RETOMBEES DE L’ELECTION DU GOUVERNEUR DE L’EQUATEUR
RDC - FMI : Espoirs consolidés au
Club de Paris
*Satisfait, mais prudent, le Gouvernement dit noter l’évolution positive du processus en cours
Pas de quoi pavoiser, mais une nouvelle raison d’espérer pour la conclusion d’un programme formel entre la RDC et le FMI en début du mois de décembre 2009. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts, diraient certains. C’est, en effet, ce que l’on peut retenir des conclusions de la première réunion, hier, du Club de Paris pour étudier le dossier RDC en vue de décider des assurances pour son financement. Au terme de cette première séance, indique un communiqué émanant de la Primature, « le Club de Paris a obtenu de la quasi-totalité des créanciers les assurances de financement. » La décision de confirmation de ces assurances sera communiquée « dans un bref délai », peut-on encore lire dans le communiqué de la Primature.
Cette perspective devra alors permettre au FMI de conclure avec la RDC, « au plus tôt le 04 décembre 2009, un programme triennal soutenu par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC)» Au finish, Kinshasa devra bénéficier de « l’annulation substantielle de la dette publique extérieure pour son accès au point d’achèvement de l’initiative PPTE projeté pour Juin 2010 afin de bénéficier des financements extérieurs additionnels. »
Pour rappel, la délégation du département Afrique du FMI, qui a bouclé sa dernière mission le 10 novembre dernier à Kinshasa, a laissé entendre que le Fonds était prêt à accéder, au sein du Club de Paris, aux attentes d’appui exprimées par la RDC dans le cadre du deuxième Programme Economique du Gouvernement (PEG II)
Ci-dessous le communiqué de la Primature relatif à la réunion du Club de Paris sur le dossier de la RDC.
Jonas Eugène KOTA
COMMUNIQUE DE LA PRIMATURE
Le Cabinet du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, informe l’opinion tant nationale qu’internationale que le Club de Paris s’est réuni ce mercredi 18 novembre 2009 en vue d’étudier le dossier de la RDC et de décider des assurances de financement en faveur de notre pays.
Au terme de cette première séance, le Club de Paris a obtenu de la quasi-totalité des créanciers, les assurances de financement.
Le Club de Paris annoncera, dans un bref délai, la décision de confirmation desdites assurances. Celles-ci permettront au Conseil d’administration du Fonds Monétaire International « FMI » de conclure avec notre pays, au plus tôt le 4 décembre 2009, un programme triennal soutenu par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance « FRPC ».
La conclusion du programme avec le FMI ouvre la voie à l’annulation substantielle de la dette publique extérieure, au point d’achèvement projeté pour Juin 2010, et à l’accès à des financements extérieurs additionnels.
Le Gouvernement note l’évolution positive du processus en cours.
Fait à Kinshasa, le
Cellule de communication,
Patrick MUYAYA
Conseiller Principal
MOINS D'UN NMOIS APRES LE REAJUSTEMENT DU PRIX DU CARBURANT A LA POMPE
Nouveau bras de fer Gouvernement - pétroliers
M Moins d’un mois après le réajustement des prix des produits pétroliers, les pétroliers reviennent à la charge et veulent un nouveau réajustement des tarifs. Depuis mardi, en effet, les conducteurs ont constaté un nouveau contingentement de la vente du carburant à la pompe. Ce jour-là, plusieurs stations services ont fermé dès 18 heures, tandis qu’hier maercredi, ces stations ont commencé à fermer à 17 heures.
Selon des informations recueillies par Forum des As, la nouvelle demande des pétroliers se justifie par la dépréciation du Franc congolais dont le taux actuel par rapport au dollar ne leur permet plus de réunir les devises nécessaires pour reconstituer leurs stocks. En l’espace de moins d’un mois, en effet, le dollar est parti de 870 à l’achat à plus de 930 aujourd’hui, alors que, sur le marché international, le prix du baril de pétrole continue de se relever. Bref, les pétroliers se disent en difficulté face à ce gap de change qu’ils ne savent pas combler autrement que par des pertes sèches.
Côté Gouvernement, on confirme l’existence de la requête des pétroliers. Cependant, l’Exécutif national, qui est conscient des difficultés des pétroliers, se trouve, lui aussi, devant un feu rouge. En effet, l’on craint qu’un nouveau réajustement du tarif du carburant n’entraîne une nouvelle hausse du prix des courses de transports, mais aussi des prix d’autres produits de consommation courante. Une telle perspective risque d’ouvrir sur une forte contestation sociale en cette période de fin d’année, alors que l’inflation déjà observée, mais surtout la dépréciation galopante du Franc congolais, suffit pour inquiéter les consommateurs.
Tout indique donc que des discussions vont se poursuivre entre les pétroliers et les experts du Gouvernement pour trouver un juste milieu, tout en préservant l’accalmie sociale actuelle.
JEK
ASSEMBLEE NATIONALE
Les députés évaluent l’opération « Kimia » dans les deux Kivu
La question orale avec débat adressée par le député Ernest Kyaviro au ministre de la Défense, qui y a répondu hier, a fait l’objet d’un débat parfois émotif sur la situation sécuritaire à l’Est du pays. Les différents députés qui se sont succédés ont, comme s’ils s’étaient passé le mot, émis des réserves quant aux succès annoncés de l’opération « Kimia » ayant suivi l’opération conjointe de traque des FDLR par les troupes congolaises et rwandaises entre décembre 2008 et janvier 2009.
Presqu’à l’unanimité, les différents intervenants ont estimé que cette opération a été plus pernicieuse que salvatrice. Certains députés sont même allés plus loin en affirmant que la traque des FDLR a eu pour effet de compliquer la tâche de ratissage en raison du fait, selon ces députés, que cette opération, au lieu de « bouter l’ennemi hors des frontières », a repoussé les FDLR à l’intérieur du territoire congolais. Conséquence, toujours selon les députés, si aujourd’hui les frontières Est sont sécurisées, les Congolais à l’intérieur continuent de faire les frais des exactions des FDLR, mais aussi des éléments incontrôlés de l’armée nationale.
Sur ce volet, plusieurs députés originaires du Nord Kivu et du Sud Kivu ont soutenu que les revers de l’armée nationale au sein de l’opinion seraient le fait de la double face qu’affichent les éléments du CNDP incorporés dans les FARDC. Ces éléments, ont-ils avancé, seraient les principaux auteurs des exactions sur les populations civiles attribuées à l’armée régulière. Comme pour affirmer qu’en fait, le CNDP ne se serait jamais départi de sa stature initiale. Plus encore, certains députés ont affirmé, la main sur le cœur, que le CNDP se recompose subrepticement sur le dos de l’armée nationale, surtout depuis la démission de Kamanzi, alors porte-parole de l’ancien mouvement de Laurent Nkunda mué en parti politique à la lumière des accords passés avec le Gouvernement. Les auteurs de cette information ont aussi affirmé que le CNDP a repris avec les tracasseries sur les populations, notamment en réinstaurant des barrières pour lever des taxes. Des camps de regroupement s’observeraient déjà, pratiquement dans les mêmes positions d’antan.
Pour mettre un terme à cette situation, des recommandations ont été formulées, allant de la nécessité de débarrasser l’armée des éléments du CNDP à leur déplacement vers l’Ouest. Plusieurs députés ont, en effet, souhaité que les militaires originaires de l’Est soient relevés pour être envoyés dans d’autres provinces.
Ce débat, à la limite du secret défense, faisait suite à une question orale adressée au ministre de la Défense, Charles Mwando Nsimba, sur la situation sécuritaire à l’Est de la RDC, particulièrement le niveau d’intégration des FARDC. L’auteur s’inquiétait de la recrudescence de l’insécurité à l’Est, malgré le déroulement de l’opération Kimia I et II.
En réaction à cette question, Mwando Nsimba, en homme d’Etat avisé, a littéralement marché sur les œufs sans les casser en livrant à la Représentation nationale l’essentiel des efforts fournis pour le rétablissement total de la paix à l’Est. Il a, à ce sujet, donné les exemples de plusieurs bastions des FDLR démantelés, le retour de plusieurs déplacés et réfugiés dans leurs territoires d’origine, etc. Le patron de la Défense nationale a aussi fait état des efforts fournis, avec les partenaires extérieurs, pour renforcer les capacités, non seulement des troupes au front, mais aussi de l’armée entière, notamment par des équipements, des formations et des encadrements divers.
Loin de se satisfaire du tableau général, Mwando a affirmé que beaucoup reste encore à faire pour consolider une armée réellement républicaine. Il a prévenu, pour ce faire, que la tâche n’est pas facile, car le pays fait face à des complots visant jusqu’à annihiler les efforts fournis pour renforcer les capacités de l’armée. Il a aussi rappelé que même lui, ministre, fait l’objet de menaces de mort à cause des mesures, surtout des sanctions, qu’il prend dans le cadre de ses fonctions.
Jonas Eugène KOTA
SOUS L'IMPULSION DE LA PREMIERE DAME
Kinshasa va abriter le troisième Congrès international de la femme noire
Décidément, la République démocratique du Congo aura été la plus grande destination sociopolitique et économique de l'année. Après les multiples sommets des chefs d'Etat des sous-régions d'Afrique, après des visites d'éminentes personnalités du monde comme le Président français Nicolas Sarkozy, Kinshasa va pouvoir clôturer 2009 de la plus belle manière, c'est-à-dire en abritant le 3ème Congrès international de la femme noire.
Placé sous le haut patronage de Mme Olive Lembe Kabila, première dame de la RDC, ce meeting va voir venir, à partir du 28 novembre, plus d'une dizaine d'épouses de chefs d'Etat d'Afrique. Le Congrès proprement dit doit se tenir du 1er au 3 décembre sous le thème principal : " L'intégration des ressources de la femme noire dans un processus de développement économique et de coopération internationale ".
Cette rencontre au sommet sera précédée des conférences et autres ateliers, mais aussi des échanges avec la presse. A ces forums sont attendues des personnalités féminines à l'expertise éprouvée, venant de l'Afrique comme d'autres continents. L'élite féminine congolaise ne sera pas en reste, bien entendu. L'agenda de ce congrès prévoit, par ailleurs, une intense activité pour Olive Lembe. Il s'agit, entre autres, d'un déplacement des congressistes vers Goma où est prévue une rencontre avec les responsables de l'Association des femmes performantes. La première Dame congolaise procédera aussi à l'inauguration du musée " Africa femmes performantes " avant la signature d'un traité de partenariat entre cette Association et l'ONG " Initiative plus ". Créé à Paris en 2007 sous l'impulsion de Mme Patricia Faraut, ingénieur de formation, le Congrès international de la femme noire a tenu sa deuxième édition du 23 au 25 avril 2008 à Paris. JEK
Le Journal du Citoyen, journal école de l'IFASIC, a célébré son premier anniversaire
"C'est sous une pluie diluvienne que le "Journal du Citoyen" (JDC), dans sa formule "Journal école", avait été lancé. C'est encore, curieusement, après une grande pluie que nous célébrons aujourd'hui ce premier anniversaire", a déclaré, le lundi 16 novembre dernier, Yves Kalikat, le directeur de rédaction de ce supplément indépendant d'éducation civique, devant un parterre d'autorités académiques, d'étudiants et d'invités rassemblés dans l'enceinte de l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication (IFASIC).
Rédigé essentiellement par des étudiants de cette école de formation en journalisme, le premier numéro de ce projet a été porté sur les fonts baptismaux le 11 novembre 2008 dans la salle Brell du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa par le ministre Mashako Mamba de l'Enseignement supérieur et universitaire, sous le mandat du recteur Ekambo Duasenge. "Sa production s'est poursuivie jusqu'à ce jour sous le nouveau comité de gestion dirigé par le recteur Jean-Lucien Kitima", a souligné le directeur du "Journal du citoyen" devant l'assistance, en présence du Ministre provincial des Transports, de la Culture et du Tourisme, M. Mpika Massamba.
"Support d'informations et d'éducation civique, le "Journal du citoyen", n'est pas né de la dernière pluie, a indiqué Yves Kalikat. Projet de l'Institut Panos Paris, il totalise à ce jour quatre ans d'existence. Lancé officiellement le 30 septembre 2005 sous la direction de Philippe De Boeck, son tout premier directeur, cet hebdomadaire de quatre pages, encarté jadis dans 13 journaux du pays, était conçu dans un contexte électoral. Il était animé par des journalistes professionnels congolais sous la houlette de la Haute Autorité des medias (HAM). Au fil du temps, il est devenu l'un de gros tirages du pays, avec 18.000 exemplaires sur support papier, sans compter la version électronique diffusée gratuitement chaque semaine sur le net à des milliers de lecteurs disséminés à travers le monde".
Un outil pédagogique aux aspirants chevaliers de la plume
"Vu son utilité et son succès dans l'opinion, commente Yves Kalikat, ce projet ponctuel a été plusieurs fois reconduit. Ses concepteurs et les bailleurs de fonds ont finalement décidé de le muer en une structure permanente, de le rattacher à une institution de formation des journalistes pour qu'il serve désormais d'outil pédagogique aux aspirants chevaliers de la plume. Et depuis septembre 2008, il est désormais placé sous la tutelle de l'IFASIC. Dès lors, ses différentes éditions, axées sur l'éducation citoyenne, sont essentiellement rédigées par des étudiants en journalisme inscrits en licence et encadrés par trois formateurs, dont un enseignant de presse écrite à l'IFASIC".
Elaboré jadis dans les anciens locaux du "Journal du Citoyen", sur l'avenue du Commerce, le "Journal école" a été progressivement délocalisé et transféré à l'IFASIC dès le début du mois de février 2009. Désormais plus proche des étudiants, il a vu défiler quatre équipes qui devraient se relayer en l'espace de trois mois pour remplir, chaque semaine, les quatre pages du supplément. "Contrairement à nos attentes, s'étonne le directeur du JDC, l'engouement subit des étudiants de 1ere licence vers la presse écrite - moins prisée que l'audiovisuel - nous a poussés à revoir nos calculs pour permettre à tous de bénéficier de la rotation, l'effectif de candidats passant de 23 à 48. Si les deux premières équipes ont été constituées, chacune, de 8 personnes, les deux dernières ont regorgé, chacune, 16 étudiants".
Un journal dominé par la présence féminine
"Contrairement à la tendance générale, note un encadreur du journal école, le nombre de filles est largement dominant dans ce support de presse écrite. Sur les 48 candidats enregistrés cette année, on a noté la présence de 38 étudiantes et de 10 étudiants. En douze mois, ces étudiants, dont la plupart n'avaient publié aucun article dans un journal, ont réalisé 40 numéros. En un temps relativement court, ils se sont familiarisés à l'outil informatique et se sont accoutumé à collecter l'information sur le terrain, en confrontant différentes sources. Ils ont pris aussi l'habitude de rédiger eux-mêmes leurs textes sur ordinateur avant de les envoyer aux rédacteurs à travers leurs mails. Ils ont également appris à utiliser le dictaphone, l'appareil photo, les écouteurs pour le décryptage des interviews".
Pour le Secrétaire général académique, le Professeur Mwangilwa Lusu, le Journal du citoyen permet aujourd'hui aux enseignants de l'IFASIC de concilier la théorie à la pratique, de rendre les étudiants plus aptes à travailler dans les rédactions en maniant des outils modernes ordinateurs, flash…).
Hommage aux précurseurs
du journal école
de l'IFASIC
Saisissant la balle au bond, le chef de travaux Georges Wawa Mozanimu, l'enseignant-encadreur des étudiants en journalisme, a rendu hommage aux précurseurs de ce journal école. Exhumant les archives de l'établissement, il a exhibé quelques numéros de journaux produits par des étudiants depuis la création de l'IFASIC en 1973.
On y retrouve notamment des articles du Professeur Ekambo, l'ancien recteur, ainsi que ceux de Kipolongo Mukambilwa, l'ADG de la RTNC (la Radiotélévision nationale congolaise), et de Kudura Kasongo, ancien ministre de l'information et porte-parole du Président Joseph Kabila. Georges Wawa a montré comment ces journaux sont passés du format A5 au format A3, via le format A4. Somme de toutes ces évolutions, le JDC est produit à la fois en A5, A4 et A3 et sous forme électronique (PDF et sur le site). Sa diffusion dépasse largement celle de ses prédécesseurs.
Témoignages
des étudiants
du journal école
"Grâce au Journal du citoyen, nous sommes fiers d'apprendre que nos articles sont lus en Europe, aux Etats-Unis, en Asie, en Afrique et bien ailleurs dans le monde, a avoué tout heureux Delly Lunzala, étudiant admis en 2ème licence journalisme presse écrite. Cette large diffusion a été pour nous un stimulant pour nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes, car bien avant nos articles ne se limitaient que dans les salles de cours".
"Au Journal du citoyen, nous avons été soumis à un rythme qui nous poussait à aller récolter des informations sur le terrain, de confronter les sources, au lieu de nous contenter d'écrire nos articles en chambres", a soutenu pour sa part Guy Elongo, fraîchement diplômé en journalisme presse écrite, après ses études de graduat à l'IFASIC/Mbandaka.
"Pendant notre parcours, nous avons appris à être en mesure de rédiger nos textes nous-mêmes en vue d'être opérationnelles dans les rédactions au terme de nos études", a reconnu Candy Kasonga, admise en 2ème licence presse écrite. "Ce qui m'a plu, c'est de voir comment tous les étudiants ont appris à saisir eux-mêmes leurs textes sur ordinateurs, relaye Jean-René Tshiama, fraîchement diplômé en journalisme économie. Au début, les plus rapides écrivaient leurs textes en deux heures, d'autres passaient toute une journée à tapoter sur la machine. Aujourd'hui, certains peuvent écrire leurs articles directement sur ordinateur en une heure ou moins".
Plaidoyer pour
le soutien au
journal école
Content des résultats récoltés durant l'année académique 2008-2009 au sein du Journal école, le recteur Jean-Lucien Kitima a sollicité la clémence des donateurs pour qu'ils puissent continuer à appuyer ce projet de haute facture pédagogique. S'inspirant d'un proverbe haoussa (Nigéria), il leur a demandé de tenir compte des signes de bonne volonté affichés par le nouveau comité pour continuer la coopération entreprise à travers l'Institut Panos Paris, géniteur du Journal du citoyen.
Clotilde Aziza, représentante de cette institution basée à Paris, a salué l'effort des encadreurs des étudiants qui leur ont permis d'acquérir de nouvelles compétences. Elle a promis d'être l'avocate de l'IFASIC auprès des bailleurs de fonds pour que le projet Journal du citoyen, Journal école ne s'arrête pas brusquement après décembre 2009.
Au terme de la cérémonie, les invités sont allés visiter les locaux du Journal école au sein même de l'IFASIC. Bien auparavant, certains ont reçu la compilation des 40 numéros produits par les 48 étudiants de licence presse écrite depuis septembre 2008.
Il sied de signaler que le JDC/Journal école est aujourd’hui encarté dans plusieurs journaux de Kinshasa : Forum des As, Le Phare, La Référence plus, La République, La Tempête des tropiques, Le Potentiel, The Post et Agence presse associée qui ont joué un rôle important dans la diffusion de la culture citoyenne. YKM
République démocratique du Congo
Unité d’exécution du programme national de désarmement, démobilisation et de reinsertion (uepn-ddr)
Avis de sollicitation a manifestation d’intérêts pour la sélection d’un consultant pour l’organisation d’un sondage sur l’impact des activités de la reinsertion des démobilisés du pnddr
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a obtenu, de la Banque Mondiale (Association Internationale pour le Développement : IDA en sigle) et du Multi County Démobilisation and Réintégration Program (MDRP en sigle, un montant équivalent à USD 250 millions (Deux cents cinquante millions de dollars américains) et un financement de la Banque Africaine de Développement (BAD en sigle) par le biais du Don du Fonds Africain de Développement (FAD en sigle) de USD 22,5 millions (Vingt deux et demi millions de dollars américains) pour financer le Programme National de Désarmement. Démobilisation et Réinsertion (PNDDR en sigle).
La gestion globale du Programme est faite par l’Unité d’Exécution du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (UEPN-DDR en sigle). Elle travaille en étroite collaboration avec l’Agence de Gestion Fiduciaire (AGF en sigle) qui assure la gestion financière et la passation des marchés.
Le Projet a pour objectif d’aider la RDC. le Bénéficiaire à promouvoir un développemenl social viable à long terme, à contribuer à la reconstruction socioéconomique sur son territoire et à consolider la paix, la réconciliation nationale et la stabilité dans la sous région ; en favorisant : i) la démobilisation des Ex- Combattants, et la fourniture d’un appui à leur réinsertion et leur réintégration sociale et économique ; et ii) la ré allocation des économies budgétaires ainsi réalisées par le Bénéficiaire du secteur de la défense aux secteurs sociaux et économiques.
Le Gouvernement a l’intention d’utiliser une partie du montant du Don obtenu pour effectuer les paiements au titre du contrat relatif à la sélection d’un consultant pour l’organisation d’un sondage sur l’impact des activités de la réinsertion des démobilisés du PNDDR.
1. Justification des Sondages
Le programme a appuyé les démobilisés et ces appuis ont consisté en ce qui suit :
-Paiement en cash des indemnités transitoires servant de moyens de survie des démobilisés, en attente des revenus issus des projets économiques.
-Accueil et appuis pour l’installation physique dans les communautés d’accueil.
-Formation pour l’exercice d’un emploi rémunérateur et octroi d’un outillage (kit) de production.
Toutes ces activités ont été réalisées par le programme DDR depuis 2005 et aujourd’hui, s’impose la nécessité de s’arrêter un moment pour évaluer
l’impact produit par toutes ces activités sur les démobilisés; sur les communautés d’accueil et l’impact sur l’économie locale.
2. Objectifs
Généralement, l’objectif principal du sondage est d’évaluer l’impact des activités de réinsertion sociale et économique sur la vie des démobilisés, de leurs dépendants et des communautés locales où vivent les démobilisés.
3. Les objectifs spécifiques, les résultats attendus, la durée et l’étendue de la mission sont largement expliqués dans les TDR. que vous pourrez consulter auprès des services techniques du programme à l’adresse indiquée ci-dessous.
4. Profil du consultant :
Le consultant chargé de l’enquête devra :
> Justifier des capacités techniques et scientifiques élevées en matière d’organisation des enquêtes socio économiques ;
> Justifier des capacités élevées dans l’utilisation des outils statistiques spécialisés pour les enquêtes par sondage.
> Justifier d’une expérience suffisante dans le domaine par des enquêtes conduites antérieurement et pour au moins 15 ans.
> Posséder les capacités humaines et organisatiionnelles suffisantes pour mener efficacement la mission.
> Justifier des connaissances suffisantes sur la Géographie et la Démographie de la RDC
> Présenter une méthodologie de travail réaliste et crédible
5. La sélection du consultant se fera en accord avec les procédures définies dans les Directives : Sélection et emploi de Consultants par les Emprunteurs de la Banque Mondiale (édition courante).
Les consultants intéressés peuvent obtenir les Termes de Références de ladite mission à l’adresse ci-dessous et aux heures suivantes : de 9 heures à 12 heures 30 minutes et de 13 heures 30 minutes à 16 heures du lundi au vendredi.
Les manifestations d’intérêts doivent être déposées à l’adresse ci-dessous au plus tard le 03 Décembre 2009 à 16 heures, heure locale, la date de publication de l’avis étant le jeudi 19 Novembre 2009.
UEPN-DDR, Immeuble Botour 6éme étage, Kinshasa Gombe, Bureau de Passation de Marchés
Tél: 00 243 897 453 707.
E-mail: Icamara@kpmgci.com/cminos2001@yahoo.fr
TEMOIGNAGES DES ANCIENS DE FORUM DES AS 

"Mes premiers pas à Forum des As’’
En 1993, pendant les vacances académiques - j'étais étudiant en première année de graduat à l'Institut des Sciences et Techniques de l'Information (ISTI aujourd'hui IFASIC)- je suis allé, sur conseil d'un ami qui s'y trouvait déjà, solliciter d'effectuer un stage libre au tri-hebdomadaire (c'était cela sa périodicité de l'époque) Forum des As à son bureau de Matete. L'ami m'a recommandé de rencontrer le rédacteur en chef. Les choses se sont passées mieux que je ne l'aurais espéré parce que deux ou trois jours plus tard, j'avais débuté, après avoir déposé une lettre de demande de stage.
Je n'ai pas eu beaucoup de mal à m'intégrer à cette rédaction constituée de jeunes dont le plus âgé ne devait pas avoir plus de huit ans que moi. Et c'est là que j'ai appris ce que le terme " confrère " avait de plus noble dans sa signification. Lorsque je proposais l'une ou l'autre correction dans un titre ou dans un texte, personne ne me regardait de haut et ces propositions étaient prises en compte si elles étaient pertinentes. Du directeur de publication à nous, jeunes stagiaires sans expérience, nous discutions, grignotions, rigolions ensemble sans aucune des lourdeurs administratives liées aux grades et aux fonctions.
Pour autant, chacun accomplissait sa tâche tel qu'il se devait. Le journal comptait, en effet, en son sein une équipe de jeunes journalistes à la plume éprouvée et qui disposaient de carnets d'adresses que nous, jeunes débutants, leur enviions, nous demandant si un jour nous arriverions aussi à côtoyer tel ministre, tel président du Parlement, tel directeur général d'entreprise, tel homme ou telle femme politique…
C'est à Forum des As que j'ai fourbi mes premières armes de journaliste. J'y ai appris le journalisme citoyen, au service de la communauté. Pendant cette période de transition après la mort du parti unique et alors que le pays connaissait une effervescence politique sans précédent, le fait que l'éditeur du journal ne soit pas engagé politiquement a fait que Forum des As soit ouvert à toutes les tendances politiques, donnant la parole aussi bien à " l'Union sacrée " qu'aux " Forces Politiques du Conclave ". Et cela, c'était un enseignement important pour le journaliste en formation que j'étais. Bien entendu, la majorité de la rédaction - tous des jeunes - était idéologiquement proche des " forces du changement " mais nous savions rester " au milieu du village ".
A Forum des As j'ai aussi appris, déjà en 1993, à utiliser l'ordinateur. A cette époque, 99% des journalistes écrivaient leurs papiers au stylo avant de le faire saisir par des " encodeurs ". Les choses ont sensiblement changé aujourd'hui, puisque les ordinateurs se sont " démocratisés " mais il y a encore, dans de nombreuses rédactions, des journalistes qui continuent à écrire au stylo. La maîtrise de l'ordinateur m'a beaucoup servi, a constitué un de mes atouts plus tard pour gagner de l'argent et pour postuler pour d'autres emplois.
Bien des années plus tard, après mon départ de ce journal, je continue à le considérer toujours comme chez moi.
Je voudrais que, pour ses 20 ans, et malgré la prolifération des titres qui nivellent la profession par le bas, il se maintienne, grâce aux atouts professionnels et techniques dont il dispose, dans le peloton de tête de la presse en RDC. Gratien KITAMBALA
(Attachée de presse du ministre du Portefeuille
‘‘C'est à Bongo Bovery que revient tout le mérite’’
20 ans déjà. Les années passent vite. Et la vie, elle aussi, poursuit son petit bonhomme de chemin. Avec la même vitesse trépidante. Heureusement, pour nous les hommes, Dieu nous a doté d'une intelligence assez pointue, qui nous permet de compter, de nous arrêter, de temps en temps pour scruter l'horizon afin de savoir où nous sommes, où nous allons et, surtout, d'où nous venons.
Et l'on est toujours surpris de constater qu'il y a 20 ans…Comme si c'était hier.
Dans le cas du journal Forum des As, juché, à l'époque, dans les hauteurs du Quartier Lokoro de la Commune de MATETE, c'est un souvenir heureux, exquis.
J'appartiens à la génération des journalistes qui ont contribué à la mutation d'un magazine, L'As des As, en un journal d'informations générales : Forum des As. L'As des As était alors un magazine hebdomadaire, de musique surtout, où trônaient en maîtres des plumes alertes comme celles de José MPAKA IKOMBE et BOUMBE GEL qui sont, peut être, les ancêtres de ceux qu'on appelle aujourd'hui chroniqueurs de musique.
Nous sommes en 1990, un mois seulement après le fameux discours détonateur de la démocratie prononcé par le Maréchal MOBUTU le 24 avril 1990. Au mois de mai 1990, un événement sans pareil secoue, comme une lame de fond, la politique de l'ex Zaïre . Il s'agit de la Nuit des cent couteaux sur le Campus de l'Université de Lubumbashi, connu sous le nom de 'Massacre des Etudiants de l'Unilu'.
Je débarque à la rédaction de MATETE avec mon papier bien sourcé et qui prend le contre pieds de toutes les informations en vogue sur le massacre de Lubumbashi. Et j'affirme, avec preuves à l'appui, qu'il n'y a pas eu massacre et des charniers comme le clamait l'opposition de l'époque. Je suis accueilli par Victoire EYOBI, le tout puissant Directeur de publication. Celui-ci parvient à convaincre LUSSAMAKI OKITA, Directeur du Desk Politique et très encré à la 10ème rue Tshisekediste, de publier l'article qui récoltera un franc succès. Voilà comment je suis entré à Forum des As pour y rester jusqu'en 1994.
Je me souviens d'une rédaction joyeuse, intelligente et pointilleuse où l'on rivalisait d'ardeur à qui publierait l'article le plus percutant. Les animateurs sont alors feu NGENADIA ONKEN pour la rubrique politique nationale, feu Marius NGALA pour la culture, José NAWEJ, talentueux analyste de la politique internationale et grand chroniqueur hors micro de la rédaction, Marcellin MANDUAKILA, toujours inséparable de son autre lui-même, Rody MPIKA MASSAMBA.
Je me souviens aussi de la frayeur que nous avons eue, José NAWEJ, Marius NGALA, Claudine MBOMBO et moi lorsque nous sommes bloqués à la rédaction à la nuit des seconds pillages, en 1993. ça tirait de partout et toute la nuit. Dieu merci, nous en sommes sortis vivants. Je me souviens aussi du plasticage, par les forces Mobutistes, des imprimerie Terra Nova, propriété du Groupe Forum des AS qui a battu le record du plus grand tirage de la presse congolaise de l'époque : 16.000 exemplaires payés cash. C'était un week end.
Je me souviens enfin que tout ce beau monde, des journalistes aussi talentueux, les uns les autres, ne pouvaient rien faire sans l'encadrement d'un homme d'affaires de première force, Imprimeur de son état et patron du Groupe de presse. J'ai cité Monsieur TUASUKAMA BONGO BOVERY.
C'est à lui que revient tout le mérite. Le mérite est d'autant plus grand qu'il a su tenir le bateau contre vents et marées. Les amis sont morts, d'autres comme moi sont partis ailleurs, les pillages se sont succédés, les villes mortes et, comble de tout, plus de 10 ans de guerre avec, comme apothéose, une guerre, en 1998, en pleine ville de Kinshasa. Malgré tout ce coktail, Monsieur BOVERY, en bon capitaine, a maintenu le cap. Il y a 20 ans.
Félicitations et bon vent pour les 20 prochaines années.
Xavier BONANE YA NGANZI
Secrétaire Général adjoint du Gouvernement chargé de l'Economie et de la Reconstruction
‘‘Il fait bon vivre à Forum des As’’
Lorsque feu Gustave Babamanyibo est venu me voir un certain jour de l'an 1992 -si j'ai bonne mémoire- alors que je dirigeais encore le service commercial Trading à la Midema (Minoterie de Matadi) pour me demander de trouver pour Forum des As un bon journaliste chroniqueur des Actualités internationales, je ne m'étais pas trompé de proposer immédiatement le nom de celui que je connaissais bien en la matière et de traverser la rue Paka à Lemba où j'habitais pour le joindre sur la rue voisine Pangi. C'est José Nawej qui venait de vivre une expérience au journal Nzoyi après avoir effectué des stages au journal Salongo. Et quand, une année après, je devais abandonner la vente de la farine à la Midema pour regagner ma profession de formation, je n'ai pas hésité un seul instant à faire le choix de Forum des As.
A peine arrivé dans cette rédaction, j'étais très bien accueilli comme si j'étais un ancien de la maison, me poussant ainsi à rejeter les autres offres reçues d'ailleurs, quoi qu'alléchantes. La chaleur humaine et professionnelle était effectivement là dans cette rédaction de Lokoro, commune de Matete. Et l'ambiance politique de ce temps était manifeste aussi au sein de cette rédaction où toutes les tendances politiques de l'époque cohabitaient et s'entrecroisaient. Les plumes Tshisekedistes, Kibassistes, Gizengistes, Kengistes, Mobutistes se frottaient sans heurts au sein de la même rédaction. De forum des débats qu'il était contrairement à ceux qui étaient figés " Gauche " ou " Droite ", le journal était devenu aussi un Forum des As. Les as de la politique, de l'économie, des affaires, de la culture, des sports, etc. trouvaient de la place dans le journal.
Ainsi, dans le grand lot de ses articles, Lussamaki ne manquait pas de parler du bâtonnier Kisimba Ngoy, du gouverneur Tshala Mwana ; José Nawej ne ratait pas des occasions de parler de Gisanga de l'Udps ou de Kibassa Maliba ; Marcelin Manduakila,lui, c'était Marco Banguli, Diomi Ndongala, Me Kinkela, Banza Mukalayi, Jean Claude Mvuemba ; Mpika Massamba, c'était Mbenza Thubi, Kisombe kiaku Muisi, Mme Soki Fwani ; le touche à tout Tshibambe Lubowa était tantôt avec des politiques comme Dr Kabamba, prof gouverneur Lombeya, Dr Yagi Sitolo, Me Tunda, Me Matadi Wamba, M. Nico de Hollander de la fondation Hanns Seidel, la direction générale de Bata et de la Rva, etc. On n'a pas à oublier les hommes de Marius Ngala, de Ngenadia Onken, de Rombaut Kasongo, de Eyobi, etc.
" Les aventures fantastiques " de feu Marius Ngala relayées, après sa mort, par Rombaut Kasongo, ont bien agrémenté la rubrique des faits divers qui a connu aussi beaucoup de signatures de Ne Kongo et aussi de T.L. Katomakuisako, Kikim, Boumbe Gel, Paka Ikombe, Belhar Mbuyi, Funga Slim alias Aundu Monka, Béatrice Mazianda, sans oublier bien des stagiaires devenus à ce jour des grands messieurs et dames de la presse ainsi que certaines charmes qui ont agrémenté notre séjour à Forum des As Colette Konde, Betty, Elysée Tumba, Rosette Mamba, Paulette Kimuntu, sont à compter parmi celles qui ont participé à la longue marche de Forum des As.
Longue marche, il faut le dire, parce que le journal a tenu grâce à la détermination de ceux qui le dirigent et à l'engagement de ses journalistes. Sans financement extérieur quelconque, le journal a réussi à se maintenir en dépit des obstacles d'ordre divers rencontrés sur son parcours. Notre séjour long de plus ou moins quatre ans dans cette entreprise de presse a renforcé en nous cet esprit de solidarité et de confraternité. Félicitations à son Editeur, José Nawej; au Pdg Bovery Bongo Tuasukama ainsi qu'à toute l'équipe rédactionnelle, technique et administrative.
Tshibambe Lubowa Directeur de publication du journal
La République
‘‘Le quotidien de l'avenue Tombalbaye vient de réussir un véritable parcours de combattant’’
Pour ses 20 ans d'existence, le quotidien de l'avenue Tombalbaye vient de réussir un véritable parcours de combattant. En effet, les 20 dernières années qui ont vu la naissance et la montée du journal Forum des As sur le marché congolais ont été marquées principalement par l'éclosion de la presse libre en RDC grace à l'ouverture démocratique opérée le 24 avril 1990 par feu le président Mobutu. C'était aussi le point de départ d'une période trouble et tumultueuse que la presse renaissante congolaise a connue, particulièrement le journal Forum des As.
Supplément politique du magazine culturel L'As des As à sa création, Forum des As, grace à une politique avisée de recrutement des journalistes, aux capacités managériales de son Editeur Responsable, aux moyens techniques (imprimerie) et surtout à sa ligne éditoriale qui le plaçait au centre, car ouvert aux opinions de gauche comme de droite… n'a pas eu difficile à s'imposer.
UNE NOUVELLE ELITE ENGAGEE AU CHANGEMENT
Très tôt, et pour concrétiser sa vision de formation d'une nouvelle élite engagée à l'avènement du véritable changement en RDC, Forum des As a institué un Référendum annuel qui récompensait les leaders de tous les domaines de la vie nationale, notamment les secteurs politique, économique, culturel, musical… Parmi ses lauréats, on peut citer des illustres personnalités telles que feu Papa Bemba Saolona, feu Me Kisimba Ngoy, l'ADG Fundu N’kota de l'OCC, l'honorable Tunda ya Kasende alors ADGA de Cohydro…..les ambassadeurs d'Algérie, d'Israël…
Témoin de l'histoire, Forum des As a été présent aux grands rendez-vous qui ont marqué les premiers pas de la démocratie en RDC : Palais de Marbre I et II, Conférence nationale souveraine, Sun City, élections présidentielle et législatives à travers le pays…
A travers ses colonnes, on a vu toutes les tendances politiques s'exprimer (UDPS, MPR, UDI, FCN…) et des leaders des partis invités à notre rédaction ou s'adressant à leurs bases ont dû traverser la ville de bout en bout pour atteindre la rédaction située à l'époque à Matete sur quartier Lokoro 4/D. La plupart d'entre eux s'en sont tirés à bon compte, car leur cote de popularité grimpait dans les sondages grâce à la plume alerte et professionnelle des rédacteurs de Forum des As. Cela à travers des rubriques telles que Grandes interviews, Radioscopie…
Sur le marché pendant ce temps, Forum des As a rejoint d'autres journaux réputés radicaux qui attiraient des milliers de lecteurs, attroupés dans les grands places publiques (Grand Poste, 12ème et 7ème Rues Limete, N'Djili Eucalyptus, Masina Pascal, Pont Kasa Vubu, Place Victoire…)
SANCTUAIRES
DE LA DEMOCRATIE
Ces sanctuaires de la démocratie offraient chaque jour aux populations l'occasion de s'informer sur les " exploits" des leaders politiques de l'opposition envoyés au front de la bataille démocratique pour écraser le géant Goliath que représentait le régime agonisant du maréchal Mobutu.
Dans ce bras de fer, car il s'agissait des intérêts liés au maintien du pouvoir, la presse, dont Forum des As, devait jouer son rôle d'éduquer, d'informer et de former aux nouvelles réalités démocratiques. Mais pour cela, il fallait affronter un système politique hostile à un véritable changement. Bousculé de toutes parts par les sanctions économiques des partenaires occidentaux, l'embargo sur les armes décrété dès 1989, les exigences des populations pour la tenue d'une conférence nationale souveraine, les pillages de septembre 1991 puis de janvier 1993, le régime Mobutu luttait pour protéger ses derniers bastions, dont le pouvoir de manipuler les organes de presse comme à l'époque du parti unique. Et pour arriver à bout de ses desseins, il n'a pas hésité à utiliser des moyens tels que l'achat des consciences, les arrestations, les menaces, le plasticage des imprimeries et des rédactions (Elima, Forum des As…).
Dans cette atmosphère critique, Forum des As et son équipe rédactionnelle ont été maintes fois l'objet des menaces de la part des dirigeants d'institutions avec en prime le plasticage de ses imprimeries en novembre 1992. Mais, contrairement aux calculs de ses détracteurs, cette attaque contre ses installations n'a pas pour autant entamé la détermination des responsables du journal et l'équipe de la rédaction dans leur volonté d'asseoir une presse libre et un véritable changement en RDC.
C'est ainsi que, malgré les guerres (1996 et 1998) et la crise économique qui s'en est suivie, Forum des As est demeuré l'un des journaux les plus réguliers et présents non seulement à Kinshasa, mais encore en provinces (Lubumbashi, Kisangani, Matadi, Boma, Mbandaka, Tshikapa…) et à l'étranger notamment grace à son site internet www.forumdesas.cd
PERSPICACITE
ET CAPACITES MANAGERIALES
Durant ces 20 dernières années, il a fallu de la perspicacité et des capacités managériales hors pairs pour maintenir le journal sur le marché en préservant sa périodicité (quotidien), sa pagination, sa qualité avec une équipe de professionnels déterminés à informer les lecteurs au jour le jour avec des informations puisées à la source, des analyses profondes et avant-gardistes.
Comme toute activité économique exposée aux dévaluations du Franc congolais, il est apparu à chaque fois important de rectifier le tir dans le sens de protéger les intérêts des lecteurs, mais aussi de la production. En effet, les journaux congolais s'approvisionnent dans un marché où tous les intrants sont importés (papier, encre, plaques, calques…).
De l'autre côté, on ne saurait passer sous silence le sacrifice qu'impose la profession de journaliste dans notre pays. Les chevaliers de la plume bouclent le journal tard la nuit (entre 22 h00 et 0 h00) et doivent braver les sombres avenues de Kinshasa pour rejoindre leurs domiciles, situés pour certains à Masina, Binza voire Mont-Ngafula. Tous des coins extrêmes de la ville où l'accès n'est pas garanti au vu du mauvais état des routes, de l'insécurité grandissante, de la rareté des moyens de transport…
Il a fallu donc braver ces obstacles chaque jour pour offrir aux lecteurs une information fraîche et capable d'aider les décideurs et les populations à prendre les bonnes décisions pour la bonne marche du pays.
LE DEFI RESTE ENTIER
20 ans après, le défi reste entier en cette période de reconstruction nationale et du besoin toujours intense des populations à s'informer sur l'évolution des données politiques, économiques, scientifiques… tant en RDc qu'à travers le monde. Forum des As, comme les autres organes qui œuvrent pour une presse responsable, reste incontournable pour asseoir une véritable démocratie tournée vers le développement en RDC. Mais, ce challenge a un prix. Le gouvernement doit quitter le terrain des textes législatifs pour apporter un appui réel aux médias dans leur rôle social d'informer les populations. Cela notamment en concrétisant les différentes aides directes et indirectes (subvention, frais postaux, 25% pour le transport, exonération à l’importation…) reconnues à la presse à travers le monde pour lui permettre d'échapper aux aléas de la crise financière internationale, d'atteindre les populations des coins les plus reculés du Congo, d’être accessibles (prix) à toutes les catégories et de servir d'espace d'expression libre des citoyens et de communication entre les décideurs et les populations.
Fort de son expérience, de sa rédaction constituée des professionnels et de sa vision pour les médias en RDC, Forum des As mérite une médaille et un bouquet de fleurs en ce jour où il célèbre ses 20 ans d'information, de combat, de création d'emplois et d'un nouveau leadership à la tête des institutions du Congo, de contribution aux recettes publiques, de rayonnement de la jeune démocratie congolaise.
Victoire EYOBI
(ancien secrétaire général de Forum des AS)
Yves Kalikat : «Forum des As a développé en moi l’esprit d’objectivité»
C’est lors de mon stage de graduat en journalisme que j’ai été intégré au sein de la rédaction de «Forum des As». J’avais 23 ans lorsqu’en 1996, les autorités de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC) m’ont recommandé dans ce journal qui était le seul à être implanté dans la commune de Matete, bien loin du centre-ville. Je m’y suis retrouvé avec quatre condisciples : Obul Okwess (aujourd’hui chef de travaux à l’IFASIC), Rosette Mamba (journaliste chez Raga TV), Nana Mbanunu (engagée au ministère de l’Environnement) et Mamie Bidingija.
A mon arrivée, j’ai été accueilli avec enthousiasme par les rédacteurs en chef Marcellin Mandwakila et Kikim Kingunza Afri qui avaient déjà lu et publié quelques articles que je leur envoyais par des amis, alors que j’étais encore en 2eme graduat. Trihebdomadaire à l’époque, Forum des As avait une équipe costaud qui était soudée et très active. Difficile de s’ennuyer dans cette rédaction où, dans un esprit de famille, on travaillait en parlant, si ce n’est parler en travaillant. Les blagues, les taquineries, les plaisanteries étaient si courantes que les taciturnes que nous étions sommes devenus ouverts, voire bavards au fil du temps. Je suis ainsi sorti de ma coquille de timidité, hérité du Petit séminaire où j’avais fait mes études.
J’ai notamment apprécié la simplicité de mes encadreurs qui étaient – je l’avoue – très nombreux pour une rédaction de 25 personnes : deux éditeurs (le titulaire et l’adjoint), un secrétaire général, un directeur de publication, trois rédacteurs en chef, quatre secrétaires de rédaction et plusieurs chefs de rubrique. Il ne fallait pas des audiences pour le voir. Souvent plaisantins, ils n’hésitaient pas de donner des remarques sévères quand ils découvraient des comportements inadmissibles. Ils étaient beaucoup plus rigoureux dans la correction des textes, les articles étant relus par chaque journaliste au moins trois fois par jour. J’ai beaucoup plus apprécié la rigueur avec laquelle le secrétaire général Eyobi, Marcellin Mandwakila et le secrétaire de rédaction Tshibambe dirigeaient et corrigeaient les grands genres journalistiques (reportages, portraits, enquêtes…) que j’avais appris à l’école, mais que j’avais du mal à bien réaliser dans la pratique. Leurs directives permettaient à l’équipe de confronter des sources, de récolter des informations sans a priori, bref de rendre l’information avec le plus d’objectivité possible. Prolixes au départ, j’ai appris, grâce à eux, à être concis et productif.
Mon impartialité s’est développée davantage en observant les chroniqueurs politiques. Comme dans un forum où Plébéiens et Patriciens se retrouvaient pour échanger sur la chose publique à Rome, j’ai vu des journalistes de la même rédaction qui ne couvraient que le secteur du pouvoir et ceux qui ne s’occupaient que de l’Opposition. Le soir, chacun ramenait des informations de «son camp» et les confrontaient. Le tout était reproduit dans la même édition, après un long débat à la rédaction. En ce moment où la politisation des medias étaient criante, il m’était difficile de savoir pour qui roulait «mon journal».
Chacun des journalistes aura joué un rôle dans ma formation. J’ai ainsi appris à être polyvalent, à écrire dans toutes les rubriques (politique, musique, culture, sport, santé, société, faits divers, informations étrangères…), à travailler dans trois medias à la fois (la revue As des As, le journal Forum des As et le journal Le Choc des esprits). Cette productivité m’a valu quelques primes de l’éditeur. Ce qui m’a poussé à développer cette polyvalence qui m’aide beaucoup aujourd’hui au Journal du citoyen, supplément indépendant d’éducation civique que je dirige.
C’est aussi au Forum des As que j’ai appris à diriger une rédaction. J’ai beaucoup bénéficié du concours de José Nawej, l’actuel éditeur, qui m’a aidé à connaitre les rouages de notre presse en me préparant à assumer de grandes responsabilités. Outre l’écriture, l’esprit managérial, Forum des As a aussi été pour moi un labo où je me suis exercé à la mise en page. C’est parmi les rares rédactions où les journalistes font le montage des textes et se passent ainsi des caprices de certains operateurs de saisie. Véritable pépinière, Forum des As m’a permis de gravir tous les échelons : correspondant occasionnel, collaborateur extérieur, reporter, secrétaire de rédaction, rédacteur en chef… Yves KALIKAT
(RC en détachement et RC au JDC)
Rombaut Kasongo : «Forum des As a été une école de formation pour moi »
Lorsque j’atterrissais au journal Forum des As en 1992, je ne savais pas que je me lançais sur une voie qui pouvait m’amener jusqu’au sommet de l’Etat, à la Présidence de la République.
C’est en qualité de reporter sportif que j’ai été recruté par Egide Eyobi Motamba, alors Directeur de publication. Nous étions quatre, ce jour-là, à être présentés à l’Editeur Bongo Bovery. José Nawej (aujourd’hui Editeur de Forum des As), Tshibambe Lubowa (l’actuel Directeur de publication du journal La République), Tshimanga Mulumba (actuellement à la Monuc).
Reporter sportif, je serai, quelques mois après, promu chef de rubrique. Par la suite, je vais être nommé secrétaire de rédaction, puis rédacteur en chef. Mon style va pousser Roger Lussamaki (Directeur des informations) et José Nawej à me forcer à traiter les informations politiques. Comme l’appétit vient en mangeant, je vais progressivement quitter les milieux sportifs pour user mes chaussures au Palais du Peuple (qui abritait à l’époque les travaux de la CNS) et les sièges des partis politiques.
C’est dans ces couloirs politiques que je vais rencontrer feu Vangu Mambweni, alors Conseiller de la République. Ce dernier avait fait de moi son secrétaire particulier au Commissariat général du gouvernement chargé des affaires de la Monuc et à la Présidence de la République où il assumait les fonctions de Conseiller politique et Diplomatique du chef de l’Etat. Nous sommes en 2001.
Quatre ans plus tard, un autre acteur politique, l’honorable Jean Yagi Sitolo, va me découvrir à travers les colonnes de «Forum des As». Nommé ministre de la Santé en 2003, il fera de moi son secrétaire particulier, son plus proche collaborateur.
Pour tout dire, Forum des As a été une vraie école de formation pour moi. C’est dans ce journal, aux côtés de grandes plumes comme José Nawej, Eyobi Motamba, Roger Lussamaki, feu Ngenadia Onken ou encore Marius Ngala…, que j’ai écrit les quelques belles pages de ma vie professionnelle.
Véritable école, Forum des As a sorti de ses entrailles des éléments qui se défendent mieux partout où ils œuvrent actuellement. Je pense ici à Eddy Isango qui représente la Voix de l’Amérique en RDC. Mes pensées vont également à Gratien Kitambala, Editeur du journal Mediatic, qui rayonne au ministère du Portefeuille. Que dire de Yves Kalikat qui tient très haut la flamme du «Journal du Citoyen» (qui fonctionne aujourd’hui comme journal-école au sein de l’IFASIC) après le départ de son premier directeur, le Belge Philippe De Boeck.
Ce n’est pas tout. Forum des As a aussi produit un ministre provincial (Mpika Massamba) et un vice-ministre (Bonane ya Nganzi) chargé du Devellopement rural aujourd’hui secrétaire général adjoint du Gouvernement central.
Rombaut Kasongo
(Ancien secrétaire de rédaction de Forum des As)
‘‘Plus qu’une équipe de travail, une vraie famille’’
Dans le microcosme médiatique congolais, je suis connu pour ce que, sans fausse modestie, l’on peut qualifier d’une vie bien remplie. Côté CV en tout cas : directeur de la rédaction de « Le Potentiel », rédacteur en chef de « Le Soft International », éditeur de « Echos des grands lacs », directeur général de « Afrika TV ». Un parcours qui, logiquement, nécessiterait un petit tour par une école de journalisme. Pourtant, je n’ai rien fait de tel. Pendant longtemps, j’ai ignoré jusqu’à l’adresse du prestigieux IFASCIC ! Il n’empêche : je suis quand même passé par une grande école de formation de journalisme … de terrain. Et cette école s’appelle : FORUM DES AS. Au regard de mon parcours et de la respectabilité engrangée depuis, je ne peux qu’en être très fier.
Elève appliqué, champion de la dictée et de la rédaction, je lisais tout ce qui me passait sous la main. J’en vins à me convaincre que je pouvais aussi écrire un article et le faire publier dans un journal. J’habite Lemba, et le magazine musical « L’As des As » a ses bureaux dans le quartier Lokoro, dans la commune voisine de Matete. Je rédige alors un article sur Julio Iglesias, un papier se voulant le plus complet possible sur la vie du chanteur espagnol – précisant jusqu’au nombre de fois qu’il fait l’amour par semaine – et je me rends à Lokoro. Là, je suis accueilli par Alain Diasso, alors secrétaire de rédaction, aujourd’hui aux « Dépêches de Brazzaville ». Il apprécie mon article, et, deux semaines plus tard, celui-ci est publié dans le magazine. Quelle joie ! Mon nom était là, dans ce journal prisé par la jeunesse de tout le Congo : Jean-Belharmin Mbuyi. J’en frémissais de bonheur. Un mois plus tard, je récidivais avec un article sur Madona. Encore une fois, il est publié sans la moindre retouche.
Formation pratique
Editeur de l’As des As et de son supplément politique « Forum des As », Bovery Bongo Tuasukama revient d’Europe et décide de renforcer son équipe rédactionnelle. Le directeur de la publication Lussamaki Okita et le rédacteur en chef José Nawej proposent mon nom pour la rubrique Culture. Et c’est ainsi que je suis engagé sans en avoir fait la moindre demande. La fermeture de l’université de Kinshasa de 1991 à 1993 me facilite les choses, et je peux travailler tranquillement. J’adopte alors la forme abrégée de mon nom que j’utilise à ce jour : Belhar Mbuyi. Je trouve à Forum des As une équipe jeune et dynamique, dirigée par Lussamaki que secondait Nawej. Sur le banc des reporters, nous sommes nombreux de la même génération : Roddy Mpika, aujourd’hui ministre des Transports de la province de Kinshasa, mais aussi Gratien Kitambala, Eddy Isango, aujourd’hui à « La Voix de l’Amérique », et bien d’autres.
L’ambiance est des plus fraternelles : autant les cadres de l’entreprise tiennent au respect des principes et de la discipline, autant ils reprennent tout un chacun dans ses faiblesses avec douceur. Plus qu’une équipe de travail, c’est une vraie famille que je trouvais là. Mais, on a beau avoir été champion de la rédaction, le journalisme, c’est autre chose. J’allais ainsi commencer ma formation pratique sur terrain. Dans le rôle du maître formateur : José Nawej, sous l’œil bien veillant de Lussamaki Okita. Avec Kitambala, je m’occupe de la page étrangère. José me fait une tape dans le dos : « T’as une belle plume, mais tu dois considérer que nous avons comme concurrents les radios et les agences de presse qui font circuler l’info bien plus rapidement. Si tu veux éviter que chaque matin tes articles ne soient pas dépassés, tu dois pouvoir faire la mise en perspective qui apportera un plus aux lecteurs ». Tout un art, ce José. Il allait m’apprendre à produire des articles de type magazine, autant dire sans délai d’expiration. J’ai gardé le style jusqu’aujourd’hui.
Une vraie révolution
En plus de José, je retiens que nombreux autres m’ont apporté leur part de formation, dans un domaine ou dans un autre : Marcellin Manduakila, Victoire Eyobi, Roddy Mpika. Voulant approcher le monde politique congolais, je glissais malignement vers la rubrique Politique nationale, laissant à ce pauvre Gratien seul la charge de gérer l’Etranger. Là, j’entrais en contact avec les hommes politiques qui, sur le campus, nous faisaient rêver : Etienne Tshisekedi, Frédéric Kibassa, Vincent Mbwankiem, Jean de Dieu Nguz, Wivine N’Landu etc. Plus que la joie d’être payé à la fin de chaque mois avec bulletin de paie, c’est la passion du travail qui me procurait un bonheur incommensurable. C’est à cette époque que je fais la connaissance de ceux qui deviendront des amis éternels au sein de la profession : Mike Mukebayi (Le Soft), Fidèle Musangu (Le Phare), Felix Kabwizi (La Référence Plus) et bien d’autres encore.
Le fonctionnement du journal au quotidien constituait tout un rituel : réunion de la rédaction à 9 heures exactes, sortie sur terrain (reportage), nouvelle réunion à 16 heures afin de décider de la manchette et de l’orientation à donner aux différents articles. A l’époque, les ordinateurs ne sont pas nombreux et nous n’avons pas le droit d’y toucher : nous écrivons au stylo et seuls nos metteurs en pages se chargent de jouer les opérateurs de saisie. Forum des As est trihebdomadaire sortant les lundi, mercredi et vendredi. Les jours de marbre (veille de l’édition), l’équipe de service est prise en charge, car le journal dispose d’une cuisine et d’un cuisinier. Les menus variaient selon les jours, mais, le Kasaïen que je suis avait des difficultés à supporter le « Sakamadesu », le pondu mélangé aux haricots, met adulé par les originaires du Bas-Congo, nombreux au sein de la rédaction. Je protestais, et, le Patron, M. Bongo, me fit, souriant : « Tu souhaite sans doute mettre le sucre dans tes haricots ». Il n’avait pas tort : j’eu droit à mes haricots et à mon riz à part dans lesquels je mettais, bien évidemment … du sucre ! Au sein de la rédaction, l’écriture était privilégiée. Chacun participait aux corrections des papiers le jour où il est commis au marbre. Il nous fallait à ce niveau lire et corriger au minimum 5 fois chaque article afin qu’il puisse être mis en page.
A partir de 1993, « Forum des As » décidait d’adopter une nouvelle ligne éditoriale : désormais, nous devenions un journal du centre, ouvrant ses colonnes à toutes les familles politiques. Une vraie révolution, mais que je vécus très mal. Voir les Mobutistes, que je vilipendais à longueur d’articles, s’exprimer ostentatoirement dans Forum des As me paraissait comme une trahison. Roddy Mpika me réconfortait en me précisant que nous étions juste révolutionnaires, et que c’était la voie que d’autres suivraient bientôt après nous. Qu’est-ce qu’il avait raison ! Il me recommandait même mes premiers hommes du gouvernement que j’ai eu à contacter. Par la suite, je me créais mon propre réseau : les ministres Kisanga Kabongelo, Ntumba Shabangi, Mayo Mambeke. Et je me rendis compte que, après tout, ce n’était pas si mauvais que ça de fréquenter les « Mouvanciers », surtout sur le plan du portefeuille…
Douloureux adieu
Elu Premier ministre par la CNS , Etienne Tshisekedi décidait la réouverture des universités et instituts supérieurs fermés depuis début 1991. La rentrée effective intervenait fin 1993, et je dû combiner études et travail. C’était à ce point pénible qu’à l’UNIKIN, nous étudions chaque jour de 8 heures à 18 heures, de sorte que me rendre au travail signifie sécher forceément les cours. L’année académique fut un échec. Pour éviter tout nouveau désagrément, je décidais donc, à la veille de la rentrée académique, fin 1994, de quitter Forum des As afin de me concentrer sur mes études des sciences économiques. C’était très douloureux. Je laissais derrière moi une jeune carrière de 4 ans, ainsi que ceux qui n’ont, depuis lors, jamais cessé d’être des potes. En gardant une vraie référence. Aussi, lorsque après avoir fini avec le campus, je me pointais au Potentiel, Modeste Mutinga lança lorsque Moïse Musangana, directeur de la publication, me présenta à lui : « Je l’apprécie beaucoup depuis qu’il était à Forum des As » !
Belhar MBUYI
Editeur de « Echos des Grands Lacs »
‘‘Forum des As est une grande école qui m’a ouvert la voie à la carrière politique’’
Je dirais tout d’abord que Forum des As est une grande école, une référence pour la presse congolaise. Pour moi personnellement, d’ailleurs, c’est le journal qui m’a ouvert la voie à travers l’animation de la rubrique politique afin que je puisse embrasser la carrière politique. Forum des As, c’est surtout la puissance de ses rubriques, le traitement de l’information de façon impartiale avec une équipe formidable qui créait des rubriques qui attiraient les gens. Nous en avons d’ailleurs fait l’expérience avec Marcellin Manduakila sur la radioscopie des leaders Kongo. Je me rappelle qu’il y a eu aussi une rubrique qui a fait beaucoup de succès, «Dans les coulisses du Palais du peuple».
On ne peut manquer de rappeler «Forum dans les airs», «La vie et ses caprices», la rubrique musicale qui était l’une des plus fortes du pays. Je me rappelle également de l’objectivité de Forum des As quand nous étions en période de bipolarisation politique sous la transition mobutienne avec l’USOR et alliés et les FPC. A l’époque, pour chaque famille politique précitée, Forum des As avait dépêché des spécialistes, des journalistes chevronnés et chacune de ces deux familles politiques se retrouvait à travers le journal. Un autre aspect de mon témoignage et qui prouve que Forum des As était une grande famille, c’est le fait que les uns et les autres, quelles que soient leurs fonctions, se considéraient comme des membres d’une même famille autour de l’éditeur, ce qui est encore vrai aujourd’hui. C’est l’occasion pour moi de me souvenir des journalistes comme Marius Ngala, Sylvain Ngenadia et Gustave Babananymbo qui étaient des références chacun dans son domaine. Je rends donc hommage à tous ces hommes qui ont été d’une grande contribution pour Forum des As.
Ce journal a aussi beaucoup fait dans le domaine du genre. On se rappellera des consoeurs comme Béatrice Mazianda, Rosette Mamba, Paulette Kimuntu ... qui sont des références aujourd’hui. Aujourd’hui, je constate que Forum des As est resté égal à lui-même, si la période a changé, le style n’a pas changé, mais juste la dynamique et ceux qui sont là sont à la hauteur. Ils font du bon travail. Mon souhait, c’est que Forum des As ressuscite des rubriques intéressantes qui ont fait sa force autrefois. Il faut également renforcer les rubriques musicale et sportive. Car hier, à travers ces rubriques, Forum des As allait au-delà de l’information en livrant à ses lecteurs les à-côtés, car Forum des As était très présent dans l’intimité des sportifs et du monde culturel, et( avait souvent la primeur de l’information. Roddy Mpika Massamba (ministre provincial de Kinshasa)
‘‘Je souhaite une très longue vie à ce journal qui est l’un des journaux les plus respectés de la RDC’’
J’ai tellement des choses à dire sur Forum des As, sur les hommes qui animent Forum des As que si je commence à parler maintenant, on va aller jusque vendredi tellement que j’ai des témoignages. Ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que je souhaite une très longue vie à ce grand et ce baobab de la presse. Ensuite, je présente mes très sincères félicitations à Vicky Bongo (PDG de Forum des As), à José Nawej (Editeur), à Marcellin Manduakila (Directeur de rédaction) et à tous ces jeunes gens que nous avons connus dont certains sont encore là et d’autres sont partis. J’ai beaucoup d’admiration et surtout beaucoup de fierté pour Vicky et José, les deux chefs de ce groupe de presse que j’aime beaucoup et que je continue d’admirer. Que Dieu accorde encore de courage, longue vie, bonne santé à toute l’équipe pour que ce grand journal, qui est l’un des journaux les plus respectés de ce pays, continue à nous servir comme il nous a servis pendant 20 ans. Pius Muabilu Mbayu
(PDG de la RTGA)
‘‘Forum des As a une ligne éditoriale que l’on pourrait qualifier de neutre et il a une certaine constance’’
«Oui, c’est vrai, depuis 1990, c’est même plus que 20 ans. Ce qu’il y a de positif dans ce journal, c’est qu’il a une ligne éditoriale qu’on pourrait qualifier de neutre que j’aime bien et il y a une certaine constance. Ça, c’est bon. D’autant plus qu’à une certaine époque, on a eu l’impression que vous vouliez abandonner cette ligne là pour ne défendre que la position du pouvoir. Mais là, vous revenez, ça a l’air d’aller. Je crois que c’est toute une personnalité que vous devez conserver. Peut-être qu’il faut faire un peu plus pour la page sociale parce que le drame aussi, c’est que tout le monde parle de politique alors que le politique sans le social, c’est vraiment rien. Il faut plus mettre l’accent là dessus quitte à ce que les lecteurs eux-mêmes puissent tirer des conclusions de certaines politiques soit à gauche, soit à droite. Et là, on ne va pas vous accuser de faire la politique de tel ou de tel autre». Constant Ndom Nda Ombel
(Député MLC)
‘"Forum des As’’ a gardé sa ligne, celle d’être objectif et froid dans les analyses»
«Je crois que ce journal a gardé sa ligne, celle d’être objectif et froid dans les analyses, en évitant des positions extrêmes. C’est ce qui fait sa force. Il faut peut-être améliorer la qualité de l’impression».
Banza Mukalay (PCA de l’INSS & président national de l’UDCO):
‘‘Forum des As a fait beaucoup de progrès, avec des analyses intéressantes’’
«Forum des As a fait beaucoup de progrès, avec des analyses très intéressantes sur les plans politique, économique et social et évolue comme un journal responsable qui ne se limite pas seulement à dénoncer. Il faut continuer dans ce sens».
Joseph Mbenza Thubi (ancien président de l’Assemblée nationale)
L’imprimerie Terra Nova incendiée
La presse privée et libre
vient d’encaisser un nouveau coup de massue.
L’Imprimerie Terra Nova
appartenant au journal
Forum des As et au magazine L’As des As a été Incendiée dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 novembre dernier, vers les
petites heures du matin.
Le coup sera durement
ressenti par la population
d’autant plus que Terra
Nova imprime près d’une
dizaine de titres locaux
(La Référence Plus, Le
Phare, Tempête des Tropiques, Echos de la Société Civile, Boyoma, Kya,
l’Esprit. Le Turfiste, Les
Petites Annonces...) aux
quels s’ajoutent des journaux du Congo-
Brazzaville dont Aujourd’hui, Pendule, Le Pays,
etc. Le bilan de cet acte retiendra que toutes les machines ont été calcinées, tandis que la documentation est réduite en cendres.
Seules les forces du statu quo sont capables de tels exploits; elles, que notre confrère Léonard Mulamba Kalala de la Voix du Zaïre qualifie d’ennemies de la démocratie naissante» et qui ont juré de museler la presse indépendante.
L’année passée, par deux fois, le journal Elima avait fait les frais de ces ennemis du peuple qui, après avoir bombardé les Imprimeries du Zaïre, réussirent à détruire complètement cette unité de production par le plasticage de ses installations. Quelques bonnes semaines plus tard. La Conscience et Umoja avaient reçu la visite des mêmes éléments; mais sans trop de mal. Cette fois-ci, avec la destruction de Terra nova, les Forces du statu quo espèrent réduire au silence, pour des longs mois, quelques-uns des grands journaux acquis au changement véritable.
Et pour conclure, nous nous faisons un réel plaisir de citer notre confrère Léonard Mulamba Kalala, qui relève que le véritable 4ème pouvoir, la presse doit informer, dénoncer, au besoin, les maux de la société. N’en déplaise à certains. L’histoire de la conquête de la liberté de la presse dans le monde n’a jamais été une partie de plaisir. Le censeur et tous ceux qui ont toujours cherché à bâillonner les journalistes n’ont jamais su faire taire la presse. Il n’est point de démocratie sans liberté de la presse.
Tiré de Forum des As du mardu au mercredi 11 novembre 1992
FILM ODIEUX DE LA DESTRUCTION DES IMPRIMERIES TERRA NOVA (Nov 1992)

FORUM DES AS ETAIT PRESENT PENDANT LES GRANDS MOMENT DE L'ACTUALITE