Vous avez dit Copenhague ?
L’avenir de la planète terre se joue, depuis hier, à Copenhague. D’ici au 18 décembre 2009, les dirigeants de principaux pays riches - mais aussi pollueurs - auront convergé dans la paisible capitale danoise. L’enjeu de ce sommet planétaire est justement l’avenir de la... planète. La nôtre. La terre est menacée par le réchauffement climatique. Ce dérèglement est dû , pour l’essentiel, à l’action de l’homme. Plus exactement à l’émission des tonnes et des tonnes de gaz à effet de serre. Les plus grands pollueurs de l’environnement se recrutent parmi les pays hautement industrialisés-Etats-Unis en tête- et les nations dites émergentes. A Copenhague, le pari partagé ou attendu (c’est selon) est d’arriver à réduire de moitié l’émission de dioxyde de carbone d’ici à 2050. C’est à cette condition que l’on pourra inverser la tendance actuelle au réchauffement climatique dont les conséquences se déclinent en termes de fonte des glaces dans les zones polaires , la remontée des eaux et autres inondations.
Vu d’Afrique et plus précisément de la Rdc, ce sommet mondial sur l’environnement peut paraître anecdotique. Englués dans les difficultés primaires, les Congolais n’ont même pas le temps de placer l’écologie-un vrai néologisme dans le vocabulaire local-au coeur de leurs préoccupations. Prêcher l’a.b.c. de l’écologie à des populations encore en butte à la seule survie s’apparenterait à priori à de l’indécence. Tout l’enjeu environnemental passe pour le cadet de soucis du congolais d’en bas, et donc de la majorité silencieuse.
Moralité, seule une poignée de cols blancs évoluant dans des cercles aseptisés de Kinshasa parlent environnement. Certains par vocation, d’autres par nécessité professionnelle, d’autres encore par opportunisme. L’écologie étant un nouveau créneau pour qui rêve de voir s’ouvrir les vannes des écluses financières.
Pour autant, le danger écologique guette l’humanité tout entière. Pollueurs et victimes de la pollution sont embarqués dans un même navire. Nous coulerons tous ensemble ou serons sauvés ensemble. Car les retombées destructrices du réchauffement climatique affecteront indistinctement la terre entière. Plus grave, une fois de plus, nous ne serons pas égaux devant ce tsunami à l’échelle planétaire. Les pays pauvres paieront le plus lourd tribut. Alors, Copenhague ne concerne pas que les autres.
Qui plus est, avec sa faune phénoménale et son hydrographie hors du commun, la Rdc devrait jouer un rôle majeur dans la géopolitique du climat qui se met en place. Kinshasa pourrait même monnayer au prix fort son statut de poumon du monde après l’Amazonie. Tout le problème est de savoir si au-delà des postures folkloriques bien de chez nous, les autorités congolaises ont pris la juste mesure des enjeux de Copenhague et des perspectives que ce sommet pourrait ouvrir. José NAWEJ
Dilemme Baende
A en juger par le «réquisitoire» du Sénat, Jean Claude Baende, frais émoulu du suffrage des députés provinciaux, est déjà en sursis. Pour qui a suivi le débat général sur le rapport de la commission Lunda Bululu, le sort du gouverneur semble scellé avant même que la justice se saisisse du dossier. Les sages, toutes tendances politiques confondues, ont chargé sans concession Jean Claude Baende. Ils l’ont «dénudé». Un bien mauvais présage pour cet ex adjoint de José Makila qui attend l’investiture présidentielle pour prendre officiellement les commandes de l’Equateur comme gouverneur full.
Certes, outre la production législative, le contrôle de l’Exécutif -au sens large, -est au coeur du travail parlementaire. Et dans la foulée du mot d’ordre «Tolérance zéro», le Parlement est naturellement en première ligne. La moisson récoltée à Mbandaka par la commission Lunda renseigne sur le déficit de bonne gouvernance dans le chef de nombre de mandataires zaïro-congolais. Le fameux slogan mobutiste suivant lequel «MPR égale servir, se servir non» continue à se décliner à l’envers comme au bon vieux temps.
Deux bémols, tout de même à la fatwa des Sénateurs contre le toujours gouverneur ai de l’Equateur. D’abord, Jean Claude Baende n’a pas présenté ses moyens de défense. Sans doute, le fera-t-il dans l’hypothèse de plus en plus vraisemblable de sa comparution devant la justice. Car pour accablant qu’il soit, le rapport du Sénat ne vaut pas sentence. L’accusé Baende est présumé innocent.
Le second hic de cette affaire réside dans ses conséquences politiques éventuelles. Une mise en cause du gouverneur à peine élu aurait pour effet de maintenir l’Equateur dans le provisoire. Un provisoire qui dure déjà depuis quasiment un an. La province de l’Equateur est sevrée de gouverneur depuis le feuilleton Makila. Si Jean Claude Baende devait se délester de ses charges pour se mettre à la disposition de la justice, il y a fort à parier qu’on serait parti pour la gloire. Un risque majeur pour une province qui vit sous la menace d’une insurrection aux contours encore flous.
José NAWEJ
Larmes de crocodile
Le cynisme et l’hypocrisie seraient-ils les choses les mieux partagées au sein de ce que l’on appelle communauté internationale? Tenter de répondre à cette interrogation par l’affirmative ne serait pas abusif. En tout cas, en considérant le drame congolais. En cette période post-conflit, des délégations défilent à Kinshasa, arpentent les pistes escarpées du Kivu pour, apprend-on consoler les femmes victimes de violences sexuelles. D’autres missi dominici vont jusqu’à exiger au gouvernement congolais de livrer des présumés criminels de guerre à l’instar de Bosco Ntaganda. Ces tonnes de bons sentiments et de compassion à l’égard de la population martyre de l’Est du pays sont naturellement les bienvenues. Après plus de dix ans de calvaire, les Congolais ont besoin de réconfort, d’où qu’il vienne.
Cet élan d’attention ne devrait cependant pas faire passer par pertes et profits l’indifférence à la limite de la complicité qu’ont affichée les mêmes «amis» de la Rdc au plus fort de la guerre inspirée par des pays voisins bien connus. Pourquoi toutes les bonnes consciences si préoccupées aujourd’hui par les exactions contre les populations civiles-en particulier les femmes-n’avaient rien fait, sinon pour prévenir les différentes guerres, du moins pour imposer la paix de manière à éviter à la population les affres du conflit? Qui ignore l’ascendance de tous les sapeurs pompiers de la 25ème heure sur l’ensemble des ex-belligérants? En commençant par Kigali et Kampala dont il est de notoriété publique qu’ils n’étaient que des sous-traitants!
La vérité c’est que les enjeux économiques, géopolitiques des commanditaires des guerres de l’Est assorties de rébellions business avaient sacrifié le sort des populations civiles sur l’autel de leurs intérêts. Tout se passe comme si la communauté internationale et tous ses affidés découvraient soudainement le tribut humain et humanitaire des guerres de prédation successivement imposées aux Congolais. Et pourtant, avec les moyens technologiques dont ils disposent, les «grands de ce monde» avec leurs «dépendances» étaient parfaitement au courant de la catastrophe humanitaire sur fond de violations massives des droits de l’homme. En particulier, à l’Est tous les observateurs équilibrés ont parlé de génocide à huis-clos.
A l’heure des comptes, les boutefeux d’hier ne devraient pas s’ériger à peu de frais en censeurs et en congophiles. Le drame congolais était d’autant plus évitable que les guerres que le pays a connues étaient toutes d’essence étrangère.
José NAWEJ
Moral en berne
Ca vole dramatiquement bas dans les ménages knois ! Certes, depuis bien longtemps, constater que le congolais souffres relève d’un poncif. Tant la sinistrose ambiante n’échappe à personne. Mais le rythme avec lequel le social, déjà précaire, se dégrade fait craindre le pire. A elle seule, la dégringolade du franc, notre franc, donne du tournis. En très peu de temps, la monnaie nationale est passée de 780 FC le dollar à plus de 900 FC! Et «mwana pwo» n’a pas l’air d’arrêter sa chute libre. Du pain béni pour tous ces spéculateurs-en majorité étrangers-qui tiennent lieu d’opérateurs économiques à la fois importateurs et détaillants. Ces derniers ont beau jeu de brandir la décote du franc congolais pour s’adonner à leur jeu favori: la valse des étiquettes. Sur les principales voies commerçantes de Kinshasa, les prix de produits de base sont hors de portée de la majorité silencieuse. Du poisson-le fameux chinchard-au poulet ou plus exactement aux cuisses en passant notamment par l’huile, aucun article n’est à l’abri de la hausse continue de prix.
Pris dans cette tourmente, le congolais dont le pouvoir d’achat est anecdotique ne sait à quel saint -ou à quel pasteur -se vouer. Comme si ce chemin de croix ne suffisait pas, voilà que d’autres échéances en termes de taxes diverses s’invitent à la morosité, tel un couperet.
Voilà qui ne présage rien de bon à un mois des fêtes de fin d’année. Fêtard devant l’Eternel, le kinois risque de ne même pas pouvoir noyer son mal de vivre dans l’océan d’alcool moderne, puisque même sa chère bière a vu son prix augmenter.
Impuissants, les congolais ont le regard tourné vers le gouvernement. Légitimement préoccupé par son ultime test devant les institutions de Bretton Woods, l’Exécutif central dispose pas d’une grande marge de manoeuvres. Face à l’insuffisance de l’offre de devises et en l’absence d’un appui financier substantiel, difficile de jouer au Père Noël.
Il n’en demeure pas moins qu’il incombe au même gouvernement de trouver une issue à l’asphyxie qui va chaque jour crescendo. Le souci légitime de se conformer à la vulgate «fmiste» ne devrait pas avoir pour victime collatérale le social de celui sans qui on ne saurait gouverner. Pendant les années Mobutu, les recettes du FMI et de la Banque mondiale avaient été suivies sans le moindre remords social par Léon Kengo, aujourd’hui speaker du sénat. A l’arrivée, aucune contre-partie en terme de développement du Zaïre d’alors. José NAWEJ
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DANS SON DISCOURS SUR L’ETAT DE LA NATION
Joseph Kabila décrète 2010, année du social
*L’eau, l’électricité, la santé et l’éducation vont passer en priorité des cinq chantiers
*Gouvernement : une feuille de route pour assainir le climat des affaires
*Le Président de la République a également donné le ton pour la révision de la Constitution
Virevoltant, percutant, incisif. Joseph Kabila a été tout cela hier lors de son discours sur l'état de la Nation prononcé devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Le Chef de l'Etat ne s'est pas, cette fois-ci, embarrassé de circonlocution ni de langage protocolaire pour appeler un chat un chat, distribuer des notes et promettre des sanctions. Le message, ponctué de piques, a balayé effectivement l'état de la Nation, secteur par secteur, avant de tracer les perspectives d'un avenir immédiat qui commence déjà dès janvier 2010 avec, à certains secteurs, une feuille de route claire. Année jubilaire pour les 50 ans d’indépendance de la RDC, 2010 est ainsi chargé de multiples rendez-vous qui placent le social au centre des préoccupations du Chef de l’Etat. Il a décidé, en effet, de focaliser les 5 chantiers sur les écoles, les hôpitaux, l’eau, l’électricité et les NTIC. En attendant, dès l'amorce de son discours, Kabila a averti qu'il s'agissait d'un moment d'inventaire et d'autocritique. Autant donc y aller sans détour, d'autant plus qu'avant cela il venait d'annoncer qu'il rendait compte " des progrès réalisés, des difficultés rencontrées et des raisons d'espérer. "
Normal qu'à la fin de son propos, Kabila a eu droit à un standing ovation mérité. Normal aussi qu'un satisfecit général se dégage des opinions immédiates des députés, sénateurs, ministres, diplomates, etc. ; même si l'opposition, fidèle à sa ligne, affirme n'avoir rien entendu de nouveau.
Paix et sécurité : cheval de bataille
Cheval de bataille de son action depuis son accession au pouvoir, la paix a occupé une bonne part de son propos devant les députés et sénateurs, mais aussi le corps diplomatique et autres membres du Gouvernement. Joseph Kabila est revenu sur son pari du rétablissement de la paix à l'Est afin de rendre au peuple alors en errance sa dignité et sa raison de vivre. La situation des guerres imposées à l'autorité de l'Etat par le CNDP, les FDLR et les milices Maï Maï nécessitait donc de changer la donne. Il s'agissait d'un engagement, d'un pari fou, a reconnu le Chef de l'Etat avant d'annoncer une série de bonnes nouvelles : le pari a été gagné. Le drapeau national flotte sur toute l'étendue du territoire, tandis que les postes frontaliers sont revenus sous contrôle de l'Etat après plus de quinze ans. La houe a repris la place que lui avait ravie la kalachnikov.
Même exploit au Nord de la Province Orientale où les éléments de la LRA ont été mis en déroute. Joseph Kabila n'a, cependant, pas manqué de dénoncer la situation d'insécurité à Dongo, dans l'Equateur, où une centaine de personnes ont été tuées dans des affrontements interethniques. Une occasion également de rappeler aux congressistes et au peuple congolais que c'est le devoir de tous de travailler à l'éradication du tribalisme.
En fin de compte, Joseph Kabila a attribué à l'Etat la mention " Très bien " sur ce volet de la paix avant de noter que c'est là le résultat de l'entêtement à rechercher la paix, le fruit d'une vision, d'un leadership et de la détermination de tous. Tout en félicitant l'armée pour cette œuvre, Kabila a fustigé les brebis galeuses dans ses rangs avant de souligner que la critique à porter sur ces derniers ne doit pas globaliser l'ensemble du corps.
Pour autant, le Président de la République s'est refusé toute autosatisfaction en considérant que la paix ainsi retrouvée doit encore être consolidée. Motif : la situation sociale du Congolais post-conflit demeure en deçà des attentes. Pour cette raison, il a invité tout le monde à ne pas baisser la garde face à ceux qui vivent de la rente des guerres. Et de prévenir : aux agitateurs impénitents, ils n'ont aucune chance de réussir. Message clair et sans détour : Kabila demeure sur la brèche, déterminé à traquer les fauteurs de troubles dans leurs derniers retranchements, preuve de sa grande jalousie pour la paix retrouvée. Plus concret encore, le Président de la République a pointé du doigt, sans les citer, le CNDP et d’autres signataires des accords de paix de Goma qui seraient actuellement tentés de reprendre les armes. A ceux-là, il a prévenu que toute récidive mettrait fin au pardon du peuple accordé à travers l'amnistie dont ils bénéficient. Aucune cause, aucune frustration, aucune impatience ne peut justifier le recours aux armes, a martelé Joseph Kabila qui, plus incisif et déterminé que jamais, en est arrivé jusqu'à recourir aux Saintes Ecritures pour prévenir encore : il y a un temps pour tout. Un temps pour dialoguer et un temps pour appliquer la loi. L'impunité ne doit pas devenir une règle sous le prétexte d'un esprit de dialogue ou de la quête d'une réconciliation. Chacun se tient donc pour averti.
Economie : mention assez bien
Autre volet de la communication du Chef de l'Etat : l'économie et le social. 2009 aura été l'année de tous les défis, a noté Joseph Kabila qui évoquait ainsi la crise financière et économique qui, pour lui, est la plus violente de l'histoire de l'économie mondiale. Pour autant, cette crise a redonné de l'espace à la volonté politique qui a amené le Gouvernement à revoir son cadrage macroéconomique et revoir ses ambitions à la baisse. Des investissements ont ainsi été ajournés ou annulés, ceux en cours ont ralenti ou ont été suspendus.
En bout de parcours, le chef de l'Etat considère que les réformes engagées et les sacrifices consentis se sont avérés payants. Et ici, le Président de la République s'est voulu le plus réaliste possible, refusant de s'enfermer dans la démagogie politicienne : même si les dividendes sociaux ont dus être différés et que, donc, le citoyen n'a pas connu d'amélioration dans son traitement salarial, la reprise est perceptible et ne manquera, certainement pas, d'être plus significative en 2010. Et pour cause, le taux de croissance devrait passer de 2,7% actuellement à 5,4 l'année prochaine.
Pour parvenir à un tel objectif, Joseph Kabila en a appelé à la responsabilité collective des Congolais. La solution structurelle à l'économie et la situation de précarité à combattre dépendra de la production nationale. Pour l'heure, le Chef de l'Etat a rappelé les efforts du Gouvernement à travers son programme qui a mis l'accent sur le transport et l'agriculture.
Le social pour l'année 2010
2010 devra ainsi se placer sous le même signe de la poursuite de la réhabilitation des infrastructures routière, portuaire, aéroportuaire, ferroviaire et lacustre à travers le pays. 2010 sera aussi l'année du renforcement des actions de restauration du système sanitaire avec la construction de centres hospitaliers et la réhabilitation des hôpitaux généraux de référence à travers le pays. Idem pour l'éducation pour laquelle des universités vont être construites où réhabilitées.
Cependant, la grande annonce sur les 5 chantiers est celle qui indique qu'en 2010 le programme du Gouvernement va se baser sur la réhabilitation des écoles, des hôpitaux, mais aussi sur l'eau et l'électricité ainsi que les NTIC. 1,4 milliards USD sont déjà disponibilisés à cet effet.
En attendant, Joseph Kabila a rappelé que l'objectif de toutes ces actions est de transformer le pays pour préparer aux enjeux du 21ème siècle. A ce niveau encore, Kabila a ciblé sans faux-fuyant les pourfendeurs des 5 chantiers : " contre l'avis des experts, spécialistes en gestion de la misère plutôt qu'en création de bonheur ", son action continuera pour doter le pays d'autoroutes et non de pistes en terre, construire des ports en eaux profondes et non s'en tenir au cabotage, augmenter la valeur ajoutée locale du produit plutôt que demeurer un éternel exportateur des matières premières, offrir au pays, dans 15 ou 20 ans, une économie émergeante au lieu de gémir sur les méfaits du climat et l'injustice des termes de l'échange. Tout cela a pour but de répondre aux aspirations aux aspirations des Congolais à des soins de santé, à une éducation, à des services publics et des produits culturels de qualité. L'amélioration du cadre de vie est un facteur déterminant du succès dans toute entreprise, a souligné Kabila qui a ainsi invité les Congolais à être conséquents avec eux-mêmes. Pour ce qui le concerne, il a annoncé l'initiation des incubateurs d'excellence et l'instauration de l'esprit d'émulation pour une meilleure compétitivité.
Une feuille de route pour
le Gouvernement
Dans cet entendement, il a sublimé le rôle moteur que joue le secteur privé dans toute stratégie de développement. C'est alors que le Chef de l'Etat en est arrivé à évoquer le climat des affaires en RDC sur un ton plutôt sévère. Le climat des affaires est un objectif prioritaire sur lequel devra être jugé l'efficacité du Gouvernement, testée la cohésion de la majorité et évalué le système administratif et judiciaire. Ciblant sans détour l'action gouvernementale à ce sujet et fustigeant indirectement ses atermoiements sur la voie des réformes à opérer, il a invité l'Exécutif à cesser d'aller d'études en études, de conseils d'experts en conseils d'experts, etc., une démarche qui, selon lui, n'est souvent qu'une excuse pour ne rien faire. Pour preuve, il a évoqué la mauvaise position qu'occupe la RDC au classement de Doing Businness. La solution à toute cette situation se décline en trois temps, selon Joseph Kabila : transparence, simplification et souplesse.
Conséquence: la dizaine des mesures identifiées par le Gouvernement pour améliorer le climat des affaires, le Président de la République a confié à l'Exécutif ce qu'il convient de qualifier d'une feuille de route à exécuter " impérativement " d'ici à fin mars 2010. Il s'agit de l'adhésion de la RDC à l'OHADA pour rassurer le secteur privé en lui garantissant la sécurité juridique. Il a invité, pour ce faire, le parlement à faire diligence dans l'adoption de la loi ad hoc qui peine à être finalisée. Il s'agit aussi de modifier la législation sur les sociétés dans le sens de la simplification des procédures ainsi que la réduction des coûts et tracasseries administratifs. Pour cela, il devra être introduit un identifiant unique à accorder endéans 48 heures par un seul préposé de l'Etat.
Sur le volet de la fiscalité, il a invité le Gouvernement à tout faire pour instaurer une révolution " en passant du système compliqué actuel à la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). La tâche n'est pas facile, a prévenu Joseph Kabila, mais elle est faisable, et le Gouvernement doit s'y pencher avec diligence.
Enfin, le Président de la République a engagé le Gouvernement à faire davantage pour faire baisser les droits proportionnels et les frais de mutation immobilière afin d'inscrire la RDC sur la norme internationale.
Institutions publiques à renforcer
Les institutions de la République ont également été passées au crible par le Chef de l'Etat qui considère que le climat des affaires et la qualité de la vie dépendent de la qualité et de l'efficacité de ces institutions. Tout en reconnaissant les avancées réalisées par la RDC sur cette voie, Kabila a décliné un nouveau cahier de charges pour l'amélioration du rendement des institutions.
Le pays devra compléter ses institutions à travers les élections locales. Le fonctionnement des institutions devra être amélioré, notamment par l'instauration de la sanction positive et négative. D'autre part, l'assainissement du pouvoir judiciaire devient, dans cette perspective, une nécessité urgente, surtout dans le cadre de la politique de tolérance zéro. A ce sujet, le chef de l'Etat a prévenu que la RDC n'a pas vocation à être un paradis des criminels et ne mérite pas le terne prix de la terre de l'impunité. Tout en saluant le renforcement de la production législative et du contrôle de l'Exécutif, il a exhorté les députés et sénateurs à faire mieux.
Quant à la question des compétences entre les pouvoirs exécutifs et législatifs, Kabila a déploré la tentation à l'abus des prérogatives des uns et des autres pour exercer mutuellement des chantages. Cette situation, a-t-il précisé, s'observe surtout dans les provinces où les relations tendues entre ces deux pouvoirs bloquent leur fonctionnement et décrédibilisent leurs animateurs. Il en a ainsi appelé à des ajustements pour une plus grande efficacité collective.
La constitution devra être révisée
Toujours au volet des réformes à entrevoir, Joseph Kabila a évoqué le besoin de révision de certaines lois au regard de certaines nécessités et contraintes. Il a fait allusion à la loi électorale sur ses volets du mode de scrutin et du délai d'examen des recours.
La plus grande évocation aura, cependant, été la perspective de la révision de la constitution. Tout en soulignant que sa position à ce sujet est connue et qu'elle n'a pas changé, il a souligné que cette révision ne peut être envisagée qu'en dernier recours conformément aux dispositions constitutionnelles et dans le souci d'une meilleure adéquation entre les aspirations populaires et le pouvoir des acteurs. Concrètement, Kabila a ouvert une brèche sur la question de la décentralisation qui devrait être revisitée dans la constitution.
Plus loin, le Chef de l'Etat a fait état des grands succès récoltés par la diplomatie congolaise au cours de l'année qui se termine, en évoquant la paix qui est rétablie avec les 9 voisins de la RDC et la perspective de normalisation avec l'Angola. Idem pour le sport qui a apporté du baume aux cœurs des Congolais.
Enfin, abordant la question sur le réchauffement climatique, Joseph Kabila n'est pas allé par quatre chemins pour déclarer qu'en raison du rôle que jouent les forêts et les cours d'eau de la RDC dans la préservation du climat, et des sacrifices qu'elle s'impose au profit de l'humanité et des pays riches pollueurs, le pays a droit au marché du crédit carbone. La RDC est ainsi en droit d'exiger une compensation de ses sacrifices au nom du principe pollueur-payeur.
En conclusion, Joseph Kabila a considéré que la pacification du pays, la restauration de l'autorité de l'Etat, la défense nationale, le fonctionnement des institutions, la décentralisation, le relèvement de l'économie, l'amélioration du social des Congolais, la protection du patrimoine national, etc., sont autant de défis qui s'imposent à la Nation. C'est pourquoi, il a lancé un appel à la mobilisation générale, convaincu qu'unis, les Congolais peuvent déplacer les montagnes, quels que soient les défis.
Jonas Eugène KOTA
DISCOURS DE JOSEPH KABILA SUR L'ETAT DE LA NATION
De par la volonté du Constituant, le Chef de l'Etat a, chaque année, un rendez-vous impératif avec le peuple congolais, celui du Discours sur l'état de la Nation. C'est pour répondre à ce rendez-vous, tradition aujourd'hui vieille de trois ans, que je me retrouve devant vous ce jour. Je viens, à travers vous, rendre compte au peuple des progrès accomplis dans la reconstruction du pays au cours de l'année écoulée, des difficultés rencontrées, mais aussi et surtout, des raisons d'espérer.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, je voudrais relever que, depuis mon adresse du 6 décembre 2008, certains élus, Députés, Sénateurs, et Ministres nous ont quittés, rappelés par le Seigneur. Il en est de même des vaillants combattants de la Patrie, tombés sur différents fronts, ainsi que des innombrables citoyens, fauchés soit par la maladie, soit par la cruauté des ennemis de notre peuple, soit par les diverses calamités naturelles qu'a subies notre pays. Ils méritaient de poursuivre avec nous l'œuvre de renaissance de notre pays.
En leur mémoire à tous, je vous convie à garder quelques instants de silence.
Honorables Députés et Sénateurs,
Le rendez-vous de ce jour est différent des autres. Il intervient à la veille du cinquantenaire de notre indépendance, moment d'inventaire, d'autocritique et de recentrage par excellence. Je tiens donc à vous rassurer d'entrée de jeu.
En dépit des vicissitudes, plus que jamais, comme Etat et comme nation, nous sommes fondés à croire en un avenir nécessairement meilleur et au succès, à terme, de notre programme commun, les Cinq Chantiers de la République. Ce programme, faut-il le rappeler, a pour ambition de transformer complètement le Congo et de le moderniser. En rétablissant la paix de manière définitive et durable ; en consolidant la démocratie et l'Etat de droit ; et en matérialisant, par des réformes hardies et des grands travaux d'infrastructures, le destin qui est le sien, celui d'un pays fort et prospère, locomotive du développement du continent, voix audible et crédible dans le monde, et cause de fierté légitime pour les congolaises et les congolais.
Où en sommes-nous aujourd'hui, dans la mise en oeuvre de cette vision à moyen et long terme ? Lorsqu'il y a un an, presque jour pour jour, nous nous réunissions dans cette même salle, pour le précédent rendez-vous du genre, la situation sécuritaire du pays était des plus préoccupantes ; celle de notre économie permettait de grands espoirs. Globalement, le calme régnait sur pratiquement toute l'étendue du territoire national. Notre pays souffrait cependant dans sa chair du fait du conflit armé que lui imposaient certains de ses fils égarés.
Goma, chef lieu de la province du Nord Kivu, grenier de la République et poumon économique de l'Est de notre pays, était assiégé et prêt à tomber sous le contrôle d'un mouvement politico-militaire en rupture avec l'ordre institutionnel établi. Ce mouvement contrôlait les principaux postes frontaliers situés au Nord Kivu, soit autant de centres de perception de recettes douanières, privant ainsi la province et l'Etat d'importantes ressources, indispensables à leurs programmes de reconstruction.
Bien plus, à peine sorties des urnes où, par un vote sans appel, elles avaient fait le choix du projet de société et des dirigeants qu'elles voulaient, les populations des territoires de Masisi et de Rutshuru, se retrouvaient brutalement placées sous l'autorité des dirigeants qu'elles n'avaient pas élus, dont elles ne connaissaient pas le projet et dont elles ne toléraient la présence que par instinct de survie. Il en était de même des populations d'autres localités, aussi nombreuses qu'importantes qui, elles, se trouvaient sous le contrôle des FDLR, survivance des ex-Forces armées rwandaises, ou des groupes armés nationaux, communément connus sous l'appellation de " Maï-Maï ".
Chassés de leurs résidences, des centaines de milliers de nos compatriotes se retrouvaient réduits à l'errance, sans dignité, ni raison de vivre. Cette situation était inacceptable. Il fallait impérativement, urgemment, et quel qu'en soit le prix, changer la donne.
C'est l'engagement que j'avais alors pris devant cette Auguste assemblée. Un engagement sous forme de pari fou, parce qu'il paraissait alors impossible à réaliser. Cet engagement a été tenu ! Et il l'a été au moindre coût possible, vu les circonstances.
A ce sujet, Je suis heureux de rapporter une série de bonnes nouvelles. Ainsi, au jour d'aujourd'hui :
1. Le drapeau congolais, symbole d'unité nationale, flotte à nouveau sur toute l'étendue du territoire national et tous les postes frontaliers des provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu ont été replacés sous le contrôle des autorités légales et légitimes de notre pays. On n'avait pas connu cela depuis pratiquement quinze ans !
2. Depuis bientôt douze mois, il n'y a plus, dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, à proprement parler de guerre, sinon celle que nous faisons aux FDLR. Une nouveauté ! Particulièrement pour les adolescents de la Région. Depuis leur naissance, ils n'avaient connu que bruits de bottes et de canons.
Face à ces développements positifs, la réaction de la population est sans équivoque. Goma est redevenue cette ville dont la diversité fait la richesse, tandis que dans les campagnes, la houe reprend progressivement la place que lui avait ravie la Kalachnikov. Conséquence, les camps des personnes déplacées ont commencé à se vider.
Plus qu'à aucun autre moment, nous sommes donc sur la voie de la normalisation dans l'est de notre pays !
L'autre souci majeur que nous avions sur le plan militaire concernait le Nord de la Province Orientale où les rebelles ougandais de la LRA semaient la mort et la désolation. Au moment où nous parlons, grâce à nos vaillantes forces nationales, militaires et de police, la LRA a été mise en débandade et le gros de ses unités ont trouvé refuge en République Centre Africaine. Les opérations de ratissage se poursuivent cependant contre ce qui reste de ces violeurs et assassins.
Je ne peux clore le chapitre sur la sécurité sans dénoncer, avec la plus grande fermeté les événements tragiques de Dongo, dans la province de l'Equateur où, récemment, des affrontements ont opposé deux tribus, causant plus d'une centaine de morts, dont des officiers de police. Des drames semblables et tout aussi regrettables se sont produits en d'autres lieux du territoire national.
Il est du devoir de tous les élus, de travailler à l'éradication de ce tribalisme d'un autre âge. Dans tous les cas, l'ordre public doit être, et sera rétabli.
Honorables Députés et Sénateurs,
Ces avancées significatives dans la construction de la paix ont certes été rendues possibles grâce au concours appréciable de la communauté internationale. Elles sont cependant d'abord et avant tout à mettre au crédit de Notre entêtement à rechercher inlassablement la paix.
Il nous a fallu, aux uns et aux autres, de la vision, du leadership, du courage et de la détermination à vouloir vivre ensemble.
Que chacun de nous soit ici félicité et remercié. Spécialement les hommes et femmes de nos forces armées, de notre police et des autres corps habillés. Le prix qu'ils paient quotidiennement pour notre liberté, notre souveraineté et notre prospérité, souvent jusqu'au sacrifice suprême, dans l'anonymat, et sans garantie de proportionnelle reconnaissance est incommensurable.
Ce prix n'exonère pas de leur responsabilité pénale, certaines brebis égarées qu'il y a parmi nos hommes en armes. Par souci de justice et d'équité, il nous impose néanmoins, comme dirigeants et comme Nation, de ne pas céder à la facilité de condamner l'ensemble du corps dont, au contraire, nous sommes plutôt fondés à être fiers.
Par-delà leur sang versé pour la Patrie, nous en voulons pour preuves, les résultats positifs enregistrés par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo dans l'opération " KIMIA II " contre les FDLR et dans celle qu'elles mènent contre l'Armée de Résistance du Seigneur, LRA en sigle.
Nous pensons aussi au comportement remarquable de nos contingents militaires et de la Police, déployés sur des théâtres étrangers dans le cadre de deux opérations internationales de maintien de la paix, celle de la FOMAC, mécanisme du Conseil de Paix et de Sécurité de la CEEAC, en République Centre Africaine et de celle des Nations Unies en Haïti.
"Les agitateurs de troubles impénitents n'ont aucune chance de réussir"
Honorables Députés et Sénateurs,
L'heure n'est cependant pas à l'autosatisfaction. La paix doit encore être consolidée, et les conditions de vie des populations congolaises, tant au Kivu que partout ailleurs, demeurent largement en deçà de leurs légitimes attentes. Nous ne pouvons donc pas ralentir nos efforts, moins encore baisser la garde. Cela d'autant plus que ceux qui, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, vivent de la rente de guerre et redoutent le retour à une pratique des affaires conforme aux règles de l'économie et aux lois de la République se réorganisent. Ils cherchent à répandre à nouveau le venin de la méfiance, de la suspicion et de la discorde, faute de mieux, à entretenir un climat de ni guerre ni paix dont les effets politiques, économiques et sociaux sont aussi désastreux que ceux d'une confrontation armée.
Je tiens à dire à ces agitateurs de troubles impénitents qu'ils n'ont aucune chance de réussir. Et, à ceux des signataires des Accords de Paix du 23 Mars dernier qui seraient tentés par une nouvelle aventure, je rappelle, qu'aux termes de l'amnistie leur accordée, toute récidive, mettrait fin au pardon du peuple congolais.
Dans un Etat de droit, dans une démocratie où, de surcroît, comme c'est le cas dans notre pays, le dialogue est de manière permanente ouvert, aucune cause, aucune frustration, aucune impatience, ne peut justifier le recours aux armes ; encore moins des atteintes répétitives aux droits humains et à la vie.
Que les champions tristement célèbres en re-édition perpétuelle de rébellions, en violations massives des droits de l'homme, en viols des femmes et des petites filles, ou en pillages des ressources de notre sol et sous-sol se le tiennent donc pour dit.
Et qu'ils se souviennent de la sage proclamation de l'Ecclésiaste ! Paraphrasant ce dernier, du haut de cette tribune, je leur dis solennellement ce qui suit, et je prends date : Il y a un temps pour tout ; un temps pour dialoguer, et un temps pour appliquer la loi. Je ne renierai pas mon serment, en permettant que l'impunité devienne une règle, sous prétexte d'esprit de dialogue, ou de quête de réconciliation.
Honorables Députés et Sénateurs,
Sur le plan économique et social, tant au pays qu'au niveau international, l'année qui s'achève a été celle de tous les défis. Cela n'en rend que plus remarquables les progrès accomplis dans la reconstruction du pays.
2009 restera en effet dans l'histoire comme l'année de la crise la plus violente qui ait secoué le monde depuis la grande dépression. Dépassant largement cette dernière, dans son ampleur comme dans sa portée géographique, cette crise, à la fois financière et économique, a fait trembler toutes les principales places financières, douter du système économique mondial dans son ensemble, remis en cause la prétendue solidité de certaines économies ou entreprises, et démontrer la fragilité de toute santé économique basée sur la spéculation au détriment de la production.
Sans remettre en cause les fondamentaux de la logique économique, cette crise a redonné de l'espace à la volonté politique et quelques lettres de noblesse au rôle de l'Etat et à la réglementation. La République Démocratique du Congo a fortement ressenti le contrecoup de la crise financière et économique mondiale. Elle a dû revoir son cadrage macro-économique, ainsi que le rythme de son ambitieux programme de reconstruction. Ont ainsi dû être revus, à la baisse, le taux de croissance, et à la hausse, les taux d'inflation et de change. Des investissements projetés ont été différés, sinon annulés ; ceux en cours d'exécution ralentis, voire suspendus, ces décisions touchant le plus les secteurs moteurs de croissance, à savoir : les mines et, subsidiairement, les bâtiments et travaux publics.
Si la maison a tremblé, elle ne s'est cependant pas écroulée. Les réformes courageusement engagées sous ma direction pour relancer notre économie depuis huit ans, et les sacrifices stoïquement acceptés par notre peuple durant la même période se sont avérés payants, même s'il est vrai que les dividendes sociaux ont dû être remis à plus tard.
Il n'y a pas eu création d'emplois dans les proportions escomptées, ni une génération notable de revenus additionnels pour les individus et les ménages. Il est réconfortant de constater que, quoique encore timides, des signes de reprise de l'activité économique sont des plus en plus perceptibles. Selon des estimations sérieuses, du fait de cette reprise le taux de croissance devrait au moins doubler d'ici l'année prochaine, passant de 2,7 % à fin Décembre 2009, à plus de 5,4% en 2010.
"J'ai décidé de faire de l'amélioration du climat des afffaires un obectif prioritaire"
Honorables Députés et Sénateurs,
Convaincu que la solution structurelle à la fragilité de l'économie congolaise, et à la précarité des conditions de vie de la population, passe par la relance de la production nationale et l'accroissement de la valeur ajoutée locale, le Gouvernement s'est efforcé de poursuivre son programme d'investissements publics prioritaires, en dépit de la crise. L'accent a été mis sur l'amélioration des infrastructures de transport, ainsi que sur la fourniture, au secteur agricole, des équipements et intrants nécessaires à son développement intégral.
Ainsi, plusieurs Kms de routes ont été réhabilités au cours des douze derniers mois ou sont en construction, parmi lesquelles, les tronçons Kenge - Kikwit, Lubumbashi - Kasumbalesa, Beni - Kisangani, et Mbandaka - Bikoro.
A été parallèlement lancée, la réhabilitation des tronçons routiers Bukavu - Kavumu, Kamituga - Kasongo, Kisangani - Banalia - Buta - Bunduki et Lisala -Bumba - Bunduki.
Très prochainement, des travaux de réhabilitation et de bitumage seront lancés sur plusieurs Kms, notamment sur les routes Ilebo - Kananga, Kikwit - Tshikapa - Kananga - Mbuji Mayi - Kabinda - Kasongo, Uvira - Fizi - Kalemie - Pweto - Kasomeno, Beni - Lubero - Rutshuru - Goma, Niania - Isiro, et j'en passe.
Par ailleurs, en complément aux efforts de réhabilitation des routes de desserte agricole, 20 bacs de traversée ont été réhabilités ou construits, puis déployés au Bandundu, à l'Equateur et dans les deux Kasaï.
Dans le secteur de la voirie, plusieurs artères de la Ville Province de Kinshasa, laissées sans entretien des années durant, viennent d'être remises en état. D'autres chantiers sont encore en cours, ou vont démarrer incessamment, avec pour ambition, dans un premier temps, de réhabiliter 300 Kms de la voirie de la capitale. Je cite, à titre d'exemple, les travaux de modernisation, déjà engagés, des Boulevards Lumumba et du 30 juin, du Tourisme, de l'Ecole, et bientôt, des Poids Lourds.
Les Chefs lieux des autres provinces n'ont pas été oubliés, même si on est encore loin de l'objectif de réhabilitation de la voirie urbaine qu'on s'est fixé dans ce cas.
Au volet des infrastructures ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, il y a lieu de signaler le début des travaux sur la piste et le pavillon d'honneur de l'aéroport de Ndjili. Les études et l'identification des financements étant bouclés, ou en cours de finalisation. Sans être exhaustif, les autres projets suivants pourraient démarrer en 2010 :
* La relance de la SNCC, avec comme objectif le triplement du niveau actuel de son trafic sur les lignes Kamina - Mwene Ditu et Kamina - Kabalo - Kindu ; Kabalo - Kalemie ;
* La réhabilitation/modernisation du chemin de fer urbain de Kinshasa ;
* La réhabilitation du chemin de fer Kinshasa-Matadi et de celui des Uélé ;
* La construction du Port en eau profonde de Banana ;
* La réhabilitation des ports fluviaux sur l'axe Kinshasa-Kisangani et le dragage et balisage du fleuve Congo sur ledit axe ;
* La réhabilitation des ports lacustres de Kalundu et de Kalemie sur le Lac tanganyika ; et
* La réhabilitation de l'aéroport de Loano.
Au chapitre des bâtiments et édifices publics ou privés, des infrastructures sociales et d'aménagements urbain, il y a lieu de noter, à Kinshasa, la réhabilitation de l'Institut des Bâtiments et des Travaux Publics, ainsi que la construction de la première phase de l'Université de Kindu et le démarrage des travaux de construction de l'Hôpital du Cinquantenaire.
Ces projets viennent s'ajouter à beaucoup d'autres, déjà annoncés, et dont le lancement est imminent. C'est le cas notamment des projets suivants :
- La construction d'une université moderne au centre du pays ;
- La réhabilitation des Universités de Kinshasa, de Lubumbashi et de Kisangani ;
- La construction de 150 centres hospitaliers de 50 lits dans les territoires du pays ;
- La réhabilitation des hôpitaux généraux et des cliniques universitaires ;
- L'amélioration du cadre de vie des citoyens en commençant par Kinshasa où seront aménagés, d'ici le 30 Juin 2010, quelques espaces publics de référence, dont la Place de la Gare et l'Esplanade du Palais du Peuple.
Concernant les acquisitions sur fonds propres, après l'achat, en 2008, de brigades routières et de centaines de tracteurs agricoles, le Gouvernement va, en 2010, procédé à l'acquisition, pour compte de l'Office des Voieries et Drainage, des équipements requis pour les travaux de voirie dans les différents chef-lieux des provinces ; pour la poursuite du programme de mécanisation agricole, 1000 tracteurs agricoles dont la livraison va s'étaler sur les deux prochaines années, ainsi que plusieurs tonnes de matériels divers présentement en mer et qui vont être bientôt débarqués pour être acheminés dans toutes les provinces.
Sans être exhaustif, le 1er lot et le plus important se compose de 46.150 bicyclettes pour le contrôle des travaux de cantonnage ; 1.000 motos de transport ; 100 bateaux passagers de 50 places ; 500 motos de nettoyage urbain ; 50 camions de forage ; 500 kits complets de pompage ; des composants pour les barrages électriques ; 900 groupes électrogènes ; des panneaux solaires ; 103 bacs de traversée de 15 à 35 tonnes ; 40 ponts métalliques flottants de 20 à 50 tonnes ; ainsi que moulins à maïs, des camions de vidange et poubelle ; des véhicules 4X4 destinés à l'itinérance ; des camions bennes ; des ambulances ; des corbillards, des morgues et du matériel aratoire.
Honorables Députés et Sénateurs,
Les Cinq chantiers ne sont pas l'affaire de l'Etat seul. Nous ne pouvons donc pas passer sous silence plusieurs initiatives privées d'importance dans le domaine de la promotion immobilière présentement en cours dans la capitale comme en province. A titre d'exemple :
- La construction en cours de deux tours à appartements et espaces commerciaux et de bureaux ;
- La construction d'un hôtel 5 étoiles avec centre de conférences sur le site Office des Routes dans la commune de la Gombe ;
- La réhabilitation, en partenariat public-privé, du C.C.I.C. et sa transformation en hôtel moderne de grande classe.
Ces projets sont censés changer la physionomie de la République Démocratique du Congo. Naturellement, un grand pays et, potentiellement, une grande puissance, cette dernière, avec ses soixante-cinq millions d'habitants appelés à devenir quatre-vingt millions d'ici à 2025, est fondée à décliner son avenir en termes de grandes ambitions.
C'est dans cette logique que, contre l'avis de certains experts, plus spécialistes en gestion de la misère qu'en création du bonheur, nous nous entêtons à vouloir doter notre pays d'autoroutes plutôt que des routes en terre, réaliser le Port en eau profonde plutôt que nous contenter du cabotage, accroître la valeur ajouter locale de nos produits plutôt que nous satisfaire du statut d'exportateur de matières premières, agir pour faire de notre pays une des économies émergentes d'ici dix à 15 à 20 ans, plutôt que gémir devant les méfaits du climat et l'injustice des termes de l'échange ; bref, à construire un Congo différent de celui dont nous avons hérité, un Congo en phase avec le monde, avec ses potentialités et avec les aspirations de ses enfants.
Aspiration à de soins de santé, à une éducation, à des services publics et à des produits culturels de qualité. Aspiration aussi, à un environnement sain et à une meilleure qualité de vie.
C'est pour cette raison que, dès l'année prochaine, l'accent dans la mise en oeuvre des Cinq Chantiers sera déplacé du secteur des transports aux infrastructures scolaires, hospitalières, de génération et de distribution d'eau et d'électricité, ainsi qu'à celles liées aux nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Une enveloppe de un milliard quatre cent millions de dollars est prévue à cet effet pour la seule année 2010 dans le cadre des contrats signés entre la République et le Groupe d'entreprises chinoises.
Ces décisions ont pour objet de mieux préparer notre pays aux enjeux du vingt-et-unième siècle.
Dans ce contexte singulier et injuste, en plus de la qualité des infrastructures, celle des ressources humaines et du cadre de vie, est un facteur déterminant du succès. Nous avons l'obligation d'y préparer notre pays.
Dans cette optique, nous allons, à l'école comme sur le lieu du travail, dans le public comme dans le privé, initier des incubateurs d'excellence et susciter l'esprit d'émulation. Nous voulons pour le Congo, les meilleures écoles possible, les meilleurs hôpitaux possible, les entreprises les plus performantes possible, les citoyens les plus responsables possible.
C'est le lieu pour moi de nous inviter à être conséquents avec nous-mêmes.
Notre stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté assigne au secteur privé le rôle moteur dans la création des richesses et des emplois. De toute évidence, celui-ci peine à jouer ce rôle, ce qui remet en cause l'ensemble de la stratégie. L'initiative privée est bridée, voire découragée, par le climat des affaires. Nous devons urgemment changer cet état de choses.
J'ai donc décidé de faire de l'amélioration du climat des affaires un objectif prioritaire ; un de ceux sur lesquels devra être jugée l'efficacité du Gouvernement, testée la cohésion de la majorité gouvernementale, et évaluée la qualité de notre administration et de notre système judiciaire.
Au Gouvernement, je tiens à dire que nous ne pouvons pas, dans ce domaine comme dans bien d'autres, aller d'études en études, de conseils d'experts en conseils d'experts, ce qui souvent n'est qu'une excuse pour ne rien faire.
Les raisons du mauvais classement de notre pays dans le répertoire de référence "Doing Business " sont connues. La solution pour obtenir une meilleure cotation l'est autant. Elle a pour noms transparence, simplification et souplesse. Le Gouvernement a déjà identifié une dizaine de mesures allant dans ce sens. Je souhaite cependant que nous allions plus loin et plus vite. Je lui assigne donc des objectifs complémentaires à atteindre impérativement d'ici la fin du mois de Mars 2010.
Il s'agit en priorité de l'adhésion de notre pays à l'OHADA, mesure essentielle pour rassurer le secteur privé sur une préoccupation capitale, la sécurité juridique. J'espère qu'une issue plus heureuse à ce dossier, qui peine à obtenir la sanction législative, pourra être trouvée dès la plus prochaine rentrée parlementaire.
Il s'agit aussi, et de manière également prioritaire, de la modification de la législation sur les sociétés, particulièrement en matière de simplification des procédures, de réduction des coûts et des tracasseries administratives. Il s'agit avant tout de l'introduction d'un identifiant unique, qui serait accordé endéans quarante-huit heures, par un seul représentant attitré de l'Etat.
Sur le plan fiscal, il faudrait s'imposer de réaliser, pour Juin, ou au plus tard Juillet 2010, la révolution tant attendue, à savoir, passer du système compliqué et peu efficace actuel, à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Ce n'est pas facile, mais c'est faisable. Le Gouvernement doit s'y pencher diligemment.
Je l'invite aussi à considérer la possibilité de faire davantage, que ce qui est présentement envisagé, pour répondre à la demande de réduction des droits proportionnels et des frais de mutation immobilière que le secteur privé attend avec impatience. Il en va de notre compétitivité internationale.
Honorables Députés et Sénateurs,
Le climat des affaires, tout comme la qualité de vie dépendent beaucoup de la qualité de nos institutions et de leur efficacité. Nous avons en ce domaine fait de notables progrès. Il nous faut cependant compléter la mise en place des institutions par l'organisation des élections locales et municipales. Ces élections sont censées se tenir en 2011, à une date qui sera précisée par la Commission Electorale Indépendante.
Il nous faut aussi parfaire les réformes engagées dans tous les domaines, améliorer constamment le fonctionnement des institutions, en évaluer les animateurs, et sanctionner ces derniers, positivement ou négativement.
C'est notamment le sens des mesures d'assainissement que j'ai récemment prises dans le secteur de la Justice, en nommant de nouvelles autorités judiciaires et ordonnant le recrutement, par concours de candidats à la magistrature, après avoir procédé à la mise à la retraite de ceux qui étaient en droit d'y prétendre et à la révocation de ceux convaincus d'indélicatesse ou de manquements graves dans l'exercice de leurs charges.
L'assainissement du pouvoir judiciaire est une nécessité urgente ; un facteur de crédibilité et une condition de succès pour notre politique " Tolérance Zéro ", si essentielle pour la moralisation de la vie publique et la bonne distribution de la justice. Les récentes mesures n'en sont qu'un premier pas. Elles doivent être complétées, et cela sans tarder. Par la restructuration du pouvoir judiciaire, conformément aux prescrits de la Constitution. Mais aussi par un ensemble de réformes, dont la révision de la loi pénale pour en renforcer les peines et la mise sur pied d'une structure de coordination multidisciplinaire de la lutte antifraude.
En attendant l'entrée en vigueur de ces réformes, j'exhorte les hauts magistrats nouvellement nommés à ne pas décevoir les espoirs placés en eux, à démontrer que la république Démocratique du Congo n'a pas vocation à être un paradis pour criminels et qu'elle ne mérite pas le prix, peu honorable, de terre de l'impunité.
Honorables Députés et Sénateurs,
Des progrès ont été enregistrés dans la performance des pouvoirs législatif et exécutif au niveau national, autant que dans le respect de la répartition de leurs compétences. Il se note en effet une amélioration de la production législative et un contrôle plus suivi de l'Exécutif par le Législatif. Je vous en félicite très sincèrement, Honorables Députés et Sénateurs.
Il se note aussi une accélération du rythme de mise en oeuvre des Cinq Chantiers. C'est tout à l'honneur du Gouvernement.
Un autre succès du Gouvernement qui mérite d'être signalé est d'avoir tenu un pari qui, au départ, semblait impossible, à savoir : conclure un nouveau programme avec les institutions de Bretton Woods en vue d'atteindre le point d'achèvement de l'Initiative PPTE et d'obtenir l'effacement d'une dette de près de 12 milliards de dollars, sans renoncer, pour autant, aux financements mobilisés en faveur des Cinq Chantiers. Ce n'est plus qu'une question de jours, et le point d'achèvement cessera d'être un mirage.
Concernant la répartition des compétences entre les pouvoirs législatif et exécutif, au niveau national, comme à celui des provinces, la tentation est encore malheureusement forte de vouloir abuser de ses prérogatives pour faire du chantage à l'autre, au mépris de l'intérêt général.
Cette nécessité se ressent davantage au niveau des provinces où il est regrettable de constater que, trop souvent, les relations sont plutôt tendues entre les deux pouvoirs. Et cela bloque le fonctionnement des institutions, réduit leur performance et les décrédibilise, autant que leurs animateurs. Cela est tout aussi valable pour les institutions nationales. Des ajustements s'imposent donc, pour une plus grande efficacité collective.
Honorables Députés et Sénateurs,
La solution structurelle de beaucoup de problèmes liés au fonctionnement de nos institutions et à leur performance appelle la modification de l'environnement juridique dans lequel se définit et se conduit la politique de la nation.
Dans certains cas, cette exigence peut être satisfaite par la révision des lois. C'est le cas de la loi portant organisation des élections présidentielles, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, principalement ses dispositions relatives au mode de scrutin, et au délai imparti à l'autorité judiciaire compétente pour examiner les recours découlant du contentieux électoral.
Dans d'autres cas, il est évident que la modification doit porter sur des dispositions constitutionnelles.
Ma position sur la problématique de la révision constitutionnelle est connue, et elle n'a pas varié. On ne devrait y recourir qu'avec parcimonie, comme dernier recours, et dans le strict respect des dispositions pertinentes de la constitution en vigueur.
Près de quatre ans après la promulgation de la Constitution du 16 Février 2006 et au regard du bilan de son application, j'estime cependant, en ma qualité de garant du bon fonctionnement des institutions, que certaines dispositions de ladite constitution méritent d'être revisitées. Globalement, la préoccupation consisterait à rechercher une adéquation entre les attentes des populations et la légitimité découlant des suffrages directement exprimés par le peuple, souverain primaire d'une part, et d'autre part, les pouvoirs conférés aux différents acteurs par le constituant.
Sans remettre en cause le principe de la décentralisation, l'autre contradiction majeure à résoudre est celle qui oppose, d'une part, l'exigence de la mise en oeuvre, dans les délais prévus, d'une décentralisation d'essence constitutionnelle, assortie du découpage du territoire national en 26 provinces et d'autre part, le double impératif de garantir la viabilité de toutes ces provinces au regard de la modicité des ressources disponibles et de consolider au préalable l'autorité de l'Etat à peine rétablie, dans un environnement où les forces centrifuges n'ont pas nécessairement dit leur dernier mot.
Honorables Députés et Sénateurs,
De par ses immenses ressources du sol et du sous-sol et sa situation géographique au centre du continent, la République Démocratique du Congo est l'objet de multiples convoitises et se trouve au coeur de beaucoup d'enjeux mondiaux et régionaux. Pour cette raison, comme pour nos besoins de développement, la politique extérieure est un domaine prioritaire de l'action du Gouvernement.
Je me réjouis de rapporter que l'année qui s'achève aura été une grande année diplomatique pour notre pays. Elle a été caractérisée par son retour remarquée sur l'échiquier international. En témoignent, au plan régional, la tenue à Kinshasa, de deux grandes rencontres des Chefs d'Etat et de Gouvernement, le Sommet de la SADC et celui de la CEEAC, auxquels s'est ajouté, il y a quelques jours, la Conférence Internationale de la Femme Noire.
Le niveau de représentation aux deux sommets, l'importance des sujets abordés, la qualité des débats, ainsi que la présidence en exercice qui m'a été confiée par mes pairs, de 2007 à 2009 pour la CEEAC et au sortir du Sommet de Kinshasa pour la SADC sont autant des preuves de la foi retrouvée des Etats membres de nos deux communautés en la République Démocratique du Congo. En venant à Kinshasa et en acceptant d'y passer quelques nuits, ces Chefs d'Etat et de Gouvernement ont démontré qu'ils n'avaient aucune crainte pour leur sécurité. Qui l'aurait cru il y a à peine quelques mois ?
A ce sujet, Je suis heureux de dire qu'aujourd'hui notre pays est en paix avec tous ses neuf voisins. C'est le résultat d'un travail méthodique et de longue haleine. Je mentionnerai, à titre illustratif :
- Ma rencontre le 4 Mars 2009 à Kasindi avec le Président ougandais qui avait été préparée par les sommets bipartites antérieurs de Ngurdoto et Dar-Es-Salam.
- Ma rencontre à Goma le 6 Août 2009 avec le Président du Rwanda qui a accéléré la normalisation entre nos deux pays, après que plusieurs réunions ministérielles aient balisé le chemin.
Le dialogue engagé à chacune de ces occasions a permis la compréhension mutuelle et la solution des différends. C'est de la même manière que nous entendons régler les divergences qui ont fait jour entre nous et l'Angola, pays frère avec lequel, en plus de partager la frontière la plus longue, nos liens d'amitié sont scellés dans le sang.
C'est dans cet esprit qu'est prévue, pour bientôt à Luanda, une réunion de la Grande Commission Mixte.
Nos rapports avec le reste du monde sont également excellents, comme en témoigne le ballet diplomatique que Kinshasa a connu cette année avec la visite que nous ont rendu plusieurs personnalités importantes. Le mérité de cette percée diplomatique nous revient à nous tous. Car, c'est en retrouvant la cohésion interne, en nous dotant des institutions démocratiques et en faisant preuve de sérieux dans la gestion des affaires publiques qu'a été rétablie la crédibilité internationale de notre pays.
Honorables Députés et Sénateurs,
La question brulante de l'heure sur le plan international, est celle du réchauffement climatique, objet du Sommet qui s'ouvre ce jour à Copenhague. Coïncidence heureuse, je voudrais, du haut de cette tribune, et prenant notre peuple témoin, souhaiter plein succès à ce Sommet et donner, par la même occasion, la position de notre pays face à la problématique du réchauffement climatique.
Pour nous, la préoccupation pour l'environnement et sa protection n'est nullement un effet de mode. Elle découle d'une conviction. La République Démocratique du Congo est connu pour sa biodiversité incomparable, ses ressources hydrauliques intarissables et sa forêt immense, deuxième poumon du monde et piège de carbone, par excellence.
Ce sont là des talents que le Créateurs nous a donnés et pour lesquels nous aurons à rendre compte. Notamment à nos enfants et petits enfants. Nous nous devons donc de les gérer durablement, raison pour laquelle notre pays a été un des premiers à faire de la conservation, un élément essentiel de sa politique, décidant d'ériger en aires protégées, 15% de son territoire national, soit 350.000 Kilomètres carrés.
Nous nous devons aussi d'en tirer le meilleur parti pour le pays, en nous organisant pour prendre notre part du marché de crédits carbone ; une part à la hauteur de notre contribution à la réduction des émissions mondiales de gaz à effets de serre. Et puisque d'une part, cette contribution nous impose des privations et des sacrifices et que, d'autre part, l'humanité entière en bénéficie, y compris ses membres les plus riches qui sont aussi les plus grands pollueurs, nous sommes en droit d'exiger et de recevoir des compensations de ces derniers, au nom du principe consacré " pollueur - payeur " que je propose de compléter par celui de " préservateur - compensé ".
Cette position, qui est aussi la position de l'Afrique entière, a été défendue tout au long des négociations sur le réchauffement climatique qui ont précédé le Sommet de Copenhague, et sera réaffirmée au cours du Sommet lui-même. Notre souhait le plus ardent est que nous soyons entendus et que les conclusions du Sommet nous permettent d'accéder à une compensation juste et équitable au profit de nos populations et pour le développement durable de notre pays.
Honorables Députés et Sénateurs,
Chers Compatriotes,
Que conclure sur l'état de la Nation, au terme de ce tour d'horizon ? Comme vous vous en rendez compte, l'oeuvre de reconstruction d'un pays grand et divers comme le nôtre, avec l'histoire qui est la sienne, n'est pas facile. En l'espèce, il s'agit à la fois de pacifier le pays, d'y déployer l'autorité de l'Etat, de moderniser ses moyens de défense, d'assurer le fonctionnement optimal des institutions nouvellement créées, de parfaire le processus de décentralisation, de redresser l'économie, d'améliorer les conditions sociales des populations, de protéger le patrimoine national culturel et écologique, d'agir pour retrouver sa place dans le concert des Nations, de redonner de l'espoir et la fierté d'être congolais à la jeunesse.
Ces objectifs sont autant de défis.
Pour sa bonne fin, l'oeuvre de reconstruction nationale requiert la mobilisation de tous. C'est donc ensemble et unis que nous connaîtrons le succès.
Et parce que nous parlons de victoire, comment ne pas se souvenir des extraordinaires performances de nos équipes de football. Les Léopards au Championnat d'Afrique des Nations, CHAN ; et le Tout Puissant Mazembe en Coupe Africaine des Clubs Champions. Ces victoires constituent la preuve que, quelles que soient les difficultés, quand les congolais s'unissent, redressent le front et font preuve de détermination, ils sont capables de déplacer des montagnes. Elles sont un signal fort que tout un peuple adresse au monde pour lui signifier qu'envers et contre tout, il croit en son destin et refuse d'être effacé de l'histoire.
C'est cela qui conforte ma conviction que, dans la dure bataille pour la reconstruction du Congo, la victoire est à notre portée.
Que vive la République Démocratique du Congo !
Et que Dieu nous bénisse tous!
Je vous remercie.
Bousculade au balcon pour la visibilité des calicots politiques
Une bataille et non des moindres, c'est celle qui a eu lieu au Palais du peuple lors du message du chef de l'Etat à la Nation. Cette lutte a concerné les partis politiques qui tenaient coûte que coûte à se faire voir auprès du couple présidentiel. En fait, toutes les formations et regroupements politiques ainsi que les mouvements associatifs de soutien au Président de la République qui se sont déployés sur l'esplanade du Palais du peuple ont tout fait pour tenir leur visibilité auprès du chef de la Majorité présidentielle (AMP).
Dehors comme au balcon de la salle du congrès, les militants de tous les partis politiques de la mouvance présidentielle ont pris d'assaut les coins stratégiques pour placer leurs banderoles afin de leur assurer une visibilité en signe de soutien au Président de la République. Pprd, Palu, CCu, Arc, Prp, Msr, Unadef, Pdc, Prm et autres alliés ont brillé par la couleur de leurs drapeaux. Les uns habillés en T-shirt frappés à l'effigie du Président de la République, le cas du PPRD, les autres ont simplement porté des mouchoirs de tête aux couleurs de leur parti, le cas du PALU, les autres encore ont jugé bon d'agiter des drapelets qu'ils tenaient à la main. D'autres formations politiques ont carrément choisi le principe des calicots et des banderoles. C'est à cette stratégie qu’ont recouru les partis politiques comme la CCU, l'ARC, l'UDEMO, le PDC, l'UNADEF, le MSR et le PRP.
Dans cette bataille, le PALU et le PPRD ont été les plus en vue dans la mesure où ils ont occupé, à l'intérieur comme à l'extérieur de la salle de congrès, des coins où la visibilité était globale et inclusive. Au point que le chef de l'Etat ne pouvait passer sans les apercevoir ni entendre les petits cris de soutien et de réconfort. Si le premier a gagné par l'animation dont on lui reconnaît la technicité et la capacité, le deuxième lui s'est sauvé par la force mobilisatrice de ses mouvements associatifs qui ont pour mission de soutenir le Président Joseph Kabila.
Cette démonstration en termes de mobilisation et de soutien au Chef de l'Etat a failli transformer la salle des congrès en arène des partis politiques. Heureusement que le Président de l'Assemblée nationale a vu juste et à temps pour demander simplement et carrément la disparition des drapeaux et calicots des formations politiques pendant la séance.
Dorian KISIMBA
Des réactions au message du chef de l'Etat
Le message du chef de l'Etat a fait l'objet de plusieurs réactions de la part des acteurs politiques et des parlementaires présents hier au Palais du peuple. Les uns se sont dits satisfaits, les autres non. Voici en substance quelques opinions que Forum des As a pu recueillir hier à l'issue de la session du Congrès.
Emile Ngoy Kasongo (ADG Ogefrem) :
«le chef de l'Etat a lancé un message fort aux entreprises avec la TVA».
Je suis très satisfait du message du Président de la République sur l'état de la Nation. La mise en place de la TVA est un message fort qu'il a lancé aux entreprises. Le chef de l'Etat a encore mis l'accent sur la paix. Il a annoncé que notre pays est en harmonie avec ses neuf voisins sur le plan sécuritaire. Ca, c'est une grande réussite dans la mesure où nous sommes appelés à vivre en paix avec les voisins et c'est un élément très positif pour cette année 2009.
Clément Kanku (Député Opposition): «le chef de l'Etat mérite des encouragements»
Le chef de l'Etat mérite des encouragements pour son message. Il appartient maintenant au gouvernement de faire en sorte que les cinq chantiers de la République puissent décoller véritablement. Mais nous restons toujours vigilant quant à la matérialisation de toutes ces promesses que le chef de l'Etat fait à la Nation. J'ai aussi salué le fait qu'il a touché le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique où il a clairement dit que nous devons bénéficier des ressources de notre biodiversité.
Je suis d'accord avec lui sur la révision constitutionnelle qui est un impératif et qui n'est pas un tabou aujourd'hui. Mais, cela exige que nous puissions d'abord nous mettre d'accord sur certains points devant concerner cette révision.
Adam Bombole (Député Opposition): «faire des cinq chantiers une affaire de tous les congolais, est un mérite».
Le chef de l'Etat a reconnu d'une manière claire que le gouvernement en place n'a pas été à la hauteur des missions lui assignées. Il doit aller au-delà de ce qu'il a déclaré en démettant ce gouvernement. Mais j'ai retenu un seul point positif de ce message. C'est le fait que cette fois il a fait des cinq chantiers de la République, une affaire de tous les congolais, chose qui était l'objet de propagande hier.
Ce message ne répond pas aux réalités du terrain dans la mesure où les congolais vivent dans la misère la plus totale. Pour être plus sérieux, il convient simplement qu'il change d'équipe gouvernementale en vue de pouvoir faire avancer le pays. Sinon, c'est le chaos.
Remy Kuseyo, ancien ministre des Transports (PPRD) : «le bilan de 2009 est largement positif»
Le Président de la République a fait un bilan de l'année 2009 sur tous les plans de la vie nationale. Dans son discours, ce qu'il faut aussi retenir c'est qu'il a projeté ce que sera l'année 2010, année prévue pour célébrer les 50 ans de l'indépendance de notre pays. Aujourd'hui, le pays a retrouvé l'autorité de l'Etat, surtout dans les provinces secouées par les troubles, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Province Orientale. Ce qui mérite des encouragements pour le chef de l'Etat.
Banza Mukalay (Président de l'UDCO) : «C'est un discours volontariste, dépourvu de démagogie»
Le Chef de l'Etat a brossé des succès réalisés, mais il n'a pas oublié les faiblesses surtout sur le plan social. C'est donc un discours plein d'ambitions pour faire du Congo un pays grand et fort, un discours de mobilisation générale parce que le Chef de l'Etat a appelé chacun à y contribuer, à être responsable. Le Président de la République a aussi évoqué la modification de certaines lois, de certaines dispositions constitutionnelles dans le sens de préserver la stabilité et de renforcer le fonctionnement des institutions de la République. Bref, c'est un discours plein de pédagogie.
Propos recueillis par
Dorian KISIMBA
Nouvel examen, ce mardi à la CPI,
de la détention ou non de JP Bemba
Décidément il a la peau dure, le dossier de la mise en liberté ou non de Jean-Pierre Bemba Gombo. Alors que l’on croyait close la question après que la Chambre d’appel ait annulé la décision initiale de la Chambre préliminaire II et qu’il fallait attendre 120 jours pour un éventuel examen d’une éventuelle nouvelle demande de mise en liberté provisoire, le dossier revient sur la table dès ce mardi 8 décembre, cette fois-ci devant la Chambre de première instance III de la Cour Pénale Internationale.
En effet, selon une communication du bureau de la CPI à Kinshasa, cette chambre va tenir ce mardi une audience dite de mise en état pour examiner le maintien ou non en détention du Chairman du MLC. Cet examen, indique la communication, rentre dans le cadre de l’examen périodique de la détention, examen qui est préalable à l’ouverture du procès au moins une fois tous les 120 jours.
Selon des explications subsidiaires glanées par ‘‘Forum des As’’, l’audience de mise en état est un exercice régulier à la CPI. Elle consiste à faire une évaluation de l’évolution d’un dossier et peut se tenir à la demande, concurremment, des juges, du Procureur ou de la défense pour vérifier la régularité des procédures, l’accomplissement des engagements des parties, notamment la transmission des documents, l’équilibre et l’équité des décisions, etc. Ces audiences peuvent se solder par des sanctions et autres formes de décisions. Un procureur peut, par exemple, être sanctionné s’il est constaté dans son chef des actes de nature à entamer les droits d’un accusé. Une décision peut aussi être renvoyée pour réexamen si la procédure y ayant conduit a été entachée d’irrégularités avérées.
La suspension, pendant un temps, du procès de Thomas Lubanga était consécutive, rapportent des sources de la CPI, à une décision issue des audiences de mise en état à l’occasion desquelles il avait été constaté des retards dans la communication des documents de la part du Procureur.
Qu’en sera-t-il alors du dossier Bemba dont la décision de mise en liberté vient d’être annulée ? A cette question, nos interlocuteurs expliquent que les juges de la Chambre de première instance III vont s’en tenir aux lignes tracées par la Chambre d’appel. Autrement dit, la possibilité de revenir à la décision de la Chambre préliminaire serait exclue. La défense peut, explique-t-on encore, soulever de nouvelles exceptions sur les éléments ayant fondé la décision de la Chambre d’appel ou apporter de nouveaux documents pour remporter, si possible et suivant leurs arguments, l’examen d’une nouvelle demande de mise en liberté provisoire. Dans tous les cas, concluent nos interlocuteurs, la révision de la décision de la Chambre d’appel est fort peu probable. JEK
ENJEUX POLITIQUE
Le PALU invite le peuple congolais à la vigilance !
Principal allié de l’AMP, le Parti lumumbiste unifié (PALU) d'Antoine Gizenga n'abandonne pas encore sa lutte pour la conquête et la conservation du pouvoir politique. En guise de cet idéal, ce parti de masse reste encore très actif. Autrement dit, sa présence au sein de la coalition au pouvoir n'est aucunement un prétexte pour que le parti de l'incontestable Antoine Gizenga sombre dans une léthargie politique. Bien au contraire, le Palu continue à croire et sans désemparer, en son objectif. Son slogan "Pouvoir, au peuple… Le peuple, vaincra… " reste encore d'actualité. ? C'est donc dans le cadre de cette poursuite de lutte politique que le Palu a organisé, dimanche 06 décembre 2009, des mini meetings populaires dans ses six provinces politiques à travers la ville de Kinshasa. Un seul message partout : "Peuple congolais, fungola miso…Okeyi wapi " ? C'est donc, ce message traduit littéralement en " Peuple congolais, sois vigilant…Où vas-tu " ? Qui a été le thème principal de cette rencontre au niveau de la base du Palu. Au-delà de ce qui paraitrait comme une simple animation politique pour les non Palu, ces mini meetings ont eu le mérite de maintenir, toujours plus haut, le moral des militants de ce parti politique créé en 1964, soit quelque quatre ans seulement après l'accession du pays à l'indépendance.
Les missions traditionnelles d'un parti politique
Interrogé sur la motivation de ces meetings, le secrétaire permanent du Palu, Dovel Mpango, n'est pas allé par quatre chemins. Aussi, rappelle-t-il les missions traditionnelles d'un parti politique, à savoir : l'encadrement de l'opinion, l'éducation des militants, l'invitation du peuple à se prendre en charge auxquels s'ajoute le véhicule d'un message intégrateur. Le tout, naturellement, dans le but ultime de la conquête et la conservation du pouvoir. "C'est dans ce cadre que le Parti lumumbiste unifié, toujours fidèle au principe et à la continuité, a organisé ces meetings qui ne sont ni fortuits ni motivés par un événement quelconque. Ce sont des meetings qui rentrent dans le cadre des activités régulières de notre parti", a expliqué Dovel Mpango aux journalistes invités à faire la ronde des pools des manifestations.
A une autre question de la presse sur le choix du thème, Dovel Mpango n'a pas balbutié dans sa réponse. " L'appel à la vigilance lancé à notre peuple et retenu comme le thème principal de cette rencontre à la base, nous a été inspiré par un constat à la fois malheureux et inquiétant. Nous, au niveau du Parti lumumbiste unifié, constatons avec amertume que le peuple congolais ignore encore son destin. Il ne sait pas où il va. C'est donc, l'occasion et le devoir patriotique pour nous, d'organiser ces meetings pour rappeler à notre peuple, la situation dans laquelle se trouve le pays ".
Dans ce qu'il considère comme une ignorance collective, le secrétaire permanent du Palu illustre ses propos par le sort des jeunes cadres universitaires congolais. " Nos jeunes compatriotes terminent les études supérieures et universitaires, sans auccune certitude de trouver de l'emploi. En principe, un technicien formé à l'Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) ou en Polytechniques à l'Université de Kinshasa ne doit pas être un quémandeur d'emploi. Bien au contraire, il doit créer, savoir imaginer. Malheureusement, il est avéré qu'aucun de nos étudiants formés dans les différents domaines technique n'est capable de fabriquer ne fut-ce qu'un stylo. La tendance générale est qu'après les études, on vise plus le luxe : une belle maison ou voiture Mercedes…on est plus "happé" par le loisir. Très peu, sont nos jeunes compatriotes et cadres universitaires qui pensent à l'avenir de la nation ou réfléchissent sur le développement du pays ; comme c'est le cas sous d'autres cieux. Ailleurs, dès qu'on finit les études, on se lance dans des recherches pour que le pays aille de l'avant. Comme je l'ai dit tantôt, nous sommes encore dans l'emprise de la jouissance. J'ai l'impression que le Congolais a oublié son devoir de contribuer au développement du pays, alors que l'hymne national dit: " par le labeur, nous bâtirons un pays plus beau qu'avant… Dressons nos fronts longtemps courbés… " il est temps pour que le Congolais se lève pour l'épanouissement de sa nation " a vivement recommandé Dovel Mpango.
La chaine de coresponsabilité
Faisant allusion à la situation générale du pays, les différents animateurs de ces meetings du Palu ont été unanimes. " Le pays est descendu trop bas. Les mêmes qui ont pourfendu l'économie du pays sous Mobutu, sont encore revenus au pouvoir. On les retrouve dans différentes institutions du pays. Ils siègent au Sénat, à l'Assemblée nationale et sont dans les entreprises publiques. " la question est de savoir si, le Palu qui participe actuellement à la gestion politique de la RD Congo, ne se retrouve pas dans la chaîne de coresponsabilité. A cette question, Dovel Mpango a répondu par un rappel historique : " Le Palu n'a aucune part de responsabilité dans la situation actuelle du pays ".
Selon le secrétaire permanent du Parti lumumbiste unifié, la situation actuelle de la RD Congo est la conséquence logique de la zaïrianisation en 1973. " Vous savez que cette politique appliquée par Mobutu a eu comme corollaire la déstructuration des entreprises publiques. Et, deux ans après, nous connaissons tous la suite. L'économie nationale a amorcé sa débâcle dont les conséquences continuent à se faire ressentir aujourd'hui. Les médecins et les enseignants souffrent à longueur de journée…La lutte du Palu consiste à permettre à chaque Congolais de vivre dignement de son travail ", a précisé Dovel Mpango, avant de conclure que le Parti d'Antoine Gizenga n'a aucune responsabilité dans le désastre de la RD Congo qui tire ses racines des années Mobutu.
Il est important de rappeler que les mini meetings du dimanche, font suite à plusieurs autres rencontres populaires organisées aux mois de mars, avril, mai, juin et juin de cette année. Le thème : "Peuple Congolais fungloa miso, Okeyi wapi ? ", est donc le message que le chef du parti, Antoine Gizenga, présentement en Europe, avait laissé comme matière à réflexion à tous les militants et militantes de son parti. Laurel KANKOLE
Budget 2010 : Emile Bongeli invite les Sénateurs à offrir à la RDC une année d’excellence
Le projet du Budget 2010 a été déclaré recevable et renvoyé à la commission ECOFIN du Sénat pour son examen minutieux. Ce, à l’issue des réponses données par le Vice-premier ministre en charge de la Reconstruction aux préoccupations soulevées par les Sénateurs lors du débat général qui a eu lieu le samedi 05 décembre 2009.
Concernant la question du changement des paramètres macroéconomiques du Budget 2009, le Vice-premier ministre Emile Bongeli a indiqué que celui-ci est lié essentiellement à la prise en compte du comportement du taux d’inflation et du taux de change au cours du 3ème trimestre 2009.
Quant à la question des minorations des recettes des mines dans le Budget 2010, Emile Bongeli n’est pas allé par le dos de la cuillère. « Le gouvernement reste ouvert et attend avec impatience l’ensemble des suggestions positives pour pouvoir arrêter les modalités pratiques y afférentes ». S’agissant du répertoire général et sectoriel des assujettis gérés par la DGI, le représentant du gouvernement a fait savoir que la liste est à jour et disponible au regard des contribuables déjà enregistrés et répondant régulièrement à leurs obligations fiscales.
Sur la question relative à la contribution des entreprises publiques au budget de l’Etat, il a reconnu que « le gouvernement a pris conscience du faible apport de celles-ci. Il s’est engagé dans la réforme de ces entreprises afin de les rendre plus performantes et améliorer ainsi leur contribution au budget national ».
A une préoccupation soulevée sur la reconduction des mêmes projets dans le budget 2010, le Vice-premier ministre a indiqué que tout projet a une durée de réalisation. Selon lui, tant qu’un projet n’a pas connu un début d’exécution, il peut être reconduit à l’exercice budgétaire suivant. Il en est de même des projets en cours d’exécution.
Pour ce qui est de l’évaluation du coût unitaire de réalisation d’un kilomètre de route, il a souligné que ce coût varie d’un sol à un autre. C’est ainsi que par exemple, pour la construction d’un kilomètre de route neuve bitumée, le coût est de 600.000 USD en rase campagne, 1.000.000 USD en zone urbaine et pour une route en terre c’est plus ou moins 100.000 USD. Tandis que pour la réhabilitation d’une route bitumée, le montant varie entre 300.000 USD et 400.000 USD, le kilomètre; et la route en terre plus ou moins 70.000 USD par kilomètre.
Le Représentant du gouvernement a rassuré les Sénateurs qu’aucun territoire ne sera oublié dans l’ambitieux programme de reconstruction. Quant à leur chronogramme, il a noté que plusieurs sont inscrits dans le Budget 2010 en ce qui concerne l’eau et l’électricité, tant sur des ressources propres que sur des ressources extérieures. Quant au port en eaux profondes de Banana, Emile Bongeli a révélé que « c’est une question de souveraineté ». Le port sera donc bel et bien construit, car il y a un engouement des investisseurs pour ce projet.
Par rapport aux inquiétudes des Sénateurs sur le fait que le gouvernement a alloué en 2010, 6% seulement des recettes à caractère national aux provinces en lieu et place de 40%, il a affirmé que 6% correspondent à 307 milliards de Francs congolais représentant des recettes propres des provinces. Le montant des recettes à caractère national à transférer aux provinces et aux entités territoriales décentralisées retenu au projet de budget est de 699,9 milliards des FC. Le montant est réparti de la manière suivante : rémunération 230,7 milliards de FC, fonctionnement 170,7 FC et investissement 298,4 FC. Le Vice-premier ministre a rassuré que le Foner est en marche et que la route Boma – Moanda est financée par celui-ci. Quant au refinancement des banques commerciales par la Banque centrale du Congo, le délégué du gouvernement a indiqué que c’est une opération régulière. Il a reconnu que le front social est encore lourdement chargé : « Je sais que beaucoup reste à faire pour que les conditions de vie de nos populations s’améliorent de manière significative. L’essentiel est que nous avons commencé », a déclaré le Vice-premier ministre avant de demander aux Sénateurs de doter le gouvernement de l’outil budgétaire pour que 2010 soit l’année de la différence.
Ainsi déclaré recevable par le Sénat, le projet a été renvoyé à la Commission économico-financière qui a jusqu’à vendredi pour présenter le travail à la plénière. Dina BUHAKE
PREVU EN FEVRIER PROCHAIN
Un forum pour revitaliser les soins de santé primaires en RDC
Au bout de 3 jours travail, les participants à l’atelier de redynamisation des Soins de santé primaire (SSP) ont proposé d’organiser un grand forum au mois de février 2010 tout en intégrant les commissions socio culturelles de la Présidence, Primature, du Parlement ainsi que les ministères du Budget et des Finances afin d’aborder sans tabou toutes les questions liées à la revalorisation des soins de santé primaires. Ils ont recommandé que la politique nationale de la santé soit adoptée et promulguée par le chef de l’Etat. Une autre recommandation est celle de mettre en place un processus inclusif dans l’élaboration du plan stratégique de la santé.
En outre, les participants ont convenu de placer l’homme au centre de la redynamisation des SSP et aussi de revisiter les répertoires de métiers de la santé en vue de le protéger. Enfin, ils n’ont pas manqué d’insister sur la mobilisation des ressources en province pour redynamiser les SSP. Le secrétaire général à la Santé a, dans son mot de clôture, souligné que le produit de ce forum sera un mémorandum d’entente qui permettra aux parties prenantes de manifester leur engagement en faveur des SSP. Il est convaincu que la recommandation du rapport sur la santé dans le monde 2008 est le renouveau des SSP maintenant plus que jamais, mettant l’homme au centre du système de santé pour casser les inégalités dans la distribution des soins parmi les peuples du monde en vue d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.
Il a, à cette occasion, invité les ministres provinciaux en charge de la santé de revisiter leurs plans provinciaux de développement sanitaire pour ceux qui les ont élaborés, les finaliser pour ceux qui ne les ont pas encore finalisés en tenant compte des 4 reéformes pour économiser dans le rapport 2008 sur la santé dans le monde de l’OMS. Les participants sont venus de toutes les provinces de la RDC. Mathy Musau
SOUS L'IMPULSION DU PNUD
Les analyses AIPS de la réforme agricole sont à pied d'œuvre en RDC
Le ministère du Plan, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a procédé, le lundi 07 décembre 2009, au lancement officiel de l'analyse d'impact des politiques des réformes sur la pauvreté et le social (AIPS) du secteur agricole et ses parties prenantes. A en croire le secrétaire général au Plan, M. Pie Robert Nsa, cette analyse s'inscrit dans une perspective d'accompagnement des réformes entreprises dans le secteur agricole par le nouveau code agricole en discussion au Parlement.
Selon lui, ce code vise notamment une meilleure répartition des terres arables et une meilleure protection des agriculteurs dans leur utilisation des terres ; l'amélioration de l'outil de production ; la construction et la réhabilitation des voies de communication pour une bonne circulation de la production agricole et l'amélioration des capacités institutionnelles et managériales.
En d'autres termes, ce code se veut un instrument capable de booster la production agricole et répondre ainsi aux besoins de la sécurité alimentaire ressentis par la majorité de la population congolaise. En RDC, plus de 70% de la population connaissent des problèmes liés à la faim. Pour M. Pie Robert Nsa, les réformes dans le secteur agricole doivent apporter une solution à cet épineux problème de sécurité alimentaire fortement ressentie par les populations pauvres et les groupes vulnérables. D'après lui, le choix du secteur agricole est donc évident pour la RDC. Parce que l'agriculture emploie plus de 80% de la population et génère près de 90% des revenus des ménages. Malheureusement, a-t-il déploré, cette agriculture est pratiquée sur de petites étendues, avec des outils rudimentaires, des techniques archaïques, des semences non améliorées et sans produits phytosanitaires. L'insuffisance et le mauvais état des infrastructures rendent très difficile l'évacuation des produits agricoles vers les centres urbains en vue de leur commercialisation. Cet état de choses a découragé les producteurs agricoles dont les produits ont commencé à pourrir faute d'acheteurs, a expliqué le secrétaire général au Plan. Cela a eu comme conséquence, a-t-il indiqué, la diminution de leur production et les paysans ne pratiquent plus qu'une agriculture de subsistance pour leur autoconsommation. Ceci a fortement diminué leurs revenus en les rendant de plus en plus pauvres. Ce qui fait que l'incidence de pauvreté en RDC est très élevée (71,3%), atteignant même 85% pour le milieu rural, a laissé entendre M. Pie Robert Nsa.
Le Programme des Nations Unies pour le développement, à côté d'autres parties prenantes dont la Banque mondiale, le Gouvernement belge se veut un partenaire du gouvernement de la RDC dans ses efforts de réhabilitation du tissu socioéconomique. Il s'agit donc, à travers cette analyse, de donner des orientations au nouveau code de manière à prendre en compte les besoins des populations pauvres et des groupes défavorisés. C'est répondre à une exigence sociale que s'est assignée la RDC, dans sa Constitution. Celui de faire du nouveau code agricole, un instrument privilégié dans l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement.
En clair, l'AIPS est une démarche qui regroupe les analyses visant à évaluer les effets économiques, sociaux et environnementaux des politiques publiques sur le bien être des groupes pauvres ou vulnérables. Elle part de la validation de la formulation des recommandations au gouvernement en passant par l'analyse des parties prenantes. Deux consultants nationaux ont été recrutés de manière compétitivité pour réaliser cette analyse pour une durée de trois mois, a expliqué le secrétaire général au Plan. Selon lui, le processus international est en cours pour renforcer l'équipe, afin de donner toute la crédibilité dont l'étude a besoin.
Il est donc question, à ce niveau, d'impliquer davantage les parties prenantes avec un accent particulier sur le genre, validant de manière participative la note conceptuelle et procéder directement à l'analyse des parties prenantes.
D'après le chargé du programme AIPS du PNUD, Stephan Amani, l'on ne pourra faire reculer la pauvreté qu'en assurant une expansion de l'agriculture qui, par ses effets de levier sur le reste de l'économie, permettra aux ménages pauvres de parcourir les premières étapes du processus de réduction de la pauvreté. Le thème de cette étude témoigne du souci que le Gouvernement porte actuellement sur l'incidence de cette réforme sur la pauvreté et la situation sociale pour rattraper le retard constaté dans l'achèvement des objectifs du millénaire pour le développement. C'est la raison pour laquelle le gouvernement ne cache pas ses intentions de faire du secteur agricole le moteur de l'économie nationale. Car, l'agriculture établit le lien entre la croissance économique plus générale et ruraux en améliorant leur productivité et leurs revenus. Simard Simon TSOUMBOU
PAR LE BIAIS DE L'EUPOL ET REJUSCO
L’Union européenne forme la police congolaise sur la lutte contre les violences sexuelles
La mission de police de l’Union européenne en RDC (Eupol) et le Programme Rejusco ont organisé du 09 au 20 novembre 2009, une formation de formateurs officiers de police judiciaire (OPJ) de la Police nationale congolaise (PNC) du Nord et du Sud-Kivu. Cette activité, qui a eu lieu à Goma, a été menée dans le cadre de la reforme de la PNC et du renforcement des capacités juridictionnelles dans les provinces de l’Est de la RDC. Cette formation a pour but de contribuer au renforcement des capacités des officiers congolais dans le domaine de la lutte contre les violences sexuelles.
Dans les prochains mois, les élèves formateurs ayant passé avec succès l’évaluation finale commenceront, en partenariat avec l’Eupol/RDC, à former quelques centaines d’OPJ dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu ainsi que dans le district de l’Ituri, augmentant ainsi le nombre de policiers congolais disposant d’outils pour agir dans le domaine de la lutte contre les violences sexuelles et l’impunité.
La formation et les manuels didactyles ont été élaborés par le Comité de suivi de la réforme de la police (CSRP), avec l’appui technique des experts policiers d’Eupol/RDC et Unpol et l’appui financier du Rejusco.
Par ailleurs, dans le cadre de l’opérationnalisation de l’inspection générale d’audit, la PNC a mené, avec l’appui et l’expertise technique de la mission Eupol/RDC, une campagne de sensibilisation au Nord et Sud-Kivu pour présenter cette nouvelle unité créée en son sein. En présence d’officiers de la police et de l’armée, des magistrats, des représentants de la Société civile et d’autres autorités politique et administratives, l’Inspecteur général d’audit, Constantin Mudekereza Ntako a souligné la double mission de l’Inspection général d’audit (IGA) ; à savoir : lutter contre les abus des policiers dans l’exercice de leur fonction et veiller à l’application stricte des textes législatifs et réglementaires, des directives et instructions relatives au bon fonctionnement de la PNC.
La création de l’IGA par le décret n°08/23 du 24 septembre 2008 s’encadre dans le processus de réforme, de restructuration et de modernisation de la PNC. Sur invitation des autorités congolaises, la mission de l’Union européenne pour la réforme du secteur de sécurité dans le domaine de la police en RDC (Eupol) a également organisé une formation destinée aux forces congolaises chargées de la sécurité en milieu carcéral.
Cette activité a eu lieu à la prison de N’dolo à Kinshasa et a été assurée par une équipe de 6 experts d’Eupol qui ont formé, durant 2 semaines, 106 militaires congolais sur les aspects du rétablissement de l’ordre en milieu carcéral, de l’utilisation du bâton de défense et des gestes techniques professionnelles en intervention (GTPI). Ensuite, ces experts Eupol ont conduit une formation aux techniques de commandement pour les officiers présents à ce séminaire. Simard Simon TSOUMBOU
La Fondation El Shaddaï organise un séminaire sur le leadership en période de crise
La Fondation El Shaddaï que préside M. Colin Nzolantima Landu organise, du 17 au 18 décembre 2010 dans la salle des conférences internationales du ministère des Affaires étrangères, un séminaire sur le « Leadership en période de crise». Ce séminaire, qui vise les entrepreneurs congolais, se tiendra sur le constat selon lequel la RDC « vit une crise d’identité et des valeurs ».
De ce fait, les entreprises, « par leurs potentialités et les responsabilités qu’elles assument dans le décollage du pays, ont besoin de renforcer leurs capacités dans ce domaine pour atteindre leurs objectifs. ». L’organisateur estime que, ce faisant, les entreprises congolaises vont avoir la « possibilité d’influencer positivement les autres secteurs de notre pays et pourquoi pas d’autres pays étrangers à l’excellence et au respect des valeurs pures si les principes énoncés dans ce séminaire sont appliqués » par le personnel.
Plusieurs sous-thèmes vont être développés lors de ce séminaire. Ils porteront sur les différents types de leadership, et leurs caractéristiques. D’autres thèmes sont : « comment être un bon Leader quelque soit sa fonction et position » ; « comprendre l’environnement international dans la gestion quotidienne » ; « comment les mentalités culturelles influencent notre manière de gérer » ; « le marketing dynamique » ; « l’endettement : des critères à retenir avant de prêter ou d’emprunter » ; « le Partenariat : ses dangers et les 10 conditions du bon choix d’un partenaire ».
Créée en 1992, la Fondation El Shaddaï a déjà tenu plusieurs conférences et séminaires dans plusieurs pays africains et européens. Elle milite pour la scolarité gratuite des enfants de niveau primaire et encadre les analphabètes et les enfants de la rue. Elle assure également la formation et le renforcement des capacités dans les entreprises. JEK
Avis de la CEP-O sur l’acquisition des services d’un consultant pour l’audit du système d’information de la REGIDESO
CELLULE D'EXECUTION DES PROJETS-EAU
"CEP-O "/REGIDESO
PROJET D'APPROVISIONNEMENT EN EAU POTABLE ET
D'ASSAINISSEMENT EN MILIEU SEMI-URBAIN " PEASU "
(KASANGULU, LISALA, TSHIKAPA).
Avis à Manifestation d'Intérêt n°004/CEP-EASU/COORD/CS/BT/2009 |
ACQUISITION DES SERVICES D'UN CONSULTANT CHARGE DE
L'AUDIT DU SYSTEME D'INFORMATION DE LA REGIDESO
1. Le présent avis à manifestation d'intérêt est apparu sur le site " afdb.org/fileadmin/uploads " de la Banque Africaine de Développement en date du 09 novembre 2009.
2. Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a obtenu un don du Fonds/Banque Africaine de Développement (FAD/BAD) en diverses monnaies pour financer le Projet d'Alimentation en Eau Potable et d'Assainissement en Milieu Semi - Urbain " PEASU " et a l'intention d'utiliser une partie des sommes accordées pour financer les services suivants.
3. Les services demandés portent essentiellement sur l'audit du système d'information préalable à la poursuite de l'informatisation de la REGIDESO. Pour ce faire, le Consultant aura pour tâches :
- d'établir un état des lieux du système d'information de la REGIDESO
- déterminer les forces et faiblesses du système d'information et proposer des solutions pou remédier aux faiblesses décelées dans une perspective d'accroissement du volume d'opérations de la REGIDESO
- de proposer un schéma de mise à jour du plan directeur informatique élaboré en 1983 et actualisé en 1985 afin de l'adapter compte tenu des contraintes et besoins actuels
- d'établir un schéma de mise en place d'un réseau intranet
4. La Cellule d'Exécution des Projets (CEP-O/REGIDESO) invite les Consultants à présenter leur candidature en vue de fournir les prestations décrites ci-dessus. Les Firmes éligibles intéressées doivent produire les informations sur leur capacité et expérience démontrant qu'elles sont qualifiées pour les prestations (documentation, référence de prestations similaires, expérience dans des missions comparables, disponibilité de personnel qualifié, etc.). Peuvent être candidats les Consultants de pays répondant aux critères de provenance définis dans les règles de procédure de la BAD pour l'utilisation des consultants.
5. Les Consultants intéressés peuvent obtenir des informations supplémentaires à l'adresse mentionnée ci-dessous aux heures d'ouverture de bureaux suivants : de 08 heures à 16 heures, heures locales :
Cellule d'Exécution des Projets, CEP-O/ REGIDESO,
c/°Centre de Formation de la REGIDESO
Sise 22007, Route de Matadi, Binza - Ozone
Kinshasa / Ngaliema
B.P. 12 599 Kinshasa I
République Démocratique du Congo
6. Les manifestations d'intérêt devront être déposées à l'adresse mentionnée ci-dessous au plus tard le 24 décembre 2009 à 11 heures (heure de Kinshasa) et porter expressément la mention " Services de Consultation pour l'Audit du Système Informatique de la REGIDESO " :
A l'attention de : Monsieur/le Coordonnateur de la Cellule d'Exécution des Projets
(CEP-O/REGIDESO)
c/°Centre de Formation de la REGIDESO/Sise 22007, Route de Matadi, Binza - Ozone
Kinshasa / Ngaliema
République Démocratique du Congo
Tél. : (+243) 81 504 76 91
B.P. 12 599 Kinshasa I/E-mail : cepo@)regidesordc. com
7. Une liste restreinte de sept Firmes, sera établie à l'issue de l'appel à manifestation d'intérêt et la consultation se fera conformément aux Règles de procédure de la FAD/BAD pour l'utilisation des Consultants (Edition Mai 2008). Il est à noter que l'intérêt manifesté par un Consultant n'implique aucune obligation de la part de l'Emprunteur d'inclure cet institut dans la liste restreinte.
Installation et mise en service des machines outils à l'usine de la Regideso / Kingabwa
Une équipe de deux ingénieurs de la société allemande Phywe Système est arrivée mercredi 18 novembre 2009 à Kinshasa pour installer des machines de fabrication des pièces de rechange à l'Atelier Central de la Regideso à Kingabwa.
Cette mission, qui avait une durée de deux semaines, a débuté par l'intérieur du pays, plus précisément dans les Provinces du Katanga et des deux Kasaï.
Les deux experts de Phywe, Mrs Jean-Luc Crochet et Jean-Pierre Joannes, sont allés successivement dans les localités de Mulungwishi et Lukotela dans la province du Katanga, à 200 km de Lubumbashi. Dans ces deux localités, ils avaient installé et mis en service des équipements techniques pour les ateliers mécaniques des artisans et des services connexes. Cette mission entre dans le cadre du Projet de Réhabilitation du Secteur Agricole et Rural (PRESAR) du Ministère du Développement Rural.
Malgré quelques difficultés rencontrées suite à l'instabilité du courant électrique, cette opération s'est très bien déroulée. Elle était aussi suivie d'une formation des utilisateurs desdits équipements destinés au développement et à la promotion de l'artisanat
Des équipements techniques semblables ont été également installées à Kabinda et Ngandajika au Kasaï Oriental, puis à Tshiala et Mashika au Kasaï Occidental par un ingénieur congolais sous-traitant de Phywe.
Rentrés à Kinshasa le dimanche 22 novembre, les collègues de Mr. Norbert Banzadio, Représentant de Phywe en Rdc, ont continué leur mission d'installation à l'Atelier Central du Complexe industriel de production d'eau potable de la Regideso à Kingabwa.
Le dossier de la Regideso fait l'objet d'un contrat, conclu il y a deux ans, entre la Société Phywe Système et le BCECO, et dont les matériels ont été livrés il y a un an dans le cadre du Projet Multisectoriel d'Urgence de Réhabilitation des Infrastructures Socioéconomiques (PMURIS), portant sur la réhabilitation de l'Atelier Central de la Regideso.
Ce contrat consistait en la fourniture d'outillage pour les ateliers mécanique et électrique ainsi que des machines outils, des engins de levage et divers moteurs.
Ces travaux d'installation et de mise en service des équipements dans cet atelier se sont déroulés du 23 au 27 novembre. On y a installé une mortaiseuse, une fraiseuse et deux tours mécaniques. Pour optimiser la fabrication des pièces de rechange des moteurs hydrauliques et autres machines, 7 agents de la Regideso ont suivi une formation de mise à niveau pour l'utilisation et la maintenance préventive et curative de ces engins. Formation à l'issue de laquelle des certificats leur ont été délivrés par Phywe.
Pour rappel, la société Phywe preste ses services en Rdc depuis 2003. Elle possède un Département Afrique basé à Liège (Belgique) qui s'occupe de l'expertise technique, de l'assistance et conseil scientifique. Phywe est présent en Afrique dans plusieurs pays, dont les pays du Maghreb (Algérie, Lybie, Maroc, Tunisie), de l'Afrique de l'Ouest (Bénin, Sénégal, Côte-d'Ivoire), de l'Afrique Centrale (Rdc, Congo-Brazzaville, Cameroun, Gabon) ainsi qu'en Angola.
Cette entreprise a presque atteint cent ans d'existence. Elle fut créée en 1913 ; elle déploie, à travers le monde, une intense activité de modernisation du secteur de l'enseignement, de la recherche et de l'industrie, en vue d'accroître et d'améliorer la productivité et la qualité du travail.
En Rdc, Phywe a déjà équipé les Instituts supérieurs de techniques médicales, les Instituts supérieurs de développement rural, l’Isp/Gombe ainsi que certains établissements d'enseignement professionnel et technique.
Sylvain MIEZI C.P..
Les Congolais à la base battent campagne contre la corruption
"Tolérance zéro", bonne gouvernance, justice équitable, etc., autant de concepts qui renvoient à un besoin central: la lutte contre la corruption, celle-ci étant comprise comme le plus grand fléau de toute société qui aspire au développement. En RDC, plus qu'un besoin, cette lutte devient une nécessité, un impératif qui engage la responsabilité de tous les citoyens, à tous les niveaux de la vie nationale. Le dernier rapport de Doing Business est éloquent face à cette exigence, mais les aspirations profondes des Congolais, croisées avec les efforts de développement contraste avec la pauvreté qui s'aggrave malgré ces efforts, etc, appelant à plus d'engagements dans le chef de chaque autorité publique et à tous les Congolais, chacun dans sa sphère de responsabilité et suivant ses compétences. Le dossier ci-dessous a été réalisé par le réseau de Syfia Grands Lacs pour le mois de novembre 2009. Son grand intérêt est d'aborder la question de la corruption, non pas dans les sphères politiques et de la macroéconomie, mais dans son impact direct sur la population bénéficiaire de tout effort de développement. Globalement, on peut percevoir de ces reportages de terrain une prise de conscience des effets pervers de la corruption sur le vécu quotidien, un engagement de plus en plus perceptible à le combattre, mais aussi des initiatives progressivement mises en place pour concrétiser cette lutte à la base.
Dossier
Tous corrompus, tous responsables
Les petites corruptions courantes en RD Congo n'émeuvent plus personne. "C'est l'article 15’’, le ‘‘débrouillez-vous pour vivre’’, le 'kizi', le 'sombe ya batoto', le 'madesu ya bana, que chacun connaît bien. "La quasi-majorité de la population de la RDC est corruptrice, corrompue mais se dit chrétienne", regrette un pasteur populaire de Bukavu, au Sud-Kivu. "Si chacun n'enlève pas la poutre qui est dans son œil, il arrivera un moment où les deux yeux de chaque Congolais ne verront plus", poursuit-il dans une parabole.
Les évêques catholiques ont, en marge de la 45e réunion de l'Assemblée plénière de l'épiscopat congolais, dénoncé cette situation : "La corruption est devenue le cadre général de vie et d'action politique en RD Congo. Tout le monde s'en plaint et la dénonce, mais une réelle volonté de la combattre et l'éradiquer fait encore défaut."
"Nous devenons corrupteurs et corrompus à cause de la pauvreté", explique un homme d'affaires qui ajoute que ce sont les plus démunis qui en pâtissent. "Nous sommes conscients que nous les corrupteurs faisons du mal à la société. Tout le monde s'est sali et a pataugé dans la corruption notamment dans la fraude, les tracasseries humiliantes, les détournements de salaires des agents, la corruption sexuelle, les honoraires sous la table, la contribution des parents, les détournements de l'aide extérieure, le coupage, la corruption judiciaire, la corruption législative, les commissions illégales…", énumère-t-il.
Selon lui, c'est l'ignorance et la complicité entre les corrupteurs et les corrompus qui empêchent la reconstruction du pays et "ont pour effet de faire reculer le progrès social et d'abrutir toute une population."
Vianney Kazembe, physicien et célèbre musicien à Bukavu, est du même avis : "La corruption est à la base de la médiocrité qu´on observe dans tous les domaines de production, d´organisation, de formation professionnelle… et elle a retardé le développement." Pour lui, "cette gangrène est due à l´incapacité de l'élite congolaise à asseoir et entretenir un idéal social répondant aux exigences de l´avenir positif du pays." Baudry Aluma Syfia
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*Sud-Kivu : un Congo sans corruption est-il possible ?
" Un Congo sans corruption est possible" : tel est le slogan des organisations de la société civile du Sud-Kivu qui se sont organisées pour mener des campagnes tous azimuts contre ce fléau qui mine la société. Mais, certains estiment qu'il faudrait commencer par les gens d'en haut…"
"Un Congo sans corruption est possible" : c'est le slogan de la campagne "tolérance zéro" organisée par la Synergie des acteurs de lutte contre la corruption et l'impunité (Salcori) en septembre dernier à Bukavu, à l'est de la RDC. "Les régies financières, les agents de l'ordre, des renseignements et des services publics ainsi que les autorités politico-administratives ont été sensibilisés contre la corruption et les antivaleurs", explique Jean-Claude Meya, membre de la Salcori.
Calicots sur la place publique, émissions radio et télévisées, visites dans les bureaux des services publics, conférences sur les marchés : tout a été mis en œuvre pour toucher de nombreuses personnes. Une caravane a clôturé cette semaine de sensibilisation. La semaine suivante, l'inspecteur général de la police de circulation routière a demandé que les policiers cessent d'arrêter les véhicules. "Mes recettes journalières avaient augmenté et je pouvais terminer le travail avant la nuit", se réjouissait alors un taximan. Mais début novembre, les policiers ont recommencé à tendre la main aux chauffeurs….
Pour le peuple, cette campagne est une supercherie. Les gens soupçonnent certaines organisations de la société civile tenues par les politiciens de jouer un double jeu. Ils sont découragés par le niveau élevé de corruption et d'impunité des politiciens qu'ils ont élus il y a trois ans. "On constate du népotisme ; les ressources nationales sont inégalement réparties et l'impunité s'institutionnalise", constate maître Julienne Mushagalusa. Selon Salvator Mubalama, animateur de Solidarité pour le développement de Kaniola, "une lutte anti-corruption où le pouvoir en place n'est pas à l'avant-garde n'est que démagogie". Cependant, pour D. Sango de Salcori, ces premiers pas sont "l'annonce d'une lutte acharnée qui va être menée contre les antivaleurs et une détermination d'exiger du pouvoir qu'il soit plus responsable, car tout n'est pas encore perdu."
Tous les services minés
Mais, il y a fort à faire. "La faible citoyenneté responsable fait que la plupart des gens banalisent la corruption", constate Sylvain Masirika, d'Humanité sociale. L'État, qui emploie le plus grand nombre de salariés, ne respecte pas le Smig (Salaire minimum garanti) pour le personnel de la Fonction publique. "La modicité du salaire et l'absence de retraite des agents de la fonction publique imputables aux dirigeants et l'irrégularité dans le paiement sont à la base de la corruption vécue en milieu professionnel", explique maître Idesbald Byabuze. D'autres, parmi les opérateurs économiques, accusent la conjoncture actuelle qu'ils ne font rien pour améliorer. "Même les personnes jouissant d'un revenu important trichent pour s'enrichir de plus belle au nom de la pauvreté", dénonce Martial Rutega, un analyste.
Au sein des institutions, les méthodes de gestion des "cinq chantiers" (voirie, logement, emploi, eau et électricité, santé et éducation) du gouvernement ne rassurent pas. "Sous le prétexte de réhabiliter la voirie urbaine, des ressources financières sont dilapidées sur des petits espaces jamais achevés, dénonce Oswald Rubasha, expert à la permanence de la Société civile du Sud-Kivu. En dehors de quelques kilomètres de routes témoins, les quatre autres chantiers sont laissés pour compte. " Pourtant, constate Adolphe Bandeke, un étudiant, "le Parlement est informé de la mauvaise gestion des affaires de l'État par l'Exécutif, mais il ne le sanctionne pas". "La culture de rendre compte, la sanction positive ou négative et l'alternance au pouvoir ne préoccupent pas les dirigeants", estime Jean Bosco Kazamwali, défenseur des droits des personnes du troisième âge.
Une synergie anti-corruption
Conscientes qu'il faut conjuguer leurs efforts pour obtenir des résultats dans la lutte contre la corruption, les associations se répartissent les interventions et échangent sur les méthodes à appliquer. Certaines dénoncent les taxes illicites, exorbitantes et les sous-taxes et "animent des émissions radiodiffusées par lesquelles elles sensibilisent les familles, les écoles et les Églises sur les dégâts que cause la corruption", rappelle Solange Mulinganya, membre de la Salcori. L'Observatoire gouvernance et paix forme les bourgmestres et les chefs de quartier à la citoyenneté responsable. Thaddée Hyawe-Hinyi Syfia
*Beni : lutte active contre la corruption dans les services publics
A Beni, au nord-est de la RD Congo, tout est mis en œuvre pour traquer les fraudeurs et empêcher les agents des impôts de se remplir les poches. Les taxes sont payées directement à la banque. Douanes, frontières, mines : tout est désormais scrupuleusement contrôlé par des unités de police spéciales. Les recettes grimpent.
"Je viens payer l'impôt professionnel sur les revenus de nos agents du mois d'octobre courant", explique Josée Etunda, caissière d'un établissement de vente de cigarettes, à l'agent du guichet des recettes à la Banque commerciale congolaise du Congo (BCDC), succursale de Beni au nord-est de la RD Congo.
Depuis le lancement de campagne de lutte contre les détournements de deniers publics en février dernier par l'assemblée provinciale du Nord-Kivu, la plupart de fonctionnaires habitués à toucher des pots de vin ou à piocher dans les recettes des impôts et des taxes sont sur leurs gardes. Pour éviter que les agents ne mettent les billets dans leur poche et que la collecte des fonds publics soit transparente, les autorités municipales ont décidé que les taxes seraient payées directement à la BCDC par les débiteurs.
"Lors de la taxation, les percepteurs des impôts font le calcul, émettent la note de perception aux redevables et leur donnent le numéro de compte de la banque. Après avoir ramené le bordereau de versement, ces agents délivrent la quittance", explique Richard Ruhesi, ordonnateur des recettes à la Direction générale des recettes domaniales et de participation (DGRAD) lors d'un séminaire des agents de l'administration locale. Selon les statistiques du bureau de la comptabilité des recettes administratives de la place, les rentrées ont augmenté de 60 % depuis début 2009. "Au mois d'octobre, nous avons enregistré plus de 500 000 $", explique Lukala Idi Kasindi, comptable public principal de la ville.
Fini l'impunité
"Tolérance zéro ne doit pas être un simple slogan, mais plutôt un modèle à suivre et à appliquer chacun à son niveau étant donné que c'est le manque de sanctions qui est la cause de beaucoup de comportements criminels dans notre pays", insistait le maire de Beni, le lundi 16 novembre, jour de parade matinale. Les services générateurs de recettes ne sont plus autorisés à percevoir les taxes dans leurs bureaux."Certains agents percevaient l'argent et commençaient déjà à les utiliser pour leurs propres fins. En contrepartie, ils remettaient de faux documents aux opérateurs économiques. Mais, avec ce système, les brebis galeuses ont maintenant des difficultés à voler", révèle Matthieu Mukoma, contrôleur à la brigade provinciale de Beni. Des entreprises publiques, notamment l'Office de douanes et accises, la direction générale des impôts et la DGRAD communiquent désormais, chaque jour, les montants perçus à la brigade des Finances qui intervient à la fin du circuit pour vérifier et contrôler les bordereaux venus de la banque. "Actuellement, nous sommes en train de suivre tous les dédouanements à la loupe, complète Messy Kasereka, inspecteur de douane de Beni. Personne ne peut plus s'aventurer à dénaturer les marchandises, car cela dépend de son avenir au travail. Neuf vérificateurs de douane de mon ressort viennent d'être révoqués pour avoir participé à la fraude douanière." Il ajoute que les agents de ses services bénéficient de bonus (recettes rétrocédées à la régie à la fin du mois par le ministère des Finances) qui permettent à chaque agent de couvrir ses charges et d'éviter les tentations.
Ces instructions sont observées et appliquées à la lettre. Même son de cloche pour les services urbains attachés à la mairie, qui sollicitent les ordres de mission avant d'effectuer le recouvrement et rendent compte de leur travail à l'autorité municipale, rapporte Claude Nzimoto, secrétaire administratif à l'Hôtel de ville.
L'aide de la police
Pour renforcer ces actions, deux nouvelles unités spéciales sont à pied d'œuvre à l'Inspection de la police nationale congolaise. Elles ont pour mandat de rechercher, arrêter et conduire les fraudeurs devant les juges.
A l'unité des frontières, Jimmy Ntuba, commandant de police, témoigne: "Depuis que mon service est opérationnel, il y a moins de fraude. Plus de trois fois, j'ai appréhendé des véhicules en train de frauder. Je les ai pourchassés jusqu'à ce que j'aie mis la main sur eux."
Quant aux policiers de l'unité mines, ils sont postés à la frontière, à l'aéroport et à la barrière centrale de Beni. Richard Sinamali, chargé des relations publiques au commissariat de district, prévient cependant : "Pour que ces agents de l'ordre soient efficaces et fidèles à leur mission, il est nécessaire que l'État fasse un suivi régulier et les motive, sinon ça sera une perte de temps." Jacques Kikuni Kokonyange
*Butembo : la bonne gestion des taxes stimule leur paiement
Les caisses de la mairie de Butembo, au nord-est de la RD Congo, se remplissent ces derniers mois. Depuis que la municipalité a entrepris des travaux en ville, changé le mode de paiement des impôts, modernisé ses services… les habitants sont plus enclins à payer leurs taxes aujourd'hui bien utilisées.
Des bennes chargées de latérite traversent l'artère principale de la ville à vive allure, des tracteurs et autres engins lourds rasent des maisons pour élargir la rue : c'est le spectacle quotidien auquel assistent les habitants de Butembo, au nord-est de la RD Congo depuis près d'un mois. Ces travaux exécutés sur les fonds propres de la Mairie font le bonheur des habitants. "Je crois qu'il fallait une initiative de ce genre pour que nous comprenions que les choses avancent", lance avec satisfaction Kakule Arsène, un chauffeur de taxi moto. La municipalité s'attaque aussi aux ponts et aux caniveaux. Les têtes d'érosion sont en voie d'être stoppées.
Ces actions concrètes convainquent de nombreux redevables assujettis à la taxe de la mairie de la ville. "Nous étions habitués à des mots. Nous avions besoin d'actes. Cela nous motive, nous opérateurs économiques à payer les droits à l'État ", déclare Kasereka Katsuva, président de la Fenapec (Fédération nationale des petites et moyennes entreprises du Congo). Ce changement d'état d'esprit est sensible dans les services de perception des taxes dues à la mairie et aux communes de la ville. Kakule Batsotsi, chef urbain adjoint au service de la Culture et des arts, en témoigne : "Nous avons réussi à doubler nos revenus depuis que les redevables comprennent ce que devient l'argent qu'ils payent à l'État." Même embellie à la mairie. "Nous arrivons désormais à plus de 10 000 $ pour la seule taxe de stationnement au parking municipal alors que nos prédécesseurs réalisaient difficilement la moitié", précise Godefroid Matimbia, maire adjoint de Butembo. Il ajoute qu'en cette fin d'exercice budgétaire, 80 % des recettes prévues ont été recouvrées. "C'est exceptionnel que nous atteignions ces chiffres. C'est parce que les contribuables ont compris et nous font confiance", ajoute-t-il.
Agir pour convaincre
Pour arriver à ces résultats encourageants, la mairie de Butembo a dû convaincre ses administrés que le système avait changé. "Nous avons mis de la rigueur aussi bien dans la perception que dans les dépenses des fonds pour rencontrer les vœux de notre population", explique Godefroid Matimbia. La mairie a en effet instauré le système de versement des taxes à la banque. Avant, les agents les percevaient directement auprès des assujettis pour ensuite aller les verser à la banque ce qui facilitait les détournements. Désormais, le redevable se présente de lui-même auprès des percepteurs avec le bordereau de banque pour obtenir sa quittance.
Il y a aussi la rigueur dans la perception pour faire payer le juste prix. "Il arrive que des margoulins tentent de nous doubler, mais là, on sévit", affirme Katsuva Térya, chef de division unique de la mairie. En 2009, deux agents de la mairie accusés de détournement ont été arrêtés, emprisonnés et révoqués. D'autres ont reçu des blâmes ou ont été suspendus temporairement de leurs fonctions. "Encadrer les recettes signifie être aussi vigilant à chaque étape de l'exécution du budget que nous respectons scrupuleusement", précise de son côté Kahumba Mathe, receveur chef comptable de la mairie de Butembo.
Bien affecter les taxes
Les taxes perçues sont affectées à des actions utiles. "Même si on n'est pas encore très à l'aise, au moins nous voyons que les autorités se soucient de notre bien-être ", soutient Kambere Mulungulu, tenancier d'une boutique Rue Président de la République. Plusieurs secteurs sont en effet pris en compte dans les projets de la mairie. Celle-ci s'est par exemple dotée de sa propre fanfare et forme elle-même ses musiciens. Pour Kasereka Kaparai, habitant la Rue Mgr Mbogha, l'équipe de la mairie mérite des encouragements. "Avant,il suffisait d'une petite pluie pour que ma maison soit inondée, mais depuis que ce caniveau a été dégagé et reconstruit, je me sens en sécurité.". Les différents services de la mairie, logés dans un nouveau bâtiment, ont été informatisés. "On avance vers le modernisme", se félicite un secrétaire.
La sécurité en ville s'améliore aussi. "Lorsque nous travaillons dans un environnement serein, cela nous encourage", déclare Jean Mukongoli, commerçant au marché central.
Kennedy Wema/Syfia Grands lacs
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