Forum des As
QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES 20 ème Année
BILLET
EDITION N° 3505 DU MARDI 15 DECEMBRE 2009

Un anniv sur fond de rumeurs!

Un anniversaire pas comme les précédents pour le leader de l’Udps. C’est un Tshisekedi, que la terrible «radio trottoir» kinoise a «tué» en tout début de week-end dernier, qui souffle ce jour sur ses 77 bougies. Kinshasa était littéralement traversé par de folles rumeurs sur la disparition d’Etienne Tshisekedi. Certains médias locaux ont même relayé la rue conférant ipso facto davantage d’ampleur à la nouvelle du jour. Il a fallu tout une pluie de démentis provenant de tous les cénacles tshisekedistes pour que la rumeur se dégonfle.
Mégapole où l’industrie de la rumeur et autres ragots est directement proportionnelle au chômage ambiant, Kinshasa vit quotidiennement au rythme de la radio trottoir. Celle-ci est aussi amplifiée par le hallo de mystère qui entoure la santé des hommes publics, en particulier les dirigeants politiques. Le cas Tshisekedi en est une parfaite illustration. Voici près de trois ans que le légendaire leader de l’opposition, lutte davantage contre la maladie que contre le régime Kabila. D’Afrique du sud, Etienne Tshisekedi a gagné la Belgique pour poursuivre son traitement. Indice que le lider maximo ne respire pas la santé, ses apparitions publiques se comptent sur les doigts de la main. Rien que cette année, le retour au bercail de Tshisekedi a été annoncé, au moins, à trois reprises. Pas l’ombre du chef historique de l’Udps jusqu’à ce jour.
A Limete et même à Righini, bien malin qui pourrait fixer l’opinion sur l’état de santé réel du président national de l’Udps. Et même à Bruxelles où il se trouve, seuls quelques proches sont au parfum de la santé du leader de l’opposition.
Le problème, c’est que Tshisekedi n’est pas n’importe qui. Sa santé revèle quasiment du domaine public, car cet homme incarne l’espoir d’une frange non négligeable de la nation congolaise. Etienne Tshisekedi ne s’appartient donc plus, pas plus il n’appartient pas à sa seule famille biologique. De ce point de vue, l’opinion est en droit de connaître l’évolution de la santé du leader de l’Udps. Symétriquement, il est du devoir des dirigeants du principal parti de l’opposition extra parlementaire de renseigner sur le bulletin de santé d’Etienne Tshisekedi. Cela éviterait ou, du moins , réduirait l’ampleur des rumeurs.
Reste qu’en ce lundi 14 décembre, le chef mythique de l’Udps totalise 77 printemps. S’il n’a plus assez de force pour souffler lui même sur ses bougies, des millions de congolais qui ont adulé ce résistant au régime Mobutu ne se feraient pas prier pour l’y aider. N’importe comment, joyeux anniversaire à notre Tshitshi national !
José NAWEJ


Compte à rebours

Pour Joseph Kabila, le compte à rebours a véritablement commencé. Le Raïs vient d’amorcer la dernière ligne droite de son quinquennat. Le temps de bail qui lui reste est plus court que celui qu’il a déjà consommé depuis la signature du contrat avec le souverain primaire. Dans un peu moins de deux ans, le compteur sera remis à zéro. 2009 étant déjà à son crépuscule, Joseph Kabila n’a plus guère que 2010 pour convaincre. Non pas par le verbe- c’est qu’il a fait à la perfection à l’occasion de son discours sur l’état de la Nation-, mais avec le pain. Car, la vraie attente partagée de Congolais est le ventre que l’ on nomme pudiquement «social».
Visiblement, le Président paraît avoir intégré la sempiternelle angoisse existentielle de Zaïrois d’hier et congolais d’aujourd’hui. Dans son message à la Nation, via le Congrès, le Raïs a placé 2010 sous le signe du social. Empêtrés dans le train train quotidien, les Congolais peuvent s’accrocher à cet ultime espoir comme alternative à une fin d’année que le plus grand nombre passera dans la méditation. Ce, en attendant 2010. Seulement voilà, 2010 n’est pas un horizon lointain. C’est dans une vingtaine de jours. Autant dire que les Congolais s’attendent à commencer à recueillir, enfin les dividendes sociaux du quinquennat dès l’entame de la nouvelle année.
Symétriquement, le Chef de l’Etat a l’obligation due résultat. De lui, on n’attendra plus un énième discours qui serait, dans tous les cas, une adresse de plus, voire de trop. Dans un an, le prochain message à la Nation, à travers les deux Chambres, se déclinera en termes de bilan. Rien que ça.
On l’aura compris. Paraphrasant le même Ecclésiaste, on peut dire qu’il y a un temps pour parler et un temps pour agir. Pour le Président, l’heure est à l’action. Et le temps n’est plus le grand allié du Raïs. S’il est encore maître de son agenda, Joseph Kabila l’est moins du temps qui file inexorablement. José NAWEJ























































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































A LA UNE
L’ASSEMBLEE NATIONALE AYANT ETE PRIVEE DE FRAIS DE FONCTIONNEMENT
Evariste Boshab en colère !
*Assemblée nationale : les projets de loi sur la CENI et l’OHADA adoptés hier
*En guise de protestation, la session de septembre se clôture ce mardi sans les traditionnels invités de marque

La cérémonie de clôture de la session de septembre va se tenir « en famille », sans les habituels invités qui lui confèrent la solennité. Ainsi en a décidé hier, le Président de la Chambre basse, Evariste Boshab, à la clôture de la plénière qui a adopté aussi bien la loi portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) que celle autorisant l’adhésion de la RDC à l’OHADA.
Et pour cause. Sur un ton et dans une attitude de dépit, Boshab a pris cette décision en signe de protestation contre la diète dans laquelle la session de septembre s’est tenue. En effet, pendant trois mois, cette session capitale, qui a eu à examiner et adopter le projet de loi sur le budget de l’exercice 2009, s’est tenue sans frais de fonctionnement, confie un proche du speaker de la Chambre. Ni le bureau, ni les différentes commissions, moins encore les commissions spécifiques ou les équipes d’enquête qui ont eu à travailler, personne n’a bénéficié des moyens requis pour accomplir ses engagements.
Cet état de choses a été de nature à émousser l’efficacité générale et le rendement de l’Assemblée nationale en cette période cruciale de la vie nationale. Impensable, ont affirmé nombre de députés et cadres de l’administration du Parlement. Le dépit de Boshab et des autres élus du peuple était proportionnel à la quantité et la qualité du travail abattu entre septembre et décembre 2009. Heureusement, a-t-on constaté, les élus du peuple ont choisi de s’acquitter dignement de leur tâche... autant que possible, au regard des grands enjeux l’ont émaillé
Cette session s’est, en effet, ouverte sur une forte tension autour du sort du Premier ministre et son Gouvernement qui vivait, depuis la session précédente, sous l’emprise d’une menace de destitution. Le Bureau et ses différentes structures ont dû manœuvrer ferme pour arrondir les angles et ramener tout le monde aux bons sentiments. C’est encore durant cette session que l’Assemblée nationale a eu à examiner et statuer sur la motion de défiance contre le Premier ministre.
D’autre part, la session de septembre s’est tenue sous une intense activité de contrôle parlementaire qui a vu défiler nombre de ministres dans le cadre des questions orales avec débat. D’autres ont été soumis à des motions de défiance, le tout pour démontrer la détermination des élus du peuple à concrétiser leur engagement. On ne parle pas du nombre de lois adoptées, et cela malgré la contrainte de temps qui coïncidait avec plusieurs autres événements dont des conférences parlementaires internationales présidées par Evariste Boshab.
Toute cette production, par son attitude d’hier, comparée avec les conditions matérielles déplorables dans lesquelles elle a eu à être réalisée, ne pouvait donc que susciter le dépit de Boshab qui, en bon père de famille, réalise la gravité d’une telle situation face à l’impératif d’efficacité, d’objectivité et d’honorabilité.
En effet, explique-t-on, de telles conditions étaient de nature à exposer les députés à toutes sortes de sollicitations dans le cadre de leur travail de contrôle parlementaire avec le risque de sacrifier l’intérêt national sur l’autel des besoins personnels. Même loin de là, comment ne pas être tenté de justifier la démobilisation et l’absentéisme de certains députés et cadres de l’administration du Parlement par ce manque de moyens ?
En attendant de connaître les raisons qui ont été à la base d’une telle diète, les observateurs espèrent qu’à l’avenir les services étatiques compétents prendront des dispositions pour préserver les bonnes conditions de travail à ce Parlement qui abat un travail titanesque dans le processus de reconstruction démocratique et institutionnelle de la RDC. Jonas Eugène KOTA

Assemblée nationale : les projets de loi sur la CENI et l’OHADA adoptés hier
L’Assemblée nationale, au cours de sa plénière d’hier, a adopté deux projets de loi. Le premier a porté sur l’organisation et le fonctionnement de la CENI et le deuxième sur l’adhésion de la RDC au traité de l’OHADA. L’adoption des deux textes est intervenue après examen, article par article, de ces projets. Pour le premier, sur 409 députés, 390 ont voté pour, 8 contre et 11 se sont abstenus. Ainsi, après ce travail de la chambre basse, le projet de loi sera envoyé au Sénat pour une seconde lecture.
Il y a lieu de noter que les articles qui posaient problèmes et qui ont connu des amendements des députés ont été passés au peigne fin au cours de la séance plénière d’hier. Il s’agit entre autres des articles 7, 8,9 et 10 qui portent sur la composition (Art 7), la désignation (Art 8), le nombre et le mandat (Art 10) des membres du bureau de la CENI.
L’article 7 a fait l’objet d’un débat, voire d’une motion. Au centre de ces débats, certains députés ont déploré l’absence de la Société civile au sein du bureau de cette institution qui sera chargée d’organiser les élections en RD Congo. A ce sujet, la commission chargée de la question a éclairé la plénière que la Société civile n’est pas oubliée dans la mesure où les personnalités qui seront désignées seront des gens qualifiées pour leur probité morale et leur compétence. Cela pour dire que les composantes chargées de les désigner ne prendront pas que dans leurs composantes mais dans la société civile en général.
Il y a lieu de souligner que les membres de la CENI seront désignés par la Majorité (4) et l’Opposition (3). Leur mandat est de six ans non renouvelable. A l’article 18, il est clairement dit que les membres de la CENI déposent la liste de leurs biens avant d’entrer en fonction. Après débat, la plénière a adopté les amendements de tous les articles.
Pour ce qui est du projet de loi portant adhésion de la RDC au traité du 17 octobre 1993 relatif à l’harmonisation des droits des affaires en Afrique, les députés ont voté ce projet qui sera envoyé au Président de la République pour promulgation, après harmonisation avec la chambre haute du Parlement. Dorian KISIMBA


ENJEUX DE L'HEURE
DENONCANT L'ABSENCE DE LA SOCIETE CIVILE AU BUREAU DE LA CENI
Modeste Bahati se propose de saisir le Sénat
La Société civile est ignorée dans la composition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le député Bahati Lukwebo, qui l’a dénoncé, hier, a fait savoir que le Sénat sera saisi pour prendre en compte le souci de la Société civile qui est, en fait, une composante importante en RDC.
« Eglises, mouvements associatifs, syndicats, étudiants et autres en font partie. Nous ne pouvons pas comprendre qu’une telle structure qui a pris part à tout le processus de démocratisation du pays soit écartée de la composition du bureau de la CENI », a indiqué l’ancien questeur de l’Assemblée nationale.
Pour lui, la CENI est une affaire qui concerne tous les congolais. « Nous protestons contre l’exclusion de la Société civile au bureau de la CENI. Pendant qu’on votait le projet de loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, d’autres députés étaient en train de discuter en commission mixte sur les matières comme l’adhésion du pays l’OHADA. C’est en ce moment qu’on a procédé à l’adoption de certains articles en plénière. Mais nous sommes déterminés à saisir le Sénat pour qu’il tienne compte des préoccupations de la composante Société civile qui, du reste, fait partie même de la SADC », a souligné le député Modeste Bahati.
Au cours de la séance plénière, le député Tshisumpa a fait une motion pour dénoncer l’absence de la Société civile au sein du bureau de la CENI. « Dans tous les pays du monde, a-t-il dit dans sa motion, la Société civile est toujours associée à tous les processus de démocratisation pour le développement harmonieux de leurs peuples. Car, on ne peut parler de développement sans démocratie. C’est pour cette raison que l’U.E recommande aux pays partenaires de l’ACP d’associer la Société civile à la gestion des projets financés par le Fonds européen au développement. Et cela est une condition sine qua non à l’octroi de l’aide à ces pays ».
Pour lui, la politisation à outrance de la CENI et l’exclusion de la Société civile pourraient avoir des effets indésirables et des conséquences imprévisibles et entamer la crédibilité même de cette institution vis-à-vis des partenaires du pays.
« Au moment où la RDC assume la présidence tournante de la SADC, dont les standards en matière électorale exige 7 membres aux bureaux des commissions électorales la SADC recommande aux Etats membres l’intégration effective et active de la Société civile en leur sein. Il serait aberrant que la RDC puisse ignorer ces résolutions qu’elle est censée garantir et faire respecter. La présence de la Société civile dans les organes de la CENI tant au niveau national, provincial que local sera une garantie de crédibilité pour notre pays vis-à-vis de ses partenaires. C’est pourquoi, je propose que l’article 7 soit reformulé de la manière suivante : la CENI est composée de 7 membres dont 3 désignés par la Majorité, 2 par l’Opposition à l’Assemblée nationale et 2 par la Société civile », a indiqué le député Tshisumpa dans sa motion. Dorian KISIMBA 

APRES AVOIR ACCUSE LE BUREAU DE LA CHAMBRE BASSE ET LE GOUVERNEMENT D’IMMOBILISME
Après Koyagialo, les « rénovateurs » de l’AMP rabroués à l’Assemblée nationale
Les 16 députés constitués en groupe des « rénovateurs » au sein de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) ont, finalement, trouvé portes closes auprès de leurs collègues de la même famille politique, puis, hier, de l’Assemblée nationale.
Après avoir effectué, le week end dernier, une sortie avec des déclarations tonitruantes à l’encontre aussi bien du Bureau de l’Assemblée nationale que du Premier ministre et son Gouvernement qu’ils accusaient d’immobilisme, Puela et ses compères ont vu leurs ambitions réduites en peau de chagrin à la suite de la motion faite hier par le député Baudouin Mokoha, motion qui a emporté l’adhésion de ses collègues aussi bien de l’Opposition que de la Majorité.
Membre du Groupe parlementaire des Chrétiens démocrates, Mokoha s’est insurgé contre le « groupe des 16 » dont il a qualifié les propos d’  «irresponsables» avant d’estimer qu’ils étaient sans fondement. Il a considéré que le travail abattu par la Chambre basse sous la conduite d’Evariste Boshab « force l’admiration et constitue un record jamais réalisé depuis le début de cette législature. » Il en a voulu pour preuve le nombre et la qualité des lois adoptées, le projet de budget pour l’exercice 2010 adopté dans le délai constitutionnel et le contrôle parlementaire effectué sans complaisance, cela en rapport avec les cas des ministres et autres mandataires publics qui ont eu à s’expliquer sur leur gestion devant la représentation nationale.
Pour l’honorable Mokoha, « la démarche entreprise par la bande à Puela constitue une rébellion au sein de la Majorité, car, même si revendications il y avait, elles devraient être exprimées au sein de la plate-forme ou encore au cours de différents huis clos décrétés régulièrement par le Bureau de l’Assemblée nationale. » Evoquant la question des déplacements du Président de l’Assemblée nationale, il a expliqué qu’ils s’inscrivent en droite ligne du travail parlementaire auprès des électeurs à qui tout élu doit rendre compte. Le règlement intérieur le prévoit et stipule même que le Président de la Chambre basse peut accompagner le Chef de l’Etat ou le Premier ministre « si sa présence est requise ».
Par ailleurs, relevant la gravité des propos tenus par les membres du prétendu courant rénovateur au sein de l’AMP, Baudouin Mokoha a recommandé que les concernés soient déférés devant le comité des sages qui devra les entendre et proposer des sanctions à leur encontre, et cela conformément aux dispositions du règlement intérieur. Cela ne serait que justice, estime encore Mokoha et plusieurs autres députés qui ont adhéré à sa position. Tous ont été unanimes pour réclamer de sévères sanctions à l’endroit des concernés, cela au regard du discrédit porté sur le travail parlementaire, surtout la production législative dans des conditions de sacrifice dues au manque des frais de fonctionnement et aux dettes héritées du bureau sortant.
En attendant, on ose croire qu’ainsi rabroués, les « rebelles – rénovateurs », qui auraient vendu leur conscience à des sponsors que les députés disent connaître et qui se sont mis en rupture de confiance avec l’AMP devraient tirer les conséquences de leur attitude et prendre les dispositions qui s’imposent. JEK

APRES L'AVOIR REVU A LA BAISSE
Le Sénat adopte le projet de Budget 2010
77 sénateurs sur 88 ayant pris part au vote ont approuvé, hier le projet de Budget 2010. Aucun sénateur n’a voté contre et 11 se sont abstenus. Contrairement à l’Assemblée nationale qui l’avait adopté en recettes et en dépenses à 5.694.583.487.613 FC, le Sénat a revu à la baisse le montant proposé. Celui-ci se chiffre à 5.224.040.633.246 FC soit une différence de 470.542.854.367 FC. L’examen et l’adoption de cette loi financière se sont déroulés en présence des présidents des commission Ecofin des Assemblées provinciales ainsi que de leurs rapporteurs. Une manière pour ces derniers de se rendre compte de toutes les péripéties qui entourent le vote de ce projet de loi.
Au regard du projet de loi adopté par le Sénat, les prévisions budgétaires provenant du Gouvernement et chiffrées à 4.448.305.838.442 Fc, compte tenu du nouveau cadrage macroéconomique et des recettes additionnelles dégagées par l’Assemblée nationale, et qui ont été portées à 5.694.583.487.613 FC à l’Assemblée nationale le Sénat les a ramenés à 5.531.166.602.610 FC. Cet exercice a dégagé une réduction de 163.416.885.004 FC. Ce montant résulte, d’un côté, de la diminution totale des recettes additionnelles dégagées par la chambre basse et de l’autre, des recettes additionnelles trouvées par la commission Ecofin du Sénat.
Tenant compte de la vente des participations de l’Etat dans Okimo et Cinat, les recettes exceptionnelles passent de 42.795.000.000 FC à 137.855.000.000 FC. Tout en faisant siennes les recommandations de l’Assemblée nationale, les Sénateurs en ont formulé d’autres. Ils demandent au Gouvernement d’exécuter rigoureusement le budget de l’Etat comme toutes les autres lois et de présenter le collectif budgétaire en cours d’exercice en cas d’atteinte de point d’achèvement. Les Sénateurs ont formulé le vœu de voir le Gouvernement prendre des mesures de restructuration, de réorganisation et de recapitalisation de la BCC en vue d’arrêter ses déficits chroniques. Le Gouvernement a été aussi invité à activer tous les actes générateurs des recettes et déployer les services mobilisateurs en vue d’une fiscalisation efficiente de toute la République.
Au Sénat, la commission Ecofin recommande d’activer, avant la fin du premier semestre 2010, les mécanismes de contrôle budgétaire ; d’inviter le ministre des Hydrocarbures à clarifier l’exploitation de la zone maritime d’intérêt commun avec l’Angola et de contrôler les projets financés sur les ressources extérieures. Ainsi adopté en termes non identiques, la commission paritaire mixte Assemblée nationale – Sénat s’est vite mise au travail hier même. C’est aujourd’hui que cette commission va présenter le travail harmonisé avant la clôture de la session de septembre 2009. Dina BUHAKE


FORUM ECO
ORGANISEE PAR LE PNUD, L ’UNICEF et l’UNFPA
La revue annuelle conjointe du plan d’action 2008-2012 vise l’efficacité de l’aide
La coordonnatrice a.i des agences du système des Nations unies en RDC a déclaré que la revue annuelle conjointe du plan d’action du programme pays 2008-2012 organisé du 12 au 14 décembre 2009 dans la salle des conférences du ministère des Affaires étrangères, se situe dans le cadre de la mise en œuvre de l’agenda relatif à une grande efficacité de l’aide. Cette déclaration a été faite au cours de la cérémonie d’ouverture de ces travaux. Cette initiative, qui est une grande première pour les Nations unies (UN) en RDC, vise une revue globale et constitue une innovation majeure dans le fonctionnement de ces agences permettant de renforcer la prise en compte des préoccupations des communautés de base à travers les revues annuelles provinciales. La présente revue concerne l’examen de la mise en œuvre, durant l’année 2009, du plan d’action du programme pays (CPAP) signé conjointement le 03 avril 2009 par le Gouvernement de la RDC et les agences susmentionnées.
Ce plan d’action a l’avantage de faire partie des instruments de la réforme des Nations unies prônant une harmonisation et une implication poussées des outils de programmation au niveau du pays. Il est ancré dans le programme de coopération pays qui est lui-même aligné sur le cadre conjoint d’assistance pays (CAP/UNDAF), le contrat de gouvernance adopté par le Gouvernement de la RDC prend en compte les cinq piliers du DSCRP et le PAP. Pendant deux jours de travaux, les participants ont fait le point de la mise en œuvre de trois programmes d’assistance à la RDC que son Gouvernement a conclu avec les agences des Nations unies pour cinq ans, soit 2008-2012.
Ils ont également examiné les réalisations durant la deuxième année de mise en œuvre en identifiant les points forts et les progrès accomplis, en relevant les faiblesses et contraintes majeures et en formulant des recommandations en vue d’y apporter des corrections nécessaires. Cet exercice a permis aux participants de discuter et de valider les grandes lignes des orientations stratégiques et programmatiques pour 2010. Un échange fructueux a été mené sur le contenu à donner aux plans de travail qui seront élaborés en tenant compte de priorités de chaque province.
Le souhait le plus ardent du Gouvernement est que cet outil indispensable soit mis en place le plus rapidement possible pour éviter le retard quant à la réalisation des activités qui seront planifiées. Ce qui permet de prendre en compte les besoins ressentis par la population et dont la matérialisation donne des opportunités pour lutter efficacement contre la pauvreté avec le concours de tous les acteurs au développement.
En d’autres termes, pendant ces assises, les agences du système des Nations unies présentes se sont engagées à recentrer leurs interventions dans le respect de leur mandat en vue de produire des résultats durables en faveur des populations cibles. Simard Simon TSOUMBOU

PROGRAMME GOUVERNANCE
Le Gouvernement congolais et le PNUD à l’heure du bilan
Les travaux de la deuxième réunion du Comité national de pilotage (CNP) du programme gouvernance se sont ouverts lundi 14 décembre 2009 dans la salle de réunion de la Primature et ont été présidés par le Vice premier ministre, en charge de la Sécurité, Mutombo Bakafwansenda, représentant le Premier ministre empêché. La rencontre a regroupé les membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers, les représentants des organisations internationales et la Société civile.
Il a été question pour le gouvernement de la République démocratique du Congo et son partenaire de mise en œuvre le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), d’adopter le rapport du Comité national de pilotage du 20 mars 2009, de faire le point sur les recommandations et de présenter les résultats du programme gouvernance en RDC de l’année 2009.
Cette rencontre est également l’occasion de présenter les évolutions récentes du programme et d’évoquer les contraintes et les défis. Le Comité national de pilotage présidé par le Premier ministre, Adolphe Muzito, a pour rôle d’adopter la stratégie générale en matière d’appui à la gouvernance, d’approuver les prévisions annuelles des sous programmes et d’évaluer leur mise en œuvre. Ce Comité a pour principales missions de donner la cohérence d’ensemble des interventions du Programme. Il approuve aussi les cibles annuelles au début de chaque année ; veille à une exécution correcte des composantes du programme ; se prononce sur les rapports d’avancement et donne l’aval à toute modification dans les objectifs du programme.
Les interventions du Programme gouvernance sur la période 2008-2012 sont articulées autour de cinq composantes stratégiques qui sont : la gouvernance politique axée sur la consolidation du cadre démocratique ; la gouvernance administrative qui s’occupe de la mise en œuvre de la réforme de l’administration publique ; la gouvernance locale qui met l’accent sur la mise en œuvre de la décentralisation et l’appui au développement provincial et local ; la gouvernance sécuritaire et judiciaire qui s’occupe du renforcement de la sécurité humaine et la mise en œuvre de la réforme judiciaire et enfin la gouvernance économique qui se focalise sur l’amélioration de la planification et de la gestion économique.
Le programme gouvernance nécessite, pour toute sa durée, un budget de 388 millions de dollars USD. 16 bailleurs de fonds internationaux soutiennent ce Programme.
Pour le Directeur pays du PNUD en RDC, M. Adama Guindo, « ce programme est une des réponses du PNUD aux défis engendrés par une décennie de crises et d’instabilités politique, économique et sociale en République démocratique du Congo ». Les principaux bénéficiaires du Programme sont les deux chambres du Parlement national, les Assemblées provinciales, le Gouvernement central et les Gouvernements provinciaux, les administrations parlementaires, les partis politiques, les organisations de la Société civile et le secteur privé.
Les réalisations majeures du Programme gouvernance en 2009 s’articulent autour des éléments suivants : le renforcement des capacités des partenaires ; l’appui aux réformes ; la mise en œuvre de la décentralisation ; la consolidation de la paix et l’appui à la mise en œuvre du Starec. Les résultats atteints par ces cinq piliers visent à consolider le cadre démocratique en RDC, en accroissant l’accès et la participation citoyenne au système politique. Simard Simon TSOUMBOU


INFOS INFOS
REAGISSANT CONTRE LES NOUVELLES DISPOSITIONS ORGANISANT L'ACTIVITE DES EGLISES DE REVEIL
Pascal Mukuna de l’ACK défie Luzolo Bambi !
Le ministre Luzolo Bambi veut créer des « Kuluna » (Ndlr : bandits) spirituels ». C’est par ces propos durs et très applaudis des fidèles de son église, que Pascal Mukuna, pasteur responsable de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK), a exprimé sa révolte contre l’arrêté du ministre Luzolo Bambi, rendu public vendredi le 4 décembre dernier. Pascal Mukuna, s’est ainsi exprimé lors d’une « conférence de presse-prédication » qu’il a présidée hier lundi 14 décembre dans son église remplie par ses fidèles, dans la commune de Bandalungwa.
« Luzolo n’est pas le premier ministre de la Justice. Il n’en sera pas non plus le dernier. En provoquant l’église, le ministre Luzolo provoque le Chef de l’Etat », a encore déclaré Pascal Mukuna, très réconforté par des applaudissements saccadés de ses fidèles. « Les magistrats, les cachots et les prisons appartiennent à Luzolo. S’il estime qu’il y a des personnes qui méritent la prison pour avoir protesté contre son arrêté, je serai le premier », a encore dit Pascal Mukuna, sur un ton n’admettant presque pas de réplique.
Il convient de rappeler que dans cet arrêté du ministre, il a été interdit aux pasteurs des églises de réveil de porter des habits liturgiques reconnus comme l’insigne identitaire de l’église catholique. Ce n’est pas tout. Le ministre Luzolo Bambi, a estimé qu’il était temps de ramener de l’ordre dans ce secteur de l’Evangile. Aussi, a-t-il énoncé certaines règles pour préserver la quiétude et la paix sociale. L’arrêté dispose, entre autres, qu’aucune église ne peut être séparée de l’autre d’une distance de moins de 100 mètres ; auquel cas, celle-ci serait exposée au risque de fermeture.
Par ailleurs, le patron de la Justice congolaise s’est insurgé contre les tapages nocturnes consécutifs à certaines cérémonies des églises de réveil, en l’occurrence les « veillées de prière ».

Le ministre a violé la constitution
« Il n’y a pas de religion d’Etat en RD Congo. La loi fondamentale de notre pays garantit entre autres, la liberté de religion, d’association», a renchéri Pascal Mukuna. En ce qui concerne les « menaces » de fermeture qui pèsent sur certaines « églises », le patron de l’Ack laisse entendre que le péché du ministre est de ne les avoir pas contactés au préalable. « Ce n’est pas la première fois. Le prédécesseur de Luzolo Bambi, le ministre George Minsayi avait, en son temps, pris certaines dispositions règlementant ce secteur.  En responsable, il nous avait contactés en tant que leaders pour réfléchir ensemble et trouver des solutions. C’est ce que Luzolo n’a pas fait dans sa démarche », a encore déclaré Pascal Mukuna.
Selon l’homme de l’Ack, « nul arrêté ne peut être au-dessus de la constitution. En prenant une telle disposition, Luzolo Bambi a violé la constitution », a laissé entendre Pascal Mukuna, qui a sollicité l’arbitrage du Premier ministre Adolphe Muzito, afin d’obtenir l’ « abrogation » dudit arrêté du ministre Luzolo.
En ce qui concerne les tapages nocturnes, Pascal Mukuna pense qu’il s’agit plutôt d’un faux prétexte. Selon lui, le flux de tapages provient des terrasses et non des églises. « Pourquoi le ministre n’a-t-il pas pensé à règlementer ces débits de boissons au lieu de s’acharner sur les œuvres de Dieu » ?
Toujours en rapport avec la proximité des églises, Pascal Mukuna a réfuté les raisons du ministre Luzolo, en prenant pour exemples les cas de la France et des Etats-Unis. « A Saint Denis en France, les églises sont cote à cote. N’y a-t-il pas de ministre de Justice en France ?»

Pascal Mukuna n’a pas convaincu
Que ferait Pascal Mukuna, au cas où le ministre Luzolo Bambi ne reviendrait pas à sa décision ? « Il rencontrera le Président Joseph Kabila sur son chemin », dit Pascal Mukuna que les fidèles de l’Ack ont surnommé « l’homme du retour à la parole ». Quoi qu’il en soit, cet homme dont les Kinois reconnaissent le bagout, n’a pas du tout convaincu. En sollicitant de temps en temps le secours du Premier ministre et du Chef de l’Etat dans sa conférence de presse, Pascal Mukuna a semblé user du chantage. La loi est dure mais elle reste en tant que telle. Nulle part, l’arrêté du ministre Luzolo n’interdit la liberté du culte. Cependant, il est de bon droit que l’autorité puisse règlementer ce secteur de la foi, qui ressemble à tout autre marché commercial motivé par le gain.
Lorsque Pascal Mukuna se réfère clairement aux terrasses, ne serait-ce pas là un aveu que les « églises » de réveil en RD Congo ne sont pas des Associations sans but lucratif (ASBL) ? Si c’est vraiment par le souci d’enseigner l’évangile, quel inconvénient y a-t-il à voir certaines églises fusionnées ? Sur toute la ligne, le propos de Pascal Mukuna a laissé transparaître une guerre de leadership. La preuve ? C’est sa référence à d’autres structures comme « Eglise de réveil au Congo » (ERC), une Association pilotée par Albert Kankienza Muana Mbo, un autre pasteur très connu dans les milieux des Kinois.
L’analyse du propos de Pascal Mukuna amène à la conclusion que le ministre Luzolo a été instrumentalisé par cette structure de Kankienza pour mettre le bâton dans la roue de sa plate-forme dénommée « Alliance mondiale des églises chrétiennes » (AMEC). Tout bien considéré, Pascal Mukuna est en « guerre » tacite contre ses pairs qu’il accuse de théâtraliser l’évangile. Laurel KANKOLE


N’Djili : Des «chefs coutumiers» tentent de lotir le site maraîcher de CECOMAF
Depuis quelques mois, la quiétude du site maraîcher de N’Djili CECOMAF est troublée par les interventions intempestives d’une clique de personnes se présentant comme des chefs coutumiers et menant des activités de lotissement des sites destinés aux activités agricoles et de maraîchage. Malgré de nombreuses interventions des autorités jusqu’au sommet de l’Etat, ces personnes, soutenues par des hommes en armes et en uniformes, semblent être sourdes à l’appel des autorités et foulent au pied leurs directives pour poursuivre allègrement leurs besognes décriées par tous.
Pour le cas spécifique du site de N’Djili CECOMAF, on rappelle qu’en son temps, le Ministre des Affaires foncières, Maj Kisimba Ngoy, avait reçu une délégation des maraîchers venus lui exposer la situation. Ce dossier lui a, de nouveau, été soumis récemment à l’occasion des journées foncières portes ouvertes lors de sa descente à la circonscription foncière de la Tshangu. A ces deux occasions, Maj Kisimba avait rappelé que le site querellé n’est pas à lotir pour la simple raison qu’il ne réponde pas aux normes urbanistiques. Il avait aussi expliqué que ce site, et un autre dans la même circonscription, est affecté à des activités d’intérêt public, à savoir les activités de maraîchage. Maj Kisimba avait, à ce sujet, attiré l’attention de la population en l’invitant à ne pas se laisser entraîner par des aventuriers de tous bords qui leur proposent des parcelles à acheter sans donner toute l’information sur lesdites parcelles, cela afin d’éviter de s’en remettre à l’Etat en cas de catastrophe.
Pour le cas spécifique du site maraîcher de Ndjili CECOMAF, le Ministre des Affaires foncières avait dénoncé la démarche des prétendus chefs coutumiers et invoqué la « Tolérance zéro » à l’endroit des hommes en armes et en tenues qui se font commettre aux sites lotis. Au cabinet de Maj Kisimba, on regrette, cependant, que le comité des maraîchers qui s’était engagé à assurer le suivi du dossier n’ait plus fait signe de vie depuis. Entre-temps, la situation sur terrain ne continue qu’à être préoccupante comme en témoigne le dossier ci-dessous.
Le jugement par défaut rendu dernièrement sur la question par le Tribunal de Grande Instance (TGI) de N'Djili, en date du 25 mai 2009, place les ‘’chefs coutumiers’’ teke-humbu de la Tshangu à deux pas de réussir leur coup. Cette instance judiciaire, en effet, a ordonné la suspension de toutes les cultures de champs dans ce site. Elle qualifie ce vaste terrain d'espace vert, non pas au sens de jardins dans la ville, mais comme espace vide et libre, partant lotissable. Profitant de cette situation, " les chefs coutumiers ont déjà loti plus d'une dizaine de jardins ", affirme le comité élu du centre maraîcher.
Le centre maraîcher de N'Djili, qui s'étend dans les quartiers 8, 9 et 13 le long de la rivière N'Djili jusqu'à la route Dingi-Dingi, n'est pas légalement un terrain vide. L'Etat congolais l'a destiné aux cultures de produits maraîchers et fruitiers, et l'a ainsi confié à des jardiniers, conformément à l'arrêté n°CAB/001/10 du 21 mars 1956 du ministre du Plan et du développement communautaire de la province de Léopold-ville, créant le centre maraîcher de N'Djili. Plus tard, le ministre de l'Agriculture Kayinga Onsindal, par l'arrêté ministériel n°00006 du 10 mai 1972, créera le centre de commercialisation des produits maraîchers et fruitiers de la vallée de N'Djili (CECOMAF).
Danie NTOTO/stagiaire APIC

L’avenue de Libération (ex 24 novembre) découpée
Alors que les cinq chantiers dans leur volet infrastructures font parler d’eux, l’avenue de la Libération l‘ex 24 novembre) connaît une détérioration que nul ne peut comprendre. En effet, les travaux de réhabilitation de cette avenue ont débuté depuis 2004 avec la société Safricas. En 2006, est venu le tour de la société Safrimex, une entreprise libanaise qui a failli donner espoir à la population. Comme la précédente, elle a fini par disparaître. Cette fois-ci en 2008, ce fut le tour d’une autre société de droit congolais « Afritec » qui est venue en trombe mais, comme les précédentes, elle n’a pas fini les travaux pour lesquels, elle a été affectée.
Cette avenue d’importance capitale traverse près de huit communes et désengorge les embouteillages observés sur la route de Matadi. Mais hélas, cette avenue, sur son tronçon allant du Rond-point Moulaert jusqu’au marché de Selembao, présente une image désolante. La dernière pluie du week-end est venue emporter ce qui restait encore de la chaussée. Il faut dire que d’ici peu, cette route sera coupée au niveau de l’arrêt « Petit pont », non loin du CPRK (Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa).
Cette situation est à la base des longues files de piétons qui viennent prendre le transport vers l’arrêt Bambole, sinon directement à Moulaert (Bandalungwa). La population de ces communes (Bumbu, Selembao) crient au secours et se demandent où sont passés les millions de dollars commis à cette réhabilitation qui, il faut le dire, a conduit le chef de l’Etat et toute son équipe, comme pour montrer son intérêt communautaire.
Roger PHOLO/Stagiaire APIC.

INFOS INFOS
SOUS L'IMPULSION DE LA RTNC
Les journalistes de la Ratelki à l’école de la liberté de la presse
Dans le cadre d’un séminaire de formation sur les limites à la liberté de la presse et à l’exercice professionnel du métier, organisé du 10 au 15 décembre 2009 par l’ADG de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), Kimpolongo Mukambilua, en collaboration avec le Chef spirituel Kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani, les journalistes de la Ratelki retournent à l’école du savoir. Pendant cinq jours, les formateurs, qui sont des journalistes chevronnés de la chaîne nationale se sont adressés aux chevaliers de la plume et aux futurs cadres de la famille communicationnelle. Ceci, en leur rappelant que tous les pays épris de paix et de liberté ont proclamé dans leurs constitutions respectives toutes les libertés fondamentales de l’homme et en particulier la liberté d’expression.
La RDC n’a pas dérogé à ce principe à telle enseigne que la liberté d’expression qui implique la liberté d’exprimer ses opinions, ses sentiments par la parole, l’image et l’écrit, constitue une garantie légale indéniable.
A en croire les formateurs, pour prévenir et éviter tout dérapage en matière de liberté de presse, il a plu au législateur congolais de placer les bornes, mieux les limites légales qui sécurisent les rapports socioprofessionnels existant entre les journalistes et les consommateurs de leurs produits qui ne sont autres que le peuple congolais.
La liberté d’expression en tant que droit fondamental de l’homme existe bel et bien en RDC. Selon les orateurs, tout congolais a droit à la liberté d’expression sous réserve de l’ordre public, des droits d’autrui et des bonnes mœurs.
Au cours de ce séminaire, la responsabilité civile dans une entreprise de radiodiffusion sonore et de télévision a été déterminée de la manière ci-après : lorsque le directeur des programmes et le propriétaire de l’entreprise sont une seule et même personne, celle-ci est civilement responsable et solidairement avec l’auteur d’une émission de sons ou d’images dommageables. En même temps, le propriétaire de l’organe de presse est civilement responsable avec le directeur des programmes des infractions contractées ; lorsque sa personne ne se confond pas avec celle du directeur des programmes.
Avant de définir le secret d’Etat, les intervenants ont estimé qu’il faut dire un mot sur le secret et le secret professionnel. A les entendre, le secret signifie quelque chose qui n’est connu que d’un nombre limité de personnes, qui est ou doit être caché des autres. De ce qui précède, on peut déduire que le secret est un ensemble de connaissances et d’informations qui ne doivent être réservées qu’à quelques uns et que le détenteur ne doit pas révéler. Tandis que le secret de polichinelle est un faux secret d’autant plus que tout le monde connaît la chose ou l’information.
C’est une obligation de ne pas divulguer des faits confidentiels appris dans le cadre de l’exercice de la profession, hors des cas prévus par la loi. D’après les formateurs, le secret professionnel est érigé en infraction en RDC. Il s’agit de l’article 73 du Code pénal qui stipule : « les personnes dépositaires par l’Etat ou par profession des secrets qu’on leur confie qui, hors le cas où elles sont appelées à rendre témoignage en justice et celui où la loi les oblige à faire connaître ces secrets, les auront révélé, seront punies d’une servitude pénale de six mois et d’une amende de mille à cinq milles dollars ou d’une de ces peines seulement ».
Après avoir étudié le secret professionnel, les participants ont planché sur le secret d’Etat. A ce sujet, les orateurs ont expliqué que le secret d’Etat est une obligation qui s’impose à toute personne de conserver les secrets d’une négociation ou d’une expédition dont elle a été chargée. Lorsqu’une personne divulgue le secret d’Etat, elle est passible des condamnations sévères. En RDC, la divulgation du secret d’Etat constitue une infraction de trahison et punissable de la peine de mort. S. S. TSOUMBOU

INITIEE ET FINANCEE PAR "ACTION MONDIALE DES PARLEMENTAIRES"
La Cpi sur la justice et la paix dans les Grands lacs et l’Afrique centrale a vécu
Initiée et financée par « Action Mondiale des Parlementaires », la Conférence Parlementaire internationale (CPI) sur la justice et la paix en RDC, dans la région des Grands Lacs et en Afrique centrale a vécu et entre désormais dans les annales parlementaires de la RDC.

Le Parlement congolais est prêt à ratifier les traités internationaux en rapport avec les droits de l’homme. C’est en ces termes que le 1er vice-président du Sénat, Edouard Mokolo wa Mpombo, a souligné, dans sont mot de clôture des travaux de cette conférence de trois jours. Parmi les participants à ces assises figuraient les membres de l’Assemblée nationale et des assemblées provinciales du Bandundu, du Katanga, du Nord-Kivu, de la Province-Orientale et du Maniema ainsi que des parlementaires de la région des Grands-Lacs (Burundi, RCA, Congo-Brazzaville, Kenya, Rwanda, Tchad, Ouganda), de la Belgique et de la Suisse.
Avant la clôture, les participants ont suivi le débat sur le thème : «  La loi de mise en œuvre du statut de Rome et la coopération avec la Cour pénale internationale – Bilan et perspectives ». Ce grand thème a été développé par différents orateurs congolais et étrangers. Outre ce thème, d’autres matières tout aussi pertinentes ont figuré à l’ordre du jour de la troisième journée. Il s’agit de « La contribution de la justice congolaise à la Justice Pénale Internationale », « L’état de lieu de la loi de mise en œuvre du statut de Rome en République démocratique du Congo, obstacles et pistes de solutions », « Divers aspects relatifs à la mise en œuvre du statut de Rome dans la loi nationale », « Le défi de la coopération avec la CPI », « Le défi de l’abolition de la peine de mort pour une mise en œuvre efficace du statut de Rome en RDC ».
Edouard Mokolo, qui a représenté le président du Sénat congolais, Léon Kengo wa Dondo, a, dans son adresse, fait savoir que les thèmes et débats développés pendant trois jours ont fait de cette conférence un haut cadre de réflexion et d’échanges d’idées. Selon le premier vice-président du Sénat, la lutte contre les crimes internationaux, les impunités et contre la protection des victimes desdits crimes exige la mise en place d’une justice forte. « Le Parlement congolais, a-t-il souligné, est prêt à ratifier les traités internationaux en rapport avec les droits de l’homme ».
L’adoption de la loi de mise en œuvre du traité de Rome demeure une condition sine qua non pour permettre à la Justice internationale de faire correctement son travail en rapport avec les crimes internationaux. Selon le sénateur belge, Alain Destexhe, 2010 doit être une année de succès pour le Parlement congolais qui doit ainsi faire de son mieux pour voter cette loi. Il y a lieu de relever que 110 Etats ont déjà ratifié le traité de Rome en vue de combattre la dictature et les crimes internationaux liés aux droits de l’homme.
L’objectif de la conférence était d’offrir aux législateurs congolais et à ceux des pays des Grands Lacs et de l’Afrique centrale un forum parlementaire sur l’impact de la justice et de la paix dans la reconstruction et le développement d’une nation post-conflit. Le but était de promouvoir des initiatives parlementaires impliquant la paix, la sécurité et la stabilisation de la région des Grands Lacs et de l’Afrique centrale. Bien que l’examen de la proposition de loi de mise en œuvre du statut de Rome ait fait partie de l’agenda de la session en vue de donner une impulsion additionnelle à son vote et à sa mise en vigueur, le sujet principal de la conférence a porté sur la relation entre la justice et la paix dans un Etat post-conflit. La conférence s’est ainsi servie du départ de la nouvelle phase dans le processus de stabilisation de la RDC dans laquelle des mesures telles que la transparence, la bonne gouvernance, la réconciliation, la lutte contre l’impunité et la corruption ont été mises au premier plan.
Un accent particulier a aussi été mis sur la lutte contre les violences envers les femmes et les enfants, phénomène qui gangrène toute la région des Grands Lacs. Comme on peut le constater, ces assises ont suscité auprès des législateurs congolais une conscience suffisante et de la volonté politique pour les droits des victimes en général et le besoin de réintégrer dans la société les femmes et les enfants victimes des crimes sexuels, en particulier le Parlement doit en principe voter des lois destinées à la reconnaissance et au respect des droits des victimes tels qu’énoncés dans le corps du Droit international humain.
La conférence a contribué à une prise de conscience améliorée des parlementaires venus des pays en conflit ou post-conflit sur l’impact des initiatives promouvant la justice dans la reconstruction post-conflit et sur l’interdépendance de la justice et la paix durable.
Dorian KISIMBA
DETENTION HORS DELAI D'UN AGENT DE LA SANTE A ISIRO
La société civile fait appel à la sagesse du ministère de la Santé pour que justice soit faite
Les membres de la société civile d’Isiro dans la Province orientale viennent de faire appel à la sagesse du ministre de la Santé du Gouvernement central, M. Mopipi, afin que justice soit faite sur le maintien en détention dans la prison d’Isiro de M. Lumunde, Intendant de l’hôpital général de cette ville, rapporte-t-on à Kinshasa de source proche de ladite société civile.
Les membres de la Société civile estiment que l’Intendant général Lumunde, qui a été placé sous mandat d’arrêt provisoire dans l’enquête sur la disparition d’un appareil portatif d’échographie, est maintenu en détention pour trafic d’influence due à des raisons tribalo-ethniques, alors que le tribunal de Grande instance d’Isiro qui avait constaté l’irrégularité de cette détention a ordonné simplement la main levée de ladite détention.
Dans sa motivation, le tribunal de Grande instance d’Isiro a révélé que la détention du prévenu Lumunde Mundeke était hors délai, faute de la régularisation du titre qui le maintenait en détention. Le tribunal avait estimé que la mesure était non seulement en marge de la loi notamment le code de procédure pénale qui veut que l’officier du ministère public présente l’inculpé placé sous mandat d’arrêt provisoire en chambre de conseil les 5 jours lorsqu’il habite la même localité que le juge, mais aussi ne se justifie plus. C’est pourquoi, le tribunal avait ordonné la main levée de la détention de Lumunde pour cause que le ministère public n’a pas respecté la loi ayant présenté le prévenu devant la chambre du conseil 12 jours après son arrestation.
Ainsi, la société civile ne comprend pas l’acharnement du ministère public sur le maintien en détention de Lumunde, alors que le tribunal a déjà statué sur cette mesure. C’est le ministère public, estime la Société civile, qui doit faire respecter la loi et ne peut en aucun cas s’abstenir à l’exécution du jugement rendu par le tribunal de Grande instance d’Isiro.
De ce fait, la société civile demande au ministère de la santé, tout en laissant la main libre à la justice de mener ses investigations jusqu’au bout pour que la vérité soit établie sur le véritable auteur de la disparition de cet appareil, de faire montre de sa magnanimité auprès des instances supérieures du pouvoir judiciaire pour que cesse ce cas de violation flagrante de la loi avant de souligner que la libération de Lumunde ne mettra jamais fin à l’enquête dans cette affaire. FDA.

24 enfants retrouvent leur famille à l’Est de la RDC
Vingt-quatre enfants qui avaient été séparés de leur famille dans des zones de conflit ont été réunis avec leurs proches aujourd’hui, dans le cadre d’une vaste opération menée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) entre la RDC, l’Ouganda et le Soudan.
Au Nord-Kivu, dans le territoire du Rutshuru, dix-sept enfants congolais non accompagnés âgés de 9 à 18 ans et vivant depuis plusieurs mois dans des camps de réfugiés en Ouganda ont ainsi retrouvé leur famille. Des équipes du CICR en poste en Ouganda ont accompagné les enfants jusqu’à la frontière à Bunagana, où des collègues travaillant en RDC les attendaient.
Bizi, un garçon de 14 ans, avait fui avec ses deux sœurs cadettes les combats qui faisaient rage dans leur région en 2008 pour s’installer dans un camp de réfugiés à Nakivale, dans le district d’Isingiro, en Ouganda. De retour en RDC, Bizi a confié à l’équipe du CICR : « Je n’ai pas de cadeau de Noël pour ma mère, mais je pense qu’elle va être très heureuse de nous revoir, moi et mes sœurs, après plus d’une année de séparation ».
Le même jour, dans le nord de la Province orientale, un avion CICR a ramené trois enfants congolais âgés de 16 à 17 ans du Soudan vers la RDC, où ils ont été accueillis par leurs proches. En parallèle, trois jeunes mineures soudanaises ont également été rapatriées par avion au Soudan pour y rejoindre leur famille. Ces enfants avaient été séparés de leurs proches en raison de la situation conflictuelle qui prévaut dans la région, ou avaient quitté les rangs d’un groupe armé. Ces regroupements n’auraient pas été possibles sans le travail de recherche acharné effectué par des volontaires du Croissant-Rouge soudanais ainsi que des Croix-Rouges de la RDC et de l’Ouganda. CICR

VIVEMENT LE SPORT
LE CLUB VERT ET BLANC ENCORE LOIN DE QUITTER LA ZONE DE TURBULANCE
DCMP : entraîneurs et joueurs en «grève» !
* Les grévistes exigent du comité du club l’internement ou le voyage de l’équipe
Chaque jour qui passe révèle à quel point le club vert et blanc engagé à la Coupe de la Confédération 2010 souffre du manque d’un dirigeant à la tête de la coordination, ce qui constitue un obstacle majeur au bon fonctionnement du club en dépit des efforts fournis par les supporters et des personnes de bonne volonté. La dernière mauvaise novelle, apprend-t-on, est celle liée au refus des membres du staff technique et des joueurs de continuer avec les préparations sur place à Kinshasa.
Au terme du match amical joué dimanche dernier contre le FC Amazone, rencontre sanctionnée par la victoire étriquée (1-0) des Immaculés grâce à une réalisation du milieu de terrain Tusilu dit ‘‘Kaka’’, le technicien camerounais qu’assiste le préparateur physique Léon Makanzu, s’est montré très ferme face au comité. Le staff technique de DCMP qui, depuis des mois, demande que l’équipe soit internée à défaut d’un déplacement compte tenu du manque des moyens financiers, trouve mal que les dirigeants du club ne répondent pas favorablement à l’une des deux demandes formulées de manière à leur permettre de mettre le groupe au vert. Voilà qui a poussé les responsables techniques à amener les joueurs à faire pression sur les dirigeants dans le but d’obtenir gain de cause. C’est ainsi qu’ils observent, depuis hier lundi 14 décembre 2009, une grève manifestée par l’absence des séances d’entraînements. R.M.

La coupe Super champion de Kinshasa fixée du 05 au 10 janvier 2010
Le comité exécutif provincial de la Ligue de football de Kinshasa (Lifkin) vient de tenir, la semaine dernière, sa première réunion de prise de contact des membres élus le 06 décembre 2009. Au cours de cette réunion, deux importantes décisions ont été prises. La première décision fixe la période du 05 au 10 janvier 2010 pour l’organisation de la Coupe Super champion de Kinshasa. La seconde est l’installation des membres des trois commissions spécialisées au sein de la Lifkin.
Ainsi, du 05 au 10 janvier 2010, le comité exécutif de la Lifkin organise sa compétition dénommée Coupe Super Champion. Une compétition qui oppose, après tirage au sort, les différents champions de la saison de toutes les entités subdélégataires de la Lifkin qui organise un championnat régulier des seniors masculins. Pour la compétition qui va bientôt démarer, sept cubs champions des différentes entités de football de Kinshasa vont s’affronter. Il s’agit de l’AS V. Club (Epfkin), US Filas (Eufkin-Malebo), Shark XI FC (Eufkin-Kilimani), AC Kuya Sport (Eufkin-Lipopo), AC Foyo (Eufkin-Tshangu), IC Boyokani (Eufkin-Lukunga) et enfin OC Okinawa (Eufkin-Plateau).
En prévision de cette compétition pour déterminer le Super Champion de Kinshasa de la saison sportive 2008-2009, le comité organisateur de la Lifkin effectuera la cérémonie de tirage au sort des matches à jouer le vendredi 18 décembre 2009 à 14h00 à son siège du stade des Martyrs. A cette cérémonie sont conviés les délégués de sept clubs qui se disputent la Coupe Super champion de Kinshasa. Une compétition qui augure ce que sera le championnat d’élite de la ville de Kinshasa. Car, outre V. Club qui joue déjà à l’Epfkin, les six autres clubs en lice, champions de leurs entités sportives respectives, joueront cette année à cette division d’élite de Kinshasa.

Des commissions spécialisées constituées
Au cours de la même réunion du nouveau comité exécutif provincial de la Lifkin, trois commissions spécialisées ont été constituées dans l’objectif d’aider cette entité à réussir son plan d’action. Il s’agit de la commission Marketing et Finance ; Technique, Développement et Formation et enfin celle des Conciliations et Transferts. Les animateurs de ces trois commissions spécialisées ont été aussi nommés. Pascal LIKANA


Eubakin-Est : Arc-en-ciel a dominé Nyota (76 à 18) en match d’ouverture
L’Asb Arc-en-ciel II des dames a dominé son adversaire de l’Asb Nyota par 76 points à 18 en match d’ouverture du championnat de l’Entente urbaine de basketball de Kinshasa-Est (Eubakin-Est), hier lundi au stadium des Martyrs. Le match s’est joué dans un stadium vide, car les habitués de la balle au panier ont perdu l’habitude des spectacles des championnats de basketball à Kinshasa.
Seuls quelques invités de la Ligue provinciale de basketball de Kinshasa (Liprobakin) et de deux ententes urbaines de basketball de Kinshasa ainsi que quelques accompagnateurs et dirigeants de ces deux clubs ont assisté à cette rencontre. Du reste, une rencontre à sens unique où les jeunes demoiselles d’Arc-en-ciel se sont promenées sur leurs adversaires de Nyota. Sans bien sûr oublier la presse sportive, toujours à la pointe de l’actualité.
En présence de Gilbert Kinioki, président de l’Eubakin-Est, les filles qui s’entraînent au terrain de l’Alliance Franco-congolaise de Lemba ont gagné les quatre quart-temps de la partie respectivement par 10 points à 8, 29 points à 12, 59 points à 16 et 76 points à 18 au dernier quart-temps.
Le championnat va se poursuivre le samedi avec quatre matches respectivement au terrain de Matete (Mboka Mbaka vs Tourbillon II et COR vs Terreur II) et deux autres au terrain de Limete (Ndjili vs Sanza II et Biso na Biso vs Marché de la Liberté), tous les samedis après-midi. Pascal LIKANA.

INTERNATIONAL
SOMMET DE COPENHAGUE

Moins de désastres en 2009, mais la nature reste très meurtrière

Le monde a connu moins de catastrophes naturelles en 2009 que dans les dix années précédentes, mais les phénomènes climatiques extrêmes restent meurtriers et économiquement dommageables, annoncent les Nations unies. Selon le rapport Stratégie internationale pour la réduction des désastres publié à l'occasion du sommet de Copenhague sur le changement climatique, on a compté cette année 245 catastrophes naturelles, dont 224 directement liées au temps, contre un pic de 434 en 2005.
Au total, 8.900 personnes ont été tuées à la suite de ces catastrophes, dont 7.000 peuvent être classées comme victimes du temps, les autres l'étant de phénomènes comme des tremblements de terre ou des éruptions volcaniques. Les dégâts directement imputés au climat se montent à 15 milliards de dollars, sur un total de 19 milliards.
Les chiffres pour 2009 sont "une bonne nouvelle" mais "les catastrophes climatiques extrêmes restent en tête de liste et continueront à affecter de plus en plus de gens à l'avenir", a estimé Margareta Wahlstrom, représentante spéciale du secrétaire général de l'Onu pour la réduction du risque de catastrophe. Michel Jarraud, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, a estimé que le progrès dans la surveillance, la prévision et la gestion des phénomènes climatiques avait contribué à la réduction de leur mortalité.
L'Asie est le continent le plus vulnérable aux tempêtes et inondations, selon le rapport de l'Onu, qui précise que 48 millions d'Asiatiques ont été affectés par ces phénomènes depuis le début de l'année, sur un total global de 58 millions.
Lepoint.fr

"Climat : les pays africains ont repris les négociations
*Moins de désastres en 2009, mais la nature reste très meurtrière
Un millier de jeunes manifestaient pour l'ouverture des frontières aux réfugiés climatiques en marge du sommet de Copenhague. La conférence climat de Copenhague entre lundi 14 décembre dans sa deuxième semaine. Sous la pression d'une mobilisation croissante à travers le monde, les ministres négocient d'arrache-pied pour tenter d'obtenir un accord climatique ambitieux lors du sommet des chefs d'Etat le 18 décembre.
Dans les rues, la mobilisation continue: plus d'un millier de jeunes manifestaient lundi sous très forte surveillance policière dans le centre de Copenhague, en réclamant notamment l'ouverture des frontières aux réfugiés climatiques. Dimanche matin, la police danoise a dispersé une manifestation anti-capitaliste de 200 personnes dans le cente-ville à l'appel du réseau Climate Justice action (CJA), et procédé à plusieurs dizaines d'interpellations.

420 millions par an pour les PED
A son arrivée dimanche dans la capitale danoise, le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré "prudemment optimiste" sur l'issue des travaux. Parmi les chantiers du week-end, la question de l'aide aux pays en développement. Le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet a annoncé dimanche que la France versera 420 millions d'euros par an dans le cadre de l'effort européen annoncé pour aider les pays pauvres à affronter le changement climatique et appelé d'autres pays de l'UE à "s'engager".
Pourtant, lundi, les pays africains, soutenus par les pays en développement du G77, ont suspendu leur participation aux groupes de travail des négociations sur le climat. Estimant que la conférence de Copenhague néglige l'importance du renouvellement des engagements, au-delà de 2012, des pays industrialisés dans le cadre du protocole de Kyoto, ils ont quitté les groupes de travail.
Avant de revenir participer aux discussions en séance plénière en début d'après-midi, après avoir reçu l'assurance de la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, qu'une partie des travaux serait consacrée exclusivement au protocole de Kyoto. Le Japon et l'Australie pour leur part ont refusé de discuter d'une deuxième période d'engagements tant que les discussions ne progressent pas sur ceux des Etats-Unis et des grands pays émergents. lepoint.fr


BATAILLE POUR LE SCOOP CHEZ LES JOURNALISTES !
3.840 journalistes ont demandé leur accréditation au sommet de Copenhague
Avez-vous besoin d'infos pour acheter un nouvel ordinateur portable ? Rendez-vous dans la salle de presse du sommet de Copenhague. En permanence, du matin au soir, il y a là onze cents journalistes à pianoter furieusement sur des portables de toutes marques, de tous formats. Ils s'en servent aussi pour consulter le programme du jour, téléphoner à leur rédaction ou à leur femme, assister à une conférence de presse tenue dans une salle voisine, mais retransmise sur Internet. Certains encore se livrent à un petit jeu durant un temps mort.
À Copenhague, le peuple des journalistes se comporte comme un vol d'étourneaux. Il se déplace par nuées, s'abat sur le moindre délégué en maraude pour tenter de lui arracher un scoop et picore à longueur de journée des sandwiches. Les manifestations des ONG sont du pain béni pour les télévisions. Ce matin, c'est le groupe des jeunes - rassemblant les jeunes militants de toutes les associations présentes - qui organise un happening impromptu. Devant l'entrée de la salle de presse, ils sont deux cents à subitement enfiler un long imperméable bleu. Ils frappent des mains en scandant : "Nous restons aux côtés de l'Afrique. L'heure de Kyoto est venue." Aussitôt, une forêt de caméras se braque sur les manifestants. Il y aura des images à montrer au journal de la mi-journée. Les visages des cameramen s'épanouissent, soulagés. L'ogre télévisuel aura sa pâtée ce matin.
Ce lundi matin, le groupe des pays africains crée la sensation en refusant d'assister plus longtemps aux séances de travail estimant que les pays riches traînent des pieds dans un engagement financier à long terme. Enfin de la bagarre ! Les envoyés spéciaux se frottent les mains. Ils partent traquer les officiels pour leur arracher un détail crucial. Et quand ils n'en trouvent pas, ils s'interrogent les uns les autres. "Alors que se passe-t-il avec les Africains ?" demande un grand moustachu aux tempes dégarnies à une petite femme rondelette qui répond : "Il y a deux minutes, un confrère américain m'a dit qu'un journaliste chinois lui avait confié que les Africains en ont marre de l'indécision des pays riches", lui répond-elle. "T'es sûr ? Parce que le petit Sénégalais qui est là-bas prétend qu'un Norvégien lui a soufflé que ce retrait n'était qu'une rumeur non fondée !" Et ainsi de suite...
Dans les couloirs, au milieu de la foule bigarrée, Jean-Louis Borloo croise José Bové. Ils se serrent la main. Une escadrille de micros apparaît subitement. Les Français ont forcément dégainé les premiers. Leurs confrères étrangers qui n'ont aucune idée de l'identité des deux hommes les imitent dans un réflexe pavlovien décidé à ne pas rater une rencontre majeure. Les magnétophones enregistrent : "Ça va ?" demande le ministre, "T'es là depuis quand ?" répond le moustachu. La rencontre au sommet s'arrête là. Les journalistes rengainent leurs micros satisfaits...
Les plus mal lotis sont les reporters de quotidiens et de radios poursuivis par leur rédaction pour remplir les pages ou l'antenne. Il faut amortir le déplacement. Un séjour au Danemark coûte cher. Ce lundi matin, l'envoyée de France Inter râle. "Dimanche, je comptais souffler un peu, car rien n'était prévu au Bella Center, mais sur le coup de 8 heures ma rédaction m'a appelée pour savoir comment j'allais remplir les journaux. Il m'a fallu trouver des sujets..." Annulé le petit tour en bateau pour visiter des éoliennes off-shore...
Franchement, pourquoi 3.840 journalistes ont-ils demandé leur accréditation au sommet de Copenhague ? Avec Internet qui retransmet toutes les conférences de presse, avec le numéro de portable de tous les délégués joignables à tout moment, avec le mail de milliers de communicants prêts décrire par le menu l'état d'âme de leur patron, avec les vidéos de tous les happenings organisés par les ONG sur Internet, et l'AFP pour l'info de base, la majorité des journalistes auraient effectué le même boulot depuis leur rédaction. Et sans produire du gaz carbonique lors de leur vol en avion. C'est décidé, je rentre ce soir.
Par Frédéric Lewino/L'Express.fr .
ITALIE
Silvio Berlusconi violemment agressé : "les conséquences sont graves"
Sa première nuit à l'hôpital a été "tranquille", il a même demandé dès son réveil à "voir les quotidiens", mais Silvio Berlusconi restera hospitalisé "au moins jusqu'à mardi" après la violente agression dont il a fait l'objet dimanche soir. "Les conséquences sont plus graves et il ne pourra pas sortir avant les prochaines 24 à 36 heures", a indiqué le médecin personnel du président du Conseil italien Alberto Zangrillo. "Le chef du gouvernement se nourrit difficilement", en raison d'une blessure subie aux lèvres, a ajouté le docteur Zangrillo, qui est aussi chef du service d'anesthésie et de réanimation du San Raffaele, en soulignant que son patient est sous antibiotiques et analgésiques. Le président du Conseil souffre de contusions au visage, d'une petite fracture du nez et a deux dents cassées. Selon ses médecins, il faudra au moins 20 jours pour qu'il soit complètement remis. Dimanche soir, à l'issue d'un discours du Cavaliere derrière la place de la cathédrale à Milan, Silvio Berlusconi a été violemment frappé au visage par un homme de 42 ans, Massimo Tartaglia, suivi depuis dix ans pour des problèmes psychiatriques. Ce dernier lui a lancé une petite statue du célèbre Duomo (la cathédrale de Milan) au bas du visage. Il a été aussitôt arrêté après son geste.
Le site Internet du Corriere della Sera propose une vidéo de l'agression prise sous l'angle opposé . On peut alors distinguer l'agresseur jeter la statuette au visage de Silvio Berlusconi. Mis aussitôt à l'abri dans un véhicule par ses gardes du corps, Silvio Berlusconi en est toutefois ressorti brièvement, fixant la foule d'un air hébété. Puis, il a finalement été évacué vers l'hôpital San Raffaele de Milan. "Je suis un miraculé, je vais bien", a-t-il déclaré peu après les faits, en sortant des urgences pour gagner une chambre de l'hôpital. Silvio Berlusconi, 73 ans, souffre d'une fracture du nez, deux de ses dents ont été cassées et les entailles sur ses lèvres ont nécessité des points de suture, a précisé son médecin personnel, Alberto Zangrillo. Le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, a expliqué qu'il avait craint un moment que l'assaillant ne soit lynché par la foule. "C'est une bonne chose que la police l'ait emmené", a-t-il dit.
Cette agression a été aussitôt condamnée, tant à droite qu'à gauche de l'échiquier politique. Le président de la République, Giorgio Napolitano, a rappelé dans un communiqué qu'aucune divergence d'opinions ne pouvait justifier de tels agissements. Gianfranco Fini, principal allié de Berlusconi - avec qui il est toutefois brouillé -, a parlé d'une "triste journée" pour l'Italie. "Il est du devoir de l'ensemble des forces politiques de faire en sorte que l'Italie ne replonge pas dans les années de violence", a-t-il ajouté, en évoquant "les années de plomb" des années 1970. "Ce qu'ils ont fait à Berlusconi, c'est un acte de terrorisme", a renchéri le dirigeant de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, connu pour ses déclarations-chocs. "Nous ressentions depuis un certain temps un climat oppressant et ce qui s'est passé aujourd'hui est un signe inquiétant", a-t-il ajouté.

Coup de téléphone de Sarkozy
"C'est le geste d'un fou", a pour sa part déclaré le président de la province de Milan, Guido Podestà, qui se trouvait aux côtés du président du Conseil au moment de l'attaque. "Moi, je n'ai qu'une égratignure, mais lui (Berlusconi) avait le visage en sang", a-t-il dit. Silvio Berlusconi a reçu des messages de soutien du monde entier, et même un coup de téléphone de Nicolas Sarkozy lundi à la mi-journée. Affaibli par les scandales sur sa vie privée et ses démêlés judiciaires, le président du Conseil italien a perdu plus de quatre points de popularité, selon un sondage Ipsos publié samedi dans La Stampa. Avec 50,1 % de bonnes opinions, il est en baisse par rapport à début novembre, où il bénéficiait d'une cote de 54,4 %. Le 5 décembre dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Rome, dans le cadre du " No B Day ", pour demander la démission de Silvio Berlusconi. Lepoint.fr


Envoi de militaires en Guinée : une déclaration de guerre pour la junte
Le groupe de contact international sur la Guinée a préconisé dimanche l'envoi dans ce pays de "personnels civils et militaires" qui seraient chargés d'"instaurer un climat de sécurité", mais la junte a d'ores et déjà averti qu'elle y verrait "une déclaration de guerre". Le groupe de contact souhaite la mise en place en Guinée, "dans les meilleurs délais, d'une nouvelle autorité consensuelle de la transition", avant des "élections législatives et présidentielles, aussitôt que possible en 2010".
La communauté internationale a réitéré cette position alors même que le N°1 du régime guinéen, victime le 3 décembre d'une tentative d'assassinat, reste hospitalisé au Maroc, invisible et muet. Le capitaine Moussa Dadis Camara, porté au pouvoir par l'armée il y a près d'un an, a été blessé à la tête par son propre aide de camp qui a ouvert le feu sur lui, au sein même d'un camp militaire.
La semaine dernière, le ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté, a pris les commandes du pays "par intérim". Ces derniers jours, il a enjoint les soldats à "sécuriser" et "mettre en confiance" les civils. Et cette autocritique de l'armée a été plutôt bien accueillies par l'opposition, deux mois et demi après le terrible massacre de manifestants par les forces de sécurité, le 28 septembre, à Conakry. Mais à l'ouverture de la réunion du groupe de contact, le président de la Commission de la Cédéao, Mohamed Ibn Chambas a proposé "un déploiement préventif d'une force de protection des civils et d'assistance humanitaire". Puis, dans son communiqué final, le groupe de contact a réitéré "son appel du 12 octobre 2009 à la Cédéao à constituer (...) une mission internationale d'observation".
Cette mission "serait composée de personnels civils et militaires, qui devraient contribuer (...) à l'instauration d'un climat de sécurité pour la population et à la protection des institutions et des principaux acteurs de la transition", selon le texte. Justifiant ce projet, le groupe de contact "condamne les actes de terreur et de violence de toute nature, ainsi que d'agression et d'extorsion perpétrés en particulier par des éléments des forces de défense et de sécurité à l'encontre des populations et de la communauté diplomatique". Il évoque une "accumulation d'armes dans le pays à des fins inavouées" ainsi que "la formation de milices et leur entraînement par des mercenaires".
La junte a très vivement réagi à ces annonces et condamnations. Le ministre-secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte), le colonel Moussa Keïta, a jugé "ridicule et regrettable" de parler de formation de milices par des mercenaires en Guinée. Il a surtout annoncé que les militaires guinéens s'opposeraient "catégoriquement à l'envoi de quelque force que ce soit". "Les pays qui prétendent envoyer des forces, je les invite à s'abstenir, parce que si réellement ils le font, nous considérerons leurs actes comme une déclaration de guerre", a-t-il insisté.
L'ancien ministre guinéen des Affaires étrangères, François Lonsény Fall, a jugé que la plupart des préoccupations des l'opposition avaient été "prises en compte". Le déploiement d'une mission d'observation civile et militaire permettrait "la protection des populations civiles et des leaders" politiques, a dit M. Fall, qui avait lui-même été roué de coups par des militaires le 28 septembre. AFP/FDA.

APPRENDRE & COMPRENDRE
Ce qu’ils faut savoir des effets de l'arme nucléaire
L'arme nucléaire est une arme de destruction massive qui utilise l'énergie dégagée soit par la fission de noyaux atomiques lourds (uranium, plutonium dans le cas des bombes A), soit par la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogène dans le cas des bombes H).

L'arme nucléaire est une arme de destruction massive qui utilise l'énergie dégagée soit par la fission de noyaux atomiques lourds (uranium, plutonium dans le cas des bombes A), soit par la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogène dans le cas des bombes H).
Ses effets destructeurs, qui sont sans commune mesure avec ceux des " armes conventionnelles ", sont non seulement dus au souffle et à l'augmentation de la température, comme pour les explosifs classiques, mais aussi aux rayonnements. L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par son équivalent en TNT.
L'arme nucléaire a été utilisée opérationnellement deux fois durant la Seconde Guerre mondiale, par les États-Unis contre le Japon par les bombardements des villes d'Hiroshima et de Nagasaki, entraînant plusieurs centaines de milliers de morts.
En raison de sa puissance, l'arme nucléaire n'est généralement pas considérée comme une arme conventionnelle, mais comme une arme de dissuasion (politique de dissuasion nucléaire), visant à empêcher toute attaque majeure, qui serait sanctionnée par l'utilisation de cette arme. Inversement, l'impact psychologique potentiel d'une arme nucléaire en fait une cible de choix pour des mouvements ou États terroristes. Depuis que plusieurs pays se sont dotés plus ou moins rapidement de l'arme nucléaire, des accords internationaux visent à réduire l'arsenal nucléaire et à limiter la prolifération nucléaire.

Histoire de l’Arme de destruction massive
La littérature exploite le concept de bombe atomique à partir des années 1910 1 et les physiciens commencent à envisager l'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique dans les années 1930.
L'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne déclenche une fuite des cerveaux immédiate dès 1933, y compris des savants de confession juive qui contribuèrent ensuite de façon décisive aux filières française et britannique ; la bombe allemande ne vit jamais le jour malgré les travaux de l'institut de chimie Kaiser-Wilhelm de Berlin pendant la guerre.
Les découvertes et travaux effectués au Collège de France par Frédéric et Irène Joliot-Curie, Hans Halban et Lew Kowarski en 1939 et 1940 sont significatifs. Des communications sont faites et des brevets pris à cette époque 2, dont un décrit le principe de la bombe atomique 3.
La commission MAUD britannique est lancée pendant la drôle de guerre et récupère les résultats de la filière française après la débâcle de la bataille de France en mai 1940. Mais c'est aux États-Unis que la bombe atomique sera mise au point et assemblée durant le projet Manhattan. Ce projet est mis sur pied suite à une lettre signée par Albert Einstein (aux opinions pacifistes), adressée au Président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Dans cette lettre, datée du 2 août 1939, Einstein ainsi que d'autres physiciens expliquent à Roosevelt que l'Allemagne nazie effectue des recherches sur la fission nucléaire et ses applications possibles dans le domaine militaire, comme la création d'une bombe atomique. Einstein explique que cette bombe est capable de libérer une énergie si colossale qu'elle pourrait détruire une ville entière.
Le 14 août 1940, le Comité consultatif pour l'uranium, un organisme fédéral créé par Roosevelt, après avoir pris connaissance de la lettre, demande dans un mémorandum la création d'un projet de recherche sur le thème de la fission nucléaire et sur ses applications militaires. Une somme de 100 000 dollars est débloquée.
La première étape consiste en l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile, c'est-à-dire que son atome peut se casser et produire une réaction de fission nucléaire. Durant cette étape de recherche, un second élément fissile est découvert, le plutonium.
Alors que jusque-là, le projet avait uniquement un but expérimental, avec pour objectif de valider la réalisation d'une bombe atomique, il est décidé en 1943, au vu des résultats, de passer au stade du développement. Le Projet Manhattan vient de voir le jour.
Des milliers de chercheurs, mis au secret, vont développer cette arme. Plusieurs laboratoires sont construits un peu partout aux États-Unis, comme dans le Tennessee, à Washington et enfin le plus célèbre, le LANL de Los Alamos au Nouveau-Mexique en mars 1943.
Le Laboratoire national de Los Alamos (LANL) est dirigé par le physicien Robert Oppenheimer, il sera entouré par une brillante équipe de physiciens, parmi lesquels quatre prix Nobel de physique (Niels Bohr, James Chadwick, Enrico Fermi et Isidor Isaac Rabi). Durant deux ans, ils vont surmonter un grand nombre de problèmes techniques, aidés par un budget de deux milliards de dollars. Ils développent les deux filières, uranium et plutonium en parallèle. Au début de juillet 1945, s'ils disposent de bombes opérationnelles dans chacune des filières, ils ont encore un doute sur la bombe au plutonium. Ils décident donc que le premier test portera sur cette technologie.
Le 16 juillet 1945, sur la base aérienne d'Alamogordo, la première bombe atomique, Gadget, explose lors d'un test baptisé Trinity. La petite histoire dit que Kenneth Bainbridge, le responsable des essais, glissa à l'oreille de Robert Oppenheimer, qui avait déclamé I am become Death, the Destroyer of Worlds (" Maintenant, je suis la Mort, le Destructeur des Mondes ") après l'explosion : Now we are all sons-of-bitches (" À partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes ")
Dans la matinée du 6 août de la même année, le président Harry Truman, qui a succédé à Franklin Roosevelt décédé le 12 avril, donne l'ordre de larguer une bombe atomique sur un objectif civil, la ville d'Hiroshima, avec pour objectif de faire capituler le Japon.
Même aujourd'hui, les raisons de cette décision sont loin d'être parfaitement connues. Il faut en effet se rappeler que le projet Manhattan visait initialement l'Allemagne et non pas le Japon. L'explication officielle (celle, à l'origine, de Truman) soutient que la capitulation du Japon fut ainsi réalisée en évitant de lourdes pertes américaines. Pour d'autres, c'est l'imminence de la déclaration de guerre de l'URSS au Japon prévue lors des accords de Yalta trois mois après la capitulation de l'Allemagne (soit au 8 août 1945), qui est le facteur déterminant ; avec leur nouvelle puissance nucléaire, les États-Unis n'avaient plus besoin de composer avec un allié encombrant pour finir ce conflit et en partager les profits (zones d'influence, bases militaires, etc.). Ce fut le point de vue d'Eisenhower pendant la guerre et, au début de la Guerre froide, du prix Nobel de physique Patrick Blackett.
Cette bombe fut surnommée par l'armée américaine Little Boy (" Petit Garçon "), du fait de sa petite taille, et Pikadon (" Lumière et bruit ") par les japonais. La bombe A à l'uranium enrichi (de type revolver) détona en expulsant une énergie équivalente à environ 15 kt de TNT. Il est difficile de connaître avec précision le nombre de personnes tuées par l'explosion. Le Département de l'énergie américain (DOE) estime quant à lui le nombre de personnes tuées instantanément à environ 70 000 et environ 200 000 personnes supplémentaires dans les cinq années qui ont suivi.
Le 9 août, trois jours plus tard, Truman donne l'ordre de larguer une seconde bombe sur la ville de Kokura (actuellement Kitakyushu). Celle-ci étant recouverte par des nuages, c'est Nagasaki qui est alors visée : lors d'une éclaircie, le bombardier confond les usines Mitsubishi sur les quais du port avec la cathédrale chrétienne. La bombe larguée, cette fois-ci, est au Plutonium, a une puissance de 22 kt et est surnommée Fat Man (" Gros Bonhomme "). Tout comme pour Hiroshima, le nombre de décès est difficile à définir, le DOE estime qu'il y a eu environ 40 000 personnes tuées instantanément et 60 000 autres blessées. En janvier 1946, il était estimé qu'environ 70 000 personnes étaient décédées des conséquences de l'explosion et peut-être le double dans les cinq années suivantes
Le 15 août, le Japon accepte la capitulation sans conditions, l'Acte de la reddition du Japon est signé le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé " Missouri ", ce qui met fin à la Seconde Guerre mondiale (après la déclaration de guerre soviétique au Japon le 8 août 1945).
La fin de la Seconde Guerre mondiale et la connaissance de la puissance destructrice de la bombe atomique ont poussé plusieurs gouvernements à vouloir acquérir, comme les États-Unis, l'arme nucléaire.
C'est ainsi que rapidement, l'Union soviétique, a conçu une bombe A à l'institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale, le RDS-1 et l'a testée le 29 août 1949. Elle est suivie le 3 octobre 1952 par le Royaume-Uni.
Le 1er novembre 1952, les États-Unis déclenchent l'explosion de la première bombe H, une bombe cent fois plus puissante qu'une bombe A. Le premier essai soviétique de la bombe H a lieu le 12 août 1953 et le 15 mai 1957 pour le Royaume-Uni. Suivront alors les premières bombes A de la France en 1960 et la Chine en 1964.
Cette rapide prolifération nucléaire, avec les tentatives, parfois réussies, de nombreux pays comme l'Afrique du Sud ou Israël, a poussé les responsables politiques à limiter l'accession aux connaissances nécessaires pour réaliser une telle arme. C'est dans ce cadre que furent ratifiés des traités comme le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en 1968.

Dissuasion nucléaire
Avec le début de la Guerre froide et l'accession rapide de l'Union soviétique à la force nucléaire, les deux superpuissances sont entrées dans ce que l'on appelle " dissuasion nucléaire " ou équilibre de la terreur.
Cette notion consiste en la peur, dans les deux camps, de l'utilisation par l'autre de l'arme nucléaire. Si c'était le cas, l'agressé répliquerait avec les mêmes armes et, en raison de la puissance et des effets des armes nucléaires, chacun pourrait être totalement détruit ou au moins subir des dégâts très importants, si bien que les avantages d'être l'agresseur sont quasi nuls. La stabilité de cette configuration, où deux adversaires se dissuadent ainsi mutuellement, dépend avant tout de la capacité de l'agresser à frapper nucléairement l'autre après avoir subi une première frappe atomique. C'est ce que l'on appelle la capacité de seconde frappe, élément moteur de la course aux armements qui a opposé les deux superpuissances durant la Guerre froide.
Du fait de leur exceptionnel pouvoir létal en une seule frappe, les armes nucléaires apparaissent aujourd'hui avant tout être des armes de pression politique, même si l'emploi limité d'arme nucléaire de faible puissance en milieu confiné est parfois envisagé, par exemple aux États-Unis avec les mini-nuke, pour détruire des cibles-clés enterrées à grande profondeur. Cette primauté accordée à l'usage dissuasif de l'arme nucléaire n'est cependant pas universelle : celle-ci est apparue progressivement mais rapidement aux États-Unis, mais ne faisait pas partie du corpus doctrinal officiel de l'URSS. Toutefois la dissuasion mutuelle pesait sur les relations entre les deux pays, comme semblent en témoigner les résolutions " pacifiques " des crises qui ont ponctué la Guerre froide.

Réduction des arsenaux nucléaires
Malgré leurs accords de non-prolifération, le stock d'armement nucléaire des deux grands est resté très important Les accords Strategic Arms Limitation Talks (SALT), signés par les États-Unis et l'Union soviétique en 1972 et 1979, fixaient aux armes stratégiques offensives des plafonds supérieurs aux niveaux que celles-ci avaient atteints : ils autorisaient donc leur développement, mais limité.
Les accords Strategic Arms Reduction Treaty (START), en 1991 et 1993, imposaient, eux, une véritable réduction des arsenaux de les États-Unis et la Fédération de Russie, de 13 000 ogives à 3 500 pour chacune des parties.
Signé en 2002, le Traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques (SORT) entre ces deux pays prévoient que leurs arsenaux soit limité entre 1 700 et 2 200 ogives en 2012.

Armes nucléaires et droit international humanitaire
Le droit international n'interdit pas spécifiquement et en toutes circonstances l'emploi des armes nucléaires. Pourtant, leur utilisation est contraire aux principes et règles du droit international humanitaire qui interdit l'emploi d'armes causant des pertes inutiles ou des souffrances excessives. Pour cette raison, le 8 juillet 1996 les 14 juges de la Cour internationale de Justice ont conclu à l'unanimité que le droit international humanitaire s'appliquait et que l'emploi de ces armes était généralement contraire à ce droit.
Depuis 1945, année où la première bombe explosa au Nouveau-Mexique aux États-Unis, plusieurs pays ont tenté de maîtriser la conception d'une telle arme. Ils sont classés ci-dessous en fonction du nombre de têtes nucléaires dont ils disposent.
Cinq pays sont juridiquement reconnus comme " États dotés de l'arme nucléaire " par le TNP, voici leur arsenal en mars 2006 8:
" la Russie : 16 000, dont 5 830 actives ;
" les États-Unis : 9 962, dont 5 735 actives ;
" la France : 348 têtes actives ; réduction à moins de 300 en projet (déclaration du président Nicolas Sarkozy du 21 mars 2008);
" le Programme nucléaire du Royaume-Uni : plus de 200, dont un peu moins de 200 actives.
" la République populaire de Chine : environ 200, dont environ 145 actives;
Les politologues désignent ces cinq États par le terme de " club nucléaire ", qui sont également ceux qui sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.
La Corée du Nord est le seul pays qui a acquis l'arme nucléaire après avoir ratifié le TNP (qu'elle avait toutefois dénoncé en 1993). Le nombre de têtes est estimé à moins d'une dizaine, dont quelques-unes seraient peut-être actives. La Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire le 9 octobre 2006 et renonce à son armement nucléaire suite à l'accord de Pékin du 13 février 2007, mais finalement elle réalise un second essai le 25 mai 2009.

Pays détenteurs non-signataires du TNP
Trois pays, non-signataires du TNP, disposent de l'arme nucléaire :
" l'Inde : 40 à 50 têtes, presque toutes actives[réf. nécessaire] ; a réalisé le 18 mai 1974 son premier essai nucléaire, officiellement à but pacifique. Le 11 mai 1998, elle réalise son premier essai militaire.
" le Pakistan : 50 à 60, presque toutes actives[réf. nécessaire] ; a réalisé quelques jours après l'Inde, le 28 mai 1998, son premier essai nucléaire.
" Programme nucléaire Israël : dispose d'armes nucléaires. Une centaine seraient actives. Selon un ancien technicien de la Centrale nucléaire de Dimona, Mordechaï Vanunu, Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques. Cette déclaration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans. Selon certaines sources, Israël aurait procédé, avec l'aide de l'Afrique du Sud, à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979, connu sous le nom de l'Incident Vela, mais aucune certitude n'existe à ce sujet. La position officielle israélienne a toujours été de ne pas confirmer ni infirmer les spéculations relatives à sa possession de l'arme atomique. Le 6 décembre 2006, Robert Gates, secrétaire d'État à la défense américain déclarait lors de son audition au Sénat : " l'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : le Pakistan à l'est, Israël à l'ouest… ", une première pour un haut fonctionnaire américain. Quelques jours plus tard, le 11 décembre 2006 lors d'une interview de la chaîne de télévision allemande N24 à propos des ambitions nucléaires iraniennes, Ehud Olmert déclarait : " Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique, la France, Israël et la Russie ? ". Il a été obligé de corriger la déclaration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelé la position d'Israël sur le sujet : " Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient. C'était notre position, c'est notre position, cela restera notre position. ".
Pays possédant un programme d'acquisition nucléaire

Pays soupçonnés de développer un programme nucléaire militaire
L'Iran qui essaye depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins, officiellement, civiles. Cependant plusieurs membres de la communauté internationale pensent que ce programme peut être utilisé pour développer l'arme nucléaire, notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz en août 2002, qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA. Une troïka européenne (composée de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni) s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par les experts de l'AIEA. Israël et les États-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmée. Au début du mois de janvier 2006, l'Europe et les États-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
" Le Brésil qui est soupçonné par la communauté internationale de vouloir développer un programme nucléaire. Le président Lula a signé un accord en 2008 avec l'Argentine pour le développement conjoint d'un programme nucléaire, qui n'écarte pas un possible volet militaire (construction de sous-marins nucléaires).
" L'Algérie qui est soupçonnée de vouloir développer un programme nucléaire. Les Algériens ont mis en marche un second réacteur nucléaire, qui est particulièrement protégé. Elle suscite des craintes chez les Américains à cause de la taille de ce réacteur, et de la large défense aérienne dont il bénéficie. Une enquête de la CIA avait conclu à l'éventuelle utilisation militaire du réacteur nucléaire d'Aïn Oussara (160 km au sud d'Alger).
" L'Arabie Saoudite est aussi soupçonnée de vouloir développer un programme nucléaire. L'Arabie-Saoudite et le Pakistan auraient signé un accord secret sur " la coopération nucléaire " qui fournirait aux Saoudiens la technologie du nucléaire en échange de pétrole bon marché.
" La Syrie qui est soupçonnée par les États-Unis de vouloir développer un programme nucléaire.
" le Maroc qui est soupçonné par l'Espagne de vouloir développer un programme nucléaire, ce pays qui avait construit un réacteur nucléaire pour des expériences scientifique dans la région de Rabat en 2006.
Pays ayant démantelé leurs installations atomiques
" L'Afrique du Sud qui a disposé d'un arsenal clandestin avec sept têtes dans les années 1980 a démantelé celui-ci au tout début des années 1990.
" La Suisse a préconisé de se doter d'un armement nucléaire, a construit des installations pour l'enrichissement de l'uranium, puis a pris des contacts avec l'État-Major de l'armée française pour acquérir une arme nucléaire avant d'abandonner le projet au milieu des années 1960 10.
" Durant les années 1950 et 1960, la Suède a développé un programme secret d'arme nucléaire, dans l'objectif de se protéger d'une éventuelle invasion de l'Union soviétique. Ce programme lui a permis de réaliser une bombe atomique, mais le programme a été abandonné en 1968, après la ratification du TNP 11.
" La Libye qui a officiellement abandonné son programme nucléaire en 2003. C'est le résultat de neuf mois de tractations secrètes entre la Libye, les États-Unis et la Grande-Bretagne.
" L'Irak a arrêté son programme nucléaire après la première guerre du golfe. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont soupçonné pendant un temps que le programme puisse avoir été relancé, mais depuis l'invasion de l'Irak en 2003, aucune preuve en ce sens n'a été trouvée.
" Les nouveaux États issus de la dissolution de l'Union soviétique, tels l'Ukraine et le Kazakhstan ont rendu les ogives à la Russie et démantelé les bases nucléaires sur leur sol.
" Les installations françaises en Algérie ont été démantelées et le pays n'a hébergé aucune arme nucléaire depuis son indépendance en 1962.
" De même, la base britannique d'essais nucléaires en Australie a été démantelée.

Les différents types de bombes
On peut les classer de différentes façons : Selon le principe de fonctionnement Les armes à fission ou " bombes A "

Article détaillé : Bombe A.

Les bombes à fission furent les premières à être développées et sont communément appelées " bombes atomiques ". A priori ces armes n'existent plus dans l'arsenal des nations technologiquement les plus avancées qui leur préfèrent les engins à fusion plus puissant et/ou moins encombrant.
Elles se fondent sur le principe de la fission nucléaire et utilisent des éléments fissiles comme l'uranium 235 et le plutonium 239. Pour obtenir une explosion nucléaire, il est nécessaire de déclencher une réaction nucléaire en chaîne. Pour cela, il faut avoir une quantité suffisante de matière fissile, c'est la masse critique. La masse critique d'une sphère de matériau pur (non modéré) en l'absence de réflecteur est d'environ 50 kilogrammes pour l'uranium 235 et de 10 kilogrammes pour le plutonium 23912. Cependant, la masse critique nécessaire diminue quand le matériau est entouré de réflecteurs neutroniques, ou quand sa densité est fortement augmentée (par une explosion conventionnelle).
Pour contrôler le moment de l'explosion, la matière fissile est séparée en deux ou assemblée sous une forme de sphère creuse. Ainsi la masse critique ne peut pas être atteinte spontanément et il n'y a donc aucun risque de fission nucléaire intempestive. Le détonateur est un explosif conventionnel qui va rassembler et/ou comprimer la matière fissile, augmenter sa densité et déclencher la réaction en chaîne. Une fois cette masse critique rassemblée, la réaction en chaîne est déclenchée. Dans certains cas, la réaction en chaîne est également "dopée" par une source de neutrons extérieure à la matière fissile.
Alors, les noyaux de la matière fissile se scindent (fissionnent) et libèrent des neutrons. Ces derniers percutent d'autres noyaux de matière fissile, qui à leur tour libèrent des neutrons et ainsi de suite. La réaction en chaîne est déclenchée et la matière produit une énergie colossale par rapport à ce que produiraient des réactions chimiques dans une même quantité de matière.
Les armes à fusion, bombes thermonucléaires ou " bombes H "
Communément nommées " bombes à hydrogène " ou " bombes H ", ces dernières se fondent sur le principe de la fusion nucléaire qui consiste à fusionner des isotopes dits fusibles. Les bombes H utilisent généralement des isotopes fusibles comme le deutérium et le tritium qui sont des isotopes de l'hydrogène. Le deuterium s'extrait de l'eau de mer, sous forme D2O plus communément appelé eau lourde. Le tritium est fabriqué à partir du lithium.
Pour réaliser une fusion thermonucléaire, il faut chauffer les éléments fusibles de manière à les porter à très hautes températures. Ces conditions sont obtenues par l'explosion d'une " amorce " constituée par une bombe à fission au plutonium.

Les bombes H classiques sont divisées en deux étages :

" le premier étage est constitué d'une bombe A (sphère creuse de plutonium)
" le deuxième étage est constitué des combustibles de fusion
La plus puissante explosion nucléaire de l'histoire fut le résultat du test de la Tsar Bomba soviétique de 57 Mt. La bombe à neutrons est une variante de bombe thermonucléaire.
Selon le type d'effet recherché
Engin à rayonnements renforcés ou "bombe à neutrons" ou "bombe N"
Il s'agit d'un engin à fusion qui par ses particularités "géométrique" renforce l'émission de neutrons au moment de l'explosion. Les effets de souffle et le rayonnement thermique sont limités (quoique équivalent à environ 1 000 tonnes de TNT). En revanche, les radiations et notamment l'émission de neutrons sont grandement amplifiées, tuant les organismes vivants à plusieurs centaines de mètres, même derrière un épais blindage.
En raison de ses propriétés, la bombe à neutrons a été destinée à l'origine à stopper une avancée de chars d'assauts ennemis dans les zones densément peuplées d'Europe, en tuant les hommes se trouvant à l'intérieur des blindés, tout en gardant un rayon de destruction assez "raisonnable". Ses effets sur les équipements électroniques lui permettraient également d'être utilisée comme charge de missiles anti-missiles balistiques, les neutrons "cuisant" l'électronique et la charge nucléaire du missile ennemie. À cet effet, l'armée américaine l'a déployé pendant une courte période avant la signature du Traité ABM, au sein de ses missiles anti-missiles Sprint, en 1975.

La bombe salée
La bombe salée est une bombe nucléaire produisant un radioisotope qui maximise les retombées radioactives.
La bombe radiologique est un type de bombe sale. Elle n'est pas une bombe nucléaire au sens propre du terme : aucune réaction de fission ou de fusion n'est déclenchée. Elle se compose d'un explosif traditionnel pas nécessairement puissant, entouré de matière radioactive. Son but n'est donc pas de produire une puissance colossale comme une bombe atomique traditionnelle, mais de polluer et de contaminer la zone où elle a explosé.

Mini-nukes
Les mini-nukes (terme non officiel) sont des bombes thermonucléaires miniaturisées destinées à la destruction des infrastructures très profondément enterrés (usine souterraines, poste de commandement...etc). La précision des vecteurs actuels dispensant de la nécessité d'une grande puissance pour atteindre ce but. Ce nouveau type d'engins, dont le développement est discuté aux États-Unis à priori dans l'optique d'un conflit avec un État proliférateur, suscite la crainte de remettre en cause le principe de la dissuasion en banalisant l'usage de l'arme nucléaire.

Selon son utilisation

Une tête nucléaire opérationnelle est associée à un vecteur, chargée de l'amener sur la cible. C'est souvent le vecteur qui détermine le type d'utilisation possible de l'arme.

L'arme nucléaire stratégique

Engins en principe de grande puissance embarqué sur un vecteur de longue portée (bombardier et missiles intercontinentaux) pouvant viser le cœur de la nation ennemie. L'objectif peut être la destruction économique et humaine de l'ennemi en ciblant les agglomérations, ou la neutralisation de ses moyens de représailles ("frappe contre force" visant les engins stratégiques de l'ennemi). Instrument de la doctrine de dissuasion nucléaire ou de " non-emploi ", destinée à essayer de prévenir un conflit.

L'arme nucléaire tactique ou de bataille

Davy Crockett, la plus petite arme nucléaire des États-Unis, le lanceur étant une sorte de gros bazooka
Arme nucléaire de puissance faible ou modérée conçue pour attaquer et détruire les armées ennemies et/ou leurs arrières. Dés les années 1950, les deux superpuissances développèrent toute une gamme de têtes nucléaires équipant toute une grande variété de vecteurs: de la bombe larguée par chasseur-bombardier, au missile balistique de courte/moyenne portée, en passant pas le missile air-air, à la torpille, les mines, les obus d'artillerie, jusqu'aux charges de démolition transportables à dos d'homme. Initialement il s'agissait de bombe à fission, par la suite à fusion.

" Un exemple: Les Missiles Pluton et Hadès

À la fin de la Guerre froide, pour remplacer les Pluton, la France a développé un missile destiné à être mis en œuvre par le régiment Hadès. Ce missile, à courte portée et à relativement faible charge (bombe à neutrons), était destiné à arrêter une attaque terrestre surprise des forces du pacte de Varsovie avant qu'elles ne pénètrent le territoire national. La fin de la Guerre froide et ses conditions d'emploi (arme tactique) ont provoqué son abandon.
Usage civil
Des utilisations civiles des armes nucléaires ont été envisagées (creusement de cavités pour le stockage de gaz notamment), mais jamais mises en œuvre.

Les effets d'une bombe atomique
Brûlures d'une femme japonaise suite à une explosion nucléaire en 1945
Les aspects particuliers de la bombe comme sa puissance et sa matière explosive la distinguent des explosifs traditionnels. Plusieurs effets la rendent bien plus dangereuse que les bombes développées jusqu'alors. On distingue généralement quatre grands effets (le souffle, la chaleur, l'impulsion électromagnétique et les radiations). Utilisées en grand nombre, les bombes atomiques peuvent également avoir un effet sur le climat global de la Terre.

Le souffle

La puissance de l'explosion est bien plus importante qu'avec un explosif traditionnel. Une onde de choc provoque un déplacement important et rapide de l'air environnant, exerçant ainsi une contrainte (pression) sur les objets alentours.
Le souffle de l'explosion détruit tous les bâtiments alentour et provoque des lésions et la surdité des personnes qui sont trop proches de l'explosion. Une fois l'onde de choc passée, de forts vents créés par l'effet de vide (dépression, contrainte opposée) dû à l'explosion, semblables à ceux d'un ouragan, finissent de démolir les bâtiments qui seraient encore debout.
Si l'explosion a lieu au niveau du sol ou même est souterraine, des séismes peuvent également avoir lieu.

La chaleur

La chaleur de l'explosion est telle qu'elle déclenche des incendies et cause des brûlures sur les personnes proches de l'explosion. Pour donner un ordre de grandeur, une bombe de dix méga-tonnes provoque des brûlures jusque dans un rayon de trente kilomètres et la température en son centre atteint plusieurs millions de degrés. À cela peuvent s'ajouter des brûlures aux yeux pour ceux qui regardent l'explosion.

L'impulsion électromagnétique (IEM)

Une explosion nucléaire provoque un déplacement d'électrons, qui crée un courant électrique. Ce courant est tel qu'il perturbe pendant un certain temps les alimentations électriques et détruit complètement la plupart des circuits électroniques. Cet effet est maximal dans le cas des explosions à très haute altitude ou dans l'espace, plus limité lors d'explosions dans la basse atmosphère ou au niveau du sol.

Les radiations

L'irradiation due à une arme nucléaire peut être de deux types :
" Une irradiation immédiate et directe, pour les personnes proches de l'explosion, qui peut être très intense (voir Syndrome d'irradiation aiguë);
" Une irradiation à long terme, due aux éléments radioactifs de la bombe et des éléments contaminés, qui peuvent être transportés par les mouvements d'air sur de très grandes distances. Cette irradiation est plus importante en termes de nombre de personnes touchées.
Les effets à long terme sont à relativiser d'après les résultats du suivi médical des survivants de Hiroshima et Nagasaki: 13,14
" Il existe bien une augmentation des taux de cancers, significative, mais moins importante que ceux liés à d'autres causes comme le tabagisme (même pour les sujets exposés aux plus fortes doses l'excès de cancer ne semble pas dépasser 4%).
" Contrairement aux idées reçues: il n'a pas été observé d'augmentation des malformations ou de troubles génétiques chez les descendants de survivants irradiés.