Billet |
PPTE : ni le paradis, ni l’enfer
E Entre les postures des dithyrambes des nihilistes et autres opposants par principe et les angélistes et autres opportunistes par nécessité, il y a place pour un débat responsable en rapport avec l'atteinte du point d'achèvement. D'abord, autant le dire tout de go: l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte n'est pas la pire chose qui soit arrivée à la Rdc. Bien au contraire. Cette réduction de la dette n'est pas non plus ce bâton magique dont on rêverait pour mettre fin à la misère ambiante.
Inutile donc de faire la fine bouche: l'effacement de la majeure partie de la dette ne saurait être perçu comme une mauvaise nouvelle. Sinon à quoi aura servi tant d'années passées sous les fourches caudines des institutions de Bretton Woods si, à l'arrivée, il n'y avait pas l'ombre de réduction de la dette? Certes, le principe même de la dette extérieure des pays africains est sujet à controverse. Il est vrai que l'endettement de la Rdc n'a pas servi à développer le pays. Pour le Congo-Zaïre, cette masse d'argent a plutôt enrichi... les créanciers eux-mêmes et leur allié local que fut Mobutu et tout son clan.
Il est donc tentant de suivre les tenants de faire de cette dette table rase à l'instar de certains pays. Seulement pour peu qu'on soit réaliste, on réalise vite que cette posture maximaliste est difficilement tenable pour la Rdc. Les rapports de force politique, diplomatique, financière et même militaire ne plaidant pas pour cette option qui séduit par sa dimension populiste.
Pour autant, l'atteinte du point d'achèvement ne devrait pas donner à un enthousiasme angélique. D'abord, parce que l'ombre tutélaire du Fmi plane encore sur Kinshasa. La Rdc devrait, encore et toujours sous l'œil vigilant des institutions de Bretton Woods, orienter les ressources qu'il consacrait à la dette aux secteurs sociaux. En fait d'annulation, il s'agit d'une réaffectation du service de a dette. Tant mieux, si cette fois-ci cet argent va vers l'éducation, la santé...Et puis, toute l'ardoise n'est pas effacée. Il reste quelque deux à trois milliards de dollars à éponger. Enfin, un coup d'œil chez certains voisins ayant atteint le point d'achèvement montre que le lait et le miel ne sont pas toujours au rendez-vous.
Plus fondamentalement, on ne peut pas reprocher aux dirigeants congolais d'être en programme avec les institutions de Bretton Woods. On devrait plutôt inviter Kinshasa à avoir un plan alternatif cohérent de développement. Le Fmi pas plus que la Banque mondiale n'ont jamais développé un pays. Ces deux institutions n'y ont même pas vocation. Il appartient à la Rdc de s'inspirer des exemples d'autres nations qui ont mis l'accent sur la production intérieure de manière à créer une économie autocentrée.
José NAWEJ
La part de Muzito
Si l'échec est orphelin, le succès ne compte pqsde géniteurs, tant ils sont nombreux. L'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte par la Rdc justifie cette sagesse populaire. Tout le monde revendique la victoire. Avant même que les institutions de Bretton Woods n'aient notifié officiellement Kinshasa, des forces politiques de la Majorité ont rivalisé d'imagination pour récupérer ce haut fait d'arme. Avant même que le Gouvernement congolais n'ait annoncé la bonne nouvelle, des ténors de la Majorité ont vite fait de brandir le trophée. Ironie de l'histoire : les plus critiques de l'action du gouvernement auront été les plus prompts à s'approprier le satisfecit du binôme Fmi-Bm. Soit. La nature est ainsi faite. Le principal étant le point d'achèvement.
Pour autant à tout seigneur, tout honneur, dit-on. L'admission de la Rdc à l'initiative Ppte est d'abord la victoire de deux hommes: Joseph Kabila et Adolphe Muzito. Le premier pour avoir tracé les grands axes de la politique gouvernementale et le second pour sa capacité à mettre en musique la symphonie présidentielle. En empruntant au registre architectural, on parlerait du maître d'ouvrage et du maître d'œuvre.
Homme au triomphe modeste-à l'instar du Raïs-Adolphe Muzito peut, pourtant, boire du petit lait. Il a toutes les raisons du monde de le faire. Un insuccès du gouvernement sur le front du point d'achèvement aurait été mis sur son dos. Normal.
Symétriquement, la paternité de la victoire de Washington revient au gouvernement Muzito. De fait, quand on aura tout oublié du passage d'Adolphe Muzito à la Primature ; quand on aura soldé tous les comptes de la mandature Palu à la tête du Gouvernement; quand on aura fini de diaboliser, humilier, jeter en pâture l'honneur de Muzito, il restera bien une chose : le point d'achèvement. L'Histoire retiendra qu'un Premier ministre aura donné un contenu à tous les sacrifices endurés des décennies durant au nom de la rigueur imposée par le Fmi. Ce premier ministre que personne n'attendait ni ne voyait venir aura donc été l'un des rares à laisser des traces positives. Patrice Lumumba était l'homme du mythe fondateur de l'indépendance, Moïse Tshombé, version 1964, était l'architecte de la normalisation et du pouvoir d'achat. Après, viendront les années Mobutu et la longue transition au courant desquelles des premiers ministres-à l'exception de Lunda Bululu avec le fameux pont sur la Makelele- ont promis, sans résultat à l'arrivée, monts et merveilles. Du Mpiodi dans l'assiette du plus démuni de Jean Nguz au sourire de Faustin Birindwa.
A moins d'un an de la fin de la législature, Adolphe Muzito aura achevé de mériter son rôle d'homme de mission. Dans l'ombre tutélaire du géant Gizenga, au cœur du dispositif gouvernemental mis en place par Kabila, Muzito, sans triomphalisme, aura déjà mérité et du Palu et de la Majorité.
. José NAWEJ
Une success story à capitaliser
Pour Joseph Kabila, les festivités du cinquantenaire s'apparentent à une vraie success story. Kinshasa avait mis un point d'honneur de voir le Souverain belge rehausser de sa présence le jubilé d'or de l'indépendance. Pari gagné. Le Roi Albert II dont on disait qu'il allait faire un voyage-éclair aura séjourné à Kinshasa quatre jours durant. Tout un message. Outre le couple royal belge, la quasi totalité de chefs 'Etat de la région ont répondu à l'invitation du Raïs congolais. Le rwandais Kagame et l'ougandais Museveni ont enfin refoulé le sol kinois après plus d'une décennie de brouille avec la Rdc. Il n'y a pas meilleure illustration de la normalisation des rapports dans les grands lacs.
S'il a joué la carte de la paix, Joseph Kabila, émanation de l'armée, n'a pas oublié le dicton selon lequel "qui vis pacem, para bellum".Le défilé monstre sur le boulevard Triomphal a tourné en une démonstration de forces. Les hommes de troupes ont battu le pavé. Mais on a surtout relevé l'impressionnante armada qui a clos la partie militaire du défilé. Sans doute qu'au seuil de son cinquantenaire, la Rdc n'entend plus être ce ventre mou ou cet espace où tous les bellicistes en mal de convoitises pouvaient investir une partie du territoire sans le moindre souci.
A l'interne, le Raïs a aussi de quoi ne pas bouder son plaisir. Les très difficiles Kinois n'ont pas été indifférents au jubilé d'or du cinquantenaire. Certes, pour une fête nationale, on peut déplorer l'absence aux festivités de certains ténors de l'opposition républicaine. Mais, à en juger par la mobilisation et la ferveur populaire constatées aux abords du Triomphal et à l'occasion de l'accueil du couple royal belge, on peut affirmer que Kinshasa la boudeuse n'a pas boycotté le 30 juin. Il est vrai aussi que le volet infrastructures des cinq chantiers commence à être de plus en plus visible dans la capitale. Du reste, le Président a opportunément inauguré quelques réalisations à la veille du jour-j.
Et lorsque dans son message à la Nation, Joseph Kabila rend hommage notamment à Kasa-Vubu et Mobutu, il jette un pont entre son bloc nationaliste et l'autre vieille famille politique du pays. Un pan de frustrations historiques est tombé. D'autant que dans la foulée du Cinquantenaire, le président a inauguré le monument érigé en mémoire de Joseph Kasa-Vubu.
En un mot comme en mille, Joseph Kabila a réussi son coup. A charge maintenant à ses collaborateurs et aux autres institutions de capitaliser ce haut fait. Cela pose le sempiternel problème de suivi. Est-ce que la modernisation de Kinshasa va se poursuivre? Est-ce que l'autorité urbaine va rester en éveil ou retomber dans sa léthargie? Est-ce que le militaire ou le policier nouveau incarné par la nouvelle tenue va tuer définitivement le vieil homme d'hier ? Le nécessaire aggiornamento historique opéré par le Président en personne sera-il traduit en actes? Bref, est-ce que l'après cinquantenaire sera différent de l'avant jubilé d'or ? C'est à l'aune de cette interrogation que le monde entier jugera la Rdc. C'est aussi par la capacité du pouvoir rd-congolais à maintenir ou pas la dynamique du renouveau que la majorité silencieuse jugera la classe dirigeante lors de prochaines élections.
José NAWEJ
Chantiers: Et l'arrière-boutique?
C'est la dernière ligne droite pour l'horizon 30 juin. Dès ce lundi 28 juin, Kinshasa va commencer à accueillir ses hôtes de marque ou leurs missi dominici. A quelque cinq jours du jour j, les préparatifs s'accélèrent. Sur les différents chantiers, Chinois et Congolais travaillent de jour comme de nuit. Les boulevards du 30 juin et Triomphal se sont refaits une jeunesse. Des immeubles longeant certaines artères ont enfin reçu une couche de peinture. Gros pourvoyeur de la crasse qui infeste Kinshasa, le Grand marché pourrait être nettoyé. Peut-être au kärcher, pour paraphraser le Président français Sarkozy quand il parlait des banlieues. Bref, pour fêter les 50 ans d'indépendance, Kinshasa fait peau neuve.
Cette amorce de la modernisation de la capitale congolaise ne devrait, cependant, pas être une espèce de cache-misère. S'il faut se féliciter de ce qu'un pan de cinq chantiers commence à devenir une réalité à Kinshasa, il n'en demeure pas moins que les travaux en cours semblent dictés, pour l'essentiel, par les impératifs du cinquantenaire. C'est autour des axes liés, d'une façon ou d'une autre, aux festivités du jubilé d'or de l'indépendance que se concentrent les travaux. Même le réveil de l'autorité urbaine, d'ordinaire pas spécialement visible sur le front de la voirie, paraît s'expliquer davantage par l'enjeu du cinquantenaire que par l'obligation d'assainir la ville. Autrement, la salubrité publique ne devrait pas passer pour une campagne médiatique lancée à la veille du 30 juin.
De ce point de vue, le vrai test se passera après la commémoration du cinquantenaire. L'on verra bien si la reconstruction à marche forcée va se poursuivre. L'on sera curieux de voir la suite à donner à l'assainissement de la capitale. Car, ce pays est plein d'initiatives sans lendemain. Que d'opérations de salubrités publiques qui n'ont duré que l'espace d'un matin! De "Kin bopeto" à "kanga vagabond" en passant par "ramassage des sachets", autant de campagnes qui se sont vite muées en slogans creux.
De plus, pour importante qu'elle soit, la restauration de principales artères ne devrait pas voiler les urgences sociales quotidiennes de Kinshasa profond. Il s'agit, notamment, de l'eau, de l'électricité et du transport en commun. La réfection du prestigieux boulevard du 30 juin peut même paraître comme le cadet de soucis du Kinois du crû de la Tshangu qui n'a que faire de la plus belle avenue du pays.
Croisons les doigts pour que l'élan pris en prévision du cinquantenaire s'installe dans la durée et affecte aussi l'arrière-boutique que sont ces quartiers populeux où vivent les vrais gens. C'est à cette condition que les sceptiques de raison que sont devenus les Congolais se convaincront que, cette fois-ci, les pouvoirs publics ont intégré l'hymne national en prenant le plus bel élan. José NAWEJ
30 Juin: Au-délà
de la fête
Dans moins de deux semaines, c’est le 30 juin. Le compte à rebours a déjà commencé. Kinshasa ingurgite sa cure de jouvence et de modernité à forte dose. Les Chinois sont sur le point de finir de bâtir la place Tien Anmen, version congolaise en un temps record. C’est une capitale rd congolaise reliftée qui accueillera les hôtes de marque au premier rang desquels le Roi Albert II de Belgique.
Un demi siècle dans la vie d’un homme comme dans celle d’une nation n’est pas rien. ça se fête ou, à tout le moins, ça se célèbre. Manifestement, le décor de la fête se met en place à Kinshasa. Elle promet même d’être grandiose, cinquantenaire oblige.
Tout le problème sera de veiller à ce que les agapes du pays légal ne masquent pas le nécessaire débat sur 50 ans de gâchis. Car au lendemain du 30 juin , le pays réel va se réveiller avec ses sempiternelles angoisses existentielles. Les plus nostalgiques allant jusqu’à se demander à quand la fin de l’indépendance. Une manière-sans doute maladroite-de regretter ce bon vieux temps colonial où les services essentiels publics étaient à la portée du plus grand nombre.
Nous voici au coeur du vrai enjeu de ce cinquantenaire. Qu’avons-nous fait de 50 ans d’indépendance, si tant est que ce pays se soit vraiment comporté en nation indépendante. Avons-nous dressé nos fronts? Avons-nous, ne fût-ce qu’entrepris de bâtir un pays plus beau qu’avant? Point besoin d’être clerc pour répondre par la négative à ces deux interrogations tirées de notre hymne national.
Alors, pourquoi 50 ans après notre accession à la souveraineté internationale, nous sommes encore loin des idéaux-par moment même en contradiction-professés dans notre chanson nationale? Plus que la fête-qui est légitime-la réflexion autour de ces questionnements semble la meilleure façon de célébrer le 30 juin. Il s’agit d’engager un débat citoyen de fond sur les raisons de l’échec collectif de 50 premières années de la RDC et de baliser l’avenir.
Cette barza devrait impliquer toutes les forces vives. Le commissariat général du cinquantenaire s’est, certes, essayé sur ce terrain. Mais, l’exhibitionnisme et le voyeurisme bien de chez nous l’ont emporté sur le nécessaire débat de fond attendu. Sans cette catharsis nationale, l’électrochoc pour repartir du bon pied fera défaut. Et la parade du 30 juin, les dîners de gala et autres garden parties prévus ce jour là s’ajouteront à la longue liste des festivités gigantesques que ce pays organise avec brio depuis les années Mobutu. José NAWEJ
Une grève-couperet
Silence de cimetière dans la Fonction publique. Pas un seul bureau d’ouvert hier dans l’administration publique. A la Justice, aux Affaires étrangères... pas l’ombre d’un fonctionnaire. Même le service minimum n’est pas au rendez-vous. On l’aura compris: le mot d’ordre de grève est suivi à la lettre par les agents de l’Etat.
Laissés pour compte de tous les régimes, les fonctionnaires recourent pour la énième fois au débrayage pour essayer de se faire entendre. Depuis l’arlésienne Mbudi, les agents de l’Etat ont leur unité de mesure: l’application progressive de Mbudi ou rien. A peine ont-ils appris que leurs boss-entendez les secrétaires généraux-ont été augmentés qu’ils réclament qu’il en soit de même pour toute la Fonction publique. Ce qui n’est que logique, voire justice.
Vu du gouvernement, cette grève de fonctionnaires tombe à un pire moment. A quelque deux semaines de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, le débrayage du bras séculier de l’Etat sonne mauvais.
Ce n’est pas tout. Cette grève se traduit par quantité de désagréments pour les usagers du service public que nous sommes tous. Impossible de se procurer un document administratif par les temps qui courent. En proie à une kyrielle d’autres soucis, les Congolais avaient besoin de tout, sauf d’un supplice de plus, voire de trop. Pas besoin d’être devin pour parier que si rien n’est fait, la fête du 30 juin aura un goût bien amer encore.
Il devient donc urgent de décanter ce débrayage. Certes, il serait démagogique de promettre le paradis social dans un désert économique, le bonheur des fonctionnaires comme celui de tous les Congolais passant par la production. Laquelle est anecdotique 50 ans après l’indépendance. En plus, les contraintes inhérentes au programme avec les institutions de Bretton Woods ne laissent pas les coudées franches à l’Exécutif congolais dans le domaine de l’augmentation de salaires.
Reste qu’ il est du devoir du gouvernement de trouver ne serait-ce qu’un début de solution aux revendications légitimes des agents de l’Etat. Il est possible , moyennant la réduction du train de vie de l’Etat et de ses dépendances, de trouver des ressources substantielles à allouer aux fonctionnaires. Et la RDC ne serait pas le premier pays à mettre au régime les bonzes de son appareil d’Etat. Dans nombre des pays de la riche Europe, ministres, députés... se délestent d’une partie de leurs émoluments pour s’appliquer à eux-mêmes d’abord la rigueur. Il est vrai que les économies résultant de la cure d’amaigrissement du Congolais d’en haut ne saurait suffire à booster le revenu du fonctionnaire ,mais il démontrerait la volonté du gouvernement de requalifier progressivement la condition de l’agent de l’Etat.
En tout cas, FMI ou pas FMI, production ou pas production, le Gouvernement est dans l’obligation d’agir. José NAWEJ
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EDITION N°3644 du MARDI 06 JUILLET 2010 |
TRAGEDIE DE SANGE
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Le MLC exige une enquête
* Joseph Kabila hier au chevet des victimes
Principal parti de l'Opposition parlementaire, le MLC vient de réagir à la tragédie de Sange dans le Sud-Kivu. Dans un communiqué signé par son Secrétaire général François Muamba, le parti cher à Jean-Pierre Bemba exprime ses condoléances aux familles éprouvées. Après cet instant d'émotion et de respect dû aux morts, le MLC demande au Gouvernement de diligenter une enquête, question de dégager les responsabilités et de prévenir à l'avenir de tels accidents. Le MLC attend également du Gouvernement qu'il prenne en charge les familles des victimes ainsi que les survivants de cette tragédie.
COMMUNIQUE DE PRESSE DU MLC SUITE A LA TRAGEDIE DE SANGE
Le Mouvement de Libération du Congo a appris avec consternation la mort inopinée de plus de deux cent de nos compatriotes dans la tragédie survenue la semaine passée à SANGE dans le SUD KIVU. Joignant sa compassion à l'ensemble du peuple congolais, le MLC présente ses condoléances les plus attristées aux familles éprouvées.
En vue d'éclairer l'opinion, et compte tenu de la gravité de la catastrophe, le MLC demande au gouvernement de diligenter une enquête afin de dégager d'une part les responsabilités et d'autre part de prévenir à l'avenir de tels accidents.
Le MLC demande également au Gouvernement d'assurer dans des délais raisonnables la prise en charge humanitaire et psychologique des familles des victimes ainsi que des survivants.
Enfin le MLC demande au peuple congolais d'accompagner dans la prière nos compatriotes touchés par le destin et d'exprimer à leur endroit la plus grande des solidarités.
Fait à Kinshasa le 04 juillet 2010
François Muamba
Secrétaire Général
HECATOMBE AU SUD-KIVU
Joseph Kabila hier à Sange au chevet des victimes
Le Président Kabila a effectué, hier, le déplacement de Sange, territoire d'Uvira dans la province du Sud-Kivu, où il est allé réconforter les victimes de l'incendie d'un camion citerne transportant de l'essence et qui avait causé, vendredi dernier, plus de 230 morts et 115 blessés. Joseph Kabila est, d'abord, arrivé en milieu de matinée à Bukavu où il a rendu visite à certains blessés évacués dans les hôpitaux du chef-lieu du Sud -Kivu avant de se rendre à Sange par route (70 Km) qu'il a atteint à 13 heures locales. Ici, le chef de l'Etat a rendu visite à une vingtaine de blessés hospitalisés avant d'aller en faire de même dans la ville d'Uvira (30 Km) où sont hospitalisés d'autres blessés.
La visite surprise du Président Kabila n'a pas manqué de réjouir la population. "C'est un grand événement. Depuis vendredi, beaucoup de gens ici ont peur, ils pensent aux morts. Avec la venue du chef de l'Etat, cela peut rendre confiance à la population", a déclaré à l'AFP John Kakozi, un étudiant de 22 ans.
Le Chef de l'Etat était accompagné ou précédé de plusieurs ministres, notamment ceux de la Santé, de l'Intérieur et des Affaires sociales Victor Makwenge, ministre de la Santé, a convoyé une tonne de médicaments pour les différentes formations médicales mobilisées après le drame de Sange. Une véritable bouée de sauvetage, notamment pour l'Hôpital d'Uvira, démuni de produits pharmaceutiques et où les blessés étaient obligés d'acheter eux-mêmes les médicaments.
Le bilan officiel avancé en hier faisait état de plus ou moins 242 morts dans l'incendie du camion citerne qui s'était renversé à Sange avant de prendre feu. On indique, cependant, que depuis lors, plusieurs blessés acheminés aussi bien à Uvira, Goma et Bukavu sont décédés. Ce bilan pourrait donc s'alourdir.
Informé du drame, le Président de la République a, dans un message diffusé dimanche dernier, décrété un deuil national de 48 heures qui prend fin ce mardi. Il a également instruit les services compétents " d'élucider rapidement les circonstances de ce drame et de prendre toutes les mesures permettant d'éviter que cela ne se reproduise à l'avenir". Jonas Eugène KOTA
Sange : les ressortissants d'Uvira à
la rescousse des victimes de l'incendie
Les ressortissants d'Uvira (Sud-Kivu) résidant à Kinshasa se sont mobilisés pour voler à la rescousse des victimes de l'incendie survenu le vendredi 2 juillet à Sange. Réunis autour de l'association culturelle "Buguma" et de l'ONG Action de solidarité pour la paix et le développement Uvira-Fizi (ASPD-UF), ils ont collecté une somme symbolique pour soulager les peines des patients hospitalisés.
Partis à Sange dans la matinée du dimanche 4 juillet dernier, les délégués de ces associations ont voyagé à bord d'un avion affrété par le gouvernement national. Conduite par le Vice-premier ministre en charge de l'intérieur et sécurité du territoire, M. Adolphe Lumanu, la délégation, constituée de 48 personnes dont sept membres du gouvernement et des députés d'Uvira, est arrivée au lieu du sinistre dans la soirée où elle s'est attelée à réconforter les familles éprouvées.
Hier mardi dans la matinée, Adolphe Lumanu s'est rendu à l'Hôpital général d'Uvira, à Kakungwe, en compagnie des ministres Norbert Katintima de l'Agriculture, Ferdinand Kambere des Affaires sociales et humanitaires, Bulambo de l'Economie, Claude Nyamugabo Bazibuhe de la Jeunesse et Sport, Jean-Baptiste Ntahwa du Budget... et des députés nationaux originaires d'Uvira (Wildor Makonero, Bitakwira, Kanyegere).
Dans cet hôpital où ont été acheminées les victimes de l'incendie, Benoît Kalikat, président de Buguma et secrétaire général de l'ASPD-UF, a remis au médecin directeur un lot de médicaments destinés à traiter les patients, en attendant l'appui du gouvernement.
"Ces médicaments que nous avons achetés à Bukavu sont l'œuvre des ressortissants d'Uvira résidant à Kinshasa qui ont aussitôt mobilisé, au lendemain du sinistre, la somme de 530 dollars Us et 31.500 FC (environ 35 $), reconnaît Benoît Kalikat. Ce premier geste de solidarité a beaucoup marqué le médecin directeur de l'hôpital général d'Uvira".
La délégation est revenue à Sange dans la journée pour dresser l'état des lieux de la situation. Pour le ministre de la santé, Makwenge Kaput, le bilan officiel des victimes s'est alourdi, passant de 230 à 242 morts. Il sied de signaler que les victimes de l'incendie ont été acheminées, outre à l'Hôpital général d'Uvira, au centre de santé de Sange, à l'hôpital de Lemera (Uvira) et à celui de Pangi (Bukavu). Selon la télévision nationale, 20 médecins et anesthésistes venus de Kinshasa sont allés prêter main forte au personnel soignant.
Yves KALIKAT
ENJEUX DE L'HEURE
INTERVIEW
PPTE : le député Alexis Kadima invite le Gouvernement à maintenir le cap
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Depuis que la RDC a atteint le point d'achèvement de l'initiative Pays pauvres très endettés (PPTE), des réactions fusent de partout. C'est le cas du député national indépendant Alexis Kadima qui révèle , dans un entretien avec «Forum des As», qu'il a accueilli la nouvelle avec une très grande satisfaction. D'après cet économiste formé à la bonne école, c'est à tout le peuple congolais que revient la victoire de cet allégement de la dette pour la simple raison qu’il a serré la ceinture durant de longues années. L'élu de Tshilenge invite le Gouvernement à maintenir le cap et à considérer qu'il continue à payer la dette. Et ce, en affectant les ressources à l'amélioration des conditions de vie des populations.
La RDC vient d'atteindre le point d'achèvement de l’initiative PPTE. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
Avec une grande satisfaction parce que cela va essayer de libérer des énergies, des ressources qui doivent être affectées à des dépenses pour lutter contre la pauvreté qui est très accrue dans notre pays.
Dans son récent discours à la nation, le Chef de l'Etat a révélé que les ressources propres seront affectées aux secteurs prioritaires à savoir la santé, l'éducation et le transport. Etes-vous de cet avis ?
Ce n'est pas une nouveauté. Dans le programme du Président de la République, ce sont les cinq chantiers. On attend toujours qu'il les réalise. Nous sommes à un an de la fin de la législature. Cela n'est pas le problème. Mais, j'espère que cette fois-ci, ces ressources captées vont être effectivement et réellement affectées aux dépenses pour la lutte contre la pauvreté. Il faut aussi que les gens comprennent que nous n'allons pas avoir de l'argent frais.
Quel risque la RDC court-elle si elle ne gère pas bien le montant qui devrait servir à payer la dette ?
Il faut dire que le risque c'est de voir encore davantage le pays plonger dans la pauvreté. Mais je crois qu'il faut féliciter le courage du peuple congolais qui s'est sacrifié. Il doit maintenant au moins se dire que cet allègement doit servir à ce qu'il voit son niveau de vie s'améliorer. Le grand risque, c'est de voir le peuple congolais continuer encore à payer un lourd tribut sans aucune justification. Même si on reste encore sous surveillance des institutions de Bretton woods.
Avec l'allègement de la dette, est-il possible que le pays puisse sortir du cycle d'endettement ?
Oui. C'est l'endettement qui était plus important, qui pesait sur nous. La dette se situait autour de 14 milliards. Aujourd'hui, il est réduit. Il reste près de 2 milliards. Je crois que c'est un poids important qui nous a été enlevé. Je me souviens toujours de Jacques Toubon, ancien maire de Paris et député du RPR, qui disait que: «l'endettement c'est comme un caillou qui empêche un véhicule de pouvoir démarrer ou un avion de pouvoir partir». Donc, on nous a déjà enlevé le gros des cailloux. Il faut gérer les ressources, les réorienter à la lutte contre la pauvreté. Il faut également éviter de s'endetter encore pour rien. Il faut donc éviter de se retrouver dans le cycle infernal d'endettement. En ce moment là, on va éviter au peuple les énormes sacrifices endurés depuis toutes ces années.
Selon vous, qui a gagné le pari avec l'annulation de la dette ?
J'ai aimé le fait que le Président de la République ne soit pas tombé dans ce genre d'exercice. C'est un combat de tout le peuple congolais, de tous les braves techniciens qui travaillent aux ministères des Finances, du Budget, à la Banque centrale, aux institutions, au Gouvernement avec le duo Président de la République - Chef du Gouvernement Adolphe Muzito, à l'Assemblée nationale et au Sénat qui ont mis en place des lois pour permettre d'améliorer le climat des affaires pour atteindre ce point d'achèvement. Mais, il faut aussi dire que le travail a commencé depuis longtemps. Il y a le point de décision qui a été obtenu bien avant sous 1+4. Mais, c'est surtout au peuple congolais que revient la victoire parce que c'est lui qui a serré la ceinture, c'est lui qui s'est sacrifié. Mais l'endettement n'est toujours pas une mauvaise affaire, le problème est de savoir qu'est-ce qu'on fait de l'endettement. Il faut plutôt que le taux d'endettement ne dépasse pas ses propres avoirs. Là où il y a eu le dépassement du peuple congolais, cela fait partie de la réconciliation nationale. Les gens ne cherchent pas à savoir, à jeter la pierre à tel ou telle autre personne pour dire qu’elle nous a mis dans cette situation, l'argent a servi à quoi ?, est-ce qu'il a été opéré dans les meilleures conditions ou non. Ce qu'il faut féliciter dans le chef du peuple congolais, c'est ce sursaut patriotique. On met la croix sur le passé, mais on dit, il ne faut plus que cela se répète. Plus jamais ça. Il faut éviter ça.
Avez-vous un message à adresser au gouvernement, peut-être au peuple congolais aussi ?
Je crois que le Gouvernement doit maintenir le cap. Il doit considérer qu'il continue toujours à payer la dette. Effectivement il continue à la payer, mais cette fois-ci, elle ne va pas dans un fonds perdu, mais plutôt vers la réduction de la pauvreté, l'amélioration des conditions de vie des Congolais. Propos recueillis par Dina BUHAKE
Livrant ses impressions sur tes festivités
des 50 ans de L’indépendance
de la RDC
Crispin Kabasele Tshimanga salue l'esprit de réconciliation nationale de Kabila
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Le 30 Juin 2010 a marqué les 50 ans de l'accession de la République Démocratique du Congo à sa souveraineté nationale et internationale. Cet événement n'a laissé aucun Congolais indifférent. Ainsi, le président national de l'Union des démocrates socialistes (UDS) le sénateur honoraire Crispin Kabasele Tshimanga, a saisi cette occasion pour se confier, en exclusivité, à Forum des As.
Quelles sont vos impressions après la célébration des 50 ans de l'indépendance du Congo.
Je suis très content de mon pays, la République Démocratique du Congo, qui, à l'occasion des festivités du Cinquantenaire, a démontré à la face du monde qu'il se réveille désormais de sa longue torpeur grâce à la vision affirmée du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange.
L'un des grands enseignements est que le Président de la République a déjoué tous les pronostics en levant le voile sur son patriotisme qui ne peut souffrir d'aucune contestation, a étalé au grand jour son esprit de réconciliation nationale avec l'érection du monument en mémoire de Joseph Kasa-Vubu, la décoration des pionniers de l'indépendance sans considération sous la Deuxième République, et a rappelé l'inestimable contribution du Prophète Simon Kimbangu et du Cardinal Joseph Albert Malula à la lutte pour la décolonisation de notre pays. Ces décorations traduisent la volonté inébranlable du Chef de l'Etat de récompenser la méritocratie et constituent également une invitation de la jeunesse congolaise à se servir de ces personnalités comme symboles et modèles afin de rompre, une fois pour toutes, avec ce qu'on a appelé autrefois " génération mukonyonyo ". La sortie très remarquée de l'armée et de la police nationales est une preuve éloquente que le pays pourra désormais assurer seul sa sécurité nationale, et a redonné confiance au peuple congolais qui se sent fier de ses services de défense et de sécurité.
Dans son discours du 30 Juin 2010, le Chef de l'Etat congolais a aussi lancé un appel à l'unité nationale, au patriotisme et à la prise de conscience des Congolais pour prendre en main la destinée de leur pays.
Avant cet événement, une opinion politique s'était illustrée par des critiques négatives jusqu'à remettre en cause la célébration du Cinquantenaire. Quel est votre point de vue sur ce débat ?
Sans amour de la patrie, les politiciens congolais, pour la plupart, se comportent comme des suppôts des puissances étrangères hostiles au développement de notre pays. Il y en a qui se transforment en relais intérieurs des ennemis de la République pour saboter systématiquement tout ce qui se construit dans l'intérêt du peuple congolais.
Le Cinquantenaire de l'indépendance de la RD Congo devrait être fêté avec
faste, quelles que soient nos difficultés et conditions de vie actuelles. Cet anniversaire pas comme les autres était une occasion propice pour battre le rappel des troupes congolaises, communier ensemble et se souder pour
affronter les batailles futures qui attendent le peuple congolais. A l'Union des Démocrates Socialistes, nous estimons que notre pays a besoin de femmes et d'hommes qui l'aiment, qui se sacrifient pour lui. L'amour de la patrie devra l'emporter sur toutes les autres considérations partisanes, personnelles et égoïstes.
Que pensez-vous du travail déjà réalisé dans le cadre du programme de développement appelé les cinq chantiers ?
Une vieille sagesse de chez-nous nous renseigne que, quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par poindre à l'horizon. Il en est de même de l'ambitieux programme de développement national dit " les cinq chantiers " initié par le Président Joseph Kabila Kabange. Aujourd'hui, l'opinion nationale, qui était jusque-là désabusée, est en train de changer dans une ville comme Kinshasa considérée comme le bastion de l'opposition. Les Kinois sont contents de ce qui est déjà fait et demandent aux perturbateurs de la paix de laisser tranquille le Chef de l'Etat pour qu'il parachève son œuvre de reconstruction nationale.
Cet état d'esprit des kinois prouve à suffisance que le Président Kabila ne s'était pas trompé en lançant ce programme de développement. A titre d'exemple, la ville de Kinshasa est en train de se métamorphoser, tandis que la jetée des ponts sur les rivières Loange et Lovua est aussi une grande réalisation jamais concrétisée sous la colonisation ni les première et deuxième Républiques. L'Union des Démocrates Socialistes estime, à juste titre d'ailleurs, que la République Démocratique du Congo, sous la houlette du Président Joseph Kabila Kabange, est sur la bonne voie.
Mais, les critiques se poursuivent encore.
Critiquer encore " les cinq chantiers " c'est faire preuve de mauvaise foi. Les routes, les écoles, les hôpitaux et autres infrastructures sont réalisés dans l'intérêt du peuple et ne seront pas exclusivement utilisés par les fidèles du Président de la République ou les membres de sa famille politique. Ceux qui ont échoué en 32 ans de gestion kléptocratique ne peuvent pas souhaiter la réussite du Chef de l'Etat. Les habitués des détournements des fonds destinés à la reconstruction nationale et autres affameurs du peuple congolais ne peuvent pas s'empêcher de critiquer ni de démoraliser, sans raison valable, la population congolaise. Ils sont libres de critiquer - c'est la loi de la démocratie mais n'arrêteront pas la marche inexorable déjà amorcée.
La RDC vient d'être éligible à l'initiative PPTE. Comment avez-vous accueilli cette mesure du Fonds Monétaire International ?
La position de l'UDS sur les relations entre les institutions de Bretton Woods et notre pays reste inchangée. La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International sont les instruments de l'impérialisme financier international et ne contribuent qu'à l'appauvrissement des pays sous-développés. Le PPTE comme le tristement célèbre PAS - Programme d'Ajustement Structurel - ne pourra jamais aider au développement de la République Démocratique du Congo. Ceci dit en passant, alléger partiellement le fardeau d'une dette odieuse qui a servi les mobutistes et leurs " amis " étrangers est une bonne chose, mais cette décision est assortie, comme toujours, des conditions afin de nous tenir en laisse. Notre souhait était que la dette extérieure devait être totalement annulée afin de consacrer nos ressources nationales au développement de la République Démocratique du Congo, d’ailleurs je saisis cette occasion pour inviter les hommes politiques congolais à cesser de rêver et de compter sur l'aide extérieure. Les Congolais doivent retrousser les manches, se mettre résolument au travail et inventer leur propre modèle de développement à l'instar des pays asiatiques et latino-américains.
A un an des élections générales prévues pour 2011, quelle est la position de votre parti politique, sur l'échiquier national ?
L'Union des Démocrates Socialistes, depuis mon élection à sa tête, soutient totalement l'action du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange. Ce choix a été décidé en mai 2008 par le Comité Directeur de l'UDS pour la simple raison que mon parti politique se reconnaît dans la politique de transformation sociale et de modernisation de notre pays actuellement mise en chantier par le Président de la République. Propos recueillis par Dina BUHAKE
FORUM ECO
INTERVIEW
PPTE : le plus dur ne fait que commencer
* Paris salue les efforts consentis par la RDC
Le point d'achèvement de l'Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) est atteint, vive le point d'achèvement. Les Congolais ont célébré cet événement à sa juste valeur, après au moins sept années d'efforts et de sacrifices. Voir s'effacer plus de 10 milliards de dollars de dette est une nouvelle plus qu'encourageante. En effet, 14 milliards de dette constituait un poids insoutenable pour un pays dont les richesses annuelles produites se situent bien en deçà, soit autour de 12 milliards. Il fallait donc inverser la tendance, et c'est ce qui vient d'arriver, puisque le niveau du stock de la dette se situe désormais à un niveau soutenable, soit plus ou moins 3 milliards.
Concrètement, l'Etat devra désormais payer à peu près 5 millions USD par mois contre plus de 40 millions avant. Les économies ainsi réalisées devront être affectées dans le secteur social : éducation, santé, infrastructures en milieu rural ou encore routes de desserte agricole, etc.
En effet, le Point d'achèvement auquel la RDC vient d'accéder devait intervenir au moins quatre ans plus tôt, lorsque Gizenga, premier Premier ministre après les élections, présentait son programme de Gouvernement qui était, en fait, le DSCRP. Celui-ci était censé être financé principalement par les économies issues de l'effacement de la dette. Mais les conditionnalités et les chantages occidentaux, mais aussi certaines contingences sécuritaires qui ont entouré le processus ont contrarié le programme du Gouvernement, ce qui a eu pour effet d'exercer une pression sociale intenable, le peuple ayant ainsi été le premier à " trinquer " pour le PPTE.
CHANTIERS INACHEVES
Cependant, si, mieux vaut tard que jamais, les Congolais peuvent se réjouir d'avoir atteint le point d'achèvement, ils doivent réaliser que loin d'être une panacée, ce contexte impose beaucoup plus de responsabilités. Autant dire alors que le plus dur ne fait que commencer.
D'une part, il faut souligner que les efforts devant mener au point d'achèvement n'ont pas été totalement accomplis, puisqu'il reste encore beaucoup d'actes à poser. Sur le plan de l'assainissement du climat des affaires - qui est l'un des sept déclencheurs du point d'achèvement-, par exemple, les résultats récoltés demeurent littéralement en dessous du point de satisfaction. La loi d'habilitation votée en fin de session dernière est une preuve que le Parlement doit encore voter un certain nombre de lois pour parachever ce " chantier ". L'insécurité judiciaire et juridique constitue encore un point d'inquiétude, tandis que la réforme proprement dite de la justice est en cours.
Dans le même ordre d'idées, on peut considérer que le problème posé au niveau du G20 par le Canada sur le dossier de First Quantum demeure pertinent, même si cet acte était inopportun.
C'est certainement pour tout ce qui précède, et pour d'autres raisons, que le FMI et la Banque mondiale ont "estimé ", plutôt que "considéré " que la RDC a satisfait aux exigences pour l'accès au point d'achèvement, alors que la RDC avait atteint le point de décision de cette initiative PPTE fin 2001 avec le premier Gouvernement de Joseph Kabila qui comptait en son sein des hommes comme Matungulu Mbuyamu Ilankir.
OCCIDENT : UN LEST POLITIQUE ET STRATEGIQUE
D'autre part, et puisque des actes restent encore à poser, on peut considérer que l'accord des Conseils d'administration de la Banque mondiale et du FMI a dû prendre en compte d'autres paramètres, politique notamment. L'Occident, certainement conscient des écueils placés sur le parcours de la RDC, doit avoir agi pour dégager sa responsabilité, au moment du bilan, dans la grande paupérisation des Congolais qui ont payé un très lourd tribut pour l'I-PPTE.
De même, les puissants sociétaires des institutions de Bretton Woods ont réalisé le péril qui les guette avec la montée en puissance des pays émergeants du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) vers les marchés africains dont celui de la RDC. Ils ont choisi de lâcher un peu du lest pour s'aménager des espaces d'intervention. Face au pragmatisme chinois, par exemple, l'Occident pense déjà à assouplir ses conditionnalités pour préserver ses intérêts.
Cet ensemble d'éléments en rajoute à l'obligation de responsabilité qui s'impose à la RDC. Il s'agit alors de prendre un nouveau départ avec l'I-PPTE, ce qui implique un profond réajustement dans la gouvernance globale. Comme un prisonnier qui bénéficie d'une liberté conditionnelle, les Congolais doivent comprendre que, désormais, ils seront sous une surveillance plus rigoureuse qu'avant.
REVOLUTION MENTALE
C'est ici que le message du Chef de l'Etat prend tout son sens lorsqu'il invite les Congolais à une révolution mentale en luttant contre les antivaleurs toujours décriées, mais presque jamais mises en difficulté. Et Joseph Kabila n'en est pas à sa première interpellation sur ce sujet qui est, d'ailleurs, devenu un leitmotiv pour lui. " Ne faites pas de moi un dictateur ", déclarait-il voici quelques années, comme pour interpeller les autres institutions et leurs démembrement quant à leurs responsabilités de traduire en actes les engagements pris face à la Nation.
Les défis qui s'imposent à la Nation se traduisent par la réduction et la maîtrise du train de vie des institutions pour ramener les dépenses publiques dans des proportions raisonnables, d'éviter de se laisser aller à des dépenses politiques, de prestige et/ou de souveraineté, etc. ; bref d'agir en sorte que les crédits à venir ne replongent pas le pays sous la barre de l'insoutenabilité pour ainsi relancer le cycle du surendettement. Joseph Kabila, qui en est conscient, a, d'ailleurs, eu le pragmatisme de formuler une feuille de route du Centenaire. Comme le 7 décembre 2009 dans son discours sur l'état de la Nation prononcé devant le congrès, le Chef de l'Etat a été on ne peut plus clair en énumérant les actions à mener, en sublimant particulièrement l'agriculture et le secteur privé, en dehors, bien entendu, du volet social.
Si, aujourd'hui, la RDC est en train de cesser d'être un "pays pauvre très endetté ", les Congolais doivent comprendre qu'il demeure un " pays pauvre et endetté ". La crédibilité à venir, qui permettra au pays d'accéder à de nouvelles lignes de crédit, dépendra largement du comportement du Congo. Jonas Eugène KOTA
Initiative PPTE : Paris salue les efforts consentis par la RDC
Premier créancier bilatéral de la RDC, la France a félicité la RDC pour avoir atteint le point d'achèvement de l'I-PPTE. Son ambassadeur à Kinshasa, Pierre Jacquemot, l'a fait savoir le vendredi dernier à l'occasion de la signature d'une convention entre l'Agence française de développement et la RDC. Il a aussi indiqué que le Président Nicolas Sarkozy a instruit les différents services français pour qu'il n'y ait aucune réticence de son pays quant au franchissement de cette étape.
"Ceci devrait être de nature à améliorer aussi le climat des affaires. Pour nous, c'est essentiel la réputation de la RDC, en tant que pays où les investisseurs étrangers peuvent venir travailler sereinement dans le respect des engagements juridiques qui ont été pris et dans la sécurité du cadre fiscal, douanier et juridique dans lequel ils travaillent", a déclaré Pierre Jacquemot à Radio Okapi.
Le chef de la mission diplomatique française a, toutefois, souligné que " nous sommes encore loin du compte pour pouvoir accueillir toutes ces entreprises françaises qui ont frappé à la porte ces dernières années et qui continuent à frapper." Il a, à ce sujet, relevé qu'il y a une vingtaine d'entreprises qui souhaitent venir investir en RDC si elles ont l'assurance de trouver des conditions propices. C'est le cas, entre autres, de France Télécoms, Total, groupe Bolloré, et des PME françaises. JEK
SOCIETE
Rafraichessement des édifices
L'Hôtel de ville à moitié repeint !
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Lors des préparatifs des festivités marquant le Cinquantenaire de l'indépendance de la RDC, l'Hôtel de ville de Kinshasa avait, par la bouche du Gouverneur André Kimbuta, instruit les propriétaires des bâtiments longeant les grandes artères de la capitale et les centres commerciaux comme l'avenue du Commerce de rafraichir les murs de leurs bâtiments. La mesure était allée jusqu'à imposer les couleurs à utiliser dans le souci d'une harmonie. L'autorité urbaine, qui avait assorti cette instruction d'un délai butoir, avait également prévu des sanctions contre les récalcitrants.
Après quelques jours de protestations, les Kinois se sont mis à l'ouvrage et, aujourd'hui, près de 70% des bâtiments, du moins au centre ville, présentent une image plus ou moins acceptable. Ceux des Kinois qui avaient fait le pont entre le mardi 29 juin dans l'après-midi et le lundi 5 juillet, au moment où ils retournaient en ville pour vaquer à leurs occupations, ont été unanimes à le reconnaître.
Cependant, nombre de ceux qui ont circulé du côté de l'Hôtel de Ville ont quitté hier la ville, le cœur plein d'amertume et de colère. Tous ont, en effet, constaté que ce même Hôtel de ville, qui les avait pressé de rafraichir les murs de leurs édifices, n'a pas fait droit à sa propre mesure sur son propre bâtiment. Quelle n'a pas été leur surprise de retrouver, hier lundi, un bâtiment de l'Hôtel de ville repeint en jaune pâle et blanc juste sur sa façade avant ! Le reste de l'édifice est demeuré dans son état de tous les jours, c'est-à-dire avec ses couleurs aussi bien bigarrées que décaties.
Le centre d'impulsion de l'administration de la capitale congolaise est, en fait, un Kaléidoscope en version très délabrée. Le flanc donnant sur African Luxe continue de porter sa vieille couleur jaune-huile-de-palme barrée par endroits d'un bleu vif. Celui du côté du cadastre minier affiche un pierre-de-France qui vire au blanc crème en version sale, et la façade arrière évoque vaguement un vert décoloré, tandis que certaines dépendances sont difficilement classables dans le faisceau des couleurs.
Même la façade principale qui a été repeinte cache mal la réalité de cet édifice. L'aile droite, qui comporte des balcons, renseigne, en effet, que les ouvriers, ont oublié de passer par l'intérieur de ces balcons.
Et l'ensemble du bâtiment donne l'air d'un édifice ayant subi un assaut de sapeurs pompiers suite à un incendie : des vitres cassés ou inexistants livrent aux passants le spectacle de documents aux feuilles jaunies et mal classées, des cartons bondés de fardes déchiquetées ou encore de lambeaux de rideaux plus jamais lavés depuis des lustres, etc. A ce décor s'ajoutent des bouts de files, qui mènent partout sauf nulle part, puisqu'ils pendent dans tous les sens. On ne parle pas, non plus, de plusieurs boîtiers de moteurs de climatiseurs devenus des pièces de musées.
SALUBRITE EN MOINS
Côté salubrité, la cour arrière de l'Hôtel de ville continue de contraster avec ce que les visiteurs attendent. Dire que c'est ce bâtiment qui abrite la brigade de salubrité de la ville, dire aussi que c'est dans cette cour que sont entreposés les engins pour cette salubrité et constater que c'est ici que gisent des bacs à ordures pleins et non vidés depuis des mois, on est bien en droit de se demander si Kinshasa est réellement administré.
La même interrogation vaut pour la situation des abords de l'Hôtel de ville dont l'aménagement et l'entretien sont censés être à charge de la Ville. Le parking qui sert de " salle " d'exposition pour ATC demeure crasseux et le monument érigé en son milieu demeure toujours caché derrière les tôles. L'axe ouvrant vers l'avenue du commerce ne se porte pas mieux en termes d'aménagement, comparé aux alentours des magasins Vlisco, du casino attenant ou de la Trust Marchant Bank.
N'eussent été les interventions du Gouvernement centrale, c'est une ville en savates qui aurait accueilli les convives des Congolais venus célébrer avec eux le Cinquantenaire de l'indépendance de leur pays.
Pourquoi, d'ailleurs, parler de travail, puisque c'est encore d'ici, à l'Hôtel de ville, qu'était parti le communiqué annonçant une journée chômée pour le mardi 29 juin 2010, alors que le Gouvernement en avait déjà décrété une autre, le 1er juillet, en dehors de la journée fériée du 30 juin ? On entend encore ces officiels de la ville qui, pour enfoncer le clou, prévenait que ce mardi là, il était même interdit de procéder à des inhumations. Il avait, alors, fallu une intervention énergique du Gouvernement central pour mettre fin aux errements de la Ville et exploiter cette ultime journée du 29 juin pour porter la toute dernière main aux préparatifs de la fête. C'est, d'ailleurs, ce mardi-là que le Chef de l'Etat avait inauguré le monument de Kasa-Vubu. Celui-ci est situé au rond point Kimpwanza, carrefour d'un certain nombre d'avenues dont l'une, Assossa - qui mène vers Ngiri-Ngiri - se trouve dans un état fort lamentable, déjà dans ses 10 premiers mètres à partir de ce monument. Assossa se trouve sous la responsabilité juridictionnelle de la ville…
La charité bien ordonnée commence par soi, dit un dicton, tandis qu'un autre renseigne judicieusement que l'exemple vient d'en haut. Depuis quatre ans, les Kinois affirment avoir scruté cet " en-haut " sans rien voir tomber… Jonas Eugène KOTA
Places du 30 juin, Du Cinquantenaire, Monument Kasa-Vubu ..
Comment préserver tous ces acquis après la fête du 30 juin ?
Grâce à l'action de Joseph Kabila, les Congolais en général, et les Kinois en particulier, bénéficient de quelques sites touristiques qui font la fierté de leur pays. Jusqu'à ce jour, la place du 30 Juin (Gare centrale), la place du Cinquantenaire, le monument Kasa-Vubu, le Boulevard du 30 juin, l'avenue ex-24 novembre encore en réfection … ne cessent de captiver l'attention des habitants de la capitale congolaise qui ne manquent pas, à l'occasion, de se photographier en ces lieux comme s'ils posaient pour la postérité. Comblés de joie, ils anticipent même sur la réfection totale du boulevard Lumumba dont les travaux se poursuivent encore. Mais, que faut-il pour préserver tous ces acquis ?
Une chose est d'acquérir un lieu touristique, une autre est de préserver cet acquis afin qu'il serve aussi à la génération future qui pourra décider de le conserver dans cet état ou de l'améliorer. C'est là souvent que les Romains s'empoignent. Car, d'une manière générale, les Congolais expérimentés en destruction comme en témoignent les différents pillages que leur pays a connus, ne semblent pas suffisamment responsables pour préserver certains acquis.
C'est justement ce problème qu'il faut chercher à résoudre avec l'acquisition de nouvelles places touristiques à Kinshasa comme la place du 30 juin sur le boulevard du 30 juin, la place du Cinquantenaire sur le boulevard triomphal, le monument Kasa-Vubu au rond point Kimpwanza … Car, bien souvent, le plus dur commence après l'inauguration parce qu'il faut savoir entretenir ou préserver tous ces sites qui font aujourd'hui la fièrté de la capitale congolaise en attendant la fin des travaux sur le boulevard Lumumba où la place Echangeur ne manquera pas de damer le pion à la place du 30 juin et à la place du Cinquantenaire si on en croit la maquette qui force déjà l'admiration des Kinois.
DE PRECIEUX BIJOUX D'AUTREFOIS AUJOURDHUI NEGLIGES
Or, si on regarde les choses de près, ce n'est pas la première fois que les Congolais se réjouissent d'un site qui fait la fierté de leur pays. On en veut pour preuve l'imposant bâtiment du Palais du peuple dont les installations sanitaires, pour ne prendre que ce seul exemple, ne paraissent pas aujourd'hui honorer les "honorables " qui les utilisent. Un autre exemple : l'immeuble ex-Sozacom, sur le boulevard du 30 juin, qui fut autrefois un bijou, et qui, aujourdh’huine laisse aucune trace de sa splendeur d'antan, sans parler des ascenseurs qui laissent vraiment à désirer. L'immeuble CCIC avait aussi perdu de son éclat et attend aujourd'hui d'être transformé en un hôtel cinq étoiles. Le majestueux bâtiment abritant la tour administrative de la Voix du peuple est, lui aussi, loin de constituer cette exception qui confirme la règle.
Le stade des Martyrs doit son éclat intérieur actuel à une injonction de la Fédération internationale de football association qui a même offert à la RDC le gazon synthétique qui honore ce pays. Sinon, Dieu seul sait à quoi ressemblerait ce bijou aujourd'hui. D'ailleurs, les alentours de ce temple du football ne rassurent toujours pas. La liste, comme on le voit à travers ces quelques exemples, n'est pas en tout cas exhaustive.
Tous ces précieux bijoux d'autrefois sont aujourd'hui négligés. Pourtant, à l'inauguration comme c'est le cas actuellement, qui ne félicitait pas le Maréchal Mobutu pour toutes ces réalisations ? Mais, la culture d'entretien faisant gravement défaut, on en est déjà à oublier l'éclat d'autrefois. Ce qui risque d'être le cas un jour si tous ces acquis d’aujourd’hui ne sont pas préservés comme cela se fait sous d'autres cieux.
La place Tour Eiffel, l'avenue des Champs Elysées à Paris ainsi que plusieurs sites faisant la fierté de certains pays à travers le monde, au point d'en constituer même des symboles, doivent leur survie à la maintenance. Ce qui ne dispense pas ces sites de différentes dégradations dues parfois à une catastrophe naturelle, aux intempéries et à toutes sortes d'épreuves. Mais, aussitôt affectés, ces sites sont vite réfectionnés pour leur permettre de garder leur beauté et de résistent à l'usure du temps.
Aujourd'hui, c'est par la Tour Eiffel qu'on reconnaît la ville de Paris, c'est par la statue de la Liberté qu'on reconnaît Washington DC, c'est par l'Atomium et le Mannequin Pisse que l'on reconnaît la ville de Bruxelles … Demain peut-être, c'est par la place Echangeur que l'on reconnaîtra la ville de Kinshasa. Mais, c'est maintenant qu'il faut penser à la préservation de tous les acquis qui font la prestige de la RDC.
COMMENT PRESERVER CES PRECIEUX ACQUIS ?
Après l'inauguration de la place du 30 juin, une société de salubrité dénommée " Miss propre " a été responsabilisée pour entretenir la propreté sur le site. Mais, en cas de casse ou de destruction naturelle, comment s'assurer que le site sera réhabilité en si peu de temps ?
Pour les routes, au Bas-Congo et au Katanga, on a prévu le système de péage dont les recettes servent à entretenir ces acquis. Il faudrait, conseille-t-on, mettre sur pied une structure autonome qui devra veiller à la préservation de tous ces sites jusque dans les moindres détails. Une telle charge ne doit pas reposer sur l'Etat (Gouvernement central ou provincial), mais sur les partenaires privés.
Des mécanismes de taxes doivent être trouvés pour permettre d'entretenir ces sites sans que les officiels n'en fassent leur affaire pour tirer profit des recettes qui seront réalisées. Car, si un lieu touristique ne rapporte rien, son entretien posera forcément problème. Il faut donc penser à la préservation des acquis des cinq chantiers tout en oeuvrant pour la réhabilitation d'autres sites à travers le pays. C'est donc le moment ou jamais de mettre l'accent sur la préservation de ces différentes places. M.M
Vivement des paysagistes sur le " Champs Elysées " Kinois
Le Boulevard du 30 juin présente aujourd'hui une image de modernité indéniable, du moins pour sa chaussée élargie. Les travaux y entrepris par une firme chinoise ont mis tout le monde d'accord, surtout les étrangers. L'éclairage y ajoutée, même si elle est inappropriée et insuffisante pour assurer une conduite nocturne en toute sécurité, apporte une touche à cette beauté.
Cependant, les observateurs notent que, pris dans la perspective de la modernisation de ce " Champs Elysées " kinois, il reste encore des travaux à mener pour parachever cette modernisation. Il s'agit, en fait, d'aménager les accotements du Boulevard pour offrir un paysage harmonieux et plus beau à voir.
Actuellement, ces abords présentent encore une image de chantier avec des parkings encore cassés, des crevasses par endroits ou des amoncellements de gravas, etc. Les Kinois s'attendent à ce qu'un paysagiste soit commis, soit pour procéder aux travaux d'aménagement des accotements du Boulevard, soit pour encadrer les tenanciers de différents commerces qui longent cette avenue pour assurer des travaux plus harmonieux.
Le mieux serait, d'ailleurs, que ce travail soit fait par un paysagiste professionnel afin d'assurer de l'harmonie à l'ouvrage final. Il ne s'agit, en effet, pas seulement de rétablir une simple propreté, mais surtout de faire un travail technique qui, non seulement présentera une certaine esthétique, mais aussi et surtout permettra de lutter contre l'incursion du sable sur la chaussée et la pratique des canalisations privées vers les caniveaux aménagés le long du Boulevard.
L'implication d'un expert paysagiste est d'autant plus utile que le Boulevard du 30 juin présente des aspects diversifiés à différents endroits. Certains endroits pourront nécessiter de la verdure et d'autres pas. JEK
VIVEMENT LE SPORT
BASKETBALL
Juvénal Lufuma élu pour quatre ans à la tête de la FIBA Afrique - Zone IV
Les amoureux de la balle au panier de l’Afrique centrale doivent désormais s’habituer au nom de Juvénal Lufuma qui préside, depuis samedi 03 juillet 2010, la Fédération internationale de basket Afrique Zone IV. Cette élection d’un autre Congolais à la tête de l’Afrique centrale permet à la RDC de conserver le siège à Kinshasa. A ce poste, le nouveau promu succède à Dieudonné Mabusa. Ce dernier vient d’être élévé au rang de Président Emerite de la FIBA Afrique Zone IV. Il a presté pendant 32 ans comme président de cette institution sportive internationale.
La ville de Kinshasa a abrité, à l’hôtel Venus, les travaux de l’assemblée générale élective de la Fiba Afrique Zone IV pour le mandat 2010-2014. L’assemblée a été présidée par l’Ivoirien Conde Fode, membre du bureau central, membre du comité exécutif de FIBA Afrique, représentant du Secrétaire général de cette institution sportive continentale. Cela en présence des présidents de fédérations du Congo-Brazzaville, du Gabon, du Cameroun, du Sao Tomé et Principe, du Centrafrique et de la RDC. la seule fédération absente a été celle de la Guinée équatoriale.
Ainsi, la fédération de basket-ball du Congo (Febaco) que préside Boniface Mwawatadi, a soutenu et présenté la seule candidature de Juvénal Lufuma pour succèder à Dieudonné Mabusa. Celui-ci proposé par le gouvernement de la RDC pour briguer le fauteuil continental de la FIBA Afrique, a été élu.
Le nouveau présdent de la Zone IV, qui n’est pas un parvenu ou un néophite au basket-ball, a placé son mandat sous le signe de l’espoir pour redonner à FIBA Afrique Zone IV, la place qui était la sienne autrefois, c’est-à-dire celle d’une zone de développement où toutes les nations travailleraient la main dans la main pour une véritable éclosion du basket-ball en Afrique centrale.
L’AMBITION DU NOUVEAU PRESIDENT DE LA FIBA AFRIQUE ZONE iv
Ainsi élu, Juvénal Lufuma doit rendre active sa vision de développement de la FIBA Afrique Zone IV. Il a promis, entre autres, d’impulser une nouvelle gestion de la structure (bureau zonal), redonner à la Zone IV sa crédibilité et son audacience dans le pays du siège (RDC); initier des rencontres auprès des ministres en charge des sports des pays membres, créer dans la Zone IV deux centres de formation des cadres techniques et athlètes, inciter les fédérations sportives nationales à participer aux activités de FIBA Afrique Zone IV, inciter les fédérations à mettre en place des sélections nationales mixtes dans toutes les catégories d’âges: 14, 15, 16, 18 ans et séniors; augmenter le nombre de cadres techniques par pays (instructeurs, arbitres, entraîneurs, statisticiens, officiels de tables et administrateurs, commissaires techniques, ...).
Le nouveau bureau exécutif de la Zone IV élu, à l’exception du secrétaire général-trésorier qui nécessite encore des négociations, se présente comme suit:
- Président: Juvenal Lufuma (RDC)
- Vice-président en charge des commissions techniques et médicale: Adolphe Mokongo (RCA)
- Commission des compétitions, médias et marketing: Ferdinand Ella Ella (Cameroun)
- Commissaire de BB féminin, des jeunes et handicapés: Philippe Mahoungou (Congo Brazaville)
- Conseil juridique et Finance: Poaty (Gabon)
- Comité des entraîneurs: Théophile Ngoie wa Ngoie (RDC), Membres féminins co-optés: Ines Engama (Cameroun), Isabelle Silva (Sao Tomé et Principe).
Le mandat de ce comité est de quatre ans, qui court de 2010 à 2014. Pascal LIKANA
La Fécofa impose sa trêve, la Linafoot reporte ses matchs
La Fécofa a eu à décider de la suspension de tous les championnats de football sur toute l'étendue de la RDC, du 11 juin au 11 juillet 2010. A l'exception toutefois du tournoi du cinquantenaire qui a opposé les sélections provinciales et qui fut remporté par la sélection de Kinshasa, aux tirs aux buts, devant celle du Katanga alors qu'au temps réglementaire, les deux sélections étaient à égalité de buts soit un but partout.
Voulant à tout prix poursuivre son championnat national, le comité de gestion de la Linafoot faisant fi de cette circulaire de la Fécofa a décidé de publier un calendrier. Celui-ci prévoyait du reste des rencontres pour hier dimanche 04 juillet 2010. Une sorte d'épreuve de force. Heureusement ou malheureusement, selon les camps, la décision de la Fécofa est restée de vigueur. Contraint par la force de l'autorité, le comité de gestion de la Linafoot a reporté tous les matches publiés dans son calendrier du 10 juin dernier, à une date ultérieure.
Pour rappel, la Linafoot organise le championnat national d'élite en RDC par subdélégation de la Fécofa. Donc, c'est la Fécofa qui mandate cette ligue à organiser à sa place. Cette dernière doit donc se soumettre à l'autorité établie. Pascal LIKANA
MONDIAL
Présages et statistiques pour le dernier carré
Les statistiques du football et de la Coupe du monde en particulier sont favorables à l'Allemagne, parmi les quatre demi-finalistes, mais chacun peut y trouver son compte pour espérer:
L'Europe hors de ses bases: Aucune équipe européenne n'a jamais gagné le Mondial hors d'Europe. En Amérique latine, l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay se sont partagés les titres. Et lors du mondial 2002 au Japon et en Corée du Sud, c'est le Brésil qui l'a emporté. Sur le sol européen en revanche, l'Europe a toujours gagné sauf en 1958, lorsque le Brésil a triomphé en Suède.
Avantage Uruguay
La force de la tradition: Le Mondial n'a couronné que sept vainqueurs en dix-huit éditions. Le dernier finaliste et vainqueur "inédit" fut la France en 1998. Avant, il faut remonter à l'Argentine en 1978 pour trouver un vainqueur inédit et à 1974 avec les Pays-Bas pour trouver un finaliste inédit.
Avantage Allemagne et Uruguay, triple et double champions du monde
La constance allemande: Des quatre demi-finalistes, l'Allemagne est la plus constante au plus haut niveau. Sur les 14 dernières coupes du Monde (depuis 1954), les Allemands ont joué sept finales et en ont gagné trois. Ils ont été trois fois demi-finalistes, et ont toujours été dans les huit dernières équipes en course.
Avantage Espagne
Le classement Fifa: L'Espagne, avec son impressionnante série de 44 victoires, trois nuls et une défaite pour ses 48 derniers matches avant le Mondial, pointait fin mai à la 2e place du classement Fifa (derrière le Brésil). Les Pays-Bas sont 4e, l'Allemagne 6e et l'Uruguay 16e.
Avantage Pays Bas
Domicile/extérieur : Les Pays-Bas ont disputé deux finales de Coupe du monde, et ont perdu les deux contre le pays organisateur, l'Allemagne en 1974 et l'Argentine en 1978. Cette fois, l'Afrique du Sud est éliminée depuis le premier tour, et les Pays-Bas, s'ils accèdent en finale, n'auront pas la pression d'un match "à l'extérieur".
Le poids du premier match: Aucune équipe n'a été sacrée championne du monde après avoir perdu son premier match de la compétition. Or, l'Espagne s'est inclinée 1-0 face à la Suisse pour son entrée dans le Mondial-2010. Avantage tous sauf l'Espagne. AFP
NATION
Chantier éducation en RDC
Kabila offre des dictionnaires aux écoles de la RDC
Trois dictionnaires Larousse dont un Dictionnaire universel, un Larousse de poche et un Larousse illustré, constituent un échantillon du cadeau du Président Joseph Kabila à la nation congolaise. La particularité de ces lexiques est qu'ils portent chacun, le drapeau du pays, la mention RDC ainsi que les armoiries congolaises. Le dictionnaire sur la première couverture, la photo d'un couple d'Okapis, espèce animale retrouvée uniquement en RD Congo. L'ouvrage compte, par ailleurs, 11 mille définitions, 14 mille articles, 53 dossiers, non compris de nombreuses pages réservées à la grammaire et à la conjugaison.
Par contre, le dictionnaire de poche Larousse, destiné aussi bien aux écoliers de grandes classes qu'aux élèves, compte 600 mille mots dont des définitions et des exemples. A la partie lexicale s'ajoute un " Guide de savoir-rédiger ". Quant au Larousse illustré, sa spécificité est la photo en portrait du Président Joseph Kabila imprimée à l'intérieur de la première couverture. Mais, le pus grand signe distinctif de cet ouvrage est la lettre du Chef de l'Etat congolais, coulée en forme d'épigraphe et adressée au lecteur cible qu'est le citoyen congolais.
" En cette année 2010, année jubilaire où la République démocratique du Congo commémore le cinquantième anniversaire de son accession à l'indépendance, je suis heureux d'offrir à la nation congolaise ce Larousse Edition Spéciale RDC afin de marquer d'une pierre blanche ce moment ô combien historique ", indique Joseph Kabila en laminaire de son message, avant de préciser que " ce dictionnaire est une manifestation concrète de l'un des Cinq chantiers, l'Education, qui doit mobiliser toutes les énergies pour renforcer les connaissances en vue de la reconstruction de notre pays ".
Par ailleurs, le Président congolais reste convaincu que les querelles naissent de l'ambigüité du langage. " Nous qui nous battons pour l'instauration " d'une paix durable, nous devons également être en quête de sens (…) Le contenu de ce dictionnaire va ainsi contribuer à développer la culture de la paix sans laquelle tout progrès est impossible ".
LA JEUNESSE : LA PLUS GRANDE RESSOURCE D'UN PAYS
Toujours dans ce qui apparait comme sa motivation de l'impression de ces trois Dicos, Edition spéciale république démocratique du Congo ; Joseph Kabila part du postulat qu'il ne peut y avoir de paix que grâce aux connaissances intellectuelles et au savoir qui s'inscrivent dans notre histoire et nos traditions. "Aujourd'hui plus qu'hier encore, développons notre plus grande richesse, le savoir, en valorisant la matière grise au lieu de s'en tenir aux matières premières", souligne Joseph Kabila, avant d'indiquer que " la plus grande ressource d'un pays, c'est sa jeunesse, c'est la condition de son développement. Assurer l'éducation de nos enfants, c'est garantir l'avenir de notre beau pays ". Avant de conclure que un ces dictionnaires sont geste et une façon pour lui de servir la RD Congo et d'œuvrer à son ouverture internationale, lui assurant ainsi une place de prédilection dans le concert des nations.
Dans son mot, Mme Lotoko Boiyo, chef du projet d'édition de ces dictionnaires, a établi la relation existant entre le savoir et la grandeur. " II n'y a pas de grandeur sans savoir, et pas de savoir sans livres. En offrant aux Congolais, ces trois dictionnaires qui correspondent à trois besoins différents, le Président leur ouvre les portes du savoir comme on ouvre les pages d'un livre ", a-t-elle dit.
Véritable mine de connaissance, cette édition spéciale du Larousse illustré destinée aux familles congolaises offre à son lecteur, outre des mots souvent recherchés, des notices détaillées sur l'histoire, la géographie, la politique et la culture. Par contre, le dictionnaire de poche se veut un compagnon inséparable de tout enfant congolais scolarisé. " Aux enseignants, le Dictionnaire universel est un ouvrage centré sur les réalités africaines et congolaises afin de placer la RD Congo au cœur de son continent de son histoire, de ses ressources ", a déclaré Mme Lotoko, avant de poursuivre que le Chef de l'Etat, par ce geste aussi singulier que généreux, a donné le monde aux Congolais et a fait de la fête de l'indépendance une fête de la connaissance.
De son côté, Jean-Michel Ollé, directeur éditorial de Hachette Livre International, a recadré les choses en donnant les caractéristiques des trois de ces lexiques. " Ces trois dictionnaires sont des dictionnaires de la langue française. Et ce n'est pas sans importance dans un pays qui est désormais, en nombre, le premier francophone du monde. Les Congolais que l'on rencontre à Bruxelles, Paris ou Kinshasa, se distinguent par l'extrême élégance avec laquelle ils manient la langue française. Les munir de dictionnaires leur permettra de garder le rang de meilleurs locuteurs du Français ", a expliqué Jean-Michel Ollé
Le directeur éditorial de Hachette Livre International part d'un constat selon lequel " une écrasante majorité de Congolais a moins de vingt ans aujourd'hui. Et, c'est eux qui feront l'avenir de ce pays, eux qui réveilleront le géant. Ces jeunes ont besoin d'apprendre, ils ont besoin de livres. Un des cinq chantiers du Chef de l'Etat portant sur l'éducation de la jeunesse, c'est donc la raison pour laquelle il faut tant compter sur cette force vive de la Nation et lui donner les moyens de construire son avenir ", a poursuivi Jean-Michel.
Le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel(EPSP), Maker Mwangu a prrécisé pour sa part que ces différents types de dictionnaires seront distribués aux 45 mille écoles que compte la RD Congo dans ce secteur. " Puisse le dictionnaire remplacer le fusil et qu'à tout jamais, la parole et le dialogue supplantent l'affrontement et la guerre ", a conclu Mme Mayuma, directeur de cabinet adjoint du Chef de l'Etat. Laurel KANKOLE
LIBRE OPINION
Un «activiste» de droits des l’homme a tenté de saboter l’atteinte du Point d’achèvement
U Un jeune étudiant originaire d'Uvira me racontait, médusé, une horreur survenue dans cette ville il y a deux décennies, et qui fut l'occasion d'un choc moral qui demeurait scandaleux à ses yeux.
En effet, des plateaux surplombant la ville descendirent de très grosses pierres qui déferlèrent sur les maisons en briques adobes, faisant des centaines de sans abri. Plus encore, l'extraordinaire tornade qui accompagnait ces éboulements hors du commun emporta dans les eaux du Lac Tanganyika les corps des victimes de cette catastrophe naturelle.
Le lendemain, pendant que les familles endeuillées recherchaient les corps de leurs parents, il se trouva circonstanciellement un piroguier en activité de pêche sur le lac qui se mit à repêcher les corps moyennant une somme d'argent déterminée pour chaque corps sorti des eaux.
Au soir, le vieux pêcheur réalisa qu'il venait de gagner en une journée d'activité plus qu'il ne gagnait durant un semestre de travail. Il s'écria : ‘’oh Dieu ! Faites en sorte que demain encore j'aie des morts à sortir des eaux’’.
J'écris cette histoire parce qu'elle me paraît représenter, mutatis mutandis, le paradigme des relations du peuple avec ceux qui prétendent défendre ses droits.
L'on a déjà parlé des coordonateurs d'Ongs qui s'enrichissent de la misère des autres. Ce débat n'est pas nouveau. Mais jusqu'à l'ignoble assassinat de Floribert Chebeya, on n'avait pas soupçonné que l'autre-face des discours sur les droits de l'homme pouvait être si méprisable.
Pour ne pas nous éparpiller, tenons-nous-en à un cas typique. La veille de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance de la République Démocratique du Congo, une lettre adressée aux plénipotentiaires du FMI et de la Banque Mondiale signée par un des fondateurs de l'ASADHO, recommandait au conseil de la Banque mondiale et au Conseil d'Administration du Fonds Monétaire International (FMI) de ne pas accorder l'allégement de la dette de la RDC. Pour cause : le Gouvernement de la RDC ne le mériterait pas tant qu'on n'aurait pas trouvé et puni les assassins de Floribert Chebeya.
Ainsi, pour ceux qui ont appelé sans succès au boycott des activités du Cinquantenaire par les invités de la République, ceux dont la sagesse de la famille Chebeya a infléchi la machination de se servir du deuil de leur époux, père et frère pour perturber l'ordre public le 30 juin dernier, même si la RDC avait notoirement satisfait à toutes les conditions pour atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE, un dossier judiciaire en instance doit être instrumentalisé pour le plaisir de " damer le pion à Kabila ". " O tempora ! O mores " se serait exclamé Cicéron en pareil cas. En fait, si l'on s'en tient à la logique de la lettre de cet activiste des droits de l’homme, publiée dans les pages du Huffington Post, les institutions de Bretton woods sont carrément invitées à sortir des règles du jeu. Tant qu'il s'agira de faire plaisir aux activistes d'Ongdhs, cela ne pose aucun problème. Heureusement qu'au soir du 30 juin dernier, lesdites institutions ont démontré qu'elles suivent la voie de la raison et respectent les principes.
La clé argumentaire de l'éditorial sus-évoqué a été placée dans le meurtre de Floribert Chebeya. Les auteurs qui, pourtant, relèvent qu'une réponse politique a été apportée à ce cas, notamment par la suspension de l'Inspecteur général de la Police Nationale Congolaise et l'arrestation sans ambages d'officiers de la même police ; s'empressent néanmoins de critiquer l'apaisement qu'ils disent constater de la part de la communauté internationale depuis cette réponse politique.
Et pourquoi la Communauté Internationale ne devrait-elle pas s'apaiser? La réponse des auteurs dudit éditorial est à dormir debout : la Communauté Internationale devrait demeurer inquiète, d'après. Cet activiste et ses attidés parce que le service de renseignement se serait occupé de sa part de travail dans l'élucidation de ce crime dont pourtant certains activistes des droits humains ont prétendu qu'il serait politique. C'est un non-sens.
De toute façon, nul n'ignore que c'est le Parquet Général de la République et, depuis peu, l'Auditorat général qui mènent les enquêtes. Vouloir chercher des poux sur la tête d'un chauve relève d'une obstination sans fondement justifiable et devient, dès lors, diabolique. Cette attitude est d'ailleurs perceptible dans l'irritation que soulève chez les auteurs de l'éditorial du Huffington Post la perspective que les donateurs bilatéraux emboîtent le pas au FMI et apportent leur soutien aux projets de reconstruction de la RDC.
Comme quoi ce n'est pas tant le sort de M. Chebeya ou la situation des droits de l'homme qui anime profondément les sirènes anti-RDC, mais la volonté radicale d'asphyxier financièrement et politiquement le régime Kabila. Qu'une telle cause soit partagée par des fils et/ou filles du pays, cela est véritablement inquiétant et pose le problème de la corrélation entre défense des droits de l'homme et civisme. Est-il possible de servir les uns en foulant aux pieds l'autre ?
En outre, le sens commun devrait permettre à quiconque de savoir distinguer le souci pour la résolution de problèmes internes d'un Etat (et aucun Etat n'a le monopole de problèmes internes) du patriotisme que requièrent les intérêts vitaux de la Nation. Sur ce terrain, on ne voit pas exceller beaucoup de nos compatriotes qui s'autoproclament activistes des droits de l'homme.
Pour revenir au cas Chebeya, beaucoup de choses ont été dites et faites, soi disant en son honneur. Ainsi cette initiative par laquelle on aurait voulu que l'atteinte du point d'achèvement et l'allégement de la dette fussent retardés jusqu'à ce que la mort de Chebeya soit élucidée par une enquête indépendante (sens impropre de " internationale " dans la pensée des auteurs) que les responsables soient traduits en justice et que la situation des droits humains en RDC soit améliorée. Bien entendu, la perception de cette amélioration dépendrait totalement et uniquement de l'appréciation individuelle et égocentrique des auteurs de cette curieuse démarche. Or aujourd'hui, toutes les sources crédibles reconnaissent déjà des indices d'amélioration, bien qu'elles considèrent que des efforts doivent encore être poursuivis. Ce qui n'est pas la même chose que ce pessimisme de composition auquel on commence à nous habituer.
On aura noté que nombreux parmi les récupérateurs politiques de la mort de Chebeya n'ont pas été aperçus aux obsèques de ce dernier. Bien plus, alors que certains partis de l’opposition qui prétendent contrôler la ville de Kinshasa où ils revendiquent " des millions d'adhérents et sympathisants ", avaient ostentatoirement porté cette affaire à bout des bras, lesdites obsèques n'ont pas rassemblé plus de 700 personnes lorsqu'elles furent organisées le 26 juin, 4 jours avant la date-fétiche du 30 juin. Sans doute parce qu'en ce moment, aucune récupération politicienne n'était possible en vue de nuire au régime du Président Kabila, mais seulement le recueillement sincère de tous ceux que cet assassinat ignoble a peiné. Pas d'intérêt, pas d'action.
Ceux qui prétendent parler au nom des droits humains sont appelés à mettre l'intérêt général au devant de leurs besoins personnels.
Patrice Cirume
Correspondance particulière
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