Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3511 DU MERCREDI 23 DECEMBRE 2009
Le trio Mashako-Luzolo-Kisimba

Ils ont pour noms Mashako, Luzolo et Kisimba. Tous trois sont ministres au sein de l’équipe Muzito. Jusqu’ici, rien de nouveau, rien que des évidences, de la trivialité même. Ce qui l’est moins, c’est que ces trois membres du Gouvernement sont au devant de l’actualité. Eux, au moins, défraient la chronique... pour la bonne cause. Voilà trois ministres qui ont le mérite d’avoir compris que dans un cabinet de rupture d’avec les anti valeurs du passé, on ne saurait gouverner sans réformer. Comment matérialiser le renouveau - notre Tshitshi national parlerait volontiers du changement radical - sans faire bouger les lignes ? Comment opérer le nécessaire changement de mentalités sans donner des coups dans la termitière?
Lorsque Mashako Mamba décrète une fatwa contre les «universités et instituts supérieurs» non viables, il justifie de la meilleure façon qui soit sa présence à la tête de l’enseignement supérieur et universitaire. Car, on ne saurait revaloriser l’enseignement supérieur sans au préalable mettre un terme à toute une kyrielle d’instituts supérieurs et universités qui fonctionnent à la manière de nos «ligablos».
Lorsque Luzolo Bambi entreprend de mettre enfin de l’ordre dans le monde des églises-plus particulièrement celles dites de réveil-,il ne fait rien d’autre qu’assainir un secteur où des abus attentatoires à l’ordre public et même à l’équilibre sociétal commençaient à devenir légion. Au nom de la liberté de culte, des églises poussent comme des champignons dans chaque parcelle de Kinshasa se disputant le monopole des tapages nocturnes et diurnes avec les bars!
Lorsque Maj Kisimba nettoie au «karcher» l’administration foncière, décrète des journées portes ouvertes, va à la rencontre des Congolais victimes d’expropriation ou d’autres injustices dans le domaine foncier; il pose les jalons du renouveau dans un secteur ultra sensible pour la paix sociale .La majorité de différends devant les cours et tribunaux portent, en effet, sur des questions foncières.
L’action volontariste du trio Mashako-Luzolo-Kisimba est la démonstration que ce pays peut tourner la page de tout ce qui est indigne de la République.
José NAWEJ


Odeur de campagne

Si ce n’est pas encore la précampagne électorale, cela y ressemble fortement. Les visites du Raïs en provinces sont de plus en plus ponctuées par des adresses aux allures à la fois de bilan de mi parcours et d’annonces des lendemains qui chantent. Pour faire passer son message, Joseph Kabila s’exprime devant un échantillon des forces vives de la région visitée. Cela a été le cas à Mbuji Mayi, chef-lieu du Kasaï oriental.. Cela vient de se passer aussi à l’identique à Bukavu, capitale du Sud-Kivu. Dans chacune de ses adresses, toujours le même souci pédagogique de mieux se faire entendre de l’auditoire et de s’assurer que ce public relai va répercuter cinq sur cinq «la bonne nouvelle».
A Bukavu, plus particulièrement, le speech d’avant repas s’est transformé pratiquement en une intervention fleuve. Plus d’une heure. Parions que certains de convives ont dû ronger leur soif et surtout leur faim.
Mais pour le Raïs, le plus important était sans doute ailleurs. Il était visiblement question pour le Président de contrer quantité de «contre vérités» distillées, depuis la normalisation avec le Rwanda, dans l’opinion kivutienne. Il est vrai que depuis les opérations militaires conjointes anti Fdlr, certains leaders d’opinions locaux et d’autres tapis dans l’ombre de lointains salons feutrés de Kinshasa ont entrepris de vendre leur version du rapprochement entre Kinshasa et Kigali. Dans une région où le voisin rwandais n’est pas toujours bien vu, cette campagne de sape et d’ «intoxications»-le mot est du Raïs- commençait à brouiller le message de Kinshasa .Or, vu de la kabilie, le Kivu holding n’est pas n’importe quelle région. C’est l’un de principaux réservoirs de voix à même de faire la différence lors de l’élection présidentielle. Et ce n’est pas à Kabila fils, natif du coin et bénéficiaire du plébiscite kivutien de 2006, que l’on apprendrait cela.
José NAWEJ




















































































































































































































































A LA UNE
EST-CE UN CADEAU DE FIN D’ANNEE OU UNE NOUVELLE OPTION POUR L’AN 2010
Remaniement : enfin, Kabila veut larguer sa bombe

Quelle que soit la longueur de la nuit, dit-on, le soleil apparaîtra. Annoncé depuis belle lurette, le remaniement du Gouvernement Muzito tarde à se concrétiser. Les Congolais l’attendent depuis plusieurs mois un peu comme les chrétiens attendent encore le retour de Jésus-Christ. Si la foi n’existait pas, très peu de de ces habitués de culte ou messe de dimanche y croiraient jusqu’à ce jour. Il semble bien que le remaniement du Gouvernement serait enfin arrivé à son point culminant, indiquent bon nombre de sources généralement bien informées.
«Le remaniement du Gouvernement Muzito est imminent», confiait une source digne de foi. Mais, depuis quand annonce-t-on l’imminence de la restructuration de l’équipe Muzito bien qu’amputée de quelques membres? «En tout cas, cette fois-ci, ce remaniement peut intervenir à tout moment. C’est pourquoi, bon nombre de sources indiquent que le remaniement est en tout cas imminent». Vrai ou faux, c’est ce qu’indiquait une autre source.
Mais, il ressort du recoupement de différentes informations glanées dans les milieux proches des couloirs du pouvoir, que le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila Kabange, serait sur le point de larguer, enfin, sa bombe. Nos sources sont même d’avis que le Raïs congolais pourrait opérer cette opération, sauf changement de dernière minute, avant la fin de l’année 2009. Ce qui pousse certains observateurs à se demander: s’agirait-il d’un cadeau de fin d’année ou d’une nouvelle option pour l’an 2010 ?

PLUS QU’UNE NECESSITE, LE REMANIEMENT JUGE COMME UNE URGENCE
Commentant donc l’imminence du remaniement ministériel, plusieurs observateurs sont portés à croire que, face à la léthargie observée sur le terrain pour traduire les attentes des Congolais, pour permettre à l’opinion d’espérer au moment où, en 2010, le cap doit être mis sur la matérialisation des cinq chantiers de la République en termes d’oeuvres achevées, il serait temps d’apporter un nouveau look au Gouvernement central dont certains ministres passeraient même inaperçus, brillant de ce fait par une absence criante d’initiatives.
Rares sont donc ces membres du Gouvernement qui se distinguent par des initiatives captivant l’attention des Congolais.
Face à la léthargie qui s’observe au sein du Gouvernement central - ce qui justifierait même le jugement que le Président de la République évoquait par la formule sans appel «d’études en études, de conseils d’experts en conseils d’experts» - il semble que cette lourdeur serait le fait des ministres sans initiative et incapables de traduire en actes les préoccupations du Chef de l’Etat congolais.
Car, attendre le mois de mars, cela n’aurait d’ailleurs pour finalité que de renforcer dans l’opinion cette image d’un Gouvernement accablé par une lourdeur qui l’enfonce chaque jour un peu plus alors que la RDC amorce le dernier virage pour conclure un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Tous les Congolais ne souhaitent qu’une seule chose, c’est que le pays (la RDC) atteigne enfin le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) et qu’une bonne partie de la dette congolaise soit effacée au profit de la population.

DES MINISTRES DANS LA PSYCHOSE
Depuis que le vent du remaniement semble se rapprocher de l’actualité en RDC, on fait état d’une psychose qui aurait déjà gagné l’esprit de certains membres du Gouvernement convaincus, de par leur lenteur et manque d’initiative pour traduire la vision du Chef de l’Etat, qu’il suffirait de secouer l’arbre pour qu’ils soient les premiers à tomber comme des feuilles mortes. Normal donc, dans ces conditions, qu’ils craignent un tsunami ministériel à l’approche d’une année aussi décisive que l’an 2010.
Il faudra ainsi attendre les derniers jours de l’an 2009 pour expérimenter l’imminence ou non d’un remaniement ministériel en RDC. Il faut aussi souhaiter que cet objectif ne soit pas repoussé à plus tard. M. M.


ECLAIRAGE
TOUT EN ETALANT, EN TERMES DE BILAN, DES ACTIONS QU’IL A MENEES EN 2009
Jean Claude Vuemba félicite Muzito pour le nouveau programme avec le FMI
Fidèle à sa tradition, l’élu de Kasangulu a tenu une conférence de presse, hier dans son cabinet de travail à Ngiri-Ngiri, pour établir le bilan de son activité parlementaire en 2009. L’occasion faisant le larron, le député Jean-Claude Vuemba s’est aussi appesanti sur les efforts fournis par le Gouvernement de la RDC, en citant nommément le Premier ministre Adolphe Muzito dans le cadre du point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), ainsi que sur le sort de certains prisonniers dits politiques et de quelques exilés politiques dont il souhaite une mesure d’amnistie à l’occasion du cinquantenaire de la Rd Congo en juin 2010.

Face à l’obligation qui incombe à chaque leader de s’arrêter à un certain moment de son parcours pour apprécier sa démarche et en tirer les conséquences, le député national Jean-Claude Vuemba a étalé son «bilan et perspectives» hier face à la presse. Au sujet de sa participation à la vie des institutions, le président national du MPCR (Mouvement du peuple congolais pour la République) déclare oeuvrer, comme par le passé, à la consolidation de l’avènement d’un véritable Etat de droit en RDC où règnent la démocratie et le respect des droits de l’homme. Aussi, a-t-il étalé une avalanche de motions d’information et questions orales constituant sa production législative en 2009. Tout en précisant: «nous continuons à mener la lutte en faveur de la construction du port en eau profonde à Banana dont la réalisation doit constituer une priorité pour le développement de la RDC en général et du Kongo central en particulier».
Mais, en considérant sa production parlementaire, l’élu de Kasangulu s’interroge: «pour quelle finalité? A quoi bon tout cela?» Sa conclusion est sans appel lorsqu’il estime que le jeu politique est vicié: d’une part, il relève des gens qui luttent pour transformer réellement la RDC et ainsi répondre aux besoins de la population et, de l’autre, une majorité qui se complaît à respecter le mot d’ordre sans se soucier du souverain primaire. Profitant de l’occasion, Jean-Claude Vuemba dénonce des arrestations arbitraires opérées actuellement dans les centres de Ndomba et de Kimuaka, à Luozi, contre les adeptes de la secte Bundu dia Kongo qui s’étaient réfugiés au Congo Brazzaville et en Angola et qui regagnaient leurs villages. Il dénonce également des «traitements dégradants et néo-colonialistes que subissent nos compatriotes qui travaillent dans les magasins appartenant aux Libanais, Indo Pakistanais et autres». «JCV» regrette que le troisième palier de Mbudi ne soit encore aujourd’hui qu’un simple rêve.

QUAND VUEMBA FELICITE VIVEMENT ADOLPHE MUZITO
«Fidèle à mon engagement républicain, je n’ai jamais manqué de reconnaître les résultats positifs, si maigres soient-ils, du Gouvernement de la République. C’est ici le lieu et le moment de féliciter vivement le Premier ministre Adolphe Muzito et toute son équipe gouvernementale pour avoir amené le pays au point d’achèvement de l’initiative PPTE». C’est la chute qui est surtout intéressante: «La nation tout entière lui en restera reconnaissante». Mais, précise-t-il, «cela ne constitue pas une panacée». Aussi, l’opposant JCV ajoute-t-il un bémol en ces termes: «Le Gouvernement de la République ne doit pas dormir sur ses lauriers, mais au contraire, peaufiner des stratégies afin de permettre au peuple congolais de bénéficier réellement de cette réduction de la dette, laquelle doit se répercuter sur’ son vécu quotidien». Quant à la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique, M. JC Vuemba note d’abord que les conclusions de ce forum international n’ont pas répondu aux attentes et aux espoirs placés en ce sommet. Il conseille à la RDC d’envisager des actions d’adaptation et d’atténuation des gaz à effet de serre. «Le Gouvernement doit cesser de toujours se présenter dans ce genre de forum en perpétuel assisté et prendre enfin en main la destinée du pays», prévient-il.
De la dernière réunion de la grande commission mixte Angola/RDC, le député Vuemba ne relève qu’une «simple déclaration d’intention» et cela, sans «qu’aucune compensation ou réparation tant morale que financière ne soit envisagée en faveur de nos compatriotes». Et d’expliciter: «le dossier relatif au plateau continental a été balayé d’un revers de la main et renvoyé aux calendes grecques». Sur le plan culturel, «JCV» annonce qu’en 2010, il focalisera son attention contre les «Kuluna culturels» qui «distillent des antivaleurs à notre jeunesse par des chansons et danses obscènes relayées par la profusion des chaînes de radio et de télévision».
En prévision du cinquantenaire de la RDC, le président national du MPCR plaide pour que Simon Kimbangu (le prophète), Joseph Kasa-Vubu, Moïse Tshombe, Cyrille Adoula et le maréchal Mobutu soient élevés au rang de «Héros national». Par la même occasion, il plaide en faveur d’une amnistie générale à certains prisonniers dont Kutino Fernando, Eddy Kapend, Leta Mangasa, Nono Lutula et autres. M. M.


NATION
APRES LES CONTRECOUP DU RECOURS AUX MARCHES PARALLELES
La reprise annoncée de l'adjudication des devises atténue les tensions sur le marché de change
La Banque centrale du Congo (BCC) a repris, le jeudi dernier, l'opération d'adjudication des devises aux banques commerciales. Cette opération avait été suspendue au mois d'octobre 2009 aux termes d'une dizaine de séances. La suspension brusque des opérations d'adjudication avait contraint certaines banques à recourir au marché parallèle pour avoir des devises et satisfaire la clientèle. Ce recours les livrait ainsi à des spéculations qui avaient, elles, un impact négatif sur l'économie avec la hausse des prix sur les marchés. A la veille des fêtes de fin d'année, la BCC a compris qu'il fallait coupler les instruments de politique monétaire avec la politique de change. Cela à la grande satisfaction des banques commerciales.
Cependant, pour recadrer les opérations et limiter certaines imperfections dans le système, le n°1 de la BCC a dernièrement fixé les modalités de vente des devises par voie d'appel d'offres. Aux termes de nouvelles directives, les banques commerciales devraient désormais jouer franc jeu pour permettre à la BCC d'assurer la cohérence entre les objectifs de la politique monétaire et ceux de la politique de change à travers la vente des devises. Jean-Claude Massangu a relevé la difficulté qu'éprouvaient certaines banques pour verser à la date valeur, qui était fixée à 48 heures après l'opération, aux guichets de la Banque centrale l'équivalent en cash ou en scriptural du montant souscrit en devises.
Une des directives souligne : "toute banque qui ne dispose pas d'un solde confortable (supérieur ou égal à la contre valeur en CDF de devises attendus) dans son compte disponible dans les lignes de la BCC à l'ouverture de la date valeur est obligée d'approvisionner son compte par versement aux guichets de la BCC, du montant en monnaie nationale requis ".

Constat
La fin 2008 était marquée par une forte tension sur le marché monétaire. La BCC a vite constaté qu'il y a un trop plein de Francs congolais qui créait ainsi un déséquilibre entre l'offre et la demande des devises. Partie de ce constat, la BCC, en tant qu'autorité monétaire, décide de procéder à l'opération d'adjudication des devises dans le but d'injecter les devises sur le marché interbancaire de façon à éponger des liquidités sur le marché parallèle. La politique de la banque, en dehors des instruments traditionnels (taux d'intérêt directeur et le coefficient des réserves obligatoires), est la vente des devises contre les Francs congolais avec comme finalité de ramener la masse monétaire en Francs congolais vers le circuit bancaire.
C'est dans cette optique que la BCC a lancé sa première opération d'adjudication en janvier 2009 avec l'injection de 10 millions de dollars. Un document de la BCC signale qu' " entre le 24 décembre 2008 et le 16 février 2009, la ponction de la liquidité par des instruments de la politique monétaire a été de 22,4 milliards et celle de la politique de change via la vente de devises de 6,8 milliards, soit un total de 29,1 milliards de CDF. Comparé au déficit du secteur public d'environ 65,0 milliards de CDF à fin décembre 2008, l'excès des liquidités a été ponctionné pour un import de 29,1 milliards. Et, ajoutant l'excédent de janvier de 3,1 et de 7,0 milliards de CDF au 7 février 2009, un surplus de 25,8 milliards se trouvaient hors banques et expliquaient la poursuite des pressions sur le taux de change et les prix ".
Dans la foulée de cette situation et des mesures réparatrices prises par rapport au contexte de la grave crise économique et financière, le Fonds monétaire international (FMI) va renforcer les réserves de la Banque centrale du Congo. Cette facilité a été aussi utilisée pour intervenir sur le marché.

Suspension
C'est en avril 2009 que la BCC va reprendre cette opération pour l'interrompre au mois d'octobre 2009. La BCC voulait tout simplement revenir à la politique classique tout en soulignant que l'opération d'adjudication ne devrait pas être permanente, mais plutôt une action ponctuelle. Mais, la décision de la banque des banques n'avait pas enchanté certaines banques commerciales agréées qui participaient aux séances d'adjudication. Un banquier de la place, qui a requis l'anonymat, regrette le fait que cette opération ait été arrêtée brusquement alors que la BCC leur avait garanti qu'elle aurait lieu d'une façon permanente, c'est-à-dire deux fois par mois " Que la Banque intervienne ou pas, soutient-il, nous allons continuer à nous débrouiller. Mais, ce qui est important, lorsque nous avons des devises, nous pouvons facilement les vendre aux opérateurs économiques. En plus, cela peut aider à faciliter la stabilisation du taux de change ".
Selon cet opérateur du secteur bancaire, ce n'est pas seulement par le billet de Trésorerie qu'on va stabiliser le marché de change. Il insiste sur le fait que l'intervention systématique est quand même indispensable parce que ceux qui exportent reçoivent les devises. Ce qui fait que les importateurs, qui ont besoin des devises, n'arrivent pas à les avoir facilement. Dans ces conditions, affirme-t-il, les banques commerciales sont obligées de se débrouiller. " Il y a certaines banques qui recourent même au marché parallèle pour trouver les devises afin de faire face à la demande ", déclare-t-il.
Concernant le profit que les banques tiraient de l'adjudication, notre source souligne : " Nous ne nous retrouvions pas du point de vue marge, c'est-à-dire du point de vue bénéfice, mais plutôt du point de vue marché. En d'autres termes, lorsque les banques disposent des devises, elles peuvent les gérer pour faire face à la demande croissante des opérateurs économiques ou des importateurs. Mais, poursuit-il, lorsque la BCC suspend les adjudications, elle ramène certaines banques commerciales à vendre des devises de manière irrégulière".

La joie
Un autre banquier contacté n'a pas manqué de manifester sa joie : " la BCC n'avait pas respecté ses engagements vis-à-vis des banques commerciales. Du jour au lendemain, elle a arrêté l'opération alors que nous étions dans le besoin. Nous devrions faire face à la demande de la clientèle. Nous étions bloqués. C'est ce qui a fait que le taux de change puisse monter ".
C'est donc dans le souci d'atténuer les tensions sur le marché de change par une nette régulation de la monnaie nationale que la BCC a renoué avec la vente des devises avec de nouveaux garde-fous. La BCC et les banques commerciales vont ainsi poursuivre l'opération d'adjudication, bien que celle-ci soit une action ponctuelle. D.B.


NATION
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION EN RD CONGO
Un arsenal juridique et éthique annoncé pour tuer le vieil homme
Les rideaux sont tombés samedi le 19 décembre 2009, sur le Forum national de lutte contre la corruption (FONALC), dont les travaux avaient commencé mercredi le 16 décembre au Palais du Peuple à Kinshasa.
Organisé par l'Observatoire du Code d'éthique professionnel du ministère de la Fonction publique (OCEP), ce Forum a eu le mérite de réunir environ 400 personnes, représentants de diverses couches de la société rd congolaise. A ces nationaux, se sont ajoutés quelques experts sud-africains pour partager avec les Congolais l'expérience de leur pays en matière de lutte contre la corruption.
Théoriquement donc, ce Forum appartient désormais au passé. Mais en pratique, les travaux du Palais du peuple viennent d'engager la RD Congo dans une lutte perpétuelle et permanente contre la corruption. D'où, le caractère d'actualité permanente de ce Forum, compte tenu des recommandations faites aux participants et surtout, des dispositions prises pour endiguer la gangrène de la corruption.
La lutte contre le fléau de la corruption en RD Congo ressemble à un bateau à bord duquel chaque Congolais doit prendre sa place. Autrement dit, ce Forum ne pourra porter des fruits que dans la mesure où chaque Congolais devra faire siennes, les recommandations prises. Aussi, la vulgarisation de ces recommandations doivent-elles être un devoir civique pour la Société civile.

Un arsenal juridique
Pour dire court, l'objectif du Forum national de lutte contre la corruption a été de tuer le vieil homme. Il s'agit de celui-là même qui a hissé la corruption au rang des droits citoyens. Cet homme ancien, on le trouve dans l'administration publique, les écoles et autres services publics. Partant, la corruption s'est érigée en système pour ne pas dire en mode de gestion de la chose publique en RD Congo. Et, parmi les conséquences de cette pratique, figure la mauvaise gouvernance. A cela s'ajoute la concussion devenue une sorte de règle de l'art dans la Fonction publique.
Quoi qu'il en soit, l'heure n'est plus aux jérémiades. Il faudrait, à tout jamais, briser le mur des lamentations et poser des actes concrets. Dans le lot de nouvelles dispositions prises, figure en bonne place l'arsenal juridique et moral, initié respectivement par le ministère de la Justice et la Société civile. La corruption étant l'une des retombées de l'impunité, le ministre Luzolo Bambi n'entend plus porter de muselières.
Dans son allocution, vendredi le 18 décembre devant les 400 participants au Forum, le patron de la Justice congolaise a annoncé une batterie de mesures, en guise de vraies hypothèses à la problématique de la corruption en RD Congo. Lorsqu'il intitule son allocution : " Problématique de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption dans le système judiciaire congolais ", le ministre Luzolo Bambi sait de quoi il parle.
Au nombre de nouvelles dispositions prises, Luzolo Bambi annonce entre autres, l'élaboration d'un Document de politique judiciaire de lutte contre la corruption, la mise en sur pieds d'un procureur spécial anti corruption, l'institutionnalisation d'un Observatoire indépendant de la lutte contre la corruption. Ce n'est pas tout. Il sera également procédé à l'harmonisation de l'arsenal juridique national avec les instruments juridiques internationaux que la RD Congo a déjà ratifiés.
Par ailleurs, le ministre Luzolo Bambi qui paraît le plus concerné au regard du service sous sa tutelle, préconise le renforcement aussi bien des capacités des administrations judiciaires que de la procédure de prise à partie des magistrats. A toutes ces premières dispositions s'ajoutent la révisitation des règles de mise en œuvre des poursuites, l'organisation dans le pouvoir judiciaire du système de redevabilité compatible avec les exigences spécifiques de sa fonction.
Qu’elle soit petite ou grande, la corruption est un frein au développement. La lutte contre cette antivaleur requiert une véritable reconversion de mentalité. Il s'agit d'un état d'esprit impliquant des attitudes positives. Bref, une prise de conscience devant le mal. A ce titre, le père jésuite Ferdinand Muhigirwa qui a pris la parole à la clôture et au nom de la Société civile, a parlé d'un Code d'éthique tant pour l'administration publique que pour les autres services. Selon ce prêtre, la corruption est la conséquence de la crise morale.

DES CHIFFRES QUI PARLENT

Il est, de notoriété publique, admis que la corruption occasionne un manque à gagner énorme. Bien en illustre, ces chiffres, combien faramineux que présente le ministre Luzolo Bambi. Selon le ministre de la Justice, " la corruption occasionne un manque à gagner de l'ordre de 10 milliards de dollars par an dans le secteur des Travaux publics et des marchés de fournitures. "
Ces chiffres, estime le ministre Luzolo, peuvent soit dépasser les estimations faites ci-dessus, soit équivaloir ou dépasser le budget national. Par ailleurs, note le numéro 1 de la Justice, " la fuite des capitaux hors de la RD Congo, identifiée par l'organisation " Intégrité financière mondiale " est évaluée à quelque 15 milliards de dollars sur les 25 dernières années. Si on intègre dans les calculs, les données relatives à la contrebande, ce chiffre de 15 milliards pourrait être multiplié par deux, trois ou plus", a fustigé le ministre.
Somme toute, la lutte contre la corruption en RD Congo est un défi à relever.
Le chemin paraît long et entaché de beaucoup de tentations. Le combat est certes, amer ; mais ses fruits sont délicieux. Laurel KANKOLE


ARRETE CONTROVERSE DU MINISTRE DE LA JUSTICE
Un conseil regroupant toutes les églises de réveil voit le jour
Afin de décrisper la crise et d’apaiser les esprits des responsables des églises de réveil en RDC, un conseil regroupant toutes les églises de réveil a été approuvé entre les leaders religieux et le ministre de la Justice, Luzolo Bambi. C’est ce qui ressort de l’audience que ce dernier a accordée hier mardi, le 22 décembre 2009 à une délégation de 7 membres représentant les églises de réveil, conduite par le pasteur Ejiba Yamapia.
Pour ces hommes de Dieu, il faut mettre l’ordre dans les églises, mais ils contestent trois points dans l’arrêté réglementant les églises de réveil en RDC. Ils déplorent le fait de placer au-dessus de toutes les églises de réveil l’Eglise de réveil du Congo (ERC), le port de soutane exclusivement réservé à l’Eglise catholique et l’application de l’appellation « Mouvement charismatique de réveil ».
Après discussion, la délégation des leaders des églises de réveil a proposé au ministre le report ou l’annulation pure et simple de son arrêté. Le ministre de la Justice pour sa part, a été réceptif à leurs revendications, mais en sa qualité de constitutionnaliste, il a préféré la reformulation dudit arrêté pour apaiser les esprits des uns et des autres. Solution que les leaders religieux ont fini par approuver.
Ainsi un conseil regroupant toutes les églises de réveil a été préconisé très prochainement pour finaliser ce projet. Le n°1 de la Justice a aussi promis de résoudre le problème de personnalité juridique de certaines églises non en règles.Simard Simon TSOUMBOU

SCANDALE HIER DANS LA COMMUNE DE LA GOMBE
Mme Godelieve Meta, ancienne ministre, déguerpie comme une mal propre
C’est à un spectacle ahurissant que les habitants de l’avenue Cocotiers dans la commune de la Gombe ont assisté hier matin. Une équipe de policiers conduits par un greffier détenant un arrêt de justice a débarqué à la résidence de Mme Godelieve Meta Mutombo Mudiayi pour procéder à son déguerpissement. Pour la besogne, les agents de l’ordre n’y sont pas allés de main morte. Sans ménagement, ils ont jeté dans la rue les biens des occupants. Mme Meta, ancienne ministre à la Coopération régionale et vice Gouverneur du Kasaï Oriental, n’a eu droit à aucun égard tant pour son rang que pour son statut de femme et mère au foyer, mais également du fait qu’elle venait de regagner Kinshasa la veille en provenance de l’Afrique du Sud où elle s’était rendue pour des raisons de santé. Aucune explication de l’intéressée ni récrimination de l’assistance choquée n’a calmé l’ardeur des agents de l’ordre..
Alerté, le Bourgmestre de la Gombe a débarqué sur le lieu où est également arrivée la Ministre de l’Urbanisme et habitat, Générose Lushiku, pour s’enquérir de la situation. On rappelle que le feuilleton de la résidence qu’occupe Mme Meta est parti des prétentions d’un sujet libanais qui avançait des titres sujets à caution aux yeux de l’occupante pour vouloir attester que ladite résidence lui appartenait. Il y a plusieurs années, en effet, l’ancienne ministre avait signé un contrat de bail avec le ministère de l’Urbanisme et habitat. Forte du document, Mme Meta entreprendra des travaux de réfection sur l’édifice qui se trouvait alors dans un état de délabrement très avancé.
C’est pendant qu’elle jouissait du contrat de bail qu’elle verra débarquer des officiers de justice venus lui signifier que la maison qu’elle occupait avait un propriétaire qui tenait à rentrer dans ses droits. Mme Meta saisira alors le ministère de l’Urbanisme et habitat qui, après enquête avec celui des Affaires foncières, démontrera que la résidence dont question faisait l’objet d’une odieuse spoliation qui est partie de mutations de titres de propriété en mutations de titres propriété avant de se retrouver sous celles du sujet libanais dont question.
Malgré donc cette vérité immuable, le sujet dont question poursuivra sa besogne jusqu’à décrocher des arrêts de justice qu’il a ainsi fini par exécuter hier au grand dam de la population et des autorités. Cela d’autant plus que le Bourgmestre de la Gombe, qui a passé presque toute sa journée sur le lieu du drame, a brandi un arrêté du Gouverneur de la ville surséant à tout déguerpissement de locataires en période de fêtes de fin d’année.
Si donc, malgré la flagrance des irrégularités de la démarche du prétendu propriétaire d’un bien de l’Etat, une ancienne ministre peut subir un tel traitement en voyant ses biens déversés sur la voie publique pendant cette saison pluvieuse, qu’en est-il de tous ces sans voix qui subissent ces désagréments au quotidien dans l’anonymat de leur petite condition ? En tous cas, les autorités sont invitées à tirer cette situation au clair et infliger des sanctions exemplaires à tous ceux qui bravent ainsi l’autorité de l’Etat, au nom de la « tolérance zéro ». JEK

A L'APPROCHE DES FETES DE FIN D'ANNEE
Des embouteillages paralysent les artères de Kinshasa
Depuis quelques jours, les Kinois sont obligés de s’adonner à la marche à pied, faute de moyens de transport. Cette situation est une conséquence directe du fait que la circulation des véhicules n’est pas fluide sur les artères de la capitale congolaise. Comme le montrent les images ci-contre et ci-dessous, la plupart des artères de la ville de Kinshasa sont bouchées en cette période de fin d’année. Ceci occasionne des longues files d’attente sur des routes et empêche les Kinois de se déplacer à leur aise.

ALORS QUE LES TRAVAUX DE REHABILITATION AVAIENT ETE EFFECTUES
L'avenue Yolo, dans la commune de Limete, de nouveau impraticable !
L'avenue Yolo, allant de la 7ème rue du quartier résidentiel de Limete au Rond-point Bongolo, à Kalamu, se trouve à nouveau dans un état de délabrement avancé. Précisément dans son tronçon compris entre le quartier Tropiques et la Place commerciale de Limete. Des nids de poule béants écument la chaussée au point que la circulation y est devenue une épreuve pour les automobilistes. Obligés de ne rouler ni à gauche ni à droite, les automobilistes empruntant ce tronçon sont contraints de rouler partout, mais en choisissant les trous les moins profonds. Pourtant, cette route a été réhabilitée voici près d'une année.
L'acrobatie devient plus laborieuse devant la clinique Bondeko où les véhicules semblent sortir de toutes parts. Certains véhicules sortent de l'hôpital, d'autres, du quartier Tropiques en face de la clinique. A ceux-là s'ajoute le flux de véhicules qui vont et viennent de la 7ème rue. Devant cette institution sanitaire, le ralentissement est automatique. Non parce que le Code de la route l'oblige, mais plutôt à cause d'un trou qui s'est crée juste à l'entrée de la clinique. Voilà qui provoque des bouchons à des heures de circulation intense. A un endroit où on n'aperçoit aucun policier de roulage, la patience est le seul remède aussi bien pour les conducteurs de véhicules que pour leurs clients.
Le décor devient on ne peut plus inquiétant à la célèbre Place commerciale de Limete, qui affiche depuis peu, un décor répugnant. Et pour cause, la dégradation de la chaussée à ce niveau a occasionné une stagnation d'eaux de ruissèlement sous le regard impuissant des clients des Night clubs et autres restaurants ouverts en ce lieu ayant fait la pluie et le beau temps. Craignant des risques éventuels de crevaison et surtout de s'embourber, les conducteurs sont obligés de rouler en plein Centre commercial.
Les conducteurs, ne sachant à quel saint se vouer, prennent leur mal en patience. Sur un terrain complètement accidenté et dans un environnement où la nature impose ses lois, les automobilistes n'ont point d'autre alternative que de se soumettre aux caprices de cette route défoncée. De son côté, la population vit des embouteillages monstres au quotidien. Une ménagère rencontrée et interrogée sur le lieu n'a pas caché son indignation. " C'est pénible. Je suis descendue d'un taxi-bus qui a déjà passé plus d'une heure dans cet embouteillage qui commence depuis Yolo médical " a-t-elle déclaré, avant d'ajouter " qu'il est préférable de marcher à pied que d'emprunter un moyen de transport en commun. C'est d'ailleurs un exercice physique bon pour la santé. "
Cependant, les usagers de la 7ème rue Limete, principalement les transporteurs en commun, qui estiment que cette rue est le seul axe routier qui relie facilement le Boulevard Lumumba à l'avenue Université, lancent un appel pathétique aux autorités de la ville de Kinshasa pour la remise en état de ce tronçon. L'avantage est que ce tronçon, une fois réhabilité et régulièrement entretenu, désengorgera le trafic routier sur le Boulevard Lumumba. Tout bien considéré, du choix du maître d'ouvrage, dépend la qualité des travaux. Ghetti FELO Correspondance particulière

Le PNUD inculque aux journalistes les notions de la promotion de la gouvernance démocratique
La formation des journalistes tant de la presse écrite que de l’audiovisuel sur la gouvernance démocratique débutée depuis lundi, le 21 décembre 2009 au Cercle Elaïes se poursuit dans une ambiance bon enfant. Hier mardi, les journalistes ont été scindés en 4 groupes de travail pour produire des documents qui vont sanctionner la fin des travaux.
Ceci, après l'adoption des résolutions en plénière. A titre de rappel, le programme d'appui à la gouvernance du PNUD vise la mise en place d'un système de gouvernance démocratique stable et légitime favorisant le développement humain durable. Plus précisément, le programme se propose de répondre à 5 défis prioritaires identifiés après une analyse approfondie du contexte. Ces défis sont : le renforcement du cadre démocratique, l'accès et la participation citoyenne au système politique, une administration et des institutions publiques performantes et fiables ; la consolidation de la paix, de la stabilité, et de la sécurité des personnes et des biens ; transparence et la reddition des comptes dans la gestion de la chose publique ; la l'accessibilité et la qualité des services publics.
La stratégie du programme lie chaque effet escompté à un axe d'intervention spécifique, tout en envisageant des activités complémentaires et parallèles ainsi que des synergies dans différents domaines. Le programme d'appui à la gouvernance du PNUD a été créé en 2008 pour appuyer la RDC qui, après des années de mauvaise gestion suivies des années de guerre, vient de sortir d'une transition politique avec une grande réussite de son processus électoral. Promouvoir la gouvernance démocratique est un des domaines clés des interventions du PNUD, qui considère qu'un système de gouvernance est adéquat lorsque les populations peuvent faire leurs choix de vie et lorsque le système politique garantit la liberté contre les oppressions, la pauvreté, la privation, l'insécurité et la violence.
Le suivi de la mise en œuvre du programme reposera sur un dispositif basé sur un comité national de pilotage, un comité technique de coordination et des comités de suivi des composantes. En outre, l'unité gouvernance du PNUD assurera l'encadrement stratégique régulier des composantes et facilitera l'échange et la communication entre les partenaires du programme.
Le mécanisme de gestion et mise en œuvre du programme est assuré par un dispositif basé sur l'unité d'appui à la coordination de programme, dirigée par le coordinateur principal du programme et formée par des agents administratifs et financiers, des agents chargés de suivi et évaluation, des experts en communication et des experts transversaux. La cellule de gestion des composantes du programme est dirigée par un coordonnateur de composante et comprend des experts et assistants administratifs et financiers ainsi que des secrétaires.
Simard Simon TSOUMBOU

Le lancement de la campagne de sensibilisation sur la décentralisation au centre d’un atelier à Bukavu
Le ministère de la Décentralisation, en partenariat avec l’Unité d’appui à la décentralisation sectorielle (UADS) et le Projet de renforcement des capacités en gouvernance (PRCG), a organisé dernièrement à Bukavu, un séminaire de sensibilisation sur la décentralisation sectorielle au Sud-Kivu, rapporte l’Agence Congolaise de Presse (ACP).

Cet atelier s’inscrit, selon la source, dans le cadre du lancement de la campagne sur la décentralisation. Pour cela, trois thèmes étaient abordés au cours de ces travaux à savoir : Décentralisation et réforme de l’Etat congolais ; Décentralisation et réforme du secteur agricole et Décentralisation et réforme de l’EPSP. Le conseiller juridique du ministre de la Décentralisation, Gilbert Kyatsinge, a axé son exposé sur la Décentralisation et la réforme de l’Etat congolais.
Il a, à cette occasion, démontré que l’organisation territoriale, politique et administrative de la RDC a connu diverses réformes depuis l’époque de l’Etat Indépendant du Congo, jusqu’à ce jour, en passant par la période coloniale.
Tous ces changements, a-t-il fait remarquer, étaient fondés sur l’idée de mettre sur pied une territoriale de développement pour bien diviser et subdiviser le territoire national pour mieux développer. Ainsi, pour atteindre cet objectif, le constituant du 18 février 2006 va juger utile, a-t-il poursuivi, de décréter une nouvelle réforme de l’Etat qui consacre la répartition des compétences entre le gouvernement central, les provinces et les entités territoriales décentralisées. Et de soutenir, que c’est cette volonté qui matérialisera un bloc de trois lois connues sous le vocable « lois sur la décentralisation ».
Gilbert Kyatsinge s’est penché aussi sur les considérations générales de la réforme de l’Etat, la «Décentralisation définition, types, avantages, inconvénients, enjeux et défi de la libre administration des provinces». Ont pris part à ces assises, les agents et responsables des services publics de l’Etat issus des secteurs de l’agriculture, de la santé et de l’éducation. Le ministre provincial de l’Intérieur était représenté à cet atelier par son collègue de l’Agriculture qui a lancé la campagne sur la décentralisation.
Mathy MUSAU
LE BUREAU DES DROITS HUMAINS DE L'ONU ACCUSE
En dix mois, la LRA a fait 1.200 morts, 1 400 enlèvements et 230 000 déplacés
Dans un rapport rendu public lundi dernier à Kinshasa, le bureau des Nations Unies aux droits de l'homme accuse nommément la LRA. "En dix mois, les rebelles ougandais ont fait 1.200 morts, 1.400 enlèvements et 230.000 déplacés ", avance ledit rapport. Ce rapport, explique radiookapi.net, reprend le bilan d'une série d'attaques systématiques et généralisées, menées entre septembre 2008 et juin 2009 par les rebelles ougandais de la LRA, dans les districts du Haut-Uélé et du Bas-Uélé, en Province Orientale.
Ce rapport dénonce des dizaines d'attaques sur des villes et des villages de la partie nord de la Province Orientale. Il fait aussi état de 1000 personnes blessées par balles et par armes blanches et de 1 400 personnes enlevées, dont certaines ont été exécutées et d'autres portées disparues.
Par ailleurs, ce document indique que des milliers d'habitations, des dizaines de boutiques et autres maisons de commerce ainsi que des bâtiments publics, notamment une trentaine d'écoles, de centres de santé, d'hôpitaux, de marchés et de fiefs des chefferies coutumières ont été pillés ou simplement incendiés. En dépit des opérations militaires successives pour éradiquer ce groupe armé, la LRA constitue toujours une menace pour la paix. Elle représente une problématique régionale, explique le rapport.
Au chapitre des recommandations, le Bureau conjoint de l'Onu pour les droits de l'homme encourage les acteurs concernés à poursuivre leurs efforts afin de trouver des solutions aussi bien politiques, militaires que judiciaires au problème de la LRA, dans un nouveau cadre, si c'est nécessaire. Au total, 14 missions ont été menées par les enquêteurs du Bureau conjoint des Nations unies dans les localités et villages du territoire de Dungu, Faradje, de Niagara.
Dorian KISIMBA
PROVINCE-ORIENTALE
Fièvre typhoïde : 24 cas enregistrés dont 9 décès à Ariwara
La situation sanitaire continue à inquiéter dans le territoire d'Aru dans la Province Orientale. Neuf personnes sont mortes de fièvre typhoïde avec perforation des intestins sur les vingt-quatre cas enregistrés depuis le mois de novembre dernier dans la zone d'Ariwara, à plus de 300 kilomètres au nord de Bunia, en territoire d'Aru.
Selon la radio okapi qui a donné l'information, cette maladie est due notamment à la pénurie d'eau potable dans la région. La radio okapi, qui a contacté certaines sources, a fait savoir que les victimes qui ignorent les symptômes de cette maladie sont souvent conduites en retard dans les structures sanitaires locales. Mais, le docteur Faustin Arianji a indiqué que les dispositions nécessaires sont déjà prises pour sensibiliser la population, notamment sur le respect des notions d'hygiène.
" Généralement, les cas nous viennent peut-être dix ou quatorze jours après la manifestation de la maladie. Ce sont des cas qu'on a soignés dans des postes de santé privés, c'est ça le problème. A dehors de cela, c'est le problème d'eau de boisson qui n'est pas potable. Vous savez qu’Ariwara n'a pas d'eau potable. Avec la grande période de pluies de septembre, octobre voire novembre, notre petite source là (…). Les torrents d'eau qui viennent envahir la source et c'est cette même eau que la population est en train de consommer ", a indiqué le docteur Arianji.
Le petit centre de zone d'Ariwara a pris des dispositions à son niveau pour passer le message dans des églises, à travers les radios locales pour que la population puisse bouillir l'eau de consommation, a encore indiqué le médecin. Les signes énumérés de la maladie sont la fièvre, la faiblesse, le ballonnement abdominal. «Si quelqu'un présente ces signes, nous avons demandé à la population de l'ammener à l'hôpital». D.K.

Nord-Kivu: le CNDP disposé à mettre fin à l'administration parallèle à Masisi
Le Congrès national pour la défense du peuple, CNDP, annonce la suppression des barrières encore visibles dans les territoires de Masisi et de Rutshuru- et de l'administration parallèle. Selon la radio de la Monuc, cette information a été annoncée le week-end dernier par Kambatshu Ngeve, secrétaire exécutif du parti, à l'issue de l'audience que le Président Joseph Kabila a accordée aux membres du bureau de cet ex-mouvement rebelle.
Un chronogramme devra incessamment être mis en place pour vider les questions résiduelles, explique Kambatshu Ngeve : " Il y a un chronogramme immédiat qui sera établi. Il y aura une commission qui sera établie. Il y a une commission qui sera conduite par l'abbé Malu Malu. On va vider toutes les questions. Il y a beaucoup de points qui ont été discutés. Il y a, par exemple, la tripartite bientôt qui sera signée, donc, ce qui facilitera le retour des réfugiés. Il y a le point par exemple de la suppression des barrières qui doit figurer sur le chronogramme qui sera là. Il y a l'intégration politique des administrateurs des territoires. Il y a beaucoup de questions qui ont été traitées et dont l'exécution est dans un bref délai. Il y a eu beaucoup de manipulations, nous sommes dans un processus et pensons que nous devons mettre fin à toutes ces rumeurs et que la vérité devra triompher. En ce qui nous concerne, nous sommes confiants et nous faisons confiance au chef de l'Etat quant à la suite des engagements qui ont été pris". L'annonce de cette nouvelle apporte un plus dans l'évolution de l'intégration des ex-rebelles au sein des Forces armées de la République. Dorian KISIMBA

VIVEMENT LE SPORT
EN PREVISION DU DEMARRAGE DES CHAMPIONNATS LOCAUX
Arbitres et commissaires au match en recyclage

La Ligue de football de Kinshasa (LifKin) organise, à partir de lundi 28 décembre 2009, un séminaire de recyclage à l'intention de tous les arbitres et autres commissaires au match. Ce séminaire de mise à niveau tombe à point nommé pour ceux qui sont appelés à diriger les rencontres de football dans les différents championnats locaux (EpfKin, EufKin, Ententes urbaines et Cercles) et pour ceux qui ont pour mission de coter les arbitres et rendre compte aux organisations des rencontres.
Comme, il y a eu amendements et modifications sur certaines dispositions des lois de jeu, indique-t-on, il faudra que les arbitres et commissaires au match aient la même compréhension des 17 lois qui régissent la pratique de football. Ces lois ne sont pas particulières au football en RDC, mais elles sont universelles et tous les officiels doivent les comprendre de la même façon. Ce n'est pas la première fois que la Ligue de football de Kinshasa (LifKin) organise un séminaire de recyclage à l'intention de ses officiels.
Le séminaire de recyclage ou de mise à niveau des arbitres et commissaires au match de Kinshasa se déroulera chaque lundi et mardi de 15h30' à 17h30' au local 19 du stade des Martyrs. En attendant son démarrage, les inscriptions continuent encore, de 9h00' à 17h00', au local 08-02 du stade des Martyrs.

Les retardataires attendus en janvier
Toujours à la Ligue de football de Kinshasa, un communiqué sportif invite les arbitres malades et ceux qui n'ont pas encore participé au test physique de la Fifa, à se présenter le 17 janvier 2010. C'est le dernier rappel et la dernière chance offerte aux arbitres désireux d'officier les rencontres de football à Kinshasa en 2010.
Pour rappel, le test physique de la Fifa est obligatoire pour tous les arbitres actifs de tous les continents. Le test physique des arbitres, toutes catégories confondues, se déroulera sur la piste d'athlétisme en tarton du stade des Martyrs. Pascal LIKANA

EN COLLABORATION AVEC LA FECOFA
Les footballeurs en Assemblée générale extraordinaire les 28 et 29 décembre 2009

L'Union des footballeurs congolais (UFC), syndicat membre de la Fifpro des footballeurs congolais, organise à Kinshasa, du 28 au 29 décembre 2009, son Assemblée générale extraordinaire. Cela, en collaboration avec la Fédération congolaise de football association (Fecofa) tel que mentionné dans les invitations.
Selon le programme arrêté par les organisateurs, l'agenda des travaux comporte cinq points essentiels. Il s'agit d'abord, au premier point, des actions réalisées par l'Union des footballeurs congolais (UFC) et la programmation biennale des activités 2010-2011. En suite, il y a le point sur le statut du football congolais, exigences contractuelles minimales et contrat type. Le troisième point à l'ordre du jour a trait à l'impact des agents des joueurs et clubs dans le football congolais. Et, le quatrième point de cet agenda est la lutte contre les incivilités dans nos stades et, enfin, le cinquième et dernier point concerne l'échange de vœux de nouvel an et gala dinatoire.
Les travaux de l'assemblée générale extraordinaire des anciens footballeurs se dérouleront en deux jours. Le lundi 28 décembre 2009, de 10h00' à 16h00', et le mardi 29 décembre 2009, de 10h00' à 18h00'. Pour rappel, l'Union des footballeurs congolais a vu le jour en Europe et est une initiative des anciens joueurs congolais ayant évolué dans le vieux continent. Affiliée au syndicat Fifpro (Fédération internationale de footballeur professionnel) qui est reconnue par la Fifa (Fédération internationale de football association), l'Union des footballeurs congolais, tous anciens joueurs en Europe, ont voulu engager un bras de fer avec la Fecofa, en voulant même se substituer à cette dernière en contestant la qualité de dirigeants qui gèrent le football en RDC, par subdélégation de la CAF et de la Fifa.
Heureusement, les uns et les autres sont revenus à de bons sentiments et le courant semble rétabli entre les animateurs de l'UFC-Syndicat Fifpro et la Fecofa. Un local équipé en ordinateur a même été mis à la disposition des animateurs de la structure des anciens joueurs vivant tous en Europe, au sein du siège de la Fecofa à Gombe.
Seulement, la tâche des animateurs de l'UFC reste ardue, car les joueurs actifs ou anciens joueurs qui n'ont pas eu la chance d'évoluer en Europe ne connaissent pas, jusqu'à ce jour, le rôle d'un syndicat. Pascal LIKANA .

ETRANGER
Berlusconi : une agression montée pour remonter les sondages ?
Sur le Net, des vidéos laissent entendre que l'agression dont a été victime le président du Conseil italien il y a dix jours a été organisée pour le victimiser. Si la crédibilité des montages semble nulle, elle témoigne d'un climat très tendu en Italie. Neil Armstrong n'a jamais marché sur la Lune. Les attentats du 11 Septembre ont été fomentés par la CIA et l'administration Bush. Et Silvio Berlusconi n'a pas été agressé par Massimo Tartaglia le 13 décembre. Voici la dernière thèse complotiste qui circule depuis quelques jours en Italie. Elle s'appuie sur plusieurs vidéos diffusées anonymement sur Internet, qui ont été visionnées par des centaines de milliers de personnes.
Montage choc, musique dramatisante, sous-titres interrogateurs... La principale vidéo, titrée "L'agression contre Berlusconi est-elle un montage?", propage la thèse d'un "11 Septembre à l'italienne". Si le procédé est connu, la réalisation est bien moins assurée que dans le film Loose Change. Le court montage semble néanmoins produire son effet chez une partie de la population italienne. L'argumentaire est simple: plusieurs "indices" permettent de douter de la version dite officielle de l'agression de Berlusconi. Ainsi, la caméra s'écarterait opportunément au moment où Massimo Tartaglia attaque le président du Conseil, de sorte que l'on ne voit pas les coups portés au visage de ce dernier.

Berlusconi en hausse dans les sondages
Quelques minutes après l'agression, une photo montrerait un des gardes du corps dans la voiture du Cavaliere, manipulant un aérosol qui contiendrait du sang factice. Enfin, la coagulation que semblent montrer plusieurs photographies serait trop rapide pour être honnête. Selon Eric Joszef, correspondant de Libération à Rome, la crédibilité de ces arguments est nulle. Mais l'objectif est ailleurs. "Il y a deux idées derrière ce montage, explique le journaliste. Laisser entendre que l'agression était organisée pour permettre à Berlusconi de faire oublier ses ennuis judiciaires. Et illustrer ainsi la dérive autoritaire du pouvoir."
Pour les complotistes, la thèse de la stratégie de la victimisation fonctionne d'autant plus que la cote de confiance de Berlusconi vient de remonter de trois points (à 48%), après sept mois de descente constante, selon un sondage du quotidien de gauche La Republicca. Selon Eric Joszef, "c'est révélateur d'un climat anti-Berlusconi largement répandu" qui pousserait certains à accorder du crédit aux idées les plus douteuses.

Ambiance délétère
La presse, elle, garde ses distances avec ces allégations. Ainsi, le "Corriere della Sera" souligne le "ridicule de la situation", alors qu'Eve Mongin, blogueuse de Libération.fr en Italie, affirme que les "Italiens accordent l'importance qu'elle mérite à cette affaire, c'est-à-dire pas grand-chose". "Il y a une telle personnalisation du pouvoir que cela attise les haines comme les passions. Et l'agression contre Berlusconi a polarisé encore davantage les choses", confie-t-elle.
Dans la classe politique, on s'inquiète de la propagation de ces rumeurs par quelques blogueurs ou éditorialistes, et, plus globalement, de l'ambiance délétère dans la péninsule. Fabrizio Cicchitto, un responsable du Peuple de la liberté, le parti de Berlusconi, a ainsi fustigé certains médias et accusé l'opposant Antonio Di Pietro de "vouloir presque transformer la confrontation (politique) en une guerre civile". Ce dernier, ex-juge anti-corruption, a répondu: "Nous ne faisons pas une opposition par haine envers Berlusconi mais par amour pour notre pays." Pour Rosy Bindi, présidente du Parti démocrate, première formation d'opposition, la confrontation et le dialogue avec la majorité de centre-droit de Berlusconi "doivent avoir lieu au Parlement".
C'est dans ce contexte que le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, a annoncé qu'il proposera jeudi en Conseil des ministres des mesures pour fermer les sites Internet "incitant à la violence" et limiter les contestations lors de manifestations publiques. Certains responsables politiques se sont d'ores et déjà dit préoccupés pour la liberté d'expression. SYLVAIN MOUILLARD (Liberation.fr)


Guinée: l'Union Européenne durcit ses sanctions à l'encontre de la junte
L'Union européenne a décidé mardi de durcir ses sanctions à l'encontre de la junte guinéenne avec un gel des avoirs et une interdiction d'exportation de matériel pouvant servir à la répression dans le pays, ont indiqué des sources diplomatiques.
En outre, une liste de personnes liées au régime et déjà interdite de visa sur le territoire de l'Union européenne a été allongée, selon ces sources. "Compte tenu de la gravité de la situation en République de Guinée, il convient d'imposer des mesures restrictives supplémentaires à l'encontre des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ainsi que des personnes physiques ou morales (...) responsables de la répression violente ou de l'impasse politique dans la quelle se trouve le pays", s'est justifiée l'UE dans un texte.
Cette décision, prise à l'occasion d'une réunion ministérielle de l'UE à Bruxelles, intervient au lendemain de la publication par la Commission d'enquête de l'ONU sur le massacre du 28 septembre au stade de Conakry d'un rapport accablant pour les plus hautes autorités guinéennes, accusées de crimes contre l'humanité justifiant la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). Le rapport onusien fait état d'au moins "156 personnes tuées ou disparues", ne mentionne de nombreuses atrocités et met directement en cause le chef de la junte militaire (CNDD), le capitaine Moussa Dadis Camara.

Camara "a l'intention de rentrer le plus vite possible en Guinée"
Le chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara est toujours hospitalisé à Rabat, "il va mieux et a l'intention de retourner le plus vite possible à Conakry", a déclaré mardi à l'AFP l'ambassadeur de Guinée au Maroc, Mamadouba Diabaté. Moussa Dadis Camara a été blessé à la tête le 3 décembre à Conakry par son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, toujours en fuite.
Transporté par avion au Maroc le lendemain, il a été hospitalisé à la clinique royale de l'hôpital militaire Mohammed V de Rabat et, le 6 décembre, opéré d'un "traumatisme crânien". Moussa Dadis Camara "communique régulièrement avec le gouvernement à Conakry dès que le besoin se fait sentir", a affirmé M. Diabaté.
Interrogé sur les propos tenus mardi par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui a mis en garde contre les risques de guerre civile si M. Camara rentrait en Guinée, Mamadouba Diabaté a répondu "ne pas vouloir commenter ce genre de déclarations car elles sont préjudiciables aussi bien sur le plan humain que politique". "Je souhaite que M. Dadis Camara reste dans son lit au Maroc et non qu'il revienne" en Guinée "car il serait capable -rien que son retour- de déclencher une guerre civile et on n'en a pas besoin", a déclaré mardi M. Kouchner à l'Assemblée nationale.
Moussa Dadis Camara avait été porté au pouvoir par l'armée le 23 décembre 2008, au lendemain de la mort du dictateur Lansana Conté (1984-2008).