QUOTIDIEN D'INFORMATIONS GENERALES " AU COEUR DE L'ACTUALITE"
Billet

Et voici Sange!

Question à un franc symbolique : combien de Congolais autre que ceux du Kivu connaissaient Sange jusqu'il y a tout juste une semaine ? Fort peu sans doute. Cette bourgade nichée sur la plaine de la Ruzizi doit son renom subit à la tragédie survenue le 2 juillet dernier. Partant du principe selon lequel les trains qui partent à l'heure n'intéressent personne, les grands médias du Nord ont tôt fait de larguer leurs projecteurs sur Sange. A Kinshasa, les autorités et la presse se sont mobilisées. Le drame s'est universalisé et la cité qui vivait dans l'ombre d'Uvira a divorcé d'avec l'anonymat. La pauvreté de cette bourgade du Sud-Kivu n'est plus confidentielle.
Sange s'ajoute ainsi à la longue liste de ces localités et autres cités que les Congolais ne découvrent qu'à l'occasion des calamités ou des guerres. A la suite de deux guerres dites de l'Est, les Congolais ont une bien meilleure connaissance de leur pays que celle procurée par les cours de géographie ! En tout cas, nombre de compatriotes ont appris l'existence de quantité de villes, cités, localités à cause- on serait tenté de dire grâce à-des conflits. Muliro, Lemera, Kichanga, Kalehe, Minembwe, Ejimba...autant de cités révélées à la mémoire de Congolais à la suite des rébellions business qui ont écumé l'Est congolais. Pour crédibiliser les rebelles, toutes les localités conquises étaient présentées comme des villes. Ainsi Ejimba, authentique village africain en pays Songye était étiqueté ville. Et cette estampille a fait le tour du monde.
Tout récemment, l'aventure-éclair des Enyele a charrié quelques leçons, de géographie, d'histoire et même de sociologie sur la province de l'Equateur. Certes, Dongo était quelque peu connu. Mais la kyrielle de localités environnantes doivent leur visibilité à Udjani. Et même le conflit autour des étangs de poissons entre lobala et Boba a été mis au goût du jour à la suite de cet avatar d'insurrections guidées par le " tube digestif".
Retour sur Sange qui pleure encore ses morts. Nos morts. Sauf que le deuil n'est plus à huis clos. Sange a commencé d'exister. Ses malheurs, qui sont le lot commun de l'arrière-pays, sont immortalisés par les caméras. A la manière du maudit camion-citerne.
Dommage que depuis deux décennies, le pays profond se révèle au grand public essentiellement à la suite des catastrophes, naturelles ou d'origine humaine. José NAWEJ


PPTE : les conseils de François Muamba

«Considérons le point d’achèvement comme le point de départ». Ainsi parle François Muamba. Le chef de file de fait de l’opposition parlementaire réagissait ainsi à l’atteinte par la RDC du point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Une manière pour le Secrétaire général du MLC d’attirer l’attention du gouvernement sur l’orthodoxie à observer en vue de donner un contenu concret au point d’achèvement.
Plus qu’un jeu des mots chez ce familier de la langue de Voltaire, le «point de départ» résume parfaitement les termes du nouveau défi à relever par Kinshasa. La Rdc devant, comme par le passé, dégager des ressources mais qui, cette fois-ci, seront orientées vers les secteurs sociaux, il serait donc risqué de se croire arrivé. On est plutôt au point de départ. La rigueur dans la gestion assortie d’une stricte affectation des ressources à la lutte contre la pauvreté est, plus que jamais, recommandée.
Qui se plaindrait de voir François Muamba assumer son rôle d’opposant républicain en prodiguant des conseils à l’Exécutif ! Qui s’en formaliserait lorsque le primum inter pares des députés de l’opposition fixe des balises pour le gouvernement? D’un point de vue technique, qui s’offusquerait d’entendre un ancien ministre du Budget des années transition sur le point d’achèvement dont la saga aura duré toute une décennie? Enfin, qui renierait à ce produit du très réputé Institut catholique des hautes études commerciales-ICHEC- des compétences pointues dans les questions économico-financières?
Un ancien Premier ministre congolais parlait avec beaucoup d’à propos de l’opposition comme d’une lampe témoin. Et lorsque, loin des chamailleries bien de chez nous, un ténor de l’opposition parlementaire y va de ses suggestions, la démocratie en sort renforcée. Car sous les tropiques, la démocratie est rarement comprise comme la moins mauvaise des formes de gouvernement ayant pour finalité le bien-être collectif. De ce point de vue, pouvoir et opposition sont en fait des partenaires dans la quête du bonheur de la société.
Normal donc que, sur des questions d’intérêt vital, les responsables politiques de tous les horizons se prononcent et fassent des propositions. Dans les pays de vieille tradition démocratique, il n’est pas inhabituel de voir le Chef de l’Etat ou le Premier ministre consulter tous les ténors de l’establishment politique sur des sujets majeurs . José NAWEJ


PPTE : ni le paradis, ni l’enfer

Entre les postures des dithyrambes des nihilistes et autres opposants par principe et les angélistes et autres opportunistes par nécessité, il y a place pour un débat responsable en rapport avec l'atteinte du point d'achèvement. D'abord, autant le dire tout de go: l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte n'est pas la pire chose qui soit arrivée à la Rdc. Bien au contraire. Cette réduction de la dette n'est pas non plus ce bâton magique dont on rêverait pour mettre fin à la misère ambiante.
Inutile donc de faire la fine bouche: l'effacement de la majeure partie de la dette ne saurait être perçu comme une mauvaise nouvelle. Sinon à quoi aura servi tant d'années passées sous les fourches caudines des institutions de Bretton Woods si, à l'arrivée, il n'y avait pas l'ombre de réduction de la dette? Certes, le principe même de la dette extérieure des pays africains est sujet à controverse. Il est vrai que l'endettement de la Rdc n'a pas servi à développer le pays. Pour le Congo-Zaïre, cette masse d'argent a plutôt enrichi... les créanciers eux-mêmes et leur allié local que fut Mobutu et tout son clan.
Il est donc tentant de suivre les tenants de faire de cette dette table rase à l'instar de certains pays. Seulement pour peu qu'on soit réaliste, on réalise vite que cette posture maximaliste est difficilement tenable pour la Rdc. Les rapports de force politique, diplomatique, financière et même militaire ne plaidant pas pour cette option qui séduit par sa dimension populiste.
Pour autant, l'atteinte du point d'achèvement ne devrait pas donner à un enthousiasme angélique. D'abord, parce que l'ombre tutélaire du Fmi plane encore sur Kinshasa. La Rdc devrait, encore et toujours sous l'œil vigilant des institutions de Bretton Woods, orienter les ressources qu'il consacrait à la dette aux secteurs sociaux. En fait d'annulation, il s'agit d'une réaffectation du service de a dette. Tant mieux, si cette fois-ci cet argent va vers l'éducation, la santé...Et puis, toute l'ardoise n'est pas effacée. Il reste quelque deux à trois milliards de dollars à éponger. Enfin, un coup d'œil chez certains voisins ayant atteint le point d'achèvement montre que le lait et le miel ne sont pas toujours au rendez-vous.
Plus fondamentalement, on ne peut pas reprocher aux dirigeants congolais d'être en programme avec les institutions de Bretton Woods. On devrait plutôt inviter Kinshasa à avoir un plan alternatif cohérent de développement. Le Fmi pas plus que la Banque mondiale n'ont jamais développé un pays. Ces deux institutions n'y ont même pas vocation. Il appartient à la Rdc de s'inspirer des exemples d'autres nations qui ont mis l'accent sur la production intérieure de manière à créer une économie autocentrée. José NAWEJ


La part de Muzito

Si l'échec est orphelin, le succès ne compte pqsde géniteurs, tant ils sont nombreux. L'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte par la Rdc justifie cette sagesse populaire. Tout le monde revendique la victoire. Avant même que les institutions de Bretton Woods n'aient notifié officiellement Kinshasa, des forces politiques de la Majorité ont rivalisé d'imagination pour récupérer ce haut fait d'arme. Avant même que le Gouvernement congolais n'ait annoncé la bonne nouvelle, des ténors de la Majorité ont vite fait de brandir le trophée. Ironie de l'histoire : les plus critiques de l'action du gouvernement auront été les plus prompts à s'approprier le satisfecit du binôme Fmi-Bm. Soit. La nature est ainsi faite. Le principal étant le point d'achèvement.
Pour autant à tout seigneur, tout honneur, dit-on. L'admission de la Rdc à l'initiative Ppte est d'abord la victoire de deux hommes: Joseph Kabila et Adolphe Muzito. Le premier pour avoir tracé les grands axes de la politique gouvernementale et le second pour sa capacité à mettre en musique la symphonie présidentielle. En empruntant au registre architectural, on parlerait du maître d'ouvrage et du maître d'œuvre.
Homme au triomphe modeste-à l'instar du Raïs-Adolphe Muzito peut, pourtant, boire du petit lait. Il a toutes les raisons du monde de le faire. Un insuccès du gouvernement sur le front du point d'achèvement aurait été mis sur son dos. Normal.
Symétriquement, la paternité de la victoire de Washington revient au gouvernement Muzito. De fait, quand on aura tout oublié du passage d'Adolphe Muzito à la Primature ; quand on aura soldé tous les comptes de la mandature Palu à la tête du Gouvernement; quand on aura fini de diaboliser, humilier, jeter en pâture l'honneur de Muzito, il restera bien une chose : le point d'achèvement. L'Histoire retiendra qu'un Premier ministre aura donné un contenu à tous les sacrifices endurés des décennies durant au nom de la rigueur imposée par le Fmi. Ce premier ministre que personne n'attendait ni ne voyait venir aura donc été l'un des rares à laisser des traces positives. Patrice Lumumba était l'homme du mythe fondateur de l'indépendance, Moïse Tshombé, version 1964, était l'architecte de la normalisation et du pouvoir d'achat. Après, viendront les années Mobutu et la longue transition au courant desquelles des premiers ministres-à l'exception de Lunda Bululu avec le fameux pont sur la Makelele- ont promis, sans résultat à l'arrivée, monts et merveilles. Du Mpiodi dans l'assiette du plus démuni de Jean Nguz au sourire de Faustin Birindwa.
A moins d'un an de la fin de la législature, Adolphe Muzito aura achevé de mériter son rôle d'homme de mission. Dans l'ombre tutélaire du géant Gizenga, au cœur du dispositif gouvernemental mis en place par Kabila, Muzito, sans triomphalisme, aura déjà mérité et du Palu et de la Majorité.
José NAWEJ


Une success story à capitaliser

Pour Joseph Kabila, les festivités du cinquantenaire s'apparentent à une vraie success story. Kinshasa avait mis un point d'honneur de voir le Souverain belge rehausser de sa présence le jubilé d'or de l'indépendance. Pari gagné. Le Roi Albert II dont on disait qu'il allait faire un voyage-éclair aura séjourné à Kinshasa quatre jours durant. Tout un message. Outre le couple royal belge, la quasi totalité de chefs 'Etat de la région ont répondu à l'invitation du Raïs congolais. Le rwandais Kagame et l'ougandais Museveni ont enfin refoulé le sol kinois après plus d'une décennie de brouille avec la Rdc. Il n'y a pas meilleure illustration de la normalisation des rapports dans les grands lacs.
S'il a joué la carte de la paix, Joseph Kabila, émanation de l'armée, n'a pas oublié le dicton selon lequel "qui vis pacem, para bellum".Le défilé monstre sur le boulevard Triomphal a tourné en une démonstration de forces. Les hommes de troupes ont battu le pavé. Mais on a surtout relevé l'impressionnante armada qui a clos la partie militaire du défilé. Sans doute qu'au seuil de son cinquantenaire, la Rdc n'entend plus être ce ventre mou ou cet espace où tous les bellicistes en mal de convoitises pouvaient investir une partie du territoire sans le moindre souci.
A l'interne, le Raïs a aussi de quoi ne pas bouder son plaisir. Les très difficiles Kinois n'ont pas été indifférents au jubilé d'or du cinquantenaire. Certes, pour une fête nationale, on peut déplorer l'absence aux festivités de certains ténors de l'opposition républicaine. Mais, à en juger par la mobilisation et la ferveur populaire constatées aux abords du Triomphal et à l'occasion de l'accueil du couple royal belge, on peut affirmer que Kinshasa la boudeuse n'a pas boycotté le 30 juin. Il est vrai aussi que le volet infrastructures des cinq chantiers commence à être de plus en plus visible dans la capitale. Du reste, le Président a opportunément inauguré quelques réalisations à la veille du jour-j.
Et lorsque dans son message à la Nation, Joseph Kabila rend hommage notamment à Kasa-Vubu et Mobutu, il jette un pont entre son bloc nationaliste et l'autre vieille famille politique du pays. Un pan de frustrations historiques est tombé. D'autant que dans la foulée du Cinquantenaire, le président a inauguré le monument érigé en mémoire de Joseph Kasa-Vubu.
En un mot comme en mille, Joseph Kabila a réussi son coup. A charge maintenant à ses collaborateurs et aux autres institutions de capitaliser ce haut fait. Cela pose le sempiternel problème de suivi. Est-ce que la modernisation de Kinshasa va se poursuivre? Est-ce que l'autorité urbaine va rester en éveil ou retomber dans sa léthargie? Est-ce que le militaire ou le policier nouveau incarné par la nouvelle tenue va tuer définitivement le vieil homme d'hier ? Le nécessaire aggiornamento historique opéré par le Président en personne sera-il traduit en actes? Bref, est-ce que l'après cinquantenaire sera différent de l'avant jubilé d'or ? C'est à l'aune de cette interrogation que le monde entier jugera la Rdc. C'est aussi par la capacité du pouvoir rd-congolais à maintenir ou pas la dynamique du renouveau que la majorité silencieuse jugera la classe dirigeante lors de prochaines élections.
José NAWEJ
























































EDITION N°3648 du LUNDI 12 JUILLET 2010
A LA UNE
ALORS QUU SES DETRACTEURS LE DONNENT POUR ANTI-KATANGAIS
Vital Kamerhe : son combat et sa vraie cible
* «L’ancien speaker de la chambre basse n’est ni contre le Katanga, ni contre les Katangais», jurent la main sur le coeur tous ceux qui connaissent l’élu de Bukavu.

Très au fait des arcanes politiques zaïro-congolais, Colette Braeckman publie sur son blog son récit sur les festivités du cinquantenaire. Lors du défilé du 30 juin, elle a constaté que la popularité de Vital Kamerhe n'avait pas pris la moindre ride. Occasion pour notre consœur du Soir de faire un zoom sur l'ancien speaker de la Chambre. Comme tout observateur équilibré, Colette Braeckman a vécu de visu l'entregent et l'aura de Vital Kamerhe. Aucune des apparitions publiques de l'ancien Secrétaire général du Pprd n'est anecdotique. Plus d'un an après son départ du perchoir, Vital Kamerhe fait toujours partie du cercle fermé des acteurs politiques qui comptent. Normal donc que des analystes et autres gourous d'officines prêtent des ambitions -même les plus folles- à cet élu de Bukavu.
A l'approche des échéances électorales, le «plat Kamerhe» est mangé à toutes les sauces. Les uns l'imaginant déjà à la tête d'un parti politique dans la perspective des élections de 2011. D'autres voyant carrément l'ancien speaker de la Chambre enfiler le costume de présidentiable.
Bon joueur et même sacré encaisseur, Vital Kamerhe n'est pas homme à réagir aux analyses, spéculations et autres supputations des journalistes ou de l'opinion. Mais ceux qui connaissent vraiment l'homme ont déniché un grain de sable dans le récit de notre estimée consœur du Soir. Il s'agit du "lobby katangais " contre lequel Vital serait en guerre. Rien de plus faux, jurent la main sur le cœur, tous ceux qui pratiquent ce "marathonien de 2006 " qui a fait le plongeon dans le pays réel pour porter la nouvelle de Joseph Kabila. De part son itinéraire personnel et son ouverture d’esprit, Vital Kamerhe compte forcément des amis dans toutes les provinces. Il n'est ni contre le Katanga, ni contre les Katangais. Le combat du Président est dirigé non contre une ou une poignée d'individus pris isolement contre ce que d'aucuns appellent "gouvernement parallèle ". Lequel comprend aussi des compatriotes d’autres provinces, y compris le Sud-Kivu. Ce pouvoir de l'ombre dont les agissements ne profitent ni au chef de l'Etat, ni au peuple congolais.
Du reste, un coup d'œil sur le pedigree politique de l'élu de Bukavu renseigne qu'alors Secrétaire général du parti présidentiel, il avait proposé, contre l'avis de nombre de Katangais, la candidature de Moïse Katumbi au gouvernorat du Katanga. Ce, pour recompeser le Patron du tout-puissant Mazembe qui a abattu un travail de titan pour le triomphe du Pprd et de Joseph Kabila à la Magistrature suprême. Autre preuve que l'ancien Président de l'Assemblée nationale n'a rien contre le Katangais, c'est le nombre impressionnant de personnalités originaires de cette province qui remplissent son carnet d'adresse. Sans être exhaustif, le monstre sacré de l'écran Kibambi Shintwa, les acteurs politiques de tous les horizons comme Richard Muyej, Mwenze Nkongolo, Banza Mukalay, Fifi Masuka, Nkunda Milando, Vicky Katumwa... sont autant d’amis de Vital Kamerhe. Voici l’intégralité de l’article de Colette Braeckman assortit d’un intertitre de Forum des As. FDA.

Depuis le 30 juin, les Kinois s'approprient leur ville transformée : des familles endimanchées se rendent sur l'ancienne place de la gare et se font photographier devant les jets d'eau, d'autres vont écouter de la musique sur le vaste boulevard tracé devant l'Assemblée nationale.
La classe politique et la société civile n'ont pas tardé à réagir face aux mesures d'allègement de la dette : les fonctionnaires publics, en grève depuis plusieurs semaines, exigent que la "dette sociale ", c'est-à-dire les arriérés de salaires, s'élevant quelquefois à des impayés de plusieurs mois, soient réglés au plus tôt et que les traitements soient enfin réajustés. Quant aux ONG, plusieurs d'entre elles, dont Global Witness, dénoncent les contrats opaques passés dans le secteur minier au Katanga (où une société inconnue jusqu'à présent, Metalkot, a remplacé la canadienne First Quantum) et dans le secteur du pétrole. Quant à la classe politique, elle se situe résolument dans une perspective électorale : le président, dans son discours du 30 juin, ayant promis que les législatives et les présidentielles auraient lieu en 2011, cette échéance détermine désormais tous les positionnements.
A première vue, Joseph Kabila, le chef de l'Etat sortant, devrait tirer profit des grands travaux qui se matérialisent enfin, et même à Kinshasa, sa cote de popularité a sensiblement monté. Cependant, deux questions taraudent déjà l'opinion : le calendrier sera-t-il respecté, et qui osera affronter le président sortant ? En dépit du fait que la société belge Zetes vient de se voir accorder un autre contrat et a déjà commencé à fournir les nouveaux kits électoraux, de nombreux membres de l'opposition croient encore que le majorité actuelle pourrait modifier la Constitution afin d'allonger le mandat présidentiel, initialement prévu pour cinq ans, voire permettre un troisième mandat.
Quant au challenger du président Kabila, les deux grandes formations d'opposition sont fortement handicapées par l'absence de leur leader : le MLC (Mouvement de libération du Congo) demeure fidèle à Jean-Pierre Bemba, toujours détenu à La Haye par la Cour pénale internationale, tandis qu'Etienne Tshisekedi, le président de l'UDPS, demeure l'objet de soins médicaux.

Kamerhe toujours aussi populaire
La prochaine campagne pourrait cependant prendre un relief imprévu si Vital Kamerhe se décide à franchir le pas. Malgré de longs séjours au Canada, où il a multiplié les conférences et obtenu un diplôme universitaire, la popularité de l'ancien président de l'Assemblée nationale est demeurée intacte : notre entretien, à tout moment, est interrompu par des salutations, des séances de photo, des apartés. Visiblement, nul n'a oublié que Kamerhe, associé au pouvoir sous Kabila père, où il était chargé des relations avec les Nations Unies, fut aussi le très efficace directeur de campagne de Joseph Kabila et l'artisan du PPRD, (Parti populaire pour la reconstruction et le développement), le parti présidentiel. Lorsqu'il dirigeait l'Assemblée nationale, Kamerhe, qui disposait de "fonds spéciaux " importants, tenait en mains ses députés, mais il autorisait aussi des débats passionnés. "J'étais d'avis que l'opposition devait s'exprimer dans l'enceinte du Parlement plutôt que dans la rue ", des joutes retransmises en direct par la télévision nationale.
C'est début 2009 que la rupture entre le chef de l'Etat et Kamerhe fut consommée, lorsque le président de l'Assemblée, originaire du Sud Kivu, exigea d'être mis au courant de tous les détails des opérations militaires menées conjointement avec l'armée rwandaise pour déloger les rebelles hutus de l'Est du pays, opérations qui allaient déboucher sur la neutralisation du chef tutsi Laurent Nkunda et la réconciliation avec Kigali. Si Kamerhe ménage toujours Joseph Kabila, en revanche, il accable l'entourage katangais, l'accusant d'isoler le président, de monopoliser l'accès aux secteurs juteux de l'économie, de vouloir, par le passage en force, modifier la Constitution.
Se targuant de sa connaissance des quatre langues nationales, de sa longue expérience politique, de ses capacités managériales, dont il a donné la preuve lors de la dernière campagne présidentielle et au cours de la conférence de Goma, Vital Kamerhe n'attendra vraisemblablement pas l'expiration du deuxième terme présidentiel en 2016, pour se lancer dans la bataille électorale. Aujourd'hui déjà, il assure avoir noué des contacts avec les partis d'opposition, avec la société civile, très hostile depuis l'affaire Chebeya, et surtout avec la "communauté internationale" c'est-à-dire les Occidentaux, dont il attend des financements peut-être, une sécurisation physique certainement.
Le Kivutien se pose déjà en adversaire déclaré du " lobby katangais ", mais les observateurs relèvent que, malgré son crédit et sa notoriété, Kamerhe, à ce stade, aura fort à faire pour rivaliser avec un Kabila qui peut présenter de vrais succès et surtout compter sur un budget considérable pour soutenir dans tout le pays les frais de la campagne électorale

Meurtre de Muhindo: les observateurs dénoncent l’éternelle tendance à culpabiliser le Gouvernement
* Pourtant, à en croire diverses sources, le militant de «Bon Samaritain» aurait été tué en cherchant à voler au secours de son fils menacé par des bandits
Après Floribert Chebeya, le Congo pleure Salvator Muhindo militant de l’association «Bon Samaritain». L’annonce de son meurtre, diffusée le mardi 06 juillet dernier par Radio France Internationale, est vite liée, du côté d’une Ong des droits de l’homme, à un appel que le défunt aurait lancé en vue du boycott des festivités marquant le Cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo. Pourtant, au terme des investigations menées sur les lieux, il ressort que Salvator Muhindo serait plutôt victime d’un crime crapuleux.

En fait, les données de l’enquête contredisent, au stade actuel, la version selon laquelle Salvator Muhindo aurait fait les frais de son appel au boycott. A en croire nos sources, les faits se sont déroulés à Kalunguta, un village situé à 20 Km de Béni, dans la province du Nord-Kivu, dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 juin 2010. On fait état d’un groupe de bandits à mains armées en quête d’argent, dont un en tenue militaire, qui aurait d’abord visité un commerçant voisin de Salvator Muhindo qui n’a d’ailleurs eu la vie sauve que grâce à un billet de 100 Usd qu’il a offert à ces bandits.
Après le commerçant, les bandits auraient ensuite visité la maison d’un boutiquier du village répondant au nom de Kasereka, fils de Salvator Muhindo. Au nombre de personnes ayant volé au secours du boutiquier, figurait son père. Le malheur de ce dernier, indique-t-on, serait donc d’avoir reconnu un des bandits en l’appelant même par son nom. Ce qui aurait poussé les bandits à tirer sur cet interpellateur. De l’avis de bon nombre d’observateurs, aucune corrélation ne peut, dès lors, être établie entre le meurtre de cet activiste de l’Ong «Bon Samaritain» et le fameux appel au boycott des festivités du Cinquantenaire du reste non suivi.
Tout en regrettant une tendance jugée récurrente à accuser le pouvoir à chaque crime frappant un défenseur des droits de l’homme, sans tenir compte de l’exigence élémentaire des preuves et du fait qu’un activiste des droits humains n’agit toujours pas en tant que tel, la plupart des observateurs soutiennent que le processus d’humanisation des services de sécurité ne doit nullement être comparé à un combat mettant aux prises les acteurs de la société civile et le Gouvernement. Bien au contraire, il s’agit, pour le cas d’espèce, d’une lutte que doivent mener les uns et les autres afin de conjuguer les efforts pour le mieux-être des Congolais et des étrangers.
Et cette conjugaison, précise-t-on, dépend en grande partie de la capacité des Ongdh à exorciser cette tendance à discréditer les pouvoirs publics. «Le discours agressif des Ong visant à jeter l’anathème sur le Gouvernement réputé adversaire par principe n’a, en fait, jamais abouti qu’à scier l’arbre sur lequel sont assis ses propres producteurs (du discours), la RDC n’étant pas uniquement le pays d’une catégorie de ses citoyens, mais bel et bien le pays de tous ses citoyens», tranchent bon nombre d’observateurs. Car, c’est organisée en un Etat représenté par un Gouvernement responsable, que la RDC saura faire face aux défis du développement et de la démocratie, ajoutent les observateurs avertis. Marcellin MANDUAKILA

FORUM ECO
Monde de travail
L'UNTC exige la publication des résultats des élections syndicales dans les entreprises
La tension commence à monter dans les milieux des travailleurs au regard de la situation sociale qui ne fait que se dégrader au jour le jour. Face à cette situation qui risque de conduire à un mouvement d'arrêt de travail, l'Union nationale des travailleurs du Congo, UNTC, a, au cours d'une conférence de presse tenue vendredi dernier, exigé que le ministère de l'Emploi, Travail et Prévoyance sociale publie dans un bref délai les résultats des élections syndicales tenues en juillet 2009 dans les entreprises de la ville de Kinshasa..
En dépit de multiples correspondances adressées au ministère de l'Emploi à ce sujet, a expliqué Jean François Nzeba, vice-président chargé de l'administration de l'UNTC, les résultats ne viennent toujours pas alors que la publication du verdict de ces élections, devait intervenir au plus tard en décembre de la même année «Pourquoi continue-t-on de bloquer les résultats ? Le ministère de l'Emploi a-t-il besoin de devenir l'objet des tensions dans les entreprises? Le code du travail est-il lu à bon escient par nos autorités pour que les élections organisées en 2009 dans les entreprises avec leur aval demeurent jusqu'à ce jour un véritable mystère ?» Autant des questions que ne cessent de se poser les animateurs du monde des organisations du secteur du travail dans la ville de Kinshasa.
Pour éviter la magouille et le cafouillage dans les jours à venir, a-t-on indiqué, l'UNTC exige que le dépouillement des élections de l'édition 2010-2011 soit fait par le comité national de coordination et de suivi des élections syndicales. " Faute de quoi, l'UNTC pourra recourir à toutes les voies de droit et que le non respect de cette procédure fixée par arrêté ministériel n'engagerait que la seule responsabilité du ministère de l'Emploi", a martelé le vice-président en charge de l'administration de l'UNTC.
Il appartient simplement au ministère de l'Emploi, Travail et Prévoyance sociale de mettre fin à cette tension en gestation. Cela par la publication des résultats des anciennes élections avant d'envisager l'organisation prochaine d'autres scrutins dans les entreprises.
Dorian KISIMBA


En reconnaissance a leur implication dans les festivités du Cinquantenaire
Joseph Kabila offre un dîner aux chefs d'entreprises et services publics
Le Président Joseph Kabila a offert, samedi le 10 juillet à la Cité de l'Union Africaine à Kinshasa, un dîner aux chefs des entreprises et des services publics ayant travaillé pour l'organisation des festivités du Cinquantenaire de l'indépendance de la RDC, le 30 juin dernier. En plus des nationaux, les délégués du collectif des 13 entreprises chinoises de construction, partenaires dans la réalisation des Cinq Chantiers en RD Congo, ont également participé à cette soirée de gala.
Alors qu'on croyait qu’il arriverait à 20 heures, le Raïs détendu et visiblement épanoui, est arrivé un peu plustôt, soit à 19H30' sous la tente où l'attendaient déjà ses nombreux invités. Pas de discours protocolaire du Chef de l'Etat. Il n'en serait pas outre mesure, quand on sait que Joseph Kabila avait déjà dit l'essentiel dans son discours prononcé le 30 juin 2010, à l'occasion de la célébration du jubilé d'or de l'indépendance de la RDC.

UN NOUVEAU DEPART
Le silence du Chef de l'Etat a été compensé par deux brefs messages. Il s'est agi du speech du ministre des Travaux publics, Fridolin Kasweshi, et de celui de M. Liu, big manager de l'entreprise chinoise CREC qui a parlé au nom du collectif des 13 entreprises chinoises de construction, partenaires de la RD Congo dans la matérialisation du volet "infrastructures " des Cinq chantiers.
Dans son message, Fridolin Kasweshi a remercié Joseph Kabila pour avoir tenu ses promesses. Il s'agit, selon le ministre des Travaux publics ; de toutes les infrastructures construites en un temps record, en commençant par le site touristique de l'ex-Place de la Gare centrale jusqu'au Boulevard Triomphal, en passant par les avenues des Huileries et du 24-Novembre. On s'en voudrait volontiers, si on occultait le Boulevard du 30-Juin de la liste.
Par ailleurs, le patron des Travaux publics congolais a invité les responsables d'entreprises et services publics à accompagner Joseph Kabila dans son entreprise, à savoir la poursuite de la mise en œuvre du vaste programme de redressement intégral du pays, résumé en Cinq chantiers de la République. Fridolin Kasweshi part de la conviction que le Président de la République, initiateur et inspirateur dudit programme de développement du pays, ne peut rien tout seul. Les cinq chantiers de la République étant l'affaire de tout Congolais, à quelque niveau de responsabilités. En un mot ou en mille, Fridolin Kasweshi a battu le rappel des troupes. Car, après le break observé depuis peu, il faudrait, désormais, prendre le plus bel élan pour un nouveau départ.

L'AUTOSATISFACTION DES CHINOIS
Soirée de retrouvailles, certes, le dîner présidentiel a aussi été une occasion pour les entreprises chinoises de faire une restitution succincte de leurs réalisations. Dans un élan d'autosatisfaction, M. Liu, patron de l'entreprise Crec, s'est réjoui d'avoir a battu un travail de titan en un temps record, soit en six mois seulement. Il s'agit principalement du prolongement du Boulevard Triomphal, des travaux d'élargissement de l'avenue du 24-Novembre. Ce n'est pas tout. Ce nouveau parvis du Palais du peuple est un autre motif de réconfort moral des Chinois. Car; cet endroit, à cause de ses réverbères aux effets multicolores le soir, s'est transformé en un véritable site touristique qui attire quotidiennement des foules importantes.
Dans l'opinion, plus d'un Kinois souhaite que l'effet Palais du peuple fasse tache d'huile. Autrement dit, il ne serait pas une contre indication d'ériger un autre site touristique dans la partie Est de la ville de Kinshasa, considérée comme la porte d'entrée pour quiconque serait en visite dans la capitale congolaise. Les travaux de construction et de modernisation du Boulevard Lumumba étant encore en cours d'exécution (même si le rythme semble quelque peu baisser, les Kinois restent persuadés que ce Boulevard, le plus long de la vaste métropole rd-congolaise, reflétera ce qu’on retrouve sur les panneaux. Laurel KANKOLE


ENJEUX DE L'HEURE
En grève depuis plus de deux mois
Les fonctionnaires de l'Etat attendent les retombées du point d'achèvement
*Communiqué des deux Chambres du parlement relatif au point s'achevement de l'initiative PPTE
L'atteinte par la RDC du point d'achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (I-PPTE) est bien perçue dans les milieux avertis. Même à la Fonction publique où la grève bat toujours son plein depuis plus de deux mois, cet exploit réalisé par le Gouvernement est sur toutes les lèvres. Dans les couloirs du Grand bâtiment de l'administration situé dans la commune de la Gombe, les fonctionnaires font du point d'achèvement une actualité au point de lier l'application de leur fameux Mbudi à cette question.
A l'intérieur comme à l'extérieur du Grand bâtiment de la Fonction publique, les agents et fonctionnaires de l'Etat tiennent des propos presque convergents quant au point d'achèvement. "Nous sommes contents de cette prouesse. Oui. Mais, nous attendons les retombées de tous ces sacrifices que nous avons consentis depuis plusieurs décennies. Les résultats de l'atteinte du point d'achèvement doivent se palper dans l'application de Mbudi. Cela parce qu'à chaque fois que nous étions en négociation, le gouvernement nous invitait toujours à la patience jusqu'à l'atteinte de cet objectif. Comme c'est arrivé, les fonctionnaires ne doivent que se réjouir du fait d'avoir beaucoup souffert ", ont déclaré les agents et cadres des services publics rencontrés samedi dernier à la place Golghota dans la commune de la Gombe.
Il convient de souligner qu'à travers la grève des fonctionnaires qui ne fait que devenir élastique, les agents de l'Etat revendiquent le paiement du premier palier de Mbudi dont les secrétaires généraux avaient touché leur part depuis le mois de mars dernier.
Dorian KISIMBA

Communiqué des deux Chambres du parlement relatif au point s'achevement de l'initiative PPTE
Les Bureaux des deux Chambres du Parlement, ayant appuyé les efforts du Gouvernement, se félicitent des décisions prises par les Conseils d'administration de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international relatives à l'atteinte, par la République Démocratique du Congo, du point d'achèvement de l'initiative PPTE.

Ce succès, qui est à mettre à l'actif de toutes les institutions de la République (Président de la République, Parlement, Gouvernement) et de toutes les Forces vives de la Nation, est une réelle opportunité pour le redécollage économique du pays.

Pour le Parlement, c'est maintenant que l'attention doit désormais être soutenue pour que les économies à réaliser au titre du service de la dette ainsi que tous autres appuis extérieurs permettent la réalisation des investissements prioritaires dans les secteurs de l'éducation, de la santé, des infrastructures, de la bonne gouvernance et du développement afin de réduire la pauvreté, qui est l'objectif ultime de ce programme.

Plus que jamais, le moment est venu pour que la population congolaise puisse tirer les dividendes des efforts consentis pour l'atteinte de ce point d'achèvement.

Fait à Kinshasa, le 02 juillet 2010.

Le Président du Sénat
Léon KENGO wa DONDO

Le Président de l'Assemblée Nationale
Evariste BOSHAB

NATION
Lors de son Assemblée générale annuelle
La CCIFC présente des états financiers fidèles à sa situation patrimoniale
Comme de coutume, dans les chambres de commerce du réseau de l'Union des chambres de commerce et d'industrie françaises à l'étranger (UCCIFE), la Chambre de commerce et d'industrie franco-congolaise (CCIFC) a tenu, vendredi 09 juillet 2010, son assemblée générale ordinaire annuelle. A en croire le rapport de certification du commissaire aux comptes sur les états financiers, à la clôture de l'exercice 2009, la CCIFC n'a pas comptabilisé les provisions sur certaines créances dont les chances de recouvrement paraissent incertaines.
C'est le cas, d'une part, de la créance détenue par les membres démissionnaires et insolvables qui est estimée à 16.475 USD et, d'autre part, de celle de 10.000 USD détenue sur le ministère des Affaires étrangères de la RDC. A l'exception de l'incident précité, les états financiers donnent une image fidèle de la situation patrimoniale de la CCIFC.
Au courant de l'exercice 2009, la CCIFC a recouvré 34.600 USD sur les cotisations dues par les membres. La charge du personnel pour la même année a été estimée à 73.000 USD. Pour assurer son exploitation et couvrir principalement la charge du personnel, la CCIFC recourt au revenu régénéré par des activités accessoires dont la location de son immeuble.
A entendre le président de la CCIFC, Kongo Budina Nzau, la chambre a mené des actions tendant à appuyer ses affiliés. Parmi ces actions, il y a lieu de citer la mise à la disposition des affiliés des informations pertinentes par l'envoi régulier des tableaux de synthèses des informations reçues de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) dont la chambre est membre ; les visites aux affiliés pour s'imprégner de leurs problèmes, le suivi auprès des affiliés des séminaires de formation organisés en 2008.
La CCIFC n'a pas fonctionné en vase clos. Mais, plutôt, elle a entretenu de bons rapports avec l'Ambassade de France et de nombreux partenaires.
Cette assemblée s'est tenue au lendemain de l’atteinte par la RDC du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Selon le n°1 de la CCIFC, cela constitue une indication économique prometteuse pour les opérations économiques. Car, d'après le chef de l'Etat, Joseph Kabila, les économies dégagées seront en priorité orientées vers les secteurs des transports, éducation et santé.
D'où, la CCIFC devra se préparer à faire face à ce défi par la mise en place d'un service commercial fort qui servira d'appui aux entreprises. Cela, est possible avec le recrutement de la nouvelle directrice générale.
En d'autres termes, la CCIFC est en mesure d'accomplir davantage de réalisations et de contribuer ainsi à la promotion et au développement des échanges entre les entreprises françaises et congolaises. Pour y parvenir, Kongo Budina préconise qu'une plus grande implication des membres et surtout des administrateurs aux activités de la chambre, le parrainage ou le sponsoring de certaines manifestations initiées par la chambre ; le recours à la chambre pour tout problème qui pourrait nécessiter son intervention.
Au cours de cette assemblée annuelle, 25 membres sur 40 en règle de cotisation ont pris part aux travaux où les taux de cotisation en vigueur ont été reconduits.
Le ministre de l'Industrie, Anicet Kuzunda a apprécié la bonne gestion dont fait montre le président de la CCIFC. Il a expliqué que son ministère est en train de développer des zones spéciales d'industries et des corridors de développement.
Pour sa part, l'Ambassadeur de la France en RDC, Pierre Jacquemot a annoncé l'arrivée dans le pays d'un groupe d’industriels français au mois de novembre. Il a soutenu aussi que son pays est le premier créancier du Congo-Kinshasa. Concernant le développement des investissements en RDC, le diplomate français a déclaré que pour y parvenir, il faut améliorer le climat des affaires.
Simard Simon TSOUMBOU

INFOS INFOS

Le HCR décerne la distinction Nansen 2010 pour les réfugiés à une photo-journaliste britannique
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a rendu public le week-end, le nom de la lauréate 2010 de sa distinction Nansen pour les réfugiés, décerné chaque année. Il s'agit de la photo-journaliste britannique Alixandra Fazzina, récompensée pour son dévouement inlassable à témoigner des souffrances humaines causées par la guerre, note un communiqué de presse de cet organe du système des Nations Unies.
Ces dix dernières années, Alixandra Fazzina a fait connaître sans relâche, par des photoreportages inédits et bouleversants, l'exode désespéré des personnes déracinées fuyant des situations de conflit. Que ce soit en Europe de l'Est, en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie, son travail révélait des tragédies humaines souvent ignorées des grands médias.
La source indique qu'à l'annonce de sa nomination, Alixandra Fazzina a déclaré :"Je suis émue et extrêmement heureuse que le HCR m'ait accordée cette reconnaissance et que l'organisation ait ainsi rendu hommage à mon travail. Mes photoreportages portent, pour l'essentiel, sur le sort des réfugiés et des déplacés internes et mon objectif a toujours été de sensibiliser le grand public sur les personnes contraintes de fuir le conflit, la violence et le malheur. Quitter sa maison et lutter par tous les moyens pour recommencer une nouvelle vie constituent l'une des épreuves les plus difficiles qu'une personne puisse endurer. C'est pourtant le sort subi chaque année par des millions de personnes déracinées."
Lors de l'annonce de la nomination pour la distinction Nansen, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Antonio Guterres a pour sa part, indiqué : "Alixandra Fazzina se distingue comme une porte-parole audacieuse de l'action humanitaire mettant remarquablement en lumière, avec émotion et acuité, le vécu des personnes déracinées au travers de reportages bouleversants. Son talent, son engagement, son empathie et son dévouement hors du commun pour saisir l'essence de chaque histoire personnelle en font une chroniqueuse exemplaire de la vie des personnes les plus vulnérables de notre planète."

Biographie de la lauréate
Pour la petite histoire, Alixandra Fazzina a commencé sa carrière en tant que photojournaliste en Bosnie auprès de l'armée britannique. Depuis lors, son objectif s'est détourné des lignes de front pour se focaliser sur les camps de réfugiés et témoigner des souffrances humaines causées par la guerre.
Elle s'est fait notamment connaitre pour ses travaux de
photojournalisme sur les victimes de mines antipersonnel au Kosovo, sur les civils isolés derrière les lignes ennemies en Angola, sur le viol comme arme de guerre en Sierra Leone, sur les sévices infligés aux enfants par les milices au Congo et en Ouganda ainsi que sur les situations de réfugiés au Pakistan et en Afghanistan.
Ensuite, elle a consacré deux ans à une chronique en Somalie sur l'exode des migrants et des réfugiés somaliens vers la péninsule arabique, et sur le trafic d'êtres humains dans le golfe d'Aden. De ce travail a été tiré un ouvrage intitulé " A Million Shillings, Escape from Somalia ", qui va paraitre en septembre 2010. Risquant sa vie pour rencontrer des personnes déracinées, confinées dans des bidonvilles situés le long de la cote, la photojournaliste a pris sur le vif le désespoir et la souffrance des personnes essayant de traverser le golfe
d'Aden en quête d'une vie meilleure.
Selon notre source, la distinction Nansen pour les réfugiés a été créée en 1954 en l'honneur de Fridtjof Nansen, explorateur et scientifique norvégien, également premier Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. La distinction Nansen pour les réfugiés est décernée chaque année à une personne ou à une organisation en récompense de services exceptionnels rendus à la cause des réfugiés. Elle comprend une médaille commémorative et un prix de 100 000 dollars offert par les
Gouvernements norvégien et suisse. Cette somme est consacrée à des projets élaborés et choisis par le lauréat en matière de protection et d'assistance aux réfugiés. La cérémonie de remise de la distinction Nansen aura lieu le 5 octobre 2010 à Genève. Mathy MUSAU

NATION
Bandundu : des métis bricoleurs relancent les vieilles huileries
Fils d'anciens colons belges ou de commerçants portugais, les métis de Bandundu font revivre, avec les moyens du bord, les vieilles huileries abandonnées, jadis propriétés de leurs pères. Encouragés par ces initiatives, les paysans reprennent espoir et entretiennent eux-mêmes les routes pour écouler leur propre production.
Au sud de la province de Bandundu (nord-est de Kinshasa), les paysans de l'ancien centre commercial de Zaba vivent un petit miracle. La vieille usine qui produisait l'huile de palme et qui faisait le bonheur de la population dans la région s'est à nouveau récemment mise à tourner. Elle était pourtant tombée en ruine durant les dernières décennies, abandonnée par ses anciens acquéreurs congolais. L'homme qui l'a fait redémarrer, Merger Poncelet, est un métis, fils d'un Belge qui a mené toute sa vie au Congo dans la culture des palmiers à huile. "J'ai eu le courage, raconte-t-il, de remettre l'usine en marche en voyant des industriels du savon venir acheter de grandes quantités d'huile auprès des fabricants artisanaux locaux."
A Zaba où repose le corps de son père, Merger pousse la population à refaire les routes pendant qu'il répare les vieux tracteurs et autres engins utiles à la relance de la production. Dans les vastes plantations longtemps tombées en friche réapparaissent des annotations portant le nom des Poncelet. Les paysans, encouragés par cette belle initiative, mettent la main à la pâte. "Maintenant que Merger a réussi à faire fonctionner l'usine, nous réhabilitons les routes d'intérêt local pour faciliter l'acheminement de nos produits vers l'usine et vers le marché", se réjouit Alfred Mutuni.

Paysans encouragés
Non loin de Zaba, l'usine de Mikwi renaît également de ses cendres grâce à l'ingéniosité des frères Benfica Suza et Toze, issus eux aussi d'une grande famille de métis de la région. Toze a fait du bricolage dans la vieille usine de production de fibres pour en faire un broyeur de noix de palme. Le tourteau qui en sort est donné aux éleveurs. Benfica a monté un moteur de tracteur sur pousseur qui va vendre l'huile produite à l'usine aux savonneries de Kikwit, la ville économique de la province. Cette renaissance d'activités a favorisé la création d'une coopérative paysanne à Mikwi. Eugène Kahungu qui en est membre, est tout fier : "Nous confions librement notre huile à Ben pour la vendre et en retour il nous remet de l'argent et du matériel dont la coopérative a besoin."
Anciennes propriétés d'agriculteurs et petits industriels belges ou de commerçants portugais qui ont vécu en Rd Congo, ces vieilles usines avaient été "zaïrianisées" dans les années 70 par l'ancien président Mobutu, qui les avait confiées à des dignitaires de l'époque. Mais très vite, ceux-ci s'étaient montrés incapables de les gérer correctement et elles sont tombées en faillite les unes après les autres. Aujourd'hui, ce sont les fils des premiers propriétaires, fruits du métissage avec les populations locales, qui reprennent la main. Ils ont souvent vécu dans la misère comme les autres Congolais, coupés de tout lien avec leurs géniteurs.

Solidaires et sociables
Petit à petit ils se solidarisent, nouent des contacts et échangent des informations souvent utiles pour retrouver les familles de leurs parents à l'étranger. Henri Hermann notamment, a pu ainsi rejoindre sa famille en Belgique. Au village Luzunu où il transporte des noix de palme de la plantation à l'usine, dans une épave de Toyota qu'il fait rouler avec le moteur d'un vieux Bedford, Henri Van favorise ces rencontres. Darius qui menait une vie difficile dans ce village en a tiré profit. "Toze m'a récupéré pour me confier la gestion de ses affaires à Kikwit", se félicite-t-il.
Les relations entre ces métis et les paysans qu'ils incitent à travailler sont cordiales. Les gens reconnaissent leur bon côté social et exécutent les tâches qu'ils leur demandent sans rechigner, convaincues du bien-fondé de leurs initiatives pour le développement de la région. Ils entretiennent ainsi sans se faire prier, la route reliant Zaba à la Nationale n°1 qui mène à Kinshasa. "Grâce à Henri Brunel nos plantations reprennent, les routes et les sources d'eau sont aménagées et notre vie s'améliore", affirme Mumbalankie, un villageois qui reconnaît en lui un homme humble. Syfia Grands lacs

Retombées de la visite de Joseph Kabila au Sud-Kivu
Bientôt un monument en l'honneur des victimes de Sange
Le drame survenu dans la nuit du vendredi 2 juillet dans la localité de Sange, à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a touché au plus haut point le président Joseph Kabila. Selon Me Néhémie Mwilanya, son conseiller chargé des affaires juridiques, le chef de l'Etat a décidé d'ériger sur place un monument en l'honneur des victimes de Sange.
Le proche du président Kabila a annoncé cette nouvelle le samedi 10 juillet dernier à la paroisse Notre-Dame de Fatima, lors de la réunion de restitution de la mission de l'ONG Action de solidarité pour la paix et le développement Uvira-Fizi (ASPD-UF), qu'il préside. Au cours de cette rencontre, les membres de l'association qui ont fait partie de la délégation, ont donné leurs témoignages et dressé l'état des lieux de la question.
Aux dires de Me Néhémie Mwilanya, le chef de l'Etat tient, par sa décision, à graver cette tragédie dans la mémoire collective en faisant construire une stèle sur le lieu du drame. Ce monument pourrait, selon son conseiller, interpeller les consciences afin que de tels incidents ne se répètent plus dans le futur.

Réhabiliter la route Bukavu-Uvira
"Outre le monument à ériger à Sange, le président de la République qui s'est mis à l'écoute de la population, a décidé de réhabiliter la route qui relie Bukavu à Uvira en vue de la rendre plus praticable", a révélé Me Néhémie Mwilanya. Le chef de l'Etat a pris cette option, selon lui, parce que certains habitants de Sange estiment que l'accident du camion citerne serait provoqué par le mauvais état de la route. Pour le conseiller du président Kabila, "les travaux de réhabilitation pourraient commencer le plus vite possible, d'ici deux mois au plus tard".
Le président de l'ASPD-UF révèle, en outre, que Joseph Kabila a instruit le ministre de Jeunesse et Sport de lui faire des propositions concrètes sur un édifice moderne qu'il pourrait construire pour la jeunesse de Sange, dont une portion a été décimée par l'incendie dans la salle de cinéma de fortune où elle suivait la Coupe du monde. Cet édifice, soutient Me Néhémie Mwilanya, pourrait aussi bien être infrastructure sportive ou une autre qui leur permettrait d'y mener leurs activités de loisir.

Construire un édifice pour les jeunes de Sange
Parmi les autres priorités que s'est fixé le chef de l'Etat à Uvira, figure la réhabilitation de la sucrerie de Kiliba et du port de Kalundu occupe une place de choix, note le conseiller de Joseph Kabila.
Dans la salle paroissiale, l'assistance a accueilli favorablement ces nouvelles qui pourraient non seulement soulager la population meurtrie d'Uvira, mais surtout contribuer même au progrès de la région. Toutefois, les participants à la rencontre ont émis le vœu d'être au préalable consulter sur le lieu où devra être érigé le monument en mémoire des victimes de Sange.
Pour le moment, indique Benoît Kalikat, secrétaire général de l'ASPD-UF, le HCR fait état de 261 morts et de 84 adultes hospitalisés ainsi que de 32 enfants soignés dans les hôpitaux d'Uvira. Yves KALIKAT


INFOS INFOS
Ayant participé à un programme d'échange aux USA
Congolaises et Américaines se liguent contre la violence sexuelle basée sur le genre
Quelques femmes congolaises ont pris part, aux côtés de leurs homologues américaines, du 12 juin au 3 juillet 2010 aux EtatsUnis, à un programme d'échange sur " La violence sexuelle basée sur le genre ". Au cours de la séance de restitution qui s'est tenue vendredi dernier au Centre culturel américain, les participantes à cette rencontre ont salué la synergie de tous les acteurs concernés dans cette lutte.
MM. Céleste Mozengi Ipoli, Odile Bofua et Gisèle Sangua Ngungua ont fait savoir que les Etats-Unis sont parmi les pays qui ont un taux plus élevé des violences (sexuelles, domestiques, …). Cependant, il y a une coordination de politique entre tous les acteurs concernés dans le combat à savoir, le Gouvernement, le système judiciaire et les associations. Ce qui conduit à de bons résultats.
Les médias apportent aussi une contribution en prenant une part active à la vie communautaire. Il faut noter l'implication effective du Gouvernement américain qui travaille avec les associations et les finances afin qu'elles puissent jouer pleinement leur rôle. Les associations américaines constituent une sorte des ressources.
Tout en saluant la synergie qui caractérise les différents acteurs impliqués dans la lutte contre la violence, les participantes ont relevé quand même quelques failles. Aux USA, révèlent-elles, l'aspect préventif est négligé. C'est le cas aussi de l'absence de la prise en charge des criminels. Elles ont également noté l'absence d'un système de base des données au niveau des associations, mais que l’on retrouve plutôt au niveau national.
Le travail des associations est tourné vers le plaidoyer et est pris en compte par le Gouvernement. Ce qui n'est pas le cas en RDC où les associations travaillent avec leurs propres moyens. Ce qui rend leur travail davantage difficile.
Malgré le numéro vert qui est mis à la disposition des victimes, aux Etats-Unis, les femmes dénoncent difficilement les cas des violences. C'est ainsi que les participantes au programme ont indiqué qu'elles soient Américaines ou Congolaises, toutes les femmes sont les mêmes. Elles ne viennent pas d'elles-mêmes. C’est de la sorte qu’elles proposent un programme de sensibilisation et l'éducation à la base. C'est ici qu'intervient le rôle des médias.
Au programme d'échange, les Congolaises ont apporté un seul message : " Que les USA s'impliquent dans la vie de la guerre pour arrêter le cycle des violences". Le département d'Etat américain parraine un programme de leadership des visiteurs internationaux intitulé " La violence sexuelle basée sur le genre ". C'est dans ce cadre que les femmes congolaises ont participé, du 12 juin au 03 juillet 2010, à ce programme organise par Meridian international center. Les objectifs étaient entre autres de découvrir le système judiciaire américain avec un accent sur la lutte contre la violence sexuelle basée sur le genre, se familiariser avec le travail des unités spécialisées et comprendre comment les collectivités locales, la police, le système judiciaire et les ONG collaborent pour lutter contre la violence sexuelle basée sur le genre.
Le Gouvernement américain est l'un des principaux bailleurs de fonds qui appuient les efforts destinés à lutter contre les graves et multiples cas de violences sexuelles en RDC depuis 2002. Le programme de l'USAID contre les violences sexuelles basées sur le genre vise à améliorer l'accès des victimes aux soins et traitement, lutter contre l'impunité des acteurs à travers l'appui de la réforme juridique, la sensibilisation sur les violences sexuelles et leur prévention. Dina BUHAKE

NATION
"Jeudi sinistre " : 38 sinistrés indemnisés en assurances automobile et vie
Au cours de l'opération "Jeudi sinistre " du 08 juillet 2010, organisé à l'agence de la Société nationale d'assurance (SONAS) de la 7ème Rue Limete, Place commerciale, l'assureur national a indemnisé 38 dossiers de sinistrés pour une totalité de sept agences concernant essentiellement l'assurance automobile (33) et assurances vie (5). Six agences ont répondu à l'appel. Il s'agit des agences de Limete (7 dossiers), Ndolo (5), Kasa-Vubu (2), 30 juin (5), Bandalalungwa (11) et la Direction générale (15).
L'objectif assigné par l'ADG ai, Carole Agito Amela, c'est de compter " zéro sinistre " à Kinshasa ou, tout au plus, réduire au maximum le risque d'accidents de circulation par le paiement de la police assurance et l'expertise régulière de l'état du véhicule.
Plusieurs abonnés de la SONAS reconnaissent le travail réalisé depuis l'arrivée de la nouvelle équipe dirigée par Carole Agito. D'ailleurs, un sinistré dont le véhicule a été endommagé à la suite d'un accident de circulation, n'a pas caché sa satisfaction. " Je remercie la Sonas pour avoir rempli sa mission en un temps record ( ) et j'invite les autres à souscrire leurs polices d’assurances et de faire confiance à la nouvelle Sonas", a-t-il déclaré.
Au cours de la même opération " Jeudi sinistre " du 08 juillet 2010, la Société nationale d'assurances a rappelé à ses nombreux abonnés le caractère obligatoire de l'assurance automobile sur toute l'étendue de la République démocratique du Congo. La loi en vigueur depuis 1973, portant obligation de l'assurance automobile, n'a pas changé. A la même occasion, la Sonas confirme la poursuite du contrôle de la police d'assurance sur les artères de Kinshasa.
S'il est encore besoin de le rappeler, l'assurance automobile a été rendue obligatoire par l'Ordonnance-Loi N° 73/013 du 5 janvier 1973 portant obligation de l'assurance automobile de responsabilité civile des véhicules automoteurs. "La responsabilité civile signifie le dommage que vous causez à une tierce personne ou encore un conducteur qui cogne, par exemple, une femme en train de traverser un carrefour, et cette dernière se casse le bassin"
La Sonas prend en charge les soins médicaux de la personne qui a subi et non celui qui a commis le dommage, a explicité un expert de la Sonas à la presse. Rachidi MABANDU

NATION
Président d'honneur d'une association des anémiques

Maj Kisimba plaide pour le droit à la vie des enfants SS
Le président d'honneur de l'association " Bana ya membre " qui s'occupe de l'encadrement des enfants ou personnes atteintes de la "Drépanocytose ", Maj Kisimba, a encouragé les membres de cette association à vulgariser davantage l’anémie afin de démystifier les origines de cette pandémie qualifiée autrefois, notamment en Afrique, de maléfique.
Maj Kisimba qui a reçu samedi la délégation de cette association conduite par sa présente Monika Joëlle Tumawaku, a exprimé ses sentiments d'amour et de compassion à l'endroit des enfants dits " SS " qui, a-t-il affirmé, ont droit à la vie et à l'épanouissement. C'est dans ce cadre qu'il a apprécié l'effort de sensibilisation entrepris par "Bana ya membre " avant d'ajouter que cette campagne doit être permanente.
Il a reconnu que c'est à travers cette vulgarisation qu'aujourd'hui la grande majorité de ces cas sont pris en charge par l'Etat et certaines organisations d'assistance à la personne en détresse ainsi par quelques parents bien que cela soit très couteux. Néanmoins, il s'est prononcé pour le test de dépistage pour les futurs mariés, car l'union de l'homme et de la femme, a-t-il insisté, est un engagement important dans la vie. Faute de quoi, le couple devra tirer les conséquences et s'assumer sur la progéniture issue de leur lien qui aura besoin d'encadrement matériel et moral et qui aura aussi droit à la scolarisation comme tout autre enfant.
ères est membre d'honneur de "Bana ya membre " depuis 2006. Il préside plusieurs associations de la jeunesse, notamment " JAD " qui est une association du développement de la jeunesse. FDA

NATION
Relance de l'élevage dans le Sud-Kivuors de son Assemblée générale annuelle
Le Gouvernement central préoccupé par l'acquisition d'une usine laitière
Dans le cadre de la relance de l'élevage dans le Sud-Kivu, le gouvernement central envisage d'acquérir une usine laitière susceptible de traiter le lait bovin frais. Cette information a été annoncée par le secrétariat général.
A en croire la source, la capacité de production de l'usine laitière recherchée est de 1.500 litres par jour. Elle doit être capable d'effectuer la réception, la réfrigération, le traitement thermique ou pasteurisation, la crème de séparation, la fermentation et l'emballage.
Il s’agit donc d’une laiterie qui sera capable de traiter un large éventail des produits laitiers. Cette usine aura la lourde charge d'assurer la formation de l'équipe locale dans la production des produits laitiers et de ses dérivés ainsi que l'utilisation de l'équipement de la manière la plus efficace.
A entendre le secrétaire général à ce ministère, la balle est désormais dans le camp des soumissionnaires nationaux et internationaux éligibles répondant aux qualifications requises pour fournir une laiterie complète. En clair, les candidats intéressés doivent être en mesure de fournir les informations concernant le drainage de l'eau, de l'électricité et de l'air afin de respecter au préalable les normes urbanistiques du pays.
Les candidats doivent s’adresser au secrétariat général à l'Agriculture pour en savoir plus. Simard Simon TSOUMBOU


CULTURE & DETENTE
Lu pour vous
" Le fugitif de Viaza " ou le récit d’un crime passionnel
La bibliothèque Wallonie-Bruxelles a organisé, le week-end dernier dans la matinée, une conférence-débat avec l'auteur du livre Zephyrin Nkiawete. L’ouvrage " le fugitif de Viaza " raconte l’histoire d'un certain Kitambala et sa femme, qui ont vécu pendant très longtemps sans enfant. La femme a alors décidé de chercher ailleurs. Kitambala, blessé dans son amour propre, veut se faire justice. Il arma son fusil et tua sa femme. Condamné à perpétuité par la justice coloniale, Kitambala connu comme un gladiateur, réussit plusieurs fois à s'échapper.

Sur la première page de la couverture apparaît un paysage ostensiblement bucolique au milieu duquel se présente en vert-citron le titre de l'œuvre précisé par le genre et l'identité de l'auteur. Au bas de cette première page de la couverture, on peut lire le nom des éditions où l'œuvre est publiée. La troisième page à l'intérieur reprend le titre sans encombre, communément appelé faux titre. A la sixième page, il y a des renseignements utiles à la recherche scientifique : les éditions, l’année de publication de l'ouvrage, le numéro du dépôt légal et deux numéros d'ISBL, prouvent que l'œuvre est universellement solide et peut, par conséquent, se permettre une sempiternelle pérégrination à travers les bibliothèques vivantes et logistiques.
Les pages suivantes renferment quelques notes en guise de dédicace et de remerciements. L’ouvrage laisse apparaitre l'élan de piété de l'auteur envers l'être transcendantal, mais aussi l'expression de sa gratitude vis-à-vis de ses dieux terrestres. La dernière page édifie davantage le lecteur à travers le paysage ostensiblement champêtre suivi du titre complet de l'œuvre et d'une note inchoative sur le contenu de l'œuvre reposant sur 70 pages.
L'œuvre, elle-même, contient un double visage. Le tout premier visage, le père géniteur, Zephyrin Nkiawete, lui donne le nom de " le fugitif de Viaza ", premier récit de cette œuvre. Il lui a été rapporté par son père. La scène s'est produite dans le périmètre de Mbanza-Ngungu, dans le Bas-Congo. Le second récit s'intitule : " un malheur ne vient jamais seul". Il illustre parfaitement une ignominie culturelle de l'Afrique profonde, un phénomène qui handicape le facteur du développement. Mais, Zéphyrin particularise, comme le lui a signifié son grand-père Alphonse Kadinavoko. Le récit se trame autour du thème de la sorcellerie.

Bref commentaire sur " le fugitif de Viaza "
Le récit tourne autour de trois constantes remarquables, fait savoir le Pr. Mudiandambu en commentant l'ouvrage. Il qualifie la première de crime passionnel. Après autant d'années de mariage, Mafundu, épouse de Kitambala, ne conçoit toujours pas. Kitambala attribue cette stérilité à son épouse. C’est pourquoi il l'a congédiée dans l'espoir que ses oncles prendront toutes les précautions pour tenter l'irréparable. Pourtant, la stérilité a plusieurs causes. Elle peut être liée à une déformation de spermatozoïdes privés de tête, de queue ou incapable de résistance dans l'univers approprié ou encore dépourvu de rapidité. Au bout du compte, le séjour de Mafundu chez ses oncles aboutit au développement de grossesse, qui atteste que la stérilité constatée dans le couple est imputable à l'homme et non à la femme. Informé, Kitambala, charge son fusil pour expédier Mafundu dans l'au-delà.
D'après la criminologie, souligne l'auteur, après un forfait, le criminel revient toujours le matin au lieu du crime. Mais, Kitambala choisit l'existence fugitive près d'une rivière, la rivière Pangandi, dans le Bas-Congo. Il deviendra, par la suite, un éternel fugitif menant une errance sempiternelle. Toutefois, il est resté chrétien. Tenant à la confession devant le curé de la mission catholique de Kimpese, explique le commentateur, Le curé respecta mordicus la philosophie coloniale. Le père Joseph Flibar livrera Kitambala à la police coloniale au lieu de garder le secret confessionnel. Après un procès dramatique, il est condamné à 21 ans de prison à Boma. Mais, le prévenu Kitambala a été, par la suite, transféré à Kinshasa où il a réussi à s'échapper.
Au bout de cette aventure rocambolesque, Kitambala est récupéré par le procureur colonial, non autrement identifié dans l'œuvre. Lors d'un recensement qu'il avait initié, Kitambala est renvoyé en prison. Il s'échappa une fois de plus en se retrouvant à Tusevu. Après, il est encore captivé. La vie carcérale pénible qu'il mena, conduit sa famille biologique à introduire une requête sollicitant de la part des autorités coloniales, l'autorisation d'un transfert pour Kinshasa. Au cours d'un voyage à cet effet, Kitambala choisit l'évasion comme pour confirmer davantage sa vie fugitive.
Zephyrin Nkiawete Ntanda est un jeune écrivain congolais, membre du l'union nationale des écrivains congolais. " Le fugitif de Viaza" est imprimé aux éditions Mabiki et vendu à 5$. Depuis le 11 novembre 2009, déclare le Pr. Mudiandambu, membre de l'Union des écrivains congolais, Lufunababo Bonduki, secrétaire général à l'Enseignement primaire et secondaire, a, tout en se référant à la législation scolaire en vigueur en matière d'agrément de manuels scolaires, donné l'agrément du livre " le fugitif de Viaza " suivi du récit " un malheur ne vient jamais seul " comme manuel de lecture pour les élèves du degré inférieur et moyen de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel. Il en est donc recommandé à l'auteur d'assuré une large diffusion. Rocco NKANGA