QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
Billet

Et voici Sange!

Question à un franc symbolique : combien de Congolais autre que ceux du Kivu connaissaient Sange jusqu'il y a tout juste une semaine ? Fort peu sans doute. Cette bourgade nichée sur la plaine de la Ruzizi doit son renom subit à la tragédie survenue le 2 juillet dernier. Partant du principe selon lequel les trains qui partent à l'heure n'intéressent personne, les grands médias du Nord ont tôt fait de larguer leurs projecteurs sur Sange. A Kinshasa, les autorités et la presse se sont mobilisées. Le drame s'est universalisé et la cité qui vivait dans l'ombre d'Uvira a divorcé d'avec l'anonymat. La pauvreté de cette bourgade du Sud-Kivu n'est plus confidentielle.
Sange s'ajoute ainsi à la longue liste de ces localités et autres cités que les Congolais ne découvrent qu'à l'occasion des calamités ou des guerres. A la suite de deux guerres dites de l'Est, les Congolais ont une bien meilleure connaissance de leur pays que celle procurée par les cours de géographie ! En tout cas, nombre de compatriotes ont appris l'existence de quantité de villes, cités, localités à cause- on serait tenté de dire grâce à-des conflits. Muliro, Lemera, Kichanga, Kalehe, Minembwe, Ejimba...autant de cités révélées à la mémoire de Congolais à la suite des rébellions business qui ont écumé l'Est congolais. Pour crédibiliser les rebelles, toutes les localités conquises étaient présentées comme des villes. Ainsi Ejimba, authentique village africain en pays Songye était étiqueté ville. Et cette estampille a fait le tour du monde.
Tout récemment, l'aventure-éclair des Enyele a charrié quelques leçons, de géographie, d'histoire et même de sociologie sur la province de l'Equateur. Certes, Dongo était quelque peu connu. Mais la kyrielle de localités environnantes doivent leur visibilité à Udjani. Et même le conflit autour des étangs de poissons entre lobala et Boba a été mis au goût du jour à la suite de cet avatar d'insurrections guidées par le " tube digestif".
Retour sur Sange qui pleure encore ses morts. Nos morts. Sauf que le deuil n'est plus à huis clos. Sange a commencé d'exister. Ses malheurs, qui sont le lot commun de l'arrière-pays, sont immortalisés par les caméras. A la manière du maudit camion-citerne.
Dommage que depuis deux décennies, le pays profond se révèle au grand public essentiellement à la suite des catastrophes, naturelles ou d'origine humaine. José NAWEJ


PPTE : les conseils de François Muamba

«Considérons le point d’achèvement comme le point de départ». Ainsi parle François Muamba. Le chef de file de fait de l’opposition parlementaire réagissait ainsi à l’atteinte par la RDC du point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Une manière pour le Secrétaire général du MLC d’attirer l’attention du gouvernement sur l’orthodoxie à observer en vue de donner un contenu concret au point d’achèvement.
Plus qu’un jeu des mots chez ce familier de la langue de Voltaire, le «point de départ» résume parfaitement les termes du nouveau défi à relever par Kinshasa. La Rdc devant, comme par le passé, dégager des ressources mais qui, cette fois-ci, seront orientées vers les secteurs sociaux, il serait donc risqué de se croire arrivé. On est plutôt au point de départ. La rigueur dans la gestion assortie d’une stricte affectation des ressources à la lutte contre la pauvreté est, plus que jamais, recommandée.
Qui se plaindrait de voir François Muamba assumer son rôle d’opposant républicain en prodiguant des conseils à l’Exécutif ! Qui s’en formaliserait lorsque le primum inter pares des députés de l’opposition fixe des balises pour le gouvernement? D’un point de vue technique, qui s’offusquerait d’entendre un ancien ministre du Budget des années transition sur le point d’achèvement dont la saga aura duré toute une décennie? Enfin, qui renierait à ce produit du très réputé Institut catholique des hautes études commerciales-ICHEC- des compétences pointues dans les questions économico-financières?
Un ancien Premier ministre congolais parlait avec beaucoup d’à propos de l’opposition comme d’une lampe témoin. Et lorsque, loin des chamailleries bien de chez nous, un ténor de l’opposition parlementaire y va de ses suggestions, la démocratie en sort renforcée. Car sous les tropiques, la démocratie est rarement comprise comme la moins mauvaise des formes de gouvernement ayant pour finalité le bien-être collectif. De ce point de vue, pouvoir et opposition sont en fait des partenaires dans la quête du bonheur de la société.
Normal donc que, sur des questions d’intérêt vital, les responsables politiques de tous les horizons se prononcent et fassent des propositions. Dans les pays de vieille tradition démocratique, il n’est pas inhabituel de voir le Chef de l’Etat ou le Premier ministre consulter tous les ténors de l’establishment politique sur des sujets majeurs . José NAWEJ


PPTE : ni le paradis, ni l’enfer

Entre les postures des dithyrambes des nihilistes et autres opposants par principe et les angélistes et autres opportunistes par nécessité, il y a place pour un débat responsable en rapport avec l'atteinte du point d'achèvement. D'abord, autant le dire tout de go: l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte n'est pas la pire chose qui soit arrivée à la Rdc. Bien au contraire. Cette réduction de la dette n'est pas non plus ce bâton magique dont on rêverait pour mettre fin à la misère ambiante.
Inutile donc de faire la fine bouche: l'effacement de la majeure partie de la dette ne saurait être perçu comme une mauvaise nouvelle. Sinon à quoi aura servi tant d'années passées sous les fourches caudines des institutions de Bretton Woods si, à l'arrivée, il n'y avait pas l'ombre de réduction de la dette? Certes, le principe même de la dette extérieure des pays africains est sujet à controverse. Il est vrai que l'endettement de la Rdc n'a pas servi à développer le pays. Pour le Congo-Zaïre, cette masse d'argent a plutôt enrichi... les créanciers eux-mêmes et leur allié local que fut Mobutu et tout son clan.
Il est donc tentant de suivre les tenants de faire de cette dette table rase à l'instar de certains pays. Seulement pour peu qu'on soit réaliste, on réalise vite que cette posture maximaliste est difficilement tenable pour la Rdc. Les rapports de force politique, diplomatique, financière et même militaire ne plaidant pas pour cette option qui séduit par sa dimension populiste.
Pour autant, l'atteinte du point d'achèvement ne devrait pas donner à un enthousiasme angélique. D'abord, parce que l'ombre tutélaire du Fmi plane encore sur Kinshasa. La Rdc devrait, encore et toujours sous l'œil vigilant des institutions de Bretton Woods, orienter les ressources qu'il consacrait à la dette aux secteurs sociaux. En fait d'annulation, il s'agit d'une réaffectation du service de a dette. Tant mieux, si cette fois-ci cet argent va vers l'éducation, la santé...Et puis, toute l'ardoise n'est pas effacée. Il reste quelque deux à trois milliards de dollars à éponger. Enfin, un coup d'œil chez certains voisins ayant atteint le point d'achèvement montre que le lait et le miel ne sont pas toujours au rendez-vous.
Plus fondamentalement, on ne peut pas reprocher aux dirigeants congolais d'être en programme avec les institutions de Bretton Woods. On devrait plutôt inviter Kinshasa à avoir un plan alternatif cohérent de développement. Le Fmi pas plus que la Banque mondiale n'ont jamais développé un pays. Ces deux institutions n'y ont même pas vocation. Il appartient à la Rdc de s'inspirer des exemples d'autres nations qui ont mis l'accent sur la production intérieure de manière à créer une économie autocentrée. José NAWEJ


La part de Muzito

Si l'échec est orphelin, le succès ne compte pqsde géniteurs, tant ils sont nombreux. L'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte par la Rdc justifie cette sagesse populaire. Tout le monde revendique la victoire. Avant même que les institutions de Bretton Woods n'aient notifié officiellement Kinshasa, des forces politiques de la Majorité ont rivalisé d'imagination pour récupérer ce haut fait d'arme. Avant même que le Gouvernement congolais n'ait annoncé la bonne nouvelle, des ténors de la Majorité ont vite fait de brandir le trophée. Ironie de l'histoire : les plus critiques de l'action du gouvernement auront été les plus prompts à s'approprier le satisfecit du binôme Fmi-Bm. Soit. La nature est ainsi faite. Le principal étant le point d'achèvement.
Pour autant à tout seigneur, tout honneur, dit-on. L'admission de la Rdc à l'initiative Ppte est d'abord la victoire de deux hommes: Joseph Kabila et Adolphe Muzito. Le premier pour avoir tracé les grands axes de la politique gouvernementale et le second pour sa capacité à mettre en musique la symphonie présidentielle. En empruntant au registre architectural, on parlerait du maître d'ouvrage et du maître d'œuvre.
Homme au triomphe modeste-à l'instar du Raïs-Adolphe Muzito peut, pourtant, boire du petit lait. Il a toutes les raisons du monde de le faire. Un insuccès du gouvernement sur le front du point d'achèvement aurait été mis sur son dos. Normal.
Symétriquement, la paternité de la victoire de Washington revient au gouvernement Muzito. De fait, quand on aura tout oublié du passage d'Adolphe Muzito à la Primature ; quand on aura soldé tous les comptes de la mandature Palu à la tête du Gouvernement; quand on aura fini de diaboliser, humilier, jeter en pâture l'honneur de Muzito, il restera bien une chose : le point d'achèvement. L'Histoire retiendra qu'un Premier ministre aura donné un contenu à tous les sacrifices endurés des décennies durant au nom de la rigueur imposée par le Fmi. Ce premier ministre que personne n'attendait ni ne voyait venir aura donc été l'un des rares à laisser des traces positives. Patrice Lumumba était l'homme du mythe fondateur de l'indépendance, Moïse Tshombé, version 1964, était l'architecte de la normalisation et du pouvoir d'achat. Après, viendront les années Mobutu et la longue transition au courant desquelles des premiers ministres-à l'exception de Lunda Bululu avec le fameux pont sur la Makelele- ont promis, sans résultat à l'arrivée, monts et merveilles. Du Mpiodi dans l'assiette du plus démuni de Jean Nguz au sourire de Faustin Birindwa.
A moins d'un an de la fin de la législature, Adolphe Muzito aura achevé de mériter son rôle d'homme de mission. Dans l'ombre tutélaire du géant Gizenga, au cœur du dispositif gouvernemental mis en place par Kabila, Muzito, sans triomphalisme, aura déjà mérité et du Palu et de la Majorité.
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José NAWEJ


Une success story à capitaliser

Pour Joseph Kabila, les festivités du cinquantenaire s'apparentent à une vraie success story. Kinshasa avait mis un point d'honneur de voir le Souverain belge rehausser de sa présence le jubilé d'or de l'indépendance. Pari gagné. Le Roi Albert II dont on disait qu'il allait faire un voyage-éclair aura séjourné à Kinshasa quatre jours durant. Tout un message. Outre le couple royal belge, la quasi totalité de chefs 'Etat de la région ont répondu à l'invitation du Raïs congolais. Le rwandais Kagame et l'ougandais Museveni ont enfin refoulé le sol kinois après plus d'une décennie de brouille avec la Rdc. Il n'y a pas meilleure illustration de la normalisation des rapports dans les grands lacs.
S'il a joué la carte de la paix, Joseph Kabila, émanation de l'armée, n'a pas oublié le dicton selon lequel "qui vis pacem, para bellum".Le défilé monstre sur le boulevard Triomphal a tourné en une démonstration de forces. Les hommes de troupes ont battu le pavé. Mais on a surtout relevé l'impressionnante armada qui a clos la partie militaire du défilé. Sans doute qu'au seuil de son cinquantenaire, la Rdc n'entend plus être ce ventre mou ou cet espace où tous les bellicistes en mal de convoitises pouvaient investir une partie du territoire sans le moindre souci.
A l'interne, le Raïs a aussi de quoi ne pas bouder son plaisir. Les très difficiles Kinois n'ont pas été indifférents au jubilé d'or du cinquantenaire. Certes, pour une fête nationale, on peut déplorer l'absence aux festivités de certains ténors de l'opposition républicaine. Mais, à en juger par la mobilisation et la ferveur populaire constatées aux abords du Triomphal et à l'occasion de l'accueil du couple royal belge, on peut affirmer que Kinshasa la boudeuse n'a pas boycotté le 30 juin. Il est vrai aussi que le volet infrastructures des cinq chantiers commence à être de plus en plus visible dans la capitale. Du reste, le Président a opportunément inauguré quelques réalisations à la veille du jour-j.
Et lorsque dans son message à la Nation, Joseph Kabila rend hommage notamment à Kasa-Vubu et Mobutu, il jette un pont entre son bloc nationaliste et l'autre vieille famille politique du pays. Un pan de frustrations historiques est tombé. D'autant que dans la foulée du Cinquantenaire, le président a inauguré le monument érigé en mémoire de Joseph Kasa-Vubu.
En un mot comme en mille, Joseph Kabila a réussi son coup. A charge maintenant à ses collaborateurs et aux autres institutions de capitaliser ce haut fait. Cela pose le sempiternel problème de suivi. Est-ce que la modernisation de Kinshasa va se poursuivre? Est-ce que l'autorité urbaine va rester en éveil ou retomber dans sa léthargie? Est-ce que le militaire ou le policier nouveau incarné par la nouvelle tenue va tuer définitivement le vieil homme d'hier ? Le nécessaire aggiornamento historique opéré par le Président en personne sera-il traduit en actes? Bref, est-ce que l'après cinquantenaire sera différent de l'avant jubilé d'or ? C'est à l'aune de cette interrogation que le monde entier jugera la Rdc. C'est aussi par la capacité du pouvoir rd-congolais à maintenir ou pas la dynamique du renouveau que la majorité silencieuse jugera la classe dirigeante lors de prochaines élections.
José NAWEJ


Chantiers: Et l'arrière-boutique?

C'est la dernière ligne droite pour l'horizon 30 juin. Dès ce lundi 28 juin, Kinshasa va commencer à accueillir ses hôtes de marque ou leurs missi dominici. A quelque cinq jours du jour j, les préparatifs s'accélèrent. Sur les différents chantiers, Chinois et Congolais travaillent de jour comme de nuit. Les boulevards du 30 juin et Triomphal se sont refaits une jeunesse. Des immeubles longeant certaines artères ont enfin reçu une couche de peinture. Gros pourvoyeur de la crasse qui infeste Kinshasa, le Grand marché pourrait être nettoyé. Peut-être au kärcher, pour paraphraser le Président français Sarkozy quand il parlait des banlieues. Bref, pour fêter les 50 ans d'indépendance, Kinshasa fait peau neuve.
Cette amorce de la modernisation de la capitale congolaise ne devrait, cependant, pas être une espèce de cache-misère. S'il faut se féliciter de ce qu'un pan de cinq chantiers commence à devenir une réalité à Kinshasa, il n'en demeure pas moins que les travaux en cours semblent dictés, pour l'essentiel, par les impératifs du cinquantenaire. C'est autour des axes liés, d'une façon ou d'une autre, aux festivités du jubilé d'or de l'indépendance que se concentrent les travaux. Même le réveil de l'autorité urbaine, d'ordinaire pas spécialement visible sur le front de la voirie, paraît s'expliquer davantage par l'enjeu du cinquantenaire que par l'obligation d'assainir la ville. Autrement, la salubrité publique ne devrait pas passer pour une campagne médiatique lancée à la veille du 30 juin.
De ce point de vue, le vrai test se passera après la commémoration du cinquantenaire. L'on verra bien si la reconstruction à marche forcée va se poursuivre. L'on sera curieux de voir la suite à donner à l'assainissement de la capitale. Car, ce pays est plein d'initiatives sans lendemain. Que d'opérations de salubrités publiques qui n'ont duré que l'espace d'un matin! De "Kin bopeto" à "kanga vagabond" en passant par "ramassage des sachets", autant de campagnes qui se sont vite muées en slogans creux.
De plus, pour importante qu'elle soit, la restauration de principales artères ne devrait pas voiler les urgences sociales quotidiennes de Kinshasa profond. Il s'agit, notamment, de l'eau, de l'électricité et du transport en commun. La réfection du prestigieux boulevard du 30 juin peut même paraître comme le cadet de soucis du Kinois du crû de la Tshangu qui n'a que faire de la plus belle avenue du pays.
Croisons les doigts pour que l'élan pris en prévision du cinquantenaire s'installe dans la durée et affecte aussi l'arrière-boutique que sont ces quartiers populeux où vivent les vrais gens. C'est à cette condition que les sceptiques de raison que sont devenus les Congolais se convaincront que, cette fois-ci, les pouvoirs publics ont intégré l'hymne national en prenant le plus bel élan. José NAWEJ


30 Juin: Au-délà de la fête

Dans moins de deux semaines, c’est le 30 juin. Le compte à rebours a déjà commencé. Kinshasa ingurgite sa cure de jouvence et de modernité à forte dose. Les Chinois sont sur le point de finir de bâtir la place Tien Anmen, version congolaise en un temps record. C’est une capitale rd congolaise reliftée qui accueillera les hôtes de marque au premier rang desquels le Roi Albert II de Belgique.
Un demi siècle dans la vie d’un homme comme dans celle d’une nation n’est pas rien. ça se fête ou, à tout le moins, ça se célèbre. Manifestement, le décor de la fête se met en place à Kinshasa. Elle promet même d’être grandiose, cinquantenaire oblige.
Tout le problème sera de veiller à ce que les agapes du pays légal ne masquent pas le nécessaire débat sur 50 ans de gâchis. Car au lendemain du 30 juin , le pays réel va se réveiller avec ses sempiternelles angoisses existentielles. Les plus nostalgiques allant jusqu’à se demander à quand la fin de l’indépendance. Une manière-sans doute maladroite-de regretter ce bon vieux temps colonial où les services essentiels publics étaient à la portée du plus grand nombre.
Nous voici au coeur du vrai enjeu de ce cinquantenaire. Qu’avons-nous fait de 50 ans d’indépendance, si tant est que ce pays se soit vraiment comporté en nation indépendante. Avons-nous dressé nos fronts? Avons-nous, ne fût-ce qu’entrepris de bâtir un pays plus beau qu’avant? Point besoin d’être clerc pour répondre par la négative à ces deux interrogations tirées de notre hymne national.
Alors, pourquoi 50 ans après notre accession à la souveraineté internationale, nous sommes encore loin des idéaux-par moment même en contradiction-professés dans notre chanson nationale? Plus que la fête-qui est légitime-la réflexion autour de ces questionnements semble la meilleure façon de célébrer le 30 juin. Il s’agit d’engager un débat citoyen de fond sur les raisons de l’échec collectif de 50 premières années de la RDC et de baliser l’avenir.
Cette barza devrait impliquer toutes les forces vives. Le commissariat général du cinquantenaire s’est, certes, essayé sur ce terrain. Mais, l’exhibitionnisme et le voyeurisme bien de chez nous l’ont emporté sur le nécessaire débat de fond attendu. Sans cette catharsis nationale, l’électrochoc pour repartir du bon pied fera défaut. Et la parade du 30 juin, les dîners de gala et autres garden parties prévus ce jour là s’ajouteront à la longue liste des festivités gigantesques que ce pays organise avec brio depuis les années Mobutu. José NAWEJ


Une grève-couperet

Silence de cimetière dans la Fonction publique. Pas un seul bureau d’ouvert hier dans l’administration publique. A la Justice, aux Affaires étrangères... pas l’ombre d’un fonctionnaire. Même le service minimum n’est pas au rendez-vous. On l’aura compris: le mot d’ordre de grève est suivi à la lettre par les agents de l’Etat.
Laissés pour compte de tous les régimes, les fonctionnaires recourent pour la énième fois au débrayage pour essayer de se faire entendre. Depuis l’arlésienne Mbudi, les agents de l’Etat ont leur unité de mesure: l’application progressive de Mbudi ou rien. A peine ont-ils appris que leurs boss-entendez les secrétaires généraux-ont été augmentés qu’ils réclament qu’il en soit de même pour toute la Fonction publique. Ce qui n’est que logique, voire justice.
Vu du gouvernement, cette grève de fonctionnaires tombe à un pire moment. A quelque deux semaines de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, le débrayage du bras séculier de l’Etat sonne mauvais.
Ce n’est pas tout. Cette grève se traduit par quantité de désagréments pour les usagers du service public que nous sommes tous. Impossible de se procurer un document administratif par les temps qui courent. En proie à une kyrielle d’autres soucis, les Congolais avaient besoin de tout, sauf d’un supplice de plus, voire de trop. Pas besoin d’être devin pour parier que si rien n’est fait, la fête du 30 juin aura un goût bien amer encore.
Il devient donc urgent de décanter ce débrayage. Certes, il serait démagogique de promettre le paradis social dans un désert économique, le bonheur des fonctionnaires comme celui de tous les Congolais passant par la production. Laquelle est anecdotique 50 ans après l’indépendance. En plus, les contraintes inhérentes au programme avec les institutions de Bretton Woods ne laissent pas les coudées franches à l’Exécutif congolais dans le domaine de l’augmentation de salaires.
Reste qu’ il est du devoir du gouvernement de trouver ne serait-ce qu’un début de solution aux revendications légitimes des agents de l’Etat. Il est possible , moyennant la réduction du train de vie de l’Etat et de ses dépendances, de trouver des ressources substantielles à allouer aux fonctionnaires. Et la RDC ne serait pas le premier pays à mettre au régime les bonzes de son appareil d’Etat. Dans nombre des pays de la riche Europe, ministres, députés... se délestent d’une partie de leurs émoluments pour s’appliquer à eux-mêmes d’abord la rigueur. Il est vrai que les économies résultant de la cure d’amaigrissement du Congolais d’en haut ne saurait suffire à booster le revenu du fonctionnaire ,mais il démontrerait la volonté du gouvernement de requalifier progressivement la condition de l’agent de l’Etat.
En tout cas, FMI ou pas FMI, production ou pas production, le Gouvernement est dans l’obligation d’agir. José NAWEJ

















EDITION N°3647 du VENDREDI 09 JUILLET 2010
A LA UNE
APRES L'ATTEINTE DU POINT D'ACHEVEMENT DE l'I-PPTE

Le FMI invite la RDC à maintenir le cap
*Au cours d’un toast, hier, les représentants des institutions de Bretton Woods ont demandé au Premier ministre de poursuivre les efforts pour améliorer davantage les finances publiques.
L'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative-Pays Pauvres Très Endettés (I-PPTE), par la RD Congo, ne passe pas inaperçu aux yeux des ambassadeurs et diplomates en poste à Kinshasa. Pas plus tard qu'hier jeudi, le 8 juillet, Le Représentant Résident du FMI, M. Jahaj SAMIR a félicité le gouvernement pour des efforts réalisés. Il a, par ailleurs, conseillé à l'Exécutif national de poursuivre des efforts pour l'amélioration de ses finances publiques. C'était au cours d'un toast que le Premier ministre Adolphe Muzito a offert hier dans la matinée aux Ambassadeurs au Jardin de la Primature. Quelques membres du Gouvernement central ont également été présents à cette réception. Ci-dessous, l'intégralité du message du Chef du Gouvernement, Adolphe Muzito, prononcé à l'occasion de cette réception

Adolphe Muzito : «Fin 2010, le stock de la dette pourra passer à 3 milliards»

Messieurs les Vice-Premiers Ministre;
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques,
Mesdames et Messieurs du monde des affaires,
Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités,

Je voudrais d'abord vous souhaiter la bienvenue et vous remercier d'avoir accepté de rehausser de votre présence cette cérémonie.
Mais, avant toute chose, je vous prie de bien vouloir observer une minute de silence en mémoire de nos compatriotes qui ont péri à Sange, dans la province du Sud-Kivu, le vendredi 2 juillet dernier, à la suite d'un incendie.
Merci.
Mesdames et Messieurs,
J'ai tenu à vous recevoir ici aujourd'hui suite à la décision conjointe des conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale, consacrant l'atteinte par la RD Congo du Point d'achèvement de l'Initiative PPTE.
En substance, la RD Congo va bénéficier d'allègements significatifs du stock de sa dette extérieure, estimé à 13,7 milliards de dollars, représentant 125 pourcent de son PIB, à fin décembre 2009.
A la fin de cette année 2010, le stock de la dette publique extérieure de la RDC pourra alors passer à 3 milliards de dollars, représentant 24 pourcent du PIB.
Lors de son allocution à la nation le dimanche dernier, Son Excellence Monsieur le Président de la République a tenu à remercier tous ceux qui, de loin ou de près, ont contribué à l'aboutissement de ce processus.
Permettez-moi, au nom du Gouvernement, de vous remercier tous et à travers vous, vos pays ou institutions, pour tous les efforts consentis.
La RD Congo n'oubliera pas ce geste.
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, je tiens particulièrement à vous remercier d'avoir été autant des Ambassadeurs de vos propres pays que de la République Démocratique du Congo dans l'encadrement de ce dossier.
Aux Représentants du FMI, de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement, vos conseils techniques ont été déterminants pour la réalisation de cet objectif et nous vous en sommes reconnaissants.
Grâce à vous, le peuple congolais aura davantage confiance en vos institutions respectives.
Les remerciements du Gouvernement s'adressent également :
- u Président de la République, qui a toujours soutenu mon Gouvernement, contre vents et marrées en l'accompagnant par ses conseils et ses orientations ;
- aux Membres du Gouvernement, eux-mêmes, ainsi qu'au Gouverneur de notre Institution d'émission, pour leur contribution ;
- aux Fonctionnaires de l'Etat et Experts du Gouvernement et de la BCC pour leur contribution à la réalisation, en un temps record, des sept (7) déclencheurs du Point d'achèvement.

Quant au peuple congolais, je réitère les remerciements et les félicitations du Président de la République, pour la patience et les sacrifices consentis pendant de longues années ainsi que la preuve de maturité et d'un sens élevé de responsabilité.
Mesdames et Messieurs,
Notre joie est d'autant plus immense que nous avons gagné sur deux fronts: le front de l'allègement de la dette dans le cadre de l'initiative PPTE et celui de la mobilisation des financements de la part de nos partenaires Chinois.
Ce double défi a été un succès grâce à la détermination du Président de la République et du Gouvernement mais aussi à la franche collaboration de nos partenaires traditionnels.
Ces derniers, en accord avec le Gouvernement, ont reconnu en effet que l'Etat Congolais pouvait concilier ce double objectif. C'est-à-dire, obtenir l'allègement de sa dette et en même temps contracter de nouveaux prêts à des conditions concessionnelles, dans les limites de la viabilité de sa dette.
Je remercie également nos partenaires Chinois, ainsi que leur Gouvernement, pour avoir fait preuve d'ouverture en accordant à la RDC des financements concessionnels et indispensables au développement de ses infrastructures, dans le cadre de la convention de collaboration sino-congolaise.

Mesdames et Messieurs,
Avec l'atteinte du Point d'achèvement, la RD Congo amorce une nouvelle ère, pour un nouveau départ vers la reconstruction et la modernisation de son économie.
A cet égard, les instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République sont claires.
Mon Gouvernement va s'atteler à les appliquer par la préservation de la stabilité macroéconomique et la mise en œuvre des reformes structurelles importantes, visant notamment à accroître les recettes intérieures et améliorer l'environnement des affaires.
L'allègement de la dette est un pas important pour notre pays :
- D'abord, parce qu'en réduisant significativement le service de la dette extérieure, un nouvel espace budgétaire est créé pour financer l'investissement en capital humain et les infrastructures;
- Ensuite, parce qu'en facilitant l'accès à de ressources additionnelles au titre d'aides budgétaires et dons-projets, le Gouvernement peut financer davantage les secteurs sociaux et le développement des infrastructures, avec comme conséquence la réalisation d'une croissance forte et soutenue, qui réduira progressivement la pauvreté.

Le Point d'achèvement est une étape décisive sur la voie de la modernisation de l'économie de la RDC.
Cependant, autant il ouvre des perspectives favorables, autant il ne n'est pas une fin en soi ni une panacée qui fera disparaître du jour au lendemain tous les problèmes.
Le point d'achèvement nous commande d'abord de respecter les engagements auxquels nous avons souscrit dans le cadre de notre programme triennal, appuyé par la Facilité Elargie de Crédit du FMI, et qui couvre la période juillet 2009 à juin 2012.
Ce programme vise les principaux objectifs suivants :
1) maintien de la stabilité macroéconomique, notamment par la mobilisation accrue des recettes intérieures et le contrôle des dépenses publiques;
2) redressement du système financier; et
3) stimulation d'une croissance économique forte et soutenue, tirée par le secteur privé.

Dans cette optique, il nous faudra accélérer les réformes structurelles en vue d'accroître les recettes de l'Etat et renforcer nos actions pour améliorer la gouvernance notamment en luttant contre la corruption.
Nous définirons une politique d'endettement plus prudente afin de ne pas retomber dans des situations de surendettement.
Le Gouvernement va privilégier, sur la base des priorités bien définies de développement, les dons et prêts hautement concessionnels. Nous veillerons aussi à affecter les ressources remboursables à des projets d'investissement rentables.
Les reformes entreprises pour améliorer l'environnement des affaires, promouvoir l'investissement privé et stimuler la compétitivité de notre économie seront poursuivies. Dans ce cadre, un accent particulier sera porté :
- à la réforme du secteur bancaire et financier afin de le rendre plus apte à mobiliser l'épargne intérieure ;
- à la transparence dans la gestion du secteur minier et des autres ressources naturelles ;
- à la transparence dans la passation des marchés publics : la manière dont l'Etat dépense pour financer l'acquisition des biens et services et commander des travaux doit concerner non seulement le Gouvernement, mais également tous les services publics ;
- à la reforme des entreprises publiques : la transformation des entreprises en sociétés commerciales, en particulier des entreprises structurantes que sont l'ONATRA, la SNCC, la RVA, la SNEL, la REGIDESO, et la GECAMINES ainsi que la relance des entreprises d'économie mixte telles que la CINAT et la MIBA constitueront l'un des axes principaux de l'action du Gouvernement au cours des mois à venir ; et
- à l'adhésion de notre pays au Traité de l'OHADA : le Gouvernement va aussi intensifier les efforts nécessaires pour rendre celle-ci effective.

De nos partenaires extérieurs, j'aimerais solliciter la poursuite de l'accompagnement qu'ils nous ont apporté jusque maintenant dans la mise en œuvre de ces réformes difficiles mais incontournables.

Aux membres du Gouvernement, je voudrais demander de maintenir le cap sur les engagements pris et de tirer les conséquences de l'atteinte du Point d'achèvement.

C'est notamment le cas du budget de l'Etat pour l'exercice 2010 qui doit désormais refléter les changements intervenus dans l'enveloppe du service de la dette.

Le projet de loi budgétaire rectificative que le Gouvernement déposera au Parlement en même temps que le projet de budget 2011 devra incarner les réallocations budgétaires attendues.

Mesdames et Messieurs,

Voilà ce que je tenais à vous dire à la suite de l'atteinte du Point d'achèvement de l'Initiative PPTE.
Je vous invite à lever vos verres pour cette performance collective.

Je vous remercie.
Adolphe MUZITO

INFOS INFOS
CPI: suspension du procès de l'ex-chef de milice Thomas Lubanga
Le procès de l'ancien chef de milice en République démocratique du Congo (RDC) Thomas Lubanga, a été suspendu jeudi par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) qui reprochent au procureur d'avoir refusé d'appliquer leurs décisions.
"Le procureur a choisi d'agir unilatéralement", ont indiqué les juges dans leur ordonnance : "dans ces circonstances il est nécessaire de suspendre le procès qui est une procédure abusive".
Le procès de Thomas Lubanga, le premier de la CPI, s'était ouvert le 26 janvier 2009. Agé de 49 ans, il est accusé de crimes de guerre avec l'enrôlement et la conscription d'enfants de moins de 15 ans durant la guerre civile en Ituri (est de la RDC) entre septembre 2002 et août 2003.
Il est aussi accusé d'avoir fait combattre ces enfants dans l'aile militaire de sa milice. Transféré à La Haye en mars 2006, il plaide non coupable.
"Aussi longtemps que ces circonstances perdurent, l'accusé ne peut être jugé de façon équitable et la justice ne peut être rendue", souligne l'ordonnance de jeudi.
Le procureur avait refusé de communiquer à la défense le nom d'un intermédiaire qu'il avait chargé de retrouver des témoins des crimes de guerre dont est accusé Thomas Lubanga.
Selon la défense de l'ex-chef de milice, des faux témoignages avaient été "fabriqués" avec l'assistance d'intermédiaires et la collaboration du bureau du procureur. Les témoins présentés par l'accusation comme étant des enfants soldats avaient tous menti lors de la présentation des charges contre l'accusé, affirme encore la défense. AFP

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Lutte contre l'impunité des violences sexuelles
Le Gouvernement s'arme d'un arsenal juridique pour réprimer les infractions
Le ministère de la Justice et Droits humains, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a organisé, du 08 au 09 juillet 2010 à Cassiopée, un séminaire sur la lutte contre l'impunité des violences sexuelles. Cette rencontre vise à améliorer les stratégies et la politique de lutte contre l'impunité en matière des violences sexuelles dans le fonctionnement de la machine pénale au niveau de la justice. Raison pour laquelle, le Gouvernement, par le biais du ministre de la Justice et Droits humains, Emmanuel Luzolo Bambi, s'est armé d'un arsenal juridique pour réprimer les infractions et inerties qui empêchent la machine judiciaire de fonctionner.
Ce séminaire atelier, sur la lutte contre l'impunité des violences sexuelles, sensibilise 60 agents et fonctionnaires du ministère de la Justice et Droits humains sur les différentes lois sur les violences sexuelles pour leur permettre de relever les mécanismes d'accompagnement des victimes, de vulgariser la loi d'accompagnement des personnes vivant avec le VIH/Sida (PVV) et le concept genre.
Dans le souci d'éradiquer les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, des lois efficaces ont été mises en place à travers différents textes de lois notamment les lois n°06/018 et 019 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant respectivement le code pénal, le code de procédure pénale congolais, la loi 09/001 du 10 janvier portant protection des personnes vivant avec le VIH. En outre, la justice met l'accent sur l'application effective des lois précitées et sur l'amélioration de l'accès des victimes à la justice.
Le ministre de la Justice, représenté par son directeur de cabinet, Inier Latebo Ekwa, a exhorté les participants à l'atelier à la discipline et à l'assiduité tout au long des travaux afin de tirer les meilleures connaissances des exposés.
Le secrétaire général à la Justice, Sylvain Dikango Bituki, à son tour, a indiqué que ce séminaire tant attendu offre l'opportunité de rappeler à l'opinion que depuis toujours, l'histoire des hommes est souvent émaillée d'événements visant à établir l'équilibre social en supprimant les injustices et les inégalités sociales. A l'en croire, c'est dans ce cadre que le Gouvernement à travers le ministère de la Justice et Droits humains, canalise les efforts vers l'intégration de la lutte contre l'impunité de toutes les formes de violences sexuelles dans les politiques et les programmes du développement sur toute l'étendue de la RDC.
Il a aussi saisi cette occasion pour rappeler que les objectifs du millénaire pour le développement sont étroitement liés aux avancées obtenues dans l'effectivité du rôle déterminant de la femme dans la communauté. Etant donné que la grande majorité des adultes victimes de la pauvreté sont des femmes, le secrétaire général à la Justice a annoncé l'intention d'organiser, pour elles, des campagnes de sensibilisation sur l'égalité des sexes et des initiations au droit. Ceci, en vue de leur donner la motivation et les moyens de revendiquer leurs droits. Selon lui, toutes les actions en faveur du développement devraient prévoir des services d'aide judiciaire destinés aux femmes et l'élimination des tous les obstacles qui empêchent d'accéder à la justice.
Sylvain Dikango Bituki a également salué l'organisation de ce séminaire, car l'information et la formation sur la lutte contre l'impunité des violences sexuelles sont indispensables pour sensibiliser l'opinion sur son bien-fondé.
A entendre le représentant du coordonnateur de la composante gouvernance justice sécuritaire du PNUD, Olivier Kabongo, la structure onusienne pour le développement est résolument engagé à accompagner la RDC dans la lutte contre les violences sexuelles à l'Est et à l'Ouest du pays.L'objectif de ce séminaire est de rappeler aux participants que les outils juridiques existent pour venir à bout de ce phénomène. Simard Simon TSOUMBOU


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37ème session de l'APF : la RDC candidate pour abriter les travaux
Le secrétaire général de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) Jacques Legendre a qualifié de ''signification importante'' le souhait exprimé par la République démocratique du Congo d'abriter la prochaine session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) prévue en 2011.
La proposition des autorités congolaises a ''une signification importante pour l'Afrique centrale, pour l'Afrique globalement, et pour la Francophonie'', a affirmé M. Legendre lors d'un point de presse tenu au terme de la 36ème session de l'APF, après trois jours de travaux.
Dakar accueillait les parlementaires francophones pour la troisième fois, après les sessions tenues en 1973 et 1982.
''Nous venons de bénéficier de la proposition de la République démocratique du Congo (…), l'un des pays les plus peuplés de la Francophonie, (située) au cœur de l'Afrique. Kinshasa, ça a un sens'', a-t-il ajouté.
Si la proposition est acceptée ce sera la première fois que la RDC accueille une session de l'APF.
Jacques Kegendre a aussi annoncé la tenue au Québec (Canada) d'une rencontre de l'APF sur le thème de la diversité culturelle et linguistique, dans le but d'''outiller les parlementaires pour qu'ils puissent continuer à faire la promotion de la Convection de l'UNESCO sur la diversité culturelle''.
Adoptée en octobre 2005, cette convention de l'UNESCO est entrée en vigueur en 2007.
Agence Presse Sénégalaise



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Isidore Ndaywel : " Le redressement de la RDC passe par la formation et le travail "
Fils d'enseignant, le professeur Isidore Ndaywel E-Nziem enseigne dans plusieurs universités à travers le monde. Historien de renom, il a publié plusieurs ouvrages, en l'occurrence "Nouvelle histoire du Congo". Coordonnateur du Comité scientifique du Commissariat général du Cinquantenaire, structure chargée d'organiser le jubilé de l'indépendance de la RDC, il exhorte les Congolais à espérer en un avenir meilleur, tout en les conviant à se former davantage et à bien travailler.
En cette année où les Congolais célèbrent le jubilé de leur indépendance, le professeur Isidore Ndaywel estime le moment propice pour s'arrêter et se demander d'où l'on vient, où l'on est et où l'on va. Ces questions s'avèrent, selon lui, fondamentales pour tous ceux qui veulent ménager leurs montures en vue de mieux baliser les voies de l'avenir.
"On ne peut pas, affirme-t-il, parler du cinquantenaire sans parler de l'histoire. Et on ne peut pas non plus prétendre aimer le Congo si on ne le connaît pas. Voilà pourquoi, dans la formation, il est important d'insister sur des données de connaissance de son propre pays. Le Congo dans l'espace et dans le temps est un élément qui devrait faire l'objet des préoccupations de tout système. Le Congo dans l'espace, c'est-à-dire sa géographie, doit avant tout être fort maîtrisé. Mais, ce n'est pas mon propos. Mon propos concerne le Congo dans le temps".

"Les millénaires qui nous ont précédés, c'est la partie de notre histoire où s'est forgé notre patrimoine, immatériel certes, mais important".
Pour Isidore Ndaywel, l'histoire de la RDC peut être repartie en plusieurs séquences. "La plus récente, explique-t-il, c'est le Cinquantenaire qui concerne les 50 dernières années, de 1960 à nos jours. Cette séquence est la suite de celle du Congo belge, de 1908 à 1960. 52 ans de statut d'un pays colonisé ayant pour métropole la Belgique. Spécifiquement coloniale, cette séquence est aussi la continuité d'une autre, le premier ordre colonial. Nous sommes entrés en colonisation par une proclamation d'indépendance. Nous avons été Etat indépendant du Congo pendant 23 ans, de 1885 à 1908, avec pour souverain le roi Léopold II. Installé dans la lointaine Belgique, il était à la fois roi des Belges et roi souverain du Congo. Et avant cela, il y a eu des millénaires d'histoire de nos populations sur cet espace qu'est le Congo".
Faisant le bilan du passé, Isidore Ndaywel reconnaît que chacune des séquences de l'histoire du Congo a des acquis. "La toute première séquence que nous maîtrisons insuffisamment, c'est l'âge précolonial, affirme-t-il. Les millénaires qui nous ont précédés, c'est la partie de notre histoire où s'est forgé notre patrimoine, immatériel certes, mais important. C'est ce qui fait que nous soyons ce que nous sommes, que nous puissions avoir des institutions sociales aussi solides qui font que, chez nous, il y ait cette convivialité, cette importance accordée à notre ami, cette joie de vivre malgré notre misère, alors que la situation est beaucoup plus dure. C'est un patrimoine dont il faut être fier, tellement d'autres peuples n'en bénéficient pas. Je n'en veux pour preuve que les statistiques de crises cardiaques qu'il y a dans le monde ! ".

"L'Etat congolais est vieux de 125 ans. Nous sommes donc un Etat qui totalise cinq quarts de siècles… Et c'est la deuxième fois que nous célébrons le cinquantenaire."
Isidore Ndaywel est beaucoup plus optimiste lorsqu'il aborde les deux autres séquences : "La Constitution de l'Etat congolais, qui date de 1885 à nos jours, est vieille de 125 ans. Nous sommes donc un Etat qui totalise cinq quarts de siècles ! Une trajectoire absolument confortable dans l'histoire globalement, a fortiori dans l'histoire africaine, où il y a tellement de choses récentes. Et l'acte fondateur de cet Etat, c'est la proclamation, le 1er juillet 1885 à Vivi (Bas-Congo), de l'existence de l'Etat indépendant du Congo".
"Et, je tiens d'ailleurs à vous le rappeler, c'est la deuxième fois que nous célébrons le Cinquantenaire, assure l'historien congolais. Nous avions déjà célébré, en 1935, le premier Cinquantenaire de l'existence de notre Etat. Si vous allez dans certaines villes comme Lubumbashi, le Parlement actuel s'appelait naguère "Le Cinquantenaire". Il y avait même le parc du Cinquantenaire".

"Nous avions acquis, en 1935, nos 50 ans d'existence comme Etat. Et le 1er juillet constituait notre fête nationale jusqu'au
30 juin 1960".

De quel Cinquantenaire s'agit-il ? "Eh bien, répond Isidore Ndaywel, nous avions acquis, en 1935, nos 50 ans d'existence comme Etat. Et le 1er juillet constituait notre fête nationale jusqu'au 30 juin 1960. C'était le jour où nous célébrions notre fête nationale et où nous présentions notre drapeau bleu à l'étoile d'or, très vieux drapeau qui date de 1877, au moment où la commission d'histoire de l'Association internationale africaine a adopté son emblème. C'est cet emblème qui continue jusqu'à ce jour, certes avec des réaménagements et modifications jusqu'à la présentation actuelle".
Comme bon nombre de Congolais, le professeur Ndaywel décrie les méfaits du système colonial, mais il ne voit pas tout en rouge. "Nous avons, dit-il, raison de dénoncer les maux de la colonisation belge, mais elle nous a apporté aussi des acquis importants. Elle a notamment été caractérisée par ce qu'on appelle "l'administration indirecte", héritée des colonisations britanniques suivant lesquelles il ne faut pas mélanger les indigènes avec les Blancs".
Selon l'historien congolais, "l'administration indirecte" reposait sur la ségrégation. "Il fallait, explique-t-il, laisser les indigènes dans leurs villages, les enfermer dans leurs cités, pour qu'ils soient gérés par leur droit coutumier, par leurs chefs traditionnels. Il ne fallait pas qu'ils aient trop d'accès à des langues importées, en l'occurrence la langue française. Il fallait s'adresser à eux, les évangéliser dans leurs langues indigènes".
Pour le professeur Ndaywel, "c'était de la discrimination, certes, mais, c'est par cette discrimination qu'il y a maintenant un coté positif. Ce que nous avons eu la chance d'avoir été toujours proches de nos cultures traditionnelles, d'avoir conservé nos langues, nos usages par rapport aux autres régions d'Afrique où l'écart est très important par rapport à ce passé".

"Aucun pays colonisateur n'a, à un moment donné, décidé que la colonisation était assez suffisante pour que le pays colonisé devienne indépendant".
Lorsqu'il évoque la vague des indépendances en Afrique, l'historien congolais assure que c'est une phase incontournable qui s'accompagne bien souvent de scènes de violence. "Dans l'histoire du monde, commente-t-il, on accède à cette étape presque toujours de la même manière. Nous ne connaissons nulle part l'expérience de colonisation où le pays colonisateur a, à un moment donné, décidé que la colonisation était assez suffisante pour que le pays colonisé devienne indépendant".
"Il était donc important que nous accédions à l'indépendance, à la prise en charge, par des autochtones, de cette nouvelle forme de modernité d'origine extérieure qui s'est introduite chez nous à l'occasion de la colonisation, soutient Isidore Ndaywel. C'est l'exercice de l'appropriation de ces instruments de modernité politique (l'Etat-nation, la démocratie, la gestion économique moderne, la gestion culturelle moderne…) par les autochtones, qui s'avère une étape incontournable dans l'évolution d'une nation. On n'y arriverait pas si on voulait faire le contraire".
Aux nostalgiques congolais qui regrettent encore "la belle époque coloniale", le Coordonnateur du Comité scientifique du Commissariat général du Cinquantenaire se montre sec : "La colonisation est finie. Organisons le quarantième jour de ce deuil colonial. N'en parlons même plus ! Pourquoi parlons-nous encore tant de la Belgique ? Ce n'est qu'un partenaire parmi tant d'autres. Nous sommes au cinquantenaire. Nous avons invité un certain nombre de chefs d'Etat, on n'en parle pas. On parle seulement du roi qui arrive ou qui n'arrivera pas. Le roi n'est qu'un invité, chef d'Etat parmi tant d'autres ! Je crois que ce sont ces relents de la colonisation qui demeurent dans notre esprit".

"Faut-il fêter le cinquantenaire ? Bien sûr ! Il n'y a pas un niveau de richesses particulier pour fêter ! En cette année, 17 pays africains fêtent leur jubilé d'indépendance"
"Faut-il vraiment fêter le Cinquantenaire?", ne cessent de se demander certains observateurs qui estiment que les festivités du jubilé seraient de trop pour un pays en crise. "Bien sûr que oui, rétorque Isidore Ndaywel ! Il n'y a pas un niveau de richesses particulier pour fêter ! Le jour où un élève réussit son examen d'Etat, si son père lui dit qu'il n'a pas d'argent pour organiser la fête, peut-il être content ? Lorsqu'on a de l'argent, on décide d'aller fêter au Grand Hôtel ! Quand on n'en a pas, on choisit le bar d'à coté ! Et quand on a un peu moins, on achète un casier de boissons sucrées qu'on consomme devant la maison. Parfois même on n'a rien du tout, alors on passe la soirée dans une veillée de prière ! Totaliser 50 ans et ne rien faire, cela n'a aucun sens pour notre culture".
"Sommes-nous si malheureux que cela pour ne rien faire ?", s'interroge l'historien congolais. "En cette année, rappelle-t-il, 17 pays africains fêtent leur jubilé d'indépendance. Pensez à la situation du Togo qui a dû combiner la célébration d'indépendance avec les élections. Pensez à la Côte d'Ivoire qui fête, cette année, ses 50 ans d'indépendance malgré tous ces problèmes ! Pensez à Madagascar qui a eu son indépendance, deux à trois jours avant le 30 juin ! Ils vont célébrer leur indépendance avec nous cette année. Ne sommes-nous pas dans une situation plus enviable que ces pays-là?"

"Le cinquantenaire doit être une sorte de veillée d'armes pour nous réarmer des énergies nouvelles"
Partant des festivités de l'indépendance, Isidore Ndaywel exhorte ses compatriotes à combattre cette fatalité qui les pousse à affronter l'avenir avec pessimisme. "Le cinquantenaire doit être une sorte de veillée d'armes pour nous réarmer des énergies nouvelles, clame l'historien congolais. Il faut que nous puissions nous organiser pour travailler sérieusement. Il est temps de nous réveiller, de décider de construire notre pays pour faire quelque chose de notre vie. Nous vivons certes dans la crise. Or, c'est pendant la crise qu'il y a émergence de grands hommes. De cette crise, ce qui est certain, c'est qu'il y aura de grands hommes. Et c'est à chacun de décider s'il sera compté parmi eux ".
Aux jeunes, élites de demain, Isidore Ndaywel demande d'éviter la vie facile et leur recommande une formation assidue : "Nous avons des réclamations des étudiants pour plusieurs raisons. C'est toujours parce qu'ils veulent des recommandations, des arrangements… Jamais parce qu'ils ont pris conscience qu'ils veulent être bien formés. Mais, vient un moment où on ne peut pas tricher avec la vie. Vous dites que vous êtes licencié en économie ? Très bien, il faut maintenant travailler. Vous n'arrivez même pas à écrire correctement. Vous dites que vous êtes maintenant médecin ? Voilà un malade, allez-y. Et vous ne savez même pas le soigner".
"Vous ne pouvez pas vous permettre une vie de médiocrité dès lors que vous voulez être un citoyen du Congo, un citoyen du monde en ce millénaire, s'insurge le professeur Ndaywel. Il faut prendre la porte étroite. Même quand nous sommes étudiants, nous devrons nous décider de construire notre pays, d'aller désormais à contre-courant, de refuser des points qu'on nous donne gratuitement par des recommandations, de petits arrangements, parce que nous voulons être formés correctement".

"L'amélioration de la situation n'est jamais instantanée ! C'est un processus. Et moi, je constate que ce processus a bel et bien démarré".
Optimiste en l'avenir du Congo, Isidore Ndaywel reprend en chœur l'affirmation du ministre Maker Mwangu de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP) : "Jamais, je n'ai vu mon pays constituer un si vaste chantier comme aujourd'hui". En séjour à l'étranger depuis une décennie, l'historien congolais voit de bon œil le vent de changement qui pointe à l'horizon : "L'amélioration de la situation n'est jamais instantanée ! C'est un processus. Et moi, je constate que ce processus a bel et bien démarré".
"Moi qui étais longtemps absent du pays, qui ai passé près de dix ans à l'étranger, je ne comprends pas ce qui se passe avec les salles de fête à Kinshasa, s'étonne le professeur Ndaywel. Elles sont toutes occupées. Il y a une telle prospérité au point qu'on est, de fois, obligé de faire le mariage le vendredi ! Il y a même une convivialité incroyable. Invité récemment à un mariage dans la commune de Ngaba, je m'attendais à une cérémonie modeste. Mais, j'ai été étonné de voir qu'il y avait au moins 3 mètres de cadeaux emmenés par l'assistance pour les mariés ! ".
"Même les embouteillages que nous voyons, c'est signe de quelque chose de nouveau, poursuit l'historien congolais. Qu'on voie tout d'un coup tas de véhicules sur nos routes, ce qu'il y a quelque chose qui a démarré".

"Lorsque nous nous mettrons véritablement au travail, nous prendrons des raccourcis pour atteindre le développement".
"C'est à dessein que j'appelle les Congolais au travail, souligne le professeur Ndaywel. Je vous rappelle la devise du pays : "Paix, justice et travail". Or, notre devise lors de l'Etat indépendant du Congo, pendant la période coloniale, c'était : "Travail et progrès". Donc, pendant les 125 ans de l'Etat congolais, il y a un élément qui est resté permanent dans la devise nationale. C'est le mot : travail. C'est grâce à cela que la colonie belge était une colonie modèle qui avait des infrastructures les plus enviées. Nous étions même en avance par rapport à l'Afrique du sud ! Brazzaville ne pouvait même pas se permettre de se comparer avec la ville de Léopoldville, parce qu'il y avait cette notion du travail".
"Eh bien, conclut Isidore Ndaywel, j'ai la conviction qu'un re-enfantement du Congo est possible. Et je suis sûr que, lorsque nous nous mettrons véritablement au travail, nous prendrons des raccourcis pour atteindre le développement. Je pense que, même si nous continuons, rien que comme on est là, dans trois ans, le monde sera surpris. Lorsqu'on vient d'Europe et qu'on revient au Congo où on dit qu'il y a la guerre, la misère, le sida, on est étonné de voir le changement en cours".
Propos recueillis par Yves KALIKAT Tiré du magazine Optimum n 1


SOCIETE
Modernisé et sans abribus
Le Bld du 30-Juin expose les Kinois aux intempéries
*De son côté, le Bld Lumumba ressemble à un corridor en plein désert

Les travaux de modernisation du Boulevard du 30-Juin, en plein centre-ville de Kinshasa ont fini depuis peu. L'artère offre un décor beau vieux temps. Cependant, le nouveau Bld du 30-Juin, complètement déboisé, n'a aucun abribus. Dans l'opinion, les commentaires vont bon train. Tous se recoupent en termes d’inquiétudes des Kinois qui redoutent le prochain retour des pluies diluviennes et des chaleurs souvent excessives.
Les Chinois, maître d'œuvre des travaux de construction et de modernisation du Bld du 30-Juin, ont-ils tenu compte du climat de la RD Congo ? C'est la question que se posent nombre de Kinois, lorsqu'ils contemplent cette grande artère complètement transformée. L'œuvre, pourtant achevée, révèle cependant, des failles. Pas de stations-service ni abribus. Malheur donc, au conducteur de véhicule, victime d'une panne sèche sur cette artère. Sans doute, certaines personnes évoqueraient des raisons d'espace pour justifier cette absence de stations-service. Les nostalgiques diraient sans retenue: " c'est le plan hérité des Belges ".
Cependant, certains observateurs estiment qu'il y avait lieu d'agir autrement. Aussi, pensent-ils, l'Etat peut compenser ce manquement par des panneaux qui renseignent les automobilistes. Notamment, avec des inscriptions du genre: " Station-service à tels mètres ou kilomètres ", comme c'est le cas dans la plupart des grandes agglomérations modernes de la planète.

LE Bld LUMUMBA COMME UN CORRIDOR EN PLEIN DESERT
Le constat fait sur le Bld du 30-Juin vaut pour le Bld Lumumba. Pas de station-service ni aubettes pour l'instant. Jurisprudence oblige, une belle excuse peut être acceptée pour ce deuxième cas de figure, dans la mesure où cette artère subit encore des travaux de sa modernisation. Malgré cela, les Kinois ne pardonnent pas encore à leurs autorités urbaines. " En attendant la fin des travaux, les dirigeants de la ville doivent penser à ériger des abris pour protéger la population contre les intempéries. Comment peut-on admettre qu'il n'y ait aucune aubette, aucun abribus sur un Bld comme Lumumba, considéré comme le plus long de la ville de Kinshasa ? Certes, l'artère est dans sa phase de pleine mutation. Mais, cela ne suffit pas pour exposer la population aux fortes chaleurs et pluies diluviennes de septembre ", a déclaré un quinquagénaire pour exprimer sa désolation.
Le drame est potentiel. Mais, il reste bien réel. Il suffit d'observer le décor actuel au départ de Saint-Raphaël jusqu'à la 18ème rue de la commune de Limete. Les Kinois habitant la partie Est de la capitale se rappellent sans conteste, le " calvaire " qu'ils vivent au quotidien pendant qu'ils attendent désespérément un moyen de transport en commun sur le tronçon du Bld Lumumba séparant les deux quartiers de Limete.
Pour si peu que la comparaison paraisse assez forte, le Bld Lumumba ressemble à un corridor en plein désert. Les arbres ayant naguère servi d'abri aux piétons ont été coupés lors du lancement des travaux de modernisation de cette voie. Il en est de même pour les aubettes héritées de la Société de transport du Zaïre (SOTRAZ), d'heureuse mémoire. Toutes ont reçu un coup de bulldozer. Depuis, le Bld Lumumba ressemble à une clairière. A tout prendre, la RD Congo est un pays au climat équatorial dominant, chaud et humide à cause de sa situation de part et d'autre de l'équateur.
En conséquence, tout travail de construction doit tenir compte de ces données naturelles. "La Rd Congo accuse un déficit criant de moyens de transport en commun. Ce secteur paraissant encore le moins structuré jusqu'ici. Est-ce une raison pour les autorités urbaines de se passer des abribus sur le long des principales artères de la capitale ", s'interrogent les Kinois. Laurel KANKOLE


SOCIETE
Salubrité publique à Kinshasa

L" effet 30 juin " en voie d'extinction !
Les festivités du Cinquantenaire de l'indépendance de la RDC ont produit un effet positif direct sur l'environnement de la capitale. La ville de Kinshasa avait repris sa belle robe d'antan. Des endroits ayant autrefois servi de dépotoir devenaient, du coup, reluisants. Mais certains Kinois n'y avaient pas crû. Aussi, avaient-ils pensé que cette effervescence était motivée par la grande fête des cinquante ans d'indépendance du pays. Dans leur réserve, les Kinois auteurs du doute, ont eu la conviction que la vague de travaux d'assainissement observées sur les principales artères d et autres places publiques de la capitale, comme un feu de paille, disparaitrait aussitôt que finirait la fête. Qui l'eut crû ?
Passée la fête nationale des Cinquante ans d'indépendance du pays, le 30 juin dernier, l'environnement de la ville de Kinshasa pose de nouveau problème. Petit à petit, Kinshasa redevient sale. L'éclat observé à plusieurs endroits tend à s'éteindre. Des artères autrefois dégagées reprennent leur titre de noblesse de grands dépotoirs.
L'avenue du Commerce illustre à suffisance cette triste réalité. Les Kinois fréquentant cette artère très prisée à cause de la forte concentration des magasins, constatent avec consternation que des ordures s'amoncèllent de plus bel sur cette avenue. Tous regrettent. Leur contribution se limite à se pincer le nez pour éviter les odeurs nauséabondes que dégagent ces montagnes d'immondices au cœur de la ville.

LES BALAYEURS DE L'HÔTEL DE VILLE EN CONGE ?
On les a vus très actifs pendant la dernière semaine de juin. Balai et bêche à la main, des balayeurs de l'Hôtel de ville prenaient d'assaut les artères de la ville. Du désensablement de la chaussée au badigeonnage des abords des artères, en passant par l'évacuation des poubelles, ces agents en salopette jaune, ne manquaient pas à l'appel. On les a même vus travailler nuitamment sur l'avenue des Huileries, peu avant son croisement avec le Bld Triomphal.
Mais cela semble n’être qu'un simple effet de mode. Après la fête, ces nettoyeurs sont de moins en moins perceptibles. D'où, la légitime question des Kinois qui se demandent si ces nettoyeurs très en vue avant-veille et à la veille de la célébration du Jubilé d'or de l'Indépendance du pays, sont allés en bloc en congé annuel.
L'absence de ces jeunes gens se fait remarquer, notamment à travers le Bld du 30-Juin qui redevient sale. Le tronçon de cette artère compris entre la Gare centrale et la Place Royale en dit long plus qu'un discours. Cet état de choses apporte suffisamment d'eau au moulin des pessimistes.
Entendez, ceux des Kinois qui soutenaient haut et fort que l'hygiène environnementale observée pendant les festivités du cinquantenaire ne servait qu'à plaire aux expatriés, invités à la cérémonie.
Si tel est le cas, l'opinion est en droit de se demander si les Kinois ne méritent pas un environnement propre. Tout porte à croire que chasser le naturel, il revient au galop. «Finie la fête, adieu veaux et vaches», avait dit le célèbre fabuliste français, Jean de la Fontaine.
Laurel KANKOLE


CULTURE & DETENTE
SONECA : le ministre de la Culture nomme un nouveau liquidateur
Le ministre de la Culture et des Arts, Jeannette Kavira, vient de nommer, depuis le mardi 6 juillet 2010 un nouveau liquidateur à la Société nationale d'éditeurs, compositeurs et auteurs (SONECA). C'est le directeur de cabinet adjoint du ministre Jerôme Munyaku qui a procédé, le mercredi 7 juillet 2010, à la cérémonie de remise et reprise entre le coordonnateur sortant et le liquidateur entrant. L'objectif de ce dernier est de procéder à la liquidation finale de la SONECA.
Jacques Bwenzey Zenda, c'est le nom du nouveau liquidateur de la SONECA. Il aura à ses côtés deux assistants et un chargé de suivi de la liquidation de la société. Joe Mondonga sera chargé des questions techniques et Mahungu Yenge s'occupera de l'administration et des Finances.
Le chargé de suivi de la liquidation de la SONECA n'est rien d'autre que l’artiste Ndombe Opetum, Conseiller du ministre chargé de la musique et chorégraphie et musicien de l'orchestre Bana Ok de Lutumba Simaro.
Ndombe Opetum fera donc le suivi du processus de la clôture de la liquidation de la société. C'est ainsi qu'il a droit à toutes les informations relatives à la réalisation de liquidation.
Le conseiller du ministre sera aussi tenu de faire régulièrement le rapport à la patronne de la Culture et des arts de la RDC.
Il lui est donc accordé au nouveau liquidateur un délai supplémentaire de six mois et demi, soit du 15 mai au 31 décembre 2010, afin de clôturer définitivement la liquidation de la SONECA.
Quant au coordonnateur sortant de la SONECA, Viminde Segba, il lui est reproché de ne pas fournir au ministre un rapport détaillé de liquidation de la SONECA.
Certains observateurs indiquent que le comité de gestion sortant de la société congolaise des droits d’auteur a pêché par la mauvaise gestion.
C’est ainsi qu’au regard de ces éléments, le ministre de la Culture et des Arts a jugé utile de le remplacer par un nouveau liquidateur.
C'est depuis 2000 que la SONECA est en liquidation afin de donner naissance à une nouvelle société des droits d'auteur. Cependant, plusieurs observateurs s'interrogent sur le fait que depuis la liquidation de la SONECA a été entamée, l'avènement de chaque ministre de la Culture et des Arts fait chambarder toujours le comité de gestion en place.
Cette fois-ci, on l'espère bien, le ministre de la Culture et Arts veillera à ce que le nouveau liquidateur puisse remplir son rôle afin de permettre la naissance d'une nouvelle société des droits d'auteur.
Dieumerci MAYAMBI


SOCIETE
Selembao : les habitants dénoncent l'insalubrité croissante
Les habitants de la commune de Selembao dénoncent l'état d'insalubrité remarquable après les festivités du Cinquantenaire, alors qu'avant le 30 juin, le bourgmestre avait sensibilisé la population pour l'entretien des routes et des avenues en vue de festoyer dans un environnement propre.
Selon les habitants du quartier " Muana Ntumu " (le plus populaire de Selembao), les avenues sont devenues sales à cause des ordures qui y jonchent, mais aussi des eaux usées de toilettes qui coulent dans les ruelles, laissant au passage des odeurs nauséabondes.
Ces populations sollicitent la mise en œuvre de la police de l'hygiène en vue de sanctionner ce genre d'actes. Par ailleurs, l'autorité urbaine doit penser également à installer des poubelles publiques pour faciliter le dépôt des ordures, à défaut desquelles les avenues payent les frais. Rosemie MAZONZA/Stagiaire IFGC

Un conducteur tente de s'échapper après un accident à Yolo Nord
Un conducteur de taxi-bus a heurté un passant, alors qu'il traversait la route qui croise les avenues Kimwenza et Yurumi à Yolo Nord dans la commune de Kalamu à Kinshasa, le mardi 6 juin dernier vers 17 heures.
Cet accident fait suite à un excès de vitesse. Après son forfait, le chauffeur a essayé, en vain, de s'échapper. Il a été rattrapé dans sa course par deux motocyclistes. La victime, quant à elle, a été conduite à l'hôpital pour des soins. Betty SHAMY / Stagiaire IFGC


SOCIETE

Salubrité publique à Kinshasa

L" effet 30 juin " en voie d'extinction !
Les festivités du Cinquantenaire de l'indépendance de la RDC ont produit un effet positif direct sur l'environnement de la capitale. La ville de Kinshasa avait repris sa belle robe d'antan. Des endroits ayant autrefois servi de dépotoir devenaient, du coup, reluisants. Mais certains Kinois n'y avaient pas crû. Aussi, avaient-ils pensé que cette effervescence était motivée par la grande fête des cinquante ans d'indépendance du pays. Dans leur réserve, les Kinois auteurs du doute, ont eu la conviction que la vague de travaux d'assainissement observées sur les principales artères d et autres places publiques de la capitale, comme un feu de paille, disparaitrait aussitôt que finirait la fête. Qui l'eut crû ?
Passée la fête nationale des Cinquante ans d'indépendance du pays, le 30 juin dernier, l'environnement de la ville de Kinshasa pose de nouveau problème. Petit à petit, Kinshasa redevient sale. L'éclat observé à plusieurs endroits tend à s'éteindre. Des artères autrefois dégagées reprennent leur titre de noblesse de grands dépotoirs.
L'avenue du Commerce illustre à suffisance cette triste réalité. Les Kinois fréquentant cette artère très prisée à cause de la forte concentration des magasins, constatent avec consternation que des ordures s'amoncèllent de plus bel sur cette avenue. Tous regrettent. Leur contribution se limite à se pincer le nez pour éviter les odeurs nauséabondes que dégagent ces montagnes d'immondices au cœur de la ville.

LES BALAYEURS DE L'HÔTEL DE VILLE EN CONGE ?
On les a vus très actifs pendant la dernière semaine de juin. Balai et bêche à la main, des balayeurs de l'Hôtel de ville prenaient d'assaut les artères de la ville. Du désensablement de la chaussée au badigeonnage des abords des artères, en passant par l'évacuation des poubelles, ces agents en salopette jaune, ne manquaient pas à l'appel. On les a même vus travailler nuitamment sur l'avenue des Huileries, peu avant son croisement avec le Bld Triomphal.
Mais cela semble n’être qu'un simple effet de mode. Après la fête, ces nettoyeurs sont de moins en moins perceptibles. D'où, la légitime question des Kinois qui se demandent si ces nettoyeurs très en vue avant-veille et à la veille de la célébration du Jubilé d'or de l'Indépendance du pays, sont allés en bloc en congé annuel.
L'absence de ces jeunes gens se fait remarquer, notamment à travers le Bld du 30-Juin qui redevient sale. Le tronçon de cette artère compris entre la Gare centrale et la Place Royale en dit long plus qu'un discours. Cet état de choses apporte suffisamment d'eau au moulin des pessimistes.
Entendez, ceux des Kinois qui soutenaient haut et fort que l'hygiène environnementale observée pendant les festivités du cinquantenaire ne servait qu'à plaire aux expatriés, invités à la cérémonie.
Si tel est le cas, l'opinion est en droit de se demander si les Kinois ne méritent pas un environnement propre. Tout porte à croire que chasser le naturel, il revient au galop. «Finie la fête, adieu veaux et vaches», avait dit le célèbre fabuliste français, Jean de la Fontaine.
Laurel KANKOLE



CULTURE & DETENTE
Jean Goubald : "Il faut disposer d'une famille et d'une éducation solides pour être un artiste de haut niveau"
Le public l'appelle affectueusement "Jean Goubald". Né Jean-Marie Kalala Mudibu, ce chanteur de renom est sorti des sillons ordinaires des musiciens congolais pour exploiter une musique originale, recherchée. Dépité d'assister au déclin de sa société, il est convaincu que le redressement du pays passe par la réhabilitation de la famille et de l'école.

Passionné pour la musique, Jean Goubald se promène rarement sans sa guitare. Autodidacte, il a fait un long itinéraire avant de se lancer dans la carrière solo en 1988. "J'ai fait mes études tout en tâchant d'approfondir la guitare, relate-t-il. J'ai presté dans les orchestres de l'école, de l'université de Kinshasa, de la paroisse Saint Augustin de Lemba et dans certains groupes de la place : Zaïko Nkolo Mboka, Minzoto Wela-Wela, Bongo folk, Okwess… J'ai fait aussi la musique folklorique avec les Basengele (Bandundu), les Babunda (Bandundu), les Bashi (Sud-Kivu), après avoir presté aux cotés de Gérard Madiata et du reggaeman Okoum One One".
En cette année où la RDC célèbre ses cinquante ans d'indépendance, l'auteur de "Bombe anatomique" se dit fier du travail abattu par ses ainés dans l'art d'Orphée. "On a eu, dans le temps, des musiques recherchées, travaillées, reconnaît-il. Les artistes qui nous ont précédés, ont réussi à faire parler de notre musique partout dans le monde. Aujourd'hui, nous jouissons de cet héritage".
Subjugué par le riche contenu des chansons congolaises d'antan, Jean Goubald a pris goût aux jeux des mots qui donnent aujourd'hui de l'aura à sa musique. "Bien que j'aie fait la section math-physique, j'ai été alléché par la lecture au collège Boboto, confie au magazine ''Optimum'' cet ancien élève des Pères jésuites. Mon talent s'est développé aussi en famille où ma mère et mon père, un ancien séminariste, aimaient jouer avec les mots. Je me plaisais, dès lors, à côtoyer leurs proches qui manipulaient à loisir la langue de Voltaire".

"Aujourd'hui, on fait de la musique juste pour gagner de l'argent. Ce n'est plus tellement l'art qui compte !"
Le dérapage intervenu ces dernières années dans le monde musical congolais ne laisse indifférent Jean Goubald. "Aujourd'hui, regrette-t-il, on fait de la musique juste pour gagner de l'argent. Ce n'est plus tellement l'art qui compte ! Raison pour laquelle, il y a plus de "mabanga" (cris en l'honneur d'une personne, NDLR) que des mots qui composent la chanson elle-même. Le travail d'un artiste doit être plutôt raffiné. Ce n'est plus le cas de nos jours. C'est ce qui me pousse à travailler ma musique : mes textes, mes accords, mes harmonies…".
"Ce qu'on appelle la musique congolaise aujourd'hui, c'est une chanson, une seule chanson, déplore l'auteur de "Bombe anatomique". Si on a une autre de trop, c'est deux schémas d'harmonie, et puis c'est fini ! On ne cherche pas à innover ! Je me demande si les gens comprennent qu'ils sont en train de reprendre la même chose ! Si on n'a même pas le niveau de le comprendre, ce qu'on se plait à la routine !"

"Tout est dû au déclin de l'enseignement et de la famille"
L'ancien élève des Pères jésuites déplore, en outre, la frivolité qui caractérise bon nombre de musiciens congolais et qui se répercute sur la jeunesse en crise de modèle. "Aujourd'hui, révèle Jean Goubald, la réussite est brandie en termes de matériels. Les gens se ruent sur les jeeps, les maisons, les habits de haute couture… pour montrer qu'ils ont réussi. Pour eux, la réussite, ce n'est pas un cheminement, un travail, un effort. Non ! Rien n'est ancré, rien n'est intérieur, tout est apparent !"
"Ceux qui veulent entendre leurs noms dans les chansons, bénéficier des "mabanga", note Jean Goubald, déboursent facilement des milliers de dollars. Mais, pour quel but ? Juste le m'as-tu vu ! C'est ce qui emmène de l'argent dans les poches des musiciens, en plus de fonds des brasseurs en quête des consommateurs désireux de boire et de s'enivrer. Mais est-ce qu'alors les œuvres sont bien valables pour être achetées dans le monde ? Je sais qu'au Congo, la fortune, c'est l'apparence. Ca me désole".
Jean Goubald dresse aussi un bilan négatif du travail des producteurs. "La production se planifie, mais ici chez nous, rien n'est planifié, déplore le chanteur kinois. Aujourd'hui, le Congolais veut juste un peu d'argent dans ses poches et puis point final. Il n'y a pas de producteurs sérieux dans ce pays ! Des gens qui commencent par découvrir, aimer ce que fait l'artiste et l'accompagner dans sa carrière, on les retrouve à peine".
Ces notes noires ne sont pas des faits isolés, constate Jean Goubald. "Tout est dû au déclin de l'enseignement et de la famille, commente-t-il. Tous les domaines de la vie nationale sont touchés, et la musique un peu plus parce que, parait-il, c'est un domaine qui est réservé aux ratés de la société. Ce retard, je crois, est dû aux politiciens qui, pour des intérêts égoïstes, s'engouffrent dans des guerres de clans, de tribus… Car, depuis qu'on est indépendant, il n'y a pas un seul moment où on a eu des politiciens qui avaient une vision de progrès du pays. On se fout de l'éducation, de l'instruction, de la scolarité. Comment voulez-vous alors que le travail de l'homme ne dégringole avec lui ? Or, la musique fait partie du travail de l'homme. Pas étonnant qu'on ne puisse plus retrouver ce goût de la musique raffinée qu'on faisait avant !"

"On ne peut pas chercher des textes savants auprès de musiciens qui n'ont pas été instruits".
Face à ce constat amer, Jean-Marie Kalala propose un remède simple. "Il faut, dit-il, commencer par revenir à la source : réhabiliter la famille, l'école… Pour réhabiliter la famille, il est nécessaire d'améliorer la vie du fonctionnaire, car c'est par son niveau de vie qu'on sait jauger l'image de la société. Quand le fonctionnaire est impayé ou très mal payé, on voit ce que ça donne ! Ici en RDC, le salaire du fonctionnaire est si bas qu'il a des répercussions sur son niveau de vie. Comment voulez-vous que sa famille tienne le coût ? On ne peut pas commencer par faire l'effort en musique, alors que les musiciens sont tous issus de familles ! Moi, je n'aime pas soigner les ganglions, j'aime plutôt soigner les plaies".
"Pour avoir des acteurs de haut niveau dans la société, artistes inclus, il faut disposer d'une famille et d'une éducation solides, estime Jean Goubald. On ne peut pas chercher des textes savants auprès de musiciens qui n'ont pas été instruits. On ne peut pas demander à quelqu'un qui n'a pas été bien éduqué, de faire sortir quelque chose de bon de sa bouche. On ne peut donc donner que ce que l'on a. C'est l'instruction, l'éducation reçue qu'on transmet. Ce n'est pas parce qu'on commence à faire de la musique aujourd'hui que, d'emblée, on va se transformer, qu'on va subitement composer de belles paroles !"
"Si, sincèrement, on va commencer par soigner la plaie, il est fort possible que, dans dix ans, le pays aille loin, souligne Jean Goubald. Sinon, on va continuer à se tromper, à brandir le superficiel pour que l'on ne puisse pas voir le travail de fond, le travail sérieux qui doit se faire avec beaucoup d'amour". Propos recueillis par Yves KALIKAT Tiré du magazine Optimum n°1

2ème plate-forme des arts de la scène à Kinshasa
Théâtre, danse, musique et projections ouvert au public
C'est depuis hier jeudi 8 juillet que la 2ème plate-forme des arts de la scène à Kinshasa a ouvert ses portes. Au menu des activités qui prendront fin le 18 juillet prochain : théâtre, danse, musique et projections de film seront offerts au public. Ce vendredi 9 juillet à 21 heures, " Congo Groove " composé de trois artistes en provenance de deux Congo. Le kinois Lexxus Legal Mc, l'autre kinois vivant en Europe Picho, ainsi que Freddy Massamba, artiste de Brazzaville, livreront le premier grand concert. Ces trois personnages vont s'entrechoquer sur scène comme point de départ l'Afrique et sa réalité.
Un autre grand concert sera livré par le jeune contre ténor Serge Kakudji, le 18 juillet à 18 heures. La Halle de la Gombe offrira également un éventail de concerts de groupes qui se présentent rarement au public. Hier jeudi 8 juillet, " Les Washiba ", ce groupe qui a déjà convaincu le public kinois à plusieurs reprises, a ouvert la série avec des rythmes mélangés de Mutwashi et du funk.
Le lundi 12 juillet à 21 heures, Innocent, le gagnant de Vodacom Superstar, et son groupe vedette de la jeune scène de Goma " Maïsha Soul" vont agréablement emballer le public qui marquera sa présence. Le guitariste de J'Affroz, Rodriguez Vangama, arrangeur pour plusieurs d'autres musiciens jouera le mardi 13 juillet, par contre la soirée du jeudi 15 sera occupée par Larousse Marciano, ancien KMS et spécialiste des featuring avec Marshall Dixon et Baloji.
Deux autres concerts clôtureront le week-end. Il s'agit de " Tout Puissant Mukalo ", un groupe de jeunes de N’Djili (l'une des communes de Kinshasa), pour le vendredi 16 et le samedi 17, l'orchestre Masanka Sankai, un groupe légendaire qui rime la musique traditionnelle avec l'ambiance kinoise, bouclera la série de concerts. Au niveau de la petite Halle de la Gombe, il y aura deux spectacles de danse le 15 et 17 juillet à 19 heures.
Plus de 40 artistes participeront aux ateliers. Quatre films de jeunes cinéastes congolais produits par Suka, seront projetés le 14 juillet à 19 heures à l'Académie des Beaux-arts, une autre projection est prévue le 18 juillet à 19 heures à la grande Halle de la Gombe. Elle concernera le film " Passion : Last Stop Kinshasa ".
Le théâtre aussi sera aussi de la partie. " A l'attente du livre d'or " sera joué par Roch Bokabela dit Bobo, Barbara Claes, Stefanie Claes, Starlette Mathata, Jovial Mbenga et Papy Mbwiti, dans une conception de Johan Dehollander et Geert Opsomer, une mise en scène de Johan Dehollander. Cette production est le fruit de plusieurs préparations entre diverses personnalités congolaises et belges. La pièce " Bérénice " sera également de la partie avec les artistes Innocent Bolunda, Madeleine Bomandje et autres.
La 2ème plateforme des Arts de la Scène est organisée sous le haut patronage du ministère de la Culture et des Arts de la République Démocratique du Congo. Elle est une initiative du KVS, en collaboration avec le Centre Culturel Français Halle de la Gombe, le Centre Wallonie-Bruxelles, l'Ecole belge Lycée Prince de Liège. Elle bénéficie du soutien du ministère de la Coopération de la Belgique, du ministère de la Culture de la communauté flamande de Belgique et de la Délégation de l'Union Européenne en RDC.
Cette deuxième plateforme est intégrée dans le programma Moving Africa 2010 de Goethe Institut. Rocco NKANGA

NATION
Pour assurer leur demobilisation

Equateur : 26 enfants du groupe armé ''Nzobo ya Lombo'' remis à l'Unicef
Une vingtaine d'enfants recrutés dans le groupe armé "Nzobo ya Lombo", dans la province de l'Equateur, ont été remis à l'Unicef mercredi le 7 juillet dernier.
Effectuée par le commandant de la 3ème Région militaire basée à Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Equateur, cette remise confirma "la volonté du gouvernement de la République démocratique du Congo de mettre fin à l'odieux recrutement des enfants dans les forces combattantes qui a caractérisé notre pays au cours de ces dernières années", souligne le communiqué du ministre Lambert Mende.
Pour le porte-parole du gouvernement congolais, "la mise en œuvre de cet engagement, effective dans toutes les zones de conflit de notre pays, consiste en la récupération desdits enfants par les technostructures des FARDC, suivie de leur identification et leur retour à la vie civile, en les remettant à leurs familles biologiques ou aux instances nationales et internationales, chargées de leur insertion".
Lambert Mende estime donc infondées "les accusations gratuites formulées par certaines sources contre les FARDC, affirmant qu'elles recrutent des enfants dans leurs rangs". Bien au contraire, il soutient plutôt que l'armée nationale est manifestement impliquée dans le programme de démobilisation.
Le ministre de la Communication et des Médias promet, par ailleurs, que les FARDC mèneront jusqu'à terme ce programme de libération des enfants congolais de tout engagement au sein des groupes armés. "Le Gouvernement, souligne Lambert Mende, engage ses partenaires ak les soutenir dans cet effort au lieu de les décourager". Yves KALIKAT

NATION
Le président des ressortissants d’Uvira déplore la recrudescence des morts, faute de soins
* Le nombre de morts est désormais chiffré à 261
Président de la mutuelle ''Buguma'' qui rassemble les ressortissants du territoire d'Uvira (Sud-Kivu) à Kinshasa, et secrétaire général de l'association Action de solidarité pour la paix et le développement Uvira-Fizi (ASPD-UF), Benoît Kalikat Kalembe a fait partie de la mission gouvernementale qui s'est rendue le week-end dernier à Sange. Il nous fait le point de cette visite dans cette localité où ont péri 261 personnes. Révélations.
Vous venez de prendre part à une mission qui vous a conduit à Sange. De quoi s'est-il agi ?
J'ai fait partie de la forte délégation dirigée par le Vice-Premier ministre chargé de l'intérieur et composée des membres du gouvernement ainsi que des députés d'Uvira et de Fizi, au Sud-Kivu. Moi, j'ai conduit la délégation des familles victimes du territoire d'Uvira où s'est produit ce drame humanitaire. Nous avons quitté Kinshasa le dimanche 4 juillet pour aller, d'abord, réconforter les familles victimes de l'incendie survenu à Sange et, ensuite, évaluer les dégâts, tâchant surtout de recueillir toutes les informations sur ce drame afin de dresser un état des lieux de la situation. C'est après ces opérations que nous sommes revenus dans la capitale le mercredi 7 juillet dans la soirée.
Qui sont les personnalités qui vous ont accompagné dans cette mission ?
Nous sommes partis à Sange au nombre de 48 personnes. Le gouvernement national était représenté par le Vice-Premier ministre Adolphe Lumanu, ainsi que les ministres Norbert Katintima de l'Agriculture, Bulambo de l'Economie, Jean-Baptiste Ntahwa du Budget, Ferdinand Kambere des Affaires sociales et humanitaires, Claude Nyamugabo de la Jeunesse et Sport, sans oublier le ministre Philippe Unji du Développement rural. L'Assemblée nationale était représentée par les députés du Sud-Kivu, en l'occurrence l'honorable Wildor Makonero, le rapporteur de la Chambre basse, ainsi que les honorables Justin Bitakwira, Kanyegere Lwaboshi, Bapolisi, Bashizi, Jemsi, Mubalama… Moi, j'étais à la tête d'une délégation de huit personnes dont la plupart ont perdu un grand nombre de membres de famille dans l'incendie du camion citerne à Sange. C'est le cas notamment de M. Bitijula, le président du Conseil d'administration de la Société nationale d'assurances (SONAS) et de certains députés présents dans l'équipe.
Qu'avez-vous apporté aux victimes du sinistre ?
En fait, lorsque le président de l'association ASPD-UF m'a mis au courant du drame survenu à Sange dans la nuit du vendredi 4 juillet et après avoir eu des confirmations d'Uvira, nous avons pris l'option de mobiliser nos membres en y associant les grandes personnalités du Sud-Kivu. Me Néhémie Mwilanya a aussitôt convoqué une réunion extraordinaire à la paroisse Notre-Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe, à partir de midi. C'est à l'issue de cette réunion que les participants ont pris l'option de faire une collecte ponctuelle d'urgence, tout en continuant à mener des démarches auprès du gouvernement pour constituer une commission qui puisse descendre sur le lieu. Nous avons aussi obtenu des mamans de la mutuelle Buguma une contribution symbolique. Ainsi, dans la soirée, nous avons pu glaner une somme de 530 dollars Us et 31.500 FC (environ 35 dollars Us). C'est effectivement en ce soir du samedi que le gouvernement a décidé d'envoyer une délégation à Sange. Comme on n'avait plus le temps pour acheter les médicaments à Kinshasa, nous sommes allés nous en procurer le lundi dans la matinée à Uvira, étant arrivés le dimanche tard dans la soirée à Sange. C'est quand la délégation est descendue à l'Hôpital général d'Uvira que l'ASPD-UF et la mutuelle Buguma ont remis ce lot symbolique de médicaments au médecin directeur de cet établissement, avant l'intervention du gouvernement. L'occasion a été propice pour constater les dégâts, le nombre des victimes, le niveau des brûlures des patients acheminés dans cet hôpital. Ce geste n'est toutefois pas suffisant. Le travail doit donc continuer parce qu'il y a eu beaucoup de victimes, et plusieurs continuent à mourir, faute de soins. Outre l'Hôpital général d'Uvira, les malades ont été acheminés au centre de santé de Sange qui était saturé. Par la suite, d'autres ont été conduits à l'hôpital de Lemera et de Panzi, à Bukavu.
Quel est l'état de la situation aujourd'hui ?
Bien que je sois à Kinshasa aujourd'hui, je suis en contact direct avec Sange et Uvira. Le premier jour, il y a eu 232 morts. Au fil de jours, les gens continuent à mourir. Je peux vous confirmer aujourd'hui qu'il y a, depuis ce jeudi 8 juillet, 261 morts : sept malades sont décédés le mercredi au centre de santé de Sange et deux le matin du jeudi. Treize maisons ont, par ailleurs, été calcinées tout le long de la route. Ceux qui ont perdu leurs maisons sont, pour le moment, hébergés dans des familles environnantes et non dans des tentes. Je salue à ce propos le travail réalisé dès le premier jour par la Monusco et les FARDC, surtout en ce qui concerne l'enterrement des victimes dans les fosses communes à plus ou moins 3 km de Sange et dans l'assainissement des milieux. Pour soulager la peine des victimes, le ministre des Affaires sociales a laissé aux autorités locales un lot de 20 matelas et couvertures, 50 cartons d'huiles, 300 tôles, 40 cartons d'eau potable, 39 sacs de riz… Je ne saurai quantifier la contribution des organismes internationaux qui commencent à descendre sur le terrain pour évaluer d'abord la situation.
Comment la population a-t-elle accueilli la visite du président Kabila sur le lieu du drame?
Je tiens d'abord à remercier le chef de l'Etat et la délégation gouvernementale qui nous ont accordés l'opportunité de descendre sur le terrain. Le fait d'être là présent pour réconforter la population, particulièrement les victimes, c'est vraiment un apport très important qui a pu encourager les gens sur le terrain et nous-mêmes. C'est le lundi quand nous sommes rentrés à Sange, après la visite à l'Hôpital général d'Uvira, que nous avons appris que le président Kabila faisait déjà cette visite surprise. Il était à Bukavu et nous avait demandé de l'attendre à Sange. Il nous a rejoint par la suite et s'est mis à l'écoute de la population qui s'est montrée satisfaite de cette présence. Il est descendu personnellement avec toute la délégation aux fosses communes où ont été enterrées les victimes et y a déposé une gerbe de fleurs. Il n'a pas pu s'adresser à la population d'Uvira malgré sa bonne volonté, suite notamment aux problèmes d'organisation sur place. Nous avons aussi apprécié la mobilisation du gouverneur du Sud-Kivu qui était sur le lieu, au four et au moulin, depuis notre arrivée jusqu'à notre retour.
Propos recueillis par Yves KALIKAT


Province Orientale : début d'assistance aux réfugiés centrafricains de Bondo
Plus de six cents réfugiés centrafricains, fuyant les exactions des rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), sont arrivés à Baye, un poste d'Etat situé à 70 kilomètres du territoire de Bondo, dans le district du Bas-Uélé, en Province Orientale. Dès mardi 6 juillet, explique radiookapi.net, l'ONG Caritas Allemagne et Congo a commencé à distribuer une assistance alimentaire démunis et des abris.

D'après le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), à ce jour, sur le nombre des réfugiés enregistrés par leur service, cent quatre vingt sont déjà regroupés dans un site de transit.Le chef de bureau du HCR/Kisangani, en mission dans cette partie de la province orientale, déclare que ces réfugiés viennent de différentes localités de la République centrafricaine. La même source ajoute que nombreux réfugiés sont encore éparpillés dans la brousse, avant d'atteindre la localité de Baye. Pour l'instant, la mission du HCR est de les protéger et les localiser.
" Le HCR essaye d'assurer la protection internationale de ces réfugiés, donc, c'est comme si le HCR appuie l'Etat congolais dans cette mission difficile qui est la protection des réfugiés qui se trouvent sur son sol ", a déclaré Nafion Mohamed cité par radiookapi.net. Pendant ce temps, le coordonnateur de projet de la Caritas Allemagne et Congo, en partenariat avec le HCR, dit avoir commencé à construire quelques abris d'urgence pour ces réfugiés. Il leur assure, également, une ration alimentaire pour leur survie.
Pour sa part, Emmanuel Bofoe s’est exprimé en ces termes : " Nous avons signé un contrat de partenariat avec le HCR, notamment sur la construction des abris d'urgence pour permettre l'hébergement des réfugiés centrafricains. Nous leur accordons, également, des repas chauds, chaque jour, pour leur permettre de résister, en attendant que les vivres du PAM puissent arriver".
L'administrateur du territoire de Bondo, quant à lui, affirme être à la phase de leur identification pour les réunir dans certains sites. Dans son entendement, le problème de cohabitation entre ces réfugiés centrafricains et la population autochtone ne se pose pas dans la mesure où tous s'entendent bien et s'entraident parfaitement. Dorian KISIMBA


FORUM ECO
Avec une enveloppe de 225 millions USD

La Banque mondiale finance le Projet de transport multimodal en RDC
Le conseil des administrateurs de la Banque mondiale (BM) a approuvé, dernièrement, un don de l'Association internationale de développement (IDA) d'un montant équivalent à 225 millions USD. Cette enveloppe servira à promouvoir la bonne gouvernance et à asseoir la stabilité et la croissance économiques par la remise en état d'infrastructures de transport d'une importance capitale. Ce qui aidera aussi à mieux assurer les services sociaux et à réduire la vulnérabilité des pauvres.
Le projet vise à améliorer la desserte des régions de la RDC afin de promouvoir leur intégration économique, rétablir la viabilité financière et économique de la SNCC et accompagner la réforme des entreprises de transport. L'unité nationale et la stabilité économique étant deux hautes priorités du gouvernement de la RDC, il va sans dire que l'amélioration de la performance du secteur est un objectif fondamental.
C'est dans ce cadre que le chef d'équipe du projet, Pierre di Borgo a déclaré : " Dans le droit fil de la stratégie sectorielle des pouvoirs publics, le projet de transport multimodal vise à stimuler la croissance économique et à faire reculer la pauvreté, par des investissements ciblés et une réforme de la gestion des infrastructures et services de transport ".
L'a BM exécutera ce projet en partenariat avec le Gouvernement de la RDC et d'autres acteurs. Bien qu'aucun financement conjoint ne soit attendu des autres acteurs coopérant au projet, les financements parallèles actuellement fournis par ces acteurs et/ou le Gouvernement de la RDC viendront à l'appui de la plupart des activités.
Le projet comprend quatre composantes à savoir, le plan de redressement de la SNCC; le renforcement de l'efficacité des opérations et l’amélioration de la gouvernance du secteur; la simplification des procédures du commerce ainsi que la gestion du projet. Le montant alloué à la composante " Plan de redressement de la SNCC est de l'ordre de 218, 85 millions USD. La banque souligne que, devant le besoin urgent d'aide financière et compte tenu du montant minimum à envisager pour que l'intervention ait un impact durable sur la SNCC (617 millions USD), près de 90% des ressources affectées au projet iront au plan de redressement de l'entreprise. Cette enveloppe vient s'ajouter aux 373 millions USD que le Gouvernement a promis de consacrer à ce plan et aux 25 millions USD destinés à la SNCC dans le cadre du projet d'appui à la compétitivité et au développement des entreprises du secteur privé.
Selon le chef d'équipe du projet, "dans de nombreuses régions enclavés des provinces que la SNCC dessert, le chemin de fer est le seul moyen de communication avec le monde extérieur pour les populations locales. L'effondrement de cette entreprise n'aurait pas seulement un impact négatif sur les prix des biens à la consommation, mais aussi sur l'accès aux marchés locaux et régionaux ".
La composante "Renforcement de l'efficacité des opérations et améliorations de la gouvernance du secteur " (25,45 millions USD) vise notamment à financer l'acquisition des équipements requis d'urgence par un certain nombre d'entreprises publiques de transport à savoir : la RVM, la RVF, la RVA, l'ONATRA. Et ce, pour améliorer globalement l'efficacité de leurs opérations et leur permettre de consacrer des ressources internes limitées à leur structuration.
La composante "Simplification des procédures de commerce international ", vise à préparer l'application des accords commerciaux. Et enfin, la composante "Gestion du projet " va financer le fonctionnement de la Cellule d'exécution du projet de transport multimodal (CEPTM), créée au sein du ministère des Transports. " Le développement du secteur des transports est l'un des principaux facteurs d'expansion de la production agricole, de compétitivité du commerce intérieur et extérieur, de croissance du secteur minier et de lutte contre le marasme économique des régions isolées ", a déclaré la directrice des opérations de la BM pour la RDC et la République du Congo, Marie Françoise Marie Nelly.
BUHAKE


FORUM ECO
«Affaire SPK-CF Congo»: la société civile du Katanga exige le désengagement de CDH, ARC, LICORAS ...
A la société civile du Katanga, l’actualité locale reste marquée par le dossier SPK-CF Congo Nombre d’interrogations sont d’ailleurs soulevées en ce qui concerne la société Transfigura en proie à un acharnement alors qu’elle n’a jamais été inquiétée dans d’autres parties de la RDC où elle opère. On fait ainsi état d’interférences politiques.
La commission ad hoc mise sur pied par la société civile du Katanga sur «l’affaire SPK-CF Congo» a soulevé des interrogations sur ce dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. L’on se demande, par exemple, s’il faut vraiment sanctionner une entreprise au motif d’une infraction commise sous d’autres cieux, pourquoi donc s’acharner sur Transfigura sans ses activités au Katanga alors que la même entreprise opérait dans d’autres parties du pays sans être inquiétée, s’il faut réellement ignorer les avantages générés par les investissements étrangers (emplois, accroissement des recettes de l’Etat) ...
Au sujet des éventuels dangers (pollution, évasion fiscale, concurrence déloyale etc), la société civile considère que cela invite l’Etat congolais à plus de responsabilité pour sécuriser, assainir le secteur commercial. Voilà pourquoi, l’on se demande, dans les milieux de la société civile du Katanga, si les interférences politiques contribuent à favoriser la transparence, le respect de la loi, l’administration de la justice. «Le désistement d’une Ong n’est-il pas indicateur des machinations et ramifications du dossier», s’interroge-t-on également. Car, relève-t-on, «le désistement de la partie demanderesse devait plutôt entraîner l’extinction du dossier, comment expliquer la continuité du procès avec des parties prenantes comme demanderesses qui d’ailleurs ne surgissent que séance tenante». Au vu de différents éléments, à la société civile du Katanga, on crie à ce qu’on qualifie, à tort ou à raison, de «scandale judiciaire».
L’on fait observer qu’il a été dit aux services de l’Etat compétents en la matière qu’aucun problème de qualité des produits pétroliers livrés aux miniers par Transfigura BVR n’a été décelé à ce jour. «Transfigura ne peut polluer le Congo parce qu’elle fournit aux différents opérateurs des produits finis à en croire les témoignages reçus lors de l’enquête. SPK n’a jamais pollué, car ses installations sont encore en construction tandis que CF Congo est une société de logistique et ne peut donc pas polluer».
La société civile va plus loin en indiquant: «Comme le reconnaissent LICORAS et REPRODHOC/Katanga dans l’introduction de leur rapport précité sur l’insuffisance des produits pétroliers par rapport au besoin de la province, les sociétés filiales de Transfigura Bvr, aujourd’hui sous scellés, apportent une solution durable en construisant deux usines modernes de stockage des produits pétroliers à Lubumbashi et à Kolwezi, constituent une réserve stratégique qui obligera la baisse des prix desdits produits sur le marché et ont créé plusieurs emplois ...» Car, «la vente du carburant aux bas prix par Transfigura Bvr et autres profite aux populations katangaises sans être nécessairement une pratique de la fraude frisant une concurrence déloyale ou du blanchiment d’argent», prend-t-on soin de préciser à la société civile du Katanga.
La commission évoque des indices d’instrumentalisation de certaines Ong par des puissances financières à visée hégémonique. «La Commission se réserve de donner des témoignages qui existent bel et bien», fait-on remarquer au Katanga. Pour illustrer certains propos, on rappelle que Transfigura Bvr, qui est une des trois grandes multinationales connues dans le négoce des produits pétroliers et des métaux, opère depuis l’époque du Zaïre à Moanda, à Matadi, à Kinshasa et a dû, selon les exigences de la nouvelle administration, renouveler son contrat le 17 juin 2009 en payant 50.000 Usd au titre de bonus de signature.
Au Katanga, la société civile invite les Ong CDH (qui a pris la place de Relcof qui s’est désisté en désavouant son avocat), Licoras (ligue contre la corruption et la blanchiment d’argent) et Arc à se désengager dans l’affaire SPK-CF Congo, exige ainsi la clôture inconditionnelle du dossier contre les entreprises SPK et CF Congo. Elle exige également l’abandon des poursuites judiciaires initiées autrefois par Relcof. Marcellin MANDUAKILA