Billet
Chantiers:
Et l'arrière-boutique?
C'est la dernière ligne droite pour l'horizon 30 juin. Dès ce lundi 28 juin, Kinshasa va commencer à accueillir ses hôtes de marque ou leurs missi dominici. A quelque cinq jours du jour j, les préparatifs s'accélèrent. Sur les différents chantiers, Chinois et Congolais travaillent de jour comme de nuit. Les boulevards du 30 juin et Triomphal se sont refaits une jeunesse. Des immeubles longeant certaines artères ont enfin reçu une couche de peinture. Gros pourvoyeur de la crasse qui infeste Kinshasa, le Grand marché pourrait être nettoyé. Peut-être au kärcher, pour paraphraser le Président français Sarkozy quand il parlait des banlieues. Bref, pour fêter les 50 ans d'indépendance, Kinshasa fait peau neuve.
Cette amorce de la modernisation de la capitale congolaise ne devrait, cependant, pas être une espèce de cache-misère. S'il faut se féliciter de ce qu'un pan de cinq chantiers commence à devenir une réalité à Kinshasa, il n'en demeure pas moins que les travaux en cours semblent dictés, pour l'essentiel, par les impératifs du cinquantenaire. C'est autour des axes liés, d'une façon ou d'une autre, aux festivités du jubilé d'or de l'indépendance que se concentrent les travaux. Même le réveil de l'autorité urbaine, d'ordinaire pas spécialement visible sur le front de la voirie, paraît s'expliquer davantage par l'enjeu du cinquantenaire que par l'obligation d'assainir la ville. Autrement, la salubrité publique ne devrait pas passer pour une campagne médiatique lancée à la veille du 30 juin.
De ce point de vue, le vrai test se passera après la commémoration du cinquantenaire. L'on verra bien si la reconstruction à marche forcée va se poursuivre. L'on sera curieux de voir la suite à donner à l'assainissement de la capitale. Car, ce pays est plein d'initiatives sans lendemain. Que d'opérations de salubrités publiques qui n'ont duré que l'espace d'un matin! De "Kin bopeto" à "kanga vagabond" en passant par "ramassage des sachets", autant de campagnes qui se sont vite muées en slogans creux.
De plus, pour importante qu'elle soit, la restauration de principales artères ne devrait pas voiler les urgences sociales quotidiennes de Kinshasa profond. Il s'agit, notamment, de l'eau, de l'électricité et du transport en commun. La réfection du prestigieux boulevard du 30 juin peut même paraître comme le cadet de soucis du Kinois du crû de la Tshangu qui n'a que faire de la plus belle avenue du pays.
Croisons les doigts pour que l'élan pris en prévision du cinquantenaire s'installe dans la durée et affecte aussi l'arrière-boutique que sont ces quartiers populeux où vivent les vrais gens. C'est à cette condition que les sceptiques de raison que sont devenus les Congolais se convaincront que, cette fois-ci, les pouvoirs publics ont intégré l'hymne national en prenant le plus bel élan. José NAWEJ |
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EDITION N°3640 du LUNDI 28 JUIN 2010 |
SPECIAL 30 JUIN
50 ans de rendez-vous manqués !
*Du conflit entre Kasa-Vubu et Lumumba en 1960 au mariage Kabila-Muzito en 2010
*Léon de Saint Moulin : " la phrase après indépendance = avant indépendance, est inacceptable comme bilan "
*Pour leur part, les Evêques catholiques
en appellent à un nouvel engagement
pour un Congo plus beau
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Le Congo de demain sera ce que ses fils en auront fait aujourd'hui. La formule est connue. Elle est ressassée ici, comme ailleurs, en toutes circonstances. Un certain 30 juin 1960, les mêmes congolais avaient pris un engagement ferme de présider désormais aux destinées de leur Nation qui venait d'accéder à la souveraineté tant nationale qu'internationale. Ils se sont, en effet, engagés, selon l'hymne national, à peupler son sol et assurer sa grandeur.
En ce moment où ils célèbrent le jubilé d'or de cette indépendance, les Congolais, à travers les conférences qu'organise le Commissariat général au cinquantenaire, réfléchissent sur ce qu'aura été leur marche durant ces cinquante dernières années. La synthèse de ces cogitations sera faite au terme de ces réflexions, lors d'un symposium prévu dans deux mois.
Pour l'heure, les observateurs sont unanimes pour affirmer, sans détour, qu'en cinquante ans, la RDC a connu une grave régression dans tous les domaines : politique, économique, infrastructurel comme socioculturel. Les cinquante ans d'indépendance se lisent, en effet, comme une longue période d'incertitudes, d' "instabilité politique et institutionnelle et de mégestion générale qui a eu pour effet de plonger la population dans une pauvreté contrastant gravement avec ses immenses richesses. Certains analystes en arrivent même à se demander si les Congolais étaient suffisamment murs pour se prendre en charge, alors qu'à l'époque, Va Bilsen, un professeur belge, proposait trente années de préparation pour que le Congo devienne indépendant.
Il est, cependant, vrai que l'avènement de cette indépendance en 1960 répondait aussi du mouvement général de conscience africaine qui exerçait des pressions sur les régimes colonialistes. Dans ces conditions, il devenait difficile, pour ces derniers, de continuer à régenter indéfiniment les nations africaines. Dès lors, il revenait aux africains de prendre leurs responsabilités et ainsi assurer un avenir meilleur à leurs nations.
Mais en prenant date avec l'histoire le 30 juin 1960, les Congolais ont vite sombré dans de multiples crises qui leur ont fait perdre les objectifs nobles qu'ils venaient de s'assigner. Certains analystes pointent du doigt les puissances occidentales qui avaient maintenu la mainmise sur le Congo au travers de leurs " larbins " congolais, mais aussi par le moyen détourné d'empêcher les Congolais de s'occuper de leur pays pendant qu'ils assuraient l'exploitation de leurs richesses. Si l'on peut se risquer à affirmer que ce n'était que de bonne guerre, il faut noter que la responsabilité première des Congolais, face à ce stratagème, était de prendre conscience de leur nocivité pour se concentrer dans l'œuvre de construction d'un pays pourtant promis à un avenir meilleur.
Les cinquante ans d'indépendance se lisent donc comme un parcours de rendez-vous manqués. Tout part déjà de la table ronde lorsque les élites politiques se positionnent autour du pouvoir, abandonnant le nerf sensible qu'est l'économie. Après donc la table ronde politique de Bruxelles, ces élites " oublient " de participer à celle économique qui se tient quelques mois plus tard, toujours à Bruxelles.
Les tiraillements politiques qui suivent l'indépendance, avec à la clé des rébellions et autres sécessions, sans oublier un cou d'Etat de Mobutu, conduisent à une nouvelle chance avec la Conférence de Luluabourg qui produit une constitution et ouvre sur de nouvelles élections. Ici encore, la mauvaise répartition des postes suivant le poids politiques de chaque force en présence, fait perdre au pays cette nouvelle opportunité de repartir d'un bon pied.
Vient alors la très longue parenthèse du régime mobutiste qui se personnalise pour constituer l'une des dictatures les plus abjectes du continent. Pour autant, le pays a encore une opportunité de ses ressaisir à travers la lettre des 13 parlementaires qui propose des ajustements politiques et institutionnels. Peine perdue, car Mobutu va plutôt radicaliser son pouvoir.
A l'ouverture démocratique du 24 avril 1990, le Congo a de nouveau rendez-vous avec son destin. La relecture de la vie nationale faite à la Conférence nationale souveraine sonne comme un nouvel espoir. Cependant, la transition qui s'en suit se caractérise par une foire politique avec une valse d'acteurs politiques aux commandes de la Nation, tandis que les résolutions de la CNS sont tournées en dérision.
En 1997, le renversement de la dictature mobutienne est encore une opportunité à saisir. Seulement, le contexte ouvre le pays sur une décennie de conflits armés caractérisés aussi bien par la floraison de rébellions que des agressions étrangères. C'est alors que le pays se dépeuple au lieu de se peupler. On parle aujourd'hui de plus de 5 millions de morts. Le Dialogue intercongolais permet de mettre fin progressivement à ce contexte, mais ouvre, lui, sur trois années de transition où le pays va être saigné financièrement par un système d'équilibre 1+4.
Les élections qui se sont tenues en 2006 seraient-elles un rendez-vous décisif pour la RDC ? Les Congolais, en tous cas, fondent beaucoup d'espoir sur le nouveau contexte politique et institutionnel issu des urnes. Cependant, le sort du Congo dépend, aujourd'hui comme hier, de l'engagement des Congolais eux-mêmes à rompre avec l'ère des rendez-vous manqués. Il s'agit, avant tout, de réaliser une révolution mentale qui rétablisse l'intérêt général au centre de toute préoccupation. Jonas Eugène KOTA
30 JUIN 1960 - 30 JUIN 2010
Du conflit Kasa-Vubu - Lumumba
au mariage Kabila - Muzito
Le conflit entre le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Lumumba en 1960, de l’avis des observateurs, était créé de toute pièce par les Belges qui avaient fait que, dans la Loi fondamentale, un président désigné par la majorité parlementaire ait le pouvoir de démettre un Premier ministre issu de la majorité qu’il n’avait d’ailleurs pas nommé. Le piège belge fonctionnait donc à merveille. Face à sa révocation par le président de la République, le Premier ministre qui s’en tenait à l’a.b.c du régime parlementaire, le pire ne pouvait qu’arriver pour la jeune République.
30 juin 1960 - 30 juin 2010. Vive le Cinquantenaire de la RDC. Bon nombre de Congolais, qui n’avaient pas vécu le conflit ayant opposé le président Joseph Kasa-Vubu au Premier ministre Patrice Emery Lumumba en 1960, sont loin de s’imaginer à quel point le difficile apprentissage du nouvel Etat indépendant aura causé beaucoup de torts à sa population du fait du conflit qui déchirait sa classe politique. Si les rapports entre Joseph Kabila et Adolphe Muzito sont mieux en 2010 qu’entre Joseph Kasa-Vubu et Patrice Lumumba en 1960, il importe de préserver cet acquis pour ne plus retomber dans les erreurs du passé.
LA LOI FONDAMENTALE, CALQUEE SUR LE MODELE BELGE, ACCOUCHE VITE D’UNE CRISE AU CONGO
Quel était l’objet du conflit entre Joseph Kabila et Patrice Emery Lumumba? Voilà une question qui mérite encore d’être posée aujourd’hui pour que la postérité évite un jour de retomber dans les mêmes erreurs. Car, le conflit entre le président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba, en 1960, tirait son origine d’une loi fondamentale calquée sur le modèle belge. En fait, les Belges avaient imposé aux Congolais un régime parlementaire où le Roi régnait et seul le Premier ministre gouvernait. Ce qui ne cadrait pas avec les réalités de l’Afrique où le chef détient généralement seul le pouvoir et du Congo où Joseph Kasa-Vubu tirait sa légitimité de son parti l’Abako qui avait raflé presque tous les postes aux élections municipales dans la ville de Kinshasa. A ce titre, l’Abako, qui s’était aussi impliquée dans la libération de Lumumba et son voyage en Belgique pour participer à la table ronde de Bruxelles, ne pouvait accepter de jouer le second rôle face au MLC. Il faut ajouter à la sauce que là où Joseph Kasa-Vubu était fédéraliste, Patrice Lumumba était plutôt unitariste.
Du coup, le président Joseph Kasa-Vubu, introverti, se sentit obligé, début septembre 1960, de révoquer le bouillant Premier ministre Patrice Lumumba et ce dernier, au nom du pouvoir que lui conférait la Loi fondamentale dans la gestion au quotidien du pays, c’est sa politique que le Gouvernement était sensé appliquer, révoqua à son tour le président de la République. Ce qui ouvrait la voie au premier putsch de Joseph-Désiré Mobutu qui tentait ainsi de neutraliser les leaders, avant de remettre Kasa-Vubu en selle le temps de traquer Lumumba jusqu’à sa mort à Lubumbashi. Resté seul maître à bord, Kasa-Vubu, malgré tous les Premiers ministres qu’il nommait en vue de résoudre la crise, dut se rendre enfin de compte à l’évidence en novembre 1965 lorsqu’arriva le coup d’Etat militaire piloté par le général Joseph-Désiré Mobutu.
PARFAIT AMOUR ENTRE KABILA ET MUZITO EN 2010 GRACE AU REGIME SEMI-PRESIDENTIEL
50 ans après l’accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale, en lieu et place des rapports conflictuels entre Joseph Kasa-Vubu et Patrice Emery Lumumba, c’est le parfait amour entre Joseph Kabila et Adolphe Muzito. Même si les deux époques ont en commun que les régimes soient issus des urnes, là où Joseph Kasa-Vubu avait élu au second degré en 1960, Joseph Kabila a été élu, en 2006, au suffrage universel direct. Aujourd’hui, le régime parlementaire a cédé la place au semi parlementaire, pour ne pas parler de régime semi-présidentiel du type au français où le président de la République élu au suffrage universel est aussi chef de l’Exécutif et c’est d’ailleurs sa politique que le Gouvernement de la République applique.
Ainsi donc, le Premier ministre Adolphe Muzito, qui a succédé à Antoine Gizenga, au terme d’une coalition entre l’AMP de Joseph Kabila et le PALU, ne fait qu’appliquer la vision de Joseph Kabila sur les 5 chantiers de la République. En déterminant clairement les prérogatives du chef de l’Etat et celles du Premier ministre, la Constitution du 18 février 2006 a finalement réglementé les choses en définissant les rôles de l’un et de l’autre. Ce qui dispense le pays de tous les rapports orageux de 1960, surtout après une transition qui aura eu le mérite de dépouiller la RDC des tares de la dictature de la deuxième République à travers un régime présidentiel voire le présidentialisme où seul le président-fondateur détenait tous les pouvoirs et aucune autre institution ne pouvait servir de contrepoids.
SI L’ELITE CONGOLAISE POUVAIT EPARGNER AU PAYS D’AUTRES DEBOIRES
Il ne reste donc plus qu’à souhaiter que les Congolais fassent suffisamment preuve de maturité politique le jour où, toujours sous le régime semi présidentiel, le président de la République ne sera pas du même bord politique qu’un Premier ministre issu de la majorité parlementaire. On a déjà assisté, en France, à la cohabitation entre le président François Mitterrand (de la gauche socialiste) et le Premier ministre Jacques Chirac (de la droite gaulliste). Il ne faudrait pas qu’un jour, ce genre de cohabitations à la congolaise rappelle l’épopée Kabila-Bemba. Il revient aux acteurs politiques congolais de savoir s’accorder sur l’essentiel au détriment de l’accessoire au risque de retomber dans le conflit Kasa-Vubu - Lumumba malgré le terrain déblayé par le régime semi-présidentiel. L’élite congolaise doit donc épargner au pays d’autres déboires en évitant que les bonnes institutions ailleurs soient des caricatures sous les tropiques
Marcellin MANDUAKILA
Léon de Saint Moulin : " la phrase après indépendance = avant indépendance, est inacceptable comme bilan "
Membre de la Compagnie de Jésus dans la Province d'Afrique centrale, le père Léon de Saint Moulin sj, compte parmi les grands témoins privilégiés de l'histoire de l’indépendance de la RD Congo. Ce missionnaire a le mérite de connaitre la RD Congo mieux que nombre d'autochtones parce qu'ayant vécu en RD Congo bien avant l'indépendance du pays. Dans une interview qu'il a accordée au Magazine catholique Renaitre, le père Léon de Saint Moulin sj fait une lecture personnelle des cinquante années d'indépendance de la RD Congo. Selon lui, la thèse du général Jansens selon laquelle " avant l'indépendance = après l'indépendance " est totalement inacceptable comme bilan de l'indépendance. "Beaucoup a changé", précise le Jésuite. Lisez ci-dessous, l'intégralité de cette interview.
Le sens d’un jubilé
Célébrer un jubilé, c'est d'abord faire acte de mémoire de tout ce qu'on a vécu et qui nous a faits. L'indépendance le 30 juin 1960 est ce qui a constitué le Congo en pays souverain, ayant un passeport propre, représenté à l'ONU et dans les institutions internationales, doté d'un gouvernement et des autres institutions de souveraineté. Même si le Congo n'est pas totalement indépendant, il est, comme le dit le Pape Jean-Paul II à propos de toute société, le fruit du travail de toutes les générations qui nous ont précédés. Nous célébrons l'œuvre accomplie par tous ceux qui ont œuvré pour la construction de ce pays. Même si cette œuvre nous laisse insatisfaits, son résultat est notre point de départ obligé. Nous devons donc leur rendre hommage : ils nous ont fait ce que nous sommes.
Célébrer un jubilé, c'est aussi un engagement. On ne fait pas acte de mémoire simplement pour honorer ceux qui nous ont précédés. La réflexion sur ce qu'ils ont fait est déjà un effort pour mieux comprendre comment on en est arrivé où nous sommes et comment on pourrait aller plus loin sur le chemin du progrès et de l'indépendance.
Bilan des 50 ans d'indépendance
La phrase célèbre du Général Janssens " Avant l'indépendance = après l'indépendance " était une totale méconnaissance de l'évolution historique de son temps et de l'aspiration de tous les peuples à une reconnaissance de leur dignité et de leur souveraineté. Et elle est totalement inacceptable comme bilan de l'indépendance. On va le montrer. Mais, le Manifeste de Conscience africaine du 30 juin 1956 avait déjà dénoncé une indépendance politique qui ne serait pas accompagnée de changements économiques : " Qui oserait parler d'émancipation véritable si la direction de toute la vie économique, la propriété des entreprises industrielles, agricoles et commerciales devait indéfiniment rester, d'une manière exclusive, entre les mains des Européens ? " Ces changements n'ayant pas eu lieu, le niveau de vie de la population n'a pas connu de relèvement durable au moment de l'indépendance. Les hausses de salaires consenties ont été immédiatement annulées par la hausse des prix.
Mais il est inacceptable de dire que rien n'a changé. Je suis remonté en bateau jusque Kikwit à la fin du mois d'août 1960 : le capitaine et le pilote des bateaux qui m'y ont amené étaient des Congolais. J'ai visité une huilerie du Kwilu pendant les vacances de Noël 1960, à Mokamo, je pense : le chef d'usine était un Congolais, fier de me la faire visiter en me montrant qu'il faisait propre même dans les coins derrière les portes. L'accès à de tels postes était totalement fermé aux nationaux avant l'indépendance. Les élèves congolais que j'ai eus à Kikwit étaient par ailleurs radicalement différents de ceux que j'avais connus en 1959-1960 à Léopoldville. Ils s'affirmaient d'une manière totalement neuve, me posant des questions incisives sur le neutralisme positif et les événements de l'histoire contemporaine que je leur enseignais. Vraiment, j'ai vécu l'indépendance comme une victoire, convaincu que les difficultés temporaires seraient surmontées.
A un niveau plus structurel, il faut réaliser les accroissements d'activité que suppose le passage de la population d'une quinzaine de millions d'habitants en 1960 à 69 millions en 2010. Le progrès est aussi humain : le nombre de finalistes du secondaire était seulement de 450 en 1960 ; il y avait 414.000 candidats aux examens d'Etat, soit 1000 fois plus, en 2009. Dire que avant l'indépendance après l'indépendance est vraiment une contre-vérité.
L'indépendance, une conquête ?
Ce que je viens de dire montre aussi que l'indépendance a été une conquête. Les colonisateurs n'ont jamais désiré la fin de la colonisation. Ils l'ont acceptée quand ils ont compris qu'ils s'y opposeraient en vain, mais ils n'ont vraiment pas travaillé à faire qu'elle aboutisse à une totale indépendance. Politiquement, ce sont les politiciens qui ont négocié la date et certains aspects de l'indépendance, mais c'est la population qui a manifesté son rejet du système colonial et qui a obtenu sa suppression. Les morts du 4 janvier 1959, c'est un peu comme ceux du 16 février 1992 : on avait un niveau de prise de conscience qui a montré que la population ne supporterait plus le régime totalitaire, paternaliste et infantilisant de la colonisation. Ce sont les émeutes de Kinshasa qui ont décidé la Belgique à renoncer à la souveraineté qu'elle exerçait sur le Congo. D'autres, notamment à Kisangani, ont renforcé la victoire qui avait déjà été reconnue en principe dans la Déclaration royale du 13 janvier 1959.
Que l'indépendance ait été une conquête ressort aussi de la réaction des Blancs à la mutinerie de la Force Publique à partir du 5 juillet 1960. Dans les premiers mois de 1960, il y avait, certes, un vent de panique au Congo, marqué par la fuite des capitaux et la désobéissance civile généralisée dans le Bas-Congo. La peur d'une indépendance apocalypse fit que les examens de l'année scolaire 1959-1960 furent avancés pour que les familles européennes puissent quitter le Congo avant le 30 juin. Dans ce climat, la célébration pacifique de l'indépendance fut vécue comme une première victoire. Lumumba est un des seuls à avoir senti que les Congolais risquaient de se sentir profondément frustrés au lendemain d'une indépendance qui ne changerait presque rien pour eux. Son discours était une réponse anticipée à ce sentiment : il exaltait la dignité des Congolais et les invitait à faire du 30 juin une date dont ils enseigneraient avec fierté la signification à leurs enfants. Il ne réalisait, par contre pas la rupture que le ton enflammé de ses paroles, attisé par le discours paternaliste du Roi, allait entraîner avec les cadres blancs d'une bonne part de la société. Beaucoup de Blancs n'étaient effectivement pas prêts à se soumettre à des autorités noires et la plupart de leurs familles quittèrent définitivement le Congo dans les mois qui suivirent. Ce fut un moment difficile, mais ce fut aussi un temps de croissance rapide. Il faut d'ailleurs noter que la population demandait un changement de régime, mais ne chassait pas les Blancs ; à peu près nulle part elle n'a détruit l'outil de travail, comme ce fut le cas lors des rébellions. A Kikwit, un enseignant qui était parti en congé en demandant à son boy de mettre des fleurs sur la table pour son retour le 14 septembre, et qui revint effectivement ce jour, eut la joie de trouver les fleurs sur la table, alors que l'école qui l'employait, n'ayant aucune nouvelle de lui, envisageait déjà de confier ses cours à d'autres.
L'attitude de l'Eglise face à l'indépendance
A partir de 1954, l'arrivée au Ministère des Colonies du Ministre Buisseret, qui a voulu réduire l'autorité des missions, a suscité une prise de distance de la part des autorités religieuses. L'Assemblée des évêques de l'époque s'est clairement rangée du côté de la revendication de l'indépendance le 30 juin 1956 en déclarant que Tous les habitants d'un pays ont le devoir de collaborer activement au bien général. Ils ont donc le droit de prendre part à la conduite des affaires publiques ... L'Eglise n'a pas à se prononcer sur les modalités de l'émancipation d'un peuple. Elle la considère comme légitime du moment qu'elle s'accomplit dans le respect des droits mutuels de la chanté. C'était le jour même de la publication du Manifeste de Conscience africaine dont la rédaction, selon Papa Ileo qui en était l'éditeur responsable, avait été préparée dans les locaux de la paroisse St Pierre. Un exemplaire en fut en outre distribué à tous les membres de l'Assemblée épiscopale le même jour, qui était celui de sa clôture.
Il n'empêche qu'un certain nombre de missionnaires doutaient de la capacité des Africains à prendre en main la direction de leur pays. Les autorités supérieures de l'Eglise s'étaient par contre engagées dans le changement : le 10 novembre 1959, Rome avait érigé le territoire du Congo en diocèses et archidiocèses, mettant ainsi fin au régime des territoires de mission confiés à des congrégations religieuses.
Que dire de la vie et des rébellions après l'indépendance ?
La célébration de la journée du 30 juin 1960 n'est pas le seul succès politique à retenir de l'indépendance. Face aux difficultés déclenchées par la mutinerie de la Force Publique de Mbanza-Ngungu, qui refusa d'être utilisée pour venir mater la garnison du camp Kokolo, en voie de révolte contre ses officiers, un autre fait remarquable est le tandem qu'ont formé jusqu'au 20 juillet le Président Kasa-Vubu et son Premier Ministre Lumumba, même si des divergences de position entre les deux hommes sont certaines. Le 22 juillet, Lumumba partit pour les Etats-Unis et une série d'autres pays jusqu'au 8 août. Lumumba semble aussi avoir pris seul la décision de demander l'aide de l'URSS pour combattre la sécession katangaise, qu'il réceptionna effectivement à Kisangani le 27 août. Mais, lui-même et Kasa-Vubu sont partis ensemble à Mbanza-Ngungu le 6 juillet à midi pour tenter d'y rétablir la situation. Leur conclusion fut qu'il fallait africaniser les cadres et ils en donnèrent les premiers ordres dans tout le pays le 8 juillet. Il apparut alors que de nombreux officiers belges n'étaient pas prêts à se soumettre à des officiers congolais et allaient eux-mêmes devenir des mutins.
Le 9 juillet, Kasa-Vubu et Lumumba se rendirent encore ensemble à Matadi, Borna et Banana, où ils procédèrent à la nomination de commandants congolais proposés par les anciens cadres belges, pour tenter d'y sauvegarder l'ordre. Rappelés à Kinshasa par Bomboko le 10 juillet, suite à l'occupation de la ville de Lubumbashi par des parachutistes belges à partir de 5 h.45, ils repartirent ensemble pour Kananga le 11 juillet, avec l'intention de se rendre à Lubumbashi. Ils s'y rendirent le lendemain, avec l'espoir de régler le problème de la sécession qui y avait été proclamée le matin, mais leur avion y fut interdit d'atterrissage et ils rentrèrent à Kananga, où les parachutistes belges avaient aussi été largués le 10 juillet au soir. C'est face à cette situation que Kasa-Vubu et Lumumba adressèrent le 12 juillet un premier appel à l'ONU, de Kananga, pour une intervention au Congo. Le 13 juillet, ils partirent ensemble pour Kindu,
L'avenir du Congo n'est pas donné, il faut le construire. Il peut être beau et grand. où ils apprirent le lendemain que le Conseil de Sécurité avait accepté le principe d'une intervention au Congo, mais que la Résolution prise ne condamnait pas l'agression belge et ne spécifiait même pas les pays qui pourraient participer à la force d'intervention. Ils adressèrent dès lors une deuxième demande à l'ONU, le 14 juillet, depuis Kindu. La décision fut simultanément prise de rompre les relations diplomatiques avec la Belgique - l'expulsion du personnel diplomatique belge n'étant devenue effective que le 9 août. Le 14 juillet encore, Kasa-Vubu et Lumumba partirent ensemble pour Kisangani, mais le pilote belge de leur avion les ramena à Kinshasa sur ordre du général Cumont, qui commandait l'ensemble des interventions belges et qui occupait l'aéroport de Ndjili.
Kasa-Vubu et Lumumba repartirent le lendemain pour Kisangani, où ils séjournèrent du 16 au 19 juillet. Ils évitèrent ainsi l'occupation de la ville par des troupes belges et y accueillirent le 17 celles de l'ONU, arrivées la veille à Kinshasa. Si l'indépendance avait été une conquête, il apparaissait clairement que la construction de la nation était aussi un combat dans lequel les difficultés ne viendraient pas seulement de l'intérieur, mais aussi de l'extérieur. La Belgique n'avait nullement légué le Congo aux dirigeants congolais, comme si elle était alors décédée : elle restait un acteur puissant et envahissant face aux nouvelles autorités.
La sécession du Katanga avait notamment été attisée et soutenue de l'extérieur avant même le jour de l'indépendance. Le 14 juin, l'état d'exception avait été proclamé à partir de midi, suite à la découverte par la Sûreté d'un texte de proclamation de la sécession. Le 25 juin, un ancien agent de la Sûreté devenu conseiller de la Conakat fut arrêté en possession d'un document le nommant ambassadeur du Katanga à partir du 30 juin 1960. L'affaire se solda par le simple engagement de la Conakat à renoncer à son projet. Un autre texte de proclamation de la sécession avait encore été distribué par un colon à l'Assemblée provinciale le 29 juin, alors que le Roi était déjà en vol vers Kinshasa.
La Belgique ne voulut pas porter la responsabilité de n'avoir pas pu maintenir l'intégrité du Congo jusqu'au 30 juin, mais les positions explicitement favorables de la Conakat à une étroite collaboration avec elle avaient sa sympathie. La nomination du commandant Weber des troupes Belges par le Président Tshombe responsable de toutes les forces de l'ordre de la province montrent la collusion entre les autorités belges et katangaises. De telles ingérences ont été permanentes dans l'histoire des cinquante ans d'indépendance. Dans le domaine de la gestion intérieure, l'indépendance n'avait pas été préparée et elle se limita au début au remplacement des cadres européens par des Africains. Les rébellions furent ensuite une révolte populaire contre les politiciens qui avaient en fait confisqué l'indépendance à leur profit. Le coup d'Etat de 1965 fut une volonté de restauration de la paix et de la discipline, soutenue de l'extérieur et exercée avec un recours systématique à la violence pour écraser les forces de résistance. Jusqu'en 1973, la gestion fut d'ailleurs efficace et le régime de Mobutu bénéficia d'un large soutien populaire. Dans les années qui suivirent, l'arbitraire s'élargit dans les décisions jusqu'à ébranler le système en place. Après les concessions faites à une certaine démocratisation à partir de 1990, les prélèvements des politiciens sur les finances publiques ont été poussés à l'extrême et ont conduit à l'effondrement des sociétés les plus productrices de revenus. Les divisions intérieures ont été exploitées par des forces extérieures pour ce qu'on a appelé le pillage des ressources naturelles du Congo. Après l'avoir longtemps nié, l'ONU a reconnu que la RD. Congo avait été l'objet d'une agression le 2 août 1998, dans le jeu d'un vaste conflit d'intérêts économiques et politiques. Convaincue qu'elle ne pouvait s'opposer aux efforts héroïques de la population pour sauvegarder et restaurer la souveraineté nationale, elle a fait de l'organisation du référendum constitutionnel du 18 décembre 2005, puis des élections présidentielles et législatives du 30 juillet et du 29 octobre 2006, une priorité de ses interventions.
La tâche interne de construction de la nation et de la république reste un vaste chantier. Mais, c'est aussi tout le système financier et économique mondial qui doit être réorganisé pour que les perspectives du Congo redeviennent pleinement ensoleillées.
Quelles perspectives d'avenir ?
Que sera le Congo dans cinquante ans ? L'histoire n'est pas une mécanique, on vient de le montrer, mais une construction par des hommes et des groupes sociaux. Elle ne peut donc être entièrement prévue. Démographiquement, le Congo aura encore doublé sa population et même près de deux fois. Les villes auront grandi davantage encore et occuperont donc une place prépondérante dans la société. Cela suppose un développement des activités urbaines et de la production alimentaire. Mais, ce sont les hommes et les groupes sociaux qui décideront des priorités qu'ils accorderont aux différents types d'investissements possibles dans les divers secteurs et qui organiseront leur mode de fonctionnement. L'avenir du Congo n'est pas donné, il faut le construire. Il peut être beau et grand. Il sera, dans une large mesure, le fruit des efforts consentis par tous les Congolais, dans les domaines de la formation, de l'organisation de la société et de ses relations extérieures ainsi que de la promotion d'une culture de justice et de paix. Puissent les jeunes avoir assez de lucidité, de compétence et de discipline pour bâtir ensemble cet avenir meilleur !
(Tiré de la Revue Renaître n°06-07 de juin-juillet 2010 avec l'autorisation de l'éditeur).
Cinquantenaire : les Evêques catholiques appellent à un nouvel engagement pour un Congo plus beau qu'avant
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a rendu publique, le 24 juin 2010, un message des Evêques à l'occasion des 50 ans de l'indépendance de la RDC. Faisant l'analyse de cette période, les Evêques ne sont pas allés par la dos de cuillère pour considérer qu' "il faut honnêtement reconnaître certes, tous les progrès sectoriels qui ont pu être réalisés et de nombreux acquis en plusieurs domaines qui ont été obtenus au cours du demi-siècle de notre jeune République, notamment des infrastructures dans le domaine éducatif et sanitaire, la formation de l'élite intellectuelle de haut niveau universitaire, la mise en place des institutions issues des élections démocratiques, l'éveil d'une opinion publique, le refus de la balkanisation, etc. " Malgré ces avancées, relèvent-ils par ailleurs, " le bilan global peut se résumer par cinquante années de tribulations et d'opportunités manquées. "
Au plan politique, les Evêques catholiques estiment que " 50 ans après, que le projet national sous-jacent à l'idée de la souveraineté a été trahi par une sorte de perte ou d'abandon de la vocation à l'indépendance véritable. Car, la nation n'est pas vraiment debout ni ses fils et filles totalement affranchis ! ". Cette situation est causée, notamment, par " le néocolonialisme et l'impérialisme; des assassinats; des guerres ; des coups d'Etat militaires ; la personnalisation du pouvoir et de l'Etat; la mauvaise gouvernance ; l'entrave à l'exercice des libertés publiques ; le pillage des ressources naturelles du pays ; l'instrumentalisation des institutions républicaines au service des individus, l'exacerbation des clivages ethniques et tribaux à des fins politiciennes et électorales. "
Et les Evêques de poursuivre : " ne faudrait-il pas reconnaître que la source première de la plupart de nos problèmes et de nos échecs réside dans une vision et une pratique du pouvoir politique contraires aux idéaux de l'indépendance et des sociétés démocratiques ? En effet, au lieu d'être un service du bien commun, les responsabilités publiques sont appréhendées et exercées dans la logique du partage des avantages économiques au détriment de la population. On préfère la légitimité des alliances politiques et militaires à celle que confère un service loyal du peuple. "
Ci-dessous de larges extraits du message des Evêques
NOTRE REVE D'UN CONGO PLUS BEAU QU'AVANT
Message de la Conférence Episcopale Nationale du Congo au peuple congolais à l'occasion du Cinquantième anniversaire de l'Indépendance de la RD Congo
(…) I. JUBILE : JOIE ET ACTION DE GRACE
3. Dans notre Message à l'occasion du 49ème anniversaire de la RD Congo, nous avons décrété cette année du jubilé, " une année de grâce pour notre pays, une année de renouveau et de joie, une année de retrouvailles avec Dieu pour bâtir dans la justice un Congo solidaire prospère et heureux 1".
4. Le jubilé est effectivement un moment de grâce. Selon l'Ecriture Sainte, il est un moment de remise des dettes, de relaxe des esclaves afin de permettre à tous les habitants de reprendre la vie avec espérance et dans la liberté. C'est une période de lutte contre l'exploitation sauvage de la nature et, surtout, contre l'exploitation de l'homme par l'homme (cf. Lv 25,8). Jésus éclaire d'un jour nouveau le sens du jubilé : proclamer l'année de grâce du Seigneur, annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, libérer les opprimés, rétablir le monde dans la paix (cf. Lc 4, 17-21). Le jubilé est donc un temps de grâce (…)
Nous disons notre reconnaissance au Saint-Siège qui, en 1959, un an avant l'indépendance, a institué la hiérarchie épiscopale locale dans notre pays et pour son appui dans la croissance de notre Eglise. C'est pour nous l'occasion de bénir le Seigneur pour le don du martyre des bienheureux Isidore Bakanja et Marie Clémentine Anuarite Nengapeta, fruits du zèle des missionnaires qui ont apporté la Bonne Nouvelle dans notre pays. Dans cette action de grâce nous pensons aux catéchistes, aux prêtres, aux religieux et religieuses et à tous les agents pastoraux qui, dans un esprit de collaboration et de coresponsabilité, ont contribué à l'édification de notre pays. En ce moment de grâce, au nom de notre Eglise, nous demandons humblement pardon au Seigneur et à notre peuple pour tous les manquements des fils et filles de l'Eglise. Que Dieu qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous fasse revivre avec le Christ (cf Eph 2, 4-5)
7. Les héros de l'Indépendance rêvaient de la grandeur du Congo et de sa prospérité : " nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l'Afrique tout entière (…), nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants (…) j'invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique3". Ils invitaient le peuple à prendre le plus bel élan dans la paix pour bâtir un pays plus beau qu'avant4. C'était un projet national mobilisateur des énergies du peuple congolais et de ses dirigeants. L'Eglise a salué cet événement historique et contribué à son avènement par la formation de l'élite.
8. Cinquante ans après, c'est avec respect qu'il convient d'évoquer et d'honorer la mémoire de ces pionniers qui firent preuve d'un consensus historique à la Table Ronde de Bruxelles. Ce consensus permit à la RD Congo d'accéder à l'indépendance sans guerre de décolonisation. C'est ici le lieu de nous souvenir de tous nos compatriotes qui ont donné leur vie pour libérer la RD Congo du joug colonial et lui permettre d'être reconnue sur l'échiquier international en tant que nation libre. Ce jubilé d'or interroge la conscience nationale sur la manière dont nous avons assumé le rêve des pères de l'Indépendance. Il doit nous conduire à réfléchir à l'hommage le plus approprié et à la façon d'enseigner à nos enfants l'histoire de notre accession à la souveraineté internationale.
9. Il convient donc de revisiter à nouveaux frais aujourd'hui les événements marquants de notre histoire après l'indépendance pour en tirer des leçons utiles pour notre avenir. Car qui ne veut tirer les leçons de son histoire se condamne à la répéter.
Cinquante ans après, nous devons avoir le courage de nous interroger honnêtement : dans quel état se trouve la RD Congo, notre pays, et pourquoi ?
II. SITUATION ACTUELLE : UN REVE BRISE
10. Il faut honnêtement reconnaître certes, tous les progrès sectoriels qui ont pu être réalisés et de nombreux acquis en plusieurs domaines qui ont été obtenus au cours du demi-siècle de notre jeune République, notamment des infrastructures dans le domaine éducatif et sanitaire, la formation de l'élite intellectuelle de haut niveau universitaire, la mise en place des institutions issues des élections démocratiques, l'éveil d'une opinion publique, le refus de la balkanisation, etc. Malgré ces avancées, le bilan global peut se résumer par cinquante années de tribulations et d'opportunités manquées.
1. Vie politique : une logique du pouvoir contraire aux idéaux de l'indépendance
11. Force est de reconnaître, 50 ans après, que le projet national sous-jacent à l'idée de la souveraineté a été trahi par une sorte de perte ou d'abandon de la vocation à l'indépendance véritable. Car, la nation n'est pas vraiment debout ni ses fils et filles totalement affranchis !
12. Les raisons principales qui rendent compte de cette situation sont entre autres le néocolonialisme et l'impérialisme; des assassinats; des guerres ; des coups d'Etat militaires ; la personnalisation du pouvoir et de l'Etat; la mauvaise gouvernance ; l'entrave à l'exercice des libertés publiques ; le pillage des ressources naturelles du pays ; l'instrumentalisation des institutions républicaines au service des individus, l'exacerbation des clivages ethniques et tribaux à des fins politiciennes et électorales.
13. Ne faudrait-il pas reconnaître que la source première de la plupart de nos problèmes et de nos échecs réside dans une vision et une pratique du pouvoir politique contraires aux idéaux de l'indépendance et des sociétés démocratiques ? (…)
15. Pour les prochaines années : de quel Congo rêvons-nous ? Quel type d'homme pourrait mobiliser et canaliser nos efforts pour que ce rêve devienne une réalité ? Autant de questions que l'on ne saurait éluder à l'aube de cette nouvelle étape de notre histoire. Le constat est clair : cette politique n'a pas assuré la paix. Les 50 ans d'indépendance de la RD Congo ont été jalonnés par des violences et des guerres très atroces et dévastatrices. Nous nous souvenons des " martyrs de l'indépendance ", de nombreuses " victimes de la démocratie ". La dernière décennie a particulièrement enregistré des conséquences incalculables des conflits armés qui ont ensanglanté la nation tout entière. Nous n'oublierons jamais les millions des morts, victimes des guerres ni les millions de déplacés !
16. Nous pensons spécialement aux femmes, aux jeunes et aux enfants dont la dignité a été bafouée à outrance par la violation de leurs droits. Nous leur exprimons notre sollicitude et les assurons de notre prière. L'Eglise catholique elle-même a été blessée dans beaucoup de ses membres et dans ses structures. Elle a communié au destin du peuple congolais jusque dans ses souffrances : Evêques, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs ont payé de leur vie par amour pour ce peuple.
17. Il est fort déplorable que la RD Congo soit obligée de saluer l'emblème d'or de sa souveraineté pour ces 50 années sans une armée vraiment républicaine, capable de défendre la sécurité de ses habitants et l'intégrité territoriale contre les projets persistants de sa balkanisation.
18. Quant à l'exercice de la justice, malgré quelques avancées, le pouvoir judiciaire ne jouit toujours pas de l'indépendance ni de moyens pour son exercice loyal. Il ne pourrait exister de justice que moyennant son indépendance, des moyens financiers proportionnés et surtout des hommes et des femmes au-delà de tout soupçon et capables de dire le droit dans le respect des procédures.
2. Vie économique : régression, extraversion et prédation
19. Marquée essentiellement par une crise structurelle, la vie économique de la RD Congo, depuis l'indépendance, a connu plusieurs phases. Une première phase marquée par une gestion irresponsable de l'héritage colonial, caractérisée par les luttes et l'instabilité politique. Une deuxième période de nationalisme économique, de conjoncture économique mondiale favorable et de relative stabilité politique, qui ont contribué à une croissance économique et un renouveau de confiance de la part du secteur privé. Une troisième période marquée par la descente aux enfers avec l'aggravation de la crise économique et la déliquescence de l'appareil de l'Etat.
20. La politique économique du Gouvernement congolais reste actuellement une politique de manque d'investissement dans laquelle l'économie informelle occupe près de 90% de l'activité du pays. D'aucuns attribuent cette situation à l'absence d'une économie formelle forte, basée notamment sur la production des entreprises de portée nationale qui malheureusement n'existent plus.
21. A travers toutes ces phases, l'économie congolaise apparaît extravertie. Par ailleurs, elle ne place pas l'homme congolais au coeur de ses préoccupations. La régression économique apporte comme conséquence sociale une baisse inquiétante du niveau de vie des populations.
22. Il en découle une autre conséquence : la chute des composantes de l'indice du développement humain et la croissance de l'indice de pauvreté humaine. (…)
26. Un coup d'oeil sur la carte des ressources naturelles du pays, et en particulier des ressources minières et forestières nous renseigne que c'est tout le " Congo riche " qui est " concédé " aux exploitants étrangers, souvent associés à quelques privilégiés de la gouvernance économique de prédation qui les couvrent. Ces contrats de concession étant généralement de longue durée, l'on est en droit de s'interroger sur les perspectives qu'ils présentent pour l'avenir du pays. Ne s'agit-il pas d'une hypothèque de l'avenir de la RD Congo ? Que lui reste-t-il de ses immenses ressources ?
3. Vie sociale : inégalités criantes et misère
27. Quand, en 1960 est proclamée l'indépendance de notre pays, les aspects socio-économiques présentaient des indicateurs au-dessus de la moyenne. Aujourd'hui ces indicateurs sont au rouge. La vie sociale est caractérisée par des inégalités offensantes et par la misère due à l'effritement des services sociaux de base : santé, alimentation, logement, éducation et emploi.
28. Le sous-développement s'explique en grande partie par l'absence d'un plan de développement digne de ce nom. Le pays est sous perfusion. En témoigne la prolifération des groupes d'assistance humanitaire et d'organisations non gouvernementales qui suppléent à la démission voire à l'absence de l'Etat dans plusieurs secteurs de la vie.
29. L'un des secteurs de la vie sociale qui suscite beaucoup d'inquiétudes, c'est notre système éducatif qui a enregistré une régression considérable. La part allouée à l'éducation dans le budget de l'Etat est passée de près de 30% dans les années 60 à moins de 7% aujourd'hui.
III. L'AVENIR DE LA RD CONGO : NOTRE REVE
31. Nous proclamons haut et fort que l'avenir prospère et heureux de la RD Congo dépend avant tout des Congolais eux-mêmes. Ce jubilé d'or de l'Indépendance est donc le moment favorable, l'heure décisive pour nous mettre débout en vue de construire ensemble notre destinée. Nous ne devons pas toujours rester sur les quais de l'histoire. Il nous appartient, avec la grâce de Dieu, d'orienter notre avenir. Quel avenir voulons-nous donc pour le Congo ? Quels sont nos propositions et nos engagements pour bâtir le Congo de l'avenir ?
1. Raviver l'espérance de notre peuple
32. Nous considérons comme priorité, pour la renaissance du Congo, cette exigence de ranimer l'espérance dans les coeurs désemparés des Congolais et Congolaises angoissés par un avenir sombre.
34. L'espérance chrétienne, on le sait, est l'antidote à toutes les fatalités et à tous les pessimismes. Elle enseigne qu'avec Dieu quelque chose de nouveau peut toujours advenir. Cette nouveauté interpelle la responsabilité des croyants. Cette espérance chrétienne qui ne nous dédouane pas de nos responsabilités, mais qui nous pousse à oser, à agir. Nous dénonçons les formes de religiosité et de spiritualité qui déresponsabilisent le Congolais et le détournent de sa mission de construire la cité terrestre.
35. C'est pourquoi nous rappelons aux fidèles catholiques que comme " sel de la terre et lumière du monde " (Mt 5, 13-14), ils ont une grave responsabilité de participer activement à la naissance d'une société nouvelle et à s'engager pour le développement de notre pays7. La foi chrétienne exige de prendre notre part à l'édification d'une nation juste, fraternelle et solidaire. Les chrétiens, à tous les niveaux de la vie sociale et professionnelle, doivent devenir signe d'espérance d'un Congo nouveau. Pour notre part, nous allons proposer à nos fidèles une catéchèse appropriée pour les accompagner dans cette mission.
2. Adopter un idéal politique de service
36. Les politiciens que nous voulons pour le Congo de demain sont ceux qui craignent Dieu, aiment notre peuple jusqu'au bout et vivent leur engagement politique comme un service du bien commun8. C'est l'homme qui doit être au coeur de tout engagement politique. L'histoire récente du pays, la misère révoltante du peuple congolais et les interminables atermoiements de certains acteurs politiques rendent impérieusement urgente l'invitation de la 2ème Assemblée Spéciale du Synode des Evêques pour l'Afrique qui invite les chrétiens engagés en politique " à se convertir, ou à quitter la scène publique, pour ne pas nuire au peuple ni entacher la réputation de l'Église Catholique ".
37. L'Eglise famille de Dieu en RD Congo félicite et encourage ses fidèles qui sont en politique et qui se comportent en " ambassadeurs " du Christ.
3. Promouvoir une économie au service de l'homme
38. Une Nation ne peut pas prospérer pendant longtemps si elle favorise uniquement ses membres déjà nantis. L'avenir harmonieux de la RD Congo exige donc une économie du développement au grand profit de l'homme congolais.
39. Il faudrait, pour un Congo nouveau, envisager le mode de croissance économique durable et orienté vers la solution du problème de pauvreté. Il doit être de ce fait un mode de croissance basé sur les secteurs productifs qui impliquent la participation des larges franges des populations et ce, aussi bien dans la production que dans le bénéfice de la croissance elle-même. Ce sont notamment les secteurs comme l'agriculture qu'il faut promouvoir et dont il faut valoriser la production par une transformation locale et des possibilités de commercialisations élargies, les infrastructures économiques des masses, l'habitat et d'autres secteurs comme le transport, l'énergie de manière à promouvoir l'accumulation interne au détriment de l'accumulation extravertie. Pour cela, il est impératif que l'Etat joue son rôle de responsable du bien-être des populations et du développement humain dans le pays.
40. Cela requiert que l'on investisse dans la santé, la nutrition et surtout dans l'éducation des populations. Investir dans les services sociaux de base ou dans le développement des ressources humaines devient ainsi un des défis majeurs pour cette stratégie de renforcement des capacités des populations pour un développement harmonieux de la RD Congo.
41. Pour une économie au service de l'homme congolais, il est impérieux de rappeler la contribution de ses propres citoyens. C'est pourquoi nous appelons solennellement tout notre peuple à s'acquitter du devoir civique et constitutionnel de payer l'impôt et les taxes qui contribuent au développement du pays. L'Eglise s'engage à collaborer avec le Gouvernement dans la construction d'une culture fiscale capable de préserver la souveraineté nationale et d'assurer le développement solidaire de la RD Congo. Nous avons décidé de lancer une grande campagne de lutte contre la corruption par le civisme fiscal.
44. Dans le domaine névralgique de la gestion des ressources naturelles, il est urgent que l'Etat congolais :
- Elabore un plan de gestion à long terme qui tienne compte des générations futures, en choisissant à tour de rôle les domaines qui doivent soutenir l'économie nationale sur base d'une meilleure connaissance des ressources et de leur valeur ;
- Harmonise les lois déjà promulguées pour éviter la conflictualité par rapport aux pays voisins et à d'autres normes internationales ;
- Informe et implique la population dans la gestion des ressources naturelles afin qu'elle prenne conscience de ses responsabilités aux fins de combattre la corruption.
45. S'agissant de la dette extérieure, nous pensons qu'elle constitue non seulement l'obstacle majeur au développement du pays, mais qu'elle a aussi un impact négatif sur les secteurs sociaux. Celui-ci s'étend sur la qualité de la gouvernance et favorise la corruption.
A suivre
Discours du Roi Baudouin Ier prononcé le 30 juin 1960
Monsieur le Président,
Messieurs,
L'indépendance du Congo constitue l'aboutissement de l'oeuvre conçue par le Roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage tenace et continuée avec persévérance par la Belgique. Elle marque une heure décisive dans les destinées non seulement du Congo lui-même, mais je n'hésite pas à l'affirmer, de l'Afrique tout entière.
Pendant 80 ans, la Belgique a envoyé sur votre sol les meilleurs de ses fils, d'abord pour délivrer le bassin du Congo de l'odieux trafic esclavagiste qui décimait ses populations ; ensuite, pour rapprocher les unes des autres ethnies qui, jadis ennemies, s'apprêtent à constituer ensemble le plus gr and des Etats indépendants d'Afrique ; enfin, pour appeler à une vie plus heureuse les diverses régions du Congo que vous représentez ici, unies en un même Parlement.
En ce moment historique, notre pensée à tous doit se tourner vers les pionniers de l'émancipation africaine et vers ceux, qui après eux, ont fait du Congo ce qu'il est aujourd'hui. Ils méritent à la fois, NOTRE admiration et VOTRE reconnaissance, car ce sont eux qui, consacrant tous leurs efforts et même leur vie à un grand idéal, vous ont apporté la paix et ont enrichi votre patrimoine moral et matériel. Il faut que jamais ils ne soient oubliés, ni par la Belgique, ni par le Congo.
Lorsque Léopold II a entrepris la grande oeuvre qui trouve aujourd'hui son couronnement, il ne s'est p as présenté à vous en conquérant mais en civilisateur.
Le Congo, dès sa fondation, a ouvert ses frontières au trafic international, sans que jamais la Belgique y ait exercé un monopole institué dans son intérêt exclusif.
Le Congo a été doté de chemins de fer, de routes, de lignes maritimes et aériennes qui, en mettant vos populations en contact les unes avec les autres, ont favorisé leur unité et ont élargi le pays aux dimensions du monde.
Un service médical, dont la mise au point a demandé plusieurs dizaines d'années, hôpitaux nombreux et remarquablement outillés ont été construits. L'agriculture a été améliorée et modernisée. De grandes villes ont été édifiées et, à travers tout le pays, des entreprises industrielles ont mis en valeur les richesses naturelles du sol. L'expansion de l'activité économique a été considérable, augmentant ainsi le bien-être de vos populations et dotant le pays de techniques indispensables à son développement.
Grâce aux écoles des missions, comme à celles que créèrent les pouvoirs publics, l'éducation de base connaît une extension enviable ; une élite intellectuelle a commencé à se constituer que vos universitaires vont rapidement accroître.
Un nombre de plus en plus considérable de travailleurs qualifiés appartenant à l'agriculture, à l'industrie, à l'artisanat, au commerce, à l'administration, font pénétrer dans toutes les classes de la population l'émancipation individuelle qui constitue la véritable base de toute civilisation.
Nous sommes heureux d'avoir ainsi donné au Congo, malgré les plus grandes difficultés, les éléments indispensables à l'armature d'un pays en marche sur la voie du développement.
Le grand mouvement d'indépendance qui entraîne toute l'Afrique a trouvé, auprès des pouvoirs belges, la plus large compréhension. En face du désir unanime de vos populations, nous n'avons pas hésité à vous reconnaître, dès à présent, cette indépendance.
C'est à vous, Messieurs, qu'il appartient maintenant de démontrer que nous avons eu raison de vous faire confiance.
Dorénavant, la Belgique et le Congo se trouvent côte à côte, comme deux Etats souverains, mais liés par l'amitié et décidés à s'entraider. Aussi, nous remettons aujourd'hui entre vos mains tous les services administratifs, économiques, techniques et sociaux ainsi que l'organisation judicaire, sans lesquels un Etat moderne n'est pas viable. Les agents belges sont prêts à vous apporter une collaboration loyale et éclairée.
Votre tâche est immense et vous êtes les premiers à vous en rendre compte. Les dangers principaux qui vous menacent sont : l'inexpérience des populations à se gouverner, les luttes tribales, qui jadis ont fait de mal et qui, à aucun prix, ne doivent reprendre, l'attraction que peuvent exercer sur certaines régions des puissances étrangères, prêtes à profiter de la moindre défaillance.
Vos dirigeants connaîtront la tâche difficile de gouverner. Il leur faudra mettre au premier plan de leurs préoccupations, quel que soit le parti auquel ils appartiennent, les intérêts généraux du pays. Ils devront apprendre au peuple congolais que l'indépendance ne se réalise pas par la satisfaction immédiate des jouissances faciles, mais par le travail, par le respect de la liberté d'autrui et des droits de la minorité, par la tolérance et l'ordre, sans lesquels aucun régime démocratique ne peut subsister.
Je tiens à rendre ici un particulier hommage à la Force Publique qui a accompli sa lourde mission avec un courage et un dévouement sans défaillance.
L'indépendance nécessitera de tous des efforts et des sacrifices. Il faudra adapter les institutions à vos conceptions et à vos besoins, de manière à les rendre stables et équilibrés. Il faudra aussi former des cadres administratifs expérimentés, intensifier la formation intellectuelle et morale de la population, maintenir la stabilité de la monnaie, sauvegarder et développer vos organisations économiques, sociales et financières.
Ne compromettez pas l'avenir par des réformes hâtives, et ne remplacez pas les organismes que vous remet la Belgique, tant que vous n'êtes pas certains d pouvoir faire mieux.
Entretenez avec vigilance l'activité des services médicaux dont l'interruption aurait des conséquences désastreuses et ferait réapparaître des maladies que nous avions réussi à supprimer. Veiller aussi sur l'oeuvre scientifique qui constitue pour vous un patrimoine intellectuel inestimable. N'oubliez pas qu'une justice sereine et indépendante est un facteur de paix sociale ; la garantie du respect du droit de chacun confère à un Etat dans l'opinion internationale, une grande autorité morale.
N'ayez crainte de vous tourner vers nous. Nous sommes prêts à rester à vos côtés pour vous aider de nos conseils, pour former avec vous les techniciens et les fonctionnaires dont vous aurez besoin.
L'Afrique et l'Europe se complètent mutuellement et sont appelées en coopérant au plus brillant essor. Le Congo et la Belgique peuvent jouer un rôle de première grandeur par une collaboration constructive et féconde, dans la confiance réciproque.
Messieurs,
Le monde entier a les yeux fixés sur vous. A l'heure où le Congo choisit souverainement son style de vie, je souhaite que le peule congolais conserve et développe le patrimoine des valeurs spirituelles, morales et religieuses qui nous est commun et qui transcende les vicissitudes politiques et les différences de race ou de frontière.
Restez unis, et vous saurez vous montrer dignes de grand rôle que vous êtes appelés à jouer dans l'histoire de l'Afrique.
Peuple congolais,
Mon pays et moi-même nous reconnaissons avec joie et émotion que le Congo accède ce 30 juin 1960, en plein accord et amitié avec la Belgique, à l'indépendance et à la souveraineté internationale.
Que Dieu protège le Congo! BAUDOUIN 1er
Discours de Joseph Kasa Vubu prononcé le 30 juin 1960
Excellence, mes chers compatriotes.
Au moment solennel où la République du Congo se présente au monde et à l'histoire, pleinement indépendante et souveraine. Au moment où nous ressentons intensément le caractère irrévocable et définitif du pas que nous franchissons, nous ne pouvons pas nous empêcher de mesurer la gravité de profonde humilité de demander à Dieu qu'il protège notre peuple et qu'il éclaire tous ses dirigeants.
Avant toute chose, je voudrais exprimer ici une émotion, la reconnaissance que nous ressentons envers tous ces artisans obscurs ou héroïques de l'émancipation nationale, à tous ceux qui, partout sur notre immense territoire, ont donné sans compter leurs forces, leurs privations, leurs souffrances et même leur vie pour que se réalise enfin leur rêve audacieux d'un Congo libre et indépendant.
Je pense à ces agriculteurs de nos plaines et de nos vallées, à ces intellectuels aussi, à tous ceux, jeunes ou vieux, qui ont senti monter dans leur cœur, un irrésistible idéal de liberté et qui, quoi qu'il pût arriver, ont su rester fidèles à cet idéal et ont su l'accomplir. Je pense à nos femmes aussi qui sans …faiblir un seul instant, ont su réconforter leurs fils, leurs époux devant leurs luttes magnifiques et souvent même se trouver à leurs côtés au plus âpre du combat.
A vous tous et à vous toutes, artisans incomparables de la grandeur de notre patrie, le Congo indépendant que vous avez créé, vous dit avec émotion sa gratitude infinie et vous assure solennellement que jamais vous ne serez oubliés.
Tournons-nous maintenant vers l'avenir.
L'aube de l'indépendance se lève sur un pays dont la structure économique est remarquable, bien équilibrée et solidement unifiée. Mais, l'Etat d'inachèvement de la conscience nationale parmi les populations a suscité certaines alarmes que je voudrais dissiper aujourd'hui en rappelant tous les progrès qui ont déjà été accomplis en ce domaine et qui sont les plus sûrs garants des étapes qui restent à parcourir.
Que de différences, en effet, lors de la fondation de notre pays, entre des populations que tout contribuait à maintenir écartées les unes des autres sans souligner les diversités des langues, de coutumes ou des structures sociales, rappelons simplement les distance énormes qui nous séparaient et le manque de moyens modernes de communication de la fin du siècle passé. Pour se reconnaître, il a fallut se rencontrer.
Bon nombre de populations vivant aux confins de ce vaste pays se sentaient peu proches les unes des autres. Vous avez bien voulu rappeler, Sire, combien le progrès de moyens de déplacement contribua heureusement à enserrer le pays dans un réseau d'échanges qui a servi aussi et grandement, à rapprocher les hommes.
Le développement économique de son côté amena la création de cités de travailleurs et de centres où les ressortissants de différentes ethnies apprirent à vivre ensemble une certaine osmose s'opéra. Les échanges se multipliant, les régions devinrent petit à petit complémentaires les unes des autres renforcèrent aussi leur collaboration.
Le développement de l'instruction, la création et la diffusion des journaux et périodiques, la multiplication des postes-radio, tout cela contribua à la naissance dans les villes d'abord, dans les milieux ruraux, ensuite, d'une opinion publique d'où petit à petit de dégagèrent les éléments d'une véritable conscience nationale.
La Belgique eut alors la sagesse de ne pas s'opposer au courant de l'histoire et, comprenant la grandeur de l'idéal de la liberté qui anime tous les cœurs congolais, elle a su, fait sans précédent dans l'histoire d'une colonisation pacifique faire passer directement et sans transition notre pays de la domination étrangère à l'indépendance dans la pleine souveraineté nationale.
Mais si nous pouvons nous réjouir de cette décision, nous ne devons pas oublier que c'est à nous à désormais à prendre le relais et à rassembler les matériaux de notre Nation dans l'union et dans la solidarité.
Nous disposons pour cela d'un large éventail de moyens, mais il faudra que nous les utilisions avec sagesse, sans hâte ni lenteur avec le souci de s'adapter harmonieusement au rythme normal des choses, sans essouffler les populations par une marche trop rapide qui les laisse hors d'haleine sur le bord de la route mais sans se complaire non plus dans une administration béate de ce qui est déjà. La conscience nationale pousse depuis longtemps les populations congolaises vers plus de solidarité ; nous aurons à favorise plus que jamais ce mouvement de rapprochement national.
Un rôle tout spécial sera dévolu, dans cette recherche d'une grande cohésion nationale aux institutions centrales du pays et surtout à l'action des Chambres Législatives. Certains d'entre nous, Messieurs les Sénateurs et Messieurs les Députés ont pour la première fois, sans doute côtoyé des élus venant d'autres provinces. Grande a été leur surprise de constater que votre idéal et vos préoccupations étaient si proches les uns des autres. J'ai la conviction que vous ferez de ces assises le véritable creuset d'une conscience nationale toujours plus développée.
Nous aurons également dans tout le pays développer l'assimilation de ce quatre-vingts ans de contact avec l'occident nous a apporté de bien ; la langue qui est l'indispensable outil de l'harmonisation de nos rapports, la législative qui insensiblement, a influencé sur l'évolution de nos coutumes diverses et les a lentement rapprochées et, enfin et surtout, la culture. Une affinité fondamentale de la culture rapproche déjà tous les Bantous, aussi le contact de la civilisation chrétienne et les racines que cette civilisation a poussées en nous, permettront aux sangs anciens revivifiés de donner à nos manifestations culturelles une originalité et un éclat tout particulier. Nous aurons à cœur de favoriser l'éclosion de cette culture nationale et d'aider toutes les couches de la population à en percevoir le message et à en approfondir la portée. Nous aurons là une mission essentielle à remplir. Car, la culture sera le ciment de la Nation.
Cette recherche, ainsi que la mise en place des matériaux dessinés à notre unité nationale, doit devenir la préoccupation dominante de tous. Aucun habitant de ce pays ne peut se refuser de participer à cette œuvre capitale.
Nous saurons pour cela, dans ce vaste chantier de quatorze millions d'hommes, qui est notre pays, éclairer et guider tous ceux qui y œuvrent dans l'enthousiasme 'est cette communauté d'efforts, de peines et de travail qui achèvent le plus sûrement s'unir tous les congolais en une grande, seule et solide Nation. Nous montrerons ainsi au mode, par nos actes, que nous sommes dignes de la confiance que le peuple a placé en nous, et que de nombreux pays nous témoignent déjà.
Nous ne les décevrons pas.
Sire,
La présence de votre Auguste Majesté aux cérémonies de ce jour mémorable constitue un éclatant et nouveau témoignage de votre sollicitude pour toutes ces populations que vous avez aimées et protégées. Elles sont heureuses de pouvoir dire aujourd'hui à la fois leur reconnaissance pour les bienfaits que vous et vos illustres prédécesseurs leur avez prodigués et leur joie pour la compréhension dans laquelle vous avez rencontré leurs aspirations.
Elles ont reçu votre message d'amitié avec tout le respect et la faveur dont elles vous entourent et garderont longtemps dans leur cœur les paroles que vous venez de leur adresser en cette heure émouvante.
Elles sauront apprécier tout le prix de l'amitié que la Belgique leur offre et elles s'engageront avec enthousiasme dans la voie d'une collaboration sincère.
Messieurs les Représentants des pays étrangers,
Vous nous avez fait honneur de venir nombreux célébrer avec nous ces journées historiques. Aussi des relations d'amitié seront-elles faciles à nouer demain entre notre pays et chacun des Etats que vous présenterez.
Vous qui voyez autour de vous l'immense enthousiasme qui s'est emparé de toute la Nation vous qui sentez notre désir de réussir et de bien faire connaître au monde cette image.
Je proclame, au nom de la Nation, la naissance de la République du Congo.
Discours de Lumumba prononcé le 30 juin 1960
Congolais et Congolaises,
Combattants de l'indépendance aujourd'hui victorieux,
Je vous salue au nom du gouvernement congolais.
A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et leurs petits-fils l'histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.
Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd'hui dans l'entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d'égal à égal, nul congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n'avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.
Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l'humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d'élever nos enfants comme des êtres chers.
Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions nègres. Qui oubliera qu'à un noir on disait " tu ", non certes comme à un ami, mais parce que le " vous " honorable était réservé aux Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n'était jamais la même selon qu'il s'agissait d'un Blanc ou d'un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.
Nous avons connu qu'il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs, qu'n Noir n'était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu'un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.
Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d'une justice d'oppression et d'exploitation ?
Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréé pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l'oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a té proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l'homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l'Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d'autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.
Nous allons mettre fin à l'oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des droits de l'Homme.
Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu'elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudront sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner nos pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.
Et pour cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l'assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu'elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu'elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l'histoire, n'a pas essayé de s'opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d'être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j'en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis.
Ainsi, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, le Congo nouveau, notre chère République, que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m'aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d'oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l'étranger.
Je demande à la minorité parlementaire d'aider mo n gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L'indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.
Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j'ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays.
J'invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.
Hommage aux combattants de la liberté nationale !
Vive l'indépendance et l'Unité africaine !
Vive le Congo indépendant et souverain !
SPECIAL 30 JUIN
Grâce à Banguli, les enfants handicapés du Centre Koli désormais dans de bonnes conditions
Après le Collège Saint Ndongwe de Maluku, voici le Centre Koli de Kalamu. Les deux formations scolaires, bien que situées d’un bout à l’autre de la ville de Kinshasa, ont en commun le privilège de disposer désormais d’un nouveau bâtiment construit avec le financement du Fonds social de la République. Le tout, grâce à un homme, Marco Banguli. C’est vendredi dernier que le Coordonnateur du Fonds social a remis les clés à Mgr Pierre Marini Bodho.
Le Centre Koli, une école conventionnée protestante avec pour particularité un enseignement spécial pour enfants handicapés situé au Carrefour des jeunes au quartier Matonge, dans la commune de Kalamu, peut désormais fonctionner dans son bâtiment comprenant quatre salles de classe et trois bureaux. Tout cela grâce au financement du Fonds social de la République avec comme agence locale d’exécution, les Soeurs thérésiennes.
Sur les 80 bancs attendus, 50 ont déjà été remis par la fondation Vodacom. Mais, pour que le Fonds social de la RDC débourse les 47.000 Usd pour cet ouvrage, il fallait obligatoirement une caution de 10%. C’est donc là qu’est intervenu M. Marco Banguli avec sa modeste contribution dans le cadre des cinq chantiers, à la demande des parents. Tout comme, pour les bancs, il a dû faire appel à une la fondation de la place.
«KABILA A GAGNE LE PARI DE LA RECONSTRUCTION ET MODERNISATION DE LA VILLE DE KINSHASA»
Dans son intervention, le «généreux» Marco Banguli a d’abord rappelé qu’en 2006, lors de la campagne électorale, il fallait faire face au scepticisme des Kinois à propos des cinq chantiers. «La population était désabusée par bon nombre de politiciens avec des discours mensongers». Le même scepticisme était au rendez-vous, explique-t-il, lorsqu’il posait, il y a un an, la première pierre. «Kinshasa est aujourd’hui en pleine transformation du point de vue infrastructures routières. Joseph Kabila a gagné le pari de la reconstruction et de la modernisation de la ville de Kinshasa et du pays tout entier. J’espère que les Kinois s’en souviendront en 2011». Et d’ajouter en martelant ses propos, «les chantiers du chef de l’Etat, ce n’est pas son affaire personnelle, mais une affaire de tous les élus, des acteurs politiques. Chacun doit poser des actes concrets dans son fief. Car, les cinq chantiers, ce ne sont pas des discours, mais des actes concrets». Pour couper court à certaines spéculations, Marco Banguli a rappelé que sa contribution en faveur des enfants handicapés du Centre Koli ne résultait pas d’un calcul électoral. «Mon fief se situe dans la Tshangu et seul le président de la République peut se présenter partout dans le pays. Ici, à la Funa, je n’attends aucune dividende politique, c’est plutôt par amour pour ma province».
«L’IDENTITE KINOISE, C’EST UNE AFFAIRE DE CHACUN DE NOUS POUR LE DEVELOPPEMENT
DE SON TERRITOIRE»
Abordant son credo sur l’identité kinoise, Banguli a invité les ressortissants de la capitale congolaise à prendre conscience de l’avenir de leur province. «C’est une affaire de chacun de nous pour veiller au développement de son territoire». Après avoir rappelé comment, en dehors des Teke, les ressortissants des anciennes provinces de Léopoldville (Kinshasa, Bandundu et Bas-Congo) qui ont choisi de rester sur le territoire de ce qu’est devenu la ville de Kinshasa, ainsi que des ressortissants congolais venus d’ailleurs qui ont des attaches dans la ville de Kinshasa, sont tous des Kinois, il a indiqué qu’on ne peut pas contribuer au développement de Kinshasa lorsqu’on n’y a pas d’attaches ou si «on ne vient à Kinshasa que pour gagner de l’argent et ensuite repartir».
«Le Fonds social se veut une manière efficace de participer à la reconstruction»
Outre Marco Banguli, le Coordonnateur général du Fonds social et l’évêque président national de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) ont aussi pris la parole. Le numéro un du Fonds social a déclaré le bâtiment construit en faveur du Centre Koli permettait d’améliorer les conditions d’études des enfants handicapés. Il n’a pas manqué de relever la contribution de 10% par Marco Banguli, sans laquelle le financement du Fonds social n’aurait pas du tout été possible. Il s’est réjoui de voir le projet toucher directement une catégorie privilégiée: les enfants vulnérables. Car, «le Fonds social se veut une manière efficace de participer à la reconstruction du pays».
Pour sa part, Mgr Marini, tout en remerciant tous les partenaires pour le bâtiment, a relevé que l’ECC accusait un grand retard dans le domaine de l’enseignement sur l’ensemble de la RDC et particulièrement à Kinshasa par manque de moyens disponibles. Mais, a-t-il reconnu, «ce centre est unique pour la ville de Kinshasa». Il s’est également souvenu que le Centre Koli était, depuis son existence, sous logé par le Carrefour des jeunes et qu’avec l’acquisition du nouveau bâtiment, c’est une nouvelle ère qui s’ouvrait. C’est par la remise des clés au président national de l’ECC suivie de la coupure du ruban symbolique que la cérémonie d’inauguration s’est terminée au carrefour des jeunes à Matonge. Marcellin MANDUAKILA
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Grandioses obsèques pour Floribert Chebeya
Floribert Chebeya a été porté en terre le samedi 26 juin 2010. Il repose pour l'éternité au Cimetière de Benseke. L'ancien coordonateur de la Voix des sans Voix a eu droit à des obsèques dignes du rang qu'il avait dans le mouvement associatif congolais.
Dès la levée de son corps vendredi 25 juin 2010 à la morgue de l'hôpital ex- Mama Yemo, un long processus s'est formé pour gagner le Boulevard du 30 juin en direction du stade Vélodrome de Kintambo avec un arrêt à son domicile à Binza/Ozone. Jamais le stade vélodrome n'a connu une affluence comme celle qui a été observée depuis l'après-midi de vendre dernier jusqu'en fin de matinée de samedi lorsque le corps a été conduit à la Cathédrale Notre dame du Congo pour une messe dite par Mgr Monsengwo Pasinya.
Outre les activistes des droits de l'homme et autres curieux, le stade Vélodrome a vu défiler des diplomates et même des membres du Gouvernement. Le lieu était constamment déchiré de pleurs ainsi que des cris de colère, régulièrement ponctués de chansons hostiles au Gouvernement que certains rendaient responsable de la mort de Chebeya. Malgré cela, le dispositif sécuritaire commis à ces obsèques s'est comporté correctement en assurant la protection de tous. Et afin que ces obsèques se déroulent dans de bonnes conditions, la SNEL a assuré la distribution du courant électrique en permanence dans ce quartier qui connaît des coupures régulières.
Dans son homélie, l'Archevêque de Kinshasa a condamné toute atteinte à la vie humaine, avant d'exiger de l'Etat congolais une enquête sérieuse pour dépister les coupables et les punir conformément à la loi. "Tuer quelqu'un qui fait partie des défenseurs des droits de l'homme, ce n'est pas un bon signe pour la démocratie. Parce que la défense des droits de l'homme fait partie de la démocratie. Si donc on tue ce genre des personnes, c'est dire que la démocratie ne s'est pas tout à fait enracinée dans le pays," a-t-il dit.
L'épouse du défunt a, pour sa part, reçu le réconfort de toutes les personnalités. Plusieurs d'entre eux ont promis de soutenir la famille et d'assurer la poursuite de la scolarité des orphelins. "Tout ce que je peux souhaiter et demander aujourd'hui est que ce crime ne reste pas impuni, afin que cela ne se reproduise plus (…) C'est la révolte et la tristesse. Mais, c'est aussi le malheur constant d'un Etat paradoxal…", a conclu l'un d'entre eux.
Floribert Chebeya avait été retrouvé mort le 2 juin 2010 à Mitendi. Les premières indications de l'autopsie menée par une équipe de médecins légistes congolais renseignaient qu'il aurait eu le cou tordu. Son chauffeur demeure introuvable à ce jour. JEK
Le mariage et l’opération arbres fruitiers
Stratégie révolutionnaire pour le développement spectaculaire de la RDC
Dans le cadre des cinq chantiers que prône le chef de l’Etat, le volet «emploi» occupe une place importante dans la mesure où ce sont les revenus encaissés par la population qui augmentent son pouvoir d’achat et qui, par conséquent, feront dynamiser l’activité économique du pays. Quand le pouvoir d’achat de la population est très faible, l’accroissement de l’activité économique et le développement du pays seront faibles.
Dans cette logique, il est donc impérieux de chercher et même de privillégier les stratégies génératrices d’emplois. C’est justement la réponse qu’apporte la SODEMA à travers la stratégie du «mariage agricole et de l’opération arbres fruitiers». «Le mariage agricole» est une union de trois partenaires : propriétaire foncier, bailleur de fonds et main d’oeuvre en vue de produire des produits agricoles sous la supervision d’une structure autonome et suivant un mécanisme constituant les clauses de cette union.
Cette stratégie à deux volets contenu dans un document qu’on peut obtenir auprès de la SODEMA a été bien expliquée lors de la conférence de presse du 11 février 2009 qui a eu lieu à Notre Dame de Fatima. La SODEMA pourra créer des millions d’emplois dans moins de deux ans à partir de la mise en exécution dudit projet. Ce projet, note-t-on, est tellement simple que son exécution n’exige pas un gros financement. Ce projet favorise directement le développement de plusieurs autres secteurs économiques notamment le transport et les unités de transformation. Il aidera ainsi la RDC a avoir de bonnes routes avec le même financement qui n’est pas gros.
Au moment où la RDC fête le cinquantenaire, il est plus que temps de s’occuper totalement du développement de ce pays et toutes les idées devraient d’abord être analysées avant de les classer sans suite, car « même les immondices ont aussi de l’importance», dit-on.
Nous osons croire que toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent l’éclosion du volet «emploi» des cinq chantiers pourront accorder un minimum d’attention à cette stratégie, qui pourrait être améliorée, le cas échéant,, pour le bonheur de notre pays.Dieudonne BIFUMANU NSOMPI
Président SODEMA
SPECIAL 30 JUIN
Aéroport international de N'Djili
La RVA ayant tenu parole, le salon présidentiel inauguré hier
*En même temps, l'ex-Place de la gare, débaptisée
Place du 30-Juin, désormais ouverte au public
La construction du nouveau Pavillon présidentiel à l'aéroport international de N'Djili devait finir avant le 30 juin 2010. L'Administrateur délégué général de la Régie des voies aériennes (RVA), Jean Assise, l'avait plusieurs fois déclaré. Aujourd'hui, la Rva peut se réjouir d'avoir gagné son pari. Le salon présidentiel Vip est désormais opérationnel. Le Chef de l'Etat, Joseph Kabila l'a inauguré hier, dimanche le 27 juin dans la matinée, avant de procéder à la coupure du ruban symbolique de l'ex-place de la Gare, rébaptisée Place.
Le nouveau pavillon présidentiel vient à point nommé améliorer les conditions d'accueil et de sécurité du Chef de l'Etat ainsi qu'à ses hôtes de marque, a expliqué M. Jean Assise. Mais en plus de cela, la Rva a tenu à dégager de nouveaux espaces commerciaux avec le déplacement de la zone de sécurité présidentielle qui empêchait la réhabilitation, de fond en comble, des aérogares et salons Vip.
Le coût des travaux de construction de ce salon présidentiel est de 25 millions de dollars financés sur fonds propres de la Régie. Cette somme, précise-t-on, provient de la taxe IDEF (Go pass) instituée depuis près d'une année par la Rva dans divers aéroports tant nationaux qu'internationaux du pays. Le pavilon présidentiel, en forme d'une pyramide, a été construit par l'entreprise sud-africaine ESG-SOGEM.
Construit à quelque cent mètres des aérogares de l'aéroport international de N'Dili, le nouveau pavillon présidentiel a aussi le mérite d'éviter désormais, la paralysie des activités souvent et autrefois occasionnée par les voyages du Raïs.
JOSEPH KABILA INAUGURE
LA PLACE DU 30 JUIN
La matinée d'hier dimanche le 27 juin, n'a pas été de tout repos pour le Président Joseph Kabila. Après l'aéroport international de N'Djili, Joseph Kabila s'est rendu à l'ex-Place de la Gare centrale où il a inauguré le nouveau site rebaptisé Place du 30-Juin. Mais avant la Gare centrale, le Président de la république a visité le Jardin botanique de Kinshasa qui, comme d'autres sites, ont reçu un profond coup de balai en vue de leurs transformations en véritables sites touristiques. Pas de discours. Une seule adresse, celle d'André Kimbuta, gouverneur de la ville-province de Kinshasa. Le site, avec une superficie de 13.000m 2, comprend une fontaine avec plusieurs jets d'eau. La cérémonie d'inauguration de ce nouveau site touristique a eu lieu en présence de plusieurs officiels dont Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat.
Véritable site touristique, la Place du 30-Juin offre à ses visiteurs un cadre idéal de détente. Le pavement aux couleurs nationales, force l'admiration. Surtout aux heures du soir lorsque l'espace est éclairé. Une cabine technique construite au pied du monument de la Gare centrale, produit de la musique qui rend beaucoup plus agréable la visite du site. " Kinshasa est désormais comparable avec l'Afrique du Sud ", ont aussitôt réagi certains Kinois ayant assisté à l'inauguration de la Place du 30 Juin qui, des décennies durant, a servi de marché d'art dans la ville. Dans cette liesse populaire, d'autres curieux sont allés plus loin, au point de comparer ce site à ceux des villes européennes qu'ils découvrent par l'intermédiaire des médias.
LE GRAND DEFI : L'ENTRETIEN
Joseph Kabila poursuit un idéal : Construire la RD Congo. Aussi, pense-t-il, le coup d'envoi doit partir de Kinshasa, la capitale et le miroir du pays. Plusieurs affiches placées le long de principales artères de la ville renseignent à suffisance la nouvelle ville attendue. Dans les rues de Kinshasa, les réactions divergent. Certains croient en la matérialisation de ces projets, alors que d'autres se comportent encore en Saint Thomas. Mais, progressivement, le doute commence à céder la place à la raison. Certains projets viennent d'être effectivement réalisés. Dans le lot, on citerait le prolongement et la modernisation du Boulevard Triomphal. On s'en voudrait, si on n'ignorait le Boulevard du 30-Juin transformé en autoroute.
Cependant, si toutes ces infrastructures sont réalisées pour des raisons du Cinquantenaire, elles n'auront pas alors mérité l'attention qu'on leur accorde actuellement. A l'inverse, si la construction de ces nouvelles infrastructures s'inscrit dans la logique générale de bâtir un pays plus beau qu'avant, alors les Congolais ont désormais un devoir collectif : Le respect du bien public. Malheureusement, il s'érige à Kinshasa une nouvelle culture qui relègue à l'arrière-plan cette obligation civique. Un autre défaut paraissant comme une seconde nature des Congolais en général et de Kinois en particulier est le manque d'entretien. En conséquence, ce qui parait un " bijou " aujourd'hui, tombe en ruine au fil des jours à cause du manque d'entretien. D'où, l'obligation, pour l'Etat, de veiller à l'entretien de ces ouvrages.
En ce qui concerne la Place du 30-Juin, André Kimbuta a annoncé que le marché a été gagné par " Miss propre ". Cette structure privée très peu connue du public kinois, se chargera désormais de la maintenance du site. On ose croire que " Miss propre " sera à la hauteur de la tâche qui l'attend. Laurel KANKOLE
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La SONAS remporte le tournoi des entreprises du portefeuille
*Indemnisation : la SONAS n'a pas déçu à la veille du cinquantenaire
" Nous avons juste voulu être à la hauteur, c'est-à-dire rassurer. Là, nous venons de prouver de quoi nous sommes capables ". Ces propos ont été tenus par l'ADG a.i de la Société nationale d'assurances (SONAS) au terme de la rencontre ayant opposé, samedi 26 juin dernier, son équipe à celle de l'Office de gestion de fret multimodal (OGEFREM) dans le cadre de la finale du tournoi des entreprises du portefeuille de l'Etat organisé en prélude à la célébration de la République du cinquantenaire.
Victorieuse (3-0) en demi-finale face à l'Institut national de préparation professionnelle (INPP), la SONAS a finalement gouté à ce sacre après la finale perdue de l'année 2009. Le samedi au stade des Martyrs, l'équipe de l'OGEFREM conduite par l'avant-centre Emile Ngoy Kasongo, du reste ADG de l'entreprise, a eu du mal à imposer son jeu. Mené sur le marquoir (1-0) en première mi-temps, la SONAS s'est ressaisie en égalisant en seconde. A un but partout, les deux équipes finalistes du tournoi du cinquantenaire se sont départagées aux tirs au but soldés à l'avantage des assureurs par la marque de 5 buts contre 3.
Ce résultat permet ainsi à la SONAS de prendre sa revanche sur l'OGEFREM et de remporter le challenge à la grande satisfaction de son personnel venu en masse soutenir leur équipe. Présent à la tribune d'honneur, Carole Agito Amela a reconnu à la fin du match que " ça n'a pas été facile pour aux joueurs de remporter la coupe mise à la disposition par le ministère de la Jeunesse, sports et loisirs». Déjà finaliste malheureux en 2009, la SONAS conservera ce titre jusqu'en 2011, année au cours de laquelle elle remettra la coupe en jeu pour une nouvelle compétition. Rachidi MABANDU
Indemnisation : la SONAS n'a pas déçu à la veille du cinquantenaire
Face à la célébration, le mercredi 30 juin 2010, du cinquantenaire de l'accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale, la SONAS n'a pas déçu ses nombreux souscripteurs sinistrés et à l'attente d'une indemnisation. Une fois de plus, le jeudi 24 juin 2010, à la place commerciale Limete, à cinq jours des festivités du cinquantenaire, l'assureur national a payé au total 43 dossiers en assurances automobile, vie et responsabilité civile exploitation. Ces dossiers sont répartis dans six agences dont 32 payés à la Direction générale, (1) à l'agence Fikin, (1) agence DGI, (2) agence du 30 juin, (6) pour Limete et (1) à l'agence de Barumbu.
La SONAS continue donc à surprendre l'opinion par un travail remarquable et de qualité dans l'indemnisation sans relâche de ses nombreux souscripteurs en assurances, toutes branche réunies. Pour cette année jubilaire au cours de laquelle, la RDC est entrain de s'affirmer pour reconquérir totalement sa place sur l'orbite mondiale, la SONAS a déjà payé environ 1.000 dossiers sinistrés pour lesquels, l'entreprise débloque des fonds importants pour y faire face.
Tous ces exploits, incontestablement, sont à mettre à l'actif prometteur de Mme Carole Agito Amela, ADG intérimaire. Cette dame au charisme et présidente en exercice de l'Association des entreprises publiques (ANEP), n'a jamais lâché prise même en période où tout semble être assombri. Elle a toujours une voie de sortie à proposer à ces proches collaborateurs dans l'intérêt bien compris de l'entreprise. Comme quoi, ce mandataire fait la fierté de toute la nation congolaise, singulièrement, du chef de l'Etat et de l'ensemble du Gouvernement. Rachidi MABANDU
Bien qu'absente à la table ronde et au gouvernement Lumumba
La Femme a joué un rôle majeur dans la crise de 1960
A la date de l'indépendance, la femme congolaise n'occupait pas de place importante dans la société. Malgré son absence à la table ronde de Bruxelles et au Gouvernement Lumumba, la Congolaise a quand même joué un rôle de médiateur remarquable dans la crise de 1960.
Aucune femme n'a pris part à la table ronde de Bruxelles. Même dans le Gouvernement Lumumba, on n’a noté aucune présence féminine. Il faudrait reconnaître qu'à l'époque coloniale, la formation de l'homme, moins encore celle de la femme, n'était pas une priorité. Mais, lorsque le colon va s'intéresser çà l'éducation, les filles sont reléguées à l'école de ménage.
En dehors de quelques femmes, comptées au bout de doigts, qui faisaient la musique comme Lucie Eyenga, Marthe Badibala et bien d'autres, l'émancipation de la femme était un vain mot. De telle façon qu'une congolaise qui pouvait conduire une voiture était considérée comme évoluée, selon la vision coloniale. Il a fallu la présence de l'ONU au Congo en 1961 pour voir arriver l'école nationale de droit et de l'Administration (ENDA). Cette école a pu former, dans les délais plus ou moins courts, des magistrats et des juristes pour que l'administration du pays puisse avoir des cadres intermédiaires parmi lesquels, des femmes.
Une note particulière à signaler est que tous les enfants de la famille Kanza étaient inscrits à l'école des Blancs. C'est ainsi que la première femme qui est entrée au Gouvernement, pour la première fois, était Mme Sophie Kanza en 1967. Il est vrai qu'on a connu, avant l'indépendance, des femmes dévouées qui ont exercé à la radio de la colonie qu'on appelait Emission africaine de Radio Congo Belge. Parmi ces femmes, on peut citer Mme Collette Abongi, Marie José Angebi.
Médiation
Avec le temps, la femme a commencé à prendre conscience. Bien qu'absente au Gouvernement, les femmes nationalistes ont joué un rôle majeur dans la crise de 1960. Le consultant belge ayant été installé à Brazzaville, ces femmes sont allées chercher l'implication des autorités congolaises ( du Congo-Brazzaville) pour trouver une solution. L'histoire nous renseigne également que la première apparition de la femme en politique, fut celle de l’épouse de Mobutu. A l'occasion du coup d'Etat de 1965, on l'a vue servir le café. Car, il semble qu’elle était comptée parmi les compagnons de la révolution. Il semble aussi qu'il y aurait eu une femme qui a aussi joué un rôle politique important en 1960, mais dont on ne parle pas. Elle était une métisse originaire de la province du Bandundu.
C'est avec Mobutu qu'on connaîtra l'évolution des choses avec l'entrée de la femme dans les Forces armées zaïroises comme soldats et parachutistes. La femme était présente au Gouvernement, au Bureau politique du Parti Etat et au Comité central du MPR. Elle était également magistrat au plus haut niveau et parmi les journalistes renommés. C'est donc grâce au projet de société de Mobutu avec comme crédo de son régime «homme nouveau- femme nouvelle» qu’on assistera à l’éclosion de la femme en politique partant de la grande scolarisation des femmes. Mais, on était bien loin de la parité connue aujourd’hui. L'émancipation de la femme, décrétée à l’époque, paraîtra comme une faveur accordées aux Zaïroises. Plus tard, sur le pas de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila placera aussi des Congolaises dans son Gouvernement et dans les Entreprises. C'est le cas Mmes Meta, Mamboleo, Babandowa, Agathe Mulimbi (BNPS) et bien d'autres à la présidence de la République. C'est sous le régime de Joseph Kabila Kabange que la présence de la femme s’est renforcée dans des postes de responsabilits et est même inscrite dans la Constitution de la République. Dès lors, dans ces différents gouvernements, dans les entreprises, … la présence de la femme est significative.
Evidemment, la partie qu'on évoque avec beaucoup de fierté n'est pas encore tout à fait au point. Pourtant, la Congolaise, comme on peut le voir, même si elle était absente au devant de la scène en 1960, elle a tout de même joué un rôle important. On peut, finalement, reconnaître que c'est un parcours de combattant qu'elle est en train de réaliser depuis l’époque de l’indépendance à ce jour où la parité homme-femme, en termrs d’objectif tel que pensé universellement, n’est pas encore une réalité. Dina BUHAKE
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