Bye bye 2009!
Exit 2009. Bienvenue à 2010. Plus que quelques heures, l’humanité va basculer dans une nouvelle année. A l’instar d’autres peuples de la planète Terre, les Rdcongolais s’apprêtent à sacrifier au rituel du réveillon. Pays à la crise proverbiale, la Rd Congo verra sans doute une bonne partie de ses habitants passer ce big event dans la méditation. Véritable exutoire à la sinistrose ambiante et au mal de vivre, les églises de réveil feront salle comble ou «terrain plein», c’est selon.
L’espoir faisant vivre, les Congolais pourront toujours toucher du bois pour un lendemain meilleur. Peut-être qu’avec la connotation sociale annoncée pour 2010, l’ordinaire de la majorité silencieuse pourra connaître un début d’amélioration. Les plus sceptiques des Congolais objecteront que le social c’est du déjà entendu. Tout un septennat avait même été consacré au social. A l’arrivée, une vaste désillusion. La misère du peuple est restée intacte. Trêve de pessimisme. Mobutu et Kabila, ce n’est pas blanc bonnet et bonnet blanc.
Reste que 2010 n’est pas une échéance quelconque. Personne n’ignore que 2010 sera suivie par 2011, année électorale. Le pays entame donc l’année préélectorale. Avec elle, l’inévitable perspective de reddition des comptes. L’heure du bilan approche donc inexorablement. Les gouvernants, tous échelons confondus, seront jugés à l’aune de leurs actions. A en juger par le bilan de trois ans de mandature, il faudra quantité d’actions à impact visible et immédiat pour renverser la tendance. La crédibilité du processus démocratique se joue sur la capacité du régime à requalifier l’ordinaire des Congolais. Sans dividendes sociaux, au mieux 2011 donnera lieu à un vote sanction, au pire l’abstention- sous toutes ses formes- sera la grande gagnante du scrutin. Selon la boutade d’un politicien, les Congolais risquent de rentrer qui dans le bar, qui dans le groupe de prière faute de changement.
En attendant le dénouement de 2010, «Forum des As» souhaite à ses lecteurs, ses annonceurs et ses abonnés une bonne et heureuse année. Bravant l’environnement extraordinairement difficile qui est le nôtre, votre quotidien ne lésinera sur rien pour être au rendez-vous de l’actualité. Tel est notre engagement renouvelé pour 2010. Tous nos vœux!
José NAWEJ
Joyeux Noël
quand même!
Demain c’est Noël. D’une commémoration strictement chrétienne, le jour de la Nativité est devenu une fête aux dimensions planétaires. Depuis cette mue, le 25 décembre est célébré à travers le monde comme la fête des enfants. Ces êtres candides qui symbolisent l’enfant Jésus.
Comme partout ailleurs, la Rdc s’apprête aussi à fêter Noël. La comparaison s’arrête là. Car, depuis des années, les Zaïro-congolais ont dû apprendre à fêter sans fêter. La faute à la paupérisation continue d’un peuple, pourtant réputé jouisseur devant l’Eternel. Différents gouvernements se sont succédés qui promettant le sourire, qui promettant l’atterrissage du poulet dans l’assiette du plus démuni et tutti quanti. A l’arrivée, rien de tel.
Prenant tout avec philosophie, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, les Congolais ont inventé la fête à la congolaise. Les uns se réfugient dans des églises dites de réveil qui ne sont jamais en panne de veillée. Les autres mettent de la musique à crever le tympan sans boire ni manger grand-chose. D’autres enfin investissent les bistrots davantage pour se trémousser les hanches que pour se saouler.
Pour leur part, les enfants ont, dans leur écrasante majorité, oublié jusqu’à l’existence du mythique Père Noël. Ce papa bienfaiteur, tout de rouge vêtu assorti du blanc, qui est censé déposer, la nuit, des cadeaux au bas du sapin de Noël dont les enfants se gaveront à leur réveil le 25 décembre. Vu de la RDC, c’est de l’histoire ancienne. Pauvres enfants congolais auxquels les gouvernants ont volé l’enfance!
Dans quelques heures, quand sonnera l’heure de la sainte naissance, les enfants congolais qui ont dû grandir précocement, se consoleront en écoutant les pasteurs ou les prêtres proclamer qu’Emmanuel signifie, Dieu parmi nous. Après tout, l’homme ne vit pas que du pain... de la parole aussi. Consolation chrétienne. Joyeux Noël José NAWEJ
Le trio Mashako-Luzolo-Kisimba
Ils ont pour noms Mashako, Luzolo et Kisimba. Tous trois sont ministres au sein de l’équipe Muzito. Jusqu’ici, rien de nouveau, rien que des évidences, de la trivialité même. Ce qui l’est moins, c’est que ces trois membres du Gouvernement sont au devant de l’actualité. Eux, au moins, défraient la chronique... pour la bonne cause. Voilà trois ministres qui ont le mérite d’avoir compris que dans un cabinet de rupture d’avec les anti valeurs du passé, on ne saurait gouverner sans réformer. Comment matérialiser le renouveau - notre Tshitshi national parlerait volontiers du changement radical - sans faire bouger les lignes ? Comment opérer le nécessaire changement de mentalités sans donner des coups dans la termitière?
Lorsque Mashako Mamba décrète une fatwa contre les «universités et instituts supérieurs» non viables, il justifie de la meilleure façon qui soit sa présence à la tête de l’enseignement supérieur et universitaire. Car, on ne saurait revaloriser l’enseignement supérieur sans au préalable mettre un terme à toute une kyrielle d’instituts supérieurs et universités qui fonctionnent à la manière de nos «ligablos».
Lorsque Luzolo Bambi entreprend de mettre enfin de l’ordre dans le monde des églises-plus particulièrement celles dites de réveil-,il ne fait rien d’autre qu’assainir un secteur où des abus attentatoires à l’ordre public et même à l’équilibre sociétal commençaient à devenir légion. Au nom de la liberté de culte, des églises poussent comme des champignons dans chaque parcelle de Kinshasa se disputant le monopole des tapages nocturnes et diurnes avec les bars!
Lorsque Maj Kisimba nettoie au «karcher» l’administration foncière, décrète des journées portes ouvertes, va à la rencontre des Congolais victimes d’expropriation ou d’autres injustices dans le domaine foncier; il pose les jalons du renouveau dans un secteur ultra sensible pour la paix sociale .La majorité de différends devant les cours et tribunaux portent, en effet, sur des questions foncières.
’action volontariste du trio Mashako-Luzolo-Kisimba est la démonstration que ce pays peut tourner la page de tout ce qui est indigne de la République.
José NAWEJ
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2010 : Quitte ou double pour JosephKabila !
2009, l’année ou jamais pour Joseph Kabila, titrait Forum des As au seuil de 2008. A l’heure des comptes, un constat: Si le Raïs a engrangé de réels succès diplomatiques, si sur le front de chantiers, la visibilité est enfin au rendez vous; le social est toujours anecdotique. Ce cru contrasté s’appelle: bilan mi-figue, mi-raisin.
Autant le reconnaître tout de go. Pour Joseph Kabila, 2009 avait commencé sur les chapeaux de roue. Le Raïs a réussi à retourner une situation diplomatique et sécuritaire qui l’ avait quelque peu fragilisé fin 2008. Normalisation des relations avec Bruxelles, rabibochage avec Kigali et, par voie de conséquence, fin de l’aventure de Nkunda, rapprochement avec Kampala... Le Président ne pouvait rêver mieux. Comme si un bonheur ne vient jamais seul, le sacre des Léopards, début mars, au Championnat africain des nations, achèvera de couronner un trimestre bien négocié par Joseph Kabila.
Cette success story s’enrichira bien plus tard par deux autres coups diplomatiques: le sommet de la SADC, défunt septembre, qui a vu tous les poids lourds de l’Afrique australe faire le déplacement de Kinshasa, à l’exception notable de l’angolais Dos Santos. Il n’empêche. Par cette messe régionale, la RDC a effectué son grand retour sur la scène internationale. Maître de céans, Joseph Kabila est porté à la tête de la Sadc. Pas pour le folklore. Car, à l’opposé de certaines organisations sous-régionales africaines, la Sadc pèse et aime à le faire savoir. C’est ce regroupement qui, en 1998, avait refusé de cautionner le démembrement programmé de la Rdc en volant au secours de Kinshasa. Ce, contre l’avis des puissances occidentales. Il est vrai que nombre de leaders d’Afrique australe connaissent le prix de l’indépendance pour l’avoir arrachée de haute lutte.
Un peu plus d’un mois après le sommet de la SADC, bis repetita pour le Raïs. La capitale congolaise abrite un autre sommet d’une autre organisation sous-régionale. Cette fois-ci, il s’agit de la CEEAC. Le gotha de l’Afrique centrale répond présent à l’invitation de Joseph Kabila. Seul l’énigmatique Paul Biya brille par son absence. Pas de quoi fouetter un chat. Tous les initiés aux arcanes africains savent que les grand’messes de chefs d’Etat ne sont pas la tasse de thé du président camerounais.
Comme derrière un grand homme, il y a une grande femme, la First lady congolaise y va de son sommet international. Le créneau choisi est la femme noire. Pour un coup d’essai, voilà quasiment un coup de maître. Deux autres premières dames se signalent lors de cette rencontre de la gent féminine noire. Du pain béni pour Joseph Kabila qui voit en cet énième forum d’envergure internationale une espèce de cerise sur le gâteau.
2009 aura été aussi l’année des avancées réelles sur front de la sécurité. Le double rapprochement entre, d’un côté, le Rwanda et, de l’autre, l’Ouganda aura eu pour effet de dégonfler nombre de rébellions business qui écumaient l’Est congolais. Certes, des forces résiduelles hutus et quelques boutefeux locaux continuent à entretenir des poches d’insécurité dans certaines contrées. Mais, la situation sécuritaire s’est nettement améliorée. De plus, l’autorité de Kinshasa s’exerce à nouveau sur quasiment l’ensemble de cet Est qui passait pour une région de non droit.
Pour autant, ces hauts faits du Raïs ne sauraient masquer la face peu reluisante de 2009. Le social qui est le baromètre mère de l’action du Président. 2009 n’a pas vu l’ordinaire du Congolais type s’améliorer. Kinshasa offre l’image d’une ville où les immeubles imposants sortent de terre à un rythme soutenu, alors que les «vrais gens» continuent à broyer du noir. Un vrai coup de nez aux tenants du slogan «quand le bâtiment va, tout va».
Sans doute que c’est conscient du déficit ou d’absence de dividendes sociaux de son action que le Raïs a annoncé, début décembre, urbi et orbi que 2010 serait l’année du social. Plus que ce challenge, l’année qui commence dans moins de vingt-quatre heures sera pour Kabila celle du quitte ou double. Le Chef de l’Etat n’ a plus droit à l’erreur. Même l’excuse ne lui est pas permise. Les mandants attendent de lui d’abord des actions, ensuite des actions et enfin des actions. José NAWEJ
A L'OCCASION DE LA CEREMONIE D'ECHANGE DES VOEUX DE NOUVEL AN
BCC : 548 agents décorés pour de bons et loyaux services
La Banque centrale du Congo (BCC) n’a pas dérogé à sa tradition de la présentation des vœux de nouvel an au personnel. Pour la 13ème fois, le Gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu, a présidé cette cérémonie. L’occasion était donnée pour décorer 548 agents de cette institution. Ces agents ont donc reçu pour les uns des médailles de mérite en or, pour les autres des médailles en argent et pour d’autres encore des médailles en bronze, pour des bons et loyaux services rendus. Le Chancelier des ordres nationaux a personnellement présidé la cérémonie. Parmi les lauréats se trouve Honoré Mulangu.
Dans son intervention, le gouverneur Jean-Claude Masangu a retracé les grandes lignes de l’exercice 2009 aux plans économique et financier. Ce, avant de dégager les perspectives de la nouvelle année d’une part, et d’autre part, de procéder au plan interne à une sorte d’introspection en vue d’évaluer le chemin parcouru afin de mieux aborder l’avenir.
Le n°1 de l’Institut d’émission, a relevé que la crise financière et économique a affecté la RDC à travers trois canaux, à savoir : les exportations, les flux des capitaux extérieurs et enfin, le secteur bancaire.
Par rapport au comportement de la monnaie nationale en 2009, Jean-Claude Masangu s’est interrogé: «Pourquoi le Franc congolais a-t-il décroché en 2009 ?» A cette interrogation, il reconnaît que la monnaie locale a connu une zone de turbulence dès fin 2008 suite à un recul de l’activité de production dans un contexte d’expansion des dépenses publiques et de baisse des recettes pétrolières et minière ainsi que celles générées par l’Ofida. Le taux de change a connu une dépréciation de 22,7%, tandis que les réserves internationales ont enregistré une baisse drastique passant de 77,5 millions USD au 25 mars 2009, représentant 0,2 semaine d’importations. Avec la vente de 10 millions Usd et la hausse de son taux directeur, l’intervention de la Banque- fin décembre 2008-12 janvier 2009- a permis une ponction de la liquidité à hauteur de 17,0 milliards de FC. Mais au second trimestre, la situation économique, financière et monétaire a été globalement stable. Quant au taux de change, la monnaie nationale s’est appréciée de 8,9 au premier trimestre. « Malheureusement, souligne Masangu, ces bons résultats n’ont pas pu être soutenus longtemps par manque de cohérence entre le plan d’engagement et de trésorerie ainsi que par l’insuffisance des ressources fiscales propres pour couvrir les dépenses ».
Ainsi, à partir de la dernière semaine du mois de juin et durant tous les mois de juillet, août et septembre 2009, le Trésor a recouru à un financement monétaire important qui a annihilé les gains obtenus par l’application d’une politique monétaire prudente et la vente des divers.
Globalement, note le gouverneur, l’année 2009 se clôture avec un taux d’inflation plus élevé que celui réalisé en 2008, soit 53,44% contre 27,6, et une dépréciation du taux de change de 30% contre 21% en 2008.
Il n’a pas manqué de relever la conclusion effective d’un programme formel avec le FMI. Le n°1 de la BCC a, à cet effet, attiré l’attention du public en ces termes « ne dormons pas sur nos lauriers quand bien même l’évaluation annoncée du programme avec le FMI arrêté à fin décembre se présente bien ». Il reconnaît que « la route vers le point d’achèvement est parsemée de ce qu’on appelle les 7 déclencheurs qui essentiellement consistent en la mise en œuvre globalement satisfaisante du DSCRP, au maintien de la stabilité macroéconomique à travers une bonne exécution du FRPC ainsi qu’à la bonne gouvernance et à l’amélioration de l’offre des services dans les secteurs prioritaires ».
En ce qui concerne le plan de trésorerie pour 2010, la subvention du trésor inscrite au budget de l’Etat et qui doit couvrir le déficit de la BCC est de 38,7 milliards de FC. Les prévisions d’encaissement des recettes de 129,2 milliards de FC couvriront les dépenses courantes et celles d’investissements à concurrence de 13,6%. C’est dans cette optique que la Banque s’engage à améliorer les conditions salariales dans l’objectif de rattraper la perte du pouvoir d’achat enregistrée depuis janvier 2009. Dina BUHAKE
Passation des marchés : les pouvoirs publics contraints de jouer franc jeu
Beaucoup de choses ont été dites autour de la passation des marchés en 2009. Et d’aucuns ont fondé leur foi sur l’opération « tolérance zéro » pour dépoussiérer ce dossier brûlant à la base de la montée de la corruption dans les secteurs publics et privés du pays. C’est, en effet, dans la passation des marchés que les efforts de l’Etat ont été le plus trahis par des contrats léonins dont la préparation et la signature n’ont cessé de laisser des cadavres dans les tiroirs des institutions publiques.
C’est pour mettre un terme à cet état des choses que le chef de l’Etat a pris ses responsabilités en engageant une lutte systématique contre les antivaleurs dont la corruption. Le Parlement, à son tour, a haussé le ton en dénonçant publiquement des cas de corruption, des contrats léonins, des détournements des fonds, les maffias organisées sur les dos des contribuables.
Cette vaste campagne a eu le mérite de bénéficier du soutien d’une opinion publique favorable à la pratique et à la gestion orthodoxe des affaires pour améliorer le bien-être des populations.
Mais sur le terrain, d’aucuns déplorent les résistances enregistrées de la part des pouvoirs exécutifs et judiciaires pour matérialiser cette volonté du Chef de l’Etat. En témoigne la conclusion de nouveaux marchés publics sans appel d’offre. Notamment dans les marchés de constructions, des ventes de véhicules, des tracteurs... réalisés au mépris de la réglementation sur la passation des marchés.
Les contrats des ventes sont signés de gré à gré sans aucune compétition des soumissionnaires désireux d’offrir des services de qualité aux gouvernants. Tout est fait au mépris de la réglementation sur la passation des marchés.
Cette attitude longtemps décriée semble avoir la peau dure dans les milieux institutionnels congolais. Les marchés sont confiés à des entreprises choisies sur base d’aucuns critères objectifs et généralement après négociation des dessous des tables qui va de 10 à 40 % de commissions. Dans d’autres marchés, comme dans des secteurs des routes, des mines ... les investisseurs bien rodés se limitent à donner des miettes aux agents de l’Etat avant de leur faire signer des engagements qui mettent en péril les intérêts du pays et de ses populations. Car l’argent ainsi libéré ne servira pas aux objectifs déclarés. C’est ainsi qu’on a assisté à des chantiers des routes, des bâtiments inachevés... abandonnés a leur triste sort.
Certes, il y a des personnalités qui ont été dans le cadre d’une politique-spectacle, arrêtées et jetées en prison. Mais, cette opération n’était que cosmétique car les dessous de l’iceberg sont restés inébranlables. La corruption étant assise sur un système qui paralyse le gouvernement et le pouvoir judiciaire.
Même le revenue-ménage observé dans la magistrature en 2009 tarde à donner des fruits, car la simple permutation et élévation des magistrats ne suffissent pas. Il faut que le socle du système judiciaire congolais soit revisité.
De l’autre côté, il faut craindre qu’en 2010 si les règles de passations des marchés publics ne sont pas clarifiées que le Congo qui a grandement besoin de soutien des investisseurs ne se prive de leur apport faute de mécanismes encourageant et facilitant les transactions. Cette manière de faire les choses risque d’être, à la longue, source de frustration permanente et occasion d’ouvrir des procédures judiciaires sur la place internationale contre la RD Congo. Et ce, au moment où toutes les machines sont mises en marche pour l’adhésion du Congo à l’OHADA.
Après la promesse de 2009 et les tentatives de régulariser les procédures de passation des marchés. 2010 doit permettre de passer aux actes pour redorer le blason des institutions publiques et donner la chance à tous les opérateurs économiques. La libéralisation prônée par le gouvernement ne doit donc pas ouvrir la voie à un système sauvage qui profite aux uns au détriment des autres. Vu les systèmes qui sapent les fondements de l’opération « tolérance zéro» et décourage les initiatives privées et leur contribution dans l’effort de redressement économique de la RDC. R.M
2009 a ouvert la voie au PPTE en 2010
Au moment où la crise financière internationale secoue les économies à travers le monde, la République démocratique du Congo en a subi aussi des effets désastreux. Si les contrecoups de cette crise ont commencé à se faire sentir en 2008, la situation s’est aggravée sur la fragile économie congolaise en 2009. Elle s’est caractérisée, notamment, par la poursuite de la fermeture des entreprises minières dans le Katanga avec son cortège de mise en chômage des dizaines de milliers de travailleurs.
La chute des cours des matières premières et précieuses a également donné un coup de semonce à la moribonde Minière de Bakwanga, touchant aussi de plein fouet la production artisanale de diamant. Aujourd’hui, des milliers de jeunes trafiquants se sont convertis au transport en commun, exploitant qui un taxi bus, qui un taxi, et qui encore une moto.
Au plan monétaire, on a assisté à une grave dépréciation du Franc congolais. La première quinzaine du mois de janvier 2009 a été particulièrement catastrophique pour la monnaie nationale par rapport aux prévisions budgétaires.
QUAND LE FRANC CONGOLAIS S’AFFOLA
Fixé dans le Budget 2009 à 610 FC, le dollar se situait déjà dès la première semaine du mois de janvier 2009 à 700 FC. Aucune explication n’est donnée du côté des habitués des négoces sur cette hausse vertigineuse de la devise américaine par rapport à la monnaie locale en chute libre. Les Congolais qui venaient à peine de sortir des fêtes de Noël 2008 et de Nouvel an 2009 ne savaient alors plus à quel saint se vouer, d’autant plus que la dégringolade du Franc congolais s’est traduite par l’explosion des prix sur le marché. La Banque centrale du Congo (BCC) attribuera cette descente aux enfers à la rareté des devises sur le marché, l’absence des redevances pétrolières ainsi que le paiement des salaires ou émoluments dans certaines institutions de la République. Face à un climat aussi morose, les agents économiques se sont rués vers la monnaie forte. Cela a amené la Banque centrale à intervenir grâce à ses réserves qui se sont vite avérées insignifiantes face à l’ampleur de la situation.
Prenant la juste mesure de cette situation, le Gouvernement va mettre en place une cellule de crise à l’effet de stabiliser le marché de change. Des mesures incitatives sont prises, telles que l’augmentation du taux d’intérêt de 28% à 40% l’an et le maintien de l’exécution des dépenses sur base caisse. Grâce à l’ensemble de ces mesures, le taux de change, qui avait atteint le pic de 850 FC le dollar, redescendra à 600 FC après une semaine folle à la mi-janvier 2009. Mais une semaine plus tard, la monnaie américaine va atteindre 690 FC puis 710 FC. Une accalmie s’observe quand même pendant un week-end avant que la situation ne se stabilise à nouveau pour voir le taux revenir à 600 FC le dollar grâce à la réaction du gouvernement.
Consciente de la gravité de la situation due aux effets exogènes de la crise économique et financière mondiale, le Gouvernement va se tourner vers les partenaires bi et multilatéraux. Les négociations entreprises rapportent alors au pays un soutien financier de la part de la BAD, du FMI, de la Belgique et de l’Union Européenne. Ces apports se situent à plus ou moins 500 millions USD. La Banque centrale peut ainsi mettre des devises à la disposition des banques et des importateurs.
Plus tard l’Institut d’émission instaurera l’opération d’adjudication des devises visant à stabiliser le taux de change par la ponction de la masse de Francs congolais sur le marché, combattre la spéculation sur le marché parallèle et mettre à disposition des devises en faveur des importateurs. Cependant, ces interventions semblent ne pas se traduire par une stabilité notable, car le «roi dollar» va continuer s’apprécier face à la monnaie nationale qui atteindra les crêtes de 900 FC.
REFORMES ECONOMIQUES
Sur un tableau économique plus large, le Gouvernement a, malgré les effets de la crise financière internationale, poursuivi des efforts de stabilisation du cadre macroéconomique, notamment à travers le contrôle des dépenses au moyen de la gestion sur base caisse. L’objectif visé par ces efforts était d’approcher les Institutions de Bretton Woods pour un nouveau programme formel avec le FMI et l’atteinte du point de décision de l’initiative PPTE qui a pour effet de voir s’effacer 90% de la dette extérieure. Ces perspectives doivent, en effet, permettre à la RDC d’être à nouveau éligible auprès de ces institutions pour bénéficier des avantages de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
Pour cela, les émissaires de la RDC iront aux quatre coins de la planète pour plaider la cause nationale bloquée, notamment, par les appréhensions de la communauté internationale par rapport au contrat passé entre la Gécamines et le groupe des entreprises chinoises autour des cinq chantiers de la République. La crainte, sur la place internationale, était que ce contrat risque de constituer un nouvel endettement de la RDC. De Paris à Washington en passant par Istanbul, le Gouvernement n’a ménagé aucun effort en dialoguant fermement avec différents partenaires pour dissiper ces craintes et faire agréer les évolutions économiques et financières réalisées entre-temps.
Ces efforts ne seront pas vains. Peu à peu, en effet, Kinshasa bénéficie d’une oreille attentive sur la place diplomatique internationale. Les actions du Gouvernement sur le plan économique ne laissent pas indifférents les observateurs internationaux. Cette évolution est également due aux effets de la stabilité politique et institutionnelle issue des élections, mais aussi à la pacification progressive du pays dans sa partie Est.
On assiste alors à un ballet diplomatique qui a des effets d’entraînement sur le regard de la communauté internationale sur la RDC. Les réticences d’hier cèdent peu à peu, surtout que la RDC s’affiche désormais comme une importante destination des investissements. Les visites de Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat américaine ou encore du président français Nicolas Sarkozy en sont des preuves éloquentes.
PROGRAMME FORMEL AVEC LE FMI
Et au plan strictement économique et financier, ce sont les visites des Directeurs généraux de la Banque mondiale, Robert Zoellick, et du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui donnent un signal fort comme quoi la communauté internationale est aux portes du Congo. Tous apprécient, en effet, les réalisations de la RDC aux plans économique et financier. La Banque mondiale recommande, cependant, la poursuite des efforts pour la réforme du portefeuille de l’Etat ainsi que la restructuration et la recapitalisation de la Banque centrale du Congo. Zoellick place aussi sa visite sous le signe de la bonne gouvernance, de l’intégration régionale et de la sécurité. Il va promettre le maintien de l’appui de son institution pour la réhabilitation du barrage d’Inga et insister sur la nécessité de lutter contre la corruption.
Le signal le plus fort vient, cependant, de Dominique Strauss-Kahn qui agrée, enfin le plan de reconstruction de la RDC à travers les contrats chinois en considérant, désormais, que ce contrat n’est plus incompatible avec un programme d’investissement. Il recommande, cependant, au Gouvernement de recadrer ce contrat en revoyant les montants à la baisse pour le sortir des zones de risque d’endettement.
Tout en étant pertinentes, ces différentes recommandations enfoncent pratiquement des portes ouvertes, car la RDC se trouve déjà en pleine opération de réforme des entreprises publiques qui entré en phase opératoire fin novembre 2009, notamment avec l’OFIDA et l’OCC et plusieurs autres entreprises. Même chose à la Banque centrale. Quant aux contrats chinois, le Gouvernement parviendra, après la visite de Strauss-Kahn, à convaincre la partie chinoise de trouver un avenant pour son recadrage, ce qui a été fait.
Conséquence, le 11 décembre 2009, le Conseil d’administration du FMI agrée le dossier de la RDC consacrant ainsi son entrée en programme triennal formel pour la période 2009 - 2012. Le 25 novembre déjà, le Club de Paris avait pris l’engagement d’allouer des financements à ce programme qui sera retardé par la réticence du Canada qui plaidait la cause de deux des entreprises canadiennes dont les contrats miniers avaient été annulés. Quelques échanges entre le Premier ministre et l’Ambassadeur du Canada en RDC finiront par lever les équivoques, même si la diplomate canadienne exprimera le souhait de son pays quant à l’assainissement du climat des affaires en RDC.
Le cap du programme formel avec le FMI étant franchi, le Gouvernement s’est dit déterminé à maintenir le cap pour réunir toutes les conditions nécessaires pour atteindre, au premier semestre 2010, le Point d’achèvement de l’initiative d’allégement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
TRANSFORMATION
DU PORTEFEUILLE
En quête des moyens financiers pour parer aux effets de la crise financière et relancer son économie, la RDC a ciblé le secteur du Portefeuille de l’Etat parmi les secteurs d’où pouvaient venir des solutions. C’est ainsi que la RDC a procédé à la réforme des Entreprises dans le but de créer un cadre institutionnel susceptible d’insuffler une dynamique nouvelle à ces entreprises et les rendre aptes à contribuer au renforcement de leur compétitivité et de l’ensemble de l’économie nationale. Ainsi donc, des entreprises publiques vont être transformées en Sociétés commerciales, en Etablissements publics ou en services publics.
Fin novembre donc, le Premier ministre a signé une série de décret portant transformation de certaines entreprises publiques dont l’OFIDA, l’OCC, l’OPEC, etc.
Dina BUHAKE
Grande instabilité des institutions en 2009
En un mot comme en mille, la lecture générale de la vie des institutions publiques pendant l’année 2009, tant nationales que provinciales, dégage de grosses incertitudes qui ont caractérisé cette vie quant à la stabilité et, partant, les capacités de ces institutions à prendre en charge les défis qui se posent à la Nation. Loin d’être des faits conjoncturels d’une année fort houleuse, les soubresauts qui ont traversé ces institutions auront été, dans la majorité des cas, la poursuite ou la conséquence des faits en amont qui se sont produits aussi bien en 2008 qu’en 2007 au sortir des élections.
D’une manière générale, on peut dire, de prime abord, que le pays a souffert d’un déficit de vision quant au besoin de doter une Nation d’institutions suffisamment fortes pour dominer les poussées sectaires qui ont semblé s’imposer sur l’intérêt général.
Que ce soit l’Exécutif national, l’Assemblée nationale ou les structures correspondantes en provinces, les Congolais ont vécu un triller en série qui a eu pour conséquence soit d’émousser ou ralentir l’élan du fonctionnement des institutions, soit carrément d’hypothéquer l’avenir de certaines entités qui, finalement, sont en train de traverser le premier mandat électoral de la troisième République sans engranger les profits en faveur des communautés.
Kamerhe, ce Vital qui paralysa l’Assemblée nationale
2009 s’est, en effet, ouvert sur une crise au niveau de l’Assemblée nationale autour de la décision de la majorité de recomposer le Bureau de la Chambre basse. L’Affaire est partie de la décision fort risquée du Chef de l’Etat d’inviter les troupes étrangères, rwandaises en particulier, pour mener une traque contre les milices étrangères des FDLR, ex-FAR. Une initiative qui fit hérisser les cheveux aux leaders politiques du Sud-Kivu avec, en tête, Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale.
La Chambre basse avait tenu une série de plénières, fin 2008, sur l’épineuse question de l’insécurité qui ne faisait que s’aggraver à l’Est avec, notamment, la témérité de Laurent Nkunda et son CNDP qui venaient de lancer une offensive généralisée ciblant la ville de Goma. Les débats débouchèrent sur une série de recommandations faites au Gouvernement, centrée essentiellement sur l’option des négociations aussi bien avec les insurgés que les pays voisins qui les soutenaient. Le courroux de Kamerhe fut d’être surpris de suivre à la télévision, presque en live, l’entrée massive des troupes régulières rwandaises pour la traque des FDLR. Un sacrilège, selon lui, pour les populations des montagnes du Kivu capables de s’évanouir à la simple vue d’un uniforme rwandais (c’était les mots de Kamerhe). Le Président de l’Assemblée nationale en viendra alors à faire une déclaration presqu’immédiate sur les antennes de Radio Okapi. C’est ce qui mit le feu aux poudres.
Loin d’être seul, Kamerhe se retrouvait avec un courant de députés toutes tendances confondues et autres leaders aussi bien de l’Est que d’autres provinces qui criaient à la haute trahison, visant par là directement la personne du Chef de l’Etat qui, entant que commandant suprême des Forces armées et garant de la nation, avait pris seul la décision d’inviter les troupes étrangères, jusque-là ennemie et responsables des crimes de l’Est.
Le PPRD fut alors le premier parti à exiger officiellement son tablier à Kamerhe et, partant, à tout le bureau qu’il chapeautait. L’affaire vire alors à une grave crise institutionnelle qui bloque aussi bien l’Assemblée nationale que le Gouvernement qui ne sait pas formuler des projets de lois pour compléter l’arsenal juridique et institutionnel de la RDC post élection. La crise est également politique car elle déchire gravement la majorité au pouvoir et fait monter en puissance l’opposition qui va jusqu’à se sentir des ailes pour briguer des postes au prochain bureau lorsque l’option est définitivement levée.
Pendant cinq mois, le pays vit donc sa plus grave crise depuis la fin des élections. La coalition AMP-UDEMO-PALU prend ses plus gros coups qui lézardent sérieusement son édifice. Pire encore, l’ «Autorité morale » de cette majorité, du moins la frange de l’AMP, se voit obligée d’entrer personnellement en danse pour recoller les morceaux qui le peuvent encore. C’est alors que l’on va vivre la pire des expériences politiques lorsque les sociétaires de cette majorité en viennent à marchander, en numéraires, leur « fidélité » à l’Alliance afin de préserver l’influence arithmétique de la majorité au moment de l’élection du nouveau Bureau.
En fin de compte, la crise passée et le nouveau Bureau composé, la sérénité reviendra, fin mai 2009, à l’hémicycle, mais plus rien n’a plus jamais été comme avant dans la majorité. Jusqu’à la fin de l’année, l’ombre d’un certain courant réformateur, à la tête duquel se profilait Vital Kamerhe, planera sur la classe politique, mais sans conséquence particulière. Il ne reste pas moins que cet épisode a engendré des comportements dans les rangs de la majorité où la moindre menace de crise occasionnait des chantages matérialistes sous les prétextes de « mots d’ordre » ou de « consignes ». On n’a donc pas à se voiler la face pour dire que l’ »épisode Kamerhe » aura eu le mérite de révéler le fond des convictions qui animent la majorité des acteurs politiques au sein des institutions. La cohésion électorale a vite cédé le pas au déferlement des ambitions, en sorte qu’il est devenu clair que la Majorité, l’AMP essentiellement, éprouve un grand besoin d’opérer des mutations qui doivent lui conférer une stature de machine de conservation et de gestion du pouvoir. Jusqu’à la fin de l’année, en effet, sa vie interne a été rythmée par des querelles de leadership visant des positionnements pour un perpétuel partage du pouvoir.
Après la publication des résultats du second tour de la présidentielle fin 2006, les sociétaires de l’AMP se retrouvèrent à la Brasserie du Grand Hôtel Kinshasa pour s’offrir une réception bien méritée. A l’occasion, feu André-Philippe Futa, alors coordonateur de l’AMP, invita ses pairs à considérer la victoire de Joseph Kabila comme un focus d’opportunité, c’est-à-dire l’objet pour lequel tout le monde s’est engagé. Indirectement, il leur signifiait que les perspectives faisaient profiler peu de place pour tous ceux qui s’identifiaient en cette victoire et que ceux qui ne seraient pas appelés devaient se consoler de cette victoire. L’appel tomba certainement dans le désert…
Adolphe Muzito : le miraculé des défiances
En dehors de l’Assemblée nationale, la Majorité a, durant l’année 2009 finissante, fait vivre l’Exécutif national au rythme des incertitudes autour du sort de l’équipe mise en place après la démission d’Antoine Gizenga. Sous prétexte d’un immobilisme qui aurait caractérisé cette équipe conduite par Adolphe Muzito, des voix progressivement virulentes s’élevèrent très tôt pour crier à la nécessité de recomposer le Gouvernement, au besoin, en lui trouvant un autre Premier ministre. Si l’affaire Kamerhe avait quelque peu détourné les déterminations de cette perspective, elle ne tarda pas à revenir dans l’actualité à la fin de la session de mars. Profitant d’une motion de défiance introduite par un député de l’opposition (Clément Kanku), des pourfendeurs de Muzito, tapis dans les rangs de la majorité, et même au sein de sa propre équipe gouvernementale, poussaient fort, très fort pour obtenir sa tête.
L’élément le plus symptomatique fut la lettre du Chef de l’Etat qui signifiait au Premier ministre sa décision d’avoir désormais un œil et un mot à dire dans la confection et l’exécution du plan de trésorerie. La préoccupation du Président de la République était, alors, de contrôler les dépenses publiques pour réunir toutes les conditions permettant à la RDC d’entrer de nouveau en programme formel avec le FMI et d’atteindre le point de décision de l’initiative PPTE.
La lettre tomba, cependant, en pleine turbulence politique au sein de la majorité sur un supposé immobilisme de l’Exécutif qui prospéra sur le terreau des séquelles de l’Affaire Kamerhe. Celle-ci avait, en effet, ébranlé la cohésion au sein de la coalition AMP-PALU-UDEMO. Si, pour le cas de cette dernière, des voix à l’AMP avaient ouvertement prononcé le divorce, ces mêmes voix ne se cachaient pas pour affirmer que l’heure était venue de reprendre la primature au PALU. Les calculs les plus rocambolesques se développèrent autour de cette situation et de l’échange épistolaire entre le Chef de l’Etat et le Premier ministre, jusqu’à en arriver à un certain chantage à la balkanisation politique du pays. Le PALU était capable de retirer sa « caution occidentale » à la Majorité qui allait, alors, se réduire à l’Est du pays, le centre ayant toujours été incertain.
Les vacances parlementaires de juin à septembre 2009 furent alors les plus stressantes sur le sort supposé de Muzito et du PALU au sein de la majorité. Les spécialistes de la géopolitique entrèrent en lice pour développer des analyses aussi alarmistes les une que les autres, en faisant miroiter les risques de voir la majorité parlementaire s’effondrer en cas de désaveu d’un Gouvernement qui en est l’émanation. Un cas de figure qui pouvait amener le Chef de l’Etat, soit à nommer un informateur, soit carrément à congédier le Parlement pour chercher une nouvelle majorité dans les urnes.
La RDC en avait-elle les moyens ? Quel sort aurait alors la confiance renaissante de la communauté internationale qui accourait depuis au chevet de l’Etat congolais renaissant ? Kabila était-t-il capable de retrouver sa majorité en cas de nouvelles élections dans ce contexte là ? Autant donc de questions qui accompagnèrent le pays et son Gouvernement jusqu’à la rentrée de septembre 2009.
Et lorsque le dossier de la motion de défiance contre Muzito arrive à la plénière de l’Assemblée nationale alors que le Premier ministre s’y rend pour présenter le projet de budget pour l’exercice 2009, c’est la majorité qui donne le ton en renvoyant le Chef de l’Exécutif à qui il est demandé de présenter d’abord le rapport d’exécution du budget de l’exercice 2008 avant tout débat sur le projet de budget 2009. Les nuages s’assombrissent plus que jamais sur l’avenir immédiat de Muzito et son Gouvernement. C’est, cependant, sans compter avec les appétits des sociétaires de la majorité. Au sortir de l’Hémicycle après le renvoi du Premier ministre, on entend, en effet, des députés de la majorité se plaindre d’avoir été attraits à une plénière aussi « stratégique » sans aucune « consigne » ni « mot d’ordre ». Il fallait graisser la patte…
La chose ayant certainement été faite, Muzito reviendra au parlement où il présentera le rapport d’exécution du budget de l’exercice 2008 suivi immédiatement de la présentation du projet de budget de l’exercice 2009. A la même plénière, les deux documents furent discutés et déclarés recevables avant leur renvoi en commission pour examen. Rien ne transpira, lors de cette plénière, de ce qui aurait froissé les députés lors de la plénière précédente.
Et, manifestement, les rangs de la majorité se « ressoudèrent » si fort que lorsque la motion de défiance de Clément Kanku est, enfin, soumise à débat, elle n’a même pas le temps d’être discuté. Une contre motion du très PPRD Pius Muabilu obtient les faveurs de la majorité des députés, même ceux de l’opposition, pour rejeter celle de Kanku au motif qu’un Premier ministre ne peut pas faire l’objet d’une motion de défiance sur des questions qui impliquent des membres de son Gouvernement et non la politique générale de ce Gouvernement et la gestion qui en est faite.
Comme avec l’Assemblée nationale, l’ «épisode Muzito » a changé le regard de l’opinion sur les institutions, en général, et le Gouvernement, en particulier. Quelque chose semble s’être cassée dans la conscience des Congolais. Une fois encore, des intérêts particuliers ont failli l’emporter sur la cause générale. En effet, loin d’une conviction sur le besoin de renforcer les institutions, spécifiquement le Gouvernement, des forces bien connues ont plutôt joué au chantage en vue de faire satisfaire leurs demandes ou leurs attentes quant à leur positionnement d’alors au sein de l’Exécutif. Une sorte de cambisme de mauvais aloi où un marché de dupes où le vendeur se trouve être également acheteur, mais monte les enchères sur lui-même pour tirer un double bénéfice en tant qu’acheteur et vendeur.
Concrètement, l’essentiel de la « crise » autour de Muzito se basait sur des demandes pressantes de certains de ses ministres quant au règlement des dossiers de leurs partenaires dont l’Etat est débiteur. Des dossiers pour lesquels ils attendaient de faramineux pourcentages. D’autres encore cherchaient à provoquer un réaménagement ministériel dans l’espoir de se voir octroyer des postes plus avantageux que ceux qu’ils occupent actuellement…
Du reste, les membres du Gouvernement auront passé plus de la moitié de l’année dans l’incertitude de survivre à un remaniement annoncé par le Chef de l’Etat, mais qui n’aura, finalement, pas eu lieu
L’Assemblée nationale bat le record de la production législative
L’année qui s’achève a été marquée par plusieurs temps forts à l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo. Cette rétrospective reprend les événements allant du renouvellement du bureau de cette institution le 18 avril 2009 au 31 décembre 2009.
En effet, à la suite d’un malaise ressenti au sein de l’AMP, malaise dû à la rupture de confiance entre cette plate-forme électorale et l’ancien speaker de l’Assemblée nationale, il y eut nécessité de changer tous les 7 membres du bureau de la chambre basse. Alors vint la période de la campagne pour briguer les 7 postes vacants au perchoir. Parmi les candidats, le Pr Evariste BOSHAB désigné par le PPRD, les Honorables Boris BUKULAKA (ARC), Georgine MADIKO (PALU), Wildor MAKONERO (PPRD) et Sophie KAKUDJI (UNAFEC), Dieudonné BOLENGE TENGE (MSR) et Robert BOPOLO (PDG) alignés respectivement aux postes de Président, 1er Vice-président, 2e Vice-présidente, Rapporteur et Rapporteur adjointe, Questeur et Questeur adjoint.
La bataille électorale pour la conquête de ces 7 postes a été bien rude parce que
l’opposition parlementaire avait aligné ses propres candidats comme Gilbert KIAKWAMA, François MUAMBA et Roger LUMBALA pour ne citer que ceux-là. Mais, au terme du scrutin
qui aura duré près de 48 heures, ce sont les candidats de l’AMP-Palu qui ont raflé tous les sièges
Ainsi, le Président du Bureau sortant, Vital KAMERHE devait faire son dernier discours au perchoir avant de présenter publiquement ses excuses au Président de la République
Après la remise des symboles du pouvoir à son successeur, le Professeur Evariste BOSHAB élu à l’écrasante majorité avec 329 voix sur 482 votants, l’Honorable Vital KAMERHE cède enfin le fauteuil au nouveau speaker pour son discours d’investiture. Ainsi, l’ancien bureau appartient à l’histoire après un long bras de fer entre l’autorité morale de l’AMP et Vital KAMERHE. Le nouveau reprend les commandes de l’Institution.
Dans le cadre du Contrôle parlementaire, plusieurs défis se sont présentés au nouveau bureau dans l’espace de 8 mois. Il s’agit de 4 motions de défiance adressées aux membres du Gouvernement, à savoir :
1. La motion de l’Honorable EMERY OKUNDJI au Ministre des Affaires étrangères.
2. La motion de l’Honorable Martin MUKONKOLE au Ministre de la Communication.
3. La motion de l’Honorable KANKU BUKASA au Premier Ministre.
4. La motion de l’Honorable NGOMA NKOSI au Ministre des Transports et voies de
communication.
22 autres initiatives dans le cadre du contrôle parlementaire ont été enregistrées par le nouveau bureau dont une interpellation et 21 questions orales avec débat de :
1. L’Honorable KIMEME au Ministre de l’Environnement et Conservation de la nature et
tourisme. .
2. L’Honorable EJIBA au Ministre de la Culture et des Arts.
3. L’Honorable ANZIAMA à l’ADG de la REGIDESO.
4. L’Honorable GAPEMONOKO au Ministre de l’Intérieur et sécurité
5. L’Honorable BONDOMISO au Ministre de l’Intérieur et sécurité
6. L’Honorable BONDOMISO au Ministre de l’Intérieur et sécurité
7. L’Honorable MAZUNDA au Ministre de l’Intérieur et sécurité
8. L’Honorable LUSENGE au Ministre de la Défense et Anciens combattants ‘
9. L’Honorable BABALA au Ministre de la Défense et Anciens combattants
10. L’Honorable JEMSI au Ministre de la Justice
11. L’Honorable TUNDA au Ministre des Finances, de l’Economie, Industrie
12. L’Honorable KANKU au Ministre de l’Urbanisme et habitat
13. L’Honorable M UKONKOLE au Ministre de Portefeuille
14. L’Honorable KIMEME au Ministre de l’Environnement et Conservation de la nature et tourisme
15. L’Honorable KALUMBA au Ministre de l’Emploi, travail et prévoyance (non traité à cause de l’absence du Ministre) 4
16. L’Honorable BAM ANISA au Ministre du Plan
17. L’Honorable KALUMBA au Ministre de l’Emploi, travail et prévoyance
18. L’Honorable KANKU au Ministre des Finances, de l’Economie, Industrie
19. L’Honorable KIAVIRO au Ministre de la Défense et Anciens combattants
20. L’Honorable BAPOLISI au Ministre des Transports et voies de communication
21. L’Honorable EMERY OKUNDJI au Gouverneur de la Banque Centrale du Congo
A ces initiatives se sont ajoutées bien d’autres qu’il sied de considérer comme des temps forts de cette année qui s’achève à I Assemblée nationale. Il s’agit, pour la session de septembre dernier du dépôt du projet de budget 2010. Pour l’Opposition politique il fallait d’abord faire te rapport de l’exécution du budget de l’Etat exercice 2009. La majorité ne l’ayant pas entendu de cette oreille, l’Opposition claque la porte et une petite crise s’installe à la chambre basse. Mais il a fallu 48 heures pour que le Président de l’Assemblée nationale, Evariste BOSHAB, use de toute sa sagesse et de ses talents de fin négociateur pour obtenir le retour de l’Opposition à l’hémicycle. Dès lors, la question fut retenue parmi les matières à examiner à la session de septembre, mais après examen et adoption du projet du budget 2010.
Il sied de noter que dans le cadre du contrôle parlementaire, plusieurs missions d’enquêtes parlementaires ont été enregistrées avec satisfaction au bout de 8 mois seulement de gestion de cette institution par le Bureau E. BOSHAB.
S’agissant de la production législative, l’une des missions constitutionnelles de la chambre basse, au terme de 8 mois, l’actuel bureau a, à son actif, 21 lois examinées dont 13 adoptées, certaines déjà promulguées, d’autres sur la voie de l’être. Il s’agit de :
1. Loi portant délimitation des frontières et espaces maritimes de la RDC,
2. Loi portant amnistie pour faits de guerre et insurrectionnels commis dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu,
3. Loi autorisant la ratification du pacte de défense mutuelle signé par les Etats membres de la SADC,
4. Loi autorisant la ratification* de la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles,
5. Loi autorisant la ratification de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel,
6. Loi autorisant la ratification de la convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique,
7. Loi autorisant la ratification du Protocole d’Accord établissant le Centre d’Excellence Régional pour la gestion des catastrophes, signée le 15 Août 2005 à Nairobi, au Kenya entre les Etats participants,
8. Loi autorisant la ratification de la convention internationale contre le dopage dans les sports, signée entre les Etats membres de l’UNESCO,
9. Loi portant organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC),
10. Loi portant Budget de l’Etat pour l’exercice 2010,
11. Loi autorisant la ratification du traité relatif à la conservation et à la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale et instituant la Commission des forets d’Afrique Centrale (COMIFAC) signé à Brazzaville le 25/02/2007 par les Etats,
12. Loi autorisant l’adhésion de la RDC au traité du 17 Octobre 1993 relatif à l’organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA),
13. Loi portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale nationale Indépendante (CENI)
8 autres projets de loi dont celui sur les élections présidentielles de 2011 sont inscrits au calendrier de la session extraordinaire du 15 janvier prochain. Il s’agit de :
1) Projet de loi portant Code des marchés publics ;
2) Projet de loi organique portant Code de l’organisation, du fonctionnement et des compétences des juridictions de l’ordre judiciaire
3) Projet de loi organique relatif à la procédure devant la Cour de cassation ;
4) Projet de loi organique portant organisation, fonctionnement, compétence et procédure des juridictions.
5) Proposition de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle ;
6) Proposition de loi organique portant fixation des subdivisions territoriales à l’intérieur des Provinces ;
7) Proposition de loi portant mise en œuvre de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnelles et sur leur destruction en République Démocratique du Congo ;
8) Projet de loi portant organisation des élections présidentielles, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales.
Un record jamais réalisé depuis 1960 et une première dans l’histoire parlementaire africaine récente.
Sur le plan de la diplomatie parlementaire, la chambre basse de la RDC est sur la voie du désenclavement. Tour à tour, le Président de cette Institution s’est rendu en Libye, en France, en Chine, au Burundi, en Tunisie et à Cuba où des groupes d’amitiés se sont tissés entre les députés congolais et leurs collègues d’ailleurs.
Des visites d’échange d’expériences sont envisagées quant à ce, entre l’Assemblée nationale de la RDC et les Assemblées d’autres pays.
Dans le même chapitre, il convient de souligner les missions parlementaires; effectuées par le Premier Vice-président, l’Honorable Boris MBUKU LAKA à Genève où il a défendu avec succès l’Assemblée nationale congolaise dans le dossier de 18 députés invalidés par la Cour Suprême de Justice, et au sommet de COPENHAGUE, mais élégamment celle effectuée par le Rapporteur, l’Honorable Wildor MAKONERO, au Burkina-Faso dans le cadre de l’Association des Parlements africains. D’autres députés nationaux ont effectué plusieurs missions parlementaires avec succès.
Au plan interne, du point de vue de la diplomatie de proximité, on ne saurait passer
sous silence, pour cette année qui s’achève, d’autres événements importants. Il s’agit de la
mission de réconciliation de deux’Kasaï au terme d’un conflit foncier, mission effectuée avec
succès au Lac MUKAMBA par le Président de l’Assemblée nationale, Evariste BOSHAB, sur instruction du Chef de l’Etat, garant de l’unité nationale. A ce jour, la paix est totale entre les
deux provinces soeurs. A noter également la mission de consolation effectuée en novembre dernier par le speaker de la chambre basse à Mbuji-Mayi où des pluies diluviennes avaient entraîné des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. Cette mission avait donné lieu à une autre plus importante, celle du Chef de l’Etat qui a redonné l’espoir à toute la population du Kasaï Oriental quant à la relance de la MIBA et le démarrage de grands travaux dans les jours à venir.
8 mois après, le Bureau dirigé par E. BOSHAB, premier docteur en droit au perchoir depuis 1960, compte à son actif • Du point de vue de la production législative :
21 lois dont 13 adoptées et 8 autres à examiner à la Session extraordinaire de janvier. Elles auraient pu être adoptées toutes si la session de septembre n’était pas essentiellement budgétaire.
• Du point de vue du contrôlé1parlementaire de chaque mercredi :
- 21 questions orales avec débat
- 4 motions de défiance
- 1 interpellation avortée pour vice de procédure (contre le Premier Ministre) :
- Plusieurs recommandations faites au Gouvernement.
• Du point de vue diplomatie parlementaire :
- 6 missions effectuées par ie Président de l’Assemblée nationale en Lybie, en France en Chine, en Tunisie, au Burundi et au Cuba.
- 2 missions effectuées par le Premier Vice-président à Genève et à Copenhague.
- 1 mission effectuée par le Rapporteur de l’Assemblée nationale au Burkina Faso.
- Plusieurs missions et enquêtes parlementaires effectuées par les Honorables députés de toutes les tendances confondues.
• Du point de vue de la diplomatie de proximité :
2 missions effectuées par le Président de l’Assemblée nationale. A savoir une mission de réconciliation de deux Kasaï suite à un conflit frontalier et une mission de consolation de la population de Mbujimayi à la suite de pluies diluviennes.
Un record jamais battu depuis 1960, résultat de la rationnalisation du travail législatif et du temps de prise de parole à la tribune. Louis d’Or Balekelayi, conseiller en communication du président
2009: Bagarres, destitutions et querelles de leadership à travers les provinces
A l’instar des institutions publiques au niveau national, la vie des institutions provinciales n’a pas du tout été calme. Presque toutes les entités provinciales ont ainsi été touchées par des crises qui ont eu à secouer soit les Assemblées provinciales, soit les Gouvernements provinciaux. On a ainsi eu à assister aussi bien à des bagarres rangées, des coups de feu en pleine assemblée ou encore des destitutions spectaculaires des Gouverneurs, Vice-Gouverneurs, ministres ou encore des membres du bureau des assemblées provinciales pour des raisons diverses. Il s’agissait soit des antagonismes politiques entre la majorité et l’opposition ou au sein de la majorité, soit des accusations d’incompétence ou de mégestion, soit encore des soupçons de détournement des deniers publics.
Guerre dans l’opposition au Kasaï Occidental
Au Kasaï Occidental, l’année 2009 s’est ouverte sur une bagarre entre deux députés provinciaux autour d’une motion de défiance contre la vice-présidente de cette représentation provinciale. Le 16 février 2009, en effet, ces deux députés en étaient venus aux mains autour d’un débat sur l’influence de leurs groupes politiques respectifs au sein des institutions provinciales. En fait, dès le sortir des élections, le Kasaï Occidental avait vite sombré dans une guerre ouverte d’influence au sein de l’opposition qui avait remporté la majorité à l’Assemblée provinciale. Les choses se sont, cependant, gâtées lorsque l’exécutif provincial a échappé à l’aile radicale de l’Union pour la Nation (UN) dominée par le MLC. L’aile dite radicale de cette plate-forme n’avait pas digéré la chose et en était venue à s’attaquer ouvertement à ceux des députés provinciaux présentés comme des traitres, à commencer par le Président de l’Assemblée provinciale, Omer Mijimbu Sha Kalau.
Après la bagarre des deux députés, l’Assemblée provinciale, du moins l’aile de son Président, destituera la Vice-présidente de ses fonctions par 34 voix contre 14 abstentions. Mme Valery Ntolo Kalonga était reprochée de manquements graves dans l’exercice de ses fonctions, notamment les absences prolongées et son comportement ne cadrant pas avec sa fonction de vice-présidente de l’organe délibérant, dixit ses détracteurs. Plus concrètement, ses pairs lui reprochaient de faire des déclarations politiques de nature à ternir l’image de la province et de l’Assemblée provinciale.
La réalité est que cette destitution traduisait les antagonismes qui prévalaient à l’Assemblée provinciale où la victime était présentée comme meneuse des radicaux de l’UN. Dans le même ordre de ces antagonismes, un autre député radical UN, Raphaël Kasonga Bilolo, fera l’objet d’une traque allant jusqu’à la perquisition de son domicile au motif qu’il y cachait des armes et munitions. Scandalisée et choquée par cette opération, la population en colère portera en triomphe le député Kasonga à travers les communes chaudes de Lukonga et Ndesha.
Ces actes et tant d’autres susciteront l’indignation de la société civile du Kasaï Occidental qui le fera savoir alors au Gouverneur de province et au président de l’Assemblée provinciale à travers une lettre ouverte diffusée dans les médias. Loin de tempérer les ardeurs, cette démarche portera les antagonistes aux extrêmes pour envenimer encore la situation. Se sentant visé par cette initiative au moment où cette société civile était taxée de rouler pour les radicaux de l’opposition, le Gouverneur Kapuku décréta une sorte de fatwa contre la direction provinciale de la Socico. Des témoins à Kananga se rappellent cette descente effectuée par le Gouverneur en personne dans un bistrot où se détendait le président provinciale de la Socico pour le menacer de plaies et bosses. Kapuku ne franchira pas le rubicond. Son antagoniste, Edel Martin Kabutakapua, se lèvera de sa chaise pour prévenir le Gouverneur qu’il rendrait coup pour coup.
Tribalisme et relents de mégestion au
Kasaï Oriental
Au Kasaï Oriental voisin, la vie des institutions n’a pas, non plus, été de tout repos. Comme au Kasaï Occidental, cette province a hérité, en 2009, des querelles électoralistes, cette fois-ci, aux contours tribaux. En novembre 2007 déjà, le ministre provincial des Transports et communications, Théophile Tsheyi, fut amené à démissionner sur pression des députés provinciaux de Mwene Ditu qui ne se reconnaissaient pas en lui. Pendant la campagne électorale, en effet, Ngoyi Kasanji avait passé un accord avec ces députés de la tribu Kanyoka pour donner un poste ministériel à un des leurs en échange de son élection comme Gouverneur.
Province proche de l’opposition radicale, le Kasaï Oriental fera donc les frais des antagonismes politiques avec l’arrivée, à sa tête, d’un Gouverneur proche de la Majorité kabiliste. Un front contre sa personne sera monté à l’Assemblée provinciale pour culminer, fin mars 2009, à une crise ouverte. Alors que le Président de l’Assemblée provinciale, Xavier François Kabala Ilunga Mbidi, avait initié un contrôle de la gestion des finances de la province, un groupe de députés recrutés pour la cause en arrivera à faire une motion pour le contrôle des dotations destinées à l’Assemblée provinciale au moment où les élus de la province accusaient des arriérés d’indemnités, là où les administratifs semblaient être les mieux aimés du Bureau. Face au refus de Ilunga Kabala de présenter les ordres de paiement pour vérifier les montants de ces dotations, une enquête parlementaire menée à la succursale de la Banque centrale révélera des disparités entre les chiffres présentés par le Bureau et ceux réellement parvenus à Mbuji-Mayi.
Choqué, Kabala Ilunga rendra son tablier le 25 mars 2009 alors qu’une démarche de conciliation venait d’être amorcée. Il dira avoir pris cette décision pour préserver la paix sociale et l’harmonie au Kasaï Oriental suite à l’échec de toutes les démarches visant le retour de l’entente au sein de son institution.
Ses détracteurs se retournent alors vers le reste du bureau, notamment la Vice-présidente, Lucie Shungu, reprochée d’avoir envoyé son directeur de cabinet injurier les députés provinciaux dans la presse. Ainsi interpelé, Shungu s’expliquera brièvement devant ses collègues avant de déposer sa démission.
Pour sa part, la questeur, Félicité Ngalula, fera de la résistance jusqu’à être soumise à un vote de défiance qui la destituera.
Début avril, de nouvelles élections recomposeront le Bureau de l’Assemblée provinciale manifestement favorable à l’exécutif provincial. Normal au regard des grandes manœuvres qui ont entouré cette recomposition avec la descente, en personne, à Mbuji Mayi du Secrétaire exécutif adjoint de l’AMP, Louis Koyagialo. Si, par la suite, l’Assemblée provinciale a continué à exiger à Ilunga Kabala de justifier une somme de 190 millions de FC, l’enquête sur la gestion des finances de la province n’a plus eu de suite. Le secteur des finances de la province, on le sait, est hermétiquement verrouillé par Ngoyi Kasanji qui a, notamment, comme ministre des Finances son propre petit frère.
Equateur : une province sacrifiée pour le premier mandat de la 3ème République
Que dire de la province de l’Equateur qui est en train de traverser le mandat actuel sans avoir fonctionné à proprement parler ? Dès le mercredi 29 Avril 2009, le gouverneur élu, José Makila Sumanda, déposait sa démission après un très long processus parti, l’année avant, de l’Assemblée nationale qui le destitua après avoir été reconnu coupable de détournement des fonds destinés, notamment, à la paie des enseignants. De la Cour d’appel de Mbandaka à la Cour suprême de justice, le dossier Makila animera une bonne partie de l’actualité politique jusqu’au verdict de la Cour Suprême de Justice entérinant le vote de l’Assemblée nationale en rejetant le recours de Makila.
L’Equateur ne s’en reposera, cependant, pas. Le Gouverneur intérimaire, Jean-Claude Baende, sera vite rattrapé par l’Assemblée provinciale qui lui reprochait, lui aussi, de graves détournements des deniers publics. L’affaire Baende provoquera une division au sein de l’Assemblée provinciale dont le président et son bureau feront même l’objet d’une motion de défiance pour mégestion également. Pour échapper à la fronde, le Bureau gèlera, pendant quelques temps, les plénières dans l’espoir de calmer les ardeurs de ses pourfendeurs. Dès la nouvelle plénière, cependant, ces pourfendeurs reviennent à la charge. Vite la tension monte jusqu’à ce que les députés provinciaux en viennent aux mains. Pour reprendre le contrôle de la situation, le Bureau fait intervenir la police qui, débordée, va en arriver à tirer des coups de feu en pleine salle. Kinshasa intervient alors pour sceller momentanément l’Assemblée provinciale.
Par la suite, des élections sont organisées pour désigner un nouveau Gouverneur en remplacement de José Makila. C’est Baende qui triomphe, mais avant même l’homologation des résultats par la CEI, le Sénat adopte une motion de destitution et des poursuites judiciaires à son encontre. Une enquête sénatoriale menée en Equateur a, en effet, abouti à de véritables cadavres dans les finances de la province. Au point que le Procureur général de la République ouvrira un dossier sur Jean Claude Baende qu’il entendra longuement pendant trois jours.
Alors que le dossier Baende se trouve en justice, le Chef de l’Etat va prendre un décret confirmant la décision de la CEI qui le reconnaît comme Gouverneur
Bas-Congo : Kimasi tombe sur l’autel
des sacrifices
A l’instar du Kasaï Oriental, le Bas-Congo a également été secoué par une crise autour de la gestion des finances de la province et celles de l’Assemblée provinciale. Ici aussi, tout est parti d’une enquête initiée par le Bureau de l’Assemblée provinciale sur les finances publiques. Alors que le rapport de cette enquête révélait de graves détournements de fonds dans plusieurs ministères et au gouvernorat, une dynamique va naître dans les rangs des députés provinciaux pour ouvrir une enquête sur la gestion des finances de l’Assemblée provinciale.
Par une démarche ayant brûlé plusieurs étapes de la procédure, notamment la défense de l’accusé, la plénière va destituer à la hâte le Président du Bureau, François Kimasi, et le questeur. Toujours à la hâte, de nouvelles élections vont être organisées pour remplacer les deux membres déchus. Au final, la configuration géopolitique du bureau dégage un déséquilibre de représentation des trois districts du Bas Congo au profit des Cataractes. Des observateurs voient, dans cette démarche, une main du Gouverneur Mbatshi, mais personne n’y apporte des preuves tangibles.
Quant au rapport d’enquête sur les finances de la province, le traitement qui va lui être réservé à l’Assemblée provinciale va démontrer que la copie distribuée aux députés a été amputée de plusieurs pans de l’original. Et alors que Kimasi s’est pourvu en justice, le Gouvernement provincial a, lui, été remanié.
Nord Kivu : Le Gouverneur entre
la justice et la Présidence
Au Nord Kivu, Julien Paluku termine l’année 2009 sur un statut ambigu. Gouverneur ou chômeur ? Depuis novembre, en effet, l’Assemblée provinciale a adopté une motion de destitution du chef de l’exécutif reproché de mégestion et d’incapacité à mobiliser les moyens pour la réalisation du programme de reconstruction de la Province.
Cette issue n’a pas été facile à trouver, la représentation provinciale ayant été divisée sur la décision à prendre. En fin de la première session, la plénière qui devait statuer sur son cas n’avait pas pu réunir le quorum nécessaire, les députés proches de Paluku ayant décidé de brosser la séance. La plénière de la session suivante aura finalement été fatale.
Après l’adoption de la motion de défiance, le Bureau de l’Assemblée provinciale a transmis le dossier de Paluku au Chef de l’Etat selon les usages avant de saisir la Justice. C’est alors que le Procureur général de la République a ouvert un dossier à charge de Paluku que son office a déjà entendu une fois pendant trois jours.
On ignore encore la suite de l’affaire, d’autant plus que le Gouverneur du Nord Kivu est suspendu à la décision attendue du Chef de l’Etat qui doit avaliser ou pas les conclusions de l’Assemblée provinciale.
Province Orientale :
le Vice Gouverneur dribblé par son patron
En Province Orientale, l’Exécutif termine l’année 2009 estropié. Le Vice-Gouverneur, Joseph Bangakya, a démissionné de ses fonctions à la suite d’une motion de défiance pour le moins rocambolesque. Le numéro 2 de la province s’est, en effet, retrouvé dans un engrenage de la représentation provinciale sur une affaire de détournement de fonds sur un marché d’acquisition d’engins pour les cinq chantiers. L’affaire tournait autour d’une mission que le Vice-Gouverneur avait conduite en Asie pour l’achat de ces matériels. A l’occasion, l’adjoint de Médard Autshai s’est vite rendu compte qu’il n’était qu’un figurant, l’opération ayant été menée entièrement par le chargé de mission du Gouverneur qui détenait les fonds. C’est aussi celui-ci qui se rendra à Mombasa puis en Ouganda pour convoyer ces engins dont la moitié est tombée en panne avant d’arriver à destination.
Informé du dossier, un député provincial adressera une question orale au Gouverneur de province qui, le jour prévu, s’absentera en chargeant son adjoint de le représenter. Suite aux explications de ce dernier qui dégagera sa responsabilité, la question orale sera alors transformée à l’interpéllation du Gouverneur.
Encore une fois, le Gouverneur de province choisira de s’absenter, cette fois-ci avec le député auteur de la question orale. Dépité donc par ce sort qui s’acharne indûment sur lui, le Vice-gouverneur a déposé sa démission. Comme Paluku, son dossier se trouve sur la table du Chef de l’Etat.
Maniema : Masudi Mendes soulève
tout Kindu
Au Maniema, la ville de Kindu a connu une ambiance particulière dans la journée du 14 octobre 2009. Ce jour-là, en effet, l’Assemblée provinciale avait voté, sur fond de conflits, une motion de défiance contre le Vice-Gouverneur Masudi Mendes accusé de mégestion. La majorité dégagée n’a, cependant, pas été agréée par les députés provinciaux proches de la victime. Vite la tension est montée en pleine plénière qui avait connu une affluence particulière de la population locale.
Il s’en est suivi une bagarre rangée qui se transformera en véritable chasse à l’homme. La population s’était mise à la poursuite des députés provinciaux pour les lyncher en signe de vengeance. Le président de la représentation provinciale dût sa vie à l’agilité de ses jambes qui lui permirent d’atteindre promptement sa voiture aux vitres déjà caillassées pour décamper à la quatrième vitesse. Le bilan des échauffourées était significatif de la violence de ce jour-là : 3 blessés dont le vice-président de l’Assemblée provinciale, une moto d’un député emportée. Le député auteur de la motion de défiance a, quant à lui, eu la vie sauve grâce à la protection de la police.
Sud-Kivu : Baleke déchu ,puis réhabilité
L’Assemblée provinciale a connu une période de turbulence entre avril et juin 2009. Trois motions de défiance ont été votées dans un cafouillage général contre le président de l’Assemblée provinciale, Emile Baleke, son adjoint et le rapporteur adjoint. Les concernés étaient reprochés d’incompétence et de comportements dits irresponsables. Le président de la représentation provinciale était, lui, particulièrement visé, puisque reproché d’incapacité à conduire les débats. En effet, éprouvant des difficultés à manier la langue de Voltaire, Baleke préside les plénières en swahili. Quant au rapporteur adjoint, il lui était reproché, en plus, l’usurpation de pouvoirs et l’empiètement sur les prérogatives des autres membres du bureau.
Après la présentation de ces deux motions, la tension est montée d’un cran au sein de l’hémicycle de l’assemblée provinciale. Le président mis en cause, et qui dirigeait les débats, ainsi que le rapporteur adjoint ont demandé à ce que la séance soit suspendue et qu’on ne puisse pas passer au vote de ces deux motions. La majorité des 31 députés présents dans la salle s’est opposé à cette proposition, chose qui n’a pas plu au président des débats et principal visé par la motion qui a alors suspendu unilatéralement les débats avant de claquer la porte, entrainant avec lui le rapporteur adjoint et 9 autres députés provinciaux.
Après cette agitation, le président du comité des sages de l’assemblée provinciale, Mwami Ntambuka, a demandé au vice-président Théophile Mirindi Habamungu de diriger les débats. Les députés restés dans la salle, soit 19 qui du reste est une majorité, ont alors voté à l’unanimité la récusation des deux membres du bureau concernés. Trois mois plus tard, soit en juin 2009, la Cour d’appel de Bukavu rejettera la décision de l’Assemblée provinciale pour vice de forme. J.E KOTA
2009 : le Sénat clôture l’année avec le dossier du gouverneur de l’Equateur
Le rapport de la Commission d’enquête sénatoriale sur le secteur minier en RDC et le dossier sur la gestion dans la province de l’Equateur sont deux faits majeurs qui ont dominé le débat à la Chambre haute du Parlement en 2009. L’année qui s’achève, au Sénat, a été également marquée par le passage du Président français Nicolas Sarkozy ainsi que l’adoption du budget 2010 dans la précipitation.
Contrairement aux années précédentes, certains observateurs estiment que les sénateurs n’ont pas eu le temps matériel d’examiner et d’approfondir le projet du budget 2010. C’est le 07 décembre 2009 que le vice-Premier ministre en charge de Reconstruction, Emile Bongeli, a présenté l’économie du projet du budget pour l’exercice 2010. La commission Ecofin n’a eu que sept jours de travail pour présenter le rapport à la plénière. C’est donc au cours d’une séance marathon, tenue à la veille de la clôture de la session budgétaire, le 14 septembre 2009, que fut présenté le rapport suivi du débat général et de l’adoption et de la loi des finances elle-même. Quel exploit ! Si on peut ainsi le qualifier. Comment une loi d’une si grande importance a pu être examinée dans des telles conditions.
Le projet n’ayant pas été adopté dans des termes identiques, la commission paritaire mixte Assemblée nationale-Sénat n’a pas également eu le temps matériel de siéger. Ce qui fait que le jour de la clôture de la session, les deux chambres étaient obligées d’attendre que la commission termine d’harmoniser le texte. Qu’à cela ne tienne, un des points saillants qui a fait bouger le sénat, c’est le rapport de la commission d’enquête sur l’argent destiné aux entités terrotoriales décentralisées (ETD) de la province de l’Equateur. Les Sénateurs n’ont pas mis des gants pour dénoncer et déplorer le détournement des fonds de la province par le gouverneur Jean-Claude Baende.
L’année 2009 au Sénat c’est aussi l’enquête sénatoriale sur le secteur minier. Ce dossier a suscité un débat sans précédent au regard des révélations qui ont été portées à la connaissance des sénateurs. Le rapport a révélé qu’en RDC, les produits miniers sont exportés sous des appellations qui ne sont pas conformes aux usages dans le secteur. Par ailleurs, le poids des produits est sous évalué dans les proportions qui dépassent tout entendement. Les statistiques des différentes rubriques, selon le rapport, sont différentes dans un même Etat, d’un service à un autre. Concernant la sous-évaluation des produits, la commission est arrivée à la conclusion selon laquelle une quantité des produits pesant 33 tonnés peut, par la volonté d’un fonctionnaire, être réduite à 3,3 tonnes.
Il importe également de rappeler qu’en 2009, le Parlement congolais a été honoré par la visite du Président de la République française, Nicolas Sarkozy. Dans son discours devant les deux Chambres réunies, le Président français avait souligné : « Je ne suis pas venu saluer un pays comme les autres. Je suis venu saluer un pays que la France porte dans son cœur. Je suis venu saluer un géant ». Il avait évoqué de longues années de conflits qui ont laissé derrière elles un mas de ruines, qui ont détruit les hommes et les biens, qui ont aspiré l’essentiel des ressources, qui ont vacillé l’Etat et ont nourri d’inavouables réseaux clandestins. Sans aller par le dos de la cuillère, Nicolas Sarkozy avait stigmatisé les conditions de vie des Congolais malgré leurs richesses : « Les Congolais ont la fortune à portée de main, et pourtant, ils restent pauvres. Pardonnez-moi si je vous choque, mais comment ne pas être attristé par un tel gâchis ? Je le dis comme je le pense, c’est à mes yeux un vrai scandale ».
Sarkozy avait vu juste en disant que l’Afrique des Grands Lacs ne pouvait réussir qu’à partir de la vérité. « Alors, regardons les choses en face. La vérité, c’est que la souveraineté du Congo est inaliénable. Quel autre pays que la France l’a défendue avec autant d’ardeur ? Ce n’est pas avec moi que cela changera ! », avait-il déclaré. Il n’avait pas manqué de saluer « la main tendue » du Président Joseph Kabila au Rwanda pour coopérer dans la lutte contre les FDLR.
Par ailleurs, sous le patronage de l’Assemblée nationale et du Sénat, en présence de la Première vice-présidente du Sénat italien, Emma Bonino, le Palais du peuple a servi de cadre, en 2009, pour l’organisation, à l’initiative de l’ONG « Ne touchez pas à Caïn », de la conférence sur la campagne contre la peine de mort.
Sur le plan législatif, outre le projet du budget 2010, le Sénat a adopté plusieurs projets et propositions de loi. C’est le cas des projets de loi sur l’Amnistie, la délimitation des frontières et espaces maritimes de la RDC, l’Aviation civile en RDC. A cela, il faudra ajouter les projets de loi autorisant la ratification du Pacte de défense mutuelle signé le 26 août 2003 à Dar-Es-Salam, par les Etats membres de la SADC, de la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ; la convention pour la sauvegarde de patrimoine culturel matériel ; la convention sur la protection du patrimoine culturel et subaquatique ; le protocole d’accord établissant le centre d’Excellence régional pour la gestion des catastrophes, signé à Nairobi le 15 août 2005.
La moisson a été abondante au Sénat au cours de l’année 2009 sur le plan législatif, car plusieurs propositions de lois ont été adoptées. Parmi elles, figurent les propositions de loi sur les Hydrocarbures, et sur le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication. Une note particulière est à relever concernant le projet de loi portant amnistie pour faits de guerre et faits insurrectionnels commis dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Certains Sénateurs originaires dde ces deux provinces avaient voté contre cette loi. Ils avaient estimé qu’elle serait de nature à offrir une prime à tous ceux qui ont été à la base des milliers de morts à travers les conflits armés dans ces provinces. Rejetée pour la première fois au Sénat, la loi n’avait pas requis la majorité des voix. Malgré cela, elle sera, tout de même, envoyée à la commission paritaire mixte Assemblée – Sénat.
Au chapitre du contrôle parlementaire, outre les commissions d’enquêtes et des audits en commission, le Sénat a exercé ses prérogatives constitutionnelles à travers des questions écrites et orales. Il s’agit notamment d’une question adressée au Premier ministre sur le calendrier d’installation de nouvelles provinces visées à l’article 2 de la Constitution, au ministre des Transports sur la construction des aérodromes dans la Province orientale et sur la réhabilitation des chemins de fer des Uele et du port de Bumba, et au ministre de la Justice sur les décisions prises par le Procureur général de la République en date du 19 mars 2009. Le Premier ministre avait également répondu à la question écrite relative au niveau d’exécution des recommandations du sénat du 12 janvier 2009 sur les enlèvements arrestations et détentions illégales et des actes de tortures et autres traitements dégradants et inhumains des militaires et éléments de la Police nationale.
Parmi les questions d’actualité initiées en 2009, figurent entre autres celles adressées au ministre des Transports et à l’ADG de la Régie des Voies Aériennes sur la taxe de parking imposée aux parlementaires ; au ministre de l’EPSP sur la situation des enseignants demeurés impayés de 1990 à 2005. Tant d’autres ministres à savoir : ceux des Finances, du Portefeuille ; des PTT, de l’Economie ainsi que le DG de la DGRAD et l’ADG de l’Ofida ont marqué leurs passages à la tribune du Sénat au cours de l’année qui s’achève pour des questions d’actualité.
L’année 2009 a été laborieuse au Sénat au regard du travail abattu par ses membres. « Les sages » se sont toujours fait remarquer par le sérieux et la qualité des débats en plénière. Ils n’hésitent jamais de demander à un membre du gouvernement de faire « le come back » en cas d’insuffisance sur tel ou tel autre projet. Mais, là où la sagesse a « manqué » au cours de l’année 2009, c’est dans l’examen et l’adoption de la loi des Finances dérogeant à la règle des membres de la Chambre haute qui clôture l’année avec une note en baisse. Dina BUHAKE
Diplomatie : come back de la RDC sur la scène internationale
La diplomatie congolaise était marquée en 2009 notamment par l’arrivée de la Secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, la normalisation des relations entre la RDC et le Rwanda, l’ouverture au public de la Maison des congolais de l’Etranger ainsi que le lancement du passeport biométrique
Normalisation
des relations entre
la RDC et le Rwanda
L’année 2009 qui s’achève, était de tous les enjeux pour la RDC et le Rwanda. Plusieurs rencontres ont été organisées de part et d’autres pour atteindre l’objectif, notamment la réunion 4x4 qui s’est tenue pendant deux jours à Kinshasa, soit du 27 au 28 mars dernier, au ministère des Affaires étrangères.
Ces deux jours de travail avaient suffit pour le ministre des congolais des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, et sa collègue du Rwanda, Rose-Marie Museminali, de jeter les bases de la normalisation de leurs relations diplomatiques. A l’issue de la réunion 4x4, les deux parties avaient décidé d’échanger les ambassadeurs immédiatement. Elles avaient recommandé qu’un sommet des deux chefs d’Etats soit tenu afin de consolider les résultats des discussions bilatérales. Elles avaient aussi relevé la complexité juridique tant en RDC qu’au Rwanda, sur l’extradition du général dissident Laurent Nkunda et la sécurisation des frontières commune, sans oublier la relance de la CEPGL. Sur tous les points évoqués, nous dirons qu’à ce jour, l’échange des ambassadeurs est effectif. Les deux chefs dEtats, Joseph Kabila pour la RDC et Paul Kagame du Rwanda, se sont rencontrés 4 mois plutard à Goma dans la province du Nord-Kivu, où ils se sont engagés à traquer les FDLR. Ils ont aussi insisté sur la relance de la grande commission mixte entre Kinshasa et Kigali.
La RDC a finalement nommé ses hauts fonctionnaires à la Communauté économique des pays des Grands Lacs afin de concrétiser la relance de cette organisation sous-régionale. Seule la question liée à l’extradition de L. Nkunda reste suspendue. Dans la même logique, nous signalons aussi les relations entre la RDC et la Belgique se sont normalisées au cours de l’année qui s’achève après plus de huit mois de brouille qui était à l’origine du rappel de l’Ambassadeur congolais à Kinshasa. Il a fallu que le Premier ministre congolais, Adolphe Muzito et son homologue Belge, Van Rampuy, signent un accord de coopération pour enterrer la hache de guerre.
D’autre part, l’Ouganda et la RDC ont consolidé leurs relations, ce qui leur a permis de traquer ensemble les rebelles de LRA et NDF qui sont dans la Province Oriental. C’est pour dire que notre diplomatie congolaise, a connu beaucoup d’avancées en 2009.
L’arrivée d’Hillary Clinton bénéfique pour la RDC
Le ministre des Affaires étrangères s’est dit satisfait du passage de la secrétaire d’Etat américain en RDC, du 10 au 11 août 2009. L’émissaire du Président Obama, qui s’est entretenu avec le Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, à Kinshasa, a souligné l’importance d’envisager le commerce entre les deux pays. Hillary Clinton s’est focalisée sur le climat des Affaires. Elle a trouvé indispensable que le Gouvernement congolais puisse introduire des réformes dans le domaine des lois et de l’administration. Elle a insisté sur la bonne gouvernance. Selon elle, il faut ouvrir le partenariat à tous ceux qui le souhaitent dans les secteurs d’infrastructures, de développement, la transparence dans le système judiciaire, etc. Elle était, cependant, très critique sur le paiement de la solde des militaires. Pour ce faire, Hillary Clinton a proposé l’expertise américaine dans ce cadre.
A Goma, où elle avait rejoint le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, la Secrétaire d’Etat américain a plaidé par la relance de l’économie, l’éducation et la santé. Le ministre Thambwe Mwamba, qui faisait le point de cette visite devant les ambassadeurs accrédités en RDC, a noté que cette visite est une véritable opportunité de relance des activités entre les deux Etats.
S’agissant des questions liées à la sécurité, Hillary Clinton, a fait savoir que le Congo doit s’engager dans la réforme de l’armée et de la police, à mettre fin à l’impunité au sein de l’armée, et aussi à étudier le mécanisme de paiement de la solde des militaires. En outre, elle a demandé au président de la RDC de suivre les sanctions des officiers qui étaient carcerés dans le rapport du Conseil de sécurité des Nations Unies. A ce sujet, elle a souligné que les Etats-Unis sont disposés à installer les tribunaux dans les zones des conflits.
Abordant le sujet ayant trait aux violences sexuelles, elle a déclaré que cette situation doit faire l’objet de la tolérance zéro. Que les auteurs de ces crimes soient punis sévèrement, a-t-elle estimé, avant d’évoquer le renforcement des contrats visibles et transparents et l’amélioration de l’agriculture qui est la priorité des priorités. La secrétaire d’Etat américain n’a pas manqué de saluer le rapprochement entre la RDC et le Rwanda.
Au cours de la même année, le ministère des Affaires étrangères a loué le premier passeport biométrique en vue de se conformer aux normes internationales. Cette cérémonie a eu lieu le 01 avril 2009. Ce document n’est pas falsifiable et porte des mesures de sécurité absolue. A ce jour, le ministre des Affaires étrangères, par sa direction de la Chancellerie, a installé des centres de capture dans six provinces de la RDC pour permettre aux citoyens congolais d’obtenir leurs passeports dans leurs provinces respectives. Il ne reste que les provinces du Bandundu, Maniema, Nord-Kivu et Equateur.
La MCDEM voit le jour
La Maison des Congolais de l’Etranger et des Migrants a vu le jour le 09 février 2009. C’est un projet du ministère des Affaires étrangères financé par la Confédération helvétique et la Grande Bretagne, et exécuté par l’Organisation internationale des Migrations. La MCDEM a pour mission, notamment, d’assister les migrants congolais et ceux des pays tiers en leurs fournissant des renseignements sur les conditions de vie et de séjour dans les pays de transit et de destination.
Une autre mission est celle de mener des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière et promouvoir la migration de développement, en collaboration avec les administrations consulaires, et aussi assister les Congolais de l’étranger en les informant sur les conditions socio-économiques prévalant en RDC pour assurer leurs investissements et les inciter à participer activement au processus de développement du pays. Ces objectifs sont, entre autres, de contribuer à la maîtrise de la gestion des politiques migratoires en RDC et en Afrique centrale, et faire de la Migration des Congolais un secteur de développement pour le pays d’accueil, d’origine et les migrants eux-mêmes.
Au mois d’août de la même année, elle a lancé la campagne de sensibilisation sur les risques d’une migration irrégulière et le programme d’aide au retour. Le public cible était les élèves de 5e et 6e humanités et les églises. Nous ne manquerons pas de noter l’accord de siège signé entre le gouvernement de la RDC et l’Unops, une entité séparée et identifiable du système des Nations Unies. Cette organisation a pour objectif de soutenir l’exécution des projets des gouvernements et des UN. Une mission qui a été renforcée ultérieurement par le Bureau exécutif qui a décidé que les interventions de l’organisation se concentrent plus sur les infrastructures et la passation des marchés dans les situations post-conflits.
La signature de l’Accord de siège ente le gouvernement de la RDC et l’Unops permettra de renforcer ultérieurement la confiance mutuelle et le soutien aux efforts de reconstruction du gouvernement et des NU en augmentant les opportunités de partenariat avec les bailleurs. Unops en RDC a une présence à Kinshasa avec son centre d’opération et une présence dans le pays dans les trois principales villes de la RDC à savoir : Kisangani, Goma et Lubumbashi, et un personnel de 250 personnes qui travaillent pour l’organisation. Mathy MUSAU
La musique congolaise a basculé dans l’immoralité durant l’année 2009
La scène musicale congolaise s’est enrichie, une fois de plus, sur le plan discographique de beaucoup d’albums produits par les musiciens congolais. A la place des œuvres éducatives et/ou sociales, ces derniers se sont, cependant, lancés à outrance dans l’immoralité à travers leurs chansons. En outre, il y a lieu de noter la confirmation de la nouvelle vague musicale congolaise sur le marché du disque et aussi le mauvais comportement de certains artistes qui ont versés, une fois de plus, dans des conflits interminables.
Le marché du disque congolais a connu de nouveau des moments forts avec le lancement de plusieurs albums des artistes musiciens durant l’année 2009. A titre d’illustration, l’on citera les récentes œuvres dont « Techno Malewa », premier volume de l’opus de Noël Ngiama Werrason et son orchestre Wenge Musica Maison Mère. Il y a aussi l’album « Arsenal des belles mélodies » de Fally Ipupa dit « Dicaprio », l’album « Qui est derrière toi ?» de Ferré Gola Chair de poule, « Sikila » de Tshala Muana et Meje 30, …
Malheureusement, pour un certain nombre de tubes lancés durant l’année 2009, l’on a déploré les immoralités qui se sont renforcées dans la chanson congolaise. Comme nous pouvons le constater aujourd’hui, les artistes congolais produisent des œuvres qui ont des thèmes basés généralement sur l’amour et la femme, et surtout sur l’intimité huamaine, contrairement à la belle époque ; celle de Luambo Makiadi Franco et un peu plus loin de Wendo Kolosoy, où les thèmes évoquaient le patriotisme, le développement, la lutte contre les anti-valeurs ou encore des sujets d’actualité. L’on se rappellera la chanson « Très impoli » de Franco Luambo, où l’artiste a, du début à la fin, dénoncé les antivaleurs, en ramenant les auditeurs vers le bon sens. Ce qui n’est pas le cas avec les artistes congolais qui font actuellement les hits-parades.
Les artistes, qui sont censés éduquer la masse par leurs chansons, composent, des chansons comme s’ils n’évoluaient pas dans la société qui présente une multitude des sujets à dénoncer, à encourager et à développer dans leurs œuvres discographiques. La masse ne reconnait plus ses artistes qui, au lieu d’une détente, leur offrent des œuvres dont les contenus sont pour la plus part obscènes. Pour être plus précis, dans le tout dernier album « Qui est derrière toi ?» de l’artiste musicien Ferré Gola, qui occupe une bonne place dans la chronique, a choqué plus d’un mélomane. Cet album de l’ancien musicien du groupe Wenge Musica Maison Mère comporte des phrases très honteuses allant dans le sens de la dépravation des moeurs.
A Fally Ipupa, son éternel rival, d’envenimer la situation - avec son album qui cartonne actuellement à Kinshasa dénommé « Arsenal des belles mélodies », en l’occurrence la chanson « Nyokalese », où l’on retrouve des phrases consolidant aussi la dépravation des moeurs. Tout cela sous la barbe de la fameuse commission de censure et sous l’oeil complice des ministères tant national que provincial de la culture.
 Confirmation de la nouvelle vague
L’année 2009 a vu l’existence de la nouvelle vague des artistes musiciens qui se sont confirmés dans la scène musicale congolaise. L’on notera l’exploit de Fally Ipupa, qui, déjà après avoir lancé son premier tube intitulé « Droit chemin » en 2007, a réussi à décrocher un disque d’or, après avoir livré des concerts dans des grandes salles de spectacles en Afrique et en Europe dont la salle mythique « Olympia de Paris » à travers son deuxième album. Cette année, l’ancien chef d’orchestre du Quartier Latin International a mis tout le monde d’accord avec son album « Arsenal des belles mélodies ». Dans ce tube, Fally Ipupa Dicaprio, en featuring avec la chanteuse américaine Olivia dans la chanson « Chaise électrique », est passé à la vitesse de croisière et prend de l’ampleur dans l’espace musicale internationale. Le tube, contenant des chansons comme « Délibération », « Tscho », « Cadenas », « Une minute », « Love », « Bicarbonate » et tant d’autres, se comporte bien sur le marché de disque. L’artiste a bénéficié, le samedi 16 mai 2009, d’une invitation du groupe antillais Kassav, qui fêtait ses 30 ans d’existence au Stade de France à Paris. Selon une source sûre, Fally Ipupa se produirait au Zénith de Paris le samedi 02 janvier 2010.
Outre Fally Ipupa, un autre artiste de la même génération a réussi à s’imposer sur le marché du disque. Lui, c’est Ferré Gola dit « Chair de poule ». L’opus de ce chanteur de charme intitulé « Qui est derrière toi ? », largué au mois d’octobre de l’année en cours, a été apprécié à sa juste valeur par les mélomanes de ce chanteur 1er voix.
Dans cet opus de l’ancien chef d’orchestre de l’orchestre Wenge Musica Maison Mère, l’on retrouve des chansons comme « Kamassoutra », Maboko pamba », « socket », « Insuline » et autres. Cet artiste a fait la loi dans les différents endroits de détente de Kinshasa comme, le 10 décembre dernier, le Centre Wallonie Bruxelles (CWB). Un spectacle inédit a été offert au public par cet artiste qui occupe la première place du hit-parade congolais.
Meje 30 : la jeune chanteuse fait
parler d’elle
La chanteuse Meje 30 s’est aussi imposée durant l’année 2009. Elle a réussi, avec Tshala Muana dit « Mamu nationale », à lancer sur le marché du disque, un opus intitulé « Sikila » qui a connu beaucoup de succès. Après « délestage », chanson contenue dans Sikila, qui a fait connaître la jeune coqueluche de la musique congolaise, l’on peut aussi remarquer la démarcation de cette chanteuse dans les chansons telles que « Deux raisons », « Fimbu ya Bakanza »…
Mise à part son succès, Meje 30 a également fait parler d’elle au courant de cette même année touchant à sa fin, lorsqu’elle a été découverte nue sur Internet lors d’un spectacle en Ouganda avec Tshala Muana. Ces images ont suscité la curiosité de plus d’une personne dont certaines ont estimé que c’était des images montées de toutes pièces. Meje 30 se sentant humiliée, s’est vouée à l’arbitrage des autorités de la ville dont le ministre provincial de la Culture, Roddy Mpika Massamba, qui en a appelé à l’apaisement des esprits et à mis en garde quiconque récidivera dans ce genre de pratique informatique.
 Werrason se maintient, JB en perte de vitesse
Les deux grands rivaux des années 2000-2005, en l’occurrence Noël Ngiama Werrason dit « Phénomène » et Jean Bedel Mpiana dit « Sulutani » ne se croisent plus dans les chroniques musicales. Pour certains, l’heure n’est plus polémiques stériles sur les avoirs et les qualités de chacun d’entre eux ; « Nous préférons encore parler de l’exploit de nos footballeurs qui ont réalisé un double trophée du niveau continental », ont-t-ils déclaré.
Werrason est revenu en force sur la scène musicale congolaise grâce au succès de son œuvre lancée en 2009 intitulé « Techno Malewa ». Ce tube, qui n’a que 6 titres en son premier volume, a permis au « Roi de la forêt » de se maintenir sur scène. Tous les coins de la ville de Kinshasa vibrent au rythme de l’opus de Werrason qui a renouvelé sa confiance à ses jeunes recrues.
De l’autre côté de JB Mpiana, il y a un silence radio. C’est comme si l’artiste ne vivait plus au pays. Son tube « Quel est ton problème ? », lancé en 2008, n’a pas pu résister devant les opus récemment sortis sur le marché. Les nombreux fanatiques de « Papa chéri » comptent sur l’œuvre publicitaire dédiée à son sponsor, réalisée en 2009, mais qui ne cartonne presque pas. On peut reconnaître quand même les efforts de l’animateur « Gentamicine » avec le cri comme « bazo koka te souve », qui encourage son leader.
Wazekwa à l’Olympia pour une première fois, Nyoka Longo de retour à Kinshasa
C’est le samedi 11 avril 2009 que Félix Wazekwa et son groupe Cultur’a pays vie ont affronté, pour la première fois, la salle Olympia de Paris. Une soirée exceptionnelle et inoubliable. « Monstre d’amour », comme l’appelent ses poulains, a livré un concert tout feu tout flamme devant un monde « fou ». Le spectacle de S’Grave à l’Olympia était donné en deux parties dont la première était consacrée à la chorégraphie que l’artiste l’a intitulée « Ne faites ça chez vous ».
L’année 2009 a connu le retour de Jossart Nyoka Longo à Kinshasa, après six ans d’absence dans son pays, pour redynamiser les activités de son orchestre « Zaïko Langa Langa ». Le retour de « Ya Nioch » a été marqué par une série des concerts livrés par l’artiste au courant de cette l’année qui s’achève. Dieumerci MAYAMBI
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