QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
Billet
Mort dans
les têtes ?

Est-ce vraiment la reprise en mains ou une simple immersion dans les dédales de l’AMP, le temps d’y éteindre l’incendie? C’est sans doute là la question politique de la semaine. En tout cas, Joseph Kabila, tel un sapeur pompier, vient de maîtriser, en un temps record, le feu qui menaçait de consumer le labyrinthe AMP. Symétriquement, les parents du déjà ex-Clp ont juste eu le temps de présenter leur rejeton qu’ils devaient eux-mêmes l’immoler! Tel un météorite, le Clp n’a duré que le temps de l’éclair. Reste à savoir si, après avoir tué le CLP sur papier, ses géniteurs l’ont aussi évacué de leur tête. Pas si évident. Le caractère composite de l’AMP prédispose cette plate-forme à tout, sauf à une cohérence de vision sur le long terme. Heureusement, s’exclameraient ses partisans, la législature tend inexorablement vers sa fin. Moment indiqué pour une autoévaluation générale et pour le nécessaire réajustement des alliances en fonction davantage des affinités idéologiques que de simples combines arithmétiques. Car, la Majorité souffre fondamentalement de l’absence d’un fond idéologique commun. En 2006, des opportunistes de tous bords ont rejoint le Président Kabila, non sur base d’un contrat d’adhésion à une vision, mais pour se retrouver -ou se maintenir- dans les cabinets douillets du pouvoir. Qu’importe si Joseph Kabila soit d’obédience socialisante ou se réclame de la lignée lumumbiste.
Certes, à l’heure de la mondialisation, les idéologies font de plus en plus bon ménage avec le pragmatisme. En Grande-Bretagne, les Conservateurs et les Libéraux-démocrates ont trouvé un compromis de gouvernement. Jusqu’il y a peu, les chrétiens-démocrates ( droite) et les sociaux-démocrates (gauche) allemands ont géré la première puissance économique européenne. Un bémol tout de même à ces deux exemples. Dans les deux cas, il s’agit d’un accord où les partis de la coalition élaborent ensemble un programme de gouvernement auquel ils sont liés. Jamais, on ne verra le libéral-démocrate Clegg critiquer l’action de son propre cabinet!
On est là à mille lieues de la tragi-comédie qui se joue sous les tropiques où un ministre peut prendre, sans la moindre gêne, des libertés avec la sacro-sainte solidarité gouvernementale pour tirer contre son propre camp. Et ce, sans envisager de démissionner.
Tout le problème c’est que l’AMP, à l’instar de nombre de plate-formes zaïro-congolaises, est un agrégat de personnalités politiques que n’unit que la perspective d’exercice du pouvoir. Hier, par exemple, l’anti-mobutisme primaire ou feint avait fait office d’idéologie pour l’Union sacrée.
Moralité, le très éphémère CLP n’est qu’un succédané de tous ces regroupements qui naissent et périssent au gré des calculs politiciens de leurs auteurs. L’avènement des plates-formes à soubassement idéologique constituerait le début d’antidote à ce cirque politique. José NAWEJ


Parfum de rébellion et "motionnite"

Si ce n'est pas encore la chienlit dans le microcosme politique, ça y ressemble fortement. L'hémicycle devenant de plus en plus une espèce de Canossa pour les membres du gouvernement,-en ce compris le premier d'entr'eux. La tribune de la Chambre faisant de plus en plus penser à la guillotine. Le pourtant nécessaire contrôle parlementaire qui tourne de plus en plus à de la vendetta. Certains députés vont jusqu'à proférer des menaces...de motion aux ministres!
Ce n'est pas tout. La Majorité elle-même n'est plus ni un modèle de cohérence, ni un exemple de cohésion. Ici, on tire à hue et à dia. Il est loin le temps où la Majorité faisait bloc à la Chambre lors des grands enjeux. Il n'y a qu'à se rappeler le grand chelem remporté par la coalition Amp-Palu-Udemo à l'élection du premier bureau de l'Assemblée nationale. Rebelote pour l'avènement du bureau Boshab. Même chose à l'occasion de l'investiture de Gizenga. Idem pour l'intronisation de Muzito. Voilà que depuis la motion initiée par Jean Lucien Bussa, la Majorité n'est plus la majorité. Des liaisons- dangereuses?-s'établissent entre certains sociétaires de l'Amp et l'Opposition parlementaire. La faute sans doute au caractère extraordinairement hétéroclite de la principale composante de la coalition au pouvoir. La faute sans doute aussi à la politique du tube digestif qui tient encore lieu de boussole pour nombre d'acteurs zaïro-congolais.
Tout le problème, c'est que ce tohu-bohu mis ensemble avec la "motionnite" que se transmettent les députés à la vitesse grand V pourrait finir par obstruer la marche des affaires de l'Etat. Le pays s'installerait alors dans l'effervescence politicienne. Un véritable luxe pour un pays qui se trouve à la veille d'importantes échéances. Un vrai gâchis pour une démocratie encore embryonnaire, dépourvue d'une administration susceptible de tenir le pays. Un préjudice pour le chef de l'Etat dont la perspective de la reddition des comptes à l'échelle nationale approche.Patron de la majorité, Joseph Kabila risque bien de se voir contrarié par ce que le Général De Gaulle appelait "le régime des partis".
Certes, on n'est pas encore dans ce cas de figure. On s'en rapproche si rien n'est fait pour recréer l'unité dans les rangs de l'Amp. Issu d'une culture et d'une école où l'ordre est la base de tout, le Raïs pourrait faire le ménage à sa manière. Après tout, le Président peut bien recourir à la dissolution de la Chambre. Cet exercice serait tout aussi constitutionnel que les motions qui pleuvent sur les têtes des membres du gouvernement.
José NAWEJ


Amp, ce panier
à crabes!

(24/05/2010)

Près de vingt après, la sentence-fort peu flatteuse- du sénégalais Abdoulaye Wade sur la classe politique zaïroise semble n'avoir pas pris la moindre ride. Le scandale de la liste de signataires de la fameuse motion anti-Muzito n'a pas encore fini de discréditer l'opposition qu'une affaire aux allures d'une arnaque met sens dessus dessous la Majorité. Il s'agit de ce mot d'ordre imaginaire attribué au Raïs selon lequel il aurait avalisé la chute d'Adolphe Muzito via la motion de censure en gestation.
Juste une manœuvre pour certains bonzes de l'Amp d'accomplir enfin leur dessein : éjecter le locataire de l'avenue Roi Baudouin-siège de la Primature-et couper Joseph Kabila de son allié naturel qu'est le Palu. La mayonnaise n'a pas pris. Depuis samedi soir, ceux de députés de la majorité ayant mordu à l'hameçon, sont en train de se raviser. L'énième coup fourré de ceux qui ont du mal à ronger leurs freins sur le front d'ambitions personnelles a fait un flop.
Voilà qui remet sur le tapis la sempiternelle réputation passablement médiocre de la classe politique zaïro-congolaise. Comment comprendre que des élus de la Majorité fassent chorus avec ceux de l'Opposition pour censurer le gouvernement? En somme, leur cabinet. Au fond, cela reviendrait à dire que l'Amp-du moins les partisans de cette option-souscrirait au verdict archinégatif de l'Opposition parlementaire à l'encontre du Gouvernement et donc du Président Kabila! Cela s'appelle tirer dans son propre camp. Peut-on rêver un seul instant d'une motion de censure initiée par les Socialistes français être votée par les conservateurs et les libéraux (regroupés au sein de l'Ump) au pouvoir à Paris! Ce serait une première en parfaite contradiction avec et l'esprit et la logique même des fondamentaux du régime qui fonde la cinquième République. Puisqu'on n'a pas inventé la roue en la matière, notre Constitution est une version à peine tropicalisée de la Loi fondamentale française. Par conséquent, on ne voit pas au nom de quelle rationalité la majorité s'offrirait en holocauste sur le bûcher préparé par l'Opposition. C'est à cette auto-flagellation politique unique en son genre qu'un groupe de plénipotentiaires de l'Amp a voulu soumettre la Majorité.
Avec les élections de 2006, on avait toutes les raisons de croire que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis. Force est de constater que non. Difficilement solubles dans la normalité, nombre d'acteurs politiques reproduisent avec un rare talent toutes les tares qui nous ont valu les " compliments" de tous les médiateurs qui ont fait l'immersion dans notre agora politique.
Encore en gestation, la motion annoncée contre le cabinet Muzito provoque déjà dans la Majorité un numéro de cirque dont on pouvait rire en d'autres circonstances. Or, l'état du pays requiert tout, sauf des postures comiques. En plus, la Rdc négocie des échéances qui ne l'autorisent pas à s'installer complaisamment dans le "Théâtre bien de chez nous". José NAWEJ


Quel préjudice
pour Muzito !

(21/05/2010)

Qui a dit que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis ? D'aucuns pensaient qu'à la suite des élections de 2006, le Congo-Zaïre allait divorcer d'avec la fameuse exception congolaise.Que non.Le spectacle-au propre comme au figuré-dont nous gratifient les élus de l'Ituri est une espèce de preuve par l'absurde que le pays demeure l'espace de tous les anachronismes et autres anomalies. Voilà des parlementaires -et donc-des garants de la loi-menacer d'ériger leur district en province avec ou sans l'aval de Kinshasa!


Dérive à la Chambre!

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Les vérités de Mashako
(05/04/2010)

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Mémoire courte
(03/05/2010)

Les initiés aux arcanes politiques congolais l'ont déjà senti. Un coup fourré contre le Palu est en gestation. Les commanditaires de cette cabale se recrutent au sein même de la Majorité. Les prémices de ce complot contre le parti d'Antoine Gizenga se traduisent par une campagne de presse où tour à tour les détracteurs du Palu prêtent à ce dernier le dessein de créer une plate-forme concurrente en prévision des échéances électorales...Le double but de la manœuvre : affaiblir le principal parti lumumbiste et casser l'axe Palu-Joseph Kabila .Cette alliance qui empêche tous les opportunistes du camp présidentiel d'accéder à la Primature.
Certes, la politique est tout sauf un dîner de gala. C'est le domaine par excellence de coups bas. Ce ne sont ni le vétéran Gizenga ni son fidèle lieutenant Muzito qui l'ignorent. Eux qui ont été formé à la dure. Seulement, quand «l'anti paluisme» primaire se décline au détriment des intérêts et de la Majorité et surtout de son chef, c'est que dans le camp présidentiel on se bat déjà au couteau.
Tout le problème est de savoir à qui profiterait le découplage Palu-Kabila. En tout cas pas au Raïs. Encore moins au aux forces nationalistes. Zoom sur 2006.Lorsque Joseph Kabila et Antoine Gizenga signent leur deal pour le second tour, ce n'est pas seulement pour des raisons électoralistes. C'est aussi pour conjurer la fracture Est-Ouest qui était manifeste au terme du premier tour de l'élection présidentiel. Il était apparu que le Président Kabila avait été boudé par ses compatriotes de l'Ouest. D'où le dévolu jeté sur le Palu-avec ses réserves de voix dans le Bandundu et à Kinshasa. Question: combien les adversaires du Palu originaires de l'Ouest - qui étaient déjà avec le Président-avaient apporté en termes de voix? Pourquoi ils n'avaient pas pu faire élire le Président au premier tour ?
Qu'on aime ou pas le Palu, force est de constater que ce parti dispose des assises sociologiques qui manquent cruellement à nombre de formations bon chic bon genre de la Majorité. Et l'étrange accalmie sur le front de la rue kinoise s'explique en partie par le fait qu'un des partis pourvoyeurs des contestaires -ces fameux braillards kinois- est au pouvoir. Et on ne peut pas en même temps tirer profit de la base du Palu et reprocher à ce parti d'être sectaire. Qui ignore que le parti d'Antoine Gizenga compte le gros de ses adhérents et sympathisants dans le Bandundu et les bas quartiers de la capitale ? Y aurait-il un mal à ce que ceux qui ont le plus contribué à la victoire du Palu soient les premiers à être récompensés ? Simple logique arithmétique en démocratie. Simple bon sens et réalisme politique. Là aussi, qu'on exagère rien. Le Palu a confié des ministères aussi importants que les Mines ou encore le Budget à des ressortissants d'autres provinces que le Bandundu.
Offrir en holocauste la tête de Muzito et faire une opa sur la majorité serait ouvrir une brèche dans la quelle s'engouffreraient tous ceux qui parient sur l'affaiblissement du pouvoir actuel à l'Ouest et surtout à Kinshasa. Au profit de qui ? FDA


Belgique: un conflit à l'africaine
(29/04/2010)

Impossible d'échapper au feuilleton belgo-belge par les temps qui courent. Pas un seul journal parlé ou télé de grands médias européens ne se décline sans les dernières sur la crise politique en Belgique. Idem pour les principaux tabloïds. BHV (Bruxelles Hal Vilevorde), Communes à facilité, flamands et Wallons, Open Vld, Cd&v...Bref, que de mots, de sigles qui cachent de plus en plus mal le fond du récurrent malaise chez nos "oncles".
En fait de crise politique, il s'agit de la sempiternelle querelle communautaire entre le Nord néerlandophone et le sud francophone. Preuve que la fracture dans cette crise n'est pas idéologique, on est loin, très loin même du cas de figure classique d'un duel Droite-Gauche. C'est plutôt l'ensemble de partis francophones qui font front uni contre la totalité des formations politiques néerlandophones. Libéraux, écolo, humanistes du Sud contre libéraux, chrétiens-démocrates et nationalistes du Nord.
Les chamailleries autour des communes situées dans la périphérie flamande de Bruxelles peuplée aussi de francophones -le fameux BHV- ne sont qu'une illustration grandeur nature du «je t'aime et moi non plus» auquel jouent, depuis des lustres, les deux principales communautés linguistiques. C'est là que, vu d'Afrique les bisbilles belgo-belges deviennent intéressantes. Car, sous couvert d'expressions pudiques du genre crise politique, questions communautaires... se déroule en réalité un conflit ethnique comme on en dénombre sur le continent noir. En somme, ces querelles qu'une bonne frange de l’opinion en Occident pense spécifique à l'Afrique. Avec en filigrane, ce jugement empreint de condescendance sur l'incapacité des Africains à s'émanciper de pesanteurs tribales ou ethniques.
Voilà qu'au cœur de l'Europe -au propre comme au figuré- un pays est en proie à une crise que les Africains connaissent trop bien. Seulement, à force de se le laisser répéter par les mentors du Nord, les habitants du Continent se sont laissés convaincre qu'ils avaient le triste monopole de conflits interethniques!
Certes, dans la très occidentale Belgique, il n'y a ni machette, ni lance, ni couteau, ni fusil pour en découdre entre Wallons et Flamands. Dieu merci, les scènes de ménage entre ces deux communautés linguistiques se règlent autour d'une table -le compromis à la belge- ou dans les urnes.
Reste que près de deux siècles de vie commune au sein d'un même Etat n'ont pas suffi à un pays industrialisé et démocratique par surcroît, comme la Belgique, de solder les rivalités ethniques. Un constat qui devrait amener les capitales occidentales et leurs techno-structures à être un tantinet modestes dans leur appréciation des conflits intercommunautaires ça et là en Afrique.
José NAWEJ












































EDITION N°°3629 du JEUDI 11 JUIN 2010
A LA UNE
Clôturant la quéstion l'interpellation du Premier ministre sur les décrets conférant le statut d'agglomération et commune à certaines villes du pays

Le Sénat accorde son satisfecit à Adolphe Muzito
«Vous avez agi en grand et vous êtes grand». C’est ainsi que s’est exprimé hier, le Sénateur Patrice Aimé Sessanga, dans sa replique aux reponses du Premier ministre Adolphe Muzito aux préoccupations des membres de la Chambre haute, subsidiaires à la question orale avec débat autour des décrets conférant le statut d’agglomération et de commune à certaines villes du pays. l’auteur de la question qui n’a pas caché son satisfecit a, par ailleurs, déclaré que le droit du gouvernement est d'être à l'écoute de la population.
Des décrets conférant le statut d'agglomération à certaines villes du pays ne remplissant pas les conditions nécessaires seront retirés. Par contre, les autres décrets de la même série seront modifiés. C'est ce qu'a déclaré hier, le Premier ministre Adolphe MUZITO. En effet, les violons se sont enfin, accordés entre le Gouvernement et les sénateurs au sujet de ces décrets. Ceux des ces décrets ne remplissant pas les conditions seront retirés ou modifiés. Le Gouvernement, par le biais du Premier ministre Adolphe Muzito, a sollicité l'implication des sénateurs dans le travail de la Commission technique déjà à pied d'œuvre. Cette structure est chargée d'examiner les observations aux décrets décriés.
Concernant, les décrets qui ont fait l'objet de l'interpellation, le Premier ministre n'est pas allé par quatre chemin pour rassurer les membres de la chambre haute : " Si certains décrets peuvent faire l'objet de modification, pour d'autres, s'il est établi, au cas par cas, que la condition relative à l'avis de l'Assemblée Provinciale n'a pas été respectée quant au fond et à la forme, la solution du retrait s'imposera ". Surpris du fait que le Gouvernement a accédé à la demande des sénateurs, l'initiateur de l'interpellation s'est dit satisfait et a félicité l’Exécutif national. " En prenant une telle décision de faire souffrir les décrets du Premier ministre, sincèrement, le Chef du Gouvernement a agi en grand et il est grand. Il a écouté les observations des représentants de la population. Pour cela vous méritez mes félicitations ".
Quant à l'installation de nouvelles provinces, Adolphe Muzito a noté qu'il s'agit de la volonté du Chef de l'Etat et du Gouvernement de finaliser le processus de décentralisation, gage du développement du Congo. " Il n'est donc pas de l'intérêt du Gouvernement de vouloir retarder volontairement l'installation des provinces comme l'ont prétendu certains sénateurs ", a ajouté le Chef du Gouvernement avant d’indiquer qu'une telle démarche est dépourvue de tout intérêt pour le Gouvernement et lui-même. Adolphe Muzito a reconnu que l'installation de nouvelles provinces aurait pu être effective à la date du 15 mai 2010 mais le Gouvernement s'est buté à certaines contraintes, notamment les lois et les moyens financiers. Pour le Chef de l'Exécutif central, la question essentielle aujourd'hui est la modalité d'installation des nouvelles provinces. L'alinéa 1er de l'article 226 de la Constitution étant devenu caduc, a souligné Muzito, faisant ainsi allusion à la réunion interministérielle qui avait proposé la modification de cet alinéa en ramenant la question à une loi de programmation pour résoudre le problème du découpage.
De son coté, le sénateur Patrice Sesanga pense qu'au sujet des nouvelles provinces, avant de faire un calendrier, il faut qu'il ait un même entendement des termes découpage, installation et décentralisation. Selon lui, le concept «installation» renvoie aux institutions provinciales et non aux provinces comme entités. On fait ainsi allusion aux assemblées et autres structures provinciales et cela n'appelle pas des milliards. " Les chiffres avancés me faisaient peur ", affirme-t-il avant de poursuivre qu'avec peu de moyens on peut parvenir au découpage. Par ailleurs, indique le sénateur Sesanga le découpage a été déjà fait en ce qui concerne les 26 provinces. Il n'est plus un exercice préalable pour l'installation des provinces. Il affirme également que les limites des provinces sont connues depuis l'époque coloniale. Il illustre sa thèse par l'élection des sénateurs qui n'a posé aucun problème. Le terme décentralisation devrait être utilisé pour les entités territoriales décentralisées. Si on est arrivé à dépasser le délai pour ce qui est de l'installation des provinces, il a pointé du doigt le Gouvernement qui a placé les gens devant un fait accompli. «Il n'y a pas d'autres issues que de réviser la Constitution parce que les provinces doivent être installées».
La main sur le cœur, l'auteur de l'interpellation a terminé son propos en ces termes : " En initiant cette question, le sénat n'avait pas pour objectif de chercher la tête du Premier ministre parce qu'il n'a pas de marteau. Vous avez la responsabilité politique de faire souffrir les décrets. Mais, quant à l'installation des provinces, ne confondez pas avec le fonctionnement des provinces ". Dina BUHAKE

REPONSES DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE AUX QUESTIONS DES HONORABLES SENATEURS RELATIVES A L'INTERPELLATION DE L'HONORABLE PATRICE AIME SESANGA
Me présentant pour la deuxième fois devant votre auguste Assemblée, je voudrais, avant toute chose, vous exprimer à nouveau les sentiments de joie et de satisfaction qui m'animent.
Les questions que vous m'avez posées après mes réponses à l'interpellation de votre collègue, l'Honorable Patrice-Aimé SESSANGA, traduisent, par :
- leur nombre ;
- leur qualité ;
- leur pertinence ;
- mais aussi les matières abordées ;
l'intérêt que vous attachez au devenir de notre pays et à la collaboration constructive entre le Parlement et le Gouvernement.
Maintenant qu'il me faut répondre à vos préoccupations, la question qui se pose est celle de savoir si :
- je dois répondre à chacune d'elles de manière isolée ;
- ou, si au contraire, je dois répondre aux grandes questions thématiques qui résument l'ensemble de vos soucis, à savoir :
o les soucis relatifs aux décrets conférant le statut de ville et de commune ; et
o ceux concernant l'installation de nouvelles Provinces
La deuxième voie me paraît comme la plus indiquée étant donné qu'à l'analyse, plusieurs de vos questions se recoupent.
De ce point de vue, l'inventaire des questions thématiques nous donne :

I. Au titre des décrets conférant le statut de ville et de commune, les cas suivants:
1. La validité des avis des Assemblées Provinciales ;
2. L'implication des Gouverneurs de Province ;
3. Le sort à réserver aux décrets décriés ;
4. L'étendue de la compétence de la commission technique en rapport avec l'installation de nouvelles Provinces ;
5. L'implication des Sénateurs dans le processus;
6. Le cas d'omission d'ériger l'agglomération de Tshela dans le Bas-Congo en ville ;
7. Le cas du rattachement de la cité de N'Sele dans le Bas-Congo à la ville d'Inkisi ;
8. Les cas des agglomérations d'Aru, d'Ariwara et d'Ingokolo dans la Province orientale ;
9. Le Transfert de 4 Territoires dont les chefs-lieux sont devenus des villes dans la Province du Katanga ;
10. L'opposition des chefs coutumiers du Nord Kivu à l'érection de nouvelles entités rurales en communes et en villes ;
11. Le cas de l'Aéroport de Kalemie ;
12. L'irrégularité des avis donnés par l'Assemblée Provinciale du Maniema avec le Gouverneur de Province ;
13. Le cas des agglomérations du Kasaï occidental érigés en villes ou communes mais ne remplissant pas les conditions.

II. Au titre de l'installation de nouvelles Provinces, les cas suivants ont été relevés :
1. La sanction du défaut d'installation de nouvelles Provinces dans le délai constitutionnel de 36 mois ;
2. L'inconstitutionnalité des actes posés par les Gouverneurs de Province actuels au-delà du délai constitutionnel d'installation de nouvelles Provinces ;
3. La justification du retard mis à élaborer et à soumettre les projets de lois de mise en œuvre de la décentralisation au Parlement ;
4. Les préalables économiques et financiers à l'installation de nouvelles Provinces;
5. Le cadre juridique de la poursuite de l'installation de nouvelles Provinces ;
6. Le plan pour l'installation de nouvelles Provinces : progressif, sectoriel ou par Province ? ;
7. La nécessité d'un consensus national sur la décentralisation ;
8. L'implication des Sénateurs dans cette installation.

S'agissant des réponses aux questions relatives aux décrets conférant le statut de ville et de commune, les Honorables Sénateurs attendent de connaître, au regard des griefs articulés, le choix du Gouvernement entre le retrait des décrets ou leur modification.
A ce sujet, si nous sommes d'accord sur le fait que l'essentiel, c'est le résultat et non la voie qui y mène, l'option du Gouvernement sera déterminée à la lumière des observations et de nouveaux éléments recueillis et à recueillir.
Si certains décrets peuvent faire l'objet de modification, d'autres pourront, s'il est établi, au cas par cas, que la condition relative à l'avis de l'Assemblée Provinciale n'a pas été respectée quant au fond et à la forme, la solution du retrait s'imposera.
En tout état de cause, je tiens à souligner ce qui suit :
1) Sans être légalement compétents en matière d'avis, les Gouverneurs de Province sont sollicités à raison de leurs attributions constitutionnelles et légales conformément aux dispositions des articles 195 de la Constitution, 6 et 28 de la loi du 31 juillet 2008, portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des Provinces ;
2) La Commission Technique à pied d'œuvre au Gouvernement a pour mission d'examiner les observations aux décrets décriés et de nous proposer des options à lever entre le retrait ou la révision de ceux-ci. D'où la contribution des Honorables Sénateurs sera d'importance.
Cette commission n'a donc pas de compétence en ce qui concerne l'installation de nouvelles Provinces.
3) S'agissant de l'implication des Sénateurs, je réitère que votre qualité de représentant de Province vous donne vocation à vous impliquer aussi bien dans la prise des décrets conférant le statut de ville et de commune que dans l'examen par la commission technique sus évoquée des griefs contre les décrets déjà pris.

Avant de répondre aux questions relatives à l'installation de nouvelles Provinces, je tiens à vous rappeler que dans son discours du 07 décembre 2009 devant le Congrès sur l'état de la Nation, Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'État, a fixé la représentation nationale et l'opinion tant nationale qu'internationale, sur la décentralisation en prononçant ces mots qui ont valeur de ligne de conduite et de boussole politique :
Je cite le Chef de l'État : "Sans remettre en cause le principe de la décentralisation, l'autre contradiction majeure à résoudre est celle qui oppose, d'une part, l'exigence de la mise en œuvre, dans les délais prévus, d'une décentralisation d'essence constitutionnelle, assortie du découpage du territoire national en 26 Provinces et d'autre part le double impératif de garantir la viabilité de toutes ces Provinces au regard de la modicité des ressources disponibles et de consolider au préalable l'autorité de l'Etat à peine rétablie, dans un environnement où les forces centrifuges n'ont pas nécessairement dit leur dernier mot ". Fin de citation.

J'en arrive aux questions relatives à l'installation de nouvelles provinces.
Je voudrais à ce sujet souligner ce que j'ai indiqué à l'occasion de mes réponses à l'interpellation de votre collègue, l'Honorable Patrice-Aimé SESSANGA.
Il s'agit de la volonté du Chef de l'État et du Gouvernement de finaliser le processus de décentralisation, gage du développement de notre pays.
Or, à en juger par certaines de vos questions, le Gouvernement est suspecté d'avoir volontairement retardé l'installation de nouvelles Provinces.
Une telle démarche est dépourvue de tout intérêt pour le Gouvernement et moi-même.
Elle est vouée à l'échec face au Parlement qui nous a démontré à quel point il peut être vigilant sur les questions d'intérêt national.
Il est vrai que l'idéal aurait été de voter et de promulguer en temps utile toutes les lois prévues par la Constitution pour la mise en place de la décentralisation.

Dans ce cas, l'installation de nouvelles provinces aurait été effective au 15 mai 2010.
Si cet idéal ne s'est pas accompli, c'est parce que le Gouvernement a eu à faire face à des contraintes.
Ainsi, sur l'ensemble des lois de mise en œuvre, une bonne partie a été votée et promulguée et d'autres attendent l'examen par le Gouvernement mais aussi par le Parlement.
Je vous invite donc à ne pas douter de la bonne foi et de la bonne volonté de votre Gouvernement.
Aujourd'hui, la question essentielle c'est de savoir comment installer les nouvelles provinces.
C'est là que vos différentes questions sur la base juridique nécessaire pour la poursuite de l'installation de nouvelles Provinces trouvent leur sens.
À cet égard, nous n'avons pas d'autre choix que de reconnaître la justesse de la position de la réunion interinstitutionnelle du 27 mars 2010 sur la question du découpage territorial.
L'interinstitutionnelle a pris position en ces termes.
Je cite : " Devant l'impasse résultant de l'insuffisance du temps matériel et des ressources nécessaires à la mise en œuvre dans les délais prévus de l'article 226, alinéa 1er de la Constitution, l'interinstitutionnelle propose la modification de l'article 226 alinéa 1er de la Constitution en ramenant la question de la programmation du découpage à la compétence de la loi. " Fin de citation.

Dans l'attente de cette révision, il faut, de mon point de vue, trouver dans le principe de la continuité de l'État, la réponse aux appréhensions sur le statut transitoire des provinces et de leurs institutions.
Quoiqu'il en soit, c'est à toutes les institutions qu'il appartient, chacune selon sa compétence, d'œuvrer à la recherche de la solution.
Cela étant, est-il encore opportun de revenir sur les préalables économiques et financiers.
Je m'en voudrais d'éluder cet aspect de choses.
L'intérêt aujourd'hui, me semble-t-il, n'est pas de vous abreuver de chiffres au-delà de ceux qui vous ont déjà été communiqués, mais de noter la différence entre :
1) les dépenses d'installation qui sont de nature non récurrente et pour lesquelles les ressources peuvent être mobilisées pendant un ou plusieurs exercices budgétaires dès lors qu'elles sont inscrites au budget d'une part ; et
2) d'autre part, les dépenses récurrentes, c'est-à-dire celles liées :
o) au fonctionnement ;
o) et aux rémunérations dans les domaines de compétence exclusive, à savoir, la santé, l'enseignement, l'agriculture et le pouvoir coutumier.

Ceci nous ramène aux critères de viabilité ou mieux de la capacité contributive de chaque province à se prendre en charge.
Ce qui nous amènera à opter, s'agissant des critères d'installation de nouvelles provinces, soit pour le principe de progressivité ou encore pour celui de l'adaptation de chacune d'elles à sa capacité contributive, tout en levant définitivement l'option sur le principe de solidarité nationale ou de la retenue à la source.
Constatant que le Gouvernement n'a pas suffisamment communiqué sur les implications économiques et financières de l'installation de nouvelles provinces, je prends l'engagement de faire en sorte que par :
- des séminaires ;
- des ateliers ;
- des conférences ;
- et divers autres forums,
les élus tant nationaux que provinciaux soient suffisamment informés et sensibilisés sur les enjeux de la décentralisation.
Les Honorables Sénateurs ont raison d'insister sur le consensus national.

En effet, les débats à l'occasion de la question orale et de l'interpellation de l'Honorable Patrice-Aimé SESSANGA démontrent à quel point nous avons besoin de tendre vers ce consensus pour réussir notre processus de décentralisation.
Au sujet de votre implication dans l'installation de nouvelles provinces, ici, comme pour les décrets conférant le statut de ville et commune, vous avez vocation d'intervenir dans la recherche des solutions afin que, main dans la main, dans la collaboration constructive, toutes les institutions tant nationales que provinciales poursuivent et achèvent la mise en œuvre de la décentralisation.
Aux problèmes qu'impliquent les décrets décriés, j'ai suggéré pour solution la commission technique instituée par le Gouvernement.
Celle-ci, avec la contribution de tous, continuera à prendre en charge toutes les observations et revendications.
Les décrets qui nécessitent le retrait les seront sans atermoiement.
Quant aux autres, ils feront l'objet des actes de révision.

S'agissant de la problématique de l'installation de nouvelles provinces, l'article 226 étant caduque aujourd'hui, nous sommes bien obligés de donner au processus un nouveau cadre juridique qui passe par la révision de la Constitution d'une part et d'autre part, le vote d'une loi de programmation.

La loi de programmation comprendra :
1. un calendrier des repères à observer notamment, la série d'actes législatifs et réglementaires restants et à mettre en place comme soubassement devant accompagner l'installation de nouvelles provinces ;
2. des critères et principes qui vont présider à l'installation des nouvelles provinces et sur lesquels un consensus national est nécessaire à travers votre Institution.
Il s'agit des principes et critères ci-après :
o) principes de solidarité nationale ou de retenue à la source ;
o) principes de progressivité ou d'adaptation de nouvelles provinces à leur capacité contributive.
Le débat soulevé à l'occasion de l'interpellation de votre Collègue Patrice-Aimé SESANGA, nous a permis de discuter de manière sereine et constructive sur les questions vitales pour notre Nation que sont : la décentralisation et l'installation de nouvelles provinces.
Pour terminer, je suis d'avis que sous l'impulsion du Chef de l'Etat, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA, nous évoluerons la main dans la main pour la réussite du processus de décentralisation. Je vous remercie

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Suite à l’absence des membres de la commission Aménagement du territoire et Infrastructures

Assemblée nationale : la plénière reportée
La séance plénière convoquée hier à l'Assemblée nationale n'a pas eu lieu. Et pour cause, les membres des commissions politique, administrative et judiciaire (PAJ) et Aménagement du territoire et Infrastructures ont brillé par leur absence. Ce qui a constitué un véritable blocage dans la mesure où les matières à traiter au cours de cette plénière devraient être présentées par les deux commissions.

Il s'agit, pour la première commission des enrichissements des amendements devant permettre aux députés de procéder au vote du projet de loi organique portant code de l'organisation et des compétences judiciaires dont l'examen et le vote article par article étaient inscrits à l’ordre du jour de la plénière de mardi dernier. La deuxième commission, elle, examine le projet de loi relative à l'aviation civile. Etant donné que les deux matières étaient de la séance d'hier, et que l'absence très remarquée des membres des deux commissions n'a pas faciliter la deuxième vice-présidente de l'Assemblée nationale, Georgine Madiku, qui devrait présider la plénière, en l'absence du président Evariste Boshab et du premier vice-président Boris Mbuku. Qu'est-ce qui justifie exactement l'absence des membres desdites commissions alors qu'ils étaient bel et bien au courant de cette séance plénière convoquée pour l'examen et le vote des projets des lois leur soumis par l'Assemblée nationale ? A toutes ces questions, les réponses obtenues ont été divergentes. Pour la plupart des députés, "les matières prévues à l'ordre du jour sont purement techniques. Il est important que les membres des commissions s'y mettent sérieusement pour présenter un travail bien étayé ". D'autres estiment simplement que certains membres des commissions n'ont pas terminé le toilettage des amendements leurs soumis par les députés lors des débats généraux.
" Nous regrettons simplement le fait qu'il ne reste que quatre jours pour clôturer cette session. Or, nous aurions voulu terminer un certain nombre de lois. Mais, voilà que les membres des commissions nous bloquent ", ont regretté deux députés de la Majorité. Ce qui est vrai, c'est que concernant par exemple le projet de loi organique portant code de l'organisation et des compétences des juridictions de l'ordre judiciaire, il ne reste que l'examen de quelques amendements devant permettre aux élus du peuple de procéder au vote de l'ensemble de la loi.
Dorian KISIMBA

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Situation sécuritaire en RDC

La situation est relativement calme en dépit de quelques poches de résisitance, selon la Monuc
La rencontre Monuc-presse de mercredi dernier a porté notamment sur la situation militaire en RDC. Le porte-parole de la mission onusienne a indiqué qu'au Sud-Kivu, les régions de Shabunda et de Bunyakiri sont restées des zones ciblées par les activités des groupes armés.

Au Nord-Kivu poursuit la Monuc, la source majeure de préoccupation la semaine dernière a été les actions des ex-éléments du CNDP dans la région orientale de Masisi et de Kitchanga, et dans une moindre mesure, dans la région de Minova située dans la partie Nord du Sud-Kivu.
Autre chose abordée au cours de ce point de presse est la réalisation des projets à impact rapide. La Monuc a remis le mardi 8 juin, des matériels informatiques à la maison communale de Lemba. Ces matériels qui rentrent dans le cadre de projets à impact rapide est composé de 4 stabilisateurs, un groupe électrogène, 4 ordinateurs, 4 onduleurs ainsi que d'une imprimante et d'une photocopieuse. Ce projet d'un coût de 7.425 USD a été parrainé par la Section des Affaires civiles de la Monucsco, et exécuté par l'ONG «Centre d'actions intégrées pour le développement communautaire». A entendre le porte-parole de cette institution, ce projet vient non seulement en appui aux services administratifs de la commune de Lemba, qui est une entité nouvellement décentralisée mais aussi et surtout a-t-il poursuivi, en appui à la population de plus de 265.000 habitants de cette commune qui héberge l'Université de Kinshasa, qui, elle compte plus de 260.000 étudiants cette année. M. MUSAU

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Abandonnés à leur triste sort

Les agents de LAC fêteront le cinquantenaire avec près 200 mois d’arriérés de salaires
*Pour illustrer ce tableau sombre, les statistiques indiquent, de 2003 à 2010, 535 agents, 274 épouses et 359 enfants décédés, soit un total de 1168 décès sur une période de 7 ans.
Agents et cadres des Lignes aériennes congolaises (LAC) sont à bout de souffle. Pour cause, leurs arriérés de salaires totalisent, à ce jour, près de 200 mois. C’est ce qui justifie la lettre ouverte que la délégation syndicale nationale et le collectif syndical des cadres ont adressée, le lundi 07 juin dernier, au chef de l’Etat, aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, au Premier ministre, à plusieurs ministres, à la Monuc et à cinq ambassadeurs accrédités en RDC (Etats-Unis d’Amérique, France, Allemagne, Grande Bretagne et Belgique).
Dans cette correspondance, les pauvres travailleurs lancent un cri d’alarme en guise d’interpellation à la conscience nationale et à la communauté internationale sur le «drame social qui extermine notre communauté dans le silence et l’indifférence de tous». Ce drame, rappellent-ils, «remonte à l’année 1991, après que l’Etat congolais propriétaire de l’entreprise ait dépossédé sa compagnie aérienne de presque toute sa flotte laissant sans outil de travail son personnel hautement qualifié et techniquement expérimenté, formé dans les meilleures écoles et compagnies d’aviation du monde et qui faisait la fierté du pays et de l’Afrique entière».
Depuis, indiquent-ils, «des mois se sont écoulés, des années entières se sont succédées, deux décennies comptées, les agents et cadres des LAC survivent sans salaire et ce, en dessous du seuil de pauvreté absolue. A ce jour, près de deux cents mois d’impaiement et d’arriérés se sont accumulés. Malgré cela, bon nombre d’agents et cadres sont restés attachés à leur entreprise, protégeant ce qui reste du patrimoine, s’activant à produire ce qui pouvait l’être encore».
Cette situation, expliquent-ils, a eu pour conséquences la dislocation de nombreux foyers, la perte de logement, la déperdition scolaire des enfants, l’abandon des veuves et des orphélins, le vieillissement précoce du personnel, la sous-alimentation et la malnutrition, un taux de morbidité parmi les plus élevés des entreprises, un taux de mortalité du personnel et des membres de familles inconcevable dans un monde civilisé, un suicide par pendaison d’un agent dans son bureau et tant d’autres .
Les statistiques indiquent même que, de 2003 à 2010, 535 agents, 274 épouses et 359 enfants sont décédés. Soit, un total de 1168 décès sur une période de 7 ans avec des moyennes annuelles de 169 décès et mensuelle de 14 décès, un cas de décès tous les deux jours. «Combien fraudrait-il encore de morts pour que la situation des agents et cadres des LAC arrive à émouvoir vos consciences? Combien faudrait-il encore de déchirements des foyers, des enfants sans toit et non scolarisés, veuves et orphélins abandonnés à leur triste sort afin que vos regards se penchent finalement sur ce drame qui perdure», lancent les travailleurs de LAC. M.M.

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22ème Ecole avancée de Neurosciences en Afrique
Les participants ont appris de nouvelles connaissances sur la nutrition et la toxicité du manioc mal traité
C'est depuis le mercredi 9 juin que la République Démocratique du Congo (RDC) accueille la 22ème école avancée de neurosciences en Afrique, sousle thème : "Toxicité nutritionnelle ". Le terme " école avancée " tient compte de la qualité des participants venus de plusieurs pays d'Afrique, notamment : la RDC, le Rwanda, le Cameroun et l'Ethiopie, et qui sont pour la plupart des médecins ou des détenteurs de diplôme de sciences bio-médicales. Ils pourront, pendant cinq jours de formation, bénéficier de l'expertise et de l'expérience des éminents professeurs d'Université, en provenance de l'Italie, de l'Afrique du Sud, des Etats-Unis, de la France, de la Norvège et de la Belgique, en ce qui concerne des connaissances sur les problèmes liés à la toxicité du manioc mal traité et à la malnutrition.
Le docteur Tshala Katumbay Désiré, chercheur à Oregon Health and Science University, à Portland aux Etats-Unis, professeur associé à l'Université de Kinshasa (UNIKIN) et organisateur principal de ce 22ème séminaire avancé de neurologie, en co-organisation avec le Pr. Docteur J.C. Mwanza (University of Miami, Floride/USA), le Pr. Kazadi Kayembe (RDC) et le Docteur Okitundu Luwa (RDC), ont expliqué le bien-fondé de ce genre d'activité : " IBRO (International Brain Research Organization) sponsorise cette formation à travers le monde entier pour aider les pays en voie de développement à acquérir les capacités de compréhension sur les maladies qui affectent le cerveau, que ce soit pour les enfants ou pour les adultes".
Dans les villages africains, le manioc amer est d'abord trempé dans l'eau pendant quatre jours, puis séché au soleil avant de le moudre pour faire la farine (fufu). Si ce processus n'est pas respecté, les substances toxiques ne seront pas détruites. Cela entrainera dans la consommation alimentaire des maladies comme le goitre, les retards de développement physique et intellectuel ainsi que les paralysies comme la maladie connue sous le nom de "Konzo" dans la province du Bandundu. C'est ainsi que l'appel a été fait aux élites intellectuelles comme le Docteur Kathleen Michels, les Professeurs Sharon Juliano et Janis Weeks (USA), Marina Bentivoglio (Italie), le Pr. Willie Daniels (RSA) et le Norvegien Thorkid Tylleskär, en vue d'apprendre aux participants les meilleures approches pour aborder cliniquement les malades. " On pourra également faire comprendre aux participants quel diagnostic à faire si le malade se présente, mais aussi s'il faut mener des recherches, quelle méthode suivre pour aboutir aux meilleurs résultats", ont-il ajouté.
Interrogé pour savoir si c'est le déficit des connaissances scientifiques au niveau des Etats africains, en général, et particulièrement en RDC, qui est à la base de cette formation, le Dr. Tshala ne partage pas du tout cet avis : " Avant d'aller en Suède pour mes études doctorales, puis aux USA pour des études postdoctorales, j'ai été formé d'abord à l'UNIKIN et au CNPP, où j'ai fait également des recherches sur les problèmes de nutrition et de toxicité. Mais les recherches telles qu'elles avancent sur le plan mondial, laissent l'Afrique avec un certain retard, qui a certainement un impact négatif sur la santé des populations et le développement socioéconomique. D'où l'importance de telles activités en vue de mettre ce continent au diapason de tous les autres continents du monde". Par ailleurs, le Docteur Tshala rentre chaque année au pays en ramenant dans son sac des équipements pour le laboratoire ainsi que des activités pouvant aider à encadrer des jeunes apprentis.

Effets attendus
Au sortir de ce séminaire avancé, pense le Dr. Tshala, les participants qui sont beaucoup plus des jeunes, pourront devenir des modèles, des citoyens lumineux pour leurs pays respectifs, dans le domaine de la recherche biomédicale, de l'enseignement et de l'entraînement des jeunes, en vue de perpétuer le développement de génération capable d'affronter les problèmes de santé publique que l'Afrique est en train de traverser. Néanmoins, martèle-t-il, la RDC ne doit pas se leurrer pour manque d’infrastructures médicales car, " on doit toujours continuer à travailler. Les matériels peuvent suivre. Mais l'importance doit être l'instruction, un cerveau qui fonctionne bien pour qu'au moment où les moyens sont mobilisés, le décollage ne soit entaché d'aucun vice ", a-t-il lâché.
Par ailleurs, hormis le sponsor principal " IBRO ", cette initiative a connu également le soutien des autres organismes internationaux, tels : le NIH/NIEHS/Fogarty International center ; la Fondatin Mzee Laurent Désiré Kabila ; le TWMRF (Third World Medical Research Foundation), ainsi que l'apport du gouverment congolais, à travers le ministère de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU), dont le ministre Mashako Mamba a chaleureusement accueilli les participants.. Rocco NKANGA

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Rétombées de la rencontre entre le ministre Maj Kisimba et les députés du Kasaï oriental

L'existence de la ville de Mbuji-Mayi et la survie de la MIBA au centre d'une table-ronde
Le ministre des Affaires foncières, Maj Kisimba Ngoy, a proposé aux députés nationaux élus de la province du Kasaï-Oriental, qu'il a reçus hier jeudi dans son cabinet de travail, la tenue d'une table ronde pour débattre de la problématique foncière de cette province, notamment du dossier de l'entreprise minière MIBA et de la ville de Mbuji-Mayi menacée par les érosions
Les députés élus du Kasaï Oriental ont exprimé leur crainte de voir la Miba, comme la ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province, disparaître compte tenu de la situation qui se pose sur le terrain, à savoir le lotissement de la concession minière et les érosions qui menacent la ville.
Pour le président des députés élus de cette province, l'Etat doit se saisir du dossier Miba vu la procédure engagée dans la rétrocession d'une partie de la concession de cette entreprise dont la réhabilitation repose sur les réserves de sa concession qu'on continue de scier. Le problème se pose également sur la ville de Mbuji-Mayi qui, sans canalisation, est appelée à disparaître. Le souci des députés est de savoir s'il faut continuer à créer des lotissements sur cette ville ou étudier les voies et moyens de la déplacer. C'est pourquoi, a dit le président des députés élus, la proposition du ministre des Affaires foncières de convoquer une table ronde est la bienvenue pour cerner ensemble les problèmes fonciers de la province.
En ce qui concerne les conflits entre tribus, les élus du Kasaï Oriental regrettent l'absence, de la part de l'Etat d'une politique de prévention. «Il traine les pieds pour laisser les conflits surgir avant d'intervenir». Ils ont également émis le vœu de voir l'Etat rentrer dans ses droits en ce qui concerne les biens immobiliers qui, du reste, sont inaliénables.

La table ronde regroupera les élus de la province, l'autorité territoriale, les chefs coutumiers et autres notables de la province ainsi que les experts de l'urbanisme et habitat. Les députés ont profité de l'occasion pour féliciter le ministre des Affaires foncières pour les efforts qu'il ne cesse de déployer en vue de moderniser son secteur et de le rendre efficace. Ils ont loué cette initiative de les rencontrer. Ce qui démontre sa volonté de consulter ceux qui sont en contact permanent avec la population qui affronte quotidiennement le problème foncier.
Le dossier de spoliation de l'Ecole Kabinda
Le ministre des Affaires foncières a été également saisi du dossier de spoliation de l'école primaire située sur le croisement des avenues Kabinda et Plateau dans la commune de Kinshasa.
Le président de l'organisation " SOS Kinshasa", Leny Ilondo, a soumis ce dossier au ministre Maj Kisimba Ngoy, a dit qu'il est du devoir de protéger ce patrimoine dans l'intérêt de la jeunesse, avenir du pays. Néanmoins, a-t-il affirmé, il a reçu les assurances du ministre des Affaires foncières qui lui a promis une décision concertée avec son collègue de l'enseignement primaire et secondaire. FDA

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Un diplomate américain nommé "patron" de l'ONU en RDC
Un ancien ambassadeur américain à Kinshasa, Roger Meece, a été désigné mercredi comme nouveau représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) et "patron" de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), ont annoncé les Nations Unies.
M. Meece remplacera le diplomate britannique Alan Doss, dont Kinshasa avait demandé le départ et qui partira à la retraite le 30 juin prochain.
La MONUC, qui est actuellement la plus importante mission onusienne de maintien de la paix deviendra le 1er juillet la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUCSO) avec un mandat revu et axé sur deux tâches essentielles: le maintien de la paix dans l'est du Congo et la consolidation de la paix dans l'ensemble du pays, en vertu de la resolution 1925 adoptée le 28 mai.
M. Meece, nommé mercredi par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est un diplomate américain de carrière. Il a été ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa de 2004 à 2007.UN

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Retombées de la suspension controversée des mandataires de l'IOgefrem

Le PPRD Kwango en colère !
La suspension des mandataires de l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM), dont le directeur général Emile Ngoy Kasongo et le directeur général adjoint Anatole Ikwa, ne cesse de susciter des réactions dans l’opinion. La dernière en date est celle du PPRD/Kwango qui n’entend pas cautionner le limogeage de son seul mandataire public sans aucune motivation à travers une suspension jugée illégale. Une affaire qui risque de créer des remous dans ce district où l’on accuse déjà un parti politique rival de chercher à déstabiliser le parti présidentiel.
La suspension «illégale» du Dg et du Dga de l’Ogefrem continue à faire des vagues. S’invitant à la «fête», le PPRD/Kwango n’y va pas par le dos de la cuillère pour élever une très vive protestation. C’est de la sorte que cadres et sympathisants du PPRD/Kwango, réunis dernièrement à titre informel, expriment leur colère parce qu’on a suspendu l’unique mandataire public de leur coin. Des sources proches de cette fédération du PPRD renseignent que le Dga Anatole Ikwa a été suspendu sans respect de la procédure, ni motivation.
Car, indique-t-on, «une telle mesure devrait, en aval, recueillir le quitus du Gouvernement, c’est-à-dire passer par le Conseil des ministres pour que, après débats et délibérations, la ministre des Transports signe son arrêté en bonne et due forme. Si la révocation et la nomination des mandataires publics demeurent du ressort du chef de l’Etat, la suspension doit requérir l’aval du Conseil des ministres avant que le ministre ayant dans ses attributions les Transports et voies de communication ne matérialise la décision du Conseil. Et ce, conformément à l’article 18 du décret n°09/63 du 03 décembre 2009 fixant les statuts de l’établissement public dénommé «OGEFREM». Pour le cas d’espèce, dénonce-t-on au PPRD/Kwango, il y a donc eu violation des statuts de l’Ogefrem et aussi du pouvoir régalien du Chef de l’Etat.
Cadres et sympathisants du PPRD/Kwango déclarent que le suspendu (Dga) est un cadre à l’expertise avérée dans le domaine de transport maritime et portuaire, appelé à un brillant avenir tant dans les milieux de l’Ogefrem que de l’Onatra où il a, du reste, laissé une très bonne impression. Mais, «que reproche-t-on donc au Dga», s’interrogent cadres et sympathisants du PPRD/Kwango qui protestent contre cette décision surtout qu’un «parti concurrent en alliance avec l’AMP avait été voté massivement au Kwango, mais n’a réservé que des menus fretins au Kwango». Le seul poste de mandataire actif obtenu par le Kwango, précise-t-on, l’a été grâce au Chef de l’Etat pour la visibilité politique dans ce district de la province du Bandundu.
«Ajouter à cela une suspension non méritée, il y a de quoi raviver la colère du PPRD/Kwango. Il faut corriger cette erreur», tranche-t-on. D’ailleurs, poursuit-on, «au nombre de quelques rares postes attribués au Kwango, il y a le vice-ministère aux Affaires étrangères, l’ambassade de la RDC en Italie et, enfin, le poste de Dga de l’Ogefrem qu’on tente de nous arracher. Et la-dessus, il y a un problème, celui du respect de la forme, des textes légaux».
Sous un angle politique, cadres et sympathisants du PPRD/Kwango indiquent que cette suspension tend à affaiblir le parti présidentiel au Kwango en prévision de prochaines élections, en le privant d’un pion majeur capable d’apporter un plus au PPRD. «C’est comme si on excluait du match un joueur pouvant faire avancer la cause de son équipe sur le terrain», confiait un cadre du Kwango. «Si cette situation persiste, le chef de l’Etat est mis à rude épreuve avec risque de perdre son pouvoir parce que chaque ministre n’en fera qu’à sa tête surtout lorsqu’un arrêté abroge les dispositions d’une ordonnance présidentielle», redoute-t-on du côté du PPRD/Kwango.
Aussi, cadres et sympathisants du PPRD/Kwango en appellent-ils à une vive réaction du Secrétariat général de leur parti. Ils n’entendent pas lâcher leur unique mandataire pour des «intérêts obscurs». Marcellin MANDUAKILA

*Le PPRD s'implante solidement dans le district de Tshangu
Sur le boulevard Lumumba, entre la place "Pascal " et l'aéroport de Ndjili, à quelques 200 mètres de "Kingasani ya suka ", du côté de la commune de Masina est érigé un immeuble d'un étage, peint en jaune-bleu, sur lequel est écrit " PPRD Fédération Tshangu ".
Au rez-de-chaussée de cet édifice s'observe ces derniers jours un engouement tout à fait inhabituel. Des gens s'y amassent pour lire les listes qui sont affichées à l'une de vitres de ses fenêtres. Celles-ci reprennent les noms des membres des comités de quartiers du PPRD de toutes les communes composant le district de Tshangu. Il s'agit de Ndjili, Kimbanseke, Masina, Nsele et Maluku. Chaque quartier de ces communes est désormais doté d'un comité de quartier composé de 14 membres. Comme quoi, pas un carré de Tshangu sans PPRD.
Interrogé sur ce que sont les membres de ces comités de quartiers, Papy Kabongo, secrétaire permanent de la fédération de PPRD/Tshangu, répond qu'ils sont des dirigeants politiques de quartiers en vue des élections de 2011. Et M. Kabongo de renchérir, " ils sont chargés de vulgariser la pensée de Joseph Kabila sur les cinq chantiers, de recruter les nouveaux adhérents et de battre campagne pour l'élection des candidats du PPRD à tous les niveaux ".
N'en déplaise donc à ceux qui pronostiquent le déluge électoral du PPRD pour "n'avoir pas répondu aux besoins sociaux de base de la population, le PPRD est en train de s'implanter solidement dans le district le plus grand et le plus peuplé de la ville de Kinshasa. Vrai Kokende liboso ezali kokoma te ". Plus tôt on part, plus tôt on a la chance d'arriver. Daniel NTOTO

Enjeux de l'heure
L’assassinat du patron de la «VSV» sétant l'odeur d'un complot

*Le PGR confirme la piste d'un meurtre
Le procureur général de la République, Flory Kabange Numbi a tenu une conférence de presse hier jeudi 10 juin 2010 en rapport avec le dossier relatif au meurtre de Floribert Chebeya. A ce sujet, il a laissé entendre qu'une enquête a été ouverte. Avant de préciser que les premiers éléments de l'enquête montrent déjà la confirmation d'un meurtre. A l'entendre, un meurtre est un acte non prémédité, alors qu'un assassinat est un acte prémédité. S'agissant du cas de Floribert Chebeya, il n'est pas question d'un assassinat, mais plutôt d'un meurtre.
Au stade actuel, a-t-il encore fait savoir, ses services en sont encore à la récolte des données susceptibles d'identifier les auteurs de cet acte ignoble. Car, les enquêtes se poursuivent. A en croire le procureur général de la République, ce n'est qu'à l'issue des résultats des enquêtes qu'on pourra déterminer les auteurs, les complices et les circonstances qui ont entouré ce meurtre.
Répondant aux questions des journalistes concernant la contribution des autres services dans l'enquête de l'identification des meurtriers de Floribert Chebeya, il a expliqué que, jusque là, ses services sont capables d'aller à la fin des enquêtes. Cela, sans pourtant recevoir l'aide des autres services. A propos de l'identification du chauffeur de feu l’activiste de défense des droits de l'homme, Floribert Chebeya, à Mpasa, le PGR a refusé de répondre à cette question. Il a aussi rassuré que son office est effectivement à pied d'œuvre pour connaître la vérité sur les meurtriers de ce défenseur n°1 des droits de l'homme. Contrairement à une certaine opinion qui qualifie son office d'immobilisme, il a indiqué que son organe judiciaire travaille dans le silence.
En d'autres termes, cette communication du PGR fait suite à la mise au point de lundi 7 juin, où il a fixé l'opinion tant nationale qu'internationale sur les questions brûlantes de l'heure. Il s'agit des dossiers qui se focalisent sur l'actualité ces dernières semaines. Le très professionnel Flory Kabange Numbi, au grand risque de favoriser des commérages ou des colportages, a dû sortir de son obligation de réserve à laquelle les magistrats sont généralement astreints. D'où, il a résolu de faire cette deuxième communication dans le strict respect du secret qui entoure naturellement toute investigation, toute instruction préjuridictionnelle.
Comme on peut le constater l'actualité du pays est alimentée par la disparition et la découverte du corps sans vie de l'activiste de droit de l'homme Floribert Chebeya. C'est autour de ce point précis que le PGR a rencontré la presse. D'après lui, on attend le résultat de l'autopsie pour déterminer la cause du meurtre.
Pour rappel, Chebeya a été porté disparu depuis mardi 1er juin dans l'après-midi et le corps du très regretté a été retrouvé sans vie mercredi 02 juin. Simon Simard TSOUMBOU

Affaire Chebeya : toutes les pistes sont à explorer
Après l'émotion internationale suscitée par l'assassinat crapuleux de l'activiste des droits de l'homme Floribert Chebeya, l'opinion est en droit de disposer d'analyses objectives fondées sur les premiers indices disponibles. En effet, les Congolais sont de grands vecteurs de rumeurs, et de grands consommateurs de ragots. A ce stade, il apparaît que le colonel Mukalay n'a pas désigné l'Inspecteur général de la Police Nationale Congolaise John Numbi comme le : donneur d'ordre. Suspendu à titre conservatoire, l'Inspecteur général Numbi n'est pas aux arrêts. Dans l'affaire Chebeya, le gouvernement congolais joue la transparence. Avec le concours d’un criminologue, «Forum des As» scrute les autres facettes. Compilation.
Le Conseil Supérieur de la Défense a suspendu le Général Numbi parce qu'il est le responsable fonctionnel des forces de police et parce que les premiers éléments de l'enquête font état d'une implication d'éléments de la PNC. L'enquête déterminera les circonstances et les manifestations de cette implication, car les premiers indices disponibles revèlent un coup de fil fait le mardi 1er juin à Chebeya, l'invitant à se rendre au siège de la PNC vers 17 heures.

Sur un simple appel téléphonique
Le premier élément discordant de cette affaire se situe dans le fait que le Général Numbi ne s'est pas rendu dans ses bureaux à cette date, et qu'il était en réunion avec de hauts responsables de la sécurité nationale sur les aspects securitaires des festivités du Cinquantenaire de l'Indépendance de la RDC. Fort de ces révélations, un analyste y va de son commentaire: « L'enquête devra confirmer cet alibi, car s'il était avéré, il deviendrait troublant, d'entrée de jeu, que le chef de la PNC se soit désigné comme le principal suspect en faisant convoquer l'activiste des droits de l'homme, retrouvé mort le lendemain, soit le mercredi 2 juin. Ce scénario, qui impliquerait la commission d'un crime d'Etat, ne retiendrait l'attention d'aucun criminologue sérieux, puisque qu'il est une loi universelle que les criminels cherchent avant tout à effacer les traces de leurs crimes et, à plus forte raison, lorsqu'il s'agit de crimes d'Etat ».
Car, en effet, à la date du 1er juin, la famille de l'illustre disparu, ainsi que l'ONG la Voix des Sans Voix et le Réseau Bassin Congo Océan, regroupement des ONG de défense des droits de l'homme de la RDC, du Congo-Brazzaville et de l'Angola, tous étaient au courant du coup de fil fait à Floribert Chebeya, l'invitant à se rendre au siège de la PNC. En début de soirée du mardi 1er juin, alors que Chebeya, attendu par son épouse, ne revenait pas et qu'un message adressé à cette dernière du téléphone portable de son mari la prévenait que le rendez-vous n'avait pas eu lieu et que l'activiste faisait un détour par l'UPN, l'Université Pédagogique Nationale située sur la Route de Matadi, en direction de la Province du Bas-Congo, la communauté mondiale des activistes des droits de l'homme était déjà avertie de ce que Chebeya s'était rendu au siège de la PNC, ainsi que le montrent les messages postés sur le réseau Internet à partir du 1er juin et jusqu'au lendemain 2 juin par une multitude d'organisations de défense des droits de l'homme.
Ces messages renseignaient le fait que Chebeya s'était rendu au siège de la PNC suite à la réception d'un appel téléphonique et qu'il n'avait pas donné signe de vie. Si l'activiste s'était rendu .à la PNC suite à un simple appel téléphonique, cela paraît indiquer qu'il entretenait suffisamment de bonnes relations avec les responsables de la PNC pour ne .pas craindre de s'y rendre sans une forte escorte d'activistes de son réseau, ou à tout le moins sans son avocat, estime un criminologue. Le déplacement au siège de la PNC en l'absence de convocation écrite est un indice qui plaiderait en faveur de relations suivies et constantes. Au demeurant, l'Inspecteur provincial de la PNC, le général Oleko, a qualifié Chebeya de "partenaire" qui attirait régulièrement l'attention de la PNC sur divers cas d'atteintes ou de violations des droits de l'homme par de mauvais éléments de la PNC.
S’il pouvait déranger par ses rapports, Floribert Chebeya était toléré dans son pays. Ses activités dataient de la Deuxième République et il était devenu la principale figure des activistes des droits de l'homme en RDC. Son action en faveur des droits de l'homme s'est étendue sur trois régimes successifs et par la force des choses, Chebeya avait défendu des personnalités politiques de tous les bords. Bien des acteurs politiques de la majorité d'aujourd'hui étaient hier des opprimés auxquels Chebeya a rendu service. Sa collaboration suivie avec les services de la PNC et de l'administration pénitentiaire ne fait aucun doute. Selon les déclarations du vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, Adolphe Lumanu, Chebeya était un "thermomètre " très utile à divers services de police et de l'appareil judiciaire. La thèse du crime d'Etat ne semble pas tenir, car les autorités congolaises ont joué la carte de la transparence en acceptant, à la demande de la famille Chebeya et de la Voix des Sans Voix, l'arrivée d'une équipe de médecins légistes hollandais pour assister à l'autopsie et vérifier qu'elle se déroule conformément aux règles de l'art et qu'aucun indice probant ne sera escamoté par les opérateurs congolais.
Par ailleurs, la dépouille mortelle de Chebeya est gardée conjointement par des éléments de la Police judicaire et de la Monusco. Un Etat coupable n'aurait pas agi de la sorte. Il aurait tergiversé, s'abritant derrière divers prétextes et sa mauvaise foi aurait vite été mise en évidence, comme c'est le cas pour l'Etat d'Israël dans la récente affaire des flottilles coulées alors qu'elles cherchaient à approvisionner la bande de Gaza. Un Etat criminel n'aurait pas donné autant d'indices de sa culpabilité. Chebeya ne savait pas conduire. Son chauffeur était membre de la VSV. Ils étaient partis ensemble au siège de la PNC. L'Inspecteur provincial Oleko, qui dirige la police de Kinshasa, a donné les détails des circonstances dans lesquelles le corps de Chebeya a été retrouvé. Le défunt était menotte mains derrière le dos, allongé sur la banquette arrière de sa voiture, pantalon baissé jusqu'aux genoux. A côté de lui étaient déposés une boîte de stimulants aphrodisiaques, des bouts d'ongles féminins, une mèche de cheveux et des préservatifs.
Cette mise en scène macabre est la marque d'un crime spécialisé qui ne peut avoir été commis que par des agents entraînés à la propagande et à l'intoxication. Car, d'évidence, l'exposition sur la voie publique d'un véhicule contenant une telle mise en scène révèle une volonté de focaliser l'attention de l'opinion sur le seul Chebeya pendant que le corps du chauffeur Fidèle Bazana n’a pas encore été retrouvé. Pourquoi deux traitements différents pour ces deux personnes qui s'étaient rendues ensemble au siège de la PNC ? Cette mise en scène a voulu alerter l'opinion sur la commission d'un crime odieux. Cela ne cadre pas avec la commission d'un crime d'Etat. Cela cadre avec la volonté de nuire à un Etat en salissant son image. Où est le chauffeur Fidèle Bazana, activiste des droits de l'homme lui aussi ?
Pourquoi l'Etat congolais, s'il était coupable, aurait pris le risque de maintenir le suspense autour du sort de Bazana ? Oui, il arrive que les Etats tuent pour des raisons d'Etat, mais alors ils ne signent pas leurs crimes. Jamais. En réalité, l'analyse des éléments de la mise en scène qui entoure la mort de Chebeya indique la volonté de nuire à l'image de la RDC. L'hypothèse du complot contre la RDC doit retenir l'attention des enquêteurs. A la question de savoir si le président Kabila aurait pu donner l'ordre d'éliminer l'activiste congolais le plus influent des droits de l'homme à un mois des festivités du Cinquantenaire de l'Indépendance, focalisant ainsi l'attention de la communauté internationale sur une RDC en pleine reconstruction, une RDC où les opposants débattent librement avec la majorité dans tous les médias, une opposition qui s'exprime librement sur les tribunes parlementaires, à cette question il faut répondre : non. Joseph Kabila n'avait pas besoin de la mort de Chebeya pendant qu'il se préparait à recevoir Sa majesté le Roi des Belges. Il n'avait pas besoin de commanditer un tel crime. Chebeya n'était pas un danger pour les autorités de la RDC, Chebeya n'était pas un danger pour son régime. Bien au contraire, la liberté de mouvement qui entourait ses activités, la confiance avec laquelle il s'est rendu au siège de la PNC montre que l'activiste des droits de l'homme ne craignait rien en s'y rendant, parce qu'il n'y avait rien à y craindre. Joseph Kabila est déterminé à mettre tout en œuvre pour que les coupables soient châtiés devant l'opinion mondiale.
La suspension du chef de la PNC prouve à suffisance que le Président de la République, lui-même commandant en chef des forces armées et de la police, se tient à l'écart de l'enquête. Toute la lumière doit être faite, en toute transparence, à la satisfaction des familles des victimes et de l'ONG la Voix des Sans Voix. Autres questions cruciales : le patron de la PNC John Numbi, aurait-il été capable d'ordonner l'assassinat d'un activiste des droits de l'homme.alors que tout le désignait comme le premier suspect avant même que le corps de la victime ne fut découvert ? Aurait-il pu ainsi livrer le régime, lui le fidèle des fidèles, en pâture à la vindicte de la communauté internationale ? Aurait-il voulu gêner délibérément Joseph Kabila, discréditant un régime dont les avancées démocratiques sont saluées par l'ensemble de la communauté internationale ? A ces questions, il faut répondre : ce n'est pas crédible.

D'autres pistes...
Oui, des éléments de la Police Nationale Congolaise sont apparemment impliqués dans l'assassinat odieux de Floribert Chebeya. Mais, il faut se méfier des apparences. Ceci n'implique pas que l'Etat congolais, ni aucune autorité politique aient ordonné le crime. L'enquête devra suivre toutes les pistes. Chebeya n'était pas seulement le plus célèbre des activistes congolais des droits de l'homme, il était également un grand activiste africain, président du Réseau Bassin Congo Océan, regroupant les ONG actives dans la défense des droits de l'homme en RDC, au Congo-Brazaville et en Angola. Le mardi 1er juin, Chebeya, confie une autre source, avait animé vers 12h, à Kintambo, commune de Kinshasa, au siège de la VSV, une conférence de presse autour du cas de certains activistes angolais des droits de l'homme, arrêtés dans le cadre de l'enquête sur le mitraillage du bus des joueurs togolais dans l'enclave de Cabinda lors de la CAN 2010. La Voix des Sans Voix et le Réseau Bassin Congo Océan prépareraient une marche de soutien pour ces activistes arrêtés par la police angolaise dans la province angolaise de Cabinda.
La Voix des Sans Voix aurait-t-elle dérangé des intérêts étrangers ? Le Réseau Bassin Congo Océan serait-il devenu gênant ? Voilà une autre piste à suivre. Une piste susceptible de retenir l'attention du FBI américain, qui a offert spontanément ses services aux autorités congolaises. Si Chebeya était perçu en RDC comme l'enfant de la maison, ailleurs comment ses activités et celles de la Voix des Sans Voix étaient-elles perçues ? La question de l'enclave de Cabinda est des plus sensibles, ce n'est un secret pour personne.
Le mardi 1er juin, quatre heures après le point de presse de Kintambo, Chebeya reçoit un appel l'invitant à se rendre au siège de la PNC dans l'après-midi qui suit cette conférence. Il y aurait-il un lien de cause à effet ? Il serait utile à l'enquête que la Voix des Sans Voix donne aux enquêteurs les détails précis des activités prévues dans le cadre du soutien qu'elle entendait apporter à ces activistes angolais, estiment certains analystes.

Les Congolais visés
Avec l'affaire Chebeya, les Congolais sont mis à l'épreuve. La récupération politique de ce triste assassinat par certains courants de l’opposition ne sert personne. Chebeya était aimé de tous et respecté par toute la classe politique. En annonçant son boycott des festivités de l'Indépendance, l'opposition congolaise semblait oublier que la fête nationale est une fête apolitique, une fête de tous les Congolais restés unis malgré toutes les souffrances endurées depuis l'Indépendance, malgré les tentatives de balkanisation du poumon politique de l'Afrique. Le Roi des Belges ne s'y est pas trompé, lui quis par sa présence sur le sol congolais, veut marquer de manière indélébile la fraternité belgo-congolaise. Le Roi viendra, car le Congo démocratique de Joseph Kabila le mérite. La RDC est sur les rails de la démocratie et rien ne détournera les Congolais de cette voie, pas même les complots les plus sordides. Les réussites politiques, diplomatiques et sportives de la RDC la replacent au premier plan de la scène internationale. La reconstruction de ses routes, de ses hôpitaux et de ses écoles sont à porter au crédit d'un jeune président tourné vers la modernité, vers l'avenir. Que les Congolais ne s'y trompent pas, derrière la mort de Chebeya, c'est l'unité congolaise qui est visée. Bushala BUAMBA Correspondance particulière

Enjeux de l'heure

Le chef de l'Etat appelé à sauver la mission diplomatique congolaise à Tripoli
L'ambassadeur de la République démocratique du Congo en Libye est inconsolable. Chaque minute qui passe le rapproche du calvaire qu'il s'apprête à vivre : il sera déguerpi aussi bien de sa résidence que de la chancellerie à Tripoli. Motif : trois ans de non paiement de loyers. Les Libyens qui ont accepté moult promesses en sont au point de non retour : autant garder leurs immeubles vides que de compter sur le loyer hypothétique, à défaut de locataires solvables.
Cette situation est connue du ministère des Affaires étrangères qui ne semble pas malheureusement avoir une solution magique. Et le diplomate congolais ne sait où donner de la tête. Tout l'espoir repose désormais sur le président de la République qui, en dernier ressort, est à même de prendre une décision d'autorité afin de décanter cette situation.
" La situation de l'ambassadeur Jules Mbilu est connue de la centrale et elle nous afflige ", dit un conseiller du ministre Alexis Thambwe Mwamba. C'est ce 15 juin en principe qu'il est tenu à libérer lesdits immeubles, contrairement à ce qui a été dit dans la presse. D'après lui, il est possible de trouver un énième arrangement pour ce qui est de la chancellerie, mais les choses sont assez compliquées pour la résidence.
En tout et pour tout, reconnait le collaborateur du ministre, la mission diplomatique rdcongolaise à Tripoli accumule des arriérés de loyers de trois ans pour les immeubles abritant la chancellerie et la résidence de l'ambassadeur. Sur le montant total correspondant, un tiers a été payé et le solde devait être liquidé dans un bref délai. Les ministères du Budget et des Finances ont été sensibilisés suffisamment à cet effet. Mais, ils brillent par une certaine lenteur, outre le fait que le Trésor éprouverait certaines difficultés.
Pour le conseiller du chef de la diplomatie rd-congolaise, «la situation de notre mission diplomatique à Tripoli n'est pas un cas isolée, beaucoup d'ambassades traversent également des moments difficiles. Raison pour laquelle, une note a été préparée à cet effet à l'intention du président de la République au mois de mai dernier pour dispositions utiles». En d'autres termes, le ministère des Affaires étrangères n'a pas de solution pour l'immédiat. D'où, le président de la République est appelé à intervenir personnellement pour un dénouement heureux de cette situation.
FDA

Libre opinion
Gestion chaotique de l’Equateur, dérapages lors des motions à la chambre et «affaire chebeya»

L’Opposition parlementaire passée au scanner par l’ambassadeur Umba Ilunga
L'ambassadeur Umba Ilunga reprend sa plume. Sans déroger à sa réputation; celle d'un analyste pointu de la scène socio-politique rd congolaise. Sans dévier de son credo ; celui d'un républicain à tout crin qui se garde de verser dans la basse polémique, ou dans des attaques ad hominem. Lorsqu'il revisite la gestion de l'Equateur par le MLC, c'est juste pour démontrer que ce parti n'a pas su donner la mesure de sa capacité à incarner l'alternative ne fût-ce qu'à l'échelle provinciale -en terme de bonne gouvernance- au pouvoir qu'il décrie. Lorsqu'il effleure des sujets d'actualité comme les-à-côtés des motions contre le Premier ministre et la ministre du Portefeuille et les assassinats de très regrettés Chebeya et Bazana, c'est pour relever dans le premier cas les dérapages sur fond de tricherie et dans le second cas pour dénoncer l'instrumentalisation de cette double tragédie à des fins politiciennes.
En un mot, malgré les quatre mois d' " hibernation " ou de mise au vert, la dialectique de l'ambassadeur Umba Ilunga n'a pas pris la moindre ride. Forum des As publie le premier texte de rentrée de cet observateur critique du paysage socio-politique rd congolais. A lire sans modération.

LA CREDIBILITE DE L'OPPOSITION PARLEMENTAIRE SUR LE PLAN DE LA GESTION DE L'ETAT REMISE EN QUESTION
A l'approche des échéances électorales de 2011, il n'est pas étonnant que les ténors de l'opposition multiplient des coups de plus en plus violents, bénéficiant d'une large diffusion dans les médias qui leur sont proches, afin de frapper de discrédit les membres de la coalition au pouvoir - AMP, PALU et UDEMO -, de retourner, par ce biais, la population contre eux, voire même obtenir la disqualification de certains d'entre eux avant la date prévue.
Les allégations des Honorables députés nationaux MLC Jean-Lucien BUSA et Fidèle BABALA sur un éventail d'acquisition de biens en quatre ans de pouvoir attribués au Premier ministre, Adolphe MUZITO, et à Madame la Ministre du portefeuille, Jeannine MABUNDA, dans des circonstances les privant de la possibilité de répondre dans les mêmes conditions, ouvrant ainsi la voie à la tricherie grossière les ayant conduit à retirer honteusement la motion de censure par laquelle ils espéraient faire tomber le Gouvernement en place.
A cela s'ajoute la volonté de faire un fonds de commerce, pour des motivations bassement politiciennes, des lâches et ignobles assassinats, le 03 juin 2010, du Directeur Exécutif de la Voix des sans Voix, le regretté Floribert CHEBEYA BAHIZIRE et de Fidèle BAZANA, son chauffeur et ce, avant même qu'une enquête crédible ne débrouille en limier accompli le dessous compliqué de cette tragique affaire. Toutes ces attaques frontales, quel que soit leur degré de malfaisance, participent à la logique de ce combat politique où tout est permis. Chacun étant libre du choix de ses armes et du terrain de leur utilisation.
Néanmoins, par honnêteté intellectuelle et par respect pour l'éthique républicaine, il convient de préciser que cette offensive des grands gabarits de l'opposition, qui semble s'inscrire dans le cadre de la moralisation des mœurs politiques, est en fait destinée non pas à inviter la coalition au pouvoir à rectifier ses tirs pour une bonne conduite de sa politique, mais plutôt à conduire l'opinion à se faire des illusions sur leur prétendue aptitude à mieux gérer l'Etat que le Gouvernement en place.

L'ILLUSION D'UNE MEILLEURE GOUVERNANCE DE L'ETAT
L'impact de tout discours moralisateur sur la scène nationale est d'abord et avant tout d'ordre psychologique. Il invite ses destinataires à attribuer à celui qui excelle dans l'art d'adresser des critiques acerbes au Gouvernement une plus grande aptitude à des performances hors du commun dans la sphère de compétence du Ministre dont l'action est largement critiquée.
Or, à ce propos, si l'on rappelait à ceux qui se font passer pour des donneurs de leçons leur passage aux affaires, chacun réaliserait, sans l'ombre d'un doute, que " les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs " ou encore, ce qui revient au même, que " la critique est aisée et l'art est difficile ". Cette assertion se vérifie aussi bien pendant toute la transition 1+4 que durant la période qui prévaut depuis les élections générales de 2006.
Pour s'en convaincre, prenons, à titre d'exemple, la gestion du MLC en tant que fer de lance de l'opposition mais aussi un parti au sein duquel se trouvent les plus grands pourfendeurs des pouvoirs publics.
Comme chacun sait, la RDC est actuellement composée de onze provinces dont dix sont dirigées par les membres de la coalition au pouvoir et une seule que le MLC a gérée, trois ans durant, en étroite collaboration avec ses alliés politiques qui sont le Regroupement des Nationalistes Congolais et l'Union pour la Nation.
Point n'est besoin de rappeler qu'à son arrivée à la tête du Gouvernorat, chacun des onze Gouverneurs élus a présenté du haut de la tribune de l'Assemblée de sa province, peu avant son investiture, un programme quinquennal ambitieux basé aussi bien sur les cinq chantiers de la République que sur le document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP).
Les succès engrangés dans le cadre de la mise en œuvre de ces programmes de gouvernement dans chacune de ces onze provinces sont d'autant plus attendus qu'ils participent à la reconstruction du pays dans son ensemble et épaule le Chef de l'Etat dans ses efforts de mobilisation de toutes les forces vives de la Nation soucieuses de placer, une fois pour toute, la RDC sur la rampe de lancement de son développement.
Vu le degré de destruction des infrastructures de base et du tissu économique du fait de la zaïrianisation de triste mémoire, le bon sens recommandait vivement à chaque Exécutif provincial de ne pas perdre de temps pour amorcer des actions volontaristes dans tous les secteurs de la vie de sa province.
Au bout de quatre ans de mandat à la tête de ces entités politico-administratives, on constate que les bilans qui s'observent ici et là, dans plusieurs domaines d'activités, avec les moyens de bord dont disposent les provinces, varient de l'une à l'autre. Certaines provinces du pays suscitent respect et admiration auprès de l'opinion tant nationale qu'internationale par leur façon de prendre en main leur propre destinée et de tirer le meilleur parti non seulement des atouts de la décentralisation en cours de réalisation mais aussi et surtout du dynamisme et du sens de responsabilité de leurs dirigeants. Ces derniers, malgré la justesse des reproches que ne cessent de leur faire les populations du Nord, du Sud ou du Centre de leurs provinces respectives qui se sentent totalement abandonnées par eux au bénéfice exclusif de celles qui leur sont proches, peuvent néanmoins être félicités, même du bout des lèvres, pour avoir très vite compris que l'heure n'est plus à la grande rhétorique mais aux actions concrètes aboutissant à des résultats à impact visible sur base desquels ils seront jugés tout au long de l'exercice de leur mandat.
Tels sont les cas des provinces de Kinshasa, du Katanga, du Bas-Congo et dans une bien moindre mesure du Nord et Sud Kivu ainsi que de la province orientale qui émergent du lot, se faufilent dans le peloton de tête et figurent en bonne place au hit parade des provinces à contribution élevée au budget de l'Etat. Leur niveau de contribution en termes de pourcentage étant, selon les statistiques de la Primature, de l'ordre de 99, 20 %.
Ce qui constitue une belle performance des dirigeants de ces six provinces qui se sont organisés de manière à consolider chaque jour davantage les efforts de maximisation des recettes à caractère national suivant la volonté de doublement de recettes imprimée par l'Autorité de tutelle.
Malheureusement, il y en a d'autres, les cinq provinces restantes, dont les apports qui s'additionnent à hauteur de 0,80 % laissent à désirer. Tels sont les cas des provinces du Kasai oriental, du Kasai occidental, de l'Equateur, du Maniema et du Bandundu dont la contribution est plus ou moins faible au budget de l'Etat et qui, par conséquent, le privent involontairement, pendant cette législature, d'une grande partie de sa capacité d'intervention dans les divers domaines de la vie nationale où sa présence est réclamée à cor et à cri.
Parmi ces cinq provinces, il y en a quatre, Kasai oriental, Kasai occidental, Maniema et Bandundu dont le lourd handicap que constitue leur enclavement en cette période marquée par l'absence de production de richesses provinciales est plus ou moins compensé par la chance qu'elles ont d'avoir à leurs têtes des personnalités qui, en dépit des motifs de mécontentement qu'elles donnent à certains de leurs administrés, peuvent néanmoins, à l'exception de celles du Maniema et du Sud-Kivu poussées à la démission, être qualifiées de bons dirigeants. Dans la mesure où ces derniers, de par leur capacité de travail et de mobilisation, parviennent à associer les partenaires tant intérieurs qu'extérieurs aux efforts de développement entrepris. ;
Par contre, l'Equateur semble malheureusement être la seule province du pays dont la mauvaise gouvernance, l'instabilité politique et la récurrence des affrontements inter-éthniques, lui valent l'étiquette dégradante de mauvais élève de la classe qui s'obstine, en dépit du nouveau système de rétrocession instaurée par le Gouvernement central, à trainer à la queue du peloton.
Evidemment, conformément à la maxime selon laquelle " à mauvais ouvrier, mauvais outil", l'Equateur justifie son état actuel de précarité de la situation économique et sociale au fait d'être abandonné par Kinshasa depuis l'arrivée au pouvoir en mai 1997 du tombeur du Maréchal Mobutu Sese Seko.
Cette justification, parce qu'entachée de mauvaise foi, ne peut, quel que soit l'angle de vision retenu, tenir débout. Et ce, pour deux raisons précises :

Responsabilités
D'abord parce que malgré les trente-deux années au pouvoir du natif de l'Equateur à la toque de léopard, rien ou presque n'y a été construit depuis l'époque coloniale. Beaucoup de ses ressortissants, qui ont une envergure nationale et qui ne cessent de reprocher au Pouvoir en place non seulement de les marginaliser par méfiance à leur égard mais aussi de délaisser, pour la même raison, leur province, faisaient partie des dignitaires inamovibles de la IIeme République. Si, durant leur très long règne, le développement économique de cette partie du territoire national était au centre de leur préoccupation, il y a longtemps que l'Equateur serait devenu la province rêvée des congolais ;
Ensuite parce que l'Equateur, comme d'ailleurs toutes les autres provinces du pays, s'est doté, depuis, les élections générales de 2006, des hauts responsables de l'Exécutif provincial élus massivement sous la bannière du MLC et de ses alliés. En outre, il s'est librement constitué une Assemblée provinciale dominée fortement par une opposition décidée à joueur pleinement son rôle. Le plus étonnant est que le MLC, qui avait comme discours électoral la bonne gouvernance et le refus d'aliénation d'une partie du territoire de notre pays aux étrangers, n'ait pas, jusqu'à la fin du mandant de José MAKILA présenté sous sa bannière, réussi à relever, de manière exceptionnelle, le défi du redressement indispensable des finances publiques dans la seule et unique province tombée dans son escarcelle.
Malgré que tous les leviers de commande étaient entre ses mains et celles de ses alliés, leur leader, l'Honorable Jean Pierre BEMBA, ayant réalisé dans sa province natale ses meilleurs scores aux élections tant présidentielles que législatives, la gestion de l'Equateur n'a pas du tout été la plus exemplaire au point non seulement d'être érigée en modèle à suivre mais aussi déjouer un rôle pilote donnant aux autres provinces une idée précise sur la façon dont sera géré tout le pays dès l'accession au pouvoir de ce grand parti de l'opposition. Loin s'en faut !
De tous les Gouverneurs de province, celui de l'Equateur a été sinon le seul, du moins parmi les premiers à avoir accumulé en un temps record autant de preuves de gabegie financière à tel point qu'il a fini par décevoir même dans les milieux de ses partisans les plus résolus. Si bien que ses administrés, à travers leurs élus à l'Assemblée provinciale, se résoudront à exiger sa mise à l'écart du Gouvernorat et sa traduction devant les instances judiciaires compétentes.
Curieusement, peu de temps après avoir été désigné pour exercer, à titre intérimaire, les fonctions de Gouverneur suite à la révocation de ce dernier, l'honneur du Vice-gouverneur de l'Equateur, proposé par les alliés du MLC sous le ticket de José MAKILA, fut, à son tour, entaché de scandales retentissants à cause des indélicatesses qu'il aurait lui aussi commises dans la gestion de la province. Le fort soupçon de manquements graves aux devoirs de ; sa charge qui planait sur lui fera l'objet du rapport que le Président du Sénat, l'Honorable Léon KENGO WA DONDO, transmettra au Procureur Général de la République sur la mission de contrôle effectuée par la Commission sénatoriale conduite par l'Honorable LUNDA BULULU.
Pour remplacer l'ancien Gouverneur pris dans les filets de la justice, le MLC, qui en avait fait une question d'honneur et de principe, avait mis les bouchées doubles pour éviter avec la dernière énergie que la gestion de cette partie du territoire national, la seule à avoir fait l'expérience de ses méthodes de gérance, ne puisse lui échapper.
Mais contre toute attente, malgré les soutiens explicites des Honorables Jean-Pierre BEMBA et François MWAMBA, les députés de l'Equateur refuseront de confier, pour la seconde fois, la gestion de leur province au MLC. Celui-ci ayant aligné l'un de ses meilleurs candidats, le vice-président de la commission : économico-financière de l'Assemblée Nationale et Secrétaire Général Adjoint du parti, l'Honorable Jean- Lucien BUSA dont on s'accorde pourtant à reconnaître la notoriété en raison de sa pugnacité sur le terrain du lynchage verbale des membres du Gouvernement.
Depuis l'élection de Jean-Claude BAENDE, en novembre 2009, au poste de Gouverneur de l'Equateur en lieu et place de son candidat, le MLC, par dépit, met tout en œuvre pour que le nouveau chef de l'Exécutif provincial, qui soit dit en passant a déjà failli être assassiné, ne puisse, tout au long de son mandat, imposer son autorité. Cette stratégie qui pourrait se justifier au regard des enseignements de Machiavel est malheureusement porteuse de risque de rendre ingouvernable une province déjà meurtrie par tant de calamités dues à la mauvaise gouvernance, à l'instabilité politique et à la profonde mésentente entre ses propres fils. Ce qui crée une situation, recelant des forces antagonistes et explosives, qui ne peut laisser personne indifférent.

CONCLUSION
Quand on sait où nous a conduit la querelle apparemment anodine autour du contrôle des étangs poissonneux à Dongo, il y a lieu de craindre que le combat sans merci livré à l'actuel Exécutif provincial ne débouche sur des conflits sanglants pouvant plonger toute la province dans une guerre fratricide inutile dont personne ne peut aujourd'hui en mesurer les conséquences. Puisqu'il en est ainsi autant se comporter selon l'adage " mieux vaut prévenir que guérir ".
D'autant plus que cette situation à haut risque n'est pas due à une fatalité qui pousserait quelques Equatoriens, ennemis de la paix et de la justice, à entretenir égoïstement un état de belligérance. Bien au contraire ! A ce que l'on sache, malgré la résurgence des groupes armés qui viennent une fois de plus, sous les C* caméras de télévision du monde entier, de semer la mort et la désolation dans le district du Sud-Oubangi où les ENYELE se disputaient au départ avec les MONZAYA, une autre communauté locale, la gestion des étangs poissonneux ^, de leur région, rien ne permet d'affirmer que l'Equateur est le terrain de prédilection des troubles socio-politiques, des rébellions et des guerres tribales.
Cela est d'autant plus vrai que toutes les provinces de notre pays ont connu à un moment ou à un autre de leur histoire leur lot de frustrations, d'intolérances politiques et de conflits sanglants entre communautés vivant sur le même territoire. Ce qui n'a fait qu'asphyxier le développement des provinces concernées, les ramenant plusieurs années en arrière.
Heureusement, elles en sont aujourd'hui sorties à l'exception du Nord-Kivu et de Ituri en province orientale où sévissent encore les rebelles hutus rwandais des FDLR et ougandais de la LRA qui continuent à y poser des problèmes sécuritaires majeurs. C'est vrai qu'à quelques jours de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance de notre pays, on peut toujours redouter que des fauteurs de troubles chevronnés ne s'adonnent dans la capitale à leur jeu favori ayant pour finalité d'écorner l'image du pays à l'étranger afin de décourager, par ce biais, plusieurs de nos invités de marque dont le plus prestigieux est sans aucun doute le Roi des Belges qui sont attendus avec joie à Kinshasa pour cet important événement.
C'est dans cette logique que s'inscrit la décision non seulement de boycotter les festivités commémoratives du cinquantième anniversaire de l'indépendance de notre pays mais aussi d'inviter tous les Congolais à consacrer la journée du 30 juin à la méditation prise précipitamment par les partis de l'Opposition parlementaire, le MLC en tête, dans la foulée de l'indignation à l'échelle tant nationale qu'internationale, soulevée par les assassinats inadmissibles du Directeur Exécutif de l'ONG congolaise des droits de l'homme la Voix des sans Voix et de son chauffeur. Et ce, contrairement au simple bon sens qui recommande que l'on s'abstienne de tout jugement hâtif et que l'on attende, avant de réagir, les révélations de l'enquête judiciaire en cours. D'autant plus que le Ministre de la Justice et Droits humains, s'exprimant à ce sujet devant la presse, s'est dit ouvert à toute collaboration internationale pour faire avancer l'enquête sur des bonnes bases.
C'est vrai aussi qu' à quelques mois des élections de 2011, il faudrait être sourd pour ne pas entendre des folles rumeurs faisant de plus en plus état de l'imminence des attaques à main armée dans certaines provinces du pays, notamment à Kinshasa, au Katanga, à l'Equateur et au Bas-Congo, poussant les autorités provinciales à redoubler de vigilance et à renforcer la sécurité dans tous les points stratégiques de leur villes respectives.
Ce qui tend à prouver que la situation sécuritaire reste encore inquiétante et fragile dans quelques-unes de nos provinces. Ce qui incite à la prudence, à l'écoute et à la prise des mesures préventives contre toutes les formes d'aventures anti-démocratiques.
Mais puisqu'il nous faut parler de la situation présente, il me semble indéniable que dans l'ensemble la paix est revenue un peu partout et que les provinces qui en bénéficient peuvent désormais se consacrer aux tâches de développement.
Autant nous prions pour que cette paix retrouvée s'y installe durablement, autant nous le faisons pour que l'Equateur connaisse à son tour les bienfaits de la paix durable et de la concorde entre les membres de sa classe politique. Car sans la paix, la stabilité politique et le travail acharné sous le regard vigilant d'une opposition jouant pleinement son rôle constitutionnel, aucun développement n'est possible nulle part au monde.
Mais le plus triste dans l'immédiat est qu'au moment où les autres provinces s'activent à se doter des moyens de relever le défi de leur développement, l'Equateur risque malheureusement, en raison de la spécificité de sa situation politique actuelle, d'être la seule province du pays à rester en bas de l'échelle, les yeux rivés vers l'extérieur, invoquant le secours de Kinshasa. Ce qui constitue un échec patent dont le MLC et bien avant lui le MPR portent, en très grande partie, une responsabilité historique. Fait à Kinshasa, le 07 Juin 2010 UMBA ILUNGA Ambassadeur