QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
BILLET

Mort dans
les têtes ?

Est-ce vraiment la reprise en mains ou une simple immersion dans les dédales de l’AMP, le temps d’y éteindre l’incendie? C’est sans doute là la question politique de la semaine. En tout cas, Joseph Kabila, tel un sapeur pompier, vient de maîtriser, en un temps record, le feu qui menaçait de consumer le labyrinthe AMP. Symétriquement, les parents du déjà ex-Clp ont juste eu le temps de présenter leur rejeton qu’ils devaient eux-mêmes l’immoler! Tel un météorite, le Clp n’a duré que le temps de l’éclair. Reste à savoir si, après avoir tué le CLP sur papier, ses géniteurs l’ont aussi évacué de leur tête. Pas si évident. Le caractère composite de l’AMP prédispose cette plate-forme à tout, sauf à une cohérence de vision sur le long terme. Heureusement, s’exclameraient ses partisans, la législature tend inexorablement vers sa fin. Moment indiqué pour une autoévaluation générale et pour le nécessaire réajustement des alliances en fonction davantage des affinités idéologiques que de simples combines arithmétiques. Car, la Majorité souffre fondamentalement de l’absence d’un fond idéologique commun. En 2006, des opportunistes de tous bords ont rejoint le Président Kabila, non sur base d’un contrat d’adhésion à une vision, mais pour se retrouver -ou se maintenir- dans les cabinets douillets du pouvoir. Qu’importe si Joseph Kabila soit d’obédience socialisante ou se réclame de la lignée lumumbiste.
Certes, à l’heure de la mondialisation, les idéologies font de plus en plus bon ménage avec le pragmatisme. En Grande-Bretagne, les Conservateurs et les Libéraux-démocrates ont trouvé un compromis de gouvernement. Jusqu’il y a peu, les chrétiens-démocrates ( droite) et les sociaux-démocrates (gauche) allemands ont géré la première puissance économique européenne. Un bémol tout de même à ces deux exemples. Dans les deux cas, il s’agit d’un accord où les partis de la coalition élaborent ensemble un programme de gouvernement auquel ils sont liés. Jamais, on ne verra le libéral-démocrate Clegg critiquer l’action de son propre cabinet!
On est là à mille lieues de la tragi-comédie qui se joue sous les tropiques où un ministre peut prendre, sans la moindre gêne, des libertés avec la sacro-sainte solidarité gouvernementale pour tirer contre son propre camp. Et ce, sans envisager de démissionner.
Tout le problème c’est que l’AMP, à l’instar de nombre de plate-formes zaïro-congolaises, est un agrégat de personnalités politiques que n’unit que la perspective d’exercice du pouvoir. Hier, par exemple, l’anti-mobutisme primaire ou feint avait fait office d’idéologie pour l’Union sacrée.
Moralité, le très éphémère CLP n’est qu’un succédané de tous ces regroupements qui naissent et périssent au gré des calculs politiciens de leurs auteurs. L’avènement des plates-formes à soubassement idéologique constituerait le début d’antidote à ce cirque politique. José NAWEJ


Parfum de rébellion et "motionnite"

Si ce n'est pas encore la chienlit dans le microcosme politique, ça y ressemble fortement. L'hémicycle devenant de plus en plus une espèce de Canossa pour les membres du gouvernement,-en ce compris le premier d'entr'eux. La tribune de la Chambre faisant de plus en plus penser à la guillotine. Le pourtant nécessaire contrôle parlementaire qui tourne de plus en plus à de la vendetta. Certains députés vont jusqu'à proférer des menaces...de motion aux ministres!
Ce n'est pas tout. La Majorité elle-même n'est plus ni un modèle de cohérence, ni un exemple de cohésion. Ici, on tire à hue et à dia. Il est loin le temps où la Majorité faisait bloc à la Chambre lors des grands enjeux. Il n'y a qu'à se rappeler le grand chelem remporté par la coalition Amp-Palu-Udemo à l'élection du premier bureau de l'Assemblée nationale. Rebelote pour l'avènement du bureau Boshab. Même chose à l'occasion de l'investiture de Gizenga. Idem pour l'intronisation de Muzito. Voilà que depuis la motion initiée par Jean Lucien Bussa, la Majorité n'est plus la majorité. Des liaisons- dangereuses?-s'établissent entre certains sociétaires de l'Amp et l'Opposition parlementaire. La faute sans doute au caractère extraordinairement hétéroclite de la principale composante de la coalition au pouvoir. La faute sans doute aussi à la politique du tube digestif qui tient encore lieu de boussole pour nombre d'acteurs zaïro-congolais.
Tout le problème, c'est que ce tohu-bohu mis ensemble avec la "motionnite" que se transmettent les députés à la vitesse grand V pourrait finir par obstruer la marche des affaires de l'Etat. Le pays s'installerait alors dans l'effervescence politicienne. Un véritable luxe pour un pays qui se trouve à la veille d'importantes échéances. Un vrai gâchis pour une démocratie encore embryonnaire, dépourvue d'une administration susceptible de tenir le pays. Un préjudice pour le chef de l'Etat dont la perspective de la reddition des comptes à l'échelle nationale approche.Patron de la majorité, Joseph Kabila risque bien de se voir contrarié par ce que le Général De Gaulle appelait "le régime des partis".
Certes, on n'est pas encore dans ce cas de figure. On s'en rapproche si rien n'est fait pour recréer l'unité dans les rangs de l'Amp. Issu d'une culture et d'une école où l'ordre est la base de tout, le Raïs pourrait faire le ménage à sa manière. Après tout, le Président peut bien recourir à la dissolution de la Chambre. Cet exercice serait tout aussi constitutionnel que les motions qui pleuvent sur les têtes des membres du gouvernement.
José NAWEJ


Amp, ce panier
à crabes!

(24/05/2010)

Près de vingt après, la sentence-fort peu flatteuse- du sénégalais Abdoulaye Wade sur la classe politique zaïroise semble n'avoir pas pris la moindre ride. Le scandale de la liste de signataires de la fameuse motion anti-Muzito n'a pas encore fini de discréditer l'opposition qu'une affaire aux allures d'une arnaque met sens dessus dessous la Majorité. Il s'agit de ce mot d'ordre imaginaire attribué au Raïs selon lequel il aurait avalisé la chute d'Adolphe Muzito via la motion de censure en gestation.
Juste une manœuvre pour certains bonzes de l'Amp d'accomplir enfin leur dessein : éjecter le locataire de l'avenue Roi Baudouin-siège de la Primature-et couper Joseph Kabila de son allié naturel qu'est le Palu. La mayonnaise n'a pas pris. Depuis samedi soir, ceux de députés de la majorité ayant mordu à l'hameçon, sont en train de se raviser. L'énième coup fourré de ceux qui ont du mal à ronger leurs freins sur le front d'ambitions personnelles a fait un flop.
Voilà qui remet sur le tapis la sempiternelle réputation passablement médiocre de la classe politique zaïro-congolaise. Comment comprendre que des élus de la Majorité fassent chorus avec ceux de l'Opposition pour censurer le gouvernement? En somme, leur cabinet. Au fond, cela reviendrait à dire que l'Amp-du moins les partisans de cette option-souscrirait au verdict archinégatif de l'Opposition parlementaire à l'encontre du Gouvernement et donc du Président Kabila! Cela s'appelle tirer dans son propre camp. Peut-on rêver un seul instant d'une motion de censure initiée par les Socialistes français être votée par les conservateurs et les libéraux (regroupés au sein de l'Ump) au pouvoir à Paris! Ce serait une première en parfaite contradiction avec et l'esprit et la logique même des fondamentaux du régime qui fonde la cinquième République. Puisqu'on n'a pas inventé la roue en la matière, notre Constitution est une version à peine tropicalisée de la Loi fondamentale française. Par conséquent, on ne voit pas au nom de quelle rationalité la majorité s'offrirait en holocauste sur le bûcher préparé par l'Opposition. C'est à cette auto-flagellation politique unique en son genre qu'un groupe de plénipotentiaires de l'Amp a voulu soumettre la Majorité.
Avec les élections de 2006, on avait toutes les raisons de croire que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis. Force est de constater que non. Difficilement solubles dans la normalité, nombre d'acteurs politiques reproduisent avec un rare talent toutes les tares qui nous ont valu les " compliments" de tous les médiateurs qui ont fait l'immersion dans notre agora politique.
Encore en gestation, la motion annoncée contre le cabinet Muzito provoque déjà dans la Majorité un numéro de cirque dont on pouvait rire en d'autres circonstances. Or, l'état du pays requiert tout, sauf des postures comiques. En plus, la Rdc négocie des échéances qui ne l'autorisent pas à s'installer complaisamment dans le "Théâtre bien de chez nous". José NAWEJ


Quel préjudice
pour Muzito !

(21/05/2010)

Qui a dit que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis ? D'aucuns pensaient qu'à la suite des élections de 2006, le Congo-Zaïre allait divorcer d'avec la fameuse exception congolaise.Que non.Le spectacle-au propre comme au figuré-dont nous gratifient les élus de l'Ituri est une espèce de preuve par l'absurde que le pays demeure l'espace de tous les anachronismes et autres anomalies. Voilà des parlementaires -et donc-des garants de la loi-menacer d'ériger leur district en province avec ou sans l'aval de Kinshasa!


Dérive à la Chambre!

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Les vérités de Mashako
(05/04/2010)

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Mémoire courte
(03/05/2010)

Les initiés aux arcanes politiques congolais l'ont déjà senti. Un coup fourré contre le Palu est en gestation. Les commanditaires de cette cabale se recrutent au sein même de la Majorité. Les prémices de ce complot contre le parti d'Antoine Gizenga se traduisent par une campagne de presse où tour à tour les détracteurs du Palu prêtent à ce dernier le dessein de créer une plate-forme concurrente en prévision des échéances électorales...Le double but de la manœuvre : affaiblir le principal parti lumumbiste et casser l'axe Palu-Joseph Kabila .Cette alliance qui empêche tous les opportunistes du camp présidentiel d'accéder à la Primature.
Certes, la politique est tout sauf un dîner de gala. C'est le domaine par excellence de coups bas. Ce ne sont ni le vétéran Gizenga ni son fidèle lieutenant Muzito qui l'ignorent. Eux qui ont été formé à la dure. Seulement, quand «l'anti paluisme» primaire se décline au détriment des intérêts et de la Majorité et surtout de son chef, c'est que dans le camp présidentiel on se bat déjà au couteau.
Tout le problème est de savoir à qui profiterait le découplage Palu-Kabila. En tout cas pas au Raïs. Encore moins au aux forces nationalistes. Zoom sur 2006.Lorsque Joseph Kabila et Antoine Gizenga signent leur deal pour le second tour, ce n'est pas seulement pour des raisons électoralistes. C'est aussi pour conjurer la fracture Est-Ouest qui était manifeste au terme du premier tour de l'élection présidentiel. Il était apparu que le Président Kabila avait été boudé par ses compatriotes de l'Ouest. D'où le dévolu jeté sur le Palu-avec ses réserves de voix dans le Bandundu et à Kinshasa. Question: combien les adversaires du Palu originaires de l'Ouest - qui étaient déjà avec le Président-avaient apporté en termes de voix? Pourquoi ils n'avaient pas pu faire élire le Président au premier tour ?
Qu'on aime ou pas le Palu, force est de constater que ce parti dispose des assises sociologiques qui manquent cruellement à nombre de formations bon chic bon genre de la Majorité. Et l'étrange accalmie sur le front de la rue kinoise s'explique en partie par le fait qu'un des partis pourvoyeurs des contestaires -ces fameux braillards kinois- est au pouvoir. Et on ne peut pas en même temps tirer profit de la base du Palu et reprocher à ce parti d'être sectaire. Qui ignore que le parti d'Antoine Gizenga compte le gros de ses adhérents et sympathisants dans le Bandundu et les bas quartiers de la capitale ? Y aurait-il un mal à ce que ceux qui ont le plus contribué à la victoire du Palu soient les premiers à être récompensés ? Simple logique arithmétique en démocratie. Simple bon sens et réalisme politique. Là aussi, qu'on exagère rien. Le Palu a confié des ministères aussi importants que les Mines ou encore le Budget à des ressortissants d'autres provinces que le Bandundu.
Offrir en holocauste la tête de Muzito et faire une opa sur la majorité serait ouvrir une brèche dans la quelle s'engouffreraient tous ceux qui parient sur l'affaiblissement du pouvoir actuel à l'Ouest et surtout à Kinshasa. Au profit de qui ? FDA


Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)

Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique.
José NAWEJ


Le «parti» de
Kamerhe ...

(28/04/2010)

Si Vital Kamerhe se fait rare dans les salons politiques kinois, son ombre n’en continue pas moins de planer sur la ville haute. Tout le week-end dernier, le microcosme politique congolais était traversé par des rumeurs sur la «sortie officielle» du parti kamerhiste. Ce parti politique annoncé de longue date mais dont l’archi élu de Bukavu n’a jamais ni confirmé ni infirmé non plus la gestation.
Alors, d’où vient que le cas Kamerhe demeure dans les esprits alors que l’intéressé n’est plus sous le coup des caméras et micros? Depuis son départ, mieux son éviction du perchoir, Vital Kamerhe est entré en hibernation. Quand il ne prend pas des cours du côté de Johannesburg, ce licencié en économie de l’Unikin prend ses quartiers dans ses fermes à la lisière de Kinshasa ou sur ses collines du Kivu. Possible qu’entre ces différents hobbies, Vital Kamerhe tisse sa toile d’araignée. Histoire de donner une suite à sa carrière. Une direction aussi? Laquelle? C’est tout l’intérêt des conjectures sur l’avenir politique de l’ancien speaker de la Chambre. Plus concrètement, Vital Kamerhe va-t-il rentrer dans les rangs kabilistes ou se frayer son chemin? C’est l’une des grandes questions de cette fin de quinquennat. Car, l’ancien feu follet du camp présidentiel n’est pas un politique ordinaire. Il y a en cet homme ce ressort qui fait qu’en politique certains acteurs sont plus égaux que d’autres.
Le problème n’est pas d’être pour ou contre Kamerhe. La question n’est pas d’aimer ou de détester l’ancien secrétaire général du PPRD. Il y a sans doute des raisons pour l’approuver comme pour le désapprouver. Seulement, quand on aura épuisé ces différentes postures s’imposera un fait, voire une évidence: Loin des lambris du pouvoir, l’étoile Kamerhe n’a pas été éclipsée. Sur la bourse politique, la valeur Kamerhe ne s’est pas dépréciée. De retour de Bukavu, un scientifique peu porté sur les joutes politiciennes zaïro-congolaises confie que dans la capitale historique du Kivu holding, Vital Kamerhe est loin d’être un has been. Bien au contraire. C’est tout dire.

José NAWEJ























































































































































































































































































Edition n°3622 du Mercredi 02 Juin 2010

A LA UNE
REMUE-MENAGE DANS LES REGIES FINANCIERES
Des têtes tombent à la DGI, DGRAD et DGDA (ex OFIDA)
*Propulsé à la tête de la DGI, Dieudonné Lokadi place son mandat sous le signe de la maximisation des recettes
*Pendant ce temps, Jean Elongo conserve son fauteuil à la DGRAD, et Déo Rugwiza à l'ex-OFIDA.

Un vent nouveau souffle dans les régies financières. A la Direction générale des Impôts (DGI), à la Direction générale des recettes administratives, domaniales et de participation (DGRAD), tout comme à la Direction générale des Douanes et accises (DGDA), des têtes sont tombées au terme de nouvelles mises en place opérées en début de semaine par le chef de l'Etat. Si les plus chançards n'ont pas été bousculés, leurs collaborateurs d'antan ont chuté de leur piédestal.
Fini l'intérim à la DGI. Le nouveau Directeur général des Impôts, Dieudonné Lokadi Moga, a pris officiellement ses fonctions hier mardi dans l'après-midi. Pour ses proches, l'euphorie était au comble lors de la traditionnelle cérémonie de remise et reprise. A l’affiche, le nouveau patron de l'administration fiscale a tenu à rassurer l'opinion : "Le temps est venu pour pouvoir relever les défis. Nous devons tous travailler pour la maximisation des recettes, ainsi que pour l'amélioration des services et du climat des affaires".
Se voulant optimiste et rassurant, ce désormais ancien directeur de cabinet adjoint du ministre des Finances place son mandat sous le signe de la maximisation des recettes. Et pour atteindre cet objectif, il tient à travailler avec le concours de tous les agents de la DGI pour mieux renflouer le trésor public. Il invite donc le personnel à apporter chacun sa pierre à l'édification de l'administration fiscale. Cet objectif noble ne pourra toutefois pas être atteint s'il n'y a pas un minimum de discipline, de respect de l'éthique et de la déontologie fiscale, et si le respect des autres n'est pas de mise, a souligné Dieudonné Lokadi.
En cette période où le ministre des Finances, Matata Ponyo, sous l'impulsion du Premier ministre, a jugé mieux de déclencher le Pacte de doublement des recettes, non pas en instaurant de nouvelles taxes, mais en redoublant d'efforts dans le recouvrement des taxes pour élargir l'assiette fiscale, le nouveau maître de la DGI juge le moment propice pour s'insurger contre le comportement malsain qui règne dans sa régie. "Il n'est donc pas normal que, sur 6.000 agents de la DGI, il n'y ait qu'un petit nombre seulement qui travaille", s'est indigné le nouveau Directeur général des Impôts. "Vous devez trouver des ressources nécessaires à mettre à la disposition du gouvernement", a aussitôt relayé le directeur de cabinet du ministre des Finances, tout en encourageant le n°1 de la DGI pour son mandat.
Saisissant la balle au bond, Dieudonné Lokadi a promis à ses agents qu'il va résoudre les différents problèmes en vue. Le nouveau patron de la DGI n'a pas manqué de remercier le chef de l'Etat Joseph Kabila pour la confiance qu'il a placée en lui en vue de maximiser les recettes, conformément au vœu du Gouvernement.
Pour sa part, le Directeur général a.i, Vincent Kabwe, nommé Directeur général adjoint chargé de réformes, s'est déclaré disposé à apporter son soutien à la nouvelle équipe de la DGI, chapeautée par Dieudonné Lokadi qu'il considère comme son frère. "Nous avons un idéal commun qui nous a toujours rapproché : celui de placer l'administration fiscale au même diapason que les autres administrations fiscales du monde ", a-t-il souligné.

Tsunami aussi à la DGRAD et à la DGDA
Comme à la DGI, à la DGRAD, les employés ont assisté à une autre cérémonie de remise et reprise. Si le titulaire Jean Elongo Ongona est maintenu à la tête de cette régie financière, ses deux adjoints ont cédé leurs fauteuils à Kasereka Pilipili et Freddy Emoni Nzila.
Même mouvement de dirigeants à la DGDA (ex-OFIDA) où le titulaire Déo Rugwiza est maintenu, tandis que son adjoint, Samuel Simene wa Simene, est remplacé par Mwepu, un autre enfant de la maison.
L'on croit savoir que ce réaménagement s'inscrit dans le souci du Chef de l'Etat et du Premier ministre de renforcer les capacités gestionnelles des régies nationales à réaliser le pari du doublement des recettes. Ce réaménagement intervient, en effet, au moment où les trois premiers mois de mise en exécutif du pacte de doublement des recettes ont donné des résultats globalement mitigés. En dehors de la DGRAD, en effet, les autres services d'assiette auraient brillé par certaines lourdeurs. Yves KALIKAT et Mathy MUSAU

ENJEUX DE L'HEURE
APRES DESISTEMENT DE RELCOF
Le Tribunal de Commerce de Lubumbashi invité à se déssaisir de l’affaire SPK et CF Congo

Bon nombre d’observateurs ne comprennent toujours pas pourquoi, après le désistement de l’Ong Relcof, on en voudrait encore à SPK (Stockage pétrolier du Katanga) et CF Congo (Congo Fret Congo) au point que les scellés ordonnés par le Tribunal de grande instance de Lubumbashi le 23 novembre 2009, sur base du jugement du Tribunal de commerce de Lubumbashi, continuent de l’être nonobstant le rappel au respect et l’application du droit exigé autrefois par le Procureur Général de la République Flory Kabange Numbi et le Procureur Général près la Cour d’Appel de Lubumbashi.

Pour leur part, les Conseils des parties défenderesses (SPK et CF Congo Sprl) dénoncent des «procès irréguliers sinon manipulés, car il y a actuellement plus de deux actions en justice contre lesdites sociétés et certains de leurs cadres- en violation du droit». Pourtant, indique-t-on, dans sa lettre du 21 décembre 2009 adressée au Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Lubumbashi, le Pgr Flory Kabange Numbi écrivait: «je vous enjoins de procéder sans délai à la levée des scellés apposés par vous sur les sociétés CF Congo et SPK suivant votre réquisition d’information N°3478/PR.030/.../021/SEC/2009 du 05 décembre 2009».
Se voulant plus précis, le Pgr indiquait: «II ressort de l’examen des pièces y annexées au regard du jugement RAC 280 du Tribunal de Commerce que les raisons qui ont motivé le scellé de la Société Stockage Pétrolier du Katanga ne sont nullement fondées ou tout au moins ont cessé d’exister, car cette Société n ‘a pas posé des actes juridiques en dehors de son objet social. Il en est de même pour la Société Congo Fret Congo qui ne s’est jamais muée en société de droit étranger. Aussi, je demande au Procureur de la République qui me lit en copie de prendre acte que la décision de fermeture devait cesser de produire ses effets conformément à l’article 31 in fine et au Président du Tribunal de Commerce de Lubumbashi d’en tirer toutes les conséquences de droit».
Réagissant à l’action menée contre SPK et CF Congo, certaines Ong basées à Lubumbashi, font remarquer certains observateurs, indiquent qu’il s’agit d’un «montage né de la peur et de la panique de certains pétroliers de la place».
Ce qui amène quelques interrogations dans les rangs des observateurs: «Les dernières citations contre des managers des sociétés scellées initiées par Relcof révéleraient-elles de sa stratégie d’empêcher la partie incriminée de se défendre sur le fond ? Faudrait-il liquider les deux sociétés sans débattre du fond qui semble lourd - à moins qu’il soit vide ?». Pendant ce temps, dans le camp de SPK et CF Congo Sprl, une seule conclusion: «on veut nous empêcher seulement de nous défendre dans ce dossier».
Les autorités interpellées
Après le désistement officiel de Relcof, la dénonciation de son avocat, l’arrivée en forcing de LICORAS, CDH et autres, soulignent les observateurs, devrat interpeller les ministres de Justice, de l’Economie et des hydrocarbures, ainsi que le directeur du cabinet du Chef de l’Etat pour les raisons suivantes : «Trafigura est un des seize fournisseurs officiels de carburant sous-douane en RDC qu’il faudrait traiter selon la même loi que les quinze autres fournisseurs parce que Trafigura est présente en RDC depuis plusieurs années et n’a jamais violé les lois de la République. SEP Congo, au Katanga, a reconnu devant certains enquêteurs sur ce dossier n’avoir jamais vu Trafigura fournir des produits pétroliers frelatés ou de mauvaise qualité comme l’a dit Kwebe. SPK et CF Congo sont deux SPRL régulièrement enregistrées au registre de commerce en RDC (Kinshasa) bien avant leur assignation en justice pour irrégularités. SPK construit encore ses infrastructures au Katanga et ne peut être accusée d’avoir fraudé les services de douane, CF Congo est dans la logistique et ne peut être accusée de pollution. Les scellés sont toujours maintenus chez SPK et CF Congo sur la volonté de certains juges de Lubumbashi malgré le fait que le plaignant Relcof s’est désisté et a retiré sa plainte».
«Le ministre de l’Economie est invité à se prononcer pour dire si SPK et CF Congo sont des SPRL régulières , le ministre des Hydrocarbures est appelé à dire si Trafîgura viole les lois du pays et si SPK vend des mauvais produits, le directeur du cabinet est invité à écrire au PGR pour que les scellés soient levés et la justice dite par les Tribunaux de Lubumbashi, le PGR Flory Kabange appelé à expliquer aux différents ministres qui étaient intervenus dans ce dossier ainsi qu’au Directeur du Cabinet du Chef de l’Etat que justice doit être dite et la loi appliquée objectivement, le Conseil Supérieur de la Magistrature et les Services Judiciaires devraient être saisis de la façon dont les juges du Tricom ont respecté ou violé la loi dans ce dossier», laisse-t-on entendre dans les milieux de SPK et CF Congo.
conséquences juridiques d’un désistement
Selon Me Been Masudi, avocat de Lubumbashi et ancien Directeur Exécutif du CDH, « de par son élymologie, le désistement est un abandon volontaire d’un droit, d’un avantage ou d’une prétention. Ainsi, le désistement d’action est l’acte par lequel le demandeur principal ou le défendeur qui a formé une demande en justice, déclare abandonner ses prétentions à l’encontre de son adversaire.
Le désistement d’action se distingue du désistement d’instance en ce qu’il emporte renonciation à l’action et qu’une nouvelle demande est désormais irrecevable. Cependant, dans ce dernier cas, le demandeur est censé abandonner sa demande principale ou incidente ou même un recours (désistement de l’appel ou de l’opposition) et qui éteint l’instance considérée mais non, en général, l’action (le désistement d’appel emportant acquiescement au jugement)».
S’agissant du cas sous examen, tranchent les observateurs, qui concerne la demanderesse RELCOF qui est une ONG qui, par sa lettre du 14 mai 2010 adressée au président du Tribunal de commerce avec ampliation tant aux autorités judiciaires de la Cour d’Appel et du Tribunal de grande instance de Lubumbashi, qu’à celles de Kinshasa, jusqu’à la présidence de la République, s’est désisté de son action. «Les conséquences de droit à tirer, conclut-on, sont les suivantes : le Tricom est appelé à se dessaisir de la demande, du fait que la lettre de désistement de Relcof se trouve dans le dossier et qui constitue le contrat entre parties. Si les défenderesses trouvaient à redire, elles peuvent demander réparation des préjudices subis mais du moment où elles n’ont pas opiné et n’ont rien demandé au juge par rapport aux préjudices subis, le juge est dessaisi. Faire le contraire en recherchant d’autres parties pour remplacer Relcof constitue tout simplement un acharnement des juges qui cherchent à atteindre des intérêts privés qui n’ont rien à avoir avec la justice», conclut-on dans les milieux de SPK. FDA

Sécurité dans les Kivu, au Maniema et a la Province Orientale
Mwando Nsimba ce matin face aux Sénateurs

Le ministre de la Défense et des anciens combattants, Charles Mwando Nsimba, sera la vedette de la plénière de ce mercredi au Sénat. Il répondra aux préoccupations du Sénateur Jacques Djoli, formulées sous-forme de question orale avec débat sur la problématique de la paix dans les provinces de l'Est et du Nord-est du pays. Charles Mwando Nsimba devra éclairer la lanterne des Sénateurs sur la question sécuritaire dans ces parties du territoire congolais.
La paix en RD Congo, principalement dans les territoires de l'Est et du Nord-est du pays, préoccupe le Sénateur Jacques Djoli du Mlc. Pour en savoir plus, il a formulé une question orale avec débat, adressée au ministre de la Défense et des anciens combattants, Charles Mwando Nsimba. Le rendez-vous est pris pour ce mercredi à 10 heures, dans la salle des Conférences internationales de la Chambre haute du Parlement.
Professeur de droit à l'Université de Kinshasa (UNIKIN), Jacques Djoli part d'un constat simple : " Malgré l'instauration de la démocratie en RD Congo, le retour d'une paix véritable dans les anciennes zones de conflit pose problème. Les entités concernées sont particulièrement les provinces du Nord et Sud-Kivu, du Maniema et de la Province Orientale".
Le sénateur auteur de la question orale de ce matin s'appuie sur l'exposé des motifs de la Constitution promulguée le 18 février 2006 qui stipule que " depuis son indépendance, le 30 juin 1960, la République démocratique du Congo est confrontée à des crises politiques dont l'une des causes fondamentales est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs ".
Sans tomber dans le piège de l'inférence immédiate, le Sénateur Jacques Djoli pense que le processus de démocratisation de la RD Congo devrait fatalement sanctionner le retour de la paix. Les 18 et 19 décembre 2005, les Congolais ont dit "Oui " à un projet de Constitution soumis à leur approbation. Le 18 février 2006, le Président Joseph Kabila, promulgua la Constitution. Le 31 juillet 2006, les Congolais ont participé aux élections générales, avant de se préparer pour le second tour de l'élection présidentielle le 29 octobre 2006. Le 15 novembre de la même année, les résultats du vote sont publiés. Joseph Kabila est élu Président de la République. Le 06 décembre, le tout premier chef de l'Etat de la IIIème République est investi dans ses nouvelles fonctions. Toujours au cours du même mois de décembre 2006, l'Assemblée nationale fut installée, avant la formation d'un gouvernement de coalition en février 2007, l'installation du Sénat ayant eu lieu en 2008.
Pour le Sénateur Jacques Djoli, ces différentes étapes du processus de démocratisation du pays avaient constitué des atouts indispensables. Aussi serait-il tenté de croire que l'Etat congolais avait, désormais, les ressources politiques nécessaires qui lui permettraient d'asseoir la paix et la sécurité à travers le pays". Autrement dit, le prétexte d'illégitimité du pouvoir en RD Congo ayant été balayé par le vote de nouveaux dirigeants du pays, le retour d'une paix véritable et durable en RD Congo ne devrait plus être soumis à des conditionnalités.

LES SEPT QUESTIONS QUI ATTENDENT MWANDO NSIMBA
La question orale avec débat de Jacques Djoli à Charles Mwando Nsimba comporte sept questions. Le ministre de la Défense et des anciens combattants devra donc dire aux sénateurs, l'état actuel de la situation sécuritaire générale de la RD Congo. Ensuite, il devra présenter à la plénière, l'évolution particulière de la situation dans le Nord-Kivu où les forces centrifuges rwandaises, mieux connues sous le nom des Fdlr, et autres groupes armés nationaux continuent d'opérer. " Après les opérations Kimia I et II, Umoja wetu, quel est le bilan de l'Opération Amani Leo ", se demande encore ce député de l'opposition.
Par ailleurs, les Sénateurs attendent leur invité de pied ferme pour obtenir de lui de plus amples explications sur les pillages que perpètrent à Walikale, aussi bien les Maï-Maï en " divagation " (Ndlr : le terme est de l'auteur de la question) que les Fdlr.
" Comment, le ministre Charles Mwando Nsimba explique-t-il la persistance de ces groupes armés nationaux et étrangers, surtout dans les zones minières ? Le ministre peut-il nous rassurer que tous les éléments militaires et administratifs du CNDP et autres groupes armés signataires des accords de paix de Goma sont intégrés ?" Voilà, une autre préoccupation de ce membre de la chambre haute du Parlement.
S'agissant du Sud-Kivu, les sénateurs attendent d'être édifiés sur la situation exacte dans les hauts plateaux, à Mwenga et à Fizi où 70 personnes se trouvant à bord d'un véhicule au départ de Shabunda pour Bukavu, avaient été attaquées le 27 mars 2010 au niveau de la rivière " Mayi Mingi " et où les Fdlr les avaient dépouillées de tous leurs biens, avant de prendre certaines de leurs victimes en otage. S'appuyant sur ces faits encore frais dans la mémoire des populations de ce coin du pays, le sénateur Jacques Djoli se demande si on se trouve dans un schéma de violences résiduelles ou plutôt en face d'une mutation tactique des Fdlr qui opèrent essentiellement par embuscades et par nécessité, toujours avec une forte violence au lieu et au moment de leur choix.
A tous égards, une question orale avec ou sans débat, tout comme une question écrite font partie des mécanismes de contrôle de l'Exécutif, par un membre du Parlement. A part les fonctions législative et de contrôle, une question orale ou écrite s'inscrivent dans la logique de la recherche d'information parlementaire. Laurel KANKOLE

ENJEUX DE L'HEURE
Barème de Mbudi : JB Ntahwa invite les syndicalistes au réalisme
Le ministre du Budget, Jean Baptiste Ntahwa, Kuderwa s’est entretenu, hier à son cabinet, avec les délégués syndicaux de l'Union des Syndicats des ministères des Finances et du Budget (USYFIBU) autour des revendications des agents de ces deux ministères au sujet de l'application du barème de Mbudi pour laquelle ils menacent de déclencher une grève. Conscient de la légitimité des réclamations des agents, le ministre du Budget a, cependant, recommandé à ses interlocuteurs de faire des revendications réalistes, c'est-à-dire dans les limites du raisonnable, cela dans le souci de ne pas poser certains actes contraires à la loi budgétaire en vigueur.
Au cours de cette rencontre à laquelle ont également pris part le vice-ministre du Budget, André Shikaya, et le Secrétaire général au Budget, Odon Nsampanga, les sept revendications contenues dans le cahier des charges harmonisé des syndicalistes ont été passé au peigne fin et JB Ntahwa a apporté des réponses appropriées aux problèmes administratifs qui ont été posés.
A propos de l'implication des délégués des syndicats du Budget et des Finances dans les travaux de la commission en charge de l'examen des recours introduits par les retraités, il a promis d'en saisir son collègue de la Fonction publique pour une solution satisfaisante. Ntahwa a également salué l'actualisation des cadres organiques et des attributions des directions.
Au sujet de la requête relative à la formation des agents et cadres de l'administration, Jean Baptiste Ntahwa a exprimé son souhait que cela se déroule dans l’ordre, en tenant compte des réformes en cours et des besoins de l'administration. Toujours dans ses réponses aux doléances des agents, il a promis des solutions aux problèmes liés à la santé, au transport, aux primes spécifiques et même aux dossiers en souffrance qui, a-t-il souligné, devront être planifiées. Pour lui, en effet, tout se fera progressivement en tenant compte de certaines exigences quant à la stabilité macroéconomique.
Sur ce dernier point, le ministre du Budget a insisté sur la prudence et l'équilibrisme dont doit faire montre tout syndicaliste du secteur des Finances ou du Budget. Celui-ci, a-t-il relevé, est avant tout un expert en finances publiques capable de bien calibrer ses attentes et revendications afin d'éviter de faire des réclamations allant au-delà du cadre des prévisions budgétaires en exécution.
Il a, par ailleurs, demandé à ses interlocuteurs de constituer une coordination de leurs syndicats respectifs afin d'avoir un interlocuteur responsable avec qui traiter, plutôt que de le faire en ordre dispersé. De la sorte, a-t-il conclu, l'unité, l'ordre et l'efficacité du banc syndical seront observés. On signale, enfin, que la rencontre entre le ministre du Budget, un fils maison, et les syndicalistes s'est déroulée dans un climat de parfaite collaboration et d'entente.
Jonas Eugène KOTA

JUSTICE
CPI : La Conférence de révision dessinera le futur de la justice pénale internationale
Il se tient, depuis lundi 31 mai à Kampala, une conférence internationale sur la révisitation du Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale (CPI). En prévision de ce forum, le juge Sang-Hyun Song, Président de la CPI, a rendu public la réflexion ci-dessous dans laquelle il dégage les enjeux de la Conférence de la capitale ougandaise.
En 1998, alors que s'achevait un siècle assombri par des atrocités sans nom, les représentants de 160 États se sont réunis à Rome pour créer la première cour internationale permanente chargée de juger les auteurs de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Les sceptiques prédisaient un échec. Pourtant, en juillet 2002, 60 États avaient ratifié le Statut de Rome, et la Cour pénale internationale, la CPI, entrait en activité. À la fin de ce mois, les représentants des États se réuniront de nouveau, cette fois à Kampala en Ouganda. Ils feront le bilan d'un système qui constitue l'une des avancées majeures du droit international. Et surtout, ils débattront de la manière de tirer parti des résultats obtenus par la CPI en vue de traduire effectivement les auteurs d'atrocités en justice, et, grâce à cette justice, d'instaurer une paix durable.
Plus de la moitié des États du monde ont rapidement adhéré au Statut de Rome, notamment tous les pays d'Amérique du Sud, les États membres de l'Union européenne et 30 pays africains, lesquels constituent désormais le bloc régional le plus important parmi les États parties. La ratification récente du Statut par le Bangladesh a porté leur nombre à 111. L'accroissement du nombre d'États parties a étendu la compétence de la CPI qui, sauf intervention du Conseil de sécurité de l'ONU, ne peut connaître que de crimes commis sur le territoire ou par un ressortissant d'un État partie.
La Cour est actuellement saisie de cinq situations : en République démocratique du Congo, dans le nord de l'Ouganda, en République centrafricaine, dans la région du Darfour au Soudan, et au Kenya. Les trois premières situations lui ont été déférées par les gouvernements des États en question, et la situation au Darfour l'a été par le Conseil de sécurité de l'ONU. Le Procureur de la Cour a demandé l'autorisation d'enquêter sur la situation au Kenya, et un collège de juges a récemment fait droit à cette demande. Deux procès sont en cours, et un troisième doit s'ouvrir en juillet prochain. Bien que les procès n'aient débuté qu'en 2009, certains observateurs indépendants, au nombre desquels l'ONU, sont d'avis que la menace de poursuites devant la CPI a peut être déjà permis d'éviter la perpétration de crimes. Même si, de toute évidence, cela est difficile à prouver, un tel résultat serait déjà un succès. Mais il faut aller plus loin.
À Kampala, les diplomates débattront des modifications qui pourraient être apportées au Statut de Rome, notamment sur des points tels que le crime d'agression. La Cour ne prend pas position sur ces questions, mais elle participe à un effort majeur, la réalisation du bilan qui permettra de définir l'avenir de la justice internationale pénale dans des domaines clés.
En vertu du Statut de Rome, c'est aux États qu'il incombe au premier chef de mener des enquêtes et des poursuites visant les auteurs d'atrocités. La compétence de la Cour ne s'exerce que lorsque les États n'ont pas la volonté ou sont dans l'incapacité le faire, car elle est une juridiction de dernier recours. Davantage d'efforts sont indispensables pour aider les juridictions nationales à renforcer leurs capacités, afin que la promesse de justice soit plus concrète et que l'intervention de la CPI ne soit plus nécessaire.
La Cour ne dispose ni d'une police, ni d'une armée, et s'appuie entièrement sur la coopération des États pour l'exécution des mandats d'arrêt qu'elle délivre et des décisions qu'elle rend. Si elle a généralement bénéficié de la coopération attendue, des progrès dans ce domaine permettraient toutefois d'améliorer l'efficacité judiciaire. À Kampala, les États pourront définir leurs objectifs en matière de coopération et d'assistance, puis déterminer les actions à entreprendre pour les réaliser.
La Conférence de révision offre l'occasion aux victimes et aux communautés touchées de faire entendre leur voix, notamment sur ces questions. L'amélioration de l'assistance que le système mis en place par le Statut de Rome, dans son ensemble, apporte à ces populations est l'un des aspects du bilan qui sera réalisé. Les États pourront s'engager à apporter de nouvelles contributions au Fonds au profit des victimes, lequel est chargé d'administrer des projets qui profitent aux victimes et à leurs communautés en utilisant les fonds constitués par les dons et les réparations ordonnées. La Cour doit également relever le défi de faire comprendre son action aux communautés touchées - démarche impérative si la justice doit contribuer à la réconciliation et à la prévention du crime. À Kampala, les États pourront s'engager à entreprendre ou à soutenir de nouveaux efforts dans ce sens.
J'envisage la conférence de Kampala avec un sentiment d'optimisme. Dans cette perspective, les États ont mis en place un système d'engagement. Ils ont la possibilité de prendre des engagements concrets et ambitieux concernant chacun des aspects du bilan, et, une fois la conférence terminée, de se mettre en devoir de les réaliser. En s'appuyant sur le système de justice mis en place à Rome, les États peuvent faire un autre pas décisif pour garantir la primauté du droit lorsque sont commis les crimes les plus horribles. S'ils y parviennent, ils feront naître l'espoir que ce siècle soit beaucoup plus pacifique que le précédent.
Judge Sang-Hyun SONG Président de la Cour pénale internationale

INFOS INFOS
A l'issue de la formation de la 1ère compagnie de la Force de réaction rapide
Charles Mwando Nsimba invite les FARDC à la cohésion
La formation de la première compagnie de la Force de réaction rapide des FARDC, organisée à la base militaire de Kamina-Baka, dans la province du Katanga, a pris fin le week-end dernier. La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Charles Mwando Nsimba. Cette formation s'est basée entre autres sur la tactique, le maniement des armes lourdes et légères, le combat avec ou sans armes et la simulation de combat.
Le n°1 de la Défense nationale, le vice-gouverneur du Katanga Yav Tshibal et le chef d'Etat-major de la force terrestre, le Général-major Gabriel Amisi Kumba, ont pu admirer des démonstrations au champ de tirs de Kalunga, à 1 km de Kamina, d'armes lourdes et légères. Cet exercice a permis aux différentes personnalités de mettre en exergue la vision du Chef de l'Etat, Commandant suprême des FARDC, sur une armée réellement nationale et républicaines, sans couleur, dans laquelles les Congolais sont réunis sous la même bannière.
A cette occasion, Charles Mwando Nsimba a invité les éléments des FARDC à la cohésion et à l'unité afin de mieux assurer la sécurité des frontières nationales, des personnes et de leurs biens. Il n'a pas manqué de saluer les instructeurs chinois et congolais pour le travail de grande envergure abattu au regard des résultats obtenus à l'issue de la formation.

Sévère mise en garde aux auteurs
des racontars
Tous les auteurs des racontars, colportages et rumeurs de tout genre tendant à décourager les bonnes volontés n'ont pas de place au sein des FARDC. Cette mise en garde a été faite par le ministre de la défense aux éléments des FARDC au cours d'une causerie morale à la parade organisés à Baka.
Le ministre a mis l'accent sur l'observance de la discipline, élément indispensable au bon fonctionnement de l'armée. Mwando Nsimba fait savoir que la " tolérance zéro ", telle que prônée par le Président de la République, demeure plus qu'effective au sein des FARDC.
Parlant de détournement, le ministre de la Défense l'a qualifié de sabotage destiné à créer des mécontents parmi les éléments de l'armée. Au moment où la RDC s'apprête à fêter le cinquantenaire de son indépendance, le ministre a insisté sur le fait que la sérénité et la sécurité doivent constituer le leitmotiv de tous les militaires qui ont juré de servir leur pays sous le drapeau national. Dina BUHAKE

Située sur l'avenue Kabasele ex- Flambeau
La cité " Gamma " de l'Onatra privée d'eau depuis quatre jours
La cité " Gamma " de l'Office National des Transports (Onatra) située sur l'avenue Kabasele dans la commune de Barumbu, est une concession où sont érigés des buildings abritant des cadres de cet office, ainsi que leurs membres de famille. Cependant, depuis le vendredi 28 mai dernier, les agents de la Régie de distribution d'eau (Régideso) ont fait une descente sur le lieu et sont repartis avec le compteur central. Ce qui a entraîné jusqu'à ce jour une cessation d'écoulement d'eau dans tous les robinets du camp, laissant sans eau 116 appartements, avec plus de 700 personnes.
Il suffit de faire un tour dans l'enceinte de cette cité pour s'apercevoir, dès le petit matin, de la manière dont filles et garçons et même certaines mamans sillonnent les rues environnantes à la recherche de l'eau, devenue pour eux une denrée rare. Cette coupure est la conséquence d'une créance colossale que l'Onatra doit à la Régideso, suite à une accumulation des factures non honorées depuis plusieurs mois. Cette dette s'élève à plus de 63.000.000fc, confie une source digne de foi.
Chico, un habitant du quartier, implore les dirigeants de l'Onatra à faire diligence car, " le fait pour les enfants de traverser la chaussée jour et nuit, avec de seaux ou bidons d'eau à la main, risque encore d'occasionner d'autres accidents sur cette voie où plusieurs personnes ont déjà été renversées par les véhicules".
Par ailleurs, un cadre de l'Onatra a confié que 14.000.000fc ont été avancés depuis hier. "Peut-être qu’aujourd'hui la situation peut revenir à la normale ", a-t-il déclaré. Rocco NKANGA

PNC: 70 policiers et civils en formation sur l'inspection et l'audit
70 policiers et civils suivent, depuis le 31 mai 2010, une formation au terme de laquelle ils seront certifiés comme inspecteurs et auditeurs de l'Inspection générale d'audit (IGA) de la Police nationale congolaise. Cette formation, qui doit durer sept semaines, est organisée à l'Ecole de formation de la police judiciaire (EFOPJ) par la mission de police de l'Union Européenne en RDC (EUPOL RD Congo), avec la collaboration de la police de la MONUC (UNPOL). Les formateurs proviennent de la PNC, du Comité de Suivi de la Réforme de la Police (CSRP), de la mission EUPOL RD Congo, de la société civile congolaise et de la police de la MONUC (UNPOL).
La formation comporte 29 modules portant sur les différents domaines théoriques et les outils techniques que les apprenants doivent maitriser afin de bien exercer leurs fonctions. Les matières couvrent aussi la déontologie policière, les libertés et garanties individuelles, les investigations criminelles, la procédure disciplinaire, la procédure pénale, les contrôles administratifs, les techniques de rédaction des procès verbaux et des rapports, les techniques d'audit et les enquêtes.
Les 70 policiers et civils ont été sélectionnés sur base des candidatures déposées auprès l'IGA. La sélection s'est faite au terme d'un test d'évaluation des aptitudes et connaissances de base de chaque candidat en matière de droit et du fonctionnement de la police. Ce processus a été validé par un comité de sélection composé de représentants de l'IGA, du Ministère de l'Intérieur et Sécurité, de l'Inspection Générale de la PNC, ainsi que des experts des missions EUPOL et UNPOL, indique un communiqué de presse de l'Eupol RDC.
Créée par ordonnance présidentielle en 2007, l'Inspection Générale d'Audit s'inscrit dans le cadre du processus de réforme, restructuration et modernisation de la PNC. Elle a pour double mission de lutter contre les abus des policiers dans l'exercice de leurs fonctions et de veiller à l'application stricte des textes législatifs et réglementaires ainsi que des directives et dispositions relatives au bon fonctionnement de la PNC. JEK

*La MONUC devient MONUSCO à partir du 1er juillet 2010
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a changé, dans sa résolution 1925 adoptée à l'unanimité vendredi, la dénomination de la Mission de l'ONU au Congo (MONUC) qui devient, à partir du 1er juillet 2010, Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDCongo (MONUSCO).
Cette nouvelle mission se chargera essentiellement de la protection des populations civiles. Le mandat actuel de la MONUC qui expire lundi 31 mai, est reconduit jusqu'au 30 juin 2011. Le Conseil de sécurité remet ainsi à plus tard le retrait éventuel de cette force, tel que souhaité par Kinshasa. Le Conseil de sécurité a néanmoins réduit de 20 % les effectifs militaires de la MONUC. RO/FDA

Election 2011 : L'enrôlement des réfugiés congolais, une véritable épine pour la CEI
Les opérations de révision du fichier électoral devant débuter au mois de juillet prochain risquent de connaître un blocage dans la partie orientale du pays. En fait, la situation des réfugiés devient une véritable épine pour la Commission électorale indépendante, du moins dans les provinces de la partie est du pays. Cela pour la simple raison qu'ils ne disposent d'aucun document reconnu par la loi électorale. Voilà pourquoi, la CEI provinciale du Nord-Kivu demande au bureau national de cette institution électorale de trouver des mécanismes devant aider à l'enrôlement des réfugiés qui rentrent du Rwanda et de l'Ouganda.
Cette situation pourrait être source de conflits, si aucune solution n'est trouvée avant le début des opérations, selon les responsables provinciaux de la CEI.Les réfugiés congolais vivant dans des camps au Rwanda et en Ouganda ont commencé, depuis quelques mois, à rentrer au Congo sans pièces d'identité.
A ce sujet, la coordonnatrice du bureau de la représentation provinciale de la CEI au Nord Kivu, Marie Shematshi, est très claire et précise : "Actuellement, il y a des gens qui rentrent à partir du Rwanda et même de l'Ouganda sans l'autorisation du HCR. C'est-à-dire que ces gens là n'ont pas de documents qui les identifient comme des Congolais.
Lors de la révision du fichier électoral, nous risquons d'avoir des problèmes avec de telles personnes qui n'auront pas de carte et qui risquent de ne pas avoir les cinq témoins tel qu'exigé par la loi parce qu'ils viennent de rentrer il n'y a pas longtemps. Nous ne voudrions pas que ce soit une source de conflit." Les opérations de révision du fichier électoral doivent débuter en juillet au Nord-Kivu. En attendant, la CEI poursuit sa campagne de sensibilisation auprès de la population locale.
Dorian KISIMBA

La Caritas évalue ses 50 ans au service des populations congolaises
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) organise, depuis dimanche 30 mai dernier, le troisième forum national d'évaluation des services rendus aux populations par la Caritas Congo-développement ces 50 dernières années. L'objectif de ces travaux est de consolider le travail de cette organisation caritative en rapport avec sa mission. Les participants venus de tous les coins de la République et de l'étranger doivent aussi évaluer la contribution de l'ensemble du réseau national de la Caritas et des partenaires du Nord au développement socioéconomique de la RD Congo durant ses 50 ans d'indépendance. Un suivi des résolutions et recommandations du précédent forum sera également effectué.
Au terme de ces travaux, les participants doivent adopter les nouveaux statuts de la CDC et les documents sur le partenariat, la mobilisation des ressources et de fonds de solidarité. Ils devront aussi adopter le plan de sa gestion et de sa gouvernance à présenter à l'épiscopat pour les 10 années à venir.
L'épiscopat congolais a programmé de fêter, pendant un mois, soit jusqu'au 30 juin prochain, les 50 ans de l'indépendance congolaise à partir de ce forum. C'est ce qui justifie le thème arrêté qui est " Caritas-développement Congo et ses partenaires, 50 ans durant au service des populations congolaises : bilan et perspectives." JEK
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Retombées de la réunion de Kampala
La CIPGL interpellée pour stopper l'insécurité dans la sous-région
Le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda, a représenté dernièrement la RDC à la réunion du Comité interministériel régional de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), tenue en Ouganda.
Au cours de cette rencontre, la RDC, le Rwanda et la RCA ont souhaité que la CIRGL conjugue des efforts pour neutraliser tous les groupes armés considérés comme des forces négatives. Il ressort de ces assises que la RDC abritera en novembre prochain, un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la CIRGL sur l'exploitation illégale des ressources naturelles dans la région des Grands lacs.
Au cours de cette réunion, Raymond Tshibanda a rassuré que la situation sécuritaire dans tous les pays membres s'améliore au jour le jour. Il a profité de cette occasion pour inviter les pays concernés à agir d'un commun accord, en vue d'éradiquer ces différentes sources d'insécurité.
A en croire le ministre congolais de la Coopération internationale et régionale, son pays poursuit inlassablement son programme de neutralisation des FDLR et la mise en œuvre de l'opération Amani Léo. Il a également accepté la proposition faite par son collègue centrafricain favorable à la tenue d'une réunion spéciale dans le but de trouver des solutions concertées concernant le problème des rebelles ougandais (LRA).
Raymond Tshibanda a aussi invité à une grande fermeté contre tous ceux qui incitent ces groupes armés à poursuivre leurs opérations de terrorisme. Il a, en outre, demandé à ses pairs de s'occuper davantage de l'exploitation illégale des ressources naturelles dans la sous-région, au même titre que la vente et la circulation des armes de petit calibre.
Au sujet des forces négatives, il est à souligner la décision des ministres d'intensifier les efforts diplomatiques et veiller à ce que la menace des forces négatives soit méthodiquement annihilée.
Au terme des travaux de l'Ouganda, les participants ont recommandé la mise en œuvre prioritaire de sept projets intégrateurs dans les domaines de la sécurité et du développement transfrontalier dans la zone 10 composée du Rwanda, du Burundi et de la RDC. Parmi ces projets, l'on note la construction des marchés dans les villes frontalières à savoir, Gisenyi, Goma, Cyangugu, Bukavu, Bugarama, Kamanyola et Kiringye, ainsi que le renforcement des coopératives. Il faut également signaler la modernisation des postes frontaliers, la reconstruction du pont Ruzizi entre la commune de Buganda au Burundi et la ville Sange en RDC. Cela, sans oublier la modernisation des ports de Bujumbura et de Kalundu à Uvira, la construction d'un pont sur la rivière Akagera reliant le Burundi et le Rwanda et la mise en valeur des bassins versants et des marais dans les trois pays. Simard Simon TSOUMBOU

ECHOS D'OUTRE-TOMBE
Mungul Diaka : «Comment peut-on fêter le 30 juin sans penser à moi?»
Bernardin Mungul Diaka. Voilà un nom que les Congolais n’oublieront pas de sitôt. Plus connu comme un des gouverneurs de la ville de Kinshasa sous la transition mobutienne, «Ya Mungul» fut aussi Premier ministre vers fin 1991 et un des politiciens congolais ayant débuté leur parcours en 1960. Au moment où la RDC s’apprête à fêter le cinquantenaire de son indépendance, il ne comprend pas que l’on ne fasse nullement allusion à lui qui passait, sous le régime Mobutu, pour l’homme des situations difficiles. Il s’en plaint au cours de l’interview qu’il nous a accordée et exige même réparation.


Ya Mungul, le 30 juin prochain, la RDC fêtera le cinquantenaire de son indépendance. Quelles sont vos impressions à ce sujet?
Je ne peux pas vous cacher que je suis révolté pour tout ce qu’on me dit à ce sujet. Comment peut-on fêter le 30 juin sans penser à moi? J’ai été de tous les combats depuis 1960 jusqu’à ma mort. En 1960, j’étais directeur de cabinet du Premier ministre Patrice Lumumba au niveau du ministère de la Défense parce qu’il était en même temps ministre de la Défense. Et lorsqu’il choisit de fuir vers le Bandundu, c’est moi qui étais au volant de sa voiture. Et je ris sous cape quand je vois des gens sans aucune conviction idéologique se réclamer de Lumumba qu’ils n’ont pas connu et dont ils ne maîtrisent pas non plus la pensée. Après cette époque, j’ai aussi connu la deuxième République où je me suis également signalé dans les rangs de ceux qui combattaient le régime de l’intérieur avant d’aller en exil et regagner le pays plus tard. La transition mobutienne m’a trouvé toujours au front politique et j’ai eu à exercer plusieurs fonctions politiques dans ma carrière: Premier ministre, ministre d’Etat, ministre, gouverneur de la ville de Kinshasa ... D’ailleurs, ne fût-ce que pour Kinshasa, on ne peut pas fêter le 30 juin sans penser à moi parce que je demeure jusqu’à ce jour le gouverneur qui a le plus marqué la capitale congolaise et les Kinois.

Vous aviez connu Lumumba, mais vous l’aviez tout de même trahi en devenant mobutiste jusqu’à votre mort !
Non, il ne faut pas entretenir la confusion. J’étais un expert en matière politique et on recourait généralement à moi lorsque la situation était difficile. Et c’est à ce titre que Lumumba avait fait appel à moi lorsqu’il avait pris le pouvoir. Si Lumumba n’avait pas un faible pour la femme, il aurait traversé la rivière pour se réfugier au Congo-Brazzaville pour poursuivre le combat afin de chasser Mobutu du pouvoir. Car, en le faisant fuir, nous avions pris de gros risques et il avait tout sacrifié simplement parce que les militaires avaient arrêté sa femme alors qu’il était à la tête d’un grand mouvement. Et quand vous me qualifiez de mobutiste, c’est une mauvaise lecture de l’histoire. Mobutu faisait appel à moi chaque fois que la situation était difficile. Je ne vous donne qu’un seul exemple. Lorsqu’il y avait crise politique en 1991 et que le dialogue était rompu entre le camp du pouvoir dirigé par Mobutu et celui de l’opposition avec à sa tête Tshisekedi, tout opposant que j’étais, j’ai dû accepter, malgré moi, de prendre le poste de Premier ministre pour sauver le pays, surtout qu’il y avait des milices de Mobutu appelées «Hiboux» qui intimidaient les Kinois. Pour jouer ce rôle, il fallait être Mungul Diaka, croyez-moi. Et dès que j’ai pris le pouvoir, il y a eu un dégel sur le terrain politique et les fameux hiboux ont disparu d’eux-mêmes sans laisser de trace. Bien plus, j’ai relancé la conférence nationale souveraine pour que les uns et les autres marquent une pause et fassent le bilan de la marche du pays depuis 1960. Et lorsque Tshisekedi, Premier ministre, était en conflit avec Mobutu, c’est encore moi qui fus chargé de protéger les Kinois en tant que gouverneur de la ville.

Vous étiez proche de Lumumba, mais on ne l’a pas du tout senti à l’avènement de l’AFDL en 1997 !
Vous savez, sur ce plan, il y a à boire et à manger. Si Laurent-Désiré Kabila avait de bonnes idées, il était par contre mal entouré. C’est pourquoi, j’avais prévenu les Congolais en disant «to changer kaka chauffeur, motuka yango kaka». Et la suite m’a finalement donné raison. Puisque Kabila avait lui-même reconnu qu’il était à la tête d’un vrai conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes. Et ce monde ne pouvait pas accepter que l’homme des situations difficiles se retrouve dans l’équipe au risque d’éveiller l’attention de Laurent-Désiré Kabila. Pourtant, s’il avait une très bonne équipe, la RDC aurait réalisé beaucoup de progrès. Pour avoir été proche de Lumumba, j’avais tiré beaucoup de leçons à travers le combat politique et j’ai finalement compris qu’il faut s’installer dans la durée pour bien transmettre sa pensée tout en sachant gagner du temps là où certains cherchent à vous ôter la vie. Moi à côté de Laurent-Désiré Kabila, je lui aurais appris à rester en vie plutôt que de sacrifier sa vie aussi facilement comme s’il n’avait tiré aucune leçon de la mort de Lumumba. C’est cela le problème.

L’actualité demeure aussi marquée par l’initiative d’Olivier Kamitatu, Mbusa Nyamuisi, José Endundo et Bahati au sein de l’AMP, qu’en pensez-vous?
C’est cela la race des combinards que Kabila père dénonçait. Comment pouvez-vous faire partie d’une coalition et mettre le feu à la case? De plus, comment trois ministres d’un même Gouvernement peuvent-ils combattre le Premier ministre au motif qu’ils ne seraient pas d’accord avec sa politique sans démissionner? C’est la traîtrise format grandeur nature. Il faut faire attention avec ce genre de caméléons en politique. Logiquement, s’ils avaient la moindre conviction, les trois ministres devraient démissionner pour tirer toutes les conséquences de l’acte qu’ils ont posée. Quant à Bahati, il doit savoir respecter l’accord en politique. S’il faut rompre l’accord AMP-Palu, il faut d’abord que l’option soit levée au sein de l’AMP. Si tel n’est pas le cas, il faut faire semblant de s’en accommoder jusqu’à ce que les faits vous donnent raison. Agir autrement, c’est manquer de discipline politique et cela crée des fissures. Or, à l’approche des échéances de 2011, cela n’est pas de nature à faciliter la tâche au sein d’un mouvement. On peut aller même plus loin jusqu’à les soupçonner de tenter de provoquer l’éclatement de la coalition en prévision de prochaines échéances électorales prévues, sauf changement, en 2011. Maintenant qu’on les a démasqués, il s’agit donc de les tenir à l’oeil et de surveiller tous leurs faits et gestes.

Autre chose à ajouter?
C’est seulement de rappeler, à la mémoire des Congolais en général et de Kinois en particulier, qu’on ne peut pas fêter le 30 juin sans penser à Bernardin Mungul Diaka alias «Ya Mungul». Moi aussi, j’ai marqué les 50 ans de l’indépendance de la RDC. Mais, le plus important, c’est de faire le bilan de l’existence même de la RDC pour savoir ce qui n’a pas marché et pourquoi ça n’a pas marché, et prendre l’engagement de ne plus refaire le même parcours. Il faut donc, d’une manière générale, prendre l’engagement de gagner le pari du développement de la RDC avec ou sans le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Il s’agit de remporter le pari du redressement d’un pays promu à un bel avenir, mais recalé avec la complicité de ses fils. M. M.

NATION
*Kinshasa : les fauteurs de tapage, potentiels électeurs à ménager ?
Inutile de porter plainte contre les églises de réveil et les bars à Kinshasa, qui cassent les oreilles de leur voisinage. Les autorités qui y puisent leur électorat ne font rien pour appliquer vigoureusement la loi qui interdit le tapage, au grand dam des populations qui en souffrent… en silence!

Dans sa modeste résidence de Kintambo, à l'ouest de Kinshasa, Lumbana Kapasa ne sait pas fermer l'œil de la nuit. Lui et sa famille vivent l'enfer depuis qu'une petite église de réveil s'est installée dans la parcelle voisine de la leur. De sa chambre qui donne sur le mur mitoyen, des tonnerres de chants et de prières se déversent sur toute la maisonnée. "Cette église fait du boucan nuit et jour depuis 2005", enrage Lumbana qui se plaint d'un stress qui l'a conduit par quatre fois aux soins au Centre neuro-psycho-pathologique de Kinshasa (Cnpp). Maintes fois il a rencontré les autorités et a porté plainte, rien n'y fait. "Il ne me reste qu'à voir le président Kabila", avance-t-il, désespéré.
Début 2010, le gouvernement provincial de Kinshasa a brandi pour la énième fois la loi qui interdit le tapage de jour comme de nuit. Répertoriées comme principales sources de nuisances sonores, Eglises de réveil et bars en tête, maisons de vente des disques, salles de fêtes et maisons funéraires ont été rappelés à l'ordre. Celle-ci ne leur interdit pas de jouer de la musique ou de prier, mais à condition de le faire de façon modérée pour ne pas nuire à la quiétude des voisins. Mais tous ou presque passent outre la loi.

"Dieu n'est pas un Dieu du désordre"
Selon un bourgmestre adjoint qui a requis l'anonymat, si la loi n'est pas appliquée, la faute en incombe en premier aux autorités. "C'est dans les églises que nous puisons notre électorat", avoue-t-il. Elles sont ainsi ménagées pour ne pas perdre les précieuses voix de leurs fidèles lors des élections. Certaines ont même constitué de petits cartels qui réagissent à chaque fois qu'une décision est prise à leur encontre. "Un des pasteurs qui fait front contre la loi sur le tapage déclare que toute autorité vient de Dieu et que c'est grâce à leurs prières que nous sommes au pouvoir", témoigne Me Mongondo, conseiller du ministre provincial de la sécurité et de la population.
Journaliste de renom, Lumbana est l'un des rares citoyens de Kinshasa à élever la voix pour dénoncer ce tapage. Il entend parfois des sermons incendiaires, qui le poussent au bord de ses nerfs. "Priez pour que le feu divin les consument tous, et les autorités et les lois qu'elles prennent car ils sont contre Dieu", disent-ils. Bourgmestre de la commune de Matete, Gaibene Thierry Bayllon a pourtant pris le courage de sévir. Il a fermé 11 églises et 20 bars récalcitrants. "Dieu est un Dieu de l'ordre et non du désordre, explique-t-il. Si les Eglises invoquent son nom pour qu'Il nous tue à cause de la loi, ce n'est pas normal car même Jésus avait chassé des commerçants qui vendaient dans le temple."
Mais l'ambiance festive de Kinshasa et la frénésie qui s'est emparée des pasteurs qui se font appeler "hommes de Dieu", prennent partout le dessus sur la légalité. A Kintambo, "une réunion s'est tenue pour annoncer qu'on fermerait dans 48 heures les églises de réveil installées près des hôpitaux et des écoles. Il ne s'est rien passé par la suite", constate Lumbana Kapasa.

Jeu du chat et de la souris
Les bars sont aussi presque à l'abri des sanctions. Si quelques-uns sont fermés, c'est parce qu'ils appartiennent au petit peuple, explique W.M., gérant d'un bistrot à Matete. "C'est étonnant que d'autres jouent la musique à tue-tête parce qu'ils ont des relations ou que leurs propriétaires sont des autorités", dénonce-t-il. Un bourgmestre reconnaît que très souvent, certains de leurs collègues interviennent pour faire lever une sanction contre des bars auteurs de tapage qui leur appartiennent. Autorités et policiers sont aussi accusés de complaisance. "Ils jouent au jeu du chat et de la souris, car s'il n'y a pas de voleur il n'y a pas non plus d'infraction. Donc pas d'amende", raconte, l'air sincère un bourgmestre. Ange Lombo (Syfia Grands Lacs)

*Kisangani : qui contrôle la gestion des entités administratives décentralisées ?
Qui contrôle la gestion des recettes et des fonds de rétrocession alloués aux communes et aux mairies de Kisangani, s'interrogent certains citoyens ? Certes quelques travaux de remise en état sont effectués, mais, selon la commission de contrôle récemment mise sur pied, la transparence des comptes n'est pas au rendez-vous.
Des bornes-fontaines, des latrines publiques, des ponts, des bureaux de quartiers, des travaux d'assainissement… Autant d'aménagements amorcés dans les communes de la ville de Kisangani au centre nord de la RD Congo. "Nous avons construit cinq bornes-fontaines dans les quartiers Segama, Minzoto et Imbolo. La commune a débloqué plus de 5000 $ et 9000 $ venant de la Monuc", explique Sébastien Loosa, bourgmestre de Mangobo. "À Kabondo, on jette un pont sur la 16e avenue et les bureaux de quartiers sont en construction ", confie Jean-Claude Lupia, le bourgmestre. La commune de Lubunga réhabilite les résidences des bourgmestres et les hautes herbes du boulevard Kasavubu ont été remplacées par de la pelouse.
Autant d'aménagements généralement utiles. "Mais qui contrôle l'utilisation et l'affectation des fonds alloués à tous ces travaux ?", s'interroge Marien Mwamba, activiste des droits humains. Pour Ferdinand Tabio, coordonnateur de l'Ong Congo en image (CIM), "ces efforts ne suffisent pas pour parler d'actions de développement communautaire appréciables d'autant que les plans concertés et participatifs de gestion des entités ne sont pas encore de mise."
Ces entités décentralisées sont désormais dotées d'une autonomie administrative et financière, disposent d'un patrimoine en propre et ont une personnalité juridique. Elles gèrent les recettes locales et des frais de rétrocession.
La Province orientale rétrocède, en principe, chaque mois 5 millions de Fc à la mairie et 2,5 millions à chaque commune. Des fonds qui proviennent des 40 % de la part des recettes nationales allouées aux provinces. Ils sont destinés à l'exécution des travaux à "impact visible". Mais ils sont insuffisants et trop irréguliers vu l'ampleur des travaux. "Cette année, on n’a perçu que deux mois : janvier et février", indique J. C. Lupia. "Cette irrégularité bloque la réalisation du plan. Ce qui pousse à tout orienter vers l'assainissement ", explique Olivier Katanga, bourgmestre adjoint de Lubunga. Souvent ces financements sont affectés au fonctionnement des entités, à la rémunération du personnel, à l'assainissement et maintenant, en plus, aux frais d'entretien et de carburant des véhicules.

Transparence et traçabilité
"Sans gestion concertée, il est difficile de connaître l'affectation de ces fonds", interpelle F. Tabio. Sur instruction du gouverneur, une commission a été mise sur pied au mois d'avril pour en contrôler l'utilisation dans les six communes, la mairie et la collectivité secteur de Lubuya Bera. Selon la note explicative de cette commission, "certains animateurs des entités affectent ces fonds à d'autres fins, notamment à leur paie." Le bourgmestre et son adjoint touchent respectivement 1 million de Fc et 850 000 Fc par mois. "Dans presque toutes les communes, tout ne semble pas transparent : inexistence de livre de caisse, de bons de commandes, bons de dépenses, bons de recettes, des états de paie", affirme un membre de la commission.
"Depuis plus d'une décennie, ces entités envoient les rapports d'activités sans celui des finances", déclare Pierre Kolongo, chef de division de l'Intérieur. "Le contrôle ne se limite qu'à l'argent perçu au courant de l'exercice budgétaire et non à la manière dont il est 'utilisé", affirme un conseiller au ministère provincial de l'Intérieur. La décentralisation pose un sérieux problème de contrôle, note un agent du ministère provincial de l'Économie et des Finances. C'est pourquoi un agent du ministère provincial des Finances plaide pour la création d'une chambre provinciale de la Cour des comptes. Selon Marien Mwamba, "l'organisation des élections locales et municipales sera la solution, car la loi prévoit des conseils municipaux pour chaque entité". Trésor Boyongo (Syfia Grands Lacs)

*Les agents de la Regideso/Kamina protestent contre le départ volontaire et massif
Les échos en provenance de la province du Katanga font état de l'opposition farouche des agents et cadres de la Regideso Kamina dans le Haut Lomami à la décision du gouvernement central les exhortant à partir volontairement de la société. Selon la radiookapi.net, les agents concernés par cette mesure ont tous exprimé leur ras-le-bol le lundi 31 mai dernier dans un communiqué signé par leurs délégués syndicaux.
Ces agents et cadres disent avoir encore en mémoire la triste expérience des ex-agents de la Gécamines, de la SNCC (Société nationale des chemins de fer du Congo) et de l'Onatra. Ceux-ci avaient quitté leur emploi à titre des partants volontaires. Jusque-là, ils ne sont toujours pas payés.
Les agents de la Regideso-Kamina demandent plutôt au gouvernement et à la Banque mondiale d'équiper leur entreprise en matériels modernes en vue d'augmenter sa production, au lieu d'exiger ce départ massif. Ilunga Kabeya, délégué syndical joint par radiookapi.net, a motivé la revendication des travailleurs en ces termes: "Les agents craignent de connaître la situation qui s'était produite dans d'autres entreprises comme la SNCC où on a fait partir les travailleurs avant de leur demander de rentrer. Ils n'avaient même pas bénéficié de leur argent. Comment peut-on partir sans bénéficier de ses droits ? La même situation s'est passée à l'Onatra. Les agents craignent de partir."
Le délégué syndical demande ainsi à la Banque mondiale de moderniser l'outil de travail de l'entreprise pour une meilleure production au lieu d'envisager le départ volontaire. Dans le cas contraire, estime-t-il, que les travailleurs soient payés avant de partir. Il y a lieu de souligner qu'une équipe des agents de la Regideso-Lubumbashi séjourne depuis une semaine à Kamina pour sensibiliser les agents de la Regideso-Kamina sur le départ volontaire.
Dorian KISIMBA

*Walikale: déçus, 497 Maï-Maï en furie regagnent leur position antérieure
Au total, 497 éléments Maï-Maï Kifuafua, qui attendaient depuis cinq mois leur intégration au sein des Forces armées de la RDC, se sont soulevés, lundi 31 mai dans la matinée à Walikale centre. Ils ont regagné leur position antérieure à Musenge, localité située à 70 kilomètres du chef-lieu du territoire de Walikale, au Nord-Kivu, selon radiookapi.net.
Sur leur passage, explique radiookapi.net, ils ont ravi quelques armes et munitions à un groupe de militaires FARDC basés à Nyasi dans le même secteur. Ils ont emporté notamment: trois AKM, deux lance-roquettes, dix AK 40 et une bonne quantité de munitions.
" Les responsables politiques de l'ex-groupe armé Maï-Maï Kifuafua, qui donnent ces détails, indiquent que ces combattants ont décidé de regagner leurs anciennes positions, parce qu'ils se disent abandonnés par le gouvernement et vivent dans des conditions médiocres ", indique la radio de la Monuc.
Soutenant que les autorités locales de Walikale ont confirmé l'information, la même source précise que "l'administrateur assistant de ce territoire souligne que ce départ en masse des hommes armés a entraîné la panique au sein de la population. Celle-ci, selon lui, craint que ces Maï-Maï se rallient à d'autres groupes armés réfractaires présents dans la zone pour accroître l'insécurité ".
De son côté, annonce radiookapi.net, le porte-parole de l'opération Amani Leo au Nord et Sud-Kivu indique que le gouvernement est conscient de la situation. Il invite ces Maï-Maï à la patience. D'après lui, la procédure normale d'intégration prend du temps parce qu'elle tient compte des paramètres administratifs et financiers. Dorian KISIMBA

*Nord-Kivu : Les pagnes imprimés pour le cinquantenaire bloqués à Goma
Les congolaises risquent de manquer des pagnes pour le 30 juin, jour d'anniversaire de l'indépendance du pays. Et pour cause, les quatre containers de la Shenimed contenant chacun deux cents ballots de pagnes frappés des marques du cinquantenaire de l'indépendance, sont sous scellés dans les entrepôts de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA/Goma) depuis une semaine. Cette situation, si l'on n'arrive pas à y trouver des solutions urgentes, risque de poser des problèmes aux congolais déterminés à faire de cette journée, une grande fête historique unique dans son genre.
Selon radiookapi.net, les services des douanes exigent à cette entreprise les droits et taxes à l'importation des marchandises. La Shenimed figure parmi les entreprises sélectionnées pour fournir notamment les pagnes aux cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance de la RDC. Le directeur financier de cette entreprise, Marcel Kalenga, cité par la radio de la Monuc, déplore le non-respect des accords d'exonération signés entre le commissariat général au cinquantenaire et son entreprise.
"Ces pagnes sont exonérés de droits et taxes à l'importation. Et nous avons tous les documents devant faire foi à cela", a-t-il déclaré. Le responsable local de la DGDA, Ernest Kassondibwa Wa Kassokahi, demande pour sa part que la Shenimed lui présente la lettre d'exonération signée par le ministre des Finances avant de libérer la marchandise. Dans son explication, il affirme n'avoir reçu aucune instruction de sa hiérarchie l’autorisant à exonérer ces marchandises de cette entreprise. Dorian KISIMBA

*Bientôt des nouvelles casernes militaires au Sud-Kivu
Le ministre de la Défense nationale a reçu hier en audience l'Ambassadeur des Pays-Bas et celui de Grande Bretagne, en RDC.
Avec Mme Ellen Berends Vergunst, Ambassadeur des Pays-Bas, il était question de la construction de nouvelles casernes dans la province du Sud-Kivu. Elle a fait savoir que son pays participe ainsi à la réforme des FARDC en tenant au respect de la situation sociale du militaire et des membres de sa famille.
Selon la diplomate hollandaise, ce programme qui a connu ses débuts par la construction du camp Saïo, à Bukavu s'effectue dans le cadre de la coopération entre la RDC et l'Union européenne. Il se poursuivra avec la participation de la partie congolaise.
Pour sa part, l'Ambassadeur de Grande Bretagne en RDC, Neil Wigan, a révélé au sortir de l'audience que l'Union européenne a participé jusque-là, au Congo, à près de 60 millions USD en faveur de la réforme de la sécurité. Selon M. Wigan, la participation de son pays, dont le montant n'a pas été signalé, se résume en la formation de près de 500 officiers dont la majorité sur place. L'on signale également la construction ou la réfection des écoles ou académies militaires de la RDC. Dina BUHAKE

COOPERATION
Dites-nous monsieur l’ambassadeur
L’Egyptien Mohamed Ezzeldin Foda : "II n'y aura pas de guerre de l'eau à propos du partage des eaux du Nil"
A l'occasion de la visite de travail de Joseph Kabila, Président congolais en Egypte, Mohamed Ezzeldin Foda, Ambassadeur d'Egypte en République Démocratique du Congo, s'est entretenu avec la presse locale autour des questions importantes touchant à la coopération RDC-Egypte.
Au sujet du processus de renégociation du quota de partage des eaux du Nil, Ezzeldin est d'avis que " la guerre de l'eau n'aura pas lieu dans la région du Bassin du Nil.


Excellence Monsieur l'Ambassadeur, quel état des lieux dressez-vous des relations de coopération RDC-Egypte ?L'Egypte et la République Démocratique du Congo ont des relations historiques qui datent de l'époque de l'indépendance et même avant cette période. On se souvient que le Président Nasser a eu des relations très poussées avec Patrice Emery Lumumba. A cette époque, des troupes égyptiennes avaient été envoyées au Congo dans le cadre de la force de l'ONU, pour consolider la paix après l'Indépendance du Congo.

Quels domaines de coopération intéressent les relations RDC-Egypte ?
L'Egypte a toujours donné la main à la coopération avec le Congo. Cela a commencé avec Lumumba, s'est poursuivi avec les présidents Mobutu, Kabila père et aujourd'hui avec Son Excellence Monsieur le Président Joseph Kabila. L'Egypte traîne une longue expérience dans ces domaines.
Elle a aussi contribué à la force des Nations Unies pour préserver la paix après l'Indépendance. Maintenant, il y a plus de 1500 soldats et policiers dans la force de la MONUC pour consolider la stabilité du Congo-Kinshasa.

En poste à Kinshasa, vous avez l'occasion de connaître le Congo. Quelle image retenez-vous de ce pays et de ses habitants?
La RD Congo est l'un des plus grands Etats africains subsaharien. Le peuple congolais est très chaleureux, bien éduqué. Le Congo-Kinshasa dispose de beaucoup de richesses, et je reste convaincu que ce pays va se développer. L'Egypte continuera à être aux côtés du Congo parce que l'Egypte et le Congo sont deux pays frères. Durant les dernières années, l'Egypte a diversifié sa coopération en introduisant l'assistance médicale et en agriculture. Beaucoup d'experts égyptiens sont venus à la rescousse du Congo dans les domaines de l'énergie (électricité), de l'agriculture. Ils sont venus pour voir comment fructifier la coopération mutuelle entre l'Egypte et la RDC. Chaque année, l'Egypte met aussi à la disposition de la RD Congo plus de 20 bourses d'études dans les domaines de la sécurité, de la police, de l'agriculture, de l'hydraulique, de l'énergie... l'Egypte est marquée par ce niveau de coopération et espère bien la développer davantage.

Comment l'Egypte, pôle de développement en Afrique du Nord-est et pays de civilisation millénaire, aiderait la RDC, ce géant d'Afrique centrale, à réussir son pari de croissance économique et de développement ?
Pour aider le Congo à réussir son pari de croissance économique et de développement, l'Egypte va continuer à consolider ses relations avec la RDC. Elle sera toujours aux côtés de la RD Congo. Dans le domaine politique, l'Egypte est pour l'unification totale de toutes les provinces de la RDC, car le Congo est indivisible. L'Egypte est opposée à tout mouvement de scission et d'instabilité du territoire congolais. Je pense qu'avec les investissements et les aides économiques, spécialement dans les domaines des experts qui peuvent apporter un plus au développement du Congo en agriculture, irrigation, énergie, formation de l'année...

Le Chef de l'Etat Joseph Kabila a séjourné récemment en Egypte et a été reçu en audience par son homologue égyptien. De quoi a-t-il été question au cours de ce séjour ?
La visite de travail du Président Joseph KABILA en Egypte entre dans le cadre de la consolidation des relations de fraternité entre les deux peuples, les deux gouvernements et les deux chefs d'Etat. Plusieurs invitations avaient été lancées par le passé au Chef d'Etat Joseph Kabila pour qu'il visite l'Egypte.
Cette visite s'inscrit donc dans le cadre de la recherche des voies et moyens de développer davantage la coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines de l'agriculture, l'énergie, l'irrigation, l'hydraulique, la formation militaire... C'est aussi pour examiner ensemble les besoins du Congo et voir ce que l'Egypte peut apporter à ce pays frère. Et je peux vous dire que cette visite a connu un succès retentissant.

L'Egypte et la RDC font partie de la région du Bassin du Nil où il est fait état d'un processus de renégociation du quota de partage des eaux du Nil. Que représente le Nil pour l'Egypte ?
L'Egypte est un don du Nil. Sans le Nil, il n'y a pas moyen de vivre en Egypte, et cela pendant des siècles, même sous l'Egypte pharaonique. Dans un pays où les pluies se font de plus en plus rares, le Nil est le seul moyen de survie des Egyptiens. Le Nil, c'est notre survie.

Quelle est alors la position de l'Egypte par rapport à cette question de renégociation du quota de partage des eaux du Nil?
Vous ne le savez peut-être pas, c'est l'Egypte qui a initié le projet du Nil en 1999. Ce projet avait pour but de développer la coopération entre les pays du Bassin du Nil sur la base de faire bénéficier à chaque Etat des avantages des eaux du Nil.
Nous sommes aujourd'hui à l'étape où il faut continuer à négocier pour trouver une solution qui garantirait le partage des eaux pour tous les Etats, sans différence. Mais tout cela n'est possible que si l'on respecte les agréments, traités régionaux et internationaux qui avaient été signés avant. Je suis d'avis entre-temps qu'on peut parvenir à un accord pour des questions qui sont restées sans solution. On peut donc arriver à un règlement global de la question entre tous les pays impliqués dans ce processus de renégociation que nous sommes en train de mener.

Qu'est-ce que l'Egypte attend de la RDC, car tous les Etats du Bassin veulent tirer profit de cette ressource au même titre que l'Egypte et le Soudan?
L'information selon laquelle l'Egypte et le Soudan tireraient à eux seuls tous les bénéfices des eaux du Nil n'est pas tout à fait exacte. Le Nil offre 1600 milliards de m3 à l'Egypte, mais la grande quantité de ce débit s'écoule sans emploi et l'Egypte ne bénéficie en réalité que de 160 milliards de m3. Pour arriver à utiliser les 1600 milliards de m3 qu'offre le Nil, il faut monter des projets qui utiliseraient à bon escient cette ressource. Avec ces projets, on peut arriver à distribuer cette ressource équitablement à tous les pays du Bassin du Nil.
L'autre réalité de l'Egypte, c'est qu'elle dépend uniquement du Nil. Ce n'est pas le cas pour les autres Etats de la région du Bassin du Nil, qui ont plusieurs autres sources d'eau : la pluie, les rivières et les lacs. La RDC par exemple n'a pas besoin des eaux du Nil, elle est abondamment arrosée par des pluies, et cela, durant toute l'année. En plus, elle dispose de 15 à 20 autres grandes rivières à côté du fleuve Congo, sans compter les lacs et autres sources.
L'Egypte se bute aussi à un problème d'explosion démographique. Sa population se chiffre aujourd'hui à 80-85 millions d'habitants. Ce qui n'est pas le cas pour des pays comme l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie.. .qui ont d'autres moyens d'irrigation du sol. Sur la question du processus de renégociation du quota de partage des eaux du Nil, l'Egypte considère positivement et remercie le Congo pour sa position dans le processus du Nil. L'Egypte respecte sa positon de ne pas signer l'accord. On sait que la RDC n'a pas signé parce qu'elle cherche toujours, via les négociations, à trouver une solution qui contenterait tous les pays du Bassin du Nil. Il n'y aura pas de " guerre de l'eau " en ce qui concerne le partage des eaux du Nil.

Et pourtant, le Secrétaire Général honoraire des Nations Unies, votre compatriote Boutros Boutros Ghali, avait prédit que " la prochaine guerre dans la région serait à propos des eaux du Nil " ?
Non, il n'en est rien du tout. Même quand Boutros Boutros Ghali affirme que la "prochaine guerre dans la région serait autour du partage des eaux du Nil ", je pense qu'il faisait allusion à la guerre diplomatique. Il n'y a aura pas de guerre avec incursion militaire à cause du partage de cette ressource. L'Egypte n'a jamais privilégié des solutions militaires au règlement d'un différend.
Je veux même vous apprendre que c'est Boutros Ghali, alors Ministre des Affaires Etrangères, qui avait créé le groupe Dungu dans les années 80, pour promouvoir le Bassin du Nil. C'et vrai qu'il y a des différends entre les Etats de la région, mais entant que pays frères, on n'a jamais pensé engager une guerre entre nous, au contraire nous sommes allés en guerre ensemble contre les autres. Je suis convaincu qu'avec la négociation engagée avec tous les pays du Bassin du Nil, on trouvera des solutions à tous les petits détails encore en suspens.
Je pense que le Congo est le pays qui a le mieux compris notre position et pris en compte nos considérations. C'est pour cette raison qu'elle n'a pas signé l'accord du Nil. Retenez néanmoins que l'Egypte est prête à signer cet accord dès que toutes les parties auront trouvé le consensus, c'est d'ailleurs elle qui a initié le processus de Nil. Ce n'est pas aujourd'hui qu'elle va se désengager après avoir initié le processus.
Propos recueillis par Tetidio Tokio

*Trois ans après sa mort annoncée, le cadavre de la Françafrique bouge encore
Les clichés et les vieilles habitudes ont la vie dure. Trois ans après son élection, Nicolas Sarkozy, qui a présidé lundi et mardi son premier sommet Afrique-France à Nice, peine encore à convaincre qu'il a tourné la page des relations ambiguës entre Paris et ses ex-colonies. C'est devenu une figure imposée. A chacun de ses rendez-vous africains, le chef de l'Etat répète à qui veut l'entendre que l'ère des soutiens aux régimes dictatoriaux et corrompus, des chasses gardées commerciales et de la diplomatie parallèle de la France sur le continent noir est révolue.
Il y a trois mois encore, Nicolas Sarkozy proclamait au Gabon du fils d'Omar Bongo sa volonté de normaliser les relations franco-africaines et d'en finir une fois pour toutes avec "les clichés, les fantasmes et les procès d'intention". Avant d'assurer au Rwanda anglophone de Paul Kagamé qu'il n'y avait plus de "pré-carré" tricolore.
A l'appui de ses dires, le président rappelle qu'il a engagé la révision des accords de défense qui liaient Paris et les régimes "amis", base juridique de son rôle de "gendarme de l'Afrique". Ou qu'il a visité l'Afrique du Sud et amorcé une réconciliation avec l'Angola ou le Rwanda. Mais, depuis trois ans, Nicolas Sarkozy a aussi accumulé les gestes et les maladresses qui ont fait passer la "rupture" promise pour un vain mot.
Sur le plan politique, il y eut d'abord en 2007 une première tournée africaine passant par le Gabon du "doyen" Omar Bongo et parasitée par le très controversé discours de Dakar. Puis, début 2008, le soutien officiellement "logistique" au régime tchadien menacé par les rebelles et, surtout, le limogeage du secrétaire d'Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel.
Un an plus tard, l'avocat Robert Bourgi a achevé de jeter le trouble. Publiquement, ce conseiller élyséen de l'ombre a raconté que M. Bockel avait été évincé sur la volonté d'Omar Bongo et laissé entendre que son fils Ali était le candidat de le France à la présidentielle gabonaise. Suite à sa sortie, l'embarrassant Me Bourgi a bien été mis au "piquet" l'espace de quelques mois. Mais sa punition a aujourd'hui été levée et il gare à nouveau sa Maserati dans la cour de l'Elysée...
"La remise à plat des accords de défense, c'est bien, il fallait le faire", tranche l'ex-ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine, "mais Nicolas Sarkozy n'a pas assaini notre relation avec l'Afrique". Sur le front économique, le président a proclamé sa volonté de rompre avec l'image d'une France pilleuse des richesses minières ou pétrolières de l'Afrique en y nouant des partenariats "gagnant-gagnant".
Mais l'Elysée a beau souligner que "le commerce avec l'Afrique n'est pas vital pour les entreprises françaises" et le chef de l'Etat rencontrer l'opposition à chacune de ses visites, les soupçons n'ont pas été levés. Pour l'ONG Survie, la défense des intérêts économiques français se fait encore "trop souvent au détriment des droits humains et de la démocratie". Pour rallier les sceptiques, Nicolas Sarkozy s'est efforcé de modifier le casting de sa première "grand messe" franco-africaine. Nice sera le "sommet du renouveau, une espèce de lancement d'une nouvelle période", assure son secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet.
La société civile et les entreprises privées y seront ainsi pour la première fois conviées et le dîner réservé aux seuls "amis" francophones supprimé. Une preuve de plus, selon l'Elysée, que "la France a rompu avec les vieilles habitudes et entretient désormais des liens avec tout le monde". AFP

Flottille: centaines de civils détenus en Israël, appels à leur libération
Israël détenait mardi des centaines de civils au lendemain de son assaut sanglant contre un bateau turc d'une flottille humanitaire pour Gaza, qui a suscité l'indignation internationale et déclenché la colère d'Ankara
Les organisateurs du convoi international ont affirmé qu'ils comptaient envoyer de nouveaux bateaux d'aides pour Gaza, mais l'Etat hébreu a averti qu'il empêcherait tout navire humanitaire de forcer le strict blocus israélien imposé à l'enclave palestinienne depuis 2007.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé une enquête impartiale sur le raid qui a coûté la vie à neuf personnes, condamnant les violences et appelant à libérer les six navires de la flottille et les centaines de civils détenus.
Face au tollé international, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dû renoncer à une rencontre avec le président américain Barack Obama et était attendu en Israël pour tenter de contenir la crise diplomatique.
Lundi avant l'aube, des commandos de marine israéliens ont lancé dans les eaux internationales un assaut contre la flottille acheminant des centaines de militants pro-palestiniens et des tonnes d'aide.
Selon l'armée, neuf passagers ont été tués et sept soldats blessés à bord du ferry turc Mavi Marmara, le plus grand des six bateaux qui transportait 600 personnes.
Les avocats ont indiqué avoir eu accès mardi aux militants détenus. "Il y a plus de 500 détenus et entre cinq et huit avocats, donc cela va prendre du temps pour les voir tous", a indiqué Gaby Rubin de l'organisation de défense des droits de l'Homme Adalah.
Selon un responsable du ministère de l'Intérieur, la majorité des passagers (sur un total de plus de 680, originaires de 42 pays) ont été conduits dans une prison du sud du pays et plusieurs dizaines étaient en voie d'expulsion.
Paris et Rome ont exigé la libération des civils détenus, dont neuf Français et six Italiens, et l'Irlande a dénoncé l'arrestation "inacceptable" de sept de ses citoyens.
Israël, qui avait averti qu'il ne permettrait pas que le blocus soit brisé, a accusé les militants d'avoir "déclenché les violences" en attaquant les soldats avec couteaux et barres de fer. Mais les organisateurs du convoi ont affirmé que les commandos avaient ouvert le feu sans justification.
"Nous ne permettrons pas à des bateaux d'arriver à Gaza et d'approvisionner ce qui est devenu une base terroriste qui menace le coeur d'Israël", a dit le vice-ministre de la Défense Matan Vilnaï.
Les responsables de la "flottille de la liberté" ont annoncé que deux autres navires, l'un se trouvant au large de l'Italie et l'autre en réparation, étaient en route pour Gaza. Mais l'une des organisatrices, Greta Berlin, a précisé qu'ils n'arriveraient pas avant plusieurs jours.
M. Vilnaï, tout en défendant l'action des soldats face à "des voyous", a reconnu que "les images ne sont pas très bonnes" et qu'il "fallait en tirer les leçons".
Dès lundi, M. Netanyahu a dit "regretter" les pertes de vies humaines, en défendant l'action des soldats. AFP

CULTURE & DETENTE
Juin 2010 : Le CWB programme des spectacles du cinquantenaire
* Jean Goubald, staff Benda Bilili… parmi les grandes affiches
La République démocratique du Congo (RDC) célèbre, le 30 juin 2010, le cinquantenaire de son indépendance. A cette occasion, le Centre Wallonie-Bruxelles (CWB) programme des spectacles du cinquantenaire pendant tout le mois de juin. De ce fait, Jean Goubald et le staff Benda Bilili figurent parmi les grandes affiches de ces spectacles.
L'auteur de " Bombe anatomique " s'affiche deux fois de suite sur le podium de la salle Brel du CWB. Le vendredi 4 et le samedi 5 juin prochain à 19 heures, le public aura droit à des concerts exceptionnels de Jean Goubald, qui a introduit une nouvelle touche dans la musique congolaise. Son style se fonde sur sa voix chaleureuse, limpide, d'une technicité inégalable, la pureté de sa guitare et ses textes qui conjuguent rimes et rires. Amour et humour sont les maîtres mots de ses textes, empreints de spiritualité et de vérité.
Peu avant les spectacles de l'auteur de " bombe anatomique ", le staff Benda Bilili livrera un concert inédit au CWB. Orchestre composé de personnes vivant avec handicap physique, Benda Bilili présente une musique qui intègre les éléments de la rumba congolaise, de la musique cubaine, du reggae…
Le rendez-vous est donc pris pour le jeudi à 19 heures avec ce groupe qui vient récemment d’Europe dans le cadre du Festival de Cannes.
Par ailleurs, Bafa Mastaki et son groupe sont programmés le mardi 8 juin et le mercredi 9 juin à 19 heures toujours au CWB. Mastaki est à la fois auteur, compositeur et interprète. Sa musique vient du cœur profond de l'Afrique qui concilie tradition et modernité.
Outre cet artiste, Jupiter Bokondji et le groupe "Okwess" qu'il dirige, montera sur le podium du CWB le vendredi 11 et le samedi 12 juin 2010 à 17 heures. Jupiter Bokondji conteste et dénonce à travers ses œuvres, les dérapages de sa société.
Sa musique puise son inspiration aux rythmes traditionnels et particulièrement dans le "zebola ", chant et danse initiatique du peuple Mongo. En effet, Jupiter et son groupe réactivent rythme et mélodie oubliés de plus de 450 ethnies de la RDC.
Nsumueno donner à deux concerts de jazz, le mardi 15 et mercredi 16 juin 2010 à 17 heures. Il exploitera du "Mutwashi jazz" qui constitue une combinaison de rythmes issus de la tradition Luba du Kasaï-Oriental et de ses plus modernes du jazz.
Tandis que le groupe Waassa se produira le vendredi 18 et le samedi 19 juin 2010 au CWB. Ce groupe, où ont évolué Cindy le cœur (évoluant actuellement aux côtés de Koffi Olomide) et Meje 30 (la coqueluche de la musique congolaise encadrée par Tshala Muana), fait peau neuve avec le duo Chimène et Ghyslain, appuyé par un chœur féminin.
Enfin, le groupe La Sanza joueura le vendredi 25 et le samedi 26 juin 2010 à 17 heures. Cet orchestre mêle chant, percussions et danse, sous la direction d'Eddy Mboyo.
Tous les artistes qui vont prester au cours de ce mois du cinquantenaire recevront, chacun, un trophée intitulé " Le Tsimba ", du nom de l'artiste sculpteur Freddy Tsimba. C'est une façon pour le centre d'honorer les artistes Wallonie-Bruxelles du cinquantenaire.
Dieumerci MAYAMBI

Patrice Ngoy livre un concert de paix, d’unité et de réconciliation
L'artiste musicien chrétien Patrice Ngoy Munsoko dit «Frère Patrice» va se produire ce dimanche 6 juin 2010 au Grand Hôtel Kinshasa, à partir de 15 heures précises, dans un spectacle de musique et de prédication visant la paix, l'unité et la réconciliation pour un Congo cinquantenaire. L'accès à la salle se fera sur invitation.
Répondant au nom de l'artiste, le secrétaire du bureau du frère Patrice, Sadji Belika a fait savoir que ce concert vise à interpeller les consciences des autorités politiques de la RDC. " Le frère Patrice a reçu des révélations spirituelles sur la marche du pays. C'est pourquoi, il a remis les invitations à un grand nombre de dirigeants du pays pour partager ensemble cette bonne nouvelle. Nous tenons vraiment à ce que les invitations soient honorées ", a-t-il confié.
Parlant du Congo cinquantenaire, le frère Sadji a souligné que ceux qui ont lutté pour l'indépendance de notre pays sont pratiquement décédés. " Nous qui la fêtons, devons glorifier l'Eternel. Car, sans sa volonté, il n'ya point de vie. D'ailleurs, le frère Patrice, dans son album " Bonjour " l'a dit : RDC ne saurait exister sans Dieu ", dit-il.
Pour le moment, Ngoy Munsoko est en retraite pour se concentrer spirituellement sur son spectacle de ce dimanche.Rocco NKANGA

VIVEMENT LE SPORT
Entente provinciale de football de Kinshasa

New Canon Buromeca - DCMP, V Club-Filas : des chaudes retrouvailles cet après-midi au stade des Martyrs
Le championnat de l'EPFKIN se poursuit cet après-midi au stade des Martyrs où les spectateurs vont assister à de chaudes retrouvailles avec les deux derbies au rendez-vous. D'une part, en premier match, New Canon Buromeca se retrouve de nouveau sur le chemin de DCMP. Les deux clubs ont des comptes à régler, surtout les vert et blanc qui n'ont pas encore digéré le camouflet leur infligé par New Canon Buromeca.
En effet, dans le cadre des préliminaires de la 46ème Coupe du Congo de la Ligue de football de Kinshasa (LIFKIN), DCMP et New Canon Buromeca s'étaient retrouvés en demi-finale. Le match en soi n'était pas arrivé à terme suite au refus du gardien de DCMP, Matampi, de poursuivre la série des tirs au but. Conséquence, DCMP a été sanctionné par l'organisateur au profit de New Canon Buromeca. Face à cette décision, les vert et blanc sont en évocation à la FECOFA et le verdict se fait encore attendre jusqu'à ce jour. En attendant, les deux adversaires s'affrontent cet après-midi pour le compte du championnat de l'EPFKIN.
En seconde rencontre, V Club joue contre Filas. Ces deux clubs aussi ont des comptes à régler. Filas, dernier champion de l'EUFKIN-Malebo, a eu à ridiculiser V Club alors champion de l'EPFKIN de la dernière saison pendant la Coupe super champion de Kinshasa 2009. Au cours de cette compétition qui regroupe le champion de l'EPFKIN aux six champions des Ententes urbaines de football, Filas a battu V Club par trois buts à deux.
Aujourd'hui, V Club et Filas se retrouvent pour glaner les trois points en jeu. Ces points sont précieux d'autant que l'actuel championnat se joue en une seule manche. Cependant, le public souhaite des organisateurs l'alignement de bons arbitres pour les deux derbies du jour. Car, ces derniers temps, contre toute logique, les "grands clubs " n'acceptent plus les défaites. Leurs supporters, tendus, sont prêts à tout saccager ! Pascal LIKANA

Championnat national
Sanga Balende reçoit Mazembe ce mercredi à Mbuji-Mayi
Le dernier match du premier tour classique du 15ème championnat national de football qu'organise la LINAFOOT se dispute cet après-midi à Mbuji-Mayi. Il va opposer SM Sanga Balende au TP Mazembe, leader du groupe B.
Le match risque d'être âprement disputé entre les deux clubs malgré qu'ils n'ont plus les mêmes ambitions. Les " Corbeaux ", déjà qualifiés pour le deuxième tour classique avec quatre clubs, descendront sur l'aire de jeu déterminé à corriger les rouges et jaune de Mbuji-Mayi. Au match allé disputé sur le terrain "provisoire " du TP Mazembe, le stade des Martyrs à Kinshasa, les deux clubs s'étaient séparés dos à dos avec chacun trois buts au marquoir. Ce nul, le seul concédé par Mazembe pendant cette compétition, est synonyme de victoire pour Sanga Balende. D'autant plus que le rouleau compresseur de la bande à Mputu Trésor ne s'était pas bien déroulé à la manche allée et la défense a encaissé incroyablement trois buts.
Cette fois-ci, les protégés de Moïse Katumbi qui ont subi la colère de leur président depuis les incidents de Kigali, sont condamnés à se battre pour donner un carton plein à leurs adversaires, comme ce fut le cas avec les " Lumpas " dimanche dernier au stade de la Kenya.
Toutefois, devant son public, les " Banjelu, ne bansantu " de Mbuji-Mayi ne vont pas se laisser faire. Ils restent déterminés à faire taire la bande à Mputu d'autant qu'ils n'ont plus rien à perdre. Pascal LIKANA

Incidents de Kigali: Moïse Katumbi condamne Mazembe
De retour à Lubumbashi au terme d'un séjour en Europe, le gouverneur du Katanga et président du Tout Puissant Mazembe s'est prononcé sur les incidents qui avaient émaillé la rencontre de son équipe avec l'APR du Rwanda, le samedi 22 mai à Kigali, dans le cadre de la Coupe Kagame interclubs, compétition réservée aux clubs des pays de l'Afrique Centrale et de l'Est. Moïse Katumbi a condamné le comportement de ses joueurs.
Interrogé à sa descente d'avion à l'aéroport de la Luano par les journalistes de Nyota, une chaîne de radio et de télévision locale, Moïse Katumbi a été catégorique : "Je ne peux pas accepter que les joueurs de Mazembe puissent se comporter comme ça, même si l'arbitre avait mal arbitré." Le président de Mazembe de poursuivre: "J'ai dû condamner le capitaine, j'ai parlé avec le capitaine. [ Trésor Mputu Mabi]."
Toutefois, le président de Mazembe refuse toute dramatisation de cette affaire, indiquant que "parfois on perd les nerfs". "Zidane l'a fait à la coupe du monde. Ça peut arriver mais ce sont des histoires que nous ne pouvons pas encourager", a conclu Moïse Katumbi.
Le Tout Puissant Mazembe a été expulsé du Rwanda dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 mai à la suite des incidents survenus lors du match contre l'APR du Rwanda. La rencontre qui venait de franchir la 34è minute de la première mi-temps, n'avait pu se poursuivre après les protestations des joueurs de Mazembe qui avaient estimé que l'arbitre était partial.
L'expulsion du capitaine Mputu a empiré les choses. Et selon plusieurs témoignages recueillis par la suite, même si l'arbitrage du match laissait à désirer, le comportement des joueurs de Mazembe a été pour le moins décevant.
En effet, des témoignages concordants font état de l'agression de l'arbitre du match par les joueurs du TP Mazembe. RO/FDA

Echos du Mondial Afrique du Sud 2010
Mondial: le compte à rebours est lancé !
Plus qu'une dizaine jours avant la Coupe du monde! Le compte à rebours est lancé, les premières équipes sont arrivées en Afrique du Sud, dont le Brésil et l'Argentine, les systèmes de jeu se rodent, les listes se réduisent et la fête se prépare.
Samedi, c'est Diego Maradona qui a posé le pied sur le sol sud-africain à la tête de l'Albiceleste. Avec "El Diez", le show peut commencer. L'enfant terrible du football fait déjà les gros titres pour avoir demandé des toilettes de luxe dans sa chambre d'hôtel et promis de courir nu dans Buenos Aires si l'Argentine remporte la Coupe du monde!
Dans le pays hôte, la ferveur grimpe et Soccer City a été officiellement inaugurée. Les drapeaux de la Nation Arc-en-ciel flottent au-dessus des bureaux, des écoles et des voitures. A chaque carrefour, les fans de foot s'arrachent bannières, perruques colorées, lunettes géantes et les désormais célèbres vuvuzelas.
Mais les étrangers risquent d'être beaucoup moins nombreux que prévu: la distance, la crise et la flambée des prix ont découragé les fans, européens notamment, qui ne devraient plus être que 300.000 au lieu des 450.000 annoncés...
L'autre préoccupation de l'Afrique du Sud est la forme de ses Bafana Bafana, les "garçons" en Zoulou. La peur est toujours là: être ridicules en devenant les premiers organisateurs d'un Mondial éliminés au premier tour.
Certes les Sud-Africains restent sur dix matches sans défaite depuis le retour de Carlos Alberto Parreira à la tête de l'équipe fin 2009. Mais les adversaires étaient peu relevés et le dernier succès contre la Colombie (2-1) a été acquis grâce à deux penalties...
"Il y a un problème avec l'attaque en Afrique du Sud. Au Brésil, on n'a pas fait Bebeto et Romario. On les a trouvés et on les a utilisés", admet d'ailleurs le sélectionneur brésilien des Bafana Bafana.
Pour les autres équipes, les systèmes de jeu se rôdent. Raymond Domenech a laissé tomber le 4-2-3-1 qui lui valait tant de critiques sur sa frilosité pour lancer un 4-3-3, emballant face au Costa Rica (2-1) puis décevant face à la Tunisie (1-1). Où vont les Bleus?
L'Allemagne de Joachim Löw a d'ailleurs effectué plusieurs tests avec une organisation en 4-2-3-1. "Il va y avoir beaucoup de spéculations durant les prochains jours", a déclaré Löw, qui doit écarter deux joueurs pour ramener sa sélection à 23 au 1er juin. "Les entraîneurs vont se concerter dimanche et lundi avec l'encadrement et annoncer l'équipe mardi".
Et déjà des surprises pendant les matches de préparation. La Côte d'Ivoire a ainsi été rejointe sur le fil par le Paraguay (2-2). La Nouvelle-Zélande a elle battu la Serbie 1-0. Les "All-Whites" ont aligné un 3-4-3 qui évolue parfois en 5-4-1.
D'autres sélections sont en pleine réflexion, voire en plein doute. Le sélectionneur de l'équipe d'Algérie, Rabah Saâdane, reconnaît que son attaque pose problème, mais il devrait aussi se pencher sur sa défense, son équipe ayant été battue lourdement contre l'Eire (3-0). Les Verts ont encaissé onze buts en quatre rencontres depuis la demi-finale de la CAN 2010 perdue contre l'Egypte (4-0) en janvier, sans en avoir inscrit un seul but.
L'attaquant Abdelkader Ghezzal souvent titulaire n'a pas marqué depuis octobre et le match contre le Rwanda (3-1) des qualifications jumelées à la CAN et au Mondial 2010.
Et puis il y a ceux qui affichent leurs ambitions, en toute honnêteté. "S'il faut jouer sale pour gagner, nous le ferons, ce qui compte avec la Coupe c'est gagner", a ainsi lancé l'attaquant du Brésil Luis Fabiano. Fini le beau jeu qui avait marqué l'Euro-2008 avec les orfèvres de l'Espagne? AFP

*Liste des 23 + 1 sélectionnés en équipe de France
Raymond Doemench n'a donc pas choisi 23 mais bien 24 joueurs, voici donc les 24 joueurs appelés en Equipe de France pour la Coupe du Monde : actuellement l'Equipe est dans l'optique de former un groupe et une cohésion qui leur permettra d'aller loin dans la compétition.
Gardiens : Hugo Lloris, Steve Mandanda, Cédric Carrasso
Défenseurs : William Gallas, Eric Abidal, Bakary Sagna, Patrice Evra, Gaël Clichy, Marc Planus,, Anthony Réveillère, Sébastien Squillaci
Milieux de terrain : Abou Diaby, Alou Diarra, Lassana Diarra, Yoann Gourcuff, Florent Malouda, Jérémy Toulalan
Attaquants : Nicolas Anelka, Djibril Cissé, André-Pierre Gignac, Sidney Govou,, Thierry Henry, , Franck Ribéry,, Mathieu Valbuena. Mondial 2010.net

*Angleterre: les dernières interrogations de Capello avant le Mondial
A 10 jours de son premier match du Mondial-2010 contre les Etats-Unis, Fabio Capello tient à peu près son équipe d'Angleterre à quelques points d'interrogation près (quel gardien? qui avec Rooney?), mais ses plans sont chamboulés par la blessure de Gareth Barry.
L'entraîneur de l'équipe d'Angleterre Fabio Capello, le 30 mai 2010 à Graz en Autriche.
"Je connais 22 des 23 joueurs, mais vous devez attendre", a dit Capello à l'issue du match amical gagné contre le Japon (2-1). Il n'y aura pas de décision avant le 1er juin. A la veille de réduire son groupe de 30 à 23 joueurs pour le Mondial, le sélectionneur italien n'hésite que pour un homme, sans dire lequel.
Il a également une idée de plus en plus précise de son onze de départ. S'il est bien difficile de savoir qui gardera les buts pour le premier match de l'Angleterre contre les Etats-Unis, le 12 juin, la défense Glenn Johnston-Rio Ferdinand-John Terry-Ashley Cole semble fixée.
Dans les cages, David James, 39 ans et des boulettes, dispute la place à Joe Hart, le prometteur mais un peu jeune (23 ans) gardien de Birmingham. Mais Robert Green (30 ans) n'a pas perdu tout espoir. Difficile de savoir qui Capello va titulariser au poste qui est notoirement le point faible de son équipe.
Au milieu, Steven Gerrard et Frank Lampard sont sûrs d'en être, reste à savoir avec qui et dans quel dispositif. Avec Gareth Barry dans un rôle de balai devant la défense, comme Jérémy Toulalan avec l'équipe de France, la paire d'as Gerrard-Lampard pouvait regarder devant et s'occuper d'organiser l'attaque.
Mais Barry a été blessé aux ligaments d'une cheville le 5 mai et Capello doit trouver une autre solution, au moins face aux USA.
"J'espère que Barry sera opérationnel, c'est un joueur très important pour nous, il a joué tous les matches (de qualification), admet Capello. Nous devons attendre l'avis des médecins. Après nous déciderons s'il vient en Afrique du Sud avec nous".
Selon de nombreux observateurs, la décision serait prise: Barry vient, tant le milieu de Manchester City a acquis une importante cruciale dans les plans du +Mister+.
En attendant son retour, Aaron Lennon, Theo Walcott, Shaun Wright-Philips et Joe Cole se disputent les places restantes. Cole a marqué des points en remplaçant avantageusement un pâle Darren Bent contre le Japon.
Le dernier titulaire à coup sûr est Wayne Rooney, qui sort d'une saison ébouriffante. Il peut jouer soit seul en pointe, avec Cole en dix et demi derrière lui, soit associé à un autre attaquant, en général Emil Heskey, complémentaire de son style.
En attendant le premier onze, Capello va déjà annoncer son vingt-trois. Mardi soir, le téléphone doit sonner dans certaines chambres de joueurs à Irdning, leur lieu de stage en Autriche... AFP

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