquels font, désormais, flèche de tout bois pour précipiter l'avènement de Muzito II.
Face à cette ambiance délétère, de plus en plus de voix s'élèvent pour inviter le Chef de l'Etat à mettre un terme à l'incertitude actuelle. Tout maître du jeu qu'il est, le Raïs n'en a pas moins intérêt à concrétiser au plus vite son annonce du remaniement...vieille de sept mois! Les travaux d'Hercule doublés du challenge "année du social" qu'il vient de se fixer requièrent l'existence d'un Gouvernement débarrassé du spectre du chambardement. A l'approche de la reddition des comptes, le temps n'est plus le principal atout du Président.
Insondable plus que son prédécesseur de père, jaloux de son agenda et abhorrant, comme Mzee, la moindre pression extérieure, le Raïs devrait tout de même reconsidérer son "festina lente".Sinon, le nécessaire second souffle du quinquennat risque d'être administré trop tard. José NAWEJ
Nous sommes
tous haïtiens !
C'est un long week-end avec pont que les Congolais entament ce vendredi. Ce samedi 16 janvier, jour férié, la Rdc se souvient de feu Mzee Kabila, à l'occasion du 9ème anniversaire de sa disparition. Le jour suivant, le recueillement des Congolais se poursuivra. Cette fois-là, ce sera feu Patrice Lumumba qui sera au centre de l'hommage national. Et comme l'anniversaire de l'assassinat du premier Premier ministre congolais tombe un dimanche, le lundi 18 janvier est déclaré chômé. Appliquant ce même principe au cas Mzee dont la commémoration de son élimination survient un samedi, certains tenants de la semaine anglaise ont décidé de faire l'impasse sur la journée de vendredi. Bonjour le congé de détente de trois jours!
Certes, par devoir de mémoire et par respect dû à l'idéal pour lequel Patrice Lumumba et Laurent-Désiré Kabila sont morts, les Congolais se doivent de rendre hommage à ces deux héros nationaux.Car, pour un pays en mal de modèle et de repère, les idées et le parcours public de Lumumba et Kabila ont vocation à servir de ferment dans la nécessaire renaissance nationale et de balise pour le futur de la Rdc. En clair, le lumumbisme et le kabilisme ne sauraient se décliner en termes de slogan désincarné et autres folklores bien de chez nous.
C'est, hélas, sous le registre de commémorations d'apparat et donc d'apparence que se déroulent les anniversaires de la double disparition de nos deux héros nationaux. Une fois ces deux journées de souvenir passées, le train train habituel reprend ses droits. Bien malin qui peut déceler un brin de lumumbisme ou de kabilisme dans la manière de gérer la chose publique, dans le rapport de l'élite à la société, dans le comportement de tous les jours du Congolais lambda. Tout se passe comme si Lumumba et Kabila n'étaient évoqués par les uns et les autres que pour des raisons de conformisme social ambiant ou encore de marketing politique. Sans plus. Si les hommages à ces deux géants du Panthéon congolais ne se limitent qu'au rituel, autant réfléchir à la manière de trouver un jour pour commémorer tous nos illustres disparus!Ainsi, le Congolais qui vit de la pitance quotidienne n'aurait pas à rester cloîtré chez lui deux jours de suite.
Or, tel ne devrait pas être le cas. Les 16 et 17 janvier serviraient et nos Héros et surtout les congolais vivants si les dirigeants congolais, à tous les niveaux, s'attelaient à traduire dans les actes la pensée et l'orientation de Lumumba et Kabila.49 ans après l'assassinat du Premier ministre nationaliste et 9 ans après la liquidation du Président patriote, on est loin, très loin du compte.
José NAWEJ
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Elections 2011 : l’incertitude plane encore !
* Alors que le personnel de la CEI réclame 10 mois d’arriérés de salaires et que le Gouvernement tarde à verser sa quote-part financière, la révision du fichier électoral, qui avait déjà pris du retard, est aujourd’hui complètement à l’arrêt.
Lancées en catastrophe en juillet 2009 à Kinshasa, les opérations de révision du fichier électoral se sont arrêtées dans les mêmes conditions. Prévues également en provinces, après l’étape déjà réalisée à Kinshasa, lesdites opérations n’ont jamais débuté. Du côté de la Commission électorale indépendante (CEI), on reste catégorique. On s’arc-boute sur une position collective du payement de dix mois d’arriérés de salaires. Cette condition, affirme un haut cadre de la CEI, joint hier au téléphone, constitue un préalable majeur pour la poursuite des opérations de révision du fichier électoral en provinces.
Comme on peut le constater, le non paiement des salaires pendant dix mois, est l’une des causes qui bloquent l’actualisation du fichier électoral. Une autre attente de la Cei est la quote-part du Gouvernement central au processus électoral de 2011. Autrement dit, l’Exécutif central n’a pas encore, jusqu’ici, participé financièrement aux prochaines échéances. Une autre attente de la Cei encore, c’est le vote et la promulgation des textes légaux portant organisation des élections locales, législatives et présidentielle.
En ce qui concerne le vote et l’adoption des lois, il est important de souligner que la matière est inscrite en bonne place dans l’ordre du jour de la session extraordinaire de janvier 2010. Cependant, au cas où ce point serait abordé, il sera spécialement question de la loi portant création et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) devant remplacer la Cei. A ce sujet, le ministre de l’Intérieur, Célestin Mbuyu, a déjà fait l’économie du texte de cette loi lors d’une séance de travail qu’il a eue, voici une semaine, avec les experts du Parlement au Palais du peuple.
LE BATIMENT DE LA CEI SÉCHÉ
En attendant, les choses vont mal à la Cei. Le siège de la commission, comme une coquille vide, connaît une baisse sensible d’activités. Et pour cause, la plupart des employés de la Cei ont décidé de ne plus fréquenter le siège de cette institution pour manifester leur mécontentement. Parmi les mécontents, figure un agent de la Cei qui a décidé d’observer une grève de la faim. Selon la source d’information contactée, la victime se trouve présentement dans un hôpital de Kinshasa où elle est admise pour des soins.
Par ailleurs, notre interlocuteur affirme que des mémorandums de différents membres des bureaux provinciaux de la Cei s’accumulent sur la table du président de cette institution, l’abbé Apollinaire Malu Malu. « Dans ces documents, les agents de la Cei ne revendiquent qu’une chose : le paiement de leurs arriérés, condition sine qua non au lancement d’une quelconque opération électorale », a-t-on appris hier. Lors de son message à la nation, via le Congrès le 07 décembre 2009, le Chef de l’Etat avait émis le vœu de voir les élections locales et législatives, se tenir au début de l’année 2011.
Tous ces éléments mis ensemble, certains observateurs se hâtent d’émettre le doute sur la tenue effective des élections en 2011. A tout le moins, ils pensent que les échéances électorales à venir restent encore très hypothétiques. Il est aussi important de préciser qu’au cours du processus électoral de 2006, la Mission d’observation des Nations unies au Congo (MONUC), avait joué un rôle non négligeable, notamment dans le transport et le déploiement des kits électoraux.
Les choses risquent de se compliquer davantage quand on sait que le mandat de la Mission onusienne en RD Congo s’achève au courant de cette année, soit officiellement en mai prochain, alors que le Gouvernement demande à la MONUC un plan de désengagement, comme pour lui montrer la porte de sortie. Cependant, une légitime question se pose : le Gouvernement local aura-t-il suffisamment de moyens pour jouer le même rôle que la Monuc dans le transport du matériel électoral ? La question reste suspendue sur les lèvres de plus d’un observateur. Quoique l’on dise, l’incertitude gagne des esprits et le doute persiste sur l’organisation des élections en 2011.
Laurel KANKOLE
APRES SES DERNIERES ATTAQUES CONTRE LE MINISTRE BELGE
DES AFFAIRES ETRANGERES SUR LA RDC
Karel De Gucht désavoué en Belgique
* Le VLD, parti de l’ancien patron de la diplomatie belge, apporte ouvertement son appui au ministre Vanackere, coupant l’herbe sous les pieds de ceux des Congolais qui prenaient un malin plaisir à relayer ses prises de position
Le Commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Karel De Gucht, vient de connaître un triste sort en Belgique à la suite de sa dernière sortie médiatique, le week end dernier, contre le vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangère, Vanackere. En effet, à l’occasion, hier, d’une cérémonie d’échange des vœux, Alexandre De Croo, Président du Parti libéral flamand (VLD) dont De Gucht est membre a ouvertement désavoué ce dernier en prenant ses distances par rapport à ses propos et en apportant son appui au ministre des Affaires étrangères. De Croo a rappelé que son parti s’en tient à l’option levée par le Gouvernement belge sur la RDC : respect et dialogue avec les dirigeants congolais. Pour le VLD donc, il n’est plus question de diplomatie du mégaphone dans laquelle s’est tristement distingué Karel De Gucht.
Dans la ville haute à Kinshasa, les derniers propos de Karel De Gucht ont été lus diversément comme uniéme acte d’indélicatesse envers les autorités congolaises à qui il tendait à attribuer la responsabilité directe de ce qu’il reprochait au Gouvernement congolais. En effet, son propos tendait à faire croire que c’est le Président Kabila et son Gouvernement qui commanditeraint les exactions et l’insécurité qui prévaudraient encore à l’Est du pays alors qu’il est bien connu que c’est le même Kabila qui, contre toute attente, a lancé les opérations en cours et qui sont entrées dans une phase de réduction des dernières poches des FDLR.
Par ailleurs, à présent que la haute direction du VLD s’est clairement prononcée sur le dossier congolais, un analyste à Kinshasa se demande comment réagiraient tous ceux qui, dans la classe politique congolaise, de l’opposition comme de la majorité, ont pris plaisir à relayer les propos de De Gucht ou à les comprendre ? Le même observateur déplore, par ailleurs, qu’il se soit trouvé des politiques congolais, toutes tendances confondues, à cautionner, directement ou indirectement, les propos de De Gucht. Et de s’interroger : « voulaient-ils être plus royalistes que le roi ? »
Pour rappel, le très bientôt ancien commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire reprochait à son successeur à la diplomatie belge d’avoir été, selon lui, «complaisant» avec le Chef de l’Etat congolais qui l’a reçu à Lubumbashi et avec qui il a partagé, toujours selon De Gucht, « un verre de bière ». Karel De Gucht faisait certainement allusion à une des photos immortalisant Kabila et Vanackere en train de trinquer avec des coupes de vin rouge, en tous cas pas des verres de bière.
Dans son envolée médiatique, l’ancien chef de la diplomatie belge dit ne pas comprendre une telle attitude de son successeur qui semble indiquer qu’en RDC, la paix est revenue à l’Est, que les viols ont cessé, que la corruption a été jugulée et que la bonne gouvernance a été instaurée ; bref, tous ces griefs qu’il ne s’embarrassait pas de cracher sans fard au visage des officiels congolais. Il se console, enfin, et ne regrette pas de n’avoir pas, lui, été « complaisant » avec les Congolais, vantant par là la rigueur, voire l’excès de ses propos qui avaient amené le Gouvernement congolais à suspendre les relations avec la Belgique pendant plus de huit mois.
Réponse du berger à la bergère, Steeven Vanackere n’a pas manqué de mot pour signifier à De Gucht, d’abord qu’il ne conçoit pas la diplomatie comme un promontoire d’où l’on donnerait des leçons. Ensuite, que son approche diplomatique est d’observer et écouter en ce moment où il prend à peine ses fonctions à la tête de la diplomatie belge. Enfin, que loin d’avoir été complaisant, il a eu, avec Joseph Kabila, des entretiens courtois au cours desquels tous les sujets ont été abordés.
Vanackere se dit également conscient qu’il y a du travail à faire pour rétablir complètement la confiance entre Bruxelles et Kinshasa. Dans cette perspective, il reconnaît, au détour des mots, que la visite attendue du Roi Albert II en RDC, à l’occasion des cinquante ans d’indépendance de ce pays, revêt un enjeu particulier. Il s’en convainc d’autant plus que bien d’autres chefs d’Etat sont attendus à Kinshasa qui, manifestement, attend du déplacement de Albert II un geste symbolique d’une normalisation complète. C’est, en tous cas, ce que l’on doit comprendre lorsqu’il dit : « j’ai le sentiment qu’il faut donner quelque chose pour avoir ce que l’on cherche en retour. »
En s’invitant dans les relations belgo-congolaises, lui qui est devenu commissaire européen, Karel De Gucht commet là une interférence dans la politique interne de la Belgique ; une intervention qui révèle à nouveau la psychologie qui continue de prévaloir au sein de la classe politique belge sur le dossier congolais. A n’en point douter, Kinshasa et Joseph Kabila continuent d’être des enjeux des rixes politiques entre les protagonistes belges. On retrouve, en effet, à l’avant-scène un libéral flamand (De Gucht) parmi les radicaux que compte l’establishment politique belge et un socio-chrétien flamand CDV (Vanackere) ; bref, la quasi configuration du conflit politique belge qui n’en a pas fini de ne pas se dénouer. Jonas Eugène KOTA
RAPPORT SUR L'OUVERTURE D'UNE MINE D'OR EN ITURI
Vive controverse autour des intérêts des communautés locales
L’Agence catholique de développement outremer (Cafod), qui œuvre avec des communautés de plus de 50 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amerique latine pour aider les populations à sortir de la pauvreté a procédé, lundi 25 janvier 2010 à Cepas, au lancement du rapport d’ouverture d’une mine d’or par la société anglo-gold Ashanti à Mongbwalu, dans le district de l’Ituri, en Province-Orientale. Alors que des longues négociations sur les octrois de contrats miniers touchent à leur fin en RDC, un nouveau rapport préparé conjointement par Cafop, agence britannique de développement, la Bench Marks foundation, observateur sud-africain de la responsabilité civile d’entreprises et le cadre de concertation, soulève quelques interrogations au sujet des bénéfices à conférer à la population locale.
Les travaux de recherche commandités par Cafop pour les besoins du rapport : « opportunité en or ou faux espoirs ? » révèlent qu’une nouvelle mine industrielle à Mongbwalu, en Ituri, est susceptible d’entrainer le déplacement de milliers d’orpailleurs artisanaux à petite échelle, les privant ainsi de la seule source de revenus viable. Il sied de signaler, à cette occasion, que nombreux de ces orpailleurs ont autrefois combattu lors des guerres qui ont déchiré la RDC.
D’après les estimations, 9500 orpailleurs travailleraient à Mongbwalu et dans les environs, et plus de 100.000 sur l’intégralité de la zone visée par le bail. Une organisation congolaise de la société civile, révèle les impacts environnementaux et sociaux d’une nouvelle mine sur les communautés locales.
Le rapport consacré aux propositions du géant minier multimillionnaire Anglo-gold Ashanti, concernant le développement d’une mine d’or dans le district de l’Ituri en RDC, soulève des interrogations quant aux bénéfices que conférerait cette mine à la population locale. L’Ituri abrite l’un des gisements aurifères les plus riches d’Afrique. Le rapport met en évidence des questions telles que le conflit, le consentement des communautés, la réinstallation et la responsabilité d’entreprises. Autant des questions auxquelles la compagnie Ango-Gold Ashanti se doit d’apporter une reponse pour s’assurer.
L’activité minière industrielle ne nécessite guerre de main-d’œuvre et il semble probable qu’Anglo-gold Ashanti n’emploie qu’une part infime de la main d’œuvre disponible dans la région locale.
Le projet minier porte sur une zone qui a été touchée par des conflits meurtriers, dans un pays où des millions d’individus ont été tués. Les combats ont été encouragés par la lutte pour les ressources minérales, et des groupes armés maintiennent encore une présence en Ituri, des centaines de troupes de la mission de maintien de la paix de l’Onu étant basées dans le district de Bunia. Il est à craindre que la présence de la mine ne provoque de nouveaux troubles parmi la communauté, dans une région congolaise déjà instable.
Les communautés locales n’ont reçu que des informations limites sur les propositions minières d’Anglo-gold Ashanti et les impacts potentiels de cette mine sur leur mode de vie et leurs sources de revenu. La compagnie numéro trois de l’exportation aurifère au monde n’a, à aucun moment, cherché à obtenir le consentement de la population de Mongbwalu ou des zones environnementales. Ce manque d’information fait que l’on redoute de plus en plus la possibilité d’un déplacement de la population.
La demande d’autorisation déposée par Anglo-gold Ashanti pour exploiter l’or dans la région a été récemment dans le cadre d’un examen national des contrats. Ce nouveau contrat révèlera des informations importantes sur la mine et indiquera les responsabilités tant de la compagnie minière que du gouvernement de la RDC. La population locale n’a pas été impliquée dans les discussions sur les modalités du nouveau contrat, bien que cela ait été demandé à plusieurs reprises par la communauté, la Cafop à la fois à Anglo-gold Ashanti, à l’Okimo, la compagnie aurifère d’Etat et au gouvernement de la RDC. Le contrat d’AGA, avant d’être renégocié, n’avait jamais été publié dans son intégralité, et l’on ignore si le contrat nouvellement renégocié sera publié une fois finalisé.
L’exploitation minière est l’une des industries les plus nocives au monde pour l’environnement, générant des quantités considérables de déchets et employant des substances toxiques telles que le cyanure, renseigne le document. Si elles font l’objet d’une réglementation et d’un entretien inadaptés, les substances chimiques issues des activités minières peuvent entrainer une pollution dévastatrice des cours d’eau, conduisant à la destruction de la biodiversité et des terres agricoles. Anglo-gold Ashanti n’a pas encore soumis le site minier proposé à une étude d’impact environnemental et social. La meilleure pratique consisterait à y veiller dans les plus brefs délais, d’autant que la région abritera une forêt équatoriale d’une riche biodiversité.
Sonya Maldar, analyste politique des questions relatives à l’industrie extractive de Cafop a déclaré : « La population de Mongbwalu en attend beaucoup de ce projet minier. Mais, malgré des années de dialogue, Anglo-gold Ashanti ne répond toujours pas aux exigences clés de la communauté et ne fait pas non plus preuve de transparence à l’égard de ses plans ».
Par contre, l’abbé Alfred Buju du cadre de concertation, qui représente les préoccupations de la population locale par rapport au projet d’Anglo-gold Ashanti à laissé entendre que « Cela fait trop longtemps que la population de Mongbwalu ne reçoit aucune information sur le devenir de ce projet minier. L’examen des contrats étant désormais terminé, Anglo-gold Ashanti et le gouvernement ont maintenant la possibilité de prouver que la transparence leur tient à cœur. Il est primordial que la population de Mongbwalu comprenne les implications de ce vaste projet établi devant sa porte ».
Simard Simon TSOUMBOU
FRUIT D’UNE JOINT VENTURE BIZ AFRIKA
ET SOUTH AFRICAN EXPRESS
Climat des affaires : Adolphe Muzito en passe de gagner le pari
'* Après l’interpellation du Chef de l’Etat, le 7 décembre 2009 devant le Parlement réuni
en Congrès, le Premier ministre a mobilisé le Gouvernement pour accomplir 75%
du parcours vers l’amélioration des conditions d’investissement en RDC
Adolphe Muzito a certainement capté cinq sur cinq le message du Chef de l’Etat du 7 décembre 2009 à l’occasion de son discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès. A l’occasion, en effet, Joseph Kabila, parlant du climat des affaires en RDC, déplorait une certaine stagnation des efforts pour son assainissement afin de booster l’économie nationale et ainsi créer des richesses nécessaires à la lutte contre la pauvreté. La phrase, à ce propos, est connue et elle a été interprétée en tous sens : « des réunions d’experts en réunions d’experts… » A l’occasion toujours, le Président de la République proposait au Gouvernement une feuille de route avec un chronogramme de certaines activités qu’il avait également proposées et dont l’échéance a été fixée au 30 juin 2010. Depuis lors, le Premier ministre a mobilisé, autour de lui, ses lieutenants de la Primature ainsi que les membres du Gouvernement afin de parvenir à l’assainissement du climat tel qu’escompté aussi bien par le Chef de l’Etat que par les opérateurs économiques tant nationaux qu’étrangers oeuvrant déjà en RDC ou aspirant à y investir. Après avoir lancé la dynamique d’assainissement effective et les activités ad hoc, le Premier ministre a instauré, depuis le week-end dernier, un cycle hebdomadaire d’évaluation de la feuille de route élaborée pour ce faire au niveau du ministère du Portefeuille. Et selon l’évaluation faite le week-end dernier, 7 des 13 mesures prévues pour l’assainissement du climat des affaires ont été réalisées totalement au 31 décembre 2009, 3 ont été partiellement prises, tandis que 3 autres attendent d’être mises en œuvre. Selon les estimations, cela représente 75% des efforts attendus du Gouvernement pour assainir le climat des affaires en RDC. L’évaluation du programme de réalisation de ces mesures ainsi que la feuille de route ad hoc sont reprises dans les lignes et tableaux qui suivent. JEK
EVALUATION DE L’EXECUTION DES MESURES D’ASSAINISSEMENT DU CLIMAT DES AFFAIRES
EN RDC
MESURES PRISES INTEGRALEMENT
-Suppression de l’exigence de l’extrait du casier judiciaire, du certificat de résidence, de l’attestation de non fonctionnaire et du sceau de l’entreprise à l’immatriculation des sociétés commerciales au Nouveau Registre de Commerce.
-Suppression du visa de légalisation des statuts des sociétés commerciales dont le capital est détenu en majorité par des étrangers: Arrêté du Ministre de l’Economie et Commerce du 31 décembre 2009.
-Réduction à 48 heures ouvrables du délai d’octroi du numéro d’identification nationale: Avis au public du 28 décembre 2009 du secrétaire général à l’économie nationale.
-Affichage au Ministère de l’Urbanisme et Habitat de la procédure et des frais requis pour l’octroi de l’autorisation de bâtir: Note circulaire du 11 décembre 2009 du secrétaire général à l’Urbanisme et Habitat.
-Réduction du coût de l’autorisation de bâtir à 0,6 en USD/m2: Arrêté interministeriel du 31 décembre 2009 des Ministres de l’Urbanisme et Habitat et celui des Finances.
-Fixation à 3% des droits proportionnels d’enregistrement de mutation immobilière(transfert de propriété): Arrêté interministeriel du 320 décembre 2009 des Ministres des Affaires foncières et des finances.
-Affichage au niveau des services de la conservation des titres immobiliers: Note circulaire du 27 novembre 2009 du secrétaire général aux Affaires foncières.
MESURES PRISES DE MANIERE PARTIELLE
-Adoption et promulgation de la loi autorisant la ratification du traité OHADA: la loi a été votée et elle attend d’être promulguée.
-Publication des statuts des associés dans le journal officiel et sur le site internet dans les 48 heures de leur dépôt.
-Réduction du coût de l’immatriculation au RC et affichage des frais/Elimination de la discrimination entre Nationaux et Etrangers/Limitation à 5 jours maximum du délai d’immatriculation au Registre de commerce.
MESURES NON ENCORE PRISES
-Décentralisation de la fonction du Notaire: projet soumis à la commission des lois.
-Libéralisation de la profession d’Expert immobilier: projet d’arrêté de réglementation élaboré par les affaires foncières et transmis pour compétence au Ministère de l’Urbanisme et Habitat, en attendant l’élaboration d’un projet de loi en la matière.
-Suppression de l’interdiction de prise de vues (photos): projet d’arrêté en cours de discussion au niveau du Ministère de l’intérieur.
Observations : Le niveau de la feuille de route au 31 décembre 2009 se situe entre 70 et 75%. Il peut augmenter sensiblement si la loi OHADA est promulguée, si le décret sur la décentralisation de la fonction du Notaire est signé et si les trois projets de lois proposés à l’ordre du jour de la session extraordinaire du parlement sont examinés et adoptés.
Signature d’un accord entre le ministère de la Défense et une entreprise chinoise
L’Entreprise chinoise Norinco, spécialisée dans la fabrication du matériel militaire aidera désormais le Gouvernement congolais dans ce domaine. Le ministre de la Défense et des Anciens Combattants a procédé, dernièrement, à la signature d’un protocole d’accord avec cette entreprise.
Même si les termes de cet accord n’ont pas été révélés, on croit savoir que les deux parties ont convenu en faveur du renforcement de la coopération militaire.
Il y a lieu de signaler que le ministre Mwando Nsimba avait visité les installations de l’Entreprise Norinco lors de son dernier séjour en Chine. D.B
*L’Union européenne débloque une enveloppe pour
la réforme de l’administration des Fardc
L’Union européenne vient de débloquer une enveloppe de l’ordre de 6.500.000 de dollars américains en faveur des Forces armées de la République démocratique du Congo. Ce montant va servir à appuyer certains projets des Fardc sous l’égide de l’Eusec, a déclaré le général Michel Commandant de cette branche de l’Ue à l’issue de l’audience que lui a accordée, dernièrement, le ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Charles Mwando Nsimba.
Le Général Michel a indiqué également que le montant consenti sera destiné particulièrement à la réforme de l’administration, particulièrement au recensement, à la taille de l’armée, et au salaire des militaires. Le domaine de la formation y figure aussi. Il sera donc question de la réouverture de l’école de formation de sous- officiers qui, pour cette session, va recevoir quatre cents candidats. Le représentant de l’Ue a aussi fait état de la logistique et de la modernisation de l’informatique et de la gestion du matériel administratif.
D.B.
*Kananga : Des officiers professionnels de santé prêtent serment
Soixante et un médecins, pharmaciens, chirurgiens, dentistes et techniciens médicaux supérieurs ont prêté serment, dernièrement, devant le ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, représentant personnel du Chef de l’Etat, Commandant suprême des Fardc Joseph Kabila au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’ Académie militaire à Kananga.
Cette manifestation a coïncidé avec l’installation de la 4eCompagnie médicale de l’Unité médicale d’intervention rapide-Umir. C’est dans ce cadre que le ministre Mwando Nsimba l’a qualifiée d’historique non seulement pour le service de santé des Fardc mais aussi pour l’Académie militaire qui a réalisé une performance digne d’un pilier majeur de la réforme des Fardc, indique un document déposé à notre rédaction.
Le no 1 de la Défense a également noté que le caractère historique l’est aussi pour le grand Kasai qui est ainsi doté pour la première fois de son histoire d’une compagnie militaire d’intervention rapide. Cette unité a, en plus de ses activités militaires, comme mission légale, d’assurer le secours médico-sanitaire des deux kasai en cas de catastrophe, d’épidémie ou d’autres urgences médicales.
Le directeur général du Service de Santé des Fardc ; le Colonel Kabanda, a pour sa part, relevé que l’Umir est appelée à apporter son appui à la Ceeac et à la Sadc dans le cadre des missions humanitaires de maintien de la paix à travers la sous-région. Il a également invité les lauréats à assumer sans faille, sous le drapeau, la noblesse de leur double charge à savoir : l’art de guérir et celui d’officier.
Le gouvernement a consenti d’énormes efforts pour mettre à la disposition de l’Umir des équipements nécessaires pour son fonctionnement. Il s’agit entre autres des blocs opératoires, des kits médicaux, des appareils radiologiques, une cuisine mobile et du petit matériel de chirurgie. Dina Buhake
Les opérateurs pédagogiques de l'EPSP font la restitution de leur formation
Au cours d'un atelier de restitution qui s'est tenu hier vendredi le 22 janvier au centre Béthanie, le patron de l'Epsp a attiré l'attention sur la nécessité d'harmoniser les potentialités, avant de souligner, surtout lorsqu'il s'agit de mêmes thèmes à exploiter au profit de mêmes cibles. Cela, a-t-il poursuivi, permet de gagner du temps et de faire des économies des ressources pour atteindre des groupes plus larges. A en croire Maker Mwangu, l'année 2010 est, pour la RDC, une année du défi en ce qui concerne l'enseignement classique.
Le ministre de l'Epsp a fait savoir qu'il n'est pas possible de développer un pays si l'on n'accorde pas une attention particulière à l'éducation, avant de mettre l’accent sur la formation de l'homme qui est l’agent et la finalité même du développement recherché.
Il a indiqué que cette formation était une occasion de mesurer les forces et les limites de l'action, d'en proposer des pistes de prorogation ou encore de démontrer la nécessité de son arrêt. Il a aussi relevé l'impact de toutes les ressources mobilisées pour cette formation, notamment des ressources humaines, intellectuelles et logistiques. Cet atelier s'inscrit dans le cadre du Projet d'appui au secteur de l'éducation qui connaît l'appui financier de la Banque africaine de développement (BAD) et a comme agence d'exécution l'Unesco. Mathy MUSAU .
SOUS L'IMPULSION DE L'OIT
Les professionnels des médias congolais à l’école de la communication sur les droits au travail
L’Organisation internationale du travail (OIT) organise depuis hier un cours de formation à l’intention des professionnels des médias de la République démocratique du Congo. Cette activité a été ouverte officiellement par le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, Ferdinand Kambere. Au cours de cette session qui va du 25 au 28 janvier 2010, les journalistes vont être formés sur les Normes internationales du travail (NIT) en vue produire des reportages et des analyses responsables et exacts, susceptibles d’accroitre la compréhension dans l’intérêt du bien-être humain.
Dans son mot d’ouverture, le ministre de l’Emploi a invité les professionnels des médias à mettre à profit cette formation pour l’usage des normes internationales et liberté du monde du travail. Il les a exhortés à saisir l’opportunité qu’offre cet atelier pour asseoir l’information sur des articles beaucoup plus éclairés.
Pour le Directeur de cabinet du ministre de la Communication et des Médias, Dieumerci Mutombo, la formation noble d’éduquer, qui implique la responsabilité du journaliste à fournir au public des récits adaptés, des reportages exacts et éclairés dans la diffusion de l’information, demande une formation idoine. « A cet effet, le ministre Lambert Mende croit donc en la nécessité d’une formation appropriée et d’un recyclage perpétuel du personnel des médias pour relever la qualité des programmes qui tiennent compte de la spécialité et de répondre à l’attente du public », a souligné le directeur de cabinet du ministre de la Communication et des Médias. Pour lui, le ministre Lambert Mende salue l’initiative du centre international de formation de l’OIT qui a conçu un cours attire l’attention des professionnels des médias sur la pertinence des normes internationales du travail pour une formation responsable et exacte, susceptible d’accroitre la compréhension dans l’intérêt du monde de travail. « Cet engagement ne manquera pas de renforcer le rôle et l’action de l’OIT dans le climat de crise économique et financière que nous traversons. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’une OIT forte, présente à nos côtés pour faire face, ensemble aux conséquences sociales de la crise et pour promouvoir une mondialisation plus équitable », a soutenu le délégué du ministre Lambert Mende.
A travers cette formation, l’OIT veut combler les lacunes qu’éprouvent les journalistes congolais dans le traitement des informations liées au monde du travail. Cela pourra créer une compréhension du public pour renforcer l’application des NIT au niveau local afin de promouvoir la liberté d’expression, d’association et le respect d’autres principes et droits fondamentaux du travail.
Dans son objectif, le cours vise à doter les professionnels de l’information des connaissances et des compétences pour utiliser les NIT et le travail des organes de contrôle de l’OIT dans leurs rapports. A la fin de cette formation de quatre jours, les participants seront capables de déterminer quand et comment les informations sur le système des NIT peuvent être évoquées dans leur couverture d’événements relatifs au travail ou aux affaires sociales.
Dorian KISIMBA
Qui choisir entre une «bonne» et un domestique ?fessionnels des médias congolais à l’école de la communication sur les droits au travail
Entre une femme de ménage et un domestique sur qui porter le choix en cas de besoin? Certaines femmes ne veulent pas entendre parler de «bonnes» car, elles deviennent au fil de temps leurs rivales. D’autres encore sont catégoriques : ni l’un, ni l’autre. Entre deux maux, on choisit le moindre, c’est le cas de moins sceptiques qui tolèrent encore une bonne plutôt qu’un domestique. Contrairement aux femmes, les hommes portent leur choix sur une femme de ménage plutôt que sur le domestique. Selon eux, les femmes sont, de part leur nature, serviables. Mais apparemment, les hommes ont un agenda caché.
Charles Kizua, 43 ans homme d’affaires : « Je préfère un homme à une femme »
S’il faut trouver un assistant ménager pour madame, je préfère un homme à une femme de ménage. Les raisons sont simples. Premièrement, les domestiques ont un brin de probité morale par rapport aux femmes. Avec les femmes, la tendance est toujours à nourrir sa propre famille à partir du budget quotidien de son employeur. Et en plus, avec une bonne, les risques de rivalité avec l’épouse sont permanents. Ce sentiment se mue plus facilement en un complexe d’égalité tacite qui se développe en la bonne comme pour résister à l’autorité trop autoritaire de l’épouse. Il faudrait aussi tenir compte de l’âge de la bonne, de sa beauté physique. Il ne faudrait pas que la bonne soit plus belle que l’épouse. Je préfère un homme parce que j’ai la conviction que les domestiques préparent mieux que les femmes, et même, pour la buanderie, ils le font bien par rapport aux femmes.
Mme Josiane Mukazimpaka, 35ans, cadre dans une entreprise de Kinshasa: « Je me méfie de tous les deux »
Que ce soit la bonne ou le domestique, les deux sont suspects. Il faut s’en méfier. Je n’aime pas être assistée par une tierce personne en dehors de ma famille. S’il faut opérer un choix, je prendrai une femme laide, mais propre qu’un homme ne peut pas regarder. Si elle arrive à se métamorphoser, je la mettrai carrément dehors. Je suis sûre qu’elle va changer parce qu’elle va s’adapter aux réalités de la maison. Mais, je ne me laisserai pas faire parce qu’il y a certaines bonnes qui laissent des ouvertures aux hommes.
Mme Adolphine Iyana la quarantaine: « Je ne prendrai jamais ni une bonne, ni un domestique»
Je ne prendrai jamais ni une bonne ni un domestique. Si je prends une bonne, un jour, elle deviendra ma rivale. J’en ai vécu l’expérience. C’est ainsi que j’ai juré de ne plus tenter cette expérience. C’est triste! A l’époque, je travaillais dans une entreprise de la place. C’est la bonne qui s’occupait pratiquement de mes enfants et des travaux ménagers. Sauf pour les samedis et les dimanches. Au départ, c’est une jeune fille travailleuse, polie, gentille. Elle a vu naître deux de mes enfants. Les gens du quartier pensaient qu’elle était ma sœur cadette parce qu’elle avait pratiquement grandi chez moi. A un certain moment, j’apprendrai par des gens du quartier qu’elle était enceinte. Quand je l’ai approchée elle a effectivement avoué, mais ne voulait pas me dire qui en était l’auteur. J’avais quand même décidé de la garder à la maison. Mais, mon mari voulait qu’elle s’en aille. Il a tellement insisté que j’ai accepté de la faire partir mais, elle devrait quant même attendre la fin du mois pour qu’elle touche son salaire parce que c’était à quelques jours de la fin du mois. C’est pendant cette période que j’avais appris par le canal de mes voisins que c’est mon mari qui était l’auteur. Depuis, j’ai décidé de ne plus prendre ni une bonne, ni un domestique.
Mme Léonie Ishasha : «Nos bonnes sont nos rivales »
Je ne prendrai jamais une femme de ménage chez moi. Je peux encore tolérer un domestique juste pour la lessive et le repassage. Avec nos maris, les bonnes sont nos rivales. Tout peut arriver. Les domestiques ont aussi leurs défauts. Tout de même, je peux admettre un domestique. Mais, gare aux domestiques quand ils restent seul à la maison avec nos filles car tout peut arriver.
Mr Lomvua Muloji : «Parfois, ce sont nos femmes qui nous poussent à flirter avec nos bonnes»
Parfois ce sont nos femmes qui nous poussent à flirter avec nos bonnes. Comment voulez-vous qu’une femme de ménage puisse s’occuper de moi chaque jour? C’est elle qui prépare. Elle me sert à manger quand je rentre du boulot à la place de ma femme. Et quand elle le fait bien, cela finit par créer une certaine affinité entre elle et moi. Et après, je me dis: «Pourquoi pas elle?». C’est une femme comme toute autre!
Mr Théophile Kanika : «Je préfère une bonne».
Je trouve la bonne trop serviable. De part sa nature, je trouve mal qu’un homme puisse me servir. Comme j’ai beaucoup de filles chez moi, il y a risque que le domestique sorte avec elles. Même pour le cas de vol, il y a plus de risques avec les domestiques qu’avec les bonnes. Un homme peut dévaliser toute une maison et s’en aller.
Mr Antoine Amuli : «Je préfère une femme»
Il y a des domestiques qui domptent les enfants. Je préfère encore une femme pour protéger ma femme et mes enfants. Je peux me passer de sortir avec elle. Je crains aussi les domestiques parce qu’ils peuvent initier les enfants à la consommation des stupéfiants. Propos recueillis par Dina Buhake
A L'ANNONCE DE GRANDES PLUIES
Mont-Ngafula : les habitants de Kindele lancent un cri de détresse
Le quartier Kindele, situé dans la commune de Mont-Ngafula, est en proie aux érosions. La route de Kimwenza,artère principale de ce quartier, est coupée en deux, d’abord à l’arrêt Makaya et ensuite à l’arrêt 7 Km. Cette situation est à l’origine de l’enclavement de ce coin dans lequel se situe la mission catholique de Kimwenza qui organise la plus grande bibliothèque des pères jésuites et fréquentée par les étudiants, les enseignants et les chercheurs.
En dehors de cela, il y a deux grands établissements d’enseignement primaire, secondaire et professionnel. Il s’agit du très célèbre Lycée de Kimwenza auquel s’ajoutent le Collège Ndinga Mbote et une trentaine de couvents. Ce qui est malheureux, c’est que ces érosions engloutissent des maisons, des marchés de fortune ainsi que des complexes commerciaux. Ce qui justifie le cri de détresse de la population lancé aux dirigeants du pays. Au niveau de l’éboulement de 7 Km, on craint le pire. Cela signifie que cette érosion, à l’allure où vont les choses, risque d’emporter deux écoles situées à quelques mètres ainsi que des habitations. « Il n’y a plus de temps à perdre», déclare un habitant avant d’ajouter que «L’heure est grave. Que l’autorité urbaine puisse agir dans l’urgence». «Nous manquons le sommeil quand il pleut surtout la nuit », lâche un autre habitant de Kindele. Et de poursuivre: «Quand j’ai construit cette maison, le sac de ciment coûtait moins de 10 USD, il y a de cela plus de 15 ans. Aujourd’hui, si elle s’écroule où vais-je aller avec ma famille, où encore vais-je trouver l’argent pour en construire une autre? Je suis déjà retraité». Une vendeuse du petit marché se plaint en ces termes « Depuis que les tables de notre marché gisent sous l’érosion, personne n’est venue pour nous consoler, ni l’autorité urbaine, ni l’autorité municipale moins encore le chef de quartier ». Et d’ajouter : «Les religieux ont tenté de faire quelque chose avec les sacs pour détourner les eaux de pluie, cela n’a pas été suffisant. Le stress demeure, nous ne savons pas à qui nous confier pour arrêter cette érosion».
«Néanmoins, a-t-elle dit, nous demandons au gouverneur de la ville de faire quelque chose pour sauver les habitations. La vie est devenue de plus en plus difficile».
Les habitants du quartier Kindele n’ont qu’une seule phrase : «C’est le moment d’agir, il ne faut pas attendre l’irréparable car la météo annonce de grandes pluies pour le mois a venir». Mathy MUSAU
QUALIFIEES A WINDHOEK AU DETRIMENT DES WARRIOS
Les Léopards dames face aux Queens du Ghana le 12 février 2010
Les Léopards dames de la RDC de moins de vingt-ans rentrent à Kinshasa ce mardi après un séjour à Windhoek en Namibie. Sur place, les Léopards dames de la République démocratique Congo ont joué un match officiel contre leurs collègues, les Warriors de la Namibie. Cette rencontre cadre avec le match retour du deuxième tour des préliminaires africains du championnat féminin U-20 de la Fifa-Allemagne 2010. A l’issue des quatre-vingt dix minutes de la partie, les deux équipes nationales se sont séparées sur un score d’équité de deux buts partout.
Grâce à leur victoire de la manche aller disputée samedi 09 janvier 2010 au stade des Martyrs sur le score étriqué d’un but à zéro, les Léopards dames sont qualifiés pour le troisième et dernier tour des préliminaires. Cette fois-ci, le morceau qu’attendent les congolaises n’est pas facile à gérer. En effet, les Léopards dames vont devoir batailler dur et ferme contre les Queens du Ghana. Ces dernières ont éliminé au deuxième tout, les « Aigles du Carthage » dames de la Tunisie sur l’ensemble de deux manches, aller et retour. Les Queens du Ghana ont eu raison des « Aigles de Carthage» (1-0, 2-0).
Le match aller du troisième et dernier tour de ces préliminaires entre la République démocratique du Congo et le Ghana est prévu le vendredi 12 février 2010 au stade des Martyrs. Le retour est prévu deux semaines plus tard au Ghana. Ainsi, les Léopards dames, qui rêvent d’un troisième mondial d’affilié, doivent créer une marge suffisante à Kinshasa afin de préparer une probable qualification. Comme le stipule le règlement du championnat féminin U-20 de la Fifa-Allemagne 2010, c’est au terme du troisième et dernier tour qualificatif que seront connus les deux représentants africains de la phase finale du 5ème championnat féminin U-20 de la Fifa.
Toutefois, il est bon de rappeler que le match entre la Namibie et la RDC s’est joué en deux temps. D’abord, le samedi 23 janvier 2010, une forte pluie a interrompu le match alors que le marquoir était à un but partout. Puis, le dimanche 24 janvier 2010. Cette fois-ci, le match est arrivé à terme sur le score de deux buts à deux.Pascal LIKANA
Une première journée noire pour les Immaculés à la phase qualificative de la Linafoot
Le calendrier de la 15ème édition du championnat de la Linafoot, de la phase qualificative, a été respecté dans les sites de Kinshasa, Matadi, Mbuji-Mayi et de Goma. Dès la 1ère journée, il y a eu des grincements des dents et de pleurs de joie. C’est la loi des sports. Au stade des Martyrs à Kinshasa, deux matches étaient au rendez-vous de même qu’à Matadi et à Mbuji-Mayi. Par contre, une seule rencontre était au rendez-vous au site de Goma. Dans les autres sites que sont Kisangani et Lubumbashi, les rencontres démarrent, sauf imprévu, demain mercredi.
Dimanche dernier, le rouleau compresseur de V.Club a marché sur l’As Veti Club de Matadi. Au décompte final, quatre buts à zéro. Les buts de V.Club ont été inscrits, respectivement, par Magola, Alfred Fongang le camerounais, Rino Inasawa et Ebunga Simbi. En lever des rideaux, le Tout-puissant Molunge de Mbandaka a battu le Cercle sporting Matiti Mabe de Bandundu par deux duts à zéro. Les deux buts de « Mbandakais » portent les signatures de Yoka et Nkundu.
Le même dimanche au stade Lumumba de Matadi, Dcmp de Kinshasa a courbé l’échine, à la grande surprise de tous ses fanatiques, devant le Tout Capable Elima de Matadi. Zéro pour dcmp, trois pour Tc Elima. Les auteurs de buts des « Matadiens » sont Soki qui a réalisé un doublé et Mfuli. En premier match, l’As Babeti ya Sika de Mbandaka a trébuché devant l’As Vutuka de Kikwit (1-2).
Cette fois-ci, au stade Tshikisha de Mbuji-Mayi, l’As New Soger de Lubumbashi et l’Olympic Club de Kinshasa ont fait jeu égal (0-0) en lever des rideaux du duel entre Sa Majesté sanga Balende de Mbuji-Mayi et l’Us Tshinkunku de Kananga. Le club hôte de Sanga Balende a eu raison de son rival de Kananga par deux buts à zéro.
Par contre au site de Goma, le stade des Volcans n’a abrité qu’une seule rencontre entre Daring club Virunga de Goma et l’Olympic club Mungano de Bukavu. Au terme de 90 minutes de jeu, les « Gomatraciens » de Virunga l’ont emporté devant les « Montagnards » de Bukavu sur le score étriqué d’un but à zéro.
En ce qui concerne les sites de Lubumbashi et de Kisangani comme nous l’écrivions ci-haut, le coup d’envoi intervient demain mercredi. Car, les deux clubs de deux Kasaï que sont Ac Saint Luc de Kananga et As Batous de Mbuji-mayi se font encore attendre dans la capitale cuprifère. Il en est de même pour le site de Kisangani. Dans les autres sites, la 2ème journée intervient le mercredi 27 janvier 2010.
Vingt-quatre équipes participent à la phase qualificative et sont regroupées sur les six sites de quatre équipes chacun. Elles proviennent en principe du même pool de développement sportif. A la fin de la compétition, la Linafoot offrira, outre le trophée et le diplôme de champion, à l’équipe championne, des médailles aux deux équipes finalistes. Les clubs ont l’obligation de jouer les matches programmés par la Linafoot. Faute de quoi, ils sont tenus de rembourser les frais et charges qui en découlent, renseigne le règlement du 15e championnat en cours.
Pascal LIKANA
Un Boeing d’Ethiopian Airlines s’abîme en Méditerranée: au moins 21 morts
Un Boeing 737-800 de la compagnie Ethiopian Airlines avec 90 personnes à bord s’est abîmé tôt lundi matin en Méditerranée, quelques minutes après son décollage de l’aéroport de Beyrouth à destination d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Vingt-et-un corps ont été repêchés et aucun survivant n’avait été retrouvé à la tombée de la nuit, selon le ministre de la Santé Mohammed Jawad Khalife.
Les causes de l’accident restaient à déterminer, mais les conditions climatiques sont très mauvaises depuis dimanche soir au Liban, touché par des orages et d’importantes pluies. Le président libanais Michel Sleimane a exclu un acte terroriste. «Le sabotage est exclu à l’heure où je vous parle», a-t-il déclaré.
Le vol 409 d’Ethiopian Airlines a décollé lundi matin à 2h30 locales (00h30 GMT) de Beyrouth et a pris feu peu après le décollage, avant de s’écraser à un peu plus de trois kilomètres au large des côtes libanaises, a indiqué Ghazi Aridi, ministre libanais des Transports. «La météo était manifestement très mauvaise», a-t-il déclaré dans un communiqué.
L’EPOUSE DE L’ambassade de France à Beyrouth parmi
les victimes
Une importante opération de recherches a été lancée après l’accident. Des hélicoptères et des navires ont été dépêchés sur la zone, balayée par d’importantes vagues. Des débris du Boeing 737-800 ont été retrouvés sur les côtes libanaises.
Le vol 409 transportait 90 personnes, 83 passagers et sept membres d’équipage, selon les autorités libanaises. Selon Ghazi Aridi, 54 Libanais, 22 Ethiopiens, un Irakien, un Syrien, un Canadien, un Russe, une Française et deux Britanniques se trouvaient à bord.
L’ambassade de France à Beyrouth a fait savoir que l’épouse de l’ambassadeur Denis Pietton voyageait sur ce vol. Ethiopian Airlines a, de son côté, fait état de 82 passagers et huit membres d’équipage. La différence entre les deux sources ne s’expliquait pas dans l’immédiat.
Un deuil national décrété
Alors que les proches des passagers se massaient à l’aéroport de Beyrouth dans l’attente d’informations, le Premier ministre libanais Saad a décrété une journée de deuil national et fermé les écoles et les bâtiments officiels.
Ethiopian Airlines jouit d’une bonne réputation parmi les compagnies aériennes. Elle avait jusqu’à présent connu deux accidents en un peu plus de 20 ans: en 1996 le crash dans l’océan Indien d’un avion détourné et à court de carburant avait tué 125 des 176 personnes à bord, et, en septembre 1988, 31 personnes avaient trouvé la mort dans un accident peu après un décollage d’Addis Abeba.
Le Boeing 737-800 qui s’est écrasé lundi, un biréacteur moyen courrier, avait été loué en septembre à la CIT Aerospace et mis en service le 25 décembre après avoir passé avec succès le contrôle de l’inspection aéronautique, a indiqué le PDG d’Ethiopian Airlines, Girma Wake. AP.
Haïti-République Domicaine : Une nouvelle amitié ?
Plus d’une semaine après le tremblement de terre qui a fait des dizaines de milliers de sans-abri au sein de la population haïtienne, la République dominicaine, voisine insulaire d'Haïti, est en train d'être transformée en base d'opérations humanitaires, depuis les soupes populaires frontalières aux convois routiers, en passant par les entrepôts et les dispenses de visa pour les travailleurs humanitaires.
Les travailleurs humanitaires du gouvernement dominicain se montrent pourtant circonspects à la perspective de voir affluer les migrants haïtiens : les deux pays se partagent 78 000 kilomètres carrés d'île, divisés par une frontière de 380 kilomètres, qui démarque leur passé sanglant et leur présent politique délicat, marqué d'allégations répétées de discrimination raciale à l'encontre des Haïtiens.
" Nous serons critiqués si les gens ont l'impression que nous jetons les Haïtiens dehors, mais comment en accueillir autant ? Il y en a des milliers, maintenant, dans les hôpitaux frontaliers. Vont-ils vouloir partir ? ... On ne peut pas subvenir aux besoins de tous ", a dit à IRIN Edwin Luciano, directeur des services d'aide aux victimes de catastrophes, à Saint-Domingue, capitale de la République dominicaine, trois jours après le séisme en Haïti.
" On nous juge à la lumière des actes que nous avons commis dans le passé ; nous ne pouvons pas y échapper ", a ajouté M. Luciano, qui dirige également le centre gouvernemental des opérations d'urgence. Selon M. Luciano, qui travaille depuis 20 ans dans le secteur de l'aide aux victimes de catastrophes, le séisme du 12 janvier était un des plus complexes jamais survenus, en raison de ces sensibilités sociopolitiques.
Le passé
En 1937, pour renforcer son pouvoir, le président Rafael Trujillo avait ordonné le massacre de plus de 15 000 Haïtiens en République dominicaine.
En 2005, la Cour interaméricaine des droits humains avait jugé que le système dominicain d'obtention de la nationalité était anticonstitutionnel et qu'il violait les droits de deux enfants à qui l'on avait refusé de délivrer des actes de naissance. Sans document attestant leur nationalité, les enfants ne pouvaient être scolarisés, comme c'est le cas de nombreux enfants dominicains d'origine haïtienne, selon les organismes de défense des droits humains des deux pays.
Les difficultés opérationnelles. Visualiser la carte
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Les personnes d'origine haïtienne n'ayant pas de permis de séjour en République dominicaine sont périodiquement rapatriées en masse et par la force, selon le Groupe d'aide aux rapatriés et réfugiés (GARR), organisme de coordination des organisations non gouvernementales (ONG) et organismes de défense des droits humains haïtiens. Selon les estimations, quelque 800 000 Dominicains d'origine haïtienne vivent actuellement en République dominicaine.
Le présent
Dans les deux pays, les responsables des Nations Unies ont dit que la République dominicaine serait la principale base logistique des opérations humanitaires menées en Haïti : l'aéroport d'Haïti ne comprend en effet qu'une seule piste d'atterrissage, les capacités de coordination du pays sont compromises et son réseau téléphonique se remet lentement des suites de la catastrophe. " La pression est extrême, en Haïti, aujourd'hui. Nous recherchons tous les moyens possibles de la diminuer : cette frontière entre les deux pays est une bouée de sauvetage ", a déclaré à IRIN Andrew Stanhope, coordinateur logistique des Nations Unies, depuis Port-au-Prince, capitale d'Haïti.
Les premiers envois de secours ont commencé à arriver en Haïti sous escorte policière onusienne depuis l'aéroport de Barahona, un port situé sur la côte sud dominicaine, et la base militaire de San Isidro, à 25 kilomètres à l'est de Saint-Domingue.
Une péniche de débarquement sera également mise en place à Barahona pour transporter les secours à Jacmel, la quatrième ville haïtienne, située sur la côte sud, où plus de 10 000 personnes ont été déplacées. La société américaine de transport DHL doit également ouvrir sous peu un entrepôt à l'aéroport Las Americas de Saint-Domingue pour y stocker l'aide d'urgence. " Je travaille depuis de nombreuses années dans le secteur humanitaire, et c'est la première fois que je vois un gouvernement et ses citoyens agir aussi rapidement : tout ce que les Nations Unies ont demandé a été accordé ", a dit à IRIN Valérie Julliand, Coordinatrice résidente des Nations Unies en République dominicaine.
La réaction dominicaine est sans précédent, a-t-elle dit. " Des dispenses de visa pour les humanitaires en transit ? Pas de problème. Une aide logistique dans les bases militaires pour entreposer le matériel ? Accordée. Une soupe populaire mobile tout équipée ? Matériel et personnel sont en place le long de la frontière. Une coopération pour ouvrir un couloir humanitaire afin d'acheminer les secours jusqu'en Haïti ? Accordée ". IRIN
Tchad : les humanitaires inquiets d'un éventuel départ des forces de maintien de la paix
Dans la région instable de l'est du Tchad, les travailleurs humanitaires surveillent avec inquiétude les discussions sur un éventuel retrait des forces de maintien de la paix des Nations Unies, depuis que le gouvernement a dit qu'il voulait que la mission quitte le pays à la fin de son mandat, le 15 mars prochain. " La principale préoccupation des agences humanitaires concerne l'impact [qu'aurait ce départ] sur la situation de sécurité ", a dit, sous couvert d'anonymat, un travailleur humanitaire dans l'est du Tchad. " Si le gouvernement tchadien peut créer les conditions permettant aux opérations humanitaires de se poursuivre dans un environnement sécurisé, très bien. Mais sinon, continuer le travail humanitaire ici sera très difficile ".
Un des rôles de la mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) consiste à protéger les civils, et notamment les quelque 450 000 réfugiés et déplacés dans l'est du Tchad.
Dans cette région, malgré la présence des militaires et de la police, les travailleurs humanitaires et d'autres civils sont régulièrement la cible de braquages de véhicules, d'enlèvements et de vols commis par des groupes armés. Dans des bulletins récents sur les opérations au Tchad, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a dit que l'insécurité était " une préoccupation majeure ", et que de " graves crimes " affectaient les organisations humanitaires et les civils dans l'Est.
Des attaques à main armée ont également visé une force de police tchadienne entraînée par les Nations Unies, qui a aussi pour mission de protéger les réfugiés et les déplacés.
Le gouvernement tchadien a demandé aux Nations Unies de ne pas renouveler le mandat de la MINURCAT, a dit à IRIN, le 20 janvier, Gen Oki Mahamat Yaya Dagache, représentant du président Idriss Deby auprès de la mission des Nations Unies. " A la fin du mandat, nous ne prolongerons pas ", a-t-il dit. Il n'a pas souhaité commenter les raisons de cette décision. Le 19 janvier, un présentateur de la radio d'Etat a dit que la MINURCAT - avec ses 3 000 hommes déployés à ce jour, pour un effectif prévu de 5 200 hommes - " [ne s'était] pas montrée efficace ".
Un environnement instable
Combattre le banditisme dans l'est
D'après la radio d'Etat, le Tchad est prêt à collaborer avec les Nations Unies pour assurer la sécurité des réfugiés vivant dans l'est du Tchad. M. Dagache et des responsables des Nations Unies ont dit à IRIN que les deux parties discuteraient de la MINURCAT au cours des prochains jours. Une des préoccupations du gouvernement, qui demande le départ de la MINURCAT, porte sur la lenteur du déploiement, d'après un porte-parole de la mission.
" Le gouvernement nous a fait part de ses inquiétudes concernant des retards dans le déploiement de la MINURCAT et le développement du soutien aux infrastructures destiné au Détachement Intégré de Sécurité [la force de police tchadienne entraînée par les Nations Unies] ", a dit à IRIN Michel Bonnardeaux, responsable de l'information de la MINURCAT.
" Nous travaillons sur ces points, et sur d'autres. Dans les prochains jours, une équipe [des Nations Unies] de New York viendra au Tchad pour discuter de ces questions avec le gouvernement ". IRIN
Séisme : concept, réalité et prévention
Un séisme, ou tremblement de terre, résulte de la libération brusque d'énergie accumulée par les contraintes exercées sur les roches. Le résultat de la rupture des roches en surface s'appelle une faille. Le lieu de la rupture des roches en profondeurs se nomme le foyer. Plus rares sont les séismes dus à l'activité volcanique ou d'origine artificielle (explosions par exemple). Il se produit de très nombreux séismes tous les jours, mais la plupart ne sont pas ressentis par les humains. Environ cent mille séismes sont enregistrés par an sur la planète1 grâce à des sismographes (appareils permettant de détecter les ondes sismiques à plus de milliers de kilomètres du foyer sismique). Les plus puissants d'entre eux comptent parmi les catastrophes naturelles les plus destructrices.
Caractéristiques principales
Le point d'origine d'un séisme est appelé hypocentre ou foyer sismique . Il peut se trouver entre la surface et jusqu'à sept cents kilomètres de profondeur (limite du manteau supérieur) pour les événements les plus profonds. On parle de l'épicentre du séisme, qui est le point de la surface de la Terre qui se trouve à la verticale de l'hypocentre.
Les trois catégories de tremblements de terre
Un tremblement de terre est une secousse plus ou moins violente du sol qui peut avoir trois origines : rupture d'une faille ou d'un segment de faille (séismes tectoniques) ; intrusion et dégazage d'un magma (séismes volcaniques) ; explosion, effondrement d'une cavité (séismes d'origine naturelle ou dus à l'activité humaine)2. En pratique on classe les séismes en trois catégories selon les phénomènes qui les ont engendrés :
" Les séismes tectoniques sont de loin les plus fréquents et dévastateurs. Une grande partie des séismes tectoniques se produisent aux limites des plaques, où il existe un glissement entre deux milieux rocheux. Ce glissement, localisé sur une ou plusieurs failles, est bloqué durant les périodes inter-sismiques (entre les séismes), et l'énergie s'accumule par la déformation élastique des roches3. Cette énergie et le glissement sont brusquement relâchés lors des séismes. Dans les zones de subduction, les séismes représentent la moitié des destructeurs de la Terre, et ils dissipent 75 % de l'énergie sismique de la planète. C'est le seul endroit où on trouve des séismes profonds (de 300 à 645 kilomètres).
Au niveau des dorsales médio-océaniques, les séismes ont des foyers superficiels (0 à 10 kilomètres), et correspondent à 5 % de l'énergie sismique totale. De même, au niveau des grandes failles de décrochement, ont lieu des séismes ayant des foyers de profondeur intermédiaire (de 0 à 20 kilomètres en moyenne) qui correspondent à 15 % de l'énergie. Le relâchement de l'énergie accumulée ne se fait généralement pas en une seule secousse, et il peut se produire plusieurs réajustements avant de retrouver une configuration stable. Ainsi, on constate des répliques suite à la secousse principale d'un séisme, d'amplitude décroissante, et sur une durée allant de quelques minutes à plus d'un an. Ces secousses secondaires sont parfois plus dévastatrices que la secousse principale, car elles peuvent faire s'écrouler des bâtiments qui n'avaient été qu'endommagés, alors que les secours sont à l'œuvre. Il peut aussi se produire une réplique plus puissante encore que la secousse principale quelle que soit sa magnitude. Par exemple, un séisme de 9,0 peut être suivi d'une réplique de 9,3 plusieurs mois plus tard même si cet enchaînement reste extrêmement rare.
" Les séismes d'origine volcanique résultent de l'accumulation de magma dans la chambre magmatique d'un volcan. Les sismographes enregistrent alors une multitude de microséismes (trémor) dus à des ruptures dans les roches comprimées ou au dégazage du magma2. La remontée progressive des hypocentres (liée à la remontée du magma) est un indice prouvant que le volcan est en phase de réveil et qu'une éruption est imminente.
" Les séismes d'origine artificielle (ou " séismes induits ") sont dus à certaines activités humaines telles que barrages, pompages profonds, extraction minière, explosions souterraines ou nucléaires peuvent entraîner des séismes de faible à moyenne magnitude.
Les tremblements de terre engendrent parfois des tsunamis, dont la puissance destructrice menace une part croissante de l'humanité, installée en bordure de mer. Ils peuvent aussi menacer les installations pétrolières et gazières offshore et disperser les décharges sous-marines contenant des déchets toxiques, déchets nucléaires et munitions immergées. On cherche à les prévoir, pour s'en protéger, à l'aide d'un réseau mondial d'alerte, qui se met en place, en Indonésie et Asie du Sud Est notamment.
Dans certains cas, les séismes provoquent la liquéfaction du sol : un sol mou et riche en eau perdra sa cohésion sous l'effet d'une secousse.
Magnitude
La puissance d'un tremblement de terre peut être quantifiée par sa magnitude, notion introduite en 1935 par le sismologue Charles Francis Richter4. La magnitude se calcule à partir des différents types d'ondes sismiques en tenant compte de paramètres comme la distance à l'épicentre, la profondeur de l'hypocentre, la fréquence du signal, le type de sismographe utilisé, etc. La magnitude n'est pas une échelle mais une fonction continue logarithmique4. En raison de ce caractère logarithmique, lorsque l'amplitude du mouvement ou l'énergie libérée par le séisme varient d'un facteur 10, la magnitude change d'une unité. Ainsi, un séisme de magnitude 7 sera dix fois plus fort qu'un évènement de magnitude 6, cent fois plus fort qu'un de magnitude 5.
La magnitude, souvent appelée magnitude sur l'échelle de Richter, terme le plus connu du grand public, est généralement calculée à partir de l'amplitude ou de la durée du signal enregistré par un sismographe4. Plusieurs valeurs peuvent être ainsi calculées (Magnitude locale ML, de durée MD, des ondes de surfaces MS, des ondes de volumes MB). Mais ces différentes valeurs ne sont pas très fiables dans le cas des très grands tremblements de terre. Les sismologues lui préfèrent la magnitude de moment (notée MW) qui est directement reliée à l'énergie libérée lors du séisme4. Des lois d'échelle relient cette magnitude de moment aux paramètres géométriques du séisme (surface rompue et quantité de glissement sur la faille).
Intensités d'un séisme
La magnitude d'un séisme ne doit pas être confondue avec l'intensité macrosismique qui se fonde sur l'observation des effets et des conséquences du séisme en un lieu donné: vibration des fenêtres, nombre de personnes qui ressentent les secousses, ampleur des dégâts, etc5. Les échelles d'intensité comportent des degrés notés en nombres romains, de I à XII pour les échelles les plus connues (Mercalli, MSK ou EMS). Parmi les différentes échelles, on peut citer :
" l'échelle Rossi-Forel (aussi notée RF),
" l'échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik (aussi notée MSK),
" l'échelle de Mercalli (notée MM dans sa version modifiée),
" l'échelle de Shindo de l'agence météorologique japonaise,
" l'échelle macrosismique européenne (aussi notée EMS98).
Les relations entre magnitude et intensité sont complexes. L'intensité dépend du lieu d'observation des effets. Elle décroît généralement lorsqu'on s'éloigne de l'épicentre en raison de l'atténuation introduite par le milieu géologique traversé par les ondes sismiques, mais d'éventuels effets de site (écho, amplification locale par exemple) peuvent perturber cette loi moyenne de décroissance.
Les différents types d'ondes sismiques
Au moment du relâchement brutal des contraintes de la croûte terrestre (séisme), deux grandes catégories d'ondes peuvent être générées. Il s'agit des ondes de volume qui se propagent à l'intérieur de la Terre et des ondes de surface qui se propagent le long des interfaces6.
Dans les ondes de volume, on distingue :
" les ondes P ou ondes de compression. Le déplacement du sol se fait par dilatation et compression successives, parallèlement à la direction de propagation de l'onde. Les ondes P sont les plus rapides (6 km/s près de la surface). Ce sont les ondes enregistrées en premier sur un sismogramme6.
" les ondes S ou ondes de cisaillement. Les vibrations s'effectuent perpendiculairement au sens de propagation de l'onde, comme sur une corde de guitare. Plus lentes que les ondes P, elles apparaissent en second sur les sismogrammes6.
Les ondes de surface (ondes de Rayleigh, ondes de Love) résultent de l'interaction des ondes de volume. Elles sont guidées par la surface de la Terre, se propagent moins vite que les ondes de volume, mais ont généralement une plus forte amplitude6. Généralement ce sont les ondes de surface qui produisent les effets destructeurs des séismes.
Séismes les plus meurtriers depuis 1900
Tremblements de terre ayant fait plus de 15 000 victimes, d'après les estimations des autorités locales (la notation comporte respectivement le lieu, le pays, la date, la magnitude notée M, et le nombre d'êtres humains morts) :
" Kangra, Inde, le 04/04/1905, M=8,6, 19 000 morts.
" Santiago du Chili, Chili, le 17/08/1906, M=8,6, 20 000 morts.
" Messine, Italie, le 28/12/1908, M=7,5, 100 000 morts7.
" Avezzano, Italie, le 13/01/1915, M=7,5, 29 980 morts.
" Bali, Indonésie, le 21/01/1917, M=?, 15 000 morts.
" Gansu, Chine, le 16/12/1920, M=8,6, 200 000 morts.
" T?ky?, Japon, le 01/09/1923, M=8,3, 143 000 morts. Le tremblement de terre de Kant? de 1923 est suivi d'un gigantesque incendie.
" Xining, Chine, le 22/05/1927, M=8,3, 200 000 morts.
" Gansu, Chine, le 25/12/1932, M=7,6, 70 000 morts.
" Quetta, Pakistan, le 30/05/1935, M=7,5, 45 000 morts.
" Chillán, Chili, le 24/01/1939, M=8,3, 28 000 morts.
" Erzincan, Turquie, le 26/12/1939, M=8,0, 30 000 morts.
" Ashgabat, Turkménistan, le 05/10/1948, M=7,3, 110 000 morts.
" Agadir, Maroc, le 29/02/1960, M=5,9,intensité X(MM), environ 12 000 morts.
" Iran, le 31/08/1968, M=7,3, 16 000 morts.
" Chimbote, Pérou, le 31/05/1970, M=7,8, 66 000 morts.
" Yibin, Chine, le 10/05/1974, M=6,8, 20 000 morts.
" Guatemala, le 04/02/1976, M=7,5, 23 000 morts.
" Tangshan, Chine, le 27/07/19768, M=8. Le nombre officiel de morts est 240 000 personnes9. D'autres estimations font état de 500 00010 à 800 000 victimes directes ou indirectes11.
" Michoacan, Mexique, le 19/09/1985, M=8,1, 20 000 morts.
" Arménie, le 07/12/1988, M=7,0, 25 000 morts.
" Zangan, Iran, le 20/06/1990, M=7,7, 45 000 morts.
" Kocaeli, Turquie, le 17/08/1999, M=7,4, 17 118 morts.
" Bhuj, Inde, le 26/01/2001, M=7,7, 20 085 morts.
" Bam, Iran, le 26/12/2003, M=6,6, 26 200 morts.
" Sumatra, Indonésie, M=9,3, 232 000 morts.
" Nord du Pakistan, le 08/10/2005, M=7,6, 79 410 morts.
" Province du Sichuan, Chine, le 12/05/2008, M=7,9, 87 149 morts.
" Port-au-Prince, Haïti, Le 12/01/2010, M=7,0, 111 499 morts.
Méthodes de détection
Ancienne méthode chinoise
L'ancienne méthode chinoise consistait en un vase de bronze comportant huit dragons sur le pourtour. Une bille était placée dans la gueule de chacun d'eux, prête à tomber. Lorsqu'un séisme avait lieu (à proximité relative), le vase de bronze tremblait et deux billes tombaient, l'une pointant vers l'épicentre, l'autre pointant à l'opposé. L'Empereur chinois - ne pouvant savoir quel côté était le bon - envoyait des troupes dans les deux directions afin qu'elles aident à organiser les secours et à maintenir l'ordre après la catastrophe.
Méthodes modernes
La localisation de l'épicentre par des moyens modernes se fait à l'aide de plusieurs stations sismiques (3 au minimum), et un calcul tridimensionnel. Les capteurs modernes permettent de détecter des événements très sensibles, tels qu'une explosion nucléaire.
Méthodes de prévision
On peut distinguer trois types de prévisions : La prévision à long terme (sur plusieurs années), à moyen terme (sur plusieurs mois), et à court terme (inférieur à quelques jours)13.
Les prévisions à long terme reposent sur une analyse statistique des failles répertoriées. Elles permettent de définir des normes pour la construction de bâtiments. De manière générale, plus il y a du temps entre deux séismes, plus le deuxième est proche et sera plus puissant. Certaines failles telles celle de San Andreas en Californie ont fait l'objet d'études statistiques importantes ayant permis de prédire le séisme de Santa Cruz en 1989. Des séismes importants sont ainsi attendus en Californie, ou au Japon (Tokaï, magnitude 8.3).
Les prévisions à moyen terme sont plus intéressantes pour la population. Les recherches sont en cours pour valider certains outils, comme la reconnaissance de formes (dilatance).
Les prévisions à court terme se basent sur des observations très précises des terrains à risque. Les moyens de détection peuvent avoir un coût important et des résultats non garantis, du fait de la grande hétérogénéité des signes précurseurs d'un séisme, voire leur absence dans des séismes pourtant de grande ampleur, tels que TangShan ou Michoacan, qui avaient été prévus à moyen terme mais non à court terme. De plus les gouvernements ont besoin d'informations certifiées pour évacuer une population des sites suspectés. La Grèce étudie notamment la fiabilité de la méthode VAN, qui fonctionne par des enregistrements de variations des courants électrotelluriques. Cette méthode, bien que fortement controversée dans le milieu scientifique, semble avoir détecté 5 séismes majeurs avec plusieurs jours d'avance.
Les États-Unis utilisent des outils de grande sensibilité autour des points statistiquement sensibles (tels que Parkfield en Californie) : vibrateurs sismiques utilisés en exploration pétrolière, extensomètres à fil d'invar, géodimètres à laser, réseau de nivellement de haute précision, magnétomètres, analyse des puits. Le Japon étudie les mouvements de l'écorce terrestre par GPS et par interférométrie (VLBI), méthodes dites de géodésie spatiale. En Afrique du Sud, les enregistrements se font dans les couloirs des mines d'or, à 2 km de profondeur. La Chine se base sur des études pluridisciplinaires, tels que la géologie, la prospection géophysique ou l'expérimentation en laboratoire.
Conduite à tenir en cas de tremblement de terre
Aux premières secousses, ne chercher ni à entrer ni à sortir des immeubles. Se tenir à l'écart des vitres et des fils électriques. En voiture, s'arrêter mais ne pas sortir. Après le tremblement, vérifier l'eau, le gaz et l'électricité. Réserver le téléphone aux urgences et écouter les consignes radio
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