QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
Billet
Mort dans
les têtes ?

Est-ce vraiment la reprise en mains ou une simple immersion dans les dédales de l’AMP, le temps d’y éteindre l’incendie? C’est sans doute là la question politique de la semaine. En tout cas, Joseph Kabila, tel un sapeur pompier, vient de maîtriser, en un temps record, le feu qui menaçait de consumer le labyrinthe AMP. Symétriquement, les parents du déjà ex-Clp ont juste eu le temps de présenter leur rejeton qu’ils devaient eux-mêmes l’immoler! Tel un météorite, le Clp n’a duré que le temps de l’éclair. Reste à savoir si, après avoir tué le CLP sur papier, ses géniteurs l’ont aussi évacué de leur tête. Pas si évident. Le caractère composite de l’AMP prédispose cette plate-forme à tout, sauf à une cohérence de vision sur le long terme. Heureusement, s’exclameraient ses partisans, la législature tend inexorablement vers sa fin. Moment indiqué pour une autoévaluation générale et pour le nécessaire réajustement des alliances en fonction davantage des affinités idéologiques que de simples combines arithmétiques. Car, la Majorité souffre fondamentalement de l’absence d’un fond idéologique commun. En 2006, des opportunistes de tous bords ont rejoint le Président Kabila, non sur base d’un contrat d’adhésion à une vision, mais pour se retrouver -ou se maintenir- dans les cabinets douillets du pouvoir. Qu’importe si Joseph Kabila soit d’obédience socialisante ou se réclame de la lignée lumumbiste.
Certes, à l’heure de la mondialisation, les idéologies font de plus en plus bon ménage avec le pragmatisme. En Grande-Bretagne, les Conservateurs et les Libéraux-démocrates ont trouvé un compromis de gouvernement. Jusqu’il y a peu, les chrétiens-démocrates ( droite) et les sociaux-démocrates (gauche) allemands ont géré la première puissance économique européenne. Un bémol tout de même à ces deux exemples. Dans les deux cas, il s’agit d’un accord où les partis de la coalition élaborent ensemble un programme de gouvernement auquel ils sont liés. Jamais, on ne verra le libéral-démocrate Clegg critiquer l’action de son propre cabinet!
On est là à mille lieues de la tragi-comédie qui se joue sous les tropiques où un ministre peut prendre, sans la moindre gêne, des libertés avec la sacro-sainte solidarité gouvernementale pour tirer contre son propre camp. Et ce, sans envisager de démissionner.
Tout le problème c’est que l’AMP, à l’instar de nombre de plate-formes zaïro-congolaises, est un agrégat de personnalités politiques que n’unit que la perspective d’exercice du pouvoir. Hier, par exemple, l’anti-mobutisme primaire ou feint avait fait office d’idéologie pour l’Union sacrée.
Moralité, le très éphémère CLP n’est qu’un succédané de tous ces regroupements qui naissent et périssent au gré des calculs politiciens de leurs auteurs. L’avènement des plates-formes à soubassement idéologique constituerait le début d’antidote à ce cirque politique. José NAWEJ


Parfum de rébellion et "motionnite"

Si ce n'est pas encore la chienlit dans le microcosme politique, ça y ressemble fortement. L'hémicycle devenant de plus en plus une espèce de Canossa pour les membres du gouvernement,-en ce compris le premier d'entr'eux. La tribune de la Chambre faisant de plus en plus penser à la guillotine. Le pourtant nécessaire contrôle parlementaire qui tourne de plus en plus à de la vendetta. Certains députés vont jusqu'à proférer des menaces...de motion aux ministres!
Ce n'est pas tout. La Majorité elle-même n'est plus ni un modèle de cohérence, ni un exemple de cohésion. Ici, on tire à hue et à dia. Il est loin le temps où la Majorité faisait bloc à la Chambre lors des grands enjeux. Il n'y a qu'à se rappeler le grand chelem remporté par la coalition Amp-Palu-Udemo à l'élection du premier bureau de l'Assemblée nationale. Rebelote pour l'avènement du bureau Boshab. Même chose à l'occasion de l'investiture de Gizenga. Idem pour l'intronisation de Muzito. Voilà que depuis la motion initiée par Jean Lucien Bussa, la Majorité n'est plus la majorité. Des liaisons- dangereuses?-s'établissent entre certains sociétaires de l'Amp et l'Opposition parlementaire. La faute sans doute au caractère extraordinairement hétéroclite de la principale composante de la coalition au pouvoir. La faute sans doute aussi à la politique du tube digestif qui tient encore lieu de boussole pour nombre d'acteurs zaïro-congolais.
Tout le problème, c'est que ce tohu-bohu mis ensemble avec la "motionnite" que se transmettent les députés à la vitesse grand V pourrait finir par obstruer la marche des affaires de l'Etat. Le pays s'installerait alors dans l'effervescence politicienne. Un véritable luxe pour un pays qui se trouve à la veille d'importantes échéances. Un vrai gâchis pour une démocratie encore embryonnaire, dépourvue d'une administration susceptible de tenir le pays. Un préjudice pour le chef de l'Etat dont la perspective de la reddition des comptes à l'échelle nationale approche.Patron de la majorité, Joseph Kabila risque bien de se voir contrarié par ce que le Général De Gaulle appelait "le régime des partis".
Certes, on n'est pas encore dans ce cas de figure. On s'en rapproche si rien n'est fait pour recréer l'unité dans les rangs de l'Amp. Issu d'une culture et d'une école où l'ordre est la base de tout, le Raïs pourrait faire le ménage à sa manière. Après tout, le Président peut bien recourir à la dissolution de la Chambre. Cet exercice serait tout aussi constitutionnel que les motions qui pleuvent sur les têtes des membres du gouvernement.
José NAWEJ


Amp, ce panier
à crabes!

(24/05/2010)

Près de vingt après, la sentence-fort peu flatteuse- du sénégalais Abdoulaye Wade sur la classe politique zaïroise semble n'avoir pas pris la moindre ride. Le scandale de la liste de signataires de la fameuse motion anti-Muzito n'a pas encore fini de discréditer l'opposition qu'une affaire aux allures d'une arnaque met sens dessus dessous la Majorité. Il s'agit de ce mot d'ordre imaginaire attribué au Raïs selon lequel il aurait avalisé la chute d'Adolphe Muzito via la motion de censure en gestation.
Juste une manœuvre pour certains bonzes de l'Amp d'accomplir enfin leur dessein : éjecter le locataire de l'avenue Roi Baudouin-siège de la Primature-et couper Joseph Kabila de son allié naturel qu'est le Palu. La mayonnaise n'a pas pris. Depuis samedi soir, ceux de députés de la majorité ayant mordu à l'hameçon, sont en train de se raviser. L'énième coup fourré de ceux qui ont du mal à ronger leurs freins sur le front d'ambitions personnelles a fait un flop.
Voilà qui remet sur le tapis la sempiternelle réputation passablement médiocre de la classe politique zaïro-congolaise. Comment comprendre que des élus de la Majorité fassent chorus avec ceux de l'Opposition pour censurer le gouvernement? En somme, leur cabinet. Au fond, cela reviendrait à dire que l'Amp-du moins les partisans de cette option-souscrirait au verdict archinégatif de l'Opposition parlementaire à l'encontre du Gouvernement et donc du Président Kabila! Cela s'appelle tirer dans son propre camp. Peut-on rêver un seul instant d'une motion de censure initiée par les Socialistes français être votée par les conservateurs et les libéraux (regroupés au sein de l'Ump) au pouvoir à Paris! Ce serait une première en parfaite contradiction avec et l'esprit et la logique même des fondamentaux du régime qui fonde la cinquième République. Puisqu'on n'a pas inventé la roue en la matière, notre Constitution est une version à peine tropicalisée de la Loi fondamentale française. Par conséquent, on ne voit pas au nom de quelle rationalité la majorité s'offrirait en holocauste sur le bûcher préparé par l'Opposition. C'est à cette auto-flagellation politique unique en son genre qu'un groupe de plénipotentiaires de l'Amp a voulu soumettre la Majorité.
Avec les élections de 2006, on avait toutes les raisons de croire que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis. Force est de constater que non. Difficilement solubles dans la normalité, nombre d'acteurs politiques reproduisent avec un rare talent toutes les tares qui nous ont valu les " compliments" de tous les médiateurs qui ont fait l'immersion dans notre agora politique.
Encore en gestation, la motion annoncée contre le cabinet Muzito provoque déjà dans la Majorité un numéro de cirque dont on pouvait rire en d'autres circonstances. Or, l'état du pays requiert tout, sauf des postures comiques. En plus, la Rdc négocie des échéances qui ne l'autorisent pas à s'installer complaisamment dans le "Théâtre bien de chez nous". José NAWEJ


Quel préjudice
pour Muzito !

(21/05/2010)

Qui a dit que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis ? D'aucuns pensaient qu'à la suite des élections de 2006, le Congo-Zaïre allait divorcer d'avec la fameuse exception congolaise.Que non.Le spectacle-au propre comme au figuré-dont nous gratifient les élus de l'Ituri est une espèce de preuve par l'absurde que le pays demeure l'espace de tous les anachronismes et autres anomalies. Voilà des parlementaires -et donc-des garants de la loi-menacer d'ériger leur district en province avec ou sans l'aval de Kinshasa!


Dérive à la Chambre!

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Les vérités de Mashako
(05/04/2010)

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Mémoire courte
(03/05/2010)

Les initiés aux arcanes politiques congolais l'ont déjà senti. Un coup fourré contre le Palu est en gestation. Les commanditaires de cette cabale se recrutent au sein même de la Majorité. Les prémices de ce complot contre le parti d'Antoine Gizenga se traduisent par une campagne de presse où tour à tour les détracteurs du Palu prêtent à ce dernier le dessein de créer une plate-forme concurrente en prévision des échéances électorales...Le double but de la manœuvre : affaiblir le principal parti lumumbiste et casser l'axe Palu-Joseph Kabila .Cette alliance qui empêche tous les opportunistes du camp présidentiel d'accéder à la Primature.
Certes, la politique est tout sauf un dîner de gala. C'est le domaine par excellence de coups bas. Ce ne sont ni le vétéran Gizenga ni son fidèle lieutenant Muzito qui l'ignorent. Eux qui ont été formé à la dure. Seulement, quand «l'anti paluisme» primaire se décline au détriment des intérêts et de la Majorité et surtout de son chef, c'est que dans le camp présidentiel on se bat déjà au couteau.
Tout le problème est de savoir à qui profiterait le découplage Palu-Kabila. En tout cas pas au Raïs. Encore moins au aux forces nationalistes. Zoom sur 2006.Lorsque Joseph Kabila et Antoine Gizenga signent leur deal pour le second tour, ce n'est pas seulement pour des raisons électoralistes. C'est aussi pour conjurer la fracture Est-Ouest qui était manifeste au terme du premier tour de l'élection présidentiel. Il était apparu que le Président Kabila avait été boudé par ses compatriotes de l'Ouest. D'où le dévolu jeté sur le Palu-avec ses réserves de voix dans le Bandundu et à Kinshasa. Question: combien les adversaires du Palu originaires de l'Ouest - qui étaient déjà avec le Président-avaient apporté en termes de voix? Pourquoi ils n'avaient pas pu faire élire le Président au premier tour ?
Qu'on aime ou pas le Palu, force est de constater que ce parti dispose des assises sociologiques qui manquent cruellement à nombre de formations bon chic bon genre de la Majorité. Et l'étrange accalmie sur le front de la rue kinoise s'explique en partie par le fait qu'un des partis pourvoyeurs des contestaires -ces fameux braillards kinois- est au pouvoir. Et on ne peut pas en même temps tirer profit de la base du Palu et reprocher à ce parti d'être sectaire. Qui ignore que le parti d'Antoine Gizenga compte le gros de ses adhérents et sympathisants dans le Bandundu et les bas quartiers de la capitale ? Y aurait-il un mal à ce que ceux qui ont le plus contribué à la victoire du Palu soient les premiers à être récompensés ? Simple logique arithmétique en démocratie. Simple bon sens et réalisme politique. Là aussi, qu'on exagère rien. Le Palu a confié des ministères aussi importants que les Mines ou encore le Budget à des ressortissants d'autres provinces que le Bandundu.
Offrir en holocauste la tête de Muzito et faire une opa sur la majorité serait ouvrir une brèche dans la quelle s'engouffreraient tous ceux qui parient sur l'affaiblissement du pouvoir actuel à l'Ouest et surtout à Kinshasa. Au profit de qui ? FDA


Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)

Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique.
José NAWEJ
















































































































































































































































































































































































































































































































































































































EDITION N°3626 du MARDI 08 JUIN 2010

A LA UNE
FAUX EN ECRITURE DANS LA MOTION DE CENSURE CONTRE LE GOUVERNEMENT, AFFAIRE MUKONKOLE, ASSASSINAT DE FLORIBERT CHEBEYA...
Les révélations du PGR Kabange

* «L’organe judiciaire des poursuites qu’est le Parquet est journellement à pied d’oeuvre», répond le Procureur général de la République à ceux qui accusent son Organe d’inefficacité dans son action, de lenteur dans sa procédure et de sélectivité des justiciables poursuivis.
Le Procureur Général de la République, Floribert Kabange Numbi, est sorti de son silence hier pour faire une communication à la presse en rapport avec les questions brûlantes qui occupent l'actualité en matière judiciaire. Depuis bientôt un mois, en effet, l'office du PGR fait l'objet de plusieurs attaques, notamment de la classe politique, quant à son engagement effectif dans le traitement de certains dossiers. Il s'agit, on le sait, de la situation consécutive aux cas allégués de faux et usage de faux à travers la motion de censure initiée contre le Gouvernement par l'opposition, du dossier de mise en résidence surveillée du député Martin Mukonkole qui séjournait, jusque hier, à la Prison centrale de Makala, et de l'affaire de l'assassinat de Floribert Chebeya.
D'entrée de jeu, le PGR a tenu à rassurer que son Office est effectivement à pied d'œuvre sur ces questions et tant d’autres. " Contrairement à cette opinion malheureusement répandue (ndlr :l'immobilisme et la partialité de la justice), cet organe judiciaire des poursuites qu'est le parquet est journellement à pied d'œuvre ", a déclaré Flory Kabange qui a ajouté qu' "il pose énormément d'actes judiciaires qui ne sont toujours pas perçus par le public. " La raison en est simple, a-t-il encore expliqué : ‘’l'accomplissement, par le Parquet de ses devoirs se déroule (…) sous le sceau du secret d'instruction ", et cela conformément aux dispositions de l'article 17 de la Constitution qui " consacre la présomption d'innocence à l'égard d'une personne poursuivie, tant que n'aura pas été établie sa culpabilité par un jugement définitif. "

MOTION DE CENSURE : TROIS ENQUETES JUDICIAIRES SONT OUVERTES
Après avoir fait cette mise au point, le PGR Floribert Kabange Numbi en est venu à éclairer la presse sur les questions brûlantes de l'heure, quoiqu'en des termes voilés qui font qu'on le comprenne entre les lignes. De la motion de censure contre le Premier ministre et son Gouvernement ainsi que ce qui s'en est suivi, il a commencé par souligner que la fuite au sujet de sa lettre adressée au bureau de l'Assemblée nationale pour requérir les documents de base ne vient pas de lui ni de son office. " J'avoue que je ne sais même pas comment le contenu d'une telle lettre vous est parvenue ", a-t-il dit avant de souligner que " nous n'avons pas la nature de dévoiler nos enquêtes avant la saisine des juridictions de jugement. "
Quant à la question proprement dite, le PGR a fait savoir que son office a ouvert trois dossiers judiciaires. Sans les énumérer explicitement, l'on perçoit dans son propos qu'il s'agit d'un dossier sur les avoirs attribués au Premier ministre par le député Jean-Lucien Bussa. Le second dossier porte sur la question de faux en écriture lui soumise par un député qui a trouvé son nom sur la liste des signataires de ladite motion alors qu'il se trouvait à l'intérieur du pays au moment de la collecte des signatures. Et le dernier dossier est relatif aux outrages et voies de fait commis sur la personne du Président de l'Assemblée nationale ainsi que les dommages sur les installations du Palais du peuple, tous des faits attribués aux militants du Palu lors du débat manqué sur la motion de censure contre le Gouvernement.
Sur tous ces faits, Kabange Numbi note que " le réflexe attendu de tout officier du ministère public (…) c'est de faire vérifier les faits ainsi énoncés. "

MARTIN MUKONKOLE A ENFIN UNE RESIDENCE SURVEILLEE
De l'affaire Martin Mukonkole, Floribert Kabange a commencé par préciser qu'en le mettant en garde à vue à Makala, alors que d'aucuns s'attendaient à ce qu'il le soit à son domicile, cette mesure se justifiait par son souci de ne pas faire subir cette mesure par l'ensemble de sa famille, une mise en résidence surveillée devant s'accompagner de mesures restrictives de certaines libertés. Son envoi à Makala se justifiait aussi par l'absence d'une autre résidence disponible. Mais depuis hier, a-t-il annoncé, le député national a été transféré à une résidence aménagée pour ce faire.

AFFAIRE CHEBEYA : UNE ENQUETE JUDICIAIRE EST OUVERTE
Enfin, quant au dossier relatif à l'assassinat de Floribert Chebeya, le PGR a annoncé qu'une enquête judiciaire est déjà ouverte au niveau de son office, avant de préciser que dans le cadre de ce genre d'enquête, " il n'est pas exclu que tel élément ou officier de la police nationale congolaise soit interpellé. " Au stade actuel, a-t-il encore fait savoir, ses services en sont encore à la récolte des données " susceptibles (…) d'identifier les auteurs de cet actes ignobles. "
Sur toutes ces questions, le Procureur général de la République a tenu à souligner que son office est mu par un impératif d'objectivité et d'impartialité.
Ci-dessous la communication du Procureur Général de la République. Jonas E. KOTA & Mathy MUSAU

communication du procureur général de la république
Mesdames et Messieurs de la presse, je voudrais avant toute autre chose m'imposer le devoir de vous remercier d'être venus à mon Office pour chercher l'information à la source.
La rencontre de ce jour fait suite à de très nombreuses demandes exprimées par certains d'entre vous et enregistrées au niveau de mon cabinet, demandes tendant à avoir de plus amples renseignements sur ; les dossiers judiciaires qui focalisent l'actualité ces dernières semaines.
Je ne pouvais donc pas, au grand risque de favoriser un commérage déraisonnable ou un colportage inouï, me cacher derrière la très célèbre obligation de réserve à laquelle les Magistrats sont généralement astreints.
Je me suis résolu à vous recevoir pour vous faire cette communication dans le strict respect du secret qui entoure naturellement toute investigation, toute instruction pré juridictionnelle.
Ces deux derniers mois, comme vous le savez, l'actualité dans notre Pays est alimentée par trois faits majeurs, à savoir :
o La motion de censure contre le Premier Ministre Adolphe Muzito et ;
son gouvernement ;
o L'arrestation d'un Député national du nom de Martin Mukonkole ;
o La disparition et la découverte du corps sans vie de Monsieur Chebeya, activiste des droits de l'homme.
C'est essentiellement et exclusivement au tour de ces trois petits points que je vais vous entretenir.

I- La motion de censure contre le Premier Ministre du Gouvernement de la République.
Suis-je vraiment en droit d'évoquer ici cette motion de censure initiée par un député national dans l'exercice légitime de ses prérogatives constitutionnelles ?
Notre Constitution en effet consacre la séparation de trois pouvoirs classiques. Si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que il y a réellement un problème.
En effet chaque jour qui passe les médias tant écrits qu'audiovisuels font relayer des propos très dures à l'endroit de l'appareil judiciaire, propos allant dans le sens de fustiger la justice : l'inefficacité de son action, la lenteur de sa procédure, sa sélectivité des justiciables poursuivis, et autres ...Le Parquet dont j'ai la charge d'être à la tête est même considéré comme devant disparaître ou être simplement supprimé.
Je voudrais vous dire que contrairement à cette opinion malheureusement répandue, cet organe judiciaire des poursuites qu'est le Parquet est journellement à pied d'œuvre.
Il pose énormément d'actes judiciaires qui ne sont toujours pas perçus par le public.
Très souvent, en effet, c'est lorsque la juridiction de jugement est saisie que le public découvre le rôle, ô combien, déterminant du Parquet, parce qu'à ce stade la procédure est publique.
L'accomplissement par le Parquet de ses devoirs se déroule, ainsi que je l'ai stigmatisé dans mon introduction, sous le sceau du secret d'instruction.
Vous savez, comme moi, que le dernier alinéa de l'article 17 de notre constitution consacre la présomption d'innocence à l'égard d'une personne poursuivie tant que n'aura pas été établie sa culpabilité par un jugement définitif.
Comment alors le Parquet se permettrait-il de porter à la connaissance de tout le monde, de livrer au public les noms des personnalités faisant l'objet d'enquête sans heurter cette disposition constitutionnelle !
C'est donc par devoir que nous nous taisons.
Le public est parfois sidéré lorsqu'il découvre par la voie de presse une lettre du Procureur Général de la République, lettre adressée à l'Honorable Président de l'Assemblée Nationale lui demandant la transmission de l'original d'un quelconque document faux, alors qu'en même temps est fustigé le silence de ce même Procureur Général de la République, son inertie face aux dénonciations d'un enrichissement illicite.
J'avoue que je ne sais même pas comment le contenu d'une telle lettre vous est parvenue.
Nous n'avons pas la nature de dévoiler nos enquêtes avant la saisine des juridictions de jugement.
Je voudrais exceptionnellement aujourd'hui porter à votre connaissance que la question orale et la motion de censure contre le Premier Ministre ont généré à mon Office trois dossiers judiciaires, s'il faut dire ainsi.
1.- Quel est ce Magistrat du Parquet qui n'ouvrirait pas ne fût-ce qu'une information face à des révélations aussi accablantes qu'angoissantes comme celles de ce mercredi-là, révélations faites par le Député National, auteur de la question orale !
En ce qui me concerne particulièrement, ma tâche a été aisée, parce que le lendemain je recevrais d'une ONG une correspondance à laquelle est annexée la déclaration du Député National, telle qu'elle était publiée sur le Web (selon cette ONG). Ne pas ouvrir une information dans un pareil cas m'exposait :
certainement à une prise à partie pour déni de justice. Vous avez donc là, Mesdames et Messieurs de la presse, l'occasion de comprendre que le Parquet demeure ce travailleur silencieux et serein dont les actions, même si elles ne sont pas du tout immédiatement perçues par le public, elles finissent toujours par produire les effets escomptés, car visant le rétablissement de l'équilibre rompu. Les actions du Parquet, en effet visent la restauration de l'ordre public troublé...Elles visent la restauration de la paix sociale.
C'était le premier dossier ouvert dans ce feuilleton.
2.- Comme vous l'avez également si bien appris, la motion de censure initiée par l'Honorable Député national Jean Lucien Bussa avait été purement et simplement retirée lors de la plénière du 19 mai 2010 avant d'être débattue pour des raisons évoquées à cet effet.
Mais, le lendemain, un honorable Député national s'est présenté à mon Office pour se plaindre, dénonçant ainsi l'utilisation frauduleuse de ses nom et signature au moment de la finalisation de cette motion de censure. Cet Honorable Député national m'avouera que lorsque les signatures étaient apposées au bas de ce document, il se trouvait à l'intérieur du Pays.
C'est ce qui m'a conduit à ouvrir un autre dossier et à écrire la lettre à laquelle j'ai fait allusion tout à l'heure.
3.- En date du 21 mai 2010 un communiqué de presse de l'ASADHO publié dans le bulletin d'information " ACP " faisait état des outrages et voies de fait commis sur la personne du Président de l'Assemblée Nationale alors qu'il s'apprêtait à ouvrir et à diriger les débats sur la motion de censure dont question.
Selon ce même communiqué de presse et d'autres sources ces actes tout comme ceux de destruction méchante déplorés au Palais du Peuple étaient perpétrés par les membres du Parti politique " Palu " qui s'étaient rendus nombreux au Siège de notre Parlement par des bus de la Société City train. Le réflexe attendu de tout Officier du Ministère public face à ces révélations, c'est de faire vérifier les faits ainsi dénoncés. Ainsi donc l'Inspecteur Général de la Police judiciaire des parquets sera requis aux fins d'accomplir un certain nombre de devoirs à ce sujet.
Au moment où je vous parle les procès-verbaux de cet Officier de police judiciaire sont sur mon bureau pour être versés au dossier ouvert à cette fin. Voudriez-vous maintenant me dire, si en faisant notre travail comme nous l'avons fait là nous avons procédé par la sélectivité de nos prévenus. Avons-nous privilégié certains faits au détriment d'autres ? Je pense que non !
Le deuxième fait marquant c'est :

II- Arrestation du Députe national Martin Mukonkole.
Le Députe national Martin Mukonkole et trois de ses co-prévenus sont poursuivis depuis le mardi 25 mai dernier devant la Cour Suprême de Justice. Les audiences à cette Cour sont publiques et les faits extrêmement graves qui leur sont reprochés sont connus de vous tous, parce qu'ils avaient été clairement exposés in limine litis par l'Officier du Ministère public. Voila pourquoi je trouve superfétatoire d'y revenir.
Ils se résument (les faits donc) en Association des malfaiteurs, vol à l'aide de violence, recel d'objet, faux et usage de faux, etc...
La question que d'aucuns se posent au sujet de ce procès est celle de savoir si les conditions étaient réunies pour traduire tous ce prévenus en flagrance.
Cette question ayant été posée à la Cour de séans, il n'appartient à personne désormais d'y répondre. Même pas moi !
Au sujet du seul prévenu Martin Mukonkole, la question qui m'est si souvent posée est celle de savoir si en le plaçant à la Prison Centrale de Makala, j'ai exécuté correctement l'arrêt avant dire droit de la Cour Suprême de justice ordonnant qu'il soit placé en résidence surveillée.
Et, chaque fois que j'en ai l'occasion ma réponse n'a pas varié.
En effet dans son avant dire droit de surséance, la Cour a ordonné que ce prévenu soit placé en résidence surveillée. Fallait-il le laisser partir à son domicile ? Je ne le pense pas.
Je crois ... ne fut-ce que pour des raisons de respect des droits des autres membres de sa famille qui vivent avec lui (enfants, épouse, frères et sœurs) qui ne devraient aucunement être astreints à des restrictions inhérentes à la présence de la police à y commettre, l'on ne pouvait confondre la résidence surveillée de son domicile. Penser autrement, revient à admettre que la Cour aurait ordonné que toute la famille soit placée en résidence surveillée pour les faits commis par un seul, fut-il chef de famille. Ce qui n'était pas le cas.
Il fallait alors trouver cette " résidence surveillée "...Et, la seule à ma disposition à cet instant là c'était la Prison centrale de Makala. Mais, aujourd'hui je puis au moins me permettre de vous annoncer que depuis hier une résidence est mise à ma disposition ; et le prévenu doit y être déjà placé dès ce matin.
J'ai promis que j'allais vous entretenir au tour de trois axes. Le troisième et dernier point est lié à :

III.- La mort du Directeur Exécutif de FONG " La Voix des sans Voix ".
Disparu depuis l'après-midi du mardi 1er juin dernier, le corps du très regretté CHEBEYA BAYIZIRE a été retrouvé sans vie en date du mercredi 2 juin.
Tout d'abord, je condamne énergiquement cet acte ignoble au regard de la morale et du principe constitutionnel qui déclare que la vie est sacrée et qu'aucune atteinte ne peut y être portée en dehors de la loi. Et je profite de l'occasion que m'offre l'opportunité pour présenter au nom de tous les magistrats du Ministère public et au mien propre à toute la famille de l'illustre disparu et à l'ensemble de tous les défenseurs des droits de l'homme mes condoléances les plus attristées. Aussitôt après avoir été mis au courant de cette triste nouvelle, une enquête judiciaire a été ouverte à mon Office. Dans le cadre de ces enquêtes judiciaires il n'est pas exclu que tel élément ou officier de la police nationale congolaise soit interpellé.
Autant dire qu'à ce niveau, nous sommes au stade des récoltes des données ... nous sommes en train de réunir tous les éléments susceptibles de nous permettre d'identifier les auteurs de cet acte ignobl. Dores et déjà je sollicite le concours de tous ceux qui détiendraient des renseignements de nature à nous orienter ou à faciliter les recherches pour faire éclater la vérité.
La presse plus particulièrement peut nous être d'un grand apport. Je vous remercie.

Emery Ukunji : " le député Mukonkole a une résidence bien connu où il peut être surveillé "
Le décès du directeur exécutif de la VSV et l'arrestation du député Martin Mukonkole dominent encore les conversations dans les milieux politiques. Faisant, à sa manière, la lecture de ces deux sujets, Emery Ukundji n'est pas allé par le dos de la cuillère pour dénoncer ce qu'il qualifie " d'assassinat crapuleux " de Floribert Chebeya et " de violation manifeste de la Constitution " concernant l'assignation à résidence surveillée de son collègue député.
Au cours d'un entretien avec une frange des journalistes réunis dimanche dernier au siège des Fonus, l'élu de Lubefu a fait savoir sans ambage : " Nous ne pouvons pas accepter que le député Mukonkole soit assigné en résidence surveillée autre que la sienne, d'autant plus qu'il y a à craindre pour sa sécurité ". Selon lui, le député Mukonkole est un élu du peuple et il dispose d'une résidence bien connue. " Il peut y être bien surveillé et cela va nous garantir tous ", ajoute-t-il.
A cet effet, le député Ukundji dénonce, sans préjudice du fond, la " violation manifeste " de la Constitution concernant son arrestation sans tenir compte des immunités parlementaires lui garanties par la Constitution. " Il a été arrêté comme une vulgaire personne alors que c'est un élu qui mérite protection ", a-t-il regretté. Emery Ukundji fustige aussi l'attitude du Bureau de l'Assemblée nationale qui, malgré la déclaration faite le 1er juin, n'arrive pas à convoquer une plénière pour débattre du cas Mukonkole. " La question de Mukonkole n'est pas seulement une affaire de l'Opposition. Elle concerne tous les députés, toutes tendances confondues ", a-t-il lâché.
Pour ce qui est de " l'assassinat crapuleux " du directeur exécutif de la voix des sans voix, Ukundji condamne avec la dernière énergie cet acte. C'est dans cette optique qu'il en appelle à la solidarité de tous les défenseurs des droits de l'homme et de toute personne éprise de considération pour que cessent la terreur et les intimidations à la vie humaine. Il a, par la même occasion, présenté les condoléances à la famille du disparu.
Concernant l'enquête qui sera diligentée, le député de l'Opposition propose que les activistes de droits humains et les pays qui veulent offrir leurs expertises soient associés afin que toute la lumière soit faite autour de ce crime. Dina BUHAKE

A LA UNE
Interpellé sur les décrets conférant le statut de ville ET COMMUNES à certaines agglomérations
Adolphe Muzito rassure du respect de la Constitution
* Le Premier ministre a souligné qu'une commission technique est à pied d'œuvre pour apporter d'éventuels correctifs aux décrets incriminés
Le Premier ministre a rassuré, hier, l'opinion, à travers le Sénat, que " le Gouvernement n'a point et ne peut avoir de politique de violation intentionnelle et systématique de la Constitution et des loi de la République ". Il a aussi annoncé qu'une commission technique et à pied d'œuvre pour apporter d'éventuels correctifs aux décrets incriminés. Adolphe Muzito répondait à l'interpellation du sénateur Patrice-Aimé Sessanga concernant les décrets par lesquels le Gouvernement a conféré le statut de ville et de commune à certaines agglomérations dans certaines provinces.

LA QUESTION ORALE
Dans sa question orale avec débat, le questionneur estimait que le Gouvernement a violé, en prenant ces décrets, la Constitution et les lois du pays. Ces violations concernaient, selon lui, l'article 3, alinéa 2 de la Constitution et l'article 5 de la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 en décentralisant les groupements et les villages. Il a mis en exergue huit cas de violation de la Constitution. C'est le cas, entre autres, du groupement de Kiwanzi au Bandundu, de la subdivision territoriale à l'intérieur des provinces suivant l'article 196, alinéa 2 de la Constitution qui stipule que " les subdivisions territoriales à l'intérieur des provinces sont fixées par une loi organique ".
Le sénateur Sesanga a, par ailleurs, épinglé le fait que le Premier ministre a conféré le statut de ville et de commune à des agglomérations ne remplissant pas les conditions légales requises. Il se réfère pour cela aux articles 6 et 46 de la loi organique n°8/16 du 07 octobre 2008 qu'il dit avoir été violés. Il fait également allusion à l'article 75 de la loi organique n°08/012 du 16 octobre 2008 qui demande au Gouvernement de le soumettre au Parlement dans le mois qui suit sa promulgation. C'est le cas encore de l'article 227 de la Constitution qui contraint le gouvernement à installer les nouvelles provinces endéans 36 mois à dater de l'installation des institutions politiques.
Tirant les conclusions de ces observations, le sénateur Sessanga a voulu savoir du Premier ministre à quels textes légaux il se réfère pour assumer ses tâches et s'acquitter de ses responsabilités. Il a aussi requis du Chef de l'Exécutif national des explications sur les différentes étapes du processus d'installation des nouvelles provinces et le coût estimatif de chacune de ces étapes. Une autre question était celle invitant le Premier ministre à citer les lois sur la décentralisation et démontrer en quoi elles sont des préalables à l'installation des provinces. Enfin, Sessanga a voulu savoir si, pour installer 21 provinces, les moyens font défaut et comment le Premier ministre va réussir à installer plus de 206 communes et au moins 57 nouvelles villes.

LES REPONSES DE MUZITO
Dans sa réponse à la question orale, le Premier ministre a indiqué, concernant ce que le sénateur prétend être une violation intentionnelle de la Constitution, que " le Gouvernement n'a point et ne peut avoir de politique de violation intentionnelle et systématique de la Constitution et des lois de la République ". Il a rassuré que le Gouvernement " conduit la politique de la Nation dans le respect de ses textes qui sont du reste repris, selon le cas, aux visas des actes réglementaires ". Adolphe Muzito a ajouté que " la Constitution ne laisse aucune place à l'illusion et à la fraude juridique ".
Pour apaiser les uns et les autres concernant les différents décrets incriminés, il a fait savoir qu'une commission technique est déjà à pied d'œuvre pour recueillir toutes les observations en vue d'incorporer les correctifs éventuels dans les décrets modificatifs. En attendant, le Premier ministre a dit et redit que le Gouvernement s'est bel et bien référé à la Constitution et aux lois de la République.
Réagissant aux observations relatives aux préalables à l'installation de nouvelles provinces, le Premier ministre à fait état d'une série de contraintes pour justifier, non seulement les difficultés rencontrées, mais aussi les efforts fournis par le Gouvernement pour les surmonter. S'agissant, par exemple, du coût de l'opération, Adolphe Muzito est parti de l'exemple d'un budget-type d'une province qui s'élève à plus ou moins 25 millions Usd, tandis que la plupart des provinces actuelles ont du mal à mobiliser un tel montant pour leur fonctionnement en dehors du budget d'investissement.
Quant à l'installation des communes et villes, il a précisé que c'est le parlement qui fournit au Gouvernement le budget, cela avant de rappeler que, contrairement aux allégations courantes, la volonté du Chef de l'Etat et du Gouvernement de finaliser le processus de décentralisation, gage du développement de la RDC, est bel et bien garantie.

LE DEBAT ET LES RECOMMANDATIONS
Parmi les préoccupations soulevées par les sénateurs lors du débat qui a suivi la question orale et la réponse du Premier ministre, il y a lieu de noter celle de savoir ce qui adviendrait de ces décrets au cas où il s'avérait que la Constitution a été violée. D'autres encore reconnaissent qu'on est déjà tombé dans l'inconstitutionnalité, mais demandent tout de même à Adolphe Muzito de fixer l'opinion à ce sujet. Les sénateurs ont aussi voulu savoir si le Premier ministre peut confirmer ou non la révision constitutionnelle ou l'installation des provinces.
Au nombre des recommandations, les membres de la Chambre haute proposent entre autres le retrait de ces différents décrets, d'autant plus qu'ils ne sont pas encore publiés dans le journal officiel, condition de leur entrée en vigueur.
D'autres Sénateurs, estimant que le Premier ministre a été trahi par sa bonne foi, lui ont recommandé de sillonner les provinces pour collecter les données objectives afin de lui permettre de mieux ajuster le processus de décentralisation. Les tenants de cette thèse estimaient, en effet, que des autorités provinciales doivent avoir biaisé certaines données pour abuser de la bonne foi du Gouvernement central.
Une autre recommandation veut que le Gouvernement procède à une évaluation du processus de la mise en place des provinces. D'autres, enfin, ont invité le Premier ministre à continuer le travail en tenant compte des erreurs et promettent leur collaboration à la commission technique.
C'est au cours de la plénière de jeudi prochain que le Premier ministre va répondre aux questions soulevées lors du débat. Dina BUHAKE

Réponse du premier ministre au sénateur patrice-Aime Sessanga
Mon premier mot est de vous remercier, pour le privilège et l'honneur que vous me faites, en me recevant ce jour dans votre hémicycle ; tout en regrettant, que cette occasion ne se soit pas présentée plus tôt.
Mais avant de continuer mon propos, je voudrais réitérer les condoléances du Gouvernement à la famille de Monsieur Floribert CHEBEYA dont les circonstances de la mort ne peuvent laisser indifférent.
Ainsi, avec votre autorisation, Honorable Président, je demanderais qu'une minute de silence soit observée en sa mémoire.
Permettez-moi de vous dire, que le Gouvernement que je conduis, apprécie à sa juste valeur, la collaboration de votre institution, dans la gestion d'importantes affaires de l'État.
C'est donc avec un grand plaisir, que je m'acquitte du devoir de me présenter devant votre auguste assemblée, pour répondre à l'interpellation de l'Honorable Sénateur Patrice-Aimé SESANGA.
J'ai noté, qu'après avoir mis en exergue huit cas, dits de " violation intentionnelle de la Constitution et des lois de la République ", l'Honorable interpellateur, me soumet trois questions, en me priant d'y répondre, par des " explications claires ".
Je tiens à souligner, en tout premier lieu, que le Gouvernement n'a point et ne peut avoir, de politique de violation intentionnelle, et systématique, de la Constitution et des lois de la République.
Au contraire, il conduit la politique de la Nation, dans le respect de ses textes, qui sont du reste repris, selon le cas, aux visas des actes réglementaires.
Il est difficile de croire, s'agissant des décrets décriés, que :
- les assemblées provinciales,
- les gouvernements provinciaux,
- les ministres concernés du Gouvernement Central,
- le Premier Ministre,
- et leurs services compétents respectifs, se soient organisés en chaîne de violation intentionnelle, de la Constitution, et des lois de la République, au su et au vu de tous !
Rassurez-vous, Honorables Sénateurs, qu'en prévoyant le contrôle parlementaire et le contrôle juridictionnel, des actes du Gouvernement, la Constitution ne laisse aucune place à l'illusion et à la fraude juridique.
Pour preuve, ne suis-je pas devant vous, aujourd'hui, Honorable Président du Sénat, Honorables Sénateurs, pour rendre compte et subir votre contrôle?
Quoiqu'il en soit, n'oublions pas, que le Gouvernement peut lui-même, réformer ses actes de sa propre initiative, ou encore sur la base des recours gracieux ou hiérarchiques des autorités compétentes.
C'est dans ce sens, que s'inscrit l'initiative gouvernementale, ayant institué une commission technique, déjà à pied d'œuvre, pour recueillir toutes les observations, ainsi que de nouveaux éléments susceptibles d'être exploités, aux fins de leur transmission aux Provinces, pour un nouvel examen, en conformité avec les principes de la libre administration des Provinces.
Le Vice-premier Ministre, Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité vous l'a dit, Honorable Président du Sénat, Honorables Membres du Bureau, Honorables Sénateurs.
Je le confirme, en soulignant, comme il l'a fait, que les correctifs qui en résulteront pourront être intégrés dans les décrets modificatifs.
M'adressant aux représentants des Provinces que vous êtes, ce n'est pas moi qui m'opposerais, à voir les Sénateurs se joindre aux assemblées provinciales et aux gouvernements provinciaux, pour leur apporter leur expertise dans cet exercice.
Le Gouvernement salue la conviction de l'Honorable Patrice-Aimé SESANGA, selon laquelle, l'Etat de droit, la République et la Démocratie, sont les seuls idéaux qui peuvent œuvrer, à la liberté et au progrès d'un État.
L'exercice qui nous réunit ce jour, Honorables Sénateurs, est une pierre dans la construction de l'édifice de notre état de droit et de notre démocratie.
Nous ne pouvons que nous en réjouir, de part et d'autre.
Cela étant, voici, Honorables Sénateurs, les réponses aux trois questions qui m'ont été posées.
I. L'Honorable Patrice-Aimé SESANGA a posé sa première question en ces termes :
" Monsieur le Premier Ministre, Vous êtes celui qui a la charge d'assurer l'exécution des lois et de conduire la politique de toute la nation. Dites-nous, à quels textes légaux vous référez-vous pour assumer votre tâche et vous acquitter de vos responsabilités ? "
Après avoir analysé cette question dans ses différentes facettes, je ne lui trouve d'autre réponse que celle de me référer à la Constitution et aux lois de la République en réitérant, concernant les décrets décriés, qu'aucune violation intentionnelle n'est à mettre à la charge du Gouvernement.
II. La deuxième question est libellée comme suit :
" Monsieur le Premier Ministre, nous apprenons de votre Gouvernement que l'installation de 21 nouvelles provinces nécessite : Plusieurs milliards de dollars et des textes de lois comme préalables.
Premièrement, pouvez-vous nous expliquer les différentes étapes du processus d'installation de nouvelles provinces et le coût estimatif de chacune de ces étapes pour nous en convaincre ?
Deuxièmement, pouvez-vous nous citer des lois et nous démontrer en quoi elles sont des préalables à l'installation des provinces ? "
Permettez-moi, avant toute chose, de vous donner quelques indications.
Aux bas mots, le budget-type d'une province, hormis les coûts d'investissement, s'élève par exercice budgétaire à 24 milliards de Francs Congolais, soit ± 25 millions de $ US ventilés comme suit :
1. Rémunérations : 13 milliards de FC dont :
- 3 milliards de FC pour les rémunérations des Institutions provinciales ;
- 1 milliard de FC pour l'Administration provinciale ;
- 9 milliards de FC et au minimum pour les rémunérations des secteurs à compétence exclusive à savoir : la Santé, l'EPSP, l'Agriculture et le Pouvoir coutumier ;
2. Fonctionnement : 5 milliards de FC dont :
- 3 milliards de FC pour les Institutions ;
- 2 milliards de FC pour l'Administration provinciale ;
3. Transferts aux ETD : ± 6 milliards de FC résultant des impôts et taxes d'intérêt commun ainsi que de la quotité de la rétrocession versée à la province par le Gouvernement central.
Au stade actuel, excepté le Haut-Katanga, le niveau de mobilisation des recettes propres des actuels districts qui deviendront de nouvelles provinces, tourne en moyenne, autour de 30 millions de Francs Congolais, soit ± 30.000 $ US par année pour chacune.
Ainsi, il est évident que sans application du principe de solidarité qui tient compte du poids démographique dans la répartition de certaines catégories des recettes, la quasi-totalité de nouvelles provinces éprouveront des difficultés pour couvrir non seulement les dépenses de rémunérations des enseignants, du personnel de santé, du secteur agricole et du Pouvoir coutumier, mais aussi le minimum de fonctionnement.
Sur les étapes du processus d'installation de nouvelles provinces, tout en regrettant que le calendrier conçu par le Gouvernement n'ait pas été transmis en son temps à votre Chambre, je me réjouis de constater que le Vice-premier Ministre, Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, l'a produit à l'attention des Honorables Sénateurs, en tant que pièce jointe au document contenant ses réponses à la question orale du Sénateur Patrice-Aimé SESANGA.
Il me reste à cet égard à apporter les précisions ci-après concernant les contraintes à l'exécution du calendrier Primo : au regard du nombre impressionnant des projets de lois initiés par le Gouvernement, il n'est pas exact d'affirmer qu'il a malicieusement gelé le processus de décentralisation ;
Secundo : vu le niveau des budgets mis à la disposition du Gouvernement par l'autorité budgétaire, toutes les dépenses essentielles pour la viabilité de nouvelles provinces n'ont pas été effectuées, pour de raisons des contraintes liées aux conjonctures économiques, financière et monétaire;
Tertio : les perspectives économiques meilleures permettront au Gouvernement, dans un proche avenir, d'accélérer le processus d'installation de nouvelles provinces.
Citer des lois et démontrer en quoi elles constituent des préalables à l'installation de 21 nouvelles provinces, n'est-ce pas une évidence?
A cet égard, je voudrais simplement indiquer, qu'elles soient organiques ou ordinaires, les lois d'application prévues par la Constitution, matière par matière, sont en elles-mêmes des préalables servant de base aux actes du Gouvernement.
C'est ici le lieu de rappeler le vote et la promulgation à ce jour des lois suivantes :
1. la loi portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des Provinces ;
2. la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l'État et les Provinces ;
3. la loi organique sur la Commission Électorale Nationale Indépendante ;
4. la loi organique portant modalités d'organisation et de fonctionnement de la Conférence des Gouverneurs de Province ;
5. la loi organique sur les subdivisions territoriales à l'intérieur des provinces.
Mais, certains projets de lois, d'importance indéniable, se trouvent présentement sous examen soit au Gouvernement, soit au Parlement.
Il s'agit :
1. du projet de loi sur les finances publiques ;
2. du projet de loi organique sur les limites des provinces et celles de la Ville de Kinshasa ;
3. du projet de loi organique sur la caisse nationale de péréquation ;
4. du projet de loi sur la fonction publique provinciale et locale ;
5. du projet de loi sur la nomenclature des recettes locales ainsi que leurs modalités de répartition ;
6. du projet de loi sur le découpage à l'intérieur des Provinces ;
7. du projet de loi sur le statut des chefs coutumiers ;
8. du projet de loi sur la programmation ;
9. une cinquantaine de lois sectorielles.
III. La troisième question repose sur un élément numérique qu'il convient de corriger. Il s'agit de 206 communes et de 57 villes et non de 600 communes et de 150 villes comme l'a dit l'Honorable interpellateur.
Le libellé de la question deviendrait ainsi :
" Monsieur le Premier Ministre, si pour installer 21 provinces les moyens font défaut. Comment allez-vous réussir à installer plus de 206 communes et 57 nouvelles villes? "
A ce propos, je précise ce qui suit :
1. c'est le Parlement qui fournit au Gouvernement le budget qui est l'instrument de financement de la politique de la Nation ;
2. toutes les institutions doivent conjuguer leurs efforts pour améliorer les capacités budgétaires de l'État ;
3. l'avènement du point d'achèvement de l'Initiative PPTE aura pour effet d'accroître ces capacités, d'où l'obligation que nous avons tous de concourir à l'avènement de ce point d'achèvement ;
4. doté de capacités budgétaires accrues, le Gouvernement aura sans aucun doute plus de moyens pour installer les nouvelles provinces.
Pour tout dire, tout s'inscrit dans la programmation.
Pour terminer sur ce chapitre, je voudrais aborder un point qui révèle le malaise qu'il y a parfois à appliquer la Constitution sans difficulté.
Il s'agit de 40% des recettes à caractère national allouées aux Provinces.
Je le ferai au regard des articles 175 de la Constitution et 54 de la loi n° 08/12 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.
A ce sujet, je tiens à préciser que depuis l'exercice budgétaire 2008, la part des recettes allouées aux provinces représente 40% des recettes courantes, après déduction de la rétrocession aux régies financières.
C'est la répartition de cette enveloppe de 40% entre les provinces, qui prend en compte les critères de capacité contributive et de solidarité sur base du poids démographique.
En ce qui concerne la question de retenue à la source, il y a lieu de signaler que seule la loi financière, en cours d'examen, en définira clairement la procédure.
Il s'ensuit que l'article 54 de la loi sur les principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces en ce qu'il institue le mécanisme d'application de l'article 175 de la Constitution, ne peut aujourd'hui trouver application, avant la promulgation de la loi financière à laquelle cet article renvoie.
Toutefois, comme j'ai eu à le dire à plusieurs occasions, à l'exception de Kinshasa, du Bas Congo et du Katanga, la quasi-totalité des provinces actuelles ne seraient pas capables de prendre en charge leurs dépenses de rémunération du personnel, de fonctionnement et d'investissement n'eut été le compromis trouvé entre les provinces pour l'application du principe de solidarité entre elles.
A titre d'exemple, en ce qui concerne l'exercice budgétaire 2010, le principe de la retenue à la source de 40% par chaque province, si elle devait être appliquée, donnerait les chiffres ci-après :
- pour le Kasaï Occidental, le produit de la retenue à la source de 40% devrait donner 1,4 milliards de Francs Congolais contre 17 milliards de ligne de crédit de rémunérations prévue à l'exercice budgétaire 2010 pour les secteurs à compétence exclusive, à savoir, l'Enseignement, la Santé, l'Agriculture et le Pouvoir coutumier.
- pour le Bandundu, elle représenterait 534 millions de Francs Congolais, soit ± 500.000 $ US par an, alors qu'à elles seules, les dépenses de rémunérations des secteurs à compétence exclusive pour cette province, à savoir : Enseignement, Santé et Agriculture, telles que prévues par le Gouvernement central, sur fond du principe de solidarité, pour 2010, s'élèvent à 39 milliards de Francs Congolais.
La même situation concerne d'autres provinces dont la province de l'Equateur et la Province Orientale.
L'augmentation du nombre des provinces sera un facteur aggravant de ce décalage entre la capacité contributive de la plus part des provinces et les charges liées à leurs compétences exclusives ainsi que celles de fonctionnement.
Ainsi, je ne pense pas que le souhait des Honorables Sénateurs soit de voir les hôpitaux et les écoles fermés dans ces provinces parce qu'elles seront incapables de mobiliser les ressources nécessaires au paiement des rémunérations.
Je ne suis pas en train de vouloir vous faire peur, ni de vouloir prendre prétexte sur ces chiffres pour justifier une éventuelle absence de volonté politique de la part de mon Gouvernement d'installer les nouvelles provinces.
Car le vrai problème, en matière budgétaire, se pose moins en termes de ressources nécessaires à l'installation des nouvelles provinces qu'en terme de ressources récurrentes nécessaires à chaque nouvelle province quant à la prise en charge par elle de son budget de fonctionnement et de rémunération de domaines de compétences exclusives, à savoir : la santé, l'Enseignement, l'Agriculture et le Pouvoir coutumier.
En effet, il faut noter que les dépenses d'installation sont de nature non récurrente.
Il suffit de les inscrire et de les mobiliser pour un exercice budgétaire donné, le Gouvernement peut aisément installer les provinces.
Quant aux ressources, nécessaires aux dépenses de fonctionnement et des rémunérations, elles doivent être récurrentes et générées à chaque exercice budgétaire.
C'est là où le bas blesse, quand on considère la faible capacité contributive actuelle des provinces en place, mais aussi et surtout de nouvelles à venir.
Le Gouvernement serait tenté de suivre l'option des élus qui défendent le principe de retenue à la source critiquant ainsi celui de la solidarité nationale dont pour eux et avec raison l'application consacre la violation de la Constitution.
Selon ce principe de retenue à la source, chaque province actuelle ou à venir devrait fonctionner dans les limites de 40% des ressources à caractère national mobilisées sur son territoire, par les Régies financières du Gouvernement central.
Quitte à chaque province d'améliorer au fur et à mesure dans le temps, sa capacité contributive et de mobilisation des recettes.
Cette option comprend des contraintes fâcheuses telles que, si nous devons la lever en tant que Nation, nous devrons, en connaissance de cause, en assumer les conséquences ci-après :
Premièrement, nous aurons une Nation qui va avancer à deux vitesses et qui deuxièmement, aura plusieurs politiques salariales, à travers les 26 provinces, en ce qui concerne :
- la santé ;
- l'éducation ;
- l'agriculture ;
- les émoluments des autorités politiques provinciales et locales.
A ce propos, je voudrais attirer l'attention des élus sur le fait que la caisse de péréquation, en tant qu'élément correcteur, n'a pas pour vocation de financer les salaires et le fonctionnement des provinces pauvres, mais plutôt les investissements compensatoires de leur retard de développement.
Comme vous le remarquez, pour une bonne application de la Constitution, l'œuvre juridique et institutionnelle à accomplir est immense, mais le Gouvernement et le Parlement s'y attèlent sans désemparer.
Et conscients du fait que la gestion décentralisée du pays est le gage de son développement, le Président de la République et le Gouvernement sont décidés de mettre tout en œuvre pour l'installation des nouvelles provinces.
Ainsi, si la conjoncture économique n'a pas permis de prévoir et de mobiliser des ressources suffisantes pour les dépenses nécessaires à la viabilité économique de nouvelles provinces, les meilleures perspectives économiques du pays offriront au Gouvernement la possibilité de dégager des ressources supplémentaires pour faire mieux.
Sur ce chapitre, s'il est important, dans le contexte actuel, de savoir combien de milliards il faut débourser pour installer les nouvelles provinces, il est plus important encore de savoir comment garantir la viabilité de nouvelles provinces compte tenu de leur faible contribution au budget de recettes nationales et de leur capacité de mobilisation des recettes propres.
Mon interpellation par l'Honorable Sénateur SESANGA rentre dans le cadre de l'exercice de la démocratie et m'a offert le privilège de m'exprimer devant votre Auguste Assemblée.
Par ailleurs, tout en relevant les contraintes juridiques et économiques, j'ai souligné la volonté du Chef de l'Etat et du Gouvernement de finaliser le processus de décentralisation, gage du développement de notre pays.
Ainsi, j'espère avoir répondu aux préoccupations de l'Interpellateur et, à travers lui, de bon nombre de nos compatriotes. Je vous remercie.

INFOS INFOS
Journée Mondiale de l'Environnement
Le PECO assainit Bandalugwa

La journée mondiale de l'environnement, célébrée le 05 juin de chaque année, était une occasion pour le parti écologiste congolais (PECO) d'assainir la commune de Bandalugwa. Avec pour thème " Environnement sain , pour une santé saine ", cet assainissement a consisté au ramassage des sachets le long de l'avenue Kasa-Vubu au niveau du pont Makelele jusqu'au terrain municipal. Les militantes et militants du Parti écologiste venus de tous les districts de la ville, ont pris d'assaut l'avenue Kasa-Vubu en créant même un embouteillage qui a perturbé la circulation.
La marche était conduite par la vice -présidente de ce parti, Mme Lina Pembe, qui a sensibilisé la population de cette municipalité sur les méfaits des sachets. A l'en croire, les sachets détruisent l'environnement, car ils ne sont pas bio dégradables. Les sachets empechent même l'eau de pénétrer dans le sol, a-t-elle souligné. Pour ce faire, la vice-présidente du Peco a invité les ‘’Ndalois’’ et ‘’Ndaloises’’ à utiliser le papier emballage pour leurs achats comme ce fut le cas les années antérieures avant l'arrivée des usines de sachets en RDC.
En outre, la représentante de Didace Pembe a estimé que la journée mondiale de l'environnement devrait être célébrée chaque jour. Car, a-t-elle dit, : "l'assainissement de notre milieu doit se faire quotidiennement " avant d'ajouter, ‘’un environnement pollué est source de beaucoup de maladies’’. Selon les dires de Lina Pembe, le ramassage des sachets va se poursuivre dans les autres communes de la ville
Par ailleurs, la vice-presidente du parti cher à Didace Pembe était estomaquée de voir un arbre abattu qui commençait à pourrir sur place. Selon ses dires, ‘’cet arbre commence à polluer l'environnement. Il serait mieux, a-t-elle lâché, après l'abattage que ce bois serve de planche pour le menuiser ou encore qu'il soit utilisé pour le chauffage. Nous soutenons l'action du chef de l'Etat dans la modernisation des infrastructures routières qui rentre dans le cadre des 5 chantiers. Mais, seulement, nous voulons que ces entreprises tiennent compte de l'aspect environnemental ", s'est-t-elle exprimée.
Pour rappel, Lina Pembe a organisé, le 13 juillet 2009, presqu'une année aujourd'hui, l'opération ramassage des sachets pendant un mois. Un kg de sachets ramassés était acheté par le PECO à un dollard. Mathy Musau

INFOS INFOS
Hommage au Seigneur, 2 ans après la disparition du bâtonnier Honorius Kisimba Ngoy

La révérende-pasteur Kisimba Ngoy Mikombe Prospérine Esther a exhorté toute la famille biologique de son défunt époux Honorius Kisimba Ngoy Ndalewe, premier bâtonnier national, et tous ses amis et connaissances à méditer sur la parole de Jésus-Christ adressée aux femmes de Jérusalem sur le chemin de la croix.
Au cours d'un culte ordinaire à l'église " Mission évangélique de Jésus-Christ au Congo (MEJCCO) dont elle est la représentante légale et qui coïncidait avec la commémoration de la mort de son mari (6 juin 2008), la révérende-pasteur les a invités tous à prendre le courage et à avoir la foi car, a-t-elle souligné, ceux qui meurenst dans le Seigneur, leurs œuvres les suivent et ils sont vivants.
C'est dans ce contexte qu'elle leur a demandé de s'imprégner de la parole de Jésus-Christ sur le chemin de la croix quand il a posé qu’une question aux femmes qui pleuraient devant sa souffrance : " filles de Jérusalem, ne pleurez pas pour moi, mais plutôt pour vous-mêmes et vos enfants car, pour moi c'est fini ". Pour la révérende-pasteur, cette parole mérite d'être partagée pour remercier le Seigneur de ce qu'il a fait durant les deux ans de la dure épreuve après la mort d'Honorius Kisimba Ngoy. Le disparu, a-t-elle rappelé, a travaillé pour les siens et la Nation congolaise et on ne peut pas continuer à le pleurer.
La révérende-pasteur a, ensuite, fait un témoignage de la vie passée avec son défunt époux, des fiançailles, de leur mariage et de la vie conjugale jusqu'à la séparation. La vie de son mari, a-t-elle affirmé, était caractérisée par l'amour du prochain. Il fut un grand rassembleur et défendait les pauvres sans contrepartie et " fut un grand conseiller pour moi. Il me disait toujours que l'homme est celui qui se bat pour la survie de sa famille ".
La représentante légale de la MEJCCO a profité de l'occasion pour inviter ses fidèles à répondre à l'appel de prière lancé par l'épouse du Chef de l'Etat, Olive Lemba Kabila. La RDC, a-t-elle souligné, est un pays de la promesse. Il appartient à Dieu. C'est pourquoi, les fidèles de la MEJCCO doivent s'associer à la première dame de la RDC pour jeûner trois jours durant et prendre part à la prière du 29 juin au stade des Martyrs.
FDA

6 juin 2008 - 6 juin 2010 : déjà 2 ans
Honorius Kisimba Ngoy : témoignage d'Emmanuel Panzu
Du 06 juin 2008 au 6 juin 2010, voilà déjà 2 ans que nous quittait le tout premier bâtonnier national de la RDC, feu Honorius Kisimba Ngoy Ndalewe. Ce Bâtonnier des bâtonniers et des barreaux de la RDC a laissé derrière lui une très brillante carrière au sein des barreaux notamment, au barreau près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe qui l'a vu naître comme avocat.
Avocat de renom et intègre, il ne gagnait ses procès que devant les prétoires et ses plaidoiries avaient comme caractéristiques " les exceptions " dont la plupart étaient incontournables puisqu'elles balayaient ou, dans certaines circonstances, arrêtaient des procédures en cours d'instance. Son arme principale était le droit et rien que le droit.
Il acceptait de gagner ou de perdre ses dossiers et cela devant les juridictions de jugement. Les greffes lui permettaient de mettre en mouvement les actes de procédures et ses contacts avec les juges se faisaient au Palais de justice et non dans les antichambres. Il conseillait toujours à ceux qui voulaient faire carrière dans la magistrature pour s'enrichir de se défaire et ceux qui désiraient s'inscrire au barreau pour la même raison de s'abstenir. C'est pourquoi, il était considéré comme l'avocat des pauvres, des veuves et des orphelins.
Sa première passion était d'être consulté et de servir de conseil. On l'a vu jouer et accomplir ce rôle, non seulement au Palais de justice, mais à toutes les rencontres politiques qu'a connues la RDC avant l'installation de toutes les institutions qui régissent le pays : Conférence nationale souveraine, Palais de marbre I et II, Groupe de consensus, Accord de Lusaka, d'Addis-Abeba et de Sun city I et II. L'avocat de Malemba Nkulu a été de tous les enjeux et ses interventions servaient de conseils et permettaient d’aboutir aux résultats.
Durant sa carrière, il s'est fait remarquer aux côtés de ses confrères 'Mbuyi-Mbiye Tanayi, Kalenga ka Ngoy, Kinkela Vikan'sy, Kalala B. Paul, Jocelin Goosens, Nyembo a Lumbu, …) qui avaient formé le groupe des jeunes turcs en vue d'arracher et confirmer l'indépendance de l'avocat. Il n'avait jamais cessé de plaider pour une justice forte et indépendante et fut un grand défenseur des droits de l'homme. La plus grande victoire qu'il a laissée au peuple congolais, c'est dans le procès qui a opposé la RDC à l'Ouganda devant la Cour internationale de justice de la Haye.

Vie Politique
Homme politique, il l'était aussi. Il a dirigé avec brio un grand parti politique. Il s'agit de l'Union nationale des fédéralistes du Congo (UNAFEC). Président national de ce parti, Honorius Kisimba Ngoy prônait l'instauration, en RDC, d'un Etat fédéral avec un parlement bicaméral, la défense de l'unité nationale, l'instauration et la défense d'une démocratie pluraliste véritable, l'assainissement des mœurs politiques et la promotion de la justice sociale, le développement d'une économie libérale et l'amélioration des conditions de vie des masses populaires, la défense et la promotion des cultures traditionnelles et le renforcement des institutions et pouvoirs coutumiers, la restauration de l'éducation nationale et l'amélioration des conditions matérielles des enseignants ainsi que la promotion de la santé pour tous.

vie Chrétienne
Honorius Kisimba Ngoy fut par ailleurs, un fervent chrétien. A côté de sa très chère épouse, Maman Révérende Pasteur Kisimba Mwamba Mikombe Prospérine Esther, représentante légale de l'Eglise Mission Evangélique de Jésus Christ au Congo (MEJCCO), il était présent à chaque culte de dimanche. Issue d'une grande famille chrétienne composée de pasteurs, l'épouse du Bâtonnier Honorius Kisimba Ngoy entretenait déjà, avant que son défunt mari ne s'engage dans la politique, un orphelinat, un centre de santé et un autre d'encadrement des jeunes désœuvrés. Et Honorius Kisimba Ngoy ne quittait jamais sa chère épouse dans ses actions d'ordre sociale.,Iil l'assistait jusqu'à l'achat avant sa disparition de la parcelle qui abrite aujourd'hui, dans la commune de Lingwala, l'Eglise MEJCCO et d'autres services annexes. Malgré ses responsabilités politiques, il ne s'empêchait d'être à côté des fidèles de la MEJCCO pour communier avec eux.
Père d'une famille nombreuse, Honorius Kisimba Ngoy a su léguer à ses enfants une bonne éducation. Homme plein d'anecdotes et d'humour, il était attentif aux souffrances des autres et compatissait à leur malheur en partageant tant soit peu ce qu'il possédait. Que son âme repose en paix. Emmanuel Panzu Diongo

FORUM ECO
Aussitôt propulsé à la tête du CEEC

Alexis Mikandji met le cap sur le redressement de la situation sociale des travailleurs

Directeur de cabinet du ministre des Mines depuis trois ans, ancien chef de la commission de revisitation de ce même ministère, Alexis Mikandji vient d'être propulsés à la tête du Centre d'expertise, d'évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) en qualité de directeur général. Il sera secondé par Pascal Nyembo au poste de directeur général adjoint.
La nouvelle équipe dirigeante du CEEC a pris ses fonctions vendredi 05 juin 2010 lors de la cérémonie de remise et reprise avec le comité sortant conduit par le chargé des missions Léonide Mupepele. Au cours de cette cérémonie traditionnelle, Alexis Mikandji a placé son mandat sous le signe du redressement de la situation sociale des travailleurs et de la maximisation des recettes de ce service public.
Il s'impatiente déjà à relever les défis de l'amélioration des conditions de travail et du climat des affaires tant attendu par le peuple congolais. Serein et optimiste, cet ancien directeur de cabinet du ministre des Mines compte durant son mandat renflouer les caisses de l'Etat. Pour y parvenir, le nouveau patron du CEEC entend collaborer avec tout le monde.
Raison pour laquelle il a d'ores et déjà invité le personnel à se mettre résolument au travail pour gagner ce pari. Cet objectif ne peut être atteint que si tous les agents du CEEC mettent la main à la pâte, a-t-il laissé entendre. En clair, le nouveau maître du CEEC est en possession de ses moyens pour insuffler un nouveau souffle à cette entreprise. Alexis Mikandji est plus que déterminé pour venir à bout des différents détournements et mettre hors d'état de nuire les malfrats de tout acabit qui se placeront sur son chemin.
Le CEEC compte 299 agents dont 245 hommes et 54 femmes. De ces effectifs, il y a aussi le personnel technique dont deux ingénieurs civils, deux géologues et trois chimistes pour permettre à l'entreprise d'assumer pleinement sa mission technique dans le domaine minier.
En effet, l'ardent désir de l'ancien comité de gestion est de voir les nouveaux mandataires parachever le fonctionnement optimal du laboratoire du Katanga pour lequel dirigeants et personnel du CEEC ont consenti d'énormes sacrifices. Ceci, afin de le voir produire les recettes substantielles tant attendues pour résorber le déséquilibre financier de cette entreprise.
La nomination du directeur général et de son adjoint au CEEC entre dans le cadre des dispositions générales relatives à la transformation des entreprises. En d'autres termes, ces nominations s'inscrivent dans le souci de renforcer les capacités de ces différentes entreprises afin de les rendre capables de maximiser les recettes de l'Etat. Simard Simon TSOUMBOU

LIBRE OPINION
N'ayant duré que le temps d'un clin d'œil
CLP, encore un exemple de l'instabilité de certains politiciens congolais

Entre l'annonce de la création du Centre libéral et patriotique (CLP) et celle de sa dissolution, il ne s'est pas passé beaucoup de temps ; c'est le moins qu'on dire. Cela pousse beaucoup de Congolais à se poser la question suivante : " Les initiateurs du CLP, à savoir Mbusa Nyamuisi, Modeste Bahati, Olivier Kamitatu et José Endundo ; ont-ils agi par conviction ou suivaient-ils d’obscurs intérêts ? " Seuls les concernés pourront répondre à cette question avec efficience, étant donné qu'ils n'ont pas livré à l'opinion les raisons de la dissolution du CLP.
Cependant, au 25 mai de l'année en cours, ils affirmaient ce qui suit dans la charte créant le CLP : " Conscient de notre responsabilité devant Dieu, la nation et l'histoire … l'objectif du CLP est de faire un Congo fort, pacifié et prospère pour tous … ". Tout porte à croire qu'aujourd'hui, cette "conscience" a brusquement disparu. Notre propos n'est pas de dire s'ils avaient raison ou tort en créant le CLP. Il s'agit pour nous de mettre à nu l'opportunisme et le manque de stabilité ou de conviction qui caractérisent bon nombre de décisions, de positions et d'actions de certains de nos politiciens. Avec beaucoup d'à propos, l'ancien chairman de la Chambre basse du Parlement, Vital Kamerhe, disait un jour devant le Parlement rwandais que la classe politique congolaise était irresponsable. Il ne pensait pas si bien dire.
En effet, il ne faut pas être un analyste politique chevronné pour comprendre qu'il n'y a pas beaucoup de stabilité dans le microcosme politique congolais. Ils sont nombreux ceux qui changent de partis politiques dès qu'ils pensent que leurs intérêts sont ailleurs ; tant pis pour l'idéologie et la vision qu'on est sensé avoir ! A défaut de ce vagabondage politique, nombreux sont ceux qui créent des " partis-alimentaires ", sans aucune base et dont les membres ne se recrutent que parmi leurs proches. En fait, ils pratiquent ce que d'autres ont appelé " la politique du ventre ".
Alors que sous d'autres cieux, la valeur d'un homme politique est équivalente à ces principes, ses convictions et son idéologie, chez nous le politicien le plus habile est celui qui est le plus apte à changer de discours et à surfer d'un parti politique à autre, l'essentiel étant d'avoir le meilleur positionnement. C'est ainsi que nous avons des Mobutistes d'hier qui sont aujourd'hui devenus plus Kabilistes que Kabila lui-même.
En fait, le péché de certains politiciens congolais est de vouloir le " pouvoir pour le pouvoir ". C'est-à-dire, chercher le pouvoir à tout prix et s'y accrocher envers et contre tout. A l'opposé, le "pouvoir pour le peuple" est une denrée rare dans le monde politique congolais. Dans l'opposition ou la majorité, très peu de politiciens cherchent le pouvoir pour améliorer réellement le vécu quotidien des Congolais. C'est plus pour s'entendre appeler "Excellence" ou "Honorable" et jouir de tous les avantages inhérents à ce statut.
Cela justifie le fait qu'il n'y a pas eu beaucoup de démissions dans l'histoire du Congo, de son indépendance à ce jour. Depuis bientôt cinquante ans, les démissions en RDC sont à compter au bout des doigts. Le dernier cas en date est celui des initiateurs du fameux CLP. Alors qu'ils affirmaient, il y a peu, être mus par une vision de gestion de l'Alliance et des affaires publiques différentes de celle de l'AMP, ils n'ont pas encore pris le courage de le quitter. Il y a même fort à parier qu'ils multiplient, en ce moment, des démarches et des stratégies pour stopper l'épée de Damoclès que l'autorité morale de l'AMP aurait suspendu sur leurs têtes.
Ce n'est pas tout, il y a pire. A les entendre à la télévision, à la radio ou dans les différents meetings qu'ils tiennent, on croirait que la situation actuelle du pays est la conséquence de la gestion des autres. Ils ne se mettent donc pas en cause. Pourtant, très mobutistes, ils ont brillé par leur ardeur au service de celui qu'ils appellent aujourd'hui "le dictateur". Dieu seul sait après l'actuel Chef de l'Etat, au service de quel autre personnage ils vont se dévouer.
Et dans tout cela, le peuple congolais semble avoir la mémoire courte. Ses bourreaux d'hier sont aujourd'hui applaudis et s'offrent des bains de foule. Ils amènent quelques sacs de riz, des vélos, et autres biens coûtant moins que ce qu'ils dépensent quotidiennement. C'est scandaleux.
Il y a quelqu'un qui a dit un jour : " Mentez, mentez, … il en restera toujours quelque chose ". L'histoire retient la vérité et la vérité est têtue. Elle finit toujours par triompher. A bon entendeur, salut !
Bushala BUAMBA Correspondance particulière.

ECLAIRAGE
Décentralisation : le législateur se déclare démissionnaire !

Le dossier de la décentralisation vient de rebondir au Sénat à la faveur de la question orale avec débat adressée au Premier ministre en rapport avec ses décrets érigeant certaines entités en villes et communes. Le sénateur Sessanga reproche essentiellement au Premier ministre et au Gouvernement d'avoir pris cette décision en faveur des entités qui ne réunissent pas encore les conditions pour être élevées en villes ou communes, alors que d'autres qui le méritent ne l'ont pas été.
Au-delà de cette question spécifique, le questionneur est revenu sur le dossier global de la décentralisation, spécialement la question des 26 provinces conformément aux dispositions des articles 2 et 226 de la Constitution. Ce dernier article stipule, en son premier alinéa, que " les dispositions de l'alinéa premier de l'article 2 de la présente Constitution entreront en vigueur endéans trente six mois qui suivront l'installation effective des institutions politiques prévues par la présente Constitution." Et la dernière institution politique à avoir été installée en date du 14 mai 2007 est le Sénat, ce qui fait que l'effectivité des 26 provinces devait être constatée le 14 mai 2010.
Puisqu'à la date indiquée, la RDC a continué à fonctionner avec 11 provinces, les Sénateurs se sont alors succédés pour reprocher au Gouvernement d'avoir violé la Constitution. Cela également au regard du fait que les commissaires des districts, qui gèrent les entités devant être élevées en provinces, continuent à exercer.
Le Sénat n’étant qu'une chambre de réflexion et n'a donc pas la latitude de lancer des motions de censure ou de défiance contre des membres du Gouvernement, ses membres, pour la plupart, n'y sont pas allés par le dos de la cuillère pour porter des critiques fort sévères à l'endroit du Gouvernement sur cette question de la décentralisation, insinuant par là une certaine incompétence de l'Exécutif national.
Dans les milieux des observateurs indépendants, cependant, on n'hésite pas à juger de péremptoires toutes ces accusations portées contre le Gouvernement sans considération des éléments objectifs d'appréciation, ni même d'une évaluation du parcours effectué à ce jour dans le processus même de décentralisation. A ce jour, en effet, ce processus a fait l'objet d'une concertation nationale qui avait impliqué toutes les institutions nationales, provinciales et locales pour dégager une démarche consensuelle. Les matières et résolutions dégagées des différentes concertations sont connues de tous, et l'on s'étonne de constater que dans leurs attaques contre le seul exécutif national, le législateur en général ne prend pas la peine d'établir la part de responsabilité de chaque partenaire dans ce processus qui implique tout le monde et pas seulement le Gouvernement.

AUX ORIGINES DU PROCESSUS
Pour mieux comprendre et évaluer le processus de décentralisation, il faut partir de février 2007 au moment où le premier Gouvernement Gizenga présentait son programme d'action 2007-2011 qui comportait cinq choix stratégiques parmi lesquels la poursuite de la réforme administrative et de la décentralisation. Le nouveau Gouvernement, entré en fonction sous Muzito, présentera ensuite son programme à l'Assemblée nationale qui l'adoptera le 30 octobre 2008. A cette nouvelle occasion, l'Exécutif national réaffirmera sa volonté de consolider le processus en se fixant comme priorités en matière de décentralisation les actions suivantes : l'élaboration et la promulgation des textes réglementaires pour la mise en œuvre de la décentralisation complétant les trois lois organiques adoptées en octobre 2008 ; le transfert effectif aux provinces des charges concernant leurs compétences exclusives ; l'institution de la fonction publique provinciale et locale ; la recherche de financements pour la tenue des élections locales et la préparation du passage de 11 à 26 provinces ; le renforcement des capacités des provinces et des entités territoriales décentralisées (ETD), et la modernisation du cadre juridique de la fonction publique, notamment par la finalisation des projets de textes sur le statut général, l'organisation et le fonctionnement des services publics centraux, provinciaux et locaux, ainsi que les statuts particuliers et spéciaux.
Lorsque le Gouvernement Muzito parle, en octobre 2008, de poursuite du processus de décentralisation, c'est simplement parce que le travail à ce sujet avait commencé, en fait, depuis janvier 2007, soit 4 mois avant l'entrée en fonction de la dernière institution politique qu'est le Sénat. C'est, en effet, à cette date, et après l'installation des Assemblées provinciales et la composition des Gouvernements provinciaux, que l'Exécutif national lançait la réflexion sur la démarche la plus appropriée à adopter afin de clarifier et approfondir les grandes options fixées par la Constitution pour rendre effective la décentralisation. Il se dégagera de cette réflexion un consensus national pour la tenue d'un forum national sur la décentralisation.
Et ce forum va se tenir les 3, 4 et 5 octobre 2007 à l'initiative du Gouvernement central avec l'appui des partenaires au développement. Ce forum, qui avait connu la participation de 300 délégués représentant le Gouvernement central, l'Assemblée nationale, le Sénat, les Assemblées provinciales, les Gouvernements provinciaux, la société civile, les chefs coutumiers ainsi que les partenaires techniques et financiers avait un double objectif : permettre une meilleure appropriation du processus de décentralisation par tous les acteurs en dégageant une vision partagée sur la stratégie de mise en œuvre, et faire des recommandations sur les actions prioritaires à mener et les mécanismes de financement alternatif devant conduire à l'élaboration des textes organiques pouvant permettre aux provinces et ETD de remplir convenablement leurs missions.
Le forum national sur la décentralisation arrêtera, à son terme, plusieurs recommandations dont cinq centrales. Il s'agit d'abord de la nécessité de l'élaboration d'un cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation (CSMOD) comportant des axes stratégiques (6 au total) bien déterminés. Il s'agit ensuite de l'adoption de la loi sur la décentralisation pour créer les meilleures conditions de fonctionnement des provinces et de mise en place des ETD. La troisième recommandation porte sur l'approfondissement des analyses financières sur les options techniques à privilégier afin de garantir le transfert des 40% des recettes dues aux provinces et promouvoir un système financier viable pour les ETD. En quatrième recommandation, le forum a évoqué l'élaboration d'un plan national de communication avec une composante provinciale en vue d'assurer une meilleure et réelle appropriation, à la base, des enjeux de la décentralisation. Enfin, ces assises ont recommandé l'organisation des élections locales au niveau des ETD.
A ce stade, il faut souligner que la décentralisation ne se limite pas, comme veulent le faire croire les acteurs politiques de tous bords, à l'effectivité, dans les délais constitutionnels, des 26 provinces constitutionnellement identifiées. Il revêt plusieurs enjeux qui vont de l'appropriation sociale et politique du processus dans son ensemble à la mise en place de mécanismes de coordination et de suivi de ce processus en passant, notamment, par l'élaboration d'une stratégie financière appropriée aux compétences à transférer et d'un programme ciblé de renforcement des capacités.

STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE
Cette perspective implique, quant à elle, des responsabilités à assumer à tous les niveaux. Le Gouvernement central, par exemple, se doit, dans sa politique de gouvernance, de définir ses rôles, son organisation et ses modalités d'intervention dans le processus de décentralisation. Les institutions provinciales et les ETD doivent se mettre en place et s'organiser pour assumer leurs responsabilités. Et au milieu intervient le législateur qui se doit d'initier et adopter les lois essentielles à l'accomplissement complet du processus de décentralisation.
Et avant d'aller plus loin, on peut déjà esquisser une évaluation de la part des responsabilités que chacun de ces partenaires a accomplies. Pour le cas du législateur, il faut constater que sur la dizaine des lois attendues, il n'en a adopté à ce jour que 6 qui, toutes, provenaient de l'Exécutif national. Et c'est celui-ci qui a proposé cinq autres projets de lois qui sont aujourd'hui sous examen au Parlement.
En sorte que si l'on doit répartir les responsabilités dans le retard observé sur ce processus, la posture la plus responsable devrait être la modestie et l'objectivité dans la distribution des notes, puisque nul n'est exempt de critiques.
Pour sa part, prenant en compte les recommandations du forum national sur la décentralisation, le Gouvernement s'est doté d'une stratégie de sa mise en œuvre. Son objectif est de contribuer à la promotion du développement humain durable et à la prévention des risques de conflits, ainsi que de créer les meilleures conditions de développement et d'enracinement de la démocratie locale. Plus spécifiquement, il s'agit, notamment, de parachever l'architecture institutionnelle prévue par la Constitution, créer les conditions juridiques et financières pour la mise en œuvre des provinces et des ETD, mobiliser les ressources financières pour le développement de ces provinces et ETD, renforcer les capacités des acteurs de la décentralisation, etc.

HORIZONS DU CADRE STRATEGIQUE
Afin de réaliser les objectifs qu'il s'est assignés, le Gouvernement avait décidé que le cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation devra s'atteler à l'application de nouvelles politiques sur une période de dix ans s'étalant de 2009 à 2019, et cela en deux phases. La première (2009 - 2014) s'attèlera, notamment, à créer les conditions politiques, juridiques, budgétaires et financières pour les provinces et les ETD en vue de leur permettre d'assumer convenablement leurs missions dans l'impulsion du développement et la promotion de la démocratie locale ; et organiser les élections locales devant permettre le parachèvement de l'architecture institutionnelle de la décentralisation.
Et la seconde phase (2015 - 2019), à baser sur les enseignements et leçons de la première, devrait se charger d'approfondir la décentralisation, notamment en mettant l'accent sur la capitalisation et l'évaluation nationale du processus ou en approfondissant la décentralisation fiscale et financière devant permettre d'inscrire le développement des provinces et ETD dans un environnement financier prévisible et durable.
Cette programmation permet suffisamment de se faire une idée sur la nature du travail auquel s'attèle, depuis lors, le Gouvernement dans le processus de décentralisation. Le discours de l'exécutif s'articule, en effet, autour de ces différents axes, notamment l'organisation et le renforcement des capacités financières des provinces, le complément de l'arsenal juridique, la prospection des financements, etc.

QUI A MIS QUI EN RETARD ?
La lecture globale du travail à abattre indique donc que la tâche est de longue, mais alors de très longue haleine, ce qui implique qu'à ce stade il soit fort prématuré de distribuer des cartons sous le prétexte de violation de la Constitution. Il est, d'ailleurs, étonnant que l'on parle indistinctement de cette violation après le dépassement du délai constitutionnel du 14 mai 2010 qui n'a pas vu s'installer effectivement 26 provinces.
En effet, depuis que déferle au sein de l'opinion ce discours d'inconstitutionnalité, personne de ses tenants ne se lève pour retracer cette histoire constitutionnelle et dire aux Congolais les éléments qui avaient concouru à la fixation du délai de 36 mois pour rendre effective la décentralisation avec ses 26 provinces. Ces données paraissent, à ce stade, importantes pour pouvoir évaluer effectivement l'ensemble de la démarche.
A défaut donc d'en obtenir, il faut alors conclure qu'une telle proposition s'avérait largement irréaliste. Dans ce cas, il devenait très risqué de soumettre le pays à une telle imperfection qui a fini par le faire sombrer sous le coup de l'inconstitutionnalité.
Pourtant, en retenant que le processus de décentralisation conduit jusqu'à ce stade est partagé par tous les partenaires institutionnels tant au niveau national que provincial et local, on doit s'étonner que personne n'aie pris le temps de sonner l'alerte quant aux risques avérés de dépassement du délai de 36 mois afin d’imposer un ajustement constitutionnel conséquent. Ici, se profile alors cet homo politicus congolais, qui n'est mu que par ses intérêts personnels. Cet homo politicus qui escomptait des prébendes en accédant à des fonctions au sein des nouvelles provinces que chacun avait programmé dans trois ans et qu'il voit repoussées à long terme par la force des impératifs techniques incontournables.
En effet, en lisant les horizons du cadre stratégique de la décentralisation, l'on constate que la désignation, par élection, des responsables des nouvelles institutions provinciales ne devrait se tenir qu'à l'horizon prévisionnel de 2014. Dans tous les cas, la première phase essentielle, dans tous ses aspects, devrait courir jusqu'à 2014 aussi.
Ces perspectives sont connues de tous, puisque le document du cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation a été publié en juin 2009 sous forme de brochure largement diffusée. La responsabilité alors est partagée et le législateur ainsi que le constituant devraient assumer leurs responsabilités, d'une part, en accélérant la lecture des projets de lois et, d'autre part, en prenant la responsabilité de formuler clairement et rapidement les amendements à la Constitution pour la mettre en phase avec les réalités de terrain. Les faits précèdent le droit, dit-on. Jonas Eugène KOTA

SOCIETE
Transport en commun
Conduire à Kinshasa nécessite des réflexes particuliers

A Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, le transport en commun est assuré à plus de 80% par des privés. Surexcités aux commandes de leurs véhicules, les conducteurs des des particuliers ont du mal à respecter le code de cnduite. Slaloms risqués, absence quasi-permanente de courtoisie routière, mauvais stationnements, "demi-terrain " sur des routes défectueuses, embouteillages…, le secteur kinois du transport en commun exige des réflexes particuliers, mais aussi une certaine lucidité de la part des transporteurs. Abordés par «Forum des As», des chauffeurs expliquent les raisons de cette attitude.
Dadi Kahito, 42 ans, transporteur en commun depuis 23 ans, affirme que les techniques de conduite à Kinshasa exigent des stratégies à la congolaise. Ces stratégies, poursuit-il, sont liées à l'intelligence du chauffeur.
" Moi je sors à partir de 4 heures du matin A ce moment-là, je parcours de longues distances, comme Mokali-Boulevard en aller. Au retour, je dois réfléchir. Si j'estime que beaucoup de véhicules sont déjà en route et qu'en retournant directement à Mokali je risque de ne plus trouver des passagers, je chercherai maintenant à atteindre Mokali par de petites courses (Boulevard-Kingabwa, Kingabwa- Pont Matete, Pont-Matete-Pascal, Pascal-Mokali). Si j'estime que la partie Est de la ville n'a pas assez de clients, je me dirige vers la partie Ouest de la ville. Là maintenant, je dessers Centre-ville-Barré ", explique ce chévronné du volant.

Les chauffeurs roulent parfois trop vite...
Le fait de rouler trop vite, en bafouant parfois le code de la route par des slaloms exagérés, explique François Masoso, transporteur en commun depuis 28 ans, est dû à plusieurs raisons. " On peut, par exemple, prévoir deux litres d'essence pour une course donnée, fait-il savoir. En cours de route, on se rend compte qu'il y a des embouteillages. Si on s'en tient à la logique, on risque de tomber en panne sèche. Ce qui fera précipiter les clients vers d'autres véhicules. C'est une grande perte ! Donc, on est obligé de recourir à des moyens, soient-ils qualifiés d'abusifs, pour contourner cet obstacle. C'est l'une des raisons parmi tant d'autres ".
D'autres chauffeurs interrogés ont, par contre, signalé que le fait de conduire dans la précipitation a aussi des avantages, sans nier des conséquences qui peuvent en découler. Pour eux, le fait d'être " pressé " permet de constituer son versement à temps.
" Là où celui qui roule normalement peut faire deux tours, j’en fais quatre. Ce qui me permet de finir à temps et d'aller me reposer. Avec ce système, avant 19 heures, j'ai mon versement et de quoi nourrir ma petite famille. C'est alors que je peux me reposer, récupérer quelques énergies pour repartir très tôt demain matin, alors que celui qui respecte la logique rentrera tard et épuisé ", estime Nono Wandoka, chauffeur desservant la ligne Rond-point Ngaba- Zando.
Il martèle, par ailleurs, que la plupart de zigzags n'est pas toujours due à une attitude d'impatience, mais se justifie parfois pour contourner des véhicules en mauvais stationnement.
François Masoso ne partage pas cet avis. Pour lui, il suffit de bien maîtriser le circuit pour gagner logiquement beaucoup d'argent. En roulant dans la précipitation, déclare-t-il, on expose sa propre vie et celle de ses clients à des dangers incalculables.
" Tout chauffeur bien éduqué doit savoir préserver la vie des clients, car elle est sacrée. L'argent, on n'en gagne pas en un jour. Il n'est pas mauvais de slalomer pour dévier, par exemple, une voiture en mauvais stationnement, mais il faut le faire en respectant le code de la route et la technique de conduite ", a-t-il lâché.
De manière laconique, résume Dadi Kahito, conduire et gagner exige d'abord l'acquisition d'un véhicule en bon état, être en règle des taxes dues à l'Etat (vignette, assurance…). En plus de cela, un transporteur en commun doit savoir créer, à coté des courses ordinaires, des réseaux, communément appelés " transports des abonnés ".
" Ça permet une meilleure rentabilité. Car, avec des embouteillages à grande échelle observés ces derniers temps dans la ville, il est difficile de totaliser le montant à verser en ne misant que sur les courses ordinaires ", a-t-il soutenu.

Complicité : chauffeurs-policiers de roulage
Ce que la plupart des gens qualifient de complicité entre chauffeurs et policiers de roulage, Dadi Kahito la perçoit d'un mauvais œil. " Les policiers de roulage sont là pour harmoniser la circulation. Plusieurs chauffeurs sont des " sauvages " et n'ont pas appris dans des autoécoles. Sans l'intervention de ces policiers, je ne sais pas ce qu'allait devenir la circulation routière à Kinshasa ", pense-t-il.
Concernant la remise d'un billet de 500 FC, équivalant à 0,50Usd, à chaque poste de roulage par les chauffeurs en commun, Dadi Kahito qualifie cela d'une aide et non d'une corruption tacite. " Les policiers font leur travail sous le soleil. Je n'ai jamais vu un sachet d'eau en provenance de leur hiérarchie pour étancher leur soif. Ces policiers ne prennent pas l’argent par force, nous leur donnons volontiers. Ce n'est qu'une aide en récompense du service rendu pour nous. Je ne dis pas que nous chauffeurs, nous voulons remplacer ceux qui sont censés améliorer leur condition de travail ".
«Le transport en commun nécessite des stratégies. Elles ne se résument pas à conduire dans la précipitation. Le conducteur doit plutôt se mettre dans des conditions psychologiques adéquates pour user d'une bonne intelligence, en vue de saisir des opportunités offertes. Cela exige aussi des études de marché», conclut un observateur.
Rocco NKANGA

SOCIETE
Transport en commun
Bonjour la moto, aurevoir les embouteillages

(Un reportage de Sandrine Muzalia, Giselle Odia et Bijou Mbuyi, sous la coordination de Yves KALIKAT)
A Kinshasa, les embouteillages constituent un cauchemar. Aussi bien pour les conducteurs des véhicules que pour les piétons. Très fréquents aux heures de pointe, ils paralysent la circulation, gaspillent le carburant des transporteurs, amenuisent leurs recettes, provoquent des pannes et freinent la mobilité des passagers. L'avènement des motos-taxis sur les artères de la capitale est venu contourner cette difficulté… au grand soulagement des Kinois.
Si, il y a quelques années, la commune de Bumbu ne connaissait pas de motocyclettes qui assuraient le transport en commun, aujourd'hui, elle est envahie par des dizaines de motos qui opèrent principalement sur l'avenue de la Libération (ex 24 novembre).
De jour comme de nuit, une vingtaine de motocyclistes chargent des passagers au parking de l'Université Pédagogique Nationale (UPN) et sillonnent dans tous les quartiers des environs. Pas étonnant de les voir emprunter rues et ruelles, transportant souvent leurs clients jusqu'à destination. Les plus chançards sont même acheminés jusque devant leur domicile.

Un moyen de transport prisé par des jeunes

Audacieux, les motocyclistes kinois se plaisent de slalomer entre des véhicules aux heures de pointe, évitant ainsi des embouteillages qui énervent les clients et bien d'autres transporteurs. Pratiques, les taxis-motos sont rapides et n'hésitent pas à emprunter des raccourcis, des sentiers sinueux et escarpés.
Conduits pour la plupart par des jeunes, tous hommes, dont l'âge varie entre 25 et 35 ans, ces taxis-motos transportent généralement deux clients qui déboursent 400 FC (environ 0,5 $) par course. Assis à califourchon sur la moto, agrippés au conducteur couvert d'un casque, les clients sont bien souvent des jeunes plutôt que des personnes âgées qui redoutent d'être renversées à la moindre secousse.
Si filles et garçons n'hésitent plus d'emprunter ce moyen de transport agile mais risquant, les femmes enceintes se gardent d'y recourir pour éviter des avortements involontaires dues aux nombreuses secousses sur les artères de fortune.
"L'irruption des taxis-motos est une bonne innovation dans notre commune, se réjouit Mamie Kimbata. On peut sortir et rentrer tard sans s'inquiéter de trouver un moyen de transport. Même vers 2 heures du matin, les motocyclistes attendent patiemment les piétons pour les ramener à domicile".

"La moto me permet d'arriver vite à destination"
Comme à Bumbu, plusieurs communes sont envahies par des taxis-motos. Ils sont plus actifs dans les quartiers reculés du centre-ville. Au fil du temps, ils se sont créés des carrefours qui leur servent de parkings : rond-point Ngaba, Sainte Thérèse et Quartier 6 à N'Djili, 1ère rue et 7ème rue à Limete, station du marché Bayaka à Ngiri-Ngiri, à Super-Lemba et à Lemba Terminus. La liste n'est pas exhaustive.
"Je préfère prendre la moto, parce que c'est le moyen de transport qui m'aide à arriver vite à destination, avoue Eddy M., 27 ans, résidant à Kingabwa, un quartier reculé de la commune de Limete. Les motocyclistes me déposent juste à l'entrée de ma parcelle quelle que soit l'heure. Ils n'agissent pas comme les conducteurs des taxis et taxi-bus qui laissent leurs clients à l'arrêt, loin de leurs résidences".
Elève, Jonas Kaba, 18 ans, se réjouit d'arriver désormais à temps à l'école depuis que les motos pullulent à Masina Pascal. "J'aime beaucoup emprunter ce moyen de transport parce qu'il me permet d'éviter des embouteillages et d'arriver vite en classe, explique-t-il. Les motocyclistes viennent souvent me déposer devant l'enclos de l'école".

Les usagers des motos exposés à la pluie et à la poussière
Les usagers des motos déplorent toutefois l'exposition à la pluie et à la poussière dans une ville de Kinshasa transformée en chantier. "Lorsqu'un passager est sur une moto pendant la pluie, poursuit Eddy M., il arrive à destination mouillé ou couvert de poussière lorsqu'il parcourt des routes défectueuses. Et comme les passagers ne sont pas contraints de porter des casques, ils ne se sentent pas sécurisés et peuvent tomber à n'importe quel moment".
Abordés, les conducteurs des motos reconnaissent le danger auquel ils sont exposés au quotidien. "C'est un métier passionnant, mais il comporte beaucoup de risques, reconnaît Romain B., un quadragénaire venu de la province de l'Equateur. J'exerce cette profession depuis un an depuis que je suis venu de l'intérieur du pays. Père de famille, j'ai décidé de faire le taxi-moto lorsque j'ai vu beaucoup de jeunes venant de provinces s'y adonner à cœur joie. En plus, j'ai été motivé par l'état des routes que j'ai trouvé très défectueux. Le taxi-moto s'est avéré pour moi un moyen rapide et adapté pour aider les piétons".
Passionnante, la profession des motocyclistes n'est pas facile. Romain B. est contraint de quitter très tôt son lit pour se lancer sur la route. "Je sors de mon domicile tous les jours à partir de 5 heures du matin, nous confie-t-il. Je ne retourne chez moi qu'entre 22 heures et 23 heures. En achetant cette moto, je m'attends à faire fortune comme mes autres compagnons que j'ai rencontrés sur terrain".
Refoulé d'Angola, Jean P., 37 ans, s'est tapé une moto avec le peu d'argent qui lui est resté de cette mésaventure sous d'autres cieux. "Aujourd'hui, commente-t-il, je gagne par jour entre 10.000 FC et 17.000 FC, soit l'équivalent de 10 $ à 18 $. Je facture la course à 300 Fc ou 500 Fc si le trajet est court, et à 1.000 FC s'il est long’’, rapporte ce motocycliste qui assure la circulation à Kingabwa, son quartier de résidence.

Au service des couches-tard
Si des dizaines de motocyclistes opèrent le jour, la plupart préfère travailler la nuit, comme des chauves-souris. Dépourvus de plusieurs documents exigés pour exercer ce métier, ils tiennent à sortir leurs taxi-motos très tard dans la soirée pour pouvoir circuler pendant toute la nuit au moment où les agents de la Police spéciale de roulage dorment.
Le matin, quand les motocyclistes empochent leurs recettes, ils vont à leur tour somnoler en attendant la tombée de la nuit pour refaire surface et voler à la rescousse des couches-tard.

CULTURE & DETENTE
Dans un style où rimes et rires se conjuguent
Jean Goubald, tout feu tout flamme au CWB

L'artiste musicien congolais Jean Goubald s'est produit dans la soirée du samedi 5 juin dernier à la salle Brel du Centre Wallonie-Bruxelles. Un spectacle tout feu, tout flamme auquel ont pris part Fiston, James, Noémie, Jojo, quatre jeunes talents connus grâce au concours musical " Vodacom Super Star ". Pascal Lokwa Kanza, icône de la musique congolaise, a également rehaussé de sa présence au cours de ce spectacle.
19h15', l'artiste apparait sur le podium, tient le micro et commence par la présentation nominale de ses artistes. Six musiciens ont été invités à monter sur le podium. Il s'agit de : Abakouk, le percussionniste ; Samy, le bassiste ; Michel, le pianiste ; un autre Michel, le violoniste ; Nkoy Désiré, le soliste et Moli, chanteur.
Chacun prend sa place, l'artiste salue le public, porte sa guitare. Le spectacle commence avec " Allez-y-les gars ! " Chanson dédiée à Pascal Lokwa. " Cette chanson, je ne l'ai pas interprétée pour vous (spectateur), mais pour mon aîné qui est là ", fait savoir l'artiste. Quelque temps après, l'artiste enchaîne avec " Longembo " où il fait appel à des jeunes " super star " pour interpréter tour à tour certaines paroles de cette belle mélodie. Une chanson qui personnifie l'Afrique. " Comment un étranger peut venir chez toi et moissonner le maïs que tu (Afrique) as toi-même semé? L'étranger est venu avec sa mauvaise intelligence et a détruit toute celle de nos ancêtres ", résume cette chanson interpellatrice de la conscience africaine.
Plusieurs autres titres ont été également joués, dont les principaux thèmes tournent autour de l'amour et de la conscience africaine. Dix au total, notamment : " Emi, Yuma, Asala boni, Bombe anatomique, Ayekoli koboma, Elu… ". Un répertoire conçu en chapitre dont les titres se complètent pour enfin exprimer une idée globale. Goubald a introduit une nouvelle touche dans la musique congolaise, avec un style fondé sur sa voix chaleureuse, limpide, mêlée à la pureté de sa guitare, avec des textes fondus dans une coloration où rimes, rires et comédies se conjuguent. Il avance également sur le fil de la dérision, du rire et du sourire, dans un joli mélange pimenté. " Amour et humour sont les maîtres mots de ses textes, empreints de spiritualité et de vérité, dans un cocktail extraordinaire de rythmes d'ici et d'ailleurs.
L'artiste musicien Lokwa Kanza, exigé par le public venu très nombreux, n'a pas voulu laisser les spectateurs sur leur soif. Il a fait vibrer le micro et surchauffer la salle en jouant, guitare en main, la chanson intitulée " Plus vivant ". Toute la salle a chanté avec lui, puis s'en est suivi des acclamations et d'expression de joie.Rocco NKANGA

VIVEMENT LE SPORT
La Fécofa valablement représentée au 56è congrès de la FIFA

Forte de trois membres, la délégation de la Fédération congolaise de football association (Fécofa) a quitté Kinshasa hier lundi à destination de Johannesburg, en Afrique du Sud, où elle participera au 56è congrès de la FIFA qui se tiendra du 09 au 10 juin 2010 avant le coup d'envoi de la coupe du monde de football, le premier à être organisé sur le continent africain.
Conduite par le président de la Fécofa Constant Omari Selemani assisté du vice-président Donatien Tshimanga et du secrétaire général en fonction Grégoire Badi, cette délégation se joindra à toutes les autres délégations des associations nationales de cinq continents. Il sera question, au cours de ce forum international, d'apporter la lumière sur les dossiers pendants de l'heure. Les regards des sportifs congolais sont ainsi dirigés vers cette délégation présente en Afrique du Sud pour une autre raison, loin des points inscrits à l'ordre du jour du 56è congrès de la FIFA. Il s’agit de la plainte de la Fécofa à la Confédération africaine de football (CAF) liée aux incidents survenus au stadium d'Abba au Nigeria, les 08 et 09 mai derniers lors du séjour de V. Club dans cette région.
En réaction à ces incidents, la Fécofa a adressé à la CAF deux courriers respectivement le 09 et 11 mai. Toutes les parties ont été entendues par le jury disciplinaire de la CAF. Il ne reste plus que le verdict qui doit en principe tomber en Afrique du Sud en ce moment où tous les membres du comité exécutif de la CAF s'y retrouvent.
D'après des informations fiables, le jury disciplinaire de la CAF s'est déjà réuni au siège de cette institution continentale de football au Caire en Egypte et aurait transmis sa décision aux membres du comité exécutif. Ces derniers se retrouvent tous à Johannesbourg depuis samedi dernier et vont incessamment siéger afin d'adopter ou réfuter la décision prise par son organe, le jury disciplinaire. Pascal LIKANA

Phase des poules de la coupe du Congo
DCMP, AS Bantous, US Tshinkunku et Lubumbashi sport se retrouvent dans le groupe de Mbuji-Mayi

Le comté exécutif de la Fécofa a rendu public le règlement de la 45è édition de la Coupe du Congo. Cette compétition ouverte à tout club qui en exprime le désir et qui réunit les conditions matérielles de viabilité verra son vainqueur représenter la RDC à la Coupe de la Confédération de la CAF.
Le règlement publié, renseigne en son article 7 que la Coupe du Congo se joue en trois phases qui se présentent de la manière suivante : une phase préliminaire au niveau de chaque ligué provinciale, une phase en trois poules où se retrouvent les équipes qualifiées des ligues provinciales et le club détenteur de l'édition précédente. Au terme de différents matches en poules, il sera retenu une équipe par poule, auxquelles s'associeront le meilleur perdant de toutes les trois poules confondues ainsi que les quatre éliminés à l'issue de la phase des poules de l'ex Ligue nationale de football. Les huit équipes ainsi constituées seront réparties en deux groupes dont les matches -y compris la finale- se joueront à Kinshasa.
Le composition des poules se répartit de la manière suivante : Poule A à Mbandaka avec les représentants de la Lifkin, de la Lifbaco, de la Lifband et de la Lifequa. La poule B à Mbuji-Mayi avec les représentants de la Lifkor, de la Lifkoc, de la Lifkat et le détenteur de l'édition précédente. Et la poule C à Kisangani avec les représentants de la Lifpo, la Lifnoki, la Lifski et la Lifman.
Ainsi, DCMP de Kinshasa, détenteur de l'édition précédente, se retrouve à Mbuji-Mayi avec l'As Bantous de Mbuji-Mayi, l'US Tshinkunku de Kananga et Lubumbashi sport de Lubumbashi. Pascal LIKANA

B. Phase en trois poules
a) Les équipes qualifiées des ligues provinciales et, le club détenteur de l'édition précédente seront regroupés en trois poules.
b) Au terme de différents matches en poules, il sera retenu une équipe par poule, auxquelles s'associeront le meilleur perdant de toutes les trois poules confondues ainsi que les quatre équipes éliminées à l'issue de la phase des poules de la LINAFOOT.
c) Les huit (8) équipes ainsi constituées seront réparties en deux groupes et les deux premières de chaque groupe se rencontreront en final unique.
d) Le classement dans les trois phases sera déterminé conformément à l'article 224desRGS.

Composition des poules Poule A : Equateur (Mbandaka)
1) Représentant de la LIFKIN
2) Représentant de la LIFBACO
3) Représentant de la LIFBAND
4) Représentant de la LIFEQUA

Poule B : Kasaï Oriental (Mbuji-Mayi)
1) Représentant de la LIFKOR
2) Représentant de la LIFKOC
3) Représentant de la LIFKAT
4) Le Détenteur de l'édition précédente

Poule C : Province Orientale (Kisangani)
1) Représentant de la LIFPO
2) Représentant de la LIFNOKI
3) Représentant de la LIFSKI
4) Représentant de la LIFSKI

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