L’équation
De Gucht
Et si Karel De Gucht ne faisait qu’exécuter une partition écrite par d’autres dans le saint des saints du pouvoir européen! Et si l’euro-commissaire ne faisait qu’interpréter une pièce dont le metteur en scène serait tapis dans l’ombre des hautes instances européennes! Et si hier, alors ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht était chargé de dire tout haut ce que l’establishment fédéral bruxellois disait tout bas! En un mot comme en mille, et si le très controversé euro commissaire flamand jouait à la perfection au fou du roi!
A considérer de plus près les différents «dérapages» de De Gucht, une constante se dégage. Aujourd’hui comme hier, les critiques du ministre devenu euro-commissaire n’ont pas changé d’un iota. Ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht prenait des libertés avec les fondamentaux du langage diplomatique pour passer une volée de bois vert aux autorités congolaises. A part une timide levée de boucliers dans la composante francophone du cabinet belge, les diatribes de De Gucht ne lui valaient aucune remontrance notable. Bien au contraire. Rue de la Loi-la Primature belge-, et même à la Chambre, on disait souscrire au fond de philippiques de l’alors chef de la diplomatie.
Ce scénario semble se répéter à l’échelle européenne. Les propos outranciers du jusqu’à présent commissaire européen au Développement et à l’action humanitaire n’ont guère suscité de désaveu. En décryptant tous les discours d’officiels européens, on n’y trouve pas condamnation contre De Gucht. Toute la langue de bois débitée par les «gris» de l’Union européenne tend plutôt à accréditer les déclarations de l’euro-commissaire flamand. Tout se passe comme si vu de Bruxelles, les provocations à répétition de Karel De Gucht ne sont que du détail. Les protestations légitimes de Kinshasa semblent ne pas émouvoir grand’monde dans les cénacles bruxellois. En tout cas, la fatwa congolaise contre De Gucht ne saurait empêcher le président de la Commission Barroso de présenter, le mois prochain, le même De Gucht au portefeuille hyper convoité du Commerce extérieur.
Les choses étant ce qu’elles sont, les termes de l’équation De Gucht comportent sans doute plusieurs inconnus. A Kinshasa, on gagnerait plus à savoir quelle valeur recouvre ces inconnus qu’à vilipender-quoi qu’à raison-un De Gucht que bien des éléments portent à conclure qu’il est en mission commandée. José NAWEJ
Arme tribale
Autant le reconnaître tout de go. Le Gouvernement a réagi de façon appropriée par rapport à la campagne d'incitation à la haine ethnique lancée au Katanga par certains acteurs politiques et sociaux. Au Katanga comme ailleurs, il s'agit davantage d'une gué-guerre de repositionnement de certains opérateurs politiques que d'une véritable tension intercommunautaire. La tribu est juste instrumentalisée pour arriver à ses fins. Une constante dans l'histoire politique de ce pays depuis l'indépendance.
La résurgence de l'ethnicisme devrait interpeller l'ensemble de l'élite congolaise au premier rang de laquelle le Gouvernement central. Si la Constitution bannit, à juste titre, toute sorte de discrimination, la pratique sociale tend à légitimer quantité d'antivaleurs à consonance tribaliste ou, en tout cas, sectariste. Lors de nomination au sein de l'appareil d'Etat ou dans les entreprises du portefeuille,il est courant que la province d'origine, le district, le territoire, le secteur ou la tribu de l’heureux promu récupère l'événement.Ainsi, voit-on un ministre, un chef d'entreprise publique "fêté" par ses frères de tribu. Les mêmes sont prêts à vociférer dès que leur "frère", est en passe de perdre, pour l'une ou pour l'autre raison, son poste. Cette tribalisation de l'exercice du pouvoir fait même qu'il s'agit que les mandataires de l'Etat sont désignés non pour satisfaire leur tribu, mais pour gérer le bien public. Conséquence, une fois qu'on n’est plus aux responsabilités, on agite la tribu ou l'ethnie comme épouvantail.
Ce qui se passe au Katanga obéit à ce schéma si classique dans le mode opératoire zaïro-congolais. Et le discours ethniciste trouve dans le dénuement ambiant un terreau pour prospérer. A des jeunes désoeuvrés sans autre perspective que le banditisme ou le hooliganisme pour survivre, il n'en faut pas plus pour les embrigader dans des aventures populistes. Seulement, ce genre d'aventure coûte au finish cher, très cher au pays. C'est pourquoi, le gouvernement ne devrait pas avoir pour seule réponse la répression. A Kinshasa comme à Lubumbashi, l'antidote à l'ethnicisme passe par la remise au travail des populations. La démission de l'Etat de ses responsabilités en termes de prise en charge de la société pousse, en particulier, les jeunes dans les bras du premier vendeur d'illusions.
Ce regain d'ethnicisme à Lubumbashi est aussi un coup de semonce pour les théoriciens du découpage territorial. Celui-ci risque de créer plus de problèmes qu'il n'en aura résolu. Car, ceux des acteurs politiques en mal de poste perçoivent la création des nouvelles provinces comme l'ultime chance. Et les populations paupérisées et instrumentalisées par des leaders tribaux rêvent déjà des entités ethniquement pures que produira le fameux démembrement à venir. Bonjour le tribalisme ! José NAWEJ
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EN ATTENDANT L’EXAMEN ET L’ADOPTION,
EN DEUXIEME LECTURE, DU BUDGET
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Des crédits provisoires pour le 1er trimestre
* C’est ce qui ressort de la réunion conjointe,
tenue hier au Palais du peuple, entre les bureaux
du Sénat et de l’Assemblée nationale
D’aucuns se souviendront que le chef de l’Etat congolais a renvoyé le budget adopté au Parlement, pour l’exercice 2010, pour une seconde lecture. En fait, Joseph Kabila aurait affiché son mécontentement de voir à quel point le personnel politique s’est taillé la part du lion, côté rémunération, tout en oubliant que le Raïs a fait de l’an 2010 une année du social. C’est donc cette contradiction profonde entre sa vision et la tentative, par le personnel politique, de tirer la couverture de son côté, qui a poussé le numéro un Congolais à renvoyer le budget adopté. Conformément à cette volonté de Joseph Kabila, les bureaux de deux chambres du Parlement se sont réunis, hier au Palais du peuple, pour fixer l’ordre du jour de la session extraordinaire qui s’ouvre demain. En attendant l’examen et l’adoption du budget en deuxième lecture, des crédits provisoires seront accordés au Gouvernement pour le premier trimestre de l’an 2010.
A la veille de l'ouverture de la session extraordinaire de janvier 2010 du Parlement congolais, les deux chambres se sont réunies hier pour définir les matières prioritaires à examiner. A l'issue des échanges, le bureau du Sénat, dirigé par Léon Kengo Wa Dondo et celui de l'Assemblée nationale présidé Evariste Boshab ont retenu à l'ordre du jour de nouvelles matières et celles à soumettre à une commission mixte paritaire.
Pour ce qui est de nouvelles matières, les deux chambres ont mis l’accent sur le projet de loi portant crédits provisoires pour le premier trimestre 2010, le projet de loi contenant le budget de l'Etat pour l'exercice 2010 pour la deuxième lecture et la loi modifiant et complétant l'ordonnance loi n° 68-400 du 23 octobre 1968 relative à la publication et à la modification des actes officiels.
Le projet de loi modifiant et complétant le décret du 06 mars 1951 instituant le registre du commerce ou celui modifiant et complétant le décret du Roi souverain du 27 février 1887 sur les sociétés commerciales tel que modifié par le décret-loi du 19 septembre 1965 figurent sur la liste de nouvelles matières retenues à l'ordre du jour de deux chambres du Parlement. A toutes ces dispositions légales s'ajoutent encore le projet de loi organique sur la CENI ainsi que celui portant Code des marchés publics.
Sur la liste des matières à soumettre à une commission mixte paritaire, le Sénat et l'Assemblée nationale ont convenu de tabler sur la proposition de loi instituant la Commission nationale des droits de l'homme en RDC et plusieurs projets de loi. C'est le cas de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle, de la loi sur l'Aviation civile en RD Congo, ou encore la loi autorisant la ratification de la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique.
Les propositions de loi sur les Hydrocarbures, ou portant fixation des subdivisions territoriales à l'intérieur des provinces et les projets de loi autorisant la ratification du Pacte de défense mutuelle signé le 26 août 2003 à Dar-es-Salaam par les Etats membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe, ou celui autorisant la ratification de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles font partie des points retenus à l'ordre du jour de la session extraordinaire de janvier 2010.
Les bureaux des deux chambres du Parlement n'ont pas oublié le projet de loi autorisant la ratification de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Il y a lieu de souligner que cette session extraordinaire sera très mouvementée au regard de points retenus à l'ordre du jour et au temps prévu pour la session. Surtout quand on sait que le Chef de l'Etat a retourné le projet de budget au Parlement pour réexamen.
Dorian KISIMBA
SPECIAL LE TEMPS EFFACE LES IDEES
Olive Lembe plus visible sur le terrain que nombre des ministres !
Ceux qui ne la connaissent, seraient tentés de demander, au vu des activités qu’elle mène sur le terrain, si n’est pas membre du Gouvernement central. D’autres pourraient même demander quel département elle occupe. Elle, c’est bel et bien Mme Olive Lembe Kabila, première dame de la RDC, pour ne pas parler de l’épouse du chef de l’Etat congolais. Elle est tellement proche de la population et animée du désir de voler au secours de ses compatriotes que bon nombre d’observateurs la situe sur les traces de l’inoubliable et regrettée Marie-Antoinette Mobutu alias«Maman Sese».
De l’avis des observateurs, «Maman Olive» est plus visible sur le terrain que nombre des ministres congolais plongés dans des études interminables sur fond de conseils d’experts. Mais, en même temps, ils semblent trop regardants sur le titre «Excellence». Mais, ne manquent pas de se demander certains observateurs, «en quoi excellent-ils finalement»? De quoi justifier la plainte du Raïs au sujet de la lourdeur qui caractérise le Gouvernement et ce, malgré la bonne foi du Premier ministre Adolphe Muzito. En tout cas, sur le terrain, nombre de ministres demeurent invisibles et certains paraissent tellement inaperçus dans l’opinion congolaise qu’il se trouve même des agents de leurs ministères qui le connaissent vraiment à peine.
Mais, dans cette note négative apparemment globale, on trouve des ministres qui se sont bien défendus au point de mériter de la nation. Qu’on l’aime ou pas, on ne peut pas ne pas reconnaître, par exemple, que Lambert Mende a incarné la communication congolaise en intervenant à temps pour donner la position du Gouvernement sans pavoiser à travers des émissions télévisées comme cela fut le cas il y a encore quelques temps. Emmanuel Luzolo Bambi n’a pas attendu 2010 pour donner une nouvelle impulsion à la justice congolaise au point que la plupart de ses compatriotes comprennent aujourd’hui à quoi sert ce ministère. Maj Kisimba Ngoy, qui a hérité d’un ministère détenant le record des conflits a su juguler ce fléau et démontrer que ce ministère pouvait véritablement être au service de la population congolaise. Dr Léonard Mashako Mamba se retrouve à sa place à l’Enseignement supérieur. Rien qu’à voir ses initiatives (petites ou grandes), on voit bien qu’en tant que ministre, il a une vision pour son ministère. Charles Mwando Nsimba, ministre de la Défense nationale, est au four et au moulin. On le voit même au front dans des villages «perdus» en train réconforter les militaires des Fardc pour les amener à un effort plus valable. Et cela ne date pas, en tout cas, d’aujourd’hui. Vieux routier en matière gouvernementale, le «vieux Mwando» sait comment animer un ministère. Raymond Tshibanda fait aussi partie des ministres qui ont donné un sens à leurs ministères à travers les négociations qu’il a menées avec des résultats palpables. Du côté des vice-ministres, on ne peut pas ne pas citer Mme Colette Tshomba qui a su justifier la création d’un département chargé des Congolais de l’étranger. Peut-être que, sur la liste, on en a oubliés quelques rares encore, mais de nombreux ministres semblent être classés en dessous de la moyenne au point de renforcer le caractère imminent du remaniement gouvernemental. Que dire alors des vice-Premiers ministres, sans portefeuilles, et qui ne se limitent qu’à inaugurer des chrysanthèmes? Surtout que personne presque ne comprend, jusqu’à ce jour, ce que signifie «besoins sociaux de base»? C’est là que des observateurs invitent le chef de l’Etat à savoir opérer le bon choix pour réussir l’année du social afin d’éviter de rappeler, dans la mémoire des Congolais, le fameux septennat du social sous Mobutu qui n’avait profité, en réalité, qu’aux seuls dignitaires du régime. Le peuple en avait eu pour son compte à travers une paupérisation sans précédent et qui accentuait plutôt une misère déjà insupportable pour le même peuple. En fait, les Zaïrois de l’époque en avaient eu vraiment pour leur naïveté.
Il revient donc à Joseph Kabila Kabange d’opérer un remaniement utile qui lui permette de traduire en actes sa vision. En lieu et place d’un bureau d’études ou d’une simple équipe d’experts théoriques, le Gouvernement doit réellement jouer à l’exécutif en appliquant des mesures allant dans le sens des attentes de la population face aux promesses de la chef de l’Etat. De l’avis de bon nombre d’observateurs, le remaniement ministériel en RDC, en cette période particulière, cesse donc d’être une opération administrative pour devenir une nécessité, mieux une véritable planche du salut. Faut-il encore et surtout savoir traduire, à travers ce remaniement voulu de fond, la volonté d’aller de l’avant. Question de ne pas décevoir les attentes d’une population dont on attend l’adhésion en prévision des échéances électorales de 2010. Bref, c’est d’abord une question d’honneur pour le chef de l’Etat.
Voilà qui démontre à suffisance que la préoccupation du Raïs, lorsqu’il dénonçait la léthargie des ministres qui se plaisaient dans une approche suicidaire «d’études en études» et de «conseils d’experts en conseils d’experts» en pleine période de cinq chantiers . Vu donc sous cet angle, le président Joseph Kabila ne peut pas ne pas remanier le Gouvernement central. Plus qu’une obligation ou un devoir, c’est tout un défi en ce début de l’an 2010 qui constitue en fait la dernière année de la mandature issue des élections de 2006, 2011 demeurant une année électorale, jusqu’à preuve du contraire.
Marcellin MANDUAKILA
RETOMBEES DU FACE- A- FACE MUZITO-ALAN DOSS
La reconfiguration de la MONUC à l’ordre du jour
Le Premier ministre congolais et le chef de la MONUC ont parlé, le mardi 12 janvier 2009, de la reconfiguration du mandat de la Monuc compte tenu de l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays. Le souhait de Joseph Kabila, c’est de voir les forces onusiennes s’occuper plus des tâches de développement que de la guerre. Une discussion avec le gouvernement à ce sujet pourra se tenir en février prochain.
Pour M. Alan Doss, qui s’est exprimé à la presse au terme de ces entretiens, « les nouvelles options que prendra la MONUC seront l’aboutissement du travail qui sera fait par les autorités onusiennes et les différents partenaires locaux et internationaux », a dit Alan Doss à l’issue de l’audience lui accordée par le Premier ministre congolais, Adolphe Muzito. Le numéro un des forces onusiennes en RDC dit avoir levé quelques options fondamentales auxquelles vont se greffer d’autres, notamment la protection des populations, l’intégration des groupes armés et le renforcement des capacités des FARDC de manière à créer une armée républicaine.
Cette audience était aussi pour Alain Doss, « l’opportunité pour exprimer ses vœux de fin d’année et ceux de la Mission Onusienne au Premier ministre ainsi qu’à l’ensemble de son gouvernement qui a beaucoup travaillé pour faire avancer et améliorer la situation sécuritaire en RDC ». Il a également rendu hommage aux Congolais pour leur hospitalité à l’endroit de toute l’équipe onusienne. Le mandat de la Monuc devrait se terminer en décembre dernier. A cette occasion, le Chef de l’Etat avait demandé que le Conseil de sécurité de l’Onu présente un mandat de retrait progressif des forces des Nations unies.
Cette demande du chef de l’Etat congolais a été présentée dans une certaine opinion comme l’injonction de Kinshasa de voir la Monuc se retirer. Joseph Kabila avait également voulu que ce plan lui soit présenté d’ici le 30 juin 2010. La même opinion, qui voulait se servir de cette déclaration pour opposer la RDC à la communauté internationale, particulièrement au Conseil de sécurité de l’Onu, a fait savoir que Joseph Kabila aurait imposé le départ de la Monuc avant le 30 juin 2010. Car, a-t-on commenté, il ne voulait pas avoir sur son territoire une force étrangère au moment où il entendait célébrer avec faste le cinquantenaire de l’indépendance de son pays. Le représentant du Secrétaire général de l’ONU dément en un mot ces allégations mensongères. Il a fait cette déclaration au cours de l’entretien qu’il a eu avec le Premier ministre Adolphe Muzito à l’Hôtel du gouvernement mardi 12 janvier 2010. L’entretien a porté sur la reconfiguration de la Monuc et non pas sur le retrait immédiat. C’est le souhait plus d’une fois exprimé par Joseph Kabila.
En ce qui concerne la question sur le futur mandat de cette mission de l’ONU en RDC, la Monuc envisage d’engager, dans un proche avenir qui pourrait être le mois de février prochain, une discussion avec les autorités congolaises sur ce que pourront être les principales tâches de la Monuc. C’est à cette occasion qu’ Alan Doss a tenu à préciser, par ailleurs, que le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, n’a jamais exigé le départ de la mission du pays au 30 juin 2010.
Il avait demandé un plan de retrait progressif de ces forces des Nations Unies. Selon le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, il est important, avant le retrait, de travailler sur trois objectifs majeurs que sont : - le Plan de retrait progressif, le renforcement des capacités des FARDC, la stabilisation et la consolidation de la paix avec préférence pour le développement (santé, éducation et agriculture).
Rachidi MABANDU
Monuc : la protection des civils au centre de la planification conjointe de l’opération «Amani leo»
Les objectifs de l’opération «Amani Leo» ainsi que les rôles et les responsabilités respectifs des FARDC et de la Monuc dans cette opération ont été au centre du premier point de presse de l’année au Quartier général de cette institution à Kinshasa. Le directeur de l’Information publique, Kevin Kennedy a, au cours de la rencontre d’hier, donné les objectifs principaux de l’opération «Amani Leo» qui consiste notamment à protéger les populations civiles, libérer les zones stratégiques des forces négatives et à conserver les territoires récupérés des FDLR. Cependant, il a noté que la directive opérationnelle conjointe de cette opération prévoit également des actions dans le cadre du DDRRR.
Avant de souligner que la protection des civils est placée au centre de la planification conjointe de l’opération «Amani Leo». A cet effet, les efforts conjoints seront concentrés à protéger les populations et à tenir et sécuriser les zones stratégiques afin d’empêcher que les groupes armés ne récupèrent des territoires libérés antérieurement ou y organisent des représailles surtout contre les populations de l’Etat et l’Etat de droit, a fait savoir le Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies qui s’exprimait devant le conseil de sécurité.
S’agissant des actions contre les FDLR, Alan Doss a précisé que « toute action efficace contre les FDLR en RDC nécessite également l’engagement des Etats membres à partir des territoires desquels les leaders expatriés de ce groupe fournissent un soutien financier, stratégique et moral au noyau dur du commandement FDLR sur le terrain».
Un autre point abordé au cours du rendez-vous hebdomadaire d’hier à la Monuc est celui de la déclaration de cette institution, à Kinshasa, sur le violent séisme qui s’est produit le mardi 12 janvier 2010 en Haïti, qui a été une catastrophe hors mesures pour le peuple haïtien. Ce tremblement de terre a également détruit le siège de la Mission de stabilisation de l’Onu (Ministah) à Port-au-Prince.
Selon la Monuc, de nombreux membres du personnel de l’Onu sont ainsi portés disparus. Le Représentant spécial du Sg des Nations Unies en RDC et l’ensemble du personnel de la Monuc expriment leur profonde douleur face à ce désastre, et leur solidarité avec les collègues haïtiens de la Monuc et les collègues congolais de la Ministah.
Mathy MUSAU.
RDC : Une lettre pour la paix et une nouvelle politique à Obama
Une "nouvelle politique dans les relations internationales", notamment à l'égard de la République Démocratique du Congo et de ses régions orientales, "en état d'urgence et de guerre" depuis plus de 15 ans, a été invoquée dans une lettre ouverte au président des États-Unis Barack Obama par les membres du Réseau Paix pour le Congo. Les signataires du document constatent que la violence qui sévit dans l'Est du Congo découle de l'exploitation "frauduleuse" des ressources minières de la région (cassitérite, coltan, or, wolfram, pétrole, méthane).
La missive poursuit : "Les gens se demandent : "Pourquoi tout cela ? Jusqu'à quand doit-on attendre pour qu'il y ait la paix et quelle paix nous sera-t-elle accordée ?". C'est la question que nous voudrions poser à Vous aussi, Monsieur le Président, qui êtes le représentant d'un Pays impliqué, directement ou indirectement, dans le conflit et les déséquilibres des Pays des Grands Lacs, à cause du soutien accordé aux régimes de la Région, le Rwanda et l'Ouganda en particulier et à cause du profit tiré par les multinationales qui alimentent cette guerre et qui jouent un rôle très important dans l'économie de Votre Pays".
Les auteurs de la lettre soutiennent également que dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, "l'exportation frauduleuse (des minéraux, Ndlr) est augmentée de manière significative depuis janvier 2009", soit depuis les accords passés par les gouvernements congolais et rwandais sans le consentement préalable de leurs parlements respectifs et le lancement dans la région d'une campagne militaire conjointe. À ce propos, le Réseau Paix pour le Congo redoute "le signe avant-coureur de l'occupation du Kivu" par le Rwanda, notamment par l'intermédiaire de "soi-disant réfugiés congolais" qui franchissent continuellement la frontière. La missive se conclut par un appel aux États-Unis pour qu'ils cessent de soutenir l'Ouganda et le Rwanda, exigent des multinationales qu'elles observent les lois et - après de longues années d'ingérence et de complicité - préservent les "droits économiques, politiques et territoriaux" des pays de la région des Grands Lacs.
Le document fait en outre référence aux conditions d'existence de la population civile, en proie aux opérations militaires, aux incursions rebelles et à la pauvreté. Les témoignages dernièrement recueillis par la MISNA en Province Orientale, près des frontières de l'Ouganda et du Soudan, confirment que de nouvelles attaques ont été menées par les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (Lra) : les derniers assauts signalés auraient pris pour cible les villages de Ngilima et Bangadi, près de Dungu.
Misna
FAISANT LE POINT SUR LA SITUATION ACTUELLE DANS LE SUD-UBANGI
Charles Mwando rassure : Dongo est sécurisé et la population regagne le lieu
De retour de la visite dans le secteur opérationnel du Sud-Ubangi dans la province de l’Equateur, le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Charles Mwando NSimba a tenu, hier , une conférence de presse. C’était pour fixer l’opinion sur la situation qui prévaut actuellement dans le territoire de Dongo.
A la question de connaître la situation actuelle sur le terrain, le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants a indiqué que les FARDC ont occupé tous les points stratégiques du territoire. « Les insurgés sont réduits à leur plus simple expression et la sécurité se rétablit sur l’espace Gemena-Dongo-Inyele-Imese. Les populations déplacées regagnent déjà leurs résidences en toute quiétude, en commençant même par la localité d’Inyele, ancien bastion des insurgés », a souligné le ministre Charles Mwando NSimba. Il a fait savoir que les éléments FARDC engagés dans cette opération ont un comportement exemplaire du point de vue du respect des droits de la personne humaine, protection de la population civile et de ses biens, et du respect du Droit international humanitaire.
Pour le ministre de la Défense, la politique de la « Tolérance zéro », décrétée par le Président de la République est respectée. « Le soldat Bosongo Boyoma, un des auteurs du seul cas de viol perpétré à Bozeme, activement recherché par le chef d’Etat-Major général lui-même, vient d’être mis aux arrêts par ce dernier le 8 janvier 2010 à Kombe. Il sera jugé en chambre foraine à Bozene où a été commis le forfait », a informé le ministre de la Défense nationale.
Sur instruction du Président de la République et Commandant suprême des Forces armées, Charles Mwando NSimba, a effectué une visite du théâtre des opérations du 06 au 09 janvier 2010 dans le Sud-Ubangi. «Je reviens ainsi de Gemena où, avec le chef d’Etat-Major général des FARDC, j’ai parcouru près de 650 Km par véhicule les trajets Gemena-Dongo, en passant par les localités de Bobito, Bozene, Boyazala, Likambo, Mokusi I et II, Kombe, et Dongo-Enyele en passant par Mobambo, Vaka, Seke, Motombi pour me rendre compte de la situation exacte des opérations, des militaires engagés et des populations civiles. Odjani, chef des insurgés, a été blessé lors de la prise de la localité d’Enyele. Les quelques personnes qui lui étaient encore fidèles, l’ont pillé et abandonné dans la forêt d’Elenge Ngbaka. Blessé, le chef de la bande est ainsi réduit malgré les résidus de quelques insurgés signalés à Buruku sur la rivière Ubangi et vers Bomongo sur la rivière Ngiri», a expliqué le ministre de la Défense.
Des affrontements
et de l’intervention des FARDC
Parlant des affrontements et de l’intervention des FARDC, le ministre de la Défense a été plus clair et précis. Pour lui, Odjani et ses hommes, équipés d’armes de guerre, des armes de chasse et des armes blanches, ont tenu à en finir avec les populations Lobala. C’est ainsi qu’ils ont pillé, incendié et tué les vieillards et les enfants dont les corps ont été jetés dans l’eau. Ils ont décidé de progresser sur trois axes à savoir Dongo-Gemena pour s’assurer du contrôle de l’aéroport de Gemena, Dongo-Imesse pour contrôler le confluant fleuve Congo/rivière Ubangi pour empêcher tout renfort et Dongo-Bomongo pour menacer Mbandaka.
Les policiers dépêchés de Gemena était débordés par les événements. Ainsi, a souligné le ministre de la Défense, le Gouvernement par le biais du ministre de l’Intérieur, réquisitionne les unités des FARDC le 30 novembre 2009 pour appuyer la Police. « Le déploiement débute le 1er décembre alors que les insurgés ont parcouru près de 200 Km et ont atteint la localité de Bozene située à 85 Km de Gemena. Dans la nuit du 8 au 9 décembre, de violents combats ont opposé les insurgés à une compagnie du 321 ème bataillon des FARDC. Nos forces ont conqui Bobito dans la même nuit et ont récuperé le VTT et le camion de la Monuc, 22 caisses de munitions, 14 AK 47, 3 mitrailleuses, plusieurs flèches et calibres 12 », a indiqué Charles Mwando NSimba. Pour le ministre, la prise d’Inyele que les insurgés avaient juré ne jamais perdre, est intervenue le 31 décembre aux environs de 18 heures par une des compagnies du 321ème bataillon commando.
Parlant de l’origine des armes que détiennent les insurgés, le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants a soutenu que Odjani et ses hommes se sont servis des armes emportés par des militaires déserteurs et des démobilisés. « Nous devons encore savoir que nous héritons d’une situation post-conflit. Certains coins du pays n’ont pas connu des opérations de ratissage », a-t-il déclaré. En clair, la situation sécuritaire dans le territoire de Dongo est calme au point que les populations autochtones qui avaient fui les combats ont commencé à regagner leurs villages. Voilà pourquoi, il a lancé un appel pressant aux leaders d’opinion et à tous les opérateurs de la province de l’Equateur et de tout le pays à s’investir pour encourager les populations de cet espace à regagner leurs milieux. Dorian KISIMBA
La Fondation Alain Lubamba s’engage à faire reculer le sceptre de la pauvreté dans le territoire de Kabinda
Fidèle à sa vocation d’être un instrument de promotion sociale et communautaire ainsi qu’à l’esprit de solidarité et de compassion de son promoteur, la Fondation Alain Lubamba s’engage à faire reculer le sceptre de la pauvreté dans la territoire de Kabinda, au Kasaï Oriental, par la promotion des nouvelles techniques agricoles. Et aussi, à faire la distribution, aux agris-multiplicateurs, des boutures améliorées du manioc, principale culture vivrière de la contrée, fait savoir un communiqué de presse signé par son Secrétaire général Kizito Kalala. Ce qui justifie, selon lui, l’ouverture de 5 champs pour l’installation des parcs à bois du manioc amélioré dans quatre secteurs du territoire de Kabinda.
Il s’agit des secteurs de Ludimbi Lukula, Vunayi, Lukashi Luala et Lufubu Lomami. Et de poursuivre, «ces boutures de manioc améliorées seront distribuées gratuitement aux agris-multiplicateurs regroupés en associations pour une production agricole optimale avant de noter que les parcs à bois sont des champs ouvert dans plusieurs villages et permettent la multiplication des boutures de manioc. Cela fait de la Fondation Alain Lubamba un grand agri multiplicateur des semences améliorées dans le territoire de Kabinda. Cependant, indique le Secrétaire général, l’action de la Fondation Alain Lubamba est salutaire avant de signifier jusque-là, par les agriculteurs de Kabinda, atteindre jusqu’à deux à trois ans pour donner des tubercules qui ne sont pas nécessairement de meilleure qualité.
Dans cette logique, évoque-t-il, du semis à la récolte du manioc, l’agriculteur attend quatre à six saisons pour manger les fruits de son champ, situation qui ne permet pas la sécurité alimentaire et rend précaire la vie sociale de la plupart des paysans. C’est ainsi, note-t-il grâce à l’utilisation des boutures améliorées de manioc arrivant à maturité dès le sixième mois, la production des cossettes de manioc augmentera et entraînera une amélioration du niveau de vie de la population. Kabinda va jouer davantage le rôle de grenier agricol pour les régions environnantes.
Le SG de la Fondation Alain Lubamba a rappelé que le territoire de Kabinda est essentiellement agricole. Dans cette partie de la RDC, les activités agricoles occupent plus de 80% de la population active tout en ajoutant que l’agriculture à Kabinda, comme sur l’ensemble du territoire national, mérite non seulement la mécanisation, mais aussi et surtout l’introduction des semences améliorées pour la sécurité alimentaire et l’accroissement des revenus de la population rurale. Mathy MUSAU
Province Orientale : Nouveaux témoignages sur la présence des rebelles LRA
De nouveaux témoignages sur le climat d'insécurité parviennent de la région du Haut-Uélé, en Province Orientale, où opèrent les rebelles ougandais de l'Armée de Résistance du seigneur (Lra).
Des sources missionnaires contactées sur place par la MISNA indiquent que les habitants de la zone vivent dans la peur constante tant d'être attaqués par les rebelles que de se retrouver victimes d'abus des militaires réguliers. Aron Sambia, président de la société civile de Dungu (à 780 kilomètres au nord-est de Kisangani), a déclaré à la station Radio Okapi que "depuis le 26 décembre, il y a une multitude d'exactions, de tueries, on a calciné, mutilé, blessé des gens… Ici, à l'hôpital, on a reçu 14 blessés en l'espace d'un mois, dont huit par balles et armes blanches et six mutilés". Selon le représentant de la société civile locale, en effet, la situation s'est détériorée depuis que le gouvernement a redéployé dans une autre partie du pays, en province de l'Équateur, un grand nombre de militaires, qui ont été retirés de la région de Dungu, laissant la voie libre aux miliciens.
En attendant, de nouvelles informations ont été diffusées sur l'attaque menée par la Lra en décembre à Mabanga Ya Talo et dénoncée à la MISNA par Mgr Julien Andavo Mbia, évêque du diocèse d'Isiro-Niangara. Selon un chef de village local, qui a assisté aux obsèques des victimes, 20 personnes minimum auraient été tuées par les rebelles tandis que de nombreuses autres auraient été enlevées et emmenées dans la forêt. Misna.
Nouveaux bilans des réfugiés de Dongo
Près de 107.000 Congolais, des femmes et des enfants pour la plupart, ont fui en l'espace de deux mois le district du Sud-Oubangui, dans la province de l'Équateur, dans le Sud-ouest du pays, en traversant le fleuve Oubangui pour se réfugier en République du Congo, indique le dernier bilan diffusé par le Haut commissariat aux Réfugiés (Hcr) de l'Onu, précisant que 15.000 Congolais auraient trouvé refuge au Centrafrique tandis que 60.000 autres erreraient loin de chez eux sur le territoire national.
Si les arrivées de nouveaux réfugiés semblent s'être interrompues depuis une semaine, la situation humanitaire en République du Congo reste précaire : les agents soulignent les difficultés d'accès aux nécessiteux, logés dans des conditions très critiques dans des lieux reculés, le long des 500 kilomètres du fleuve Oubangui. Le représentant du Hcr au Congo, Stephan Grieb, a déclaré que les provisions médicales et alimentaires étaient insuffisantes de même que le soutien financier et logistique se révélait insuffisant, soulignant la nécessité de recenser tous les réfugiés et de lancer des campagnes de vaccination. En outre, le niveau du fleuve est voué à baisser avec l'arrivée de la saison sèche, contribuant à entraver davantage l'intervention des agents humanitaires par bateau.
Les combats entre les communautés Enyelé et Monzaya, qui ont essentiellement affecté la zone de Dongo depuis fin octobre ont causé 270 morts, dont 180 civils. En dépit du déploiement de 500 casques bleus environ et d'une opération navale de la marine congolaise en phase de planification, la situation demeure instable dans le district du Sud-Oubangui et les réfugiés ne semblent pas enclins à rentrer dans leur pays. Misna.
Le programme de l'UNICEF contre la mortalité infantile en Afrique de l'Ouest est un échec
Le programme de l'UNICEF pour réduire la mortalité des nourrissons et enfants de moins de 5 ans liée aux maladies en Afrique de l'Ouest est un échec, selon une étude publiée mardi, qui montre que le taux de survie est supérieur dans des zones exclues de ce plan. Entre 2001 et 2005, le Fonds des Nations unies pour l'enfance a consacré 27 millions de dollars (18,6 millions d'euros) à des mesures comme la vaccination des enfants ou la distribution de vitamine A et de moustiquaires de lit pour lutter contre la malaria dans onze pays. L'objectif: réduire le taux de mortalité des nourrissons et moins de 5 ans d'au moins 25% pour la fin 2006.
Mais l'étude publiée mardi sur le site Web de la revue médicale britannique "The Lancet" montre, d'après l'analyse du programme au Bénin, au Ghana et au Mali, que les enfants des zones exclues de cette stratégie avaient de meilleures chances de survie au-delà de 5 ans que les autres.
Déjà l'an dernier, des travaux s'interrogeaient sur le bénéfice réel des programmes de santé de l'ONU, qui ont coûté près de 200 milliards de dollars (138 milliards d'euros) en vingt ans et dont certains pourraient même avoir été contre-productifs.
Pour réaliser l'étude, Jennifer Bryce, de l'Ecole de santé publique Johns Hopkins Bloomberg, a analysé avec ses collègues les réponses à des questionnaires nationaux. Ils ont ainsi comparé l'évolution entre les zones bénéficiant du Programme accéléré pour la survie et le développement de l'enfant (SDAE, lancé en 2002) et les autres. L'étude a été financée par l'UNICEF, le gouvernement canadien, qui a payé pour plus de la moitié du programme de l'UNICEF en Afrique de l'Ouest, et d'autres partenaires.
Le fait que l'UNICEF ait choisi d'appliquer le SDAE dans des districts à mortalité infantile élevée pourrait expliquer son échec, car du coup l'agence a travaillé dans des régions où le système de santé est particulièrement mauvais, avance Jennifer Bryce. Elle note toutefois que la mortalité a baissé dans toutes les régions examinées, programme ou non.
L'UNICEF a employé des stratégies similaires dans l'ensemble des trois pays, et pas seulement dans les zones du programme, où ces mesures étaient censées être plus intensives et généralisées.
Au Bénin, la mortalité infantile a reculé de 13% depuis le début du SDAE, mais dans les zones hors programme, elle a chuté de 25%. Au Mali, la diminution est de 24% pour les zones SDAE et 31% pour les autres. Des statistiques similaires ne sont pas disponibles pour le Ghana, où les traitements contre la malaria et la diarrhée ont toutefois reculé de manière significative depuis le début du programme onusien. "D'immenses occasions de sauver davantage de vies ont été manquées", estime Jennifer Bryce, soulignant que le SDAE n'a pas donné la priorité à la lutte contre les maladies les plus meurtrières pour les enfants dans la région: la pneumonie, la malaria et la diarrhée. Pour cela, il aurait fallu payer du personnel de santé formé, et pas seulement distribuer compléments vitaminés et moustiquaires, ajoute-t-elle.
Tirant les enseignements de l'étude, dont les résultats lui ont été communiqués avant publication, l'UNICEF a changé la façon dont le personnel de santé diagnostique et traite la malaria, la pneumonie et la diarrhée dans 46 pays, a déclaré le chef du service santé de l'agence, Mickey Chopra. Le personnel de santé dispose désormais de médicaments pour traiter ces maladies plus vite.
L'étude est l'une des rares existant sur les vies réellement sauvées par les programmes de santé internationaux, qui engloutissent pourtant des milliards d'euros par an. "Je ne pense pas qu'on puisse tirer de ces résultats des arguments justifiant qu'on réduise l'aide à l'Afrique. Ce qu'il faut, c'est de faire plus attention à ce qui fonctionne dans des conditions difficiles", estime William Aldis, qui a travaillé pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Afrique.
Certains experts estiment que l'UNICEF aurait dû consolider les infrastructures des pays pauvres avant de verser l'argent. Faute d'avoir renforcé les systèmes de santé, "la stratégie de l'UNICEF a été aveuglement optimiste", estime Philip Stevens, de l'institut de réflexion londonien International Policy Network. Pour lui, "rien d'étonnant à ce que le programme ait été un échec complet" car l'agence onusienne aurait dû conditionner le versement des fonds aux résultats. AP/FDA
La ligue pour la défense des intérêts citoyens à l’école du management
La Ligue pour la défense des intérêts des citoyens (LDIC) a organisé, au collège Boboto du 11 au 13 janvier 2010, un séminaire de formation des hauts cadres du parti sous le thème : « la RDC, histoire et organisation ». En conformité avec le programme et les objectifs du séminaire, il a été examiné, au cours de cette rencontre, quelques questions essentielles qui se rapportent au management, singulièrement en recherchant ce que fait le manager/ Le temps réservé au débat a permis à l’intervenant de conduire les participants dans une réflexion sur le management politique.
Pour orienter les recherches des participants sur le management, il est précisé que la conception du présent exposé a été largement inspirée par les travaux du professeur Henry Mintzberg de l’université MCGILL de Montréal au Canada et par le cours de contrôle de gestion publique que l’intervenant dispense. Ce terme management entre aussi dans la composition de certaines expressions relatives à la gestion, telles que « Top management ou top manager, qui signifie la direction générale et middle management pour désigner les cadres moyens).
A en croire le professeur Mbuangi Mbuku Lelo, la littérature attitrée attribue, selon les époques, les courants d’idées et les auteurs, diverses fonctions particulières au « manager » dont voici les plus significatives : pour des auteurs classiques, comme Henri Fayol et Lyndell Urwick, le « bon dirigeant » est un « contrôleur », il exerce la « fonction de contrôle » ; pour Tom Peter, un « bon manager est un acteur » à « fonction action », pour Micheal Porter, c’est un concepteur, consacré à la « fonction conception »…
En réalité, la « fonction de manager » ou « fonction de direction » intègre toutes ces dénominations, avec d’autres encore, pour lesquelles des écrivains qui font autorité ont établi des « listes », un « ensemble interactif » de fonctions. Selon l’orateur, la littérature moderne dégage trois niveaux de gestion pour les managers qui ont, en termes réels, un « rôle » précis à jouer dans l’exercice de la fonction de ce dernier.
C’est la conception classique de la fonction de direction pendant la première moitié du 20ème siècle et qui fait encore des vagues en ces temps. Cette conception se joue sur les deux termes à savoir, communication et contrôle. Bref, pour les auteurs classiques, la fonction de manager, c’est-à-dire l’exercice de son autorité formelle, est exclusivement centré sur le contrôle informationnel de l’organisation. C’est ce qui a rendu populaire, vers les années 1930, l’acronyme de Gulick et Urwick. Cette méthode de gestion rapproche le manager des personnes, pour la réalisation des objectifs de l’entité sous sa gestion.
Plusieurs verbes définissent la mise en application de cette méthode de gestion, de direction, les personnes sont à considérer alors comme des entités et non comme de simples subordonnés. C’est ainsi que vers les années 1960 et 1970, Cet exercice de la fonction de manager s’est imposé comme une « observation » à mettre en vigueur, sous deux formules, notamment, de mise en relations humaines ; de théorie et ou de management participatif.
En d’autres termes, le manager ne doit être ni un « tampon », ni un « filtre » ou une « éponge » ou encore un « plomb aux rayons x ». Le manager doit plutôt être un « régulateur », un « garde-barrières », un « valve », « en équilibre délicat complexe de méditation ». Le manager est alors un « meneur », un « centre d’énergie » qui rayonne à trois niveaux, à savoir au niveau individuel, au niveau du groupe et au niveau de l’unité globale, avec une « culture d’entreprise ».
La combinaison de tous les atouts et de toutes les approches et méthodes crée le « style de direction ». De manière générale et suivant les différents managers, ce style peut prendre, en accentuant tel ou tel autre aspect, les formes suivantes que Henry Mintzberg explique que le style conceptuel de management, se focalise sur le développement du cadre. Simard Simon TSOUMBOU
Bon marché, « l’empire » du sexe et de l’alcool
Le quartier dit « Bon marché », compris dans le quartier Ndolo, de la commune de Barumbu est l’un des coins « chauds » de Kinshasa. Au début des années 1960, ce terrain marécageux était distribué aux fonctionnaires de l’Etat. Vu son état, ces derniers l’ont vendu aux particuliers à des prix dérisoires, à « Bon marché ». D’où l’origine de l’appellation. Cette partie s’étend des avenues Kabambare à Aérodrome, qui longent l’avenue du Flambeau, débaptisée Kabasele après la chute du régime de Mobutu en mai 1997.
« Bon marché », ce quartier grouille de nuit à cause du très grand nombre de terrasses et autres boîtes de nuit qui y sont ouvertes. Tous les soirs, «Bon-marché» connaît une ambiance de fête permanente. Ce qui justifie l’affluence considérable des filles de joie et autres jouisseurs en provenance d’autres quartiers de la vaste métropole congolaise.
Près de soixante dix sites de jouissance
sur neuf avenues
Quiconque n’a pas été en début de soirée à Bon-marché n’aura rien vu. Le quartier, à l’égal du Bloc commercial du quartier Bisengo de Bandalungwa. Trop de débits de boisson. En conséquence, la pollution sonore est au maximum et quasi permanente. La comparaison entre les deux quartiers s’arrête là. Cependant «Bon-marché» à cette particularité de battre le record du nombre de terrasses, bars et dancings.
A cela s’ajoutent des boutiques d’habillement, des pharmacies, des alimentations, cabines téléphoniques et autres. Un peu partout des flats hôtels sortent de terre. Comme, il est maintenant de coutume à Kinshasa, chacune de ces maisons organise une terrasse devant elle. Parmi ces activités commerciales, il faut noter aussi la prostitution. Auparavant, les lieux chauds de réjouissance étaient à compter sur les doigts à «Bon-marché». Il y avait une boîte de nuit sur l’actuel « Estoril », au croisement des avenues Kabasele et Madimba ; une autre « Mascotte » sur Kabasele-cadastre ; une autre à l’hôtel « Phénix » et enfin un dancing club « X » sur la avenue Essandja. Dans ces conditions, les choses se passaient dans le calme. Les gens ne ressentaient pas le bouillonnement dont il est question actuellement. Les prostituées rodaient dans des boîtes. Tout se passait dans le respect des bonnes mœurs et de l’ordre public.
Aujourd’hui, les choses ont changé. L’espace compris entre les avenues Cadastre et Progrès, considérées comme les points chauds, compte six boîtes de nuit avec une vingtaine de terrasses. Le tout coiffé par le dancing-club terra « Shetah 2 », au croisement du Kabasele et Cadastre. Mais, un peu plus loin, aux environs de l’hôtel « Phénix », l’ambiance est aussi à forte intensité. Sur l’avenue Aérodrome, il y a même un espace qui organise un « Kuzu », une cachette facilitant la débauche.
Pendant la journée, ce quartier ressemble à tout autre quartier de la ville. Le soir, plus précisément à partir de 19h, le décor change. Tous ces débits de boissons sont à l’œuvre. Vive l’ambiance ! Une ambiance particulière, réservée à une certaine bourse. Pour prendre une bière accompagnée de quelques morceaux de viande, il faut débourser au moins 10$. C’est ainsi que d’aucuns qualifient ce quartier de luxueux. « Bon-marché est un quartier des bourgeois », vante un vendeur ambulant.
Un milieu propice
aux prostitués
A «Bon-marché», il n’y a pas que des débits de boissons qui y pullulent, mais aussi la prostitution. Jadis, le sexe coûtait cher ici. Mais actuellement, on en trouve de toutes les bourses. Malgré cela, une jeune prostituée rencontrée, âgée d’une vingtaine d’années, déambulant devant « Shetah », affirme que : « Bon-marché» est le second endroit qui rémunère mieux la prostitution après le centre-ville. C’est pourquoi nous préférons roder ici au lieu de nous entasser toutes en villes ». Néanmoins, « les festivités de cette fin d’année n’ont pas bien payé. Nous ne savons pas si c’est à cause de la pluie ou de la crise financière », affirme une autre, abordée devant « l’Estoril ».
Chaque comme ou quartier a son identité particulière et une référence. C’est le cas de la commune de Lemba, réputée comme la commune des intellectuels. A «Bon-marché», le règne de la bière et celui du vieux métier du monde semblent de plus en caractériser cette commune. Rocco NKANGA/Stagiaire
La commune de Bumbu sans loisirs sains
La commune de Bumbu, une des communes réputées les plus pauvres que compte la ville de Kinshasa, se trouve enclavée. La population « généralement pauvre » de cette commune est abandonnée à elle-même ; la jeunesse, dite l’avenir du pays, est délaissée sans loisirs sains et faute de mieux, elle s’adonne à des discussions improductives à longueur de journées, à la débauche et à la prise des différentes drogues et des boissons alcoolisées dénommées « Supu na tolo ». L’oisiveté est le mode de vie de cette jeunesse désœuvrée alors déclarée avenir de demain. Aucune distraction, aucun cybercafé et surtout que, dans certains quartiers, dame la lumière est inexistante.
Comment alors prétendre éradiquer le phénomène « Kuluna » qui, du jour au jour, prend de l’ampleur dans cette partie de la ville. Cette population oisive et au ventre creux a perdu tout espoir quant à son avenir. La pauvreté a atteint son paroxysme et la vie devient de plus en plus intenable. Cette jeunesse veut vivre et atteindre le niveau de vie des autres. La vie n’a pas de prix et la jeunesse est comme une fleur qui fane du jour au lendemain.
Beaucoup de filles mères, de garçons géniteurs et sans aucun sens de responsabilité déferlent cette commune. Qui sauvera cette population sans défense ? Qui lui donnera espoir ? Car, qui vit d’espoir, meurt de faim.
Roger PHOLO/stagiaire APIC.
HOMMAGE A UNE GRANDE VEDETTE FEMININE
Mpongo Love : une voix partie à fleur d’âge
C’est ce vendredi 15 janvier 2010 que la chanteuse congolaise Mpongo Love totalise 20 ans dans l’au-delà. Pour honorer la mémoire de cette diva, la tombe de l’illustre disparu est en train d’être réhabilitée grâce aux efforts du mécène et député nationale Lili Lumande. Toute la carrière musicale de Mpongo Love a été marquée par le courage d’une femme qui s’est intégrée dans la musique avec intelligence et conviction.
Aimée Françoise Mpongo Landu, de son vivant, s’est imposée sur la scène musicale congolaise grâce à l’originalité de sa voix limpide, aigue, légèrement nasale, aux intonations fragiles et précises. C’est dans la chorale que la chanteuse Mpongo Love a pris goût à la musique. Par après, elle apparaît sur la scène musicale en devenant une vraie professionnelle de la musique et chante des textes des grands auteurs et compositeurs congolais de l’époque.
Naissance et disparition
Aimée Françoise Mpongo Langu est née dans la ville portuaire de Boma, le 27 août 1956. C’est dans cette partie de la province du Bas-Congo que le père de la chanteuse, un officier militaire, dirigeait la base militaire. A l’âge de quatre ans, une piqure de pénicilline rend la chanteuse totalement paralysée. Une année après, elle perd son père, tué dans un règlement de compte politico-militaire.
En 1962, au bout de deux ans de soins, Mpongo Love retrouve l’usage de ses deux jambes, mais malheureusement, elle en conserve une légère malformation. C’est la méningite cérébrale qui avait emporté l’artiste qui était malade depuis le Gabon. Elle s’éteint donc le 15 janvier 1990 après plusieurs semaines d’internement, à l’âge de 34 ans.
Carrière musicale
Ancienne secrétaire de direction dans la firme Districars de feu Dokolo, spécialisée dans la vente des véhicules Mazda, Mpongo Love se convertit à la musique grâce à l’une de ses amies. C’est Deyess Empompo, saxophoniste de Rochereau Tabu Ley, qui devient rapidement son encadreur.
Sous l’autorité d’Empompo, la chanteuse monte le groupe Tcheke Tcheke Love, Empompo lui recrute des musiciens et compose pour lui ses premières œuvres. Elle a 19 ans, et se lance dans la chanson avec le titre « Pas possible Maty ». Elle parvient à donner son premier concert au Ciné Palladium.
Dès 1977, Mpongo Love accompagnée de l’orchestre « Les Ya tupa’s », avec Ray Lema, Alfred Nzimbi, Pépé Manuaku, chante des textes des grands auteurs et compositeurs, notamment Freddy Mayaula Mayoni, Simaro Lutumba et Souzy Kaseya. Par après, elle commence à composer elle-même ses œuvres musicales et multiplient les arrangements. La chanson « Ndaya », œuvre de Mayaula, et interprétée par Mpongo Love fait scandale et connaît un grand succès auprès du public kinois, et surtout auprès des femmes de tous âges.
Il y a également les chansons « Kapwepwe », « Motayo », Marketing international », et tant d’autres qui feront un grand succès. C’est en 1980 que Mpongo Love se sépare de son encadreur Empompo afin de profiter de l’expérience extérieure et modifier sa façon de travailler. Elle devient productrice de ses albums sous le label « Love’s Music ».
Carrière internationale
La chanteuse reussit à sortir l’album « L’Afrique danse avec Mpongo Love » à Paris aux éditions African music et ensuite aux éditions Safari ambiance. Grâce à Souzy Kaseya, Mpongo Love sort l’album « Vivre avec toi », qui avait comme titre phare « Yoka » et d’autres chansons comme « Rebe ».
Elle enregistre aussi à Paris, aux éditions Mélodie, l’album « Partager » avec Bopol Mansiamina. Son style se transforme et devient une rumba aux accents romantiques dominée par son chant séduisant. Mpongo Love lance plusieurs chansons dont « Ba kake », œuvre du professeur Oscar Diyabanza, « Masikini » qui parle du divorce, « Trahison » qui exploite le thème de la mauvaise compagnie, « Femme commerçante », qui loue la bravoure de la femme et « fetiche Mpongo », dédiée à sa mère.
Mpongo Love quitte la terre de ses ancêtres à fleur d’âge
Au moment où les mélomanes avaient encore besoin d’elle, la chanteuse a choisi de les quitter. Elle est morte à fleur d’âge en laissant des œuvres inoubliables. Mpongo Love restera à jamais une image gravée dans la mémoire musicale congolaise. Elle était, à son époque, une des figures emblématiques de la musique congolaise, surtout dans la catégorie des vedettes féminines.
Mpongo Love avait laissé trois orphelins : Sandra, Ricth et Grâce Mpongo. Actuellement, Sandra Mpongo la fille de l’artiste, se bat pour que la tombe de sa mère soit réellement réhabilitée afin d’honorer la mémoire de l’illustre disparue. Dieumerci MAYAMBI
REAGISSANT A LA LISTE NOIRE DES ETATS-UNIS LA HAVANE REPLIQUE
«Cuba ne soutient pas le terrorisme»
Des informations de presse du lundi 4 janvier ont fait savoir qu'à compter de ce jour, l'Administration étasunienne de la sécurité des transports commencerait à appliquer des mesures de sécurisation supplémentaires, sur tous les aéroports du monde, à tout passager détenteur d'un passeport de pays que le département d'État catalogue de " soutiens du terrorisme international ", cette liste incluant d'une manière arbitraire et injuste Cuba, aux côtés de l'Iran, de la Syrie et du Soudan, et d'autres pays jugés " sensibles " : l'Afghanistan, l'Algérie, l'Arabie saoudite, l'Iraq, le Liban, la Libye, le Nigeria, le Pakistan, la Somalie et le Yémen. Les mesures seront aussi applicables à toute personne faisant escale dans l'un de ces quatorze pays.
Cette décision d'imposer de nouvelles mesures a été adopté, a-t-on su, à la suite de la tentative d'attentat terroriste visant un avion de la ligne étasunienne Northwest Airlines à destination de Detroit, le 25 décembre dernier.
Selon les agences de presse qui reproduisent des déclarations de fonctionnaires étasuniens anonymes, les passagers concernés par cette liste feront l'objet de fouilles au corps, leurs bagages à main seront minutieusement révisés et soumis à des techniques sophistiquées de détection d'explosifs ou de scanner corporel.
Le 5 janvier dans l'après-midi, au terme d'une réunion avec son Conseil de sécurité nationale, le président Barack Obama en personne a confirmé que lesdites mesures avaient été appliquées dès la veille aux " passagers à destination des États-Unis provenant des nations de notre liste d'États soutiens du terrorisme international ou d'autres pays sensibles, ou y transitant ".
Cette même après-midi, ce ministère des Relations extérieures et la Section des intérêts de Cuba à Washington ont présenté une note de protestation devant la Section des intérêts des États-Unis à La Havane et au département d'État respectivement.
Dans cette Note, le ministère refuse catégoriquement cette nouvelle action hostile de l'administration étasunienne, qui découle de l'inclusion injustifiée de Cuba sur la liste des États parrainant le terrorisme, cette inclusion répondant à des motivations uniquement politiques et ne visant qu'à justifier la politique de blocus que la communauté internationale condamne à une majorité écrasante.
Le MINREX conteste dans cette même Note la mise au point de listes semblables et souligne que les faits mêmes prouvent l'attitude absolument impeccable de Cuba face au terrorisme international dont elle a été elle-même traditionnellement victime ; il réitère que les arguments employés par l'administration étasunienne pour justifier l'inclusion de notre pays sur sa liste des " États soutiens du terrorisme international " sont absolument dénués de fondements et il demande que Cuba soit rayée sans délais de cette liste arbitraire.
Ce même jour, un porte-parole du département d'État interrogé par l'agence de presse AFP sur la Note de protestation du ministère, a déclaré que " Cuba est un pays qui appuie des activités terroristes, et que ses ressortissants et les voyageurs en transit aérien doivent donc être soumis aux contrôles supplémentaires pour des motifs de sécurité ".
À la suite de cette nouvelle mesure, des éditorialistes d'importants journaux des États-Unis, tel le Washington Post, ont taxé de " ridicule " et d' " imméritée " la désignation de Cuba comme " État terroriste ", rappelant que notre pays n'est pas une menace pour la sécurité des États-Unis et affirmant que c'était " perdre son temps " que de chercher des terroristes sur des vols en provenance de Cuba,
Toujours le 5 janvier 2010, le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, a déclaré que Cuba avait " bien gagné " le qualificatif d' " État soutien du terrorisme ". Le lendemain, 6 janvier, un autre porte-parole a réitéré à l'AFP les prétextes éculés justifiant censément le maintien de Cuba sur cette liste d'États terroristes.
C'est dès 1982, sous l'administration Reagan, dans le cadre de la politique d'hostilités et des campagnes d'intoxication visant à ternir l'image de la Révolution, que le département d'État inscrivit injustement Cuba sur la liste qu'il dresse tous les ans des " États soutiens du terrorisme international ". Bien avant, donc, l'attentat contre les Tours jumelles de New York.
L'inscription de Cuba sur cette liste entraîna de nouvelles sanctions économiques, dont le gel des transactions bancaires, la prohibition de transferts de technologies et des mesures de restriction et d'isolement contre notre pays et ses ressortissants. Ces sanctions venaient s'ajouter aux mesures déjà draconiennes imposées dans le cadre du blocus économique, commercial et financier mis en place depuis le début de la Révolution.
Depuis, les différentes administrations étasuniennes ont maintenu Cuba sur cette liste, recourant pour cela à divers prétextes, tous absolument infondés, et sans que jamais la moindre preuve ne vienne démontrer la participation de notre pays au moindre acte terroriste.
Le 30 avril 2009, l'administration Obama a ratifié l'inclusion absurde de Cuba sur cette liste, réitérant que " le gouvernement cubain continue d'offrir un asile sûr à plusieurs terroristes ", que " des membres de l'ETA, des FARC et de l'ELN étaient restés à Cuba en 2008 " et qu' " il continue de permettre à des fugitifs des USA de vivre légalement à Cuba ", des assertions que le ministre des Relations extérieures a repoussées énergiquement et qui ont suscité des Réflexions du compañero Fidel qui a sommé l'administration de discuter de cette question.
Cuba a publié par le passé assez de preuves démontrant la fausseté et la nature manipulatrice de ces prétextes, telle la Déclaration du 2 mai 2003 du ministère des Relations extérieures intitulée : " Cuba n'a rien à cacher ni rien de quoi rougir ".
Si plusieurs membres de l'organisation basque ETA, qui étaient en exil, vivent à Cuba - sans que celle-ci l'ait réclamé - c'est à la requête même des gouvernements concernés avec lequel notre pays a signé, voilà maintenant plus de vingt-cinq ans, un accord aux termes duquel un petit groupe de militants de cette organisation a voyagé à Cuba. Notre gouvernement a établi comme règle stricte que tout membre du groupe qui abandonnerait le pays ne pourrait plus y rentrer.
Les membres de l'ETA vivant à Cuba n'ont jamais utilisé notre territoire pour des activités contre l'Espagne ni contre aucun autre pays. Cuba a respecté scrupuleusement l'esprit de cet accord. La présence de membres de l'ETA à Cuba est une question de nature bilatérale sur laquelle notre pays a maintenu des contacts avec le gouvernement espagnol. L'administration étasunienne n'a ni le droit ni l'autorité de s'ingérer dans ces questions qui ne la concernent absolument pas et qui, à plus forte raison, ne portent pas atteinte à la sécurité nationale des USA, pas plus qu'à celle d'aucun autre État.
En ce qui concerne les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'Armée de libération nationale (ELN) de Colombie, ce sont le gouvernement colombien et ces forces de guérillas qui, on le sait, sont convenus de demander à Cuba, à un moment donné, de participer au processus de paix. C'est dans ce cadre que Cuba a donc fait partie du Groupe des pays facilitateurs du dialogue et du Groupe des pays amis pour les conversations de paix, et qu'elle a servi de siège à plusieurs cycles de négociations.
L'attitude transparente et l'aide du gouvernement cubain au processus de paix ont été reconnues publiquement, non seulement par les FARC et l'ELN, mais encore par les Nations Unies et le gouvernement colombien lui-même.
En ce qui concerne la présence à Cuba de fugitifs de la justice étasunienne, nous tenons à réitérer qu'aucun terroriste d'aucun pays n'a jamais trouvé asile ni résidence dans le nôtre. Cuba a offert en toute légitimité protection et asile politique à des militants des droits civils étasuniens.
D'autres ressortissants étasuniens vivent aussi à Cuba : ayant commis des crimes - surtout des détournements d'avions - ils ont été jugés et condamnés à de lourdes peines et, une fois celles-ci purgées, ils ont demandé à rester dans notre pays. C'est justement le gouvernement cubain qui a adopté les mesures pertinentes pour mettre définitivement fin, sous l'administration Carter, aux détournements d'avions, un mal né aux États-Unis mêmes.
Ce sont les différentes administrations étasuniennes qui, au contraire, ont accueilli aux USA des centaines de délinquants, d'assassins et de terroristes, ignorant les requêtes formelles de renvoi présentées dans chaque cas par le gouvernement cubain aux termes des accords d'extradition alors en vigueur. Nombre de ces individus déambulent toujours librement et tranquillement dans les rues de ce pays, même après avoir été impliqués dans de nouvelles actions terroristes contre des citoyens et des intérêts des États-Unis, de Cuba et d'autres nations. Le cas le plus connu et le plus atroce est le sabotage en plein vol, le 6 octobre 1976, d'un avion de passagers de Cubana de Aviación, qui a causé la mort de soixante-treize personnes et qui a constitué en Occident le premier acte terroriste contre un avion civil en plein vol. Ses auteurs, Orlando Bosch Ávila et Luis Posada Carriles, ont vécu et continuent de vivre impunément à Miami, le premier pour avoir été gracié par le président George H. Bush en personne, le second toujours dans l'attente sans cesse ajournée d'un procès instruit pour mensonge et obstruction à la justice en matière d'immigration, et absolument pas pour le chef d'accusation absolument prouvé de terrorisme international.
Bien que taxant Cuba d' " État soutien du terrorisme " dans ses rapports, le département d'État n'a pu ignorer certaines de ces vérités-ci.
Cuba rejette, parce qu'illégitime, le mécanisme par lequel l'administration étasunienne s'arroge le droit de certifier la conduite d'autres nations en matière de terrorisme et de publier des listes discriminatoires et sélectives à des fins politiques, tout en adoptant une attitude de deux poids deux mesures consistant à ne pas juger et à laisser en liberté les responsables avoués d'horribles actes terroristes contre notre pays.
Nos Cinq Héros, Gerardo, Fernando, Ramón, Antonio et René, purgent de ce fait des peines arbitraires et injustes dans des prisons étasuniennes pour avoir dû protéger Cuba, où 3 478 personnes ont été tuées et 2 099 sont restées invalides à la suite d'actions terroristes, et pour avoir aussi défendu la vie de citoyens des USA et d'autres pays.
Cuba a toujours lutté d'une manière exemplaire contre le terrorisme :
- Cuba condamne tous les actes terroristes sous toutes leurs formes et manifestations.
- Cuba n'a jamais été utilisée et ne sera jamais utilisée pour y organiser, financer ou exécuter des actes terroristes contre aucun pays, les USA compris.
- Cuba est signataire des treize conventions internationales relatives au terrorisme et applique rigoureusement les obligations émanant des résolutions 1267, 1373 et 1540 du Conseil de sécurité des Nations Unies en la matière.
- Cuba ne possède pas - et n'a pas l'intention de s'en doter - d'armes de destruction massive d'aucune sorte et respecte scrupuleusement ses obligations aux termes des instruments internationaux qu'elle a souscrits en matière d'armes nucléaires, chimiques et biologiques.
- L'Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba a adopté, le 20 décembre 2001, la loi 93, dite " Contre les actes de terrorisme ", qui qualifie tous les actes de terrorisme international de graves crimes et stipule de très lourdes peines
- Cuba a adopté en plus des mesures pour prévenir et réprimer tous actes terroristes et toutes activités y afférentes, dont le financement du terrorisme. Elle a par ailleurs renforcé la surveillance à ses frontières et stimulé des mesures pour interdire le trafic d'armes et intensifier la coopération judiciaire avec d'autres pays, en vue de quoi elle a signé trente-cinq accords d'assistance juridique et a manifesté à maintes reprises sa disposition permanente à coopérer avec tous les États dans ce domaine.
- C'est dans cet esprit que Cuba a même coopéré activement avec le gouvernement étasunien, lui ayant proposé à trois reprises (novembre 2001, décembre 2001 et mars 2002) un projet de Programme de coopération bilatérale pour combattre le terrorisme, et elle a renouvelé en juillet 2009 sa volonté de coopération en la matière.
- Les autorités cubaines ont fait savoir à plusieurs reprises au gouvernement étasunien leur volonté d'échanger des informations sur des plans d'attentats et d'actions terroristes visant des cibles dans les deux pays. On sait aussi que Cuba a, en 1984, alerté les autorités étasuniennes au sujet d'un plan d'attentat contre le président Reagan, ce qui a permis aux autorités étasuniennes de neutraliser ce projet. De même, en 1988, Cuba a transmis à l'administration de William Clinton des informations concernant des projets d'attentats à la bombe contre des avions de lignes aérienne de Cuba ou d'autres pays à destination de l'île.
- Les autorités cubaines ont aussi remis à l'administration étasunienne une abondante information sur des actes terroristes commis contre Cuba. Elles ont fourni au FBI en 1997, 1998, 2005 et 2006 de très nombreuses preuves sur des attentats à la bombe dans plusieurs centres touristiques cubaines, lui donnant même accès aux auteurs de ces attentats incarcérés dans notre pays et à des témoins.
- On ne saurait oublier par ailleurs que Cuba a été l'un des premiers pays à condamner publiquement les attentats criminels terroristes commis le 11 septembre 2001 aux États-Unis, a fait connaître sa disposition à apporter une aide médicale et humanitaire aux victimes et a aussitôt offert d'ouvrir son espace aérien et ses aéroports afin d'y accueillir des avions de passagers à destination des USA.
Malgré les nombreux actes terroristes commis contre lui en provenance des USA, notre pays a maintenu une attitude absolument impeccable et nette au sujet de tout fait qui pourrait causer du tort à des citoyens étasuniens, parce que nous agissons en fonction de principes politiques et de normes morales.
Le gouvernement cubain, fort de sa morale et de sa dignité, condamne l'inscription arbitraire de l'île sur la liste des quatorze pays dont les ressortissants seront soumis aux nouvelles mesures de restriction décidées par l'administration étasunienne.
Le gouvernement cubain demande aussi que Cuba soit rayée sans délai de la liste des " États soutiens du terrorisme international ", car il s'agit là d'un décision injuste, arbitraire et à motivations politiques, qui est absolument en contradiction avec la conduite exemplaire de notre pays dans la lutte contre le terrorisme et fait douter du sérieux des USA dans leur lutte contre ce mal.
Le gouvernement cubain presse aussi instamment l'administration étasunienne de faire preuve de sérieux dans la lutte antiterroriste en agissant résolument et sans double morale contre ceux qui, aux USA mêmes, ont commis des actes terroristes contre Cuba et en libérant les Cinq Héros antiterroristes cubains qu'elle maintient injustement en prison. La Havane, le 7 janvier 2010
Ministère des Relations extérieures
CAN 2010 : Pas de matchs à la télé tunisienne
La Tunisie sera privée de diffusion des matches de sa sélection en Coupe d'Afrique des Nations 2010 en Angola en raison des conditions posées par la chaîne satellitaire Al-Jazira Sport, qui détient les droits, a-t-on appris de source officielle. En raison des "conditions rédhibitoires" qui ont accompagné les négociations portant sur les droits de diffusion des rencontres de la Tunisie, le président Zine El Abidine Ben Ali a décidé de transférer les fonds destinés à l'acquisition de ces droits au profit des clubs nationaux, a annoncé l'agence gouvernementale TAP. Ces fonds sont estimés à 2,3 millions de dollars (1,6 million d'euros), alors que Al-Jazira Sport réclamait 7,2 millions (5 millions d'euros) ainsi que des droits de transmission de matches du championnat et de la Coupe de Tunisie durant trois ans. AP
*Décolonisation de l'Afrique : la Grande-Bretagne et la France ont eu les plus grandes possessions
État des lieux.
Cecil Rhodes: projet du Chemin de fer Le Cap-Le Caire. Fondateur de la compagnie De Beers, une des premières compagnies mondiale du diamant, Rhodes était aussi le propriétaire de la British South Africa Company, qui s'est approprié la Rhodésie. He wanted to "paint the map British red", une de ses déclaration célèbre : "Toutes ces étoiles... ces mondes immenses qui restent hors d'atteinte. Si je le pouvais, j'annexerais les autres planètes".
Durant le partage de l'Afrique à la fin du XIXe siècle, les puissances européennes ont divisé l'Afrique et ses ressources en zones politiques à la Conférence de Berlin de 1884-85.
En 1905 Le territoire africain est complètement contrôlé par les forces européennes à l'exception notable du Liberia et de l'Abyssinie. La Grande-Bretagne et la France ont les plus grandes possessions, mais l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et le Portugal sont également plus ou moins largement possessionnés. L'Afrique a souffert, à long terme, des effets de la colonisation et de l'impérialisme, avec la perte d'importantes ressources naturelles comme l'or et le caoutchouc, l'effondrement économique, le bouleversement culturel, une division géopolitique et un assujettissement politique.
Les Européens ont souvent justifié cela en utilisant la théorie du " fardeau de l'homme blanc " - suivant l'expression de Rudyard Kipling, une obligation de " civiliser " les populations d'Afrique.
Causes
Sur le plan africain, la Seconde Guerre mondiale a vu les colonies aider leurs colonisateurs dans le processus de guerre , mais sans mention de l'indépendance pour les nations africaines. Certains leaders, comme Hendrik Verwoerd et John Vorster d'Afrique du Sud ont supporté Hitler tandis que la plupart des gouverneurs coloniaux français ont montré leur loyauté au Régime de Vichy jusqu'en 1943. La propagande allemande durant la guerre n'est pas étrangère à cette méfiance envers l'autorité britannique. Du fait que la conquête impériale japonaise ait commencé en Extrême-Orient, elle a fait face à une insuffisance en matière première telle que le caoutchouc et divers minerais. L'Afrique était alors forcée de compenser cette pénurie et a beaucoup bénéficié de ce changement. Un autre problème clé auquel les européens ont dû faire face était la présence d'U-boots (sous-marins allemands) qui patrouillaient dans l'Océan Atlantique. Ceci a réduit la quantité de matières premières transportées vers l'Europe et a poussé à la création d'industries locales en Afrique. Ces industries ont, à leur tour, causé l'agrandissement et la création de nouveaux quartiers. Avec l'accroissement des zones urbaines et de l'industrie est venue celle des syndicats. En plus des syndicats, l'urbanisation a encouragé la lecture et l'écriture, qui ont favorisé la naissance de journaux pro-indépendance.
En 1941, Roosevelt et Churchill se rencontrent pour discuter du monde de l'après guerre. Il en résulte la Charte de l'Atlantique. L'une des clauses de ce document, introduite par Roosevelt, était l'autonomie des colonies impériales. Après la seconde guerre mondiale il y avait donc une pression sur les britanniques de se conformer aux termes de la Charte de l'Atlantique. Lorsque Churchill a introduit la charte au parlement, il a expressément transposé les colonies en pays récemment conquis à l'Allemagne pour pouvoir la faire passer. Après la guerre, les colonies africaines étant toujours considérées "infantiles" et "immatures", des gouvernements démocratiques n'ont été introduit qu'à l'échelle locale.
Durant les années 1930, les puissances coloniales ont pris soin d'entretenir une minorité d'élites leaders, formées dans les universités occidentales et familières avec des idées comme l'autodétermination. Ces leaders, dont quelques nationalistes majeurs comme Kenyatta (Kenya), Kwame Nkrumah (Côte-de-l'Or, Ghana), Léopold Sédar Senghor (Sénégal) et Félix Houphouët-Boigny (Côte d'Ivoire), ont mené la bataille pour l'indépendance.
Conséquences
Dans la plupart des colonies britanniques et françaises, la transition à l'indépendance a été relativement pacifique. Certains colons désapprouvaient cependant l'introduction de gouvernements démocratiques.
À la suite de la décolonisation, l'Afrique a affiché une instabilité politique, un désastre économique et une dépendance à la dette. L'instabilité politique est arrivée avec l'introduction des influences marxiste et capitaliste ainsi que les frictions permanentes dues aux inégalités entre les races. Ceci menait à la guerre civile, des mouvements nationalistes noirs ont participé à des attaques violentes à l'encontre des colons blancs, tentant de mettre fin à la "dominance de la minorité blanche" dans les gouvernements.
D'autres violences ont lieu à cause du désaccord relatif au découpage géographique fait durant la colonisation. Malgré une acceptation très répandue de ce découpage, des conflits frontaliers comme ceux entre le Tchad et la Libye, l'Éthiopie et la Somalie et le Nigeria et le Cameroun surgissent, parfois encore aujourd'hui.
Un autre résultat du colonialisme, suivi de la décolonisation, fut l'appauvrissement en ressources naturelles de l'économie africaine sans possibilité de diversification de l'exportation de ses cultures commerciales vers les pays colons. Souffrant de famine et de sècheresse, l'Afrique a lutté pour industrialiser sa main-d'œuvre frappée par la pauvreté, avec des fonds insuffisants.
Dans une tentative d'influencer le Tiers Monde pour qu'il adopte, soit l'idéologie du capitalisme, soit celle du communisme, les États-Unis et l'Union soviétique ont prêté de la nourriture et de l'argent à l'Afrique. Pour nourrir, éduquer, et moderniser ses populations, l'Afrique a emprunté des sommes importantes à diverses nations, banques et compagnies. En retour, les créanciers ont contraint les pays africains à dévaluer leurs monnaies et ont tenté d'exercer une influence politique en Afrique. Cependant, l'argent emprunté ne relèva pas l'économie dévastée. Les énormes capitaux empruntés étant habituellement dilapidés par la mauvaise gestion des dictateurs corrompus, les problèmes sociaux comme l'éducation, la santé, et la stabilité politique ont été ignorés.
Les dérivés de la décolonisation, l'instabilité politique, les conflits frontaliers, l'écroulement économique, et une dette énorme continuent de ronger l'Afrique aujourd'hui.
À cause de l'occupation militaire actuelle, le Sahara espagnol (aujourd'hui Sahara occidental), n'a jamais été complètement décolonisé. La majorité du territoire est sous administration marocaine, la partie restante étant administrée par la République arabe sahraouie démocratique. Tiré de Wikipédia
*Francophonie et OIF : Deux concepts à ne pas confondre
La Francophonie désigne un ensemble d'États et de gouvernements ayant le français en commun. La francophonie, en tant que fait de parler français, est une composante de la politique étrangère de la France et d'autres pays membres de l'espace francophone.
Description
La francophonie (avec un f minuscule) renvoie à la langue française en elle-même et désigne le fait de parler français. La Francophonie (avec un F majuscule) désigne une communauté constituée de pays francophones et renvoie aussi à l'Organisation internationale de la francophonie. Quant à " l'espace francophone ", il désigne l'espace où l'on parle français.
Dans la question de la francophonie, il faut distinguer les pays où le français est langue officielle (unique ou non), ceux où le français est la langue maternelle d'une grande partie de la population, ceux où il est langue de culture, ceux où il est utilisé par certaines classes sociales de la population, etc. Or, ces catégories ne se recoupent pas. Dans certains pays par exemple, bien qu'étant langue officielle, le français n'est pas la langue maternelle de la population, ni celle couramment utilisée par celle-ci.
Le critère linguistique ne correspond pas toujours au critère de la nationalité, et tous les écrivains de langue française ne sont donc pas de nationalité française.
On estime aujourd'hui le nombre de locuteurs réels du français à environ 200 millions, dans l'ensemble des pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. Pour certains, le français est la langue maternelle de la grande majorité de la population (France avec ses départements et territoires d'outre-mer, Québec, partie acadienne du Nouveau-Brunswick, zone francophone de l'Ontario au Canada, Région wallonne et la majorité des Bruxellois en Belgique, Suisse romande, minorité de Jersey, Val d'Aoste, principauté de Monaco). Pour d'autres, le français est la langue administrative, ou une deuxième ou troisième langue, comme en Afrique subsaharienne, dont la République démocratique du Congo, premier pays francophone du monde 1, au Grand-Duché de Luxembourg2, au Maghreb et plus particulièrement en Algérie, qui se trouve être le pays où l'on parle le plus français après la France (voir tableau en bas de page) et cela malgré sa non-adhésion à l'Organisation internationale de la Francophonie. L'Afrique a été un espace important pour la colonisation, et les traces linguistiques sont encore présentes. Enfin, dans d'autres pays membres de la Communauté francophone, comme en Roumanie, où un quart de la population a une certaine maîtrise du français, le français n'a pas de statut officiel mais il existe d'importantes minorités francophones et grand nombre d'élèves l'apprennent en tant que première langue étrangère à l'école. Il existe d'autres pays, comme le Liban, où la langue française a un statut officiel à caractère administratif.
Dans certains cas, cette francophonie est due à la géographie. C'est le cas de la Suisse, du Luxembourg, de Monaco. Enfin on évalue à près de 100 millions3 le nombre de jeunes et d'adultes, dans les pays du monde non membres de la Francophonie, qui apprennent le français au cours de leurs études et formations, en particulier dans les établissements de l'Alliance française et les écoles et lycées français répartis sur les cinq continents.
En outre, on confond parfois la Francophonie (ensemble constitué par les populations francophones) en tant que concept avec l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), organisation beaucoup plus politique et économique que culturelle, qui regroupe un certain nombre de pays qui ne sont pas pour autant ceux où le français est fréquemment utilisé ou reconnu officiellement. C'est d'ailleurs parfois cette Organisation internationale de la Francophonie qui se voit reprocher, à tort ou à raison, des pratiques " néo-coloniales ".
La présence de la langue française au Québec est la trace d'une ancienne colonisation sous l'Ancien Régime. Le Québec se revendique de la francophonie, sans du tout rompre le lien de cousinage d'une culture québécoise. Ce phénomène n'est pas sans avoir influencé une réflexion du même type au sein du Mouvement wallon avec le Manifeste pour la culture wallonne, parallèle à ce que l'on découvre aussi dans la Suisse romande et dont Charles Ferdinand Ramuz avait déjà esquissé le sens profond. Cette diversité de la francophonie est d'ailleurs peut-être son plus éclatant atout puisque, par la diversité des formes de vie des locuteurs du français, la francophonie est le seul ensemble linguistique du monde qui puisse se comparer en universalité ou diversité au monde anglophone. Senghor a parlé aussi de négritude dans le contexte de la francophonie. Il y a des citoyens américains qui parlent français en Louisiane.
La Francophonie est donc une communauté de peuples très divers vivant sur les cinq continents et unis par la langue française.
Historique
À l'origine, le terme de francophonie a été utilisé de façon purement descriptive par des géographes dès 1880, le mot ayant été " inventé " par Onésime Reclus (1837-1916). C'est après la Seconde Guerre mondiale, à partir d'un numéro spécial de la revue Esprit (1962), qu'une " conscience francophone " s'est développée. Le terme a été particulièrement popularisé par Léopold Sédar Senghor. C'est dès lors dans ce sens qu'il convient de comprendre la francophonie : il s'agit plus de la conscience d'avoir en commun une langue et une culture francophones que de décisions officielles ou de données objectives. C'est une communauté d'intérêt.
Les locuteurs du français se sont sentis menacés par l'omniprésence de l'anglais et l'influence de la culture anglo-américaine après la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est qu'à ce moment que la conscience de la communauté francophone s'est réveillée avec la volonté de s'unir pour défendre : " certaines spécificités de la langue française, qui la font plus précise que la langue anglaise. La coutume de ne pas juxtaposer (en général) deux substantifs sans indiquer la nature exacte de leur rapport constitue également un " plus " reconnu de précision du français par rapport à l'anglais.
C'est l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) qui a préconisé la création d'une institution intergouvernementale francophone, souhait réalisé par la création, à l'occasion de la Conférence de Niamey en 1970, de l'Agence de coopération culturelle et technique, devenue aujourd'hui Organisation internationale de la francophonie dont l'APF est devenue une institution intégrée.
En politologie et dans la mondialisation, la francophonie n'est qu'un des regroupements autour de quelques caractéristiques. L'ALENA, l'APEC sont des regroupements régionaux économiques comme l'Union européenne. La francophonie l'est autour d'une langue première, seconde ou troisième. C'est une tentative de regroupement parmi d'autres, comme l'OPEP pour le pétrole.
La défense de leur identité est une tendance de toutes les cultures. La francophonie constitue donc aussi un cas particulier de l'aspiration de beaucoup d'habitants de la planète à une diversité culturelle. Certains défenseurs de l'idée francophone comme Stelio Farandjis ont aussi vu dans la francophonie le creuset d'un dialogue des cultures allant jusqu'à créer une terminologie spécifique (arabofrancophonie).
Le 20 mars est consacré Journée internationale de la Francophonie. Tiré de Wikipédia
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