Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3520 DU VENDREDI 08 JANVIER 2010
Jubiler autrement

Année jubilaire. A peine lancé, ce concept fait déjà partie du riche vocabulaire zaïro-congolais. Parions qu’il sera décliné sous toutes les formes imaginables en cette année où le pays totalise cinquante ans d’indépendance. D’où le cinquantenaire. Un autre mot magique qui est et sera, tel un condiment, associé à toutes les sauces verbales à l’instar de l’incontournable «cinq chantiers».
A un peu plus de cinq mois de la date anniversaire de l’indépendance, le pays légal vit déjà au rythme de l’année jubilaire ou du cinquantenaire. C’est du pareil au même. Certes, personne d’équilibré ne saurait banaliser le 30 juin. C’est une date sacrée pour tous les Congolais. Il est vrai que 50 ans de souveraineté méritent bien d’être célébré. Mais, au regard du bilan fort peu flatteur d’un demi-siècle d’indépendance, la façon idoine de marquer ce grand moment serait de convier la Nation dans toutes ses composantes à une introspection. Le gâchis de 50 ans devrait inciter à un vaste débat critique, à un inventaire sans complaisance plutôt qu’au voyeurisme ou à l’exhibitionnisme dont les contours se dessinent déjà sous nos yeux.
Au demeurant, ce dont le pays réel a particulièrement besoin, c’est moins des festivités avec pompe du cinquantenaire que de la requalification de ses conditions de vie. Lesquelles ne cessent de se dégrader à mesure que le Congo-Zaïre s’assume comme Etat indépendant. En 1960, le Congo-Kinshasa faisait jeu égal - en termes du PIB-avec des pays comme l’Afrique du sud ou encore la Corée du sud. Aujourd’hui, entre ceux-ci et celui-là, il n’y a pas photo. D’où la boutade non dénuée de pertinence de certains «anciens»: «A quand la fin de l’indépendance?»
Dans cette logique, il serait même contradictoire que le pays officiel déploie trop de faste pour célébrer le 30 juin. Du reste ,la bourse du pays ne permet guère des extravagances. A moins de céder à la maladie commune aux dirigeants africains consistant à choyer les visiteurs au détriment de leur propre peuple. Au finish, cela tourne au ridicule. Puisque l’étranger parti, la misère continue à sévir souvent en s’amplifiant. L’histoire du Zaïre de Mobutu est pleine de ces commémorations financièrement onéreuses à stricte consommation extérieure. Sous la mémorable deuxième République, on réfectionnait les routes, on «relookait» à grand frais la vitrine de la capitale juste pour le confort des «hôtes» de marque et non pour améliorer l’ordinaire des Zaïrois. Pendant ce temps , le vrai pays se consumait.
En cette année du cinquantenaire, la nécessaire renaissance postule que le Congolais type soit enfin mis au centre des préoccupations des dirigeants. Et ce Congolais-là attend bien autre chose du 30 juin que des festivités grandioses-donc forcément coûteuses-sans lendemain.
José NAWEJ


L’avertissement de Boshab

Dans le microcosme kinois, on n’a pas fini de décrypter le message d’Evariste Boshab le 4 janvier dernier, le Secrétaire général du Pprd n’a pas eu de mots assez durs pour fustiger ceux qu’il a appelés «chauve-souris politiques» ou encore «caméléon politiques». Le coordonnateur du parti présidentiel faisait allusion à ceux des sociétaires de l’AMP et alliés à la posture frondeuse. Depuis un certain temps, des voix discordantes et même très critiques sur l’action de la coalition au pouvoir émanent des rangs même de la majorité. En dehors de réactions -somme toute-a minima du Secrétariat exécutif de l’AMP, aucune «bouche autrement plus autorisée» n’a recadré les différents «réformateurs» et «rénovateurs».
Voilà qu’en cette rentrée, c’est l’un des vizirs du Raïs qui monte au créneau. Et pas n’importe lequel. Puisqu’en kabilie où la division du travail est sacrée, Boshab ne fait ni le griot, ni le fou du Roi. Cet homme ne parle que lorsqu’il a à dire. Ou quand il est dûment mandaté. De ce point de vue, la réaction du principal parti de l’AMP paraît indiquer la nouvelle doctrine du PPRD en rapport avec les alliances politiques. «Tolérance zéro», en cas de dérapages dans la conduite des partenaires du parti présidentiel. Tous les sociétaires de la Majorité peuvent se le tenir pour prévenus.
Assurément, le Pprd n’entend pas se laisser compter alors que le pays entre dans la dernière ligne droite du quinquennat.
Politiquement parlant, la mise en demeure de Boshab à l’endroit de «rabat-joie» de la Majorité se comprend. A l’horizon 2011, le Pprd sera le principal comptable devant le souverain primaire. Initié par Joseph Kabila en personne, le Pprd incarne le pouvoir plus que tout autre parti politique de l’AMP. Plus qu’une formation au pouvoir, le Pprd est le parti du pouvoir.
Reste que l’agitation qui secoue l’AMP est inhérente à la nature même de la plate-forme présidentielle. Difficile de parler un même langage dans une coalition dont l’unique point commun était le soutien intéressé à la candidature de Joseph Kabila. Illusoire de partager une vision commune dans une plate-forme fourre-tout. Au sein de l’AMP, on retrouve, en effet, pêle-mêle des nationalistes kabilistes-façon M’zee-, des kabilistes de la deuxième vague-proches du Raïs-, des libéraux affairistes et des mobutistes en mal de reconversion .Normal donc ,dans ces conditions, qu’on tire à hue et à dia au gré des intérêts corporatistes de chaque chapelle. S’il avait été encore de ce monde M’Zee Kabila aurait, sans doute, qualifié l’AMP d’un «conglomérat d’opportunistes». Qui dit mieux!
José NAWEJ


Bye bye 2009!

Exit 2009. Bienvenue à 2010. Plus que quelques heures, l’humanité va basculer dans une nouvelle année. A l’instar d’autres peuples de la planète Terre, les Rdcongolais s’apprêtent à sacrifier au rituel du réveillon. Pays à la crise proverbiale, la Rd Congo verra sans doute une bonne partie de ses habitants passer ce big event dans la méditation. Véritable exutoire à la sinistrose ambiante et au mal de vivre, les églises de réveil feront salle comble ou «terrain plein», c’est selon.
L’espoir faisant vivre, les Congolais pourront toujours toucher du bois pour un lendemain meilleur. Peut-être qu’avec la connotation sociale annoncée pour 2010, l’ordinaire de la majorité silencieuse pourra connaître un début d’amélioration. Les plus sceptiques des Congolais objecteront que le social c’est du déjà entendu. Tout un septennat avait même été consacré au social. A l’arrivée, une vaste désillusion. La misère du peuple est restée intacte. Trêve de pessimisme. Mobutu et Kabila, ce n’est pas blanc bonnet et bonnet blanc.
Reste que 2010 n’est pas une échéance quelconque. Personne n’ignore que 2010 sera suivie par 2011, année électorale. Le pays entame donc l’année préélectorale. Avec elle, l’inévitable perspective de reddition des comptes. L’heure du bilan approche donc inexorablement. Les gouvernants, tous échelons confondus, seront jugés à l’aune de leurs actions. A en juger par le bilan de trois ans de mandature, il faudra quantité d’actions à impact visible et immédiat pour renverser la tendance. La crédibilité du processus démocratique se joue sur la capacité du régime à requalifier l’ordinaire des Congolais. Sans dividendes sociaux, au mieux 2011 donnera lieu à un vote sanction, au pire l’abstention- sous toutes ses formes- sera la grande gagnante du scrutin. Selon la boutade d’un politicien, les Congolais risquent de rentrer qui dans le bar, qui dans le groupe de prière faute de changement.
En attendant le dénouement de 2010, «Forum des As» souhaite à ses lecteurs, ses annonceurs et ses abonnés une bonne et heureuse année. Bravant l’environnement extraordinairement difficile qui est le nôtre, votre quotidien ne lésinera sur rien pour être au rendez-vous de l’actualité. Tel est notre engagement renouvelé pour 2010. Tous nos vœux!
José NAWEJ















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































A LA UNE
NOUVEAUX BROUILLARDS ENTRE LA RDC, LA BELGIQUE ET L’UNION EUROPEENNE
Karel De Gucht interdit de séjour à Kinshasa !
*Pour Joseph Olenghankoy, la décision du Gouvernement congolais va desservir la population en la privant de l’aide financière de l’UE
* Alors que des observateurs craignent que cette décision de la RDC compromette ses relations avec l'U.E. qui doit apporter en ce mois de janvier 2010, une aide au développement d'une valeur de 278,5 millions d'euros, d'autres croient que le Parlement européen, qui a adopté l'accord ad hoc, s'est désolidarisé des propos excessifs de l'ancien chef de la diplomatie belge
Karel De Gucht, Commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, ne foulera plus le sol congolais. C'est ce qu'a décidé le Gouvernement de la RDC qui l'a signifié au Chargé d'Affaires de l'Union européenne à Kinshasa, saisi par une note verbale du ministre congolais des Affaires étrangères. " Forum des As ", qui a contacté les services de communication d'Alexis Thambwe Mwamba, n'a pas été en mesure de prendre connaissance, hier, de cette très importante note verbale datée du 2 janvier 2010 et dont des éléments ont été connus de la presse congolaise par un article de la Libre Belgique citant " des indiscrétions en provenance de la Commission européenne ". Le public congolais japprecier.
Kinshasa fait savoir au chargé d'affaires européen à Kinshasa, que "dans l'état actuel des choses, la venue du Commissaire (à Kinshasa) n'était pas souhaitée " et que toute demande de visa pour Karel De Gucht serait désormais considérée comme une provocation. Dans cette note, le Gouvernement congolais proteste et s'indigne des propos tenus par Karel De Gucht le 16 décembre dernier au Parlement européen lors d'un débat sur la RDC. Kinshasa estime, en effet, que les déclarations du Commissaire européen étaient " un procès du fonctionnement de l'Etat congolais dans des termes aux relents notoirement racistes, irrespectueux et irresponsables ".
La Libre Belgique révèle que cette décision de Kinshasa tombe au moment où De Gucht, dont le mandat de Commissaire européen au développement arrive à terme fin janvier 2010 pour laisser place aux fonctions de commissaire européen au Commerce, devait effectuer une mission à Kinshasa au courant de ce mois. La position du Gouvernement congolais rend ainsi impossible cette possibilité, tandis que dès janvier, De Gucht perd ses pouvoirs européens après être parti du Gouvernement belge.

Surprises à Bruxelles
A Bruxelles on considère cette nouvelle position de Kinshasa comme un "nouveau coup de chaud à Kinshasa contre le Belge (Ndlr : De Gucht) ". Toujours selon le confrère belge, cette nouvelle position a, en effet, provoqué l'étonnement des autorités belges qui avaient eu la même attitude après la réaction " virulente " du porte-parole de l'Exécutif congolais, Lambert Mende Omalanga, au lendemain du débat au Parlement européen. La Libre Belgique parle également d' "imprudence " à propos de la démarche de Kinshasa contre Karel De Gucht de la même manière qu'il " traite parfois des membres du monde politique belge, habitué aux relations chaotiques qui sont les siennes avec son ancienne colonie" en ajoutant que " les autorités congolaises s'en prennent, en effet, cette fois à la Commission européenne, responsable collectivement de la déclaration de M. De Gucht, ensuite endossée par le Parlement européen qui a adopté, le 17 décembre, une résolution ne critiquant en aucune manière le commissaire et allant dans le sens appuyé par ce dernier".
Plus encore, le quotidien belge ajoute que Karel De Gucht s'était exprimé sur la RDC avec l'accord du Haut représentant européen pour la politique étrangère, Catherine Ashton. Et de s'interroger alors : " Comment va réagir l'institution européenne - dépourvue du paternalisme belge vis-à-vis de Kinshasa mais donc aussi de son indulgence - face à cette attaque contre elle ? "

Impact socioéconomique sur la RDC
On peut également lire, dans La Libre Belgique que dans l'immédiat, la non venue de Karel de Gucht à Kinshasa pourrait provoquer du retard dans la mise en œuvre de dix projets d'aide pour un montant total de 278,5 millions d'euros. C'est le Commissaire européen qui devait signer la convention de financement ad hoc au cours de ce mois de janvier avec les autorités congolaises à Kinshasa. "Sans compter qu'on peut se demander si le successeur de M. De Gucht, le Letton Andris Pielbags, sera aussi intéressé qu'un Belge par les dossiers congolais et leur donnera l'indispensable impulsion ", ajoute encore le quotidien belge.
Kinshasa a-t-il pris la mesure des conséquences éventuelles de sa décision contre Karel De Gucht ? A tout prendre, on peut être tenté par l'affirmative. En effet, le Gouvernement ne peut pas, à ce stade, hypothéquer tous les acquis engrangés à ce jour par la grande campagne diplomatique qui a permis de replacer la RDC en orbite sur les grandes places diplomatiques du monde. La perspective du départ du turbulent Commissaire européen devrait créer des conditions plus sereines de poursuite de la coopération avec l'Union européenne. A preuve, ce silence de Bruxelles (capitale européenne) et même des principaux pays membres de l'U.E. par rapport à la note verbale de Kinshasa qui date déjà de cinq jours. On peut également ajouter les bons rapports que la RDC a pu tisser à travers ses négociations pour la conclusion d'un nouveau programme formel avec le FMI avec l'aval du Club de Paris qui comprend également plusieurs pays influents de l'Union Européenne. Les performances réalisées par Kinshasa aux plans tant politique qu'économique et financier ont largement contribué à la conclusion de ce nouvel accord et à la relance de la coopération bi et multilatérale.
D'autre part, on peut comprendre que les arguments de De Gucht et la virulence de ses propos le 16 décembre 2009 n'ont pas eu d'impact particulier sur le Parlement européen qui a avalisé, le 17 décembre de la même année, la nouvelle convention que le Commissaire européen devait signer lors de son séjour kinois qui n'aura plus lieu. Les Eurodéputés ont certainement compris que les excès observés dans l'exposé de Karel de Gucht par-devant eux relevaient plus de sa hargne personnelle contre la RDC et ses autorités après des antécédents qui ne pouvaient, manifestement, pas militer en sa faveur.

Bis repetita?
Onrappelle, par ailleurs, que Kinshsa n’est pas à son premier refus de visa en faveur de De Gucht. l’Euro-commissaire s’est déjà vu réserver la même fin de non recevoir avant le 16 décembre 2009. ceci explique-t-il alors sa furie contre la RDC devant les Eurodéputés.
Cette nouvelle position de Kinshasa par rapport aux envolées oratoires de Karel de Gucht vient allonger la longue liste des points d'incidents qui ont eu à caractériser les rapports entre la Belgique et la RDC. La dernière en date s'était soldée par le gèle des relations entre Bruxelles et Kinshasa à l'initiative de cette dernière partie. En avril 2.008, lors d'une mission gouvernementale belge qu'il conduisait à Kinshasa, De Gucht, alors ministre des Affaires étrangères avait tenu un discours qui avait outré les autorités congolaises, le Chef de l'Etat en tête, qu'il disait inaptes à prendre en charge leurs responsabilités. Il avait, entre autres, dénoncé le manque de transparence dans l'exploitation des ressources minières de la RDC ainsi que la corruption, tout en exigeant des autorités congolaises plus d'actes que de paroles.
Sur le coup, Kinshasa prit la nouvelle situation assez sportivement. Kabila déclara même, à l'occasion, qu' " il n'y a pas d'incident, car je n'ai pas voulu qu'il y en ait. La prochaine fois il y aura certainement un incident… ". Et cette prochaine fois ne tarda pas. Alors que le parlement et la classe politique belges lui reprochaient ses nième propos embarrassants en termes de diplomatie, De Gucht, qui effectuait une mission en Chine après Kinshasa, déclarera qu'il ne voit pas comment son pays ne doit pas avoir un œil sur la gestion qui peut être faite des fonds belges estimés à hauteur de plus de 200 millions d'euros chaque année. Cela suffit donc pour Kinshasa qui interrompra ses relations avec la Belgique.
Cette fois encore, Kinshasa, croit-on savoir, a considéré les propos de De Gucht comme une récidive, même s'ils ont été tenus sous la casquette de commissaire européen. JEK

Intervention de De Gucht au débat du 16 déc. 2009 au Parlement européen
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, il y a environ un an, la situation de Goma, assiégée par les troupes du CNDP menées par Laurent Nkunda, était la préoccupation principale des autorités congolaises et de la communauté internationale.
Tout a été mis en œuvre pour éviter le pire. Promouvoir un accord politique, d'abord entre la RDC et le Rwanda, et ensuite entre le gouvernement congolais, le CNDP et les autres groupes armés a permis, à court terme, de désamorcer le détonateur d'une explosion de violences dont le potentiel déstabilisateur reste aujourd'hui néanmoins intact. Intact parce que les causes sous-jacentes ont été abordées de façon superficielle et dans une pure logique politique de court terme. N'ayant devant soi que de mauvaises solutions, la communauté internationale a opté pour la moins grave; ce n'est pas une critique, juste une évidence, une constatation.
La communauté internationale et l'Union européenne n'ont pas pu se décider à envoyer une force de protection. Les renforcements de la MONUC demandés depuis plus d'un an commencent à peine à arriver. Le récent rapport du groupe d'experts indépendants des Nations unies ainsi que celui de l'organisation Human Rights Watch font un constat accablant de la situation actuelle qu'il n'est pas possible d'ignorer ou de passer sous silence.
Il est maintenant temps que ces causes profondes soient abordées, traitées, et que des solutions durables soient envisagées. Pour ce faire, il faut néanmoins la coopération de tout le monde, des gouvernements congolais et rwandais, en premier lieu, de la MONUC et des Nations unies, du reste de la communauté internationale et de l'Union européenne, ensuite.
Nul ne doute que le rapprochement politique et diplomatique entre le Rwanda et la RDC puisse être bénéfique pour la stabilité de la région et permettre, si la volonté existe de deux cotés, de conduire à une coexistence pacifique et à une coopération profitable aux deux pays au sein d'une CEPGL redynamisée.
Toutefois ceci n'est que le début d'un chemin qui est encore long et pavé de difficultés. La question des FDLR est au cœur du problème ainsi que toutes les problématiques annexes qu'elle entraîne et qui compliquent la donne: l'exploitation illégale des ressources naturelles; le manque de protection des minorités; l'impunité dans une vaste zone de non-État, où la puissance publique non seulement est incapable d'assurer le contrôle du territoire mais dont les représentants font souvent partie du problème.
L'accord Rwanda-RDC a permis de neutraliser temporairement le CNDP et les revendications inacceptables de Laurent Nkunda. L'accord s'est tout simplement soldé par le remplacement de Nkunda par Bosco Ntaganda, plus malléable et prêt à n'importe quel compromis, en échange d'une immunité en violation de toutes les dispositions internationales en matière de crimes contre l'humanité que ni le Rwanda ni la RDC ne sont en droit ni en position de lui accorder.
À ce jour, l'intégration hâtive du CNDP dans une armée inefficace et en proie à la gabegie, comme le sont FARDC; l'obtention, par Bosco Ntaganda, d'un pouvoir autonome accru résultant de la mise ne place d'une chaîne de commandement parallèle au sein des FARDC, auquel le paiement irrégulier des militaires et l'absence de toute forme de discipline et de toute hiérarchie fournissent un terrain fertile; l'appui de la MONUC aux opérations militaires contre les FDLR qui n'est pas suffisamment encadré et calibré, et le manque de réponse face aux revendications des minorités rwandophones, sont des facteurs qui risquent de créer des problèmes encore plus graves que celui auquel nous étions confrontés il y a un an - des problèmes que ni le Rwanda ni la RDC ne seront plus à même de gérer.
Sur cette toile de fond, la situation ne s'est guère améliorée: la crise humanitaire se poursuit sans signaux évidents d'amélioration, tout comme les violations des droits de l'homme, le phénomène exécrable des violences, voire des atrocités sexuelles, l'impunité pour toutes sortes de crimes, le pillage des ressources naturelles. Il suffit de lire les rapports des Nations unies et de l'organisation Human Right Watch que j'ai mentionnés pour prendre la mesure de l'ampleur de cette tragédie sans fin. Il est clair que les actions qui visent à mettre hors d'état de nuire les FDLR doivent se poursuivre, mais pas à n'importe quel prix, pas sans avoir d'abord mis tout en place pour minimiser les risques que la pression militaire entraîne pour les civils innocents.
Cela requiert une meilleure planification, le recentrage des priorités et une capacité accrue de la MONUC d'assurer la protection des populations, la première tâche prévue par son mandat. Il faut aussi que les conditions dans lesquelles la MONUC peut opérer soient claires et sans ambiguïté. Il n'est pas question ici de demander un retrait ou un désengagement de la MONUC. Un départ hâtif de la MONUC serait catastrophique car il rendrait le vide encore plus vide: les événements récents de l'Équateur, qui sont avant tout un symptôme supplémentaire du mal congolais, le démontrent.
Il est clair qu'il faut aussi mettre fin aux connivences politiques et économiques dont les FDLR continuent à bénéficier dans la région et ailleurs dans le monde, dans nos États membres entre autres. Le combat des FDLR n'est pas un combat politique, mais une action criminelle dont la population congolaise est la première victime, et c'est ainsi qu'il doit être traité comme tous ceux qui s'y associent directement ou indirectement. C'est pourquoi il faut plus de fermeté face à toutes sortes de trafics. En même temps, au delà du processus de démobilisation, désarmement, réinsertion, réintégration et rapatriement (DDRRR), une plus grande clairvoyance des autorités rwandaises et congolaises vis-à-vis de ceux qui ne sont pas nécessairement des criminels est de mise.
Cela étant, une bonne partie du problème doit également trouver une solution en RDC. Je pense bien entendu aux racines locales du conflit. À ce propos, les accords du 23 mars doivent être intégralement appliqués sous peine de voir, tôt ou tard, les frustrations des populations locales prendre le dessus. C'est une condition sine qua non pour que les efforts de stabilisation et la volonté de relancer l'activité économique dans les Kivu puissent réussir. Le rôle de la communauté internationale pourra alors être vraiment.
Cependant, au-delà des Kivu, je pense aussi à l'énorme gâchis qu'est devenue depuis une vingtaine d'années, la RDC - un pays où presque tout est à refaire, à commencer par la reconstruction de l'État dont l'absence est au cœur de tous les problèmes. Pour ce faire, quelques éléments sont cruciaux. En premier lieu, il faut une consolidation de la démocratie. Je pense bien entendu aux élections, locales, législatives et présidentielles qui s'annoncent pour 2011. Les élections sont un élément de la démocratie mais il ne faut pas oublier la nécessité de continuer à soutenir les institutions et les forces politiques dans une dimension dialectique avec l'opposition, sans laquelle nous ne serions pas dans un système politique véritablement ouvert.
Le deuxième élément, c'est assurément la nécessité d'approfondir la bonne gouvernance. Or, s'il est vrai que, devant l'ampleur des problèmes, la RDC ne peut pas tout faire à la fois, il est clair qu'il faut une volonté politique sans faille pour avoir une chance de réussir. Le Parlement a mentionné la question de l'impunité. C'est un bon exemple, car il s'agit d'une question de volonté politique qui sous-tend par ailleurs toute la question de l'affirmation de l'État de droit. Le problème est que les choses ne peuvent pas se faire isolément. L'État de droit requiert aussi une réforme du secteur de la sécurité et des progrès réels dans la gouvernance économique.
L'ampleur des défis implique des politiques sur le long terme. Toutefois, cela ne doit pas constituer une excuse pour que des actions plus immédiates ne voient pas le jour. Je pense notamment à la question des violences sexuelles et des droits de l'homme que le Parlement a mise en exergue. La volonté politique peut y jouer un rôle déterminant et il faut saluer à ce titre l'engagement de faire preuve d'une tolérance zéro pris par le part du Président Kabila. Il faut maintenant l'appliquer.
La Commission, qui fait d'ailleurs déjà beaucoup dans ce domaine (appui à la justice, aide aux victimes), est prête à poursuivre son appui à la RDC. À ce titre j'ai également souhaité qu'une coopération plus étroite dans le domaine de la lutte contre les violences sexuelles se mette en place sur le terrain entre la CPI et la Commission. Consolidation du système démocratique, bonne gouvernance, volonté politique: voici les éléments clés sur lesquels nous voudrions bâtir notre partenariat d'égal à égal avec la RDC.

Joseph Olenghankoy «félicite» Karel De Gucht
C’est un Olenghankoy très remonté contre le gouvernement sur la énième affaire De Gucht qui s’est confié hier à Forum des As. N’y allant pas avec le dos de la cuillère, le leader des Fonus qualifie d’ «irresponsable» la décision de Kinshasa de déclarer Karel de Gucht «persona non grata».Pour Joseph Olenghankoy,par sa mesure, le pouvoir congolais vient de frapper par ricochet l’Union européenne.Car, observe le légendaire Olengha,M.De Gucht s’exprime publiquement non à titre individuel , mais en sa qualité de Commissaire européen au développement et à l’action humanitaire.
Et le numéro 1 des Fonus de tirer les conséquences de la «fatwa» contre le bouillant De Gucht. «C’est plusieurs millions d’Euros représentant 12 projets de développement qui risquent d’être compromis».Pour Olengha, la victime de la décision gouvernementale c’est le peuple.Ce, alors que les tenants du pouvoir ont de quoi vivre. « C’est donc une mesure anti-peuple»,martèle le célèbre opposant.
Prenant l’exact contre pied du gouvernement, Joseph Olenghankoy apporte tout son soutien à l’euro-commissaire.Selon le leader des Fonus, Karel De Gucht est de ceux qui disent la vérité aux dirigeants congolais.Ces derniers, déplore Olengha,préfèrent les hypocrites et autres flatteurs.Qu’est ce que De Gucht dit de nouveau sur la gestion du pays?,s’interroge Olengha avant de souligner que les déclarations du commissaire européen rejoignent les critiques maintes fois formulées par les acteurs politiques et sociaux congolais.
Connu pour son parler cru, Karel De Gucht n’a fait que remettre au goût du jour ses critiques contre le pouvoir congolais.Un exercice auquel il s’adonnait déjà comme ministre belge des Affaires étrangères. FDA


ENJEUX DE L'HEURE
Elections en 2011: Joseph Kapala échange avec la base du Palu / Nord-Kivu
Théoriquement, quelques mois séparent les Congolais de Kinshasa des élections locales prévues en 2011. En rapport avec ce grand rendez-vous, l’heure n’est plus à la diversion dans les états-majors des partis politiques. Bien au contraire. Les grandes formations politiques affûtent leurs armes pour mieux préparer ces échéances. C’est le cas du Parti lumubniste unifié (PALU) du patriarche Antoine Gizenga.
M. Joseph Kapala Lurang ya Nngamal Mapu’Ur, secrétaire national au contrôle et à l’évaluation des activités du Palu n’a pas attendu les moments ultimes pour échanger avec la population du Nord-Kivu.
«Le climat des affaires, tout comme la qualité de la vie dépend de la qualité de nos institutions et de leur efficacité. Nous avons en ce domaine, fait de notables progrès. Il nous faut, cependant, compléter la mise en place des institutions par l’organisation des élections locales et municipales. Ces élections sont censées se tenir en 2011 à une date qui sera précisée par la Commission électorale indépendante.» C’est donc cet extrait du message du Président Joseph Kabila, le 6 décembre 2009 au Congrès, que Joseph Kapala a choisi pour commencer son exposé.

Quid des élections au Palu?
Joseph Kapala n’est pas allé par le dos de la cuillère pour expliquer à la base du Palu de la province du Nord-Kivu, la portée des élections dans un régime démocratique. En bon mobilisateur des masses, Joseph Kapala a rappelé aux militants du Palu que les élections constituent le leitmotiv de leur parti politique. «Dans tout régime politique qui se veut réellement démocratique, les élections sont la seule voie d’alternance au pouvoir. C’est pour cette raison que le Palu qui est un grand parti politique et une véritable école d’apprentissage de la démocratie en RD Congo, ne peut pas se tenir en marge du processus électoral. Aussi, pensons-nous que les élections sont nécesaires et incontournables pour tout parti politique qui tient à l’idéal de conquérir le pouvoir par la voie des urnes», a rappelé le Secrétaire national au contrôle et à l’évaluation des activités du Palu.
Par ailleurs, Joseph Kapala, comme un enseignant de Sociologie politique devant ses étudiants, a rappelé à l’assistance, la mission et l’objet d’un parti politique digne de ce nom. «Un parti politique a pour mission de conquérir le pouvoir et le conserver le plus longtemps possible. A contrario, toute formation politique qui inscrirait sa lutte en dehors de cet idéal, est un conglomérat d’opportunistes sans ambitions. Par conséquent, un parti politique qui s’écarte de cet idéal est appelé à disparaître», a-t-il souligné.

Rassembler et éduquer les masses
En plus de l’idéal de conquérir et conserver le pouvoir politique, Joseph Kapala est revenu à la charge pour insister sur le rôle d’un parti, entendu comme organisation politiquement organisée. Il s’agit, entre autres, du rassemblement des compatriotes et de l’éducation de la masse.C’est donc à cet exercice que le Palu se livre dans son activisme politique. En d’autres termes, il a été rappelé à l’assistance que l’amour de la patrie, la non -violence, la tolérance politique constituent le credo de la philosophie politique du Parti lumumbiste unifié. Cette rencontre a également été pour Joseph Kapala, l’occasion de rappeler aux militants du parti à Goma, la devise des nationalistes, celle de « ne jamais trahir la patrie, quelle que soit la cause». cette recommandation est celle que tout militant et autre symphatisant du Palu lisent dans un document appelé «Cathéchisme du militant». Plus qu’un manuel d’éducation civique, le Cathéchisme du militant se veut un ouvrage de chevet pour tout nationaliste.

Le Palu avant et après les élections de 2006
L’ouverture du Palu au processus électoral de 2006 a été l’objet de plusieurs commentaires. Chacun y a vu de son oeil. Certaines langues étaient même allées plus loin pour accuser le parti de l’incontestable leader Antoine Gizenga, de trahison. C’est leur droit d’agir. Cependant, Joseph Kapala, loin de verser dans la polémique, pose une triple question: Qu’est-ce que le Palu?- Qu’avait-il été jusqu’aux élections de 2006? - Que demandait le Palu à devenir? A toutes ces questions, Joseph Kapala n’a pas balbutié dans son propos. «Le Palu est un TOUT. Avant les échéancers de 2006, le parti n’était rien. Et, pour l’avenir du pays, le Palu n’avait qu’une seule requête: devenir un parti du pouvoir. Le Palu est un parti politique complet. Il a une idéologie, une philosophie politique, un projet de société et des documents de base (Statuts du parti, Règlement intérieur, Cathéchisme du militant...)». Ce rappel idéologique a valu son pesant d’or dans la mesure où Joseph Kapala a réveillé l’attention d’une base du parti victime d’une manipulation politicienne délibérément orchestrée dans le but de tenter à déstabiliser ce vieux parti de 1964, dans ce coin du pays. «Le fossé creusé et hérité des décennies Mobutu étant très profond, il était donc temps et important que le Palu sorte de sa léthargie pour participer activement à la gestion politique du pays. Il fallait pour cela; une représentation du parti dans toutes les institutions du pays ».
La participation du Palu au pouvoir doit-elle être perçue comme ce bâton magique que les Congolais recherchent tant pour un changement radical de la vie sociale? En tout cas, nombreux sont ceux des Congolais qui, de manière hâtive, ont partagé ce point de vue. Cependant, très peu se donnent la peine d’analyser le contexte politique actuel. Après avoir survolé quelques péripéties historiques de la politique du pays, Joseph Kapala s’est ouvert à l’assistance qui n’a pas manqué à exprimer ses préoccupations. Une assistance somme toute avertie et qui n’a pas manqué avec qui parler. Mobutu a «fait» le Zaïre. Laurent-Désiré Kabila, en quelque trois ans seulement, a laissé des traces positives d’un redressement de la situation socioéconomique du pays. Actuellement, le Palu participe au pouvoir. Mais au bout de trois ans d’exercice du pouvoir, on ne perçoit pas encore les traces des cadres du parti qui sont dans la gestion active du pays. Les lumumbistes sont présntement aux commandes mais la situation du pays ne change toujours pas. N’a-t-on pas l’impression que le peuple est trompé, trahi et ne vaincra pas? A cette question d’un «militant », Joseph Kapala n’a pas eu sa langue en poche. «Pendant plusieurs décennies; la RD Congo n’a pas existé. Mobutu nous a légué une coquille vide, un Etat surendetté au point que la nation soit classée parmi les Pays pauvres très endettés (PPTE). Sans crainte d’être contredit, la participation du Palu au pouvoir actuel a offert à ses adversaires politiques, l’occasion d’organiser des campagnes de marketing politique sur fond d’intoxication. «Antoine Gizenga n’a rien fait», se plaisent à dire certaines personnes auteurs d’une opinion négative et délibérément préparée pour discréditer le Palu. C’est de bonne guerre. Cependant, cadres et militants du parti cher à Antoine Gizenga n’entendent pas céder à ce qu’ils consièrent comme une provocation et un combat d’avance perdu. «Antoine Gizenga n’a pas tout résolu. C’est évident. Il serait prétentieux de croire que son arrivée au pouvoir devrait apporter la thérapie à tous les maux qui rongent le pays depuis plusieurs décennies. Il a dirigé l’Exécutif national sans détourner un seul sou du Trésor public. Jamais, il n’a procédé à des coupes sombres des finances publiques pour les planquer dans des banques étrangères. Quelle autre preuve de probité morale doit-on encore exiger d’un Lumumbiste pur sang de la trempe d’Antoine Gizenga? Dans un contexte politique de Gouvernement de coalition, il est anormal d’attribuer toutes les faiblesses possibles au Palu, quand bien même que le Premier ministre serait l’un de ses cadres », a précisé Joseph Kapala.
A tout prendre, Joseph Kapala a invité les militants du Nord-Kivu à l’optimisme. «Je crois en ce pays et à son devenir», a-t-il dit avant d’exhorter la base de leur parti à la conscience et au travail, gage de tout développement.
Laurel KANKOLE


ENJEUX DE L'HEURE
EN DECIDANT D'ERIGER UN MONUMENT EN MEMOIRE DU FEU LE PRESIDENT
Enfin, une injustice sur Kasa-Vubu et le peuple Kongo réparée

4 janvier 2010 est désormais date plus que mémorable. Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango, a coupé le ruban symbolique pour l’érection du monument en mémoire du feu le Président Kasa-Vubu dans la capitale congolaise. Ce, 45 ans après sa mort dans son village natal dans le district du Bas-fleuve dans la province du Bas-Congo. « Mieux vaut tard que jamais », dit l’adage. Ce faisant, beaucoup de Congolais en général et ceux originaires du Bas-Congo en particulier se réjouissent que l’Etat congolais ait enfin décidé de réparer ce qui, naguère, passait pour une injustice vis-à-vis de la personne de Kasa-Vubu et du peuple de la province dont il est originaire.
Pour la petite histoire, premier Président de la République démocratique du Congo de 1960 à 1965, Kasa-Vubu est sans conteste l’un des pères sinon le père de l’indépendance du Congo-Kinshasa. Il fut chassé du pouvoir le 24 novembre 1965 par son chef d’Etat-major, Joseph-Désiré Mobutu, puis relégué dans son Singini natal. Il y resta en résidence surveillée jusqu’à sa mort en 1969 et y fut inhumé comme un vulgaire monsieur sans les honneurs dus à son rang.
Père de l’indépendance congolaise, Kasa-Vubu l’est en majuscule. Ancien grand séminariste de Mayidi, à ranger à l’époque dans la catégorie, « évolué » ou « immatriculé » selon la nomenclature de la colonisation belge, Kasa-Vubu entra en politique par la grande porte : en 1957 les Kinois de la commune de Dendale (Kasa-Vubu) l’élirent comme leur premier bourgmestre autochtone. A cette époque, être bourgmestre fut le plus grand poste politique qu’un noir pouvait occuper dans le Congo-belge. Ensuite, il fut l’un des fondateurs et premiers dirigeants de l’ABAKO (Alliance des Bakongo), mouvement culturel à ses débuts, puis parti politique après le 4 janvier 1959. A ce titre, Kasa-Vubu voyagea partout où il fut question de parler d’indépendance des pays colonisés.
De plus, il fut l’un des rédacteurs du manifeste, « Conscience africaine », réclamant l’indépendance immédiate pour la République démocratique du Congo en réponse au plan du Professeur Van Bilsen projetant l’indépendance du Congo-belge trente ans plus tard, soit vers les années 90. Comme si cela ne suffisait pas, c’est de lui et de son parti que partit l’insurrection du 4 janvier 1959 qui aboutit, 6 mois plus tard, à l’indépendance le 30 juin 1960. De cette révolte, Kasa-Vubu en a souffert dans sa chair : arrêté, écroué et jugé. De l’avis des observateurs, Joseph Kasa-Vubu méritait donc mieux dans la capitale congolaise que son seul nom donné à l’une des communes de la ville. Il mérite encore mieux que ce monument dont on a coupé le ruban symbolique. Kasa-Vubu est un héros national ni plus, ni moins.
Le malheur de Kasa-Vubu est peut être d’avoir été succédé par le régime Mobutu. Celui-ci n’a assis son pouvoir que sur fond de diabolisation de son prédécesseur, falsifiant ainsi la vérité histoirique. Dieu merci, l’histoire est têtue.
Daniel Ntoto Stagiaire APIC
INFOS INFOS
Mariage civil : Trop de dépenses révoltent les futurs mariés
A Kinshasa, le mariage civil coûte cher. Une chaise en plastique, un casier de bière, une bouteille de Whisky et de l’argent en espèce, 50 à 75 USD sont souvent exigés aux futurs mariés avant la célébration du mariage par l’officier de l’Etat-civil. D’autres réclament jusqu’à 150 USD. Ces dépenses supplémentaires n’enchantent pas toujours les mariés, dont certains ne cachent pas leur mécontentement à la sortie du bureau de l’officier de l’Etat-civil.

«Toujours de l’argent, ils n’ont pas un autre mot à la bouche. Ils ne nous facilitent pas la tâche», enrage la jeune Matondo qui vient de sortir de l’université. «Je le fais parce que j’ai hâte de prendre ma femme, sinon c’est inacceptable », proteste Jean-Claude Masamba, la trentaine révolue.
D’après le bourgmestre d’une commune de la capitale qui a requis l’anonymat, les chaises demandées remplacent celles qui ont vieilli en attendant l’achat des meubles appropriés pour leurs bureaux. Pourtant, dans d’autres communes, elles prennent une autre destination. Par contre, un autre bourgmestre de la ville a expliqué qu’un de ses prédécesseurs avait collecté 300 chaises qu’il faisait louer aux organisateurs de diverses manifestations, et renflouait ainsi ses poches. « Pour cette raison, il a exigé à son tour 10.000 Franc congolais, soit 11 USD à la place de la chaise en plastique», a-t-il conclu. Mais, en dépit de l’argent que perçoivent les services de l’Etat-civil, les conditions d’accueil lors du mariage laissent à désirer : manque de sonorisation, absence d’aération, manque de place, … Les personnes qui accompagnent les couples sont obligées de rester débout faute de chaises.
La surenchère du mariage civil est souvent perçue dans les villes de la RDC comme une source d’enrichissement de l’officier de l’Etat-civil et a fini par gagner les villages, pourtant connus pour leur fort attachement aux coutumes. « Traditionnellement, la course au statut social explique la propension des paysans à augmenter le nombre de têtes de leurs troupeaux et le pâturage qui constituent un patrimoine familial », a expliqué le chef d’une communauté traditionnelle de la RDC. Selon ce chef coutumier on demande même des vaches et des chèvres ou l’équivalent en espèces notamment 400 USD par vache et 100 USD par chèvre. Les familles des époux se sentent souvent humiliées dans les différentes cérémonies de dot sans manger, ni boire, ce qui a été prévu pour eux.
En principe, la dot varie selon la tribu de la jeune fille qui se marie. Il est impérieux que l’Etat règlemente tant soit peu le problème, car certains paysans ayant commencé même à imiter naïvement la mentalité mercantile des citadins.
Pour mettre fin à la surenchère, il est nécessaire de déterminer la valeur de la dot. Simard Simon TSOUMBOU

DANS LE SOUCI DE RENDRE DON CIRCUIT FINANCIER TRANSPARENT
Le CMF tunisien adhère au protocole international d’échange d’informations

La Tunisie vient d’intégrer le groupe des 52 pays membres de l’Organisation internationale des commissions de valeur (OICV).Cette organisation regroupe, entre autres, des pays comme les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Australie… . A l’issue de cette adhésion annoncée mardi 5 janvier courant, le Conseil du marché financier (CMF) a adhéré à l’accord multilatéral de l’ OICV concernant la consultation, la coopération et l’échange d’informations.
Cependant, la candidature du CMF a été validée au mois de décembre 2009 par les différentes commissions de l’OICV qui ont relevé la conformité du dispositif financier et de régulation, adopté en Tunisie, aux normes internationales des valeurs mobilières, sachant que cette organisation internationale veille sur la transparence des marchés financiers, la protection des investissements ainsi que la lutte contre toutes violations aux standards financiers internationaux.
Il convient de noter qu’aux termes de cette adhésion, le Conseil du marché financier est en mesure d’accéder aux informations requises pour conduire à la perfection ses opérations de contrôle, surtout à la lumière de la promulgation du Code de prestations des services financiers aux non résidents et compte tenu des impacts négatifs des infractions sur le marché économique et financier plus précisément.
En se référant aux réformes continues enregistrées dans le secteur financier tunisien, réformes matérialisées par l’ancrage du principe de la transparence et la mise en place de règles strictes relatives aux transactions financières, l’adhésion à cet accord multilatéral vient illustrer la reconnaissance internationale de la justesse et l’efficacité de la stratégie financière tunisienne, dans le cadre des ambitions présidentielles prospectives de faire de la Tunisie une place financière régionale. Mathy MUSAU

PROTECTION DES PERSONNES ET DE LEURS BIENS
L’IPKIN juge positif le bilan sécuritaire lors des fêtes de fin d’année

Contrairement aux années précédentes, la sécurité a été optimale dans la ville de Kinshasa et les Kinois ont fêté dans la quiétude à la fin de l’année 2009. Ces propos, l’Inspecteur provincial de la Police nationale congolaise (PNC) pour la ville de Kinshasa, le général Jean de Dieu Oleko, les a tenus au cours d’un entretien qu’il a accordé dernièrement à «radiookapi.net». Cette occasion a permis à l’Inspecteur provincial de la police de juger positif le bilan sécuritaire lors des festivités de fin d’année notamment de Noël et de Nouvel an dans la capitale congolaise.
Selon le général Jean de Dieu Oleko, les pétards ont été moins utilisés du fait que les mesures étaient prises et diffusées à temps dans les médias surtout que les dangers avaient été clairement démontrés. « Il a été enregistré moins de cas d’activisme de « kuluna » et de « shegué » ou enfant de la rue et moins de cas de faits criminels », a fait remarquer l’Inspecteur provincial de la police nationale congolaise pour la ville de Kinshasa. Pour lui, la sécurité a été optimale dans la capitale et les Kinois ont fêté dans la quiétude contrairement aux années précédentes.
Le général Oleko a, par ailleurs, soutenu que la population kinoise s’était impliquée elle-même dans la discipline qui a été imposée par l’Inspection provinciale de la police de Kinshasa (IPKIN). Cela en s’interdisant de « verser dans l’alcool qui amène l’homme à perdre toutes ses facultés». Ce bilan jugé positif, le patron de la Police nationale congolaise dans la ville de Kinshasa l’a attribué aux moyens mis en jeu. En dépit de ce résultat, le chef de l’IPKIN a quand même signalé un taux à la hausse en ce qui concerne les accidents de circulation, à cause, notamment des fortes pluies qui se sont abattues sur la ville province pendant les fêtes de Noël et de nouvel an.
A entendre l’Inspecteur provincial de la PNC pour la ville de Kinshasa, les Kinois ont fêté en toute quiétude à cause des dispositifs sécuritaires mis en place pendant la période festive. Pour les observateurs avertis, ce cap doit être maintenu pour permettre à la population kinoise de bénéficier de cette sécurité tous les jours. Car, la ville de Kinshasa, qui a connu de nombreux troubles perpétrés par les « kuluna » et « shegué » pendant plusieurs temps a été bien épargnée de tous ces phénomènes pendant la période festive. Dorian KISIMBA

ETRANGERS
LIBRE OPINION: REFLEXION DU COMPANERO FIDEL
Le monde, un demi-siècle après

Le cinquante et unième anniversaire du triomphe de la Révolution, célébré voilà maintenant deux jours, a fait remonter à ma mémoire des souvenirs de ce 1er janvier 1959. Je n’aurais jamais pensé me le rappeler un demi-siècle après – qui s’est écoulé à toute allure – comme si c’était hier. Quand, le 28 décembre 1958, je me réunis à la sucrerie Oriente avec lui, le chef des forces ennemies dont les unités d’élite étaient cernées sans aucune échappatoire reconnut sa déroute et fit appel à notre générosité afin de trouver une issue digne pour le reste de ses troupes. Il savait que nous traitions humainement, sans la moindre exception, les prisonniers et les blessés. Il accepta l’accord que je lui proposai, bien que je l’eusse averti que les opérations se poursuivraient. Mais, à l’instigation de l’ambassade étasunienne, il gagna la capitale où il fomenta un coup d’Etat.
Nous nous préparions aux combats du 1er janvier quand la nouvelle que le tyran avait pris la fuite nous parvint au petit matin. Je donnai des ordres à l’Armée rebelle de ne pas admettre de cessez-le-feu et de poursuivre les actions sur tous les fronts. Aux micros de Radio-Rebelde, j’appelai les travailleurs à déclarer une grève générale révolutionnaire qui serait secondée aussitôt par toute la nation. La tentative de coup d’Etat avorta de ce fait et nos troupes entrèrent victorieuses à Santiago de Cuba cette même après-midi.
Le Che et Camilo, à la tête de leurs forces aguerries, reçurent des instructions d’avancer rapidement sur la Nationale à bord de véhicules et de s’emparer de la Cabaña et du camp militaire de Columbia. L’armée ennemie, frappée sur tous les fronts, n’était plus en mesure de résister. Le peuple soulevé se chargea d’occuper les centres de répression et les stations de police. Le 2 janvier dans l’après-midi, accompagné d’une petite escorte, je me réunis dans un stade de Bayamo avec plus de deux mille soldats – blindés, artillerie et infanterie motorisée – contre lesquels nous avions combattu jusqu’au jour antérieur. Ils portaient encore leurs armes. Nous avions forcé le respect de l’adversaire par nos méthodes audacieuses, mais humanitaires, de guerre irrégulière. Ainsi, en quatre jours seulement – alors que nous avions lancé la guerre, vingt-cinq mois avant, avec à peine quelques fusils – plus de cent mille armes des armées de terre, de mer et de l’air et tout le pouvoir de l’État passèrent aux mains de la Révolution. J’ai raconté en quelques lignes ce qu’il s’est passé à cette même date, voilà cinquante et un ans.
Commença alors la bataille principale : préserver l’indépendance de Cuba face au plus puissant Empire de l’Histoire, et notre peuple l’a livrée avec une dignité immense. Je me réjouis avec ceux qui, par-delà des obstacles, des sacrifices et des risques incroyables, ont su défendre notre patrie et qui profitent ces jours-ci, en compagnie de leurs enfants, de leurs parents et de leurs êtres les plus chers, de l’allégresse et des gloires de chaque nouvel an. Mais les jours actuels ne ressemblent en rien, toutefois, à ceux d’hier. Nous vivons une époque nouvelle, sans commune mesure avec aucune autre de l’Histoire. Avant, les peuples se battaient avec honneur – et ils continuent de se faire – pour un monde meilleur et plus juste ; aujourd’hui, ils doivent le faire en plus – et sans échappatoire – pour la survie de notre espèce. L’ignorer, ce n’est rien savoir du tout !
Le peuple cubain est sans aucun doute l’un des plus avertis du monde sur le plan politique. Il est pourtant parti d’un profond analphabétisme. Pis encore, nos maîtres yankees et la bourgeoisie associée aux patrons étrangers possédaient les terres, les sucreries, les usine de biens de consommation, les entrepôts, les commerces, l’électricité, les téléphones, les banques, les mines, les assurances, les quais, les bars, les hôtels, les bureaux, les maisons de rapport, les cinémas, les imprimeries, les revues, les journaux, la radio, la télévision naissante et tout ce qui valait quelque chose.
Une fois éteintes les flammes brûlantes de nos batailles pour la liberté, les Yankees s’arrogèrent le droit de penser pour un peuple qui avait tant lutté pour être maître de son indépendance, de ses richesses et de ses destinées. Rien, absolument rien ne nous appartenait, même pas la pensée politique. Combien d’entre nous savaient lire et écrire ? Combien avaient même le certificat d’études ? Je m’en souviens particulièrement en un jour pareil, parce que le pays appartenait censément aux Cubains. Je ne cite rien d’autre, parce que je devrais inclure bien d’autres choses, dont les meilleurs établissements d’enseignement, les meilleurs hôpitaux, les meilleurs logements, les meilleurs médecins, les meilleurs avocats… Combien étions-nous à avoir droit à tout ça ? Qui possédait, sauf rares exceptions, le droit naturel et divin d’être un gérant et un chef ?
N’importe quel millionnaire ou richard était, sans exception, chef de parti, sénateur, représentant ou haut fonctionnaire. Telle était la démocratie représentative et pure qui régnait dans notre patrie, à moins que les Yankees n’imposassent à leur guise des tyranneaux impitoyables et cruels quand cela convenait davantage à leurs intérêts, afin de mieux défendre leurs biens face à des paysans sans terre et à des ouvriers avec ou sans travail. Comme plus personne n’en parle, je m’aventure à le rappeler. Notre pays fait aujourd’hui partie des plus de cent cinquante qui constituent le Tiers-monde et qui seront les premiers, mais non les seuls, à souffrir d’incroyables dommages si l’humanité ne prend pas conscience d’une manière claire, sûre et plus rapide que jusqu’à présent de ce que seront la réalité et les conséquences des changements climatiques provoqués par l’homme, si l’on ne parvient à l’empêcher à temps.
Nos médias ont décrit les effets des changements climatiques. Les cyclones toujours plus violents, les sécheresses et d’autres calamités naturelles ont aussi contribué à l’éducation de notre peuple en la matière. Un fait singulier – la bataille autour du climat qui s’est déroulée au Sommet de Copenhague – a contribué à faire connaître le danger imminent. Il s’agit là d’un risque réservé non au lointain XXIIe siècle, mais au XXIe, non à la seconde moitié de celui-ci, mais aux prochaines décennies où nous commencerions à en souffrir déjà les tristes conséquences.
Il ne s’agit pas non plus d’une simple action contre l’Empire et ses acolytes qui, dans ce domaine comme dans tous les autres, tentent de faire primer leurs intérêts stupides et égoïstes, mais d’une bataille d’opinion mondiale qu’on ne saurait laisser à la spontanéité ni aux caprices de la plupart de leurs médias. C’est une situation que connaissent heureusement des millions de personnes honnêtes et courageuses dans le monde, d’une bataille à livrer avec le concours des masses et au sein des organisations sociales et des institutions scientifiques, culturelles, humanitaires et d’autres de caractère international, tout particulièrement aux Nations Unies où l’administration étasunienne, ses alliés de l’OTAN et les pays les plus riches ont tenté d’assener en fraude, au Danemark, un coup antidémocratique au reste des pays émergents et pauvres du Tiers-monde.
La délégation cubaine, qui a assisté au Sommet de Copenhague aux côtés des membres de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA) et des autres pays du Tiers-monde, a dû y livrer une bataille frontale après les incroyables événements enclenchés par le discours du président yankee, Barack Obama, et du groupe des États les plus riches de la planète, bien décidés à démanteler les engagements contraignants de Kyoto – où ce problème épineux avait été débattu voilà plus de douze ans – et à faire retomber le fardeau des sacrifices sur les pays émergents et sur les pays sous-développés qui sont, non seulement les plus pauvres, mais aussi les principaux fournisseurs de matières premières et de ressources non renouvelables de la planète aux plus développés et aux plus opulents.
Obama s’est pointé à Copenhague le dernier jour de la Conférence, qui avait démarré le 7 décembre. Le pire, c’est – alors qu’il avait déjà décidé d’expédier trente mille soldats de plus à la boucherie en Afghanistan, un pays aux fortes traditions d’indépendance que même les Anglais, à leur meilleure et plus cruelle époque, ne purent soumettre – d’avoir accepté le Prix Nobel de la paix et de s’être rendu à Oslo pour le recevoir ! Il est donc apparu le 10 décembre dans la capitale norvégienne où il a prononcé un discours vide, démagogique et justificateur. Puis le 18, autrement dit le dernier jour du Sommet, à Copenhague, où il ne pensait rester au départ que huit heures. Sa secrétaire d’État et un groupe sélect de ses meilleurs stratèges y avaient débarqué la veille.
Obama commença par choisir un groupe d’invités qui eurent l’honneur de l’accompagner pour l’entendre prononcer son discours au Sommet. Le Premier ministre danois, qui présidait la Conférence, complaisant et flagorneur, céda la parole au groupe qui ne comptait guère plus d’une quinzaine de personnes. Le chef impérial méritait des égards spéciaux. Son discours fut un brassage de paroles mielleuses assorties de gestes théâtraux qui commencent déjà à ennuyer ceux qui, comme moi, se sont assignés la tâche de l’écouter pour tenter d’apprécier objectivement ses caractéristiques et ses visées politiques. Obama imposa à son docile hôte danois une condition : seuls ses invités pourraient prendre la parole, ce qui ne l’empêcha pas, à peine son intervention conclue, de disparaître en coulisses par une porte dérobée, tel un acteur fuyant l’auditoire qui lui a pourtant fait l’honneur de l’écouter avec intérêt.
Une fois terminée la liste des orateurs autorisés, un indigène de pure souche aymara, Evo Morales, le président bolivien, qui venait d’être réélu par 65 p. 100 des voix, exigea de pouvoir prendre la parole, laquelle lui fut cédée sous les applaudissements majoritaires des personnes présentes dans la salle. En à peine neuf minutes, il exprima des concepts profonds et dignes qui répondaient à ce qu’avait dit le président, désormais absent, des États-Unis. Aussitôt, Hugo Chávez se leva à son tour pour réclamer la parole au nom de la République bolivarienne du Venezuela, et celui qui présidait la séance n’eut pas d’autre solution que de la lui céder : Chávez en profita pour improviser un des plus brillants discours que je lui ai entendu prononcer. Quand il eut terminé, un coup de maillet mit fin à cette séance insolite.
Le très affairé Obama et son cortège n’avaient toutefois pas une minute à perdre ! Son groupe avait mis au point un projet de déclaration, bourré de choses vagues, qui était le déni même du Protocole de Kyoto. Après son exit précipité de la salle des séances plénières, il se réunit avec d’autres invités, qui ne dépassaient pas la trentaine, négocia en privé et en groupe, insista, parla de millions de billets verts qui, faute d’aval en or, ne cessent de se dévaluer, et menaça même d’abandonner la réunion si on n’accédait pas à ses demandes. Le pire, c’est qu’il s’agissait d’une rencontre de pays hyper-riches à laquelle il avait invité plusieurs des principales nations émergentes et deux ou trois pays pauvres, et auxquels il soumit le document sur un ton de : C’est ça ou rien !
Le Premier ministre danois s’évertua à présenter cette déclaration confuse, ambiguë et contradictoire, à la discussion de laquelle l’Organisation des Nations Unies n’avait participé en rien, comme un Accord du Sommet ! La session avait déjà pris fin officiellement, presque tous les chefs d’État ou de gouvernement et ministres des Affaires étrangères avaient regagné leurs pays. Et c’est à trois heures du matin que l’honorable Premier ministre danois soumit, en séance plénière, le fatidique document à des centaines de malheureux fonctionnaires, qui avaient à peine fermé l’œil pendant trois jours, leur offrant juste une heure pour l’analyser et l’adopter.
Et la chaudière explosa ! Les délégués n’avaient même pas eu le temps de le lire. Plusieurs réclamèrent la parole. Le premier fut celui de Tuvalu, dont les îles seraient englouties par les eaux si ce qui était proposé là était adopté ; vinrent ensuite ceux de la Bolivie, du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua. Cet affrontement dialectique du 19 décembre à trois heures du matin est digne de passer à l’Histoire, si tant est que celle-ci dure très longtemps après les changements climatiques…
Comme l’on connaît à Cuba une bonne partie des faits, et qu’on les trouve sur des sites d’Internet, je me bornerai à reproduire des extraits des deux interventions de notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, parce qu’il vaut la peine de connaître les épisodes finals de la série de Copenhague et les péripéties du dernier chapitre qui n’ont pas encore été publiées dans notre pays. Il s’adresse au Premier ministre danois, qui préside la séance : « Le document dont vous avez nié à plusieurs reprises l’existence, monsieur le Président, apparaît maintenant. Nous avons tous vu des versions qui circulent d’une manière subreptice et qui se discutent en petits conciliabules secrets, hors des salles où la communauté internationale négocie d’une manière transparente à travers ses représentants.
« Je me joins aux représentants de Tuvalu, du Venezuela et de la Bolivie. Cuba juge extrêmement insuffisant et inadmissible le texte de ce projet apocryphe… « Le document que vous nous présentez ne contient, hélas, aucun engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Je connais les versions antérieures qui se sont négociées elles aussi à travers des procédés contestables et clandestins, en coteries fermées, mais qui mentionnaient du moins une réduction de 50 p. 100 d’ici à l’an 2050.
« Le document que vous nous soumettez maintenant omet justement les phrases clefs déjà bien maigres et insuffisantes de cette version-là. Ce document-ci ne garantit absolument pas l’adoption de mesures minimales qui permettraient d’éviter une très grave catastrophe à la planète et à l’espèce humaine. « L’ignoble document que vous nous soumettez est tout aussi muet et ambigu au sujet de l’engagement concret de réduction des émissions de la part des pays développés, responsables du réchauffement global du fait des niveaux historiques et actuels de leurs émissions et devant donc procéder sans retard à des réductions substantielles. Votre document ne dit pas un traître mot concernant cet engagement des pays développés !
« Votre papier, monsieur le Président, est l’acte de décès du Protocole de Kyoto, et ma délégation s’y refuse. « La délégation cubaine tient à souligner la primauté du principe des « responsabilités communes mais différenciées » en tant que concept clef des futures négociations. Votre papier n’en dit mot.

Front bolivarien
« La délégation cubaine proteste une fois de plus devant le fait que cette Conférence a été conduite d’une manière antidémocratique, soumise à de graves violations de procédure, en particulier à travers des formes de débats et de négociations arbitraires, non inclusives et discriminatoires.
« Je vous demande formellement, monsieur le Président, de faire en sorte que ma déclaration fasse partie du rapport final sur les travaux de cette lamentable, de cette honteuse Quinzième Conférence des Parties. » Ce que personne ne pouvait imaginer, c’est que, au terme d’une autre longue pause et alors que tout le monde pensait que le Sommet conclurait sur les formalités habituelles, le Premier ministre du pays siège allait, à l’instigation des Yankees, faire une nouvelle tentative pour que ce document soit adopté comme consensus du Sommet, alors qu’il ne restait même plus aucun ministre des affaires étrangères dans la salle ! Des délégués du Venezuela, de la Bolivie, du Nicaragua et de Cuba, restés vigilants et l’œil ouvert jusqu’à la dernière minute, frustrèrent à nouveau cette ultime manœuvre de Copenhague.
Mais l’affaire n’était pas conclue pour autant. Les puissants ne sont pas habitués à ce qu’on leur résiste, et ils ne l’admettent d’ailleurs pas. Le 30 décembre, la mission permanente du Danemark auprès des Nations Unies à New York informait aimablement la nôtre avoir pris note de l’ « accord » de Copenhague du 18 décembre 2009 et joignait une copie préalable de cette décision. Elle écrivait textuellement : « …le Gouvernement danois, en sa qualité de président de la Quinzième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, invite les Parties à informer par écrit le secrétariat de ladite Convention, dans les meilleurs délais, de leur volonté de s’associer à l’Accord de Copenhague. »
Cette communication surprenante a entraîné une réponse de notre Mission permanente, qui affirme, entre autres : « Aussi le Gouvernement de la République de Cuba rejette-t-il catégoriquement la tentative de faire adopter indirectement un texte qui a été refusé par plusieurs délégations, non seulement du fait de ses carences face aux graves effets des changements climatiques, mais aussi parce qu’il répond exclusivement aux intérêts d’un groupe d’États réduit. » Elle a aussi provoqué une lettre de Fernando González Bermúdez, notre vice-premier ministre de la Science, de la Technologie et de l’Environnement, à M. Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dont je transcris quelques paragraphes :
«Nous avons reçu avec surpris et inquiétude la Note que le Gouvernement danois a distribué aux Missions permanentes des États membres des Nations Unies à New York, que vous connaissez sûrement et qui invite les États Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à informer par écrit le Secrétariat exécutif, dans les meilleurs délais possibles, de leur souhait de s’associer audit Accord de Copenhague.
« Nous avons constaté avec tout autant d’inquiétude que le Gouvernement danois faisait savoir que le Secrétariat exécutif de la Convention-cadre inclura dans le rapport de la Conférence des Parties tenue à Copenhague la liste des États parties qui auraient manifesté leur volonté de s’associer audit Accord. « Cette façon d’agir constitue, de l’avis de la République de Cuba, une violation grossière et condamnable de ce qui a été décidé à Copenhague où les États parties, devant le manque évident de consensus, se sont bornés à prendre note de l’existence de ce document.
« Rien de ce qui a été accordé à la Quinzième Conférence des Parties n’autorise le Gouvernement danois à décider de cette action ni, à plus forte raison, le Secrétariat exécutif à inclure dans le Rapport final une liste des États parties, ce pour quoi il n’a pas mandat. […]
« Je tiens à vous faire savoir que le Gouvernement de la République de Cuba rejette avec la plus grande fermeté cette nouvelle tentative de légitimer indirectement un document frappé de nullité et à réitérer que cette façon d’agir compromet le résultat des futures négociations, pose un précédent dangereux pour les travaux de la Convention-cadre et heurte en particulier la bonne foi dans laquelle les délégations devront poursuivre les négociations l’an prochain. »
Beaucoup savent, en particulier les mouvements sociaux et les personnes les mieux informées des institutions humanitaires, culturelles et scientifiques, que le document promu par les USA constitue un recul par rapport aux positions atteintes par ceux qui s’efforcent d’éviter à notre espèce un désastre colossal. Il serait oiseux de répéter ici les chiffres et les données qui le prouvent mathématiquement. Les faits apparaissent sur les pages d’Internet et sont à la portée d’un nombre croissant de personnes intéressées par cette question.
La théorie que défendent ceux qui souhaitent la signature du document est débile et marque un recul. On invoque l’idée trompeuse que les pays riches fourniront 30 milliards de dollars en trois ans aux pays pauvres pour leur permettre d’assumer les dépenses qu’implique l’affrontement aux changements climatiques, cette somme pouvant s’élever à 100 milliards par an en 2020, ce qui revient à renvoyer les choses aux calendes grecques, compte tenu de la très grande gravité de ce problème. Les spécialistes savant que ces sommes sont misérables, ridicules et inacceptables face aux volumes d’investissements exigés. D’autant que leur origine est vague et confuse, et n’engage personne à rien.
Que vaut un dollar ? Que signifient trente milliards ? Nous savons tous que de Bretton Woods (1944) au décret présidentiel de Nixon (1971) – promulgué pour faire retomber sur l’économie mondiale les dépenses de la guerre génocidaire lancée contre le Vietnam – la valeur du dollar, mesurée en or, n’a cessé de se réduire pour être aujourd’hui trente-deux fois inférieure : autrement dit, 30 milliards de dollars signifient moins d’un milliard, et 100 milliards en valent à peine 3,125, ce qui ne permet même pas de fabriquer aujourd’hui une raffinerie de pétrole de moyenne capacité !
Si les pays industrialisés tenaient un jour leur promesse d’apporter aux pays encore à développer 0,7 p. 100 de leur PIB – ce qu’ils n’ont jamais fait, sauf rares exceptions – cela représenterait plus de 250 milliards de dollars par an. Pour sauver les banques, l’administration étasunienne a dépensé 800 milliards de dollars. Combien serait-elle disposée à verser pour sauver les 9 milliards de personnes qui peupleront notre planète en 2050, à supposer que ne se produisent pas avant les grandes sécheresses et inondations que provoquera la mer à cause de la fonte des glaciers et des grandes masses d’eau congelées du Groenland et de l’Antarctique ?

Manouevres
Ne nous abusons pas. Ce que les États-Unis ont prétendu faire par leurs manœuvres à Copenhague, c’est diviser le Tiers-monde, séparer les plus de cent cinquante pays sous-développés de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud et d’autres avec lesquels nous devons lutter unis pour défendre, à Bonn, à Mexico et à toute autre conférence internationale, aux côtés des organisations sociales, scientifiques et humanitaires, de vrais accords qui soient favorables à tous les pays et préservent l’humanité d’un désastre qui peut entraîner l’extinction de notre espèce.
Le monde possède toujours plus d’informations, mais les hommes politiques ont de moins en moins de temps pour penser. Les nations riches et leurs dirigeants, le Congrès des Etats-Unis compris, semblent discuter à qui sera le dernier à disparaître. Obama s’est proposé de faire vingt-huit fêtes pour célébrer la fin de l’année et le début de celle-ci. J’espère qu’il aura inclus celle des Rois mages et que Gaspar, Melchior et Balthazar lui seront de bon conseil.
Qu’on m’excuse la longueur de ces Réflexions que je n’ai pas voulu diviser en deux. J’en demande pardon à mes patients lecteurs. Fidel Castro Ruz Le 3 janvier 2010


Qui a tué le président rwandais en 1994 ?
Le décès de Juvénal Habyarimana avait déclenché le génocide rwandais. A Kigali, un nouveau rapport souligne la responsabilité d'extrêmistes hutus, contredisant les conclusions d'une enquête française.
Le 6 avril 1994, deux missiles sol-air atteignent l'avion du président rwandais d'ethnie hutu, Juvénal Habyarimana, en phase d'atterrissage à Kigali. Cet événement qui lui coûta la vie est considéré comme le déclencheur du génocide qui fit 800 000 morts, notamment parmi les Tutsis, accusés par le pouvoir d'avoir provoqué cet attentat, ainsi que des Hutus qui refusaient de participer aux tueries.
Mais la thèse de la responsabilité tutsi dans cet attentat s'effrite au fil des années. Un comité rwandais créé en avril 2007 par le gouvernement rwandais conclut à la responsabilité de haut gradés des FAR (Forces armées rwandaises), soit la frange extrêmiste du régime hutu. Ce rapport, dont le magazine Continental et France Inter ont déjà diffusé des extraits, décrit cet attentat comme le premier acte d'un "coup d'Etat" militaire destiné à empêcher tout partage du pouvoir avec la rébellion tutsi du FPR (Front patriotique rwandais), dont l'ancien chef, Paul Kagamé, est devenu président.
Juvénal Habyarimana était en effet de retour de Tanzanie où il avait participé à un sommet consacré notamment au processus de négociations avec la rébellion du FPR. Le comité souligne que "la position prise par le président Habyarimana (...) d'appliquer les Accords d'Arusha ne pouvait aboutir qu'à la mise à l'écart évidente de plusieurs ténors des FAR, parmi les plus extrémistes". D'après Continental, il était devenu un traître à la "cause hutu" aux yeux des "militaires acquis aux thèses du Hutu Power". Dès lors, son assassinat et le déclenchement du génocide semblaient "imminents", selon le magazine.
Le comité s'appuie sur des documents du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), sur des sources judiciaires rwandaises et belges, sur les témoignages de 557 personnes, notamment des anciens des FAR ou des membres de la garde présidentielle présents autour de l'aéroport de Kigali, le jour de l'attentat. Il souligne aussi que les FAR contrôlaient la zone d'où ont été tirés les missiles
L'enquête rwandaise donne donc une version diamétralement opposée de celle soutenue par l'enquête judiciaire française confiée dans un premier temps au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, qui mettait en cause la responsabilité de la rébellion du FPR dans l'attentat. Le juge Bruguière avait lancé en novembre 2006 des mandats d'arrêt contre neuf responsables de l'actuel régime rwandais, entraînant une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.
Contacté par LEXPRESS.fr, le juge Bruguière, désormais à la retraite, se refuse à tout commentaire sur ce "sujet franco-français qui s'inscrit dans un contexte polémique", ne souhaitant pas interférer dans une "affaire en cours". Le juge anti-terroriste Marc Trevidic est désormais chargé du dossier.
Paris et Kigali ont annoncé la reprise de leurs relations le 29 novembre dernier. En tournée en Afrique, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner effectue ce jeudi même sa première visite au Rwanda depuis cette annonce. L’Express.fr/FDA

A Kigali, Bernard Kouchner scelle la réconciliation franco-rwandaise
La concomitance n'a probablement rien d'une coïncidence. Au moment même où Bernard Kouchner, en déplacement à Kigali, scellait la réconciliation entre la France et le Rwanda, les autorités rwandaises ont discrètement rendu public, jeudi 7 janvier, un rapport officiel démentant radicalement la thèse développée par le juge français Jean-Louis Bruguière. Une thèse qui attribuait à l'actuel président Paul Kagamé la responsabilité de l'attentat contre l'avion de son prédécesseur, considéré comme l'événement déclencheur du génocide des Tutsis en 1994. Cette analyse contenue dans une ordonnance du juge, en novembre 2006, avait provoqué la rupture, par Kigali, des relations diplomatiques avec Paris.
Le document d'un 'comité indépendant d'experts' rwandais, révélé par France Inter, jeudi, écarte la responsabilité du pouvoir actuel de Kigali, à dominante tutsie. Il analyse l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président hutu Habyarimana, comme une 'opération soigneusement murie par des politiciens et officiers extrémistes appartenant à la faction Hutu power [extrémistes]' opposés au partage du pouvoir imposé alors par les accords d'Arusha.
Le rapport, rédigé sous la direction de Jean Mutsinzi, ancien président de la Cour suprême du rwanda, contredit les conclusions du juge Bruguière à propos du lieu d'où auraient été tirés les missiles contre l'avion présidentiel. Il le situe dans la zone de Kanombe contrôlée par les Forces armées rwandaises (FAR) du président Habyarimana.
Le document affirme que les FAR disposaient d'armes lourdes, notamment de missiles 'commandés en grande quantité à cinq Etats différents', parmi lesquels la France ne figure pas. En août 2008, Kigali avait publié un autre rapport qui accusait la France d'avoir 'participé à l'exécution du génocide' et mettait en cause nommément Edouard Balladur, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Aujourd'hui, le rapport Mutsinzi reste très discret sur le rôle de Paris. Entretemps, de nouveaux témoignages ont affaibli l'enquête du juge Bruguière, conduisant son successeur, Marc Trévidic, à la reprendre en grande partie, et permettant la reprise des relations diplomatiques, annoncée le 29 novembre dernier. Le Monde/FDA


APPRENDRE & COMPRENDRE
Albinisme, une maladie génétique
L'albinisme est une maladie génétique. L'affection se caractérise par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux, des yeux, due à l'absence de mélanine. Elle peut toucher les mammifères (et donc les humains), les oiseaux, les poissons, les amphibiens et les reptiles. On peut mettre en cause pour des raisons éthiques la notion de pathologie, dans la mesure où l'albinisme peut être considéré comme une simple variation, non pathogène, du phénotype.
Cette maladie est connue sous plusieurs formes possibles: l'albinisme partiel (Albinisme oculaire) ou l'albinisme total (Albinisme oculo-cutané).
En présence d'un individu blanc on ne doit pas confondre l'albinisme avec le leucistisme qui est le contraire du mélanisme. Dans un cas de leucistisme il n'y a pas de sensibilité accrue à la lumière solaire.

Étymologie du mot
L'albinisme vient du mot latin albeo qui signifie blanc. En effet la peau d'un albinos est très claire parfois blanche.
Causes de la maladie
A l'heure actuelle, plusieurs gènes sont connus pour être responsables de diverses formes d'albinisme lorsqu'ils sont mutés, mais leurs fonctions ne sont pas encore bien connues. C'est le cas pour les gènes P, MATP, OA-1, HPS-1 et CHS-1. La recherche de mutations dans ces gènes peut participer à la compréhension de leur fonction.
Épidémiologie
L'albinisme est une affection universelle dont l'incidence mondiale, toutes formes confondues est d'environ 1 cas pour 20.000 naissances (0,005 %).
Ce chiffre est plus important dans certaines populations, notamment africaine et sud-américaine :
" 3,5 % chez les Kuna, ethnie du Panama,
" 1/12 000 aux USA chez les Afro-Américains,
" 1/1000 au Niger, sur l'Île d'Aland.
La mauvaise vision, constante chez les albinos, n'est pas due seulement à une absence de pigments qui empêcherait la formation d'une chambre noire comme dans un œil normal. L'histologie montre une rétine atypique, contenant une fovéa anormalement pauvre en cônes. La rétine est un tissu neural. Les cellules nobles cônes et bâtonnets se trouvent en contact avec L'EPR (épithélium pigmentaire de la rétine). Au cours de l'embryogenèse l'absence de pigment perturbe le développement des cônes. Ceci est à l'origine d'une mauvaise acuité visuelle. Le développement du système nerveux visuel lors de la phase fœtale est anormal, ceci entraînant une anomalie du croisement des axones au niveau du chiasma optique amenant à une projection anormale des deux hémirétines de chaque œil. Cette anomalie entraîne souvent un strabisme associé à une mauvaise vision binoculaire. Les personnes atteintes d'albinisme présentent toutes un nystagmus plus ou moins important. Celui-ci apparaît dans les premiers mois de la vie. C'est son apparition qui conduit à consulter un ophtalmologiste qui fera le diagnostic d'albinisme. L'albinisme est la cause de 25% des nystagmus sensoriels et doit donc être suspecté en premier dès l'apparition d'un nystagmus chez un enfant de quelques mois.
L'albinisme serait la cause de 5 à 10 % des malvoyances dans le monde. L'albinisme ne doit pas être confondu avec le leucistisme, qui est l'inverse du mélanisme mais, contrairement à l'albinisme, ne pose aucun problème direct de la physiologie (des conséquences indirectes, comme d'être plus vulnérables dans la nature, se posent toujours).
Tiré de www;santé.com

Choisir les méthodes alternatives pour l’accouchement
La préparation à l’accouchement classique, proposée à toutes les futures mamans, permet de mieux connaître les différentes étapes de l’accouchement et d’anticiper ce moment unique pour le vivre en pleine conscience... et activement. 
Il existe également d’autres approches, dont certaines sont très prisées en ce moment : l’haptonomie, la sophrologie, l’acupuncture, le chant prénatal et la fasciathérapie par exemple. Notre dossier fait le point sur ces différentes techniques, qui n’ont pas pour vocation de remplacer la traditionnelle préparation mais de l’enrichir.

LA SOPHROLOGIE
Une méthode douce, pour se réconcilier avec soi-même. Créée par un psychiatre, la sophrologie se dit « science de la conscience ».  Il s’agit donc, au moyen d’exercices de relaxation, de prise de conscience du corps, de visualisation de ce dernier, de maîtrise de la respiration, afin de parvenir à contrôler les douleurs de la naissance (sans pour autant les éliminer).
Comment cela se passe ? Les futures mamans sont en position assise ou dans la position qui leur semble la plus confortable. Les yeux fermés, sous la supervision d’un(e) sophrologue, les femmes pratiquent des exercices de visualisation de leur propre corps, de la place du bébé, accompagnés de relaxation, d’inspirations et d’expirations rythmées. Ces exercices, une fois leurs « gammes » devenues familières, peuvent être pratiqués à la maison, dès qu’on se sent un peu fatiguée, inquiète...
Permettant de se recentrer sur soi-même, la sophrologie aide à retrouver calme et sérénité. Et le jour de la naissance, la visualisation du trajet du bébé sera d’une grande aide pour inspirer et expirer au bon moment, c’est-à-dire pour accompagner la naissance et non pas la contrarier. Peut se pratiquer dès le 5e mois.

L’HAPTONOMIE
Créée après la guerre par un médecin néerlandais, Frans Veldman, l’haptonomie est une pratique reposant sur le « toucher et le sentir dans sa dimension intime et affective ».
Cette technique, destinée à établir ou ré-tablir le contact entre les personnes, est utilisée par des praticiens dans de nombreux domaines et pas seulement celui de la préparation à la naissance, même si c’est cet aspect qui lui a valu sa célébrité auprès du public. 

Un premier contact

L’haptonomie permet à la mère et au père d’entrer en relation avec leur futur bébé via le toucher.

Comment ?

En exerçant de légères pressions sur le ventre de la mère, le bébé réagit, en bougeant, aux sollicitations extérieures. Une émotion unique ! L’haptonomie se pratique avec l’aide d’un spécialiste formé à cette technique. Mais les mouvements de pression, de bercements, peuvent être repris seule ou en famille, à n’importe quel moment.

A quoi ça sert ?

L’haptonomie permet aux deux parents de partager la grossesse, d’ « adopter » leur enfant avant la naissance, mais aussi, par une meilleure connaissance de sa position et de ses mouvements, de vivre plus consciemment sa naissance.  
L’haptonomie peut se pratiquer dès que le bébé commence à bouger dans le ventre de sa mère (environ 4 mois et demi de grossesse).


L’ACUPUNCTURE

Tout le monde connaît cette antique méthode de médecine chinoise, reposant sur la circulation et l’équilibre de l’énergie vitale de notre corps, composée des deux grandes forces, le yin et le yang.

Le principe
L’acupuncteur, en fonction des déséquilibres qu’il détecte, pose de très fines aiguilles sur les grandes lignes de circulation des énergies, lignes appelées « méridiens ». La mise en place de ces aiguilles, qui dure entre 15 et 20 min, rétablit le mouvement de ces énergies. Cette médecine douce s’adapte tout à fait à la grossesse, car elle permet d’améliorer et de soulager de nombreux malaises, inaccessibles aux médicaments (par ailleurs souvent déconseillés durant les neuf mois d’attente) et de rétablir un équilibre bousculé.

Bénéfices

Elle soulage les nausées (toutes les futures mères savent à quel pont il est difficile de lutter contre le mal au cœur), les migraines, le mal de dos, et améliore la circulation sanguine. Elle facilite la naissance, en aidant à l’assouplissement du périnée, en réduisant les sensations douloureuses. Il est possible d’accoucher sous acupuncture. Une alternative pour les futures mamans qui ne souhaitent pas d’anesthésie péridurale mais veulent tout de même bénéficier d’une aide.
En France, les acupuncteurs sont obligatoirement médecins.
Les traitements d’acupuncture des femmes enceintes sont effectués avec une prudence particulière et ne présentent aucun danger, ni pour la maman ni pour le bébé.

LE CHANT PRÉNATAL

De plus en plus de futurs parents découvrent cette méthode d’accompagnement du bébé à venir et de préparation de la naissance, apparue en France il y a une vingtaine d’années. A pratiquer dès le 4e mois de grossesse.

Chanter pour bébé

Le chant prénatal est d’abord un moyen d’entrer en relation avec le bébé.
Des chants, spécialement écrits pour la grossesse, mettent en jeu certaines fréquences sonores particulièrement perceptibles in utero par le bébé, tels les sons graves. Le bébé, au fur et à mesure des séances, réagit aux voix de sa mère et de son père. En se familiarisant avec ces sons, une fois né, l’enfant reconnaît plus facilement les voix de ses parents, il est apaisé par l’écoute des chants qu’il a entendus dans le ventre de sa maman.

Chanter pour la naissance

Par ailleurs des exercices de vocalises et de respiration aident la mère à mieux localiser les diverses parties de son corps en jeu lors de l’accouchement : les muscles abdominaux, le périnée, le diaphragme. Grâce à ces exercices, elle peut aussi, en contrôlant son souffle (on y revient toujours…), faciliter le travail de l’accouchement.

Tout le monde s’y met

Les pères sont les bienvenus dans les ateliers de chant prénatal. En chantant avec leur compagne, ils établissent le contact avec leur futur bébé. Vous chantez comme une casserole ? Vous n’y connaissez rien en musique ? Aucune importance. Les ateliers sont ouverts à tous. Il ne s’agit pas de travailler pour devenir chanteur... Et qui sait, peut-être que cette première approche vous donnera-t-elle l’envie de poursuivre ? Le chant est un puissant moyen d’évacuer le stress, de se détendre… y compris avec bébé à la maison !

LA FASCIATHÉRAPIE
Cette méthode, pratiquée par des kinés, est apparue il y a moins d’une vingtaine d’années, mais fait de nombreux adeptes et pas seulement pour la préparation à la naissance, puisqu’elle est utilisée aussi dans la récupération des chocs et des traumatismes physiques.

Qu’est-ce que c’est ?

Non, il ne s’agit pas de vous aider à préparer l’accouchement par une manipulation du visage !
Les fascias n’ont rien à voir avec la face : ce sont les fines membranes qui enveloppent viscères, muscles, os, ligaments... et maintiennent la cohérence de tous nos organes. Lorsqu’elles subissent un traumatisme, ces membranes se rétractent, provoquant ainsi malaises, douleurs, contractions, etc.

Comment fait-on ?

Des massages très précis sont pratiqués par des kinésithérapeutes diplômés ayant suivi une formation spécifique dans le domaine de la fasciathérapie.

A quoi ça sert ?

La fasciathérapie permet d’obtenir la « remise en place »  des fascias et donc de soulager divers maux : le mal de dos (si fréquent lors de la grossesse), les nausées, les migraines... Mais la fasciathérapie approfondit la prise de conscience du corps par le patient, et aide donc à une naissance plus sereine, parce que mieux visualisée.