QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
Billet
Mort dans
les têtes ?

Est-ce vraiment la reprise en mains ou une simple immersion dans les dédales de l’AMP, le temps d’y éteindre l’incendie? C’est sans doute là la question politique de la semaine. En tout cas, Joseph Kabila, tel un sapeur pompier, vient de maîtriser, en un temps record, le feu qui menaçait de consumer le labyrinthe AMP. Symétriquement, les parents du déjà ex-Clp ont juste eu le temps de présenter leur rejeton qu’ils devaient eux-mêmes l’immoler! Tel un météorite, le Clp n’a duré que le temps de l’éclair. Reste à savoir si, après avoir tué le CLP sur papier, ses géniteurs l’ont aussi évacué de leur tête. Pas si évident. Le caractère composite de l’AMP prédispose cette plate-forme à tout, sauf à une cohérence de vision sur le long terme. Heureusement, s’exclameraient ses partisans, la législature tend inexorablement vers sa fin. Moment indiqué pour une autoévaluation générale et pour le nécessaire réajustement des alliances en fonction davantage des affinités idéologiques que de simples combines arithmétiques. Car, la Majorité souffre fondamentalement de l’absence d’un fond idéologique commun. En 2006, des opportunistes de tous bords ont rejoint le Président Kabila, non sur base d’un contrat d’adhésion à une vision, mais pour se retrouver -ou se maintenir- dans les cabinets douillets du pouvoir. Qu’importe si Joseph Kabila soit d’obédience socialisante ou se réclame de la lignée lumumbiste.
Certes, à l’heure de la mondialisation, les idéologies font de plus en plus bon ménage avec le pragmatisme. En Grande-Bretagne, les Conservateurs et les Libéraux-démocrates ont trouvé un compromis de gouvernement. Jusqu’il y a peu, les chrétiens-démocrates ( droite) et les sociaux-démocrates (gauche) allemands ont géré la première puissance économique européenne. Un bémol tout de même à ces deux exemples. Dans les deux cas, il s’agit d’un accord où les partis de la coalition élaborent ensemble un programme de gouvernement auquel ils sont liés. Jamais, on ne verra le libéral-démocrate Clegg critiquer l’action de son propre cabinet!
On est là à mille lieues de la tragi-comédie qui se joue sous les tropiques où un ministre peut prendre, sans la moindre gêne, des libertés avec la sacro-sainte solidarité gouvernementale pour tirer contre son propre camp. Et ce, sans envisager de démissionner.
Tout le problème c’est que l’AMP, à l’instar de nombre de plate-formes zaïro-congolaises, est un agrégat de personnalités politiques que n’unit que la perspective d’exercice du pouvoir. Hier, par exemple, l’anti-mobutisme primaire ou feint avait fait office d’idéologie pour l’Union sacrée.
Moralité, le très éphémère CLP n’est qu’un succédané de tous ces regroupements qui naissent et périssent au gré des calculs politiciens de leurs auteurs. L’avènement des plates-formes à soubassement idéologique constituerait le début d’antidote à ce cirque politique. José NAWEJ


Parfum de rébellion et "motionnite"

Si ce n'est pas encore la chienlit dans le microcosme politique, ça y ressemble fortement. L'hémicycle devenant de plus en plus une espèce de Canossa pour les membres du gouvernement,-en ce compris le premier d'entr'eux. La tribune de la Chambre faisant de plus en plus penser à la guillotine. Le pourtant nécessaire contrôle parlementaire qui tourne de plus en plus à de la vendetta. Certains députés vont jusqu'à proférer des menaces...de motion aux ministres!
Ce n'est pas tout. La Majorité elle-même n'est plus ni un modèle de cohérence, ni un exemple de cohésion. Ici, on tire à hue et à dia. Il est loin le temps où la Majorité faisait bloc à la Chambre lors des grands enjeux. Il n'y a qu'à se rappeler le grand chelem remporté par la coalition Amp-Palu-Udemo à l'élection du premier bureau de l'Assemblée nationale. Rebelote pour l'avènement du bureau Boshab. Même chose à l'occasion de l'investiture de Gizenga. Idem pour l'intronisation de Muzito. Voilà que depuis la motion initiée par Jean Lucien Bussa, la Majorité n'est plus la majorité. Des liaisons- dangereuses?-s'établissent entre certains sociétaires de l'Amp et l'Opposition parlementaire. La faute sans doute au caractère extraordinairement hétéroclite de la principale composante de la coalition au pouvoir. La faute sans doute aussi à la politique du tube digestif qui tient encore lieu de boussole pour nombre d'acteurs zaïro-congolais.
Tout le problème, c'est que ce tohu-bohu mis ensemble avec la "motionnite" que se transmettent les députés à la vitesse grand V pourrait finir par obstruer la marche des affaires de l'Etat. Le pays s'installerait alors dans l'effervescence politicienne. Un véritable luxe pour un pays qui se trouve à la veille d'importantes échéances. Un vrai gâchis pour une démocratie encore embryonnaire, dépourvue d'une administration susceptible de tenir le pays. Un préjudice pour le chef de l'Etat dont la perspective de la reddition des comptes à l'échelle nationale approche.Patron de la majorité, Joseph Kabila risque bien de se voir contrarié par ce que le Général De Gaulle appelait "le régime des partis".
Certes, on n'est pas encore dans ce cas de figure. On s'en rapproche si rien n'est fait pour recréer l'unité dans les rangs de l'Amp. Issu d'une culture et d'une école où l'ordre est la base de tout, le Raïs pourrait faire le ménage à sa manière. Après tout, le Président peut bien recourir à la dissolution de la Chambre. Cet exercice serait tout aussi constitutionnel que les motions qui pleuvent sur les têtes des membres du gouvernement.
José NAWEJ


Amp, ce panier
à crabes!

(24/05/2010)

Près de vingt après, la sentence-fort peu flatteuse- du sénégalais Abdoulaye Wade sur la classe politique zaïroise semble n'avoir pas pris la moindre ride. Le scandale de la liste de signataires de la fameuse motion anti-Muzito n'a pas encore fini de discréditer l'opposition qu'une affaire aux allures d'une arnaque met sens dessus dessous la Majorité. Il s'agit de ce mot d'ordre imaginaire attribué au Raïs selon lequel il aurait avalisé la chute d'Adolphe Muzito via la motion de censure en gestation.
Juste une manœuvre pour certains bonzes de l'Amp d'accomplir enfin leur dessein : éjecter le locataire de l'avenue Roi Baudouin-siège de la Primature-et couper Joseph Kabila de son allié naturel qu'est le Palu. La mayonnaise n'a pas pris. Depuis samedi soir, ceux de députés de la majorité ayant mordu à l'hameçon, sont en train de se raviser. L'énième coup fourré de ceux qui ont du mal à ronger leurs freins sur le front d'ambitions personnelles a fait un flop.
Voilà qui remet sur le tapis la sempiternelle réputation passablement médiocre de la classe politique zaïro-congolaise. Comment comprendre que des élus de la Majorité fassent chorus avec ceux de l'Opposition pour censurer le gouvernement? En somme, leur cabinet. Au fond, cela reviendrait à dire que l'Amp-du moins les partisans de cette option-souscrirait au verdict archinégatif de l'Opposition parlementaire à l'encontre du Gouvernement et donc du Président Kabila! Cela s'appelle tirer dans son propre camp. Peut-on rêver un seul instant d'une motion de censure initiée par les Socialistes français être votée par les conservateurs et les libéraux (regroupés au sein de l'Ump) au pouvoir à Paris! Ce serait une première en parfaite contradiction avec et l'esprit et la logique même des fondamentaux du régime qui fonde la cinquième République. Puisqu'on n'a pas inventé la roue en la matière, notre Constitution est une version à peine tropicalisée de la Loi fondamentale française. Par conséquent, on ne voit pas au nom de quelle rationalité la majorité s'offrirait en holocauste sur le bûcher préparé par l'Opposition. C'est à cette auto-flagellation politique unique en son genre qu'un groupe de plénipotentiaires de l'Amp a voulu soumettre la Majorité.
Avec les élections de 2006, on avait toutes les raisons de croire que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis. Force est de constater que non. Difficilement solubles dans la normalité, nombre d'acteurs politiques reproduisent avec un rare talent toutes les tares qui nous ont valu les " compliments" de tous les médiateurs qui ont fait l'immersion dans notre agora politique.
Encore en gestation, la motion annoncée contre le cabinet Muzito provoque déjà dans la Majorité un numéro de cirque dont on pouvait rire en d'autres circonstances. Or, l'état du pays requiert tout, sauf des postures comiques. En plus, la Rdc négocie des échéances qui ne l'autorisent pas à s'installer complaisamment dans le "Théâtre bien de chez nous". José NAWEJ


Quel préjudice
pour Muzito !

(21/05/2010)

Qui a dit que la Rdc avait cessé d'être un pays sui generis ? D'aucuns pensaient qu'à la suite des élections de 2006, le Congo-Zaïre allait divorcer d'avec la fameuse exception congolaise.Que non.Le spectacle-au propre comme au figuré-dont nous gratifient les élus de l'Ituri est une espèce de preuve par l'absurde que le pays demeure l'espace de tous les anachronismes et autres anomalies. Voilà des parlementaires -et donc-des garants de la loi-menacer d'ériger leur district en province avec ou sans l'aval de Kinshasa!


Dérive à la Chambre!

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Les vérités de Mashako
(05/04/2010)

Jeunesse, avenir du pays. Ce slogan martelé depuis les années Mobutu n'a pas pris la moindre ride. Tant l'équation "jeunesse" n'a jamais été résolue autrement que dans les discours des officiels. Faisant l'anatomie du cas Cidep hier à la Chambre, le ministre Mashako Mamba a remis sur le tapis la situation de nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles. Dramatique, catastrophique, infernale. On peut multiplier à l'infini les adjectifs, aucun sans doute ne qualifierait mieux que les chiffres alignés par le ministre de l'ESU. Des chiffres qui font froid dans le dos. Des chiffres qui renseignent sur la démission coupable des pouvoirs publics vis-à vis de la jeunesse. Pas n'importe quelle jeunesse. Celle qui, précisément, est censée prendre la relève de la génération dirigeante actuelle. Et ce, dans tous les domaines.
Comment rêver en positif le futur d'un pays où des universités et instituts supérieurs poussent comme des champignons là où n'existent ni professeurs qualifiés, ni laboratoires, ni bâtiments ? Rien que pour le légendaire CIDEP, 7 professeurs pour plus de 40.000 étudiants!
Ayant décidément de la suite dans les idées, le ministre Mashako a rappelé fort opportunément que l'autorité budgétaire qu'est l'Assemblée nationale a alloué... plus d'un pourcent du budget à l'enseignement supérieur et universitaire!
Outre le cas emblématique du CIDEP, Mashako Mamba a "rerererelancé" un s.o.s pour l'Université de Kinshasa menacée de disparition du fait des érosions. Un danger mille fois décliné. Mais aucun début sérieux de solution jusqu'ici. Qu'adviendrait-il si l'université mère et toutes ses dépendances venaient à être emportées par les nombreuses têtes d'érosions? Déjà, les professeurs ont du mal à accéder à leurs résidences- au Plateau-en voiture. L'Ecole de santé publique et le Centre de recherche nucléaire(Cren) pourraient être rayés les premiers de la carte du campus universitaire. Une catastrophe dans la catastrophe.
Difficile, en cette année du cinquantenaire, d'inviter les jeunes à se projeter dans l'avenir si le présent, leur présent est loin d'être pris en compte. Surréaliste de parier sur une jeunesse dont sa fine fleur est en train de pâlir sous nos yeux.
A un peu moins de deux mois de la date jubilaire, le ministre de l'ESU a comme flanqué le miroir du secteur ultra stratégique que celui de l’enseignement supérieur à la Représentation nationale, toutes tendances confondues. Pas de quoi fêter.
José NAWEJ


Mémoire courte
(03/05/2010)

Les initiés aux arcanes politiques congolais l'ont déjà senti. Un coup fourré contre le Palu est en gestation. Les commanditaires de cette cabale se recrutent au sein même de la Majorité. Les prémices de ce complot contre le parti d'Antoine Gizenga se traduisent par une campagne de presse où tour à tour les détracteurs du Palu prêtent à ce dernier le dessein de créer une plate-forme concurrente en prévision des échéances électorales...Le double but de la manœuvre : affaiblir le principal parti lumumbiste et casser l'axe Palu-Joseph Kabila .Cette alliance qui empêche tous les opportunistes du camp présidentiel d'accéder à la Primature.
Certes, la politique est tout sauf un dîner de gala. C'est le domaine par excellence de coups bas. Ce ne sont ni le vétéran Gizenga ni son fidèle lieutenant Muzito qui l'ignorent. Eux qui ont été formé à la dure. Seulement, quand «l'anti paluisme» primaire se décline au détriment des intérêts et de la Majorité et surtout de son chef, c'est que dans le camp présidentiel on se bat déjà au couteau.
Tout le problème est de savoir à qui profiterait le découplage Palu-Kabila. En tout cas pas au Raïs. Encore moins au aux forces nationalistes. Zoom sur 2006.Lorsque Joseph Kabila et Antoine Gizenga signent leur deal pour le second tour, ce n'est pas seulement pour des raisons électoralistes. C'est aussi pour conjurer la fracture Est-Ouest qui était manifeste au terme du premier tour de l'élection présidentiel. Il était apparu que le Président Kabila avait été boudé par ses compatriotes de l'Ouest. D'où le dévolu jeté sur le Palu-avec ses réserves de voix dans le Bandundu et à Kinshasa. Question: combien les adversaires du Palu originaires de l'Ouest - qui étaient déjà avec le Président-avaient apporté en termes de voix? Pourquoi ils n'avaient pas pu faire élire le Président au premier tour ?
Qu'on aime ou pas le Palu, force est de constater que ce parti dispose des assises sociologiques qui manquent cruellement à nombre de formations bon chic bon genre de la Majorité. Et l'étrange accalmie sur le front de la rue kinoise s'explique en partie par le fait qu'un des partis pourvoyeurs des contestaires -ces fameux braillards kinois- est au pouvoir. Et on ne peut pas en même temps tirer profit de la base du Palu et reprocher à ce parti d'être sectaire. Qui ignore que le parti d'Antoine Gizenga compte le gros de ses adhérents et sympathisants dans le Bandundu et les bas quartiers de la capitale ? Y aurait-il un mal à ce que ceux qui ont le plus contribué à la victoire du Palu soient les premiers à être récompensés ? Simple logique arithmétique en démocratie. Simple bon sens et réalisme politique. Là aussi, qu'on exagère rien. Le Palu a confié des ministères aussi importants que les Mines ou encore le Budget à des ressortissants d'autres provinces que le Bandundu.
Offrir en holocauste la tête de Muzito et faire une opa sur la majorité serait ouvrir une brèche dans la quelle s'engouffreraient tous ceux qui parient sur l'affaiblissement du pouvoir actuel à l'Ouest et surtout à Kinshasa. Au profit de qui ? FDA

EDITION N°°3631 du MARDI 15 JUIN 2010
A LA UNE
ASSEMBLEE NATIONALE
Fin de session sans Mukonkole !
* Tout en évitant toute forme de pression de la chambre basse, le PGR aurait promis à Boshab que les démarches sont en cours pour permettre à l’élu de Kabinda de recouvrer la liberté
C'est ce mardi 15 juin que l'Assemblée nationale clôture sa session de mars. La plénière aura bel et bien lieu aujourd'hui, a rassuré hier dans la soirée un membre du bureau de la Chambre basse. " Nous allons procéder d'abord à l'adoption de quelques lois avant de passer à la clôture de la session", a indiqué le député. L'option de la tenue de cette plénière a été levée hier au terme, d'une part, de la réunion de la conférence des présidents et, d'autre part, de la plénière à huis clos qu'a présidée Evariste Boshab.

La plénière d'aujourd'hui va intervenir après près de trois semaines de flottement. Il y a près d'un mois, en effet, la tension est montée d'un cran à la chambre basse du Parlement après la motion de censure introduite, puis vite retirée par l'opposition face à une avalanche de contestations dues aux irrégularités enregistrées.
Sur ces entrefaites, le Procureur général de la République a ouvert un dossier judiciaire pour mieux élucider cette affaire et sanctionner les fautifs. Dès lors, le rythme des activités de la plénière a connu un coup de ralenti.

Bras de fer
La situation s'est exacerbée avec l'affaire du député Mukonkole, poursuivi à la Cour suprême de justice, notamment pour association de malfaiteurs. Par solidarité et à la suite d'une motion de Emery Okundji, les élus du peuple ont décidé, en fin de la semaine dernière, de suspendre les plénières jusqu'à la mise en liberté de Martin Mukonkole. Depuis, le Bureau de l'Assemblée nationale, conduit par Boshab, a multiplié les contacts avec l'office du Procureur général de la République pour obtenir la relaxation de l'élu de Kabinda.
Certaines indiscrétions sur le huis clos d'hier ont rapporté à Forum des As que le PGR, Floribert Kabange Numbi, aurait assuré au Bureau de la Chambre basse que les démarches sont en cours pour accéder à l'exigence des députés. On rapporte que l'exercice est d'autant plus délicat qu'il s'agit de ne pas donner l'impression qu'une institution - l'Assemblée nationale - fait des injonctions à une autre.
En clair donc, la session de mars va se clôturer aujourd'hui sans Martin Mukonkole qui continue à vivre en résidence surveillée à l'Hôtel Invest. On croit savoir que son cas connaîtra un suivi à travers la conférence des présidents qui peut continuer à siéger même pendant les vacances parlementaires, surtout pour des questions d'importance, selon ce qu'en jugeraient les députés, notamment.
En tous cas, nos contacts au sein du Bureau de l'Assemblée nationale ont exclu l'éventualité d'une session extraordinaire. K.M.

Pour permettre aux Congolais de suivre les activités du cinquantenaire

Lambert Mende renforce la RTNC et ses directions provinciales en matériels audiovisuels professionnels
En prévision des festivités du cinquantenaire de l'indépendance de la RD Congo, le gouvernement de la République, à travers son ministère de la Communication et des Médias, a doté hier la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) et ses directions provinciales de matériels audiovisuels professionnels pimpant neuf. Ce, pour permettre aux Congolais de l'intérieur du pays de bien suivre les événements relatifs à la fête d'anniversaire de l'indépendance du pays. Ces matériels, que le ministre Lambert Mende Omalanga a remis au Directeur ad intérim de la RTNC, Emmanuel Kipolongo, font partie de la première livraison du lot que le Gouvernement s'est engagé, avec son partenaire Téléconsult, à fournir à la RTNC pour la production des émissions et des reportages de qualité en cette année jubilaire.
Ce premier lot est composé de 20 caméras de marque Sony dont dix pour les directions provinciales et dix autres pour les studios de la RTNC1 et 2. Dans son mot de circonstance, le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende qui a réceptionné ce matériel d'entre les mains du partenaire Téléconsult pour les remettre, à son tour au Directeur général a.i de la RTNC, a invité les bénéficiaires au bon usage. "Je vous exhorte d'utiliser ces matériels en bon père de famille. Je souhaite aussi que le personnel devant utiliser ces caméras en province puisse venir à Kinshasa pour suivre une formation devant leur permettre de bien utiliser cet outil de travail ".
Pour le ministre de la Communication et des Médias, à travers ces matériels audiovisuels, le souci du Gouvernement de la République est de permettre aux populations de toutes les provinces d'être bien informées sur la situation du pays, et surtout de bien suivre les différentes activités qui seront organisées dans le cadre du 50ème anniversaire de l'indépendance de la RD Congo.
Lambert Mende a fait savoir que le deuxième lot qui est en route pourra être remis avant le 30 juin pour renforcer la qualité des équipements professionnels de cette chaîne audiovisuelle publique.
Très satisfait d'avoir reçu les nouveaux matériels audiovisuels, le Directeur général a.i de la RTNC a remercié le Gouvernement et le ministre de la Communication pour ce geste qui contribue à produire un travail purement professionnel. " Ce sont des caméras professionnelles que nous allons utiliser avec professionnalisme. Nous allons remplir complètement notre mission pour répondre aux attentes du gouvernement". La détermination du ministre de la Communication et des Médias est de faire de la RTNC et de ses directions provinciales un support qui puisse jouer un véritable rôle d'informer, de former et de détendre les Congolais où qu'ils se trouvent. Dorian KISIMBA

ENJEUX DE L'HEURE
A deux semaines du cinquantenaire

Le général Oleko " verrouille " Kinshasa
L'Inspecteur provincial de la Police nationale, jean De Dieu Oleko, a tenu hier au camp Lufungulaune importante causerie morale à l'intention du corps de la police de la ville de Kinshasa pour transmettre des instructions claires quant à la sécurisation de la capitale en cette période de l'avant cinquantenaire de l'indépendance de la RDC. L'objectif, a-t-il dit, est de sécuriser la population kinoise sans tracasseries policières.
Dans ce cadre, il a ordonné l'intensification des patrouilles de sécurisation nocturnes et diurnes. Pour cela, les équipes à déployer seront munies d'un bulletin de service en bonne et due forme.
Dans le même cadre, et sur instruction du Gouverneur de la ville, Jean De Dieu Oleko a annoncé une quinzaine de courtoisie routière. Pendant cette période, a-t-il indiqué, toutes les opérations de contrôle de différents documents seront gelées. "Conducteurs, policiers, agents de la Sonas et de la DGRK, écoutez-moi bien: pendant cette période, il n'y aura pas d'opération de recherches préventives tel que ça se présente maintenant,", a prévenu le général Oleko. Cette mesure entre en application dès ce mardi 15 juin.
Enfin, le patron de la police pour la ville de Kinshasa a promis de sévères sanctions contre tout élément qui contreviendra aux mesures arrêtées. JEK

D'après le président de la réserve fédérale
L'économie américaine continue de se redresser à un rythme modéré
L'économie américaine continue de se redresser à un rythme modéré tandis que le taux de chômage " ne se réduira vraisemblablement qu'avec lenteur", affirme le président de la réserve fédérale du pays de l'oncle Sam, Ben Bernanke, révèle une dépêche du Département américain.
Le Président de la Réserve fédérale a déclaré, dernièrement, que le produit intérieur brut, l'indice le plus complet de l'activité économique des Etats-Unis, devrait croître à un taux d'environ 3,5 pourcent au cours de l'année 2010 et relativement plus vite en 2011, selon les estimations données par le conseil d'administration de la Réserve fédérale et des présidents des ses différentes banques.
Il sied de noter que la Réserve fédérale est la banque centrale des Etats-Unis alors que le reste du pays est divisé en 12 circonscriptions où se trouve chacune de ses banques régionales actionnaires. Au lendemain de la récession la plus profonde qu'ait connue le pays depuis la grande crise des années 1930, a souligné M. Bernanke, l'économie américaine bénéficie du soutien d'une politique monétaire visant à stimuler sa relance et des efforts concertés déployés par le gouvernement fédéral pour stabiliser le système financier.
" Au fur et à mesure que la politique officielle encourageant le redressement économique s'atténuera dans le courant de l'année, l'activité économique devrait pouvoir continuer sur sa relance entamée au milieu de 2009", a précisé M. Bernanke.
Concernant le volet chômage, notre source indique que le taux de croissance de 3,5 % estimé pour 2010 ne suffira pas à susciter une réduction générale du taux de chômage national chiffré actuellement à 9,7 % avec environ 15 millions d'Américains sans travail. Selon le dernier rapport mensuel du ministère du Travail, les sociétés privées n'ont ajouté en mai que 41.000 nouveaux emplois, soit le nombre le plus faible enregistré depuis janvier. "L'importante hausse du nombre d'emplois enregistrée le mois dernier est le résultat des postes temporaires créées par le gouvernement fédéral pour effectuer le recensement national qui se fait tous les dix ans aux États-Unis ".
Pour le Président de la Réserve fédérale, " les marchés financiers s'inquiétaient depuis la fin de 2009 de l'incapacité de la Grèce et de certains autres pays de la zone euro de gérer leur déficit budgétaire significatif et le niveau élevé de leur dette publique. Les dirigeants européens ont mis en œuvre une vaste gamme de mesures solides visant à rectifier la situation". Et Bernanke d'ajouter:" Si les marchés continuent à se stabiliser, les effets de la crise sur la croissance économique aux États-Unis devraient être modestes ".
Au regard du déficit du budget fédéral, il a averti que celui-ci semblait se trouver sur une lancée qui ne pourrait être soutenue dans le long terme.
Par ailleurs il estime que "pour éviter des changements brusques et déstabilisants dans les programmes de dépenses et dans la politique fiscale de l'avenir, et pour garder la confiance du public et des marchés, nous devons commencer dès maintenant à prévoir comment nous relèverons ces défis budgétaires imminents. A moins de nous engager tous fermement, en tant que nation, en faveur de la responsabilité fiscale, nous n'aurons à long terme ni stabilité financière ni croissance économique saine".
Dina Buhake

INFOS INFOS
PPTE: réunions décisives au FMI et à la Banque mondiale les 29 et 30 juin 2010
La République démocratique du Congo est en train de parcourir son dernier virage pour atteindre le Point d'achement de l'initiative PPTE. La mission du Fonds monétaire international (FMI), qui a séjourné dernièrement à Kinshasa, pense qu'il n'ya presque plus aucun obstacle pour soumettre au conseil d'administration, fin juin, le dossier de la RDC pour le point d'achement. «Le gouvernement a suivi de très près le programme», a déclaré le chef de la mission, Robert York, à l’issue d’une réunion qui a regroupé vendredi dernier les représentants du FMI et de la BM à Kinshasa. Le gouvernement est appelé, d’ici la fin du mois en cours, à consolider ses efforts pour la stabilité macroéconomique, par l’ajustement des dépenses et la maximisation des recettes. La Banque centrale du Congo devrait, pour sa part, porter des corrections nécessaires pour augmenter les avoirs en devises. Selon l’APA, un protocle a été signé par les partis dans lequel le gouvernement s’engage, entre autres, à maintenir le rythme et assurer la bonne tenue de la stabilité macroéconomique (maintien de l’équilibre entre les dépenses et les recettes). Le Représentant résident du FMI à Kinshasa a révélé que " presque tous les sept déclencheurs sont atteints". La Bm et le Fmi tiendront les réunions de leurs conseils d'administration respectivement le 29 et le 30 juin prochain. Forum des As publie les sept déclencheurs qui sont pratiquement accomplis comme l'a souligné M Samir Jhaja. D.B.

Déclencheurs du point d'achèvement flottant

1. DSRP
Achèvement d'un DSRP complet suivant un processus participatif, mis en œuvre de ce document pendant une année, dûment étayée par les rapports d'étape annuels de la RDC et jugée satisfaisante au terme d'une évaluation conjointe des services du FMI et de la Banque mondiale.

2. Stabilité macroéconomique
Maintien constant de la stabilité macroéconomique après le passage du point de décision, attesté par une évaluation satisfaisante des résultats obtenus dans la mise en œuvre du programme appuyé par la FRPC.

3. Utilisation de l'épargne budgétaire
Affectation de l'épargne budgétaire dégagée par l'allégement du service de la dette obtenu au titre de l'initiative PPTE renforcée durant la période intérimaire aux dépenses de lutte contre la pauvreté, conformément au DSRP intérimaire, avec les pièces justificatives.

4. Gestion des dépenses publiques
a) Mise en œuvre de la modernisation du système d'exécution budgétaire retraçant les données de l'engagement au paiement des dépenses et permettant de suivre les arriérés;
b) adoption et application du système de tenue des comptes publics selon les règles de la comptabilité en partie double, ainsi que du nouveau plan comptable;
c) production des rapports trimestriels d'exécution du budget reposant sur les classifications économique, administrative et fonctionnelle.

5. Gouvernante et prestation des services dans les secteurs prioritaires
a)- Achèvement de l'exercice de suivi budgétaire des dépenses des secteurs de la santé, de l'éducation, du développement rural et des infrastructures en prenant les mesures suivantes :
i) suivi de l'exécution des dépenses publiques de la lutte contre la pauvreté;
ii) évaluation de la qualité des services publics y afférentes, par les groupes d'utilisateurs;
iii) évaluation des entraves à la prestation efficiente des services, par les prestataires.
b) Adoption et application du nouveau code des marchés publics et des principaux décrets d'application.

6. Secteurs social et rural '
Adoption de stratégies de développement sectoriel satisfaisantes et mise en œuvre des plans y afférents pour la santé, l'éducation et le développement rural.

7. Gestion de la dette
Installation et mise en service intégrale du système informatique d'enregistrement de la dette, couvrant toutes les dettes publiques et les dettes garanties par l'État, ainsi que la dette des entreprises publiques non assorties de la garantie de l'État permettant de :
a) produire des projections mensuelles du service de la dette et comprendre les données relatives aux décaissements effectifs et à l'exécution des paiements au titre du service de la dette,
b) épauler la centralisation des données afférentes à la dette en un point unique.
En outre, les projections mensuelles du service de la dette seront publiées à l'avance sur une base trimestrielle.

INFOS INFOS

Président de la SADC, Joseph Kabila en mission d'inspection au Botswana
Le Président Joseph Kabila Kabange est arrivé lundi en fin de matinée à Gaborone, au Botswana, pour une visite de 48 heures auprès du Secrétariat exécutif de la SADC, en sa qualité de président en exercice de cette organisation économique sous régionale. Le Chef de l'Etat congolais est allé s'imprégner des grands programmes inscrits au mandat en cours de cette organisation.
Peu après son arrivée, le Président Joseph Kabila a eu un entretien en tête à tête de 30 minutes, à la Présidence de la République botswanaise, avec son homologue Seretse Ian Khama. Rien n'a filtré de cet entretien. Il a rencontré lundi le personnel du Secrétariat exécutif de la SADC, en vue de cerner les problèmes spécifiques au bon fonctionnement de cette organisation économique sous régionale. JEK

INFOS INFOS
Projet cité du fleuve


Robert Choudury : " dans les deux mois, nous commençons la construction d'un centre commercial "

Des rumeurs courent dans la ville que l'opération expropriation entamée par Robert Choudury, directeur-gérant du Projet Cité du fleuve en RDC, est un échec. On rapporte même que cette opération
a suscité beaucoup de mécontentements de la part des riverains.
Pour couper court à toutes ces rumeurs et répondre à un certain nombre de questions des Kinois quant à la matérialité de ce projet, Robert Choudury s'est expliqué devant la presse. Interview.

L'opération expropriation des riverains que vous menez depuis un temps fait des mécontents parce que vous ne payez pas la juste mesure de ce qui est dû. Confirmez-vous la nouvelle ?
L'opération expropriation des riverains se déroule normalement. Seulement les gens veulent monter les enchères en exigeant plus qu'il ne le faille. Il y en a qui me demande 250 ou 300 mille dollars américains. Voici par exemple, celui-ci (nous montrant une propriété NDRL) me demande 234 mille dollars alors que sa propriété ne vaut pas autant. Je vais dire que même à New York, cette maison ne coûterait pas autant qu'il en exige. Et puis, il faut dire qu'il ne s'agit point d'une expropriation totale dans bien des cas. La construction et le bitumage de la route d'accès au site nous conduisent à exproprier ces riverains d'une partie de leurs terrains. Et nous payons ce qui a été convenu. C'est difficile pour moi de casser les maisons d'habitation comme c'est difficile pour eux de céder et un de quitter leurs habitations. Mais au regard de l'importance de ce que nous faisons, nous sommes bien obligé de procéder ainsi. Car, finalement on se retrouvera avec une belle route et beau quartier. Ils perdent leurs maisons et moi je perds en argent. Et le tout se déroule dans les règles de l'art, car je paie ce qui a été convenu. Si j'ai un conseil à prodiguer à ces riverains, c'est de saisir ceci comme une opportunité pour mieux faire. Ils repartent avec un capital, même s'il n'est pas très important, qui leur permet de recommencer à bien vivre. L'opération ne vise d'ailleurs pas à faire d'eux des gens riches.

Où en sommes-nous avec le chantier ?
Le chantier se trouve à la phase où on a remblayé assez de terrains pour commencer à construire un centre commercial, dans les deux mois, de 20 mille mètres carrés. Deux supermarchés sud-africains ont signé et accepté de s'établir ici. Les travaux se poursuivront avec la construction de 22 immeubles de trois étages d'appartements, qui seront livrés à la fin de l'année ou au début de l'an prochain.
A partir d'août prochain, les travaux vont s'accélérer. Vinci arrive le 30 août 2010 avec de grosses dragues qui sont capables de remblayer 4 hectares par mois. Or, il n'y a pas que Vinci, toutes les grandes entreprises de construction de la sous-région d'Afrique centrale travaillent d'ores et déjà avec nous.

Pour beaucoup, la Cité du Fleuve est mythe, car jusqu'à présent, on ne voit rien de visible. Que leur répondez-vous ?
La Cité du Fleuve, mythe ou réalité ? (Rires). Moi je ne vais pas empêcher les gens de dire ce qu'ils pensent. C'est comme quand quelqu’un vous dit qu'il veut ouvrir une boucherie, une charcuterie ou une boulangerie. Il ne vous appartient pas de dire je crois ou je ne crois pas. Chacun fait ses affaires, moi je prends soin de mes oignons. Je n'ai pas le temps à consacrer à écouter ce que racontent les gens avec plus ou moins des bonnes intentions en rapport avec la réalisation du projet. Tout ce que je peux dire aux Congolais : attendez et vous verrez.

Qu'est-ce que la RDC gagne dans le projet Cité du Fleuve ?
La RD Congo gagne énormément dans la réalisation du projet Cité du Fleuve. C'est quand même le grand projet de développement immobilier en Afrique centrale. Avec ce projet, Kinshasa sera une ville phare. Les gens viendront des pays limitrophes et de toute la région d'Afrique centrale pour voir ce qui a été réalisé, car ils en auraient entendu parler. C'est un grand projet qui requiert le soutien de l'autorité publique (nous avons déjà ce soutien) et de la population pour que nous donnions à Kinshasa, et surtout au Congo, sa place de leader en Afrique centrale et non celle de victime qui est la sienne aujourd'hui.

A combien évaluez-vous le coût de l'investissement
A plusieurs centaines de millions de dollars. Mais il faut savoir différencier les choses dans ce projet en trois étapes : créer le terrain, le viabiliser avec des infrastructures (eau, électricité, routes, égouts...) et la construction proprement dite. Nous sommes responsables des deux premières phases : le remblayage qui se trouve à un stade très avancé et les infrastructures. En ce moment, nous construisons la route qui mène à la Cité du Fleuve dont le coût est évalué à un demi-million de dollars. Et je dis que cette route sera meilleure que bien des routes à Kinshasa. La 3eme phase (construction) ne dépend pas de nous. Nous allons construire à gauche et à droite, mais en grande majorité, ce sont des investisseurs et des entrepreneurs qui viendront acheter les terrains pour y construire. Les deux premières phases : remblayage et infrastructures valent à peu près 500 millions de dollars. Et logiquement, la Cité du Fleuve aura un coût bien supérieur, probablement évalué en plusieurs milliards de dollars.
Propos recueillis par Tetidio TOKIO

INFOS INFOS
A l'occasion de la fête nationale de son pays


Anatoly Klimenko met le cap sur la promotion des liens et des échanges entre la Russie et la RDC
L'ambassadeur de la Fédération de Russie, Anatoly Klimenko, a organisé samedi 12 juin 2010 une réception en sa résidence dans la commune de la Gombe, à l'occasion de la fête nationale de la Fédération de Russie. Au cours de cette réception, le diplomate russe s'est engagé à promouvoir les liens et les échanges entre son pays et la RDC.
Ceci, pour consolider davantage les relations entre les deux pays. Selon lui, c'est une nouvelle étape que l'histoire des relations des deux Etats va connaître. Pour l’Ambassadeur, les deux présidents se sont même prononcé pour la création d'un mécanisme conjoint à mettre en place pour la promotion des liens et des échanges entre les deux pays.
A entendre Anatoly Klimenko, en avril 2009, la toute première visite du ministre congolais des Affaires étrangères effectuée en Russie a permis de discuter avec son collègue russe sur la coopération bilatérale et ses perspectives. Pendant cette visite, un protocole de consultations politiques y avait été signé. Les parties se sont convenues également de signer l'accord sur la protection et la promotion des investissements qui est entrain d'être finalisé et devrait être adopté dans l'immédiat.
Dans le cadre de cette visite, a-t-il indiqué, il s'est tenu le tout premier forum des affaires. D'après Anatoly Klimenko, les chefs de la diplomatie des deux pays ont aussi eu à plusieurs reprises des contacts personnels. Raison pour laquelle, l'académie diplomatique congolaise dont le programme de formation comprend depuis l'an 2009 l'enseignement de la langue russe a reçu un don important de manuel, de dictionnaire, de disque avec les films et les matériels interactifs sur la Russie ainsi que des fournitures de bureau. Dans la même perspective, une formatrice est venue pour présenter de nouvelles méthodes d'enseignement.
Pour développer les liens entre les établissements de l'enseignement, les académies diplomatiques des deux Etats entendent signer prochainement l'accord sur la coopération.
C'est, d'ailleurs, dans la même optique que l'année passée l'accord a été signé entre l'université de Lubumbashi et l'Institut d'Afrique de l'académie des sciences de la Russie qui prévoit les échanges de délégations scientifiques, de support didactiques et des recherches conjointes. D'autres projets similaires de coopération sont en étude entre l'université de Kinshasa et celle de Russie.
Une autre expérience a été menée, parce que Moscou a pris la décision d'augmenter le nombre de bourses d'études gratuites. En même temps, un nombre important de congolais choisit les universités russes pour leurs études.
Dans le domaine de l'assistance directe à la population, l'ambassadeur de la Fédération de Russie en RDC a indiqué que son pays a recommencé son aide aux congolais qui ont tant souffert et souffrent encore de la situation précaire à l'Est, avant d'ajouter qu'une aide humanitaire de 2.000 Usd a été accordée à travers le HCR l'année passée. Le gouvernement russe a décidé de présenter à la population congolaise cette année 2.000 Usd au titre d’aide alimentaire par le biais du PAM (Programme alimentaire mondial). Cette initiative s'inscrit dans la logique de l'intensification de la participation russe à l'assistance au développement.
Malgré la crise économique et financière qui a touché la Russie, Moscou prévoit d’augmenter le volume de son aide. Toutes les conditions sont réunies pour atteindre cet objectif. Simard Simon TSOUMBOU

INFOS INFOS

Mashako Mamba exhorte enseignants et étudiants à la culture d'excellence
Ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Léonard Mashako Mamba, s'est confié à la presse lors de la toute première exposition des établissements sous son ressort, tenue du 9 au 12 juin dernier. Il donne ici plus d'éclaircissements sur sa vision .


En organisant cette exposition et cette conférence, à quoi vous attendez-vous ?

Premièrement, la chose principale, c'est d'avoir le même langage avec l'ensemble des gestionnaires. Qu'ils soient recteurs, directeurs généraux (DG) et autres dirigeants de l'Enseignement supérieur et universitaire. Ce sont les mêmes règles, visions, lois et textes qui nous régissent. Pendant des décennies, plusieurs autorités ont géré les établissements comme leurs propres biens. Imaginez-vous que plus de la moitié des dirigeants arrivent à Kinshasa pour la première fois, alors que certains sont DG ou recteur depuis plus de dix ans. On a même constaté qu'il y a certains qui attendent deux ans pour avoir une lettre venue de Kinshasa ! Il était donc important que ces personnalités puissent connaître là où se trouve le Ministère, le Secrétariat général ainsi que les différentes directions à qui ils envoient des courriers. Il faut, par dessus tout, connaître la vision du chef de l'Etat et du Gouvernement pour que nous puissions regarder tous dans la même direction et que les normes restent les normes, que l'on soit à Kinshasa ou au Nord-est du pays. S'il y a des normes, nous évoluons et s'il n'y en a pas, nous regressons. Il faut que cette vision soit respectée.

Quelle a été alors votre deuxième motivation ?
Oui, deuxièmement, il convient de faire rencontrer l'ESU avec la nation. D'ailleurs moi-même lors de la visite des stands, j'ai été frappé de voir, dans les sites de l'ISTA et de l'ISPT, des inventions de génie pour lesquelles, dans d'autres pays de l'Occident et de l'Asie, on a des brevets d'invention et quelqu'un peut vivre de cela. Ce que les jeunes font n'est pas connu du grand public, ni du gouvernement, des ambassadeurs, du patronat d'affaires, encore moins du système des Nations unies. Finalement, il a été important de donner un échantillon pour montrer que nous avons une jeunesse très intelligente qui a le génie. Ces inventions ne trouveront leur sens que si on donne un brevet d'invention à ces jeunes et dès que le gouvernement étudiera cette question, seul ou en partenariat, pour voir comment multiplier en grandeur ces inventions afin qu'elles entrent dans le service de la communauté. Nous pensons donc que ce secteur qui souffre a des choses extraordinaires à montrer au monde.

Etes-vous fier de la mobilisation des participants ?
J'étais heureux de voir que, non seulement les membres du gouvernement, mais aussi les ambassadeurs se sont mobilisés. J'invite, dès lors, les parents à prendre conscience que, parmi leurs enfants, tous ne prennent pas le chemin de l'oisiveté. Nous pensons que la nation doit se réconcilier avec son enseignement supérieur. Que les Congolais se rendent compte que le gouvernement se mobilise au plus haut niveau, parce que le chef de l'Etat a donné son patronage et que le Premier ministre est venu lui-même, ainsi que le ministre des Affaires étrangères qui a mobilisé la communauté des diplomates et les professionnels des médias. Maintenant que l'on a une idée sur les productions de nos étudiants et enseignants, on est appelé à faire l'avocat de ce système. Il ne faut pas qu'à partir d'un mauvais comportement, on oublie qu'il y a derrière des choses sérieuses, utiles à la nation, à l'Afrique… On a, par exemple, vu que l'ISIPA forme des étudiants venus de quatorze pays africains. Donc, nous formons pour la nation et le continent. Il était donc important de voir les dirigeants se rencontrer à cette occasion, la toute première depuis que l'ESU existe bien avant même l'indépendance. C'est l'occasion de nous regarder dans les yeux, de voir ce qui va et ce qui ne va pas afin de prendre des résolutions concrètes bénéfiques pour l'avenir, et par là, renoncer à ce qui ne va pas pour que l'excellence et l'assurance qualité soient au rendez-vous. Cela de sorte que nous entrions dans le standard international en ce moment où notre pays va se réconcilier avec le système d'éducation international…

Pouvez-vous être plus explicite ?
Il faudrait que les diplômes de nos étudiants ne soient plus contestés à l'extérieur. Quand des étudiants intelligents, qui produisent des œuvres admirables, franchissent les frontières, oùe l'on commence à les remettre en cause, aucun gouvernement sérieux ne peut l'accepter. Cette première conférence des établissements d'enseignement supérieur et universitaire va nous permettre de répondre à toute cette série de questions et certainement rendre plus responsables les dirigeants. On pourra également les aider à maintenir le rythme de la qualité, de l'excellence. Aujourd'hui, au moment où le monde est devenu un seul village, il nous faut un esprit de compétition pour assurer notre survie. Des choses sont donc en train de changer et dans la bonne direction.

Que faire alors pour maintenir le cap ?
L'Etat doit mettre un mécanisme pour que les étudiants se sentent fiers d'être dans leurs institutions, qu'ils se préparent à la compétition, pas seulement dans la ville, mais dans toutes les provinces, dans la sous-région et aussi dans les parties de l'Afrique où il y a des cadres dans le système des Nations unies. Pour être en compétition, il faut se lever tôt et dormir tard. Nous insistons également sur l'engagement de la jeune fille, surtout dans les filières scientifiques et technologiques.

Interview réalisée par Christelle LUZAMBA (Tiré de IFASIC Contact)

INFOS INFOS
La formation des formateurs vise à restaurer la qualité de l'enseignement au profit de l'élève
Le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel, Maker Mwangu, a ouvert hier, un atelier sur l'harmonisation de la stratégie des interventions de " Formation des formateurs ". Cet atelier qui se clôture cet après-midi est organisé par l'Unesco.
Pour le ministre, il sera question, pendant ces deux jours, de concevoir et d'élaborer une stratégie harmonisée pour la formation des formateurs dans tous les domaines d'intervention. Il a estimé que les orientations devront être inspirées par l'objectif terminal sur l'élève de la RDC.
Le but ultime des interventions doit être de relever le niveau et restaurer la qualité de l'enseignement au profit de l'élève. Ce dernier, a-t-il poursuivi, devra être l'artisan de son propre progrès, de celui de sa communauté et artisan du développement de la Nation congolaise, grâce au travail des formateur, bien formés et compétents.
Toutefois, le ministre de l'EPSP est d'avis que la mise en œuvre de la stratégie élaborée de développement de l'Education, sous-secteur de l'EPSP, avance.
A l'en croire, relever le niveau et restaurer la qualité de l'enseignement comptent parmi les objectifs stratégiques de ce programme d'action. Le programme, a-t-il poursuivi, implique un réajustement approprié de la stratégie relative à la formation des formateurs.
Maker Mwangu a, ensuite, fait savoir que les programmes de formation des formateurs sont indispensables à la fois pour la mise à niveau, le renforcement des capacités techniques et le renforcement de la compétence professionnelle des opérateurs pédagogiques du système éducatif.
Par ailleurs, il a déploré le fait que les opérations identiques réalisées dans les mêmes provinces éducationnelles, sur les mêmes thèmes, sans atteindre la cible qui est l'élève. Aussi, il a déploré la non atteinte des objectifs didactiques en rapport avec la nouvelle pédagogie et méthodologie, la non implication et la mise à l'écart de l'autorité politique et administrative dans l'organisation et la mise en œuvre des programmes ainsi que la mise à l'écart du Service national de la formation (Sernafor), structure officielle attitrée et habilitée pour suivre et encadrer la réalisation des programmes. Le ministre de l'EPSP était accompagné de son vice-ministre, du secrétaire général à l'EPSP. Les participants à ces assises de deux jours sont les chefs de servicesD centraux de l'EPSP.
Mathy MUSAU

INFOS INFOS
Le Congo suscite une véritable fièvre éditoriale en Belgique

Le Congo d'hier et d'aujourd'hui: à la veille de son 50eme anniversaire, l'ancienne colonie de la Belhique suscite une véritable fièvre éditoriale, surtout au nord du pays. Le premier des ouvrages publiés est une réédition: Congo 1960 : échec d'une décolonisation, éditions Grip et André Versailles. Des témoignages d'époque, livrés par des auteurs de premier plan dont Jules Gérard Libois, Benoît Verhaeghen, Jean Kestergat.
François Ryckmans, journaliste à la RTBF est dépositaire d'une longue histoire familiale puisque son grand-père a été gouverneur du Congo belge durant la seconde guerre mondiale. Il publie Mémoires noires, les Congolais racontent le Congo belge, 1940-1960, éditions Racine-RTBF : un ouvrage remarquable qui rassemble des points de vue inédits, ceux des Congolais, intellectuels, acteurs de premier plan ou témoins ordinaires, à propos d'une histoire qui, jusqu'ici, n'avait été racontée que par des Belges. Des récits qui permettent d'enfin situer l'histoire dans son contexte.
Signalons aussi que la production éditoriale, en Flandre, est considérable à la veille de l'indépendance, beaucoup plus importante que du côté francophone: qui donc a osé dire que le Congo n'intéressait pas les Flamands?
C'est ainsi que l'écrivain David Van Reybrouck signe une monumentale "Histoire" du Congo (éditions De Bezige Bij) sur laquelle il a passé plusieurs années et qui commence avec Stanley pour se terminer sur les chantiers chinois, que Lucas Catherine a revisité Bruxelles et Ostende pour y retrouver les bâtiments financés par l'argent du Congo (Editions Aden) que Tony Busselen publie un "Congo pour débutants" un petit livre lumineux qui répond bien des questions '(Aden).
Le journaliste Koen Vidal a choisi une autre démarche, faire parler des enfants du Congo. Destins tragiques et brisés, volonté de vivre comme celle d'Arnold Aganze, en contrepoint de ces destins individuels court l'image d'un pays en lutte (éditions Meulenhoff).
Quant au journaliste Peter Verlinden, c'est le passé qu'il privilégie avec une promenade à travers le Congo colonial et sa nostalgie.
Les éditions Aden, depuis longtemps lancée sur le "champ congolais" rééditent aussi "du Sang sur les lianes" de Daniel Van Groenweghe, un ouvrage qui a inspiré Adam Hochkild et " les Nouveaux prédateurs"
Les photographes eux aussi sont déchaînés: Karel Dekeyser expose à Anvers et publie, Cedric Gerbehaye expose à Bruxelles (Botanique) et publie Congo in Limbo, un superbe livre de photos noir et blanc, univers sombre et réaliste, plongée dans les guerres, les chantiers, la lutte des creuseurs et des entreprises minières. Colette Braeckman

Spécial Congo : des images en pagaille et beaucoup de questions
A la veille du 30 juin, la RTBF présente une soirée spéciale Congo, réalisée et présentée par deux journalistes, Maryse Jacob et Marianne Klaric. Un patchwork de séquences rapides, enlevées, qui présentent de multiples facettes de ce pays en pleine transformation.
Tout commence par la répétition des majorettes, qui se préparent pour le défilé du 30 juin et espèrent que la fête ne sera pas gâchée. La caméra, longuement, se promène dans Kinshasa et les souvenirs se mêlent aux questions du présent. C'est au départ de l'ancienne résidence du gouverneur général, cette vaste maison blanche où Patrice Lumumba prit ses brefs quartiers de Premier Ministre, que Maryse Jacob déroule le fil conducteur de l'émission et s'entretient avec de nombreux interlocuteurs comme le père Léon de Saint Moulin, la ministre Olenga, le Docteur Jean Baptiste Sondji, le Ministre de la Communication Lambert Mende, le député François Muamba, porte parole de l'opposition. Les questions qui fâchent sont posées avec un beau sourire : pourquoi tant de corruption alors que le président a décrété la " tolérance zero ", pourquoi les progrès sont-ils aussi lents, où en sont les libertés publiques, le droit des gens, pourquoi le " social " demeure-t-il à la traîne ? Si les réponses sont souvent prévisibles, ce que l'on retient, ce sont ces reportages à vif. Au lycée Bosangani par exemple, l'un des plus anciens de la ville, où les enseignants expliquent que les parents d'élèves doivent assumer les frais scolaires, sous peine de voir leurs gamins chassés de l'école. Dans un centre de santé, il se confirme que les patients doivent tout prendre en charge. Ce constat cependant n'est pas neuf, et la rapidité des séquences kaléidoscopiques empêche de rappeler quelques données de base : si les services publics sont à ce point déglingués, c'est parce que Mobutu, comme on dit là bas, a " bouffé le pays " mais c'est aussi parce que dans les années 80, le FMI et la Banque Mondiale ont obligé les autorités d'alors, au nom de l'ajustement structurel, à licencier des dizaines de milliers d'enseignants, de personnel de santé…Cette "rigueur" se poursuit aujourd'hui encore, où le gouvernement Muzito serre la ceinture des Congolais pour atteindre le fameux " point d'achèvement " qui permettra d'effacer 90% de la dette…
Si les séquences flash manquent quelquefois de profondeur, les journalistes sont subtiles : non contentes de décrire, elles ont essayé de comprendre le fonctionnement du système, les rapports équivoques et incontournables entre le pouvoir et l'argent. C'est ainsi qu'elles ont suivi un député de la majorité, Francis Kalombo, aussi appelé " Francis solution " : ses administrés attendent tout de lui, des solutions à long terme mais aussi des coups de main ponctuels, à cause d'une maladie, d'un deuil, d'un problème de scolarité. Et le député de mettre la main à la poche : " Comment faire autrement ", soupire-t-il, " ils attendent tout de moi ". Et lui-même compte bien être réélu…
A Kinshasa, à Goma ou ailleurs, les journalistes de la RTBf ont largement fait écho au sentiment qui prédomine chez les Congolais après cinq décennies d'indépendance : le pessimisme, le désenchantement. Beaucoup répètent : " le pays a reculé " " du temps des Belges on nous frappait, certes, mais au moins on mangeait ". Cette nostalgie d'un passé idéalisé n'empêche cependant pas l'espoir de prendre racine : plusieurs séquences sont consacrées aux chantiers de la reconstruction, aux grands travaux qui modifient le visage de Kinshasa. Les désormais incontournables Chinois sont en première ligne, avec leur énergie, leur force de travail et les relations parfois ambigües qu'ils entretiennent avec les Congolais. Ici aussi, des " problèmes " sont évoqués, mais on n'a pas le temps de découvrir lesquels…
L'immense mérite de cette émission, c'est qu'elle ne se contente pas de refléter le passé, ou un présent encore bien morose : elle ouvre des pistes et donne envie d'en savoir plus, avec plus de temps… Colette Braeckman

INFOS INFOS
Déploiement à travers la ville de Kinshasa


Kisenso doté d'un comité sectionnaire de la Sodema

Le président national de la Solidarité pour le développement du Manianga (Sodema), Dieudonné Bifumanu Nsompi a procédé dimanche 13 juin 2010 à la paroisse CBCO, à l'installation du comité sectionnaire de la Sodema, dans la commune de Kisenso. Dans un discours subdivisé en deux parties, le n°1 de la Sodema a, d'entrée de jeu, retracé l'histoire de la RDC de 1885 à nos jours. Ceci, en passant par 1921, année de l'avènement de Simon Kimbangu, avec son éveil spirituel et de 1960 année de l'indépendance du pays. Il a aussi évoqué le rôle joué par des personnalités clés comme Daniel Kanza, Papa Batiaka et Lulendo.
Cependant, s'est-il interrogé, le réveil spirituel et l'indépendance étant un acquis, la RDC a besoin du développement 50 ans plus tard, dont les difficultés d'aujourd'hui sont les signes du douleur d'enfantement.
Selon Dieudonné Bifumanu, voilà la raison d'être des deux grands projets de la Sodema à savoir le mariage agricole initié par la Sodema. Cette initiative privée qui est accepté dans plusieurs milieux politiques et économiques avait fait l'objet d'une grande conférence de presse organisée à la paroisse Notre Dame de Fatima. Il a en plus, exhorté les Manianga à se débarrasser de la peur, mais plutôt d'être courageux et déterminés.
Le président de la Sodema a également évoqué les actions menées par son comité, notamment le dossier de l'électrification de Luozi et de Nkamba, des audiences auprès de certains ministres.
Placé à la tête de la section Sodema/Kisenso en qualité de président, Thomas Bundoki a laissé entendre que l'installation de cette section marque un tournant décisif pour le développement du Manianga. Selon lui, l'heure de l'unité du terroir du Manianga a sonné. D'où il a invité tous les ressortissants du Manianga au dialogue et à l'amour en apportant chacun une pierre à la construction d'un nouveau Manianga.
Le bourgmestre adjoint de Kisenso, Zéphyrin Kindeke a été ravi d'assister à cette cérémonie. Car, d'après lui, la Sodema cherche le développement de la RDC en général et de la commune de Kisenso en particulier.
Le comité sectionnaire de Kisenso est composé de 15 membres dont un président, trois vice-présidents, de deux secrétaires, d'un trésorier, d'un conseiller juridique, d'un conseiller socioculturel, d'un conseil des sages, d'un commissaire au compte et d'un administrateur. Simard Simon TSOUMBOU

CONGO PROFOND
Bas-Congo : bien utilisé, l'impôt rentre mieux
Au Bas-Congo, les recettes de l'impôt foncier et de celui sur les revenus locatifs ont été multipliées par dix depuis le début de l'année. Un système de perception garanti et surtout des travaux d'intérêt public menés, grâce aux taxes, ont convaincu les contribuables de payer....
Depuis que des centres de santé, des bâtiments publics, des routes et ponts…sont réhabilités au Bas-Congo grâce à une bonne affectation des recettes fiscales, la population de cette province au sud-ouest de Kinshasa hésite moins à payer l'impôt. Le succès n'était pourtant pas acquis d'avance lorsqu'en janvier, les autorités lançaient l'opération "civisme fiscal". Des agents vêtus de gilets verts fluorescents, arpentaient alors les rues de la capitale provinciale, Matadi, pour expliquer à la population qu'elle doit payer l'impôt foncier et l'impôt sur le revenu locatif. Ils étaient accueillis avec méfiance et appréhension. "C'est encore une mafia de plus montée pour nous soutirer des sous", se chuchotait-on à travers la ville.
Début 2010, le Bas-Congo a dû créer sa propre Régie d'encadrement et de recouvrement des recettes (REPERE). "Nous l'avons fait pour combler le déficit causé par la modicité des moyens que nous alloue le gouvernement central et qui ne nous permettent pas de réaliser notre programme d'action", explique Simon Mbatshi Batshia, gouverneur de la province. Mais pour rassurer les gens qui ont depuis longtemps perdu l'habitude de payer l'impôt, que leur argent arrivera bel et bien dans la caisse de l'Etat, les autorités ont mis en place des garde-fous : tout payement s'effectue directement dans les comptes de la régie auprès des banques, moyennant délivrance d'un bordereau, et aucun agent ne peut manipuler l'argent. Les recettes perçues doivent, par ailleurs, impérativement être affectées à la réalisation des ouvrages d'intérêt commun…

Des recettes record
Sans cesse répétées en boucle à travers les médias locaux, toutes ces explications ont petit à petit mis les contribuables en confiance vis-à-vis des agents de REPERE envoyés sur le terrain. "N'ayez pas peur d'eux. Ils prélèvent les renseignements nécessaires au calcul de l'impôt foncier", explique à ses voisins Bibiche Kienga, une habitante de Matadi qui n'a pas opposé de résistance aux agents venus procéder au relevé de sa parcelle. "Je suis maintenant rassuré sur la nécessité de cette opération et je dois y souscrire", s'empresse de dire de son côté Fédéré Mankele, un fonctionnaire.
Quelques mois après le lancement de l'opération, les recettes ont été multipliées par plus de dix. Directeur général de REPERE, Gabin Manzonzika en témoigne : "Avant la relance du civisme fiscal, nous réalisions 42 millions FC par mois (46 667$). Aujourd'hui, grâce à la rigueur mise dans la perception des fonds provenant desdites taxes, nous atteignons une moyenne mensuelle de 530 millions", révèle-t-il, avec fierté. Désormais optimiste, la régie financière mise maintenant gros. Elle investit davantage de moyens pour mieux encadrer les recettes et espère engranger le milliard de francs dès août, et même atteindre un chiffre record de 6 milliards fin 2010.

L'argent ne va plus dans les proches
Déjà avec l'argent encaissé, le gouvernement exécute d'importants travaux d'intérêt public. Maisons de l'Etat, bureaux administratifs sont construits à travers les différents territoires de la province. Des cantonniers chargés d'entretenir les routes de desserte agricole sont recrutés et payés par le fonds de REPERE. Pour donner une impulsion aux chefs des secteurs et des territoires, la province leur a acheté des motos et des véhicules. A Luozi, au sud de la province, un important pont a été construit qui permet aux paysans de mieux écouler leurs produits.
Pour bien mener ses activités, Semag, une entreprise d'exploitation agricole créée pour encadrer les paysans, vient par ailleurs de bénéficier d'un appui de 5 millions $ de REPERE. De quoi encourager les administrés à payer leurs taxes et s'impliquer ainsi dans la reconstruction du Bas-Congo. "Nous sommes très satisfaits des changements qui s'opèrent dans notre province car nos taxes ne vont plus dans les poches des individus", déclarent des habitants, qui savent maintenant à quoi sert l'argent qu'ils déboursent.
Dieudonné Mwaka Dimbi (Syfia Grands Lacs)

NATION

Joëlle Bile : "L'expo ESU a montré à la face du monde les œuvres d'esprit des étudiants congolais"

Mariée et mère de deux enfants, Joëlle Bile Schetter dirige une agence en communication implantée à Kinshasa. Diplômée en relations publiques, elle a décidé de lancer "Spirituellement votre", "le tout premier magazine chrétien de la RDC". Pour plus de visibilité, elle a participé activement à l'expo ESU dans le stand de l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication (IFASIC).

Depuis quand votre magazine est-il sur le marché ?

C'est depuis le mois d'avril dernier que nous avons lancé le premier numéro de "Spirituellement votre". Il a été imprimé en dehors de la RDC. Si nous prenons en compte le temps pris pour le recevoir au pays, nous dirons qu'il est disponible depuis l mai, pratiquement un mois.

Sur toutes les affiches, vous signalez que votre revue est le tout premier magazine chrétien de la RDC. Etes-vous si sûre ?
En fait, personnellement, je n'en ai jamais vue d'autres. Et s'il y en a, ils ne se sont pas fait connaître ni à moi, ni à ceux qui sont autour de moi. Je me suis donc naturellement considérée comme la première. Je me dis que les ouvrages chrétiens, il a dû y en avoir, de même des revues parlant de la chrétienté d'un point de vue ou d'une approche chrétienne, il y en a sans doute. Mais un magazine chrétien qui traite des faits de société, qui parle de choses de la vie de tous les jours en ayant tous une approche biblique, je ne pense pas qu'il en existe encore. Et si c'est vraiment le cas, je n'en ai pas vu, pas non plus les 5.000 lecteurs qui se sont procuré le magazine "Spirituellement vôtre".

Avec les nombreuses tendances de chrétiens en RDC, êtes-vous sûre de maintenir longtemps votre ligne éditoriale ?
C'est un premier jet. Nous avons lancé ce numéro zéro qui est ouvert à toutes les critiques, observations, remarques… Maintenant, me demander si, avec tous les chrétiens ça va être possible d'avoir une ligne éditoriale, je dirai tout simplement qu'on est tous conscient aujourd'hui que la société congolaise est minée par des antivaleurs. Je voudrais donc, à travers ce magazine, briser l'élan à ces antivaleurs en se référant simplement à la Parole de Dieu. Qu'on soit catholique, protestant ou pas, on est tout de même conscient que la corruption, la prostitution… rongent notre pays et prennent des proportions considérables. Le manque de lecture est aussi un facteur nocif qui détruit notre pays. Qu'on soit donc d'une tendance ou d'une autre, du moment qu'on est chrétien, on est capable de se retrouver dans un magazine comme celui-ci.

Votre magazine est-il exclusivement réservé aux femmes ?
Non, pas du tout. Nous n'allons pas entrer dans des considérations doctrinales. Je pense toutefois que celui qui est chrétien, c'est l'être humain. Pas son corps, encore moins son sexe. C'est plutôt l'esprit qui est chrétien. Qu'on soit homme ou femme, on est appelé à connaitre les choses de Dieu.

Où avez-vous fait vos études ?
J'ai passé mes études en communication pendant deux ans à l'ISTI à l'époque. C'était en 1997. Ensuite, je suis allée poursuivre mes etudes en France, à l'Université Bernard Jucie, à Versailles où j'ai eu mon diplôme. Toutefois, s'il y a un endroit qui m'a donné envie de faire ce métier, c'est à l'IFASIC, ici au Congo. C'est pourquoi je reviens à la source.

Est-ce pour cela que vous avez préféré exposer dans le stand de l'IFASIC ?
Je suis particulièrement heureuse et satisfaite de cette exposition. Je salue d'ailleurs avec tous mes respects le ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) qui a concrétisé cette initiative jamais prise auparavant. Cette exposition permet de montrer à la face du monde les œuvres de l'esprit réalisées par les étudiants congolais, qu'ils soient encore sur le banc de l'université ou diplômés œuvrant avec d'autres étudiants. Moi par exemple, je suis une ancienne étudiante, mais je travaille avec trois journalistes qui sont encore étudiants à l'IFASIC. Ils auraient dû exposer avec moi, mais comme j'en suis la rédactrice, j'ai répondu au rendez-vous.

Au terme de l'expo ESU, quel bilan faites-vous de ces journées ?
J'aime parler de choses positives. C'était pour moi un très grand succès. Ca m'a permis de me rendre compte du nombre d'universités qui existent. C'était aussi l'occasion de faire des rencontres mutuelles, une découverte de l'autre… C'est une première qu'il faut soutenir parce que le ministre a montré que les étudiants congolais sont capables de faire des choses qu'on croyait inexistantes ici. Je salue donc cette initiative. Bien entendu, pour une première expérience, c'est sûre qu'il y a des imperfections, des approches à corriger lors de la deuxième édition que j'aimerais voir. C'est un grand succès, parce qu'il n'y avait pas que l'exposition. Il y avait aussi des conférences auxquelles nous avons assisté, des théâtres classiques qu'on n’a plus l'habitude de voir, parce qu'à la télévision, on ne nous présente que du théâtre populaire. C'est merveilleux ce que nous avons vécu ! Une fois de plus, bravo a l'Enseignement supérieur et universitaire.

Si jamais demain, on organisait une autre édition, que suggéreriez-vous pour améliorer la qualité de cette rencontre universitaire ?
Déjà, une préparation beaucoup plus soutenue, parce qu'on a senti quelques impréparations de la part de plusieurs stands et intervenants. Il faudrait que les gens travaillent en symbiose. En tout cas, au niveau de l'exposition, il n'y avait pas mal d'exhibitions qu'on aurait pu faire. Tout le monde dit avoir été pris de court, tout le monde estime qu'il n'avait pas les moyens… Je pense donc que, pour les prochaines éditions, il faudrait un travail en symbiose, une synergie qui se crée pour donner vraiment le meilleur de nous de la part de tout le monde. Propos recueillis par Christelle LUZAMBA et Yves KALIKA