Arme tribale
Autant le reconnaître tout de go. Le Gouvernement a réagi de façon appropriée par rapport à la campagne d'incitation à la haine ethnique lancée au Katanga par certains acteurs politiques et sociaux. Au Katanga comme ailleurs, il s'agit davantage d'une gué-guerre de repositionnement de certains opérateurs politiques que d'une véritable tension intercommunautaire. La tribu est juste instrumentalisée pour arriver à ses fins. Une constante dans l'histoire politique de ce pays depuis l'indépendance.
La résurgence de l'ethnicisme devrait interpeller l'ensemble de l'élite congolaise au premier rang de laquelle le Gouvernement central. Si la Constitution bannit, à juste titre, toute sorte de discrimination, la pratique sociale tend à légitimer quantité d'antivaleurs à consonance tribaliste ou, en tout cas, sectariste. Lors de nomination au sein de l'appareil d'Etat ou dans les entreprises du portefeuille,il est courant que la province d'origine, le district, le territoire, le secteur ou la tribu de l’heureux promu récupère l'événement.Ainsi, voit-on un ministre, un chef d'entreprise publique "fêté" par ses frères de tribu. Les mêmes sont prêts à vociférer dès que leur "frère", est en passe de perdre, pour l'une ou pour l'autre raison, son poste. Cette tribalisation de l'exercice du pouvoir fait même qu'il s'agit que les mandataires de l'Etat sont désignés non pour satisfaire leur tribu, mais pour gérer le bien public. Conséquence, une fois qu'on n’est plus aux responsabilités, on agite la tribu ou l'ethnie comme épouvantail.
Ce qui se passe au Katanga obéit à ce schéma si classique dans le mode opératoire zaïro-congolais. Et le discours ethniciste trouve dans le dénuement ambiant un terreau pour prospérer. A des jeunes désoeuvrés sans autre perspective que le banditisme ou le hooliganisme pour survivre, il n'en faut pas plus pour les embrigader dans des aventures populistes. Seulement, ce genre d'aventure coûte au finish cher, très cher au pays. C'est pourquoi, le gouvernement ne devrait pas avoir pour seule réponse la répression. A Kinshasa comme à Lubumbashi, l'antidote à l'ethnicisme passe par la remise au travail des populations. La démission de l'Etat de ses responsabilités en termes de prise en charge de la société pousse, en particulier, les jeunes dans les bras du premier vendeur d'illusions.
Ce regain d'ethnicisme à Lubumbashi est aussi un coup de semonce pour les théoriciens du découpage territorial. Celui-ci risque de créer plus de problèmes qu'il n'en aura résolu. Car, ceux des acteurs politiques en mal de poste perçoivent la création des nouvelles provinces comme l'ultime chance. Et les populations paupérisées et instrumentalisées par des leaders tribaux rêvent déjà des entités ethniquement pures que produira le fameux démembrement à venir. Bonjour le tribalisme !
José NAWEJ
L’avertissement de Boshab
Dans le microcosme kinois, on n’a pas fini de décrypter le message d’Evariste Boshab le 4 janvier dernier, le Secrétaire général du Pprd n’a pas eu de mots assez durs pour fustiger ceux qu’il a appelés «chauve-souris politiques» ou encore «caméléon politiques». Le coordonnateur du parti présidentiel faisait allusion à ceux des sociétaires de l’AMP et alliés à la posture frondeuse. Depuis un certain temps, des voix discordantes et même très critiques sur l’action de la coalition au pouvoir émanent des rangs même de la majorité. En dehors de réactions -somme toute-a minima du Secrétariat exécutif de l’AMP, aucune «bouche autrement plus autorisée» n’a recadré les différents «réformateurs» et «rénovateurs».
Voilà qu’en cette rentrée, c’est l’un des vizirs du Raïs qui monte au créneau. Et pas n’importe lequel. Puisqu’en kabilie où la division du travail est sacrée, Boshab ne fait ni le griot, ni le fou du Roi. Cet homme ne parle que lorsqu’il a à dire. Ou quand il est dûment mandaté. De ce point de vue, la réaction du principal parti de l’AMP paraît indiquer la nouvelle doctrine du PPRD en rapport avec les alliances politiques. «Tolérance zéro», en cas de dérapages dans la conduite des partenaires du parti présidentiel. Tous les sociétaires de la Majorité peuvent se le tenir pour prévenus.
Assurément, le Pprd n’entend pas se laisser compter alors que le pays entre dans la dernière ligne droite du quinquennat.
Politiquement parlant, la mise en demeure de Boshab à l’endroit de «rabat-joie» de la Majorité se comprend. A l’horizon 2011, le Pprd sera le principal comptable devant le souverain primaire. Initié par Joseph Kabila en personne, le Pprd incarne le pouvoir plus que tout autre parti politique de l’AMP. Plus qu’une formation au pouvoir, le Pprd est le parti du pouvoir.
Reste que l’agitation qui secoue l’AMP est inhérente à la nature même de la plate-forme présidentielle. Difficile de parler un même langage dans une coalition dont l’unique point commun était le soutien intéressé à la candidature de Joseph Kabila. Illusoire de partager une vision commune dans une plate-forme fourre-tout. Au sein de l’AMP, on retrouve, en effet, pêle-mêle des nationalistes kabilistes-façon M’zee-, des kabilistes de la deuxième vague-proches du Raïs-, des libéraux affairistes et des mobutistes en mal de reconversion .Normal donc ,dans ces conditions, qu’on tire à hue et à dia au gré des intérêts corporatistes de chaque chapelle. S’il avait été encore de ce monde M’Zee Kabila aurait, sans doute, qualifié l’AMP d’un «conglomérat d’opportunistes». Qui dit mieux! José NAWEJ
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GOUVERNEMENT INCOMPLET, REMANIEMENT TOUJOURS ATTENDU, BUDGET RENVOYE, DEMOTIVATION ...
La RDC bloquée !
* Désormais, tous les regards sont tournés vers Joseph Kabila de qui on attend un signal fort pour «l’année du social»
L’an 2010, déclaré année du social, risque de rater le coche si des précautions ne sont pas prises à temps en vue de donner déjà l’impulsion nécessaire pour atteindre les objectifs assignés. Bon nombre d’observateurs parient sur cette thèse au regard du tableau qui s’affiche telle une lampe rouge qui indique que la voiture roule avec un réservoir en réserve. Face à cette alerte, pour éviter une panne sèche, il est généralement conseillé de s’arrêter à la première station service qui se présente pour s’approvisionner en carburant. Désormais, tous les regards sont rivés vers Joseph Kabila.
A quand donc le remaniement du Gouvernement central? Apparemment, cette question, plus on se la pose, plus on retarde l’échéance. A cette allure, la Rdc risque de rater l’opportunité qui se présente actuellement avec tous les postes visiblement vacants au sein de l’Exécutif national. Que des départs depuis un bon bout de temps là où plus d’un Congolais attend, il y a des mois que cela dure, le remaniement annoncé en son temps. Ce retard a pour effet, de démobiliser certains ministres qui se trouvent désormais, sur le qui-vive. Mais, à première vue, l’attente se poursuivrait encore et le remaniement réputé imminent du Gouvernement tenterait de contourner l’opportunité qui se présente à la RDC en vue de réussir le décollage d’une année dite du social.
LA RDC PARALYSEE
Le tableau qu’affiche présentement la RDC est loin de garantir le décollage souhaité de l’année 2010 voulue du social, constatent certains observateurs qui n’hésitent pas à parler de paralysie. Au sein du Gouvernement central, déjà amputé de plusieurs membre, la démotivation se lit sur les visages de plusieurs ministres. Des chefs de partis n’entendent pas céder leurs fauteuils, même pour aller préparer la campagne des élections de 2011. Certains ministres, craignant de figurer en bonne place sur la liste des partants n’auraient plus le coeur à l’ouvrage et il s’agirait de prendre des dispositions nécessaires pour gérer la traversée du désert qui se présente généralement aux politiciens congolais dès qu’ils quittent les postes ministériels. Du côté des partenaires, les ministres actuels devant affronter la dure épreuve du remaniement, on se réserve en attendant d’avoir des assurances.
Au même moment, la RDC navigue à vue parce que le budget voté au Parlement a été renvoyé par le chef de l’Etat au motif que le personnel politique se serait fait la part belle en foulant aux pieds l’aspect social collé à l’an 2010. Il faudra encore attendre la session extraordinaire du Parlement (Sénat et Assemblée nationale) pour connaître des ajustements qui seront apportés au budget national. Pourtant, pour le même budget, les fondamentaux sont connus et il ne sera question que d’affecter certaines dépenses en fonction des priorités fixées par le chef de l’Etat. Ce qui, logiquement, ne devrait pas gêner le remaniement du Gouvernement. Le long suspense entretenu commence même à être mis à contribution par les partisans d’un bouleversement jugé total au sein de l’Exécutif congolais.
LES ETATS-MAJORS POLITIQUES
DEJA EN EBULLITION PENDANT QUE LES REGARDS SE TOURNENT DEJA VERS JOSEPH KABILA
Les différents états-majors politiques, pendant ce temps, sont véritablement en ébullition et tous les coups semblent permis pour déblayer le terrain dans l’intention manifeste de tirer profit du remaniement en gestation. Question de prendre place à bord du train et de saisir l’occasion pour préparer les prochaines échéances électorales. La diabolisation et d’autres stratégies de disqualification politique sont mises à contribution pour goûter aux délices du pouvoir. Certains députés nationaux mettent la main à la pâte parce qu’apparemment fatigués de légiférer pendant que les ministres se la coulent généralement douce, estiment-ils. La bataille est ainsi ouverte. Car, c’est ce genre de tableau qu’adorent les infatigables chasseurs des postes. Et toute paralysie en la matière permet de manoeuvrer pour se taper une place de choix et ainsi goûter aux honneurs.
Bref, le tableau actuel n’est pas de nature à apaiser les esprits. Du coup, tous les regards sont tournés vers le président Joseph Kabila dont attend un signal fort pour l’année du social. Or, pour atteindre cet objectif, il importe de passer rapidement à l’essentiel et non de compter sur une certaine élasticité du temps, le remaniement est donc une nécessité ! De la même manière que l’actuelle mandature amorce déjà son dernier virage, alors que l’on croirait que c’est à peine qu’elle venait de commencer, l’an 2010 risque de ne pas tergiverser pour, en fin de compte, surprendre les Congolais en opérant sa descente. «Racheter le temps, les jours sont mauvais», conseille-t-on comme pour dire que pour ne pas regretter le passé, il faut émerveiller le présent. Il revient donc au Raïs d’apporter une nouvelle impulsion à la machine. M. M.
Affaire De Gucht : le député national Tshibangu Kalala redoute un piège
Ce qu'il convient d'appeler " Affaire De Gucht " continue à alimenter la chronique. Des acteurs politiques congolais commentent, chacun selon les convictions de son obédience, la décision des autorités congolaises de refuser le visa à M. Karel De Gucht pour ses propos jugés indélicats. C'est de la sorte que certains estiment que le Gouvernement congolais serait tombé dans le piège de la déclaration du commissaire européen au Développement .
C'est le cas du député national Tshibangu Kalala, membre de l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP), cité par radiookapi.net. Sans y aller par quatre chemins, Tshibangu Kalala indique : " Je trouve qu'on est allé trop loin. Ça ne sert à rien, là on tombe dans un piège ". Car, se défend-t-il, on ne peut pas, en même temps, vouloir coopérer avec un pays et refuser à son ministre .... le visa d'entrée sur le territoire national. Le député de l'AMP d'enfoncer le clou : "Si vous dites que Karel De Gucht ne peut pas venir au Congo, mais c'est votre interlocuteur privilégié pour collaborer et coopérer avec l'Union européenne ". Pour Tshibangu Kalala, le Gouvernement de la Rdc aurait pu, au contraire, adopter une autre attitude : «S'il veut venir ici, qu'il vienne, et qu'on lui dise : Monsieur, vous venez faire quoi ici parce que nous sommes des incompétents ?. Donc, il y avait moyen de faire autrement les choses. C'est l'Union européenne qui nous intéresse, et pas Karel De Gucht. Il ne fallait pas tomber dans ce piège là".
Un autre député national, cette fois-ci de l'opposition, apporte aussi sa contribution. Jean-Claude Vuemba estime, lui, que dans cette affaire, c'est le peuple congolais qui est perdant. " Dans cette affaire, qui gagne et qui perd ? Le Congo a énormément besoin de l'Union européenne, surtout de son commissaire au Développement qui a plus de 200 millions de dollars pour le peuple congolais ", souligne-t-il avant de conclure qu'à tous les différends que la RDC a toujours eus avec la Belgique, c'est le Congo qui a toujours perdu, " même à l'époque du grand maréchal." FDA
EN PREVISION DE PROCHAINES ELECTIONS
L'UPC de Thomas Lubanga initie une coalition d'anciennes milices à Bunia
A l'Union des patriotes congolais, parti politique cher à Thomas Lubanga encore en séjour à La Haye, l'heure est déjà à la préparation des prochaines élections. A partir de l'Ituri, au cours d'une conférence de presse organisée pour la circonstance, John Tianzabo, président ad interim de l'Upc, a lancé un appel aux anciennes milices locales, des formations politiques aujourd'hui, pour la formation d'une coalition politique, à en croire radiookapi.net
Au cours de cette conférence de presse tenue lundi dernier, John Tinanzabo a clairement indiqué que c'est en prévision des élections prochaines que son parti lance cette initiative. Au nombre des partis politiques ciblés, l'on cite le Front des Nationalistes et Intégrationnistes (FNI) et le Parti pour l'Unité et la Sauvegarde de l'Intégrité du Congo, (PUSIC).
Très concrètement, l'Union des patriotes congolais vise une coalition politique dans le but de remporter les prochaines élections. Pour John Tinanzabo, pourrait avoir l'avantage de " présenter l'Ituri comme une famille politique capable d'imposer démocratiquement ses desiderata ".
En réaction à cet appel, le président du FNI, Joseph Désiré Tchura, reconnaît que " l'initiative n'est pas mauvaise", mais il déplore, cependant, le fait que " le président a.i de l'UPC l'ait médiatisée avant d'engager un seul contact dans ce sens avec son parti politique ". FDA
HERITIER DU COMBAT POLITIQUE DE PATRICE ELERY LUMUMBA
Antoine Gizenga à l’honneur demain à l’Académie des Beaux arts
Le Bureau d’actions et d’éveil culturels à l’éducation nationale (BAC) organise demain jeudi, le 14 janvier dans la salle de promotion de l’Académie des beaux arts (ABA) à Kinshasa-Gombe, une Conférence sur le livre « Antoine Gizenga, le combat de l’héritier de Patrice Lumumba », de Jean Mpisi. Présidée par Jean-Marie Ntantu Mey, président du Bac, la conférence connaîtra la participation d’autres intervenants, dont le Pr Mathias Bwabwa wa Kayembe, président de l’Union des écrivains du Congo.
Selon un document déposé hier à nos bureaux, cette conférence s’inscrit dans la logique du triple anniversaire que le pays s’apprête à commémorer au courant de cette année 2010. Il s’agit, à titre de rappel, de la célébration du Cinquantenaire (le 30 juin), le 49ème anniversaire de l’assassinat du Premier ministre Patrice Emery Lumumba (le 17 janvier) et le 9ème anniversaire de l’assassinat (le 16 janvier) du Président Laurent-Désiré Kabila.
Le livre, comme le révèle son intitulé, retrace le combat politique du patriarche Antoine Gizenga, Chef du Parti Lumumbiste unifié (PALU). Plus qu’une production littéraire, « Antoine Gizenga, le combat de l’héritier de Lumumba » est une véritable mine d’or pour des chercheurs présents et futurs de l’histoire infalsifiable de la RD Congo. Ouvrage de grande facture, l’œuvre de Jean Mpisi a bénéficié de la touche particulière du Pr Elikya Mbokolo qui a préfacé le livre. L’apport de cet historien, l’une de grandes figures du monde scientifique de la RD Congo, a conféré à l’ouvrage toute son autorité.
En effet, Patrice Emery Lumumba mort, a engendré beaucoup d’autres Lumumba idéologiques. Mais la vraie question est de savoir combien de ces Lumumbistes demeurent encore fidèles à l’idéal de la lutte de Patrice Emery Lumumba. A cette question, nombre d’analystes politiques s’accordent sur le fait que le « lumumbisme », plus qu’un courant idéologique, est devenu un fond de marketing politique pour de fauves en peau de brebis. Objectif, se taper une certaine popularité et participer au pouvoir. Sorti du lot, le secrétaire général du PALU qui s’est fait remarquer par la constance à son idéologie lumumbiste, teintée de nationalisme. Plus de trois décennies, le leader du Palu a fait preuve de résistance ; de fidélité à son combat en dépit des sollicitudes d’un régime avec lequel il n’avait guère partagé la même vision de la gestion de la Res-publica.
En organisant la conférence d demain, le Bac entend rester fidèle à sa raison sociale. Parmi les objectifs qu’il poursuit, le Bac assure la promotion des produits culturels, facilite l’organisation des conférences et autres rencontres à la demande des tiers suivant des conditions à convenir.
Crée en octobre 1989, le Bac compte plusieurs réalisations à son actif. Il s’agit, entre autres, des « hommages, pendant quatre ans successifs, depuis 1996, à feu Norbert Mikanza Mobyem », « hommages depuis 1999, à Antoine Roger Bolamba » ; « Hommages à M. André Lufwa Mawidi(sculpteur du grand batteur de tam-tam de la Fikin), « hommages, trois fois consécutives, depuis le 14 juin 1999, au regretté Cardinal Joseph Albert Malula ».
Laurel KANKOLE
Ne Muanda Nsemi juge négatif le bilan de 50 ans d’indépendance de la RDC
A l’occasion de l’anniversaire du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC, Ne Muanda Nsemi, député national et président national du parti panafricaniste d’avant-garde Bundu dia Mayala (BDM), a pris un engagement de tenir une série de conférences de presse pour tenir le peuple congolais en haleine. C’est ce qui justifie la Conférence de presse qu’il a animée hier, mardi 12 janvier 2010 dans sa résidence à Macampagne.
Au cours de cette rencontre avec la presse, l’élu de Luozi a fait la rétrospective, en décriant les différentes failles et dérapages qui ont caractérisé ces 50 ans de l’indépendance de l’homme politique actuel.
«Ce début du mois de janvier 2010, nous sommes à l’orée d’une année jubilaire», a déclaré cet homme politique. En effet, le pays fêtera le 30 juin prochain 50 ans d’âge depuis son accession à indépendance le 30 juin 1960. Selon l’enfant terrible de Luozi, célébrer un tel jubilé d’or, revient à trois choses majeures à savoir : d’abord rendre grâce à Dieu pour tous les bienfaits reçus, ensuite évaluer ; c’est-à-dire mettre en lumière les acquis de ces 50 ans d’indépendance, mais aussi faire, sans faux fuyants une autopsie de tout dérapage et toute négligence qui ont porté atteinte à la bonne marche du pays. Enfin, planifier et définir de nouveaux comportements à adopter et élaborer des nouveaux projets de société pour un avenir meilleur pour tous. Car, la richesse d’un pays, c’est tout d’abord et surtout son potentiel humain. La diversité culturelle de la RDC est impressionnante, a reconnu le n°1 de BDM.
En dépit de pesanteurs qui retardent encore l’essor d’un Congo fort et prospère au cœur de l’Afrique, certains fils et certaines filles ont été au-dessus du lot dans l’effort de bâtir un pays digne de ce nom. Rendre grâce, c’est aussi rendre un vibrant hommage à nos héros et martyrs de la liberté, de la justice et de la paix. La liste de ces héros est longue. D’où, il a cité Joseph Kasa-Vubu, Patrice Lumumba, Marie Clémentine Anuarite Nengapeta, Isidore Bakanja, Simon Kimbangu… ainsi qu’a-t-il indiqué, pour la richesse de la diversité ethnique et culturelle du pays et pour tous ces congolais et toutes ces congolaises, connus et anonymes, morts ou encore en vie, qui ont donné ou donnent encore de leur vie et de leur sang pour la cause du Congo, il convient également de rendre grâce.
Cependant, après 50 ans d’indépendance, il est de bon aloi a estimé Ne Muanda Nsemi de jeter un regard rétrospectif et critique sur les différentes réalisations individuelles et collectives. Ce, depuis le jour sacré du 30 juin 1960 à nos jours. C’est cet exercice qu’il nous convie à faire individuellement et collectivement, tout au long de cette année jubilaire, sans atermoiements ni tergiversations. Car, toute complaisance et tout recours aux subterfuges en vue d’exonérer, sans procès, le passé ne pourront que jeter l’opprobre sur les 50 années à venir.
D’après l’instructeur Kongo, en 1921, le prophète Simon Kimbangu prophétisa l’indépendance prochaine du Congo belge, de l’Afrique et des pays colonisés du monde. A partir de 1954, sous la conduite des leaders de l’Association des Bakongo (Abako), présidée par Joseph Kasa-Vubu, les Bakongo se lancèrent dans la phase décisive pour l’indépendance du Congo.
Les colonialistes se lancèrent dans une vaste opération de manipulation des leaders de certaines ethnies du Congo-belge, qu’ils dressèrent contre les Bakongo, afin de faire capoter l’avènement de l’indépendance. Lorsque les colonialistes se rendirent compte que l’indépendance du Congo était inévitable, ils se mirent à manipuler certains leaders congolais, afin qu’ils puissent se disputer le fruit du travail effectué par les Bakongo et ainsi chercher à voler la victoire du peuple Kongo.
Les colonialistes avaient beau diaboliser Simon Kimbangu, Kasa-Vubu et les Bakongo, mais peine perdue. Car, dans leur for intérieur, les vieillards de toutes les ethnies du Congo-belge savaient que l’indépendance du Congo était essentiellement due à une forte impulsion donnée par Simon Kimbangu et Kasa-Vubu.
A en croire Ne Muanda Nsemi, lorsque deux ethnies étaient en conflit, pour leur réconciliation, elles s’adressaient non pas à Lumumba, ni à Bolikango, mais plutôt à Joseph Kasa-Vubu. Il a également fait savoir que cinquante années après l’indépendance du Congo, les Bakongo sont toujours victimes de l’intoxication que les colonialistes avaient inoculée dans les cœurs de membres de certaines ethnies congolaises, à qui les Bakongo n’ont pourtant jamais fait mal. Voilà pourquoi, jusqu’à ce jour, tout régime placé au pouvoir par Nakiasuama s’acharne à combattre la culture Kongo, en l’occurrence Bundu dia Kongo, à commettre les injustices envers les Bakongo, à brader leur terre.
Pour ce faire, l’élu de Luozi a demandé aux congolais de se réveiller ; car, beaucoup d’entre eux ne savent pas la vraie motivation de celui qui les incitent à haïr les Bakongo qui n’ont rien fait de mal. Car celui qui sème la haine, récoltera la haine, a-t-il ajouté. Selon lui, la haine entre différentes ethnies de la RDC, ne cimentera jamais l’unité de ce pays. Il a aussi déploré que le monument de Kasa-Vubu soit érigé au rond-point Kimpwanza au lieu que cela soit construit sur un lieu honorifique comme le Boulevard du 30 juin, la Place de la Gare centrale et de la Cour suprême.
Il a aussi saisi cette opportunité pour apprécier la politique de la reconstruction équitable entre le Sud et le Nord du Congo-Brazzaville pratiquée par Sassou.
Simard Simon TSOUMBOU
Ocha déplore le taux alarmant de mortalité infantile qui s’élève à 12% à Dongo
La situation dans le District du Sud-Ubangi, dans la province de l’Equateur, reste préoccupante malgré l’annonce de la reprise de la localité de Dongo par les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) le 13 décembre dernier. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont déplacées internes et d’autres dizaines de milliers se retrouvent réfugiées en République Centrafricaine et en République du Congo, à en croire la dernière mission inter agence qui a réévalué la situation humanitaire dans ce district du 21 au 28 décembre 2009.
Selon Ocha, le profil humanitaire dressé par cette mission est très alarmant : le taux de mortalité infantile est de 12%, le taux de malnutrition chronique est 45% (source PRONANUT), le taux de prévalence VIH/Sida est de 5,3% (source PNLS), seulement 27,8% de couverture en eau potable (cluster WASH), 17,5% des ménages sont en insécurité alimentaire sévère et 46% en insécurité alimentaire modérée (source FAO) et, enfin, l’accessibilité physique à la région est juste de l’ordre de 14%.
Tout en notant que la mission inter agence recommande entre autre la finalisation urgente du plan de réponse et le lancement des opérations de l’assistance humanitaire au début de l’année 2010. A en croire la mission, le nombre de personnes déplacées internes estimé à 59 814, pourrait augmenter après consolidation des nouvelles données récoltées. Selon les dernières statistiques du Ministère de l’Intérieur de la République du Congo (RDC) publiées le 7 décembre, 83 912 Congolais de la RDC se trouvent actuellement en RDC et, selon la communauté humanitaire de la République Centrafricaine, 7 500 Congolais en provenance du territoire de Libenge ont trouvé refuge à Moungoumba.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a effectué des distributions pour les personnes déplacées suite aux violences en Equateur. A ce jour, le PAM a distribué un total de près de 48 tonnes de vivres à 5 739 personnes déplacées dans les localités de Bozene et Boyazala en Equateur. Les rations d’un mois sont composées de maïs, d’huile végétale, de haricots et de sel. Le PAM pourra accroître ses distributions si la situation sécuritaire le permet.
En province du Katanga, une mission inter agence a été organisée par recommandation du Comité Provincial Inter agences au Katanga, dont le but était d’actualiser les données concernant la population déplacée et de faciliter le déploiement prochain de l’assistance humanitaire sur terrain. A entendre Ocha, la mission était composée des partenaires opérationnels du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) notamment ASADHO, AIDES et AHA.
La mission a identifié 2 309 ménages déplacés, composés de 10 875 personnes. Ils proviennent surtout de neuf villages du Sud Kivu et d’un village de Maniema (Lokolo). Les déplacés ont été reçus dans quelques villages katangais. Environ 45% des déplacés vivent dans des ménages d’accueil.
L’actualité au Nord-Kivu est dominée par l’éruption du volcan Nyamulagira depuis la nuit du 1 au 2 janvier. Il s’agit du volcan le moins dangereux pour la ville de Goma, et ses éruptions sont fréquentes (les deux dernières remontent à 2002 et 2006). L’autre volcan, le Nyiragongo, avait dévasté Goma en janvier 2002. La coulée de lave observée est assez importante et menace de couper la route Goma-Sake dans les jours qui suivent. Ocha affirme qu’aucune victime n’est à déplorer. Au nombre des conséquences humanitaires éventuelles nécessitant un suivi régulier de la situation, il y a la pollution de l’eau et de l’air par des particules nocives pouvant entraîner maladies respiratoires et cutanées. Les clusters Santé et Wash font le suivi.
Il y a aussi une possible coupure de l’axe Goma-Sake. Les mesures à prendre dans un tel cas sont actuellement discutées au sein de la cellule de crise qui a été mise sur pied.
La cellule de crise réunit quatre représentants gouvernementaux et six organisations spécialisées.
Les statistiques de la zone de santé de Mutwanga, au Grand Nord, renseignent que 45 cas suspects de choléra, dont trois décès, ont été enregistrés à l’Hôpital général de Mutwanga depuis le déclenchement de cette épidémie, au début du mois de décembre. Médecins sans Frontières-France (MSF-F) organise la prise en charge médicale des patients et Oxfam GB a redéployé ses équipes pour organiser des activités de prévention, à savoir la chloration de l’eau et la sensibilisation communautaire à l’hygiène et l’assainissement. Par ailleurs, les sources de la localité de Bulongo, localité située à 40 km de Beni, informe que cinq cas suspects de choléra ont été reçus dans le centre de santé Kitokoli l. Mathy MUSAU
Révision de la Constitution : Joseph Mushagalusa lève les équivoques
La révision de la Constitution n’est pas formellement reprise dans les ordres du jour des sessions extraordinaires de l’Assemblée nationale et du Sénat qui s’ouvrent ce vendredi 15 janvier 2010. Cependant, l’échauffement des esprits qui s’observe dans le débat houleux qui a cours depuis quelques mois, laisse croire que le Parlement pourrait être consulté à cet effet suivant les dispositions pertinentes de la Loi fondamentale. Cette perspective paraît plausible lorsque l’on se souvient que depuis quelques mois, une structure convoquée par le Chef de l’Etat évalue l’application de la Constitution de la RDC. Elle est d’autant plus plausible aussi que plusieurs autres initiatives s’activent pour faire des propositions de révision de la Constitution.
Il ne reste pas moins que cette éventualité pourrait se concrétiser dans un contexte chargé de tension, de suspicion et de procès d’intention, surtout à charge du Président de la République qui a pourtant assumé ses prérogatives en se prononçant, dans son discours sur l’état de la Nation via le Congrès prononcé le 7 décembre 2009, sur la nécessité de réviser la Constitution, allant jusqu’à avancer certains points pouvant en faire l’objet.
Intervenant dans ce débat houleux, Joseph Mushagalusa Ntayondeza’Ndi, Procureur général de la République Emérite, se place au milieu du village pour rappeler les uns et les autres à la raison. Dans sa réflexion ci-dessous, qui se veut pédagogique, il n’intervient pas dans le fond du débat, c’est-à-dire les matières supposées révisables et qui envoient les « protagonistes » aux extrêmes. Son analyse a le grand mérite de lever les équivoques sur tous les préalables au débat qui semble s’être prématurément engagé sur le fond. Faisant parler les dispositions constitutionnelles et rien qu’elles, Joseph Mushagalusa démontre, d’abord, que le principe de la révision constitutionnelle est acquis puisque posé par les articles 218 et 220 de la Constitution. Il démontre aussi qu’aucune disposition constitutionnelle ne peut échapper à ce principe, puisque « les garanties que les constituants peuvent vouloir accorder à certains principes s’observent difficilement du fait du caractère dynamique de la vie politique » et qu’au demeurant, « le constituant est souverain, il lui est loisible d’abroger, de modifier ou de compléter des dispositions constitutionnelles dans la forme qu’il estime appropriée ».
Même les dispositions affichées comme intangibles peuvent être touchées, assure Mushagalusa qui en arrive à conclure que la mise sur pied d’une structure de réflexion et même ses réflexions ne sont pas une initiative de révision constitutionnelle. Celle-ci n’est effective que lorsque le Président de la République en saisit les deux chambres du Parlement. Enfin, en cas de Confirmation des points à réviser, ceux-ci peuvent être approuvés comme révision soit par le peuple à travers un référendum, soit par le Parlement à la majorité des trois différentes chambres, soit 365 membres (364,8) à raison de 300 députés et 65 (64,8) sénateurs.
Ci-dessous la réflexion de Joseph Mushagalusa. Jonas Eugène Kota
Problématique de la révision de la constitution
de la République D émocratique du Congo du 18 février 2006
(Par Joseph MUSHAGALUSA NT.)
PROLEGOMENES
Depuis qu’est connue la création par le Président de la République d’une structure chargée d’évaluer l’application de la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC), i! est né concomitamment une vague d’opinions divergentes. Les langues se sont déliées, et les chaînes de télévision se sont déchaînées.
Il y en a qui ont pensé que la Commission composée des «représentants de la Présidence, de la Primature, du Sénat, de l’Assemblée Nationale ainsi que de la Cour Suprême de Justice, tient à réviser certains articles de la Constitution qui seront présentés à !a Chambre Basse et Haute du Parlement Congolais » pour, notamment, revoir le mandat du Chef de l’Etat qui passerait de 5 à 7 ans ; proposer des modifications sur le nombre de provinces, .... (Journal, LE REFLEXE, Hebdo, n° 19 du 15 octobre 2009, éditorial, p. 2).
Certains autres ont estimé que la République Démocratique du Congo étant encore en état de guerre, la révision constitutionnelle n’est pas possible ainsi que prescrit, d’ailleurs, par l’article 219 de la Constitution. Ils ont même crié au scandale (Maître Oscar N’kashama. La révision constitutionnelle, la loi fondamentale va-t-elle être humîïiée ? in journal, Le Potentiel n° 4749 du 12 octobre 2009, p. 9).
A ce stade, il y a lieu d’observer que la République Démocratique du Congo n’est pas en guerre. Ce concept signifie, en effet, sur le plan international, un conflit armé entre deux ou plusieurs Etats, chacun des belligérants cherchant à soumettre son ou ses adversaires à sa volonté par la force (Gérard CORNU, vocabulaire juridique, Quadrige/PUF, p. 442 ; Raymond GUILLIEN et Jean VINCENT, Lexique des termes juridiques, DALLOZ, 2007, p. 334) et au plan interne, une lutte armée entre groupes et citoyens d’un même Etat qu’on appelle guerre civile (Le Nouveau Petit Robert de la langue française, 2008, p. 1198).
D’autres ont prétendu que « le débat actuel est tellement indigeste qu’il risque d’empoisonner inutilement la situation » (Journal DEMAIN LE CONGO, Révision constitutionnelle : allons-nous vers le schéma nigérian ? Edition n° 1185 du 6 octobre 2009, p. 1).
Enfin, il y en a qui ont approuvé l’idée estimant que le programme de toute entreprise mérite d’être constamment visité soit pour s’assurer qu’il n’y a pas eu dérapage, soit pour se garantir que la ligne de conduite continue à être respectée.
La Constitution de la République Démocratique du Congo en vigueur date du 18 février 2006. Elle est donc âgée de trois ans. A cet âge déjà, des questions peuvent se poser : la constitution, est-elle appliquée ?, est-elle respectée ?, continue-t-elle à être en harmonie avec les circonstances ?
- L’article 2 de la Constitution dispose que la République Démocratique du Congo est composée de la Ville de Kinshasa et de 25 provinces dotées de la personnalité juridique. Et aux termes de l’article 226, les dispositions de cet article (2) « entreront en vigueur endéans trente six mois qui suivront l’installation effective des institutions politiques prévues par la présente Constitution ». Le constat, à ce jour, est que la République Démocratique du Congo n’a pas encore 25 provinces dotées de la personnalité juridique. Y a-t-il violation ou simplement non application de la Constitution ?
L’installation de toutes les institutions politiques est-elle effective pour que commence à courir le délai d’installation de ces provinces ? Ne pourrait-on pas formuler autrement cette disposition ? Remarquons ici que n’existent pas encore la Cour Constitutionnelle, la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat.
Rappelons-nous, en effet, que la Constitution du 1er août 1964 dite Constitution de Luluabourg prévoyait, en la même matière, la Ville de Kinshasa et 21 provinces autonomes (article 4). Jusqu’à la Constitution du 24 juin 1967, aucune de ces provinces n’avait vu le jour. Rappelons-nous aussi, que l’Ordonnance-Loi n° 68/248 du 10 juillet 1968 prévoyait qu’un tribunal de paix existerait dans chaque ville dans les trois ans et dans chaque territoire dans les dix ans (articles 24 et 172). Quarante-et-un ans après, toutes les villes et tous les territoires n’ont pas encore chacun son tribunal de paix.
- Aux termes de l’article 42, «l’enseignement primaire est d’obligatoire et gratuit dans les établissements publics ». Trois ans après, cette disposition est-elle appliquée ? Y a-t-il déjà une école qui n’exige rien des parents ?
- Il est prévu une vingtaine de lois organiques portant entre autres,
1. composition, organisation et fonctionnement des entités décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les provinces (article 3 alinéa 4) ;
2. statut de l’opposition politique (article 8 alinéa 2) ;
3. conditions de reconnaissance, d’acquisition, de perte et de recouvrement de la nationalité congolaise (article 10 alinéa 4) ;
4. présence de la personne avec handicap au sein des institutions nationales, provinciales et locales (article 49 alinéa 3) ;
5. statut des magistrats (article 150 alinéa 3) ;
6. Conseil Supérieur de la Magistrature (article 152 alinéa 6) ;
7. organisation et compétence des juridictions de l’Ordre Judiciaire (article 153 alinéa 5) ;
8. organisation, compétence et fonctionnement des juridictions de l’ordre administratif (article 155 alinéa 4) ;
9. compétence, organisation et fonctionnement des juridictions militaires (article 156 alinéa 2) ;
10. organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle (article 169); 11. organisation et fonctionnement de la Banque Centrale du Congo (article 177) ; .
12. composition, organisation et fonctionnement de la Cour des Comptes (article 179) ;
13. organisation et fonctionnement de la Caisse Nationale de Péréquations (article 181 alinéa 5) ;
14. organisation et fonctionnement de la police (article 186) ;
15. organisation et fonctionnement des forces armées (article 191) ;
16. organisation, composition, attributions et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Défense (article 192 alinéa 3) ;
17. organisation et fonctionnement des services publics du pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées (article 194);
18. modalités d’organisation et de fonctionnement de la conférence des gouverneurs des provinces (article 200 alinéa 7) ;
19. organisation et fonctionnement du Conseil Economique et Social
(article 210) ;
20. organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (article 211 alinéa 4) ;
21. composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil de l’Audiovisuel et de la Communication (article 212 al. 4).
A deux ans de la fin de la législature, ces lois organiques ont-elles, toutes, été votées ? Sinon pourquoi même s’il n’a pas été imparti de délai pour leur vote?
- La Constitution a créé l’infraction de haute trahison contre quiconque instituerait un parti unique en République Démocratique du Congo (article 7 alinéa 2) ainsi qu’à charge du Président de la République lorsque celui-ci a violé intentionnellement la constitution et dans le chef du Président de la République ou du Premier Ministre lorsqu’ils sont reconnus auteurs, co-auteurs ou complices de violations graves et caractérisées des droits de l’Homme, de cession d’une partie du territoire (article 165 alinéa 1). Pourquoi cette infraction (de haute trahison) ne pourrait-elle pas être mise à charge d’autres catégories de personnes, par exemple à charge d’autres membres du gouvernement en cas de violation de la constitution par ceux-ci ?
- Le Président de la République nomme le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement (article 78 alinéas 1 et 4) ainsi que les Hauts Fonctionnaires de l’Administration Publique (article 81, 5° de la Constitution). Qu’arriverait-il si un Ministre ou Vice-Ministre en fonction se faisait nommer Haut Fonctionnaire et continuer à siéger au Gouvernement alors que l’Ordonnance portant sa nomination en qualité de Secrétaire Général ou de Directeur a abrogé celle qui le nommait à la première qualité (celle de Ministre ...) et encore que les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice notamment, de tout emploi public, civil ou militaire (article 97 de la constitution) ?
- Des infractions graves dont la corruption et le détournement des deniers publics ont été commises par des parlementaires et des membres du Gouvernement mais ceux-ci n’ont pas été poursuivis en justice faute des autorisations exigées et les autorités judiciaires l’ont, assez souvent, dénoncé. Ne peut-on pas, dans le cadre de la lutte contre l’impunité très souvent reprochée à la République Démocratique du Congo et pour traduire la volonté politique du programme « tolérance zéro », revoir pour les alléger, les procédures instituées par les articles 107 et 166 de la constitution ? (et par voie de conséquence, les articles 90 et 211 des Règlements intérieurs de l’Assemblée Nationale et du Sénat).
- Aux termes de l’article 104 de la constitution, les anciens Présidents de la République élus sont de droit Sénateurs à vie. Ne peut-on pas revoir cette disposition et conférer cette qualité à d’autres catégories de citoyens ?
- Est-il permis à un Ministre de critiquer ouvertement l’action du Gouvernement dont il est membre trahissant ainsi la solidarité gouvernementale mais refuser néanmoins de démissionner ?
- Est-il autorisé à un membre d’un parti politique de l’opposition d’entrer au Gouvernement de la majorité et ne pas être exclu de son parti (politique) ?
- A la lumière des élections de 2006, la constitution ne peut-elle pas limiter le nombre de partis politiques à deux ? etc... etc...
Ce sont là autant de questions et tant d’autres encore que ne peut manquer de se poser la personne qui a « juré devant Dieu et la Nation d’observer et de défendre la Constitution », à savoir le Président de la République.
Il n’y a donc pas d’inconvénient, à notre avis, que celui-ci s’interroge sur le niveau d’exécution des dispositions constitutionnelles qu’il a juré de défendre. C’est même un exercice de routine, croyons-nous.
Et cette interrogation (réflexion) peut amener à penser et à proposer la révision de certaines dispositions de la Constitution, pour au moins, leur adaptation ou amélioration.
La révision signifie, en effet, d’après LE NOUVEAU PETIT ROBERT de la langue française 2008 (p. 2244), la modification (des règles juridiques) pour les mettre en harmonie avec les circonstances et d’après Gérard CORNU, (op. cit., p. 817), la révision qui vient du latin « revisio », veut dire le réexamen d’un corps de règles en vue de son amélioration (ainsi la révision constitutionnelle).
Ainsi, si après la réflexion (de la structure), le Président de la République pensait proposer une révision constitutionnelle, il rencontrerait une série d’interrogations dont les principales sont les
suivantes :
- la révision de la constitution est-elle possible ?
- Qui peut en prendre l’initiative ?
- Y a-t-il des limitations à la révision de la constitution ?
- Quel est l’organe compétent pour réaliser la révision ?
C’est à ces questions que nous tenterons de répondre dans les
lignes qui suivent.
I. Possibilité de la révision constitutionnelle
en droit congolais
Plus d’un estime que « les constitutions sont des matières vivantes : elles naissent, vivent, subissent des déformations de la vie politique, sont l’objet de révisions plus ou moins importantes et peuvent disparaître (Faustin TOENGAHO LOKUNDO. Les constitutions de la République Démocratique du Congo. De Joseph KASA-VUBU à Joseph KABILA, Presses Universitaires du Congo-Kinshasa, 2008, p. 8). Aussi, l’expérience a-t-elle démontré qu’il n’existe pas de constitution définitive. Dans le fonctionnement des institutions politiques, il apparaît indispensable, pour faire face à l’usure du temps et pallier à certaines insuffisances ou imperfections, de procéder à des adaptations, à des retouches et à des compléments (NTUMBA LUABA-LUMU, Droit constitutionnel général, Editions Universitaires Africaines, Kinshasa, 2005, p. 155).
Les constitutions qui ont régi la République Démocratique du Congo depuis son accession à l’indépendance ne se sont pas écartées de cette réalité. A l’exception de la loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux structures du Congo, de l’Acte portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de transition du 4 août 1992 et de la Loi n° 93-001 du 2 avril 1993 portant Acte constitutionnel harmonisée relatif à la période de transition, toutes les constitutions qui se sont succédées ont admis le principe de révision (de la constitution). Il s’agit de :
1. la Constitution du 1er août 1964 (art. 175-176) ;
2. la Constitution du 24 juin 1967 (art. 74-75) ;
3. la Loi n° 74/020 du 15 août 1974 portant révision de la Constitution du 24 juin 1967 (art. 75) ;
4. l’Acte constitutionnel de la transition du 9 avril 1994 (art. 116) ;
5. la Constitution de la Transition du 5 avril 2003 (article 201) et
6. la Constitution du 18 février 2006 (art. 218).
La Constitution de la République Démocratique du Congo peut donc être révisée. Ce principe est posé par les articles 218et 219 de la Constitution en vigueur. Ce n’est donc ni un tabou, ni un scandale.
II. L’initiative de la révision
de la constitution
Qui, peut prendre l’initiative de réviser la Constitution ? Autrement dit, quel l’organe qui a compétence pour proposer une révision de la Constitution ?
Plusieurs solutions sont envisageables selon les pays. En Belgique, par exemple, c’est le pouvoir législatif fédéral qui a le droit de déclarer qu’il y a lieu à la révision de telle disposition constitutionnelle qu’il désigne (art. 195 de la Constitution, in Francis DELPEREE et Davis RENDERS - Code Constitutionnel, 2009, 6e édition mis à jour au 1er décembre 2008, BRUYLANT, Bruxelles, 2009, p. 77).
Au Portugal, « l’initiative de la révision appartient aux Députés » (article 285 de la Constitution de la République portugaise du 7 juillet 1989).
En République Démocratique du Congo, la solution est portée par l’article 218 de la Constitution. Aux termes de cette disposition, l’initiative de révision de la Constitution appartient :
1° au Président de la République ;
2° au Gouvernement après délibération en Conseil des Ministres ;
3° à chacune des Chambres du Parlement, c’est-à-dire au Sénat et à
l’Assemblée Nationale à l’initiative de la moitié de ses membres soit
250 Députés Nationaux ou 54 Sénateurs ;
4° à une fraction de 100.000 personnes s’exprimant par une pétition adressée soit à l’Assemblée Nationale, soit au Sénat.
Chacune de ces initiatives est soumise au Sénat et à l’Assemblée Nationale qui décident à la majorité absolue de chaque Chambre, du bien fondé de l’initiative.
C’est ici le lieu de préciser que la création, par le Président de la République, de la structure de réflexion n’est pas encore une initiative de révision de la Constitution. On ne pourra parler d’initiative de révision de la Constitution (dans ce cas) que si les conclusions de la structure de réflexion sont soumises à l’Assemblée Nationale et au Sénat par le Président de la République sous forme de projet (alinéa 2 de l’article 218 de la Constitution). Par conséquent, nous pensons qu’on fait un procès d’intention au Président de la République ceux qui ont pensé que celui-ci veut réviser la Constitution pour allonger son mandat de cinq à sept ans.
III. Limitations à la révision de la constitution.
Deux sortes de limitations peuvent se concevoir : la limitation
quant à l’objet et la limitation dans le temps ou quant aux circonstances.
1. Limites circonstancielles de la révision.
La constitution peut interdire la révision pendant certaines périodes ou dans les circonstances où sa régularité serait sujette à caution. C’est ainsi que l’article 219 de la Constitution de la République Démocratique du Congo décide qu’aucune révision ne peut intervenir :
- pendant l’état de guerre ;
- pendant l’état d’urgence ou l’état de siège ;
- pendant l’intérim à la Présidence de la République ;
- lorsque l’Assemblée Nationale ou le Sénat se trouvent empêchés de se réunir.
En effet, on peut estimer que pendant ces circonstances, le pouvoir constituant, institué ou dérivé, attribut de la souveraineté, ne peut valablement s’exprimer pendant qu’une partie du territoire national est occupé et que donc le pouvoir de l’Etat ne s’y exerce pas.
On a observé cependant que l’existence de ces circonstances ou délais se révèle souvent politiquement irréaliste lorsque le vent de l’histoire balaie les précautions fragiles des constituants.
En France, par exemple, la Constitution de 1791, subordonnait sa révision à l’écoulement de trois législatures consécutives mais, moins d’un an après son adoption, l’Assemblée législative qu’elle avait établie décidait, sous la pression des événements et des faits, de convoquer une convention nationale en vue d’une révision totale (NTUMBA LUABA-LUMU, op. cit., p. 160).
2. La limitation relative à l’objet.
La constitution peut exclure certaines de ses dispositions ou certains de ses principes fondamentaux de la, possibilité de révision. On parle alors de l’immutabilité ou de l’intangibilité de la constitution.
La limitation de la révision quant à l’objet a, entre autres, pour but d’éviter l’altération de l’esprit de la constitution ou mieux de prévenir la fraude à la constitution. Ce but apparaît plus évident pour les constitutions qui s’adoptent dans les pays post-conflit.
La Constitution de la République Démocratique du Congo, adoptée après une longue période de guerre, décide en son article 220 que ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle :
- la forme républicaine de l’Etat ;
• le principe du suffrage universel ;
la forme représentative du gouvernement ;
le nombre et la durée des mandats du Président de la République ;
l’indépendance du pouvoir judiciaire ;
le pluralisme politique et syndical.
Et aux termes de l’alinéa 2 de ce même article 220, « est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées».
Le problème se pose de savoir si l’immutabilité de la Constitution peut être complète.
D’aucuns estiment que l’intangibilité complète de la onstitution est difficilement atteïgnable du fait de la dynamique de la vie politique ; ils ajoutent que la révision de la Constitution pourrait porter sur la clause de révision elle-même et supprimer en conséquence, la disposition interdisant de porter atteinte à tel ou tel principe garanti par la Constitution et ils concluent qu’une telle limitation s’avère, en définitive illusoire (NTUMBA LUABA-JMU, op. cit., p. 161).
Au demeurant, le pouvoir constituant est souverain. Il lui est loisible d’abroger, de modifier ou de compléter des dispositions constitutionnelles dans la forme qu’il estime appropriée. Qu’il suffise de rappeler l’article 28 de la Déclaration des droits de 1793 aux termes de laquelle « un peuple a toujours le droit dé revoir, de réformer et de changer sa constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures ».
Remarquons enfin que la constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006, tout en proclamant qu’« est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ....... de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales
décentralisées (article 220 alinéa 2) accepte néanmoins la possibilité de cession et d’échange de territoire à condition que ce soit avec l’accord du peuple congolais consulté par voie de référendum (article 214 alinéa 2 de la constitution).
Terminons ce chapitre par la réflexion du Président PEDRO PIRES du Cap-Vert qui, dans une interview qu’il accordait au journaliste TSHITENGE LUBABU M.K., en réponse à la question « Ne serez-vous pas tenté de la modifier (la loi) pour rester encore quelques années au pouvoir s’est exprimé ainsi :
«Non, je n’ai pas cette prétention. La loi est au-dessus de tout.
«C’est l’encadrement de notre vie. Il faut donner aux gens la «possibilité d’avoir confiance en vous, de croire en votre parole ......... «Mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de situations où il «faille modifier une constitution. Qu’il s’agisse de la révision «des «mandats ou d’autre chose ...» (Jeune Afrique n° 2545-2546 du 18 au 31 octobre 2009, p. 59).
IV. Organe compétent pour réaliser la révision
de la constitution
II s’agit, ici, de répondre à la question de savoir si c’est l’organe qui prend l’initiative de révision de la constitution qui est habilité à mener la procédure jusqu’à son terme.
L’histoire nous enseigne que la compétence de réaliser la révision de la constitution peut être confiée à différents organes. On l’a vu. Dans les régimes autoritaires, la révision de la constitution est l’œuvre de l’Exécutif.
Par contre, dans les régimes démocratiques, la révision peut relever du parlement (soit à l’une de ses chambres, soit à ses deux chambres réunies), d’une assemblée ad hoc, spécialement élue pour réviser la constitution, ailleurs appelée convention ou au peuple
(référendum).
En République Démocratique du Congo, la solution est portée par l’article 218 de la Constitution. Deux organes sont compétents pour réaliser la révision : le peuple et le Parlement réuni en congrès.
1. Le peuple
En droit congolais, la révision de la constitution n’est définitive que si le projet, la proposition ou la pétition est approuvée par référendum (article 218 alinéa 3).
Avec la prédominance des principes démocratiques, la Constitution de la République Démocratique du Congo comme bon nombre de constitutions contemporaines prévoient de soumettre le projet de révision au peuple pour adoption par voie de référendum.
L’actuelle constitution de la République Démocratique du Congo a été adoptée par référendum (article 229). Et pour l’avenir, la constitution prévoit l’intervention du peuple consulté par voie de référendum pour valider une cession, un échange ou une adjonction du territoire (article 214).
Alors, puisque le peuple a été appelé à l’approuver au moment ‘ de son élaboration, on estime que sa révision ne peut avoir lieu que par voie de référendum. En effet, on considère que seul le peuple peut modifier ou défaire ce qu’il a fait.
2. Le Parlement
La procédure de référendum peut s’avérer longue ou, sans
raison, onéreuse et ainsi faire traîner ou paralyser la révision alors que
celle-ci ne concerne, par exemple, que des points mineurs (par exemple des points qui n’ont pas été déclarés intangibles). Dans pareille
hypothèse, la constitution peut prévoir une procédure plus ou moins
simplifiée.
Cette procédure « simplifiée » est prévue par la Constitution de la République Démocratique du Congo. Le dernier alinéa de son article 218 prévoit que « le projet, la proposition ou la pétition n’est pas soumis au référendum lorsque l’Assemblée Nationale et le Sénat réunis en congrès l’approuvent à la majorité des trois cinquièmes des membres les composant ».
Comme on peut s’en rendre compte, cette disposition ne distingue pas les projet, proposition ou pétition devant être soumis au référendum du peuple et ceux devant rester de la compétence du Parlement réuni en Congrès à l’exception de l’hypothèse de l’alinéa 2 de l’article 214 (de la constitution).
Il s’en déduit que le Parlement réuni en Congrès a compétence de se prononcer sur toute initiative de révision de la constitution, quelle qu’elle soit ; qu’elle émane du Président de la République ou du Gouvernement ou de la fraction exigée de la population ou qu’elle concerne ou non des dispositions au départ déclarées intangibles.
C’est ce que confirme, à notre avis, le dernier alinéa de l’article 218 de la Constitution qui décide que « le projet, la proposition ou la pétition n’est pas soumis au référendum lorsque l’Assemblée Nationale et le Sénat réunis en Congrès l’approuvent à la majorité des trois cinquièmes des membres le composant.
Rappelons, en passant, que le Parlement de la République Démocratique du Congo comprend 608 membres (500 députés et 108 sénateurs). Un projet, une proposition ou une pétition doit être voté par trois cinquième de 608 membres, soit trois cent soixante cinq membres (608 x 3) : 5 = 364,8 soit 365.
D’aucuns peut croire que le Parlement se comporterait en Chambre de résonnance. Il n’en est rien. Il (parlement) ferait usage de ses prérogatives constitutionnelles. C’est le peuple qui, approuvant la constitution a ainsi décidé. Faut-il rappeler que tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum, d’élections ou indirectement par ses représentants (article 5 de la constitution).
Même les plus sceptiques reconnaissent la possibilité de la révision d’une disposition ayant trait aux principes qui tombent dans le lot de réserves, autrement dit les principes déclarés intangibles mais à condition, ajoutent-ils, que cela se fasse en application de l’alinéa 4eme de l’article 218 de la constitution. Car, arguent-ils, contourner le référendum serait une fraude ou mieux un coup de force institutionnel (Fidèle KIBALA AKIDY, Considération sur le pouvoir de révision constitutionnelle reconnu au Congrès par l’article 218 alinéa 4 de la constitution, in Justice, Science et Paix, Service de Documentation et d’Etudes du Ministère de la Justice, np 003 de janvier à décembre 2007, pp. 10-15).
CONCLUSION
En République Démocratique du Congo, le principe de révision de la constitution est un acquis ; il est posé par les articles 218 à 220 de la constitution.
Nous avons vu qu’aucune disposition constitutionnelle ne peut échapper à ce principe. Nous avons noté que les garanties que les constituants peuvent (vouloir)) accorder à certains principes s’observent difficilement du fait du caractère dynamique de la vie politique. Et au demeurant, avons-nous insisté, le constituant est souverain ; il lui est loisible d’abroger, de modifier ou de compléter des dispositions constitutionnelles dans la forme qu’il estime appropriée.
A propos des dispositions constitutionnelles intangibles, remarquons une brèche importante dans la Constitution de la République Démocratique du Congo. En effet, aux termes de l’article 217, « la République Démocratique du Congo peut conclure des traités ou des accords d’association ou de^ communauté comportant un abandon partiel de souveraineté en vue de promouvoir l’unité africaine ... ». Or, « est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées » (article 220 alinéa 2 de la constitution).
La mise sur pied d’une structure de réflexion ne pourrait pas chauffer les esprits. Ladite structure et même ses conclusions ne sont même pas encore une initiative de révision de la constitution. On ne peut parler d’initiative de révision que si, convaincu de la pertinence des conclusions de la structure d’évaluation, le Président en saisit l’Assemblé Nationale et le Sénat qui, soit, à la majorité absolue de chaque chambre décident du bien fondé de l’initiative (article 218 alinéa 2) qui peut alors être soumise au référendum du peuple (article 218 alinéa 3) soit, réuni en congrès approuve le projet à la majorité des trois cinquièmes des membres les composant (article 218 alinéa 4).
Il se déduit de ces dispositions que le peuple consulté par référendum ou le Parlement réunis en congrès peuvent désapprouver une initiative de révision de la constitution.
Ajoutons qu’il n’y a pas un délai endéans lequel la constitution peut-être ou non révisée. Autrement dit, il n’y a pas de délai imparti aux organes détenteurs de la prérogative de l’initiative de la révision de la constitution pour soumettre leurs projet ou proposition.
La création de la structure de réflexion ne pouvait donc pas inquiéter ni irriter qui que ce soit. Nous pensons que les démonstrations ci-dessus apaiseront les cœurs et les esprits.
EN SE PRODUISANT POUR LA PREMIER FOIS AUTOUR DE LA PISCINE DU GHK
Werrason défie JB Mpiana et Koffi Olomide
L’année 2010 annonce déjà ses couleurs sur le plan musical. A la demande de ses fanatiques, Noël Ngiama Werrason osera, pour la première fois, de se produire autour de la piscine du Grand Hôtel Kinshasa (GHK). Ce sera le premier événement musical de l’année.
C’est ce samedi 23 janvier 2010 que le leader de l’orchestre Wenge MMM pourra affronter un espace qui ne lui est pas familier. Le « roi de la forêt » offrira à ses fanatiques un concert VIP autour de la piscine du GHK. Werrason promet un spectacle époustouflant pour ses fanatiques VIP. Une occasion pour le patron de Wenge MMM de présenter son album « Techno Malewa » à cette catégorie de la population.
Autour de la piscine du GHK, le leader de l’Ambassade de la paix (ex-Zamba Playa) va proposer à ses admirateurs des rumbas qu’il puisera sans doute dans les opus « Techno Malewa » et « Temps présent ». Durant ce spectacle inédit de l’artiste, ce dernier mettra en exergue des œuvres à succès comme « Salon d’honneur », « Par amour » et d’autres tubes tirés de « Techno Malewa ».
Il y aura également des chansons comme « Fidélité d’amour », « Point carré » « confession intime » et autres de l’album « Temps présent ». qui feront également partie du répertoire du concert de Werrason le 23 janvier 2010 autour de la piscine du GHK. Certains observateurs pensent que le leader de Wenge MMM pourra plus égayer ses fanatiques par des rumbas que des parties dansantes.
Ce n’est pas donné à n’importe quel artiste de se produire autour de la piscine du GHK. La salle la plus sollicitée par les musiciens congolais, demeure le salon Congo. Mais, il y a aussi le parking qui est aussi prisé. Jusque là, les grandes vedettes qui ont l’habitude de se produire autour de la piscine le plus fréquemment ne sont que JB Mpiana, le leader du groupe Wenge BCBG, et Koffi Olomide, patron de l’orchestre Quartier latin international.
Pour bon nombre d’observateurs, la décision prise par Noël Ngiama Werrason de jouer pour la première fois autour de la piscine du GHK est une façon pour le leader de Wenge MMM de défier Papa Chéri, son concurrent de tout le temps et Mopao Mokonzi. Ces derniers ont, d’après eux, mystifié l’endroit comme s’il était difficile à d’autres artistes de s’y produire.
Werrason, à en croire les observateurs, viendra donc démystifier cette place qui est jusque là «colonisée» par les deux stars citées ci-haut. Le rendez-vous est donc pris pour le samedi 23 janvier 2010 autour de la piscine du GHK où le « roi de la forêt » va faire une démonstration en force. Dieumerci MAYAMBI
ALBUM "MEMOIRE YA NZAMBE"
Félix Wazekwa souhaite faire participer le poète Lutumba
Félix Wazekwa, patron de l’orchestre Cultur’a Pays Vie, est en plein studio avec la préparation de l’album « Mémoire ya Nzambe », l’opus qui va relancer S’Grave sur la scène discographie. Par ailleurs, l’artiste a émis le vœu de faire participer un doyen de la musique congolaise dans son tube. Il s’agit du poète Lutumba Simaro, patron du groupe Bana OK.
Pour Félix Wazekwa, faire jouer Lutumba dans « Mémoire ya Nzambe » est une façon d’honorer ce doyen de la musique congolaise qui a beaucoup contribué dans l’art d’Orphée congolais. L’année passée, l’artiste a eu du mal à s’imposer sur le plan discographique. Son dernier tube intitulé « La chèvre de Monsieur Seguin » n’a pas pu tenir le coup avec l’arrivée sur le marché des tubes comme « Arsenal des belles mélodies » de Fally Ipupa, « Techno Malewa » de Noël Ngiama werrason et « Qui est derrière toi ? » de Ferre Gola.
Cependant, Félix Wazekwa a réussi sur le plan scénique à réaliser un grand concert à l’Olympia de Paris. C’était pour la première fois pour le patron de Cultur’A Pays Vie d’affronter cette salle mythique européenne. D.M.
GRACE A UNE SOCIETE D'ENERGIE RENOUVELABLE DU PAYS D'OLIVER KHAN
 Lofo et Ntela depuis hier au club allemand d’Alhen pour un salaire mensuel de 20.000 Euros
On en sait désormais un peu plus sur le voyage pris, au départ, comme simples rumeurs de deux sociétaires de la formation kinoise de V. Club. C’est désormais une réalité. Le capitaine Serge Lofo Bongeli et Tychique Ntela ont foulé le sol allemand ce mercredi 13 janvier 2009 après avoir quitté Kinshasa hier mardi à 21 heures par l’aéroport international de N’Djili. Les deux joueurs du club vert et noir, qui ont quitté la capitale congolaise seuls, se trouvent présentement dans le quartier général du club Alhen inscrit en seconde division de la Bundesliga.
Contrairement à ce que pense une certaine opinion, le déplacement de Lofo et Ntela n’est pas un transfert, mais le résultat d’un partenariat signé entre une société allemande d’énergie renouvelable et la ville de Kinshasa lors d’un voyage effectué par le vice-gouverneur de la ville de Kinshasa, Clément Bafiba. Nos fins limiers précisent que ce partenariat avec la société allemande, qui du reste, s’installera prochainement à Kinshasa, inclut la formation de l’équipe de V.Club. D’ailleurs, le président de la coordination de V.Club, qui suit de très près l’évolution de ce dossier, figure parmi les signataires dudit partenariat.
Lofo et Ntela, qui évolueront cette saison en deuxième division allemande, ne subiront pas un test comme il est toujours le cas avec la plupart de joueurs congolais désirant prester à l’étranger. La prestation de deux athlètes au dernier Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) dans les rangs de l’équipe nationale a suffi pour les techniciens de la formation d’Alhen pour détecter le savoir-faire des Congolais. En attendant le départ, dans deux semaines, pour l’Allemagne du secrétaire de V.Club, Bamanishayi, en vue de conclure le contrat, le club allemand fixe le salaire de joueurs congolais à environ 20.000 Euros, salaire dont bénéficiera aussi V.Club compte tenu de la spécificité du contrat signé.
Le partenariat entre la société allemande d’énergie renouvelable et la ville de Kinshasa a été rendu possible grâce à la volonté manifeste de deux compatriotes résidants en Allemagne. Il s’agit d’Amuri Tambwe et Filo Kuyikila.
Rachidi MABANDU
UN TECHNICIEN CONGOLAIS A LA CAF
Joseph Mukeba nommé Instructeur de football
L’année 2010 s’annonce heureuse pour la direction technique de la Fecofa. Le directeur technique national de la Fécofa, Joseph Mukeba Mulamba vient d’être élevé au rang d’Instructeur de la Confédération africaine de football (Caf). Ce technicien congolais de football est le premier de son pays qui accède à ce niveau. A ce titre, l’Instructeur Mukeba ne peut plus exercer la fonction d’entraîneur, ni au sein de l’équipe nationale, ni au sein d’un club. Il reste au service du football continental et jouera le rôle d’instructeur dans n’importe quel pays membre de la Caf, où la mission lui sera assignée.
Aussi, dans la même élan de promotion, Joseph Mukeba qui exerce, sans contrat, depuis plus de trois ans, la fonction de Directeur technique national (DTN) vient enfin de réaliser son rêve. Car, il vient de signer depuis la semaine dernière un contrat de travail avec la Fecofa. Désormais, conformément aux directives de la Fifa, Joseph Mukeba a son contrat en poche en sa qualité de directeur national de la Fécofa. Pascal LIKANA
Linafoot : la phase qualificative démarre le 24 janvier sans Mazembe exempté
Le Comité de gestion de la Ligue nationale de football (Linafoot) en conformité avec le programme – calendrier de la saison sportive 2009-2010 élaboré par la Fécofa, a rendu public son calendrier des matches de la phase qualificative. Celle-ci se déroulera, du 24 au 30 janvier 2010 (manche aller) et du 02 au 07 février 2010 (manche retour).
A cette phase de la compétition, le Comité de gestion a réparti les 24 clubs en lice en 6 groupes de 4 clubs chacun sur 6 sites. A savoir, le site de Kinshasa (stade des Martyrs) avec V.Club.Kinshasa, TP Molunge/Equateur, Cs Matiti Mabe/Bandundu et As Veti/Bas-Congo ; le site de Matadi (stade Lumumba) avec DCMP/Kinshasa, As Babeti ya Sika/Equateur, As Vutuka/Bandundu et Tc elima/Bas-Congo ; le site de Mbuji-Mayi (stade Tshikapa) avec As New Soger/Katanga, OCK/Kinshasa, SM Sanga Balende/Kasaï Oriental et Us Tshinkunku/Kasaï Occidental ; le site de Lubumbashi (stade de la Kenya) avec Js Likasi/Katanga, As Saint Luc/Kasaï Occidental, Fc Saint Eloi Lupopo/Katanga et As Bantou Kasaï Occidental ; le site de Goma (state des Volcans) avec DC Virunga/Nord-Kivu, Ts Malekesa/Province Oriental, Tp Ciod de Pangi/Maniema et Oc Mwungano/Sud-Kivu et enfin le site de Kisangani (stade Lumumba) avec l’As Nika/Province Oriental, As Kabasha/Nord-Kivu, Fc Ajax/Sud-Kivu et Fc Ndjadi/Maniema.
Ainsi, les clubs se rencontrent au niveau des sites en manches aller et retour. A l’issue de cette phase qualificative, les clubs classés premiers et le meilleur club classé deuxième parmi tous les clubs des sites seront qualifiés pour la seconde phase de la 15ème édition du championnat national, la phase finale. A ce niveau, les sept clubs qualifiés vont retrouver le TP Mazembe du Katanga exempté de la phase qualificative ; car, détenteur de la Coupe de la 14ème édition de la Linafoot. C’est donc parmi les huit clubs de la phase finale qui s’affronteront en aller et retour que sera connu le champion de la 15ème édition de la Linafoot. Pascal LIKANA
Nigeria: le président sort du silence et dit qu'il va "mieux"
Le président nigérian Umaru Yar'Adua, 58 ans, a assuré qu'il allait "mieux", dans une déclaration mardi à la radio BBC, sa première intervention publique depuis son hospitalisation le 23 novembre en Arabie Saoudite pour une grave affection cardiaque.
"Je vais mieux grâce au traitement", a dit M. Yar'Adua. "J'espère qu'il y aura bientôt d'énormes progrès qui me permettront de rentrer chez moi", a-t-il ajouté.
De santé fragile depuis des années, M. Yar'Adua est hospitalisé à Jeddah depuis le 23 novembre. Depuis cette date, il ne s'était pas exprimé directement et aucune image de lui n'a encore été diffusée, donnant libre cours aux spéculations.
Face aux rumeurs sur sa mort se multipliant ces derniers jours au Nigeria, son porte-parole était intervenu lundi à Lagos pour assurer que le président du pays le plus peuplé d'Afrique (140 millions d'habitants) était "vivant".
"Les spéculations (sur sa mort) sont fausses, le président est vivant et va mieux", avait déclaré à l'AFP son porte-parole Segun Adeniyi.
"Il est tout à fait conscient, il peut parler, il a même passé des coups de téléphone à diverses personnes au Nigeria", avait poursuivi le porte-parole.
Ces dernières semaines, les appels se sont multipliés pour que M. Yar'Adua démissionne ou délègue temporairement ses pouvoirs au vice-président Goodluck Jonathan.
La déclaration du président, première preuve de vie de ce type depuis 50 jours, intervient alors que, pour la première fois, les deux chambres de l'Assemblée nationale - sénat et chambre des représentants - devaient débattre mardi à Abuja de la crise institutionnelle causée par l'absence prolongée du président.
Parallèlement, une manifestation conduite par l'écrivain nigérian et prix Nobel de littérature Wole Soyinka était prévue devant le parlement pour protester contre le "vide" à la tête du pays.
Depuis son élection en avril 2007, Umaru Yar'adua a été hospitalisé quatre fois.
En pleine campagne électorale, il avait même été conduit d'urgence en Allemagne pour y subir des soins. AFP
Condensé du rapport de l’Ong américaine sur les réfugiés saharaouis en Algérie
Le rapport Stonewalling sur les droits de réfugiés saharaouis en Algérie tel que rédigé par Marol Smith, directeur au sein de l’ONG Us Committee for refugee and immigrants sur la base d’une enquête réalisée durant le mois de juillet 2009 au Maroc, en Algérie et dans le camps de Tindouf.Appuyé par des témoignages et illustrés par des photos, ce document décrit la situation humanitaire dramatique à Tindouf. Il fait mention de la « démission de l’Algérie de ses responsabilités sur les violations des droits des populations des camps de Tindouf ».
L’Algérie a, souligne le rapport Stonewalling, abdiqué de ses responsabilités vis-à-vis des populations des camps de Tindouf présentes pourtant sur son propre territoire. Ces responsabilités découlent de ses obligations et engagements en vertu de la Convention de 1951 relative au statut des réfugié et son Protocole de 1967.
Pour comprendre ce déni de responsabilité de l’Algérie à l’égard de ces populations, l’USCIC a tenté sans succès de s’entretenir avec le directeur des droits de l’homme au ministère algérien des Affaires étrangères en vue d’évoquer les droits des populations des camps à l’emploi, la résidence et la liberté de circulation.
Une liberté de mouvement bafouée
La liberté de mouvement des populations vivant dans les camps est contrôlée, car ceux qui désirent voyager en Algérie ont besoin d’un permis appelé «Ordre de mission » ou d’un permis collectif signé par les autorités algériennes et le Polisario. Les critères de délivrance et les procédures pour l’obtention d’un tel permis ne sont pas connus. En outre, les militaires algériens dressent des postes de contrôle sur les itinéraires à partir ou menant vers les camps.
Un sondage organisé par la revue «Revista Futuro Sahrawi» en 2006, sur un échantillon représentatif de 540 personnes vivant dans les camps a révélé le désespoir des populations de Tindouf : plus de 9 sur 10 souhaite disposer d’un visa pour émigrer dans un pays étranger.
Des échanges familiaux instrumentalisés
Le Polisario instrumentalise les échanges familiaux organisés dans le cadre des mesures de confiance (CBM), en refusant à des familles entières de participer à cette opération humanitaire, afin de les dissuader de rester dans le Sahara marocain.
Le déni de travail et de résidence en Algérie
Il est pratiquement impossible pour les personnes issues des camps, qui arrivent à décrocher un permis de sortie, de travailler légalement en Algérie.
Des conditions
de détention
hors normes
Les militaires algériens et le Polisario utilisent des containers pour emprisonner les personnes qui essaient de regagner le Maroc. Le document recueille le témoignage de M. Aboh Sghair et son épouse qui ont été arrêtés pour avoir tenté de fuir les camps. L’intéressé a été emprisonné pendant 3 mois, dans un container à Rabouni.
La mission de l’USCRI a constaté l’existence, dans les camps, d’un centre de détention appelé « centre d’assistance de la maternité, pour les femmes enceintes en dehors du mariage et accusés d’adultère, ainsi que des prisonniers « violeurs » détenus sans jugement, sous prétexte qu’ils sont des «homosexuels».
Le refus de recensement et
le détournement
de l’aide humanitaire
Le HCR et le PAM ont demandé à plusieurs reprises la permission de conduire un recensement des populations des camps de Tindouf en vue de procéder à une distribution de l’aide basée sur des informations crédibles.
Or selon M. Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, en visite au mois de septembre 2009 au Maroc, l’Algérie n’accepte pas le recensement des populations du camp de Tindouf.
L’ONG américaine se réfère à des passages du rapport de l’OLAF (Office européen de lutte anti-fraude de 2005 pour mettre en évidence le détournement de l’aide humanitaire par les responsables algériens et le Polisario (Croissant rouge algérien et le Croissant rouge sahraoui), en précisant que le nombre des bénéficiaires est inférieur à celui pour lequel l’assistance alimentaire est fournie par la communauté internationale.
Le document relève que l’aspect le plus frappant de l’enquête de l’OLAF réside dans la persistance, depuis 1977, des mêmes problèmes : le nombre des réfugiés, l’absence d’enregistrement, le manque d’ «accountability » du Croissant rouge algérien et le déficit de monitoring.
Conclusion
L’Algérie ne doit pas restreindre les droits des populations des camps de Tindouf à la circulation, à la résidence et à l’emploi et honorer ses engagements découlant de la convention de 1951 sur les réfugiés et son Protocole de 1967.
Les donateurs devraient consacrer une partie significative de l’aide aux camps pour des solutions alternatives en Algérie qui seront compatibles avec des droits des réfugiés.
Tiré du rapport de l’Ong Us Committie for refugee and immigrants (enquête juillet 2009)
CAN 2010 : un 2e groupe rebelle cabindais revendique l'attaque contre le Togo
Un deuxième groupe indépendantiste du Cabinda a revendiqué mardi l'attaque meurtrière contre le convoi de l'équipe de football du Togo dans la province angolaise, appelant à une trève pendant le reste de la CAN-2010.
La nouvelle revendication émane du principal mouvement séparatiste de l'enclave pétrolifère, le Front de libération de l'Etat du Cabinda-Forces armées cabindaises (Flec-FAC). "Nous ne sommes pas des terroristes, l'attaque n'était pas dirigée contre nos frères togolais...
A chaque fois que les Forces armées cabindaises voient un convoi angolais, elles tirent", a assuré à l'AFP Jean-Claude N'Zita, conseiller du président du Flec-FAC, s'exprimant depuis la Suisse où il vit en exil. Le bus de l'équipe togolaise avait été mitraillé pendant une vingtaine de minutes vendredi à son entrée au Cabinda, enclave angolaise coincée entre la RDC et le Congo-Brazzaville qu'un conflit séparatiste secoue depuis 35 ans.
Deux membres de la délégation togolaise, qui se rendait à Cabinda pour des matches de la CAN-2010, ont péri des suites de leurs blessures. Le Togo s'est retiré de la compétition. L'attaque avait immédiatement été revendiquée par les Forces de libération de l'Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), des séparatistes dissidentsn. "Ca n'engage que lui. Ce sont des opportunistes", a rétorqué M. N'Zita.
Le leader du Flec-PM, Rodrigues Mingas, a maintenu sa revendication. "C'est nous qui avons fait l'acte. Nous regrettons pour les pauvres Togolais qui ont été victimes. C'était une attaque contre les forces d'occupation angolaises", a-t-il redit mardi à l'AFP depuis la Belgique. "C'est de la politique d'exilés", a commenté Alex Vines, spécialiste de l'Angola à l'institut londonien Chatham House. "Il est difficile de contrôler de l'extérieur" les différentes unités séparatistes, a-t-il ajouté, comparant l'histoire du Flec à une succession "de fragmentations et de divisions".
L'attaque a suscité une forte réprobation internationale, la France ayant dénoncé un "acte inqualifiable" et l'Afrique du Sud "une attaque choquante et inacceptable". "Cet acte odieux n'est pas seulement un acte violent contre des civils innocents, c'est aussi une attaque contre les valeurs du sport", a renchéri lundi Wilfred Lemke, conseiller spécial pour le sport auprès du secrétaire général des Nations unies. AFP
Les étapes clés du développement des jeunes enfants
Des travaux de recherche réalisés au cours des années montrent clairement que les soins que reçoivent les enfants lorsqu'ils sont encore petits ont une incidence sur l'adulte qu'ils deviendront. D'autres études révèlent que les parents qui connaissent les étapes du développement de l'enfant sont plus attentifs, sensibles et mieux outillés pour intervenir, et leurs enfants sont plus avantagés à court et à long terme.
Selon une enquête visant à sonder les connaissances des adultes de l'Alberta concernant le développement des enfants (Alberta Benchmark Survey: What Adults Know About Child Development), les parents ont une bonne idée des étapes clés du développement physique d'un enfant, par exemple le moment où il fait ses premiers pas, mais ne connaissent pas aussi bien les étapes importantes de son développement intellectuel et social.
Pour en arriver à ces conclusions, l'Alberta Centre for Child, Family and Community Research a effectué un sondage auprès de 1 400 parents et autres adultes qui interagissent avec des enfants. L'enquête a révélé que la plupart des personnes interrogées savaient quand et comment les enfants apprennent à marcher, à lancer un ballon ou à dessiner. Par contre, elles n'étaient pas convaincues d'avoir bien répondu aux questions sur l'attachement, les liens avec autrui, l'empathie, l'amitié, la coopération et la communication.
Afin d'assister les parents, les intervenants et toute autre personne qui s'occupe des enfants, les étapes clés du développement au cours des cinq premières années de vie sont présentées ci-dessous.
Première année de vie
L'attachement, la personnalité, les aptitudes à communiquer et le sens de la coopération commencent à se développer dès la naissance et sont déjà bien établis à un an.
L'allaitement
Les études montrent que les enfants nourris exclusivement au sein durant les six premiers mois, et qui continuent d'être allaités jusqu'à l'âge d'un an, manifestent un attachement profond envers leur mère et acquièrent des compétences intellectuelles qui les suivront à long terme. Certains travaux de recherche révèlent aussi que les enfants allaités pleurent moins, sont plus éveillés que les autres enfants de leur âge et ont un meilleur développement moteur. Les mères qui allaitent ont davantage confiance en elles-mêmes et sont plus tendres et attentionnées. L'allaitement présente également des avantages importants pour les enfants sur les plans de la nutrition et de la santé, comme une protection contre certaines maladies et infections. Ces avantages peuvent s'expliquer par le lait maternel en soi, l'intimité avec la mère qui serre le bébé dans ses bras, le contact peau à peau fréquent, la communication verbale et le contact visuel entre la mère et l'enfant.
Les pleurs
Les pleurs constituent la première forme de communication des bébés. Les divers pleurs signalent différents besoins et désirs, mais il arrive aussi que des bébés en santé pleurent sans raison apparente. La durée des pleurs varie beaucoup. La plupart des bébés pleurent d'une heure à trois heures par jour au cours des six premières semaines de leur vie. La durée et l'intensité des pleurs continuent d'augmenter jusque vers trois mois, puis diminuent alors que les bébés apprennent à communiquer en souriant, en touchant et en babillant. Certains pleurent constamment sans raison apparente et il est difficile de les apaiser. On dit souvent d'eux qu'ils souffrent de coliques, mais le problème tend à se résorber vers le cinquième mois.
L'attachement
Vers l'âge de six mois, les bébés commencent à développer un lien affectif avec la principale personne qui s'occupe d'eux. Ce processus est appelé l'" attachement ". Les donneurs de soins qui sont chaleureux, attentifs et sensibles aux besoins des enfants aident ces derniers à établir des relations et des liens d'attachement positifs. Les enfants qui se sentent en sécurité avec au moins une personne qui prend soin d'eux développent une bonne estime de soi et font confiance aux autres. Ils font preuve d'autonomie, d'efficacité, d'empathie et de compétence, de la petite enfance à l'adolescence.
Si le lien d'attachement avec les personnes qui s'occupaient d'eux lorsqu'ils étaient petits se maintient à mesure qu'ils grandissent, ils continueront à nouer des relations étroites avec les autres tout au long de leur vie. Les relations d'attachement permettent également aux enfants de mieux comprendre et d'apprécier leur culture. Les enfants dont le lien d'attachement est non sécurisant peuvent éprouver en grandissant des difficultés telles que les troubles du comportement, l'agressivité, la dépression et les comportements antisociaux. Des études récentes indiquent aussi que les enfants qui reçoivent des signaux mixtes des personnes qui s'occupent d'eux (réconfort et colère en même temps) sont plus à risque d'avoir des lacunes dans leur développement.
Personnalité
Dès les premiers mois, il est déjà possible d'observer les différents tempéraments des bébés et la façon dont ils réagissent aux inconnus et au milieu qui les entoure. Certains d'entre eux se montrent rapidement intéressés aux nouveaux objets tandis que d'autres sont plus lents ou ne réagissent pas du tout. Certains peuvent facilement se promener des bras d'un adulte à ceux d'un autre, tandis que d'autres insistent pour rester dans les bras de leur mère. Certains sont actifs; d'autres sont calmes. Certains sont faciles à réconforter et s'adaptent bien aux nouvelles expériences. D'autres sont difficilement consolables et n'aiment pas la nouveauté. Certains rient beaucoup, d'autres, très peu. Les parents doivent porter attention au tempérament de leur bébé et s'ajuster aux signaux qu'il leur envoie.
Autour de leur premier anniversaire, les bébés commencent à faire des activités et à partager des objets avec les autres. Ils s'intéressent aux autres enfants et aux membres de la famille, comme les frères et sœurs ou les grands-parents. Ils tendent aussi les bras pour être pris par les parents ou les personnes qui s'occupent d'eux et aiment s'adonner à des jeux.
De un an à trois ans
Entre un an et trois ans, les petits deviennent plus autonomes. Ils apprennent à parler, prennent conscience de leur propre existence et des besoins des autres et choisissent des activités qui les intéressent. Dès l'âge de deux ans, les enfants commencent à faire preuve de patience, à avoir une certaine maîtrise de soi et à se faire des amis. Au cours de leur troisième année, ils montreront des signes de gentillesse, de curiosité, de créativité et d'ingéniosité et auront envie de prendre soin d'autrui. Vers l'âge de trois ans, tous ces traits commencent à définir leur personnalité.
Comportement
Les conflits se manifesteront souvent lorsque les parents imposent des règles et définissent les limites, habituellement pour protéger l'enfant. Les jeunes enfants qui sont fâchés ou frustrés peuvent se mettre à crier, à mordre, à frapper ou à faire des crises. Ces comportements difficiles diminueront au fur et à mesure que les enfants développeront leurs habiletés verbales et sociales. C'est à cette étape importante que les jeunes enfants apprennent à exprimer leurs émotions verbalement au lieu de faire des crises, à négocier plutôt qu'à donner des ordres et à se réconcilier avec les autres à la suite d'un conflit. L'apprentissage de ces habiletés à cet âge permet de croire que les enfants les mettront en pratique le reste de leur vie.
L'apprentissage
du langage
La capacité d'apprendre des langues se développe avant trois ans. Les enfants s'expriment d'abord en utilisant un seul mot (" jus " pour dire "je veux du jus "), puis ils font des phrases de deux mots ("veux jus "), de trois mots ("veux du jus ") et enfin des phrases plus complexes (comme " je veux du jus dans un verre rouge "). En répétant des mots, en identifiant des objets et en posant beaucoup de questions, les donneurs de soins aident à améliorer les compétences langagières de l'enfant durant cette phase de l'apprentissage. Faire la lecture aux tout-petits favorise aussi l'acquisition du langage dès la petite enfance et l'apprentissage de la lecture.
De trois à cinq ans
À mesure que les jeunes enfants communiquent davantage avec des mots et que leur imagination et leur sentiment d'empathie se développent, ils se choisissent des amis, forment des groupes et coopèrent pour atteindre des buts. Toutes ces compétences s'acquièrent au moyen du jeu non structuré et grâce aux interactions avec les membres de la famille.
Les enfants apprennent d'abord à s'amuser seuls ou avec des adultes. Vers l'âge de trois ans, ils jouent plutôt côte à côte et, vers l'âge de quatre ans, ils sont capables de se divertir en petits groupes. Certains enfants préfèrent s'amuser seuls, tandis que d'autres jouent habituellement avec quelques amis. Certains préfèrent les jouets qui favorisent l'apprentissage cognitif (par exemple, les casse-tête, les jeux d'assemblage), tandis que d'autres aiment les jeux symboliques (par exemple, jouer au papa et à la maman, au magasin, au pompier), faire des choses avec leurs mains (par exemple, bricoler, empiler des cubes) ou faire de l'activité physique et jouer dehors. Les garçons aiment souvent jouer à se batailler avec leurs amis ou courir pour essayer de les attraper tout en riant et en s'amusant.
L'importance du jeu
Le jeu non structuré permet aux enfants d'imiter les adultes, d'améliorer leurs habiletés motrices, d'accroître leur confiance en soi, de développer leur créativité et d'apprendre à coopérer avec leurs amis. Les parents devraient faire une grande place aux activités non structurées où les enfants apprennent à diriger leurs propres jeux.
Pendant les cinq premières années de vie, les enfants apprennent à établir des liens avec les autres, à communiquer, à coopérer, à se faire des amis et à jouer. Les parents et les intervenants qui comprennent les étapes clés du développement peuvent interagir avec les enfants d'une façon qui permet de stimuler l'apprentissage, d'améliorer les comportements et de diminuer les problèmes affectifs qui pourraient survenir plus tard.
Tiré de Mamanpourlavie
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