Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3512 DU JEUDI 24 DECEMBRE 2009
Joyeux Noël
quand même!

Demain c’est Noël. D’une commémoration strictement chrétienne, le jour de la Nativité est devenu une fête aux dimensions planétaires. Depuis cette mue, le 25 décembre est célébré à travers le monde comme la fête des enfants. Ces êtres candides qui symbolisent l’enfant Jésus.
Comme partout ailleurs, la Rdc s’apprête aussi à fêter Noël. La comparaison s’arrête là. Car, depuis des années, les Zaïro-congolais ont dû apprendre à fêter sans fêter. La faute à la paupérisation continue d’un peuple, pourtant réputé jouisseur devant l’Eternel. Différents gouvernements se sont succédés qui promettant le sourire, qui promettant l’atterrissage du poulet dans l’assiette du plus démuni et tutti quanti. A l’arrivée, rien de tel.
Prenant tout avec philosophie, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, les Congolais ont inventé la fête à la congolaise. Les uns se réfugient dans des églises dites de réveil qui ne sont jamais en panne de veillée. Les autres mettent de la musique à crever le tympan sans boire ni manger grand-chose. D’autres enfin investissent les bistrots davantage pour se trémousser les hanches que pour se saouler.
Pour leur part, les enfants ont, dans leur écrasante majorité, oublié jusqu’à l’existence du mythique Père Noël. Ce papa bienfaiteur, tout de rouge vêtu assorti du blanc, qui est censé déposer, la nuit, des cadeaux au bas du sapin de Noël dont les enfants se gaveront à leur réveil le 25 décembre. Vu de la RDC, c’est de l’histoire ancienne. Pauvres enfants congolais auxquels les gouvernants ont volé l’enfance!
Dans quelques heures, quand sonnera l’heure de la sainte naissance, les enfants congolais qui ont dû grandir précocement, se consoleront en écoutant les pasteurs ou les prêtres proclamer qu’Emmanuel signifie, Dieu parmi nous. Après tout, l’homme ne vit pas que du pain... de la parole aussi. Consolation chrétienne. Joyeux Noël
José NAWEJ


Le trio Mashako-Luzolo-Kisimba

Ils ont pour noms Mashako, Luzolo et Kisimba. Tous trois sont ministres au sein de l’équipe Muzito. Jusqu’ici, rien de nouveau, rien que des évidences, de la trivialité même. Ce qui l’est moins, c’est que ces trois membres du Gouvernement sont au devant de l’actualité. Eux, au moins, défraient la chronique... pour la bonne cause. Voilà trois ministres qui ont le mérite d’avoir compris que dans un cabinet de rupture d’avec les anti valeurs du passé, on ne saurait gouverner sans réformer. Comment matérialiser le renouveau - notre Tshitshi national parlerait volontiers du changement radical - sans faire bouger les lignes ? Comment opérer le nécessaire changement de mentalités sans donner des coups dans la termitière?
Lorsque Mashako Mamba décrète une fatwa contre les «universités et instituts supérieurs» non viables, il justifie de la meilleure façon qui soit sa présence à la tête de l’enseignement supérieur et universitaire. Car, on ne saurait revaloriser l’enseignement supérieur sans au préalable mettre un terme à toute une kyrielle d’instituts supérieurs et universités qui fonctionnent à la manière de nos «ligablos».
Lorsque Luzolo Bambi entreprend de mettre enfin de l’ordre dans le monde des églises-plus particulièrement celles dites de réveil-,il ne fait rien d’autre qu’assainir un secteur où des abus attentatoires à l’ordre public et même à l’équilibre sociétal commençaient à devenir légion. Au nom de la liberté de culte, des églises poussent comme des champignons dans chaque parcelle de Kinshasa se disputant le monopole des tapages nocturnes et diurnes avec les bars!
Lorsque Maj Kisimba nettoie au «karcher» l’administration foncière, décrète des journées portes ouvertes, va à la rencontre des Congolais victimes d’expropriation ou d’autres injustices dans le domaine foncier; il pose les jalons du renouveau dans un secteur ultra sensible pour la paix sociale .La majorité de différends devant les cours et tribunaux portent, en effet, sur des questions foncières.
L’action volontariste du trio Mashako-Luzolo-Kisimba est la démonstration que ce pays peut tourner la page de tout ce qui est indigne de la République.
José NAWEJ


Odeur de campagne

Si ce n’est pas encore la précampagne électorale, cela y ressemble fortement. Les visites du Raïs en provinces sont de plus en plus ponctuées par des adresses aux allures à la fois de bilan de mi parcours et d’annonces des lendemains qui chantent. Pour faire passer son message, Joseph Kabila s’exprime devant un échantillon des forces vives de la région visitée. Cela a été le cas à Mbuji Mayi, chef-lieu du Kasaï oriental.. Cela vient de se passer aussi à l’identique à Bukavu, capitale du Sud-Kivu. Dans chacune de ses adresses, toujours le même souci pédagogique de mieux se faire entendre de l’auditoire et de s’assurer que ce public relai va répercuter cinq sur cinq «la bonne nouvelle».
A Bukavu, plus particulièrement, le speech d’avant repas s’est transformé pratiquement en une intervention fleuve. Plus d’une heure. Parions que certains de convives ont dû ronger leur soif et surtout leur faim.
Mais pour le Raïs, le plus important était sans doute ailleurs. Il était visiblement question pour le Président de contrer quantité de «contre vérités» distillées, depuis la normalisation avec le Rwanda, dans l’opinion kivutienne. Il est vrai que depuis les opérations militaires conjointes anti Fdlr, certains leaders d’opinions locaux et d’autres tapis dans l’ombre de lointains salons feutrés de Kinshasa ont entrepris de vendre leur version du rapprochement entre Kinshasa et Kigali. Dans une région où le voisin rwandais n’est pas toujours bien vu, cette campagne de sape et d’ «intoxications»-le mot est du Raïs- commençait à brouiller le message de Kinshasa .Or, vu de la kabilie, le Kivu holding n’est pas n’importe quelle région. C’est l’un de principaux réservoirs de voix à même de faire la différence lors de l’élection présidentielle. Et ce n’est pas à Kabila fils, natif du coin et bénéficiaire du plébiscite kivutien de 2006, que l’on apprendrait cela.
José NAWEJ



































































































































































































































































A LA UNE
APRES LA TENSION QUI MONTAIT DANS LA VILLE A L’APPROCHE DE LA NOEL ET LA St SYLVESTRE
Kinshasa « pacifiée » pour les fêtes
* Une courtoisie routière décrétée, des déguerpissements des locataires suspendus, une traque des voleurs lancée au centre-ville et des points d’intervention policière ouverts à travers la capitale
Kinshasa a frôlé l’émeute ces dix derniers jours. A l’approche des fêtes de fin d’année, les Kinois se sont vus confrontés à une multiplicité de difficultés qui assombrissaient dangereusement leurs perspectives pour les festivités de fin d’année. Alors qu’ils se débattent comme des diables dans le bénitier pour assurer des festivités sereines à leurs familles, les Kinois devaient, en plus, faire face à des bouchons inextricables sur les routes, en cela aggravés par des tracasseries policières. Comme si cela ne suffisait pas, la population, du moins ceux des Kinois qui ont pu trouver des moyens pour préparer les fêtes, est confrontées à une insécurité décuplée au centre-ville, au marché central ainsi qu’aux grands points de rassemblement de la population. Les médias se sont largement faits l’écho de cette situation pour interpeller les autorités.
Manifestement, l’œuvre a porté des fruits. C’est, du moins, ce que l’on peut dire au regard du train de mesures arrêtées pour renforcer la sécurité et rétablir la sérénité dans la ville en cette période des fêtes de fin d’année. L’Hôtel de ville vient, en effet, de décréter une période de courtoisie routière sur toute l’étendue du territoire de la capitale congolaise. La mesure, arrêtée par le Gouverneur André Kimbuta, couvre la période allant du 23 décembre 2009 au 4 janvier 2010. Selon cette décision de l’autorité urbaine prise à l’issue d’une réunion avec les opérateurs économiques, les policiers de roulage devront s’interdire toute sorte de tracasserie sur les conducteurs pour se limiter à leur prodiguer des conseils tout en assurant une bonne circulation routière. En retour, les opérateurs économiques ont pris l’engagement d’apporter un appui logistique aux policiers qui vont être déployés dans la ville pour veiller à la sécurité des biens et des personnes.
Autre mesure arrêtée, c’est celle de la Police nationale congolaise qui a déclenché, depuis le début de la semaine, une traque contre tous les voleurs et autres agents véreux qui détroussent acheteurs et vendeurs sur les différentes places de négoce de la capitale. L’opération bat son plein particulièrement au marché central et ses environs où ces inciviques sont, à tour de bras, mis hors d’état de nuire à la grande satisfaction de la population. Celle-ci prie pour que la mesure soit étendue au-delà des fêtes de fin d’année pour que ces lieux de négoce soient définitivement pacifiés. « Ce sont de véritables rebelles qui, comme à l’Est du pays, insécurisent les personnes et leurs biens dans la ville. Il fallait donc que l’Etat intervienne énergiquement comme il le fait si bien pour nos populations de l’Est », commentait, hier en fin d’après-midi, une dame qui sortait du marché central.
Outre cette opération ponctuelle ciblée sur les places de négoce, la Police nationale congolaise a installé des points d’intervention à travers la ville pour réagir en temps réel à toute situation d’insécurité. Au total, six postes d’intervention ont été installés à divers points de la ville pour couvrir les quatre districts qui la composent, à savoir la Tshangu, la Funa, la Lukunga et le Mont Amba. Les équipes affectées à ces postes sont dotées de numéros d’appels, de moyens de locomotion ainsi que des outils nécessaires à toute intervention policière.
Enfin, il a été rappelé à la population l’arrêt du Gouverneur de la ville interdisant aux bailleurs tout déguerpissement des locataires pendant les périodes de fin d’année. Cette mesure, qui ne date pas de André Kimbuta, vise à épargner les nombreux Kinois des peines de se voir jetés dans la rue avec femme et enfants pendant que cette période est consacrée à des festivités devant permettre aux uns et aux autres de se déstresser après une année harassante et planifier la nouvelle année.
Cependant, si l’on peut saluer le rappel de cette mesure, l’on regrette qu’elle ne fasse pas assez l’objet d’une stricte application, car de nombreux Kinois se retrouvent très souvent dans la rue sans ménagement, et souvent avec le concours des éléments de la police et des huissiers de justice. JEK

ENJEUX DE L'HEURE
SE PASSANT POUR LE FILS AINE DE MARCEL LIHAU
Jean Pierre Kalokola qualifié d’imposteur par les enfants de l’éminent professeur
E En sa qualité de fille légitime du couple Marcel Lihau Ebwa et Sophie Zala Lusibu N’Kanza, Anne Lihau Kanza a qualifié hier mercredi 23 décembre 2009 M. Jean Pierre Kalokola comme un imposteur. Ceci, au cours d’une conférence de presse que cette dernière a tenu au restaurant Estoril, dans la commune de la Gombe.
D’entrée de jeu, Anne Lihau Kanza a remercié le gouvernement de la RDC d’avoir pensé à honorer la mémoire de leur père. Elle a fait cette déclaration au nom de tous les enfants légitimes du couple Marcel Lihau. Sans pourtant oublier d’être reconnaissant à tous les congolais de bonne volonté qui ne cessent de faire des témoignages sur la vie exemplaire de ses parents. Mais, néanmoins, Mme Anne Lihau Kanza a tout de même dénoncé le comportement irresponsable de M. Jean Pierre Kalokola qui se fait passer pour l’héritier de feu Marcel Lihau. Elle a également déploré son stratagème en vue d’obtenir du président de la République, Joseph Kabila, un appui politique et en échange du soutien de la base familiale et politique de la famille de Marcel Lihau.
En d’autres termes la fille légitime au couple Marcel Lihau Ebwa et Sophie Zala Lusibu N’Kanza a affirmé que M. Jean Pierre Kalokola alias « Jean Pierre Lihau » n’est pas le fils biologique du professeur Marcel Lihau. Car, a-t-elle expliqué, dès le retour de son père de l’exil, ce dernier avait tout le temps nié cette filiation. Selon elle, M. Kalokola n’avait jamais porté son nom et le professeur Lihau l’avait d’ailleurs défié de procéder à des tests ADN. A en croire, Anne Lihau Kanza, un jugement a été même obtenu par le défunt Lihau pour dissiper tout malentendu. Ce jugement, a-t-elle indiqué, du 21 juillet 1998 du Tribunal de Grande instance de la Gombe et du 1er juillet 2004 du Tribunal de paix de Ngaliema témoignent avec éloquence que M. Jean Pierre Kalokola n’est pas un fils du professeur Marcel Lihau. La preuve en est que ce dernier ne figure pas sur la liste des successeurs du couple Marcel Lihau Ebwa et Sophie Zala Lusibu N’Kanza qui se présente de la manière suivante : Elisabeth Mansangaza Lihau N’kanza ; Anne Moleli Lihau N’Kanza ; Irène N’Kolo Lihau N’Kanza ; Rachel Nzuzi Lihau N’Kanza et Zola Sophie Lihau N’Kanza.
Aux dires de Mme Anne Lihau N’Kanza, M. Jean Pierre Kalokola est allé plus loin en voulant à tout prix profité des biens laissés par leur père. Cela en s’attirant la confiance des autorités de la RDC. D’après les héritiers de la famille Lihau dont Mme Anne Lihau reste formelle et a souligné que Kalokola n’a jamais rencontré les autres enfants du feu Lihau. Elle a indiqué aussi qu’elle n’a jamais vu M. Jean Pierre Kalokola. Simard Simon TSOUMBOU.

Les USA aident la RDC dans la lutte contre les violences sexuelles
(Par William J. Garvelink, ambassadeur des USA en RDC)

Le 28 septembre 2009, le monde a eu vent de violences indescriptibles perpétrées contre des femmes. En Guinée, les bérets rouges de la Garde Présidentielle ont violé des femmes de tous âges, en groupes, aux moyens d’armes et avec une brutalité telle que, parmi celles qui n’ont pas immédiatement été tuées, beaucoup sont mortes des suites de leurs blessures. L’échelle et l’étendue de ce genre de violence ne sont pas un fait nouveau. Depuis dix ans, les groupes armés qui opèrent en République démocratique du Congo violent et mutilent les femmes dans le cadre d’une stratégie délibérée et coordonnée visant à détruire les communautés locales. Les violences faites à la femme ne sont ni circonscrites par les zones de guerres, ni limitées par les régions en proie au conflit. Les jeunes filles et les femmes sont ciblées en raison de leur sexe tout au long de leurs vies - de l’esclavage sexuel, aux soins de santé et à la nutrition inadéquats donnés aux jeunes filles, en passant par le mariage d’enfants et le travail forcé. Cette liste n’est pas exhaustive.
En République démocratique du Congo, des dizaines de milliers de femmes et déjeunes filles au Nord et au Sud Kivu ont été enlevées, violées, agressées sexuellement et même mutilées ou tuées. La violence en tant que menace permanente est une réalité quotidienne pour presque toutes les femmes et les jeunes filles qui vivent dans l’est du Congo. Les garanties de protection et les opportunités éducatives et économiques sont accessibles à très peu d’entre elles. La violence qui cible les femmes est non seulement un sous-produit de la guerre mais aussi une stratégie militaire utilisée de manière systématique pour terroriser et humilier les femmes. Des soins vitaux, comprenant les médicaments pouvant prévenir les infections sexuellement transmissibles, le VIH et la grossesse sont hors de portée d’un grand nombre de femmes ayant survécu aux violences sexuelles.
Les agressions perpétrées contre les femmes ne peuvent êtres mise sur le compte de quelques auteurs anormaux. Ces diverses formes de violence découlent plutôt du statut inférieur enraciné et pérenne qui affecte les femmes et les jeunes filles à travers le monde et en RDC. Pour mettre fin à ces violences, en s’attaquant aux causes et aux symptômes de manière égale, il est non seulement urgent de traduire davantage les auteurs de ce genre de violences en justice, mais aussi de travailler sans relâche pour assurer l’égalité complète de la femme dans tous les domaines de la vie.
Depuis 1991, le monde a consacré 16 jours, du 25 novembre au 10 décembre, à l’idée que la violence perpétrée contre les femmes du fait de leur sexe est une violation fondamentale des droits de l’homme. Ce genre de violence n’est pas « culturelle » : elle est criminelle. Elle pose un problème à toutes les nations et il est urgent de trouver une réponse proportionnée à la gravité des ces crimes.
Dans le cadre des efforts que l’Ambassade consent pour souligner notre engagement à combattre la violence sexuelle faite aux femmes relativement aux 16 jours d’activisme, M. Emile Bongeli, Vice-premier ministre chargé de la reconstruction, Mme Marie-Ange Lukiana, Ministre chargée du genre, de la femme et des enfants, et moi-même avons lancé le projet « ESPOIR » le 10 décembre, afin de prêter assistance aux victimes des violences sexuelles dans les provinces du Nord et du Sud Kivu de la République démocratique du Congo. Ce projet de $7 millions, financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) et exécuté par International Rescue Committee, prévoit un appui aux cliniques, aux hôpitaux, aux centres communautaires pour femmes et enfants ainsi que des soins de santé pour les malades mentaux, à travers des partenariats avec des ONG congolaises, des installations de santé et des groupes communautaires dans le Nord et le Sud Kivu. Ce projet s’inscrit dans l’engagement de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton à aborder ce problème important.
Les violences sexuelles fondées sur le genre ne concernent pas que les femmes. C’est un défi .mondial envers les droits de l’homme et la sécurité. Il faut trouver des solutions internationales ~â ce problème international. Les Etats-Unis se sont engagés à travailler avec le gouvernement de la RDC, les institutions multilatérales et un large éventail de partenaires étrangers, comprenant des activistes, des défenseurs de cette cause, des victimes de violences sexuelles et des personnalités de la société civile ; pour mettre fin à l’impunité de ceux qui commettent ces crimes et pour s’assurer que les lois qui reconnaissent l’égalité de la femme ainsi que son droit d’être protégée de toutes violences soit pleinement respecté.
Les femmes sont la clé du progrès et de la prospérité au 21eme siècle. Leur marginalisation et les mauvais traitements qu’on leur inflige sont un frein au progrès de l’humanité. Quand leurs droits leurs sont accordés et quand on les assure les mêmes opportunités que les hommes dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et de l’engagement politique, elles font avancer leur famille, leur communauté et leur nation.
II est temps que l’éradication des violences sexuelles devienne notre priorité à tous.

L’armée ougandaise envahit brièvement la RDC
Un bataillon de l’armée régulière ougandaise a violé, hier en Province Orientale, la frontière congolaise pour envahir le territoire national. Selon des informations fournies par le Ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, ces forces seraient à la poursuite des rebelles ougandais de la NALU qui avaient précédemment attaqué une localité de l’Ouganda.
Tout naturellement, le Ministre des Affaires étrangères a convoqué, hier même, l’Ambassadeur de l’Ouganda pour lui remettre une note verbale de protestation du Gouvernement congolais qui y exige également le départ des éléments de l’armée régulière ougandaise le mercredi même. Cependant, jusqu’au moment où nous mettons sous presse, on ignorait si ce bataillon avait effectivement quitté le sol congolais.
Kinshasa et Kampala ont récemment rétabli leurs relations avec l’échange des ambassadeurs après plus ou moins dix ans de brouille due à l’agression de la RDC par l’Ouganda. En début d’année, les armées régulières congolaise et ougandaise ont mené conjointement l’opération « Rudiya » consacrée à la traque des rebelles ougandais de la LRA. JEK

LE TEMPS EFFACE LES IDEES ( par Marcellin MANDUAKILA)
*Plus tshisekediste que Tshisekedi au départ, JC Vuemba s’affirme comme un grand défenseur des Bakongo
Jean-Claude Vuemba. Cet élu de Kasangulu semble avoir finalement compris ce que les Ne Kongo attendaient de lui depuis longtemps. Rentré à Kinshasa vers 1994 dans la mallette du MPR de Mobutu dont il dirigeait la section française, le «parisien» Jean-Claude pensait impressionner un homme comme Banza Mukalay qui exerçait les fonctions de Premier vice-président national chargé de la coordination des activités du parti du maréchal Mobutu en s’étonnant même qu’un homme comme Banza ne prenne aucune note quand il lui parlait de sa vision. Or, en vieux routier de la chose politique, Banza en savait déjà plus sur JC Vuemba avant qu’il n’atterrisse à Kinshasa.
Elu député national à Kasangulu dans les rangs de l’Union pour la nation (opposition politique), Jean-Claude Vuemba a changé de tactique. Le maréchal Mobutu n’étant plus de ce monde, il s’est converti très vite au «tshisekedisme». Chose curieuse, excès de zèle oblige, «JCV» se voulait plus «tshisekediste» que Tshisekedi lui-même. Comme s’il était en possession d’un testament du «lider maximo» en guise d’héritage politique. Après donc cette étape idéologique, une autre envahissait l’élu de Kasangulu qui se découvrait une nouvelle vocation, celle de défendre, becs et ongles, son collègue député Ne Muanda Nsemi et le Bundu dia Kongo. Peut-être parce que, tout en demeurant catholique, Jean-Claude Vuemba s’abreuvait, spirituellement, auprès de «nlongi a Kongo» Ne Muanda Nsemi, l’élu de Luozi.
Mieux vaut tard que jamais, Jean-Claude Vuemba s’est enfin affirmé comme un grand défenseur des Bakongo. «Enfin, il a retrouvé sa voie», s’exclamait un notable Kongo. Dans l’affaire du riz avarié, «JCV» est allé jusqu’au bout pour protéger les droits de ses «frères». Maintenant, il a fait de la construction du port en eau profonde à Banana, dans la province du Bas-Congo, son cheval de bataille. Il jure, sur la tombe de ses ancêtres, qu’il ne ménagera aucun effort pour que cet objectif soit atteint parce qu’il n’a de comptes à rendre qu’aux habitants ainsi qu’aux originaires de la province chère à Simon Kimbangu, Kimpa Vita, Ndona Béatrice, Joseph Kasa-Vubu, Nzeza Nlandu et tant d’autres encore.
Au fait, y a-t-il un député en RDC qui soit plus nationaliste que Jean-Claude Vuemba? Il suffit de visiter son quartier général à Ngiri-Ngiri pour se rendre compte que les présidents que la RDC a eus, tous les anciens Premiers ministres, toutes les grandes figures ayant marqué l’histoire de la RDC, toutes tendances confondues, garnissent le mur intérieur de cette parcelle. Mieux que les marques de bière, de produits cosmétiques et toutes les images qui en rajoutent à la dépravation des moeurs à travers la télévision.
Normal qu’il s’attaque aujourd’hui aux «Kuluna culturels», lui qui a d’ailleurs longuement expérimenté le «phénomène mabanga» consistant à être chanté par les musiciens en quête de quelques libéralités. Mieux vaut tard que jamais, dit-on.

* Députés et sénateurs en vacances parlementaires à travers le monde
Depuis l’actuelle législature, il y a des députés et sénateurs congolais qui passent une bonne partie de vacances parlementaires en Europe et ailleurs comme si ces lieux constituaient leurs circonscriptions électorales. Après avoir mis femmes et enfants à l’abri, ces élus dits du peuple profitent des vacances pour se la couler douce en Occident, abandonnant ainsi leurs électeurs quitte à ne s’en souvenir qu’à la fin des vacances afin de produire un rapport protocolaire.
Et là, le séjour dans le fief ne dure que quelques heures au maximum trous jours! Le temps de distribuer quelques ballots et médicaments avec force et puis s’en vas. Peut-être qu’il faudrait leur créer une circonscription électorale dans le camp de la diaspora congolaise à laquelle ils ont refusé tout droit de vote. S’ils pouvaient produire des rapports parlementaires expliquant pourquoi la vie est si bonne à l’étranger et comment la (vie) rendre plus agréable en RDC, ils auraient au moins contribué à améliorer les conditions dans lesquelles vivent ceux qui se considèrent comme leurs véritables bases électorales tout en croupissant dans la misère, alors que les «honorables» s’engraissent sans fin et mènent une vie de pacha.
Pourtant, à l’occasion des fêtes de fin d’année, députés et sénateurs devraient passer du temps avec leurs électeurs, comme le fait parfois Tryphon Kin-Kiey Mulumba qui ramène femme et enfants nichés en Europe vers son Masi-Manimba natal pour les obliger à communier avec ses électeurs. Lui au moins, il apporte la bonne vie dans un coin perdu du district du Kwilu pour aider ses «frères et soeurs» à goutter aux délices de la vie parlementaire.
«Saint Nicolas» et le «Père Noël» occupés à arpenter des villes bien faites, ils n’auront certainement pas le temps de visiter les Congolais.


INFOS INFOS
ECHOS D'OUTRE-TOMBE
Ya Mungul : «Bana Kin, pour fêter, kala yi ngangu kala yi technique»
Ancien Premier ministre et ministre d’Etat, mais aussi ancien gouverneur des Kinois qu’il appelait d’ailleurs affectueusement «Bana Kin», Bernardin Mungul Diaka alias «Ya Mungul» se souvient de ses concitoyens en cette période de fêtes de fin d’année. Pour les aider à gérer ces fêtes sur fond de crises multiformes, il leur propose une recette calquée sur certaines réalités kinoises. Pour lui, l’essentiel c’est d’éviter d’être abattu et de survivre moralement à cette dure épreuve injustement imposée par la conjoncture impopulaire actuelle.

Ya Mungul, les Kinois ont du mal à fêter à cause de la crise qui frappe le monde?

Ça, ce n’est pas nouveau. Car, c’est depuis longtemps que les Kinois pataugent dans la crise. Maintenant que la crise financière internationale se mêle à la fête, je comprends que les temps doivent être encore plus durs pour mes compatriotes. Moi qui savais les consoler, aujourd’hui que je ne suis plus de votre monde, ils doivent être abandonnés à eux-mêmes. D’une manière générale, je leur dirais : «Bana Kin, pour fêter, kala yi ngangu kala yi technique».

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement?

Durant la transition dite mobutienne, il fut un temps où il était particulièrement difficile de fêter vers la fin de l’année. Mais, grâce à mes conseils, les Kinois avaient compris que le «matembele» naturel pouvait faire l’affaire en y ajoutant un peu de mpiodi ou de thomson. Pour s’habiller à Kinshasa, par exemple, il suffit d’avoir un peu d’imagination en se réveillant très tôt pour se diriger vers ce qu’on appelait à l’époque «galerie mongo» (parce que la pratique de friperie était autrefois l’apanage de la tribu mongo), c’est-à-dire le lieu où atterrissent les balots de friperie. Avec un bon coup d’oeil, on peut dénicher une très bonne tenue vestimentaire qui peut passer, une fois sur le corps, pour des habits somptueux. Il suffira, pour veiller aux apparences, de dire aux gens que ces vêtements vous ont coûté les yeux de la tête ou qu’ils vous ont été envoyés par votre famille installée en Europe, pour que personne ne comprenne la réalité.

Cela ressemble, aux yeux de certains compatriotes, à une formule caricaturée?

Voilà ce qu’on appelle une conception bourgeoise d’une technique permettant aux Kinois de tenir le coup face à la crise. Avez-vous déjà vérifié l’origine de plusieurs costumes qu’on admire dans toutes les rues de Kinshasa? Je le répète encore, «kala yi ngangu, kala yi technique». En tout cas, les Kinois comprennent bien ce que je dis et ils savent que cela peut grandement servir en cette période de crise. Car, si vous attendez seulement que le Gouvernement prenne des dispositions pour aider les Kinois à bien fêter, croyez-moi, vous attendrez infiniment. J’aime bien mon jeune frère Adolphe Muzito, mais il ne pourra pas gagner ce pari malgré sa bonne foi. Nos pays ne le sont jusque là que par simple convention sans pour autant respecter les normes internationales reconnues en la matière, faute de moyens.

Quel commentaire faites-vous du programme que la RDC est sur le point de conclure avec le FMI?

Il n’y a rien de nouveau. On a souvent tendance à oublier que Léon Kengo, lorsqu’il était encore Premier ministre sous la deuxième République, était passé par cette expérience et que, grâce à lui, le Zaïre passait pour un élève modèle du Fonds monétaire international. Pourquoi êtes-vous si pauvres aujourd’hui? En fait, il s’agit d’un mécanisme de mainmise sur la RDC par la Communauté internationale afin de garder le contrôle sur les richesses congolaises. Vous pensez vraiment que les Occidentaux se soucient du développement de la RDC ou du bien-être des Congolais? Ça, c’est vraiment un pessimisme d’une autre époque. Vous avez déjà eu pour président quelqu’un qui vous disait la vérité: prenez-vous en charge. A la limite, c’est ridicule que le voisin ou quelqu’un qui vient de très loin vienne nettoyer votre parcelle parce que vous perdrez toute votre dignité. Ce qui veut dire que les Congolais doivent eux-mêmes être les artisans du développement de leur pays en imaginant des stratégies comme l’ont fait les Chinois sous le règne de Mâo Tsé Toung. Et la Chine doit rester un modèle pour la RDC et l’Afrique en général, plutôt que la communauté occidentale.

Un commentaire sur les cinq chantiers qui sont lancés en Rd Congo?

Oh, ce sont vos chantiers, moi je ne sais qu’en faire. Mais, il s’agit d’une bonne initiative pour reconstruire le Congo. Sauf qu’il faut veiller à ce que ces chantiers ne demeurent pas des chantiers selon le contexte kinois. C’est-à-dire des oeuvres inachevées que l’on ne savait plus compter du tout à Kinshasa et de véritables éléphants blancs que Mobutu vous a légués. Le plus important n’est pas de larguer ça et là des grattes-ciel à Kinshasa, mais de construire pour transformer la ville qualitativement, de sorte que les Kinois en tirent profit. Quand, par exemple, les Kinois paient des impôts sans en tirer profit ne fût-ce qu’en termes de routes reconstruites ou d’artères réfectionnées, à quoi aura alors servi l’impôt ...

Vous en parlez si bien, mais vous ne saviez même pas assainir la capitale?

N’ayez pas la mémoire courte. A l’époque, Mobutu et Tshisekedi déchiraient la capitale avec leur adversité politique, allant même jusqu’à entraîner des morts. Voilà pourquoi, j’avais dit qu’on ne nettoie jamais une maison en deuil. Il fallait d’abord en finir avec ces désordres avant de me demander d’assainir la ville. Vous semblez oublier que, grâce à moi, la ville de Kinshasa était redevenue fréquentable là où, à mon arrivée à la tête de cette ville, il y avait une insécurité telle que la seule évocation du nom «hibou» suffisait pour que les gens prennent leurs jambes au cou. Mais, il suffisait que je sois nommé gouverneur pour que tous ces «oiseaux» disparaissent d’eux-mêmes. A l’époque, j’étais le gardien de la ville parce que lors des pillages et autres événements dangereux, je restais seul à avec les Kinois, pendant que d’autres autorités et politiciens se réfugiaient en Europe, dans les ambassades ou encore à l’Inter. C’est pendant ces moments que l’on reconnaît des vrais chefs. C’est dire que les Kinois s’identifiaient à ma personne et savaient qu’ils ne pouvaient compter que sur moi. Qui pouvait donc faire mieux que moi à l’époque?

Joseph Kabila a décrété l’an 2010, année du social. Pensez-vous que cela permettra de juguler la misère du peuple congolais?

Vous savez, il faut éviter d’emprunter la même voie que Mobutu qui avait autrefois largué un septennat du social mais qui, en fin de compte, n’en était pas un. Parfois, en politique, il faut s’abstenir de trop promettre au risque de ne pas tout à fait tenir parole lorsque des impératifs se dressent sur le chemin. Il faut, plutôt, savoir surprendre, car seuls les résultats comptent. C’est par le fruit, dit-on, que l’on reconnaît l’arbre. Une année du social doit surtout profiter au peuple dans le cadre de l’amélioration de ses conditions de vie. Voilà ce que le peuple attend réellement.

Autre chose à ajouter?

C’est seulement d’inviter les Kinois à ne pas perdre courage et à garder l’espoir que, tôt ou tard, ils verront le bout du tunnel. Ils doivent savoir que je ne peux jamais les oublier parce qu’ils me sont tous très chers. M. M.

ETRANGER
Guinée : les militaires fêtent entre eux le 1er anniversaire de leur putsch
La junte guinéenne fête mercredi le premier anniversaire de sa prise de pouvoir, en l'absence de son chef, Moussa Dadis Camara, soigné au Maroc depuis que son aide de camp a tenté de le tuer. Cet anniversaire intervient dans un pays en plein marasme, au moment où les pressions s'accentuent sur le régime, internationalement condamné pour ses "crimes contre l'humanité", selon l'Onu. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2008, le coup d'Etat s'était fait sans violences, quelques heures seulement après l'annonce officielle du décès du "général-président" de 74 ans, Lansana Conté, malade depuis longtemps.
Les putschistes justifiaient leur action par "la corruption généralisée, l'impunité érigée en méthode de gouvernement, l'anarchie dans l'appareil de l'Etat", après les 24 ans de règne de Conté et de son clan. Mais, un an plus tard, la Guinée est plongée dans une grave crise économique, sociale et politique. La majeure partie de la population souhaite le départ des militaires, dont elle redoute les violences, près de trois mois après le massacre d'opposants à Conakry. Les manifestations de rue sont interdites et la plupart des leaders de l'opposition restent réfugiés à l'étranger.
"Nous fêtons l'an 1 de cette prise du pouvoir dans un contexte un peu difficile, sur le plan économique et sur le plan social", a admis mardi le ministre secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte), le colonel Moussa Keïta. Il a cependant annoncé l'organisation "de petits manifestations de joie dans les unités et les casernes", avec "une prise d'armes et un repas de corps". Le dirigeant par intérim du pays, le général Sékouba Konaté, devait s'exprimer ensuite.
Quant au numéro un du régime, le capitaine 0Moussa Dadis Camara, la population ne l'a pas revu ni entendu depuis qu'il a été blessé, dans un camp militaire de Conakry le 3 décembre, par les balles de son aide de camp, le lieutenant Aboubabakar Sidiki Diakité, dit Toumba, en fuite. La junte ne cesse de diffuser le même message officiel: "Il va mieux et a l'intention de retourner le plus vite possible à Conakry", selon l'ambassadeur de Guinée au Maroc, Mamadouba Diabaté. Mais, selon un proche du régime, un ministre a récemment confié au général Konaté que le capitaine Camara était dans "un état assez déplorable" et n'arrivait "même pas à s'alimenter". AFP

Côte d'Ivoire : Des agents du cacao manifestent devant la résidence de Gbagbo
Des agents du Fonds de garantie des coopératives de café-cacao (FGCCC) de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, ont manifesté mercredi devant la résidence du président Laurent Gbagbo pour réclamer le paiement d'arriérés de salaires, a constaté l'AFP. Une cinquantaine d'agents se sont rassemblés dans la matinée à quelques mètres de la résidence de M. Gbagbo à Abidjan, avant d'être repoussés par la police. "Pitié pour nous, président Gbagbo", pouvait-on lire sur quelques pancartes et banderoles.
Les 71 agents de cette structure réclament le versement de sept mois d'arriérés de salaires, estimés à "environ 355 millions de francs CFA" (quelque 534.000 euros), a affirmé à l'AFP leur porte-parole Bougouhi Siabé. Les difficultés de ces agents remontent à l'incarcération à la mi-2008 des dirigeants du fonds pour de présumées malversations, a-t-il expliqué. Les différentes structures de régulation du cacao ivoirien, dénoncées pendant des années pour leur opacité, ont été remplacées en septembre 2008 par un comité de gestion provisoire.
Le FGCCC ne reçoit depuis lors "plus de subvention de l'Etat pour son fonctionnement et le financement des coopératives", a regretté M. Siabé, assurant que cela a entraîné la chute des ventes des copératives de 20 à 6% de la production nationale. Le cacao et le café représentent 40% des recettes d'exportation du pays et environ 20% de son PIB. AFP

Centrafrique : l'hélicoptère du président Bozizé a manqué de s'écraser
L'hélicoptère du président centrafricain François Bozizé a manqué de s'écraser et a dû se poser en urgence mardi en brousse après "une défaillance technique", a annoncé mercredi le ministère centrafricain de la Défense. L'incident, qui n'a pas fait de blessé, s'est produit "suite à une défaillance technique" alors que l'hélicoptère présidentiel, de type Ecureuil, survolait "le triangle Bogangolo-Ndjoh et Bossembélé", à une centaine de km au nord de Bangui, explique le ministère dans un communiqué. Outre M. Bozizé, cinq membres d'équipage étaient à bord de l'appareil qui "a dû se poser d'urgence mais sans encombres aux environs de 12H00 (locales, 11H00GMT) dans une clairière", précise le communiqué en assurant que le président et sa suite ont regagné Bangui "dans la soirée (...) en parfait état de santé".
Jointe mercredi par l'AFP, une source militaire centrafricaine a fourni plus de détails sur les circonstances de l'incident. "Le pilote centrafricain de l'hélicoptère (...) s'était rendu compte qu'il perdait continuellement l'altitude et qu'il risquait de s'écraser. C'est ainsi qu'il s'est posé en catastrophe", a raconté cette source ayant requis l'anonymat. "Le président Bozizé et sa suite ont marché sur une longue distance, pour regagner le village de Ndjoh, où le dispositif sécuritaire (...) les a recueillis pour les ramener vers 01H00 du matin (mercredi, 00H00 GMT) à Bangui", a-t-elle précisé.
Selon une source proche de la présidence, François Bozizé se rend depuis quelques temps en fin de semaine à Bossangoa, chef-lieu de sa région natale à 305 km au nord de Bangui. "C'est surtout pour des raisons sécuritaires qu('il) se met en retrait du Palais présidentiel chaque week-end", a-t-on précisé dans son entourage. AFP.

APPRENDRE & COMPRENDRE
Noël : Origines d'une célébration
Noël est une fête chrétienne célébrant chaque année la naissance de Jésus de Nazareth, appelée Nativité. À l'origine de cette fête existaient différentes fêtes païennes qui marquaient le solstice d'hiver. Sa célébration à la date du 25 décembre, se situe dans le calendrier julien pour les Églises orthodoxes, et dans le grégorien pour l'église catholique et protestante ; le jour de la saint Emmanuel, a été fixée tardivement dans l'empire romain d'Occident, vers le milieu du IVe siècle. Avant de la placer à la date d'une célébration solaire liée au solstice d'hiver[1], plusieurs dates furent proposées : 18 novembre, 6 janvier... Le 25 décembre marquait depuis Aurélien (v.270) l'anniversaire du Sol Invictus et de la renaissance annuelle de Mithra. Pour des raisons symboliques, et dans un souci de christianiser les anciennes fêtes païennes, cette date fut progressivement étendue à tout l'Occident latin. Les Églises orthodoxes, qui ont conservé le calendrier julien, célèbrent Noël le 25 décembre de ce calendrier, ce qui correspond au 6 janvier du calendrier grégorien. Seule l'Église apostolique arménienne a conservé la date précise du 6 janvier comme jour de la fête de Noël.
Constituant avec Pâques une des grandes fêtes chrétiennes, Noël s'est progressivement chargé de traditions locales, mélanges d'innovations et de maintien de folklore ancien, au point de présenter l'aspect d'une fête profane populaire possédant de nombreuses variantes, dans le temps comme dans l'espace. L'association de la mémoire d'une naissance a facilité la place centrale prise par la famille dans le sens et le déroulement de cette fête. L'Église catholique romaine insiste par exemple sur cet aspect depuis l'instauration en 1893 de la fête de la Sainte Famille, le dimanche suivant le 25 décembre. Les cadeaux, sous forme d'étrennes, semblent être une réminiscence des cadeaux effectués lors des fêtes saturnales de décembre (strenae) Le don est présent dans de nombreuses traditions, comme celle de servir un repas au premier pauvre croisé au jour de Noël, ou dans l'exceptionnelle générosité des aumônes accordées aux mendiants à la sortie de l'office célébré durant la nuit de Noël. " La période de Noël, qui est très chargée cérémoniellement, possède une certaine intensité rituelle. Même si nous vivons fondamentalement dans une société marchande, il y a dans cet échange de cadeaux quelque chose qui est de l'ordre du don et qui est universel dans son principe: ils créent, maintiennent et consolident des liens ; ils constituent en quelque sorte une matrice du social."
La popularité de cette fête a fait que Noël est devenu un patronyme et un prénom.

Étymologie
En français, on considère classiquement que le mot Noël (dont la première attestation écrite date de 1112) est issu par évolution phonétique (nael) et modification vocalique du latin natalis (" relatif à la naissance, natal "). Le o, remplaçant le a de l'ancien français nael, vient de la dissimilation des deux. Traditionnellement, la fête de Noël est la solennité de la nativité de Jésus-Christ, la fête commémorative chrétienne de la naissance de Jésus de Nazareth qui, d'après les Évangiles selon Luc et selon Matthieu serait né à Bethléem. Les historiens hésitent pour leur part entre Bethléem et Nazareth sans qu'une des hypothèses parvienne à s'imposer.
Seul l'Évangile selon Luc raconte cette naissance. L'Évangile selon Matthieu ne fait que l'évoquer mais trace une généalogie à Jésus, tandis que les Évangiles évangile selon Marc et celui selon Jean débutent le récit de sa vie par sa rencontre avec Jean le Baptiste.

Selon Luc
L'Évangile selon Luc raconte dans son chapitre II : " En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande frayeur. Mais l'ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie: c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l'ange une multitude de l'armée céleste, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée! Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu'à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l'étonnement de ce que leur disaient les bergers."

Selon Matthieu
" 1. 18Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu'ils eussent habité ensemble.19Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle.20Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint Esprit;21elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.22Tout cela arriva afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète:23Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.24Joseph s'étant réveillé fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui.25Mais il ne la connut point jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus. 2. 1Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem,2et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. "
Hérode le Grand meurt, selon les sources, en -4 ou -1 et qu'on lui attribue l'épisode Massacre des Innocents ce qui fait de lui le " candidat " le plus probable qui est mentionné dans ce passage. Cette présentation du massacre est une réactualisation de l'histoire de la persécution par Pharaon de Moïse, quoiqu'il s'appuie peut-être sur une base historique.

Une date imprécise
Historiquement, ni l'année ni le jour de la naissance de Jésus de Nazareth ne sont connues. Les Évangiles ne donnent aucune précision quant à la date de sa naissance. Les dates retenues concernant l'année de naissance de Jésus peuvent osciller entre -9 et -2. Les Évangiles selon Matthieu et selon Luc la situent sous le règne d'Hérode le Grand dont le long règne s'achève en 4 avant notre ère. L'estimation généralement retenue par les historiens actuels va de 7 à 5 avant notre ère. Il est paradoxal que Jésus de Nazareth puisse être né " avant Jésus Christ " : l'origine de l'ère commune est en effet censée être la naissance du Christ. Mais ce début de l'ère chrétienne (l'Anno Domini), qui ne s'est imposé progressivement en Europe qu'à partir du Ier millénaire, a été fixé d'après les travaux du moine Denys le Petit réalisés au VIe siècle, que l'on sait à présent être erronés et, si le calendrier historique a été précisé depuis, son origine conventionnelle n'a pas été modifiée.

Fixation de la fête
La naissance de Jésus (la Nativité) est traditionnellement fêtée le 25 décembre, à Noël, mais cette date est entièrement conventionnelle, et n'a rien d'un " anniversaire ". Elle aurait été fixée dans l'Occident latin au IVe siècle, possiblement en 354, pour coïncider avec la fête romaine du Sol Invictus, célébrée à cette date à l'instar de la naissance du dieu Mithra, né un 25 décembre ; le choix de cette fête permettait une assimilation de la venue du Christ - " Soleil de justice " - à la remontée du soleil après le solstice d'hiver. Avant cette date, la Nativité était fêtée le 6 janvier et l'est encore par la seule Église apostolique arménienne, alors que l'Église catholique romaine y fête aujourd'hui l'Épiphanie ou Théophanie.
La fête de la naissance du Christ le 6 janvier, le jour de l'Épiphanie, pourrait trouver son origine au sein de certaines communautés chrétiennes d'Égypte au IIIe siècle. Il semble que les basilidiens célébraient dès cette époque le baptême de Jésus à cette date qui se confondait déjà avec sa naissance mais la question reste débattue.
Selon la tradition catholique, c'est le pape Libère qui, en 354, aurait institué la fête de la Nativité à Rome le 25 décembre, date du Natalis Invicti ; il aurait également codifié les premières célébrations. Beaucoup de dates étaient proposées pour la naissance du Messie et il est admis que la popularité des fêtes de Mithra au solstice d'hiver dans l'Empire romain ait joué un rôle dans le choix de la date.
Les Églises orthodoxes fêtent quant à elles Noël le 25 décembre du calendrier qu'elles suivent (calendrier julien ou grégorien) et le baptême du Christ le 6 janvier. La tradition chrétienne de Noël s'inscrivant dans une démarche théologique, elle fête davantage l'évènement de la naissance du Christ, plutôt qu'elle ne célèbre une date en particulier ; dans cette optique, l'exactitude et la correspondance des dates avec la réalité historique sont donc des éléments accessoires.

Aspect doctrinal
Dans une allocution du 16 décembre 2004, Jean-Paul Jaeger, évêque d'Arras explique le choix d'une date proche du solstice d'hiver : " Les évangélistes dont un sur quatre seulement propose un récit de la naissance de Jésus étaient bien incapables d'en situer la date exacte. Excellente pédagogue, l'Église, en Occident, a fixé en 353 la célébration de Noël au moment de la fête païenne du solstice d'hiver. Le signe est magnifique. Les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin. Progressivement le jour va s'imposer à la nuit. La lumière va triompher. Le Christ naissant est alors loué et accueilli comme la lumière qui brille dans les ténèbres, comme le jour qui se lève sur l'humanité engourdie et endormie. Il est le jour nouveau qui pointe à minuit. "
Cette métaphore du Christ identifié à une lumière nouvelle qui va éclairer le monde est déjà présente dans l'évangile selon Jean (8:12). Elle est reprise fréquemment dans les homélies du temps de Noël, par exemple celle du pape Benoît XVI à l'occasion de Noël 2007 : " Dans l'étable de Bethléem, le ciel et la terre se rejoignent. Le ciel est venu sur la terre. C'est pourquoi, de là émane une lumière pour tous les temps; c'est pourquoi, là s'allume la joie. "

Un jour aux origines antiques

Enluminure, Bible géorgienne, XIIe siècle. Aucun texte chrétien ne précise quel jour dans l'année est né Jésus-Christ. Noël ne fait pas partie des fêtes suivies par les premiers chrétiens, et ne figure pas dans les listes publiées par Irénée de Lyon et Tertullien. Au IVe siècle siècle, la date du 25 décembre a été choisie comme date pour la fête de Noël, principalement dans le but de la substituer aux fêtes païennes qui étaient d'usage à l'époque, comme la fête de la renaissance du Soleil Invaincu, le solstice d'hiver, ainsi que les Saturnales romaines qui avaient, toutes deux, lieu à la période du 25 décembre.

Avant la célébration chrétienne
Bien avant l'apparition du christianisme, l'époque du solstice d'hiver était déjà une période charnière de l'année, qui regroupait de nombreuses croyances païennes relatives à la fertilité, maternité, la procréation et à l'astronomie. Elle donnait donc lieu à de nombreuses manifestations. Ces traditions antiques ont de nombreux points de similitude avec la fête chrétienne.

Préhistoire et protohistoire
Les peuples préhistoriques adoraient la lumière et ils avaient construit des temples qui aidaient à comprendre l'arrivée des saisons pour les premiers agriculteurs européens, les hommes du néolithique. Dans le temple mégalithique de Newgrange en Irlande, la lumière du Soleil ne rentre que le jour du solstice d'hiver. Les Celtes faisaient de grands feux aux solstices pour lutter contre les ténèbres. Ils avaient très peur de ces périodes sombres durant lesquelles le jour durait moins longtemps, mais en même temps, ils savaient que le Soleil allait réchauffer le sol et les plantes. Certains peuples évoquaient aussi des personnages fabuleux apportant des cadeaux lors de la fête.

Antiquité proche-orientale
Dans le culte mithraïque, la fête la plus importante - le Mithragan - se déroulait chaque année le jour du Solstice d'hiver, jour célébrant de naissance de la divinité et la victoire de la lumière sur les ténèbres. Selon une tradition mithraïque née en Asie mineure, Mithra serait né " jaillissant du rocher " (petrogène) ou d'une grotte - élément éminemment lié au culte de cette divinité - tandis que des bergers assistent à cette naissance miraculeuse dans une récit qui influencera ceux de la naissance de Jésus pour l'adapter aux thèmes païens. Il est possible qu'une tradition plus ancienne, d'origine mithraïque et mazdéenne, présentant la mère de Mithra -Anahita (ou Anahid) - comme vierge ait également influencé les premiers auteurs chrétiens. Dans les célébrations du culte mithraïque fortement développé dans l'empire gréco-romain aux IIIe et IVe siècles, le 25 décembre correspondait à la célébration du Natalis Invicti, la naissance du soleil invaincu qui reprend ses forces et fait regagner le jour sur la nuit.
Dans le Judaïsme, la fête de Hanoucca, qui commémore la réinauguration du Temple de Jérusalem profané par les Grecs anciens, a été fixée au 25 du neuvième mois lunaire, nommé Kislev, (calendrier hébreu) au voisinage du solstice d'hiver. Le premier Livre des Macchabées insiste sur l'importance de cette date et de cette célébration. Les traditionnelles représentations de la Vierge à l'Enfant puisent quant à elles leurs origines dans les représentations de la déesse d'origine égyptienne Isis allaitant Horus enfant.

À Rome
Saturnales

Dans la Rome antique, les citoyens fêtaient les Saturnales : d'abord du 17 au 21 décembre, puis plus tard du 17 au 24 décembre, les hommes et les femmes portaient des guirlandes autour du cou et s'offraient toutes sortes de cadeaux. Les gens sacrifiaient aussi symboliquement un mannequin représentant un jeune homme, pensant ainsi transmettre la vitalité du personnage à la nouvelle année. Il est à noter que la fixation à la date du 25 décembre du Solstice d'hiver est due à une erreur commise par l'astronome Sosigène, lors de la réforme du calendrier à l'initiative de Jules César en 46 avant J.-C., qui fixa les débuts des saisons avec un retard de un ou deux jours par rapport à la réalité. La fête des sigillaires, " ancêtre " de la Saint Sylvestre, concluait les festivités à la fin du mois de décembre. Pendant ce temps de bascule vers l'an neuf, les gens s'offraient des menus-cadeaux de terre cuite, les esclaves devenaient les maîtres et inversement.

Sol Invictus
À partir du règne d'Aurélien (270-275), les Romains fêtent officiellement le Sol Invictus (Soleil invaincu) au moment du solstice d'hiver qui commençait la nouvelle année, annoncée par le rallongement des jours. Ce culte reprend des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, s'est répandu aux IVe et IIIe siècles av. J.-C. et se concluait par le sacrifice d'un taureau, le Sol Invictus correspondant à la naissance du jeune dieu solaire, qui, reprenant les traditions mithraïques, était censé surgir d'un rocher ou d'une grotte sous la forme d'un enfant nouveau-né.

Autres traditions
Chez les Celtes, on évoquait le dieu Gargan, un bon géant portant une hotte remplie de cadeaux et décore déjà un arbre, symbole de vie au moment du solstice d'hiver. Il inspira le " Gargantua " de François Rabelais. Chez les Vikings, un homme habillé d'une grande cape censé représenter Odin le dieu scandinave de la guerre et souverain des divinités nordiques, visitait les maisons afin de demander si tout allait bien et d'offrir des friandises aux enfants sages. En Norvège, au Xe siècle, le roi Håkon Ier de Norvège aurait décidé que la fête du Midtvintersblot (fête du milieu de l'hiver, où le lutin Julenisse distribuait des cadeaux) serait fêtée en même temps que le Noël chrétien.

La célébration de Noël
Les premiers chrétiens ne fêtaient donc pas la naissance de Jésus-Christ comme le font les chrétiens d'aujourd'hui. Théologiquement, la royauté du Christ n'étant pas de ce monde, certains comme Origène (milieu) du IIIe siècle) refusent de célébrer cette naissance ainsi qu'on le faisait à l'époque pour un souverain temporel (roi, empereur, pharaon, reine). Il aura fallu attendre plus de trois siècles et demi pour que Noël devienne une fête religieuse officielle et encore deux siècles pour que cette fête soit généralisée.

Le début de l'ère chrétienne

Pendant près de trois siècles, les chrétiens ne semblent pas avoir célébré d'autre fête annuelle que Pâques. Progressivement va apparaitre le désir d'historiciser la naissance de Jésus-Christ. C'est à partir du IVe siècle, une fête de la conception et de la naissance de Jésus-Christ, traduites par l'Épiphanie et Noël, va prendre place à côté des fêtes plus anciennes de Pâques et de la Pentecôte dans le calendrier liturgique chrétien en composition. Attestée à Rome, sous le pontificat de l'évêque Libère, une fête de l'incarnation du Sauveur se déroule le 25 décembre à l'occasion de laquelle l'évêque rassemble les chrétiens dans la basilique nouvellement construite au Vatican, achevée en 354, dans un cadre plus général qui apparaît comme celui de la constitution d'un calendrier liturgique destiné à concurrencer, à Rome, les réjouissances païennes.
Le 25 décembre devient ainsi la date où l'on commémore la naissance de Jésus-Christ puis les célébrations du temps de la nativité vont progressivement s'étendre, à l'instar du cycle pascal, avec une période de préparation de deux à quatre semaines - l'Avent -, puis une période qui se poursuit jusqu'à la conclusion du cycle avec la célébration de la présentation de Jésus au Temple qui prend place le 2 février à la Chandeleur. N'ayant pas de correspondance avec le calendrier hébraïque, à la différence des deux autres fêtes qui suivent ainsi le calendrier lunaire, la célébration de la naissance de Jésus-Christ suivra le calendrier solaire, ce qui ne sera pas sans poser de problèmes dans la détermination de l'année liturgique. Cette commémoration se répand progressivement en Gaule et en Orient.

Au Moyen Âge

En 425, l'empereur d'Orient Théodose II codifie officiellement les cérémonies de la fête de Noël. Clovis est baptisé le soir de Noël d'une année comprise entre 496 et 499. En 506, le concile d'Agde fait de Noël une fête d'obligation. En 529, l'empereur Justinien en fait un jour chômé. En 800, Charlemagne est couronné empereur par le pape le jour de Noël. En 856, le jour de Noël, couronnement d'Edmond le Martyr, roi d'Est-Anglie.
En 1066, Guillaume le Conquérant est couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster le jour de Noël.
Au Ve siècle sous le pontificat de Grégoire le Grand, la messe de minuit se célèbre déjà. Au VIIe siècle, l'usage s'établit à Rome de célébrer 3 messes : la vigile au soir du 24 décembre, la messe de l'aurore et la messe du jour le 25 décembre. Les 40 jours qui précèdent Noël deviennent les " 40 jours de saint Martin " en l'honneur de saint Martin de Tours. La fête de Noël continue progressivement à se répandre en Europe : fin du Ve siècle en Irlande, au VIIe siècle en Angleterre, au VIIIe siècle en Allemagne, au IXe siècle dans les pays scandinaves, aux IXe et Xe siècles dans les pays slaves.
Aux alentours de l'an Mil, l'Église s'appuie sur l'importance du temps de Noël pour imposer aux seigneurs belliqueux une période de paix forcée, la Trêve de Dieu.
À partir du XIIe siècle, la célébration religieuse est accompagnée de drames liturgiques, les mystères qui mettent en scène l'adoration des bergers ou la procession des mages. Ces drames liturgiques se jouent primitivement dans les églises, puis gagnent les parvis.

À partir de la Renaissance
Au XVe siècle, les crèches apparaissent dans les églises, d'abord en Italie puis se répandent dans les foyers au XVIIe siècle. Dans les pays réformés, les célébrations de Noël, fête jugée trop païenne ou trop catholique, sont limitées. Interdites en Angleterre à partir de 1647, elles sont rétablies en 1660 mais restent mal vues de la majorité du clergé anglais. En Amérique du Nord à Boston, les premiers colons interdisent les célébrations de Noël. L'interdit sera levé en 1681. En 1893, l'Église catholique enrichit le temps de Noël en instaurant la fête de la Sainte Famille le dimanche qui suit immédiatement Noël.

Trace des calendriers julien et grégorien

Quand Jules César créa le calendrier julien, le solstice d'hiver fut fixé au 25 décembre. Mais la légère erreur du calendrier julien fit progressivement avancer solstices et équinoxes : au moment du Ier concile de Nicée de 325, le solstice tombait le 21 décembre, mais la Fête de la Nativité fut maintenue au 25 décembre, 9 mois après l'Incarnation, le 25 mars. En 354, le 25 décembre devint ainsi la date où l'on commémorait la naissance de Jésus Christ, le 1er janvier, 8 jours après la Nativité, la date de la Circoncision et le 2 février, 40 jours après Noël, celle de la Purification de la Vierge Marie (Chandeleur). En 1582, le calendrier grégorien remit le solstice, qui avait continué d'avancer jusqu'au 11 décembre, au 21 décembre, pour respecter les décisions du concile de Nicée et la réalité des saisons.
En 1582, où Pâques tombe un 11 mars, le pape Grégoire XIII décide de corriger le calendrier julien et le remplace par le calendrier grégorien, plus précis : il supprime les années bissextiles en trop, remet Pâques à l'équinoxe de printemps, retire les jours entre le 4 et le 15 octobre 1582, mais ne veut pas corriger Noël, qui tombe alors un 25 décembre, conformément au concile, mais contrairement à la fête païenne romaine.

Symboles contemporains et traditions en usage

Dans les sociétés occidentales, il existe plusieurs symboles et traditions de Noël.

Symboles chrétiens
L'Avent

Couronne de l'Avent. L'Avent est la période liturgique qui englobe les quatre dimanches qui précèdent Noël. Traditionnellement, les chrétiens allument une bougie le premier dimanche, puis une de plus chaque dimanche suivant, symboles de la lumière qui va renaitre le soir de Noël. Ces bougies sont souvent réunies sur un même support, le plus courant ayant une forme de couronne sur laquelle se répartissent les bougies.
De cette période est née la tradition du calendrier de l'Avent : cela consiste, dans une grande planche en carton prédécoupée, à ouvrir des petites fenêtres, une par jour depuis le 1er décembre jusqu'à Noël (24 jours). Chaque fenêtre contient une phrase de l'Évangile (version chrétienne), ou une petite confiserie (version païenne).

La messe de minuit et les messes de Noë

La messe de minuit, le 24 décembre au soir, célèbre la Nativité de Jésus. Traditionnellement elle commençait à minuit ; aujourd'hui elle a lieu de plus en plus souvent en début de soirée. Dans le calendrier liturgique catholique, c'est un cycle de quatre messes qui est prévu pour Noël, les messes de Noël, la messe de minuit est la deuxième.

La crèche

C'est une mise en scène de la naissance de Jésus telle qu'elle est présentée dans le Nouveau Testament : sur une table, ou à même le sol, on bâtit une étable miniature dans laquelle on dispose des personnages (en terre cuite souvent) représentant les parents de Jésus et les bergers réunis autour du nouveau-né. La première crèche aurait été réalisée par François d'Assise en 1223 à Greccio, en Italie ; il s'agissait alors d'une crèche vivante, c'est-à-dire avec des personnages réels. Depuis le XVIIIe siècle, la tradition de la crèche s'est perpétuée dans tout le monde catholique, et particulièrement en Provence où des personnages nouveaux ont été ajoutés, les santons, qui représentent les métiers traditionnels ou des scènes de la vie quotidienne de la région. Les rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar, trois érudits de l'époque de Jésus, sont représentés en route vers cette même étable, mais on ne célèbre leur arrivée qu'à l'Épiphanie.

Traditions et symboles profanes

La veillée de Noël
Repas de Noël en Europe du nord au début du XXe siècle dans une famille aisée.La soirée du 24 décembre qui, pour les catholiques, est coupée par la messe de minuit, est dans la très grande majorité des cas, passée en famille. Au Japon, les couples fêtent généralement Noël sous la forme d'une soirée romantique au restaurant, ou à la maison en famille pour ceux qui ont de jeunes enfants.
Le repas de Noël, avec la dinde de Noël et la bûche de Noël, en est le repas festif. La bûche de Noël est un dessert en forme de petite bûche ; souvent c'est un gâteau roulé recouvert de crème au chocolat, parfois il s'agit d'une glace. Cette bûche rappelle la tradition ancienne de mettre dans le feu une grosse bûche au début de la veillée ; celle-ci ayant été choisie pour sa taille et sa qualité, car elle devait brûler pendant toute la veillée.

Le Père Noël

Chargé d'apporter des cadeaux, il est représenté comme un vieil homme pourvu d'une longue barbe blanche et d'une houppelande rouge. Cette image est accompagnée de tout un folklore : traîneau volant tiré par des rennes, lettre de demande de cadeaux à son intention, son sac rempli de jouets, etc. Personnage d'invention anglo-saxonne au XIXe siècle, on trouve la première mention du " père Noël " en français en 1855. Une de ses premières représentations date de 1868, dessinée par Thomas Nast pour Harper's Weekly. À l'origine le personnage est habillé soit en vert soit en rouge au gré de la fantaisie des illustrateurs.
S'il est inspiré du saint Nicolas chrétien, notamment par ses habits, on peut aussi l'assimiler à Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même fonction à la fête de la mi-hiver, jul, en norvégien, (ou " Jol " ou " Midtvintersblot " correspond au solstice d'hiver) et aidait aux travaux de la ferme.

Les cadeaux de Noël

Couverture d'un catalogue offrant des cadeaux de Noël (1904).Les présents s'échangent le jour de Noël avec les personnes réunies sous le même toit, et dans les jours qui suivent avec la famille et les amis proches. Ces cadeaux sont bien emballés dans des papiers aux motifs colorés. Ils sont ouverts le matin de Noël, ou parfois à la fin de la veillée de Noël. Pour les enfants, ces cadeaux sont essentiellement des jouets, et Noël est la période où les marchands de jouets réalisent l'essentiel de leurs ventes.
Pour les chrétiens, ces cadeaux font référence aux cadeaux offerts à l'enfant Jésus par les rois mages : l'or, l'encens et la myrrhe. La tradition de faire des cadeaux se maintient hors de tout contexte chrétien. Gérald Berthoud, professeur d'anthropologie culturelle et sociale à l'Université de Lausanne, l'explique ainsi : " La période de Noël, qui est très chargée cérémoniellement, possède une certaine intensité rituelle. Même si nous vivons fondamentalement dans une société marchande, il y a dans cet échange de cadeaux quelque chose qui est de l'ordre du don et qui est universel dans son principe: ils créent, maintiennent et consolident des liens ; ils constituent en quelque sorte une matrice du social."

Les décorations de Noël

Le sapin de Noël. Présentes, aussi bien à l'intérieur des habitations que dans les rues, elles donnent un air de fête. Elles sont souvent lumineuses pour pouvoir être allumées dès la nuit tombée. Le sapin de Noël, toujours présent à l'intérieur des habitations, est chargé de décorer et de regrouper les cadeaux de Noël dans les familles. Le premier arbre de Noël serait apparu en Alsace en 1521. Certains auteurs font le rapprochement avec les mystères, pièces de théâtre jouées dans les églises ou sur les parvis : au temps de Noël, on représentait les récits bibliques de la Création du monde, et un sapin figurait l'arbre de vie planté au milieu du paradis terrestre.