Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3507 DU JEUDI 17 DECEMBRE 2009
Un tabou tombe

Ce n’est donc plus un secret. La Constitution sera amendée. Après les fêtes de fin d’année, les députés et les sénateurs vont reprendre le chemin du Palais du peuple pour une session extraordinaire avec au menu, notamment, la révision constitutionnelle. Un amendement rendu inéluctable par l’impossibilité matérielle et financière d’opérer le découpage territorial dans le délai prévu par la Loi fondamentale. Après avoir pratiqué la politique de l’autruche, tout le monde s’est rendu à l’évidence: le passage de 11 à 26 provinces relève dans l’état actuel des choses, de la gageure. Pis, il produirait même l’effet inverse à celui escompté.
Près de trois ans après les élections quasi générales, les institutions provinciales et leurs animateurs peinent à se doter d’infrastructures. Nombre d’assemblées provinciales sont encore des SSF (sans siège fixe). Pour leurs plénières, ces parlements .régionaux louent, quand ils ne squattent pas, qui une salle de classes, qui une salle de spectacle , qui encore un hangar. Idem pour quasiment tous les gouvernements provinciaux.
Côté financier, ces nouvelles institutions provinciales coûtent cher, très cher aux provinces déjà dépouillées de ressources. Incapables de répondre à la forte demande sociale des administrés, les provinces se sont retrouvées dans l’obligation d’installer députés et ministres provinciaux. Et ces derniers, comme dans une chaîne, ont installé les leurs. Le tout au frais de la princesse.
C’est cette expérience qu’on devait multiplier par ...26. Pas évident que la gouvernance de proximité tant recherchée allait être au rendez-vous. Pas donc sûr que le peuple allait trouver son compte. A la place, on allait assister à des scènes ubuesques où des conseils de ministres et des plénières se tiendraient sous des arbres, faute de bâtiments. Car les nouvelles provinces manquent de tout.
D’où cette question: pourquoi les architectes de l’actuelle constitution avaient-ils prévu le découpage territorial en si peu de temps? Nombre de connaisseurs de la chose politique zaïro-congolaise ne cherchent pas longtemps la réponse: la fringale de positionnement. Des acteurs politiques s’étant aménagés d’autres loges en provinces en cas de difficulté à se faire caser dans les institutions centrales à Kinshasa. D’autres encore misaient sur l’élévation de leurs bleds au rang de province pour avoir à régner quelque part. Les voilà rattrapés par la réalité. Derrière les idéaux de gouvernance de proximité se cachait en fait le nombrilisme qui tient lieu de raison sociale pour nombre d’opérateurs politiques. Car le malheur des Congolais ne résulte pas de la forme de l’Etat. Il est plutôt le fait des dirigeants.
José NAWEJ









































































































































































































































































































































































































































































































A LA UNE
Remaniement AMP: les chefs de partis ciblés !
*A l’approche des échéances électorales, certaines officines de la Kabilie suggèrent que les ténors de la Majorité quittent l’Exécutif pour mieux préparer la campagne

La fin de la session budgétaire qui est intervenue mardi dernier au Palais du peuple avec l’adoption du budget de l’exercice 2010 après harmonisation des deux chambres du Parlement résonne dans les états-majors politiques de la majorité comme un nouveau rendez-vous avec le très attendu remaniement du Gouvernement. Il y a plus d’un mois, en effet, les salons capitonnés de la capitale avaient grouillé d’une rumeur annonçant que ce remaniement allait intervenir après l’adoption du budget, cela après plusieurs rendez-vous manqués depuis que le Chef de l’Etat a évoqué la question voici plus de sept mois.
Comme toujours, l’enjeu de ce réaménagement de l’équipe Muzito tourne autour du besoin d’imprimer à l’Exécutif national plus d’efficacité. Des situations successives sont intervenues depuis sept mois pour justifier ce réaménagement. Il s’agit, par exemple, des vides laissés à certains postes après la mort de Philippe Futa de l’Economie et le départ du ministre de la Recherche scientifique à la CEPGL, notamment. Sans oublier la nomination, fin janvier 2009, de l’alors ministre des Relations avec le Parlement en qualité de directeur de cabinet du chef de l’Etat. Pour ce nouveau rendez-vous, une certaine opinion estime que le Chef de l’Etat devrait tirer les conséquences des nouvelles orientations qu’il a données au Gouvernement lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé le 7 décembre 2009 devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès. Joseph Kabila avait, à l’occasion, déclaré vouloir consacrer l’année 2010 au social, autant qu’il avait assigné au Gouvernement des priorités économiques et financières, notamment dans la perspective de l’assainissement du climat des Affaires.
D’autre part, le nouvel accord formel conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI) est assorti d’une série d’objectifs à atteindre pour voir la RDC accéder au point d’achèvement de l’Initiative des pays pauvres très endettés (PPTE). Et au volet politique, l’année 2010 constituant une charnière vers l’année électorale 2011, certains observateurs croient que la majorité devrait s’ajuster, comme l’a fait savoir récemment le secrétaire exécutif adjoint de l’AMP, Koyagialo Gbase Te Gerengbo. Un ajustement qui impliquerait la mise en disponibilité des leaders dont la plupart sont actuellement aux affaires.
Ce programme qui augure un nouvel ordre de gestion de la chose publique convainc les observateurs de la nécessité de réaménager le Gouvernement, notamment dans les secteurs les plus directement concernés. On estime, d’autre part, que la brève production du petit groupe de députés de l’AMP qui ont tenté d’initier un courant rénovateur s’inscrirait dans la logique d’éveiller l’attention et ramener sur la table le dossier du remaniement.
Dans tous les cas, seul le Président de la République, qui a évoqué le sujet depuis belle lurette, détient la décision quant à ce remaniement. Pour cela, toutes les supputations glanées ça et là ne relèvent, jusque là que de la spéculation. Ceci d’autant plus qu’à ce jour, il n’est pas encore observé de manœuvres dans ce sens au sein de la majorité. Mais ce qui est sûr, c’est que les leaders politiques sont désormais aux aguets pour cette fin d’année qui paraît être de tous les enjeux. Normal, alors, si la plupart de députés-candidats ne gagneront pas leurs bases respectives pour les vacances parlementaires. Nombre d’entre eux soutiennent, en effet, la thèse du remplacement des chefs de partis actuellement aux affaires par les élus, estimant que ceux-ci répondraient le mieux aux attentes de leurs électeurs. Jonas Eugène KOTA

ENJEUX DE L'HEURE
DU 15 JANVIER AU 15 FEVRIER 2010
L'Assemblée nationale convoquée en session extraordinaire
L'Assemblée nationale est convoquée en session extraordinaire du vendredi 15 janvier au lundi 15 février 2010. C'est du moins la substance de la décision signée le 15 décembre 2009 par le président de cette Chambre basse du Parlement, Evariste Boshab.
A l'ordre du jour de cette session extraordinaire, précise l'article 2 de la décision du président de l'Assemblée nationale, il y a huit points qui sont retenus: l'examen et l'adoption du Projet de loi portant code des marchés publics, le Projet de loi organique portant code de l'organisation, du fonctionnement et des compétences des juridictions de l'ordre judiciaire seront traités au cours de cette session extraordinaire.
Le Projet de loi organique relatif à la procédure devant la Cour de cassation, le Projet de loi organique portant organisation, fonctionnement, compétence des juridictions d’ordre administratif font encore partie des matières retenues pour cette session. La loi portant mise en œuvre de la convention sur l'interdiction de l'emploi, du transport des mines antipersonnel et sur leur destruction en RDC ainsi que la loi portant fixation des subdivisions territoriales à l'intérieur des provinces seront également examinées et adoptées au cours de cette session extraordinaire qui prendra un mois. La dernière loi retenue à l'ordre du jour de la session est celle portant organisation des élections présidentielle, législative, provinciale, urbaine, municipale et locale.
"La demande de convocation de l'Assemblée nationale en session extraordinaire, explique la décision du président de cette institution, a été exprimée par son bureau au cours de sa réunion du 14 décembre dernier ". La convocation de cette session est conforme aux prescrits de la constitution, spécialement en ses articles 100 et 116, et au règlement intérieur de l'Assemblée nationale en ses articles 28 (point 6), 56 et 57.
Pendant un mois, les députés nationaux vont travailler d'arrache-pieds pour examiner et adopter les huit matières prévues à l'ordre du jour de cette session qui commence le 15 janvier 2010. Comme qui dirait, l'Assemblée nationale entame l'année nouvelle avec la session extraordinaire. Celle-ci va ainsi écourter les vacances parlementaires devant, en principe, prendre trois mois. Dorian KISIMBA

FORUM ECO
COMPAGNIE AERIENNE LIBYENNE A VOCATION MONDIALE
Afriqiyah Airways atterrit en RDC avec ses «Airbus»
«Afriqiyah Airways est considérée comme une des meilleures compagnies aériennes africaines en expansion permanente. La compagnie a, par ailleurs, été citée parmi les quatre meilleurs transporteurs aériens de l’année 2008 par le célèbre magazine IC Publications, spécialisé dans le monde de l’aviation moderne». C’est par ces mots que le Directeur général d’Afriqiyah Airways, M. Mohammed B. El. Meshekhy, a ouvert la conférence de presse tenue hier au Cercle de Kinshasa pour présenter la société aérienne libyenne.
Dans son speech, le Directeur général d’Afriqiyah (mot signifiant Afrique en swahili), Mohammed B. El. Meshekhy, qu’entouraient son staff et quelques partenaires dont M. Stavros de la société Hewa Bora, a d’abord expliqué que sa compagnie a débuté ses opérations en novembre 2001 et ce, après avoir obtenu l’accréditation IATA/AACO/AFRAA. Afriqiyah a ainsi développé un réseau en rapide expansion vers quinze pays en Afrique, sept en Europe, trois au Moyen-Orient et trois en Asie. «Bientôt, Pékin et Manille vont être ajoutées à ces destinations», explique Mohammed B. El. Meshekhy, avant de préciser l’objectif d’Afriqiyah, celui d’être «parmi les meilleures compagnies aériennes à relier l’Afrique à l’Europe et l’Asie en assurant à ses passagers un service de qualité optimale».

DES AIRBUS POUR RASSURER LES PASSAGERS

La compagnie libyenne ne lésine pas sur les moyens pour rassurer ses passagers et ce, à travers un contrat signé avec «Airbus Industries» pour disposer d’une flotte moderne d’aéronefs comprenant 11 Airbus A320, 3 Airbus A319, 3 Airbus A330, 6 Airbus A350, plus 3 options d’achat. De ce nombre, 8 appareils ont déjà été livrés entre 2007 et 2009, confie à la presse Mohammed B. El. Meshekhy. «Afriqiyah a résolument choisi d’installer sur ses avions les technologies les plus modernes du marché aéronautique, tels que les moteurs CFM, les équipements de navigation et le cockpit en verre. Les sièges
en cabine ont été installés par le SECMA, le meilleur fournisseur mondial et l’espace de confort entre les sièges est de 47’’ en Business Class et de 32’’ en classe éco», ajoute l’orateur du jour.
Pour conclure son speech, Mohammed B. El. Meshekhy ajoute d’autres détails à l’intention des passagers d’Afriqiyah: «Les sièges de l’Airbus A330 peuvent être déployés à 100% en position couchée. Le système IFE (In-Flight Entertainment System) est fabriqué par Tales, qui est leader mondial dans les produits de détente à bord. Chaque passager peut ainsi regarder ou écouter son programme de façon individuelle et ce, quand il le souhaite. Afriqiyah Airways porte toute son attention sur le bien-être des passagers dans le cadre d’une saine concurrence commerciale de façon à offrir à ses clients des performances de haute qualité». Quant aux jours de vol, c’est mercredi, samedi et dimanche qu’Afriqiyah dessert la ligne Kinshasa-Bruxelles-Kinshasa, avec un transit d’une heure ou deux.
M. M.
La grève des régies financières hypothèque les fêtes de fin d'année, selon la FEC
La Fédération des Entreprises du Congo (FEC) demande au gouvernement de résoudre dans les plus brefs délais la situation des régies financières, en grève depuis près de deux semaines. Elle se demande comment la population pourra bien fêter alors que des tonnes de marchandises restent bloquées aux différentes douanes du pays. " Nous pensions que le gouvernement pouvait réagir assez rapidement pour débloquer la situation, mais jusqu'à présent, nous ne faisons qu'attendre… ", a déclaré Dieudonné Kasembo, président de la commission nationale des petites et moyennes entreprises et commerce de la Fec.
Ce dernier affirme qu'il y a même des industries brassicoles de la place qui ne peuvent pas opérer, parce que les services de douane ne fonctionnent pas, les produits indispensables au fonctionnement de ces industries étant bloqués dans ces services de douane.
Les régies financières sont en grève depuis plus d'une semaine. Leurs réclamations tournent autour des arriérés de salaire et du bonus par rapport à la production de l'exercice 2009. Ce débrayage a engendré plusieurs problèmes dans le pays, notamment le blocage de plusieurs marchandises au niveau des douanes. Les activités économiques sont paralysées dans la ville de Matadi. Au port international de cette ville, les marchandises ne sortent pas. La même situation est observée également au port de Boma. Conséquence : les travailleurs et les personnes qui dépendent des activités portuaires sont au chômage. La société civile de Matadi craint que cette situation n'occasionne une augmentation de l'insécurité dans les deux grandes villes portuaires du Bas Congo pendant cette période des fêtes.
Au Nord Kivu, c'est depuis jeudi dernier qu'une dizaine de camions de marchandises sont bloqués à la douane de Beni appelé communément Terminal des containers de Beni. Les propriétaires de ces véhicules affirment qu'ils ne peuvent pas déclarer leurs marchandises à cause de la grève des agents de l'OFIDA. Cette situation inquiète la Fec / Beni. Elle estime que cette situation susceptible d'entraîner la hausse de prix des produits importés en cette période festive. " Nous ne savons pas ou donner de la tête maintenant. Généralement la veille des fêtes, les commerçants importent beaucoup de produits. Et je vous assure qu'il y a énormément de marchandises qui sont bloquées au niveau de toutes les douanes du pays. Nous craignons le pire avec une population qui ne pourra pas bien manger ni boire pendant les fêtes. Cela risque de se retourner contre nous les opérateurs économiques ", a encore souligné à radiookapi.net, le président de la commission nationale des petites et moyennes entreprises et commerce de la Fec.
La Fec demande au gouvernement de se réveiller et de débloquer cette situation de grève qui vient s'ajouter à celle des sociétés de commerce. Dieudonné Kasembo conclut : " Si le gouvernement ne se soucie pas des problèmes des recettes, nous les opérateurs économiques, il y va de l'intérêt de nos affaires. Le gouvernement ne doit donc pas rester indifférent par rapport à cette pression. "
RO/FDA
NATION
La MONUC déploie plus de 500 soldats à Dongo
La Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) a déployé près de 600 casques bleus à Dongo, dans le territoire de Kungu, district du Sud Ubangi en Equateur, qui est désormais sous le contrôle des FARDC et de la Police Nationale Congolaise. Le porte-parole de la mission de l'ONU en RDC (MONUC), Madnodje Mounoubai, qui a livré l'information hier lors du point de presse hebdomadaire de la mission onusienne, a indiqué que le contingent est composé de ghanéens, tunisiens, égyptiens et d'autres forces spéciales guatémaltèques.
Ces troupes sont dotées de véhicules blindés de transport et de deux hélicoptères de transport, en attendant des hélicoptères de combat qui sont également prévus. D'autre part, une équipe de génie qui a été dépêchée sur les lieux, entreprennent des travaux de réhabilitation des infrastructures routières, notamment des ponts.
Quant aux opérations militaires, les FARDC, qui sont déployés sur l'axe Dongo - Gemena qu'elles contrôlent, progressent vers Libenge et poursuivent des opérations de ratissage dans les zones sous contrôle.
D'autre part, le commandant de la Force de la MONUC, le général Babacar Gaye, s'est rendu mardi à Dongo où il a conduit une mission d'évaluation de la situation sur terrain où les forces onusiennes soutiennent les FARDC engagées sur trois axes, à, savoir : au Nord entre Gemena - Mbari et Libenge, dans l'axe central Gemena - Bozene - Kungu - Dongo, ainsi que dans l'axe Sud Mbandaka-Imesse, le long de la rivière Ubangi. La MONUC s'est engagée à fournir tous les 5 jours des rations alimentaires pour 1.500 soldats. Lors de cette mission, Babacar Gaye s'est rendu compte de l'effectivité du contrôle de cette localité par les forces gouvernementales.
Il a constaté que les Forces armées de la RDC étaient les seuls maîtres à Dongo. Le général Gaye s'est même entretenu avec le chef d'état-major des forces terrestres des FARDC, le général Gabriel Amisi. " Le contrôle de Dongo dans le Sud-Ubangi est un pas en avant vers le rétablissement de la paix dans la province de l'Equateur ", a déclaré le commandant des forces de la Monuc au terme de sa mission.
La situation actuelle sur terrain indique que, le front militaire s'est déplacé vers le sud où des combats se poursuivraient vers Enyele (50 kilomètres de Dongo) selon quelques indiscrétions de l'armée congolaise. Au plan humanitaire, la délégation onusienne a constaté que Dongo a été désertée par ses habitants. De nombreuses habitations se trouvent en bon état, tandis que d'autres ont été détruites ou endommagées. Le marché local garde encore les traces de la furie des hommes et de l'ampleur du feu qui l'a dévoré. De hautes herbes ont envahi l'agglomération jusqu'aux toitures des maisons en paille ou en tôle ondulée.
La seule présence civile constatée est celle de deux hommes arrivés par pirogue à Dongo en provenance d'Eboko, sur l'autre rive de l'Ubangi au Congo Brazzaville. Ils étaient venus voir l'évolution de la situation sur place afin d'apporter la nouvelle à leurs frères restés à Eboko, au Congo Brazzaville. JEK

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
Léonard Mashako Mamba éteint le feu à l’UPN
Le calme a été troublé mardi, le 15 décembre, sur le campus de l’Université pédagogique nationale de Kinshasa-Ngaliema (UPN). Au centre de la confusion, une rumeur faisant état de la suppression de certaines facultés de cette institution, l’un des établissements d’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), contrôlés par l’Etat congolais. Pour manifester leur mécontentement et protester contre cette information qui s’est avérée non fondée par la suite, les étudiants ont brûlé des pneus sur le tronçon de la Route de Matadi qui passe devant leur université.

Aussitôt informé de la situation, le ministre de tutelle, Léonard Mashako Mamba, a effectué une descente sur les lieux afin de calmer les esprits déjà surchauffés. En bon sapeur pompier, Léonard Mashako Mamba a rassuré les étudiants qu’aucun arrêté n’a été pris dans ce sens.
Il est important de rappeler que cette manifestation des étudiants de l’ex-Institut pédagogique national (IPN), fait suite à celle des étudiants de la Faculté de Polytechnique de l’Université de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasai-Oriental. Consécutivement donc à la situation observée à l’Upn, la tension est montée d’un cran le même mardi, 15 décembre à l’Université de Mbuji-Mayi (UM). Selon notre confrère Patrice Kabamba sur place à Mbuji-Mayi et qui nous a joint le même jour au téléphone, la situation a été provoquée par un mécontentement généralisé des étudiants de la Faculté de Polytechnique, suite à une décision de leurs autorités académiques qui ont déclaré blanche, l’année académique 2008-2009 pour cette faculté.
Pour manifester leur mécontentement, les étudiants ont barricadé les routes de la ville et brûlé des pneus. Selon la source, la manifestation a commencé dans la matinée de lundi, 14 décembre dans la capitale mondiale du diamant industriel. Pour faire entendre leur voix, les manifestants ont constitué une commission pour négocier aussi bien avec les autorités politico-administratives de la province du Kasaï-Oriental qu’avec les responsables de leur université, en vue d’un dénouement pacifique de la crise.
Notre confrère a laissé entendre que cette étape de dialogue a été amorcée le même mardi. Interrogé sur les principales motivations de la décision des autorités académiques de l’UM, la même source a avancé deux raisons. La première, le refus des étudiants de cette faculté de Polytechnique de payer le montant de 200 dollars américains exigés pour l’année académique 2008-2009. D’où, pour les autorités académiques, seul le paiement préalable de ces frais garantit la suite des activités pour la nouvelle année 2009-2010. Auquel cas, l’année 2008-2009 est déclarée ublanche. Mais les étudiants concernés ne l’entendent pas de cette oreille. La deuxième raison, les absences répétées et prolongées des professeurs.
Laurel KANKOLE
Les accidents de circulation se multiplient à Kinshasa
Cette fin d'année s'annonce particulièrement meurtrière sur les routes de Kinshasa. Il ne se passe, en effet, pas un jour sans que la capitale ne connaisse un grave accident de circulation sur ses routes. La police spéciale de roulage a enregistré ces derniers jours une dizaine d'accidents qui ont causé plus de 8 morts. Le service national de prévention routière a confirmé que la fréquence de ces accidents s'est élevée ces derniers temps.
Elle explique cette montée par l'intense circulation des Kinois en cette période de préparation des fêtes de fin d'année. Les multiples travaux de réfection des avenues à travers la ville expliquent également ces accidents. Sur le cas particulier du Boulevard du 30 juin, le manque de traçages et autres marques sont également à la base des accidents qui s'y observent. D'autres observateurs relèvent l'absence de panneaux de signalisation comme la principale cause des accidents de circulation. JEK.

Province Orientale : la population de Djugu demande à la CPI de poursuivre les fournisseurs d'armes
" Que la CPI poursuive aussi les gens qui ont envoyé les armes ici à cause desquelles on a arrêté les Thomas Lubanga ", soutiennent plusieurs habitants du territoire de Djugu en Ituri, en Province Orientale. Ces habitants du territoire de Thomas Lubanga, ont mis à profit la visite du président de la CPI pour exprimer mardi leurs vœux. Le président de la Cour pénale Internationale a effectué un séjour de 48 heures en Ituri.
A l'issue de cette descente sur terrain, mardi, le juge Sang-Hyun Song s'est adressé à environ 400 personnes réunies dans la salle paroissiale de l'église catholique locale. Le fonctionnement général de la CPI ainsi que la question de savoir de qui cette juridiction internationale a reçu mandat d'intervenir en République Démocratique du Congo, sont là les sujets autour desquels ont tourné les échanges avec la population.
D'entrée de jeu, le juge Sang-Hyun Song a révélé à l'assistance l'identité de celui qui a invité la CPI en RDC et pourquoi cette invitation a été lancée : " Le gouvernement de ce pays a invité la Cour pénale internationale à lancer ses activités sur la situation en RDC parce qu'il était incapable d'initier des enquêtes ou d'engager des poursuites. Il est illégal d'employer la force pour enrôler les enfants de moins de 15 ans dans des groupes armés et de les obliger à participer au combat. ", a déclaré le président de la CPI comme pour légitimer, aux yeux de la population, l'arrestation de Thomas Lubanga. " Est-ce que nous avons des usines des armes chez nous ? ", ripostent les habitants du territoire du congolais actuellement à la Hayes pour répondre des crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour lesquels il a été interpellé. C'est ainsi que plusieurs de ceux qui ont suivi l'adresse du président de la CPI ont soutenu qu'il serait injuste d'arrêter seulement Thomas Lubanga. Ils avancent qu'il faut traquer ceux qui lui ont fourni les armes.
Le juge Sang-Hyun Song s'est rendu, avant la fin de sa mission, au poste d'encadrement administratif de Fataki, une cité située à environ 100 kilomètres au nord de Bunia, en territoire de Djugu. Le président de la Cour pénale intenationale (CPI) est le premier haut responsable de cette cour à se rendre à Djugu, territoire d'origine de Thomas Lubanga.
FDA/RO.

De faux justificatifs pour tromper les bailleurs

"Nous, infirmiers, ne trouvons pas tellement notre compte dans les fonds destinés aux vaccinations de masse ou de routine pour les enfants et leurs mères. Nous sommes obligés de travailler et de parcourir de grandes distances, affamés. Il faut vacciner au moins 95 % de la population cible. Tel est le mot d'ordre", raconte un infirmier titulaire de Kambundi à 50 km de la ville de Kananga, chef lieu du Kasaï-Occidental au centre de la RD Congo. Sans moyens, ces infirmiers en peuvent accomplir tout ce qui leur est demandé. Mais les responsables extérieurs du projet n'en savent rien, les chiffres qui leur sont donnés sont biaisés.
"Tout semble indiquer que le travail est bien fait, s'indigne N.A un agent de contrôle du bureau central de Kananga qui est allé en mission dans les centres de l'intérieur. Les factures et reçus des achats réalisés sont en ordre, des listes nominatives sont dûment signées par les bénéficiaires de l'activité, des rapports sont établis de manière à justifier toutes les dépenses. Cependant, les agents touchent entre 3 et 5 $ à la place des 20 ou 25 $ écrits sur papier et réellement prévus pour les encourager à bien travailler. "
Les dépenses des bureaux sont mises sur le dos de ces pauvres infirmiers des différentes aires de santé alors qu'ils n'en ont retiré quasiment rien. Comment arrivez-vous à trouver ces justificatifs ? "A l'impossible nul n'est tenu, répond François Mukendi, ancien gestionnaire de l'hôpital de référence de Lukonga à Kananga : nous rencontrons les détenteurs des facturiers pour obtenir les différents justificatifs à présenter chez les bailleurs. De temps en temps, l'UNICEF, GAVI Alliance (une association d'Ong qui s'occupe de la vaccination et de l'immunisation dans le cadre du programme de prévention) ou d'autres partenaires doutent de certaines pièces et nous les renvoient".
En définitive, le travail est bâclé et les enfants de l'arrière-pays ne sont pas vaccinés. C'est ainsi que l'an dernier, des cas de polio ont été dépistés dans les aires de santé de Luebo, Mueka et présentés à l'OMS, antenne de Kananga alors que la maladie semblait éradiquée au Kasaï-Occidental.
Julienne Elameji

Katanga : l'appât du gain multiplie les Onge secteur agricole ciblé pour lutter contre la pandémie en RDC
Trop d'Ong sont considérées comme un moyen pour capter des financements extérieurs qui vont enrichir leurs promoteurs aux dépens des activités utiles. Quelques Ong bien gérées font exception. Reportage au Katanga à l'extrême sud de la RD Congo.

"C'est mon Ong. Mon entreprise. Vous n'avez pas de leçons à me donner". Ces paroles, prononcées par un coordonnateur d'une Ong, résonnent aux oreilles de Christian Mbunda qui raconte son aventure : "Au début, nous fonctionnions avec les cotisations des membres. Nous avons loué un local pour installer une Ong agricole. Quand nous avons obtenu un financement, du coordonnateur aux membres, chacun voulait s'enrichir". Cet ex-membre d'Ensemble contre la faim et la misère (ECFM) ne veut plus s'affilier à quelque association que ce soit.
Lubumbashi, au Katanga compte toutes sortes d'Ong. Certaines ne sont que de simples mentions sur les murs de bâtiments devenus des magasins d'alimentation ou des habitations. D'autres encore n'existent que de nom sur les documents du coordinateur. Des Affaires sociales à l'Environnement en passant par le Conseil régional des Organisations non gouvernementales (Crong), personne ne connaît leur nombre avec exactitude. Le Crong en compte73, le Centre d'apprentissage et d'appui agricole 40, la Centrale des coopératives du Katanga 11 et les associations des handicapés en ont une vingtaine. Mais bien d'autres existent.

Transparence dans la gestion
Membre de l'une d'elles, Jean-Pierre Ndala se plaint : "Dès qu'on a eu le premier financement, le coordonnateur s'est acheté une voiture neuve et a dit qu'elle servirait aux courses de l'Ong. Le budget en a souffert". Selon le coordonnateur du Crong, il faut se donner certaines exigences pour bien mener une Ong : être transparent dans la gestion financière et la gestion des conflits ; savoir se fixer des objectifs et identifier les priorités. Enfin, il est important de respecter les délais fixés pour l'exécution d'un projet. "Nous formons les Ong pour qu'elles puissent gérer les ressources et financements afin de réaliser leurs objectifs. Mais malheureusement, toutes ne sont pas affiliées à la plateforme ", explique-t-on au Crong.
Différentes raisons sont invoquées pour justifier les problèmes de gestion. Ainsi, Ezéchiel Tshibangu Tshanz, de Vision, soins et éducation pour tous, pense qu'ils sont à mettre en rapport avec les conditions de vie des employés : "Imaginez quelqu'un d'affamé mais qui a la charge de faire les achats de l'Ong. II sera tenté de soutirer un peu d'argent pour le repas du soir chez lui". Au service urbain des Affaires sociales, on n'est pas du même avis. "La gestion est une question de personnalité, de bonne gouvernance. Si le besoin pour la communauté est d'avoir une école, chacun mettra la main à la pâte pour qu'elle soit construite. Mais si les besoins sont ceux des dirigeants et non de la communauté, l'argent sera mal utilisé", déclare Philémon Kasongo, chargé des actions sociales. Germain Kafwimbi, coordonnateur du Crong, abonde dans ce sens. Rien ne fonctionne si les fondateurs ou dirigeants d'une Ong n'ont pas, au préalable, consulté la population et ne connaissent pas les difficultés auxquelles celle-ci est confrontée. "Ceux qui prétendent parler au nom des paysans ne leur donnent même pas l'opportunité de progresser. Voilà qui crée un fossé d'incompréhension entre dirigeants et bénéficiaires", explique Germain Kafwimbi.

Répartir les responsabilités
Cependant, malgré ces difficultés, certaines ong du Katanga sont crédibles et ont la confiance des bailleurs. Au Cenagri par exemple, de vastes étendues de champs renseignent suffisamment sur leur travail sur le terrain. Le centre apprend à ses 2700 membres (dont 775 agriculteurs) à se prendre en charge. Les agronomes suivent les agriculteurs et proposent des méthodes et techniques agricoles. Ici, être membre, ce n'est pas passer son temps au siège de l'Ong mais être à son poste de travail en appliquant les leçons reçues à la formation. "Il faut leur apprendre à faire des projets à court terme pour la survie mais aussi à moyen et à long terme pour le développement individuel et celui de la communauté", déclare le coordonnateur du Cenagri. Depuis 1991, le Centre en est à son 15e partenaire financier. Parmi les secrets de sa longévité, le coordonnateur parle de la répartition des tâches. "Il faut que la personne chargée de la logistique, ne soit pas la même que celle qui tient la caisse, pas non plus que celle qui remplit les livres des comptes. Si la sortie de l'argent exige plus de deux signatures, il est possible de freiner la fraude".


Nord Kivu : confort et ponctualité assurent le succès des bus ougandais à Beni
Les bus ougandais confortables et ponctuels ont la cote chez les passagers de l'Est de la RD Congo, fatigués de voyager entassés comme de la marchandise ou juchés sur les toits d'antiques véhicules. Une concurrence qui réveille les opérateurs locaux soucieux de ne pas perdre tous leurs clients.
"Sincèrement, malgré mon esprit patriotique, je préfère prendre place à bord de ce bus qui a un confort digne de soi et qui respecte les conditions de voyage", jure Etienne Kambale, un voyageur de Beni, au nord de Goma, montrant du doigt un bus ougandais en stationnement. Chaque mercredi, vendredi et dimanche, l'ambiance est inhabituelle au parking du centre-ville. De gros bus peints en vert et jaune frappés de la mention "Nile coach" chargent des passagers et relient les villes congolaises de Bunia, Kisangani, Aru, Mahagi, Kasindi, etc.
Ces véhicules viennent de l'Ouganda voisin et desservent les lignes intérieures de l'est de la RDC. Propres, ponctuels, dotés de bons sièges, ils ont fini par conquérir le cœur des Congolais qui ne regardent plus la nationalité de l'exploitant. Contrairement à d'autres qui mettaient par exemple trois à quatre jours pour faire les 900 kms qui séparent Beni de Kisangani, le chef-lieu de la Province Orientale plus au sud. Ces bus font le trajet en une journée et demie. "Chaque mercredi, nous quittons Beni pour Kisangani que nous atteignons le lendemain matin à 10 heures", témoigne fièrement Richard Kambale, gérant de cette compagnie à Beni.

Bon bus chasse vieux camions
Côté tarif, les nouveaux bus défient les autres sociétés de transport : 50 $ pour le trajet Beni-Kisangani. "Actuellement, je bouge à tout moment. Auparavant, pour la même distance, il fallait payer plus de 200 $ en avion ou jusqu'à 100 $ par véhicule sans espoir d'arriver à temps", se souvient Gaston Matesho, un des commerçants qui voyagent maintenant par bus.
En l'absence des services publics de transport dans cette partie est de la RDC, des habitants ont eux-mêmes, depuis des années, mis en place un réseau informel de taxis collectifs. Des "taxis", minibus ou de gros camions hors d'âge et sans confort étaient jusqu'il y a peu les seuls moyens de transport. Mais depuis mi-2009, ces bus ougandais ont fait leur apparition. Profitant de la réhabilitation des routes congolaises, ils supplantent ainsi ces vieux véhicules au grand soulagement des voyageurs.
Des passagers, jadis entassés à l'arrière des véhicules avec les marchandises, les chèvres, moutons, poules, etc. ne veulent plus de ces conditions inhumaines "Je ne monterai plus à l'arrière de camions pour voyager, déclare un passager qui vient d'acheter un billet de bus. Vous savez lorsqu'il pleut, c'est tout un problème. En plus, nos routes ne sont pas macadamisées, la poussière gagne tous les passagers. On risque même de tomber malade à l'arrivée". "Je me réjouis de pouvoir voyager dans de bonnes conditions", déclare Micheline Eponka, une commerçante qui ne voyageait plus depuis que par les Antonov qui avaient remplacé les véhicules dans la contrée. Avec ce bus, j'ai le temps de vivre la forêt équatoriale, d'acheter du miel et la viande boucanée dans les villages des Pygmées".

Im iter le bon exemple

L'arrivée des Ougandais interpelle les propriétaires de véhicules congolais qui pour ne pas perdre toute leur clientèle, commencent à changer. A l'agence de voyage «Les enfants d'abord» tenue par des Congolais, l'heure est à la rénovation. Depuis l'arrivée de nouveaux concurrents, cette agence améliore les conditions de voyage des passagers. "Présentement, nous venons d'acquérir un gros bus qui dessert la ligne Beni-Kisangani. Nous respectons le nombre de sièges et tâchons d'être ponctuel", déclare Norbert Kambale, le gérant, qui poursuit : "Nous sommes actuellement l'une des compagnies congolaises qui tient tête aux Ougandais".
De son côté, l'Association des chauffeurs du Congo (ACCO) secoue ses membres et recommande aux chauffeurs de bien traiter les clients. "Nous leur avons, par exemple, recommandé de respecter les places assises et de ne plus entasser les voyageurs comme de la marchandise", déclare Alphonse Musayi, président de la corporation des chauffeurs de Beni. Avec l'aide de la police spéciale de roulage, tout taxi (voiture) qui transporte plus de personnes que de places assises est arrêté et son propriétaire sommé de payer une contravention.
Jacques Kikuni Kokonyange (Syfia Grands Lacs)


Equateur : 6 corps criblés de balles découverts au bord d'un îlot à Mbandaka
Des pêcheurs ont découvert mardi au bord d'un îlot, en face du chantier naval de l'Onatra, à Mbandaka, 6 corps d'hommes criblés de balles embarqués dans une pirogue. Selon des témoins, il s'agirait des combattants Enyele qui auraient été tués dans un accrochage.
La nouvelle s'est répandue mardi dans la ville de Mbandaka comme une traînée de poudre. Les forces de l'ordre et plusieurs badeaux ont afflué sur la rive pour voir le macabre spectacle. Il y avait dans une pirogue 6 hommes morts. Tous avaient des traces de plaie par balle. Certains portaient des jupes de raphia et des bandeaux rouges au bras. Des machettes, des flèches et quelques munitions de guerre ont été également retrouvées dans la même pirogue.
Des indices qui ont laissé les témoins du spectacle dire que ces victimes étaient liées au conflit en cours au nord-ouest de l'Equateur. La police nationale congolaise est également de cet avis. Elle a précisé que les corps des victimes étaient encore frais. Ce qui veut dire qu'elles venaient de perdre la vie 24 heures auparavant, tout au plus. Pour les sources policières de Mbandaka, il ne peut s'agir que des Enyele qui auraient été tués lors d'un affrontement qui aurait eu lieu au niveau du campement de Ntanga

CULTURE & DETENTE
FAUTE DE MUSEE D'ARTS
Les " Pablo Picasso " congolais meurent sans histoire
S'il existe des domaines dans lesquels la RD Congo aligne des talents, celui de l'art en est un. Beaucoup de musiciens, de potiers ; de peintres, de sculpteurs, de graveurs et autres caricaturistes. C'est donc dans cette diversité que se trouve la richesse de l'art congolais.

Cependant, on constate que si les musiciens se font très vite et facilement découvrir grâce aux médias, les autres artistes vivent totalement dans l'anonymat. Il s'agit particulièrement des sculpteurs et des peintres. Nombreux sont ces " Pablo Picasso " congolais qui vivent et qui mourront sans que leur histoire ne soit connue des générations présentes et encore moins à venir. Evidemment, la comparaison avec le célèbre peintre espagnol, Pablo Ruiz Picasso, n'est pas à prendre au premier degré. Qu'à cela ne tienne, la RD Congo compte des artistes qui ne déméritent pas. Compte tenu du fait que toute œuvre d'art se distingue par son originalité.
En rapport avec le constat fait, nombre d'observateurs sont unanimes pour affirmer que si les artistes congolais sont peu connus aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur, c'est parce qu'il n'existe pas de musée d'arts. Par conséquent, des artistes de renom tels Liyolo Limbe, Lufwa (sculpteurs), Chéri Samba, Botembe (peintres) pour ne citer que ceux-là, ne sont présents que dans quelques manuels de cours dispensés dans les programmes spécialisés de certaines options du système scolaire congolais.
Logiquement donc, ceux des enfants congolais des générations présentes et futurs qui n'auront pas été dans ces filières spécifiques, n'auront jamais connu le grand Liyolo ou l' " immortel " Lifwa qui vit encore à travers son géant batteur de tam-tam à la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN). Pourtant, ces célébrités de la sculpture et de la peinture congolaise n'auront pas vécu inutilement.
En ce qui concerne Me Liyolo Limbe par exemple, cet ancien étudiant de l'Académie des beaux arts de Vienne en Autriche et actuellement professeur à l'Académie des beaux arts de Kinshasa, est auteur de plusieurs œuvres éparses. Certes, si en leurs temps, ces réalisations avaient procuré un gain (financier) immédiat à leurs auteurs, l'idéal serait que ces différentes productions artistiques soient conservées dans un musée. L'intérêt en cela serait non seulement, la promotion de l'artiste mais aussi, un effet déclencheur du tourisme. En d'autres termes, le pays développerait un marché d'arts interne.
Malheureusement, pareille initiative semble ne pas exister, même en termes de projet. Plusieurs ministres se sont succédés à la tête du ministère de la Culture et des arts, mais visiblement, personne n'y pense jusqu'ici.

Question de moyens ou de volonté ?
La RD Congo n'a pas de musée d'arts. Une question brûle, cependant, les lèvres de plus d'un observateur. S'agit-il d'un problème de manque de moyens ou de volonté ? Il semble qu'il se pose plus un véritable problème de volonté. Les moyens se créent. L'argent pour la construction d'un tel ouvrage proviendrait, sans doute, des artistes-mêmes. En d'autres termes, s'il existe un marché d'art bien organisé, l'Etat congolais percevrait des taxes. Et, avec cet argent, les pouvoirs publics ne manqueraient sûrement pas de moyens d'amorcer les travaux, en attendant l'appui des partenaires extérieurs.
Tout bien considéré, le ministère de la Culture et des arts est l'un de ceux qui exigent beaucoup de sens d'imagination. Par conséquent, le candidat ministrable à ce poste doit présenter un profil de mécénat.
Laurel KANKOLE


SisQo humilie les chroniqueurs de musique congolais !
Le chanteur américain SisQo livrera ce samedi 19 décembre un concert au Parking du Grand Hôtel Kinshasa (GHK). En marge de ce spectacle, l’artiste, selon le calendrier, était dans l’obligation d’affronter la presse. Chose étonnante, la conférence de presse de SisQo se termine en queue de poisson. Le chanteur boucle son entretien en colère, manifestant son désaveu vis-à-vis de la presse musicale qu’il a traité d’ « incapables ».
Tout a commencé lorsqu’un chroniqueur a posé la question de savoir si Sisqo connaît l’existence d’un artiste musicien congolais au nom de Werrason. SisQo répond « je ne le connais pas et je souhaite le rencontrer »  le chroniqueur a reposé sa question en insistant sur l’existence de Werrason, ce qui n’a pas plu au chanteur américain qui voulait qu’on lui pose des questions sur lui et non sur d’autres artistes.
Se sentant gêné de trop parler d’un artiste « qu’il ne connaît pas », SisQo interrompt sa conférence de presse avec un message qui n’a pas honoré les chroniqueurs de musique congolais. « Vous êtes des incapables », a-t-il dit, avant de quitter la salle de conférence. C’était une forte humiliation infligée à la presse congolaise.
Après l’acte posé par l’artiste américain, c’est-à-dire de quitter prématurément la salle de conférence, à l’Hôtel Venus, l’on pouvait lire la colère sur les visages des journalistes culturels congolais. Certains ont estimé que l’artiste américain ne devait pas se comporter ainsi et ont promis de saboter le concert de samedi au Parking du GHK. D’autres, par contre, ont pensé que la question posée par leur confrère était mal confectionnée et que ce dernier devrait suffisamment éclairer le question ou carrément se documenter davantage sur l’artiste en vue de lui questionner sur sa personne.
Toutefois, pas mal des chroniqueurs de musique qui ont participé à cette conférence de presse ont préparé les questions à poser à l’artiste américain. Hélas, ils n’en ont pas eu l’occasion. Pour un chroniqueur approché, SisQo n’avait pas le droit de se comporter ainsi. Il devait se contenir et laisser la chance à d’autres journalistes de poser leurs questions. « Il devait se contenir comme l’a fait Hillary Clinton lors de son entretien avec les étudiants congolais », a-t-il fait remarquer. Mais, le journaliste déplore aussi le manque de professionnalisme de certains chroniqueurs qui sont appelés à fournir des efforts afin de renforcer leurs capacités.

Les organisateurs ont péché par amateurisme
Le rendez-vous manqué du chanteur américain avec la presse musicale congolais a choqué plus d’un observateurs. Certains attribuent la responsabilité aux organisateurs. Pour eux, il fallait cibler les organes de presse ou, mieux, les journalistes.
Au niveau du déroulement de la conférence de presse, les organisateurs n’avaient pas prévu un dossier de presse sur SisQo afin que les chroniqueurs puissent connaître davantage l’artiste et poser des questions intelligentes. Il faut noter aussi que le modérateur n’a pas réussi à contenir les chroniqueurs de musique et à bien diriger la conférence.
Plus d’un amoureux du RNB pensent qu’il faut que les organisateurs du spectacle du GHK rectifient le tir. « Pour réussir leur évènement, ils doivent obliger l’artiste américain à s’exprimer à la télévision et à demander pardon à la presse musicale congolaise et éclairer l’opinion sur la non participation de Werrason à cet évènement alors qu’il y était annoncé».

L’absence de Werrason à ce spectacle

Plusieurs affiches et publicités à la télévision ont, en effet, annoncé la participation de l’artiste congolais Ngiama Werrason à ce grand concert du GHK ; mais peu avant ce spectacle, plus une ombre de l’artiste congolais, ni de son groupe Wenge Musica Maison Mère. Selon Werrason, plusieurs prestations sont prévues à travers le pays dans le cadre des festivités de fin d’année. Il était d’ailleurs surpris de voir les publicités à la télévision pendant qu’il n’était pas préparé à un quelconque spectacle avec l’artiste américain. Toutefois, le bureau de l’orchestre avoue avoir été en contact avec les organisateurs du concert du 19 décembre au Parking du Grand Hôtel de Kinshasa ; mais il estime qu’il n’y a pas un quelconque accord autorisant la publicité. Dieumerci MAYAMBI


VIVEMENT LE SPORT
COUPE DU MONDE DES CLUBS
Mazembe battu hier, termine avant- dernier et gagne 1 million USD
Le tout puissant Mazembe de la RDC a été battu par les néo- zélandais d'Auckland City FC, 2-3 et termine la compétition en 6e position. Le TP Mazembe avait pourtant bien commencé ce match, monopolisant le cuir au détriment des timides Néo-Zélandais. Le bloc océanien laissait passer l'orage africain en limitant les tentatives du Tout Puissant à des tirs de loin sans danger (8',17',18'), et attendait le bon moment pour contre-attaquer.
La 24e minute le fut. Un long ballon venu de la droite obligeait le gardien Muteba Kidiaba à sortir loin de sa cage et à commettre l'irréparable en utilisant les mains au delà de la surface de réparation. La sanction tombait: carton rouge (24'). Les kiwis profitaient alors de l'aubaine sur un ballon similaire distillée de la gauche, cette fois, pour infliger la double peine aux champions en titre de la ligue des champions de la CAF.
Ainsi, Adam Dickinson centrait par dessus une défense centrale décidément peu encline à jouer correctement le hors-jeu, et trouvait Jason Hayne. Ce dernier dribblait sans difficulté Aimé Bakula, et poussait la balle au fond des filets (29') (0:1). Jusqu'à la pause, le TP Mazembe tentait de relever la tête, retrouvait ses esprits et son jeu de passe, mais pas son efficacité. La domination était congolaise, pas le réalisme.
Au retour des vestiaires, le pied gauche de Mulota Kabangu ne trouvait pas le cadre (49'), Mputu non plus (50'), et c'est encore Hayne qui faisait frémir le stade sans pour autant faire évoluer le panneau d'affichage, d'une frappe sèche à l'issue d'un raid solitaire (55').
Mazembe décidait alors de passer à la vitesse supérieure, malgré son infériorité numérique. Amia Ekanga décalait tout d'abord Ngandu Kasongo aux vingt mètres qui décrochait une frappe imparable dans la lucarne droite de Paul Gothard (1-1). Sept minutes plus tard, d'une talonnade astucieuse, Mputu montrait le chemin du but à Kilitcho Kasusula qui saisissait l'occasion pour doubler la mise d'un shoot sous la barre du portier d'Auckland City (2:1).
Mazembe avait fait le plus dur, mais Jason Hayne allait encore passer par là. Le feu follet néo-zélandais signait le doublé et l'égalisation, à l'affût d'un cafouillage devant le but de Bakula Aimé (2:2) (79'). Kaluyituka Dioko essayait de faire la décision en fin de match, mais sa triple tentative (84', 87', 89') était vaine.
Alors que les prolongations tendaient les bras aux vingt-deux acteurs de la rencontre, Riki van Steeden en décidait autrement. Il s'infiltrait dans la défense congolaise, décrochait une frappe à ras de terre (3-2) synonyme de cinquième place dans cette Coupe du monde des Clubs de la Fifa pour Auckland City.
Ainsi, Mazembe termine à la 6e place et empoche une enveloppe d'un million de dollars. RO/FDA

Classement- Fifa : Deux places de plus pour la RDC en décembre 2009
La RDC termine l'année 2009 en 107e position au classement mondial de la Fifa publié mercredi à Zurich. Dans ce dernier classement de l'organe qui gère le football au monde, on retrouve le pays en 27e position sur le continent et 107e au monde, soit deux places de plus qu'en novembre 2009. Le Cameroun, la Côte d'Ivoire et le Nigeria gardent le podium africain.
Selon la Fifa, trente rencontres ont été prises en compte pour la dernière parution du Classement mondial de l'année 2009. Le trio de tête au monde reste inchangé: l'Espagne devance toujours le Brésil et les Pays-Bas. Ainsi, la Furia Roja décroche à nouveau le titre d'"Équipe de l'année". Son bilan 2009 est édifiant: quinze victoires pour une seule défaite subie face aux États-Unis en Coupe des Confédérations de la Fifa. En revanche, deux formations obtiennent cette année le titre de "Meilleure progression de l'année", à commencer par le Brésil, qui a glané pas moins de 322 points en 2009. Premier des qualifications sud-américaines de la Coupe du monde de la Fifa 2010 et vainqueur de la Coupe des Confédérations de la Fifa 2009, la Seleçao, qui occupait "seulement" la cinquième place du classement mondial en début d'année, talonne désormais le champion d'Europe espagnol. L'Algérie, qui s'est récemment qualifiée pour la Coupe du monde de la Fifa 2010, a progressé de 38 places en l'espace d'un an et se retrouve désormais en 26e position. Les Fennecs n'avaient plus été à pareille fête depuis 1993.
Le classement des meilleures progressions en termes de places est quant à lui dominé par les Îles Féroé (117e, plus 67 places) suivies du Nicaragua (133e, plus 48), du Bénin (59e, plus 42) et du Monténégro (74e, plus 38). A ce jour, 834 matches ont été disputés en 2009. Ce chiffre est supérieur à celui de 2005, mais reste nettement inférieur à ceux des années 2001 et 1997. Le prochain classement mondial sera publié le 3 février 2010. AFP/FDA.

Linafoot : 24 clubs retenus pour la saison 2010
La Ligue nationale de football (Linafoot) a publié la liste de 24 clubs retenus pour la saison 2010. La 15e édition du championnat national démarre le 15 janvier 2010 par le tour qualificatif sur six sites. Le DCMP, V Club et l'Olympique club de Kinshasa (OCK) représenteront la ville province de Kinshasa. Même nombre pour le Katanga avec Lupopo, New Soger et Jeunesse Sportive de Likasi. Du côté du Kasaï occidental, Tshinkunku et Saint Luc ont été retenus. Tandis qu'au Kasaï oriental, Sa Majesté Sanga Balende et l'AS Bantou font parties des qualifiés pour la saison 2010. Le nord Kivu aura comme représentant, le DC Virunga et l'AS Kabasha. Le sud Kivu devra aligner, Ajax et Muungano.
Deux clubs viendront du Maniema : Sadi et le TP Tshiode ; et deux autres de la Province Orientale, Nika et Malekesa. Le Tout capable Elima et l'AS Veti défendront les couleurs du Bas Congo. En ce qui concerne la province de l'Equateur, Mulunge et l'AS Babeti ya Sika seront de nouveau en course pour une place au soleil.
Quant à la province de Bandundu, un litige persiste encore au niveau de la Fecofa, qui devra trancher sur les noms des représentants de cette province. Mais toutes les équipes ont jusqu'au 25 décembre pour s'engager auprès de la Ligue nationale de football. Selon le président du comité de gestion de la Linafoot, Charles Mputu, le début du tour qualificatif est programmé pour le 15 janvier 2010 en vue, selon lui, de permettre aux joueurs du DCMP et de Lupopo, engagés au tour préliminaire des compétitions interclubs de la Caf d'avoir des matches dans leurs jambes.
La Linafoot a retenu six sites pour ce tour qualificatif à savoir : Matadi, Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji Mayi, Kisangani et Goma. P.L

APPRENDRE & COMPRENDRE
Santé-médecine : l'acupuncture et ses secrets
Qu'est-ce que l'acupuncture?
L'acupuncture est une branche de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), médecine millénaire reconnue Médecine d'Etat en Chine. Elle repose sur l'utilisation d'aiguilles pour piquer le corps à certains points définis comme ayant une action sur l'organisme. L'apposition d'aiguilles a pour but d'harmoniser, d'équilibrer toutes les fonctions du Qi, "l'énergie". La Médecine Traditionnelle Chinoise repose en effet sur cette théorie : pour éviter la maladie, il est nécessaire d'entretenir son énergie vitale ou Qi. Si cette énergie est correcte, la maladie ne peut s'installer poursuit-il.

L'homme dans son ensemble
S'il est un principe qu'il faut assimiler pour appréhender la médecine traditionnelle chinoise, c'est bien celui-ci : la médecine chinoise considère l'homme en tant qu'un tout. Un tout en soi - corps et esprit ne font qu'un - mais aussi un tout avec l'univers. A l'inverse de la médecine occidentale qui a tendance à compartimenter le corps, les organes et les fonctions, la médecine chinoise montre une relation constante entre tout organe, tout système physiologique, mais aussi entre la personne et son environnement. L'harmonie, l'équilibre au sein de ce tout est garant de notre bonne santé. L'acupuncture vise justement à rétablir cet équilibre.

Les indications de l'acupuncture
L'acupuncture est indiquée en prévention ou en traitement des troubles dits fonctionnels, c'est à dire liés au fonctionnement de certains organes. Ainsi, l'acupuncture peut être proposée dans les douleurs inflammatoires articulaires, des problèmes gastriques, des constipations, des allergies, des eczémas, des dépressions, des incontinences urinaires, des douleurs dentaires… Mais attention, avant d'envisager un traitement par acupuncture, le médecin doit s'assurer qu'il n'existe pas de lésions organiques précises à l'origine de ces problèmes (comme une infection, une tumeur...).
L'acupuncture peut également apporter un soutien dans le cadre de l'arrêt du tabac, d'un régime. Un domaine de l'acupuncture s'intéresse à l'obstétrique : les aiguilles peuvent en effet soulager certains maux avant, pendant, et après l'accouchement.

Comment se déroule une séance ?
Toute séance d'acupuncture débute par une consultation, avec en particulier des examens des pouls chinois, de la langue... Ce bilan se base aussi sur un interrogatoire médical. Certaines questions posées par le praticien sont différentes de celles posées classiquement par le médecin généraliste.
Le traitement peut faire appel à 2 techniques : la piqûre et la moxibustion. Pour la piqûre, le praticien utilise des aiguilles de différentes tailles, en calibre et longueur, en fonction des points traités. La technique employée (manipulation, temps de pause) diffère selon l'effet souhaité : tonification pour une zone " vide " d'énergie, dispersion pour une zone où l'énergie est en " surplus ". Les points utilisés ne se situent pas forcément sur le lieu d'expression du symptôme.
A la vue de ces aiguilles, il est tout à fait légitime de se poser cette question : est-ce que ça fait mal ? Les piqûres ne sont pas très douloureuses et si le patient ressent quelque chose, il s'agit davantage d'un engourdissement. Celui-ci disparaît avant la fin de la séance, qui, somme toute, s'avère très relaxante.
Pour des raisons de sécurité sanitaire, le praticien utilise un matériel stérile à usage unique et suit les règles d'hygiène de base (lavage des mains, désinfection de la peau…).
La moxibustion (du nom moxa, désignant des petits cônes d'armoise séchée) consiste quant à elle à apporter de la chaleur, et donc de l'énergie, sur des points, zones ou trajets d'énergie du corps, en brûlant des bâtonnets ou des petits cônes de plantes.
A chaque séance, pour un même patient et une même maladie, le traitement - choix des points, de la technique, des aiguilles - sera différent, car il prend en compte la qualité du Qi à un moment précis.

Médecine traditionnelle chinoise et médecine occidentale
Aujourd'hui, la législation limite la pratique de l'acupuncture aux médecins généralistes, aussi seules les consultations chez un médecin pratiquant l'acupuncture sont remboursées sur la base d'une visite classique. Il ne faut pas voir ces deux médecines comme des médecines concurrentes mais comme complémentaires. L'acupuncture ne vient en aucun cas se substituer à la médecine occidentale ; elle est au contraire là pour la renforcer, ou en complément.
La principale garantie de sécurité reste donc la formation du praticien. Actuellement, les organismes professionnels et les différentes écoles mettent en place des listes recensant les praticiens avec leur formation, leurs spécialités. Dans certaines facultés de médecine françaises, l'acupuncture est enseignée grâce à la mise en place de diplômes inter-universitaires.

Les contre-indications
En fonction de l'état général du patient, sa constitution physique, son âge, ses antécédents, l'acupuncture peut être déconseillée dans certains cas. C'est à l'acupuncteur de juger, au cas par cas, de l'opportunité d'un traitement. Il doit surtout s'assurer qu'il n'existe pas de lésion organique (infection, tumeur...) particulière pour laquelle un autre traitement est indiqué.
Nos conseils
Très souvent après 3 et 5 séances de traitement par acupuncture, vous devriez commencer à observer certains effets. L'effet relaxant est majeur chez certains patients. Il arrive que certains d'entre eux s'endorment durant une séance. Sachez que l'acupuncture est remboursée par l'Assurance maladie si elle est pratiquée par un médecin.

Une arme antistress
Lorsque la circulation interne d'énergie est perturbée, la santé s'en ressent. Telle est la conception orientale du stress qui considère cet état comme un embouteillage énergétique. Mais pour éviter ces "bouchons", l'acupuncture se propose de traiter la cause de ce dysfonctionnement et pas seulement le symptôme. L'acupuncture possède deux caractéristiques essentielles qui en font un traitement de choix du stress.
En premier lieu, c'est une médecine énergétique, dont la conception permet de mieux analyser le sens des différents symptômes du stress.
En second lieu, elle propose une vision nouvelle, globale de l'homme, qui n'est pas séparé en compartiments étanches - organe par organe - mais ne fait qu'un avec son esprit et son environnement.
Résultat : cette médecine venue de Chine permet, non seulement de remédier aux symptômes mais aussi de traiter la cause même du mal.

Le stress : un embouteillage d'énergie
Chez une personne en bonne santé, qui vit dans un environnement sain, l'énergie circule harmonieusement. Mais toute perturbation va provoquer un "embouteillage" énergétique ou une atteinte des organes qui se traduisent par des insomnies, de l'anxiété, de l'énervement… et du stress.
L'acupuncteur va donc rechercher, par un bilan très approfondi, le déséquilibre énergétique qui sous-tend le stress. Il faut trouver où ça bloque.
La consultation commence par un interrogatoire très pointilleux, qui analyse les caractéristiques Yin ou Yang des symptômes et l'état général du patient. Tout est passé en revue, le sommeil, l'état des cheveux et des ongles, les troubles digestifs, pulmonaires, cardiaques, la frilosité, les sueurs…
Suit un examen clinique avec une étude de la langue et des pouls. Il y en a 6 à chaque poignet.

Chercher la cause du mal-être
L'acupuncteur va aussi analyser tous les sentiments en jeu : angoisse, colère, peur, chagrin. En sachant que la médecine chinoise ne sépare pas le corps de l'esprit. Les organes y ont tout à la fois une fonction physique et une fonction psychique. Par exemple, le foie, qui défend le corps et se charge de l'imagination, se montre très sensible à la colère. La rate, elle, va être vulnérable aux soucis, le rein à la peur, le poumon à la tristesse...
Ce bilan permet de déchiffrer le sens du mal-être et de choisir les points.

La séance d'acupuncture
Les points d'acupuncture sont situés le long des lignes de force qui parcourent le corps : les méridiens. Ils tonifient l'énergie, dispersent les blocages, renforcent un organe… et rééquilibrent le Yin et le Yang.
Certains, comme le 7C, situé sur la face interne du poignet, ou le 14VC, point situé sous le sternum, ont une action apaisante reconnue. Mais il n'y a pas de traitement standard : chaque stressé est unique et aura un traitement personnalisé.
Les aiguilles, toujours stériles, sont gardées en moyenne 20 minutes à chaque séance. Attention, après la consultation, une réaction de fatigue, heureusement éphémère, peut survenir. C'est normal. Cela montre que l'énergie a été mobilisée. La guérison approche.

Description
L'acupuncture est l'une des cinq branches de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC), avec la diététique chinoise, la pharmacopée chinoise (herbes médicinales), le massage Tui Na et les exercices énergétiques (Qi Gong et Tai-chi). L'acupuncture se base sur une approche énergétique et holistique. Selon la pensée médicale orientale, elle agit sur le Qi (prononcer tchi) qui circule dans le corps par la voie des méridiens. Des aiguilles insérées à la surface de la peau stimulent des points d'acupuncture précis afin de régulariser le Qi ainsi que des fonctions physiologiques, organiques et psychiques ciblées. En termes occidentaux, on pourrait dire que cela permet de renforcer les processus d'autorégulation et de guérison qui se mettent normalement en branle lorsque l'organisme subit une agression (causée par un virus, un stress, une blessure, etc.). Il existe une cartographie détaillée des points d'acupuncture et des méridiens ainsi que de leurs rôles pour rétablir la santé et l'équilibre du patient.
Selon la MTC, l'acupuncture permet de traiter, souvent en complémentarité avec d'autres pratiques, une variété de " déséquilibres " liés, entre autres, aux systèmes musculosquelettique (arthrite, tendinite, bursite), respiratoire (bronchite, asthme), gastro-intestinal (calculs, diarrhée), nerveux (dépression, stress), etc. Elle contribue aussi à soulager divers maux courants (mal de tête, rhume, nausées), mais elle ne saurait guérir certaines maladies graves ni pallier des déficiences génétiques.
L'acupuncture pourrait également jouer un rôle important dans la prévention des maladies. En maximisant l'activité fonctionnelle des Viscères ainsi que la circulation des Substances, elle permettrait d'équilibrer l'ensemble des systèmes de l'organisme. Cela ferait en sorte d'empêcher la maladie de trouver un terrain propice pour s'implanter.
Si vous n'êtes pas familier avec les concepts énergétiques chinois, consultez notre fiche sur la Médecine traditionnelle chinoise qui vous donnera un bon aperçu des principes fondamentaux sur lesquels se basent l'acupuncture et la MTC.

La première consultation
À la première visite chez l'acupuncteur, ne vous attendez pas à le voir apparaître aiguilles en mains avec un petit sourire en coin... L'acupuncture est une discipline hautement élaborée et méthodique, basée sur des milliers d'années de pratique. En premier lieu, le thérapeute évalue l'état de santé de la personne et détecte ses déséquilibres énergétiques. Pour ce faire, il utilise l'observation, les palpations et des questionnaires détaillés. Il se peut qu'il vous interroge même sur les climats ou les saveurs que vous préférez - des indices supplémentaires pour corroborer son évaluation. Il prend note de vos antécédents médicaux et de vos caractéristiques (taille, poids, teint, rythme de la respiration, son de la voix, mouvements, état émotif, etc.). Il examine le pouls et la langue, écoute les bruits de l'estomac, relève les odeurs corporelles et ausculte les endroits douloureux associés aux méridiens.

Du picotement à la relaxation profonde
En général, l'effet d'un traitement d'acupuncture est relaxant. Même si les aiguilles sont, à première vue, peu invitantes, elles font rarement mal. Elles sont à peine trois fois plus grosses qu'un cheveu et ont été conçues pour s'insérer dans la peau sans résistance. Habituellement, l'acupuncteur utilise de 1 à 15 aiguilles, qu'il laisse sur différents points pendant 15 à 40 minutes, selon le problème à traiter. On compare la sensation causée par l'aiguille à une piqûre de moustique. Mais il arrive qu'elle soit plus prononcée, allant du picotement léger à l'engourdissement, voire à une décharge électrique. Généralement, ces sensations ne durent toutefois que le temps de l'insertion de l'aiguille. D'ailleurs, certaines personnes s'endorment durant la séance!

Il n'y a pas que les aiguilles!
Pour accroître les effets du traitement, les acupuncteurs peuvent recourir à des procédés complémentaires. Ils peuvent, par exemple, imprimer des mouvements de rotation aux aiguilles pour amplifier la stimulation. Pour plus de détails, voir notre section Médecine chinoise 101.
La moxibustion consiste à appliquer, sur les aiguilles ou au-dessus des points d'acupuncture, de la chaleur dégagée par la combustion d'un cône ou d'un bâtonnet de moxa (d'armoise), une herbe séchée.
Les Ba Guan Zi sont des ventouses que l'on fixe sur un point ou que l'on fait glisser le long d'un méridien.
Le Pi Fu Zhen, nommé aussi fleur de prunier, ressemble à un petit marteau doté d'aiguilles avec lequel on frappe légèrement la surface de la peau.
Il existe différentes écoles de pensée en acupuncture. Les Coréens, par exemple, insèrent les aiguilles uniquement aux mains et aux pieds, tandis que d'autres acupuncteurs les implantent seulement dans les oreilles, particulièrement lorsqu'il s'agit de traiter des troubles de dépendance. Au Japon, l'approche traditionnelle consiste à stimuler les points énergétiques davantage par le toucher (acupression) qu'avec les aiguilles. La pratique est en constante évolution et de nouveaux styles émergent régulièrement.
Si la vue d'une aiguille vous donne le vertige, l'acupuncture au laser (qui utilise de légers rayons laser dirigés avec précision) pourrait constituer une solution de rechange intéressante. Cette technique est particulièrement utilisée auprès des personnes dont le traitement exige une stimulation prolongée et auprès des enfants.

Un long parcours vers l'Occident
La médecine chinoise aurait vu le jour il y a 6 000 ans. Ce sont les Jésuites qui, les premiers, ont ramené de Chine des écrits sur l'acupuncture à la fin du XVIIe siècle. Au début du XIXe siècle, en France, de grands noms de la médecine s'y intéressèrent. C'est toutefois sous l'impulsion de Georges Soulié de Morant (1878-1955), consul de France à Pékin pendant plus de 12 ans, que l'acupuncture prit un essor considérable en Europe à partir des années 1920.
Au Québec, l'acupuncture a graduellement été introduite par l'intermédiaire de praticiens européens tandis qu'aux États-Unis ce n'est qu'en 1972 que l'approche a retenu l'attention du public à la suite du voyage historique du président Nixon en Chine. En 1997, l'acupuncture a été officiellement reconnue comme une option thérapeutique sécuritaire et efficace dans le traitement de certaines affections lors d'une conférence de consensus historique organisée par les National Institutes of Health américains.
Au Québec, l'acupuncture est une profession officiellement reconnue depuis 1985.

Applications thérapeutiques
Évaluer l'acupuncture en fonction des critères objectifs et reproductibles de la science occidentale moderne s'est avéré jusqu'à maintenant un processus décevant. Les principales raisons invoquées pour expliquer cet état des choses sont les difficultés de " standardisation " des maladies, l'effet global plutôt que spécifique de l'acupuncture, les problèmes de méthodologie de l'acupuncture placebo, la multiplicité des techniques et des écoles de pensée, le manque de financement, le fait que la majorité des études soient publiées en langues asiatiques et la faible qualité de nombreuses recherches. Plusieurs articles scientifiques ont d'ailleurs été publiés à ce sujet3-9,34-37. Pour plus de détails, voir l'article Acupuncture : les défis de l'évaluation " à l'occidentale".
Il existe donc un écart important entre ce que l'acupuncture prétend traiter, particulièrement en Chine ou au Japon, et ce qui a été évalué jusqu'à présent dans le cadre d'études scientifiques répondant aux normes occidentales.
En 1997, les prestigieux National Institutes of Health (NIH) des États-Unis ont tenu la Consensus Development Conference on Acupuncture. Le rapport soulignait que les résultats des études sur l'acupuncture étaient souvent controversés à cause de la complexité des protocoles, du nombre insuffisant de participants ainsi que des difficultés rencontrées lors du choix et de l'utilisation de placebos.
Le rapport faisait tout de même état de résultats prometteurs pour soulager les affections suivantes.
- Nausées postopératoires
- Nausées associées à la chimiothérapie
- Nausées relatives à la grossesse
- Douleurs consécutives à une chirurgie dentaire
Il concluait également que l'acupuncture pouvait contribuer au soulagement d'une douzaine d'autres affections.
En 2002, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiait une liste de 28 affections pour lesquelles l'acupuncture était vraisemblablement efficace10. Cette liste se basait sur les études cliniques contrôlées répertoriées dans la littérature scientifique.
- Accident vasculaire cérébral
- Arthrite rhumatoïde


INTERNATIONAL
Copenhague : l'ONU expulse les ONG !
Sébastien Godinot raconte comment son association, Les Amis de la Terre, a été "virée" mercredi du Bella Center.Votre association a été exclue du Bella Center, où se déroulent les négociations...
Il y avait des problèmes lundi, où malgré neuf heures d'attente dans le froid, je n'avais pas pu retirer mon accréditation, accordée de longue date à notre association, qui fait partie des membres consultatifs du conseil économique et social de l'ONU.

Hier, d'autres membres des Amis de la Terre n'ont pas pu rentrer, et aujourd'hui, l'ensemble de notre délégation s'est fait virer, avec des raisons confuses et contradictoires : trop de monde, des questions de sécurité incendie, nos badges qui ne seraient plus valables. Mais officieusement, il semblerait que la cause soit nos petites actions symboliques des deux derniers jours : cela consistait à porter des ponchos bleus de notre marche de samedi, à taper dans les mains en demandant que l'Union européenne réduise de 40 % ses émissions d'ici à 2020, comme recommandé par les scientifiques des Nations unies... En réaction, on a organisé un sit-in et lancé une pétition, et on essaie de négocier. La Via Campesina, qui représente 60 millions de paysans, s'est elle aussi fait sortir... Notre sentiment est que les Nations unies sont en train de verrouiller le sommet officiel, et de foutre les ONG dehors.

Qu'est-ce qui vous fait penser que les ONG ne sont plus vraiment bienvenues ?
Nous sommes sans doute parmi les premiers touchés parce que notre mouvement ne demande pas des modifications à la marge, mais un véritable changement de modèle dans les pays riches, pour laisser le droit aux pays du Sud de se développer. Mais par ailleurs, les Nations unies sont en train de réduire drastiquement les accréditations qu'elles accordent aux ONG, ce qui ne s'était jamais produit dans les quatorze précédents sommets sur le climat. 80 % ont déjà été supprimées mardi, la réduction sera encore plus forte demain jeudi, et vendredi, pour la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, il n'y en aura plus que 90 représentées au Bella Center, contre 22 000 au début. Pourquoi font-elles autant les frais des réductions d'effectifs qu'on nous dit nécessaires ? Si ce sont les chefs d'Etat qui décident, les délégations de chaque pays n'auront plus à être aussi nombreuses, or elles ne semblent pas devoir être touchées.

Pourquoi la présence des ONG est-elle si importante ?
L'expérience montre que la pression des ONG à l'intérieur des négociations réduit le risque d'avoir des accords insuffisamment ambitieux. Nous ne sommes pas des lobbies défendant une industrie, nous travaillons pour l'intérêt général, et relayons la parole de citoyens qui s'estiment parfois mal représentés par leurs gouvernements. Il faut être là où ça se discute, se tenir au courant, faire pression, garantir la transparence et passer des messages aux représentants des Etats. La présence des ONG, c'est ce qui fait la différence entre les négociations à l'ONU et celles à l'OMC.
Et puis, les ONG demandent aux pays riches d'assumer leurs responsabilités, en réduisant radicalement leurs émissions et en remboursant leur dette écologique, avec un transfert massif d'argent public. Elles soutiennent les pays pauvres pour ne pas qu'ils se fassent avoir. Or ceux-ci n'ont pas été invités à certaines réunions du sommet de Copenhague. Le principe "un pays égale une voix" n'a pas été respecté. Que les pays pauvres et les ONG ne puissent pas s'exprimer démocratiquement constitue une violation flagrante des principes des Nations unies.
Propos recueillis par Claire Ané/Le Monde.fr

Les forces en présence à la table des négociations
Alors que la fin du sommet approche (ce vendredi), rappel synthétique de la position des principaux pays. Seul pays industrialisé à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto, les Etats-Unis accusent un retard marqué. Mais après huit années d'immobilisme sous la présidence Bush, l'arrivée de Barack Obama a profondément changé la donne.
Une loi sur le climat est entre les mains des sénateurs qui ne devraient cependant pas se prononcer sur son sort avant le printemps. Cependant ce projet de loi limite la marge de manoeuvre des Américains à Copenhague et leurs ambitions: ils ont annoncé des objectifs de réduction de leurs émissions de 17% en 2020 (par rapport à 2005 soit 4% par rapport à 1990, base du protocole de Kyoto) et 42% en 2030 (base 2005). C'est nettement moins ambitieux que ce que proposent les Européens ou les Japonais.

Union européenne
L'UE occupe, de longue date, une position de leader dans la lutte contre le changement climatique. Pour la période post-Kyoto, elle a annoncé ses engagements unilatéraux dès décembre 2008: réduction de ses émissions de 20% d'ici 2020 (par rapport à 1990), un objectif qui pourrait être porté à 30% "si d'autres sont prêts à faire des pas similaires", a réaffirmé mercredi le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, citant nommément la Chine et les Etats-Unis. L'UE envisage désormais de "moduler" son offre supplémentaire: concrètement, elle pourrait s'engager à passer à 30% de réduction, mais en plusieurs étapes, par exemple avec un passage intermédiaire à 25% en 2020.

Les grands pays émergents
La Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud insistent inlassablement sur la "responsabilité historique" des pays du Nord dans l'accumlation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et rappellent qu'ils n'entendent pas sacrifier leur développement économique ni la lutte contre la pauvreté. Leur objectif affiché n'est pas, pour l'heure, de réduire leurs émissions -personne dans les négociations internationales ne le leur demande- mais d'infléchir la croissance de ces dernières.
Premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, la Chine a annoncé son intention de baisser son "intensité carbonique" (émissions polluantes par unité de PIB) de 40 à 45% d'ici 2020 par rapport à 2005. "Nous avons annoncé ces objectifs. Nous n'avons pas l'intention de les soumettre aux discussions", a averti mardi l'ambassadeur de Chine pour le climat, Yu Qingtai.
Pays en développement
Souvent alignés sur la position de la Chine, ils réclament un engagement plus fort des pays industrialisés avec des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% en 2020 par rapport à 1990. L'Afrique, continent le plus vulnérable au réchauffement, exige des "réparations et dédommagements", avec des chiffrages fluctuants, pour lutter contre le réchauffement, d'une part, et s'y adapter d'autre part. Souvent miné par les divisions, le continent le plus pauvre de la planète peine à se faire entendre dans les négociations. Les pays africains du groupe des "moins avancés" (PMA) militent pour un réchauffement maximal de 1,5°C.
Regroupés au sein de l'Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), ces Etats, dont l'existence même est menacée par la montée des eaux, font entendre clairement leurs voix. Ils estiment que l'objectif des 2°C retenu par la communauté internationale n'est pas assez ambitieux et plaident pour un objectif de 1,5 degré. Une centaine de pays les ont rejoints dans le combat. AFP


Guinée : le lieutenant Toumba accuse Dadis Camara d'être l'instigateur du massacre du 28 septembre
Le lieutenant guinéen Toumba, en fuite depuis qu'il a tenté de tuer le chef de la junte Moussa Dadis Camara le 3 décembre à Conakry, accuse à présent son patron d'avoir été l'instigateur de la répression sanglante du 28 septembre, dans un entretien diffusé par RFI mercredi. Dans cette conversation téléphonique avec un journaliste de Radio France Internationale, Aboubakar Sidiki Diakité, alias Toumba, donne pour la première fois sa version des faits qui l'ont conduit à tirer sur le N°1 du régime, le capitaine Moussa Dadis Camara dit Dadis. Officiellement, ce dernier "se repose" au Maroc, à la clinique royale de l'hôpital militaire Mohammed V à Rabat, après avoir été opéré d'"un traumatisme crânien". Mais les Guinéens s'interrogent sur son véritable état de santé, puisqu'il n'a fait aucune déclaration ni apparition depuis qu'il a été blessé à la tête par son aide de camp. "J'ai tiré sur lui parce qu'à un certain moment, il y avait trahison totale (...) à mon égard", affirme l'ancien commandant de la garde présidentielle, reprochant essentiellement à Dadis d'avoir voulu lui faire "porter l'entière responsabilité des évènements du stade, le 28 septembre".
Ce jour-là, les forces de défense et de sécurité avaient battu, poignardé, tué par balles des opposants au régime militaire, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry. Au moins 150 Guinéens avaient été tués, selon l'ONU. Plusieurs dizaines de femmes avaient été violées avec une extrême brutalité par des soldats, selon diverses ONG, avançant un bilan de "1.400" blessés au total. "Je ne suis en rien l'instigateur et l'organisateur de cette répression", insiste Toumba, que de nombreux témoins ont décrit comme le commandant des bérets rouges (garde présidentielle) qui avaient tiré en rafales sur la foule et battu et arrêté les leaders de l'opposition.
Toumba explique que la répression - "planifiée" - a été menée non seulement par les bérets rouges mais également par l'armée, la police, la gendarmerie et "250 recrues" d'une école militaire "habillées en tenue civile", munies "d'armes blanches et qui "ont causé d'énormes massacres". A la question "vous dites que tous ces gens avaient été envoyés directement par Dadis Camara?", l'aide de camp répond: "tout à fait". Le lieutenant tente, en revanche, de minorer sa propre responsabilité dans la tuerie et blâme surtout son adjoint, le sous-lieutenant Marcel Guilavogui.
"La responsabilité individuelle que j'ai prise, c'était directement pour sauver les leaders" de l'opposition", soutient-il, assurant même avoir tenté de calmer les forces de l'ordre. Selon des témoignages recueillis par des médias et des ONG, Toumba avait lui-même brutalisé des manifestants, tiré sur des personnes et laissé des soldats violer des femmes sous ses yeux. Il reste aujourd'hui caché en Guinée, selon des informations recueillies par l'AFP.
"Je ne compte pas me livrer, parce qu'ils (les dirigeants de la junte, ndlr) ne veulent pas que la vérité soit connue. Ils préfèrent me tuer", a-t-il dit. Selon la thèse officielle, les évènements du 3 décembre étaient une "tentative de coup d'Etat" résultant d'"un complot". Une version démentie par Toumba. "Il (Dadis) est venu me chercher à Koundara (camp militaire) avec tout son cortège dans l'intention de m'arrêter", affirme l'aide de camp, qui dit avoir "ouvert le feu" au moment où le chef des opérations de Dadis se dirigeait vers lui avec une arme.
Selon sa version, Dadis a été touché à "la nuque, côté droit". Mais l'aide de camp nie avoir tiré quand son chef lui tournait le dos.
AFP.
Rwanda : le recrutement biaisé par le népotisme
Dans l'administration comme dans le secteur privé au Rwanda, décrocher un emploi, surtout lorsqu'il est bien payé, est plus fonction de ses relations familiales ou politiques que de ses compétences. Le népotisme sévit partout décourageant les diplômés.
"J'en ai marre de ces démagogues, agents de la Commission nationale du travail (CNT) qui se déclarent justes et transparents dans le recrutement des candidats en quête de travail", gémit ce jeune licencié en communication qui s'est vu, avec surprise, rayé de la liste des candidats malgré sa première cote de 17/20 au test d'embauche dans un projet sous tutelle du ministère de l'Agriculture. Il a porté plainte auprès de la Secrétaire exécutive de la CNT, Angéline Muganza, mais en vain. Celle-ci, qui a mené une enquête, a constaté qu'un des membres du jury ne voulait pas de lui. "Après moult réclamations, le secrétariat de la CNT m'a montré la cote de 1/20 donnée l'examen oral et m'a parlé de toutes les manigances…", regrette-t-il.
"Le népotisme gangrène l'administration publique, tout le monde le sait. Les grands postes bien rémunérateurs sont toujours réservés aux gros poissons (favoris du pouvoir)", ironise cet agent de Transparency Rwanda, une Ong qui lutte contre la corruption. Il donne l'exemple de deux cadres de l'Office national du transport en commun qui se sont disputés à propos du candidat qui doit représenter leur organisation dans la circonscription de Rusizi, Ouest. "Chacun voulait que son candidat soit retenu. Après une longue discussion, ils ont finalement convenu de prendre le candidat qui a reçu la meilleure cote. Celui-ci va gagner mensuellement 540 000 Frw, soit près de 1000 $...".
Désintérêt des diplômés
Les jeunes lauréats universitaires hésitent de plus en plus à chercher un emploi, sachant qu'ils n'en auront pas tant qu'ils ne seront pas soutenus par des cadres influents. "Le secteur privé est le plus touché par le népotisme, car l'État n'a pas une main mise sur lui quant au recrutement de ses agents", analyse cet avocat indépendant du Barreau des avocats du Rwanda qui remarque que plusieurs institutions accusées de clientélisme relancent pour la énième fois, les mêmes postes vacants dans les journaux. "Les candidats ne se présentent pas dans de telles organisations, car ils connaissent dorénavant leur sort…, poursuit-il. Ils préfèrent démarrer leurs propres activités malgré leurs maigres moyens financiers… "
"Je ne suis plus intéressée par les offres d'emploi de l'État ni du secteur privé depuis que la Banque Commerciale du Rwanda m'a informée de me tenir prête à commencer mon travail incessamment et que j'ai attendu en vain ma lettre de recrutement depuis trois ans…", regrette JM, la trentaine qui s'est lancée dans la friperie, au détriment de ses études supérieures en sciences économiques.

Moins de favoritisme pour les emplois techniques
Les emplois plus techniques, mais moins bien rémunérés, donnent lieu aux recrutements les plus équitables. "J'ai demandé un emploi comme ingénieur au RITA (Rwanda Information and Technologie Authority), je l'ai eu en toute transparence", précise ce lauréat en informatique, payé mensuellement 1200 $. Il pense que le népotisme sévit plus dans les domaines des sciences sociales qu'exactes. "Les services médicaux ne recourent qu'aux médecins compétents, le népotisme dans ce domaine conduirait à des erreurs monumentales et à la mort de malades", atteste ce jeune médecin qui a dernièrement été embauché au Centre universitaire hospitalier de Kigali, le plus sollicité pour ses salaires élevés. Il ajoute que son frère économiste, a été embauché comme enseignant à l'Institut supérieur d'éducation de Kigali (KIE) après avoir bien réussi au test de recrutement. "Il ne connaissait ni le recteur ni aucun membre du jury", ajoute-t-il.
Mais ces secteurs font exception. "Les postes les plus payants sont toujours réservés aux familiers des DG ou des hommes politiques. Les tests sont une mascarade qui n'empêchent pas les employeurs de placer leurs candidats favoris aux postes voulus", critique un agent de la mairie de Kigali qui estime que le népotisme est un moyen d'enrichir toujours les mêmes familles. AFP