Billet
30 Juin: Au-délà
de la fête
Dans moins de deux semaines, c’est le 30 juin. Le compte à rebours a déjà commencé. Kinshasa ingurgite sa cure de jouvence et de modernité à forte dose. Les Chinois sont sur le point de finir de bâtir la place Tien Anmen, version congolaise en un temps record. C’est une capitale rd congolaise reliftée qui accueillera les hôtes de marque au premier rang desquels le Roi Albert II de Belgique.
Un demi siècle dans la vie d’un homme comme dans celle d’une nation n’est pas rien. ça se fête ou, à tout le moins, ça se célèbre. Manifestement, le décor de la fête se met en place à Kinshasa. Elle promet même d’être grandiose, cinquantenaire oblige.
Tout le problème sera de veiller à ce que les agapes du pays légal ne masquent pas le nécessaire débat sur 50 ans de gâchis. Car au lendemain du 30 juin , le pays réel va se réveiller avec ses sempiternelles angoisses existentielles. Les plus nostalgiques allant jusqu’à se demander à quand la fin de l’indépendance. Une manière-sans doute maladroite-de regretter ce bon vieux temps colonial où les services essentiels publics étaient à la portée du plus grand nombre.
Nous voici au coeur du vrai enjeu de ce cinquantenaire. Qu’avons-nous fait de 50 ans d’indépendance, si tant est que ce pays se soit vraiment comporté en nation indépendante. Avons-nous dressé nos fronts? Avons-nous, ne fût-ce qu’entrepris de bâtir un pays plus beau qu’avant? Point besoin d’être clerc pour répondre par la négative à ces deux interrogations tirées de notre hymne national.
Alors, pourquoi 50 ans après notre accession à la souveraineté internationale, nous sommes encore loin des idéaux-par moment même en contradiction-professés dans notre chanson nationale? Plus que la fête-qui est légitime-la réflexion autour de ces questionnements semble la meilleure façon de célébrer le 30 juin. Il s’agit d’engager un débat citoyen de fond sur les raisons de l’échec collectif de 50 premières années de la RDC et de baliser l’avenir.
Cette barza devrait impliquer toutes les forces vives. Le commissariat général du cinquantenaire s’est, certes, essayé sur ce terrain. Mais, l’exhibitionnisme et le voyeurisme bien de chez nous l’ont emporté sur le nécessaire débat de fond attendu. Sans cette catharsis nationale, l’électrochoc pour repartir du bon pied fera défaut. Et la parade du 30 juin, les dîners de gala et autres garden parties prévus ce jour là s’ajouteront à la longue liste des festivités gigantesques que ce pays organise avec brio depuis les années Mobutu. José NAWEJ |
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EDITION N°3636 du MARDI 22 JUIN 2010 |
CINQUANTENAIRE, AFFAIRE CHEBEYA ...
Kamerhe prend date
*Pour marquer d’un cachet spécial le jubilé d’or de l’indépendance, l’ancien speaker de la Chambre suggère la libération de Kuthino Fernando, Gabriel Mokia... et Martin Mukonkole.
*Pour l’élu de Bukavu, une enquête internationale s’impose dans l’affaire Chebeya
Sur le meurtre de Floribert Chebeya, on a entendu toutes les réactions possibles. A propos du cinquantenaire, on a enregistré toutes les lectures imaginables. Même inimaginables dans ce pays de toutes les démesures. Voici qu’une réaction mûrie par le temps et le recul sort des sentiers battus et interpelle toute la conscience nationale. Il s’agit de la déclaration de Vital Kamerhe. Anatomie d’une prise de position.
‘’Kuthino Fernando, Gabriel Mokia, Martin Mukonkole... libérés’’. ça pourrait bien être à la fois une offre de pardon sans pareil, un cadeau du jubilé et un signal fort sur le front de la décrispation de l’environnement politique à l’occasion du cinquantenaire de la RDC. C’est le geste que Vital Kamerhe suggère au Chef de l’Etat dans le cadre de la commémoration de 50 ans d’indépendance. Aux yeux du speaker honoraire de la Chambre, cet élargissement «de prisonniers d’opinions créerait la détente nécessaire à la célébration de l’indépendance de notre cher et beau pays.».
Au-delà des querelles de chapelles bien de chez nous, qui reprochera à Kamerhe de demander au garant de la Nation une mesure de grâce susceptible d’apporter de la joie dans nombre de familles congolaises ainsi qu’au sein de la communauté chrétienne?
Du reste, il est de coutume républicaine qu’à l’occasion de la fête nationale, le Président de la république accorde sa grâce à certains prisonniers. L’élu de Bukavu estime, par ailleurs, qu’au- delà des festivités, le cinquantenaire devrait être un moment de rupture avec l’ordre ancien et ses méthodes. «Les dirigeants au pouvoir, toute la classe politique confondue et l’ensemble de l’élite devraient être au service du peuple et non l’inverse». Une autocritique doublée d’un voeu qui résume bien la conception du pouvoir de ces cinquante dernières années. En somme, Vital Kamerhe en appelle à la nécessaire remise en question de l’establishment. Ce lecteur assidu des Saintes Ecritures avait sans doute à l’esprit «le naître de nouveau recommandé par Jésus». Et, de fait, le cinquantenaire sera un moment de catharsis ou ne sera pas.
S’il propose des perspectives nouvelles sur le demi-siècle de la RDC, Kamerhe innove aussi dans sa déclaration à la suite du meurtre du patron de l’ONG La Voix des sans voix et de son chauffeur. Sans sécher ses larmes, l’élu de Bukavu-bled de feu Chebeya-invite, avec force jurisprudences à l’appui, le gouvernement à accepter l’option d’une enquête internationale.
Aux yeux de Vital Kamerhe, cette formule s’impose d’abord par le fait que l’histoire récente de la RDC charrie quantité de meurtres dont les motivations n’ont jamais été élucidées, les enquêtes initiées n’allant jamais à leur terme. Et Kamerhe de citer fort opportunément les cas des archevêques Munzihirwa, Kataliko, Mboga; du député Botheti, des journalistes Ngyke, Maheshe... Et comme une espèce de remake de toutes ces enquêtes nationales inachevées, le corps du chauffeur Bazana est toujours introuvable vingt jours après le meurtre.
L’autre raison qui plaide pour cette enquête internationale est les circonstances même de la mort de Floribert Chebeya. La haute hiérarchie de la Police étant présumée impliquée dans ce meurtre, il se pose un problème de crédibilité et de confiance dans une enquête purement nationale, car le gouvernement se retrouverait, quelle que soit sa bonne foi, en position de juge et partie.
Plus fondamentalement, Vital Kamerhe puise dans son background pour alerter les instances dirigeantes du pays et plus particulièrement le Président Kabila. Il y a 20 ans, le régime Mobutu s’était retrouvé avec une bien sale affaire relative au fameux vrai faux massacre des étudiants de Lubumbashi. A l’origine, une altercation entr’étudiants dont l’une était parente au général Baramoto, dignitaire du régime d’alors. Ce dernier ordonna une expédition punitive pour venger sa soeur. Cette vendetta aura son nom de code «Lititi mboka».
D’un conflit banal, on est passé à une affaire d’Etat. La communauté internationale s’en mêle et demande une enquête internationale. Refus de Mobutu sur conseil de ses flagorneurs qui opposaient, pour leurs intérêts, à cette initiative la notion de souveraineté. Rien de nouveau sous le soleil. Et on connaît la suite. Moralité : pour Kamerhe, le gouvernement a intérêt à jouer la carte de la transparence. Les férus de la prospective apprécieront la portée de ce plongeon de Vital Kamerhe dans l’histoire récente du pays.
A l’issue de la lecture de la déclaration de Vital Kamerhe, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur le positionnement de l’élu de Bukavu. Qu’est devenu Kamerhe? Pour qui roule l’ancien président de l’Assemblée nationale? Difficile de répondre à ces questions, tant Vital Kamerhe s’est mis en retrait de tous les cénacles politiques depuis son départ du perchoir début avril 2009. Quand il n’est pas en Afrique du sud pour raison d’études, l’élu de Bukavu est partagé entre ses fermes, loin du microcosme politique kinois.
Pour autant, malgré cette hibernation politique, l’ombre de Vital Kamerhe plane aussi bien sur le landerneau politico-diplomatique congolais, sur les montagnes du Kivu que sur le pays réel où ce polyglotte, tel Jean Baptiste, a laissé des traces notamment lors des élections générales de 2006.
Si Vital Kamerhe tient bien sa langue, certains de ses proches y vont de leurs supputations. «Le Président-on continue à l’appeler ainsi-n’a pris aucun autre engagement politique jusqu’ici. Cela fait un an et demi qu’il patiente. Peut-être qu’au lendemain du cinquantenaire, il pourrait rompre d’avec son silence», nous confie un lieutenant de l’élu de Bukavu.
Reste qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Vital Kamerhe demeure une valeur sûre de l’échiquier politique rdcongolais. En Kabilie et partout ailleurs dans le marigot politique, ils sont à compter sur les doigts d’une main ces politiciens qui ont à la fois le charisme, le bagou, la liberté de ton et l’ouverture d’esprit. Des hommes politiques d’envergure sont, en effet, rares. José NAWEJ
«Le Gouvernement a intérêt à accepter une enquête internationale», déclare l’élu de Bukavu
1. Avant toute chose, je tiens, comme je l'avais déjà fait sur les ondes de la radio Maendeleo de Bukavu, fief naturel de l'illustre disparu, à me joindre à tout le monde pour présenter mes condoléances les plus attristées à la veuve, aux enfants, aux proches, amis et connaissances du regretté Floribert Chebeya.
Mes condoléances s'adressent également à la grande et respectable famille des défenseurs des Droits de l'Homme en général et aux membres de la Voix des Sans Voix, en particulier ;
2. La mobilisation et l'élan de solidarité au Pays, en Afrique et dans le monde (Nations Unies, Union Africaine, Union Européenne, Ongs internationales et Gouvernements partenaires), démontrent, si besoin en était, que Mr Floribert Chebeya était devenu un citoyen du monde. Toute notre gratitude à la Communauté Internationale et à nos frères africains pour cette compassion exprimée à l'endroit du peuple congolais qui a perdu un de ses précieux enfants dévoué à sa cause ;
3. Je tiens également à saluer le comportement patriotique de la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, de la Société Civile et de l'ensemble du peuple congolais qui, comme un seul homme, ont vigoureusement condamné cet acte ignoble relevant d'un autre âge ;
4. Feu Floribert Chebeya était, sans conteste, le défenseur des faibles, des véritables sans voix. Sa disparition est un coup très dur assené à la démocratie congolaise naissante, car elle vise à annihiler toute voix discordante et à empêcher l'éclosion ainsi que le renforcement de la société civile. Cet acte est sans doute l'oeuvre des ennemis de la démocratie, de la paix et de la sécurité, dont l'objectif est d'effrayer tous ceux qui luttent chaque jour pour la défense des valeurs républicaines.
Nous voulons ici apporter à la société civile, dans son ensemble, notre réconfort en même temps que l'encourager à poursuivre le noble combat du défunt jusqu'à l'émergence d'un véritable Etat de Droit dans notre pays.
5. A la suite de la déclaration du Procureur Général de la République fondée sur le résultat de l'enquête partielle menée par ses services et selon laquelle la mort de Monsieur Floribert Chebeya est un meurtre avéré, je pense que le moment est venu pour prendre position par rapport à ce drame afin de fixer l'opinion tant nationale qu'internationale
5.1 Les crimes similaires ont été commis dans notre pays sans que les différentes enquêtes diligentées par le gouvernement n'établissent de façon claire leurs auteurs et leurs motivations.
Pour ne pas les citer tous, il s'agit notamment des assassinats de(s) :
- Archevêques Munzihirwa, Kataliko, Charles Mboga ;
- Monsieur l'Abbé CHIZIMIA, curé de la paroisse de Kabare ;
- La soeur Denise du séminaire de Murhesa (Bukavu);
- Monsieur Mpozi, Notable du Sud Kivu ;
- Monsieur Pascal Kabungulu de l'ONG " Héritiers de la justice " ;
- l'Honorable Daniel Botheti, élu de la ville de Kinshasa et Vice-Président de l'Assemblée Provinciale de Kinshasa;
- Journalistes Franck Ngikye, Serge Maheshe, Didace Namujimbo, Bapwa Mwamba, Koko Chirhambiza et d'autres citoyens responsables d'entreprises et anonymes tels que Monsieur Faustin Kahegeshe, Directeur Général de la Sucrière de Kiliba, ainsi que deux enfants Didi Kissa (12 ans) et Denis Bengehya (9 ans), tués en provenance d'un enterrement à Walungu;
5.2. A ces causes, est impérative, la mise en place d'une commission d'enquête véritablement indépendante composée des experts nationaux et internationaux pour élucider les circonstances de ce meurtre odieux reconnu par le Procureur Général de la République.
5.3. Le gouvernement a intérêt à accepter cette enquête internationale pour des raisons ci-après :
- Etant donné qu'un officier de la police nationale a reconnu les faits, le gouvernement, en poursuivant seul l'enquête serait juge et partie parce que son service de la protection des personnes et de leurs biens est mis en cause au niveau le plus élevé;
- l'histoire se répétant, le gouvernement doit éviter que la situation du genre de massacre des étudiants de Lubumbashi dénommé Lititi Mboka pour laquelle le flou subsiste jusqu'à ce jour, ne se reproduise. En repoussant l'enquête internationale réclamée par la Communauté Internationale, le gouvernement de l'époque qui pourtant n'avait pas, semble-t-il, grand-chose à cacher, s'était attiré la foudre des grandes puissances dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui ;
- une enquête internationale s'impose parce qu'il devient de plus en plus suspect de constater qu'un flou persiste sur des faits aussi graves qui se sont déroulés dans la Capitale nationale depuis maintenant 20 jours. La famille ainsi que l'opinion nationale ne sont même pas fixées sur disparition du chauffeur Bazana, qui a conduit Mr Chebeya au poste de la Police nationale.
6. Enfin, je voudrais saisir cette occasion pour formuler une demande expresse au Président de la République, Chef de l'Etat et Garant de la Nation. C'est celle d'ordonner, dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire et ce, conformément à ses prérogatives constitutionnelles, la relaxation, la libération de tous les prisonniers d'opinion notamment le Pasteur Kuthino Fernando, Monsieur Gabriel Mokia et autres. D'ordonner aussi la relaxation de l'honorable Martin Mukonkole dont les faits, en considération de sa qualité d'élu du peuple, ne justifient pas sa détention comme un vulgaire criminel récidiviste.
En puisant ainsi dans la hauteur de ses fonctions, le Président de la République créerait la détente nécessaire à la célébration du cinquantenaire de l'indépendance de notre cher et beau pays.
Je voudrais plaider aussi pour la sécurisation de la population de Butembo où il ne se passe plus une semaine sans que l'on déplore des assassinats apparemment ciblés. Tel est aussi le cas des populations du Nord Est de la Province Orientale, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu actuellement livrées à la folie meurtrière des groupes armés.
Le cinquantenaire est un grand rendez-vous du peuple congolais avec son histoire. Il appelle, au-delà des festivités, à une méditation profonde pour toute la classe politique sur ce qui a été fait durant les 50 années écoulées et ce qui sera fait dans l'avenir. C'est un grand moment de rupture avec les méthodes et l'ordre anciens ; un moment où les discours doivent céder la place aux actes, notamment une gestion transparente, une solidarité nationale agissante et une justice pour tous.
Enfin, le cinquantenaire est aussi un grand moment de prière, de communion et de réconciliation nationale. Nous prions Dieu le miséricordieux pour l'avènement d'un nouveau Congo, un Congo de justice et de paix, un Congo où enfin les dirigeants au pouvoir, toute la classe politique et l'élite seront au service du peuple et non pas l'inverse.
Le 20 juin 2010
Honorable Vital Kamerhe,
Député National
ENJEUX DE L'HEURE
Affaire Chebeya : haro sur toute tentative de sabotage du cinquantenaire
A force de vouloir saboter les festivités du Cinquantenaire sous prétexte d'honorer la mémoire de Floribert Chebeya, on se livre simplement à l'instrumentalisation de sa mort. Aucun esprit sensé ne peut croire que ça soit du goût de la famille de la victime qui, après tout, vivra seule le drame de la disparition.
Une dizaine de jours après le décès du directeur exécutif de l'ONG " La Voix des Sans Voix ", Floribert Chebeya, l'actualité nationale reste tellement focalisée sur ce drame que l'on en vient même à oublier le meurtre, par deux sujets norvégiens, du chauffeur de taxi survenu à Kisangani en mai 2009. Fait notable : la dépêche de Radio Okapi reprise ce vendredi 11 juin 2010 par plusieurs journaux paraissant à Kinshasa n'identifie même pas la victime ; preuve - si besoin est - que Abedi Kasongo, pourtant un " Sans Voix ", n'aura eu que la Justice congolaise pour le défendre alors que son cas ne devrait jamais laisser indifférents les activistes congolais des Droits de l'Homme, quelles que soient les circonstances.
A elle seule, la banalisation du crime signé (puisque les auteurs sont bel et bien identifiés) incite à soupçonner dans le chef des ONG de la RDC la crainte de voir le " robinet " fermé.
En effet, il est de notoriété publique que l'activisme pour les droits de l'homme est une affaire de sous. De gros sous ! A ce moment précis où les enjeux se bousculent sinon se téléscopent (échéances électorales, atteinte de l'Initiative Ppte, changement du statut de la Monuc, contrats chinois etc.), sont en jeu des centaines de millions, sinon de dizaines de milliards de Usd. De quoi rendre fous tous les " mercenaires ".
Saboter l'Independance Day ?
Au fait, l'enjeu premier a pour vocable Indépendance. Son Cinquantenaire est pour ce 30 juin 2010. Un Cinquantenaire qui aura vu se pratiquer dans ce pays toutes formes d'Etat et de régime politique, toutes formes de guerre et d'émeutes, toutes formes de pillage économique et social, si bien que les conditions sont maintenant réunies pour, au mieux, refonder le Congo ; au pire le démembrer.
Viser la refondation passe absolument par la sacralisation de la journée du 30 juin ; viser le démembrement passe nécessairement par la désacralisation.
En cette matière, force est de constater que le Congo est l'un des rares Etats au monde, sinon le seul, à saboter systématiquement l'Independance Day ! En 50 années, cette journée n'a pas été fêtée plus de dix fois avec le faste qu'elle mérite pourtant. Réduite à une journée de méditation sous la 2ème République avec pour seule exception la célébration du 25ème anniversaire en 1985 (le roi des Belges Baudouin 1er en fut l'hôte de marque), elle a été réhabilitée à l'avènement de l'Afdl en 1997. Malheureusement, au cours de ces 12 dernières années, elle a toujours été malmenée de l'intérieur ou de l'extérieur, cela malgré la bonne volonté de Joseph Kabila d'en faire tourner la cérémonie nationale dans les provinces. Pour rappel, en 2003, c'est Mbandaka qui l'avait accueillie. En 2007 Kisangani, en 2008 Kananga et en 2009 Goma.
On se souvient, par exemple, des échauffourées ayant quasiment assombri les dates du 30 juin 2005 et du 30 juin 2006 en raison du juridisme ayant caractérisé l'interprétation de l'article de la Constitution fixant à 24 ou 36 mois la durée de la transition.
Bref, au cours de ces 50 années, c'est la première fois, c'est-à-dire en prévision du Cinquantenaire, que la Fête de l'Indépendance se prépare fiévreusement pour mériter de la solennité digne de l'événement.
Et voilà que la fête risque d'être gâchée à cause du zèle des acteurs politiques de l'Opposition et activistes des droits de l'homme qui se proposent d'organiser l'enterrement de Floribert Chebeya le 30 juin 2010 !
Le choix de la date n'a d'ailleurs rien de surprenant. Les mêmes acteurs politiques et les mêmes activistes des droits de l'homme ne cessent de militer, depuis bientôt six mois, contre les festivités du Cinquantenaire. Des déclarations ont même été confiées à la presse à Kinshasa pendant qu'à l'étranger, notamment en Belgique, des manifestations contre la participation du roi Albert II ont été organisées.
En sautant sur l'occasion, ils ne font finalement rien d'autre que instrumentaliser ce décès ; la fin justifiant tout naturellement les moyens.
Et c'est là le caractère insipide de l'initiative.
Trahir, oui trahir…
Le terme n'a rien de déplacé, car priver les Congolais du Cinquantenaire de l'Indépendance parce que Chebeya a été assassiné revient à demander à tout ce beau monde pourquoi seulement l'activiste des droits de l'homme et non l'acteur politique, la femme de ménage ou l'infirmier du village ? Pourquoi le Mlc n'a-t-il pas fait conserver le corps de l'acteur politique Botheti pour l'enterrer le 30 juin ? Pourquoi Jed n'a-t-il pas fait conserver le corps du journaliste Maheshe pour l'enterrer le 30 juin ? Et pourquoi l'Acco ne ferait-elle pas conserver le corps du taximan Abedi Kasongo pour l'enterrer le 30 juin ?
Chaque jour ou presque, dans des opérations armées menées à l'Est, des compatriotes congolais, dont des civils, des militaires et des policiers sont tués. Pourquoi ne conserve-t-on pas leurs corps pour les enterrer le 30 juin ?
A-t-on seulement conscience du précédent fâcheux que l'on créerait dans ce pays si chaque Congolais, au nom du principe sacré de l'égalité consacré dans la Constitution, choisissait le 30 juin pour ses funérailles parce que, désormais, la date cesse d'être celle de la célébration de l'Indépendance pour devenir la date des funérailles nationales ?
On se doit déjà de savoir que sans l'Indépendance, Floribert Chebeya ne serait jamais activiste des droits de l'homme ; encore moins ses collègues qui se disputent déjà, via les médias, le leadership dans la corporation. C'est à croire que chacun veut s'attirer le regard et le soutien des "parrains" ! Sans l'Indépendance, les acteurs politiques qui se livrent à la surenchère pour faire du 30 juin 2010 une journée plutôt de deuil ne seraient pas non plus acteurs politiques.
Agir comme ils veulent le faire signifie trahir pratiquement les martyrs de l'Indépendance, disqualifier désormais la date commémorative du 4 janvier. Agir ainsi revient aussi à trahir les Pères de l'Indépendance dont les rares survivants méritent, exceptionnellement, d'être honorés dans le cadre du Cinquantenaire. Agir ainsi veut concrètement dire rejoindre Mobutu dans la banalisation de la Fête nationale. C'est bien dommage.
Ceux qui pensent, en choisissant la date de cet événement pour organiser le deuil de Chebeya, obtenir la disqualification de l'Autorité établie se trompent d'objectif. Ils devraient commencer par se demander ce que la Communauté internationale, elle-même, pense d'eux !
Car si chez les Américains le 4 juillet est sacré, si chez les Français le 14 juillet est tout aussi sacré et si chez les Belges le 21 juillet est également sacré, les invités américains, français et belges au Cinquantenaire de la RDC seront sans doute surpris et gênés de voir au Congo des Congolais avoir une autre perception du caractère sacré de la date d'Indépendance.
En donnant eux-mêmes la preuve du contraire, ils portent, peut-être sans le savoir ni le vouloir, de l'eau au moulin des puissances étrangères qui prônent depuis 1960 la balkanisation de la RDC. Et, comme par hasard, les ONG sponsorisées par ces puissances ne font rien d'autre que donner de la RDC l'image d'un Peuple, d'un Etat et d'une Nation incapables de (se) gouverner.
Ironie du sort, ces ONG-là font sous-traiter par des Congolais eux-mêmes le noircissement continu des tableaux appelés " droits de l'homme ", " bonne gouvernance ", " liberté de la presse " etc.
Gagner le monde pour perdre son âme ?
A dire vrai, la mort de Floribert Chebeya appelle méditation. Aussi bien chez les gouvernants (actifs et potentiels) que chez les gouvernés, pour que ce drame serve au moins à quelque chose de positif.
En toute logique, chaque Congolais doit se demander, désormais, à quoi ça sert-il de gagner l'estime de toute l'humanité si c'est pour perdre son âme.
C'est l'occasion donnée à chaque Congolais, où qu'il se trouve, de chercher à savoir s'il peut réellement vivre heureux pour défendre directement ou indirectement les intérêts des puissances qui sont justement impliquées, de près ou de loin, dans des crimes politiques, des crimes économiques et des crimes socioculturels dont se nourrissent les rapports des ONG internationales, rapports autour desquels voltigent comme oiseaux de proie les médias intercontinentaux !
Si chacun fait son introspection et décide d'agir désormais en conséquence, alors Chebeya pourra rejoindre le panthéon des Martyrs. Autrement, il ne sera ni Steve Biko, ni Norbert Zongo. D'autant que le Sud-africain n'avait pas ses appointements à "Angloamerican Company" ; le burkinabè ne passait pas à la caisse de Rsf pour mener son combat pour la liberté et y trouver en même temps son pain.
Moralité : la mort de Chebeya ne doit pas être traitée en fonds de commerce, comme cela semble bien être le cas depuis une dizaine de jours ! Omer Nsongo die Lema
Correspondance particulière (
Le titre est de la rédaction)
ENJEUX DE L'HEURE
Emotion hier à l’aéroport international de N ’djili
Une crevaison de pneu à la base du crash manqué
La RD Congo a échappé de justesse à un deuil national hier. Un Boeing MB de la compagnie aérienne Hewa Bora airlines, avec à son bord 103 passagers à destination de Lubumbashi, a échoué hier à 11h53au bout de la piste, quelques minutes seulement après son décollage de l'aéroport international de N'Djili. Selon des sources qualifiées de la Régie des voies aériennes (RVA) contactées sur place peu après le drame, aucune perte en vies humaines n'a été enregistrée. Les 103 passagers ainsi que les membres de l'équipage sont sortis saint et sauf. " Les dégâts matériels sont à minimiser ", a renchéri la source.
M. Ibanza, commandant de l'aéroport international de N'Djili s'est limité à dire qu'une crevaison de pneu a été à l'origine de cette catastrophe qui a failli endeuiller le pays. "Il était 11h53' (heure de Kinshasa), lors que nous avons entendu une forte détonation produite au bout de la piste par un avion qui, à peine, venait de décoller. Aussitôt alerté, le service anti incendie de la RVA s'est dépêché sur les lieux pour éteindre les flammes. Et, en toute sécurité, tous les passagers sont sortis de l'appareil endommagé ", a précisé une autre source qualifiée de la Rva. L’éclatement du pneu a provoqué une panne sur le circuit hydrolique, ce qui a provoqué l’arrêt d’un moteur, déséquilibrant dangereusement l’avion en stade d’envol. C’est alors que le pilote a décidé de rebrousser chemin pour attérir, non pas sur la piste, mais sur une bande de sable couvert d’une petite savane.
LE BON REFLEXE
DU PILOTE
Le dispositif sécuritaire déployé à l'aéroport international de N'Djili ne nous a pas permis d'accéder au lieu du drame en vue d'obtenir le plus détails possibles sur les circonstances de l'accident. Néanmoins, un copilote du Boeing accidenté ayant requis l'anonymat, a transcendé ses émotions pour louer le savoir-faire du commandant à bord. "Lorsque le collègue a ressenti la panne, il ne pouvait plus continuer sa trajectoire. Dans pareil cas, il est toujours conseillé de vider le réservoir pour limiter les dégâts. Car, l'explosion est généralement provoquée par le choc dû au contact de l'appareil avec le sol, surtout lorsque le réservoir est encore plein ", a-t-il expliqué.
Toutes proportions gardées, l'ambiance d'hier à l'aéroport international de N'Djili a quelque peu ressemblé à celle du 20 avril 2000 lorsqu'un entrepôt d'armes s'était enflammé pendant la guerre contre le jeune pouvoir de Laurent-Désiré Kabila. Douaniers, déclarants, agents et cadres de la RVA, personne n' a été capable de résister à la panique généralisée consécutive au bruit assourdissant produit par le pneu endommagé de l'avion en détresse.
LA RDC : UN PAYS SANS COMPAGNIE NATIONALE D'AVIATION
La catastrophe manquée d'hier à l'aéroport international de N'Djili a relancé les débats sur le transport aérien en RDC. L'irréparable, s'il n'a pas été évité de justesse, se serait produit pendant que les membres des familles ayant accompagné les leurs, n'avaient pas encore quitté les installations de l'aéroport. Choqués et incapables de contenir leurs émotions parce qu'ignorant le sort de leurs parents se trouvant à bord de l'avion accidenté, nombreux ont donc été ces compagnons qui ont déploré l'absence d'une compagnie nationale d'aviation au pays.
Il convient de rappeler que la RDC , troisième grand pays d'Afrique après le Soudan et l'Algérie, est environ 33 fois plus grande que le Benelux, quatre fois plus que la France, quatre-vingts fois plus grande que la Belgique et de superficie légèrement inférieure au quart de celle des États-Unis d'Amérique. 13ème pays au rang mondial en termes de superficie ( 2.345.410 Km .), le pays dispose cependant d'un réseau routier complètement défectueux sur l''ensemble de 23.000 Km . De routes, seuls 2.300 Km soit 10% du total du réseau sont asphaltés.
Qui pis est, en ce qui concerne le transport aérien, fort est de constater que le pays ne dispose pas de compagnie d'aviation nationale digne de ce nom. L'expérience renseigne que ce domaine de transport aérien reste l'apanage, de fait, des compagnies privées qui se trouvent en situation de monopole, avec en-tête HEWA BORA qui est la seule compagnie d'aviation qui couvre l'ensemble du territoire national. Réconfortés par l'absence d'une société nationale de transport aérien, ces privés offrent leurs services à un prix élevé. Du coup, les tarifs de transport aérien à destination ou au départ de Kinshasa sont considérés comme les plus chers du monde.
A titre d'illustration, un billet aller-retour à destination de Lubumbashi par un régulier d'HEWA BORA coûte six cent cinquante dollars américains (650$US) ; alors que le même montant est exigé aux clients à destination de Johannesburg, en Afrique du sud.
Ainsi, le mauvais état des infrastructures routières, ajouté à l'absence d'une Compagnie d'aviation nationale équipée, fait que la République Démocratique du Congo soit un pays enclavé.
En 2006, les Congolais ont assisté à des compagnies d'aviation nées de génération spontanée, mais toutes ont fini par disparaitre dans les mêmes conditions que celles qui ont prévalu à leur créations. La situation devenait beaucoup plus difficile pour ces exploitants aériens lorsque le 22 mars 2006, la Commission européenne avait publié la liste des compagnies aériennes qui ne pouvaient ni survoler l'espace européen ni atterrir sur le territoire de l'un de ses pays membres. Cette liste, appelée " la liste noire " reprenait 92 noms de compagnies aériennes dont près de cinquante sont congolaises.
Les fameuses Lignes aériennes congolaises ayant succédé à la prestigieuse compagnie Air-Zaïre des années Mobutu, ressemble aujourd'hui à une coquille vide. Son parc aéronautique, comme une clairière ou caïmans et autres aquatiques vont se réchauffer, n'offre que quelques vieilles épaves dignes de musée. Laurel KANKOLE
ENJEUX DE L'HEURE
Pas de Fardc au défilé de la fête nationale belge le 21 juillet
Les éléments des forces armées de la RDC prendront-ils part au défilé marquant la fête nationale belge? Voilà une question qui vient d’être tranchée à la belge après une vive controverse. Au centre de cette polémique, l'invitation lancée au ministre congolais de la Défense, Charles Mwando Nsimba, pour assister le 21 juillet prochain, avec une délégation, au défilé militaire marquant la fête nationale belge. Ce qui aurait provoqué, indique le journal «Libération», un tollé à Bruxelles.
Réagissant à l’invitation lancée au ministre congolais de la Défense par son homologue belge, Pieter de Crem, indique «Libération», l’opposition en Belgique a vivement protesté contre «une manière unilatérale» de Pieter De Crem, le ministre belge de la Défense, d’inviter son homologue congolais accompagne d’un contingent militaires. Wouter De Vriendt, un écologiste flamand, déclare même que «ça va trop loin» en accusant l’armée congolaise de tous les maux.
Sur le même registre, à en croire le journal «Libération», Le Vlaams Belang, parti d'extrême droite, évoque, quant à lui, «les risques liés à une visite de militaires congolais, 16 officiers ayant déjà profité d'un stage de formation en 2004 pour disparaître en Belgique». Pour sa part, le ministre de la Défense dément «avoir invité un détachement des Forces armées congolaises à défiler dans les rues de Bruxelles». Un débat houleux aurait eu lieu mercredi dernier au Parlement belge sur ce dossier où certains députés déclaraient se baser sur les rapports jugés «accablants» d'Amnesty International et de Human Rights Watch. Pour clore la polémique, le Premier ministre belge, Yves Leterme, aurait déclaré, jeudi, que «l'invitation n'était pas à l'ordre du jour". Et Pieter de Crem, qualifié par l’opposition de «ministre connu pour ses gaffes», n'a pas confirmé sa présence à Kinshasa, le 30 juin, lors du cinquantenaire de l'indépendance congolaise. Mais, précise-t-on, le Roi des belges, Albert II, sera bel et bien à Kinshasa. Surtout qu’il aura fallu deux mois de tractations, au sein même du Gouvernement belge, pour trouver un consensus sur cette visite jugée historique. Le dernier déplacement royal belge à Kinshasa a eu lieu en 1985 avec le roi Baudouin.
Contrairement à ce qui se passe en Belgique, indique «Libération», en France, les armées d’anciennes colonies africaines seront de la partie au défilé du 14 juillet prochain, sur les Champs-Elysées, pour marquer le cinquantenaire des indépendances. Evoquant la question, Nicolas Sarkozy parlait d’une "grande fête africaine", en hommage aux tirailleurs ayant combattu aux côtés de la France lors des deux guerres mondiales. M. M.
ENJEUX DE L'HEURE
30 juin : aucun soldat belge à Kinshasa !
S’il n’y aura aucun soldat congolais le 21 juillet à Bruxelles lors de la fête nationale belge, il n’y aura pas, en retour, de soldats belges à Kinshasa au défilé marquant le cinquantenaire de l’indépendance de la RDC. C’est ce qui sortirait d’une des réunions du Conseil des ministres au Congo-Kinshasa, indique le journal belge «Le Soir».
Notre source rappelle qu’en mi-Mars, Pieter De Crem, qui était en RDC, aurait reçu de son homologue congolais, une invitation pour assister personnellement au défilé militaire ainsi qu’une autre à un détachement de soldats belges pour le 30 juin 2010.
«Officiellement, Pieter de Crem est prié de réserver sa réponse, mais non seulement il accepte mais en geste de réciprocité, emporté par son élan, il invite un détachement congolais pour le défilé national belge du 21 juillet», indique le journal belge. Avant de préciser: «L'information diffusée chez nous provoque un tollé, alimenté par les accusations de crimes, de viols, d'assassinats imputés à certains éléments de la troupe de RDC. Le ministre de la Défense nie son invitation, mais les images et le son sont là. Mini-crise au Parlement, mini-crise au Gouvernement. Yves Leterme doit siffler la fin de la récréation».
Sans s’arrêter en si bon chemin, «Le Soir» ajoute: «Pour ne pas vexer la partie congolaise, certains, côté PS notamment, avaient évoqué l'idée de faire participer au défilé belge des étudiants congolais en stage dans nos écoles militaires, c'est tout. Une issue toute diplomatique.
Restait à enterrer l'idée d'envoyer des soldats belges au Congo. Le Conseil des ministres a pris la décision, mais voilà, on ne l'apprend que ce dimanche». Une histoire, poursuit-on, «pour ne pas relancer la polémique». On indique, par ailleurs, que l'ambassadeur du Congo en Belgique se serait même plaint «des débats menés sur l'opportunité de la visite du Roi au Congo le 30 juin».
La délégation belge en visite à Kinshasa se réduirait au Roi et au Premier ministre sortant Yves Leterme qui, du reste, explique que «l'invitation aux militaires était antérieure à celle adressée au roi et que la deuxième a donc pris le pas sur la première». Loin d’être une offense au Congo, il estime par contre que «la présence du roi et du Premier est bien un signe de respect envers ce pays africain».
M. M.
NATION
Avec la complicité de certains chefs des centres
Exetat : des préfets bloquent des macarons des élèves non en règle avec les frais
Commencées depuis hier à travers le pays, les épreuves de la session ordinaire de l'Examen d'Etat, édition 2010, sont à leur deuxième journée. Si hier, les candidats ont abordé les matières liées à la culture générale pour la plupart des sections, aujourd'hui, ils vont se pencher sur les cours des sciences. Un tour dans certains coins de la ville de Kinshasa notamment dans les communes de Masina, Kimbanseke, N'Djili et Kalamu a suffi pour que de nombreux finalistes non en règle de paiement des frais scolaires n'ont eu droit aux macarons pouvant leur faciliter l'accès dans les centres de l'Examen d'Etat. Pour contourner les instructions des autorités urbaines, certains préfets des études se sont arrangés avec les chefs des centres pour faire entrer les élèves non en règle en retard.
Des finalistes confrontés aux multiplicités des frais
Les élèves sont confrontés à la multiplicité des frais exigés dans des écoles. Outre le minerval, les élèves finalistes paient les frais de participation dont le montant varie d'une école à l'autre. Si, pour des établissements scolaires de la Tshangu, le montant varie entre 50 et 80 dollars, dans les écoles de la Lukunga, par contre, les frais sont fixés entre 100 et 150 dollars américains. Voilà qui fait que les finalistes soient butés au non paiement des frais fixés de commun accord entre les parents et les responsables d'écoles. Déterminés à rançonner leurs élèves, les chefs d'établissements récupèrent tout au nom des frais de participation. " A chaque fois qu'un élève paie les frais de participation dont a d'abor dépassé le montant fixé par l'Hôtel de ville de Kinshasa, le préfet vérifie si cet enfant est en ordre avec les frais scolaires. S'il n'est pas ordre, ces frais sont immédiatement récupérés pour le compte de l'école. Voilà pourquoi nous avons des difficultés pour avoir nos macarons ", ont expliqué à Forum des As des élèves rencontrés hier au niveau du marché de la Liberté, courant pour chercher l'argent en vue de recevoir leurs macarons d'accès au centre d'examen d'Etat.
En dépit des instructions des autorités urbaines de ne pas chasser les élèves des centres, les préfets des études ont trouvé, en complicité avec les chefs des centres des mécanismes pour rançonner les finalistes. "Dans les frais de participation, ont expliqué d'autres finalistes, on nous dit qu'une partie est réservée au transport des inspecteurs qui sont des chefs des centres. Voilà pourquoi, ces derniers obtempèrent facilement à la demande des préfets d'écoles pour chercher à bloquer les élèves non en règle dont ils détiennent déjà des listes ".
Devant cette situation, il est important que les autorités du ministère de l'EPSP et de la ville de Kinshasa puissent agir de manière à éviter toute forme de tracasserie dans les centres où se déroulent les épreuves d'Examen d'Etat de l'année jubilaire. De cette manière, l'on pourra permettre à tous les élèves d'avoir accès aux salles d'examen au même moment pour éviter des va et vient, qui parfois, dérangent et déconcentrent non seulement les examinés, mais aussi les surveillants.
Des élèves des pays limitrophes concernés
Des finalistes du secondaire basés dans certains pays limitrophes de la RDC ont aussi commencé la session. Plus de quatre cent quarante mille (440.000) élèves sont attendus pour ces épreuves.
Au Nord du Katanga, le déploiement des questionnaires s'est déroulé sans heurts à Kalemie. C'est le constat fait par la division provinciale de l'Enseignement primaire et secondaire dans la circonscription Katanga/3.
La division provinciale du Katanga note également une augmentation du nombre des candidats à l'examen d'Etat.Cette année, sept mille deux cents (7.200) candidats dont deux mille (2.00) filles sont attendus pour ces épreuves, soit un accroissement de mille élèves par rapport à 2009.
Le chef de division de l'Enseignement primaire et secondaire du Katanga/3 explique cette augmentation par la diminution des cas d'abandon de scolarité et l'implication accrue des parents dans les études de leurs enfants. Dorian KISIMBA
NATION
Bundu dia Mayala s'installe à N'Djili
" BDM = Science, conscience, volonté politique ". C’est le slogan par lequel le président communal de Bundu dia Mayala-Ndjili, M. Luyindula a ouvert, ce dimanche 20 juin 2010, la cérémonie d'installation de ce énième parti politique de la RDC. Ce qui a été immédiatement suivi de l'exécution de l'hymne national " débout congolais " par M. Luyindula qui a en suite expliqué le motif de l'absence du président national, Ne Mwanda Nsemi, à cette cérémonie combien importante.
Le président cvommunal est passé à la présentantion des officielsq du parti politique. Notamment M. Kunzi dia Kanda, secrétaire général ; FulaMatingu, secrétaire exécutif chargé de l'idéologie, Sahabani, Pierre et Asani Sakala, co-fondateurs, Basangana et enfin Dilunenzi, vice-président fédéral du Kongo central. Les présentations terminées, M. Luyindula a accordé la parole au secrétaire exécutif chargé de l'idéologie, M. Fula Matingu.
Celui-ci s'est attelé à parler brièvement de l'idéologie du parti. Il a dit, " BDM est un parti politique comme tous les autres en RDC. Son ambition est de conquérir le pouvoir par les urnes et non par les armes ". Pour lui, " Bundu dia Mayala " signifie tout simplement " Union des politiciens sages et intelligents à l'instar de Mayala qui fut un roi Kongo sage et intelligent au service de son peuple ". Et M. Fula de déduire, " Bundu dia Mayala " est une académie de sciences politiques qui entend produire des politiciens congolais sages et intelligents au service du peuple congolais.
Succédant au secrétaire exécutif chargé de l'idéologie, M. Kunzidia Kanda, secrétaire général, s'est appesanti sur les difficultés qu'éprouve son parti à se faire enregistrer au ministère de l'intérieur. En effet, en lieu et place de l'arrêté d'enregistrement, le parti BDM ne travaille qu'avec les récépissés de dépôt des demandes d'enregistrement du ministère de l'Intérieur et de la Cour suprême de justice. Cette situation est due au fait que ni le ministère de l'Intérieur, ni la Cour suprême de justice n'a, dans le délai légal, donné suite aux demandes d'enregistrement de notre parti politique. Ce, depuis le 02 mars 2009 pour le premier et le 20 avril pour la deuxième.
D'après la loi régissant la création des partis politiques en RDC, conclut-il, faute d'avoir répondu à nos demandes d'enregistrement dans les 30 jours, les récépissés des dépôts de ces demandes font office d'arrêtés d'enregistrement. Aussi a-t-il exhorté ses partisans à travailler sans peur aucune.
Pour terminer, la parole a été accordée aux co-fondateurs du parti, Sahabani Pierre, originaire du Sud-Kivu et Asani Sakala, originaire du Maniema. Ceux-ci ont tenu à faire remarquer que le BDM n'est pas propre aux congolais ressortissants du Kongo central, mais à tous les congolais. Ils en sont la preuve éloquente. " Le BDM sera implanté au Sud-Kivu, Nord-Kivu, au Maniema et dans les coins et recoins de la RDC. C'est un parti nationaliste et national ", ont-ils martelé. " Autre preuve, ont-ils renchéri, cette cérémonie ne se déroule pas en Kikongo, mais en Lingala ".
Plus de 400 personnes ont pris part à cette cérémonie d'installation officielle du " Bundu dia Mayala " dans la salle " Cine Tuti " en face du marché du quartier 07 dans la commune de N'Djili. Daniel NTONTO
NATION
Bas-Congo: le gouvernement provincial agacé par les problèmes de révision du fichier électoral
Les opérations de révision du fichier électoral se poursuivent dans la province du Bas-Congo. La CEI projette d'enrôler, à la fin du processus au mois d'août prochain, au moins 1milion 800 mille électeurs sur une population estimée à 3 millions.
Mais les autorités provinciales ne sont pas satisfaites du travail fait jusqu'à ce jour dans ces opérations. En fait, elles désapprouvent les nombreuses difficultés de la CEI qui retardent ce processus de révision du fichier électoral dans cette partie du territoire national.
A l'issue du conseil des ministres tenu vendredi dernier, explique radiookapi.net, la porte-parole du gouvernement du Bas-Congo, Mme Marie Ludovic Manoka, a énuméré les difficultés qu'éprouve la CEI dans ce processus.
Il s'agit, notamment, des pannes des équipements, du manque de carburant, des longues files d'attente devant les centres d'enrôlement et de la non prise en charge des policiers commis à la surveillance des opérations de révision du fichier électoral. Dorian KISIMBA
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Deux soldats congolais tués par des gardes dans le parc Virunga
Deux soldats congolais ont été tués par des gardes du Parc national des Virunga dans l'est de la RDC où ils tentaient "de tuer des éléphants" sur ce site protégé, ont déclaré lundi des responsables.
Ces deux militaires, issus de la 18e brigade des Forces armées de la RDC (FARDC) ont été tués lors d'un accrochage dimanche avec des gardes du parc, situé dans la province du Nord-Kivu et classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a affirmé au téléphone à l'AFP un des gardes.
"L'un d'entre nous a été blessé", a ajouté le garde sous couvert d'anonymat, indiquant avoir participé à l'affrontement.
Sans fournir de bilan, le directeur de l'ONG congolaise Innovation pour le développement et la protection de l'environnement (IDPE), Bantu Lukambo, a confirmé cet affrontement entre "des militaires qui venaient de tuer un éléphant" et des gardes du parc à 2 km du pont Rwindi.
Le commandant de la première zone opérationnelle des FARDC dans cette région, le colonel Philemon Yav, interrogé par l'AFP, n'a ni confirmé ni infirmé cette information, affirmant simplement que "ce genre d'incident est fréquent" dans le Parc des Virunga.
Selon l'IDPE, 12 éléphants ont été tués en mai par des militaires dans ce parc. L'ONG accuse également les soldats d'organiser et d'armer des jeunes pour qu'ils s'adonnent au braconnage sur ce site.
Créé en 1925, le Parc national des Virunga est le plus ancien d'Afrique. Il abrite notamment 200 gorilles des montagnes et une petite population de gorilles des plaines, une espèce menacée d'extinction.
Des groupes armés, miliciens et soldats de l'armée congolaise, présents dans la région, y déciment des animaux, notamment pour se nourrir, et abattent des arbres pour produire du charbon de bois. AFP/FDA
NATION
Le ministre des Affaires foncières tend la main au pouvoir législatif
Le ministre Maj Kisimba Ngoy, en charge des Affaires foncières a ouvert, depuis la première quinzaine de ce mois, une série de contacts avec les députés nationaux afin de cerner les problèmes à travers le territoire national.
Ces rencontres, comme on peut le constater, inaugurent un véritable rapprochement du Parlement de l'Exécutif. C'est ce qui a suscité une réaction favorable des députés qui, à l'unanimité, n'ont pas tari leurs éloges à l'endroit de Maj Kisimba pour son courage d'aller vers le Parlement, contrairement à la crainte manifestée à l'endroit de cet institution de contrôle.
En effet, l'idée générale de Maj Kisimba est d'obtenir auprès des élus du peuple ce qui n'a pas été dit durant les états de lieux de chaque province fait avec les autorités compétentes, ainsi que de compléter les résolutions de la conférence sur la problématique foncière tenue dernièrement à Kinshasa pour une véritable réforme du code foncier congolais.
De Kinshasa au Maniema, du Kasaï-Oriental au Bas-Congo jusqu'à l'Equateur, les élus de ces provinces qui ont eu, tour à tour, des séances de travail avec le ministre Maj Kisimba ont relevé des points spécifiques qui ont abouti à la tenue des tables-rondes dans chaque province pour débattre des véritables problèmes fonciers.
De la protection des biens de l'Etat à LA rétrocession de la terre occupée
Les parties à ces rencontres ont soulevé le problème de l'inaliénabilité des biens de l'Etat qui sont à la merci des prédateurs de tous bords faute de véritable protection. Il a été demandé au ministre des Affaires foncières de veiller à ce que les biens de l'Etat ne soient pas versés dans la catégorie des biens sans maître ou abandonnés. Il en est de même pour les entreprises agricoles ou minières héritées de l'époque coloniale.
Certains élus ont exprimé leur regret de voir certaines terres prises en otages par les entreprises précitées. Pour eux, l'Etat doit récupérer ces concessions et les rétrocéder aux autochtones pour le développement de l'agriculture, compte tenu de la fertilité de ces terres qui, jusqu'à ce jour, demeurent des propriétés agricoles des anciens colons.
Les conflits des tribus au pouvoir coutumier
Il a été aussi question de l'établissement de la cartographie foncière de chaque province en vue d'éviter des empiétements qui sont à la base des conflits entre tribus. Mais de ces derniers conflits, les députés du Kasaï Oriental ont fait constater la passivité de l'Etat qui manque une politique de prévention qui devait empêcher ce que l'on déplore aujourd'hui.
Quant au pouvoir coutumier, le ministre a plaidé pour la protection des espaces de vie des chefs coutumiers et de leurs communautés, et dénoncé les lotissements anarchiques créés par certains chefs sans tenir compte de la vie de leur communauté. Pour le ministre, un bon chef est celui qui se bat pour l'épanouissement de sa communauté. Sauf pour des raisons d'intérêt général ou public, l'Etat doit aussi protéger des villages et des espaces agricoles traditionnels qui ne peuvent faire l'objet de lotissement.
De l'allégement de la procédure judiciaire
Le ministre des Affaires foncières et ses hôtes se sont mis d'accord pour l'introduction, dans le nouveau code foncier de la procédure d'arbitrage avant d'introduire une action en justice en matière du conflit foncier. Sur ce, les députés ont mis l'accent sur l'échange d'information avec la population pour la mettre au courant de ces réformes qui doivent intervenir. FDA
INFOS INFOS
Le HCR fait le point sur la situation des réfugiés de la RDC
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué, vendredi 18 juin à Kinshasa, qu'environ 440.000 Congolais vivent toujours en exil dans les pays africains.
Parmi ces réfugiés, 114.722 ont fui, depuis fin 2009, les affrontements dans la province de l'Equateur. Plus de 206.000 réfugiés congolais sont déjà rentrés au pays depuis 2004, dont près de 20. 000 au cours de l'année 2009. A ces réfugiés, il faut ajouter les déplacés internes, évalués à 1,9 million. Ce chiffre place la RDC en troisième position concernant les déplacés internes au monde. Le défi est majeur, reconnaît le HCR; d'où cet appel de la représentante régionale adjointe du HCR en RDC, Ndeye Mbaye:
"Les gens ne choisissent pas de devenir réfugiés. Tout comme personne ne choisirait d'être privée de sa maison. En cette journée des réfugiés, aidons-nous à aider les réfugiés à trouver un endroit où ils puissent se sentir chez eux." Cette année, a-t-elle ajouté, la journée des réfugiés est placée sous le thème: "J'ai tout perdu, mais l'avenir m'appartient."
Ce thème a été choisi, a expliqué Ndeye Mbaye, pour souligner à la fois l'impérieuse nécessité de trouver des solutions et des garanties aux réfugiés d'accès à l'éducation et aux compétences.
Ceci afin que leur vie et leur dignité ne soient pas reléguées au second plan pendant la recherche des solutions. Les réfugiés ne sont pas seulement congolais. La RDC en héberge au moins 180.000 de différentes nationalités. Elle en a rapatrié, depuis 2004, au moins 121.000, selon les autorités congolaises.
FDA/RO
INFOS INFOS
RDC : l'ONU réclame 700.000 dollars pour les réfugiées installées dans la Likouala
Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) réclame 700.000 dollars (533.000 euros) pour des réfugiées venues de la RD Congo et installées depuis fin octobre dans la Likouala (extrême-nord du Congo), a indiqué lundi son représentant au Congo. "Nous avons encore des besoins énormes en ce qui concerne la santé de la reproduction qui s’élèvent à 500.000 dollars. En ce qui concerne les violences faites aux femmes, nous enregistrons deux à trois cas par semaine; il nous faut au moins 200.000 dollars d?ici à la fin de l’année pour les prévenir", a déclaré David Lawson, à la presse au terme d?une mission de terrain. "Il y a encore beaucoup à faire. Ce dernier trimestre, nous avons dénombré 1.200 femmes réfugiées enceintes et 720 accouchements", a-t-il ajouté, appelant la communauté internationale à mobiliser davantage de ressources.
L’UNFPA fait partie des agences onusiennes qui assistent 120.000 personnes qui ont fui un conflit interethnique depuis fin octobre dans la province de l’Equateur (nord-ouest de la RD Congo).
Selon les humanitaires, 70 à 80% de ces populations sont des femmes et des enfants qui vivent dans des "conditions précaires". Les réfugiés sont installés dans la Likouala (extrême-nord du Congo) sur environ une centaine de sites le long du fleuve Oubangui (frontière naturelle entre les deux Congo), où l'assistance est confrontée surtout à l’insécurité."Les eaux du fleuve commencent à remonter" avec l?arrivée de la saison des pluies, a souligné David Lawson.
Le 10 juin dernier, le Congo, la RDC et le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) ont signé un accord de rapatriement volontaire des réfugiés qui conditionnent leur retour par "la démilitarisation" de l’Equateur. "Au moment où nous parlons rapatriement, il ne faut pas baisser la garde au risque d’avoir une crise dans la crise. Nous appelons donc la communauté internationale à redoubler d’efforts", a insisté David Lawson. AFP
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L'Unagrico dit non à la spoliation des sites agricoles
L'Union des agriculteurs du Congo (UNAGRICO) a organisé, 19 juin dernier à l'église des Saints des derniers jours au quartier Mikondo, dans la commune de Kimbanseke, une réflexion sur la protection des sites agricoles disséminés autour de la ville de Kinshasa. Cette rencontre visait à mettre fin aux procès à répétition qui opposent les agriculteurs à leurs différents spoliateurs qui sont pour la plupart des chefs coutumiers. Le souci de l'UNAGRICO est de développer l'agriculture congolaise, malgré les multiples défis à relever. Car, on est sans ignorer que la sécurité alimentaire pose des problèmes au pays.
L'UNAGRICO travaille pour sécuriser les consommateurs. Pour y parvenir, cette structure pense que les terres que détiennent les agriculteurs doivent leur revenir, pourvu qu'ils se mettent résolument au travail. Cela donnera aux agriculteurs la possibilité d'exercer leur profession, afin de lutter contre la crise alimentaire.
Le président national de l'UNIGRICO, Bukasa Katambayi, a, à son tour, fustigé le comportement des chefs coutumiers qui spolient les sites par un lotissement abusif. Il a aussi saisi cette opportunité pour demander aux ministres ayant en charge l'Agriculture, les Affaires foncières, le Développement rural et la Justice d'être les porte-paroles de l'UNAGRICO auprès du Chef de l'Etat pour que les sites agricoles ravis par les chefs coutumiers reviennent aux agriculteurs.
Depuis 1960 jusqu'à présent, plusieurs réunions ont été multipliées sur la question, mais n'ont pas donné les résultats escomptés. Raison pour laquelle il a dit son ras-le-bol pour expliquer qu'après 50 ans d'indépendance, l'agriculture en RDC a été un désastre. Il a également déploré la mise sur pied, par le gouvernement, des programmes agricoles d'urgence à court terme, le manque des Banques de crédit agricole, le manque des formations agricoles aux agriculteurs congolais et le manque des terres.
A en croire le n°1 de l'UNAGRICO, le gouvernement manque un programme agricole cohérent et prend l'agriculture comme un loisir. Selon lui, l'Etat congolais ne fournit aucun effort de réparer les routes de desserte agricole. L'UNAGRICO, par la voix de son président, a aussi décrié les tracasseries dont sont victimes les agriculteurs dans la commercialisation des produits agricoles.
A entendre Bukasa Katambayi, pour valoriser les agriculteurs, il faut que celui-ci ait sa propre terre. Chaque investisseur agricole étranger doit passer par les agriculteurs congolais ou des coopératives congolaises. Il réclame aussi la suppression de toutes les taxes agricoles, l’élevation à 10% du budget national la part de l'agriculture, et l’élaboration les programmes à long terme.
Il est difficile de parler de l'agriculture sans l'avoir pratiquée. L'UNAGRICO a un discours différent de ceux des autres structures qui demandent l'argent à tout bout de champ. Car l'UNAGRICO aide plutôt le gouvernement à développer l'griculture. Pour ce faire, le gouvernement de la RDC a décidé d'accompagner l'UNAGRICO dans sa tâche. D'où, il a été demandé à cette association de préparer des dossiers bancables pour recevoir un financement.
En attendant ce financement, le chef de l'Etat, par le biais de son conseiller principal en agriculture, Libendele, a donné 12.000 poussins et une chambre froide à l'UNAGRICO. Concernant la spoliation des sites agricoles disséminés à travers la ville de Kinshasa, le conseiller du Chef de l'Etat a indiqué que tout va rentrer en ordre, puisque l'eau, le sol et le sous-sol appartiennent à l'Etat et parce que tous ces sites sont importants pour la survie de la population kinoise. Voilà pourquoi, pour sécuriser les consommateurs, il faut l'implication de toute la population congolaise. Simard Simon TSOUMBOU
SOCIETE
La place Pascal à Masina se modernise
Située sur le boulevard Lumumba, entre le marché de la Liberté et l'aéroport de N'Djili, sur le plateau des rivières Nsanga et Mokali, s'étendant de la maison communale de Masina, en passant par le terrain municipal à la rivière Mokali, physiquement reconnaissable par la présence de l'un des deux ponts pour piétons suspendus encore en état, Pascal est l'une des places les plus populeuses de la capitale
congolaise.
De jour comme de nuit, Pascal connaît un afflux ininterrompu de populations. Les uns y viennent pour vendre aux marchés installés sur le moindre espace vert, sur des étagères ou à même le sol, d'autres dans des boutiques, magasins, officines pharmaceutiques, débit de boissons installés des deux côtés du boulevard Lumumba, d'autres pour y attendre un moyen de transport en partance pour le centre-ville, d'autres pour travailler à la maison communale, d'autres encore pour y jouer au football, assister à des matches ou campagnes d'évangélisation sur le terrain municipal. Plusieurs encore s'y rendent pour pratiquer du commerce ambulant, d'autres enfin pour y faire du " pick-pocket ".
" Pascal " est aussi le point de départ et d'arrivée de voyageurs en provenance et en partance pour la province de Bandundu. Véritable parc d'attraction du district de Tshangu, la place " Pascal " ne tarit jamais de monde.
Avant le lancement de la campagne " Kinshasa-propre", ce foisonnement de gens faisait de Pascal une vraie foire d'empoigne. Tout l'espace vert compris entre la route de l'aéroport et les maisons de commerce était occupé par des vendeuses, des marchands ambulants, des savetiers, des cireurs de souliers, des voyous de tout poil et des badauds en quête de distraction. Les policiers ont plus d'une fois tenté de dégager cet espace, peine perdue. Chassés le matin, ils revenaient l'après-midi.
Dieu merci ! Depuis le lancement de l'opération citée ci-haut et avec la détermination de la bourgmestre de Masina, ceux qui y sont passés ces derniers temps doivent avoir remarqué que la place " Pascal " devient plus salubre et plus dégagée, partant plus fréquentable. L'espace qu'occupaient les vendeuses, les marchands ambulants… est actuellement entre fils barbelés. Une équipe de salubrité de l'Hôtel de ville y exécute les travaux de salubrité et de remblai.
Interrogé sur la finalité du remblai et des fils barbelés, l'un des cantonniers nous a confié : " Nous voulons planter de la pelouse sur tout cet espace jusqu'à l'aéroport de N'Djili ". Et Mme la bourgmestre nous renseigne "Nous nous efforçons de concrétiser le mot d'ordre du Chef de l'Etat, Joseph Kabila, qui nous demande d'assurer la propreté de grandes artères de Kinshasa en vue des festivités du cinquantenaire". Et la bourgmestre ajoute: «au-delà des festivités, participer au plan de modernisation du boulevard Lumumba, initié par le Chef de l'Etat". C'est un vaste projet qui consiste à planter de la pelouse et des arbres d'embellissement sur tout espace vert le long du boulevard Lumumba allant du pont de la rivière N'Djili à l'aéroport.
Reste à demander au bourgmestre de Kimbanseke de consentir les mêmes efforts du côté de sa commune. Apparemment ici, les caniveaux ne sont pas encore débouchés. Pire, les vendeuses, les marchands ambulants et autres continuent d'occuper l'espace réservé à la modernisation.
Daniel NTONTO
Dès sa sortie officielle
Une association pro Kabila prône la promotion du développement communautaire
La salle de fête Biby Play de la commune de Kalamu a servi de cadre, le 20 juin dernier à la sortie officielle de l'Association pour le soutien des actions de Joseph Kabila Kabange (ASAJKK).
Au cours de cette cérémonie, Ndungi Mambimbi, le présidentde cette structure a rappelé les objectifs de son association qui sont basés sur la promotion des activités multisectorielles de développement communautaire, telles que les activités agropastorales. Selon lui, c'est dans ce cadre qu'une délégation des membres de l'ASAJKK ira dans quelques jours dans la province du Bas-Congo pour acquérir une vaste étendue de terre. Il a profité de cette occasion pour prononcer un discours de conscientisation de ses membres dans l'optique de leur auto-prise en charge.
Après avoir présenté le vice-président de l'ASAJKK Bandundu, Ngungi Mambimbi a expliqué pourquoi il a choisi de soutenir la vision du Chef de l'Etat à travers son programme de cinq chantiers. A ce sujet, il a tout simplement indiqué que cela est dû à la volonté claire affichée par Joseph Kabila Kabange à redresser le pays. Car, a-t-il déclaré : " ce qui se réalise actuellement mérite le soutien de tous les patriotes. Nous devons tous œuvrer pour le triomphe du Raïs au premier tour lors des prochaines échéances électorales ", a-t-il ajouté.
Au cours de son adresse, le président de l'ASAJKK a aussi informé l'assistance sur les conditions d'adhésion à son association et a annoncé que sa structure est affiliée au PPRD.
Après cinq mois de recrutement des membres et de formation idéologique, l'ASAJKK est implantée officiellement à Kinshasa et à l'intérieur du pays.
C'est sous les airs musicaux de l'orchestre folklorique Super Mudendu Mabanvu du Bandundu et d'une séquence théâtrale jouée par les comédiens du Théâtre Plus que s'est terminée la cérémonie de sortie officielle de l'ASAJKK. Simard Simon TSOUMBOU
Mwepu Cless élu secrétaire général du comité
de l’Association des ressortissants de Lusambo
Les ressortissants du territoire de Lusambo à Kinshasa ont désormais un comité. C'est depuis le week-end dernier qu'ils ont élu leur secrétaire général en la personne de l'Ingénieur Mwepu Katombe Cless au cours d'une assemblée générale. Selon la commission des élections mise en place, c'est la seule candidature qui a pu réunir toutes les conditions exigées pour l'éligibilité à ce poste. L'installation dudit comité interviendra dans le tout prochains jours.
Le secrétaire général des ressortissants du territoire de Lusambo à Kinshasa était élu en même temps que son comité composé de trois secrétaires généraux adjoints chargés des questions socioculturelles, de développement et juridiques ; une trésorière et quatre chargés de mission.
Les ressortissants du territoire de Lusambo à Kinshasa sont déterminés à s'unir pour le développement de leur territoire. Ainsi, l'installation du comité dirigé par l'Ir Mwepu Katombe Cless va donner un nouveau souffle à cette structure. Mathy MUSAU
ACORD initie une réflexion sur la réparation en faveur des victimes des violences sexuelles
L'Agence de Coopération et de Recherches pour le Développement, (ACORD) tient, depuis hier au Centre Nganda, un atelier de la société civile sur les mécanismes de réparation en faveur des victimes des violences sexuelles basées sur le genre (VSBG). Sylvie Elenge Nyembo, coordonatrice de ACORD/RDC, a indiqué, en introduction que ces travaux, qui connaissent la participation d'une trentaine d'acteurs et actrices de la société civile, ont pour objectif de " contribuer à la lutte contre l'impunité des VSBG et promouvoir des mécanismes efficaces de réparation en faveur des victimes. "
Les participants sont appelés à " formuler des propositions de modes de réparation en rapport avec la situation de la RDC. Dans la même optique, les participants devraient proposer des voies et moyens pour opérationnaliser ces mécanismes, aussi bien sur le plan législatif que sociologique et fonctionnel ", indiqué Elenge a, par ailleurs, noté que ces travaux devraient, enfin, " aboutir à la formulation d'un plan d'action de plaidoyer visant la mise en œuvre effective des résolutions prises pour l'instauration de ces mécanismes. En un mot, cet atelier devrait susciter un nouvel espoir au profit des victimes des violences sexuelles basées sur le genre et ainsi augurer la fin de l'impunité de leurs auteurs. "
Contexte
Cet atelier se justifie par un certain déficit d'initiative et/ou d'actions concrètes allant dans le sens, d'une part, de la prise en charge des victimes des VSBG et la réparation des dommages qu'elles ont subis et, d'autre part, d'assurer l'impunité à l'encontre des auteurs de ces violences. Cela s'observe dans un contexte de multiples guerres et leurs effets collatéraux qui impliquent de graves violations des droits de l'homme dont celles liées à l'aspect des VSBG. Et la situation d'instabilité dans laquelle se trouvent plusieurs régions de la RDC dont l'Est du pays " renforce encore la vulnérabilité de la femme et de la jeune fille, victimes des viols utilisés comme arme de guerre. "
ACORD relève que ‘’plusieurs tentatives visant, notamment, à mettre un terme aux violences qui engendrent ces crimes ont été prises depuis plus de dix ans ", mais elles n'ont pas fait grand cas de la question de réparation au profit des victimes des violences sexuelles basées sur le genre.
L'on épingle le cas de la période de 2002 à 2006 durant laquelle avait fonctionné la Commission vérité et réconciliation dont la mission était de rétablir la vérité sur les crimes commis en RDC depuis 1960 et œuvrer à la réconciliation nationale. Cette commission était également chargée d'établir les responsabilités individuelles et collectives, identifier les victimes et déterminer les préjudices subis.
Au terme de sa période de fonctionnement, il a été, malheureusement, constaté qu' " aucune décision de réparation ni aucun fait majeur n'a été mis au compte de la Commission vérité et réconciliation. "
En juillet 2006, une autre impulsion initiée par la Société civile, notamment, a permis l'adoption de deux lois sur les violences sexuelles, lois qui modifient et complètent les dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale congolais. De même, la Constitution de février 2006, en ses articles 14 et 15, engage les pouvoirs publics à lutter contre toute forme de discrimination à l'égard de la femme ainsi que toutes formes de violence.
ACORD constate, cependant, que " ces avancées en matière législative et les efforts conjugués du Gouvernement et ses différents partenaires, sans oublier l'initiative de la société civile qui se remarque à travers le foisonnement d'ONG de lutte contre les violences sexuelles, n'ont pas contribué à améliorer la situation des victimes des violences basées sur le genre. De même la situation des victimes des crimes demeure critique à ce jour. "
Pendant ce temps, " le nombre de dossiers en justice relatifs à ces crimes reste très minime par rapport aux cas rapportés ", et la plupart des décisions de justice prises dans le cadre de ces dossiers " ne connaissent que très rarement une exécution judicieuse, surtout pour l'aspect de la réparation’’. De ce fait, " les victimes qui espèrent, à travers la justice, un dédommagement n'ont aucune certitude d'être réhabilitées dans leur dignité."
Pas de propagande nationale de reparation
Tous ces constats se font alors que la RDC ne dispose d'aucun programme national de réparation. " A la place, l'on assiste de temps en temps à des tentatives de règlement à l'amiable qui vont à l'encontre des dispositions légales, maintenant ainsi les victimes dans leur drame", déplore encore Sylvie Elenge Nyembo de ACORD.
C'est donc cet ensemble de constat que ACORD voudrait renverser avec le concours de la société civile, mais aussi des officiels et autres partenaires qui vont être consultés à travers d'autres forums attendus cette semaine.
Pour la journée d'hier, les participants ont suivi cinq exposés d'éclairage qui étaient suivis d'échanges. Mme Monique Kande, Directrice de cabinet de la Ministre du Genre, famille et enfant, a présenté et expliqué la stratégie nationale de lutte contre les VSBG. Cette stratégie a pour défi majeur d'assurer " la coordination de la prévention, la protection, la réponse aux victimes et survivantes, la gestion des informations et des données." Il porte aussi sur la collecte des données ainsi que la gestion d'une synergie entre les institutions publiques et privées, et les partenaires d'appui.
Seconde intervenante, Mme Kitete Losamba, magistrate, a fait état des lieux de la pratique judiciaire en RDC sur les VSBG, tandis que Josiane Mutombo du Bureau des Nations Unies pour les droits de l'homme (BNUDH) a présenté les actions de son institution dans la lutte contre l'impunité des VSBG.
Pour sa part, Mme Saya de l'Ambassade du Canada a présenté l'expérience canadienne dans ce domaine. Enfin, Nick Elebe de ACORD a fait une analyse des principaux modes de réparation et des théories sur le fondement de la réparation par l'Etat.
Ce mardi 22 juin, les participants entrent en carrefours pour traiter des questions spécifiques avant la mise en commun.
Jonas Eugène KOTA
CONGO PROFOND
Bas-Congo : bien utilisé, l'impôt rentre mieux
Au Bas-Congo, les recettes de l'impôt foncier et de celui sur les revenus locatifs ont été multipliées par dix depuis le début de l'année. Un système de perception garanti et surtout des travaux d'intérêt public menés, grâce aux taxes, ont convaincu les contribuables de payer....
Depuis que des centres de santé, des bâtiments publics, des routes et ponts…sont réhabilités au Bas-Congo grâce à une bonne affectation des recettes fiscales, la population de cette province au sud-ouest de Kinshasa hésite moins à payer l'impôt. Le succès n'était pourtant pas acquis d'avance lorsqu'en janvier, les autorités lançaient l'opération "civisme fiscal". Des agents vêtus de gilets verts fluorescents, arpentaient alors les rues de la capitale provinciale, Matadi, pour expliquer à la population qu'elle doit payer l'impôt foncier et l'impôt sur le revenu locatif. Ils étaient accueillis avec méfiance et appréhension. "C'est encore une mafia de plus montée pour nous soutirer des sous", se chuchotait-on à travers la ville.
Début 2010, le Bas-Congo a dû créer sa propre Régie d'encadrement et de recouvrement des recettes (REPERE). "Nous l'avons fait pour combler le déficit causé par la modicité des moyens que nous alloue le gouvernement central et qui ne nous permettent pas de réaliser notre programme d'action", explique Simon Mbatshi Batshia, gouverneur de la province. Mais pour rassurer les gens qui ont depuis longtemps perdu l'habitude de payer l'impôt, que leur argent arrivera bel et bien dans la caisse de l'Etat, les autorités ont mis en place des garde-fous : tout payement s'effectue directement dans les comptes de la régie auprès des banques, moyennant délivrance d'un bordereau, et aucun agent ne peut manipuler l'argent. Les recettes perçues doivent, par ailleurs, impérativement être affectées à la réalisation des ouvrages d'intérêt commun…
Des recettes record
Sans cesse répétées en boucle à travers les médias locaux, toutes ces explications ont petit à petit mis les contribuables en confiance vis-à-vis des agents de REPERE envoyés sur le terrain. "N'ayez pas peur d'eux. Ils prélèvent les renseignements nécessaires au calcul de l'impôt foncier", explique à ses voisins Bibiche Kienga, une habitante de Matadi qui n'a pas opposé de résistance aux agents venus procéder au relevé de sa parcelle. "Je suis maintenant rassuré sur la nécessité de cette opération et je dois y souscrire", s'empresse de dire de son côté Fédéré Mankele, un fonctionnaire.
Quelques mois après le lancement de l'opération, les recettes ont été multipliées par plus de dix. Directeur général de REPERE, Gabin Manzonzika en témoigne : "Avant la relance du civisme fiscal, nous réalisions 42 millions FC par mois (46 667$). Aujourd'hui, grâce à la rigueur mise dans la perception des fonds provenant desdites taxes, nous atteignons une moyenne mensuelle de 530 millions", révèle-t-il, avec fierté. Désormais optimiste, la régie financière mise maintenant gros. Elle investit davantage de moyens pour mieux encadrer les recettes et espère engranger le milliard de francs dès août, et même atteindre un chiffre record de 6 milliards fin 2010.
L'argent ne va plus dans les proches
Déjà avec l'argent encaissé, le gouvernement exécute d'importants travaux d'intérêt public. Maisons de l'Etat, bureaux administratifs sont construits à travers les différents territoires de la province. Des cantonniers chargés d'entretenir les routes de desserte agricole sont recrutés et payés par le fonds de REPERE. Pour donner une impulsion aux chefs des secteurs et des territoires, la province leur a acheté des motos et des véhicules. A Luozi, au sud de la province, un important pont a été construit qui permet aux paysans de mieux écouler leurs produits.
Pour bien mener ses activités, Semag, une entreprise d'exploitation agricole créée pour encadrer les paysans, vient par ailleurs de bénéficier d'un appui de 5 millions $ de REPERE. De quoi encourager les administrés à payer leurs taxes et s'impliquer ainsi dans la reconstruction du Bas-Congo. "Nous sommes très satisfaits des changements qui s'opèrent dans notre province car nos taxes ne vont plus dans les poches des individus", déclarent des habitants, qui savent maintenant à quoi sert l'argent qu'ils déboursent.
Dieudonné Mwaka Dimbi
(Syfia Grands Lacs)
NATION
Joëlle Bile : "L'expo ESU a montré à la face du monde les œuvres d'esprit des étudiants congolais"
Mariée et mère de deux enfants, Joëlle Bile Schetter dirige une agence en communication implantée à Kinshasa. Diplômée en relations publiques, elle a décidé de lancer "Spirituellement votre", "le tout premier magazine chrétien de la RDC". Pour plus de visibilité, elle a participé activement à l'expo ESU dans le stand de l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication (IFASIC).
Depuis quand votre magazine est-il sur le marché ?
C'est depuis le mois d'avril dernier que nous avons lancé le premier numéro de "Spirituellement votre". Il a été imprimé en dehors de la RDC. Si nous prenons en compte le temps pris pour le recevoir au pays, nous dirons qu'il est disponible depuis l mai, pratiquement un mois.
Sur toutes les affiches, vous signalez que votre revue est le tout premier magazine chrétien de la RDC. Etes-vous si sûre ?
En fait, personnellement, je n'en ai jamais vue d'autres. Et s'il y en a, ils ne se sont pas fait connaître ni à moi, ni à ceux qui sont autour de moi. Je me suis donc naturellement considérée comme la première. Je me dis que les ouvrages chrétiens, il a dû y en avoir, de même des revues parlant de la chrétienté d'un point de vue ou d'une approche chrétienne, il y en a sans doute. Mais un magazine chrétien qui traite des faits de société, qui parle de choses de la vie de tous les jours en ayant tous une approche biblique, je ne pense pas qu'il en existe encore. Et si c'est vraiment le cas, je n'en ai pas vu, pas non plus les 5.000 lecteurs qui se sont procuré le magazine "Spirituellement vôtre".
Avec les nombreuses tendances de chrétiens en RDC, êtes-vous sûre de maintenir longtemps votre ligne éditoriale ?
C'est un premier jet. Nous avons lancé ce numéro zéro qui est ouvert à toutes les critiques, observations, remarques… Maintenant, me demander si, avec tous les chrétiens ça va être possible d'avoir une ligne éditoriale, je dirai tout simplement qu'on est tous conscient aujourd'hui que la société congolaise est minée par des antivaleurs. Je voudrais donc, à travers ce magazine, briser l'élan à ces antivaleurs en se référant simplement à la Parole de Dieu. Qu'on soit catholique, protestant ou pas, on est tout de même conscient que la corruption, la prostitution… rongent notre pays et prennent des proportions considérables. Le manque de lecture est aussi un facteur nocif qui détruit notre pays. Qu'on soit donc d'une tendance ou d'une autre, du moment qu'on est chrétien, on est capable de se retrouver dans un magazine comme celui-ci.
Votre magazine est-il exclusivement réservé aux femmes ?
Non, pas du tout. Nous n'allons pas entrer dans des considérations doctrinales. Je pense toutefois que celui qui est chrétien, c'est l'être humain. Pas son corps, encore moins son sexe. C'est plutôt l'esprit qui est chrétien. Qu'on soit homme ou femme, on est appelé à connaitre les choses de Dieu.
Où avez-vous fait vos études ?
J'ai passé mes études en communication pendant deux ans à l'ISTI à l'époque. C'était en 1997. Ensuite, je suis allée poursuivre mes etudes en France, à l'Université Bernard Jucie, à Versailles où j'ai eu mon diplôme. Toutefois, s'il y a un endroit qui m'a donné envie de faire ce métier, c'est à l'IFASIC, ici au Congo. C'est pourquoi je reviens à la source.
Est-ce pour cela que vous avez préféré exposer dans le stand de l'IFASIC ?
Je suis particulièrement heureuse et satisfaite de cette exposition. Je salue d'ailleurs avec tous mes respects le ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) qui a concrétisé cette initiative jamais prise auparavant. Cette exposition permet de montrer à la face du monde les œuvres de l'esprit réalisées par les étudiants congolais, qu'ils soient encore sur le banc de l'université ou diplômés œuvrant avec d'autres étudiants. Moi par exemple, je suis une ancienne étudiante, mais je travaille avec trois journalistes qui sont encore étudiants à l'IFASIC. Ils auraient dû exposer avec moi, mais comme j'en suis la rédactrice, j'ai répondu au rendez-vous.
Au terme de l'expo ESU, quel bilan faites-vous de ces journées ?
J'aime parler de choses positives. C'était pour moi un très grand succès. Ca m'a permis de me rendre compte du nombre d'universités qui existent. C'était aussi l'occasion de faire des rencontres mutuelles, une découverte de l'autre… C'est une première qu'il faut soutenir parce que le ministre a montré que les étudiants congolais sont capables de faire des choses qu'on croyait inexistantes ici. Je salue donc cette initiative. Bien entendu, pour une première expérience, c'est sûre qu'il y a des imperfections, des approches à corriger lors de la deuxième édition que j'aimerais voir. C'est un grand succès, parce qu'il n'y avait pas que l'exposition. Il y avait aussi des conférences auxquelles nous avons assisté, des théâtres classiques qu'on n’a plus l'habitude de voir, parce qu'à la télévision, on ne nous présente que du théâtre populaire. C'est merveilleux ce que nous avons vécu ! Une fois de plus, bravo a l'Enseignement supérieur et universitaire.
Si jamais demain, on organisait une autre édition, que suggéreriez-vous pour améliorer la qualité de cette rencontre universitaire ?
Déjà, une préparation beaucoup plus soutenue, parce qu'on a senti quelques impréparations de la part de plusieurs stands et intervenants. Il faudrait que les gens travaillent en symbiose. En tout cas, au niveau de l'exposition, il n'y avait pas mal d'exhibitions qu'on aurait pu faire. Tout le monde dit avoir été pris de court, tout le monde estime qu'il n'avait pas les moyens… Je pense donc que, pour les prochaines éditions, il faudrait un travail en symbiose, une synergie qui se crée pour donner vraiment le meilleur de nous de la part de tout le monde. Propos recueillis par Christelle LUZAMBA et Yves KALIKAT
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