QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
Billet

PPTE : les conseils de François Muamba

«Considérons le point d’achèvement comme le point de départ». Ainsi parle François Muamba. Le chef de file de fait de l’opposition parlementaire réagissait ainsi à l’atteinte par la RDC du point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Une manière pour le Secrétaire général du MLC d’attirer l’attention du gouvernement sur l’orthodoxie à observer en vue de donner un contenu concret au point d’achèvement.
Plus qu’un jeu des mots chez ce familier de la langue de Voltaire, le «point de départ» résume parfaitement les termes du nouveau défi à relever par Kinshasa. La Rdc devant, comme par le passé, dégager des ressources mais qui, cette fois-ci, seront orientées vers les secteurs sociaux, il serait donc risqué de se croire arrivé. On est plutôt au point de départ. La rigueur dans la gestion assortie d’une stricte affectation des ressources à la lutte contre la pauvreté est, plus que jamais, recommandée.
Qui se plaindrait de voir François Muamba assumer son rôle d’opposant républicain en prodiguant des conseils à l’Exécutif ! Qui s’en formaliserait lorsque le primum inter pares des députés de l’opposition fixe des balises pour le gouvernement? D’un point de vue technique, qui s’offusquerait d’entendre un ancien ministre du Budget des années transition sur le point d’achèvement dont la saga aura duré toute une décennie? Enfin, qui renierait à ce produit du très réputé Institut catholique des hautes études commerciales-ICHEC- des compétences pointues dans les questions économico-financières?
Un ancien Premier ministre congolais parlait avec beaucoup d’à propos de l’opposition comme d’une lampe témoin. Et lorsque, loin des chamailleries bien de chez nous, un ténor de l’opposition parlementaire y va de ses suggestions, la démocratie en sort renforcée. Car sous les tropiques, la démocratie est rarement comprise comme la moins mauvaise des formes de gouvernement ayant pour finalité le bien-être collectif. De ce point de vue, pouvoir et opposition sont en fait des partenaires dans la quête du bonheur de la société.
Normal donc que, sur des questions d’intérêt vital, les responsables politiques de tous les horizons se prononcent et fassent des propositions. Dans les pays de vieille tradition démocratique, il n’est pas inhabituel de voir le Chef de l’Etat ou le Premier ministre consulter tous les ténors de l’establishment politique sur des sujets majeurs. José NAWEJ


La part de Muzito

Si l'échec est orphelin, le succès ne compte pqsde géniteurs, tant ils sont nombreux. L'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte par la Rdc justifie cette sagesse populaire. Tout le monde revendique la victoire. Avant même que les institutions de Bretton Woods n'aient notifié officiellement Kinshasa, des forces politiques de la Majorité ont rivalisé d'imagination pour récupérer ce haut fait d'arme. Avant même que le Gouvernement congolais n'ait annoncé la bonne nouvelle, des ténors de la Majorité ont vite fait de brandir le trophée. Ironie de l'histoire : les plus critiques de l'action du gouvernement auront été les plus prompts à s'approprier le satisfecit du binôme Fmi-Bm. Soit. La nature est ainsi faite. Le principal étant le point d'achèvement.
Pour autant à tout seigneur, tout honneur, dit-on. L'admission de la Rdc à l'initiative Ppte est d'abord la victoire de deux hommes: Joseph Kabila et Adolphe Muzito. Le premier pour avoir tracé les grands axes de la politique gouvernementale et le second pour sa capacité à mettre en musique la symphonie présidentielle. En empruntant au registre architectural, on parlerait du maître d'ouvrage et du maître d'œuvre.
Homme au triomphe modeste-à l'instar du Raïs-Adolphe Muzito peut, pourtant, boire du petit lait. Il a toutes les raisons du monde de le faire. Un insuccès du gouvernement sur le front du point d'achèvement aurait été mis sur son dos. Normal.
Symétriquement, la paternité de la victoire de Washington revient au gouvernement Muzito. De fait, quand on aura tout oublié du passage d'Adolphe Muzito à la Primature ; quand on aura soldé tous les comptes de la mandature Palu à la tête du Gouvernement; quand on aura fini de diaboliser, humilier, jeter en pâture l'honneur de Muzito, il restera bien une chose : le point d'achèvement. L'Histoire retiendra qu'un Premier ministre aura donné un contenu à tous les sacrifices endurés des décennies durant au nom de la rigueur imposée par le Fmi. Ce premier ministre que personne n'attendait ni ne voyait venir aura donc été l'un des rares à laisser des traces positives. Patrice Lumumba était l'homme du mythe fondateur de l'indépendance, Moïse Tshombé, version 1964, était l'architecte de la normalisation et du pouvoir d'achat. Après, viendront les années Mobutu et la longue transition au courant desquelles des premiers ministres-à l'exception de Lunda Bululu avec le fameux pont sur la Makelele- ont promis, sans résultat à l'arrivée, monts et merveilles. Du Mpiodi dans l'assiette du plus démuni de Jean Nguz au sourire de Faustin Birindwa.
A moins d'un an de la fin de la législature, Adolphe Muzito aura achevé de mériter son rôle d'homme de mission. Dans l'ombre tutélaire du géant Gizenga, au cœur du dispositif gouvernemental mis en place par Kabila, Muzito, sans triomphalisme, aura déjà mérité et du Palu et de la Majorité.
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José NAWEJ


Une success story à capitaliser

Pour Joseph Kabila, les festivités du cinquantenaire s'apparentent à une vraie success story. Kinshasa avait mis un point d'honneur de voir le Souverain belge rehausser de sa présence le jubilé d'or de l'indépendance. Pari gagné. Le Roi Albert II dont on disait qu'il allait faire un voyage-éclair aura séjourné à Kinshasa quatre jours durant. Tout un message. Outre le couple royal belge, la quasi totalité de chefs 'Etat de la région ont répondu à l'invitation du Raïs congolais. Le rwandais Kagame et l'ougandais Museveni ont enfin refoulé le sol kinois après plus d'une décennie de brouille avec la Rdc. Il n'y a pas meilleure illustration de la normalisation des rapports dans les grands lacs.
S'il a joué la carte de la paix, Joseph Kabila, émanation de l'armée, n'a pas oublié le dicton selon lequel "qui vis pacem, para bellum".Le défilé monstre sur le boulevard Triomphal a tourné en une démonstration de forces. Les hommes de troupes ont battu le pavé. Mais on a surtout relevé l'impressionnante armada qui a clos la partie militaire du défilé. Sans doute qu'au seuil de son cinquantenaire, la Rdc n'entend plus être ce ventre mou ou cet espace où tous les bellicistes en mal de convoitises pouvaient investir une partie du territoire sans le moindre souci.
A l'interne, le Raïs a aussi de quoi ne pas bouder son plaisir. Les très difficiles Kinois n'ont pas été indifférents au jubilé d'or du cinquantenaire. Certes, pour une fête nationale, on peut déplorer l'absence aux festivités de certains ténors de l'opposition républicaine. Mais, à en juger par la mobilisation et la ferveur populaire constatées aux abords du Triomphal et à l'occasion de l'accueil du couple royal belge, on peut affirmer que Kinshasa la boudeuse n'a pas boycotté le 30 juin. Il est vrai aussi que le volet infrastructures des cinq chantiers commence à être de plus en plus visible dans la capitale. Du reste, le Président a opportunément inauguré quelques réalisations à la veille du jour-j.
Et lorsque dans son message à la Nation, Joseph Kabila rend hommage notamment à Kasa-Vubu et Mobutu, il jette un pont entre son bloc nationaliste et l'autre vieille famille politique du pays. Un pan de frustrations historiques est tombé. D'autant que dans la foulée du Cinquantenaire, le président a inauguré le monument érigé en mémoire de Joseph Kasa-Vubu.
En un mot comme en mille, Joseph Kabila a réussi son coup. A charge maintenant à ses collaborateurs et aux autres institutions de capitaliser ce haut fait. Cela pose le sempiternel problème de suivi. Est-ce que la modernisation de Kinshasa va se poursuivre? Est-ce que l'autorité urbaine va rester en éveil ou retomber dans sa léthargie? Est-ce que le militaire ou le policier nouveau incarné par la nouvelle tenue va tuer définitivement le vieil homme d'hier ? Le nécessaire aggiornamento historique opéré par le Président en personne sera-il traduit en actes? Bref, est-ce que l'après cinquantenaire sera différent de l'avant jubilé d'or ? C'est à l'aune de cette interrogation que le monde entier jugera la Rdc. C'est aussi par la capacité du pouvoir rd-congolais à maintenir ou pas la dynamique du renouveau que la majorité silencieuse jugera la classe dirigeante lors de prochaines élections.
José NAWEJ


Chantiers: Et l'arrière-boutique?

C'est la dernière ligne droite pour l'horizon 30 juin. Dès ce lundi 28 juin, Kinshasa va commencer à accueillir ses hôtes de marque ou leurs missi dominici. A quelque cinq jours du jour j, les préparatifs s'accélèrent. Sur les différents chantiers, Chinois et Congolais travaillent de jour comme de nuit. Les boulevards du 30 juin et Triomphal se sont refaits une jeunesse. Des immeubles longeant certaines artères ont enfin reçu une couche de peinture. Gros pourvoyeur de la crasse qui infeste Kinshasa, le Grand marché pourrait être nettoyé. Peut-être au kärcher, pour paraphraser le Président français Sarkozy quand il parlait des banlieues. Bref, pour fêter les 50 ans d'indépendance, Kinshasa fait peau neuve.
Cette amorce de la modernisation de la capitale congolaise ne devrait, cependant, pas être une espèce de cache-misère. S'il faut se féliciter de ce qu'un pan de cinq chantiers commence à devenir une réalité à Kinshasa, il n'en demeure pas moins que les travaux en cours semblent dictés, pour l'essentiel, par les impératifs du cinquantenaire. C'est autour des axes liés, d'une façon ou d'une autre, aux festivités du jubilé d'or de l'indépendance que se concentrent les travaux. Même le réveil de l'autorité urbaine, d'ordinaire pas spécialement visible sur le front de la voirie, paraît s'expliquer davantage par l'enjeu du cinquantenaire que par l'obligation d'assainir la ville. Autrement, la salubrité publique ne devrait pas passer pour une campagne médiatique lancée à la veille du 30 juin.
De ce point de vue, le vrai test se passera après la commémoration du cinquantenaire. L'on verra bien si la reconstruction à marche forcée va se poursuivre. L'on sera curieux de voir la suite à donner à l'assainissement de la capitale. Car, ce pays est plein d'initiatives sans lendemain. Que d'opérations de salubrités publiques qui n'ont duré que l'espace d'un matin! De "Kin bopeto" à "kanga vagabond" en passant par "ramassage des sachets", autant de campagnes qui se sont vite muées en slogans creux.
De plus, pour importante qu'elle soit, la restauration de principales artères ne devrait pas voiler les urgences sociales quotidiennes de Kinshasa profond. Il s'agit, notamment, de l'eau, de l'électricité et du transport en commun. La réfection du prestigieux boulevard du 30 juin peut même paraître comme le cadet de soucis du Kinois du crû de la Tshangu qui n'a que faire de la plus belle avenue du pays.
Croisons les doigts pour que l'élan pris en prévision du cinquantenaire s'installe dans la durée et affecte aussi l'arrière-boutique que sont ces quartiers populeux où vivent les vrais gens. C'est à cette condition que les sceptiques de raison que sont devenus les Congolais se convaincront que, cette fois-ci, les pouvoirs publics ont intégré l'hymne national en prenant le plus bel élan. José NAWEJ


30 Juin: Au-délà de la fête

Dans moins de deux semaines, c’est le 30 juin. Le compte à rebours a déjà commencé. Kinshasa ingurgite sa cure de jouvence et de modernité à forte dose. Les Chinois sont sur le point de finir de bâtir la place Tien Anmen, version congolaise en un temps record. C’est une capitale rd congolaise reliftée qui accueillera les hôtes de marque au premier rang desquels le Roi Albert II de Belgique.
Un demi siècle dans la vie d’un homme comme dans celle d’une nation n’est pas rien. ça se fête ou, à tout le moins, ça se célèbre. Manifestement, le décor de la fête se met en place à Kinshasa. Elle promet même d’être grandiose, cinquantenaire oblige.
Tout le problème sera de veiller à ce que les agapes du pays légal ne masquent pas le nécessaire débat sur 50 ans de gâchis. Car au lendemain du 30 juin , le pays réel va se réveiller avec ses sempiternelles angoisses existentielles. Les plus nostalgiques allant jusqu’à se demander à quand la fin de l’indépendance. Une manière-sans doute maladroite-de regretter ce bon vieux temps colonial où les services essentiels publics étaient à la portée du plus grand nombre.
Nous voici au coeur du vrai enjeu de ce cinquantenaire. Qu’avons-nous fait de 50 ans d’indépendance, si tant est que ce pays se soit vraiment comporté en nation indépendante. Avons-nous dressé nos fronts? Avons-nous, ne fût-ce qu’entrepris de bâtir un pays plus beau qu’avant? Point besoin d’être clerc pour répondre par la négative à ces deux interrogations tirées de notre hymne national.
Alors, pourquoi 50 ans après notre accession à la souveraineté internationale, nous sommes encore loin des idéaux-par moment même en contradiction-professés dans notre chanson nationale? Plus que la fête-qui est légitime-la réflexion autour de ces questionnements semble la meilleure façon de célébrer le 30 juin. Il s’agit d’engager un débat citoyen de fond sur les raisons de l’échec collectif de 50 premières années de la RDC et de baliser l’avenir.
Cette barza devrait impliquer toutes les forces vives. Le commissariat général du cinquantenaire s’est, certes, essayé sur ce terrain. Mais, l’exhibitionnisme et le voyeurisme bien de chez nous l’ont emporté sur le nécessaire débat de fond attendu. Sans cette catharsis nationale, l’électrochoc pour repartir du bon pied fera défaut. Et la parade du 30 juin, les dîners de gala et autres garden parties prévus ce jour là s’ajouteront à la longue liste des festivités gigantesques que ce pays organise avec brio depuis les années Mobutu. José NAWEJ


Une grève-couperet

Silence de cimetière dans la Fonction publique. Pas un seul bureau d’ouvert hier dans l’administration publique. A la Justice, aux Affaires étrangères... pas l’ombre d’un fonctionnaire. Même le service minimum n’est pas au rendez-vous. On l’aura compris: le mot d’ordre de grève est suivi à la lettre par les agents de l’Etat.
Laissés pour compte de tous les régimes, les fonctionnaires recourent pour la énième fois au débrayage pour essayer de se faire entendre. Depuis l’arlésienne Mbudi, les agents de l’Etat ont leur unité de mesure: l’application progressive de Mbudi ou rien. A peine ont-ils appris que leurs boss-entendez les secrétaires généraux-ont été augmentés qu’ils réclament qu’il en soit de même pour toute la Fonction publique. Ce qui n’est que logique, voire justice.
Vu du gouvernement, cette grève de fonctionnaires tombe à un pire moment. A quelque deux semaines de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, le débrayage du bras séculier de l’Etat sonne mauvais.
Ce n’est pas tout. Cette grève se traduit par quantité de désagréments pour les usagers du service public que nous sommes tous. Impossible de se procurer un document administratif par les temps qui courent. En proie à une kyrielle d’autres soucis, les Congolais avaient besoin de tout, sauf d’un supplice de plus, voire de trop. Pas besoin d’être devin pour parier que si rien n’est fait, la fête du 30 juin aura un goût bien amer encore.
Il devient donc urgent de décanter ce débrayage. Certes, il serait démagogique de promettre le paradis social dans un désert économique, le bonheur des fonctionnaires comme celui de tous les Congolais passant par la production. Laquelle est anecdotique 50 ans après l’indépendance. En plus, les contraintes inhérentes au programme avec les institutions de Bretton Woods ne laissent pas les coudées franches à l’Exécutif congolais dans le domaine de l’augmentation de salaires.
Reste qu’ il est du devoir du gouvernement de trouver ne serait-ce qu’un début de solution aux revendications légitimes des agents de l’Etat. Il est possible , moyennant la réduction du train de vie de l’Etat et de ses dépendances, de trouver des ressources substantielles à allouer aux fonctionnaires. Et la RDC ne serait pas le premier pays à mettre au régime les bonzes de son appareil d’Etat. Dans nombre des pays de la riche Europe, ministres, députés... se délestent d’une partie de leurs émoluments pour s’appliquer à eux-mêmes d’abord la rigueur. Il est vrai que les économies résultant de la cure d’amaigrissement du Congolais d’en haut ne saurait suffire à booster le revenu du fonctionnaire ,mais il démontrerait la volonté du gouvernement de requalifier progressivement la condition de l’agent de l’Etat.
En tout cas, FMI ou pas FMI, production ou pas production, le Gouvernement est dans l’obligation d’agir.
José NAWEJ


Où vont nos «oncles»?

Impossible de ne pas faire un coucou à nos «chers» oncles-noko en lingala-au lendemain des législatives. Un scrutin qui a confirmé ce que d’aucuns redoutaient: le pronostic vital de la Belgique que l’on disait entamé. Les résultats des élections parlementaires ne donnent plus cher l’avenir de la Belgique en tant qu’Etat composé de trois communautés linguistiques. Le nord néerlandophone a carrément adoubé la Nouvelle alliance flamande (Nva), un parti ouvertement séparatiste. Cette victoire de la droite nationaliste flamande signifie que la Flandre, dans sa quasi-majorité, penche pour au mieux un Etat confédéral et au pire une séparation d’avec le sud francophone. Dans un cas comme dans l’autre, la Belgique ne sera plus tout à fait la Belgique. A la suite du succès électoral du Nva, plus rien ne sera comme avant. Déjà, immédiatement après son triomphe du 13 juin, Bart De Wever, leader de la Nva, a entonné non la Brabançonne, mais l’hymne des nationalistes flamands. Tout un message.
A l’allure où se répandent les thèses séparatistes en Flandre, le scénario d’une Belgique scindée en deux pays ou dans la meilleure des hypothèses ressemblant à la confédération suisse n’est plus une vue de l’esprit. Car, dans ce pays, la fracture linguistique s’avère chaque jour plus importante que les divergences politiques et idéologiques. La crise institutionnelle-en termes plus clairs les bisbilles entre Wallons et Flamands-l’emporte sur les difficultés économiques qui frappent les pays européens.
Le vent séparatiste qui souffle sur la Belgique pourrait à l’avenir avoir des répercussions sur la Rdc. Une Belgique émasculée par une énième réforme de l’Etat pèserait encore moins dans l’escarcelle rd-congolaise. D’autant que le gros du budget fédéral provient de cette même Flandre, si peu encline au maintien de la Belgique dans sa configuration actuelle. Il est loin le temps où les rapports de force entre les deux communautés penchaient en faveur des Wallons. Fort de leur supériorité tant économique que numérique les Flamands entendent vider l’Etat central belge de l’essentiel de sa substance. La nette victoire des natinonalistes de la Nva n’est pas faite pour infléchir les positions maximalistes du noyau dur flamand.
Question: faut-il entonner le requiem pour la Belgique? Peut-être pas encore. Peut-être même que le Royaume va survivre à cette poussée identitaire flamande. Mais, une chose est sûre, si le Roi Albert II peut célébrer avec les Congolais le cinquantenaire de leur indépendance, il devient de moins en moins évident que l’ancienne puissance coloniale fête unie son bicentenaire en... 2030.
José NAWEJ

EDITION N°3646 du JEUDI 08 JUILLET 2010
POINT D'ACHEVEMENT DE L'INITIATIVE PPTE
Le PALU fait un triomphe à Joseph Kabila et Adolphe Muzito
"C'est grâce au Chef de l'Etat et au Gouvernement de la République qui ont mis en place un régime politique ayant réduit, presque totalement, l'impact des pressions clientélistes politico-militaristes et partisanes sur le trésor public ; comme ce fut le cas par le passé ", a déclaré hier le porte parole du Parti lumumbiste unifié, Godefroi Mayobo
Pour une cerise sur le gâteau du mariage idéologique Kabila - Gizenga, c'en est une. Pour un bonus à l'alliance AMP-PALU, c'en est un. Tel ce bon vin qu'on sert à la fin, l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE vient de couronner les retrouvailles des nationalistes à l'occasion des élections de 2006. Parti phare du bloc lumumbiste, le PALU a attendu le moment idoine pour saluer ce haut fait. Pour ce faire, le parti cher à Gizengaa tenu hier une conférence de presse.
Après l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative-Pays pauvres très endettés (I-PPTE), par la RDC, le Parti lumumbiste unifié (PALU) est formel : " les retombées de l'atteinte du point d'achèvement de l'I-PPTE doivent être orientées essentiellement vers le soulagement de la situation sociale des populations congolaises et vers la " disponibilisation des moyens accrus pour la construction et la reconstruction du pays ". Godefroid Mayobo, premier secrétaire permanent adjoint et porte-parole du PALU, l'a déclaré hier au cours d'une conférence de presse qu'il a présidée au siège du Parti, au quartier Debonhomme de Matete.
La RDC a atteint, à la veille de son cinquantenaire d'indépendance, le 30 juin dernier, le point d'achèvement de l'Initiative-Pays pauvres très endettés (I-PPTE). Ce résultat, plus qu'un défi du Chef de l'Etat, s'avère le couronnement des efforts consentis par le Gouvernement central. Mais la palme doit revenir à la masse laborieuse congolaise qui a enduré d'énormes sacrifices, notamment avec des arriérés de salaires.
Dans les salons huppés de Kinshasa, les commentaires vont bon train. Des accros aux analyses sont unanimes que la RD Congo est, désormais, entrée dans le cercle vertueux de la gestion macroéconomique. Cependant, nombre sont d'avis que le plus important reste encore à faire. Il s'agit de l'amélioration des conditions de vie de la population. Car, estiment les mêmes spécialistes, la RD Congo n'est pas le premier pays africain à atteindre le point d'achèvement. " D'autres nations du continent l'ont atteint avant la RD Congo. C'est le cas du Cameroun et du Rwanda. Mais les populations de ces deux pays vivent dans une pauvreté abjecte ", a fait savoir un observateur indépendant.
Pour le PALU du patriarche Antoine Gizenga, les recettes dégagées par l'annulation de la dette extérieure doivent être affectées dans des secteurs prioritaires de la vie nationale. Selon M. Godefroid Mayobo, speaker de ce parti politique membre de la coalition au pouvoir, le Gouvernement central est appelé, dorénavant, à améliorer les conditions de vie des populations.
Au cours d'une conférence de presse qu'il a présidée hier, mercredi le 07 juillet, au siège du parti au quartier Debonhomme de la commune de Matete ; Godefroid Mayobo a exhorté l'Exécutif national à maintenir la Nation dans un effort permanent d'assainissement et d'amélioration de la gouvernance et des Finances publiques. " Le Palu demande que les retombées de l'atteinte du point d'achèvement de l'I-PPTE par la RD Congo soient orientées essentiellement vers le soulagement de la situation sociale difficile des populations congolaises et vers la " disponibilastion " des moyens accrus pour la construction et reconstruction du pays ", a déclaré Godefroid Mayobo.
Par ailleurs, le Palu, via son porte parole, félicite le Chef de l'Etat, Joseph Kabila. Aussi, le Palu formule-t-il les mêmes vœux au Gouvernement central pour avoir fait aboutir de manière heureuse le processus d'atteinte du point d'achèvement amorcé depuis 2001. Selon le Palu, si ce processus a finalement abouti à la grande satisfaction des institutions de Breton Woods ", c'est grâce au chef de l'Etat et au Gouvernement de la République qui ont mis en place un régime politique ayant réduit, presque totalement, l'impact des pressions clientélistes politico-militaristes et partisanes sur le trésor public ; comme ce fut le cas par le passé ".

COMMENT FAIRE ?
Améliorer les conditions de vie des populations congolaises ne doit pas être un slogan des politiciens. La grande question est de savoir comment y parvenir, dès lors que le budget de l'exercice en cours ne prévoit aucune augmentation des salaires. A cette préoccupation de la presse, Godefroid Mayobo n'a pas eu sa langue en poche. En fin politicien, le porte-parole du Palu a répondu, sans fausse modestie, que la matière était essentiellement technique et que seul le Gouvernement de la République en détient les secrets.
Toujours dans ce chapitre, le Chef de l'Etat, Joseph Kabila avait précisé, il y a peu, qu'après l'atteinte du point d'achèvement de l'I-PPTE, le logement, la santé, les infrastructures et le transport en commun sont les secteurs qui méritent le plus d'attention. Autrement dit, il s'agit-là des axes prioritaires de l'action du Gouvernement central après le 30 juin 2010.

LE PALU PLEURE SES MILITANTS A SANGE
L’autre sujet que le Palu a abordé au cours de sa conférence de presse d'hier est la tragédie de Sange, dans la province du Sud-Kivu. Tout en exprimant la profonde douleur de leur parti, Godefroid Mayobo a révélé que le PALU a compté plus de vingt de ses militants qui ont péri dans les flammes.
En même temps qu'il exprime sa compassion aussi bien aux familles éprouvées qu'à celles des blessés, le parti cher à Antoine Gizenga n'a pas manqué de mots pour encourager et soutenir la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO).

ANTOINE GIZENGA AURA-IL MERITE LA DECORATION ?
L'élévation d'Antoine Gizenga à la dignité de Grand cordon dans l'Ordre National des héros nationaux Kabila-Lumumba, fait partie des événements très attendus au sein du Palu. C'est finalement en début de ce mois de juillet 2010 que le Raïs a organisé ladite cérémonie. Dans les milieux des Palu pur sang, on pense que ce n'est pas au hasard que le chef de l'Etat a organisé cette manif pendant que le pays fêtait encore le Cinquantenaire de son indépendance. " Antoine Gizenga n'est pas un illustre politicien né des générations spontanées. Plus qu'une bibliothèque vivante, il incarne l'histoire politique de la RD Congo. En conséquence, il est donc normal que la nation lui renvoie l'ascenseur. Il aura mérité de la patrie ", a fait savoir un cadre du Palu interrogé après la conférence de presse. Aussi, le Palu exprime-t-il sa profonde gratitude au Chef de l'Etat, Joseph Kabange, pour avoir élevé le Patriarche Antoine Gizenga à la dignité susmentionnée. Selon Godefroid Mayobo, " cette reconnaissance par la Nation congolaise, symbolisée par le Président de la République, des mérites et des services rendus à celle-ci par le Patriarche, honore les nationalistes congolais en général et ceux du Palu en particulier ". Laurel KANKOLE

FORUM ECO
Tout en saluant l’atteinte du point d’achèvement

Global Witness pour une gestion transparente des ressources naturelles de la RDC

DDans un communiqué de presse déposé hier en nos bureaux, Global Witness salue la «décision tant attendue de la Banque mondiale et du FMI de renoncer au remboursement de la dette de 12,3 milliards de dollars de la RDC». Toutefois, cette organisation met l’accent sur la transparence dans les secteurs minier et pétrolier pour que la Rd Congo tire réellement profit de cette décision. Car, dénonce-t-on, «nous assistons depuis peu à des développements préoccupants dans le secteur des ressources naturelles qui vont à l’encontre du progrès que représente l’’octroi d’un allègement de la dette». Global Witness dénonce «des contrats flous... signés dans les secteurs minier et pétrolier lucratifs du Congo, sans être soumis à aucun examen public approfondi». Découvrez le communiqué de presse de Global Witness. M.M

Communiqué de presse

Le secteur des ressources naturelles doit impérativement être plus transparent
pour que le Congo puisse profiter de l'allégement de sa dette

II convient de saluer l'annonce, la semaine dernière, de la décision tant attendue de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international de renoncer au remboursement de la dette de 12,3 milliards de dollars de la République démocratique du Congo. Cependant, de multiples réformes de développement de la transparence sont requises de toute urgence dans les secteurs minier et pétrolier si l'on veut que le pays bénéficie réellement de cette décision, a déclaré aujourd'hui le groupe de campagne Global Witness.
Le pays a beau afficher une grande richesse en ressources naturelles - bois, minerais et pétrole -, la population congolaise n'en bénéficie aucunement du fait de décennies marquées par une corruption et une mauvaise gestion profondes.
" Le fait que le Congo se voit octroyer un allégement de sa dette au 50ème anniversaire de son indépendance constitue une occasion unique de rompre avec les comportements destructeurs et corrompus du passé ", a affirmé Lizzie Parsons, responsable de campagne pour Global Witness. " Toutefois, nous assistons depuis peu à des développements préoccupants dans le secteur des ressources naturelles qui vont à l’encontre du progrès que représente l'octroi d'un allègement de la dette. "
Ces derniers mois, des contrats flous ont été signés dans les secteurs minier et pétrolier lucratifs du Congo, sans être soumis à aucun examen public approfondi. L'identité des propriétaires des sociétés qui ont obtenu le droit d'exploiter des ressources importantes est tenue secrète sous couvert de sociétés étrangères. Le transfert des droits d'exploitation miniers et pétroliers sans recourir à un processus d'appel d'offres international manifeste soulève des questions en matière de régularité de la procédure.
Une mystérieuse société enregistrée dans les îles Vierges britanniques, Highwind Properties Ltd, s'est vu octroyer le droit d'exploiter la mine de cuivre de Kingamyambo Musonoi Tailings au Katanga en janvier 2010. On ignore sur quelle base Highwinds a reçu ce droit. La mine avait auparavant appartenu à la société minière canadienne First Quantum Minerais, qui avait investi 750 millions de dollars dans le projet avant que celui-ci soit contraint par le gouvernement de cesser ses activités en septembre 2009 suite à un examen de dizaines de contrats miniers. Quelques mois auparavant, First Quantum avait versé 55 millions de dollars d'impôts - le plus gros paiement fiscal jamais perçu par le gouvernement, d'après le PDG de la société.
Deux compagnies pétrolières jusque-là inconnues, Caprikat Ltd et Foxwhelp Ltd, toutes deux également enregistrées dans les îles Vierges britanniques, ont obtenu les droits relatifs à deux blocs pétroliers pour l'instant inexploités dans le nord-est du Congo, par décret présidentiel promulgué en juin. On ignore selon quels critères les deux compagnies ont été sélectionnées. La décision a été prise alors que le gouvernement avait déjà octroyé ces blocs à d'autres compagnies à de nombreuses reprises, avec des primes de signature totalisant 3 millions de dollars, malgré le fait qu'aucun décret présidentiel ratifiant le précédent octroi des blocs pétroliers n'avait jamais été promulgué. De nombreuses sources signalent que Caprikat et Foxwhelp appartiendraient à un neveu du Président sud-africain Jacob Zuma.
" À l'heure actuelle, les citoyens congolais n'ont aucun moyen de savoir si les transactions conclues par le gouvernement le sont dans l'intérêt réel du pays. Le gouvernement devrait faire savoir sans équivoque quels individus sont impliqués dans les dernières transactions et selon quels critères ils ont été choisis comme partenaires ", a ajouté Lizzie Parsons. " La capacité des citoyens à comprendre et à examiner minutieusement les accords est primordiale pour que le pays puisse tourner la page sur son passé. "
From : Lizzie «LParsons@globalwitness.org»


L'exportation de grumes brutes interdite en Equateur
Le gouverneur de la province de l'Equateur en République démocratique du Congo a interdit, à partir du lundi 5 juillet, l'exportation des grumes brutes de sa province, sans qu'elles aient subit une transformation primaire, a- t-on appris mardi à Mbandaka.
Lors d'un meeting tenu lundi à Mbandaka, chef-lieu de la province, le gouverneur Jean-Claude Baende a enjoint les exploitants forestiers de procéder à une première transformation de ces grumes sur place, avant de les exporter, ce qui, selon lui, donnerait du travail aux fils de la province. "L'obligation est faite aux exploitants forestiers d'installer des scieries dans les différents sites d'exploitation du bois, afin de créer de l'emploi. Cette mesure se justifie par la renégociation des contrats signés avec des villageois. C'est pour contribuer au développement durable des communautés locales", a déclaré Jean-Claude Baende.
Il a ajouté que cette mesure est en vigueur depuis le 1er juillet, conformément aux accords signés. Xinhua


ENJEUX DE L'HEURE
Jean Pierre Bemba : procès de nouveau reporté
Le procès de l'affaire opposant le Procureur à Jean-Pierre Bemba, initialement fixé au 14 juillet prochain à la Cour pénale internationale, a été renvoyé à une date ultérieure. Ce renvoi fait suite à l'appel interjeté, le 28 juin 2010, par les avocats de Bemba à la suite du rejet des exceptions d'irrecevabilité et d'abus de procédure que ces avocats avait soulevé lors des audiences des 27 et 28 avril 2010. Le 5 juillet dernier, faisant suite à cet appel, la défense du " Chairman " du Mouvement de libération du Congo (MLC) a demandé un effet suspensif de la procédure dans cette affaire.
Dans son ordonnance prise hier, la Chambre de première instance III a estimé inapproprié d'entamer le procès dès lors que demeure pendante devant la Chambre d'appel la question de savoir si les procédures devraient être suspendues et dans l'attente de l'arrêt sur l'appel de la Défense. Aucune date n'a été avancée pour la fixation du procès proprement dit. La Chambre de première instance III tiendra, le 20 août prochain, une conférence de mise en état. Cette rencontre devra recevoir et examiner les propositions des parties sur la détermination d'une nouvelle date d'ouverture du procès.
A cette même date, la Chambre examinera les observations sur la détention de l'accusé, cela en rapport avec la révision périodique de cette question. Cet examen, qui fait suite à une demande introduite par les avocats de JP Bemba, intervient tous les 120 jours comme le prévoit la règle 118 du Règlement de procédure et de preuve.
Arrêté à Bruxelles le 28 mai 2008 puis transféré à la Haye où il est en détention au quartier pénitentiaire de la Cour Pénale Internationale, Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, pour avoir agi en qualité de chef militaire, au sens de l'article 28-a du Statut de Rome, de deux crimes contre l'humanité (meurtre et viol) et de trois crimes de guerre (meurtre, viol et pillage), crimes qui auraient été commis par ses troupes sur le territoire de la République centrafricaine au cours de la période comprise approximativement entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003.
Depuis deux ans, ses avocats se battent pour obtenir, sinon le renvoi de son dossier à Bangui où une enquête avait été lancée avant que les autorités centrafricaines n'en réfèrent à la compétence de la CPI, du moins sa mise en liberté provisoire. En ce dernier cas, il devra séjourner dans un des cinq pays proposés par sa défense. Ces pays doivent préalablement formuler leurs opinions sur une telle éventualité, avant que la Cour ne statue.
A ce jour, aucun de ces pays, notamment la Belgique, la France, le Portugal, l'Espagne et l'Afrique du Sud, n'a émis un avis favorable.
JEK

NATION
Validation des données statistiques août 2009 à l'éducation nationale
PASE : beaucoup d'efforts restent à fournir

Le Projet d'appui au secteur de l'éducation (PASE) a rendu publics les résultats de la campagne statistique 2008/2009 lancée depuis dix mois sur l'ensemble du territoire de la RDC pour impliquer les opérateurs centraux et provinciaux dans une décentralisation progressive de la chaîne de production statistique. La responsabilité des cadres et agents des ministères de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) et des Affaires sociales a permis la collecte auprès des établissements, la saisie et le traitement des données 2008/2009, qui ont fait l'objet de plusieurs opérations de contrôle de cohérence et de qualité.
Le coordonnateur du PASE, qui a fait la synthèse de ce recensement, a indiqué qu'à l'EPSP, le taux de couverture est acceptable bien que moins bon que l'année précédente, soit 73,6% contre 80,1%. Selon lui, le taux de couverture de l'enquête a beaucoup baissé au secondaire et surtout dans la Province Orientale, le Sud-Kivu et le Katanga avec 47,20 et 12 points de pourcentage d'Etat respectif.
S'agissant de grands chiffres des enseignements pré-primaire, primaire et secondaire, Dibe Galy a indiqué que tous les paramètres de l'EPSP ont évolué positivement. A l'en croire, les écoles ont augmenté en nombre de 10%, les classes de 7,5%, les élèves de 4,4% et les enseignements de 10%. Pour le coordonnateur du PASE, l'augmentation a été particulièrement forte au pré-primaire où les écoles ont augmenté de 27%, des classes de 26%, les élèves de 24% et les enseignants de 40%.
Concernant la participation des filles à l'EPSP, Dibe Galy a noté que celle-ci se situe à 43,6% de taux. Les filles, a-t-il ajouté, sont majoritaire au pré-primaire 51% contrairement aux autres ordres d'enseignements, Kinshasa est la province où la parité entre les sexes est atteinte dans les deux premiers niveaux.
Quant à l'enseignement supérieur et universitaire, il a relevé que le réseau d'établissement du supérieur se compose de 599 instituts supérieurs techniques, universités et instituts supérieurs pédagogiques en 2008-2009. Ce réseau, a-t-il poursuivi, est en expansion, soit 37% d'augmentation par rapport à l'année dernière. Le taux de réponse de l'enquête est acceptable. Cependant, a-t-il souligné, au nombre des établissements ciblés, le Bas-Congo enregistre le meilleur taux de réponse avec plus de 100% de taux contre 38% au Katanga.
Abordant la participation des filles à l'éducation non-formelle, Dibe Galy a signifié que les centres chargés de l'éducation non-formelle sont plus féminisés, soit 57% des apprenants sont de sexe féminin. La province du Maniema est plus féminisée que les autres provinces avec près de 70%. Selon lui, les centres d'alphabétisation sont plus féminisés que les autres types de centre avec 65% de femmes contre 500 rattrapages scolaires.

Engagement du gouvernement
Le PASE touche à sa fin. Pour cela, le gouvernement doit prendre la relève. C'est ainsi que le ministre de l'EPSP, Maker Mwangu a, au cours de l'atelier de validation de ces données statistiques 08/09, annoncé l'engagement du gouvernement de la RDC à prendre en compte les activités liées à la récolte de données statistiques pour qu'elles soient insérées dans le budget de l'Etat.
Pour sa part, la chargée de Bureau de l'Unesco Raphaëlle Martinez a rappelé le défi que constitue la production régulière de statistiques. Selon elle, il appartient à tous les utilisateurs de données, de contribuer au renforcement d'un système d'information solide, fable et pérenne.
Selon ses dires, la RDC est engagée dans un programme national de reconstruction du système éducatif. C'est dans ce cadre, qu'elle travaille à l'élaboration des stratégies pour accélérer l'atteinte des objectifs de l'éducation pour tous (EPT) et du millénaire (OMD). Ainsi, la planification, suivi et l'évaluation de ces objectifs nécessitent la production régulière de statistiques de qualité destinées à nourrir le dialogue politique, à faciliter une gestion efficace du système éducatif. Le projet PASE était financé par la BAD et accompagné techniquement par l'Unesco. Mathy MUSAU

NATION
Lutte contre la pratique des demi-terrains et la hausse des prix
Roddy Mpika met sur pied des plaques de tarifs correspondant aux itinéraires de transport
Le ministre provincial en charge des Transports, Tourisme, culture et des arts de la ville de Kinshasa, Roddy Mpika, en concertation avec l'association des chauffeurs du Congo (ACCO), a procédé hier au lancement des plaques de prix correspondant à chaque itinéraire des transports en commun dans la ville de Kinshasa. Ces plaques, qui seront installées sur le pare-brise avant de chaque véhicule de transport en commun, sont fixées à un prix de 4000 FC l'unité.
A en croire le n°1 des Transports provincial, ces prix sont à la portée de toutes les bourses. D'où, il n'y a pas de raisons que les chauffeurs des véhicules de transport, à savoir taxis et taxi-bus, ne soient pas en possession de ces fameuses plaques.
Selon Roddy Mpika, les nouvelles plaques de tarification de transports en commun ont été confectionnées par un partenaire du ministère provincial des transports, la firme s'appelle African printing services (APS). A l'entendre, ce projet a été mis sur pied pour lutter contre la pratique des demi-terrains et la hausse des prix de transport en commun.
Au cours de cette cérémonie de lancement, le ministre provincial des transports a transmis les nouvelles plaques de tarif des itinéraires de transport de la ville de Kinshasa au chef de la division urbaine, qui à son tour, les a remis au président provincial de l'ACCO, Moni Nestor. Ce dernier a saisi cette opportunité pour inviter les chauffeurs à se procurer ces plaques qui fixent les usagers sur le tarif de différents itinéraires de transport. Car, d'après lui, ce projet a été suffisamment mûri avant d'être lancé. Il a aussi demandé aux chauffeurs d'affluer au niveau de la division urbaine de sa ligne de transport pour acheter les plaques de tarification et d'itinéraire de transport de son choix.
Ainsi, tous les chauffeurs qui n'obéiront pas à cette décision qui a été prise d'un commun accord avec l'ACCO seront punis sévèrement Ceci pour mettre hors d'état de nuire tous les chauffeurs récalcitrants. Simard Simon TSOUMBOU

NATION
Accident mortel à Sange
La Monusco s'engage a assister les victimes dans la mesure de ses moyens

Le premier point de presse de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC, (Monusco) s'est tenu hier au quartier général de cette institution à Kinshasa. A cette occasion, plusieurs questions ont été débattues, notamment l'assistance aux victimes de l'explosion d'une citerne à Sange dans la province du Sud-Kivu. La représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies par intérim a déclaré : " C'est une véritable tragédie. Nous ne ménagerons aucun effort et ferons tout ce qui est possible dans la mesure de nos moyens pour aider les autorités et assister les victimes".
Leila Zerrongui a fait savoir que la Monusco a aussitôt déployé des équipes et des équipements sur place pour porter assistance aux victimes, tout en restant en contact avec les autorités et l'équipe pays des Nations unies pour coordonner l'assistance aux victimes. Au nom de la mission tout entière, elle a présenté ses sincères condoléances au gouvernement congolais et à la population de la province du Sud-Kivu.

Roger Meece pour diriger la Monusco
Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, qui a séjourné récemment en RDC en marge des festivités du Cinquantenaire, a lancé les activités de la mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC. Il a ainsi saisi cette opportunité pour annoncer l'arrivée, dans les prochaines semaines, de Roger Meece, ancien ambassadeur des Etats-Unis en RDC qui va diriger la Monusco. Durant son séjour en RDC, Ban Ki-Moon a échangé avec les membres de la Société civile à Kinshasa devant lesquels il a reconnu qu'une société civile dynamique est indispensable à la stabilité, à la réconciliation, à une démocratie saine et au respect des droits de l'homme.
Ensuite, le Secrétaire général des Nations unies a prié la société civile d'accepter ses condoléances suite à la disparition de Floribert Chebeya, dont il a reconnu les mérites dans la défense des droits de l'homme et des libertés publiques. En plus, il a exprimé son espoir que ce "décès fera l'objet d'une enquête minutieuse, transparente et indépendante, dans le plein respect des principes de la légalité et de la primauté du droit ". Un autre point abordé au cours de ce face-à-face concerne les forces de la Monusco. Selon le porte-parole de cette institution, la Monusco continue le retrait de ses forces conformément à la résolution 1925. A l'entendre, le 3ème groupe du contingent sénégalais a quitté Kisangani le 3 juillet dernier.

Situation humanitaire à Sange
La communauté humanitaire du Sud-Kivu est mobilisée depuis le 03 juillet pour apporter assistance à une centaine de personnes blessées à la suite de l'explosion du camion citerne. Selon les humanitaires, les personnes blessées ont été acheminées dans différents centres de santé de Sange et Uvira, dans la plaine de la Ruzizi, ainsi que dans la ville de Bukavu.
Les partenaires humanitaires ont apporté des moyens logistiques pour le transport des personnes blessées et mis à disposition des centres de santé des intrants médicaux pour la prise en charge des blessés. Ils ont indiqué, à ce sujet, que 36 ambulances des différents partenaires et quatre hélicoptères de la Monusco ont été déployés, du matériel pour creuser des fosses communes ainsi que des produits de désinfection du lieu de l'accident ont été légalement fournis. M. MUSAU


Rentrée scolaire 2010-2011
Monsengwo invité à modifier son décret fixant les frais ponctuels des écoles catholiques

Au début de l'année scolaire 2009-2010, l'Archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya, avait pris une mesure fixant le plafond des frais ponctuels pour faire fonctionner les écoles conventionnées catholiques comme suit : 185 USD pour les humanités générales, 165 USD pour les humanités techniques, 100 USD pour les écoles primaires. Il en avait également donné la clé de répartition de la manière suivante : 20% pour le fonds commun de solidarité, 20% pour le fonctionnement administratif des écoles, 60% pour le fonctionnement de toute nature.
Selon les dernières informations, ce même décret sera d'application pour l'année scolaire 2010-2011. Cependant, une petite enquête menée auprès des enseignants, parents et curés fait ressortir que suite à l'application de ce décret, les écoles catholiques ont rencontré, durant l'année scolaire 2009-2010, de sérieuses difficultés. C'est pour cette raison que les enseignants, parents et curés invitent vivement l'Archevêque de Kinshasa à modifier son décret.
Au nombre de ces difficultés, on parle de la réduction sensible des effectifs. " Aussitôt informés du montant qu'ils devaient payer, beaucoup de parents avaient décidé de placer leurs enfants dans d'autres écoles ", déplore un préfet qui ajoute : " mes effectifs sont passés de 1200 élèves tout au début de l'année à 885 pour terminer l'année scolaire à 626 élèves ". Cette réduction des effectifs s'est ainsi accompagnée d'une déperdition scolaire sans précédent. Conscients de cette situation (réduction des effectifs et déperdition scolaire), les autorités scolaires catholiques implorent, dans une note circulaire, les parents d'inscrire leurs enfants dans les écoles catholiques.
L'autre difficulté née de l'application de ce décret est que beaucoup d'écoles catholiques se sont trouvées dans l'incapacité de payer aux enseignants les motivations des quatre derniers mois de l'année scolaire écoulée. " Le paiement de la prime qui, d'habitude, allait jusqu'au mois de juillet, s'est arrêtée cette année au mois d'avril ", fait savoir un chef d'établissement scolaire catholique. Il explique que " le plafond fixé par l'Archevêque est exorbitant et ce, en dollars américains. Les parents kinois sont allergiques aux taux fixés en dollars américains ".
Et d'ajouter : " une bonne partie du montant encaissé est allée au fonds commun de solidarité, fonctionnement et bureaux gestionnaires, si bien que le personnel enseignant et ouvrier s'est trouvé sacrifié. Dans nos négociations avec les comités scolaires pour fixer les taux à faire payer aux élèves, nous sommes obligés d'aller au plafond de sorte pour qu'il puisse rester un peu d'argent pour la motivation du personnel enseignant après avoir retiré les 20% pour le fonds commun de solidarité et les 20% autres pour le fonctionnement administratif des écoles. Nous sommes donc forcés d'aller au plafond et en allant au plafond, les parents trouvent le montant exorbitant et décident de placer leurs enfants dans d'autres établissements scolaires. "
Pour surmonter ces difficultés, les responsables des établissements implorent l'Archevêque de modifier son décret en tenant compte des éléments suivants : laisser chaque école négocier son taux des frais avec son comité scolaire et appliquer la clé de répartition par la suite ; fixer la grille de répartition comme suit : 10% pour le fonds commun de solidarité, 10% pour le fonctionnement administratif des écoles et 80% pour le personnel enseignant et ouvrier ; demander aux curés, présidents de comités de gestion, de veiller au respect strict de cette grille. D. Ntoto

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INSS : Marie-Thérèse Gerengbo lance l'opération de paiement des prestations sociales du 2ème trimestre 2010 à Kinshasa

* L'occasion a été indiquée pour annoncer la fête du cinquantenaire l’année prochaine de cet Institut de sécurité sociale
La Directrice générale de l'Institut national de sécurité sociale (INSS), Marie-Thérèse Gerengbo, a procédé hier au lancement de l'opération de paiement des prestations sociales du 2ème trimestre 2010, destiné aux pensionnés de la ville de Kinshasa. Et le cadre choisi pour cette action de haute portée sociale, était le collège Don Bosco dans la commune de Masina. Cette occasion a poussé les anciens travailleurs affiliés à cet institut de sécurité sociale à remercier le chef de l'Etat qui répond à leurs attentes à travers la bonne volonté et l'engagement des actuels dirigeants de l'INSS qui arrivent à canaliser les recettes vers les bénéficiaires sociaux.
Le lancement du paiement des prestations sociales dans la ville de Kinshasa était une occasion indiquée pour la Directrice générale Marie-Thérèse Gerengbo d'annoncer l'organisation, l'année, prochaine des festivités du cinquantenaire de la création de l'INSS.
Dans son mot de circonstance, Marie-Thérèse Gerengbo a fait savoir que le paiement des prestations sociales aux pensionnés de la capitale comme ceux de tout le pays, est le résultat d'un travail d'une bonne collaboration et de la prise à cœur le travail au niveau de la direction générale.
" Notre engagement est de faire en sorte que les recettes générées parviennent en terme échu aux bénéficiaires que vous êtes, vous les pensionnés. Je remercie tous mes collaborateurs et tous les agents qui travaillent de manière à assurer la bonne gestion et la bonne canalisation de ces ressources en vue de répondre aux attentes de nos parents, nos frères et nos sœurs qui ont servi la nation dans les années passées ", a souligné la Directrice générale de l'INSS.
Au sujet de 50 ans d'anniversaire de son institution, Marie-Thérèse Gerengbo a fait savoir que cette fête qui devra être totale est une affaire de tout le monde. " Voilà pourquoi j'invite tous les pensionnés à s'associer à nous pour apporter des idées et des propositions concrètes en termes de contribution pour la réussite de ce cinquantenaire. Il est important de nous dire ce qui a marché et ce qui ne l'a pas été en vue de nous permettre de faire avancer notre établissement public ", a-t-elle fait savoir à ces anciens travailleurs. Pour la patronne de l'INSS, la fête du cinquantenaire de son établissement doit être l'occasion de pousser tout le monde d'aller de l'avant.
Au président des pensionnés, elle a présenté ses vives félicitations pour le travail louable qu'il ne cesse d'abattre pour l'encadrement de tous les anciens travailleurs affiliés à l'INSS.
De leur côté, les bénéficiaires ont grandement remercié le Président de la République qui avait pensé à placer la femme qu'il faut à l'INSS afin que leurs prestations sociales soient payées à terme échu. " Maman, ont déclaré les pensionnés de la commune de Masina, nous vous remercions aussi avec tous tes collaborateurs pour le travail combien louable que vous ne cessez de réaliser pour nous permettre de bénéficier nos droits comme jamais au paravant. Que Dieu continue à vous protéger ".
Le paiement des prestations sociales aux pensionnés de la commune de Masina a donné le ton pour toute la ville de Kinshasa. La Directrice générale, qui a lancé personnellement l'opération, a invité tous les directeurs urbains de la capitale à faire en sorte que cette opération se déroule dans la tranquillité. Dorian KISIMBA


INFOS INFOS
A l’affiche au mois de Juillet 2010
Spectacles et conférences-débats au menu des activités au Centre Wallonie Bruxelles
La salle Brel du Centre Wallonie-Bruxelles abrite un éventail de productions culturelles pour ce mois de juillet. Déjà, ce jeudi 8 juillet à 17 heures, le festival "KVS " organise " Congo Groove " avec trois artistes de la scène urbaine congolaise : Lexxus légal, Pitcho et Freddy Massamba. Ils vont interpréter des chansons pour plaider la cause de l'Afrique, continent rongé par tous les maux. " Nous ne sommes pas des laissés pour compte, nous nous sommes totalement pris en charge.
‘’Au-delà des races, des religions, des différences... L'Afrique, tu sais, la terre des hommes, c'est le lieu où tout est possible, de la fraternité, de la victoire, de l'intelligence, l'Afrique renaîtra de ses défaites ; elle pansera ses blessures, elle sortira de son emprisonnement mental, la pauvreté et la misère ne sont fatalité que là où le génie de l'esprit humain n'est pas mis à contribution ", résume leur thématique.
Un autre concert dans le cadre de ce festival est prévu le 16 juillet à 19 heures, avec " Récital Serge Kakudji ". Ce jeune contre-ténor est déjà considéré comme une des voix les plus remarquables sur la scène internationale. Il offrira au public des morceaux de musique baroque, accompagné par une équipe de musiciens de Kinshasa utilisant des instruments traditionnels et modernes.
Du 13 au 16 juillet prochain, sera occupée par une série de conférences sera au rendez-vous au Centre Wallonie Bruxelles. Faustin Linyekula, l'un des plus célèbres artistes congolais sur le plan international, partagera avec le public son parcours et ses expériences sur son adaptation du texte de Racine, " Pour en finir avec Bérénice… ". La présentation de ce texte interviendra déjà le lundi 12 à la Halle de la Gombe. Le mercredi 14 juillet à la bibliothèque Wallonie-Bruxelles, Théo Van Rompay, directeur de l'école de danse de Bruxelles, P.A.R.T.S., parlera de l'œuvre d'Anne Teresa et de l'école de réputation internationale.
Le vendredi 16 juillet dans cette même bibliothèque, le directeur et chorégraphe du Faso Danse, Serge Aimé Coulibaly animera une conférence sur ses spectacles en Afrique et en Europe. Cette série de conférences sera clôturée le samedi 16 juillet, dans la salle de lecture avec Renzo Martens. Cet artiste néerlandais qui a réalisé un des films les plus discutés de 2009, " Enjoy Poverty ", parle de ce film, mais aussi, et surtout, de ses expériences en R.D.C.
La musique sera également au rendez-vous. Le vendredi 9 et samedi 10 juillet à 17 heures, la " Chorale Chœur La Grace " livrera un double concert. Avec un répertoire constitué des œuvres traditionnelles et contemporaines congolaises, revisitées et chantées dans un rythme saccadé et dansant avec une harmonie déconcertante, la chorale " Chorale Chœur La Grâce " présentera au public " les Mélopées d'Afrique Noire " sous formes de poèmes, des palabres, des énigmes, des proverbes, des narrations, tous travaillés avec sagesse artistique par Ambroise Kua Nzambi et Tino Mvibudulu Mayele. Un grand débat autour du thème " La libre circulation du citoyen sur l'espace national " sera organisé le vendredi 23 juillet à 15 heures, dans la salle Brell. Rocco NKANGA



Un prix des droits de l’homme en mémoire de Chebeya
La création d'un prix panafricain des droits de l'homme dédié à la mémoire du militant congolais Floribert Chebeya Bahizire, retrouvé mort le 2 juin dernier à Kinshasa, a été annoncée par le président de l'Union interafricaine des Droits de l'homme (Uidh), Brahima Kone. "Nous sommes heureux de l'apprendre. Ce prix permettra de rappeler au monde la situation de la République Démocratique du Congo et d'honorer le nom de Floribert, assassiné dans l'exercice de ses activités de défenseur des droits de l'homme", a déclaré à la MISNA Dolly Ibefo Mbunga, devenu directeur exécutif intérimaire de l'organisation Voix des sans Voix (Vsv) à la place du défunt.
L'enquête sur la mort du militant, dont le corps a été retrouvé dans son véhicule dans la périphérie de la capitale, tandis que son collègue et beau-frère Fidèle Banzana Edadi est toujours porté disparu, n'a jusque là abouti à rien. Le colonel Daniel Mukalay, présumé auteur matériel du meurtre, et un autre agent de sécurité seraient toujours incarcérés, tandis que le chef de la police et présumé commanditaire du crime - avec qui Chebaya avait par ailleurs rendez-vous le jour de sa mort -, le général John Numbi, qui a été démis de ses fonctions, serait toujours en liberté. Le militant enquêtait sur des affaires de détention arbitraire et comptait porter plainte en Belgique pour des violences commises en 2007 par les forces de l'ordre au Bas-Congo.
Selon des sources proches du général destitué, Numbi n'aurait jamais eu rendez-vous avec la victime le jour du meurtre et ne se trouvait pas dans la capitale au moment des faits. MISNA


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Délégué Général à la Francophonie

Didier Mwewa : «Joseph Kabila participe à la promotion de la langue française»
Des dictionnaires Larousse " édition spéciale RDC " pour 14 millions d'élèves et 470.000 enseignants de la RDC seront distribués gratuitement dès la rentrée scolaire 2010-2011. L'offre est du président de la République, Joseph Kabila Kabange. C'est le Président de l'Assemblée nationale, M. Évariste Boshab, qui a rendu publique cette nouvelle, le vendredi 2 juillet 2010, au Grand Hôtel Kinshasa. C'était au cours de la cérémonie de présentation des dictionnaires Larousse "édition spéciale RDC " préfacés et commandés au Groupe Hachette Livre par le Chef de l'État.
Réagissant à cette offre du président de la République dans le secteur de l'enseignement, le Délégué Général à la Francophonie, M. Didier Mwewa wa Mwewa, a salué l'initiative du Raïs, en précisant que ce don offrira la possibilité à chaque bénéficiaire d'améliorer sa grammaire, d'accéder facilement au vocabulaire, à l'orthographe et à la conjugaison de la langue française. Bref, à en croire M. Mwewa, ce dictionnaire sera un des outils précieux pour l'amélioration de la qualité de l'usage et de la maîtrise du français en RDC.
Ce geste du chef de l'État, qui arrive à point nommé traduit, non seulement l'importance qu'Il accorde à l'éducation de la jeunesse congolaise, mais aussi sa foi en la promotion de la Francophonie en RDC. Aussi, en posant cet acte qui est apprécié à plus d'un titre par les Congolais, Joseph Kabila confirme la place qu'occupe la RDC et le rôle qu'elle est appelée à jouer au sein de l'espace francophone.
En effet, il sied de souligner que la cohésion et l'originalité de la communauté francophone reposent sur le partage d'une langue commune. Le français représente un outil de communication orale et écrite privilégié qu'il faut entretenir et développer pour l'affirmer aussi bien au sein de l'espace francophone qu'à l'échelle internationale.
En parallèle, l'OIF favorise le plurilinguisme au sein de l'espace francophone par le développement équilibré du français et des langues partenaires.
Cette politique des langues s'articule autour de trois axes: promouvoir l'usage du français dans la vie diplomatique et internationale; renforcer le statut et l'usage de la langue française dans la société ; renforcer l'observatoire de la langue française.
Rappelons qu'en République démocratique du Congo, le français a été consacré, depuis 2006, par la Constitution comme l'unique langue officielle. Avec cette offre qui dépasse tout entendement, le chef de l'État vient de donner là des signaux forts pour l'enracinement de la Francophonie en RDC.
Source : délégation générale de la Francophonie/RDC


Lutte contre l'impunité dans les pays membres de la francophonie

Oif : Abdou Diouf hausse le ton
L'Organisation internationale de la Francophonie(Oif) a décidé de renforcer son engagement contre l'impunité dans l'ensemble des pays membres de ladite institution. Le constat est que de nombreux pays ne respectent pas les droits de l'homme et les libertés des citoyens. C'est contre cette " impunité " que le patron de l'Oif veut lutter. Abdou Diouf l'a déclaré hier, mardi 6 juillet, à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des travaux de la 36ème Assemblée parlementaire de la Francophonie qui se tient au Méridien Président de Dakar.
Le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf a révélé que l'institution qu'il dirige s'atèle à renforcer " son engagement contre l'impunité dans l'ensemble des pays membres et dans le monde ". C'était hier, mardi 6 juillet, lors de la cérémonie d'ouverture de la 36ème Assemblée Parlementaire de la Francophonie (Apf) qui se tient au Méridien Président. Le patron de la Francophonie estime " qu'il y a beaucoup à faire dans l'intérieur des pays. Il faut élaborer des mécanismes nouveaux pour évaluer la situation des droits et des libertés dans l'espace francophone ". Il a par la même occasion souligné le " rôle remarquable de vigie de la démocratie des parlementaires au sein du dispositif francophone de promotion, au quotidien, mais aussi de sauvegarde de nos valeurs communes, en vue d'un règlement pacifique des crises et des conflits, dans un souci constant de prévention ".
Par ailleurs, le Secrétaire général de la Francophonie a lancé un appel pressent aux pays membres pour l'application des textes relatifs aux droits de l'homme. " Il ne suffit pas seulement d'adopter ou de ratifier des textes. Il faut aussi les appliquer " a souligné avec force le numéro un de
Le Président Abdou Diouf, après avoir rappelé le fonds d'appui que son institution a créé pour venir en aide aux associations et organisations des droits de l'homme, n'a pas manqué de noter la " préoccupation majeure " que constitue pour la Francophonie les droits de l'hommes.
En effet, pour Abdou Diouf " les immenses efforts que nous devons déployer pour éradiquer partout l'extrême pauvreté, les pandémies, l'illettrisme, la fracture numérique, les crises et les conflits, pour surmonter les effets de la crise alimentaire, hydrique, environnementale, énergétique, mais aussi le fardeau de la dette, ne constituent donc pas un défi pour les seuls Africains, ils constituent un défi pour tous, même, et surtout, en période de crise économique et financière planétaire. Sans croissance au Sud, il n'y aura pas d'équilibre durable au nord ".
Pour lui, il faut que le G-8 se préoccupe des 192 pays membres des Nations unies. Le Secrétaire général de la Francophonie s'est engagé à convaincre le G-8 de la nécessité de compter davantage avec les autres pays.
Et à l'endroit des parlementaires, il dira : " Vous avez un rôle essentiel à jouer pour que se concrétisent ces exigences. A l'échelle nationale, bien sûr, en adoptant des lois et en exerçant un contrôle exigeant de l'action gouvernementale menée pour relever les grands défis, en réceptionnant dûment les accords conclus ou les engagements souscrits au niveau international ". Sur un autre registre, le secrétaire général de la Francophonie a réitéré son appel pour la lutte contre la Sida. Il a rappelé l'opération carton rouge contre le sida menée dans le milieu sportif. M. Abdou Diouf dit profiter de toutes les tribunes pour lancer ce message.
Le patron de la Francophonie s'est félicité de la performance politique de l'actuelle équipe militaire qui assure la transition au Niger " pour un retour à la vie constitutionnelle normale ". Mais pour lui, il faut mieux armer les militaires dans leur volonté à résoudre la crise alimentaire au Niger. Le Soleil (Dakar)


CICR : plus de 35 000 personnes reçoivent une assistance en RDC
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a commencé mardi une distribution de semences et d'outils agricoles dans la province de l'Equateur, en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé à Genève le CICR dans un communiqué.
Dans la ville de Dongo et aux alentours, 25 000 personnes touchées par les violences des derniers mois bénéficieront de l' opération. En outre, 2 000 pêcheurs recevront du matériel de pêche.
Selon le CICR, un programme visant à réhabiliter un millier de maisons détruites ou endommagées a été mis en place. Les travaux sont effectués par des ouvriers locaux, contre rémunération et avec le soutien de volontaires de la Croix-Rouge de la RDC. Ce programme bénéficiera aux familles qui s'installeront dans ces maisons, mais aussi au marché local grâce aux salaires versés aux ouvriers.
La ville de Dongo, dans le district du Sud-Oubangi, a été particulièrement touchée par les violences armées qui sévissent dans la région depuis octobre 2009. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, dont la majorité ont trouvé refuge dans les pays voisins. Les populations ont perdu une grande partie des récoltes, des outils de production et du bétail.
Les rares infrastructures qui existaient, telles que les écoles, les centres de santé et le marché, ont été partiellement détruites lors d' actes de pillage, a rappelé le CICR. Au mois de mars dernier, plus de 27 000 personnes dans la même région avaient déjà bénéficié d'une première distribution de semences et outils pour la production agricole. Xinhuanet

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Hier au cours d'une conférence organisée par ACORD
Les dirigeants sensibilisés sur la question de réparation des violences sexuelles basées sur le genre
L'Association de coopération et de recherche pour le développement (ACORD) a organisé hier une conférence sur le thème : " Quelle réparation pour les victimes des violences sexuelles et basées sur le genre ". Cette rencontre, qui vient à la suite de l'atelier organisé fin juin dernier avec les acteurs de la société civile sur les mécanismes de réparation en faveur des victimes des violences sexuelles basées sur le genre, était essentiellement destinée aux décideurs.
Tenue avec le concours du Bureau des Nations unies pour les droits de l'homme (BNUDH), elle avait pour but de chercher les voies et moyens de mettre en place des dispositions pour répondre efficacement à la question de la réparation des préjudices causées sur les victimes des violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG).
Dans son mot d'introduction, la coordinatrice nationale de l'Ong ACORD, Mme Sylvie Elenge Nyembo, a rappelé que cette rencontre visait à créer une synergie et mobiliser les ressources nécessaires pour répondre à la problématique de réparation en faveur des victimes des VSBG. Elle a également fait part de l'engagement de cette ONG panafricaine à accompagner la société civile de la RDC dans la gestion de cette question.
Mme Rumbu, conseillère en matière de Genre de la Ministre du Genre, famille et enfant, a, dans son intervention, abordé le contexte des violences sexuelles et basées sur le genre en RDC et les réponses du gouvernement face à ce problème. Elle a également fait état des actions concrètes posées dans ce cadre par le gouvernement pour souligner la préoccupation de l'Exécutif national d'apporter une réponse efficace dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre.
Pour sa part, le coordonnateur national de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, Baudouin Hamuli, a souligné la dimension régionale que porte la lutte contre les violences sexuelles. Les dirigeants des pays de cette région l'ont incluse dans le Pacte sur la stabilité et le développement de la région et ont aussi adopté un protocole sur la répression des violences à l'égard des femmes, cela en reconnaissance du fait que ces violences constituent un crime imprescriptible dans la région et que les victimes doivent obtenir réparation. Hamuli Kabarhuza a également fait état d'une consultation de haut niveau pour l'élimination des violences sexuelles. Ces consultations ont, entre autres, évoqué la perspective de la constitution d'un fonds de réparation ainsi que la mise en place d'une commission d'indemnisation des victimes des VSBG.
Baudouin Hamuli a fait savoir que cette consultation a rappelé aux pays de la sous-région leur obligation de réaliser les engagements pris au niveau régional en matière de la réparation des violences sexuelles.
La conférence d'hier a connu, par ailleurs, quatre exposés. Le premier, présenté par le colonel Toussaint Mutanzini, a consisté en une " analyse critique des lois congolaises sur les violences sexuelles au regard du droit comparé ". Mutanzini a conclu que l'approche holistique pour la prise en charge des victimes des VSBG est efficace, étant donné que la question de réparation pose un dilemme : d'une part la nécessité de la réparation et, de l'autre, la problématique de la réparation de l'irréparable.
Intervenant à sa suite, Mme Faïda Mwangilwa a fait la restitution des recommandations de l'atelier de la société civile tenu les 21 et 22 juin 2010. Elle a, entre autres, relevé la nécessité de mener des actions spécifiques pour la mise en œuvre effective de la réparation qui, aujourd'hui, constitue un maillon faible dans la lutte contre les violences sexuelles. La société civile a également invité le Gouvernement à créer des structures pour assurer la mise en œuvre de ces recommandations, tandis que le Parlement a été invité à prendre des lois sur la réparation et la création d'un fonds pour l'indemnisation.
Le ministre de la Justice, Luzolo Bambi Lesa s'est, quant à lui, appesanti sur " la politique du ministère en matière des violences sexuelles et basées sur le genre ". Il a, à cette occasion, proposé des modes alternatifs de réparation de ces violences.
Mme Marie-Antoinette Saya de l'ambassade du Canada a partagé l'expérience du Canada en matière de la réparation, tandis que le coordonnateur du BCNUDH a expliqué les projets que ce bureau met en œuvre dans le cadre de la réparation des préjudices causés aux victimes des violences sexuelles. JEK



Le sang a encore coulé en RDC
Un accident sur l'axe Kikwit-Tshikapa cause deux morts et sept blessés
Pendant qu'on levait le deuil national décrété à la suite de l’incendie qui a coûté la vie à 242 personnes à Sange, au Sud-Kivu, un autre accident survenu dans la nuit de mardi 6 juillet vers 23 heures, à 10 kilomètres de Kikwit sur la nationale n°1, a causé deux morts et sept blessés graves. Selon radiookapi.net qui a exploité le rapport de la police de circulation routière, c'est une défaillance technique qui serait à l'origine de ce drame. " Les lames se sont cassées et le véhicule en pleine vitesse s'est renversé, tuant sur le coup deux passagers ", a indiqué le commandant bataillon de la Police de circulation routière à Kikwit, le major Junior Ngumbu.
Les blessés sont admis à l'hôpital général de référence de Kikwit pour des soins. Entre temps, le véhicule de marque Tata est resté sur le lieu de l'accident.
Le camion accidenté, en partance pour Tshikapa, transportait à bord plus de 80 personnes avec des marchandises, selon la même source. Le commandant bataillon déplore cependant le comportement des transporteurs. Ces derniers accusent à tout moment la PCR de tracasseries lorsqu'elle fait son travail, dit-il.
En principe, le véhicule accidenté n'aurait pas dû quitter la ville de Kikwit la nuit avec, à bord, plus de 80 personnes et des fûts de carburant, explique cet officier. Pour lui, laisser l'axe Kinshasa-Kikwit-Tshikapa de la Nationale numéro un sans poste de contrôle est un risque qui va continuer à exposer les vies humaines à de multiples dangers. Dorian KISIMBA

Une locomotive écrase un non voyant à Ndolo
Un non voyant a été retrouvé, écrasé par une locomotive dans la nuit du lundi 5 à mardi 6 juin derniers, au niveau des chemins de fer qui longent le quartier Ndolo, dans la commune de Barumbu.
Kan, 26 ans, revenait d'une prise d'alcool, communément appelé " supu na ntolo ", avec ses paires " voyants ", explique son grand-frère Aziza. Kan habite dans une concession de grande promiscuité située à quelque 15 mètres des rails. Chaque nuit, il eswt obligé de sortir pour se soulager. Habitué aux vrombissements de locomotive, il sait comprendre le sens d'où ils proviennent et sait également comment éviter de s'y prendre. Comme le malheur ne s'annonce point, ce jour-là, alors qu'il avait trinqué de l'alcool, personne ne pouvait savoir si Kan allait échapper à cet accident mortel. Tout le monde dormait. Il était tard dans la nuit. " Vu son état d'ivresse, je crois que mon petit avait perdu ses reflexes ", pense Aziza.
Kan était un aveugle, bien entendu, mais dans son quartier, on reconnaissait en lui beaucoup de qualités. Son infirmité avait sensiblement développé en lui les quatre sens encore fonctionnels. Il pouvait marcher seul sur de longues distances ; par le toucher, il pouvait compter l'argent, et même détecter les personnes qu’il connaissait bien ; l'ouïe également l’aidait à reconnaître les voix des gens, mais aussi d’interpréter les sons.
Kan est pleuré par les fumeurs de chanvre car, il était leur " père nganda " (nom accordé aux vendeurs de chanvre). " Il était pour nous un vrai " mogrosso ", indique-t-on (autre nom accolé aux vendeurs de marijuana). Il nous offrait toujours de bonnes matières ", regrette Golba, un fumeur de chanvre très connu.

La problématique deS logementS aux environs de rails
Ce genre d'accident relance la question de logements situés aux environs des rails. Le long des chemins de fer à Kinshasa, on observe, par endroit, des maisons de fortune construites soit en feuillet des bois, soit en tôles, avec un assemblage d'individus très différents, dont la réunion entraîne parfois un caractère très disparate ou contraire aux bonnes mœurs.
Dans des milieux pareils, la prostitution à vil prix bat son plein ; de nouveaux-nés voient le jour de manière exponentielle. Rocco NKANGA

INFOS INFOS
Nord-Kivu : plus de 3.000 déplacés de Butembo manquent d'assistance
L'heure est grave dans la partie Est de la République et appelle à une mobilisation communautaire. Plus de trois mille déplacés de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, sont en détresse. Ils viennent tous du Sud de Lubero et de Beni, dans la même province.
Ces personnes, expliquent radiookapi.net, fuient l'insécurité causée par les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), de l'ADF-NALU et d'autres milices congolaises. Installés à Butembo depuis le mois de mars, ces déplacés sont actuellement dépourvus d'assistance. Leur situation est précaire et ils l'ont fait savoir mardi 6 juillet dans une lettre adressée au maire de la ville de Butembo.
La plupart des déplacés vivent dans des familles d'accueil. Ils manquent de nourriture, de vêtement, et n'ont pas d'accès aux soins médicaux.
Le maire de la ville de Butembo dit être au courant de la situation de ces déplacés. Il affirme avoir déjà lancé un appel d'aide en faveur de ces personnes démunies. Cet appel est lancé aux hommes de bonne volonté, aux églises et aux ONG locales afin d'apporter leur contribution pour reconstruire les maisons de ces trois mille déplacés.
Cependant, cette aide locale reste encore minime, ajoute le maire de Butembo. A l'entendre, tous ces déplacés proviennent de Kayna, Kirumba, Kasuo dans le territoire de Lubero, ainsi que de Bulambo et Isale dans le territoire de Beni. L'urgence s'impose pour secourir ces âmes restées sans assistance depuis un certain temps. Dorian KISIMBA



RDC-Rwanda : les querelles foncières compliquent le retour des réfugiés
Des dizaines de milliers de réfugiés tutsis congolais qui vivent au Rwanda depuis plus de 10 ans se préparent à retourner dans la province du Nord-Kivu. Cependant, des tensions anciennes et non-résolues liées à la terre risquent de compliquer leur retour. Plus de 53 000 réfugiés enregistrés se sont installés de l'autre côté de la frontière depuis l'éviction du pouvoir du président Mobutu Sese Seko par des rebelles soutenus par le Rwanda et l'Ouganda en 1997 dans une atmosphère de chaos.
" Les problèmes liés à la terre vont constituer l'un des principaux obstacles au retour des réfugiés ", a dit Masti Notz, chef du bureau du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Nord-Kivu. La province compte près de 800 000 personnes déplacées internes.
Les conflits liés à la terre sont les principales causes de la violence qui ravage les provinces du Kivu. La surpopulation, le manque de terres accessibles et les immenses réserves minérales du sous-sol ont contribué à créer une atmosphère délétère qui a souvent conduit à des conflits.

Une paix contestée
En janvier 2009, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un groupe de rebelles tutsis, a accepté que ses combattants intègrent l'armée nationale et a signé un accord de paix formel deux mois plus tard.
Le retour des personnes réfugiées au Rwanda et leur sécurité en République démocratique du Congo constituait l'une des principales demandes du groupe rebelle converti en parti politique.
L'Accord tripartite signé en février par le HCR, le Rwanda et la RDC a permis d'enclencher le processus qui aboutira au retour des réfugiés. Mais certaines personnes, comme Antoinette Mukamu, qui a fui vers le Rwanda en 1996, n'ont pas attendu les rapatriements organisés pour rentrer.
" Nous croyions que la paix était revenue ", a dit Mme Mukamu, dont le village se trouve à cheval sur les territoires de Walikale et de Masisi au Nord-Kivu. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime qu'environ 80 pour cent des réfugiés sont originaires du Nord-Kivu, où des combats au sein même des groupes rebelles, et entre les groupes rebelles et le gouvernement font rage depuis longtemps.
La région est encore loin de connaître la paix : en effet, les combats se poursuivent entre l'armée et les Forces démocratiques de libération du Rwanda, un groupe rebelle fondé par des Hutus qui ont fui vers la RDC après le génocide de 1994.
Ce climat d'insécurité, ainsi que les rumeurs selon lesquelles les réfugiés seraient accueillis avec hostilité par leurs anciens voisins décidés à conserver les terres abandonnées par les personnes ayant fui vers la RDC, inquiètent Mme Mukamu. Celle-ci vit actuellement dans le camp de Kahe qui accueille les déplacés internes à Kitchanga, ville située dans le district de Masisi au Nord-Kivu. " Ma famille possède un terrain dans notre village, mais je ne sais pas ce qu'il en est advenu ", a ajouté Mme Mukamu.
Dieudonné Kanyamugengu, qui vient du district de Rutshuru, est revenu au Rwanda avec son frère et ses vaches pour trouver "de la nourriture et la paix ". Il est rentré dans son village, mais est retourné au camp de Kahe après un affrontement avec ses voisins hutus au sujet des terres. " Je ne suis pas en sécurité là-bas ", a-t-il dit.
Jules Mbokani, coordinateur d'un projet du Conseil Norvégien pour les Réfugiés, dont le but est de fournir des informations, des conseils et une aide juridique aux réfugiés, a reçu de nombreux témoignages similaires de rapatriés se trouvant dans une situation incertaine. " Les gens ont commencé à revenir en septembre 2009, mais beaucoup d'entre eux ne sont pas encore retournés dans leur village d'origine à cause des conflits liés à la terre et de la sécurité ", a-t-il indiqué.

Distribution des terres
La plupart des terres de la RDC sont allouées par les chefs coutumiers qui s'occupent de leur gestion en vertu de la loi coutumière. Celle-ci place en porte-à-faux les personnes qui se sont vues attribuer des titres de propriétés officiels en vertu de la loi foncière de 1973 qui précise que toutes les terres appartiennent à l'État.
Dans le territoire de Masisi, vers lequel la plupart des réfugiés se rendent, jusqu'à 60 pour cent des terres sont réservées au pâturage, ce qui cause des tensions entre les éleveurs et les agriculteurs.
Les riches spéculateurs, qui ont acheté - ou se sont accaparés - les terres abandonnées par les personnes qui ont fui lors des guerres, ne font qu'aggraver la situation. Ils ont créé de grandes plantations - ignorant ainsi les anciens habitants. Les populations destituées de leurs terres, qui ont peu de chance de trouver un travail dans un pays à l'économie sinistrée, luttent pour leur survie. Les problèmes de terres participent également aux tensions ethniques latentes dans le territoire de Masisi. La région accueille des Twas, des Hundes, des Hutus et des Tutsis qui ont un passé de conflits depuis des générations.
Un Hunde, qui a souhaité garder l'anonymat par peur de représailles, a dit qu'il pourrait vivre avec des rapatriés tutsis à condition qu'ils déposent les armes. " C'est le principal problème. Ces personnes sont en permanence armées ", a-t-il dit. Et la question de savoir à qui appartiennent les terres dans le territoire de Masisi ? " Les terres appartiennent au chef ", a-t-il répondu.
Ce chef, qui s'appelle Sylvestre Bashali, est un Hunde. Il a dit que vivre avec les Tutsis " demanderait un grand effort " aux Hundes et que les habitants de la ville ont peur de " la guerre et des affrontements " qui pourraient éclater au retour des réfugiés. " Les gens ont peur, car le CNDP a des armes ", a dit M. Bashali.
Le CNDP a quant à lui dit que les inquiétudes générées par le retour des réfugiés étaient exagérées. Désiré Kamanzi, un ancien responsable du CNDP, reproche aux hommes politiques extrémistes d'attiser les conflits ethniques. " Au fond, la population n'a pas peur ", a dit M. Kamanzi. " Ce problème est politique. Les gens n'ont pas envie de faire une guerre pour des raisons absurdes ".
Philippe Gafishi, le président du CNDP, a toutefois reconnu que les négociations portant sur les rapatriés et leur futur lieu de vie ne sont pas simples. " Seize ans après, les personnes qui vivent désormais sur les terres ne seront pas contentes de devoir les quitter et nous devons les y préparer. Mais nous pensons qu'ils sont prêts à accueillir leurs frères et amis ". La domination croissante du CNDP dans le paysage politique et militaire du Nord-Kivu cause cependant des inquiétudes dans certains cercles.
Dans le territoire de Masisi, les drapeaux du CNDP flottent toujours sur des villes-clés, le groupe continue de percevoir des impôts et de contrôler l'activité économique bien qu'il ait depuis longtemps fait la paix avec Kinshasa.
Bien que M. Gafishi assure que les administrations parallèles n'existent plus, les soldats du CNDP - qui ont en théorie intégré l'armée - sont en poste dans les zones agricoles et d'élevage importantes des territoires de Masisi et de Rutshuru, et les structures hiérarchiques des anciens rebelles existent toujours.

Intimidations
Lors d'un récent séjour dans le territoire de Masisi, Camilla Olson, de Refugees International, a constaté que le CNDP exerçait un contrôle strict - chassant, dans certains cas, d'autres groupes ethniques en usant de tactiques d'intimidation. " Certains des responsables traditionnels à qui nous avons parlé ont fui à Goma, car ils ne se sentent pas du tout en sécurité ou se sentent marginalisés ", a dit Mme Olson.
De plus, la question de la nationalité des réfugiés soulève des inquiétudes, des habitants de Masisi et d'autres territoires ayant émis l'hypothèse que nombre de réfugiés étaient en fait rwandais.
Il revient au gouvernement congolais de vérifier leur identité. Toutefois, Félix Musanganya, membre du Comité national pour les Réfugiés mis en place par le gouvernement, pense que la responsabilité en revient au Rwanda. Il demande également à ce que le Rwanda fournisse le nombre total de réfugiés qui reviennent en RDC. " Il est important que nous ayons des chiffres clairs, car si le nombre de réfugiés était supérieur aux chiffres officiels, cela susciterait des suspicions ", a-t-il dit. " Les gens ne comprendront pas. Ils penseront qu'il s'agit de Rwandais ".
Généralement, les chefs coutumiers règlent les conflits liés aux terres, mais les tensions sont devenues si fortes que les analystes pensent que d'autres mécanismes doivent être mis en place.
ONU-Habitat, le programme des Nations Unies pour les établissements humains, pense que les équipes mobiles de médiation foncière offrent une solution en se concentrant sur les personnes déplacées et les réfugiés. Depuis septembre 2009, une équipe de six médiateurs s'est occupée de 450 affaires dans la seule province du Nord-Kivu - environ 20 pour cent d'entre elles ont été résolues.
Mme Olson a cité les comités locaux de " pacification " comme un outil potentiel d'apaisement des tensions. Les comités ont été mentionnés dans l'accord de paix de 2009 et ont pour mission de faciliter le retour des réfugiés. Ils sont entre autre amenés à jouer le rôle de médiateur dans les conflits liés à la terre et devraient être composés de responsables locaux, de chefs coutumiers, de représentants de la société civile, de réfugiés, de personnes déplacées et d'agences des Nations Unies.
" Si nous arrivons à jouer un rôle proactif, alors nous pourrons préparer des retours réussis ", a indiqué Mme Olson. IRIN